- Speaker #0
Bonjour ou bonsoir, je suis toujours et encore Norah Lounas, sexologue clinicienne, et je vous parle depuis Genève en Suisse pour le podcast Parlons Culture, C-U-L-ture, Parlons Culture. Aujourd'hui, je reçois Sabrina Dard, physiothérapeute à Genève. Ensemble, nous allons parler de rééducation périnéale féminine, mais pas seulement. Nous prendrons le temps de comprendre ce qu'est le périnée, à quoi il sert. pourquoi il est si central dans la santé sexuelle et corporelle, et surtout, comment il peut être accompagné de manière concrète et respectueuse. Sabrina nous partagera sa manière de travailler, des anecdotes issues de sa pratique, ainsi que son propre parcours et son évolution professionnelle. Et de mon côté, vous le savez, cette discussion fera aussi écho à mon propre cheminement professionnel, à ce qui se transforme, s'affine et se nuance avec le temps. Un échange à deux voix. ancré dans le réel pour mieux comprendre le corps, le soin et tout ce qui se joue autour du périnée. Bienvenue dans la saison 1, l'épisode 1, 2, Nuances croisées. Bonjour Sabrina et bienvenue dans le podcast Parlons Culture, Nuances croisées, première saison, épisode 1. Jusqu'alors je faisais des podcasts solo et tu es la première invitée pour ce podcast A2, ce podcast interview. Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, le sujet qui est le Périnée, est-ce que tu peux, dans l'ordre que tu voudras te présenter et me dire comment on se connaît, puisqu'on se connaît depuis un certain temps maintenant ?
- Speaker #1
Eh bien bonjour Norah, merci de cette invitation, c'est un plaisir de participer et d'être là, d'inaugurer cette nouvelle version de ton podcast. Eh bien en fait nous nous sommes rencontrés par le biais du chant, et c'est vrai qu'en chant on parle souvent de Périnée, parce qu'il offre un soutien à notre respiration et puis donc à notre voix. Et puis, c'est la fameuse synergie entre le périnée, le diaphragme, la sangle abdominale. Et en discutant un petit peu, ça nous a amené à nous rencontrer sur ce sujet qui nous est commun. Moi, je suis physiothérapeute. J'ai été diplômée de l'école de physiothérapeute de Genève en 2000. En 2002, j'ai fait ma spécialisation de physiothérapeute pédiatrique. J'y ai consacré un peu plus de dix ans exclusivement. Et puis, il y a quelques années, j'ai eu envie d'élargir un petit peu ma pratique. Et je me suis tournée vers la rééducation pélvi-périnéale. Pourquoi ? Parce que dans mon métier, j'étais amenée à rencontrer beaucoup de jeunes mamans qui me posaient des questions. Et puis, c'est vrai que j'y voyais un lien entre l'enfant, la mère, la femme. Et c'est ce qui m'a donné envie de découvrir cet univers passionnant et vaste.
- Speaker #0
Effectivement, la première fois qu'on s'est rencontrées au cours de chant, c'est notre professeur Barbara qui a dit « Ah, mais au fait, Norah, Sabrina, elle est physio, spécialiste du périnée. Déjà, tout de suite, je me suis dit qu'il faudrait absolument faire quelque chose ensemble, travailler ensemble. Alors, moi, je suis sexologue. Pourquoi je connais beaucoup le périnée ? C'est que j'en parle dans mes consultations. Et moi, j'ai noté que si beaucoup de femmes connaissent leur périnée, ça vous le situez, ça va quoi y sert. J'ai rencontré aussi beaucoup d'hommes qui ne connaissent pas leur périnée. L'homme, ce n'est pas ta spécialité aujourd'hui. Mais est-ce que tu peux nous en dire plus sur ce que c'est que le périnée, en fait ?
- Speaker #1
Oui, alors d'abord, ce que j'aimerais te dire. Peut-être juste pour introduire un petit peu, c'est donner quelques chiffres. C'est qu'en fait, il y a une femme sur quatre qui est concernée par des problèmes d'incontinence ou des problèmes de prolapsus. Et puis, tu disais tout à l'heure que les femmes connaissent, ont déjà entendu parler de leur péliné, mais seules 30 à 40 % des femmes sont capables, si on leur demande, de le contracter volontairement. Donc, c'est quand même une partie de notre corps qui est assez méconnue, qui est quand même assez cachée. ça reste un muscle, alors on verra plus tard que c'est pas réellement un muscle, mais c'est plutôt un ensemble de muscles et de tissus, mais ça reste un muscle tabou puisque c'est le muscle de la sexualité, comme tu l'as dit aussi. Donc la rééducation pelvipérinale va vraiment prendre en charge les troubles fonctionnels pelviens. Donc ça c'est les raisons pour lesquelles les personnes viennent te voir ? Alors il y a plusieurs raisons. En fait d'abord peut-être juste pour préciser ce qu'est... Ce qu'est le périnée, c'est que c'est vraiment un ensemble de muscles, de ligaments et de tissus mous, de tissus aponevrotiques. En réalité, on distingue un plancher pelvien, un périnée avec une couche profonde et une couche superficielle. Mais je pense que pour, dans un souci de clarté, peut-être qu'ici, on va parler du périnée. D'accord ? Donc, il faut voir cet ensemble de muscles et de tissus mous un petit peu comme un hamac. ou comme un trampoline. Moi, j'aime bien l'image du trampoline parce que ça donne une idée d'élasticité et de souplesse qui va se situer dans le petit bassin. Le petit bassin va être délimité par les oiliacs de chaque côté, par le pubis en avant, et à l'arrière par le bloc formé du sacrum et du coccyx. Dans cet ensemble de muscles, dans ce hamac, on va également séparer une partie antérieure, c'est-à-dire avant, et une partie postérieure, arrière, ce qui va aider les femmes à mieux ressentir et à mieux visualiser. L'idée, c'est vraiment d'imaginer un trampoline. dans notre bassin, dans le bas de notre bassin, qui va avoir plusieurs rôles. Ce trampoline, cet ensemble de tissus mous, va avoir comme rôle de maintenir la continence urinaire et anale, de soutenir nos organes, la vessie, l'utérus, ou la prostate et le rectum. Il va aussi soutenir l'utérus gravide pendant toute la grossesse et permettre aussi l'accouchement. Et puis, c'est aussi un muscle... qui a un ensemble de muscles qui a un rôle non négligeable dans la sexualité. Donc ça, c'est les différents rôles de ce périnée. Il ne travaille pas tout seul, il travaille en synergie avec le diaphragme, avec les muscles de la paroi abdominale également, pour limiter les pressions intra-abdominales et puis pour permettre le redressement et assurer une bonne posture, une bonne répartition des forces, des charges. Le redressement, c'est la statique, c'est la posture qu'on va adopter pour avoir une bonne répartition des charges, pour éviter d'avoir des charges mal réparties au niveau de l'ensemble.
- Speaker #0
Pourquoi les personnes viennent consulter? C'est quoi, je ne sais pas, les trois raisons principales ? En sexologie, on aime bien dire les trois raisons de ceci. C'est quoi les raisons principales des consultations des femmes ? On va parler des femmes, aujourd'hui.
