Speaker #0Bonjour et bienvenue dans cet épisode de notre podcast neuf, Parlons Culture, qui se présente cette fois sous la forme d'une mini-formation « Comprendre et accompagner l'éjaculation précoce » . Je suis Nora Lounas et je vous invite à explorer ce que recouvre l'éjaculation prématurée, ses origines possibles, ses impacts et surtout les voies d'accompagnement et de soutien qu'on peut offrir en tant que professionnel ou selon le contexte en tant que personne concernée. L'objectif de ce podcast formation est double. Vous donner un cadre conceptuel solide pour comprendre le phénomène biologiquement, psychologiquement, relationnellement, sociologiquement et vous proposer des pistes concrètes d'intervention, d'éducation sexuelle et d'accompagnement. C'est parti ! Powerpone par copilote. C'est une private joke, mon entourage comprendra. Qu'est-ce que l'éjaculation prématurée ? Commençons par poser les définitions. L'éjaculation prématurée ou précoce est un trouble sexuel masculin fréquent et multifactoriel. Ce qui la définit le plus souvent, ce n'est pas tant un minuteur précis, mais une éjaculation survenant trop rapidement, au regard des attentes de la personne ou de la partenaire, une perte de contrôle perçue et l'existence d'un impact émotionnel ou relationnel comme le sentiment d'échec, la perte de confiance, une souffrance psychologique et une insatisfaction sexuelle, et peut-être d'autres choses encore. Autrement dit, ce n'est pas la durée mesurée en minutes qui importe en premier lieu, mais la perception de contrôle et l'impact sur la qualité de la vie sexuelle et relationnelle. En même temps, je dis ça, mais ce n'est pas tout à fait vrai, puisqu'il y a différents types d'éjaculation prématurée ou précoce. Par exemple, celle qu'on appelle anteporta, c'est-à-dire avant la porte. Donc, avant la pénétration. Donc, ça, c'est évident qu'en termes de minutes, c'est très, très court. Au moment de la pénétration, très court également. Et ensuite, après quelques mouvements. Voilà, je dis ça, je dis ça, je dis rien. J'aime bien cette expression. D'après les estimations cliniques et épidémiologiques, environ 20 à 30 % des hommes peuvent être concernés à un moment donné de leur vie. Et souvent, le trouble reste caché par honte, par tabou ou par méconnaissance. ce qui a des conséquences sur l'estime de soi, la santé mentale et la vie du couple. Pour comprendre, il est utile de revenir à l'anatomie et à la physiologie de l'éjaculation. Les organes concernés sont le pénis, la prostate, l'urètre, les testicules et j'ajouterai le périnée. Le mécanisme de l'éjaculation se déroule en plusieurs phases, l'excitation, l'émission puis l'expulsion. Ces phases sont sous influence neuro-hormonale, neurotransmetteur tel que la sérotonine, la dopamine, l'adrénaline, etc., ainsi que des facteurs périphériques comme la sensibilité nerveuse, les réflexes et la fameuse tonicité des muscles pelviens. En cas d'éjaculation prématurée, le passage du plateau à l'orgasme se fait trop rapidement, avec une incapacité à moduler l'excitation ou à retarder l'éjaculation. D'ailleurs, j'y pense, je pourrais mettre dans mon site internet, sur mon site internet. Je pourrais mettre un visuel, un visuel de ce qu'on appelle la phase de plateau, etc. Voilà, vous pourrez regarder. Dans la pratique, on distingue plusieurs profils, ce qui est important pour adapter l'accompagnement. Il y a d'abord ce qu'on appelle l'éjaculation prématurée primaire. C'est le trouble qui existe depuis les premiers rapports sexuels. Ensuite, il y a l'éjaculation prématurée secondaire. Il survient après une période de fonctionnement satisfaisant. Il y a l'éjaculation prématurée situationnelle. Le trouble apparaît uniquement dans certaines situations, avec certains partenaires ou certaines partenaires et dans certains contextes. Par exemple, un stress, de l'anxiété, la consommation d'alcool ou de drogue par exemple. L'éjaculation prématurée subjective, c'est l'éjaculation peut ne pas être objectivement très rapide, mais la personne ou le ou la partenaire l'aperçoit comme tel. Sentiment de trop rapide, perte de contrôle, insatisfaction, sans critères stricts de durée. D'ailleurs, je me souviens d'une