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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Transcription
bonjour à toutes et à tous et ravi de vous retrouver pour un nouveau parole d'expert et vous le voyez on est sorti du studio de casa pour aller vous faire vivre un événement au cœur de l'événement, le Moussane de Tantan. Et on est à Tantan, dans une tente sahraoui, et puis on est juste en face de la mer. C'est absolument magnifique. On va vous faire vivre cet événement. Je vais vous faire rencontrer tous les acteurs, les actrices qui sont là. Alors, pas de cinéma, mais des différentes discussions qui vont avoir lieu pour parler de différents sujets, que ce soit la culture, que ce soit le développement économique, que ce soit certains secteurs. ici à Tantan pour ce moussem et c'est un moussem qui est protégé par l'UNESCO et oui ça rentre dans le patrimoine universel de l'UNESCO. On aura d'ailleurs un des représentants de l'UNESCO avec nous dans une des émissions où on pourra parler de plus en détail de ce moussem de la culture hasseini. Cette émission je commence avec deux acteurs et là pour le coup ce sont des acteurs culturels puisque c'est un sujet qui va être débattu ici au moussem de Tantan c'est la culture Culture, c'est un vaste sujet et vous savez on en parle très souvent dans Parole d'expert, on en parle cash pour savoir comment développer la culture, comment mettre en place des systèmes pérennes qui permettent de faire émerger des talents et de pérenniser aussi des activités culturelles, que ce soit la musique, que ce soit le théâtre, les arts vivants, tout ce qui peut animer une région et qui compte un patrimoine absolument incroyable ici dans la région de Goulmim-Oued-Noun. Parle d'experts spécial Moussem de Tantan, c'est tout de suite. Alors je suis ravi vraiment d'accueillir deux personnes avec qui on aura des discussions. Ce sera dimanche avec la conférence, avec un certain nombre d'intervenants pour parler de différents sujets, pour parler de la culture et du développement culturel. Avec moi, Amadou. droite Marwan El Fashen, directeur de la Fondation IBA. Ça va Marwan ?
Bonjour Faisal.
Tu vas bien ?
Très bien,
et toi ? Super, on était dans l'avion ensemble et on est arrivé ici.
Bien arrivé.
Ah bah oui, on est bien arrivé. Tout s'est bien passé. Je sais que t'as peur de l'avion, mais Tout s'est bien passé, c'est beau. Baudi Sadeva est à mes côtés. Comment ça va Baudi ?
Très très bien, très très bien. On a bien voyagé,
on était tous dans le même avion. On était tous dans le même avion et on a discuté après en se rencontrant ici. Exactement. Baudi Sadeva, comment te présenter ? Pour ceux qui ne le connaissent pas, il y en a beaucoup qui le connaissent, pour ceux qui ne le connaissent pas, allez, rendez-vous sur votre plateforme de streaming, Apple Podcasts, Spotify, ce que vous voulez, etc. Tapez Baudi Sadeva et vous allez voir tout ce qu'il a fait, son œuvre, son style. C'est, comment on appelle ça ?
De l'Ancestral Soul.
L'Ancestral Soul.
française, c'est pas moncestral, mais c'est plus moderne qu'on le pense, finalement. En tout cas, c'est ancré dans des valeurs, dans la tradition, mais toujours vers le futur, toujours vers le forward thinking.
Alors, on va essayer ensemble de parler de culture, de savoir pourquoi on est là aujourd'hui. Moi, pour ma part, c'est mon deuxième Moussame de Tintam. J'étais venu juste avant le Covid. Ça remonte quand même pas mal. On est dans un bivouac. C'est quand même assez sympa. Première fois pour toi, le mot,
Sam Nathana ? Tout à fait. Très impressionné. Je savais que c'était important, mais alors là, quand j'ai vu l'organisation, j'ai vu tout ça, je me suis dit, waouh, franchement, c'est absolument époustouflant.
Alors, c'est un territoire qui est vierge, on est dans les provinces du sud du Maroc. C'est vrai que ce que tu dis, c'est qu'on vient organiser un événement dans un endroit où, voilà, bon, il y a quelques infrastructures, il y a tout à développer.
C'est la base à laquelle on s'attend quand on va dans une région globale dans le monde, dans le cadre d'un festival, il y a quand même un certain nombre d'années, reconnue comme patrimoine immatériel de l'Union Européenne, on s'attend quelque part dans notre tête à un certain confort ou infrastructure. Le cas, ce n'est pas le cas. Et c'est ce qui crée l'effet de surprise, je pense. Mais derrière, c'est voulu. Parce que je pense que le bivouac, ça renvoie vers l'image des populations nomades qui ont donné naissance au Moussème dans sa version initiale.
C'est la marque de fabrique et vous verrez des images. Parce que le Moussème, ça sera demain, c'est le week-end. Là, on est vendredi. Samedi, dimanche, ça sera le Moussème. où vous avez une trentaine de tribus. nomades qui viennent avec et c'est impressionnant vraiment c'est impressionnant et on est dans un maroc ancestral tu l'as dit ça colle très bien avec la notion d'ancestrales sont on va parler de culture on va parler de tard non seulement de culture africaine mais de culture en général comment ça c'est un sujet qui nous tient tous à coeur parce que autant je peux peut-être animateur journaliste mais je suis aussi musicien donc c'est quelque chose qui me tient beaucoup à coeur et savoir comment on développe ça dans un endroit où il ya tout à faire c'est assez intéressant. Déjà... La croisée des chemins. Alors c'est peut-être une idée reçue, c'est souvent des slogans de grands films institutionnels, mais c'est une réalité ici. C'est une réalité. Toi, déjà tes origines, ça serait pas mal de les connaître.
Oui, alors je suis né en République centrafricaine d'un père français centrafricain, donc franco-centrafricain, d'une mère belge-américaine, belgo-américaine.
Quatre passeports, t'as fait déjà quatre.
Ouais, c'est costaud.
T'as vécu où ?
Alors je suis né à Bangui, j'ai grandi à Bria à l'Est. J'ai quitté le pays pour aller en Belgique où j'ai vécu 17 ans. Entre temps j'ai vécu deux ans à Birmingham, reparti vivre en Belgique. Vivre au Portugal 8 ans, et là je suis à Londres et au Portugal. Je suis entre les deux.
Et aujourd'hui il le manque.
Ou je compte venir un peu plus régulièrement et rester un peu plus longtemps dans cette démarche de travailler sur ce côté des filles. fusion, finalement, qui est quelque chose, enfin, sur cet aspect des fusions qui, pour moi, est l'identité essentielle de ma musique. C'est sur ça que j'ai fondé toute ma notoriété à l'international. Et je pense que c'est à travers ces métissages, justement, que les pop se rendent compte. que justement ces cultures se connectent à travers des festivals, des événements comme ceux que vous êtes en train de faire ici, qui je pense transcendent largement le Maroc, même si c'est finalement le Maroc qu'on met en avant et sa culture dans toute sa splendeur, et ses cultures dans toute leur splendeur. je pense que ça touche profondément à la psyché africaine. Elle se rend compte que c'est possible.
On va voir comment c'est possible. Vous êtes en train d'écouter, depuis tout à l'heure, on passe en fond ta musique, c'est Belma Belma. C'est quoi l'histoire de ce titre ? Parce que c'est vrai que tu l'as enregistré au Maroc en plus.
J'enregistre à Casablanca, c'était 2016. Casablanca, un gros bisou à Rita et à toute sa famille. Tamidjouni et sa famille qui m'ont reçu. On a enregistré finalement chez eux un projet qui s'appelle The Healing Rituals. Et donc, c'est un projet de 4-5 titres qu'on a enregistré avec Mal et Mahmam. Et c'était absolument merveilleux. merveilleux, spirituel, organique. Tout était aligné, finalement. Tout était aligné. On a fait quelque chose qui a marqué. Concrètement, je ne savais pas que c'était devenu un hit ici au Maroc. On m'a dit, non, non, Belma, Belma. Donc, un très beau projet.
C'était pas Belmer, Belmer. T'as fait le bon truc.
Belma,
Belma. Ça a trois écoutes.
C'est vrai que le Maroc, j'ai eu une connexion forte parce que je suis venu la première fois au Maroc en 2008. feu, médicaments, Didamir m'avait fait venir pour jouer au chocolate à l'époque.
On a une pensée pour Mehdi.
Exactement. Et donc voilà. C'est un lien fort que j'ai avec le Maroc depuis 2008. Alors,
t'inquiète pas, je vais vous faire parler entre nous deux parce qu'il y a des choses intéressantes. Rappelle-nous encore une fois, ça ne mange pas de pain, la fondation IBA, parce qu'après ça va nous permettre de discuter d'un certain nombre de choses.
Évidemment. La fondation IBA, naissance en 2006, l'initiative de sa majesté le roi Mohamed VI, pour faire court, pour très simplement trois grands... grandes missions. D'abord, un, assurer la démocratisation de l'accès à la culture, notamment pour les jeunes du pays. Et quand on dit démocratiser l'accès, c'est-à-dire par le prix, donc accès par le prix, mais aussi par les lieux. La Fondation IBA étant gestionnaire d'un lieu patrimonial,
accès à la production d'un culture. axé à la culture déjà en consommateur et en production en 2006 quoi on était déjà,
est-ce que le manque à lambda on peut aller dans un musée, aller dans un cancer aller voir un film, vraiment et ça a évolué deuxième grande mission via le bâtiment qui est la propriété de la fondation, qui est classé patrimoine de Rabat et bien la préservation du patrimoine matériel et immatériel d'où aussi un petit peu ma présence aujourd'hui au niveau du Mossem Et enfin... mission on va dire beaucoup plus récente qui accompagne l'évolution du secteur culturel marocain, la structuration et l'accompagnement à la professionnalisation des acteurs de l'industrie culturelle créative au niveau du Maroc et ça, ça passe par le biais d'accompagnement de formation, de financement de la production de financement de la diffusion aussi et quelque part aussi un accompagnement à l'export de la production parce que finalement la clé de voûte de toute l'industrie culturelle, et je pense qu'on va en parler, puisque justement, le rayonnement seul ou le métissage des cultures seules ne porte pas les cultures à se pérenniser, ou à vivre au-delà de leur aspect, on va dire, temporel, assez localisé. Mais c'est plutôt le modèle économique que l'on va faire accompagner par ce métissage qui va faire la garantie de la pérennisation. Et notamment, des moussèmes comme celui-ci, Comment est-ce que, indépendamment des financements, peut-être... Merci traditionnel qu'il a, il peut se pérenniser dans le temps. En tout cas ce sont des sujets sur lesquels la Fondation agit, travaille d'une manière agile puisque au jour le jour on est tout proche des artistes par le travail que l'on fait sur le terrain via l'agenda culturel, le studio Hiba à Casablanca, l'enregistrement etc. Mais quelque part on a un flottement et on est en contact aussi avec les institutionnels. Ça permet de porter la voix du terrain vers des décideurs, des faiseurs de politique publique qui ne l'écoutent pas souvent ou qui n'ont pas accès Au terrain. Et c'est en tout cas, c'est comme ça que j'aime lire la Fondation IBA aujourd'hui.
Alors, on va rentrer dans le vif du sujet. C'est quoi le problème sur le continent africain, sur notre continent ?
Le ?
Alors on va dire, c'est le plus gros problème parce que quand on a la chance d'avoir plusieurs cultures, d'avoir un pied en Europe, dans des marchés qui sont matures, qui ont des industries musicales qui sont matures ou avec des... Des secteurs qui représentent des milliards de chiffres d'affaires et donc qui nécessairement roulent. Et de l'autre côté, en Afrique, avec les Marocs y compris, on a du mal à faire émerger des talents. Et une fois qu'on les détecte, comment on fait en sorte que ça soit monétisé, que ça puisse être pérenne et qu'on sorte de ce côté seulement pittoresque de ces fusions africaines, etc. On est dans ces émissions, on dit, c'est génial la fusion. Ok, d'accord. Mais après, qu'est-ce qu'on en fait ? Pourquoi ça rayonne pas ? Toi, t'as réussi à rayonner et c'est intéressant. Qu'est-ce qui manque ? Avant qu'on rentre dans le positif, je suis un éternel optimiste, qu'est-ce qui manque ?
Je pense que c'est pas d'être négatif, c'est juste d'être objectif. Et je crois qu'il faut porter un regard objectif par afro-pessimiste, parce que pour moi, je ne suis pas un afro-pessimiste, je considère que l'Afrique, déjà, c'est pas un marché qu'on peut qualifier de finalement non matures. Parce qu'il ne faut pas oublier que bien prédatant le moment où nous sommes aujourd'hui, à l'époque des indépendances, il y a des échanges musicaux qui existaient entre les pays, beaucoup plus qu'il y en a maintenant. Alors, on va prendre d'autres formes. Aujourd'hui, il y a Internet, etc. Maintenant, je pense qu'effectivement, il y a un manque de volonté. Donc des institutions, comme tu disais à l'instant, qui n'écoutent pas ceux qui sont sur le terrain. Parce qu'il y a des véritables enjeux économiques qui sont négligés. On pense que la musique, la culture, en général, c'est une commodité. C'est bon, allez, fais venir les petits troubadours, là, ils vont venir à peu près 5 minutes.
