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PARLONS NAISSANCE

11 - "Elise, 4 accouchements à domicile : ne pas s'imaginer accoucher autrement qu'à la maison !"

11 - "Elise, 4 accouchements à domicile : ne pas s'imaginer accoucher autrement qu'à la maison !"

38min |15/08/2025
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38min |15/08/2025
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Description

C'est le Onzième épisode !


Bienvenue dans Parlons Naissance : le podcast imaginé par notre association le CDAAD : Collectif de Défense de l’Accouchement Accompagné à domicile.


Vous pouvez nous retrouver sur le site du CDAAD et y découvrir également une section témoignages au format écrit, avec des récits d'AAD concrétisé ou non, mais surtout qui sont propres à chaque femme et qui ont tous pris des chemins différents.


Dans l’épisode d’aujourd’hui, nous recevons Elise que j'ai contacté afin qu'elle nous partage, ses quatre projets d'AAD qui étaient une évidence pour elle. Elle ne s'est jamais imaginée accoucher autrement, car elle-même issue d'une naissance à domicile.


Elle nous raconte comment ses 4 accouchements se sont parfaitement déroulés. Chaque naissance a été douce, puissante et belle.

Cette magnifique interview nous montre aussi avec quelle assurance Elise a su mener à bien ses accouchements. Elle nous raconte ces moments si beaux, si puissants, qui vont au cœur et à l’essentiel. Ils sont extra-ordinaires et en même temps si simples!


Merci à tous et toutes pour vos écoutes et vos partages.


N’hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé en commentaire, et rendez-vous pour un nouvel épisode le mois prochain.


ABONNEZ-VOUS !


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Parlons Naissance. Je suis Katia, maman de deux enfants, dont un né à la maison, en plein milieu du salon. Je vous parle aujourd'hui au nom du CDAAD, dans lequel je suis engagée, soit le collectif de défense de l'accouchement accompagné à domicile. Nous sommes des parents, des coparents, des familles, qui soutenons l'accès au libre choix de mode d'accouchement. Nous avons réalisé des enquêtes sur le vécu des femmes sur les familles, portant ou ayant porté Un projet d'AAD. Ce podcast vise à vous informer et à démystifier l'accouchement à domicile. Nous ne sommes pas folles, nous ne sommes pas sorcières, nous ne sommes pas inconscientes. Nous avons juste souhaité donner vie à nos enfants dans un lieu sécuritaire, calme, physiologique et confortable. L'AAD peut concerner l'ensemble des femmes en bonne santé et c'est pourquoi aujourd'hui, nous sommes dans l'optique de partager les témoignages que nous avons collectés. Aujourd'hui, nous accueillons... Élise qui va nous partager son témoignage vers ses quatre accouchements à domicile. Bonjour Élise, comment vas-tu ?

  • Speaker #1

    Bonjour, je vais très bien. Merci de me permettre de partager mes expériences d'accouchement à domicile. C'est un plaisir pour moi.

  • Speaker #0

    En quelques mots, peux-tu te présenter ? Combien tu as d'enfants ? D'où tu viens ?

  • Speaker #1

    Alors, je m'appelle Élise, j'ai presque 40 ans, j'habite à Nantes, en Loire-Atlantique. Et j'ai quatre enfants, quatre filles qui sont nées en 2012, 2014, 2016 et 2023 et qui sont toutes nées à la maison.

  • Speaker #0

    Donc en fait, aujourd'hui, tu vas nous partager un peu ton cheminement vers ces accoutements à domicile. Et donc, à quel moment, en gros, tu t'es préparée à cet accoutement à domicile ? À quel moment tu as fait ce choix ?

  • Speaker #1

    En réalité, ça a toujours été une évidence. Ça n'a presque pas été un choix. Enfin, ce n'est pas un choix que j'ai questionné, en fait. Puisque les femmes dans mon entourage ont majoritairement accouché à domicile, dont ma mère et ma sœur avant moi. Donc, en fait, le choix de rupture, ça aurait été d'accoucher à l'hôpital pour moi. Donc, c'était une évidence. Je pense que je n'ai même pas pensé deux secondes, même pas une seconde, d'accoucher à l'hôpital. Ça ne m'a même pas traversé l'esprit en réalité.

  • Speaker #0

    Et donc dans cette démarche qui peut être en finale pour certaines un peu atypique, comment elle-même, ta mère, est venue accoucher à la maison à cette époque-là ?

  • Speaker #1

    Alors c'est sûr qu'il y a 40 ou 50 ans, l'accouchement à domicile, je pense... Alors je ne sais pas s'il était plus marginal, parce qu'honnêtement aujourd'hui c'est moins d'un pour cent des naissances, donc je ne sais pas si on peut faire plus marginal que ça. Mais c'était quand même peut-être plus méconnu qu'aujourd'hui. Donc, effectivement, pour que l'information soit arrivée jusqu'à leurs oreilles, c'est un peu incroyable, mais ils avaient la chance d'avoir des amis un peu en marge, avec des idées peut-être un peu alternatives, et qui leur ont parlé de cette option-là, en fait, quand ma mère est tombée enceinte, et qui les ont mis en relation, d'ailleurs, avec une sage-femme, qui s'appelait Andrée Javayon, qui a été la sage-femme qui a suivi ma mère pour ma sœur, et puis, six ans et demi plus tard, pour moi, et qui a été dans nos vies, d'ailleurs, jusqu'à sa mort. qui est une personne importante dans nos vies à tous. Et voilà, ce choix, cette idée qu'ils ont entendue grâce à leurs amis, il n'aura plus tout de suite. Je pense que ça correspondait vraiment à leur désir de liberté, à leur besoin aussi d'être acteurs et puis créateurs de leur vie. Et ça correspondait aussi, je pense, à la vision qu'ils avaient du respect de la vie et des conditions. ou de l'environnement nécessaire pour accueillir un enfant. En tout cas, ça leur a tout de suite parlé, clairement, et à partir du moment où ils ont rencontré cette sage-femme, il n'a plus été question pour eux d'accoucher à l'hôpital. C'est clair, ça n'a plus été une option. Ça s'est fait assez naturellement et assez facilement pour eux aussi. Ça n'a pas été le parcours du combattant, c'est tombé dans leurs oreilles grâce à des amis qui les ont mis en relation, et en fait, ça s'est fait tout naturellement comme ça.

  • Speaker #0

    Donc, elle n'a pas eu de problème, entre guillemets, pour trouver une sage-femme qui pratiquait l'accouchement à domicile.

  • Speaker #1

    Non, tout s'est fait très simplement, finalement, très naturellement. Donc, ils ont eu de la chance aussi, finalement, à leur époque, d'avoir accès à cette information-là qui était, je pense, difficilement accessible, honnêtement, à cette époque-là, plus qu'aujourd'hui encore.

  • Speaker #0

    Et comment elle s'est préparée, en fait, à cette naissance qui, au final, était physiologique à l'époque, où peut-être les femmes aussi étaient dirigées, voire peut-être forcées, vers la péridurale, vers un milieu très hospitalier ?

  • Speaker #1

    Je sais que ma mère m'a dit qu'elle avait elle-même reçu la transmission de ses grands-mères. qui avait accouché à la maison parce qu'à l'époque c'était encore ce qui se faisait de manière courante en fait. C'était il n'y a pas si longtemps, on a l'impression que l'accouchement à l'hôpital c'est une norme qui n'est même pas remise en question mais c'est assez récent finalement. Donc ses propres grands-mères avaient accouché à la maison et elle lui avait transmis un témoignage assez positif en fait, assez succinct parce que les femmes de cet âge-là, à cette époque-là, on ne s'étendait pas sur les choses intimes. mais Elle avait transmis quelque chose d'assez positif. Et notamment, il y avait une expression que ma mère m'a transmise aussi, qui l'avait trappée. Elle disait à les grands-mères que la douleur de la décontraction, c'était le mal joli. Elle appelait ça comme ça. Je trouve ça chouette. Donc, elle avait eu cette transmission de ses propres grands-mères, en fait. Et sa mère avait accouché, elle, à l'hôpital. de manière plus ou moins traumatique d'ailleurs, mais je sais pas, ma mère avec son caractère, son tempérament, avait choisi de plutôt écouter la transmission des grands-mères. Elle avait gardé cette idée-là et donc voilà, c'était pour elle, ça correspondait à sa vision en fait des choses je pense.

  • Speaker #0

    Et tu penses qu'elle avait suivi une préparation à l'accouchement particulière ?

  • Speaker #1

    Elle a suivi, ah oui, avec sa sage-femme du coup. Elles se sont vues régulièrement pendant la grossesse. Je sais qu'elle était aussi inscrite à Bréthéché à l'époque, donc à l'hôpital, au cas où il y avait nécessité d'un transfert. Donc elle a fait sa préparation, je pense, avec des lectures. Elle disait qu'à l'époque, il y avait des films qui passaient au cinéma aussi. Il y avait des films sur des accouchements naturels, des choses comme ça. Donc il y avait quand même une information à ce niveau-là. Et voilà, elle a fait ça de manière... Mais sans plus, hein. Il n'y avait pas toutes les préparations à l'accouchement qu'il y a aujourd'hui, clairement. Je pense pas, en tout cas, elle m'en a pas parlé. Elle l'a fait tranquillement avec sa sage-femme et puis en s'écoutant, en écoutant ses sensations, en étant dans sa bulle, je pense, tout simplement, en ayant confiance en elle-même. Et puis, c'est tout. Et mon père était très impliqué aussi.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ce que j'allais te poser. Et la vision de ton papa, au final, comment c'était ?

  • Speaker #1

    Les deux, je ne sais même pas si ce n'est pas mon père qui a été le plus séduit au départ. Je ne sais pas. Non, je pense que les deux ont été très, très d'accord tout de suite, en fait. Et je pense que c'est important parce qu'effectivement, il y a pas mal de femmes qui seraient tentées par l'accouchement à domicile, mais les conjoints freinent un peu de temps en temps. Mais là, ce n'est pas le cas du tout. Ils se sont épaulés complètement. Ils étaient dans cette vision-là ensemble. Donc, ils ont vécu ça ensemble.

  • Speaker #0

    Du coup, quand tu es tombée enceinte de ta première fille, est-ce que ta mère t'a transmis ? Est-ce qu'elle t'a enseigné un petit peu avant ? Est-ce qu'elle-même t'a redonné encore des conseils supplémentaires ?

  • Speaker #1

    Non, en fait c'est plus dans le non-dit je pense, parce que ça n'a pas fait l'objet de plus de discussions que ça. Justement, le fait que ça soit quelque chose d'absolument naturel et de simple dans sa vie, je pense que grâce à ça elle m'a transmis une confiance énorme dans ma capacité à donner naissance. Ça s'est plus fait dans les non-lits, dans le fait que c'est comme ça, et puis c'est naturel, et c'est beau, et on est capable, et tout va bien. Il n'y avait pas de peur. On n'en a même pas parlé tant que ça. Mais c'était là quand même, la transmission était là, dans la façon d'être, je pense, et d'envisager les choses. Et dans leur propre exemple de vie, je pense que c'est ça qu'ils m'ont principalement transmis. C'est la force de faire ses propres choix. et de les assumer même s'ils sont hors normes en fait. Même si tu es en décalage, peu importe si tu es en ligne avec toi-même, tu le fais en toute responsabilité, en toute connaissance, tu fais tes choix et c'est OK. Je pense que c'est ça qu'ils ont transmis principalement.

  • Speaker #0

    Après, c'est vrai que c'est assez étonnant parce que nous, aujourd'hui, moi de mon côté, quand j'ai émis le souhait d'accoucher à la maison, là j'ai reçu un assaut de jugement. Donc pour toi, quelque chose qui était normal ? hormis ta famille autour de toi comment ça s'est passé ?

  • Speaker #1

    La naissance est un sujet forcément très intime et qui peut être rapidement sensible. La réaction des gens est partagée, je trouve il y a pas mal de curiosités, notamment chez les gens qui ne savent même pas que c'est une option possible, il y en a un certain nombre. Donc pas mal de curiosités. Il y a aussi souvent pas mal d'admiration sur fond de « ah mais comment tu as fait pour gérer la douleur ? » « comment tu as fait pour ne pas avoir peur surtout ? » de la responsabilité que ça induit aussi d'accoucher à domicile. Ça fait peur à plein de gens. Et puis, il y a ceux aussi qui sont très sceptiques, voire hostiles, qui considèrent que c'est un choix irresponsable, il y en a. Moi, j'en ai toujours parlé librement et globalement, j'ai toujours eu un retour positif ou en tout cas respectueux. C'est-à-dire que quelquefois, j'ai senti que les gens n'adhéraient pas forcément à ce projet où ils avaient des réserves, mais en tout cas, c'était mon choix et puis c'était respecté. Et quand je sens que c'est tendu en face ou qu'il n'y a pas de dialogue possible, tout simplement que chacun est sur ses positions et qu'il n'y a pas possibilité de vraiment parler, ce n'est pas grave, on passe à autre chose. Mais globalement, là aussi, peut-être que j'ai eu de la chance et pourtant j'en parle. J'en parle beaucoup, je veux dire, je ne suis pas militante sur le sujet, mais j'en parle beaucoup et facilement. Donc, je n'ai jamais eu de retour négatif.

  • Speaker #0

    Après, c'est vrai que comme tu as été induite dans ce schéma qui paraissait naturel, au final, je pense que tu as eu moins d'opinion rétractaire. À la différence de, je ne sais pas, une femme qui fait ce choix et dont... La mère, la grand-mère ont vécu que des grossesses traumatiques et ont survécu uniquement grâce à l'hôpital. Enfin, en tout cas, on sait de vision là. Donc, c'est vrai que disons que tu as été vraiment induite dans le positivisme de l'accouchement à domicile, dans le naturel.

  • Speaker #1

    En fait, je pense que peut-être que je dégageais un truc, j'étais tellement sûre de moi. Il n'y avait pas de doute, il n'y avait pas de place pour le doute. Je respecte qu'en face, il n'y ait pas la même vision des choses, mais en tout cas... Moi, la mienne ne peut pas être ébranlée, de toute façon. Donc, je pense peut-être que les gens le sentent aussi.

  • Speaker #0

    C'est assez impressionnant d'écouter aussi ton témoignage dans ce sens-là. Pour trouver une sage-femme, est-ce que ça a été aussi facile que ta mère ?

  • Speaker #1

    Oui, là aussi, je cumule les chances. J'ai la chance de vivre dans une région qui compte vraiment plusieurs sages-femmes qui font l'accouchement à domicile. Donc j'ai pas eu de mal à trouver et pourtant j'ai eu 3 sages-femmes différentes sur 4 accouchements. Et je connaissais pas toutes les sages-femmes à l'époque, quand j'étais enceinte de ma première. Je connaissais pas toutes les sages-femmes, je savais pas qu'il y en avait autant. En fait la sage-femme à qui j'ai accouché pour mes deux dernières pratiquait déjà quand j'ai eu ma première mais je le savais pas. J'avais pas eu son nom dans ma liste. Mais bon j'en ai trouvé une autre qui s'est avérée d'ailleurs. pas être disponible le jour de mon accouchement, finalement. Mais j'avais pressentiment ou je ne sais pas, parce qu'il n'y avait pas de raison, mais j'avais prévu un plan B au tout début de ma grossesse. Et donc, j'avais une autre sage-femme que j'étais prête à appeler au cas où, et le cas s'est présenté. Et heureusement, elle a été disponible. Mais donc, non, pas de difficulté à trouver de sage-femme non plus.

  • Speaker #0

    Ça fait comment pour trouver ces sages-femmes ?

  • Speaker #1

    Alors, par ma sœur. au départ parce que ma sœur aînée avait elle-même accouché à domicile avant et puis elle développait un réseau dans le milieu de l'AD. Donc j'ai profité de ses connaissances. Et puis aujourd'hui, on a accès par la PAV. Il y a des listes des sages-femmes qui font l'accouchement à domicile. C'est quand même assez facile d'y avoir accès. Après, malheureusement, il y a des régions dans lesquelles il n'y a pas de sages-femmes qui pratiquent l'AD. Mais ce n'est pas notre cas ici.

  • Speaker #0

    Et du coup, c'est la même sage-femme qui assistait à l'accouchement de ta sœur que toi ?

  • Speaker #1

    Oui, mon plan B, c'était la sage-femme qui était présente aux accouchements de ma sœur, qui était à la retraite à ce moment-là, mais qui a accepté que j'avais donc contacté en tout début de grossesse. Je lui ai dit, si jamais il y a besoin, est-ce que je peux t'appeler ? qu'on était... Dans une relation presque amicale, finalement, il y avait des liens qui s'étaient tissés depuis les naissances de mes neveux et nièces. Et donc, je lui avais demandé si je pouvais l'appeler si jamais il y avait besoin. Mais sans y imaginer que j'en aurais vraiment besoin. Et d'ailleurs, elle non plus n'imaginait pas que ce serait le cas. Mais elle m'avait répondu qu'évidemment, si elle était disponible, elle viendrait, mais qu'elle ne pouvait rien me promettre parce qu'elle avait un agenda très chargé. Donc, voilà, c'était... Un accord de principe, mais sans savoir si le jour J serait disponible. Et coup de chance, le jour J n'était pas disponible la veille. Elle n'était pas disponible le lendemain, mais elle a été disponible ce jour-là.

  • Speaker #0

    Et tu avais aussi fait tes inscriptions en mater ?

  • Speaker #1

    Oui, je me suis toujours inscrite à la maternité. Je pense que c'est nécessaire parce qu'effectivement, on ne sait jamais ce qui peut se passer malgré tout. Personnellement, je trouve idiot de se passer de la médicalisation alors que quand elle est nécessaire, elle est plus que la bienvenue. Merci la médicalisation quand il y en a besoin. Donc oui, j'étais inscrite à la maternité à chaque fois. Mais je n'ai jamais fait mon sac de maternité, par exemple.

  • Speaker #0

    Comment se sont déroulées, de manière générale, parce que raconter quatre accouchements, ça va être un peu long, mais dans la globalité, quels sont les éléments marquants ? de chaque accouchement et comment tu as vécu les choses ?

  • Speaker #1

    Alors, pour ma première, je dirais que c'était un accouchement pédagogique. Oui, c'est le mot que je mettrais. Ça a été un accouchement assez long, puisque j'ai eu les premières, toutes premières sensations de contraction le samedi, un peu avant minuit, et puis j'ai accouché le dimanche, un peu avant 20h. Mais je pense que c'est le temps dont j'avais besoin pour cheminer dans cette... dans cette naissance et puis passer des étapes petit à petit. Il y avait une sage femme, c'était Maïté Trélin je crois que j'avais entendu dire que c'était un petit peu, quand on accouchait, c'était un petit peu comme si on voulait rentrer dans une rivière et que bah il y a certaines femmes qui sont un peu frileuses, c'est mon cas, quand je rentre dans l'eau donc je mets un pouce, un orteil et puis je m'arrête aux chevilles et voilà. Et à un moment donné on plonge dans la rivière. Et voilà, j'ai pris mon temps pour plonger dans la rivière, ce premier accouchement. Mais je pense que c'est ce dont j'avais besoin et ça s'est très très bien passé. Il n'y a rien qui est venu être trop fort pour moi en fait. Il n'y a aucune sensation qui a été trop forte pour moi, qui m'a dépassée sur cet accouchement-là. Ça s'est fait vraiment de manière douce et progressive. Donc c'était hyper chouette comme première expérience d'accouchement. Honnêtement, je n'aurais pas pu rêver mieux, je pense. Et voilà, elle est arrivée. Il y a la sage-femme disponible au dernier moment, qui est arrivée, je crois, vers 19h, donc 40 minutes avant la naissance de ma team. Au moment où moi, je sentais qu'il y avait besoin, où mon mari avait besoin d'un petit soutien, et puis où moi aussi, ça me faisait du bien d'être un petit peu guidée, peut-être, ou soutenue, d'avoir la présence de la sage-femme. En tout cas, ça m'a fait beaucoup de bien à ce moment-là. Avant, je n'en avais pas ressenti le besoin, mais elle est arrivée au moment où il fallait. Et puis voilà, tout s'est très très bien passé. Ça a été une... Je pense comme toutes les premières expériences, c'est toujours un peu particulier. Ça a un goût toujours un peu particulier. C'était extraordinaire de découvrir ce bébé, d'être maman pour la première fois, et puis mon mari papa. Enfin voilà, c'était quelque chose d'assez... et de très très beau, d'incroyable. C'est une expérience incroyable. Ensuite, ma deuxième... Rien à voir entre guillemets, rien à voir. Il y a toujours des lignes de fond qui sont communes. Mais je trouve que chaque accouchement correspond en plus au caractère de l'enfant. Après, c'est marrant, ça. Donc, ma deuxième, un accouchement un peu moins long. En fait, beaucoup moins long, parce que toute la phase de latence, disons, a duré aussi quelques heures. Mais ensuite, ça s'est précipité d'un coup. En fait, le dur du travail s'est fait en deux heures. Donc, ça a été quand même assez intense. Et là, pour le coup... Là, pour le coup, j'ai été dans des sensations où j'ai dit « Oula ! » Je me suis sentie dépassée par la puissance du corps qui travaille. Je me suis dit « Mais comment c'est possible ? » Cette sensation de vraiment comprendre que tu ne maîtrises rien à ce moment-là, c'est plus fort que toi. Et ça, c'est vraiment ce que j'ai ressenti avec cette naissance-là, qui a été finalement assez rapide, et qui est arrivée alors que la sage-femme, d'ailleurs, ma fille est arrivée, la sage-femme n'était pas encore là. Ce qui n'est peut-être pas intéressant, je n'étais pas très à l'aise avec cette sage-femme-là. Donc, je me dis aussi, voilà, elle est arrivée après, pour le postpartum immédiat, direct, pour gérer l'après-naissance. Mais voilà, j'ai mis au monde ma fille toute seule et c'était bien comme ça, je pense. Enfin, toute seule. Il y avait ma mère qui était présente. En fait, je l'avais appelée pour garder ma fille aînée, forcément. Mon mari était parti au travail. Je lui avais dit, parce que je pensais à un accouchement aussi long pour mon aîné, donc je lui ai dit, écoute, tu pars au travail, et puis si ça se trouve, de toute façon, on ne verra pas bébé avant ce soir, donc je lui ai dit de partir. Et donc j'avais appelé ma mère pour garder ma fille aînée. Et puis finalement, les choses se sont un peu précipitées, mon mari a fini par revenir, mais c'est ma mère qui était présente pour accueillir ma deuxième fille, c'était elle qui l'a accueillie, parce que la sage-femme n'était pas là. Donc ça, c'était un peu incroyable aussi comme partage, finalement. que ce soit ma mère qui assiste à mon accouchement et qui prenne la première quasiment dans les bras, ma seconde fille. Je pense que pour elle, ça a été un moment assez fort aussi. Voilà, ensuite le troisième accouchement, pour moi c'est l'accouchement, c'est presque un accomplissement pour moi, en termes d'accouchement, parce que j'ai vraiment... Autant sur les deux premiers, j'ai géré les contractions, autant là j'ai réussi à vraiment les accepter. Et je me suis retrouvée dans un ballet d'amour et de douceur avec mon bébé que je n'avais pas connu pour les deux premiers, même si ça s'était très bien passé et que c'était incroyable. J'ai vraiment vécu une autre expérience quand même avec ma petite troisième. Donc voilà, j'en garde un souvenir impérissable, ému, une sorte d'accomplissement que j'ai réussi quelque chose, mais parce que je l'avais voulu aussi. Je pense que je m'étais préparée pour cette naissance-là, dans cette perspective-là. J'étais dans cette idée de me dire, mais on a mal au niveau des contractions, parce qu'on se dit que ça fait mal en fait. Ce n'est pas une obligation, on peut le vivre autrement. Donc vraiment, j'avais fait pas mal de lectures dans ce sens-là, et j'avais travaillé entre guillemets dans ce sens-là, et donc j'y suis parvenue. C'était vraiment le fait de pouvoir réaliser l'idée que j'avais cette fois-ci. Ce qui n'était pas le cas pour mes deux premières. J'y suis allée pour mes deux premières vraiment quasi sans préparation, comme ça quoi, sans me poser trop de questions. Et donc, pour cette troisième, en revanche, je m'y suis plus préparée. Et j'ai réussi ce que j'avais en tête de faire, et donc de vivre un accouchement tout en douceur, où le mot douleur n'a pas sa place en fait. Je ne peux pas mettre le mot douleur sur les sensations que j'ai vécues à ce moment-là. C'est des sensations fortes, des sensations puissantes. mais pas de douleur. Donc, c'était mon objectif sur cet accouchement-là. Donc, j'étais contente d'y arriver et c'était un moment extraordinaire. Et puis, ma petite dernière, peut-être le plus rapide de mes accouchements, pour le coup. Et alors là, ça s'est fait de manière très simple, très facile. Pourtant, j'avais des contractions non-stop. Je n'avais pas beaucoup de répit, franchement, entre les contractions. Finalement, sauf l'expulsion, ça, je n'ai pas aimé. Je ne sais pas pourquoi. En fait, sur cet accouchement-là, je me suis presque fait mon propre copain. J'ai essayé des trucs. Je me suis dit, tiens, c'est la dernière. Peut-être cette position-là, je vais l'essayer. Non, ça ne le fait pas. J'étais presque spectatrice de mon propre accouchement en me disant, tiens, comme c'est la dernière fois que j'accouche, il y a quand même des trucs, je vais les essayer. Voilà, donc quand même une grande facilité dans cet accouchement-là, entre guillemets. Tout s'est toujours très bien passé pour ces quatre naissances.