situation où j'avais eu un couple, c'était tout au début quand je débutais, un couple était venu et ils étaient venus pour monsieur qui avait un trouble d'éjaculation prématurée. Et après les questionnements habituels, je comprends que l'éjaculation arrive au bout de 20 minutes. Et en fait, ce qui s'est passé, c'est que... Le couple estimait que comme Monsieur a éjaculé avant l'orgasme de Madame, qui pouvait mettre très longtemps à arriver, parfois même une heure, pour le et la partenaire, l'éjaculation ne tenait pas suffisamment longtemps. Donc on voit bien qu'on n'est pas dans une situation d'éjaculation prématurée. Bref, dans mon cabinet, c'est souvent cette dernière forme subjective qui revient, ce qui illustre l'importance de la subjectivité, de l'histoire personnelle, des représentations et des attentes dans l'évaluation du trouble. Je me souviens aussi d'un jeune homme qui était venu parce qu'il avait pas mal discuté sexualité avec ses amis, qui lui disait qu'ils éjaculaient après une heure. Lui, il éjaculait après 20-25 minutes et donc pour lui, il était précoce par rapport à ses amis. Comme quoi, il ne faut jamais croire ce que les copains racontent. Les causes sont multifactorielles. Donc, il y a le facteur biologique qui peut être l'hypersensibilité pénienne, une sensibilité nerveuse accrue, de réflexes rapides. Il peut y avoir des causes de facteurs génétiques ou constitutionnels ou une inflammation prostatique ou des troubles organiques. Chez certains patients, ça existe. Là, vous savez, je suis en train de vous parler comme si j'étais en formation, en fait. C'est peut-être un peu moins construit que d'habitude parce que j'ai mes powerpoints de formation et je vous l'ai dit comme si vous étiez là à côté de moi et que j'étais en train de vous former. Sauf que vous ne pouvez pas interagir alors que généralement en formation, les apprenants, les stagiaires peuvent interagir. Alors les causes, elles sont donc, je disais, multifactorielles. Il peut y avoir des facteurs psychologiques, de l'anxiété de performance, de la peur de l'échec, de la peur de ne pas satisfaire l'autre. Des attentes irréalistes de la part de soi-même ou de la partenaire. Souvent, quand j'ai des patients qui me disent « moi je voudrais éjaculer au bout d'une heure » , je leur dis « est-ce que votre partenaire, homme-femme, c'est bon pour cette personne ? » Si vous éjaculiez au bout d'une heure et s'il y avait de la pénétration pendant une heure. Ça peut être dû à des modèles culturels, une pression culturelle, ce qui peut produire une tension psychique forte au moment de l'acte. Ça peut être un stress chronique, de la fatigue, un trouble de l'humeur, de l'estime de soi très fragilisé. Il y a également des facteurs comportementaux et développementaux, un apprentissage sexuel trop précoce, une masturbation qui aurait été trop rapide, centré sur l'idée d'éjaculer immédiatement, peut-être parce que c'est une chambre partagée, peut-être que je vis en collectif, dans un internat, peut-être je suis dans un établissement, je ne sais pas, je pense à une caserne par exemple. et que je suis obligée d'éjaculer rapidement. Sans exploration corporale, c'est très important, on saura. Je vous dirais que très souvent les éjaculateurs prématurés sont des personnes chatouilleuses. Et puis sans conscience du plaisir et du désir, c'est-à-dire le plaisir est à un niveau très élevé dans l'excitation, sans pour autant faire contribuer la totalité du corps, comme si... tout le plaisir était hyper concentré au niveau des organes génitaux, ce qui ne permet pas de réguler le plaisir et le désir. Ça peut être aussi des habitudes construites dans l'urgence ou l'anxiété qui peuvent se répercuter ensuite à l'âge adulte. Souvent, ces facteurs se combinent, ce qui rend l'éjaculation prématurée un trouble complexe, multifactoriel, mais traitable quand on prend en compte toutes les dimensions, donc biologique, psychologique, comportementale. Donc, dans une approche intégrative. Les conséquences sont multiples. Il peut y avoir l'insatisfaction sexuelle individuelle et le ou le partenaire peut aussi être insatisfait. Ça va dépendre des situations, si le couple est un couple régulier, de longue