Speaker #0Bonjour à tous, vous écoutez le podcast Parlons Divorce avec Karine. Alors aujourd'hui on va parler un peu moins de divorce, on va parler de reconstruction. J'ai besoin de vous expliquer comment fonctionne un... rendez-vous chez l'avocat. Et est-ce qu'on y fait ? Parce que j'ai l'impression qu'il y a des croyances fausses sur la façon dont on travaille. J'ai par moments des réflexions, des petites piques sur les réseaux en disant, vous êtes bien content, vous les avocats, les gens divorcent, c'est votre fonds de commerce en fait. Et je me disais, mais ce n'est pas juste parce qu'en fait, je passe vraiment beaucoup, beaucoup de temps en rendez-vous à faire de la reconstruction de couple, à faire que des gens ne divorcent pas. Donc, j'ai pas mal de clients d'ailleurs qui viennent en rendez-vous avec moi et finalement ne divorcent pas et se remettent ensemble même. Et ça me semble important d'en parler parce que depuis 24 ans où je fais ce métier, j'ai pris conscience de quelque chose de très clair. C'est que si la décision de divorcer n'est pas véritablement profonde et vient véritablement des tripes, on peut être certain que derrière, toute la procédure de divorce va mal se passer. Donc c'est pour ça que je mets une attention particulière à vraiment vérifier si ce couple est vraiment arrivé au bout de son histoire. S'il y a encore une possibilité de sauver quelque chose, s'il y a encore une possibilité de reconnexion, de retrouver une vie de couple, alors il ne faut pas faire le divorce. Vraiment. Et il est vraiment préférable que moi je prenne ce temps-là, je prenne ce temps de vérification, parce que derrière tout va changer. Si jamais, je n'ai pas fait ce travail-là, si jamais on part un peu rapidement dans une procédure alors que... et finalement, ce n'est pas vraiment le souhait de l'une ou l'autre, il faut être certain que la procédure va vraiment prendre du temps, que tout va être problématique. Et moi, je n'ai pas envie que tout soit problématique, j'ai envie que les choses soient fluides. Si on engage le divorce, c'est que c'est le moment. de l'engager. On l'engage pour les bonnes raisons. On sait pourquoi on le fait. Ça fait sens, en fait. Et là, la procédure, elle se passe beaucoup mieux. Donc, c'est pour ça qu'en amont, avant toute procédure, il y a vraiment un temps qui est pris. Et pour ça, il faut distinguer deux situations qui sont deux situations différentes. On a tout d'abord le premier cas où c'est quelqu'un qui veut divorcer. qui se présente dans mon bureau en me disant, voilà, moi je veux divorcer, je souhaiterais que vous engagez la procédure. Je ne connais pas une seule personne qui soit venue dans mon bureau qui n'avait pas une part de doute. Une part d'hésitation. Et ça souvent, quand on est celui qui subit la séparation, on est convaincu que l'autre est sûr de lui, qu'il veut absolument se divorcer. Ce n'est jamais le cas en fait. Il y a toujours une part de doute, de peur, d'inquiétude. Et donc cette part de doute... Il m'appartient et c'est important que je la prenne en charge. C'est important que j'explore cette part de doute. Pour déjà faire équipe avec mon client, c'est-à-dire qu'on va partir pour plusieurs mois ensemble, j'ai besoin de savoir exactement où il en est. Donc effectivement, on va explorer ce point-là. On va se poser toutes les questions. Est-ce qu'on a tout tenté pour ce couple ? Est-ce qu'il y a des choses qu'on aurait pu faire qui n'ont pas été faites ? Est-ce qu'il y a une petite envie ? au fond de nous d'essayer de sauver le couple s'il y a une toute petite envie je reste convaincue qu'il faut le tenter quand même qu'il faut l'explorer pour peut-être ne pas avoir de regrets, et pour être sûr que cette décision soit vraiment alignée avec nous-mêmes. Donc, on se pose ces questions. On parle de la connexion du couple. Qu'est-ce qui fait que ce couple s'est déconnecté ? Est-ce qu'il y a une partie de nous qui aurait quand même envie d'essayer une reconnexion ? Et là, on explore des hypothèses, des options à mettre en place. Alors, on peut envisager le thérapeute de couple, qui est une solution intéressante pour... remettre de la connexion il y a des retraites aussi qui se font pour les couples pour retrouver une connexion je pense que vraiment souvent ce qui manque c'est un problème de communication moi je parle plus de problème de connexion c'est un couple qui s'est déconnecté avec