  • Speaker #0

    Alors moi, j'ai eu la chance de lire les récits de tes enfants premiers qui m'ont beaucoup émue. C'est toujours assez intense pour moi de lire les récits des femmes que j'interview avant de les voir en vrai. L'impression que j'ai eue pour Rose, donc ta troisième, c'est que tu te préparais plus à ce que ce soit ton dernier accouchement. En plus, vu l'écart d'âge, du coup, est-ce qu'au final, comme tu dis, ce dernier accouchement qui était au final un peu ton laboratoire de l'accouchement à domicile ? Tu l'as plus préparée ou tu y allais en mode « Allez, go, on y va, on va essayer plein de choses. »

  • Speaker #1

    Alors non, celui que j'ai le plus préparé, c'est celui de ma petite troisième, qui était censé effectivement être le dernier. Ma petite quatrième étant une belle surprise de la vie. Ce n'était pas prévu. Donc non, de mes quatre accouchements, celui que j'ai vraiment le plus préparé, c'est celui de Rose, donc ma troisième. Pour Diane... En réalité, avec déjà trois enfants, l'école à la maison, la musique, j'étais extrêmement chargée pour le coup, dans une vie déjà très très chargée. Et donc, j'ai fait de la place pour cette grossesse, mais il y en avait moins que pour les précédentes quand même. Et puis, comme j'avais vraiment préparé effectivement cette troisième grossesse, troisième accouchement, je n'ai pas senti la nécessité d'aller au-delà de cette préparation que j'avais déjà eue. En fait, je pensais bénéficier. du travail que j'avais fait pour Rose, en fait, pour ma troisième. Je n'ai pas ressenti le besoin de me repréparer plus que ça pour la dernière.

  • Speaker #0

    Alors, après ces accouchements à la maison, comment tu as abordé le postpartum ? Parce qu'on n'est pas non plus préparé à un postpartum à la maison. C'est vrai qu'on est plus préparé à être accompagné à l'hôpital, prise en main, mais à la maison, qui est-ce qui t'a suivi ?

  • Speaker #1

    Ouais et même de manière générale je trouve que souvent les femmes se préparent assez peu au postpartum. Souvent c'est ce que je dis aux nouvelles futures mamans qui sont hyper focus sur la grossesse et l'accouchement. Et j'essaye toujours de glisser un truc sur le postpartum parce que ça va pas toujours de soi. En l'occurrence pour ma première... Le postpartum direct, les premières heures après la naissance, ça a toujours été cette bulle incroyable de bonheur, d'amour. C'est une bulle qu'on retrouve nulle part ailleurs dans sa vie. Je pense que c'est assez incroyable, ces moments-là suspendus. Après, pour ma fille aînée, au troisième, quatrième jour, je ne sais plus trop, mais c'est assez classique, j'ai eu comme un coup de mou sur un après-midi où clairement plus rien n'allait. Ça s'est concentré sur deux heures où j'étais censée faire la sieste. Il y avait mon bébé à côté de moi qui dormait. Il y avait ma mère et ma sœur dans les pièces à côté qui s'occupaient de la maison. Et moi, j'étais censée dormir avec mon bébé. Je ne dormais pas du tout. J'ai pleuré. Toutes les larmes que j'avais dans mon corps, ça n'allait plus. Je regardais mon bébé. Je ne savais même plus pourquoi j'avais fait un bébé. Enfin, voilà, plus rien n'allait. Donc, ça a été très concentré sur deux heures. J'ai eu de la chance. Mais voilà, je me sentais... handicapé dans mon corps alors que c'est pas une sensation que j'avais eu même jusqu'au bout de ma grossesse j'avais mal dans le bassin j'avais mal dans le dos j'avais mal au sein avec une montée de lait qui est impressionnante pour la première enfin voilà j'étais fatigué voilà ça n'allait plus je me retenais c'est plus et la chute des hormones aussi je pense à jouer son rôle à ce moment là enfin voilà donc il ya eu deux heures de pleurs et de Je me sentais perdue, quoi. Et j'avais l'impression, vraiment, d'avoir fait un mauvais choix. Je me suis dit, mais pourquoi j'ai fait un enfant ? C'était vraiment terrible, quoi. J'ai eu cette chance d'avoir, effectivement, ma mère et ma sœur, que j'ai fini par rejoindre, qui m'ont redonné un shoot d'amour, qui m'ont fait... Voilà, ça m'a fait remonter direct, en fait. Et puis, c'est passé comme ça. Et je n'ai plus eu d'épisode de cette sorte-là ensuite. J'ai mis un petit peu de temps à me remettre physiquement, malgré un accouchement physio, sans déchirure, sans rien. Tout s'était bien passé, mais pour autant, c'est quand même une épreuve pour le corps. C'est pas rien, notamment le premier. Et donc j'ai mis un petit peu de temps à me remettre physiquement, ce à quoi je ne m'attendais pas, parce qu'effectivement, je m'étais moi non plus pas assez préparée. postpartum et donc et en plus j'avais eu le mois l'expérience de ma mère et ma soeur qui courait le 500 m quasiment deux heures après donc moi je pensais que ce serait pareil et ben non moi je courais pas comme un lapin vrai clairement et j'ai mis un petit peu de temps avant de me retrouver un peu bien dans mon corps fois là maintenant j'ai eu la chance de pouvoir rester à la maison autant que je voulais mon allaitement s'est bien passé j'ai pas eu de douleur spécifiquement pour ma première enfin voilà donc tout s'est bien passé donc finalement à part ces deux petites heures, c'est tout ce que j'ai eu en termes de postpartum un peu difficile pour ma fille aînée. Pour mes numéro 2 et numéro 3, du coup pas du tout parce que là le passage était fait entre guillemets et donc j'ai récupéré très vite, je me suis sentie très bien, même un peu trop d'ailleurs parce que j'ai pas... j'aurais dû me reposer un petit peu plus je pense mais j'ai repris tout en main très vite et je me suis bien promis pour la quatrième de ne pas le faire d'ailleurs parce que ça en sont suivis quelques problèmes de dos assez conséquents, des choses comme ça, bon. Pour les numéros 2 et 3, postpartum, impeccable. Tout s'est très bien passé, les allaitements aussi, je me sentais bien dans mon corps, tout allait bien. Je n'ai même pas eu ce petit coup de blues momentané. Et pour la quatrième, comme c'était quand même une grossesse qui était déjà marquée par un peu plus de fatigue, de l'anémie, j'étais déjà à charge de trois enfants, il y avait un contexte, mon mari était en reconversion, c'était difficile. donc Le postpartum, ce n'est pas aussi bien passé, notamment à cause de l'allaitement. L'allaitement a été compliqué. Diane, à 15 jours de vie, commençait à avoir un poids qui était quand même alertant. Donc, j'ai dû faire appel à une consultante en lactation qui a repris les choses en main avec moi. Ça s'est heureusement assez vite rétabli, mais il a fallu quand même être Ausha à la pipette. Ça a été compliqué quand même. Donc un postpartum pour ma dernière qui a été quand même marqué par un début d'allaitement très très difficile quand même, avec un allaitement qui était potentiellement remis en question. Moi physiquement ça allait, fatiguée, mais je me suis bien remise quand même assez rapidement aussi de la grossesse et de l'accouchement. En sachant que j'ai aussi eu la chance à chaque fois d'être très entourée, mon mari a toujours été là au moins un mois après mes accouchements. Malheureusement, toutes les femmes ne bénéficient pas de cette présence-là non plus. Et c'est précieux. Plus ma mère, mes parents, ma sœur qui m'ont toujours entourée aussi. Je n'ai jamais été seule. Toujours entourée d'amour. Donc, je pense que ça participe au postpartum qui se passe bien.

  • Speaker #0

    Et tout le monde venait te voir à la maison juste après tes accouchements ? Ou ils attendaient un peu ? Ou du fait que tu étais à la maison ?

  • Speaker #1

    Oui. Ils étaient prêts à respecter nos souhaits. Donc, en l'occurrence, nous, on a toujours appelé nos parents respectifs juste après la naissance. Et ils sont toujours passés dans les deux, trois heures qui ont suivi. Mais c'était vraiment un souhait de notre part. Et puis, moi, j'étais très, très heureuse de leur présence à ce moment-là. En sachant qu'ils seraient de toute façon respectueux, qu'ils ne resteraient pas trois heures. Et puis, c'était un moment d'amour partagé. En fait, moi, c'était vraiment un plaisir. Après, pour ma sœur aussi, mais pour les amis, on a... C'est nous qui avons décidé et tout le monde a respecté ça. Et la famille, quand elle était là, c'était pour aider. Donc ça s'est bien passé aussi à ce niveau-là.

  • Speaker #0

    Et toi qui avais une vision, donc, voilà, j'accouche à la maison, c'est comme ça, c'est normal. Du côté de ta belle famille, c'était comment ? Pas du tout dans cette idée-là au départ. D'ailleurs, je pense que ma belle-mère n'y a pas cru, en fait. Je pense qu'elle s'est dit, c'est une idée comme ça, mais en fait, ils vont finir à l'hôpital comme tout le monde, et puis c'est tout, quoi. Et je pense qu'elle a été assez surprise, mais assez positivement surprise, finalement, quand elle est arrivée à la naissance de Mathilde et qu'elle l'a découverte dans cet environnement-là, qui est quand même... C'est pas l'hôpital, c'est pas froid, c'était... C'était hyper chaleureux, c'était un cocon, cette ambiance de la naissance à domicile qui est vraiment particulière. Et donc je pense qu'elle a été assez touchée par ça, assez admirative aussi finalement que ça se soit vraiment déroulé comme ça, que ce soit bien déroulé. Elle-même n'avait pas du tout... Elle, elle a eu deux césariennes pour ses deux enfants. Donc voilà, on est sur deux options très différentes. Donc je pense qu'elle a eu peur. Elle a eu peur et puis elle a vu que ça s'est très bien passé. Donc après, pour les deux, trois, quatre, c'était bon. Pour la première, il y a eu une appréhension. Je pense qu'elle n'y a pas trop cru. Et puis bon, comme ça, c'est fait. Après, c'était bon.

  • Speaker #1

    C'est vraiment bien, en fait, que tu aies vraiment été dans un univers bienveillant. Et aujourd'hui, toi, c'est quoi ta vision des choses face aux femmes qui accouchent en structure hospitalière ?

  • Speaker #0

    Moi, je trouve que c'est elles les guerrières, en fait. On a tendance à dire que ce sont les femmes qui accouchent à domicile qui sont des guerrières. Moi, je ne trouve pas. Honnêtement, je trouve qu'elles ont un courage fou d'aller accoucher à l'hôpital. Moi, c'est comme ça que je vois les choses. Elles savent qu'elles vont rentrer dans un univers où il y a des protocoles qui, a priori, peuvent les mener à être blessées, même dans leur chair. Je veux dire, c'est... Voilà, pour moi, ce sont elles les guerrières, clairement. Donc, il y a beaucoup... de femmes qui vivent leur accouchement dans des conditions très médicalisées alors que c'est pas ce qu'elles souhaitaient, c'était pas leur projet de naissance alors il y en a qui se sentent rassurées dans ce milieu là et qui se sentent hyper bien accompagnées et puis c'est top et tant mieux mais il y en a quand même beaucoup en tout cas un nombre non négligeable clairement qui en ressortent frustrées ou blessées encore une fois même dans leur chair quoi moi je trouve que c'est problématique en tout cas Moi, c'est ce qui m'a fait donner l'envie de devenir doula. Je suis actuellement en formation pour être doula. Parce qu'effectivement, entre ma première expérience de maternité et les témoignages que je recevais des différentes femmes qui pouvaient m'entourer, que ce soit des cousines, voisines, amies, je me suis dit qu'il y a un truc qui ne va pas, un truc qui ne colle pas. Et j'entendais souvent quand même des femmes qui n'étaient pas écoutées, pas respectées, qui étaient infantilisées. C'était quand même pas hyper positif dans l'ensemble. Et même quelques fois des femmes qui ne remettaient même pas ça en question, qui trouvaient que c'était normal finalement que ça se passe comme ça. Moi je pense qu'il y a quand même la nécessité de questionner le monde de la naissance en France. Je pense qu'on peut faire beaucoup mieux et je pense qu'il faut vraiment pouvoir proposer autre chose aux femmes. D'où l'idée de témoigner aussi, de simplement savoir qu'accoucher autrement est possible, ça ouvre une voie. Je pense qu'il y a beaucoup de femmes qui accouchent en structure et qui sont insatisfaites de leur accouchement. D'ailleurs, il y a une étude du CIEAN qui a été faite entre 2016 et 2021, sur 8500 femmes, et quand même les résultats révèlent un souci. Je ne sais plus c'était quoi, il y avait une femme sur trois qui se sent seule en postpartum. La majorité des femmes pour qui leur accouchement n'a pas correspondu à ce à quoi elles s'attendaient. Et puis, 39% des femmes qui ne se sont pas senties respectées pendant la grossesse. C'était ça, je crois, les conclusions de cette étude. Donc, ça fait réfléchir. Je pense qu'il y a du travail pour informer les femmes, pour ouvrir la voie à d'autres façons de faire. En France, ça se passe comme ça, mais si on ouvre les yeux... sur d'autres pays, on voit qu'il y a d'autres visions possibles, y compris en structure. Voilà, d'autres façons de faire possibles. Donc oui, ma vision des femmes face à l'accouchement en structure, c'est ça, c'est des guerrières, mais je préférerais qu'elles ne le soient pas. Je préférerais qu'elles puissent accoucher comme elles le souhaitent, y compris en structure. En tout cas, c'était mon objectif en tant que doula.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, toi, avec tes quatre filles, comment tu abordes leur futur en tant que femme, en tant que potentielle mère ?

  • Speaker #0

    J'espère que vous avez aimé cette vidéo. forcément leur transmettre ce qui m'a été donné aussi en termes de maternité et de féminité et de rapport au corps et comme je le disais en tout début aussi cette notion que dans ta vie tu dois réfléchir, tu dois faire tes choix tes propres choix de manière éclairée même si ça sort du cadre en tant que femme j'espère que Euh... Je vais leur transmettre ça. Je leur ai déjà transmis ça de manière implicite par leur naissance, leur manière d'être née. J'espère que ça leur donne quelques clés pour pouvoir être des femmes libres, tout simplement.

  • Speaker #1

    Je suis curieuse aussi un peu, parce que je me pose la question comment tu as expliqué à Mathilde et à Inès les naissances à la maison de ta 3 et ta 4. Parce qu'au final, elles étaient vraiment en âge de conscientiser.

  • Speaker #0

    Eh ben, je pense que j'ai fait un peu comme ma mère, c'est-à-dire qu'il n'y a même pas eu spécialement de discussion, ça n'a presque pas été un sujet. Mais en fait, comme on était toujours ensemble, comme je disais, on a fait l'école à la maison, donc elles ont vécu avec moi la grossesse, en fait. Il y a une chose que j'ai faite, c'était de leur... je ne sais plus quel documentaire c'était, je leur avais montré un petit documentaire quand même, dans l'idée, si jamais elles étaient présentes le jour J, qu'elles ne soient pas. pas effrayée si je devais m'exprimer de manière un peu forte. Mais je pense qu'elles sont tellement dans ce bain-là, comme je l'étais, qu'il y a presque... En tout cas, je ne ressens pas la nécessité d'en faire un sujet très spécialement et d'en discuter, d'avoir des conversations autour de ça. Si jamais elles ont des questions à poser, elles savent qu'elles peuvent le faire et j'y répondrai, c'est ouvert. Maintenant, si elles n'ont pas... pas de curiosité. C'est la vie, en fait. C'est comme ça. Et je pense que c'est beaucoup d'implicite.

  • Speaker #1

    Tu t'es pas dit que c'est un sujet que tu vas vraiment amener sur la table pour échanger avec elle. Non, c'était naturel.

  • Speaker #0

    Ouais, non, pas spécialement. Et elles étaient présentes, pour le coup, pour la naissance d'Inès. Mathilde était avec mes parents et quand j'ai commencé à m'exprimer un petit peu sur la fin à l'expulsion, mon père l'a emmenée dehors. Donc, voilà. Pour la naissance de Rose, elles étaient aussi avec mes parents, parce que j'en avais ressenti le besoin. Clairement, mon travail n'avançait pas tant que mes filles étaient là, donc je les ai envoyées ailleurs. Et là, par miracle, le travail a commencé à avancer. Mais par contre, pour la naissance de Diane, elles sont restées. C'est la première fois que j'avais les filles présentes, le jour de mon accouchement, et ça s'est très bien passé. Il y a juste eu un moment où j'avais les trois plantées devant moi, en train de me regarder comme ça. Là, je dis, non, ça ne va pas être possible. Elles ont vaqué à leurs occupations, elles sont allées dans la chambre. Elles se sont faites très discrètes. Et elles étaient surtout très heureuses d'arriver dès les premiers cris de leur sœur. Je pense que quand elles en parlent, c'est un moment fort de leur vie.

  • Speaker #1

    Mais du coup, elles t'ont vu vraiment, elles t'ont plus au pique, on va dire, de l'accouchement. Et ça ne les a pas effrayées ?

  • Speaker #0

    Non. Après, je n'ai toujours été assez discrète. À chaque fois, je me suis exprimée au moment de l'expression. expulsion, mais voilà. Et d'ailleurs, j'ai peut-être fait deux, trois cris, mais c'est tout, quoi. Donc, c'était pas non plus... Non, non, elles m'ont vu marcher, souffler un peu, mais c'est tout, en fait. Rien d'impressionnant. Et du coup, je pense que si ça, ça renvoie à quelque chose d'assez simple, c'est pas une épreuve... Enfin, en tout cas, pour moi, ça n'a pas été une épreuve avec des douleurs. Non, elles m'ont pas vue dans cet état-là, quoi. C'est sûr que... Elles ont... plutôt une image qui est véhiculée de quelque chose d'assez simple et facile, naturel. Je pense que la transmission, elle se fait peut-être plus comme ça. Elles savent qu'elles ont une maman qui est quand même passionnée de ce sujet-là, donc elles auront toujours mon soutien quoi qu'il arrive.