- Speaker #1
Alors, on va parler des femmes, effectivement. Moi, j'ai suivi la formation Hommes, Femmes, Enfants, mais je me consacre uniquement aux femmes. Puis, tu me demandes trois raisons, alors je vais t'en donner quatre, juste par esprit de contradiction. Donc les femmes essentiellement vont venir en postpartum pour des problèmes, pour des troubles de la continence, principalement urinaire mais également anal, pour des problèmes de prolapsus, plus communément appelés des centres d'organes, et puis un peu plus rarement en prépartum. En prépartum, alors ça j'ai jamais entendu qu'il y avait des femmes consultées en prépartum, tu peux nous en dire plus ? Alors, c'est vrai que moi, j'en reçois assez peu de femmes en prépartum, mais j'en reçois tout de même quelques-unes. Et puis, l'idée, c'est de rendre la future maman active face aux nombreux changements, aux nombreuses transformations que son corps va subir durant neuf mois de grossesse. Et puis aussi, c'est aussi une préparation à l'accouchement. Donc on va préparer le périnée, la sangle abdominale, en respectant la respiration, le système circulatoire. C'est vraiment une prise en charge globale, aussi avec un travail postural. Ça va aussi permettre de soulager des douleurs. Donc il peut y avoir des douleurs articulaires ou musculaires. Il va y avoir une pesanteur au niveau pelvien. Il va y avoir des conseils d'éducation thérapeutique. C'est vraiment une préparation et une protection du périnée en vue de cette longue période de changement et en vue de l'accouchement.
- Speaker #0
Quand tu dis conseil d'éducation, est-ce qu'on peut imaginer que c'est la prévention ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Ça va être de l'information pour un petit peu les prévenir de ce qui va se passer, des différents bouleversements et changements qu'elles vont subir, et puis les mettre en garde contre certains risques qui pourraient être liés justement à ce changement physique.
- Speaker #0
Et pas que physique, mais enfin... physique, hormonal, psychologique, physiologique. Là, j'ai donné les cadres. Là, on a parlé du prépartum.
- Speaker #1
Après, on avait les troubles de la continence, le postpartum et puis le prolapsus.
- Speaker #0
D'accord, le prolapsus aussi, tu peux nous en dire plus ?
- Speaker #1
Comme je disais, le prolapsus,
- Speaker #0
c'est plus communément appelé,
- Speaker #1
c'est ce qu'on appelle la descente d'organes.
- Speaker #0
Très souvent, en intervention, quand je faisais des interventions dans les établissements ou en maison d'arrêt, quand je leur parlais de descente d'organes, il y a vraiment l'idée que ce n'est pas vrai. que ça n'existe pas. Il y a même l'idée que c'est un mythe, alors que, bien évidemment, ça n'est pas un mythe. Mais moi, en intervention avec des jeunes comme des moins jeunes, même en formation avec des adultes professionnels, les gens, ils hallucinent quand on leur dit que ça existe. En tout cas, les personnes que tu vois, elles savent que ça existe, puisque soit on leur a dit qu'elles faisaient un prolapsus, une descente d'organes, mais moi, j'ai déjà vu en intervention des gens qui disaient que ce n'était pas possible ce que vous racontez.
- Speaker #1
C'est vrai qu'il y a quatre... On distingue quatre stades de prolapsus. C'est vrai que nous, déjà, on va pouvoir intervenir en stades 1 et 2, c'est-à-dire quand le prolapsus est interne ou qu'il affleure à la vulve. Du moment que l'organe sort de la vulve, le stade 4, c'est le stade où l'organe est complètement hors du corps. Ça, c'est des stades que, normalement, on ne voit plus trop chez nous parce qu'il y a de la prévention, parce qu'il y a quand même un suivi médical régulier, donc on n'en arrive plus. à ces situations.
- Speaker #0
Tu veux dire que c'était autrefois, quand on ne parlait pas suffisamment du périnée, ou lorsqu'il n'y avait pas suffisamment de... professionnels qui accompagnaient. C'était il y a... En tout cas chez nous.
- Speaker #1
Après, dans d'autres pays, il y a effectivement... On trouve encore ce genre de situation. Alors, j'imagine, mais oui, très certainement. Après, il y a plusieurs facteurs qui sont pris en ligne de compte. Il y a des facteurs congénitaux. Donc, il y a la qualité des tissus, il y a l'anatomie. Et puis après, il y a tous les facteurs acquis. Donc, il y a effectivement le nombre de grossesses, le nombre d'enfants. Il va y avoir une surcharge pondérale, il va y avoir par exemple si la personne a pratiqué un sport d'impact, je vais chercher mes mots, des gymnastes de haut niveau, trampoline. Et puis il y a le travail aussi que la personne a fait, le travail de charge, le travail où il faut porter des choses. C'est sûr qu'une personne qui va, une femme de ménage, elle ne va pas être dans la même situation pendant toute sa vie de travail qu'une femme qui va être assise derrière un bureau. Il y a aussi la ménopause. avec la diminution des oestrogènes et puis la diminution des fibres de collagène qui fait que les tissus sont un peu plus larges. Donc finalement, ce n'est pas que des femmes qui ont eu des enfants qui vont être exposées à ce risque, c'est un peu toutes les femmes, malheureusement.
- Speaker #0
Comment ça se passe une consultation chez toi ? Est-ce que tu pourrais nous raconter le déroulement concrètement ? Oui, concrètement, comment ça se passe ?
- Speaker #1
Alors, la première séance, elle est vraiment consacrée à l'anamnèse, c'est-à-dire l'interrogatoire, si on veut. Donc là, je vais discuter avec la personne, avec la femme que je reçois. On va prendre vraiment un temps important pour exposer un petit peu toute la problématique. Il faut aussi qu'il y ait une mise, que la personne soit mise en confiance, qu'il y ait vraiment une relation de confiance qui s'instaure. Et puis, que je puisse poser vraiment toutes les questions nécessaires pour orienter. le traitement pour comprendre la problématique parce que c'est des problématiques qui sont assez complexes. J'ai pas parlé tout à l'heure aussi, les gens viennent aussi voir des fois pour des problématiques de douleur, très important. J'en ai pas parlé tout à l'heure, mais ça c'est vraiment très complexe. Donc il va falloir vraiment orienter un petit peu le traitement. Une femme qui va venir pour un problème de fuite urinaire, je préfère parler de fuite urinaire que d'incontinence urinaire parce que c'est vrai que le terme est un peu fort et quand on parle d'incontinence urinaire, on imagine une petite mamie avec des couches, alors qu'en fait, il y a beaucoup de femmes de tout âge qui sont touchées par ce problème de « je rigole, je tousse, j'éternue et puis j'ai quelques fuites » ou alors des impériosités, c'est-à-dire ce besoin urgent d'aller aux toilettes et de ne pas pouvoir retenir. Il y a vraiment plusieurs problématiques. Les futurs inaires allaient fort. Il y a les urgenturiers et puis il y a les incontinences urinaires mixtes. Donc, il va falloir un petit peu dépatouiller tout ça et puis vraiment bien cibler pour pouvoir ensuite expliquer à la patiente comment va se dérouler le traitement. Donc, voilà, moi, je lui explique ce qui va se passer les séances suivantes. Et puis aussi la rendre actrice du traitement en lui disant qu'il va falloir... qu'elle effectue des exercices régulièrement à domicile et puis que ça va être un travail vraiment où on va être main dans la main et que le travail qu'elle va effectuer de son côté sera tout aussi important que celui qu'elle va faire chez moi.
- Speaker #0
Tu n'es pas une magicienne, il va falloir qu'elle contribue.