Est-ce qu'on est encore aujourd'hui, je vous pose la question, est-ce qu'on est encore aujourd'hui en train de confondre culture et folklore ? Le folklore fait partie de la culture.
Mais au-delà de ça, vraiment, je rejoins ce qu'il disait parce que, et j'ai deux mots qui permettent. En fait, aujourd'hui, la culture, elle est vraiment vue comme un moyen de divertissement. Dès lors que tu la mets dans ça, elle va toujours être mise à côté de quelque chose, parallèle à quelque chose. Ça ne va jamais être la culture pour la culture. On va faire venir la culture pour animer une conférence, pour faire etc. Mais jamais la culture ne sera un objectif en soi. Et cette lecture-là... elle vient d'un je pense d'un problème très simple et pourtant c'est par manque de vulgarisation institutionnelle qu'on ne le comprend pas à tous les niveaux vous voyez le poids ça va me permettre d'introduire ce que je veux dire, le poids de l'industrie culturelle, une musique et autres dans le monde, il est mesuré par une moyenne de 4,5% du PIB mondial donc c'est à dire que j'imagine qu'on a l'habitude de parler de PIB sur ton éditeur, mais concrètement si on a... traditionnent toute la valeur créée dans le monde.
Maintenant, je milite pour qu'on insère le PIB informel dans le PIB. Voilà.
Mais toute la création de valeur dans le monde, 5%, 4,5% de cette création vient du secteur culturel, musée, cinéma, concert, festival, tout ça. Au Maroc, on est à 1%. Encore une fois,
l'informel n'est pas dedans.
Mais 1%.
Et du coup, ce que j'ai découvert dernièrement en étant en Allemagne, dans une conférence, c'est que là-bas, dans les secteurs culturels et créatifs, ils ne dépendent pas tous du ministère de la Culture. Et c'est là que j'arrive à mon problème.
C'est la question que j'ai, je suis désolé de te couper là. On attend toujours, depuis le début, à chaque fois que j'ai ces débats, on n'a pas ci, on n'a pas ça, on n'a pas ci, de la part de l'État. Mais est-ce qu'on veut vraiment... Que la culture soit, à chaque fois, dépendre des instances gouvernementales, quelles qu'elles soient. À part donner des infrastructures, ok. ou des initiatifs, et encore.
La culture, c'est régalien. C'est pas quelque chose qui... Même si c'est pas quelque chose qui... C'est pas la défense, c'est pas l'économie, c'est pas la santé. C'est quelque chose de très puissant. C'est la vulpine de ta nation.
Regardez les Etats-Unis, ils dominent le monde avec la culture.
Et donc, comme on n'a pas de notion de soft power, en tout cas, dans la majorité des pays africains, de manière générale, il n'y a pas cette notion d'investir en masse dans la culture. Que ce soit les milliardaires, que ce soit les privés, quelles que soient les personnes qui sont en mesure d'investir, en général, comme tu l'as dit, c'est du divertissement pour eux. Donc, ils vont faire venir tel ou tel DJ, tel ou tel producteur, tel ou tel artiste pour faire un concert. Mais en fait, finalement, tu n'as rien laissé de concret pour les gens locales.
J'ouvre une parenthèse sur la question des milliardaires. On va les appeler philanthropes. Ce qu'ils aiment s'appeler comme ça. La spécificité au Maroc, c'est que la philanthropie est d'abord familiale. Quand je dis familiale, c'est par intérêt à quelque chose. Et donc... Donc, la différence entre subventionner, donner, être philanthropes et investisseurs, c'est que je le fais parce que peut-être que je suis vraiment attaché à ce secteur et je veux le faire développer, mais je ne vais jamais investir. en prenant le pan de l'économie, c'est-à-dire aborder la culture, comme étant un secteur économiquement viable dont les revenus peuvent contribuer à l'élévation du pays. Et je complète simplement sur...
Le Maroc est comme ça. Je peux te garantir que c'est comme ça dans tout le continent.
C'est la philanthropie, on va dire, du continent qui a toujours été designée comme ça.
Comme tu dis ici, le Maroc, c'est peut-être plus familial, mais je peux t'assurer, pour l'avoir expérimenté à plusieurs degrés, franchement, c'est extrêmement frustrant. tu te casses la tête à faire des dossiers des dossiers solides où tu expliques, voilà, vraiment tu fais de la recherche profonde, tu t'assieds avec les gens et puis on te regarde comme si en fait on te fait, tu sais c'est un peu t'es un bon élève, c'est bien t'as fait tes bonnes notes, c'est gentil mais bon vas-y mets-toi à côté parce que là tu m'as fatigué fais-moi rigoler en fait il faut que tu sois un clown, mais je suis pas un clown en fait, c'est une économie alors ok sympa
je vous écoute la notion de droit d'auteur c'est extrêmement important au Maroc on a le bureau marocain des droits d'auteur qui avec une réforme sous l'impulsion de sa majesté heureusement qu'il a tapé du poing il y a eu une réforme parce qu'avant c'était du grand n'importe quoi et puis j'assume absolument ce que je dis maintenant il y a une volonté d'aller plus avant on a un système en France qui est l'assassin qui est absolument incroyable et de manière historique un peu partout dans le monde aux Etats-Unis etc c'est un vrai problème les droits d'auteur. On en parlait avant qu'on rentre en émission. Est-ce que ça ne passe pas par là ? La propriété intellectuelle, le fait de faire prendre conscience à la population, aux consommateurs de la culture que la culture, ça se produit, ça demande des moyens. Quand on veut aller voir, comparer ce qui est comparable, quand on veut un show et quand on veut des shows à la télévision, ça c'est magnifique, pourquoi on n'a pas ça ? Je fais, mais ouais, mais le ticket il est à 150 dollars et si, c'est pas possible. d'avoir des tickets à ce prix-là, ou alors on travaille avec les mêmes personnes. Bref, je sais qu'on est en train de parler, on revient à chaque fois au même sujet. Les droits d'auteur, c'est quand même quelque chose qui permet à des artistes de vivre, alors, pas seulement des stars, des artistes qu'on ne connaît pas, les auteurs, les compositeurs, les musiciens de studio, les... Bref, et ça, c'est ça qui fait vivre la culture.
Entre autres, il n'y a pas que, mais oui, c'est ce qui fait vivre, en tout cas, c'est ce qui permet...
Le bout d'un chien de valeur.
De faire vivre ta famille, effectivement. En tout cas, les éditions, tout ça, mais c'est très content. complexe parce que dans l'approche africaine de la gestion des droits d'auteur, il y a alors excuse-moi c'est éminemment politique ce que je vais dire, mais bon on est obligé de l'adresser parce que c'est un fait, c'est que ça revient un peu à cette notion de on doit rester connecté à la France ou à l'Europe le TPRS, il y a des savoir-faire qu'il faut prendre chez eux, évidemment il y a beaucoup de choses très positives qu'on peut adapter à nos réalités parce que la bancarisation c'est un problème tu vas payer tes droits d'auteur à qui, comment, si le mec qui les... il est au fin foot, ça cambrousse à Bangui, c'est compliqué.
Par contre... Oui, il y a le digital maintenant. Oui. Il y a les wallets, tout ça, puis il y a les réussites. Justement.
On n'oublie pas un truc, c'est l'accès à l'information et à l'éducation.
C'est d'abord ça. Moi, j'allais dire, si tu poses la question sur le droit d'auteur, ce n'est pas par là qu'on commence. Si ta chaîne de valeur est structurée dès le départ, c'est-à-dire... Je vais parler de la musique pour rester un peu plus concret. On va dire repérage de talent. on en parlait à table, si tu as des bons mécanismes de repérage de talents, parce qu'un talent ça se construit, il faut en chercher plein pour en avoir un qui se démarque. et que tu puisses l'accompagner dans le cadre du financement de ton premier album, qu'il soit managé, qu'il signe chez un label. Enfin, je te décris un peu ce qu'on a pas en Maroc. Qu'il signe chez un label, que le label l'accompagne par une campagne média, que derrière, chaque chanson soit enregistrée au niveau du bureau marocain du droit d'auteur, qu'on sache qui l'a écrite, qu'on ait des éditeurs. On n'a pas d'éditeurs. Le publishing n'existe pas au Maroc.
Le seul pays africain qui a ça, c'est l'Afrique du Sud.
Exactement. Je ne peux pas le dire, mais au Maroc, ça va changer très bientôt. Et donc, quand tu as déjà des manquements à la chaîne de valeur structurante qui devrait donner naissance au droit d'auteur comme étant une source de revenu, et au-delà de ça, le droit d'auteur, c'est vraiment une source de reconnaissance de la propriété de la personne. Regarde Najib Thiabou, cette affaire qui a fait la une des journaux qui récupère les droits sur Galvanized, The Chemical Brothers, 10 ans après. Bravo Najib Thiabou, j'ai envie de dire. Bravo Mad, qui l'a accompagné dans ça. Et ça donne une leçon.
Combien d'artistes marocains qui sont montés dans la Naïda, sur toutes les radios, et puis j'étais à la radio à l'époque, et on se disait, rien qu'avec le nombre de fois où je passais les Ausha, où je passais les Ashkain à l'époque, etc., je me dis, mais il faut que ça tombe, ça serait normal.
Mais il faut que je sache qu'il y a deux petits soucis.
Enfin, ils avaient deux sous, quoi.
Deux petits soucis. Le premier, c'est que d'abord, les diffuseurs, que ce soit les radios, les télés et les festivals, ne déclarent pas. au BMDA ce qu'ils font. Ils ne payent pas.
Il y en a qui payaient les 2%
mais qui ne donnaient pas la playlist. Pour expliquer, notre festival doit s'inscrire auprès du BMDA, donner son programme, dire chaque chanteur combien de temps il va chanter, la radio donner le programme, la télé... Et donc derrière, le BMDA ne peut pas payer un artiste, même si le diffuseur la paye. Si l'artiste n'est pas mis en place...
Ça, c'était le système,
bien sûr. Oui, et puis après, tu as aussi un modèle beaucoup plus simple. Je comprends tout à fait ce que tu soulèves. C'est un vrai problème. Mais encore une fois, on ne peut pas appliquer des politiques et des modes de fonctionnement à des environnements qui ne fonctionnent pas comme ça. Ici, c'est le négoce, c'est la débrouille, c'est le marché parallèle. Il y a une notion qu'il faut adapter. Tu sais, encore une fois, il faut de la flexibilité. Oui. Je pense que la personne... qui n'est pas enregistré à la BMD, par exemple. Très bien. Le simple fait que cette personne ait, ne serait-ce qu'on va dire, donné les bons crédits de sa chanson, qui a composé, qui a écrit, machin. Très bien. En partant du principe qu'il a, qu'il ou elle a reçu l'éducation, l'information nécessaire pour savoir comment. Ça, c'est fait. À partir du moment où c'est fait, parce que je peux t'assurer que le problème n'est pas comme un requin. Même en Europe.
Oui,
oui. Je tombe sur parfois des gens, je dis mais... En fait, moi, c'est ce sur quoi je me focalise beaucoup maintenant. Ça fait 25 ans que je fais ça. Maintenant, je me focalise dans la transmission parce que je me rends compte que, non, il y a des niveaux d'ignorance qui sont juste absolument effrayants. Parce que si tu ne sais même pas... comment t'enregistrer que l'Assasem existe par exemple. C'est un vrai problème. Ça veut dire qu'en vérité, il n'y a même pas une volonté.
Il y a les pros de ça qui connaissent ça en détail et qui vivent très bien avec.
Il y a quand même une différence énorme entre le BMDA et l'Assasem. Ce que je voulais dire, c'est que le Maroc est quand même singulier dans ça. C'est qu'on est peut-être parmi les rares pays qui ont une société de gestion des droits qui est publique. Parce qu'à la base, les droits, c'est privé, ça appartient à l'artiste. Donc, supposer d'être représenté par un syndicat des artistes au Maroc, c'est public. Alors ça, c'est un avantage et un inconvénient. Le principal avantage, c'est que pendant le Covid, quand toutes les sociétés de droits ont fait faillite, parce que du coup, il n'y avait plus de diffuseurs, donc plus de trucs, le BMDA est en public grâce à la copie privée. a permis qu'ils survivent. C'était vraiment de rédiger les tribus. Mais déjà ça, on va dire, dans la législation, ça complique les choses par rapport aux autres pays au Maroc.
Alors, j'aimerais revenir ici, parce qu'on est à la fin de l'émission. J'aimerais en parler pendant des heures, mais on est ici, donc à Tantan. On va tous assister au Nossam. Moi, je vais animer les discussions autour de différents sujets. Il y a même la filière Kamlin. C'est pour ça que vous voyez un petit dromadaire ici. On est sur un territoire Vierge mais qui a un patrimoine ancestral. Vierge, ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien.
Vierge,
ça veut dire que il n'y a rien qui est développé. Encore aujourd'hui, il y a tout à faire. Patrimoine ancestral, une histoire incroyable qui est très peu connue. C'est vrai que l'histoire Hassani, la langue avec ses mélanges d'arabe, de peule, il y a énormément de berbère, etc. Bref, c'est énorme si on devait aujourd'hui, et c'est de ça dont on va discuter pendant les conférences, donner des conseils pour... partir de zéro et essayer de faire en sorte de sauvegarder, de pérenniser et d'animer une région comme ça. Ça serait quoi ? Je sais que c'est un gros programme, mais voilà, quand on a une page blanche.