date. On sait par exemple qu'un couple qui va juste se construire, l'éjaculation prématurée, elle peut être perçue au début comme une phase, une courte phase, une phase rapide. Enfin, une phase courte. Et le ou la partenaire ne se formalise pas pour autant, c'est lorsque ça peut durer. Là, ça devient problématique. Mais parfois, il peut y avoir des partenaires qui, dès le départ, perçoivent qu'il y a une difficulté et vont l'exprimer rapidement. Et peut-être, si les personnes viennent de se rencontrer, le couple ne va pas durer. Le partenaire ou la partenaire insatisfaite. peut se dire, ce n'est pas du tout ce qui me convient, la sexualité est importante pour moi, l'éjaculation qui est trop rapide, surtout quand elle est en téportasse, mais même après quelques mouvements, on peut imaginer que pour le ou la partenaire, c'est très frustrant. Donc je disais, les conséquences de l'anxiété anticipatoire avant les rapports sexuels, se mettre en ce qu'on appelle en attitude de spectateur, c'est-à-dire se demander, est-ce que je vais éjaculer rapidement, il faut que je me calme, il ne faut pas que je m'excite trop, il ne faut pas faire trop de choses avant, parce que sinon... je vais être trop excitée et puis je vais éjaculer rapidement. Donc peur d'échouer, peur de décevoir, qui génère du stress, de l'évitement. On parle donc d'attitude du spectateur et la personne ne vit pas pleinement l'acte, mais elle l'observe et elle anticipe ce qui bloque le plaisir. D'ailleurs, très souvent, le ou la partenaire... va noter que son partenaire est comme dans une bulle, pas tout à fait là. Forcément, il est dans sa tête en train de se dire, j'espère que je ne vais pas éjaculer, il faut que je régule mon excitation. Oh là là, il ne faut pas qu'elle se retourne, sinon mon excitation va monter. Il ne faut pas que je bouge trop. La personne, elle n'est pas dans l'acte, elle est un peu à part. Je ne vais pas dire dissociée, mais c'est parce que ce n'est pas du tout ça, mais c'est vraiment une attitude de spectateur. Il peut y avoir donc, ça peut conduire à des tensions relationnelles, à des frustrations. à une incompréhension. Alors, c'est beaucoup plus compréhensible et peut-être flatteur qu'un trouble érectile, parce que la personne, au moins, on sait qu'elle est excitée, qu'elle a du désir. Mais bon, sur du long terme, on ne peut pas dire qu'il y ait totalement de la compréhension par rapport à ça. Et donc, ça peut surgir rapidement ou après plusieurs années de vie commune. J'ai déjà vu des hommes qui venaient après 15-20 ans de vie commune ou seulement après 15-20 ans. temps, la partenaire ou le partenaire dit qu'il en a assez de cette sexualité-là, ou parfois c'est suite et souvent d'ailleurs suite à une rupture et il y a l'idée que peut-être c'est à cause de cette éjaculation prématurée. Donc, conséquence, baisse de l'estime de soi, sentiment de honte, de culpabilité et détresse psychologique, un impact sur la vie du couple, forcément, sur l'intimité, qui va être fuie généralement, la confiance en soi, et aussi une complicité, c'est-à-dire qu'il peut y avoir des petites phrases assassines par rapport à cette question de rapidité, de précocité. Autrement dit, l'éjaculation prématurée ne concerne pas seulement la performance ou la durée de l'acte, elle touche la dimension relationnelle, émotionnelle et surtout identitaire. En tant que professionnel ou intervenant, comment aborder la question ? Voici les principes clés. D'abord un diagnostic, une évaluation. Prendre le temps d'écouter la personne dans un climat de non-jugement, de bienveillance et de confiance. Explorer le contexte historique. Depuis quand le trouble existe-t-il ? Est-ce que c'est un trouble primaire, secondaire ? Dans quelle situation ? Toutes, certaines, avec certains partenaires ? Questionner le processus éjaculatoire. Comment se passe l'excitation, l'émission, l'expulsion ? Quel est le ressenti subjectif ? Quelles sont les attentes ? de la personne ? Quelles sont les attentes du ou de la partenaire ? Quels sont les impacts dans la relation sur la confiance, la vie sexuelle, la santé mentale ? Quelle posture thérapeutique et éducative apporter ? Créer une alliance thérapeutique, empathique