  • Speaker #1

    Merci pour ce partage. Merci d'avoir écouté le témoignage d'Élise. Nous vous retrouvons, comme d'habitude, le mois prochain pour un nouvel épisode. Merci pour votre écoute. à bientôt et abonnez-vous

Description

C'est le Onzième épisode !


Bienvenue dans Parlons Naissance : le podcast imaginé par notre association le CDAAD : Collectif de Défense de l’Accouchement Accompagné à domicile.


Vous pouvez nous retrouver sur le site du CDAAD et y découvrir également une section témoignages au format écrit, avec des récits d'AAD concrétisé ou non, mais surtout qui sont propres à chaque femme et qui ont tous pris des chemins différents.


Dans l’épisode d’aujourd’hui, nous recevons Elise que j'ai contacté afin qu'elle nous partage, ses quatre projets d'AAD qui étaient une évidence pour elle. Elle ne s'est jamais imaginée accoucher autrement, car elle-même issue d'une naissance à domicile.


Elle nous raconte comment ses 4 accouchements se sont parfaitement déroulés. Chaque naissance a été douce, puissante et belle.

Cette magnifique interview nous montre aussi avec quelle assurance Elise a su mener à bien ses accouchements. Elle nous raconte ces moments si beaux, si puissants, qui vont au cœur et à l’essentiel. Ils sont extra-ordinaires et en même temps si simples!


Merci à tous et toutes pour vos écoutes et vos partages.


N’hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé en commentaire, et rendez-vous pour un nouvel épisode le mois prochain.


ABONNEZ-VOUS !


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Parlons Naissance. Je suis Katia, maman de deux enfants, dont un né à la maison, en plein milieu du salon. Je vous parle aujourd'hui au nom du CDAAD, dans lequel je suis engagée, soit le collectif de défense de l'accouchement accompagné à domicile. Nous sommes des parents, des coparents, des familles, qui soutenons l'accès au libre choix de mode d'accouchement. Nous avons réalisé des enquêtes sur le vécu des femmes sur les familles, portant ou ayant porté Un projet d'AAD. Ce podcast vise à vous informer et à démystifier l'accouchement à domicile. Nous ne sommes pas folles, nous ne sommes pas sorcières, nous ne sommes pas inconscientes. Nous avons juste souhaité donner vie à nos enfants dans un lieu sécuritaire, calme, physiologique et confortable. L'AAD peut concerner l'ensemble des femmes en bonne santé et c'est pourquoi aujourd'hui, nous sommes dans l'optique de partager les témoignages que nous avons collectés. Aujourd'hui, nous accueillons... Élise qui va nous partager son témoignage vers ses quatre accouchements à domicile. Bonjour Élise, comment vas-tu ?

  • Speaker #1

    Bonjour, je vais très bien. Merci de me permettre de partager mes expériences d'accouchement à domicile. C'est un plaisir pour moi.

  • Speaker #0

    En quelques mots, peux-tu te présenter ? Combien tu as d'enfants ? D'où tu viens ?

  • Speaker #1

    Alors, je m'appelle Élise, j'ai presque 40 ans, j'habite à Nantes, en Loire-Atlantique. Et j'ai quatre enfants, quatre filles qui sont nées en 2012, 2014, 2016 et 2023 et qui sont toutes nées à la maison.

  • Speaker #0

    Donc en fait, aujourd'hui, tu vas nous partager un peu ton cheminement vers ces accoutements à domicile. Et donc, à quel moment, en gros, tu t'es préparée à cet accoutement à domicile ? À quel moment tu as fait ce choix ?

  • Speaker #1

    En réalité, ça a toujours été une évidence. Ça n'a presque pas été un choix. Enfin, ce n'est pas un choix que j'ai questionné, en fait. Puisque les femmes dans mon entourage ont majoritairement accouché à domicile, dont ma mère et ma sœur avant moi. Donc, en fait, le choix de rupture, ça aurait été d'accoucher à l'hôpital pour moi. Donc, c'était une évidence. Je pense que je n'ai même pas pensé deux secondes, même pas une seconde, d'accoucher à l'hôpital. Ça ne m'a même pas traversé l'esprit en réalité.

  • Speaker #0

    Et donc dans cette démarche qui peut être en finale pour certaines un peu atypique, comment elle-même, ta mère, est venue accoucher à la maison à cette époque-là ?

  • Speaker #1

    Alors c'est sûr qu'il y a 40 ou 50 ans, l'accouchement à domicile, je pense... Alors je ne sais pas s'il était plus marginal, parce qu'honnêtement aujourd'hui c'est moins d'un pour cent des naissances, donc je ne sais pas si on peut faire plus marginal que ça. Mais c'était quand même peut-être plus méconnu qu'aujourd'hui. Donc, effectivement, pour que l'information soit arrivée jusqu'à leurs oreilles, c'est un peu incroyable, mais ils avaient la chance d'avoir des amis un peu en marge, avec des idées peut-être un peu alternatives, et qui leur ont parlé de cette option-là, en fait, quand ma mère est tombée enceinte, et qui les ont mis en relation, d'ailleurs, avec une sage-femme, qui s'appelait Andrée Javayon, qui a été la sage-femme qui a suivi ma mère pour ma sœur, et puis, six ans et demi plus tard, pour moi, et qui a été dans nos vies, d'ailleurs, jusqu'à sa mort. qui est une personne importante dans nos vies à tous. Et voilà, ce choix, cette idée qu'ils ont entendue grâce à leurs amis, il n'aura plus tout de suite. Je pense que ça correspondait vraiment à leur désir de liberté, à leur besoin aussi d'être acteurs et puis créateurs de leur vie. Et ça correspondait aussi, je pense, à la vision qu'ils avaient du respect de la vie et des conditions. ou de l'environnement nécessaire pour accueillir un enfant. En tout cas, ça leur a tout de suite parlé, clairement, et à partir du moment où ils ont rencontré cette sage-femme, il n'a plus été question pour eux d'accoucher à l'hôpital. C'est clair, ça n'a plus été une option. Ça s'est fait assez naturellement et assez facilement pour eux aussi. Ça n'a pas été le parcours du combattant, c'est tombé dans leurs oreilles grâce à des amis qui les ont mis en relation, et en fait, ça s'est fait tout naturellement comme ça.

  • Speaker #0

    Donc, elle n'a pas eu de problème, entre guillemets, pour trouver une sage-femme qui pratiquait l'accouchement à domicile.

  • Speaker #1

    Non, tout s'est fait très simplement, finalement, très naturellement. Donc, ils ont eu de la chance aussi, finalement, à leur époque, d'avoir accès à cette information-là qui était, je pense, difficilement accessible, honnêtement, à cette époque-là, plus qu'aujourd'hui encore.

  • Speaker #0

    Et comment elle s'est préparée, en fait, à cette naissance qui, au final, était physiologique à l'époque, où peut-être les femmes aussi étaient dirigées, voire peut-être forcées, vers la péridurale, vers un milieu très hospitalier ?

  • Speaker #1

    Je sais que ma mère m'a dit qu'elle avait elle-même reçu la transmission de ses grands-mères. qui avait accouché à la maison parce qu'à l'époque c'était encore ce qui se faisait de manière courante en fait. C'était il n'y a pas si longtemps, on a l'impression que l'accouchement à l'hôpital c'est une norme qui n'est même pas remise en question mais c'est assez récent finalement. Donc ses propres grands-mères avaient accouché à la maison et elle lui avait transmis un témoignage assez positif en fait, assez succinct parce que les femmes de cet âge-là, à cette époque-là, on ne s'étendait pas sur les choses intimes. mais Elle avait transmis quelque chose d'assez positif. Et notamment, il y avait une expression que ma mère m'a transmise aussi, qui l'avait trappée. Elle disait à les grands-mères que la douleur de la décontraction, c'était le mal joli. Elle appelait ça comme ça. Je trouve ça chouette. Donc, elle avait eu cette transmission de ses propres grands-mères, en fait. Et sa mère avait accouché, elle, à l'hôpital. de manière plus ou moins traumatique d'ailleurs, mais je sais pas, ma mère avec son caractère, son tempérament, avait choisi de plutôt écouter la transmission des grands-mères. Elle avait gardé cette idée-là et donc voilà, c'était pour elle, ça correspondait à sa vision en fait des choses je pense.

  • Speaker #0

    Et tu penses qu'elle avait suivi une préparation à l'accouchement particulière ?

  • Speaker #1

    Elle a suivi, ah oui, avec sa sage-femme du coup. Elles se sont vues régulièrement pendant la grossesse. Je sais qu'elle était aussi inscrite à Bréthéché à l'époque, donc à l'hôpital, au cas où il y avait nécessité d'un transfert. Donc elle a fait sa préparation, je pense, avec des lectures. Elle disait qu'à l'époque, il y avait des films qui passaient au cinéma aussi. Il y avait des films sur des accouchements naturels, des choses comme ça. Donc il y avait quand même une information à ce niveau-là. Et voilà, elle a fait ça de manière... Mais sans plus, hein. Il n'y avait pas toutes les préparations à l'accouchement qu'il y a aujourd'hui, clairement. Je pense pas, en tout cas, elle m'en a pas parlé. Elle l'a fait tranquillement avec sa sage-femme et puis en s'écoutant, en écoutant ses sensations, en étant dans sa bulle, je pense, tout simplement, en ayant confiance en elle-même. Et puis, c'est tout. Et mon père était très impliqué aussi.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ce que j'allais te poser. Et la vision de ton papa, au final, comment c'était ?

  • Speaker #1

    Les deux, je ne sais même pas si ce n'est pas mon père qui a été le plus séduit au départ. Je ne sais pas. Non, je pense que les deux ont été très, très d'accord tout de suite, en fait. Et je pense que c'est important parce qu'effectivement, il y a pas mal de femmes qui seraient tentées par l'accouchement à domicile, mais les conjoints freinent un peu de temps en temps. Mais là, ce n'est pas le cas du tout. Ils se sont épaulés complètement. Ils étaient dans cette vision-là ensemble. Donc, ils ont vécu ça ensemble.

  • Speaker #0

    Du coup, quand tu es tombée enceinte de ta première fille, est-ce que ta mère t'a transmis ? Est-ce qu'elle t'a enseigné un petit peu avant ? Est-ce qu'elle-même t'a redonné encore des conseils supplémentaires ?

  • Speaker #1

    Non, en fait c'est plus dans le non-dit je pense, parce que ça n'a pas fait l'objet de plus de discussions que ça. Justement, le fait que ça soit quelque chose d'absolument naturel et de simple dans sa vie, je pense que grâce à ça elle m'a transmis une confiance énorme dans ma capacité à donner naissance. Ça s'est plus fait dans les non-lits, dans le fait que c'est comme ça, et puis c'est naturel, et c'est beau, et on est capable, et tout va bien. Il n'y avait pas de peur. On n'en a même pas parlé tant que ça. Mais c'était là quand même, la transmission était là, dans la façon d'être, je pense, et d'envisager les choses. Et dans leur propre exemple de vie, je pense que c'est ça qu'ils m'ont principalement transmis. C'est la force de faire ses propres choix. et de les assumer même s'ils sont hors normes en fait. Même si tu es en décalage, peu importe si tu es en ligne avec toi-même, tu le fais en toute responsabilité, en toute connaissance, tu fais tes choix et c'est OK. Je pense que c'est ça qu'ils ont transmis principalement.

  • Speaker #0

    Après, c'est vrai que c'est assez étonnant parce que nous, aujourd'hui, moi de mon côté, quand j'ai émis le souhait d'accoucher à la maison, là j'ai reçu un assaut de jugement. Donc pour toi, quelque chose qui était normal ? hormis ta famille autour de toi comment ça s'est passé ?

  • Speaker #1

    La naissance est un sujet forcément très intime et qui peut être rapidement sensible. La réaction des gens est partagée, je trouve il y a pas mal de curiosités, notamment chez les gens qui ne savent même pas que c'est une option possible, il y en a un certain nombre. Donc pas mal de curiosités. Il y a aussi souvent pas mal d'admiration sur fond de « ah mais comment tu as fait pour gérer la douleur ? » « comment tu as fait pour ne pas avoir peur surtout ? » de la responsabilité que ça induit aussi d'accoucher à domicile. Ça fait peur à plein de gens. Et puis, il y a ceux aussi qui sont très sceptiques, voire hostiles, qui considèrent que c'est un choix irresponsable, il y en a. Moi, j'en ai toujours parlé librement et globalement, j'ai toujours eu un retour positif ou en tout cas respectueux. C'est-à-dire que quelquefois, j'ai senti que les gens n'adhéraient pas forcément à ce projet où ils avaient des réserves, mais en tout cas, c'était mon choix et puis c'était respecté. Et quand je sens que c'est tendu en face ou qu'il n'y a pas de dialogue possible, tout simplement que chacun est sur ses positions et qu'il n'y a pas possibilité de vraiment parler, ce n'est pas grave, on passe à autre chose. Mais globalement, là aussi, peut-être que j'ai eu de la chance et pourtant j'en parle. J'en parle beaucoup, je veux dire, je ne suis pas militante sur le sujet, mais j'en parle beaucoup et facilement. Donc, je n'ai jamais eu de retour négatif.

  • Speaker #0

    Après, c'est vrai que comme tu as été induite dans ce schéma qui paraissait naturel, au final, je pense que tu as eu moins d'opinion rétractaire. À la différence de, je ne sais pas, une femme qui fait ce choix et dont... La mère, la grand-mère ont vécu que des grossesses traumatiques et ont survécu uniquement grâce à l'hôpital. Enfin, en tout cas, on sait de vision là. Donc, c'est vrai que disons que tu as été vraiment induite dans le positivisme de l'accouchement à domicile, dans le naturel.

  • Speaker #1

    En fait, je pense que peut-être que je dégageais un truc, j'étais tellement sûre de moi. Il n'y avait pas de doute, il n'y avait pas de place pour le doute. Je respecte qu'en face, il n'y ait pas la même vision des choses, mais en tout cas... Moi, la mienne ne peut pas être ébranlée, de toute façon. Donc, je pense peut-être que les gens le sentent aussi.

  • Speaker #0

    C'est assez impressionnant d'écouter aussi ton témoignage dans ce sens-là. Pour trouver une sage-femme, est-ce que ça a été aussi facile que ta mère ?

  • Speaker #1

    Oui, là aussi, je cumule les chances. J'ai la chance de vivre dans une région qui compte vraiment plusieurs sages-femmes qui font l'accouchement à domicile. Donc j'ai pas eu de mal à trouver et pourtant j'ai eu 3 sages-femmes différentes sur 4 accouchements. Et je connaissais pas toutes les sages-femmes à l'époque, quand j'étais enceinte de ma première. Je connaissais pas toutes les sages-femmes, je savais pas qu'il y en avait autant. En fait la sage-femme à qui j'ai accouché pour mes deux dernières pratiquait déjà quand j'ai eu ma première mais je le savais pas. J'avais pas eu son nom dans ma liste. Mais bon j'en ai trouvé une autre qui s'est avérée d'ailleurs. pas être disponible le jour de mon accouchement, finalement. Mais j'avais pressentiment ou je ne sais pas, parce qu'il n'y avait pas de raison, mais j'avais prévu un plan B au tout début de ma grossesse. Et donc, j'avais une autre sage-femme que j'étais prête à appeler au cas où, et le cas s'est présenté. Et heureusement, elle a été disponible. Mais donc, non, pas de difficulté à trouver de sage-femme non plus.

  • Speaker #0

    Ça fait comment pour trouver ces sages-femmes ?

  • Speaker #1

    Alors, par ma sœur. au départ parce que ma sœur aînée avait elle-même accouché à domicile avant et puis elle développait un réseau dans le milieu de l'AD. Donc j'ai profité de ses connaissances. Et puis aujourd'hui, on a accès par la PAV. Il y a des listes des sages-femmes qui font l'accouchement à domicile. C'est quand même assez facile d'y avoir accès. Après, malheureusement, il y a des régions dans lesquelles il n'y a pas de sages-femmes qui pratiquent l'AD. Mais ce n'est pas notre cas ici.

  • Speaker #0

    Et du coup, c'est la même sage-femme qui assistait à l'accouchement de ta sœur que toi ?

  • Speaker #1

    Oui, mon plan B, c'était la sage-femme qui était présente aux accouchements de ma sœur, qui était à la retraite à ce moment-là, mais qui a accepté que j'avais donc contacté en tout début de grossesse. Je lui ai dit, si jamais il y a besoin, est-ce que je peux t'appeler ? qu'on était... Dans une relation presque amicale, finalement, il y avait des liens qui s'étaient tissés depuis les naissances de mes neveux et nièces. Et donc, je lui avais demandé si je pouvais l'appeler si jamais il y avait besoin. Mais sans y imaginer que j'en aurais vraiment besoin. Et d'ailleurs, elle non plus n'imaginait pas que ce serait le cas. Mais elle m'avait répondu qu'évidemment, si elle était disponible, elle viendrait, mais qu'elle ne pouvait rien me promettre parce qu'elle avait un agenda très chargé. Donc, voilà, c'était... Un accord de principe, mais sans savoir si le jour J serait disponible. Et coup de chance, le jour J n'était pas disponible la veille. Elle n'était pas disponible le lendemain, mais elle a été disponible ce jour-là.

  • Speaker #0

    Et tu avais aussi fait tes inscriptions en mater ?

  • Speaker #1

    Oui, je me suis toujours inscrite à la maternité. Je pense que c'est nécessaire parce qu'effectivement, on ne sait jamais ce qui peut se passer malgré tout. Personnellement, je trouve idiot de se passer de la médicalisation alors que quand elle est nécessaire, elle est plus que la bienvenue. Merci la médicalisation quand il y en a besoin. Donc oui, j'étais inscrite à la maternité à chaque fois. Mais je n'ai jamais fait mon sac de maternité, par exemple.

  • Speaker #0

    Comment se sont déroulées, de manière générale, parce que raconter quatre accouchements, ça va être un peu long, mais dans la globalité, quels sont les éléments marquants ? de chaque accouchement et comment tu as vécu les choses ?

  • Speaker #1

    Alors, pour ma première, je dirais que c'était un accouchement pédagogique. Oui, c'est le mot que je mettrais. Ça a été un accouchement assez long, puisque j'ai eu les premières, toutes premières sensations de contraction le samedi, un peu avant minuit, et puis j'ai accouché le dimanche, un peu avant 20h. Mais je pense que c'est le temps dont j'avais besoin pour cheminer dans cette... dans cette naissance et puis passer des étapes petit à petit. Il y avait une sage femme, c'était Maïté Trélin je crois que j'avais entendu dire que c'était un petit peu, quand on accouchait, c'était un petit peu comme si on voulait rentrer dans une rivière et que bah il y a certaines femmes qui sont un peu frileuses, c'est mon cas, quand je rentre dans l'eau donc je mets un pouce, un orteil et puis je m'arrête aux chevilles et voilà. Et à un moment donné on plonge dans la rivière. Et voilà, j'ai pris mon temps pour plonger dans la rivière, ce premier accouchement. Mais je pense que c'est ce dont j'avais besoin et ça s'est très très bien passé. Il n'y a rien qui est venu être trop fort pour moi en fait. Il n'y a aucune sensation qui a été trop forte pour moi, qui m'a dépassée sur cet accouchement-là. Ça s'est fait vraiment de manière douce et progressive. Donc c'était hyper chouette comme première expérience d'accouchement. Honnêtement, je n'aurais pas pu rêver mieux, je pense. Et voilà, elle est arrivée. Il y a la sage-femme disponible au dernier moment, qui est arrivée, je crois, vers 19h, donc 40 minutes avant la naissance de ma team. Au moment où moi, je sentais qu'il y avait besoin, où mon mari avait besoin d'un petit soutien, et puis où moi aussi, ça me faisait du bien d'être un petit peu guidée, peut-être, ou soutenue, d'avoir la présence de la sage-femme. En tout cas, ça m'a fait beaucoup de bien à ce moment-là. Avant, je n'en avais pas ressenti le besoin, mais elle est arrivée au moment où il fallait. Et puis voilà, tout s'est très très bien passé. Ça a été une... Je pense comme toutes les premières expériences, c'est toujours un peu particulier. Ça a un goût toujours un peu particulier. C'était extraordinaire de découvrir ce bébé, d'être maman pour la première fois, et puis mon mari papa. Enfin voilà, c'était quelque chose d'assez... et de très très beau, d'incroyable. C'est une expérience incroyable. Ensuite, ma deuxième... Rien à voir entre guillemets, rien à voir. Il y a toujours des lignes de fond qui sont communes. Mais je trouve que chaque accouchement correspond en plus au caractère de l'enfant. Après, c'est marrant, ça. Donc, ma deuxième, un accouchement un peu moins long. En fait, beaucoup moins long, parce que toute la phase de latence, disons, a duré aussi quelques heures. Mais ensuite, ça s'est précipité d'un coup. En fait, le dur du travail s'est fait en deux heures. Donc, ça a été quand même assez intense. Et là, pour le coup... Là, pour le coup, j'ai été dans des sensations où j'ai dit « Oula ! » Je me suis sentie dépassée par la puissance du corps qui travaille. Je me suis dit « Mais comment c'est possible ? » Cette sensation de vraiment comprendre que tu ne maîtrises rien à ce moment-là, c'est plus fort que toi. Et ça, c'est vraiment ce que j'ai ressenti avec cette naissance-là, qui a été finalement assez rapide, et qui est arrivée alors que la sage-femme, d'ailleurs, ma fille est arrivée, la sage-femme n'était pas encore là. Ce qui n'est peut-être pas intéressant, je n'étais pas très à l'aise avec cette sage-femme-là. Donc, je me dis aussi, voilà, elle est arrivée après, pour le postpartum immédiat, direct, pour gérer l'après-naissance. Mais voilà, j'ai mis au monde ma fille toute seule et c'était bien comme ça, je pense. Enfin, toute seule. Il y avait ma mère qui était présente. En fait, je l'avais appelée pour garder ma fille aînée, forcément. Mon mari était parti au travail. Je lui avais dit, parce que je pensais à un accouchement aussi long pour mon aîné, donc je lui ai dit, écoute, tu pars au travail, et puis si ça se trouve, de toute façon, on ne verra pas bébé avant ce soir, donc je lui ai dit de partir. Et donc j'avais appelé ma mère pour garder ma fille aînée. Et puis finalement, les choses se sont un peu précipitées, mon mari a fini par revenir, mais c'est ma mère qui était présente pour accueillir ma deuxième fille, c'était elle qui l'a accueillie, parce que la sage-femme n'était pas là. Donc ça, c'était un peu incroyable aussi comme partage, finalement. que ce soit ma mère qui assiste à mon accouchement et qui prenne la première quasiment dans les bras, ma seconde fille. Je pense que pour elle, ça a été un moment assez fort aussi. Voilà, ensuite le troisième accouchement, pour moi c'est l'accouchement, c'est presque un accomplissement pour moi, en termes d'accouchement, parce que j'ai vraiment... Autant sur les deux premiers, j'ai géré les contractions, autant là j'ai réussi à vraiment les accepter. Et je me suis retrouvée dans un ballet d'amour et de douceur avec mon bébé que je n'avais pas connu pour les deux premiers, même si ça s'était très bien passé et que c'était incroyable. J'ai vraiment vécu une autre expérience quand même avec ma petite troisième. Donc voilà, j'en garde un souvenir impérissable, ému, une sorte d'accomplissement que j'ai réussi quelque chose, mais parce que je l'avais voulu aussi. Je pense que je m'étais préparée pour cette naissance-là, dans cette perspective-là. J'étais dans cette idée de me dire, mais on a mal au niveau des contractions, parce qu'on se dit que ça fait mal en fait. Ce n'est pas une obligation, on peut le vivre autrement. Donc vraiment, j'avais fait pas mal de lectures dans ce sens-là, et j'avais travaillé entre guillemets dans ce sens-là, et donc j'y suis parvenue. C'était vraiment le fait de pouvoir réaliser l'idée que j'avais cette fois-ci. Ce qui n'était pas le cas pour mes deux premières. J'y suis allée pour mes deux premières vraiment quasi sans préparation, comme ça quoi, sans me poser trop de questions. Et donc, pour cette troisième, en revanche, je m'y suis plus préparée. Et j'ai réussi ce que j'avais en tête de faire, et donc de vivre un accouchement tout en douceur, où le mot douleur n'a pas sa place en fait. Je ne peux pas mettre le mot douleur sur les sensations que j'ai vécues à ce moment-là. C'est des sensations fortes, des sensations puissantes. mais pas de douleur. Donc, c'était mon objectif sur cet accouchement-là. Donc, j'étais contente d'y arriver et c'était un moment extraordinaire. Et puis, ma petite dernière, peut-être le plus rapide de mes accouchements, pour le coup. Et alors là, ça s'est fait de manière très simple, très facile. Pourtant, j'avais des contractions non-stop. Je n'avais pas beaucoup de répit, franchement, entre les contractions. Finalement, sauf l'expulsion, ça, je n'ai pas aimé. Je ne sais pas pourquoi. En fait, sur cet accouchement-là, je me suis presque fait mon propre copain. J'ai essayé des trucs. Je me suis dit, tiens, c'est la dernière. Peut-être cette position-là, je vais l'essayer. Non, ça ne le fait pas. J'étais presque spectatrice de mon propre accouchement en me disant, tiens, comme c'est la dernière fois que j'accouche, il y a quand même des trucs, je vais les essayer. Voilà, donc quand même une grande facilité dans cet accouchement-là, entre guillemets. Tout s'est toujours très bien passé pour ces quatre naissances.