- Speaker #1
Absolument, absolument. Et c'est vrai que je ne me gêne pas de leur dire si vous faites vos exercices uniquement quand vous venez ici chez moi, ça ne servira à rien. Comme ça, au moins, elles savent qu'elles doivent vraiment prendre... prendre part au traitement et être actrice de leur traitement. Ensuite, généralement, à partir de la deuxième séance, surtout quand c'est la première fois, je vais prendre plus de temps. Après, si c'est des patients qui reviennent, on ne va pas prendre ce temps-là. On va reprendre un temps de parole, de discussion pour réajuster un petit peu, mais c'est vrai qu'après, ça va un petit peu plus rapidement. Ensuite, la deuxième séance, on va faire un bilan, un bilan global. Déjà postural, voir un petit peu la personne dans son ensemble. Ensuite, je vais regarder comment elle respire. Je vais regarder la paroi abdominale, comment les muscles abdominaux travaillent, comment le diaphragme travaille. Et on va aussi faire ce qu'on appelle un testing musculaire et un bilan palpatoire des muscles du peyiné. C'est-à-dire que ça, c'est un toucher vaginal. Je trouve que c'est important d'avertir les patientes en amont pour qu'elles sachent à quoi s'attendre. Et là, par ce toucher vaginal, on va faire un bilan sur l'état des muscles. enfin des tissus du périnée, voir un petit peu ce qu'il en est.
- Speaker #0
Avec tes doigts ou avec des machines, des ordinateurs, des... Au toucher.
- Speaker #1
Le bilan, il se fait au toucher. Après, le travail à proprement parler, il peut être à la fois manuel, donc aussi par toucher. vaginales, ou alors on peut aussi utiliser des sondes, enfin, ou et, on va aussi en complément utiliser des sondes de rééducation.
- Speaker #0
On va parler des sondes, mais avant tu as parlé d'urgentorie, est-ce que tu veux qu'on en parle un peu plus tard ou tu peux en parler maintenant ce que c'est que l'urgentorie ?
- Speaker #1
Oui, alors c'est vrai que j'ai un petit peu digressé, puis je me suis peut-être un petit peu perdue, mais en parlant des troubles ... Des incontinences urinaires ou des troubles de la continence plutôt. Donc là, plus spécifiquement urinaire. Donc quand on parle de trouble, ça veut dire que c'est une perte d'urine sans qu'on puisse retenir volontairement. Donc il y a trois formes d'incontinence urinaire. Il y a l'incontinence à l'effort. C'est-à-dire que la personne effectue un effort, porte une charge, rigole, tousse, éternue. Et puis il va y avoir perte d'urine. Alors après, ça peut être quelques gouttes. Ça peut être... plus, ça aussi il va falloir le quantifier. Après, il y a justement les fameuses urgenturies ou impériosités. Donc ça, si on veut, c'est un mauvais réglage. Enfin, c'est la vessie qui va être un petit peu, enfin, qui va être hyperactive, qui va être mal... Ouais, c'est un petit recalibré. C'est une vessie hyperactive où, en fait, quand on va devoir aller l'unir, il va falloir y aller immédiatement. Il y a impossibilité de retenir suffisamment longtemps, en cas d'incontinence, pour arriver à aller sur les toilettes pour effectuer la mixtion. C'est souvent associé à une polycurie, c'est-à-dire que ce sont des femmes qui vont aller souvent aux toilettes. Ou alors, nicturie, ça veut dire que la nuit, elles vont se lever plus de ce qu'on considère dans la norme, c'est une fois. Elles vont devoir se lever deux, trois, quatre fois par nuit pour aller uriner. Donc ça, c'est des troubles qui vont être provoqués soit par des infections loco-régionales, type infection cystite par exemple. Ou alors, ça peut être des problèmes neurologiques, une sclérose en plaques, post-AVC, ou des causes pathogènes, où là, par exemple, ça va être déclenché par le froid, par le stress, par ce qu'on appelle le syndrome de la clé dans la serrure, c'est-à-dire que la patiente arrive à la maison, elle met la clé dans la serrure et là, elle ne peut plus retenir. Donc ça, c'est plutôt psychogène, j'ai dit pathogène, c'est psychogène, des causes psychogènes. Donc ça, c'est plutôt... enfin Il va plutôt falloir faire un travail à la fois de rééducation, une fois qu'on aura fait notre bilan de rééducation physique, où on imagine qu'il y a quand même une... Là, du coup, je me rends compte qu'on n'a pas vraiment parlé de la rééducation du périnée en soi, finalement. Finalement, on n'a pas vraiment... Donc, en fait, suite au bilan, on va pouvoir déjà déterminer s'il y a des problèmes de tension. Au niveau musculaire, il va falloir effectivement aider à relâcher ou alors s'il y a une faiblesse musculaire, ce qui est très souvent le cas. Ce qui fait qu'en fait, on va devoir rééduquer, renforcer la musculature. Et c'est là où c'est intéressant parce que c'est des muscles qu'on va pouvoir renforcer, qu'on va pouvoir muscler. Dans le cas précisément de l'urgenturie, il y aura certainement une faiblesse musculaire. On va réapprendre à la patiente à contracter ses muscles du péiné de manière consciente, à les renforcer. à en reprendre conscience pour ensuite en reprendre confiance. Et c'est là où intervient le mental, en fait, et toutes ces causes psychogènes qui vont venir embêter vont pouvoir être finalement éradiquées parce que la patiente va savoir qu'elle peut se faire confiance, qu'elle va réussir à contracter ses muscles et qu'elle va réussir à aller jusqu'aux toilettes pour effectuer sa mixtion.
- Speaker #0
C'est vrai, par exemple, tout à l'heure, tu parlais du froid. Moi, chaque fois que je vais au ski, pendant que je mets ma combinaison, je me dis, c'est sûr, quand je vais arriver sur la piste, je vais avoir envie de faire pipi. Et puis, dès que j'arrive sur la piste, effectivement, je me dis que je vais avoir envie. Mais maintenant, j'ai compris que pendant l'heure ou les deux heures ou trois heures où j'allais skier, eh bien, ça allait passer. Donc, je comprends ce que tu veux dire. En même temps, c'est mécanique. Je sens physiquement que j'ai envie de faire pipi. Mais je sais qu'en fait, c'est... Une impression, je ne sais pas si c'est une impression, mais je ne vais pas aux toilettes et je skie trois heures et je n'ai absolument pas envie d'aller aux toilettes. En revanche, dès que j'arrive et que j'ai faim, je mange d'abord. Et après, là, je sais que je dois y aller parce que je me dis que j'avais déjà envie il y a trois heures. Donc, c'est ça aussi un petit peu cette éducation de se dire, je ne sais pas, parce que j'ai juste envie d'aller aux toilettes, que je dois absolument aller aux toilettes. en fait, c'est ce que tu es en train de dire pour ces femmes qui se disent Je ne suis peut-être pas obligée d'aller tout de suite. Je vais travailler mon muscle, parce qu'il est peut-être relâché, il va être plus tonique. Mais elle doit aussi comprendre qu'elle pourrait ne pas y aller tout de suite.
- Speaker #1
Alors, c'est ça. C'est qu'en fait, dans l'éducation, c'est que normalement, ce qu'on dit, c'est qu'on ne doit pas aller plus que toutes les 2-3 heures aux toilettes. Donc, ce type de patiente, on peut réaliser ce qu'on appelle un calendrier émictionnel ou alors ce qui est un petit peu contraignant parce qu'il faut noter. Quand est-ce qu'on va aux toilettes, quel volume et tout ça, mais dans un premier temps, moi souvent je leur demande de regarder leur montre. Et de dire, voilà, regardez la montre quand vous êtes allé aux toilettes et de se dire, non, j'y suis allé il y a un quart d'heure, il y a une demi-heure, là, normalement, je ne devrais pas avoir besoin d'y aller. Sauf que, à force de répéter ce type de comportement d'aller aux toilettes toutes les demi-heures, la vessie, en fait, elle n'arrive plus à se réguler. Voilà, elle n'arrive plus à sa compétence maximale parce qu'une vessie, elle est tout le temps en train de se remplir et elle peut se remplir jusqu'à 450-500 millilitres. Si on habitue la vessie à aller se vider chaque fois qu'elle est remplie à 100 ml, elle va après chaque fois demander. Donc c'est pour ça qu'il y a toute une rééducation de la vessie. Il y a vraiment une rééducation comportementale à faire aussi à ce niveau-là. Ce n'est pas qu'une histoire de force musculaire.