et non culpabilisante. Proposer une psychoéducation, c'est-à-dire comprendre ce qui se passe, normaliser, déconstruire les mythes, ajuster les attentes. Valoriser la patience, le respect du rythme de de chacun de chacune, la communication avec le ou la partenaire, et envisager une approche multidimensionnelle. Voici quelques outils, méthodes et approches concrètes que je propose ou que j'ai observées utiles à adapter selon le profil de la personne. Déjà, il y a le stop and go ou start-top, technique d'auto-observation et de modulation de l'excitation au cours d'un acte. Alors moi, je commence toujours par leur proposer d'abord en auto-masturbation avant de le faire avec un partenaire. L'objectif, c'est d'apprendre ou réapprendre à identifier le niveau d'excitation, à freiner avant le point de non-retour, à reprendre quand la tension baisse, pour entraîner le contrôle et retarder l'éjaculation. Il y a aussi ce qu'on appelle la technique du squeeze, qui est une pression douce. En cas de dépassement du seuil de contrôle, exercer une pression douce sur la base du pénis ou la zone périnéale pour retarder l'éjaculation. Et pour tout ça, il va y avoir une aide au niveau des exercices périnéaux avec les exercices du type qui est gel, c'est-à-dire identifier les muscles du plancher pelvien, apprendre à les contracter, juste eux, pas l'ensemble, c'est-à-dire pas au vent. Bien sûr, au niveau de l'anus, ça va bouger, mais vraiment avoir un focus sur cette zone-là, sans contracter les abdominaux ou les fessiers, et sans bloquer la respiration, surtout. Éviter que les patients se mettent à mettre des techniques d'eux-mêmes, c'est-à-dire la technique de la respiration. Alors, il existe aussi une méthode de technique de respiration. Je ne vais pas en Parlez-la parce que pour moi, ça met la personne en situation de spectateur et c'est justement ce qu'on ne veut pas, qu'elle soit dans son corps. Donc ces exercices périnéaux sont à travailler régulièrement en insistant sur la conscience corporelle. Utilisez la métaphore soit de l'incenseur ou de la fermeture éclair ou de vagues pour favoriser l'ancrage mental et corporel. Et privilégiez la régularité, quelques minutes par jour. Moi, je conseille plutôt le soir au coucher puisqu'au début, je recommande que ça soit plutôt allongé. Une fois que périnée et cerveau se sont connectés, de pouvoir le faire où on veut, dans le tram, en voiture, au travail. Ces exercices peuvent améliorer non seulement le contrôle éjaculatoire, mais aussi la tonicité pyrénéale, la qualité de l'orgasme, la conscience corporelle et renforcer l'ancrage, ce qui va favoriser la confiance en soi. L'accompagnement psychothérapeutique ou sexothérapeutique, ça va être donc des thérapies cognitives ou comportementales pour travailler sur l'anxiété de performance, les pensées négatives, les attentes irréalistes. Idéalement, une thérapie de couple. pour rétablir la communication, travailler sur le désir, la complicité, la compréhension mutuelle, des techniques de relâchement, de pleine conscience, par exemple la respiration, éventuellement l'hypnose ou la relaxation pour diminuer le stress, se reconnecter au corps. Personnellement, je n'utilisais plus le training autogène de Schultz, car dans mes derniers cabinets, je n'avais plus de canapé, j'avais deux fauteuils. Mais à partir de janvier, je change de cabinet et là où j'emménage, il y a un canapé, donc je vais pouvoir reproposer la technique du training autogène de Schultz, l'autophnose, en plus des méthodes que j'utilise comme TIPI et Mosaïque. Dans certains contextes, et si le professionnel ne l'interdit pas, il peut y avoir une orientation vers un médecin pour envisager un traitement médicamenteux, par exemple des inhibiteurs de recapture de la sérotomine ou des anesthésies topiques. Bon, moi, je ne vais rien dire là-dessus. Ce n'est pas... Je ne vais pas mettre ça. Mais seulement après évaluation, consentement éclairé et en complément d'accompagnement global. Les conseils pratiques et les recommandations concrètes. Eh bien, instaurer un climat de confiance et d'ouverture dès la première séance. La honte, le tabou, le jugement sont les ennemis de la guérison. Prendre le temps, rappeler