la vie avec les contraintes avec le travail et c'est simplement par moment de retrouver une connexion où on arrive à reconstruire le couple Donc, Il y a aussi des livres qu'on peut lire ensemble. Je conseille souvent le livre sur l'intelligence amoureuse. Je vous le mettrai dans la description. dans les références. En tout cas, il y a des choses à faire, mais ce temps-là, on le prend, on se questionne. Donc ça, c'est pour la personne qui décide, qui a l'initiative de la décision. Lorsqu'elle est habitée par des doutes et de la culpabilité, il y a aussi souvent beaucoup de culpabilité, on l'explore, on en parle en fait. Ça fait vraiment partie des premiers rendez-vous avec moi. Je ne peux pas... rentrer dans une procédure de divorce si on n'a pas clairement posé des mots par rapport à ça. Je pense que je ferais mal mon travail pour ça et derrière il manque des éléments pour la suite. Et souvent, si je ne fais pas ce temps-là, comme je le disais au préalable, ça va venir bloquer, ça va venir polluer le reste de la procédure. Et il faut que ce soit fluide derrière, il faut que ça se passe bien, que ce soit pour vous et pour moi aussi. Donc on prend ce temps-là. Et ce n'est pas non plus là pour venir remettre en question une décision qui a été prise. C'est simplement pour dire, voilà, pourquoi je prends cette décision ? Et qu'elle fait sens, en fait. C'est important de pouvoir y mettre du sens. Là où c'est complètement différent, c'est lorsque la personne qui vient me voir n'a pas décidé de divorcer et qu'elle subit quelque part la décision de l'autre en disant voilà, l'autre ne veut pas du tout divorcer, enfin l'autre, pardon, veut divorcer mais moi je ne le souhaite pas. Et il y a un état qui est un état de grande tristesse, un état de grande souffrance. Et souvent, il faut le dire, une position assez victimaire, d'être en victime de la décision de l'autre. Déjà, il faut accueillir ça. C'est-à-dire que cette souffrance, c'est très violent, quelqu'un qui se fait quitter, en fait. Donc, il faut déjà, dans un premier temps, accueillir la douleur, qui est très présente. Ne pas accueillir cette douleur et ne pas l'entendre, c'est extrêmement compliqué pour la personne. Donc, il faut entendre ça pour pouvoir ensuite avancer. Dès qu'on l'a entendu, dès qu'on a entendu cette difficulté, cette souffrance, à un moment donné, mon rôle est de redonner pouvoir à la personne qui subit cette situation. Je suis plus que convaincue de quelque chose, c'est qu'il est nécessaire et important de... devenir ce que j'appelle acteur de sa vie. Si on reste dans une position à subir la situation, ça ne peut pas fonctionner. Donc, on passe de cet état qui est un état très douloureux, qu'il faut reconnaître, et ensuite, tout doucement, de pouvoir reprendre son pouvoir. Et donc, de se poser la question de « qu'est-ce que je veux ? » « Qu'est-ce que moi, je veux profondément ? » Est-ce que tout au fond de moi, il y a une envie de reconstruire mon couple ? Ou est-ce que je suis épuisée, je n'ai plus envie ? Et c'est là où il faut être très honnête avec cette question-là. Parce que j'ai vu plusieurs situations où, entre guillemets, on subit la séparation. Et quand on interroge la reconstruction, est-ce qu'on interroge l'énergie, l'envie de mettre sous son corps, son âme pour reconstruire son couple ? C'est pas aussi évident que ça. Il n'y a pas une vraie envie profonde. Et lorsqu'il n'y a pas une vraie envie profonde, c'est là où je dis, je leur explique, alors appropriez-vous aussi cette décision. Faites que finalement, cette décision vienne de vous en fait. Il y a des choses qui vont venir se bousculer, mais profondément, s'il n'y a pas une envie de reconstruire, une envie à un moment donné de se reconnecter à l'autre, c'est que soi-même, on ne veut plus ce couple. Alors, on devient aussi acteur de cette séparation. Et ce basculement, pour moi, il est essentiel. C'est vraiment un temps sur lequel, je veux dire, c'est peut-être là où je passe le plus de temps en rendez-vous, pour vraiment reprendre pouvoir dans ses choix, reprendre pouvoir dans sa vie. Et quand on l'explore, j'ai quand même une majorité des situations où les personnes se disaient « mais en fait, je crois que je n'avais plus envie non plus, je n'ai pas envie non plus » . Alors c'est aussi ta décision de te séparer. Et ça change tout. Quand d'un seul coup on passe de la personne qui subit une décision à