- Speaker #0
Oui, dans mon cabinet, aux hommes et aux femmes, quand je leur donne un test du stop pipi, juste le test leur dit surtout, ça n'est pas un exercice, c'est pour pouvoir repérer votre périnée. vous faites une seule fois le test et effectivement, je leur explique ensuite s'ils le font régulièrement. Moi, je schématise comme ça parce que je ne suis pas physio, mais je leur dis sinon votre vessie, elle va se remplir à la quantité que vous aurez régulièrement, c'est-à-dire effectivement si c'est 100 millilitres, elle va s'habituer à s'activer pour dire maintenant je vais être vidée à 100 millilitres alors qu'elle peut aller, je le découvre maintenant, à 400, 450 millilitres. Donc, C'est important parce que pendant longtemps, il y a des personnes, des hommes, des femmes, j'imagine peut-être des professionnels, mais plus maintenant, proposer le stop pipi alors que c'est contre-productif pour la vessie.
- Speaker #1
Oui, alors ça, c'est encore un tout petit peu différent parce qu'en fait, du coup, le stop pipi, c'est vraiment on est sur les toilettes, on relâche les muscles, les sphincters et puis on donne l'information à la vessie. vas-y, c'est bon, on vidange. Et puis tout à coup, on lui dit, ah bah non, stop, on s'arrête, on arrête tout. Et puis après, on va lui dire, non, maintenant, il faut terminer la vidange. Et là, du coup, ça, c'est encore un tout petit peu différent, mais effectivement, ça donne une mauvaise information à la vessie et ça donne après des vessies qui n'arrivent plus à complètement se vider, à complètement se relâcher parce qu'on a pris cette habitude de stopper la mixtion en cours de route. Et ça, c'est pas une bonne habitude. On doit vraiment s'écouter. Quand on va aux toilettes, on va vider sa vessie complètement. On reste pas deux heures sur les toilettes, mais on attend quand même. C'est pour ça qu'on préconise d'aller s'asseoir sur les toilettes. On attend qu'elle soit vidée. Et puis, une fois qu'elle est vidée, une fois qu'on sent qu'on a vidé sa vessie, OK, on se relève, on se rhabille et on y va. Et ce n'est pas quelque chose qu'on doit faire en vitesse non plus. On se rhabille et tout à coup, on se dit, ah ben voilà, non, en fait, je n'avais pas terminé. il faut que je vienne la vessie mieux quand tu dis, tu précises qu'il faut s'asseoir pourquoi tu le précises ? Parce qu'on se détend mieux quand on est assis. Que souvent, le fait d'être à moitié en squat, à moitié debout, on n'arrive pas à détendre les muscles, on n'arrive pas à bien vider la vessie, à bien relâcher les sphincters et à bien relâcher les muscles.
- Speaker #0
C'est vrai, quand on va sur des toilettes qui ne sont pas nos toilettes, c'est-à-dire dans un restaurant, je pense qu'à peu près une grande majorité des femmes, elles vont se mettre en squat. Alors on ne va pas au restaurant non plus tous les jours, trois fois par repas. Mais effectivement, moi, quand je vais quelque part dans... Je ne m'assois pas sur les toilettes, je ne suis pas détendue en fait.
- Speaker #1
Alors c'est vrai que moi, ce que je dis toujours à mes patients aujourd'hui, alors moi je vous donne la théorie. C'est comme une jeune maman qui ne doit pas porter de trop son enfant quand elle est debout parce qu'il ne faut pas porter trop de charge. Aujourd'hui, je vous donne la théorie, je vous explique pourquoi je vous dis ça. Et après, effectivement, dans la pratique, on fait comme on peut. Alors effectivement, des fois, on est dans des toilettes publiques, alors on a possibilité de mettre, moi suivant où, je vais mettre des papiers pour pouvoir quand même m'asseoir. Et puis, suivant où, je vais me mettre en squat en faisant attention d'essayer quand même de bien détendre, de bien vider ma vessie complètement. En fait, il faut toujours expliquer le pourquoi du comment. Et c'est vrai que j'entends bien qu'il y a certaines situations où on n'a pas le choix, on compose avec. C'est comme ça me fait penser justement dans les mauvaises habitudes. C'est la mixtion par précaution qu'on enseigne depuis qu'on est tout petit. On va dire aux enfants avant de sortir, va faire pipi. Alors que peut-être l'enfant y est allé une demi-heure ou une heure avant, on va lui dire, va faire pipi parce qu'on n'a pas envie de faire un long trajet en voiture. Et qu'au bout d'une heure, le gamin nous dise, va faire pipi. Voilà, mais ça, c'est une mauvaise habitude. Donc, j'essaie de dire aussi à mes patientes, évitez la mixtion par précaution. Si vous devez sortir de chez vous pour aller faire des courses ou quoi ou qu'est-ce, essayez d'éviter de systématiquement vous dire, je vais faire pipi. Alors qu'en fait, on n'a pas besoin que la vessie n'est pas remplie. On essaie toujours un petit peu de moduler et puis d'expliquer parce que la compréhension est vraiment importante. Une fois que les patientes ont compris, elles arrivent à plus ou moins adapter un petit peu à leur vie de tous les jours. Mais il faut faire un peu des compromis.
- Speaker #0
Oui, ce que je comprends, c'est qu'on a une éducation en même temps d'être détendu pour pouvoir uriner de manière détendue. C'est le terme. En même temps, on est conditionné à au cas où. Et on doit éviter de faire des squats, mais en même temps, la vie, elle doit permettre de... Donc, en fait, ce n'est pas un sujet anodin. Ça paraît quand même assez... C'est tabou, je pense. On l'a dit tout à l'heure. Je crois qu'on l'a dit que c'était tabou. On parle de l'intime quand même, qu'on parle d'une zone qui est quand même intime. Mais on peut avoir des conditionnements liés à la mixtion qui sont vraiment contre-productifs, en fait. Mais pour revenir à la consultation... tout à l'heure tu as parlé de sondes donc moi j'aimerais bien aussi en savoir un peu plus est-ce que tu veux parler des sondes maintenant ?
- Speaker #1
donc alors voilà après il y a le travail donc juste avant de parler des sondes, il y a le travail qu'on va faire en cabinet et puis il y a le travail que la patiente va faire à la maison, donc moi j'aime bien donner 10 minutes d'exercice, de contracter, enfin voilà ça dépend, là j'allais dire de contracter, relâcher ou des exercices d'étirement, bref, de donner 10 minutes par jour à la patiente pour qu'elle devienne justement actrice de son traitement, qu'elle participe et puis qu'elle entretienne ce que nous, on apprend au cabinet. Et puis, effectivement, il y a soit le travail manuel, soit le travail avec des sondes de rééducation. Donc, les sondes de rééducation, ce sont des petits dispositifs qu'on place en intravaginal, qui sont reliés à un ordinateur, à un écran d'ordinateur. Et ça va permettre à la patiente de travailler ce qu'on appelle en biofeedback. Donc c'est-à-dire que la patiente va pouvoir effectuer les exercices qu'on aura appris ensemble. Et comme finalement c'est un ensemble de muscles qui est invisible, ces muscles du périnée c'est invisible, on ne voit pas quand on contracte son périnée. Si je te demande maintenant contracte ton périnée, tu vas me dire « Ok, je le contracte et moi je ne vais pas le voir. » Et toi tu ne vas pas savoir forcément si tu le fais juste, si tu le fais assez fort, si tu le fais assez longtemps, si la contraction est régulière, si elle est tenue. C'est tout un tas de choses qu'on ne voit pas et ça, ça va permettre justement par le biais du feedback visuel sur l'écran. Ça va permettre à la patiente de voir comment elle contracte ses muscles, comment elle les relâche aussi, parce qu'il y a parfois aussi des problèmes, très souvent même de relâchement de capacité, parce qu'un peyiné doit être tonique, mais ce n'est pas un peyiné qui doit être en contraction tout le temps. Donc il faut être capable aussi de bien relâcher ses muscles. Donc les sondes vont permettre de voir sur un écran. La manière dont la personne travaille, ça va lui permettre par le biais du regard, du visuel, d'enregistrer le mouvement, de se reconnecter à ses muscles du périnée qu'elle ne peut pas voir autrement.