  • Speaker #0

    Alors moi, j'ai eu la chance de lire les récits de tes enfants premiers qui m'ont beaucoup émue. C'est toujours assez intense pour moi de lire les récits des femmes que j'interview avant de les voir en vrai. L'impression que j'ai eue pour Rose, donc ta troisième, c'est que tu te préparais plus à ce que ce soit ton dernier accouchement. En plus, vu l'écart d'âge, du coup, est-ce qu'au final, comme tu dis, ce dernier accouchement qui était au final un peu ton laboratoire de l'accouchement à domicile ? Tu l'as plus préparée ou tu y allais en mode « Allez, go, on y va, on va essayer plein de choses. »

  • Speaker #1

    Alors non, celui que j'ai le plus préparé, c'est celui de ma petite troisième, qui était censé effectivement être le dernier. Ma petite quatrième étant une belle surprise de la vie. Ce n'était pas prévu. Donc non, de mes quatre accouchements, celui que j'ai vraiment le plus préparé, c'est celui de Rose, donc ma troisième. Pour Diane... En réalité, avec déjà trois enfants, l'école à la maison, la musique, j'étais extrêmement chargée pour le coup, dans une vie déjà très très chargée. Et donc, j'ai fait de la place pour cette grossesse, mais il y en avait moins que pour les précédentes quand même. Et puis, comme j'avais vraiment préparé effectivement cette troisième grossesse, troisième accouchement, je n'ai pas senti la nécessité d'aller au-delà de cette préparation que j'avais déjà eue. En fait, je pensais bénéficier. du travail que j'avais fait pour Rose, en fait, pour ma troisième. Je n'ai pas ressenti le besoin de me repréparer plus que ça pour la dernière.

  • Speaker #0

    Alors, après ces accouchements à la maison, comment tu as abordé le postpartum ? Parce qu'on n'est pas non plus préparé à un postpartum à la maison. C'est vrai qu'on est plus préparé à être accompagné à l'hôpital, prise en main, mais à la maison, qui est-ce qui t'a suivi ?

  • Speaker #1

    Ouais et même de manière générale je trouve que souvent les femmes se préparent assez peu au postpartum. Souvent c'est ce que je dis aux nouvelles futures mamans qui sont hyper focus sur la grossesse et l'accouchement. Et j'essaye toujours de glisser un truc sur le postpartum parce que ça va pas toujours de soi. En l'occurrence pour ma première... Le postpartum direct, les premières heures après la naissance, ça a toujours été cette bulle incroyable de bonheur, d'amour. C'est une bulle qu'on retrouve nulle part ailleurs dans sa vie. Je pense que c'est assez incroyable, ces moments-là suspendus. Après, pour ma fille aînée, au troisième, quatrième jour, je ne sais plus trop, mais c'est assez classique, j'ai eu comme un coup de mou sur un après-midi où clairement plus rien n'allait. Ça s'est concentré sur deux heures où j'étais censée faire la sieste. Il y avait mon bébé à côté de moi qui dormait. Il y avait ma mère et ma sœur dans les pièces à côté qui s'occupaient de la maison. Et moi, j'étais censée dormir avec mon bébé. Je ne dormais pas du tout. J'ai pleuré. Toutes les larmes que j'avais dans mon corps, ça n'allait plus. Je regardais mon bébé. Je ne savais même plus pourquoi j'avais fait un bébé. Enfin, voilà, plus rien n'allait. Donc, ça a été très concentré sur deux heures. J'ai eu de la chance. Mais voilà, je me sentais... handicapé dans mon corps alors que c'est pas une sensation que j'avais eu même jusqu'au bout de ma grossesse j'avais mal dans le bassin j'avais mal dans le dos j'avais mal au sein avec une montée de lait qui est impressionnante pour la première enfin voilà j'étais fatigué voilà ça n'allait plus je me retenais c'est plus et la chute des hormones aussi je pense à jouer son rôle à ce moment là enfin voilà donc il ya eu deux heures de pleurs et de Je me sentais perdue, quoi. Et j'avais l'impression, vraiment, d'avoir fait un mauvais choix. Je me suis dit, mais pourquoi j'ai fait un enfant ? C'était vraiment terrible, quoi. J'ai eu cette chance d'avoir, effectivement, ma mère et ma sœur, que j'ai fini par rejoindre, qui m'ont redonné un shoot d'amour, qui m'ont fait... Voilà, ça m'a fait remonter direct, en fait. Et puis, c'est passé comme ça. Et je n'ai plus eu d'épisode de cette sorte-là ensuite. J'ai mis un petit peu de temps à me remettre physiquement, malgré un accouchement physio, sans déchirure, sans rien. Tout s'était bien passé, mais pour autant, c'est quand même une épreuve pour le corps. C'est pas rien, notamment le premier. Et donc j'ai mis un petit peu de temps à me remettre physiquement, ce à quoi je ne m'attendais pas, parce qu'effectivement, je m'étais moi non plus pas assez préparée. postpartum et donc et en plus j'avais eu le mois l'expérience de ma mère et ma soeur qui courait le 500 m quasiment deux heures après donc moi je pensais que ce serait pareil et ben non moi je courais pas comme un lapin vrai clairement et j'ai mis un petit peu de temps avant de me retrouver un peu bien dans mon corps fois là maintenant j'ai eu la chance de pouvoir rester à la maison autant que je voulais mon allaitement s'est bien passé j'ai pas eu de douleur spécifiquement pour ma première enfin voilà donc tout s'est bien passé donc finalement à part ces deux petites heures, c'est tout ce que j'ai eu en termes de postpartum un peu difficile pour ma fille aînée. Pour mes numéro 2 et numéro 3, du coup pas du tout parce que là le passage était fait entre guillemets et donc j'ai récupéré très vite, je me suis sentie très bien, même un peu trop d'ailleurs parce que j'ai pas... j'aurais dû me reposer un petit peu plus je pense mais j'ai repris tout en main très vite et je me suis bien promis pour la quatrième de ne pas le faire d'ailleurs parce que ça en sont suivis quelques problèmes de dos assez conséquents, des choses comme ça, bon. Pour les numéros 2 et 3, postpartum, impeccable. Tout s'est très bien passé, les allaitements aussi, je me sentais bien dans mon corps, tout allait bien. Je n'ai même pas eu ce petit coup de blues momentané. Et pour la quatrième, comme c'était quand même une grossesse qui était déjà marquée par un peu plus de fatigue, de l'anémie, j'étais déjà à charge de trois enfants, il y avait un contexte, mon mari était en reconversion, c'était difficile. donc Le postpartum, ce n'est pas aussi bien passé, notamment à cause de l'allaitement. L'allaitement a été compliqué. Diane, à 15 jours de vie, commençait à avoir un poids qui était quand même alertant. Donc, j'ai dû faire appel à une consultante en lactation qui a repris les choses en main avec moi. Ça s'est heureusement assez vite rétabli, mais il a fallu quand même être Ausha à la pipette. Ça a été compliqué quand même. Donc un postpartum pour ma dernière qui a été quand même marqué par un début d'allaitement très très difficile quand même, avec un allaitement qui était potentiellement remis en question. Moi physiquement ça allait, fatiguée, mais je me suis bien remise quand même assez rapidement aussi de la grossesse et de l'accouchement. En sachant que j'ai aussi eu la chance à chaque fois d'être très entourée, mon mari a toujours été là au moins un mois après mes accouchements. Malheureusement, toutes les femmes ne bénéficient pas de cette présence-là non plus. Et c'est précieux. Plus ma mère, mes parents, ma sœur qui m'ont toujours entourée aussi. Je n'ai jamais été seule. Toujours entourée d'amour. Donc, je pense que ça participe au postpartum qui se passe bien.

  • Speaker #0

    Et tout le monde venait te voir à la maison juste après tes accouchements ? Ou ils attendaient un peu ? Ou du fait que tu étais à la maison ?

  • Speaker #1

    Oui. Ils étaient prêts à respecter nos souhaits. Donc, en l'occurrence, nous, on a toujours appelé nos parents respectifs juste après la naissance. Et ils sont toujours passés dans les deux, trois heures qui ont suivi. Mais c'était vraiment un souhait de notre part. Et puis, moi, j'étais très, très heureuse de leur présence à ce moment-là. En sachant qu'ils seraient de toute façon respectueux, qu'ils ne resteraient pas trois heures. Et puis, c'était un moment d'amour partagé. En fait, moi, c'était vraiment un plaisir. Après, pour ma sœur aussi, mais pour les amis, on a... C'est nous qui avons décidé et tout le monde a respecté ça. Et la famille, quand elle était là, c'était pour aider. Donc ça s'est bien passé aussi à ce niveau-là.

  • Speaker #0

    Et toi qui avais une vision, donc, voilà, j'accouche à la maison, c'est comme ça, c'est normal. Du côté de ta belle famille, c'était comment ? Pas du tout dans cette idée-là au départ. D'ailleurs, je pense que ma belle-mère n'y a pas cru, en fait. Je pense qu'elle s'est dit, c'est une idée comme ça, mais en fait, ils vont finir à l'hôpital comme tout le monde, et puis c'est tout, quoi. Et je pense qu'elle a été assez surprise, mais assez positivement surprise, finalement, quand elle est arrivée à la naissance de Mathilde et qu'elle l'a découverte dans cet environnement-là, qui est quand même... C'est pas l'hôpital, c'est pas froid, c'était... C'était hyper chaleureux, c'était un cocon, cette ambiance de la naissance à domicile qui est vraiment particulière. Et donc je pense qu'elle a été assez touchée par ça, assez admirative aussi finalement que ça se soit vraiment déroulé comme ça, que ce soit bien déroulé. Elle-même n'avait pas du tout... Elle, elle a eu deux césariennes pour ses deux enfants. Donc voilà, on est sur deux options très différentes. Donc je pense qu'elle a eu peur. Elle a eu peur et puis elle a vu que ça s'est très bien passé. Donc après, pour les deux, trois, quatre, c'était bon. Pour la première, il y a eu une appréhension. Je pense qu'elle n'y a pas trop cru. Et puis bon, comme ça, c'est fait. Après, c'était bon.

  • Speaker #1

    C'est vraiment bien, en fait, que tu aies vraiment été dans un univers bienveillant. Et aujourd'hui, toi, c'est quoi ta vision des choses face aux femmes qui accouchent en structure hospitalière ?

  • Speaker #0

    Moi, je trouve que c'est elles les guerrières, en fait. On a tendance à dire que ce sont les femmes qui accouchent à domicile qui sont des guerrières. Moi, je ne trouve pas. Honnêtement, je trouve qu'elles ont un courage fou d'aller accoucher à l'hôpital. Moi, c'est comme ça que je vois les choses. Elles savent qu'elles vont rentrer dans un univers où il y a des protocoles qui, a priori, peuvent les mener à être blessées, même dans leur chair. Je veux dire, c'est... Voilà, pour moi, ce sont elles les guerrières, clairement. Donc, il y a beaucoup... de femmes qui vivent leur accouchement dans des conditions très médicalisées alors que c'est pas ce qu'elles souhaitaient, c'était pas leur projet de naissance alors il y en a qui se sentent rassurées dans ce milieu là et qui se sentent hyper bien accompagnées et puis c'est top et tant mieux mais il y en a quand même beaucoup en tout cas un nombre non négligeable clairement qui en ressortent frustrées ou blessées encore une fois même dans leur chair quoi moi je trouve que c'est problématique en tout cas Moi, c'est ce qui m'a fait donner l'envie de devenir doula. Je suis actuellement en formation pour être doula. Parce qu'effectivement, entre ma première expérience de maternité et les témoignages que je recevais des différentes femmes qui pouvaient m'entourer, que ce soit des cousines, voisines, amies, je me suis dit qu'il y a un truc qui ne va pas, un truc qui ne colle pas. Et j'entendais souvent quand même des femmes qui n'étaient pas écoutées, pas respectées, qui étaient infantilisées. C'était quand même pas hyper positif dans l'ensemble. Et même quelques fois des femmes qui ne remettaient même pas ça en question, qui trouvaient que c'était normal finalement que ça se passe comme ça. Moi je pense qu'il y a quand même la nécessité de questionner le monde de la naissance en France. Je pense qu'on peut faire beaucoup mieux et je pense qu'il faut vraiment pouvoir proposer autre chose aux femmes. D'où l'idée de témoigner aussi, de simplement savoir qu'accoucher autrement est possible, ça ouvre une voie. Je pense qu'il y a beaucoup de femmes qui accouchent en structure et qui sont insatisfaites de leur accouchement. D'ailleurs, il y a une étude du CIEAN qui a été faite entre 2016 et 2021, sur 8500 femmes, et quand même les résultats révèlent un souci. Je ne sais plus c'était quoi, il y avait une femme sur trois qui se sent seule en postpartum. La majorité des femmes pour qui leur accouchement n'a pas correspondu à ce à quoi elles s'attendaient. Et puis, 39% des femmes qui ne se sont pas senties respectées pendant la grossesse. C'était ça, je crois, les conclusions de cette étude. Donc, ça fait réfléchir. Je pense qu'il y a du travail pour informer les femmes, pour ouvrir la voie à d'autres façons de faire. En France, ça se passe comme ça, mais si on ouvre les yeux... sur d'autres pays, on voit qu'il y a d'autres visions possibles, y compris en structure. Voilà, d'autres façons de faire possibles. Donc oui, ma vision des femmes face à l'accouchement en structure, c'est ça, c'est des guerrières, mais je préférerais qu'elles ne le soient pas. Je préférerais qu'elles puissent accoucher comme elles le souhaitent, y compris en structure. En tout cas, c'était mon objectif en tant que doula.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, toi, avec tes quatre filles, comment tu abordes leur futur en tant que femme, en tant que potentielle mère ?

  • Speaker #0

    J'espère que vous avez aimé cette vidéo. forcément leur transmettre ce qui m'a été donné aussi en termes de maternité et de féminité et de rapport au corps et comme je le disais en tout début aussi cette notion que dans ta vie tu dois réfléchir, tu dois faire tes choix tes propres choix de manière éclairée même si ça sort du cadre en tant que femme j'espère que Euh... Je vais leur transmettre ça. Je leur ai déjà transmis ça de manière implicite par leur naissance, leur manière d'être née. J'espère que ça leur donne quelques clés pour pouvoir être des femmes libres, tout simplement.

  • Speaker #1

    Je suis curieuse aussi un peu, parce que je me pose la question comment tu as expliqué à Mathilde et à Inès les naissances à la maison de ta 3 et ta 4. Parce qu'au final, elles étaient vraiment en âge de conscientiser.

  • Speaker #0

    Eh ben, je pense que j'ai fait un peu comme ma mère, c'est-à-dire qu'il n'y a même pas eu spécialement de discussion, ça n'a presque pas été un sujet. Mais en fait, comme on était toujours ensemble, comme je disais, on a fait l'école à la maison, donc elles ont vécu avec moi la grossesse, en fait. Il y a une chose que j'ai faite, c'était de leur... je ne sais plus quel documentaire c'était, je leur avais montré un petit documentaire quand même, dans l'idée, si jamais elles étaient présentes le jour J, qu'elles ne soient pas. pas effrayée si je devais m'exprimer de manière un peu forte. Mais je pense qu'elles sont tellement dans ce bain-là, comme je l'étais, qu'il y a presque... En tout cas, je ne ressens pas la nécessité d'en faire un sujet très spécialement et d'en discuter, d'avoir des conversations autour de ça. Si jamais elles ont des questions à poser, elles savent qu'elles peuvent le faire et j'y répondrai, c'est ouvert. Maintenant, si elles n'ont pas... pas de curiosité. C'est la vie, en fait. C'est comme ça. Et je pense que c'est beaucoup d'implicite.

  • Speaker #1

    Tu t'es pas dit que c'est un sujet que tu vas vraiment amener sur la table pour échanger avec elle. Non, c'était naturel.

  • Speaker #0

    Ouais, non, pas spécialement. Et elles étaient présentes, pour le coup, pour la naissance d'Inès. Mathilde était avec mes parents et quand j'ai commencé à m'exprimer un petit peu sur la fin à l'expulsion, mon père l'a emmenée dehors. Donc, voilà. Pour la naissance de Rose, elles étaient aussi avec mes parents, parce que j'en avais ressenti le besoin. Clairement, mon travail n'avançait pas tant que mes filles étaient là, donc je les ai envoyées ailleurs. Et là, par miracle, le travail a commencé à avancer. Mais par contre, pour la naissance de Diane, elles sont restées. C'est la première fois que j'avais les filles présentes, le jour de mon accouchement, et ça s'est très bien passé. Il y a juste eu un moment où j'avais les trois plantées devant moi, en train de me regarder comme ça. Là, je dis, non, ça ne va pas être possible. Elles ont vaqué à leurs occupations, elles sont allées dans la chambre. Elles se sont faites très discrètes. Et elles étaient surtout très heureuses d'arriver dès les premiers cris de leur sœur. Je pense que quand elles en parlent, c'est un moment fort de leur vie.

  • Speaker #1

    Mais du coup, elles t'ont vu vraiment, elles t'ont plus au pique, on va dire, de l'accouchement. Et ça ne les a pas effrayées ?

  • Speaker #0

    Non. Après, je n'ai toujours été assez discrète. À chaque fois, je me suis exprimée au moment de l'expression. expulsion, mais voilà. Et d'ailleurs, j'ai peut-être fait deux, trois cris, mais c'est tout, quoi. Donc, c'était pas non plus... Non, non, elles m'ont vu marcher, souffler un peu, mais c'est tout, en fait. Rien d'impressionnant. Et du coup, je pense que si ça, ça renvoie à quelque chose d'assez simple, c'est pas une épreuve... Enfin, en tout cas, pour moi, ça n'a pas été une épreuve avec des douleurs. Non, elles m'ont pas vue dans cet état-là, quoi. C'est sûr que... Elles ont... plutôt une image qui est véhiculée de quelque chose d'assez simple et facile, naturel. Je pense que la transmission, elle se fait peut-être plus comme ça. Elles savent qu'elles ont une maman qui est quand même passionnée de ce sujet-là, donc elles auront toujours mon soutien quoi qu'il arrive.