Oui, je pense d'abord reconnaître d'où on vient. Se rappeler que le Moussem, on va clôturer l'émission avec ce qu'on a démarré, c'est un métissage. le Séméné, des tribus nomades qui voyageaient dans le désert et qui s'arrêtaient ici. au niveau d'un puits, et tan tan, vient du claquement du seau d'eau dans le puits, en allant récupérer l'eau. Cette rencontre a fait que les tribus de différents horizons sont venues, d'ailleurs, on sera demain sur la place du Moussem, là où les tribus seront autour de la place.
Il va y avoir de la poussière, vous allez voir. C'est génial.
Il y a un travail d'abord de documentation, c'est-à-dire d'où on vient. Qu'est-ce qui s'est passé depuis les années 60 quand le Mou s'est mené de sa structuration en 2004, grâce à la reprise en tout cas par sa majesté le roi, et ensuite archivé par de la parole ancestrale, par des images, par différents formats. Je pense que d'abord préserver et ensuite faire évoluer. Mais si on ne préserve pas, on risque de perdre la trace de ce qu'on a fait.
Écoute. J'ai envie de faire écho à ce que tu as dit, mais pour ne pas répéter ce que tu as dit. Dire que, encore une fois... Un événement comme le Moussane de Tintin montre que lorsque les choses sont décidées à haut niveau, ça bouge. Lorsqu'il y a un véritable investissement, en l'occurrence ici de sa majesté le roi, qui met de sa personne, de son énergie, et c'est la 18ème édition si je ne m'abuse, je pense qu'on voit concrètement que c'est quelque chose qui, non seulement est décisif, pour continuer à éduquer les générations qui viennent. valoriser ces cultures, mais aussi, je pense que c'est quelque chose de très important pour le soft power et pour la diplomatie.
Soft power, on retient ça, la culture. Moi, j'aime toujours répéter quelque chose, une citation ou une citation, genre c'est apocryphe, je ne sais pas si c'est vrai ou pas, mais je me plais à croire que c'est vrai. C'était pendant la Seconde Guerre mondiale, quand un ministre est venu voir Churchill, il leur a dit « Sir, il faut enlever le budget de la culture pour soutenir l'effort de guerre. » Et Churchill a répondu « Mais pourquoi croyez-vous que l'on se bat ? » Bon. Voilà, moi je vais finir par ça. Et on se retrouve très vite dans Parole d'expert sur H24, toujours ici au Moussum de Tintin. Si vous préférez les paroles aux images, vous pouvez retrouver le podcast sur toutes les bonnes plateformes. Et nous, on se retrouve très vite. Bye bye.
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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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bonjour à toutes et à tous et ravi de vous retrouver pour un nouveau parole d'expert et vous le voyez on est sorti du studio de casa pour aller vous faire vivre un événement au cœur de l'événement, le Moussane de Tantan. Et on est à Tantan, dans une tente sahraoui, et puis on est juste en face de la mer. C'est absolument magnifique. On va vous faire vivre cet événement. Je vais vous faire rencontrer tous les acteurs, les actrices qui sont là. Alors, pas de cinéma, mais des différentes discussions qui vont avoir lieu pour parler de différents sujets, que ce soit la culture, que ce soit le développement économique, que ce soit certains secteurs. ici à Tantan pour ce moussem et c'est un moussem qui est protégé par l'UNESCO et oui ça rentre dans le patrimoine universel de l'UNESCO. On aura d'ailleurs un des représentants de l'UNESCO avec nous dans une des émissions où on pourra parler de plus en détail de ce moussem de la culture hasseini. Cette émission je commence avec deux acteurs et là pour le coup ce sont des acteurs culturels puisque c'est un sujet qui va être débattu ici au moussem de Tantan c'est la culture Culture, c'est un vaste sujet et vous savez on en parle très souvent dans Parole d'expert, on en parle cash pour savoir comment développer la culture, comment mettre en place des systèmes pérennes qui permettent de faire émerger des talents et de pérenniser aussi des activités culturelles, que ce soit la musique, que ce soit le théâtre, les arts vivants, tout ce qui peut animer une région et qui compte un patrimoine absolument incroyable ici dans la région de Goulmim-Oued-Noun. Parle d'experts spécial Moussem de Tantan, c'est tout de suite. Alors je suis ravi vraiment d'accueillir deux personnes avec qui on aura des discussions. Ce sera dimanche avec la conférence, avec un certain nombre d'intervenants pour parler de différents sujets, pour parler de la culture et du développement culturel. Avec moi, Amadou. droite Marwan El Fashen, directeur de la Fondation IBA. Ça va Marwan ?
Bonjour Faisal.
Tu vas bien ?
Très bien,
et toi ? Super, on était dans l'avion ensemble et on est arrivé ici.
Bien arrivé.
Ah bah oui, on est bien arrivé. Tout s'est bien passé. Je sais que t'as peur de l'avion, mais Tout s'est bien passé, c'est beau. Baudi Sadeva est à mes côtés. Comment ça va Baudi ?
Très très bien, très très bien. On a bien voyagé,
on était tous dans le même avion. On était tous dans le même avion et on a discuté après en se rencontrant ici. Exactement. Baudi Sadeva, comment te présenter ? Pour ceux qui ne le connaissent pas, il y en a beaucoup qui le connaissent, pour ceux qui ne le connaissent pas, allez, rendez-vous sur votre plateforme de streaming, Apple Podcasts, Spotify, ce que vous voulez, etc. Tapez Baudi Sadeva et vous allez voir tout ce qu'il a fait, son œuvre, son style. C'est, comment on appelle ça ?
De l'Ancestral Soul.
L'Ancestral Soul.
française, c'est pas moncestral, mais c'est plus moderne qu'on le pense, finalement. En tout cas, c'est ancré dans des valeurs, dans la tradition, mais toujours vers le futur, toujours vers le forward thinking.
Alors, on va essayer ensemble de parler de culture, de savoir pourquoi on est là aujourd'hui. Moi, pour ma part, c'est mon deuxième Moussame de Tintam. J'étais venu juste avant le Covid. Ça remonte quand même pas mal. On est dans un bivouac. C'est quand même assez sympa. Première fois pour toi, le mot,
Sam Nathana ? Tout à fait. Très impressionné. Je savais que c'était important, mais alors là, quand j'ai vu l'organisation, j'ai vu tout ça, je me suis dit, waouh, franchement, c'est absolument époustouflant.
Alors, c'est un territoire qui est vierge, on est dans les provinces du sud du Maroc. C'est vrai que ce que tu dis, c'est qu'on vient organiser un événement dans un endroit où, voilà, bon, il y a quelques infrastructures, il y a tout à développer.
C'est la base à laquelle on s'attend quand on va dans une région globale dans le monde, dans le cadre d'un festival, il y a quand même un certain nombre d'années, reconnue comme patrimoine immatériel de l'Union Européenne, on s'attend quelque part dans notre tête à un certain confort ou infrastructure. Le cas, ce n'est pas le cas. Et c'est ce qui crée l'effet de surprise, je pense. Mais derrière, c'est voulu. Parce que je pense que le bivouac, ça renvoie vers l'image des populations nomades qui ont donné naissance au Moussème dans sa version initiale.
C'est la marque de fabrique et vous verrez des images. Parce que le Moussème, ça sera demain, c'est le week-end. Là, on est vendredi. Samedi, dimanche, ça sera le Moussème. où vous avez une trentaine de tribus. nomades qui viennent avec et c'est impressionnant vraiment c'est impressionnant et on est dans un maroc ancestral tu l'as dit ça colle très bien avec la notion d'ancestrales sont on va parler de culture on va parler de tard non seulement de culture africaine mais de culture en général comment ça c'est un sujet qui nous tient tous à coeur parce que autant je peux peut-être animateur journaliste mais je suis aussi musicien donc c'est quelque chose qui me tient beaucoup à coeur et savoir comment on développe ça dans un endroit où il ya tout à faire c'est assez intéressant. Déjà... La croisée des chemins. Alors c'est peut-être une idée reçue, c'est souvent des slogans de grands films institutionnels, mais c'est une réalité ici. C'est une réalité. Toi, déjà tes origines, ça serait pas mal de les connaître.
Oui, alors je suis né en République centrafricaine d'un père français centrafricain, donc franco-centrafricain, d'une mère belge-américaine, belgo-américaine.
Quatre passeports, t'as fait déjà quatre.
Ouais, c'est costaud.
T'as vécu où ?
Alors je suis né à Bangui, j'ai grandi à Bria à l'Est. J'ai quitté le pays pour aller en Belgique où j'ai vécu 17 ans. Entre temps j'ai vécu deux ans à Birmingham, reparti vivre en Belgique. Vivre au Portugal 8 ans, et là je suis à Londres et au Portugal. Je suis entre les deux.
Et aujourd'hui il le manque.
Ou je compte venir un peu plus régulièrement et rester un peu plus longtemps dans cette démarche de travailler sur ce côté des filles. fusion, finalement, qui est quelque chose, enfin, sur cet aspect des fusions qui, pour moi, est l'identité essentielle de ma musique. C'est sur ça que j'ai fondé toute ma notoriété à l'international. Et je pense que c'est à travers ces métissages, justement, que les pop se rendent compte. que justement ces cultures se connectent à travers des festivals, des événements comme ceux que vous êtes en train de faire ici, qui je pense transcendent largement le Maroc, même si c'est finalement le Maroc qu'on met en avant et sa culture dans toute sa splendeur, et ses cultures dans toute leur splendeur. je pense que ça touche profondément à la psyché africaine. Elle se rend compte que c'est possible.
On va voir comment c'est possible. Vous êtes en train d'écouter, depuis tout à l'heure, on passe en fond ta musique, c'est Belma Belma. C'est quoi l'histoire de ce titre ? Parce que c'est vrai que tu l'as enregistré au Maroc en plus.
J'enregistre à Casablanca, c'était 2016. Casablanca, un gros bisou à Rita et à toute sa famille. Tamidjouni et sa famille qui m'ont reçu. On a enregistré finalement chez eux un projet qui s'appelle The Healing Rituals. Et donc, c'est un projet de 4-5 titres qu'on a enregistré avec Mal et Mahmam. Et c'était absolument merveilleux. merveilleux, spirituel, organique. Tout était aligné, finalement. Tout était aligné. On a fait quelque chose qui a marqué. Concrètement, je ne savais pas que c'était devenu un hit ici au Maroc. On m'a dit, non, non, Belma, Belma. Donc, un très beau projet.
C'était pas Belmer, Belmer. T'as fait le bon truc.
Belma,
Belma. Ça a trois écoutes.
C'est vrai que le Maroc, j'ai eu une connexion forte parce que je suis venu la première fois au Maroc en 2008. feu, médicaments, Didamir m'avait fait venir pour jouer au chocolate à l'époque.
On a une pensée pour Mehdi.
Exactement. Et donc voilà. C'est un lien fort que j'ai avec le Maroc depuis 2008. Alors,
t'inquiète pas, je vais vous faire parler entre nous deux parce qu'il y a des choses intéressantes. Rappelle-nous encore une fois, ça ne mange pas de pain, la fondation IBA, parce qu'après ça va nous permettre de discuter d'un certain nombre de choses.
Évidemment. La fondation IBA, naissance en 2006, l'initiative de sa majesté le roi Mohamed VI, pour faire court, pour très simplement trois grands... grandes missions. D'abord, un, assurer la démocratisation de l'accès à la culture, notamment pour les jeunes du pays. Et quand on dit démocratiser l'accès, c'est-à-dire par le prix, donc accès par le prix, mais aussi par les lieux. La Fondation IBA étant gestionnaire d'un lieu patrimonial,
accès à la production d'un culture. axé à la culture déjà en consommateur et en production en 2006 quoi on était déjà,
est-ce que le manque à lambda on peut aller dans un musée, aller dans un cancer aller voir un film, vraiment et ça a évolué deuxième grande mission via le bâtiment qui est la propriété de la fondation, qui est classé patrimoine de Rabat et bien la préservation du patrimoine matériel et immatériel d'où aussi un petit peu ma présence aujourd'hui au niveau du Mossem Et enfin... mission on va dire beaucoup plus récente qui accompagne l'évolution du secteur culturel marocain, la structuration et l'accompagnement à la professionnalisation des acteurs de l'industrie culturelle créative au niveau du Maroc et ça, ça passe par le biais d'accompagnement de formation, de financement de la production de financement de la diffusion aussi et quelque part aussi un accompagnement à l'export de la production parce que finalement la clé de voûte de toute l'industrie culturelle, et je pense qu'on va en parler, puisque justement, le rayonnement seul ou le métissage des cultures seules ne porte pas les cultures à se pérenniser, ou à vivre au-delà de leur aspect, on va dire, temporel, assez localisé. Mais c'est plutôt le modèle économique que l'on va faire accompagner par ce métissage qui va faire la garantie de la pérennisation. Et notamment, des moussèmes comme celui-ci, Comment est-ce que, indépendamment des financements, peut-être... Merci traditionnel qu'il a, il peut se pérenniser dans le temps. En tout cas ce sont des sujets sur lesquels la Fondation agit, travaille d'une manière agile puisque au jour le jour on est tout proche des artistes par le travail que l'on fait sur le terrain via l'agenda culturel, le studio Hiba à Casablanca, l'enregistrement etc. Mais quelque part on a un flottement et on est en contact aussi avec les institutionnels. Ça permet de porter la voix du terrain vers des décideurs, des faiseurs de politique publique qui ne l'écoutent pas souvent ou qui n'ont pas accès Au terrain. Et c'est en tout cas, c'est comme ça que j'aime lire la Fondation IBA aujourd'hui.