- Speaker #0
Tu voulais poser un peu comme un électrocardiogramme ou alors c'est vraiment comme une échographie ?
- Speaker #1
Un peu comme Mario, Super Mario. Mes patientes me disent je viens jouer à Super Mario chez vous. Parce qu'en fait on a vraiment un peu... alors il y a plusieurs visuels. Mais c'est vrai qu'on a un petit visuel où on doit suivre un petit chemin au gré des contractions. Quand on contracte, là en ce moment j'ai un petit bonhomme de neige parce que c'est hiver. Donc le petit bonhomme de neige il monte, il est maintenu tant qu'on reste en contraction. On essaie de maintenir une contraction tenue et puis après il redescend quand on est relâché. Et puis on a plusieurs manières de travailler, les fibres rapides, les fibres lentes, le travail explosif. Enfin voilà, on a tout un panel de programmes possibles. Tout est possible, tout est adaptable et personnalisable pour nos patientes. Et puis, c'est vraiment sous forme presque de jeu vidéo. En fait, c'est assez ludique et ça les fait beaucoup rire. Et puis, l'autre avantage, c'est qu'on peut aussi travailler avec les sondes en électrostimulation. Donc là, c'est la machine qui envoie un courant doux. Il y a plusieurs types de courants en fonction du travail qu'on a envie d'obtenir. Si on veut faire du renforcement, si on veut faire du réveil proprioceptif, de la décontraction musculaire. Et là, par le biais d'un courant électrique doux, indolore, on va pouvoir travailler là-dessus. C'est important, là je disais indolore, c'est vrai que tout ce qu'on va faire doit rester dans le seuil infradouloureux. Donc on ne va jamais, jamais dans la douleur. Et ça c'est aussi important de l'expliquer aux patientes. On doit vraiment rester toujours en dessous de la douleur.
- Speaker #0
Tout à l'heure on a parlé des douleurs qu'elles peuvent ressentir. Là tu parles des douleurs par rapport à la sonde. Mais pour les vaginiques, par exemple, pour les dysparoniques, comment tu vas faire ? Tu vas mettre quand même une...
- Speaker #1
Ça, c'est un autre... Là, on va plutôt être sur un travail de décompte, mais plutôt un travail manuel. Enfin, ça dépend. Tout ça, tout dépend de la patiente. Vraiment, tout dépend des problématiques. Ça dépend. En premier lieu, on va traiter de toute façon des tensions, une douleur, ça va être qui va nous occuper en premier. Enfin, voilà, tout dépend de la problématique parce qu'il y a souvent plusieurs... problématiques qui sont abriquées les unes dans les autres. Mais c'est vrai qu'on ne va pas faire du renforcement ou on ne va pas faire des choses comme ça sur une patiente qui est algique. Donc on va d'abord...
- Speaker #0
travailler sur la douleur et ensuite partir dans du renforcement.
- Speaker #1
J'imagine que c'est proposé, mais ce n'est pas imposé. Ce que je comprends bien, c'est que tu l'adaptes s'il y a de la douleur, mais est-ce que tu l'adaptes aussi dans d'autres situations ? Quand on a fait la préparation, tu me parlais par exemple de sportifs ou de chanteuses, comment c'est connu par le chant. Oui, alors voilà. C'est peut-être aussi intéressant de parler de comment tu accompagnes par rapport au profil de la patiente.
- Speaker #0
Alors, c'est vrai que la douleur, c'est un sujet un petit peu à part, parce que là, on va plus travailler sur d'autres aspects. La sonde ne va pas forcément être le premier outil qu'on va utiliser. Après, tout dépendra de la problématique et de quelle est la cause de la douleur. Mais c'est vrai qu'après, on adapte, on la propose, on propose de travailler avec la sonde. On n'impose jamais, ça c'est juste. On explique pourquoi c'est intéressant de le faire. En général, les patientes sont très preneuses. Même des petites mamies de 80 ans trouvaient ça très rigolo de pouvoir voir comment elles travaillaient, de comprendre aussi. Comme de toute façon, on voit assez rapidement les bénéfices. En général, c'est plutôt bien accepté. Puis, c'est vrai que je te racontais l'anecdote d'une de mes patientes qui faisait du chant lyrique et qui me disait « Moi, j'ai l'impression que souvent, quand je vais pousser vraiment ma voix, j'ai le risque de quelques fuites. » gouttes qui vont chuter. Et puis je leur ai dit, mais si vous voulez, si vous vous sentez, on va essayer de travailler en fin de rééducation. Vraiment, une fois que son péiné était vraiment bien plus solide, et puis qu'elle avait retrouvé vraiment une maîtrise de son péiné, je lui ai dit, écoutez, on essaie de travailler avec la sonde debout, parce que c'est l'avantage aussi, c'est qu'on peut travailler, on commence à allonger, mais après on peut travailler dans des positions plus hautes. Et puis on a travaillé debout, et puis elle s'est mise à chanter, à... Aller chercher des notes vraiment hautes, tout ça en voyant qu'elle arrivait à maîtriser ses muscles du périnée. C'était intéressant. Ou alors avec des sportives qui vont faire des squats ou qui vont faire différents exercices. On est limité évidemment parce que c'est une sonde filaire. On ne peut pas partir faire un footing avec. Mais ça peut être intéressant d'adapter en fonction de la patiente.
- Speaker #1
Oh, tu me racontes cette anecdote et je me demande si toi, tu travailles avec des collègues. Qu'est-ce qui se passe quand tes collègues, elles entendent ta patiente en train de chanter là ?
- Speaker #0
Alors, c'est arrivé une fois. Mais c'est vrai que c'est assez rigolo. C'est assez rigolo, mais bon, ben voilà.
- Speaker #1
Tu travailles avec d'autres collègues à côté de toi ?
- Speaker #0
Oui. Alors, à côté de moi, pas à côté, enfin, dans d'autres cabines. Oui, voilà. Je ferme, alors par principe, je ferme ma cabine à clé quand je reçois mes patientes. Je trouve que ça les sécurise. Je leur dis, je vous enferme un clé, mais vous avez le droit de repartir. Mais je ferme un clé pour être sûre qu'il ne va pas y avoir tout à coup quelqu'un qui ne va plus penser que je suis là, qui va entrer dans la cabine pour venir chercher quelque chose. Mais il y a d'autres collègues à côté. C'est assez bien insonorisé. Et puis, c'est rigolo. Juste pour revenir sur les sondes aussi. Après, parfois, j'ai aussi des patientes qui me parlent et je leur en parle aussi, mais pas forcément. Enfin, ça dépend un petit peu des patientes, mais des sondes connectées à domicile. Donc ça, je ne sais pas. C'est quelque chose dont on entend pas mal parler en ce moment. Je ne sais pas si toi, tu en as entendu parler sur les réseaux et autres. Ces sondes, justement, qui servent aux patientes à travailler toutes seules chez elles. Ce sont des sondes qui sont connectées en Bluetooth avec une application sur le téléphone et qui leur permettent de faire leurs petits exercices.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu en penses ?