  • Speaker #1

    Merci pour ce partage. Merci d'avoir écouté le témoignage d'Élise. Nous vous retrouvons, comme d'habitude, le mois prochain pour un nouvel épisode. Merci pour votre écoute. à bientôt et abonnez-vous

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Description

C'est le Onzième épisode !


Bienvenue dans Parlons Naissance : le podcast imaginé par notre association le CDAAD : Collectif de Défense de l’Accouchement Accompagné à domicile.


Vous pouvez nous retrouver sur le site du CDAAD et y découvrir également une section témoignages au format écrit, avec des récits d'AAD concrétisé ou non, mais surtout qui sont propres à chaque femme et qui ont tous pris des chemins différents.


Dans l’épisode d’aujourd’hui, nous recevons Elise que j'ai contacté afin qu'elle nous partage, ses quatre projets d'AAD qui étaient une évidence pour elle. Elle ne s'est jamais imaginée accoucher autrement, car elle-même issue d'une naissance à domicile.


Elle nous raconte comment ses 4 accouchements se sont parfaitement déroulés. Chaque naissance a été douce, puissante et belle.

Cette magnifique interview nous montre aussi avec quelle assurance Elise a su mener à bien ses accouchements. Elle nous raconte ces moments si beaux, si puissants, qui vont au cœur et à l’essentiel. Ils sont extra-ordinaires et en même temps si simples!


Merci à tous et toutes pour vos écoutes et vos partages.


N’hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé en commentaire, et rendez-vous pour un nouvel épisode le mois prochain.


ABONNEZ-VOUS !


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Parlons Naissance. Je suis Katia, maman de deux enfants, dont un né à la maison, en plein milieu du salon. Je vous parle aujourd'hui au nom du CDAAD, dans lequel je suis engagée, soit le collectif de défense de l'accouchement accompagné à domicile. Nous sommes des parents, des coparents, des familles, qui soutenons l'accès au libre choix de mode d'accouchement. Nous avons réalisé des enquêtes sur le vécu des femmes sur les familles, portant ou ayant porté Un projet d'AAD. Ce podcast vise à vous informer et à démystifier l'accouchement à domicile. Nous ne sommes pas folles, nous ne sommes pas sorcières, nous ne sommes pas inconscientes. Nous avons juste souhaité donner vie à nos enfants dans un lieu sécuritaire, calme, physiologique et confortable. L'AAD peut concerner l'ensemble des femmes en bonne santé et c'est pourquoi aujourd'hui, nous sommes dans l'optique de partager les témoignages que nous avons collectés. Aujourd'hui, nous accueillons... Élise qui va nous partager son témoignage vers ses quatre accouchements à domicile. Bonjour Élise, comment vas-tu ?

  • Speaker #1

    Bonjour, je vais très bien. Merci de me permettre de partager mes expériences d'accouchement à domicile. C'est un plaisir pour moi.

  • Speaker #0

    En quelques mots, peux-tu te présenter ? Combien tu as d'enfants ? D'où tu viens ?

  • Speaker #1

    Alors, je m'appelle Élise, j'ai presque 40 ans, j'habite à Nantes, en Loire-Atlantique. Et j'ai quatre enfants, quatre filles qui sont nées en 2012, 2014, 2016 et 2023 et qui sont toutes nées à la maison.

  • Speaker #0

    Donc en fait, aujourd'hui, tu vas nous partager un peu ton cheminement vers ces accoutements à domicile. Et donc, à quel moment, en gros, tu t'es préparée à cet accoutement à domicile ? À quel moment tu as fait ce choix ?

  • Speaker #1

    En réalité, ça a toujours été une évidence. Ça n'a presque pas été un choix. Enfin, ce n'est pas un choix que j'ai questionné, en fait. Puisque les femmes dans mon entourage ont majoritairement accouché à domicile, dont ma mère et ma sœur avant moi. Donc, en fait, le choix de rupture, ça aurait été d'accoucher à l'hôpital pour moi. Donc, c'était une évidence. Je pense que je n'ai même pas pensé deux secondes, même pas une seconde, d'accoucher à l'hôpital. Ça ne m'a même pas traversé l'esprit en réalité.

  • Speaker #0

    Et donc dans cette démarche qui peut être en finale pour certaines un peu atypique, comment elle-même, ta mère, est venue accoucher à la maison à cette époque-là ?

  • Speaker #1

    Alors c'est sûr qu'il y a 40 ou 50 ans, l'accouchement à domicile, je pense... Alors je ne sais pas s'il était plus marginal, parce qu'honnêtement aujourd'hui c'est moins d'un pour cent des naissances, donc je ne sais pas si on peut faire plus marginal que ça. Mais c'était quand même peut-être plus méconnu qu'aujourd'hui. Donc, effectivement, pour que l'information soit arrivée jusqu'à leurs oreilles, c'est un peu incroyable, mais ils avaient la chance d'avoir des amis un peu en marge, avec des idées peut-être un peu alternatives, et qui leur ont parlé de cette option-là, en fait, quand ma mère est tombée enceinte, et qui les ont mis en relation, d'ailleurs, avec une sage-femme, qui s'appelait Andrée Javayon, qui a été la sage-femme qui a suivi ma mère pour ma sœur, et puis, six ans et demi plus tard, pour moi, et qui a été dans nos vies, d'ailleurs, jusqu'à sa mort. qui est une personne importante dans nos vies à tous. Et voilà, ce choix, cette idée qu'ils ont entendue grâce à leurs amis, il n'aura plus tout de suite. Je pense que ça correspondait vraiment à leur désir de liberté, à leur besoin aussi d'être acteurs et puis créateurs de leur vie. Et ça correspondait aussi, je pense, à la vision qu'ils avaient du respect de la vie et des conditions. ou de l'environnement nécessaire pour accueillir un enfant. En tout cas, ça leur a tout de suite parlé, clairement, et à partir du moment où ils ont rencontré cette sage-femme, il n'a plus été question pour eux d'accoucher à l'hôpital. C'est clair, ça n'a plus été une option. Ça s'est fait assez naturellement et assez facilement pour eux aussi. Ça n'a pas été le parcours du combattant, c'est tombé dans leurs oreilles grâce à des amis qui les ont mis en relation, et en fait, ça s'est fait tout naturellement comme ça.

  • Speaker #0

    Donc, elle n'a pas eu de problème, entre guillemets, pour trouver une sage-femme qui pratiquait l'accouchement à domicile.

  • Speaker #1

    Non, tout s'est fait très simplement, finalement, très naturellement. Donc, ils ont eu de la chance aussi, finalement, à leur époque, d'avoir accès à cette information-là qui était, je pense, difficilement accessible, honnêtement, à cette époque-là, plus qu'aujourd'hui encore.

  • Speaker #0

    Et comment elle s'est préparée, en fait, à cette naissance qui, au final, était physiologique à l'époque, où peut-être les femmes aussi étaient dirigées, voire peut-être forcées, vers la péridurale, vers un milieu très hospitalier ?

  • Speaker #1

    Je sais que ma mère m'a dit qu'elle avait elle-même reçu la transmission de ses grands-mères. qui avait accouché à la maison parce qu'à l'époque c'était encore ce qui se faisait de manière courante en fait. C'était il n'y a pas si longtemps, on a l'impression que l'accouchement à l'hôpital c'est une norme qui n'est même pas remise en question mais c'est assez récent finalement. Donc ses propres grands-mères avaient accouché à la maison et elle lui avait transmis un témoignage assez positif en fait, assez succinct parce que les femmes de cet âge-là, à cette époque-là, on ne s'étendait pas sur les choses intimes. mais Elle avait transmis quelque chose d'assez positif. Et notamment, il y avait une expression que ma mère m'a transmise aussi, qui l'avait trappée. Elle disait à les grands-mères que la douleur de la décontraction, c'était le mal joli. Elle appelait ça comme ça. Je trouve ça chouette. Donc, elle avait eu cette transmission de ses propres grands-mères, en fait. Et sa mère avait accouché, elle, à l'hôpital. de manière plus ou moins traumatique d'ailleurs, mais je sais pas, ma mère avec son caractère, son tempérament, avait choisi de plutôt écouter la transmission des grands-mères. Elle avait gardé cette idée-là et donc voilà, c'était pour elle, ça correspondait à sa vision en fait des choses je pense.

  • Speaker #0

    Et tu penses qu'elle avait suivi une préparation à l'accouchement particulière ?

  • Speaker #1

    Elle a suivi, ah oui, avec sa sage-femme du coup. Elles se sont vues régulièrement pendant la grossesse. Je sais qu'elle était aussi inscrite à Bréthéché à l'époque, donc à l'hôpital, au cas où il y avait nécessité d'un transfert. Donc elle a fait sa préparation, je pense, avec des lectures. Elle disait qu'à l'époque, il y avait des films qui passaient au cinéma aussi. Il y avait des films sur des accouchements naturels, des choses comme ça. Donc il y avait quand même une information à ce niveau-là. Et voilà, elle a fait ça de manière... Mais sans plus, hein. Il n'y avait pas toutes les préparations à l'accouchement qu'il y a aujourd'hui, clairement. Je pense pas, en tout cas, elle m'en a pas parlé. Elle l'a fait tranquillement avec sa sage-femme et puis en s'écoutant, en écoutant ses sensations, en étant dans sa bulle, je pense, tout simplement, en ayant confiance en elle-même. Et puis, c'est tout. Et mon père était très impliqué aussi.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ce que j'allais te poser. Et la vision de ton papa, au final, comment c'était ?

  • Speaker #1

    Les deux, je ne sais même pas si ce n'est pas mon père qui a été le plus séduit au départ. Je ne sais pas. Non, je pense que les deux ont été très, très d'accord tout de suite, en fait. Et je pense que c'est important parce qu'effectivement, il y a pas mal de femmes qui seraient tentées par l'accouchement à domicile, mais les conjoints freinent un peu de temps en temps. Mais là, ce n'est pas le cas du tout. Ils se sont épaulés complètement. Ils étaient dans cette vision-là ensemble. Donc, ils ont vécu ça ensemble.

  • Speaker #0

    Du coup, quand tu es tombée enceinte de ta première fille, est-ce que ta mère t'a transmis ? Est-ce qu'elle t'a enseigné un petit peu avant ? Est-ce qu'elle-même t'a redonné encore des conseils supplémentaires ?

  • Speaker #1

    Non, en fait c'est plus dans le non-dit je pense, parce que ça n'a pas fait l'objet de plus de discussions que ça. Justement, le fait que ça soit quelque chose d'absolument naturel et de simple dans sa vie, je pense que grâce à ça elle m'a transmis une confiance énorme dans ma capacité à donner naissance. Ça s'est plus fait dans les non-lits, dans le fait que c'est comme ça, et puis c'est naturel, et c'est beau, et on est capable, et tout va bien. Il n'y avait pas de peur. On n'en a même pas parlé tant que ça. Mais c'était là quand même, la transmission était là, dans la façon d'être, je pense, et d'envisager les choses. Et dans leur propre exemple de vie, je pense que c'est ça qu'ils m'ont principalement transmis. C'est la force de faire ses propres choix. et de les assumer même s'ils sont hors normes en fait. Même si tu es en décalage, peu importe si tu es en ligne avec toi-même, tu le fais en toute responsabilité, en toute connaissance, tu fais tes choix et c'est OK. Je pense que c'est ça qu'ils ont transmis principalement.

  • Speaker #0

    Après, c'est vrai que c'est assez étonnant parce que nous, aujourd'hui, moi de mon côté, quand j'ai émis le souhait d'accoucher à la maison, là j'ai reçu un assaut de jugement. Donc pour toi, quelque chose qui était normal ? hormis ta famille autour de toi comment ça s'est passé ?

  • Speaker #1

    La naissance est un sujet forcément très intime et qui peut être rapidement sensible. La réaction des gens est partagée, je trouve il y a pas mal de curiosités, notamment chez les gens qui ne savent même pas que c'est une option possible, il y en a un certain nombre. Donc pas mal de curiosités. Il y a aussi souvent pas mal d'admiration sur fond de « ah mais comment tu as fait pour gérer la douleur ? » « comment tu as fait pour ne pas avoir peur surtout ? » de la responsabilité que ça induit aussi d'accoucher à domicile. Ça fait peur à plein de gens. Et puis, il y a ceux aussi qui sont très sceptiques, voire hostiles, qui considèrent que c'est un choix irresponsable, il y en a. Moi, j'en ai toujours parlé librement et globalement, j'ai toujours eu un retour positif ou en tout cas respectueux. C'est-à-dire que quelquefois, j'ai senti que les gens n'adhéraient pas forcément à ce projet où ils avaient des réserves, mais en tout cas, c'était mon choix et puis c'était respecté. Et quand je sens que c'est tendu en face ou qu'il n'y a pas de dialogue possible, tout simplement que chacun est sur ses positions et qu'il n'y a pas possibilité de vraiment parler, ce n'est pas grave, on passe à autre chose. Mais globalement, là aussi, peut-être que j'ai eu de la chance et pourtant j'en parle. J'en parle beaucoup, je veux dire, je ne suis pas militante sur le sujet, mais j'en parle beaucoup et facilement. Donc, je n'ai jamais eu de retour négatif.

  • Speaker #0

    Après, c'est vrai que comme tu as été induite dans ce schéma qui paraissait naturel, au final, je pense que tu as eu moins d'opinion rétractaire. À la différence de, je ne sais pas, une femme qui fait ce choix et dont... La mère, la grand-mère ont vécu que des grossesses traumatiques et ont survécu uniquement grâce à l'hôpital. Enfin, en tout cas, on sait de vision là. Donc, c'est vrai que disons que tu as été vraiment induite dans le positivisme de l'accouchement à domicile, dans le naturel.

  • Speaker #1

    En fait, je pense que peut-être que je dégageais un truc, j'étais tellement sûre de moi. Il n'y avait pas de doute, il n'y avait pas de place pour le doute. Je respecte qu'en face, il n'y ait pas la même vision des choses, mais en tout cas... Moi, la mienne ne peut pas être ébranlée, de toute façon. Donc, je pense peut-être que les gens le sentent aussi.

  • Speaker #0

    C'est assez impressionnant d'écouter aussi ton témoignage dans ce sens-là. Pour trouver une sage-femme, est-ce que ça a été aussi facile que ta mère ?

  • Speaker #1

    Oui, là aussi, je cumule les chances. J'ai la chance de vivre dans une région qui compte vraiment plusieurs sages-femmes qui font l'accouchement à domicile. Donc j'ai pas eu de mal à trouver et pourtant j'ai eu 3 sages-femmes différentes sur 4 accouchements. Et je connaissais pas toutes les sages-femmes à l'époque, quand j'étais enceinte de ma première. Je connaissais pas toutes les sages-femmes, je savais pas qu'il y en avait autant. En fait la sage-femme à qui j'ai accouché pour mes deux dernières pratiquait déjà quand j'ai eu ma première mais je le savais pas. J'avais pas eu son nom dans ma liste. Mais bon j'en ai trouvé une autre qui s'est avérée d'ailleurs. pas être disponible le jour de mon accouchement, finalement. Mais j'avais pressentiment ou je ne sais pas, parce qu'il n'y avait pas de raison, mais j'avais prévu un plan B au tout début de ma grossesse. Et donc, j'avais une autre sage-femme que j'étais prête à appeler au cas où, et le cas s'est présenté. Et heureusement, elle a été disponible. Mais donc, non, pas de difficulté à trouver de sage-femme non plus.

  • Speaker #0

    Ça fait comment pour trouver ces sages-femmes ?

  • Speaker #1

    Alors, par ma sœur. au départ parce que ma sœur aînée avait elle-même accouché à domicile avant et puis elle développait un réseau dans le milieu de l'AD. Donc j'ai profité de ses connaissances. Et puis aujourd'hui, on a accès par la PAV. Il y a des listes des sages-femmes qui font l'accouchement à domicile. C'est quand même assez facile d'y avoir accès. Après, malheureusement, il y a des régions dans lesquelles il n'y a pas de sages-femmes qui pratiquent l'AD. Mais ce n'est pas notre cas ici.

  • Speaker #0

    Et du coup, c'est la même sage-femme qui assistait à l'accouchement de ta sœur que toi ?

  • Speaker #1

    Oui, mon plan B, c'était la sage-femme qui était présente aux accouchements de ma sœur, qui était à la retraite à ce moment-là, mais qui a accepté que j'avais donc contacté en tout début de grossesse. Je lui ai dit, si jamais il y a besoin, est-ce que je peux t'appeler ? qu'on était... Dans une relation presque amicale, finalement, il y avait des liens qui s'étaient tissés depuis les naissances de mes neveux et nièces. Et donc, je lui avais demandé si je pouvais l'appeler si jamais il y avait besoin. Mais sans y imaginer que j'en aurais vraiment besoin. Et d'ailleurs, elle non plus n'imaginait pas que ce serait le cas. Mais elle m'avait répondu qu'évidemment, si elle était disponible, elle viendrait, mais qu'elle ne pouvait rien me promettre parce qu'elle avait un agenda très chargé. Donc, voilà, c'était... Un accord de principe, mais sans savoir si le jour J serait disponible. Et coup de chance, le jour J n'était pas disponible la veille. Elle n'était pas disponible le lendemain, mais elle a été disponible ce jour-là.

  • Speaker #0

    Et tu avais aussi fait tes inscriptions en mater ?

  • Speaker #1

    Oui, je me suis toujours inscrite à la maternité. Je pense que c'est nécessaire parce qu'effectivement, on ne sait jamais ce qui peut se passer malgré tout. Personnellement, je trouve idiot de se passer de la médicalisation alors que quand elle est nécessaire, elle est plus que la bienvenue. Merci la médicalisation quand il y en a besoin. Donc oui, j'étais inscrite à la maternité à chaque fois. Mais je n'ai jamais fait mon sac de maternité, par exemple.

  • Speaker #0

    Comment se sont déroulées, de manière générale, parce que raconter quatre accouchements, ça va être un peu long, mais dans la globalité, quels sont les éléments marquants ? de chaque accouchement et comment tu as vécu les choses ?

  • Speaker #1

    Alors, pour ma première, je dirais que c'était un accouchement pédagogique. Oui, c'est le mot que je mettrais. Ça a été un accouchement assez long, puisque j'ai eu les premières, toutes premières sensations de contraction le samedi, un peu avant minuit, et puis j'ai accouché le dimanche, un peu avant 20h. Mais je pense que c'est le temps dont j'avais besoin pour cheminer dans cette... dans cette naissance et puis passer des étapes petit à petit. Il y avait une sage femme, c'était Maïté Trélin je crois que j'avais entendu dire que c'était un petit peu, quand on accouchait, c'était un petit peu comme si on voulait rentrer dans une rivière et que bah il y a certaines femmes qui sont un peu frileuses, c'est mon cas, quand je rentre dans l'eau donc je mets un pouce, un orteil et puis je m'arrête aux chevilles et voilà. Et à un moment donné on plonge dans la rivière. Et voilà, j'ai pris mon temps pour plonger dans la rivière, ce premier accouchement. Mais je pense que c'est ce dont j'avais besoin et ça s'est très très bien passé. Il n'y a rien qui est venu être trop fort pour moi en fait. Il n'y a aucune sensation qui a été trop forte pour moi, qui m'a dépassée sur cet accouchement-là. Ça s'est fait vraiment de manière douce et progressive. Donc c'était hyper chouette comme première expérience d'accouchement. Honnêtement, je n'aurais pas pu rêver mieux, je pense. Et voilà, elle est arrivée. Il y a la sage-femme disponible au dernier moment, qui est arrivée, je crois, vers 19h, donc 40 minutes avant la naissance de ma team. Au moment où moi, je sentais qu'il y avait besoin, où mon mari avait besoin d'un petit soutien, et puis où moi aussi, ça me faisait du bien d'être un petit peu guidée, peut-être, ou soutenue, d'avoir la présence de la sage-femme. En tout cas, ça m'a fait beaucoup de bien à ce moment-là. Avant, je n'en avais pas ressenti le besoin, mais elle est arrivée au moment où il fallait. Et puis voilà, tout s'est très très bien passé. Ça a été une... Je pense comme toutes les premières expériences, c'est toujours un peu particulier. Ça a un goût toujours un peu particulier. C'était extraordinaire de découvrir ce bébé, d'être maman pour la première fois, et puis mon mari papa. Enfin voilà, c'était quelque chose d'assez... et de très très beau, d'incroyable. C'est une expérience incroyable. Ensuite, ma deuxième... Rien à voir entre guillemets, rien à voir. Il y a toujours des lignes de fond qui sont communes. Mais je trouve que chaque accouchement correspond en plus au caractère de l'enfant. Après, c'est marrant, ça. Donc, ma deuxième, un accouchement un peu moins long. En fait, beaucoup moins long, parce que toute la phase de latence, disons, a duré aussi quelques heures. Mais ensuite, ça s'est précipité d'un coup. En fait, le dur du travail s'est fait en deux heures. Donc, ça a été quand même assez intense. Et là, pour le coup... Là, pour le coup, j'ai été dans des sensations où j'ai dit « Oula ! » Je me suis sentie dépassée par la puissance du corps qui travaille. Je me suis dit « Mais comment c'est possible ? » Cette sensation de vraiment comprendre que tu ne maîtrises rien à ce moment-là, c'est plus fort que toi. Et ça, c'est vraiment ce que j'ai ressenti avec cette naissance-là, qui a été finalement assez rapide, et qui est arrivée alors que la sage-femme, d'ailleurs, ma fille est arrivée, la sage-femme n'était pas encore là. Ce qui n'est peut-être pas intéressant, je n'étais pas très à l'aise avec cette sage-femme-là. Donc, je me dis aussi, voilà, elle est arrivée après, pour le postpartum immédiat, direct, pour gérer l'après-naissance. Mais voilà, j'ai mis au monde ma fille toute seule et c'était bien comme ça, je pense. Enfin, toute seule. Il y avait ma mère qui était présente. En fait, je l'avais appelée pour garder ma fille aînée, forcément. Mon mari était parti au travail. Je lui avais dit, parce que je pensais à un accouchement aussi long pour mon aîné, donc je lui ai dit, écoute, tu pars au travail, et puis si ça se trouve, de toute façon, on ne verra pas bébé avant ce soir, donc je lui ai dit de partir. Et donc j'avais appelé ma mère pour garder ma fille aînée. Et puis finalement, les choses se sont un peu précipitées, mon mari a fini par revenir, mais c'est ma mère qui était présente pour accueillir ma deuxième fille, c'était elle qui l'a accueillie, parce que la sage-femme n'était pas là. Donc ça, c'était un peu incroyable aussi comme partage, finalement. que ce soit ma mère qui assiste à mon accouchement et qui prenne la première quasiment dans les bras, ma seconde fille. Je pense que pour elle, ça a été un moment assez fort aussi. Voilà, ensuite le troisième accouchement, pour moi c'est l'accouchement, c'est presque un accomplissement pour moi, en termes d'accouchement, parce que j'ai vraiment... Autant sur les deux premiers, j'ai géré les contractions, autant là j'ai réussi à vraiment les accepter. Et je me suis retrouvée dans un ballet d'amour et de douceur avec mon bébé que je n'avais pas connu pour les deux premiers, même si ça s'était très bien passé et que c'était incroyable. J'ai vraiment vécu une autre expérience quand même avec ma petite troisième. Donc voilà, j'en garde un souvenir impérissable, ému, une sorte d'accomplissement que j'ai réussi quelque chose, mais parce que je l'avais voulu aussi. Je pense que je m'étais préparée pour cette naissance-là, dans cette perspective-là. J'étais dans cette idée de me dire, mais on a mal au niveau des contractions, parce qu'on se dit que ça fait mal en fait. Ce n'est pas une obligation, on peut le vivre autrement. Donc vraiment, j'avais fait pas mal de lectures dans ce sens-là, et j'avais travaillé entre guillemets dans ce sens-là, et donc j'y suis parvenue. C'était vraiment le fait de pouvoir réaliser l'idée que j'avais cette fois-ci. Ce qui n'était pas le cas pour mes deux premières. J'y suis allée pour mes deux premières vraiment quasi sans préparation, comme ça quoi, sans me poser trop de questions. Et donc, pour cette troisième, en revanche, je m'y suis plus préparée. Et j'ai réussi ce que j'avais en tête de faire, et donc de vivre un accouchement tout en douceur, où le mot douleur n'a pas sa place en fait. Je ne peux pas mettre le mot douleur sur les sensations que j'ai vécues à ce moment-là. C'est des sensations fortes, des sensations puissantes. mais pas de douleur. Donc, c'était mon objectif sur cet accouchement-là. Donc, j'étais contente d'y arriver et c'était un moment extraordinaire. Et puis, ma petite dernière, peut-être le plus rapide de mes accouchements, pour le coup. Et alors là, ça s'est fait de manière très simple, très facile. Pourtant, j'avais des contractions non-stop. Je n'avais pas beaucoup de répit, franchement, entre les contractions. Finalement, sauf l'expulsion, ça, je n'ai pas aimé. Je ne sais pas pourquoi. En fait, sur cet accouchement-là, je me suis presque fait mon propre copain. J'ai essayé des trucs. Je me suis dit, tiens, c'est la dernière. Peut-être cette position-là, je vais l'essayer. Non, ça ne le fait pas. J'étais presque spectatrice de mon propre accouchement en me disant, tiens, comme c'est la dernière fois que j'accouche, il y a quand même des trucs, je vais les essayer. Voilà, donc quand même une grande facilité dans cet accouchement-là, entre guillemets. Tout s'est toujours très bien passé pour ces quatre naissances.