Alors, on va rentrer dans le vif du sujet. C'est quoi le problème sur le continent africain, sur notre continent ?
Le ?
Alors on va dire, c'est le plus gros problème parce que quand on a la chance d'avoir plusieurs cultures, d'avoir un pied en Europe, dans des marchés qui sont matures, qui ont des industries musicales qui sont matures ou avec des... Des secteurs qui représentent des milliards de chiffres d'affaires et donc qui nécessairement roulent. Et de l'autre côté, en Afrique, avec les Marocs y compris, on a du mal à faire émerger des talents. Et une fois qu'on les détecte, comment on fait en sorte que ça soit monétisé, que ça puisse être pérenne et qu'on sorte de ce côté seulement pittoresque de ces fusions africaines, etc. On est dans ces émissions, on dit, c'est génial la fusion. Ok, d'accord. Mais après, qu'est-ce qu'on en fait ? Pourquoi ça rayonne pas ? Toi, t'as réussi à rayonner et c'est intéressant. Qu'est-ce qui manque ? Avant qu'on rentre dans le positif, je suis un éternel optimiste, qu'est-ce qui manque ?
Je pense que c'est pas d'être négatif, c'est juste d'être objectif. Et je crois qu'il faut porter un regard objectif par afro-pessimiste, parce que pour moi, je ne suis pas un afro-pessimiste, je considère que l'Afrique, déjà, c'est pas un marché qu'on peut qualifier de finalement non matures. Parce qu'il ne faut pas oublier que bien prédatant le moment où nous sommes aujourd'hui, à l'époque des indépendances, il y a des échanges musicaux qui existaient entre les pays, beaucoup plus qu'il y en a maintenant. Alors, on va prendre d'autres formes. Aujourd'hui, il y a Internet, etc. Maintenant, je pense qu'effectivement, il y a un manque de volonté. Donc des institutions, comme tu disais à l'instant, qui n'écoutent pas ceux qui sont sur le terrain. Parce qu'il y a des véritables enjeux économiques qui sont négligés. On pense que la musique, la culture, en général, c'est une commodité. C'est bon, allez, fais venir les petits troubadours, là, ils vont venir à peu près 5 minutes.
Est-ce qu'on est encore aujourd'hui, je vous pose la question, est-ce qu'on est encore aujourd'hui en train de confondre culture et folklore ? Le folklore fait partie de la culture.
Mais au-delà de ça, vraiment, je rejoins ce qu'il disait parce que, et j'ai deux mots qui permettent. En fait, aujourd'hui, la culture, elle est vraiment vue comme un moyen de divertissement. Dès lors que tu la mets dans ça, elle va toujours être mise à côté de quelque chose, parallèle à quelque chose. Ça ne va jamais être la culture pour la culture. On va faire venir la culture pour animer une conférence, pour faire etc. Mais jamais la culture ne sera un objectif en soi. Et cette lecture-là... elle vient d'un je pense d'un problème très simple et pourtant c'est par manque de vulgarisation institutionnelle qu'on ne le comprend pas à tous les niveaux vous voyez le poids ça va me permettre d'introduire ce que je veux dire, le poids de l'industrie culturelle, une musique et autres dans le monde, il est mesuré par une moyenne de 4,5% du PIB mondial donc c'est à dire que j'imagine qu'on a l'habitude de parler de PIB sur ton éditeur, mais concrètement si on a... traditionnent toute la valeur créée dans le monde.
Maintenant, je milite pour qu'on insère le PIB informel dans le PIB. Voilà.
Mais toute la création de valeur dans le monde, 5%, 4,5% de cette création vient du secteur culturel, musée, cinéma, concert, festival, tout ça. Au Maroc, on est à 1%. Encore une fois,
l'informel n'est pas dedans.
Mais 1%.
Et du coup, ce que j'ai découvert dernièrement en étant en Allemagne, dans une conférence, c'est que là-bas, dans les secteurs culturels et créatifs, ils ne dépendent pas tous du ministère de la Culture. Et c'est là que j'arrive à mon problème.
C'est la question que j'ai, je suis désolé de te couper là. On attend toujours, depuis le début, à chaque fois que j'ai ces débats, on n'a pas ci, on n'a pas ça, on n'a pas ci, de la part de l'État. Mais est-ce qu'on veut vraiment... Que la culture soit, à chaque fois, dépendre des instances gouvernementales, quelles qu'elles soient. À part donner des infrastructures, ok. ou des initiatifs, et encore.
La culture, c'est régalien. C'est pas quelque chose qui... Même si c'est pas quelque chose qui... C'est pas la défense, c'est pas l'économie, c'est pas la santé. C'est quelque chose de très puissant. C'est la vulpine de ta nation.
Regardez les Etats-Unis, ils dominent le monde avec la culture.
Et donc, comme on n'a pas de notion de soft power, en tout cas, dans la majorité des pays africains, de manière générale, il n'y a pas cette notion d'investir en masse dans la culture. Que ce soit les milliardaires, que ce soit les privés, quelles que soient les personnes qui sont en mesure d'investir, en général, comme tu l'as dit, c'est du divertissement pour eux. Donc, ils vont faire venir tel ou tel DJ, tel ou tel producteur, tel ou tel artiste pour faire un concert. Mais en fait, finalement, tu n'as rien laissé de concret pour les gens locales.
J'ouvre une parenthèse sur la question des milliardaires. On va les appeler philanthropes. Ce qu'ils aiment s'appeler comme ça. La spécificité au Maroc, c'est que la philanthropie est d'abord familiale. Quand je dis familiale, c'est par intérêt à quelque chose. Et donc... Donc, la différence entre subventionner, donner, être philanthropes et investisseurs, c'est que je le fais parce que peut-être que je suis vraiment attaché à ce secteur et je veux le faire développer, mais je ne vais jamais investir. en prenant le pan de l'économie, c'est-à-dire aborder la culture, comme étant un secteur économiquement viable dont les revenus peuvent contribuer à l'élévation du pays. Et je complète simplement sur...
Le Maroc est comme ça. Je peux te garantir que c'est comme ça dans tout le continent.
C'est la philanthropie, on va dire, du continent qui a toujours été designée comme ça.
Comme tu dis ici, le Maroc, c'est peut-être plus familial, mais je peux t'assurer, pour l'avoir expérimenté à plusieurs degrés, franchement, c'est extrêmement frustrant. tu te casses la tête à faire des dossiers des dossiers solides où tu expliques, voilà, vraiment tu fais de la recherche profonde, tu t'assieds avec les gens et puis on te regarde comme si en fait on te fait, tu sais c'est un peu t'es un bon élève, c'est bien t'as fait tes bonnes notes, c'est gentil mais bon vas-y mets-toi à côté parce que là tu m'as fatigué fais-moi rigoler en fait il faut que tu sois un clown, mais je suis pas un clown en fait, c'est une économie alors ok sympa
je vous écoute la notion de droit d'auteur c'est extrêmement important au Maroc on a le bureau marocain des droits d'auteur qui avec une réforme sous l'impulsion de sa majesté heureusement qu'il a tapé du poing il y a eu une réforme parce qu'avant c'était du grand n'importe quoi et puis j'assume absolument ce que je dis maintenant il y a une volonté d'aller plus avant on a un système en France qui est l'assassin qui est absolument incroyable et de manière historique un peu partout dans le monde aux Etats-Unis etc c'est un vrai problème les droits d'auteur. On en parlait avant qu'on rentre en émission. Est-ce que ça ne passe pas par là ? La propriété intellectuelle, le fait de faire prendre conscience à la population, aux consommateurs de la culture que la culture, ça se produit, ça demande des moyens. Quand on veut aller voir, comparer ce qui est comparable, quand on veut un show et quand on veut des shows à la télévision, ça c'est magnifique, pourquoi on n'a pas ça ? Je fais, mais ouais, mais le ticket il est à 150 dollars et si, c'est pas possible. d'avoir des tickets à ce prix-là, ou alors on travaille avec les mêmes personnes. Bref, je sais qu'on est en train de parler, on revient à chaque fois au même sujet. Les droits d'auteur, c'est quand même quelque chose qui permet à des artistes de vivre, alors, pas seulement des stars, des artistes qu'on ne connaît pas, les auteurs, les compositeurs, les musiciens de studio, les... Bref, et ça, c'est ça qui fait vivre la culture.
Entre autres, il n'y a pas que, mais oui, c'est ce qui fait vivre, en tout cas, c'est ce qui permet...
Le bout d'un chien de valeur.
De faire vivre ta famille, effectivement. En tout cas, les éditions, tout ça, mais c'est très content. complexe parce que dans l'approche africaine de la gestion des droits d'auteur, il y a alors excuse-moi c'est éminemment politique ce que je vais dire, mais bon on est obligé de l'adresser parce que c'est un fait, c'est que ça revient un peu à cette notion de on doit rester connecté à la France ou à l'Europe le TPRS, il y a des savoir-faire qu'il faut prendre chez eux, évidemment il y a beaucoup de choses très positives qu'on peut adapter à nos réalités parce que la bancarisation c'est un problème tu vas payer tes droits d'auteur à qui, comment, si le mec qui les... il est au fin foot, ça cambrousse à Bangui, c'est compliqué.
Par contre... Oui, il y a le digital maintenant. Oui. Il y a les wallets, tout ça, puis il y a les réussites. Justement.
On n'oublie pas un truc, c'est l'accès à l'information et à l'éducation.
C'est d'abord ça. Moi, j'allais dire, si tu poses la question sur le droit d'auteur, ce n'est pas par là qu'on commence. Si ta chaîne de valeur est structurée dès le départ, c'est-à-dire... Je vais parler de la musique pour rester un peu plus concret. On va dire repérage de talent. on en parlait à table, si tu as des bons mécanismes de repérage de talents, parce qu'un talent ça se construit, il faut en chercher plein pour en avoir un qui se démarque. et que tu puisses l'accompagner dans le cadre du financement de ton premier album, qu'il soit managé, qu'il signe chez un label. Enfin, je te décris un peu ce qu'on a pas en Maroc. Qu'il signe chez un label, que le label l'accompagne par une campagne média, que derrière, chaque chanson soit enregistrée au niveau du bureau marocain du droit d'auteur, qu'on sache qui l'a écrite, qu'on ait des éditeurs. On n'a pas d'éditeurs. Le publishing n'existe pas au Maroc.
Le seul pays africain qui a ça, c'est l'Afrique du Sud.
Exactement. Je ne peux pas le dire, mais au Maroc, ça va changer très bientôt. Et donc, quand tu as déjà des manquements à la chaîne de valeur structurante qui devrait donner naissance au droit d'auteur comme étant une source de revenu, et au-delà de ça, le droit d'auteur, c'est vraiment une source de reconnaissance de la propriété de la personne. Regarde Najib Thiabou, cette affaire qui a fait la une des journaux qui récupère les droits sur Galvanized, The Chemical Brothers, 10 ans après. Bravo Najib Thiabou, j'ai envie de dire. Bravo Mad, qui l'a accompagné dans ça. Et ça donne une leçon.
Combien d'artistes marocains qui sont montés dans la Naïda, sur toutes les radios, et puis j'étais à la radio à l'époque, et on se disait, rien qu'avec le nombre de fois où je passais les Ausha, où je passais les Ashkain à l'époque, etc., je me dis, mais il faut que ça tombe, ça serait normal.
Mais il faut que je sache qu'il y a deux petits soucis.
Enfin, ils avaient deux sous, quoi.
Deux petits soucis. Le premier, c'est que d'abord, les diffuseurs, que ce soit les radios, les télés et les festivals, ne déclarent pas. au BMDA ce qu'ils font. Ils ne payent pas.
Il y en a qui payaient les 2%
mais qui ne donnaient pas la playlist. Pour expliquer, notre festival doit s'inscrire auprès du BMDA, donner son programme, dire chaque chanteur combien de temps il va chanter, la radio donner le programme, la télé... Et donc derrière, le BMDA ne peut pas payer un artiste, même si le diffuseur la paye. Si l'artiste n'est pas mis en place...
Ça, c'était le système,
bien sûr. Oui, et puis après, tu as aussi un modèle beaucoup plus simple. Je comprends tout à fait ce que tu soulèves. C'est un vrai problème. Mais encore une fois, on ne peut pas appliquer des politiques et des modes de fonctionnement à des environnements qui ne fonctionnent pas comme ça. Ici, c'est le négoce, c'est la débrouille, c'est le marché parallèle. Il y a une notion qu'il faut adapter. Tu sais, encore une fois, il faut de la flexibilité. Oui. Je pense que la personne... qui n'est pas enregistré à la BMD, par exemple. Très bien. Le simple fait que cette personne ait, ne serait-ce qu'on va dire, donné les bons crédits de sa chanson, qui a composé, qui a écrit, machin. Très bien. En partant du principe qu'il a, qu'il ou elle a reçu l'éducation, l'information nécessaire pour savoir comment. Ça, c'est fait. À partir du moment où c'est fait, parce que je peux t'assurer que le problème n'est pas comme un requin. Même en Europe.