celle qui dit « non, non, c'est moi aussi qui veux divorcer » , derrière la procédure, ce n'est plus la même. Ça change tout. Il y a un autre cas que je rencontre de plus en plus et que j'ai vu aussi, c'est la date d'un rendez-vous de cette semaine et c'est pour ça que j'ai voulu faire cet épisode pour vous en parler parce que j'ai senti qu'il y avait quelque chose d'essentiel. On a des personnes qui peuvent avoir envie de reconstruire, qui aiment encore profondément. leur époux, leur épouse, qu'ont vraiment un vrai attachement, mais qui ne veulent pas le dire, parce que ces personnes me disent, oui mais en fait, je sens bien qu'elle, elle ne veut plus, ou lui, il ne veut plus, de toute façon, en gros, c'est mort, il m'a annoncé le divorce, donc ça ne sert à rien que j'aille lui dire que moi je ne veux pas ou que je l'aime encore. Ça m'a interpellée. Je veux dire, en fait, c'est parce que vous êtes convaincu que l'autre ne voudra pas revenir, que vous n'allez pas livrer vos vrais sentiments. Et donc on a creusé un peu cette question et on en est arrivé à cette conclusion que ce client était terrorisé par ce qu'on appelle le rejet. C'est-à-dire que l'idée qu'on lui dise non, l'idée qu'on rejette sa demande, c'était quelque chose qui était d'une violence extrême. Et à partir de là, j'ai pu lui faire prendre conscience que cette blessure-là l'empêchait d'être lui-même, l'empêchait de dire les choses. Donc je l'ai mis en situation. Je lui ai dit alors imaginons qu'effectivement vous allez dire à votre épouse que vous l'aimez encore, que vous voulez passer les prochaines années de votre vie avec elle à ses côtés, que vous voulez retrouver la connexion que vous aviez eue avant. Imaginez que vous lui exprimez ça. Et je l'ai confronté au fait que peut-être, parce que bien sûr que c'est une possibilité, ce serait se mentir d'imaginer que l'autre puisse refuser. Donc évidemment, son épouse, peut-être qu'elle refusera, mais je voulais qu'il s'y confronte, qu'il puisse accepter que peut-être son épouse dira non. Donc il fallait qu'il fasse deux choses, il fallait qu'il se mette en situation de pouvoir lui livrer ce qu'il ressent profondément. Je dis, est-ce que si c'est juste ce que vous ressentez, vous avez vraiment envie de rester avec elle, alors dites-lui et prenez le risque qu'effectivement, peut-être qu'elle dira non, parce que c'est sa liberté déjà, c'est sa vie à elle, et quand on aime quelqu'un, on doit aussi pouvoir respecter sa position. Et d'imaginer, de se confronter à ça, que je lui dis oui, peut-être qu'elle dira non, mais ce n'est pas parce qu'il y a le risque qu'elle dise non, qu'il ne faut pas le faire en fait. Donc ça a été au début un petit peu déroutant, mais il a très vite compris que c'était un peu ridicule finalement de ne pas le dire, juste par peur qu'elle dise non, puisque c'était ce qu'il ressentait profondément. Je l'ai accompagné dans cette démarche de pouvoir dire ce qu'il ressentait profondément avec la conscience qu'effectivement il pourrait y avoir un non mais que ce non, il était capable de le surmonter et qu'il était capable de faire face à ce rejet. Et en fait, il a passé un cap énorme à ce moment-là. Parce que lorsqu'on est capable de faire face à un rejet, d'un seul coup, on peut reprendre sa vie en main. Je pense qu'il y a énormément de personnes, et je peux en faire partie sur certains aspects, où on n'ose pas faire les choses, parce qu'on a peur. soit de la réaction de l'autre, de ne pas être validée, de ne pas être appréciée, et résultat, on ne fait pas. Et je pense qu'on passe à côté de sa vie. Et c'est pour ça que je lui disais, peut-être qu'elle dira non, peut-être qu'il y aura un rejet, peut-être que ce sera difficile, mais au moins, vous aurez dit ce que vous ressentez profondément. Et vous aurez été en honnêteté. Et ça change tout pour la suite en fait. Ça change tout aussi même dans la relation avec l'autre et pour vous. Parce que vous êtes aligné avec ce que vous ressentez, aligné avec ce que vous avez vécu et vous le dites. Et vous respectez la position de l'autre. Vraiment j'insiste mais je pense qu'on passe à côté de beaucoup de choses avec cette peur du rejet. Ça vaut pour les histoires amoureuses, ça vaut pour le travail, ça vaut pour ce qu'on ose faire dans la vie. On a tellement peur, l'être humain a tellement peur qu'on lui dise non, qu'il s'interdit de faire. le couple mais vraiment c'est