  • Speaker #0

    Alors moi, j'ai eu la chance de lire les récits de tes enfants premiers qui m'ont beaucoup émue. C'est toujours assez intense pour moi de lire les récits des femmes que j'interview avant de les voir en vrai. L'impression que j'ai eue pour Rose, donc ta troisième, c'est que tu te préparais plus à ce que ce soit ton dernier accouchement. En plus, vu l'écart d'âge, du coup, est-ce qu'au final, comme tu dis, ce dernier accouchement qui était au final un peu ton laboratoire de l'accouchement à domicile ? Tu l'as plus préparée ou tu y allais en mode « Allez, go, on y va, on va essayer plein de choses. »

  • Speaker #1

    Alors non, celui que j'ai le plus préparé, c'est celui de ma petite troisième, qui était censé effectivement être le dernier. Ma petite quatrième étant une belle surprise de la vie. Ce n'était pas prévu. Donc non, de mes quatre accouchements, celui que j'ai vraiment le plus préparé, c'est celui de Rose, donc ma troisième. Pour Diane... En réalité, avec déjà trois enfants, l'école à la maison, la musique, j'étais extrêmement chargée pour le coup, dans une vie déjà très très chargée. Et donc, j'ai fait de la place pour cette grossesse, mais il y en avait moins que pour les précédentes quand même. Et puis, comme j'avais vraiment préparé effectivement cette troisième grossesse, troisième accouchement, je n'ai pas senti la nécessité d'aller au-delà de cette préparation que j'avais déjà eue. En fait, je pensais bénéficier. du travail que j'avais fait pour Rose, en fait, pour ma troisième. Je n'ai pas ressenti le besoin de me repréparer plus que ça pour la dernière.

  • Speaker #0

    Alors, après ces accouchements à la maison, comment tu as abordé le postpartum ? Parce qu'on n'est pas non plus préparé à un postpartum à la maison. C'est vrai qu'on est plus préparé à être accompagné à l'hôpital, prise en main, mais à la maison, qui est-ce qui t'a suivi ?

  • Speaker #1

    Ouais et même de manière générale je trouve que souvent les femmes se préparent assez peu au postpartum. Souvent c'est ce que je dis aux nouvelles futures mamans qui sont hyper focus sur la grossesse et l'accouchement. Et j'essaye toujours de glisser un truc sur le postpartum parce que ça va pas toujours de soi. En l'occurrence pour ma première... Le postpartum direct, les premières heures après la naissance, ça a toujours été cette bulle incroyable de bonheur, d'amour. C'est une bulle qu'on retrouve nulle part ailleurs dans sa vie. Je pense que c'est assez incroyable, ces moments-là suspendus. Après, pour ma fille aînée, au troisième, quatrième jour, je ne sais plus trop, mais c'est assez classique, j'ai eu comme un coup de mou sur un après-midi où clairement plus rien n'allait. Ça s'est concentré sur deux heures où j'étais censée faire la sieste. Il y avait mon bébé à côté de moi qui dormait. Il y avait ma mère et ma sœur dans les pièces à côté qui s'occupaient de la maison. Et moi, j'étais censée dormir avec mon bébé. Je ne dormais pas du tout. J'ai pleuré. Toutes les larmes que j'avais dans mon corps, ça n'allait plus. Je regardais mon bébé. Je ne savais même plus pourquoi j'avais fait un bébé. Enfin, voilà, plus rien n'allait. Donc, ça a été très concentré sur deux heures. J'ai eu de la chance. Mais voilà, je me sentais... handicapé dans mon corps alors que c'est pas une sensation que j'avais eu même jusqu'au bout de ma grossesse j'avais mal dans le bassin j'avais mal dans le dos j'avais mal au sein avec une montée de lait qui est impressionnante pour la première enfin voilà j'étais fatigué voilà ça n'allait plus je me retenais c'est plus et la chute des hormones aussi je pense à jouer son rôle à ce moment là enfin voilà donc il ya eu deux heures de pleurs et de Je me sentais perdue, quoi. Et j'avais l'impression, vraiment, d'avoir fait un mauvais choix. Je me suis dit, mais pourquoi j'ai fait un enfant ? C'était vraiment terrible, quoi. J'ai eu cette chance d'avoir, effectivement, ma mère et ma sœur, que j'ai fini par rejoindre, qui m'ont redonné un shoot d'amour, qui m'ont fait... Voilà, ça m'a fait remonter direct, en fait. Et puis, c'est passé comme ça. Et je n'ai plus eu d'épisode de cette sorte-là ensuite. J'ai mis un petit peu de temps à me remettre physiquement, malgré un accouchement physio, sans déchirure, sans rien. Tout s'était bien passé, mais pour autant, c'est quand même une épreuve pour le corps. C'est pas rien, notamment le premier. Et donc j'ai mis un petit peu de temps à me remettre physiquement, ce à quoi je ne m'attendais pas, parce qu'effectivement, je m'étais moi non plus pas assez préparée. postpartum et donc et en plus j'avais eu le mois l'expérience de ma mère et ma soeur qui courait le 500 m quasiment deux heures après donc moi je pensais que ce serait pareil et ben non moi je courais pas comme un lapin vrai clairement et j'ai mis un petit peu de temps avant de me retrouver un peu bien dans mon corps fois là maintenant j'ai eu la chance de pouvoir rester à la maison autant que je voulais mon allaitement s'est bien passé j'ai pas eu de douleur spécifiquement pour ma première enfin voilà donc tout s'est bien passé donc finalement à part ces deux petites heures, c'est tout ce que j'ai eu en termes de postpartum un peu difficile pour ma fille aînée. Pour mes numéro 2 et numéro 3, du coup pas du tout parce que là le passage était fait entre guillemets et donc j'ai récupéré très vite, je me suis sentie très bien, même un peu trop d'ailleurs parce que j'ai pas... j'aurais dû me reposer un petit peu plus je pense mais j'ai repris tout en main très vite et je me suis bien promis pour la quatrième de ne pas le faire d'ailleurs parce que ça en sont suivis quelques problèmes de dos assez conséquents, des choses comme ça, bon. Pour les numéros 2 et 3, postpartum, impeccable. Tout s'est très bien passé, les allaitements aussi, je me sentais bien dans mon corps, tout allait bien. Je n'ai même pas eu ce petit coup de blues momentané. Et pour la quatrième, comme c'était quand même une grossesse qui était déjà marquée par un peu plus de fatigue, de l'anémie, j'étais déjà à charge de trois enfants, il y avait un contexte, mon mari était en reconversion, c'était difficile. donc Le postpartum, ce n'est pas aussi bien passé, notamment à cause de l'allaitement. L'allaitement a été compliqué. Diane, à 15 jours de vie, commençait à avoir un poids qui était quand même alertant. Donc, j'ai dû faire appel à une consultante en lactation qui a repris les choses en main avec moi. Ça s'est heureusement assez vite rétabli, mais il a fallu quand même être Ausha à la pipette. Ça a été compliqué quand même. Donc un postpartum pour ma dernière qui a été quand même marqué par un début d'allaitement très très difficile quand même, avec un allaitement qui était potentiellement remis en question. Moi physiquement ça allait, fatiguée, mais je me suis bien remise quand même assez rapidement aussi de la grossesse et de l'accouchement. En sachant que j'ai aussi eu la chance à chaque fois d'être très entourée, mon mari a toujours été là au moins un mois après mes accouchements. Malheureusement, toutes les femmes ne bénéficient pas de cette présence-là non plus. Et c'est précieux. Plus ma mère, mes parents, ma sœur qui m'ont toujours entourée aussi. Je n'ai jamais été seule. Toujours entourée d'amour. Donc, je pense que ça participe au postpartum qui se passe bien.

  • Speaker #0

    Et tout le monde venait te voir à la maison juste après tes accouchements ? Ou ils attendaient un peu ? Ou du fait que tu étais à la maison ?

  • Speaker #1

    Oui. Ils étaient prêts à respecter nos souhaits. Donc, en l'occurrence, nous, on a toujours appelé nos parents respectifs juste après la naissance. Et ils sont toujours passés dans les deux, trois heures qui ont suivi. Mais c'était vraiment un souhait de notre part. Et puis, moi, j'étais très, très heureuse de leur présence à ce moment-là. En sachant qu'ils seraient de toute façon respectueux, qu'ils ne resteraient pas trois heures. Et puis, c'était un moment d'amour partagé. En fait, moi, c'était vraiment un plaisir. Après, pour ma sœur aussi, mais pour les amis, on a... C'est nous qui avons décidé et tout le monde a respecté ça. Et la famille, quand elle était là, c'était pour aider. Donc ça s'est bien passé aussi à ce niveau-là.

  • Speaker #0

    Et toi qui avais une vision, donc, voilà, j'accouche à la maison, c'est comme ça, c'est normal. Du côté de ta belle famille, c'était comment ? Pas du tout dans cette idée-là au départ. D'ailleurs, je pense que ma belle-mère n'y a pas cru, en fait. Je pense qu'elle s'est dit, c'est une idée comme ça, mais en fait, ils vont finir à l'hôpital comme tout le monde, et puis c'est tout, quoi. Et je pense qu'elle a été assez surprise, mais assez positivement surprise, finalement, quand elle est arrivée à la naissance de Mathilde et qu'elle l'a découverte dans cet environnement-là, qui est quand même... C'est pas l'hôpital, c'est pas froid, c'était... C'était hyper chaleureux, c'était un cocon, cette ambiance de la naissance à domicile qui est vraiment particulière. Et donc je pense qu'elle a été assez touchée par ça, assez admirative aussi finalement que ça se soit vraiment déroulé comme ça, que ce soit bien déroulé. Elle-même n'avait pas du tout... Elle, elle a eu deux césariennes pour ses deux enfants. Donc voilà, on est sur deux options très différentes. Donc je pense qu'elle a eu peur. Elle a eu peur et puis elle a vu que ça s'est très bien passé. Donc après, pour les deux, trois, quatre, c'était bon. Pour la première, il y a eu une appréhension. Je pense qu'elle n'y a pas trop cru. Et puis bon, comme ça, c'est fait. Après, c'était bon.

  • Speaker #1

    C'est vraiment bien, en fait, que tu aies vraiment été dans un univers bienveillant. Et aujourd'hui, toi, c'est quoi ta vision des choses face aux femmes qui accouchent en structure hospitalière ?

  • Speaker #0

    Moi, je trouve que c'est elles les guerrières, en fait. On a tendance à dire que ce sont les femmes qui accouchent à domicile qui sont des guerrières. Moi, je ne trouve pas. Honnêtement, je trouve qu'elles ont un courage fou d'aller accoucher à l'hôpital. Moi, c'est comme ça que je vois les choses. Elles savent qu'elles vont rentrer dans un univers où il y a des protocoles qui, a priori, peuvent les mener à être blessées, même dans leur chair. Je veux dire, c'est... Voilà, pour moi, ce sont elles les guerrières, clairement. Donc, il y a beaucoup... de femmes qui vivent leur accouchement dans des conditions très médicalisées alors que c'est pas ce qu'elles souhaitaient, c'était pas leur projet de naissance alors il y en a qui se sentent rassurées dans ce milieu là et qui se sentent hyper bien accompagnées et puis c'est top et tant mieux mais il y en a quand même beaucoup en tout cas un nombre non négligeable clairement qui en ressortent frustrées ou blessées encore une fois même dans leur chair quoi moi je trouve que c'est problématique en tout cas Moi, c'est ce qui m'a fait donner l'envie de devenir doula. Je suis actuellement en formation pour être doula. Parce qu'effectivement, entre ma première expérience de maternité et les témoignages que je recevais des différentes femmes qui pouvaient m'entourer, que ce soit des cousines, voisines, amies, je me suis dit qu'il y a un truc qui ne va pas, un truc qui ne colle pas. Et j'entendais souvent quand même des femmes qui n'étaient pas écoutées, pas respectées, qui étaient infantilisées. C'était quand même pas hyper positif dans l'ensemble. Et même quelques fois des femmes qui ne remettaient même pas ça en question, qui trouvaient que c'était normal finalement que ça se passe comme ça. Moi je pense qu'il y a quand même la nécessité de questionner le monde de la naissance en France. Je pense qu'on peut faire beaucoup mieux et je pense qu'il faut vraiment pouvoir proposer autre chose aux femmes. D'où l'idée de témoigner aussi, de simplement savoir qu'accoucher autrement est possible, ça ouvre une voie. Je pense qu'il y a beaucoup de femmes qui accouchent en structure et qui sont insatisfaites de leur accouchement. D'ailleurs, il y a une étude du CIEAN qui a été faite entre 2016 et 2021, sur 8500 femmes, et quand même les résultats révèlent un souci. Je ne sais plus c'était quoi, il y avait une femme sur trois qui se sent seule en postpartum. La majorité des femmes pour qui leur accouchement n'a pas correspondu à ce à quoi elles s'attendaient. Et puis, 39% des femmes qui ne se sont pas senties respectées pendant la grossesse. C'était ça, je crois, les conclusions de cette étude. Donc, ça fait réfléchir. Je pense qu'il y a du travail pour informer les femmes, pour ouvrir la voie à d'autres façons de faire. En France, ça se passe comme ça, mais si on ouvre les yeux... sur d'autres pays, on voit qu'il y a d'autres visions possibles, y compris en structure. Voilà, d'autres façons de faire possibles. Donc oui, ma vision des femmes face à l'accouchement en structure, c'est ça, c'est des guerrières, mais je préférerais qu'elles ne le soient pas. Je préférerais qu'elles puissent accoucher comme elles le souhaitent, y compris en structure. En tout cas, c'était mon objectif en tant que doula.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, toi, avec tes quatre filles, comment tu abordes leur futur en tant que femme, en tant que potentielle mère ?

  • Speaker #0

    J'espère que vous avez aimé cette vidéo. forcément leur transmettre ce qui m'a été donné aussi en termes de maternité et de féminité et de rapport au corps et comme je le disais en tout début aussi cette notion que dans ta vie tu dois réfléchir, tu dois faire tes choix tes propres choix de manière éclairée même si ça sort du cadre en tant que femme j'espère que Euh... Je vais leur transmettre ça. Je leur ai déjà transmis ça de manière implicite par leur naissance, leur manière d'être née. J'espère que ça leur donne quelques clés pour pouvoir être des femmes libres, tout simplement.

  • Speaker #1

    Je suis curieuse aussi un peu, parce que je me pose la question comment tu as expliqué à Mathilde et à Inès les naissances à la maison de ta 3 et ta 4. Parce qu'au final, elles étaient vraiment en âge de conscientiser.

  • Speaker #0

    Eh ben, je pense que j'ai fait un peu comme ma mère, c'est-à-dire qu'il n'y a même pas eu spécialement de discussion, ça n'a presque pas été un sujet. Mais en fait, comme on était toujours ensemble, comme je disais, on a fait l'école à la maison, donc elles ont vécu avec moi la grossesse, en fait. Il y a une chose que j'ai faite, c'était de leur... je ne sais plus quel documentaire c'était, je leur avais montré un petit documentaire quand même, dans l'idée, si jamais elles étaient présentes le jour J, qu'elles ne soient pas. pas effrayée si je devais m'exprimer de manière un peu forte. Mais je pense qu'elles sont tellement dans ce bain-là, comme je l'étais, qu'il y a presque... En tout cas, je ne ressens pas la nécessité d'en faire un sujet très spécialement et d'en discuter, d'avoir des conversations autour de ça. Si jamais elles ont des questions à poser, elles savent qu'elles peuvent le faire et j'y répondrai, c'est ouvert. Maintenant, si elles n'ont pas... pas de curiosité. C'est la vie, en fait. C'est comme ça. Et je pense que c'est beaucoup d'implicite.

  • Speaker #1

    Tu t'es pas dit que c'est un sujet que tu vas vraiment amener sur la table pour échanger avec elle. Non, c'était naturel.

  • Speaker #0

    Ouais, non, pas spécialement. Et elles étaient présentes, pour le coup, pour la naissance d'Inès. Mathilde était avec mes parents et quand j'ai commencé à m'exprimer un petit peu sur la fin à l'expulsion, mon père l'a emmenée dehors. Donc, voilà. Pour la naissance de Rose, elles étaient aussi avec mes parents, parce que j'en avais ressenti le besoin. Clairement, mon travail n'avançait pas tant que mes filles étaient là, donc je les ai envoyées ailleurs. Et là, par miracle, le travail a commencé à avancer. Mais par contre, pour la naissance de Diane, elles sont restées. C'est la première fois que j'avais les filles présentes, le jour de mon accouchement, et ça s'est très bien passé. Il y a juste eu un moment où j'avais les trois plantées devant moi, en train de me regarder comme ça. Là, je dis, non, ça ne va pas être possible. Elles ont vaqué à leurs occupations, elles sont allées dans la chambre. Elles se sont faites très discrètes. Et elles étaient surtout très heureuses d'arriver dès les premiers cris de leur sœur. Je pense que quand elles en parlent, c'est un moment fort de leur vie.

  • Speaker #1

    Mais du coup, elles t'ont vu vraiment, elles t'ont plus au pique, on va dire, de l'accouchement. Et ça ne les a pas effrayées ?

  • Speaker #0

    Non. Après, je n'ai toujours été assez discrète. À chaque fois, je me suis exprimée au moment de l'expression. expulsion, mais voilà. Et d'ailleurs, j'ai peut-être fait deux, trois cris, mais c'est tout, quoi. Donc, c'était pas non plus... Non, non, elles m'ont vu marcher, souffler un peu, mais c'est tout, en fait. Rien d'impressionnant. Et du coup, je pense que si ça, ça renvoie à quelque chose d'assez simple, c'est pas une épreuve... Enfin, en tout cas, pour moi, ça n'a pas été une épreuve avec des douleurs. Non, elles m'ont pas vue dans cet état-là, quoi. C'est sûr que... Elles ont... plutôt une image qui est véhiculée de quelque chose d'assez simple et facile, naturel. Je pense que la transmission, elle se fait peut-être plus comme ça. Elles savent qu'elles ont une maman qui est quand même passionnée de ce sujet-là, donc elles auront toujours mon soutien quoi qu'il arrive.

  • Speaker #1

    Merci pour ce partage. Merci d'avoir écouté le témoignage d'Élise. Nous vous retrouvons, comme d'habitude, le mois prochain pour un nouvel épisode. Merci pour votre écoute. à bientôt et abonnez-vous

Description

C'est le Onzième épisode !