Oui,
oui. Je tombe sur parfois des gens, je dis mais... En fait, moi, c'est ce sur quoi je me focalise beaucoup maintenant. Ça fait 25 ans que je fais ça. Maintenant, je me focalise dans la transmission parce que je me rends compte que, non, il y a des niveaux d'ignorance qui sont juste absolument effrayants. Parce que si tu ne sais même pas... comment t'enregistrer que l'Assasem existe par exemple. C'est un vrai problème. Ça veut dire qu'en vérité, il n'y a même pas une volonté.
Il y a les pros de ça qui connaissent ça en détail et qui vivent très bien avec.
Il y a quand même une différence énorme entre le BMDA et l'Assasem. Ce que je voulais dire, c'est que le Maroc est quand même singulier dans ça. C'est qu'on est peut-être parmi les rares pays qui ont une société de gestion des droits qui est publique. Parce qu'à la base, les droits, c'est privé, ça appartient à l'artiste. Donc, supposer d'être représenté par un syndicat des artistes au Maroc, c'est public. Alors ça, c'est un avantage et un inconvénient. Le principal avantage, c'est que pendant le Covid, quand toutes les sociétés de droits ont fait faillite, parce que du coup, il n'y avait plus de diffuseurs, donc plus de trucs, le BMDA est en public grâce à la copie privée. a permis qu'ils survivent. C'était vraiment de rédiger les tribus. Mais déjà ça, on va dire, dans la législation, ça complique les choses par rapport aux autres pays au Maroc.
Alors, j'aimerais revenir ici, parce qu'on est à la fin de l'émission. J'aimerais en parler pendant des heures, mais on est ici, donc à Tantan. On va tous assister au Nossam. Moi, je vais animer les discussions autour de différents sujets. Il y a même la filière Kamlin. C'est pour ça que vous voyez un petit dromadaire ici. On est sur un territoire Vierge mais qui a un patrimoine ancestral. Vierge, ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien.
Vierge,
ça veut dire que il n'y a rien qui est développé. Encore aujourd'hui, il y a tout à faire. Patrimoine ancestral, une histoire incroyable qui est très peu connue. C'est vrai que l'histoire Hassani, la langue avec ses mélanges d'arabe, de peule, il y a énormément de berbère, etc. Bref, c'est énorme si on devait aujourd'hui, et c'est de ça dont on va discuter pendant les conférences, donner des conseils pour... partir de zéro et essayer de faire en sorte de sauvegarder, de pérenniser et d'animer une région comme ça. Ça serait quoi ? Je sais que c'est un gros programme, mais voilà, quand on a une page blanche.
Oui, je pense d'abord reconnaître d'où on vient. Se rappeler que le Moussem, on va clôturer l'émission avec ce qu'on a démarré, c'est un métissage. le Séméné, des tribus nomades qui voyageaient dans le désert et qui s'arrêtaient ici. au niveau d'un puits, et tan tan, vient du claquement du seau d'eau dans le puits, en allant récupérer l'eau. Cette rencontre a fait que les tribus de différents horizons sont venues, d'ailleurs, on sera demain sur la place du Moussem, là où les tribus seront autour de la place.
Il va y avoir de la poussière, vous allez voir. C'est génial.
Il y a un travail d'abord de documentation, c'est-à-dire d'où on vient. Qu'est-ce qui s'est passé depuis les années 60 quand le Mou s'est mené de sa structuration en 2004, grâce à la reprise en tout cas par sa majesté le roi, et ensuite archivé par de la parole ancestrale, par des images, par différents formats. Je pense que d'abord préserver et ensuite faire évoluer. Mais si on ne préserve pas, on risque de perdre la trace de ce qu'on a fait.
Écoute. J'ai envie de faire écho à ce que tu as dit, mais pour ne pas répéter ce que tu as dit. Dire que, encore une fois... Un événement comme le Moussane de Tintin montre que lorsque les choses sont décidées à haut niveau, ça bouge. Lorsqu'il y a un véritable investissement, en l'occurrence ici de sa majesté le roi, qui met de sa personne, de son énergie, et c'est la 18ème édition si je ne m'abuse, je pense qu'on voit concrètement que c'est quelque chose qui, non seulement est décisif, pour continuer à éduquer les générations qui viennent. valoriser ces cultures, mais aussi, je pense que c'est quelque chose de très important pour le soft power et pour la diplomatie.
Soft power, on retient ça, la culture. Moi, j'aime toujours répéter quelque chose, une citation ou une citation, genre c'est apocryphe, je ne sais pas si c'est vrai ou pas, mais je me plais à croire que c'est vrai. C'était pendant la Seconde Guerre mondiale, quand un ministre est venu voir Churchill, il leur a dit « Sir, il faut enlever le budget de la culture pour soutenir l'effort de guerre. » Et Churchill a répondu « Mais pourquoi croyez-vous que l'on se bat ? » Bon. Voilà, moi je vais finir par ça. Et on se retrouve très vite dans Parole d'expert sur H24, toujours ici au Moussum de Tintin. Si vous préférez les paroles aux images, vous pouvez retrouver le podcast sur toutes les bonnes plateformes. Et nous, on se retrouve très vite. Bye bye.
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Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
bonjour à toutes et à tous et ravi de vous retrouver pour un nouveau parole d'expert et vous le voyez on est sorti du studio de casa pour aller vous faire vivre un événement au cœur de l'événement, le Moussane de Tantan. Et on est à Tantan, dans une tente sahraoui, et puis on est juste en face de la mer. C'est absolument magnifique. On va vous faire vivre cet événement. Je vais vous faire rencontrer tous les acteurs, les actrices qui sont là. Alors, pas de cinéma, mais des différentes discussions qui vont avoir lieu pour parler de différents sujets, que ce soit la culture, que ce soit le développement économique, que ce soit certains secteurs. ici à Tantan pour ce moussem et c'est un moussem qui est protégé par l'UNESCO et oui ça rentre dans le patrimoine universel de l'UNESCO. On aura d'ailleurs un des représentants de l'UNESCO avec nous dans une des émissions où on pourra parler de plus en détail de ce moussem de la culture hasseini. Cette émission je commence avec deux acteurs et là pour le coup ce sont des acteurs culturels puisque c'est un sujet qui va être débattu ici au moussem de Tantan c'est la culture Culture, c'est un vaste sujet et vous savez on en parle très souvent dans Parole d'expert, on en parle cash pour savoir comment développer la culture, comment mettre en place des systèmes pérennes qui permettent de faire émerger des talents et de pérenniser aussi des activités culturelles, que ce soit la musique, que ce soit le théâtre, les arts vivants, tout ce qui peut animer une région et qui compte un patrimoine absolument incroyable ici dans la région de Goulmim-Oued-Noun. Parle d'experts spécial Moussem de Tantan, c'est tout de suite. Alors je suis ravi vraiment d'accueillir deux personnes avec qui on aura des discussions. Ce sera dimanche avec la conférence, avec un certain nombre d'intervenants pour parler de différents sujets, pour parler de la culture et du développement culturel. Avec moi, Amadou. droite Marwan El Fashen, directeur de la Fondation IBA. Ça va Marwan ?
Bonjour Faisal.
Tu vas bien ?
Très bien,
et toi ? Super, on était dans l'avion ensemble et on est arrivé ici.
Bien arrivé.
Ah bah oui, on est bien arrivé. Tout s'est bien passé. Je sais que t'as peur de l'avion, mais Tout s'est bien passé, c'est beau. Baudi Sadeva est à mes côtés. Comment ça va Baudi ?
Très très bien, très très bien. On a bien voyagé,
on était tous dans le même avion. On était tous dans le même avion et on a discuté après en se rencontrant ici. Exactement. Baudi Sadeva, comment te présenter ? Pour ceux qui ne le connaissent pas, il y en a beaucoup qui le connaissent, pour ceux qui ne le connaissent pas, allez, rendez-vous sur votre plateforme de streaming, Apple Podcasts, Spotify, ce que vous voulez, etc. Tapez Baudi Sadeva et vous allez voir tout ce qu'il a fait, son œuvre, son style. C'est, comment on appelle ça ?
De l'Ancestral Soul.
L'Ancestral Soul.
française, c'est pas moncestral, mais c'est plus moderne qu'on le pense, finalement. En tout cas, c'est ancré dans des valeurs, dans la tradition, mais toujours vers le futur, toujours vers le forward thinking.
Alors, on va essayer ensemble de parler de culture, de savoir pourquoi on est là aujourd'hui. Moi, pour ma part, c'est mon deuxième Moussame de Tintam. J'étais venu juste avant le Covid. Ça remonte quand même pas mal. On est dans un bivouac. C'est quand même assez sympa. Première fois pour toi, le mot,
Sam Nathana ? Tout à fait. Très impressionné. Je savais que c'était important, mais alors là, quand j'ai vu l'organisation, j'ai vu tout ça, je me suis dit, waouh, franchement, c'est absolument époustouflant.
Alors, c'est un territoire qui est vierge, on est dans les provinces du sud du Maroc. C'est vrai que ce que tu dis, c'est qu'on vient organiser un événement dans un endroit où, voilà, bon, il y a quelques infrastructures, il y a tout à développer.
C'est la base à laquelle on s'attend quand on va dans une région globale dans le monde, dans le cadre d'un festival, il y a quand même un certain nombre d'années, reconnue comme patrimoine immatériel de l'Union Européenne, on s'attend quelque part dans notre tête à un certain confort ou infrastructure. Le cas, ce n'est pas le cas. Et c'est ce qui crée l'effet de surprise, je pense. Mais derrière, c'est voulu. Parce que je pense que le bivouac, ça renvoie vers l'image des populations nomades qui ont donné naissance au Moussème dans sa version initiale.
C'est la marque de fabrique et vous verrez des images. Parce que le Moussème, ça sera demain, c'est le week-end. Là, on est vendredi. Samedi, dimanche, ça sera le Moussème. où vous avez une trentaine de tribus. nomades qui viennent avec et c'est impressionnant vraiment c'est impressionnant et on est dans un maroc ancestral tu l'as dit ça colle très bien avec la notion d'ancestrales sont on va parler de culture on va parler de tard non seulement de culture africaine mais de culture en général comment ça c'est un sujet qui nous tient tous à coeur parce que autant je peux peut-être animateur journaliste mais je suis aussi musicien donc c'est quelque chose qui me tient beaucoup à coeur et savoir comment on développe ça dans un endroit où il ya tout à faire c'est assez intéressant. Déjà... La croisée des chemins. Alors c'est peut-être une idée reçue, c'est souvent des slogans de grands films institutionnels, mais c'est une réalité ici. C'est une réalité. Toi, déjà tes origines, ça serait pas mal de les connaître.
Oui, alors je suis né en République centrafricaine d'un père français centrafricain, donc franco-centrafricain, d'une mère belge-américaine, belgo-américaine.
Quatre passeports, t'as fait déjà quatre.
Ouais, c'est costaud.
T'as vécu où ?
Alors je suis né à Bangui, j'ai grandi à Bria à l'Est. J'ai quitté le pays pour aller en Belgique où j'ai vécu 17 ans. Entre temps j'ai vécu deux ans à Birmingham, reparti vivre en Belgique. Vivre au Portugal 8 ans, et là je suis à Londres et au Portugal. Je suis entre les deux.
Et aujourd'hui il le manque.
Ou je compte venir un peu plus régulièrement et rester un peu plus longtemps dans cette démarche de travailler sur ce côté des filles. fusion, finalement, qui est quelque chose, enfin, sur cet aspect des fusions qui, pour moi, est l'identité essentielle de ma musique. C'est sur ça que j'ai fondé toute ma notoriété à l'international. Et je pense que c'est à travers ces métissages, justement, que les pop se rendent compte. que justement ces cultures se connectent à travers des festivals, des événements comme ceux que vous êtes en train de faire ici, qui je pense transcendent largement le Maroc, même si c'est finalement le Maroc qu'on met en avant et sa culture dans toute sa splendeur, et ses cultures dans toute leur splendeur. je pense que ça touche profondément à la psyché africaine. Elle se rend compte que c'est possible.
On va voir comment c'est possible. Vous êtes en train d'écouter, depuis tout à l'heure, on passe en fond ta musique, c'est Belma Belma. C'est quoi l'histoire de ce titre ? Parce que c'est vrai que tu l'as enregistré au Maroc en plus.
J'enregistre à Casablanca, c'était 2016. Casablanca, un gros bisou à Rita et à toute sa famille. Tamidjouni et sa famille qui m'ont reçu. On a enregistré finalement chez eux un projet qui s'appelle The Healing Rituals. Et donc, c'est un projet de 4-5 titres qu'on a enregistré avec Mal et Mahmam. Et c'était absolument merveilleux. merveilleux, spirituel, organique. Tout était aligné, finalement. Tout était aligné. On a fait quelque chose qui a marqué. Concrètement, je ne savais pas que c'était devenu un hit ici au Maroc. On m'a dit, non, non, Belma, Belma. Donc, un très beau projet.
C'était pas Belmer, Belmer. T'as fait le bon truc.