- Speaker #0
Alors, c'est très bien. Mais c'est très bien dans une suite de traitements. Pour moi, c'est absolument indispensable que la patiente vienne d'abord faire une rééducation du PNL, vienne apprendre à utiliser cet outil de manière correcte. Et puis après, c'est vrai qu'on aiguille quand même les patientes vers des sondes que nous, on connaît. Il y en a tout plein maintenant sur le marché, forcément. Alors là, je ne vais pas faire de pub, donc je ne vais pas citer de marque, mais c'est vrai qu'à mes patientes, je leur donne... De marques que moi je connais, qu'en formation on a vu, qu'on a testé, dont on sait qu'elles sont fiables. Et je vais plutôt leur dire, écoutez, si ça vous intéresse, ça peut être une... Alors il y a des patients qui me disent, non, non, non, moi ça je n'ai pas du tout envie de faire ça à la maison. Et j'en ai aussi beaucoup qui me disent, ça serait super de pouvoir poursuivre à la maison, plutôt que de faire des petits exercices comme ça, d'avoir cette sonde connectée, parce que c'est beaucoup plus ludique et puis ça a un certain intérêt.
- Speaker #1
Effectivement, j'ai déjà vu ces... pubs, mais j'ai déjà entendu aussi des femmes, peut-être même parfois des hommes, qui parlent pas de choses vraiment connectées, mais qui parlent des boules de geisha, par exemple, ou des pois périnées, ou alors les pois périnées, c'est pas pareil du tout, mais est-ce que tu as quelque chose à dire sur les boules de geisha ?
- Speaker #0
J'ai beaucoup de collègues qui utilisent ce genre de choses. C'est vrai que moi, je n'utilise pas beaucoup ce genre de matériel. Je pense que tout ce qui est poids, il y a des poids périnéaux qui sont peut-être plus adaptés au niveau anatomique que certaines boules de Ausha. Apparemment, il pourrait y avoir parfois des lésions. Mais honnêtement, je n'utilise pas énormément.
- Speaker #1
Tu montres souvent... des gestes avec tes doigts, tu fais des mouvements comme ça avec tes mains, tu fermes, tu ouvres. Je fais exactement la même chose en consultation. C'est-à-dire, j'ai l'impression qu'il faut vraiment expliquer aux personnes qu'un périnée, ça peut se contracter, ça peut être relâché, ça peut être neutre. Je pense que les personnes, il y a un besoin d'éducation parce qu'il y a quand même pénétration digitale, soit digitale ou alors avec la sonde. Il y a beaucoup de pédagogie aussi dans le geste, aussi beaucoup de dédramatiser. Tu mets la personne en confiance. Il y a aussi un lien entre le corps et ce qui peut se passer dans la tête. Il faut de la sécurité. Tu parles aussi que tu fermes la porte pour que les personnes se sentent en confiance. Je trouve que même si moi, je parle exclusivement de sexualité et toi, c'est... le muscle qui va servir à plein d'autres choses. Je trouve que nos métiers et notre façon de travailler, elles se ressemblent beaucoup. D'ailleurs, on a chanté une chanson ensemble. Donc, je trouve qu'on est assez accordés avec cette histoire de périnée, de sécurité, de relâcher, de psychoéducation, d'éducation, de prévention. Je me doutais, en t'invitant, qu'il y avait quelque chose de très proche dans nos métiers. C'est aussi la manière dont on en parle. Je ne pourrais pas dire ce que tu viens de raconter parce que ce n'est pas mon métier, mais je vois que tu en parles avec cette même volonté de dire, un, ce n'est pas tabou, vous pouvez venir chez moi pour en parler, que ce n'est pas anodin, que ça peut se poursuivre dans toute une vie. Tout à l'heure, tu as dit qu'il y a des petites dames plus âgées, et puis il y a tous les âges, donc il ne faut pas imaginer, il y a beaucoup d'idées reçues sur les questions du périnée. Et je vois bien à quel point la question des émotions, du mental, de la pédagogie, c'est important en fait.
- Speaker #0
Oui, comme tu dis, c'est quand même un geste qui va être intrusif. Donc on entre quand même dans l'intimité de la patiente de par le geste et aussi parce que le ventre, le peyiné, c'est quand même le siège des émotions. Il y a énormément de choses qui sont gardées. Après, si on veut regarder sur un plan un peu plus, comment je dirais, un peu plus alternatif. Donc, les fuites, si on parle de fuite urinaire ou de prolapsus, c'est le corps qui, à un moment donné, laisse sortir des choses que la personne garde en elle et ne veut pas laisser sortir. Donc, à un moment donné, le corps, il exprime. Et est-ce qu'à un moment donné, les patientes, elles verbalisent, le corps a exprimé ? Est-ce qu'à un moment donné,
- Speaker #1
elles te parlent de ce qui leur arrive en ce moment dans leur vie ou dans la vie de leurs enfants ?
- Speaker #0
Oui, toujours. Toujours. On arrive toujours à ce moment-là. On arrive toujours après quelques séances. à ce moment où justement les gens ont besoin de sortir, d'exprimer des choses. Alors c'est vrai que ce n'est pas mon rôle de partir dans des choses trop ésotériques peut-être, parce que je reste physiothérapeute et je dois rester dans ce cadre-là quand je reçois mes patientes. Mais malgré tout, on discute quand même beaucoup. Et puis on sent tout de suite les personnes avec qui on peut parler de ce genre de choses. Et effectivement, tout de suite, on sent qu'elles prennent conscience qu'elles ont des choses à laisser, à laisser partir aussi. Et ça, c'est important.
- Speaker #1
Tu peux nous donner des exemples de quoi elles peuvent parler ?
- Speaker #0
Dernièrement, j'ai une dame de 83 ans qui a énormément de soucis familiaux avec ses enfants et avec sa belle-sœur qui en fin de vie, qui vit des choses comme ça et qui n'arrive pas à ne pas prendre des choses qui ne l'appartiennent pas pour elle et qui n'arrive pas à lâcher. Et puis, il y a aussi eu des histoires, effectivement. comme tu dis, de divorces, des patientes qui n'arrivent pas à laisser partir ça, ou des gens qui retiennent des choses qui ne sont pas à eux. C'est vrai que c'est aussi un espace pour parler, parce que du moment qu'on a commencé à parler de l'intime, du moment que les personnes se sont confiées et ont confié des choses quand même très intimes, ça ouvre la porte aussi à beaucoup d'autres choses. Donc la parole se libère et les choses se libèrent. Tu as des conseils ?
- Speaker #1
Tu en as un peu parlé tout à l'heure, tu as dit éviter la mixtion de précautions au cas où je dois y aller, il n'y a pas de toilettes, tous les toilettes sont sales. Il y a d'autres choses que tu pourrais dire en termes de prévention ou d'idées reçues ?
- Speaker #0
Alors c'est vrai qu'on a parlé de la mixtion par précaution, on a parlé du stop pipi, on a parlé du fait de prendre le temps d'aller aux toilettes, de s'écouter, de s'asseoir. Dans le cas d'incontinence ou de fuite urinaire, de quand même faire bien attention à boire minimum un litre, d'avoir un apport journalier de liquide d'un litre et demi, parce qu'il y a beaucoup de femmes aussi qui se disent « je ne vais pas trop boire, comme ça je ne vais pas avoir de fuite » , c'est pas une mauvaise idée. Donc, faire attention à ça. On n'en a pas parlé, mais en cas d'incontinence anale, très important aussi de s'écouter, de ressentir le besoin. Parce que quand on a besoin d'aller à selle, c'est complètement différent de quand on a besoin d'aller uriner. L'information, on l'a pendant 50 secondes dans notre cerveau. Donc, pendant 50 secondes, on va ressentir le besoin d'aller à selle. Après ça, le cerveau, il classe l'histoire. On oublie, les selles s'accumulent dans le rectum, elles se dessèchent et c'est le phénomène de la constipation. Qui, forcément, est hyper délétère pour le périnée. Parce que chaque fois qu'on est constipé et qu'on doit pousser trop fort pour aller à la selle, on pousse sur les muscles du périnée. Et on fait des efforts qui vont abîmer notre périnée. Donc ça, c'est délétère et ce n'est pas bon. Donc la constipation est une des choses importantes à éviter aussi.