Bienvenue dans Parlons Naissance : le podcast imaginé par notre association le CDAAD : Collectif de Défense de l’Accouchement Accompagné à domicile.


Vous pouvez nous retrouver sur le site du CDAAD et y découvrir également une section témoignages au format écrit, avec des récits d'AAD concrétisé ou non, mais surtout qui sont propres à chaque femme et qui ont tous pris des chemins différents.


Dans l’épisode d’aujourd’hui, nous recevons Elise que j'ai contacté afin qu'elle nous partage, ses quatre projets d'AAD qui étaient une évidence pour elle. Elle ne s'est jamais imaginée accoucher autrement, car elle-même issue d'une naissance à domicile.


Elle nous raconte comment ses 4 accouchements se sont parfaitement déroulés. Chaque naissance a été douce, puissante et belle.

Cette magnifique interview nous montre aussi avec quelle assurance Elise a su mener à bien ses accouchements. Elle nous raconte ces moments si beaux, si puissants, qui vont au cœur et à l’essentiel. Ils sont extra-ordinaires et en même temps si simples!


Merci à tous et toutes pour vos écoutes et vos partages.


N’hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé en commentaire, et rendez-vous pour un nouvel épisode le mois prochain.


ABONNEZ-VOUS !


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Parlons Naissance. Je suis Katia, maman de deux enfants, dont un né à la maison, en plein milieu du salon. Je vous parle aujourd'hui au nom du CDAAD, dans lequel je suis engagée, soit le collectif de défense de l'accouchement accompagné à domicile. Nous sommes des parents, des coparents, des familles, qui soutenons l'accès au libre choix de mode d'accouchement. Nous avons réalisé des enquêtes sur le vécu des femmes sur les familles, portant ou ayant porté Un projet d'AAD. Ce podcast vise à vous informer et à démystifier l'accouchement à domicile. Nous ne sommes pas folles, nous ne sommes pas sorcières, nous ne sommes pas inconscientes. Nous avons juste souhaité donner vie à nos enfants dans un lieu sécuritaire, calme, physiologique et confortable. L'AAD peut concerner l'ensemble des femmes en bonne santé et c'est pourquoi aujourd'hui, nous sommes dans l'optique de partager les témoignages que nous avons collectés. Aujourd'hui, nous accueillons... Élise qui va nous partager son témoignage vers ses quatre accouchements à domicile. Bonjour Élise, comment vas-tu ?

  • Speaker #1

    Bonjour, je vais très bien. Merci de me permettre de partager mes expériences d'accouchement à domicile. C'est un plaisir pour moi.

  • Speaker #0

    En quelques mots, peux-tu te présenter ? Combien tu as d'enfants ? D'où tu viens ?

  • Speaker #1

    Alors, je m'appelle Élise, j'ai presque 40 ans, j'habite à Nantes, en Loire-Atlantique. Et j'ai quatre enfants, quatre filles qui sont nées en 2012, 2014, 2016 et 2023 et qui sont toutes nées à la maison.

  • Speaker #0

    Donc en fait, aujourd'hui, tu vas nous partager un peu ton cheminement vers ces accoutements à domicile. Et donc, à quel moment, en gros, tu t'es préparée à cet accoutement à domicile ? À quel moment tu as fait ce choix ?

  • Speaker #1

    En réalité, ça a toujours été une évidence. Ça n'a presque pas été un choix. Enfin, ce n'est pas un choix que j'ai questionné, en fait. Puisque les femmes dans mon entourage ont majoritairement accouché à domicile, dont ma mère et ma sœur avant moi. Donc, en fait, le choix de rupture, ça aurait été d'accoucher à l'hôpital pour moi. Donc, c'était une évidence. Je pense que je n'ai même pas pensé deux secondes, même pas une seconde, d'accoucher à l'hôpital. Ça ne m'a même pas traversé l'esprit en réalité.

  • Speaker #0

    Et donc dans cette démarche qui peut être en finale pour certaines un peu atypique, comment elle-même, ta mère, est venue accoucher à la maison à cette époque-là ?

  • Speaker #1

    Alors c'est sûr qu'il y a 40 ou 50 ans, l'accouchement à domicile, je pense... Alors je ne sais pas s'il était plus marginal, parce qu'honnêtement aujourd'hui c'est moins d'un pour cent des naissances, donc je ne sais pas si on peut faire plus marginal que ça. Mais c'était quand même peut-être plus méconnu qu'aujourd'hui. Donc, effectivement, pour que l'information soit arrivée jusqu'à leurs oreilles, c'est un peu incroyable, mais ils avaient la chance d'avoir des amis un peu en marge, avec des idées peut-être un peu alternatives, et qui leur ont parlé de cette option-là, en fait, quand ma mère est tombée enceinte, et qui les ont mis en relation, d'ailleurs, avec une sage-femme, qui s'appelait Andrée Javayon, qui a été la sage-femme qui a suivi ma mère pour ma sœur, et puis, six ans et demi plus tard, pour moi, et qui a été dans nos vies, d'ailleurs, jusqu'à sa mort. qui est une personne importante dans nos vies à tous. Et voilà, ce choix, cette idée qu'ils ont entendue grâce à leurs amis, il n'aura plus tout de suite. Je pense que ça correspondait vraiment à leur désir de liberté, à leur besoin aussi d'être acteurs et puis créateurs de leur vie. Et ça correspondait aussi, je pense, à la vision qu'ils avaient du respect de la vie et des conditions. ou de l'environnement nécessaire pour accueillir un enfant. En tout cas, ça leur a tout de suite parlé, clairement, et à partir du moment où ils ont rencontré cette sage-femme, il n'a plus été question pour eux d'accoucher à l'hôpital. C'est clair, ça n'a plus été une option. Ça s'est fait assez naturellement et assez facilement pour eux aussi. Ça n'a pas été le parcours du combattant, c'est tombé dans leurs oreilles grâce à des amis qui les ont mis en relation, et en fait, ça s'est fait tout naturellement comme ça.

  • Speaker #0

    Donc, elle n'a pas eu de problème, entre guillemets, pour trouver une sage-femme qui pratiquait l'accouchement à domicile.

  • Speaker #1

    Non, tout s'est fait très simplement, finalement, très naturellement. Donc, ils ont eu de la chance aussi, finalement, à leur époque, d'avoir accès à cette information-là qui était, je pense, difficilement accessible, honnêtement, à cette époque-là, plus qu'aujourd'hui encore.

  • Speaker #0

    Et comment elle s'est préparée, en fait, à cette naissance qui, au final, était physiologique à l'époque, où peut-être les femmes aussi étaient dirigées, voire peut-être forcées, vers la péridurale, vers un milieu très hospitalier ?

  • Speaker #1

    Je sais que ma mère m'a dit qu'elle avait elle-même reçu la transmission de ses grands-mères. qui avait accouché à la maison parce qu'à l'époque c'était encore ce qui se faisait de manière courante en fait. C'était il n'y a pas si longtemps, on a l'impression que l'accouchement à l'hôpital c'est une norme qui n'est même pas remise en question mais c'est assez récent finalement. Donc ses propres grands-mères avaient accouché à la maison et elle lui avait transmis un témoignage assez positif en fait, assez succinct parce que les femmes de cet âge-là, à cette époque-là, on ne s'étendait pas sur les choses intimes. mais Elle avait transmis quelque chose d'assez positif. Et notamment, il y avait une expression que ma mère m'a transmise aussi, qui l'avait trappée. Elle disait à les grands-mères que la douleur de la décontraction, c'était le mal joli. Elle appelait ça comme ça. Je trouve ça chouette. Donc, elle avait eu cette transmission de ses propres grands-mères, en fait. Et sa mère avait accouché, elle, à l'hôpital. de manière plus ou moins traumatique d'ailleurs, mais je sais pas, ma mère avec son caractère, son tempérament, avait choisi de plutôt écouter la transmission des grands-mères. Elle avait gardé cette idée-là et donc voilà, c'était pour elle, ça correspondait à sa vision en fait des choses je pense.

  • Speaker #0

    Et tu penses qu'elle avait suivi une préparation à l'accouchement particulière ?

  • Speaker #1

    Elle a suivi, ah oui, avec sa sage-femme du coup. Elles se sont vues régulièrement pendant la grossesse. Je sais qu'elle était aussi inscrite à Bréthéché à l'époque, donc à l'hôpital, au cas où il y avait nécessité d'un transfert. Donc elle a fait sa préparation, je pense, avec des lectures. Elle disait qu'à l'époque, il y avait des films qui passaient au cinéma aussi. Il y avait des films sur des accouchements naturels, des choses comme ça. Donc il y avait quand même une information à ce niveau-là. Et voilà, elle a fait ça de manière... Mais sans plus, hein. Il n'y avait pas toutes les préparations à l'accouchement qu'il y a aujourd'hui, clairement. Je pense pas, en tout cas, elle m'en a pas parlé. Elle l'a fait tranquillement avec sa sage-femme et puis en s'écoutant, en écoutant ses sensations, en étant dans sa bulle, je pense, tout simplement, en ayant confiance en elle-même. Et puis, c'est tout. Et mon père était très impliqué aussi.

  • Speaker #0

    Oui, c'est ce que j'allais te poser. Et la vision de ton papa, au final, comment c'était ?

  • Speaker #1

    Les deux, je ne sais même pas si ce n'est pas mon père qui a été le plus séduit au départ. Je ne sais pas. Non, je pense que les deux ont été très, très d'accord tout de suite, en fait. Et je pense que c'est important parce qu'effectivement, il y a pas mal de femmes qui seraient tentées par l'accouchement à domicile, mais les conjoints freinent un peu de temps en temps. Mais là, ce n'est pas le cas du tout. Ils se sont épaulés complètement. Ils étaient dans cette vision-là ensemble. Donc, ils ont vécu ça ensemble.

  • Speaker #0

    Du coup, quand tu es tombée enceinte de ta première fille, est-ce que ta mère t'a transmis ? Est-ce qu'elle t'a enseigné un petit peu avant ? Est-ce qu'elle-même t'a redonné encore des conseils supplémentaires ?

  • Speaker #1

    Non, en fait c'est plus dans le non-dit je pense, parce que ça n'a pas fait l'objet de plus de discussions que ça. Justement, le fait que ça soit quelque chose d'absolument naturel et de simple dans sa vie, je pense que grâce à ça elle m'a transmis une confiance énorme dans ma capacité à donner naissance. Ça s'est plus fait dans les non-lits, dans le fait que c'est comme ça, et puis c'est naturel, et c'est beau, et on est capable, et tout va bien. Il n'y avait pas de peur. On n'en a même pas parlé tant que ça. Mais c'était là quand même, la transmission était là, dans la façon d'être, je pense, et d'envisager les choses. Et dans leur propre exemple de vie, je pense que c'est ça qu'ils m'ont principalement transmis. C'est la force de faire ses propres choix. et de les assumer même s'ils sont hors normes en fait. Même si tu es en décalage, peu importe si tu es en ligne avec toi-même, tu le fais en toute responsabilité, en toute connaissance, tu fais tes choix et c'est OK. Je pense que c'est ça qu'ils ont transmis principalement.

  • Speaker #0

    Après, c'est vrai que c'est assez étonnant parce que nous, aujourd'hui, moi de mon côté, quand j'ai émis le souhait d'accoucher à la maison, là j'ai reçu un assaut de jugement. Donc pour toi, quelque chose qui était normal ? hormis ta famille autour de toi comment ça s'est passé ?

  • Speaker #1

    La naissance est un sujet forcément très intime et qui peut être rapidement sensible. La réaction des gens est partagée, je trouve il y a pas mal de curiosités, notamment chez les gens qui ne savent même pas que c'est une option possible, il y en a un certain nombre. Donc pas mal de curiosités. Il y a aussi souvent pas mal d'admiration sur fond de « ah mais comment tu as fait pour gérer la douleur ? » « comment tu as fait pour ne pas avoir peur surtout ? » de la responsabilité que ça induit aussi d'accoucher à domicile. Ça fait peur à plein de gens. Et puis, il y a ceux aussi qui sont très sceptiques, voire hostiles, qui considèrent que c'est un choix irresponsable, il y en a. Moi, j'en ai toujours parlé librement et globalement, j'ai toujours eu un retour positif ou en tout cas respectueux. C'est-à-dire que quelquefois, j'ai senti que les gens n'adhéraient pas forcément à ce projet où ils avaient des réserves, mais en tout cas, c'était mon choix et puis c'était respecté. Et quand je sens que c'est tendu en face ou qu'il n'y a pas de dialogue possible, tout simplement que chacun est sur ses positions et qu'il n'y a pas possibilité de vraiment parler, ce n'est pas grave, on passe à autre chose. Mais globalement, là aussi, peut-être que j'ai eu de la chance et pourtant j'en parle. J'en parle beaucoup, je veux dire, je ne suis pas militante sur le sujet, mais j'en parle beaucoup et facilement. Donc, je n'ai jamais eu de retour négatif.

  • Speaker #0

    Après, c'est vrai que comme tu as été induite dans ce schéma qui paraissait naturel, au final, je pense que tu as eu moins d'opinion rétractaire. À la différence de, je ne sais pas, une femme qui fait ce choix et dont... La mère, la grand-mère ont vécu que des grossesses traumatiques et ont survécu uniquement grâce à l'hôpital. Enfin, en tout cas, on sait de vision là. Donc, c'est vrai que disons que tu as été vraiment induite dans le positivisme de l'accouchement à domicile, dans le naturel.

  • Speaker #1

    En fait, je pense que peut-être que je dégageais un truc, j'étais tellement sûre de moi. Il n'y avait pas de doute, il n'y avait pas de place pour le doute. Je respecte qu'en face, il n'y ait pas la même vision des choses, mais en tout cas... Moi, la mienne ne peut pas être ébranlée, de toute façon. Donc, je pense peut-être que les gens le sentent aussi.

  • Speaker #0

    C'est assez impressionnant d'écouter aussi ton témoignage dans ce sens-là. Pour trouver une sage-femme, est-ce que ça a été aussi facile que ta mère ?

  • Speaker #1

    Oui, là aussi, je cumule les chances. J'ai la chance de vivre dans une région qui compte vraiment plusieurs sages-femmes qui font l'accouchement à domicile. Donc j'ai pas eu de mal à trouver et pourtant j'ai eu 3 sages-femmes différentes sur 4 accouchements. Et je connaissais pas toutes les sages-femmes à l'époque, quand j'étais enceinte de ma première. Je connaissais pas toutes les sages-femmes, je savais pas qu'il y en avait autant. En fait la sage-femme à qui j'ai accouché pour mes deux dernières pratiquait déjà quand j'ai eu ma première mais je le savais pas. J'avais pas eu son nom dans ma liste. Mais bon j'en ai trouvé une autre qui s'est avérée d'ailleurs. pas être disponible le jour de mon accouchement, finalement. Mais j'avais pressentiment ou je ne sais pas, parce qu'il n'y avait pas de raison, mais j'avais prévu un plan B au tout début de ma grossesse. Et donc, j'avais une autre sage-femme que j'étais prête à appeler au cas où, et le cas s'est présenté. Et heureusement, elle a été disponible. Mais donc, non, pas de difficulté à trouver de sage-femme non plus.

  • Speaker #0

    Ça fait comment pour trouver ces sages-femmes ?

  • Speaker #1

    Alors, par ma sœur. au départ parce que ma sœur aînée avait elle-même accouché à domicile avant et puis elle développait un réseau dans le milieu de l'AD. Donc j'ai profité de ses connaissances. Et puis aujourd'hui, on a accès par la PAV. Il y a des listes des sages-femmes qui font l'accouchement à domicile. C'est quand même assez facile d'y avoir accès. Après, malheureusement, il y a des régions dans lesquelles il n'y a pas de sages-femmes qui pratiquent l'AD. Mais ce n'est pas notre cas ici.

  • Speaker #0

    Et du coup, c'est la même sage-femme qui assistait à l'accouchement de ta sœur que toi ?

  • Speaker #1

    Oui, mon plan B, c'était la sage-femme qui était présente aux accouchements de ma sœur, qui était à la retraite à ce moment-là, mais qui a accepté que j'avais donc contacté en tout début de grossesse. Je lui ai dit, si jamais il y a besoin, est-ce que je peux t'appeler ? qu'on était... Dans une relation presque amicale, finalement, il y avait des liens qui s'étaient tissés depuis les naissances de mes neveux et nièces. Et donc, je lui avais demandé si je pouvais l'appeler si jamais il y avait besoin. Mais sans y imaginer que j'en aurais vraiment besoin. Et d'ailleurs, elle non plus n'imaginait pas que ce serait le cas. Mais elle m'avait répondu qu'évidemment, si elle était disponible, elle viendrait, mais qu'elle ne pouvait rien me promettre parce qu'elle avait un agenda très chargé. Donc, voilà, c'était... Un accord de principe, mais sans savoir si le jour J serait disponible. Et coup de chance, le jour J n'était pas disponible la veille. Elle n'était pas disponible le lendemain, mais elle a été disponible ce jour-là.

  • Speaker #0

    Et tu avais aussi fait tes inscriptions en mater ?

  • Speaker #1

    Oui, je me suis toujours inscrite à la maternité. Je pense que c'est nécessaire parce qu'effectivement, on ne sait jamais ce qui peut se passer malgré tout. Personnellement, je trouve idiot de se passer de la médicalisation alors que quand elle est nécessaire, elle est plus que la bienvenue. Merci la médicalisation quand il y en a besoin. Donc oui, j'étais inscrite à la maternité à chaque fois. Mais je n'ai jamais fait mon sac de maternité, par exemple.

  • Speaker #0

    Comment se sont déroulées, de manière générale, parce que raconter quatre accouchements, ça va être un peu long, mais dans la globalité, quels sont les éléments marquants ? de chaque accouchement et comment tu as vécu les choses ?

  • Speaker #1

    Alors, pour ma première, je dirais que c'était un accouchement pédagogique. Oui, c'est le mot que je mettrais. Ça a été un accouchement assez long, puisque j'ai eu les premières, toutes premières sensations de contraction le samedi, un peu avant minuit, et puis j'ai accouché le dimanche, un peu avant 20h. Mais je pense que c'est le temps dont j'avais besoin pour cheminer dans cette... dans cette naissance et puis passer des étapes petit à petit. Il y avait une sage femme, c'était Maïté Trélin je crois que j'avais entendu dire que c'était un petit peu, quand on accouchait, c'était un petit peu comme si on voulait rentrer dans une rivière et que bah il y a certaines femmes qui sont un peu frileuses, c'est mon cas, quand je rentre dans l'eau donc je mets un pouce, un orteil et puis je m'arrête aux chevilles et voilà. Et à un moment donné on plonge dans la rivière. Et voilà, j'ai pris mon temps pour plonger dans la rivière, ce premier accouchement. Mais je pense que c'est ce dont j'avais besoin et ça s'est très très bien passé. Il n'y a rien qui est venu être trop fort pour moi en fait. Il n'y a aucune sensation qui a été trop forte pour moi, qui m'a dépassée sur cet accouchement-là. Ça s'est fait vraiment de manière douce et progressive. Donc c'était hyper chouette comme première expérience d'accouchement. Honnêtement, je n'aurais pas pu rêver mieux, je pense. Et voilà, elle est arrivée. Il y a la sage-femme disponible au dernier moment, qui est arrivée, je crois, vers 19h, donc 40 minutes avant la naissance de ma team. Au moment où moi, je sentais qu'il y avait besoin, où mon mari avait besoin d'un petit soutien, et puis où moi aussi, ça me faisait du bien d'être un petit peu guidée, peut-être, ou soutenue, d'avoir la présence de la sage-femme. En tout cas, ça m'a fait beaucoup de bien à ce moment-là. Avant, je n'en avais pas ressenti le besoin, mais elle est arrivée au moment où il fallait. Et puis voilà, tout s'est très très bien passé. Ça a été une... Je pense comme toutes les premières expériences, c'est toujours un peu particulier. Ça a un goût toujours un peu particulier. C'était extraordinaire de découvrir ce bébé, d'être maman pour la première fois, et puis mon mari papa. Enfin voilà, c'était quelque chose d'assez... et de très très beau, d'incroyable. C'est une expérience incroyable. Ensuite, ma deuxième... Rien à voir entre guillemets, rien à voir. Il y a toujours des lignes de fond qui sont communes. Mais je trouve que chaque accouchement correspond en plus au caractère de l'enfant. Après, c'est marrant, ça. Donc, ma deuxième, un accouchement un peu moins long. En fait, beaucoup moins long, parce que toute la phase de latence, disons, a duré aussi quelques heures. Mais ensuite, ça s'est précipité d'un coup. En fait, le dur du travail s'est fait en deux heures. Donc, ça a été quand même assez intense. Et là, pour le coup... Là, pour le coup, j'ai été dans des sensations où j'ai dit « Oula ! » Je me suis sentie dépassée par la puissance du corps qui travaille. Je me suis dit « Mais comment c'est possible ? » Cette sensation de vraiment comprendre que tu ne maîtrises rien à ce moment-là, c'est plus fort que toi. Et ça, c'est vraiment ce que j'ai ressenti avec cette naissance-là, qui a été finalement assez rapide, et qui est arrivée alors que la sage-femme, d'ailleurs, ma fille est arrivée, la sage-femme n'était pas encore là. Ce qui n'est peut-être pas intéressant, je n'étais pas très à l'aise avec cette sage-femme-là. Donc, je me dis aussi, voilà, elle est arrivée après, pour le postpartum immédiat, direct, pour gérer l'après-naissance. Mais voilà, j'ai mis au monde ma fille toute seule et c'était bien comme ça, je pense. Enfin, toute seule. Il y avait ma mère qui était présente. En fait, je l'avais appelée pour garder ma fille aînée, forcément. Mon mari était parti au travail. Je lui avais dit, parce que je pensais à un accouchement aussi long pour mon aîné, donc je lui ai dit, écoute, tu pars au travail, et puis si ça se trouve, de toute façon, on ne verra pas bébé avant ce soir, donc je lui ai dit de partir. Et donc j'avais appelé ma mère pour garder ma fille aînée. Et puis finalement, les choses se sont un peu précipitées, mon mari a fini par revenir, mais c'est ma mère qui était présente pour accueillir ma deuxième fille, c'était elle qui l'a accueillie, parce que la sage-femme n'était pas là. Donc ça, c'était un peu incroyable aussi comme partage, finalement. que ce soit ma mère qui assiste à mon accouchement et qui prenne la première quasiment dans les bras, ma seconde fille. Je pense que pour elle, ça a été un moment assez fort aussi. Voilà, ensuite le troisième accouchement, pour moi c'est l'accouchement, c'est presque un accomplissement pour moi, en termes d'accouchement, parce que j'ai vraiment... Autant sur les deux premiers, j'ai géré les contractions, autant là j'ai réussi à vraiment les accepter. Et je me suis retrouvée dans un ballet d'amour et de douceur avec mon bébé que je n'avais pas connu pour les deux premiers, même si ça s'était très bien passé et que c'était incroyable. J'ai vraiment vécu une autre expérience quand même avec ma petite troisième. Donc voilà, j'en garde un souvenir impérissable, ému, une sorte d'accomplissement que j'ai réussi quelque chose, mais parce que je l'avais voulu aussi. Je pense que je m'étais préparée pour cette naissance-là, dans cette perspective-là. J'étais dans cette idée de me dire, mais on a mal au niveau des contractions, parce qu'on se dit que ça fait mal en fait. Ce n'est pas une obligation, on peut le vivre autrement. Donc vraiment, j'avais fait pas mal de lectures dans ce sens-là, et j'avais travaillé entre guillemets dans ce sens-là, et donc j'y suis parvenue. C'était vraiment le fait de pouvoir réaliser l'idée que j'avais cette fois-ci. Ce qui n'était pas le cas pour mes deux premières. J'y suis allée pour mes deux premières vraiment quasi sans préparation, comme ça quoi, sans me poser trop de questions. Et donc, pour cette troisième, en revanche, je m'y suis plus préparée. Et j'ai réussi ce que j'avais en tête de faire, et donc de vivre un accouchement tout en douceur, où le mot douleur n'a pas sa place en fait. Je ne peux pas mettre le mot douleur sur les sensations que j'ai vécues à ce moment-là. C'est des sensations fortes, des sensations puissantes. mais pas de douleur. Donc, c'était mon objectif sur cet accouchement-là. Donc, j'étais contente d'y arriver et c'était un moment extraordinaire. Et puis, ma petite dernière, peut-être le plus rapide de mes accouchements, pour le coup. Et alors là, ça s'est fait de manière très simple, très facile. Pourtant, j'avais des contractions non-stop. Je n'avais pas beaucoup de répit, franchement, entre les contractions. Finalement, sauf l'expulsion, ça, je n'ai pas aimé. Je ne sais pas pourquoi. En fait, sur cet accouchement-là, je me suis presque fait mon propre copain. J'ai essayé des trucs. Je me suis dit, tiens, c'est la dernière. Peut-être cette position-là, je vais l'essayer. Non, ça ne le fait pas. J'étais presque spectatrice de mon propre accouchement en me disant, tiens, comme c'est la dernière fois que j'accouche, il y a quand même des trucs, je vais les essayer. Voilà, donc quand même une grande facilité dans cet accouchement-là, entre guillemets. Tout s'est toujours très bien passé pour ces quatre naissances.