Belma,
Belma. Ça a trois écoutes.
C'est vrai que le Maroc, j'ai eu une connexion forte parce que je suis venu la première fois au Maroc en 2008. feu, médicaments, Didamir m'avait fait venir pour jouer au chocolate à l'époque.
On a une pensée pour Mehdi.
Exactement. Et donc voilà. C'est un lien fort que j'ai avec le Maroc depuis 2008. Alors,
t'inquiète pas, je vais vous faire parler entre nous deux parce qu'il y a des choses intéressantes. Rappelle-nous encore une fois, ça ne mange pas de pain, la fondation IBA, parce qu'après ça va nous permettre de discuter d'un certain nombre de choses.
Évidemment. La fondation IBA, naissance en 2006, l'initiative de sa majesté le roi Mohamed VI, pour faire court, pour très simplement trois grands... grandes missions. D'abord, un, assurer la démocratisation de l'accès à la culture, notamment pour les jeunes du pays. Et quand on dit démocratiser l'accès, c'est-à-dire par le prix, donc accès par le prix, mais aussi par les lieux. La Fondation IBA étant gestionnaire d'un lieu patrimonial,
accès à la production d'un culture. axé à la culture déjà en consommateur et en production en 2006 quoi on était déjà,
est-ce que le manque à lambda on peut aller dans un musée, aller dans un cancer aller voir un film, vraiment et ça a évolué deuxième grande mission via le bâtiment qui est la propriété de la fondation, qui est classé patrimoine de Rabat et bien la préservation du patrimoine matériel et immatériel d'où aussi un petit peu ma présence aujourd'hui au niveau du Mossem Et enfin... mission on va dire beaucoup plus récente qui accompagne l'évolution du secteur culturel marocain, la structuration et l'accompagnement à la professionnalisation des acteurs de l'industrie culturelle créative au niveau du Maroc et ça, ça passe par le biais d'accompagnement de formation, de financement de la production de financement de la diffusion aussi et quelque part aussi un accompagnement à l'export de la production parce que finalement la clé de voûte de toute l'industrie culturelle, et je pense qu'on va en parler, puisque justement, le rayonnement seul ou le métissage des cultures seules ne porte pas les cultures à se pérenniser, ou à vivre au-delà de leur aspect, on va dire, temporel, assez localisé. Mais c'est plutôt le modèle économique que l'on va faire accompagner par ce métissage qui va faire la garantie de la pérennisation. Et notamment, des moussèmes comme celui-ci, Comment est-ce que, indépendamment des financements, peut-être... Merci traditionnel qu'il a, il peut se pérenniser dans le temps. En tout cas ce sont des sujets sur lesquels la Fondation agit, travaille d'une manière agile puisque au jour le jour on est tout proche des artistes par le travail que l'on fait sur le terrain via l'agenda culturel, le studio Hiba à Casablanca, l'enregistrement etc. Mais quelque part on a un flottement et on est en contact aussi avec les institutionnels. Ça permet de porter la voix du terrain vers des décideurs, des faiseurs de politique publique qui ne l'écoutent pas souvent ou qui n'ont pas accès Au terrain. Et c'est en tout cas, c'est comme ça que j'aime lire la Fondation IBA aujourd'hui.
Alors, on va rentrer dans le vif du sujet. C'est quoi le problème sur le continent africain, sur notre continent ?
Le ?
Alors on va dire, c'est le plus gros problème parce que quand on a la chance d'avoir plusieurs cultures, d'avoir un pied en Europe, dans des marchés qui sont matures, qui ont des industries musicales qui sont matures ou avec des... Des secteurs qui représentent des milliards de chiffres d'affaires et donc qui nécessairement roulent. Et de l'autre côté, en Afrique, avec les Marocs y compris, on a du mal à faire émerger des talents. Et une fois qu'on les détecte, comment on fait en sorte que ça soit monétisé, que ça puisse être pérenne et qu'on sorte de ce côté seulement pittoresque de ces fusions africaines, etc. On est dans ces émissions, on dit, c'est génial la fusion. Ok, d'accord. Mais après, qu'est-ce qu'on en fait ? Pourquoi ça rayonne pas ? Toi, t'as réussi à rayonner et c'est intéressant. Qu'est-ce qui manque ? Avant qu'on rentre dans le positif, je suis un éternel optimiste, qu'est-ce qui manque ?
Je pense que c'est pas d'être négatif, c'est juste d'être objectif. Et je crois qu'il faut porter un regard objectif par afro-pessimiste, parce que pour moi, je ne suis pas un afro-pessimiste, je considère que l'Afrique, déjà, c'est pas un marché qu'on peut qualifier de finalement non matures. Parce qu'il ne faut pas oublier que bien prédatant le moment où nous sommes aujourd'hui, à l'époque des indépendances, il y a des échanges musicaux qui existaient entre les pays, beaucoup plus qu'il y en a maintenant. Alors, on va prendre d'autres formes. Aujourd'hui, il y a Internet, etc. Maintenant, je pense qu'effectivement, il y a un manque de volonté. Donc des institutions, comme tu disais à l'instant, qui n'écoutent pas ceux qui sont sur le terrain. Parce qu'il y a des véritables enjeux économiques qui sont négligés. On pense que la musique, la culture, en général, c'est une commodité. C'est bon, allez, fais venir les petits troubadours, là, ils vont venir à peu près 5 minutes.
Est-ce qu'on est encore aujourd'hui, je vous pose la question, est-ce qu'on est encore aujourd'hui en train de confondre culture et folklore ? Le folklore fait partie de la culture.
Mais au-delà de ça, vraiment, je rejoins ce qu'il disait parce que, et j'ai deux mots qui permettent. En fait, aujourd'hui, la culture, elle est vraiment vue comme un moyen de divertissement. Dès lors que tu la mets dans ça, elle va toujours être mise à côté de quelque chose, parallèle à quelque chose. Ça ne va jamais être la culture pour la culture. On va faire venir la culture pour animer une conférence, pour faire etc. Mais jamais la culture ne sera un objectif en soi. Et cette lecture-là... elle vient d'un je pense d'un problème très simple et pourtant c'est par manque de vulgarisation institutionnelle qu'on ne le comprend pas à tous les niveaux vous voyez le poids ça va me permettre d'introduire ce que je veux dire, le poids de l'industrie culturelle, une musique et autres dans le monde, il est mesuré par une moyenne de 4,5% du PIB mondial donc c'est à dire que j'imagine qu'on a l'habitude de parler de PIB sur ton éditeur, mais concrètement si on a... traditionnent toute la valeur créée dans le monde.
Maintenant, je milite pour qu'on insère le PIB informel dans le PIB. Voilà.
Mais toute la création de valeur dans le monde, 5%, 4,5% de cette création vient du secteur culturel, musée, cinéma, concert, festival, tout ça. Au Maroc, on est à 1%. Encore une fois,
l'informel n'est pas dedans.
Mais 1%.
Et du coup, ce que j'ai découvert dernièrement en étant en Allemagne, dans une conférence, c'est que là-bas, dans les secteurs culturels et créatifs, ils ne dépendent pas tous du ministère de la Culture. Et c'est là que j'arrive à mon problème.
C'est la question que j'ai, je suis désolé de te couper là. On attend toujours, depuis le début, à chaque fois que j'ai ces débats, on n'a pas ci, on n'a pas ça, on n'a pas ci, de la part de l'État. Mais est-ce qu'on veut vraiment... Que la culture soit, à chaque fois, dépendre des instances gouvernementales, quelles qu'elles soient. À part donner des infrastructures, ok. ou des initiatifs, et encore.
La culture, c'est régalien. C'est pas quelque chose qui... Même si c'est pas quelque chose qui... C'est pas la défense, c'est pas l'économie, c'est pas la santé. C'est quelque chose de très puissant. C'est la vulpine de ta nation.
Regardez les Etats-Unis, ils dominent le monde avec la culture.
Et donc, comme on n'a pas de notion de soft power, en tout cas, dans la majorité des pays africains, de manière générale, il n'y a pas cette notion d'investir en masse dans la culture. Que ce soit les milliardaires, que ce soit les privés, quelles que soient les personnes qui sont en mesure d'investir, en général, comme tu l'as dit, c'est du divertissement pour eux. Donc, ils vont faire venir tel ou tel DJ, tel ou tel producteur, tel ou tel artiste pour faire un concert. Mais en fait, finalement, tu n'as rien laissé de concret pour les gens locales.
J'ouvre une parenthèse sur la question des milliardaires. On va les appeler philanthropes. Ce qu'ils aiment s'appeler comme ça. La spécificité au Maroc, c'est que la philanthropie est d'abord familiale. Quand je dis familiale, c'est par intérêt à quelque chose. Et donc... Donc, la différence entre subventionner, donner, être philanthropes et investisseurs, c'est que je le fais parce que peut-être que je suis vraiment attaché à ce secteur et je veux le faire développer, mais je ne vais jamais investir. en prenant le pan de l'économie, c'est-à-dire aborder la culture, comme étant un secteur économiquement viable dont les revenus peuvent contribuer à l'élévation du pays. Et je complète simplement sur...
Le Maroc est comme ça. Je peux te garantir que c'est comme ça dans tout le continent.
C'est la philanthropie, on va dire, du continent qui a toujours été designée comme ça.
Comme tu dis ici, le Maroc, c'est peut-être plus familial, mais je peux t'assurer, pour l'avoir expérimenté à plusieurs degrés, franchement, c'est extrêmement frustrant. tu te casses la tête à faire des dossiers des dossiers solides où tu expliques, voilà, vraiment tu fais de la recherche profonde, tu t'assieds avec les gens et puis on te regarde comme si en fait on te fait, tu sais c'est un peu t'es un bon élève, c'est bien t'as fait tes bonnes notes, c'est gentil mais bon vas-y mets-toi à côté parce que là tu m'as fatigué fais-moi rigoler en fait il faut que tu sois un clown, mais je suis pas un clown en fait, c'est une économie alors ok sympa
je vous écoute la notion de droit d'auteur c'est extrêmement important au Maroc on a le bureau marocain des droits d'auteur qui avec une réforme sous l'impulsion de sa majesté heureusement qu'il a tapé du poing il y a eu une réforme parce qu'avant c'était du grand n'importe quoi et puis j'assume absolument ce que je dis maintenant il y a une volonté d'aller plus avant on a un système en France qui est l'assassin qui est absolument incroyable et de manière historique un peu partout dans le monde aux Etats-Unis etc c'est un vrai problème les droits d'auteur. On en parlait avant qu'on rentre en émission. Est-ce que ça ne passe pas par là ? La propriété intellectuelle, le fait de faire prendre conscience à la population, aux consommateurs de la culture que la culture, ça se produit, ça demande des moyens. Quand on veut aller voir, comparer ce qui est comparable, quand on veut un show et quand on veut des shows à la télévision, ça c'est magnifique, pourquoi on n'a pas ça ? Je fais, mais ouais, mais le ticket il est à 150 dollars et si, c'est pas possible. d'avoir des tickets à ce prix-là, ou alors on travaille avec les mêmes personnes. Bref, je sais qu'on est en train de parler, on revient à chaque fois au même sujet. Les droits d'auteur, c'est quand même quelque chose qui permet à des artistes de vivre, alors, pas seulement des stars, des artistes qu'on ne connaît pas, les auteurs, les compositeurs, les musiciens de studio, les... Bref, et ça, c'est ça qui fait vivre la culture.
Entre autres, il n'y a pas que, mais oui, c'est ce qui fait vivre, en tout cas, c'est ce qui permet...
Le bout d'un chien de valeur.
De faire vivre ta famille, effectivement. En tout cas, les éditions, tout ça, mais c'est très content. complexe parce que dans l'approche africaine de la gestion des droits d'auteur, il y a alors excuse-moi c'est éminemment politique ce que je vais dire, mais bon on est obligé de l'adresser parce que c'est un fait, c'est que ça revient un peu à cette notion de on doit rester connecté à la France ou à l'Europe le TPRS, il y a des savoir-faire qu'il faut prendre chez eux, évidemment il y a beaucoup de choses très positives qu'on peut adapter à nos réalités parce que la bancarisation c'est un problème tu vas payer tes droits d'auteur à qui, comment, si le mec qui les... il est au fin foot, ça cambrousse à Bangui, c'est compliqué.
Par contre... Oui, il y a le digital maintenant. Oui. Il y a les wallets, tout ça, puis il y a les réussites. Justement.
On n'oublie pas un truc, c'est l'accès à l'information et à l'éducation.
C'est d'abord ça. Moi, j'allais dire, si tu poses la question sur le droit d'auteur, ce n'est pas par là qu'on commence. Si ta chaîne de valeur est structurée dès le départ, c'est-à-dire... Je vais parler de la musique pour rester un peu plus concret. On va dire repérage de talent. on en parlait à table, si tu as des bons mécanismes de repérage de talents, parce qu'un talent ça se construit, il faut en chercher plein pour en avoir un qui se démarque. et que tu puisses l'accompagner dans le cadre du financement de ton premier album, qu'il soit managé, qu'il signe chez un label. Enfin, je te décris un peu ce qu'on a pas en Maroc. Qu'il signe chez un label, que le label l'accompagne par une campagne média, que derrière, chaque chanson soit enregistrée au niveau du bureau marocain du droit d'auteur, qu'on sache qui l'a écrite, qu'on ait des éditeurs. On n'a pas d'éditeurs. Le publishing n'existe pas au Maroc.