- Speaker #1
Donc si je comprends bien, dès qu'on sent qu'on doit aller à la selle, il faut y aller en fait. Sinon,
- Speaker #0
c'est la première fois que j'entends cette information. C'est incroyable.
- Speaker #1
Il y a un âge où on se dit, là,
- Speaker #0
on ne pourra rien faire pour vous. Votre pire idée. Vous êtes foutue, madame. Rentrez chez vous. Non, non. Moi, je suis convaincue que non. Déjà par rapport à la connaissance de soi-même. Et c'est vrai que j'ai eu plusieurs fois d'expérience avec des très vieilles dames, même de 90 ans, qui m'ont dit, c'est génial, je suis trop contente. Parce que... Parce que je sais enfin ce que c'est. C'est une partie du corps, surtout chez des personnes âgées, encore plus tabou, dont on ne parlait pas. C'est une fatalité, finalement, les fuites urinaires. C'est normal, à partir d'un certain âge, c'est normal. Et en fait, moi, je trouve que non, ce n'est pas une fatalité. Et j'avais des femmes qui étaient finalement très contentes de changer un peu moins souvent leur protection dans la journée. C'est sûr qu'évidemment qu'il faut être réaliste. Nos objectifs restent quand même réalistes en fonction de l'état. dans lequel arrive la patiente de toute sa problématique. On soigne, on ne guérit pas. Alors oui, chez des patients en bonne santé, plutôt jeunes, on va réussir. Si le problème est pris à temps, on arrive à des super bons résultats. J'ai une petite mamie qui porte des protections depuis de nombreuses années, qui en change 3-4 fois par jour. Évidemment qu'on ne va pas régler le problème et que tout va rentrer dans l'ordre. Mais par contre, on va pouvoir améliorer la qualité de la vie. Et ça, c'est hyper important. Donc, je trouve que ce n'est jamais trop tard. Et puis, c'est quand même toujours bien de venir consulter et puis d'essayer quand même de prendre conscience de certaines choses. Donc, l'amélioration est toujours possible. Il n'y a pas de c'est foutu. Quasiment. Alors après, il y a certaines problématiques où il y a des maladies derrière. Enfin, voilà. Il y a des fois où les causes... On ne va pas pouvoir, suivant les causes, on ne va pas pouvoir agir. Mais dans plein, plein, plein, plein de cas, on arrive quand même à améliorer la situation.
- Speaker #1
Donc des situations qui sont peut-être au niveau médical plus spécifiques, mais il y a aussi d'autres situations plus spécifiques, peut-être que tu rencontres moins. Je pense comme ça spontanément à des excisions, des infibulations, peut-être même suite à des traumatismes sexuels ou d'accidents. de voiture, de sport.
- Speaker #0
Alors c'est arrivé, c'est arrivé, j'ai notamment eu pendant plusieurs années une patiente qui venait après une chirurgie de désinfibulation, donc l'infibulation c'est une mutilation sexuelle qu'elle avait subie dans son pays d'origine et donc elle a eu cette chirurgie-là au moment de son accouchement, donc un énorme traumatisme. Et puis ensuite, elle est venue en rééducation pour des douleurs. Donc ça, c'est une prise en charge un petit peu particulière, mais qu'on rencontre quand même de temps en temps. Il y a aussi parfois des jeunes femmes qui sont venues aussi pour des problèmes de vaginisme ou d'autres types de douleurs d'autres origines, mais qui avaient subi des violences sexuelles. Donc là, il y a effectivement aussi une grande part. Alors, c'est plus indisciplinaire comme prise en charge, bien sûr. Mais ouais, ça arrive. C'est tabou le périnée ? Je pense de moins en moins. Je pense de moins en moins parce que je trouve assez rigolo, parce que j'ai des dames qui viennent et qui me disent « Ah, c'est ma fille qui m'a dit de venir parce que ma fille, elle est venue après son accouchement. Le gynécologue, lui, a prescrit des séances. Et puis, elle m'a dit de venir. » Donc, la parole se libère. Et puis, on en entend beaucoup parler maintenant dans les médias. La parole, c'est énormément libéré au niveau des... Les femmes en parlent, c'est plus honteux. Alors qu'avant, c'était quelque chose dont eux et les femmes ont repris le pouvoir là-dessus en assumant le fait que non. Et on en parle et on en discute et entre copines, on en parle. Et même entre copines, pas seulement entre copines trentenaires ou quarantenaires, j'ai aussi des femmes de 60-70 ans qui en ont parlé avec des amis ou des voisines.
- Speaker #1
C'est le gynécologue qui prescrit les séances ?
- Speaker #0
Ça dépend, ça peut être le gynécologue. Le plus souvent, c'est le gynécologue ou alors ça peut être le médecin généraliste aussi. Mais le plus souvent, les femmes vont parler à leur gynécologue.
- Speaker #1
Lorsque je faisais des interventions, notamment j'en avais fait une en maison d'arrêt avec des femmes, des femmes majeures. Et j'étais tombée sur un groupe où il y avait beaucoup de personnes prostituées. Et à un moment donné, j'ai des visuels, j'ai des petits supports où on montre. comment est constituée la vulve. Et j'ai entendu une personne prostituée qui disait « Ah bon, mais en fait, on n'urine pas par le vagin. » Et elle dit « J'ai toujours eu peur, pendant l'acte sexuel avec un client, d'uriner. » Et puis en fait, elle découvrait, là, en maison d'arrêt, avec des supports, qu'il y a le méa urinaire, qu'il y a le rétre et puis il y a le vagin. Est-ce que tu as déjà eu des patientes où il y avait confusion ? entre vagin et...
- Speaker #0
Non, moi, je n'ai jamais rencontré de patiente où il y avait cette confusion-là.
- Speaker #1
J'avais aussi une intervention dans un établissement où j'expliquais notamment la lubrification. Et puis, il y a un garçon qui est courageux. Il devait avoir 12-13 ans. Il lève la main et il dit, mais moi, je ne comprends pas, madame. La fille, elle est forcément lubrifiée parce qu'il y a l'urine. Et puis, il y en a qui ont un petit peu ri. Et puis, en fait, je leur ai dit, non, c'est intéressant ce que tu dis parce qu'en fait... La pénétration vaginale et l'urine, ce n'est pas le même trou. Et j'ai bien vu qu'il y avait des camarades, même des filles, qui hallucinaient, qui se disaient, enfin, ils n'ont pas dit « ah bon » , parce qu'il y avait des camarades autour, mais on arrive à voir quand une personne est extrêmement surprise par ce qu'on dit. Et moi, en intervention, j'ai rencontré beaucoup d'hommes, de femmes et d'adolescents qui pensent qu'il y a le vagin et que le vagin et l'urine, c'est le même orifice.
- Speaker #0
Alors nous, c'est vrai que... En tout cas, moi, j'ai fait ma scolarité à Genève. On avait des cours d'éducation sexuelle dès la primaire, où vraiment, on avait des planches anatomiques et on avait les explications. Je crois que ces cours, on est assez informés. Après, je sais que maintenant, il y a parfois certains parents qui refusent que leurs enfants suivent ces cours-là. Je crois qu'il faut qu'il y ait acceptation des parents. Mais je dis peut-être une bêtise. En tout cas, nous, on avait ces cours-là. Donc, c'est vrai qu'ici, je n'ai jamais rencontré ce genre de cas.