  • Speaker #0

    Alors moi, j'ai eu la chance de lire les récits de tes enfants premiers qui m'ont beaucoup émue. C'est toujours assez intense pour moi de lire les récits des femmes que j'interview avant de les voir en vrai. L'impression que j'ai eue pour Rose, donc ta troisième, c'est que tu te préparais plus à ce que ce soit ton dernier accouchement. En plus, vu l'écart d'âge, du coup, est-ce qu'au final, comme tu dis, ce dernier accouchement qui était au final un peu ton laboratoire de l'accouchement à domicile ? Tu l'as plus préparée ou tu y allais en mode « Allez, go, on y va, on va essayer plein de choses. »

  • Speaker #1

    Alors non, celui que j'ai le plus préparé, c'est celui de ma petite troisième, qui était censé effectivement être le dernier. Ma petite quatrième étant une belle surprise de la vie. Ce n'était pas prévu. Donc non, de mes quatre accouchements, celui que j'ai vraiment le plus préparé, c'est celui de Rose, donc ma troisième. Pour Diane... En réalité, avec déjà trois enfants, l'école à la maison, la musique, j'étais extrêmement chargée pour le coup, dans une vie déjà très très chargée. Et donc, j'ai fait de la place pour cette grossesse, mais il y en avait moins que pour les précédentes quand même. Et puis, comme j'avais vraiment préparé effectivement cette troisième grossesse, troisième accouchement, je n'ai pas senti la nécessité d'aller au-delà de cette préparation que j'avais déjà eue. En fait, je pensais bénéficier. du travail que j'avais fait pour Rose, en fait, pour ma troisième. Je n'ai pas ressenti le besoin de me repréparer plus que ça pour la dernière.

  • Speaker #0

    Alors, après ces accouchements à la maison, comment tu as abordé le postpartum ? Parce qu'on n'est pas non plus préparé à un postpartum à la maison. C'est vrai qu'on est plus préparé à être accompagné à l'hôpital, prise en main, mais à la maison, qui est-ce qui t'a suivi ?

  • Speaker #1

    Ouais et même de manière générale je trouve que souvent les femmes se préparent assez peu au postpartum. Souvent c'est ce que je dis aux nouvelles futures mamans qui sont hyper focus sur la grossesse et l'accouchement. Et j'essaye toujours de glisser un truc sur le postpartum parce que ça va pas toujours de soi. En l'occurrence pour ma première... Le postpartum direct, les premières heures après la naissance, ça a toujours été cette bulle incroyable de bonheur, d'amour. C'est une bulle qu'on retrouve nulle part ailleurs dans sa vie. Je pense que c'est assez incroyable, ces moments-là suspendus. Après, pour ma fille aînée, au troisième, quatrième jour, je ne sais plus trop, mais c'est assez classique, j'ai eu comme un coup de mou sur un après-midi où clairement plus rien n'allait. Ça s'est concentré sur deux heures où j'étais censée faire la sieste. Il y avait mon bébé à côté de moi qui dormait. Il y avait ma mère et ma sœur dans les pièces à côté qui s'occupaient de la maison. Et moi, j'étais censée dormir avec mon bébé. Je ne dormais pas du tout. J'ai pleuré. Toutes les larmes que j'avais dans mon corps, ça n'allait plus. Je regardais mon bébé. Je ne savais même plus pourquoi j'avais fait un bébé. Enfin, voilà, plus rien n'allait. Donc, ça a été très concentré sur deux heures. J'ai eu de la chance. Mais voilà, je me sentais... handicapé dans mon corps alors que c'est pas une sensation que j'avais eu même jusqu'au bout de ma grossesse j'avais mal dans le bassin j'avais mal dans le dos j'avais mal au sein avec une montée de lait qui est impressionnante pour la première enfin voilà j'étais fatigué voilà ça n'allait plus je me retenais c'est plus et la chute des hormones aussi je pense à jouer son rôle à ce moment là enfin voilà donc il ya eu deux heures de pleurs et de Je me sentais perdue, quoi. Et j'avais l'impression, vraiment, d'avoir fait un mauvais choix. Je me suis dit, mais pourquoi j'ai fait un enfant ? C'était vraiment terrible, quoi. J'ai eu cette chance d'avoir, effectivement, ma mère et ma sœur, que j'ai fini par rejoindre, qui m'ont redonné un shoot d'amour, qui m'ont fait... Voilà, ça m'a fait remonter direct, en fait. Et puis, c'est passé comme ça. Et je n'ai plus eu d'épisode de cette sorte-là ensuite. J'ai mis un petit peu de temps à me remettre physiquement, malgré un accouchement physio, sans déchirure, sans rien. Tout s'était bien passé, mais pour autant, c'est quand même une épreuve pour le corps. C'est pas rien, notamment le premier. Et donc j'ai mis un petit peu de temps à me remettre physiquement, ce à quoi je ne m'attendais pas, parce qu'effectivement, je m'étais moi non plus pas assez préparée. postpartum et donc et en plus j'avais eu le mois l'expérience de ma mère et ma soeur qui courait le 500 m quasiment deux heures après donc moi je pensais que ce serait pareil et ben non moi je courais pas comme un lapin vrai clairement et j'ai mis un petit peu de temps avant de me retrouver un peu bien dans mon corps fois là maintenant j'ai eu la chance de pouvoir rester à la maison autant que je voulais mon allaitement s'est bien passé j'ai pas eu de douleur spécifiquement pour ma première enfin voilà donc tout s'est bien passé donc finalement à part ces deux petites heures, c'est tout ce que j'ai eu en termes de postpartum un peu difficile pour ma fille aînée. Pour mes numéro 2 et numéro 3, du coup pas du tout parce que là le passage était fait entre guillemets et donc j'ai récupéré très vite, je me suis sentie très bien, même un peu trop d'ailleurs parce que j'ai pas... j'aurais dû me reposer un petit peu plus je pense mais j'ai repris tout en main très vite et je me suis bien promis pour la quatrième de ne pas le faire d'ailleurs parce que ça en sont suivis quelques problèmes de dos assez conséquents, des choses comme ça, bon. Pour les numéros 2 et 3, postpartum, impeccable. Tout s'est très bien passé, les allaitements aussi, je me sentais bien dans mon corps, tout allait bien. Je n'ai même pas eu ce petit coup de blues momentané. Et pour la quatrième, comme c'était quand même une grossesse qui était déjà marquée par un peu plus de fatigue, de l'anémie, j'étais déjà à charge de trois enfants, il y avait un contexte, mon mari était en reconversion, c'était difficile. donc Le postpartum, ce n'est pas aussi bien passé, notamment à cause de l'allaitement. L'allaitement a été compliqué. Diane, à 15 jours de vie, commençait à avoir un poids qui était quand même alertant. Donc, j'ai dû faire appel à une consultante en lactation qui a repris les choses en main avec moi. Ça s'est heureusement assez vite rétabli, mais il a fallu quand même être Ausha à la pipette. Ça a été compliqué quand même. Donc un postpartum pour ma dernière qui a été quand même marqué par un début d'allaitement très très difficile quand même, avec un allaitement qui était potentiellement remis en question. Moi physiquement ça allait, fatiguée, mais je me suis bien remise quand même assez rapidement aussi de la grossesse et de l'accouchement. En sachant que j'ai aussi eu la chance à chaque fois d'être très entourée, mon mari a toujours été là au moins un mois après mes accouchements. Malheureusement, toutes les femmes ne bénéficient pas de cette présence-là non plus. Et c'est précieux. Plus ma mère, mes parents, ma sœur qui m'ont toujours entourée aussi. Je n'ai jamais été seule. Toujours entourée d'amour. Donc, je pense que ça participe au postpartum qui se passe bien.

  • Speaker #0

    Et tout le monde venait te voir à la maison juste après tes accouchements ? Ou ils attendaient un peu ? Ou du fait que tu étais à la maison ?

  • Speaker #1

    Oui. Ils étaient prêts à respecter nos souhaits. Donc, en l'occurrence, nous, on a toujours appelé nos parents respectifs juste après la naissance. Et ils sont toujours passés dans les deux, trois heures qui ont suivi. Mais c'était vraiment un souhait de notre part. Et puis, moi, j'étais très, très heureuse de leur présence à ce moment-là. En sachant qu'ils seraient de toute façon respectueux, qu'ils ne resteraient pas trois heures. Et puis, c'était un moment d'amour partagé. En fait, moi, c'était vraiment un plaisir. Après, pour ma sœur aussi, mais pour les amis, on a... C'est nous qui avons décidé et tout le monde a respecté ça. Et la famille, quand elle était là, c'était pour aider. Donc ça s'est bien passé aussi à ce niveau-là.

  • Speaker #0

    Et toi qui avais une vision, donc, voilà, j'accouche à la maison, c'est comme ça, c'est normal. Du côté de ta belle famille, c'était comment ? Pas du tout dans cette idée-là au départ. D'ailleurs, je pense que ma belle-mère n'y a pas cru, en fait. Je pense qu'elle s'est dit, c'est une idée comme ça, mais en fait, ils vont finir à l'hôpital comme tout le monde, et puis c'est tout, quoi. Et je pense qu'elle a été assez surprise, mais assez positivement surprise, finalement, quand elle est arrivée à la naissance de Mathilde et qu'elle l'a découverte dans cet environnement-là, qui est quand même... C'est pas l'hôpital, c'est pas froid, c'était... C'était hyper chaleureux, c'était un cocon, cette ambiance de la naissance à domicile qui est vraiment particulière. Et donc je pense qu'elle a été assez touchée par ça, assez admirative aussi finalement que ça se soit vraiment déroulé comme ça, que ce soit bien déroulé. Elle-même n'avait pas du tout... Elle, elle a eu deux césariennes pour ses deux enfants. Donc voilà, on est sur deux options très différentes. Donc je pense qu'elle a eu peur. Elle a eu peur et puis elle a vu que ça s'est très bien passé. Donc après, pour les deux, trois, quatre, c'était bon. Pour la première, il y a eu une appréhension. Je pense qu'elle n'y a pas trop cru. Et puis bon, comme ça, c'est fait. Après, c'était bon.

  • Speaker #1

    C'est vraiment bien, en fait, que tu aies vraiment été dans un univers bienveillant. Et aujourd'hui, toi, c'est quoi ta vision des choses face aux femmes qui accouchent en structure hospitalière ?

  • Speaker #0

    Moi, je trouve que c'est elles les guerrières, en fait. On a tendance à dire que ce sont les femmes qui accouchent à domicile qui sont des guerrières. Moi, je ne trouve pas. Honnêtement, je trouve qu'elles ont un courage fou d'aller accoucher à l'hôpital. Moi, c'est comme ça que je vois les choses. Elles savent qu'elles vont rentrer dans un univers où il y a des protocoles qui, a priori, peuvent les mener à être blessées, même dans leur chair. Je veux dire, c'est... Voilà, pour moi, ce sont elles les guerrières, clairement. Donc, il y a beaucoup... de femmes qui vivent leur accouchement dans des conditions très médicalisées alors que c'est pas ce qu'elles souhaitaient, c'était pas leur projet de naissance alors il y en a qui se sentent rassurées dans ce milieu là et qui se sentent hyper bien accompagnées et puis c'est top et tant mieux mais il y en a quand même beaucoup en tout cas un nombre non négligeable clairement qui en ressortent frustrées ou blessées encore une fois même dans leur chair quoi moi je trouve que c'est problématique en tout cas Moi, c'est ce qui m'a fait donner l'envie de devenir doula. Je suis actuellement en formation pour être doula. Parce qu'effectivement, entre ma première expérience de maternité et les témoignages que je recevais des différentes femmes qui pouvaient m'entourer, que ce soit des cousines, voisines, amies, je me suis dit qu'il y a un truc qui ne va pas, un truc qui ne colle pas. Et j'entendais souvent quand même des femmes qui n'étaient pas écoutées, pas respectées, qui étaient infantilisées. C'était quand même pas hyper positif dans l'ensemble. Et même quelques fois des femmes qui ne remettaient même pas ça en question, qui trouvaient que c'était normal finalement que ça se passe comme ça. Moi je pense qu'il y a quand même la nécessité de questionner le monde de la naissance en France. Je pense qu'on peut faire beaucoup mieux et je pense qu'il faut vraiment pouvoir proposer autre chose aux femmes. D'où l'idée de témoigner aussi, de simplement savoir qu'accoucher autrement est possible, ça ouvre une voie. Je pense qu'il y a beaucoup de femmes qui accouchent en structure et qui sont insatisfaites de leur accouchement. D'ailleurs, il y a une étude du CIEAN qui a été faite entre 2016 et 2021, sur 8500 femmes, et quand même les résultats révèlent un souci. Je ne sais plus c'était quoi, il y avait une femme sur trois qui se sent seule en postpartum. La majorité des femmes pour qui leur accouchement n'a pas correspondu à ce à quoi elles s'attendaient. Et puis, 39% des femmes qui ne se sont pas senties respectées pendant la grossesse. C'était ça, je crois, les conclusions de cette étude. Donc, ça fait réfléchir. Je pense qu'il y a du travail pour informer les femmes, pour ouvrir la voie à d'autres façons de faire. En France, ça se passe comme ça, mais si on ouvre les yeux... sur d'autres pays, on voit qu'il y a d'autres visions possibles, y compris en structure. Voilà, d'autres façons de faire possibles. Donc oui, ma vision des femmes face à l'accouchement en structure, c'est ça, c'est des guerrières, mais je préférerais qu'elles ne le soient pas. Je préférerais qu'elles puissent accoucher comme elles le souhaitent, y compris en structure. En tout cas, c'était mon objectif en tant que doula.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, toi, avec tes quatre filles, comment tu abordes leur futur en tant que femme, en tant que potentielle mère ?

  • Speaker #0

    J'espère que vous avez aimé cette vidéo. forcément leur transmettre ce qui m'a été donné aussi en termes de maternité et de féminité et de rapport au corps et comme je le disais en tout début aussi cette notion que dans ta vie tu dois réfléchir, tu dois faire tes choix tes propres choix de manière éclairée même si ça sort du cadre en tant que femme j'espère que Euh... Je vais leur transmettre ça. Je leur ai déjà transmis ça de manière implicite par leur naissance, leur manière d'être née. J'espère que ça leur donne quelques clés pour pouvoir être des femmes libres, tout simplement.

  • Speaker #1

    Je suis curieuse aussi un peu, parce que je me pose la question comment tu as expliqué à Mathilde et à Inès les naissances à la maison de ta 3 et ta 4. Parce qu'au final, elles étaient vraiment en âge de conscientiser.

  • Speaker #0

    Eh ben, je pense que j'ai fait un peu comme ma mère, c'est-à-dire qu'il n'y a même pas eu spécialement de discussion, ça n'a presque pas été un sujet. Mais en fait, comme on était toujours ensemble, comme je disais, on a fait l'école à la maison, donc elles ont vécu avec moi la grossesse, en fait. Il y a une chose que j'ai faite, c'était de leur... je ne sais plus quel documentaire c'était, je leur avais montré un petit documentaire quand même, dans l'idée, si jamais elles étaient présentes le jour J, qu'elles ne soient pas. pas effrayée si je devais m'exprimer de manière un peu forte. Mais je pense qu'elles sont tellement dans ce bain-là, comme je l'étais, qu'il y a presque... En tout cas, je ne ressens pas la nécessité d'en faire un sujet très spécialement et d'en discuter, d'avoir des conversations autour de ça. Si jamais elles ont des questions à poser, elles savent qu'elles peuvent le faire et j'y répondrai, c'est ouvert. Maintenant, si elles n'ont pas... pas de curiosité. C'est la vie, en fait. C'est comme ça. Et je pense que c'est beaucoup d'implicite.

  • Speaker #1

    Tu t'es pas dit que c'est un sujet que tu vas vraiment amener sur la table pour échanger avec elle. Non, c'était naturel.

  • Speaker #0

    Ouais, non, pas spécialement. Et elles étaient présentes, pour le coup, pour la naissance d'Inès. Mathilde était avec mes parents et quand j'ai commencé à m'exprimer un petit peu sur la fin à l'expulsion, mon père l'a emmenée dehors. Donc, voilà. Pour la naissance de Rose, elles étaient aussi avec mes parents, parce que j'en avais ressenti le besoin. Clairement, mon travail n'avançait pas tant que mes filles étaient là, donc je les ai envoyées ailleurs. Et là, par miracle, le travail a commencé à avancer. Mais par contre, pour la naissance de Diane, elles sont restées. C'est la première fois que j'avais les filles présentes, le jour de mon accouchement, et ça s'est très bien passé. Il y a juste eu un moment où j'avais les trois plantées devant moi, en train de me regarder comme ça. Là, je dis, non, ça ne va pas être possible. Elles ont vaqué à leurs occupations, elles sont allées dans la chambre. Elles se sont faites très discrètes. Et elles étaient surtout très heureuses d'arriver dès les premiers cris de leur sœur. Je pense que quand elles en parlent, c'est un moment fort de leur vie.

  • Speaker #1

    Mais du coup, elles t'ont vu vraiment, elles t'ont plus au pique, on va dire, de l'accouchement. Et ça ne les a pas effrayées ?

  • Speaker #0

    Non. Après, je n'ai toujours été assez discrète. À chaque fois, je me suis exprimée au moment de l'expression. expulsion, mais voilà. Et d'ailleurs, j'ai peut-être fait deux, trois cris, mais c'est tout, quoi. Donc, c'était pas non plus... Non, non, elles m'ont vu marcher, souffler un peu, mais c'est tout, en fait. Rien d'impressionnant. Et du coup, je pense que si ça, ça renvoie à quelque chose d'assez simple, c'est pas une épreuve... Enfin, en tout cas, pour moi, ça n'a pas été une épreuve avec des douleurs. Non, elles m'ont pas vue dans cet état-là, quoi. C'est sûr que... Elles ont... plutôt une image qui est véhiculée de quelque chose d'assez simple et facile, naturel. Je pense que la transmission, elle se fait peut-être plus comme ça. Elles savent qu'elles ont une maman qui est quand même passionnée de ce sujet-là, donc elles auront toujours mon soutien quoi qu'il arrive.

  • Speaker #1

    Merci pour ce partage. Merci d'avoir écouté le témoignage d'Élise. Nous vous retrouvons, comme d'habitude, le mois prochain pour un nouvel épisode. Merci pour votre écoute. à bientôt et abonnez-vous

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