flagrant peut-être qu'on vous dira non ben oui on prend ce que les jeunes on prend un râteau comme on dit mais il faut s'y confronter à ça il faut se confronter au nom en fait parce que l'autre a le droit de vous dire non mais de ne pas le faire de ne pas demander on passe aussi à côté la possibilité d'un oui en fait Donc quand il y a, et il y a toujours la possibilité d'un oui, c'est dommage de passer à côté par peur du non en fait. Et j'aimerais, et je pense que c'est même dans l'éducation de nos enfants, de les encourager à oser, de les encourager à tenter, et de comprendre que bien sûr que dans nos vies, il y a des échecs, ça fait forcément partie de notre construction. On ne peut pas nous dire oui à chaque fois. Mais si on est ancré dans une peur viscérale du non, on s'empêche de vivre. On s'empêche de faire des choses qui sont importantes pour soi, pour notre vie. Donc j'ai envie de dire, allons nous confronter au non. Allons nous confronter à des gens qui vont dire, ben non, on n'est pas d'accord. Et ce qui est intéressant, c'est de s'y confronter. on se rend compte que ce n'est pas si dramatique que ça. C'est plus la peur et l'idée qu'on s'en fait qui nous terrorise. Mais quand finalement on s'y confronte, bon, sur le moment, ce n'est pas agréable, mais on ne s'effondre pas en fait. Et de s'y confronter une première fois va nous permettre d'oser plus derrière. Et ça permet d'être aussi ce que j'appelle, moi je trouve que c'est une preuve de tolérance incroyable, d'accepter la position de l'autre. L'autre, il a le droit de dire non. J'ai le droit d'exprimer mon souhait, mais l'autre, il a aussi le droit de ne pas être d'accord. Et de le tolérer et de l'accepter, ça nous ouvre complètement à l'autre, ça nous met dans une vraie connexion à l'autre. Donc c'est le message en fait que j'avais envie de passer sur cette peur du rejet qui nous fait je pense vraiment passer à côté de notre vie. Osons demander, acceptons qu'on nous refuse, observons ce que ça nous fait. Oui c'est peut-être pas agréable mais on s'effondre pas et au moins on a été en alignement avec ce qu'on ressentait. Je trouve que c'est tellement dommage de pas oser dire ce qu'on ressent profondément juste par peur du rejet. Et que je suis convaincue qu'on passe à côté de plein de belles histoires. Si dans les couples, on pouvait se dire les choses avec sincérité, ce qu'on ressent. Et que ce ne soit pas nos égaux qui parlent. Là, le fait de ne pas vouloir dire, de ne pas oser exprimer, par peur qu'on dise non, c'est notre égo qui a pris le dessus. Et dans ces moments-là, notre égo, il faut réussir à lui dire « Eh oh, chut, tais-toi là. Tais-toi, laisse-moi faire. Peut-être qu'il dira non, peut-être qu'il dira non. » Mais il a le droit, en fait. Mais moi, qu'est-ce que je ressens sincèrement ? Je le ressens, c'est honnête, alors j'ai le droit de le dire. J'ai le droit de... l'exprimer. Les relations humaines pourraient profondément être changées si on pouvait fonctionner de cette façon là. Donc voilà avec ce client c'est de cette façon dont on a travaillé. Je sais que c'était perturbant pour lui mais extrêmement soulageant, il a pu me le dire par la suite. Donc pensez-y, quand il y a quelque chose qui vous fait peur, dites-vous est-ce que c'est j'ai peur qu'on me dise non ? Peut-être, on me dira peut-être non, mais ce n'est pas pour ça que je ne dois pas le faire. Voilà, c'est un épisode un peu rapide, mais ça me semblait important de revenir et aussi pour comprendre comment moi je travaille. C'est-à-dire que si vous travaillez avec moi, on passera par cette étape-là, c'est nécessaire. Mais c'est vraiment quelque chose qui fait évoluer. On me demande beaucoup comment on fait pour travailler avec moi. Moi, j'ai besoin de contact, donc j'ai besoin d'un rendez-vous avec vous. Vous pouvez prendre rendez-vous, il y a un lien Calendly que vous trouvez sur mon compte Instagram, donc pour les prises de rendez-vous. Les offres de rendez-vous sont parfois limitées. Vous pouvez également appeler le cabinet au 03 84 52 69 45, si vous souhaitez prendre un rendez-vous. Et on va... on verra si on peut travailler ensemble, parce que moi aussi, je peux dire non sur certains dossiers, et puis vous aussi, vous pouvez dire non, si ma façon de travailler ne convient pas, je n'ai pas peur de ce non, et je peux vous dire, ça change beaucoup de choses. Je vous dis à bientôt pour un prochain épisode.