Le seul pays africain qui a ça, c'est l'Afrique du Sud.
Exactement. Je ne peux pas le dire, mais au Maroc, ça va changer très bientôt. Et donc, quand tu as déjà des manquements à la chaîne de valeur structurante qui devrait donner naissance au droit d'auteur comme étant une source de revenu, et au-delà de ça, le droit d'auteur, c'est vraiment une source de reconnaissance de la propriété de la personne. Regarde Najib Thiabou, cette affaire qui a fait la une des journaux qui récupère les droits sur Galvanized, The Chemical Brothers, 10 ans après. Bravo Najib Thiabou, j'ai envie de dire. Bravo Mad, qui l'a accompagné dans ça. Et ça donne une leçon.
Combien d'artistes marocains qui sont montés dans la Naïda, sur toutes les radios, et puis j'étais à la radio à l'époque, et on se disait, rien qu'avec le nombre de fois où je passais les Ausha, où je passais les Ashkain à l'époque, etc., je me dis, mais il faut que ça tombe, ça serait normal.
Mais il faut que je sache qu'il y a deux petits soucis.
Enfin, ils avaient deux sous, quoi.
Deux petits soucis. Le premier, c'est que d'abord, les diffuseurs, que ce soit les radios, les télés et les festivals, ne déclarent pas. au BMDA ce qu'ils font. Ils ne payent pas.
Il y en a qui payaient les 2%
mais qui ne donnaient pas la playlist. Pour expliquer, notre festival doit s'inscrire auprès du BMDA, donner son programme, dire chaque chanteur combien de temps il va chanter, la radio donner le programme, la télé... Et donc derrière, le BMDA ne peut pas payer un artiste, même si le diffuseur la paye. Si l'artiste n'est pas mis en place...
Ça, c'était le système,
bien sûr. Oui, et puis après, tu as aussi un modèle beaucoup plus simple. Je comprends tout à fait ce que tu soulèves. C'est un vrai problème. Mais encore une fois, on ne peut pas appliquer des politiques et des modes de fonctionnement à des environnements qui ne fonctionnent pas comme ça. Ici, c'est le négoce, c'est la débrouille, c'est le marché parallèle. Il y a une notion qu'il faut adapter. Tu sais, encore une fois, il faut de la flexibilité. Oui. Je pense que la personne... qui n'est pas enregistré à la BMD, par exemple. Très bien. Le simple fait que cette personne ait, ne serait-ce qu'on va dire, donné les bons crédits de sa chanson, qui a composé, qui a écrit, machin. Très bien. En partant du principe qu'il a, qu'il ou elle a reçu l'éducation, l'information nécessaire pour savoir comment. Ça, c'est fait. À partir du moment où c'est fait, parce que je peux t'assurer que le problème n'est pas comme un requin. Même en Europe.
Oui,
oui. Je tombe sur parfois des gens, je dis mais... En fait, moi, c'est ce sur quoi je me focalise beaucoup maintenant. Ça fait 25 ans que je fais ça. Maintenant, je me focalise dans la transmission parce que je me rends compte que, non, il y a des niveaux d'ignorance qui sont juste absolument effrayants. Parce que si tu ne sais même pas... comment t'enregistrer que l'Assasem existe par exemple. C'est un vrai problème. Ça veut dire qu'en vérité, il n'y a même pas une volonté.
Il y a les pros de ça qui connaissent ça en détail et qui vivent très bien avec.
Il y a quand même une différence énorme entre le BMDA et l'Assasem. Ce que je voulais dire, c'est que le Maroc est quand même singulier dans ça. C'est qu'on est peut-être parmi les rares pays qui ont une société de gestion des droits qui est publique. Parce qu'à la base, les droits, c'est privé, ça appartient à l'artiste. Donc, supposer d'être représenté par un syndicat des artistes au Maroc, c'est public. Alors ça, c'est un avantage et un inconvénient. Le principal avantage, c'est que pendant le Covid, quand toutes les sociétés de droits ont fait faillite, parce que du coup, il n'y avait plus de diffuseurs, donc plus de trucs, le BMDA est en public grâce à la copie privée. a permis qu'ils survivent. C'était vraiment de rédiger les tribus. Mais déjà ça, on va dire, dans la législation, ça complique les choses par rapport aux autres pays au Maroc.
Alors, j'aimerais revenir ici, parce qu'on est à la fin de l'émission. J'aimerais en parler pendant des heures, mais on est ici, donc à Tantan. On va tous assister au Nossam. Moi, je vais animer les discussions autour de différents sujets. Il y a même la filière Kamlin. C'est pour ça que vous voyez un petit dromadaire ici. On est sur un territoire Vierge mais qui a un patrimoine ancestral. Vierge, ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien.
Vierge,
ça veut dire que il n'y a rien qui est développé. Encore aujourd'hui, il y a tout à faire. Patrimoine ancestral, une histoire incroyable qui est très peu connue. C'est vrai que l'histoire Hassani, la langue avec ses mélanges d'arabe, de peule, il y a énormément de berbère, etc. Bref, c'est énorme si on devait aujourd'hui, et c'est de ça dont on va discuter pendant les conférences, donner des conseils pour... partir de zéro et essayer de faire en sorte de sauvegarder, de pérenniser et d'animer une région comme ça. Ça serait quoi ? Je sais que c'est un gros programme, mais voilà, quand on a une page blanche.
Oui, je pense d'abord reconnaître d'où on vient. Se rappeler que le Moussem, on va clôturer l'émission avec ce qu'on a démarré, c'est un métissage. le Séméné, des tribus nomades qui voyageaient dans le désert et qui s'arrêtaient ici. au niveau d'un puits, et tan tan, vient du claquement du seau d'eau dans le puits, en allant récupérer l'eau. Cette rencontre a fait que les tribus de différents horizons sont venues, d'ailleurs, on sera demain sur la place du Moussem, là où les tribus seront autour de la place.
Il va y avoir de la poussière, vous allez voir. C'est génial.
Il y a un travail d'abord de documentation, c'est-à-dire d'où on vient. Qu'est-ce qui s'est passé depuis les années 60 quand le Mou s'est mené de sa structuration en 2004, grâce à la reprise en tout cas par sa majesté le roi, et ensuite archivé par de la parole ancestrale, par des images, par différents formats. Je pense que d'abord préserver et ensuite faire évoluer. Mais si on ne préserve pas, on risque de perdre la trace de ce qu'on a fait.
Écoute. J'ai envie de faire écho à ce que tu as dit, mais pour ne pas répéter ce que tu as dit. Dire que, encore une fois... Un événement comme le Moussane de Tintin montre que lorsque les choses sont décidées à haut niveau, ça bouge. Lorsqu'il y a un véritable investissement, en l'occurrence ici de sa majesté le roi, qui met de sa personne, de son énergie, et c'est la 18ème édition si je ne m'abuse, je pense qu'on voit concrètement que c'est quelque chose qui, non seulement est décisif, pour continuer à éduquer les générations qui viennent. valoriser ces cultures, mais aussi, je pense que c'est quelque chose de très important pour le soft power et pour la diplomatie.
Soft power, on retient ça, la culture. Moi, j'aime toujours répéter quelque chose, une citation ou une citation, genre c'est apocryphe, je ne sais pas si c'est vrai ou pas, mais je me plais à croire que c'est vrai. C'était pendant la Seconde Guerre mondiale, quand un ministre est venu voir Churchill, il leur a dit « Sir, il faut enlever le budget de la culture pour soutenir l'effort de guerre. » Et Churchill a répondu « Mais pourquoi croyez-vous que l'on se bat ? » Bon. Voilà, moi je vais finir par ça. Et on se retrouve très vite dans Parole d'expert sur H24, toujours ici au Moussum de Tintin. Si vous préférez les paroles aux images, vous pouvez retrouver le podcast sur toutes les bonnes plateformes. Et nous, on se retrouve très vite. Bye bye.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
bonjour à toutes et à tous et ravi de vous retrouver pour un nouveau parole d'expert et vous le voyez on est sorti du studio de casa pour aller vous faire vivre un événement au cœur de l'événement, le Moussane de Tantan. Et on est à Tantan, dans une tente sahraoui, et puis on est juste en face de la mer. C'est absolument magnifique. On va vous faire vivre cet événement. Je vais vous faire rencontrer tous les acteurs, les actrices qui sont là. Alors, pas de cinéma, mais des différentes discussions qui vont avoir lieu pour parler de différents sujets, que ce soit la culture, que ce soit le développement économique, que ce soit certains secteurs. ici à Tantan pour ce moussem et c'est un moussem qui est protégé par l'UNESCO et oui ça rentre dans le patrimoine universel de l'UNESCO. On aura d'ailleurs un des représentants de l'UNESCO avec nous dans une des émissions où on pourra parler de plus en détail de ce moussem de la culture hasseini. Cette émission je commence avec deux acteurs et là pour le coup ce sont des acteurs culturels puisque c'est un sujet qui va être débattu ici au moussem de Tantan c'est la culture Culture, c'est un vaste sujet et vous savez on en parle très souvent dans Parole d'expert, on en parle cash pour savoir comment développer la culture, comment mettre en place des systèmes pérennes qui permettent de faire émerger des talents et de pérenniser aussi des activités culturelles, que ce soit la musique, que ce soit le théâtre, les arts vivants, tout ce qui peut animer une région et qui compte un patrimoine absolument incroyable ici dans la région de Goulmim-Oued-Noun. Parle d'experts spécial Moussem de Tantan, c'est tout de suite. Alors je suis ravi vraiment d'accueillir deux personnes avec qui on aura des discussions. Ce sera dimanche avec la conférence, avec un certain nombre d'intervenants pour parler de différents sujets, pour parler de la culture et du développement culturel. Avec moi, Amadou. droite Marwan El Fashen, directeur de la Fondation IBA. Ça va Marwan ?
Bonjour Faisal.
Tu vas bien ?
Très bien,
et toi ? Super, on était dans l'avion ensemble et on est arrivé ici.
Bien arrivé.
Ah bah oui, on est bien arrivé. Tout s'est bien passé. Je sais que t'as peur de l'avion, mais Tout s'est bien passé, c'est beau. Baudi Sadeva est à mes côtés. Comment ça va Baudi ?
Très très bien, très très bien. On a bien voyagé,
on était tous dans le même avion. On était tous dans le même avion et on a discuté après en se rencontrant ici. Exactement. Baudi Sadeva, comment te présenter ? Pour ceux qui ne le connaissent pas, il y en a beaucoup qui le connaissent, pour ceux qui ne le connaissent pas, allez, rendez-vous sur votre plateforme de streaming, Apple Podcasts, Spotify, ce que vous voulez, etc. Tapez Baudi Sadeva et vous allez voir tout ce qu'il a fait, son œuvre, son style. C'est, comment on appelle ça ?
De l'Ancestral Soul.
L'Ancestral Soul.
française, c'est pas moncestral, mais c'est plus moderne qu'on le pense, finalement. En tout cas, c'est ancré dans des valeurs, dans la tradition, mais toujours vers le futur, toujours vers le forward thinking.
Alors, on va essayer ensemble de parler de culture, de savoir pourquoi on est là aujourd'hui. Moi, pour ma part, c'est mon deuxième Moussame de Tintam. J'étais venu juste avant le Covid. Ça remonte quand même pas mal. On est dans un bivouac. C'est quand même assez sympa. Première fois pour toi, le mot,
Sam Nathana ? Tout à fait. Très impressionné. Je savais que c'était important, mais alors là, quand j'ai vu l'organisation, j'ai vu tout ça, je me suis dit, waouh, franchement, c'est absolument époustouflant.
Alors, c'est un territoire qui est vierge, on est dans les provinces du sud du Maroc. C'est vrai que ce que tu dis, c'est qu'on vient organiser un événement dans un endroit où, voilà, bon, il y a quelques infrastructures, il y a tout à développer.
C'est la base à laquelle on s'attend quand on va dans une région globale dans le monde, dans le cadre d'un festival, il y a quand même un certain nombre d'années, reconnue comme patrimoine immatériel de l'Union Européenne, on s'attend quelque part dans notre tête à un certain confort ou infrastructure. Le cas, ce n'est pas le cas. Et c'est ce qui crée l'effet de surprise, je pense. Mais derrière, c'est voulu. Parce que je pense que le bivouac, ça renvoie vers l'image des populations nomades qui ont donné naissance au Moussème dans sa version initiale.
C'est la marque de fabrique et vous verrez des images. Parce que le Moussème, ça sera demain, c'est le week-end. Là, on est vendredi. Samedi, dimanche, ça sera le Moussème. où vous avez une trentaine de tribus. nomades qui viennent avec et c'est impressionnant vraiment c'est impressionnant et on est dans un maroc ancestral tu l'as dit ça colle très bien avec la notion d'ancestrales sont on va parler de culture on va parler de tard non seulement de culture africaine mais de culture en général comment ça c'est un sujet qui nous tient tous à coeur parce que autant je peux peut-être animateur journaliste mais je suis aussi musicien donc c'est quelque chose qui me tient beaucoup à coeur et savoir comment on développe ça dans un endroit où il ya tout à faire c'est assez intéressant. Déjà... La croisée des chemins. Alors c'est peut-être une idée reçue, c'est souvent des slogans de grands films institutionnels, mais c'est une réalité ici. C'est une réalité. Toi, déjà tes origines, ça serait pas mal de les connaître.