- Speaker #1
En fait, ce n'est pas une histoire de cours ou pas. Parce que tu peux avoir des cours. Et moi, je dis qu'il y a ce que j'appelle une théorie des oreilles de boucher. C'est-à-dire, quand tu ne veux pas voir ou entendre quelque chose, on peut te le montrer en cours. Il peut y avoir toutes les planches anatomiques que tu veux. Quand tu ne peux pas ou tu ne veux pas... accéder à l'information. Tu peux passer totalement à côté. Je pense qu'ils ont vu des planches anatomiques, mais leur cerveau n'accède pas encore à l'information. Et puis, je crois une autre chose, c'est parfois quand on parle de choses aussi intimes que les organes sexuels, que les zones intimes, il peut y avoir une telle perturbation que la personne, à ce moment-là, elle perd tous ses repères et elle ne comprend plus ce qu'on lui raconte parce que... Elle est peut-être en train de se gérer dans sa peur ou dans sa gêne ou dans sa honte. Et elle n'a plus l'énergie, elle n'a plus le cerveau disponible pour pouvoir comprendre une information. Donc parfois, on peut avoir l'information et pourtant, on peut ne pas la saisir. Mais tant mieux que dans ton cabinet, tu n'aies jamais eu des personnes qui te disent « Attention quand vous allez mettre la sonde, ce n'est pas impossible que j'urine, je vais uriner sur votre sonde. » Je ne sais pas, tu n'as pas eu ça, tant mieux. Je pense que... Parfois, il y a des personnes qui peuvent être tellement troublées par ce qui se passe, même parfois en dissociation, qu'elles ne comprennent plus l'information qu'on leur dit. Même si tu leur dis, ne vous inquiétez pas, ce n'est pas le même orifice, elles pourraient zapper totalement l'information. On ne va pas terminer sur une note aussi étrange, si c'est le terme. Peut-être que tu veux dire autre chose qu'on n'aurait pas dit ?
- Speaker #0
Il y a une chose que j'ai... peut-être oublié de dire, c'est que la rééducation péninéale vient toujours en première intention. C'est vraiment l'éducation du patient, l'apprentissage du mouvement, toutes ces techniques-là, et que seulement en deuxième ligne, on va avoir la chirurgie. Sauf dans le cas, comme je disais, d'un prolapsus qui serait déjà extériorisé. Mais bon, c'est le genre de cas qu'on ne rencontre plus vraiment. Mais autrement, c'est vraiment un traitement de première intention. En fait, on ne va pas régler le problème du prolapsus. Le prolapsus, il reste. On va simplement améliorer la situation, éviter qu'elle se dégrade plus.
- Speaker #1
Très récemment, j'ai été invitée dans un podcast qui s'appelle Parcours Inspirant. Et en fait, à la fin du... ou au milieu, je ne me souviens plus, on m'a proposé de prendre une carte au hasard. et de répondre à la question. Et en fait, à l'issue de ce podcast, la personne m'a offert le jeu de cartes. Alors, je vais peut-être continuer la tradition. Je vais te proposer de choisir deux cartes au hasard. Et puis, tu choisis, tu nous lis la carte que tu choisis et tu ne réponds pas les deux. C'est comme ça que tu as la possibilité du choix.
- Speaker #0
Tu sais que j'adore les cartes et que je lis les cartes.
- Speaker #1
Non, je ne sais pas ça.
- Speaker #0
C'est le sujet d'un autre podcast. Alors, il y en a deux. Je vais lire les deux. La dernière fois que j'ai fait un truc un peu fou. La dernière fois que j'ai eu super peur. Compliquée quand même. Compliquée pour faire tirer une carte. Je pensais que l'univers allait m'envoyer un truc facile. J'ai eu super peur, c'est un peu... Ouais, mais c'est un peu un truc un peu... Ce serait plus drôle, un truc super fou. Mais je ne sais pas ce que j'ai fait de complètement fou.
- Speaker #1
Tu ne fais plus de choses complètement folles. Je suis quelqu'un de trop raisonnable. Alors, il faut savoir quand même que Sabrina et moi, on a chanté ensemble et on avait... On a chanté... On a chanté... Qu'est-ce qu'on a chanté ?
- Speaker #0
Alors oui, la dernière fois que j'ai fait un truc un peu foufou, c'était au mois de novembre. J'ai chanté une chanson avec toi, qui s'appelait Sad and Slow, de Clara Luciani et Julien Doré, que j'ai toujours envie d'appeler Vincent, ça doit être son deuxième prénom à mon avis. Et donc... On avait décidé de chanter cette chanson habillée en femme de ménage, avec un tablier, avec des gants à vaisselle sur lesquels on avait collé des faux-ongles, avec un plumeau et un balai customisé boule à facettes. Et on a décidé de donner ce ton-là à cette chanson devant un public qui, ma foi, avait l'air assez preneur et assez enthousiaste.
- Speaker #1
C'était fou et c'était un petit peu risqué parce que juste avant, on dansait. Et ensuite, en tout cas, moi, je n'avais plus du tout de souffle pour chanter.
- Speaker #0
C'est vrai, c'est vrai qu'on s'était un petit peu emballé sur l'introduction de notre chanson. Donc voilà, je dirais que c'est ça. C'était ce concert-là qui était un peu foufou.
- Speaker #1
Merci Sabrina d'être prêtée au jeu du premier podcast interview. Voilà, c'est le premier pour moi, c'est le premier pour toi, mais on verra ce que ça donne. Mais moi, je ne suis pas pour faire les choses de manière parfaite. Je dis souvent, mieux vaut quelque chose d'imparfait que de pas fait.
- Speaker #0
C'est très bien, c'est le mot de la fin. Merci Nora, j'espère ne pas avoir dit trop de bêtises sous le coup d'un peu du stress quand même de ce premier podcast.
- Speaker #1
Comme ça, nous étions toutes les deux stressées. Merci Sabrina.
- Speaker #0
Merci à toi. Tu n'étais pas stressée toi.
- Speaker #2
Tu es prêt à ouvrir tous tes cadeaux ? Choisis un seul des quatre cadeaux à chaque fois. Premier cadeau.
- Speaker #1
Je disais tout à l'heure qu'on m'a offert un jeu de cartes et même un petit mug aussi. J'ai aussi un petit cadeau pour toi. Voilà. Et puis, je t'expliquerai un petit peu pourquoi ce cadeau. Effectivement, un éventail. Mon logo, c'est un éventail. Et très souvent, j'utilise la métaphore de... de l'éventail comme symbolique de la sexualité. Puis tu vois, j'ai fait aussi cette petite carte parce que je suis un peu un perroquet. Je répète tout le temps que la sexualité, c'est comme un éventail fermé. Il ne fera pas beaucoup de vent. Alors, ouvert, il décoiffe. Voilà, puis je t'invite vraiment à regarder mon logo. Tu verras, c'est un éventail de couleurs. Mon logo, c'est la sexualité éventail, sans nuances, sans A00.
- Speaker #0
Exactement. Donc, c'est un éventail. Et dans mon cabinet, j'ai plein d'éventails.
- Speaker #1
Merci à vous, personnes cultivées, d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si ce n'est pas encore fait, vous pouvez vous abonner au podcast. Et si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à laisser 5 étoiles. C'est un geste simple, mais très, très précieux. Car c'est grâce à vous, en écoutant, en partageant et en faisant circuler ce podcast. que l'on contribue ensemble à rendre des personnes un peu plus cultivées. Je vous donne rendez-vous le 14 de chaque mois pour un nouvel épisode de Parlons Culture. Et comme d'habitude, on termine en musique.