que le chemin peut être variable. Pour certaines personnes, une amélioration peut être très rapide. C'est déjà arrivé que j'ai des patients dès la deuxième séance. Tout était réglé, puis pour d'autres, parfois, c'est plus long. Il faut un travail plus progressif. Globalement, je dirais qu'on est sur une moyenne de six séances. Six séances, moi, personnellement, je fais une séance par mois. Donc, je dirais sur six mois. Mais voilà, ça n'est que mon expérience personnelle. Associer le ou la partenaire dès que possible, c'est évident. Alors, c'est évident en tant que thérapeute, mais vous avez des patients qui ne veulent absolument pas que leur partenaire soit au courant. C'est plus compliqué. C'est plus compliqué parce que moi je pratique l'accompagnement avec l'abstinence sexuelle au départ, en tout cas au moins le premier mois. L'application du couple, c'est sûr que c'est essentiel pour établir une sexualité satisfaisante. Valoriser la régularité plutôt que la performance, c'est-à-dire encourager des exercices simples, discrets, intégrables dans le quotidien. Discrets surtout si le ou la partenaire n'est pas au courant. Adapter l'approche, donc chaque personne, chaque couple est unique. Ce qui fonctionne pour l'un ne fonctionne pas. nécessairement pour l'autre. Ce n'est pas tout un process copié-collé. Il faut pouvoir s'adapter à la situation. Alors, un petit focus quand même sur la technique du squeeze que je ne propose pas à mes patients. Mais la technique du squeeze, ça consiste à interrompre le réflexe éjaculatoire par une pression douce de la base du gland au moment où l'éjaculation est imminente. Concrètement, il s'agit de localiser la couronne du gland, souvent la zone la plus sensible, utilisez le pouce et l'index pour appliquer une pression ferme mais non douloureuse pendant 10 à 15 secondes, attendre que l'envie d'éjaculer disparaisse, puis relâcher et reprendre l'activité sexuelle. Ce qui nécessite un arrêt. La méthode des restaurations que je vais juste évoquer avec vous, c'est une technique accessible non invasive, mais qui demande une vraie patience, une régularité, une confiance mutuelle dans le couple. Ce n'est pas une méthode miracle, d'ailleurs les deux autres non plus. Ce n'est pas une solution isolée. Elle peut s'inscrire dans une approche globale d'accompagnement, avec une psychoéducation sur la réponse sexuelle, des exercices respiratoires, de la relaxation, du travail périnéal et idéalement des supports pédagogiques, comme par exemple les journaux de bord ou des fiches d'exercice, voire des vidéos explicatives. Il y a de très bons tutos sur Youtube ou même des applications qui peuvent bien aider ces messieurs. Elle favorise, quand elle est bien intégrée, une autonomie dans la gestion de l'excitation. une meilleure conscience corporelle et une réappropriation du corps dans la curiosité et la bienveillance. Mais encore une fois, elle ne convient pas à tous les couples, à tous les messieurs, et c'est important de le souligner. L'éjaculation prématurée n'est pas une fatalité, ni un tabou à laisser sous silence, c'est un trouble fréquent, souvent caché, et surtout, traitable. Ce que je veux transmettre ici, ce n'est pas une technique miracle, je l'ai déjà dit, ni une promesse rapide, c'est une compréhension fine. Un accompagnement respectueux et une réintégration du plaisir, de la confiance, du lien avec son corps et avec le corps de l'autre. Chaque parcours est différent, parfois le changement est rapide, je l'ai déjà dit, parfois il prend du temps, mais dans tous ces cas-là, ce qui compte c'est la qualité de la présence, de la régularité, l'écoute et le soutien qu'on se donne et qu'on offre aux autres. Alors, quelques questions fréquentes qui sont pesées sur l'éjaculation prématurée. Faut-il avoir recours à des médicaments ? Rien n'est automatique. Les médicaments peuvent être une option, mais ils ne remplacent pas l'accompagnement psychologique ni l'éducation sexuelle. Le travail corporel non plus. Ils peuvent être utiles dans certains cas, souvent en complément, à mon avis, jamais seuls comme solution miracle. Même si j'ai vu des patients qui n'ont jamais fait de sexothérapie, juste avec la prise de