Speaker #0Bienvenue dans Parlons Introspection. Ce podcast s'adresse aux femmes expérimentées, cadres ou entrepreneuses qui traversent une période où quelque chose a changé en elles tant qu'elles arrivent encore à mettre le doigt dessus. La fatigue s'installe, c'est le signal que quelque chose de plus profond cherche à se clarifier. Je suis Véronique Milome, coach professionnel certifié RNCP 7, fondatrice de Catalysons vos atouts. J'accompagne les femmes expérimentées à rendre leur... parcours lisibles pour qu'elles puissent avancer avec justesse, sans se forcer ni se trahir dans leur période de transition. Chaque épisode vous donne des clés pour mieux comprendre ce qui se joue en vous et pour avancer vers votre prochaine étape avec clarté. Bonne écoute. On vous dit forte, solide, autonome. Et vous, le croyez vous aussi. Après tout, vous gérez tout, seul, sans vous plaindre, sans demander d'aide. Vous avez appris très tôt que compter sur les autres, c'est risqué. Alors, vous avez construit quelque chose d'impressionnant, une forteresse, efficace, silencieuse et épuisante. Mais est-ce que cette autonomie que vous portez comme un bouclier, est vraiment la vôtre ? Ou est-ce qu'elle cache quelque chose que vous n'avez jamais tout à fait guéri ? Bienvenue dans Parlons Introspection. Je suis Véronique Milome, coach professionnel certifié RNCP 7. Et aujourd'hui, on va parler d'un sujet que personne ne vous a jamais présenté sous cet angle, l'hyperautonomie comme masque de la blessure d'abandon. Dans un épisode précédent de Parlons Introspection. Nous avions exploré la blessure d'abandon telle que Lise Bourbeau l'a décrit dans son livre « Les cinq blessures qui empêchent d'être soi-même » . Peut-être vous souvenez-vous du portrait classique, quelqu'un qui a peur d'être seul, qui cherche la validation, qui dépend émotionnellement de son entourage. Je vous mettrai le lien dans les notes de cet épisode. Or, il existe un profil dont on parle très peu. C'est celui qui a eu la même blessure mais qui a tiré la conclusion inverse. Plutôt que de chercher l'autre à tout prix, cette personne s'est dit « Je ne dépendrai plus jamais de personne. » Et ce profil, c'est peut-être vous. L'hyperautonomie, c'est quoi exactement ? Ce n'est pas juste aimer faire des choses soi-même, car ce n'est pas de l'indépendance saine. Geneviève Krebs Psychopraticienne en thérapie brève, spécialisée depuis 30 ans dans les schémas liés à la dépendance affective et autrice du livre « Dépendance affective, 6 étapes pour se prendre en main » Chez Errol, la définie comme un mode de fonctionnement marqué par un besoin excessif, d'autosuffisance et de difficultés marquées à demander, recevoir ou accepter de l'aide même lorsque cela serait nécessaire. légitime ou bénéfique. La différence clé avec une autonomie équilibrée, c'est la contrainte intérieure. Une personne vraiment autonome choisit de se débrouiller seule. La personne hyper autonome, elle, s'y sent obligée. Comme si demander de l'aide était une faiblesse impardonnable. Comme si accepter du soutien la mettait en danger. Alors d'où vient cette posture ? Cette posture s'enracine presque toujours dans une histoire. Geneviève Krebs l'explique ainsi. La personne a appris parfois très tôt que compter sur les autres était risqué, incertain ou douloureux. Le message intérieur est devenu « si je ne compte que sur moi, je ne serai pas trahi » . C'est une stratégie de survie, efficace à court terme, mais coûteuse à long terme. Cette stratégie peut naître de plusieurs contextes. Une blessure d'abandon d'abord, comme nous l'avions vu ensemble, mais aussi une parentification précoce. Vous avez été un enfant qui s'occupait des autres, qui portait les émotions des adultes, qui gérait ce qui n'était pas sa charge. Ou encore d'un environnement familial instable où exprimer ses besoins n'était tout simplement pas sûr. Dans tous ces cas, quelque chose s'est installé profondément. L'idée que vos besoins, vos limites, vos fragilités sont à cacher. Que montrer que vous avez besoin de quelqu'un, c'est offrir une prise. Alors, vous avez appris à ne pas en avoir besoin. Et ça, ça ressemble à de la force, mais en réalité, c'est une blessure qui s'est déguisée. Nous allons voir maintenant comment cette posture se manifeste avec quelques cas. pratique. Car voici maintenant comment ça se présente dans la vraie vie et je vous invite à vous reconnaître ou non dans ces situations. Prenons le cas numéro 1 qui est celui de Sophia, 42 ans, cadre dans les secteurs de la santé. Autour d'elle, tout le monde la décrit comme quelqu'un de fort, de fiable, de toujours là. Elle, elle confie, on me dit forte mais je n'arrive pas à dire que je suis fatiguée. J'ai l'impression que si je lâche, tout s'effondre. Est-ce que cette phrase vous parle ? Voyons maintenant le deuxième cas. Dans votre travail, on vous propose de l'aide sur un dossier. Vous dites « Non merci, c'est bon, je gère » . Et ce n'est pas parce que vous n'en avez pas besoin, mais tout simplement parce qu'accepter de l'aide, ça crée une forme de dette, une dépendance. Et ça, c'est inconscient, mais très réel. Voyons enfin le troisième cas, la reconnaissance qui peut vous mettre mal à l'aise. Votre manager reconnaît votre travail en réunion. Vous vous sentez gêné, vous minimisez. C'est l'équipe, c'est normal. Parce que recevoir, même de la reconnaissance, ça vous met mal à l'aise. Geneviève Krebs pointe quelque chose de paradoxal dans tout ça. Derrière cette solidité apparente se cache souvent une estime fragile, conditionnelle. Il sous-entend que j'ai de la valeur parce que je me débrouille seule. Et si vous ne vous débrouillez plus seule, que reste-t-il ? Ce mode de fonctionnement a un coût réel, un coût documenté. Selon Santé publique France, dans une étude publiée en mars 2024, la souffrance psychique liée au travail est deux fois plus élevée chez les femmes que chez les hommes. La PEC, dans son étude de janvier 2025, révèle que 85% des femmes cadres estiment que les difficultés à concilier vie professionnelle et personnelle affectent négativement leur santé mentale. Et 54% d'entre elles ressentent régulièrement un stress intense lié à l'activité professionnelle contre 43% des hommes cadres. Enfin, selon la DARES, en 2023, 27% des salariés se disent en état de burn-out ou de pré-burn-out contre 18% des salariés hommes. Ce que ces chiffres cachent, c'est souvent ça. Des femmes qui gèrent tout depuis trop longtemps sans jamais dire stop. Et ce n'est pas parce qu'elles ne peuvent pas le dire. C'est parce qu'elles ne savent plus comment faire autrement. La pression constante pour être performante sans soutien peut conduire à l'épuisement, à l'anxiété, à la dépression. C'est un cycle. Plus vous gérez seul, plus on vous sollicite. Plus on vous sollicite, plus vous devez paraître solide. Et le jour où votre corps dit stop, tout le monde est surpris. Vous la première. Alors, qu'est-ce qu'on fait avec tout ça ? La première étape n'est pas de devenir moins indépendante. Ce n'est pas d'abandonner votre efficacité, votre rigueur. C'est de vous poser une question différente, celle que Geneviève Krebs propose dans son approche. Qu'est-ce que cette indépendance excessive m'a permis d'éviter ? Qu'est-ce qu'elle vous a évité de ressentir, de risquer, de perdre ? Parce que l'hyperautonomie n'est pas un défaut de caractère. Ce n'est pas une qualité que vous devez gommer. C'est une protection qui a eu du sens à un moment précis de votre vie et qui, aujourd'hui, vous coûte peut-être plus qu'elle ne vous protège. Alors, je vous propose trois questions à vous poser dans les jours qui viennent. Et vous n'avez... Pas besoin de tout résoudre, juste d'observer. Voici la première question. Est-ce qu'il m'arrive de refuser de l'aide même quand j'en aurais besoin ? Et si oui, qu'est-ce que j'ai peur qu'il se passe si j'accepte cette aide ? Deuxième question. Quand quelqu'un fait quelque chose pour moi, est-ce que je me sens bien ? Ou est-ce que ça me met mal à l'aise, comme si j'avais contracté une dette ? Enfin, la troisième question. Est-ce que mon sentiment de valeur dépend de ma capacité à tout gérer seule ? Ces trois questions ne sont pas anodines. Elles peuvent vous indiquer si l'hyperautonomie est chez vous une posture choisie ou une défense que vous avez héritée. Si en m'écoutant aujourd'hui, vous vous êtes reconnu, si vous avez senti quelque chose qui vous a traversé, je vous invite à ne pas laisser cela s'évaporer. La séance Temporalité et Décision que je propose vous permet en 90 minutes de poser clairement ce qui vous bloque, ce qui vous pèse et d'identifier des priorités concrètes pour avancer. Pas dans 6 mois, maintenant. Vous pouvez me retrouver sur catalysons-vos-atout.com pour réserver votre séance ou me contacter sur LinkedIn. Je suis Véronique Milome. Et comme toujours, dites-moi en commentaire sur Spotify ou sur ma chaîne YouTube Parlons Introspection ce que vous avez pensé de cet épisode. Cela m'aide à mieux vous connaître et à vous offrir des contenus qui vous ressemblent vraiment. Je terminerai en vous disant ceci. L'hyperautonomie n'est pas votre identité. C'est une armure que vous avez construite parce que vous en aviez besoin. Aujourd'hui, vous avez peut-être la possibilité de choisir autrement. Et ce n'est pas pour tout lâcher, mais pour décider consciemment des moments où vous décidez de porter cette armure. Et des moments où vous pouvez vous en passer. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Parlons Introspection. Et d'ici là, portez-vous bien. Merci d'avoir écouté cet épisode de Parlons Introspection. Si cet épisode vous a touché, partagez-le à une femme de votre entourage qui traverse la même chose en ce moment. Votre prochaine étape ne s'invente pas, elle se clarifie.