médicaments, tout ça se réglait. Il faut savoir que certains de mes patients ont remonté l'information que, effectivement, l'éjaculation n'était plus prématurée, mais ils avaient eu une... une perte de libido. D'autres, ça n'avait eu aucun effet sur eux. D'autres, ça avait parfaitement marché. C'est une phrase que je dis souvent, mais tout existe. Est-ce que l'éjaculation prématurée se guérit vraiment ? Je dirais oui, dans de nombreux cas, avec un bon accompagnement, avec des résultats qui sont encourageants et possibles. Certains patients constatent une nette amélioration dès les premières séances, puis d'autres, le changement est plus progressif. La clé, c'est la constance. C'est aussi l'alliance thérapeutique. Il faut faire confiance à son thérapeute. Si on pense que ce qu'il propose est complètement loufoque ou pas suffisamment rapide, ça peut être ça. Parfois, en disant, il y a des passants qui viennent. Parfois, ils disent, alors ceux-là, ils sont vraiment rapides parce qu'ils disent, moi, pour la semaine prochaine, j'ai un rendez-vous avec une compagne qu'ils ont rencontrée il y a peu de temps ou alors il y a une menace de séparation si ce n'est pas guéri dans la semaine. On ne peut pas promettre que ça va se guérir dans la semaine, c'est probablement la pire des situations. Est-ce que les exercices périnéaux sont réservés aux hommes avec des problèmes d'éjaculation ? Non, absolument pas. Tout le monde devrait faire des exercices périnéaux. Enfin, bien les faire. Ces exercices peuvent bénéficier à toute personne souhaitant renforcer le plancher pelvien, améliorer la conscience corporelle, la tonicité, la qualité des orgasmes, la continence ou simplement mieux sentir leur corps. D'ailleurs, je vais bientôt changer un peu mon modèle de podcast. Je vais faire un modèle interview et il y aura un podcast avec une spécialiste du Périnée. Et si là où le partenaire ne veut pas s'impliquer, ça arrive très souvent, trop souvent à mon goût pour ce type de problème sexuel, c'est quand même possible, bien entendu, d'accompagner. Dans ce cas, il peut être utile de travailler. seul tout en réfléchissant à ouvrir la discussion avec le ou la partenaire. Mais si c'est vraiment impossible et très souvent salé, n'oubliez pas que c'est un trouble où il y a beaucoup de honte, eh bien on va faire autrement. On va faire sans le ou la partenaire, on va faire avec de manière discrète. Voilà pour cette session de mini-formation « Comprendre et accompagner l'éjaculation prématurée » . Nous avons vu ce qu'est l'éjaculation prématurée, j'espère au-delà des clichés et des mythes. Pourquoi elle survient, comment elle se manifeste et surtout comment, en tant que professionnel ou personne concernée, on peut l'aborder, l'accompagner, l'éduquer et contribuer à restaurer une belle confiance en soi, du plaisir et de la communication. Si ce podcast vous parle, si vous pensez pouvoir aider comme thérapeute, accompagnant, accompagnante, éducatrice, éducateur, je vous encourage à adopter une posture de bienveillance, d'ouverture et de patience. Rappelez-vous, le sexe n'est pas... une performance, c'est un espace d'intimité, de respect, de connexion. Si vous voulez être formé, je forme. Si vous voulez être supervisé, je supervise. Si vous avez besoin d'une consultation, je consulte en visio ou en présentiel à Genève. Alors, n'hésitez pas. Mais avant de vous quitter, je vous invite aussi à retrouver mes articles directement sur mon site, norellounas.com, sans nuance, ou rejoignez-moi sur Instagram pour des contenus complémentaires, des réflexions, des ressources. Un petit peu de ma vie, de ma manière de penser. Ce n'est pas totalement utile dans le métier, mais c'est aussi agréable de pouvoir créer une belle alliance. Et bien sûr, n'hésitez pas à écouter les autres épisodes du podcast. Chaque sujet est pensé pour vous accompagner, vous outiller et vous inspirer. Comme d'habitude, il y aura un jeu concours pour participer. Rendez-vous sur mon compte Insta. Un jeu concours jusqu'en février. Donc encore décembre, janvier et février. Et ensuite, il n'y aura plus de jeu concours. Voilà, on se quitte avec, comme musique, l'homme idéal qui n'existe pas, bien sûr. Nobody is a fan. Merci.