Oui, alors je suis né en République centrafricaine d'un père français centrafricain, donc franco-centrafricain, d'une mère belge-américaine, belgo-américaine.
Quatre passeports, t'as fait déjà quatre.
Ouais, c'est costaud.
T'as vécu où ?
Alors je suis né à Bangui, j'ai grandi à Bria à l'Est. J'ai quitté le pays pour aller en Belgique où j'ai vécu 17 ans. Entre temps j'ai vécu deux ans à Birmingham, reparti vivre en Belgique. Vivre au Portugal 8 ans, et là je suis à Londres et au Portugal. Je suis entre les deux.
Et aujourd'hui il le manque.
Ou je compte venir un peu plus régulièrement et rester un peu plus longtemps dans cette démarche de travailler sur ce côté des filles. fusion, finalement, qui est quelque chose, enfin, sur cet aspect des fusions qui, pour moi, est l'identité essentielle de ma musique. C'est sur ça que j'ai fondé toute ma notoriété à l'international. Et je pense que c'est à travers ces métissages, justement, que les pop se rendent compte. que justement ces cultures se connectent à travers des festivals, des événements comme ceux que vous êtes en train de faire ici, qui je pense transcendent largement le Maroc, même si c'est finalement le Maroc qu'on met en avant et sa culture dans toute sa splendeur, et ses cultures dans toute leur splendeur. je pense que ça touche profondément à la psyché africaine. Elle se rend compte que c'est possible.
On va voir comment c'est possible. Vous êtes en train d'écouter, depuis tout à l'heure, on passe en fond ta musique, c'est Belma Belma. C'est quoi l'histoire de ce titre ? Parce que c'est vrai que tu l'as enregistré au Maroc en plus.
J'enregistre à Casablanca, c'était 2016. Casablanca, un gros bisou à Rita et à toute sa famille. Tamidjouni et sa famille qui m'ont reçu. On a enregistré finalement chez eux un projet qui s'appelle The Healing Rituals. Et donc, c'est un projet de 4-5 titres qu'on a enregistré avec Mal et Mahmam. Et c'était absolument merveilleux. merveilleux, spirituel, organique. Tout était aligné, finalement. Tout était aligné. On a fait quelque chose qui a marqué. Concrètement, je ne savais pas que c'était devenu un hit ici au Maroc. On m'a dit, non, non, Belma, Belma. Donc, un très beau projet.
C'était pas Belmer, Belmer. T'as fait le bon truc.
Belma,
Belma. Ça a trois écoutes.
C'est vrai que le Maroc, j'ai eu une connexion forte parce que je suis venu la première fois au Maroc en 2008. feu, médicaments, Didamir m'avait fait venir pour jouer au chocolate à l'époque.
On a une pensée pour Mehdi.
Exactement. Et donc voilà. C'est un lien fort que j'ai avec le Maroc depuis 2008. Alors,
t'inquiète pas, je vais vous faire parler entre nous deux parce qu'il y a des choses intéressantes. Rappelle-nous encore une fois, ça ne mange pas de pain, la fondation IBA, parce qu'après ça va nous permettre de discuter d'un certain nombre de choses.
Évidemment. La fondation IBA, naissance en 2006, l'initiative de sa majesté le roi Mohamed VI, pour faire court, pour très simplement trois grands... grandes missions. D'abord, un, assurer la démocratisation de l'accès à la culture, notamment pour les jeunes du pays. Et quand on dit démocratiser l'accès, c'est-à-dire par le prix, donc accès par le prix, mais aussi par les lieux. La Fondation IBA étant gestionnaire d'un lieu patrimonial,
accès à la production d'un culture. axé à la culture déjà en consommateur et en production en 2006 quoi on était déjà,
est-ce que le manque à lambda on peut aller dans un musée, aller dans un cancer aller voir un film, vraiment et ça a évolué deuxième grande mission via le bâtiment qui est la propriété de la fondation, qui est classé patrimoine de Rabat et bien la préservation du patrimoine matériel et immatériel d'où aussi un petit peu ma présence aujourd'hui au niveau du Mossem Et enfin... mission on va dire beaucoup plus récente qui accompagne l'évolution du secteur culturel marocain, la structuration et l'accompagnement à la professionnalisation des acteurs de l'industrie culturelle créative au niveau du Maroc et ça, ça passe par le biais d'accompagnement de formation, de financement de la production de financement de la diffusion aussi et quelque part aussi un accompagnement à l'export de la production parce que finalement la clé de voûte de toute l'industrie culturelle, et je pense qu'on va en parler, puisque justement, le rayonnement seul ou le métissage des cultures seules ne porte pas les cultures à se pérenniser, ou à vivre au-delà de leur aspect, on va dire, temporel, assez localisé. Mais c'est plutôt le modèle économique que l'on va faire accompagner par ce métissage qui va faire la garantie de la pérennisation. Et notamment, des moussèmes comme celui-ci, Comment est-ce que, indépendamment des financements, peut-être... Merci traditionnel qu'il a, il peut se pérenniser dans le temps. En tout cas ce sont des sujets sur lesquels la Fondation agit, travaille d'une manière agile puisque au jour le jour on est tout proche des artistes par le travail que l'on fait sur le terrain via l'agenda culturel, le studio Hiba à Casablanca, l'enregistrement etc. Mais quelque part on a un flottement et on est en contact aussi avec les institutionnels. Ça permet de porter la voix du terrain vers des décideurs, des faiseurs de politique publique qui ne l'écoutent pas souvent ou qui n'ont pas accès Au terrain. Et c'est en tout cas, c'est comme ça que j'aime lire la Fondation IBA aujourd'hui.
Alors, on va rentrer dans le vif du sujet. C'est quoi le problème sur le continent africain, sur notre continent ?
Le ?
Alors on va dire, c'est le plus gros problème parce que quand on a la chance d'avoir plusieurs cultures, d'avoir un pied en Europe, dans des marchés qui sont matures, qui ont des industries musicales qui sont matures ou avec des... Des secteurs qui représentent des milliards de chiffres d'affaires et donc qui nécessairement roulent. Et de l'autre côté, en Afrique, avec les Marocs y compris, on a du mal à faire émerger des talents. Et une fois qu'on les détecte, comment on fait en sorte que ça soit monétisé, que ça puisse être pérenne et qu'on sorte de ce côté seulement pittoresque de ces fusions africaines, etc. On est dans ces émissions, on dit, c'est génial la fusion. Ok, d'accord. Mais après, qu'est-ce qu'on en fait ? Pourquoi ça rayonne pas ? Toi, t'as réussi à rayonner et c'est intéressant. Qu'est-ce qui manque ? Avant qu'on rentre dans le positif, je suis un éternel optimiste, qu'est-ce qui manque ?
Je pense que c'est pas d'être négatif, c'est juste d'être objectif. Et je crois qu'il faut porter un regard objectif par afro-pessimiste, parce que pour moi, je ne suis pas un afro-pessimiste, je considère que l'Afrique, déjà, c'est pas un marché qu'on peut qualifier de finalement non matures. Parce qu'il ne faut pas oublier que bien prédatant le moment où nous sommes aujourd'hui, à l'époque des indépendances, il y a des échanges musicaux qui existaient entre les pays, beaucoup plus qu'il y en a maintenant. Alors, on va prendre d'autres formes. Aujourd'hui, il y a Internet, etc. Maintenant, je pense qu'effectivement, il y a un manque de volonté. Donc des institutions, comme tu disais à l'instant, qui n'écoutent pas ceux qui sont sur le terrain. Parce qu'il y a des véritables enjeux économiques qui sont négligés. On pense que la musique, la culture, en général, c'est une commodité. C'est bon, allez, fais venir les petits troubadours, là, ils vont venir à peu près 5 minutes.
Est-ce qu'on est encore aujourd'hui, je vous pose la question, est-ce qu'on est encore aujourd'hui en train de confondre culture et folklore ? Le folklore fait partie de la culture.
Mais au-delà de ça, vraiment, je rejoins ce qu'il disait parce que, et j'ai deux mots qui permettent. En fait, aujourd'hui, la culture, elle est vraiment vue comme un moyen de divertissement. Dès lors que tu la mets dans ça, elle va toujours être mise à côté de quelque chose, parallèle à quelque chose. Ça ne va jamais être la culture pour la culture. On va faire venir la culture pour animer une conférence, pour faire etc. Mais jamais la culture ne sera un objectif en soi. Et cette lecture-là... elle vient d'un je pense d'un problème très simple et pourtant c'est par manque de vulgarisation institutionnelle qu'on ne le comprend pas à tous les niveaux vous voyez le poids ça va me permettre d'introduire ce que je veux dire, le poids de l'industrie culturelle, une musique et autres dans le monde, il est mesuré par une moyenne de 4,5% du PIB mondial donc c'est à dire que j'imagine qu'on a l'habitude de parler de PIB sur ton éditeur, mais concrètement si on a... traditionnent toute la valeur créée dans le monde.
Maintenant, je milite pour qu'on insère le PIB informel dans le PIB. Voilà.
Mais toute la création de valeur dans le monde, 5%, 4,5% de cette création vient du secteur culturel, musée, cinéma, concert, festival, tout ça. Au Maroc, on est à 1%. Encore une fois,
l'informel n'est pas dedans.
Mais 1%.
Et du coup, ce que j'ai découvert dernièrement en étant en Allemagne, dans une conférence, c'est que là-bas, dans les secteurs culturels et créatifs, ils ne dépendent pas tous du ministère de la Culture. Et c'est là que j'arrive à mon problème.
C'est la question que j'ai, je suis désolé de te couper là. On attend toujours, depuis le début, à chaque fois que j'ai ces débats, on n'a pas ci, on n'a pas ça, on n'a pas ci, de la part de l'État. Mais est-ce qu'on veut vraiment... Que la culture soit, à chaque fois, dépendre des instances gouvernementales, quelles qu'elles soient. À part donner des infrastructures, ok. ou des initiatifs, et encore.
La culture, c'est régalien. C'est pas quelque chose qui... Même si c'est pas quelque chose qui... C'est pas la défense, c'est pas l'économie, c'est pas la santé. C'est quelque chose de très puissant. C'est la vulpine de ta nation.
Regardez les Etats-Unis, ils dominent le monde avec la culture.
Et donc, comme on n'a pas de notion de soft power, en tout cas, dans la majorité des pays africains, de manière générale, il n'y a pas cette notion d'investir en masse dans la culture. Que ce soit les milliardaires, que ce soit les privés, quelles que soient les personnes qui sont en mesure d'investir, en général, comme tu l'as dit, c'est du divertissement pour eux. Donc, ils vont faire venir tel ou tel DJ, tel ou tel producteur, tel ou tel artiste pour faire un concert. Mais en fait, finalement, tu n'as rien laissé de concret pour les gens locales.
J'ouvre une parenthèse sur la question des milliardaires. On va les appeler philanthropes. Ce qu'ils aiment s'appeler comme ça. La spécificité au Maroc, c'est que la philanthropie est d'abord familiale. Quand je dis familiale, c'est par intérêt à quelque chose. Et donc... Donc, la différence entre subventionner, donner, être philanthropes et investisseurs, c'est que je le fais parce que peut-être que je suis vraiment attaché à ce secteur et je veux le faire développer, mais je ne vais jamais investir. en prenant le pan de l'économie, c'est-à-dire aborder la culture, comme étant un secteur économiquement viable dont les revenus peuvent contribuer à l'élévation du pays. Et je complète simplement sur...
Le Maroc est comme ça. Je peux te garantir que c'est comme ça dans tout le continent.
C'est la philanthropie, on va dire, du continent qui a toujours été designée comme ça.
Comme tu dis ici, le Maroc, c'est peut-être plus familial, mais je peux t'assurer, pour l'avoir expérimenté à plusieurs degrés, franchement, c'est extrêmement frustrant. tu te casses la tête à faire des dossiers des dossiers solides où tu expliques, voilà, vraiment tu fais de la recherche profonde, tu t'assieds avec les gens et puis on te regarde comme si en fait on te fait, tu sais c'est un peu t'es un bon élève, c'est bien t'as fait tes bonnes notes, c'est gentil mais bon vas-y mets-toi à côté parce que là tu m'as fatigué fais-moi rigoler en fait il faut que tu sois un clown, mais je suis pas un clown en fait, c'est une économie alors ok sympa
je vous écoute la notion de droit d'auteur c'est extrêmement important au Maroc on a le bureau marocain des droits d'auteur qui avec une réforme sous l'impulsion de sa majesté heureusement qu'il a tapé du poing il y a eu une réforme parce qu'avant c'était du grand n'importe quoi et puis j'assume absolument ce que je dis maintenant il y a une volonté d'aller plus avant on a un système en France qui est l'assassin qui est absolument incroyable et de manière historique un peu partout dans le monde aux Etats-Unis etc c'est un vrai problème les droits d'auteur. On en parlait avant qu'on rentre en émission. Est-ce que ça ne passe pas par là ? La propriété intellectuelle, le fait de faire prendre conscience à la population, aux consommateurs de la culture que la culture, ça se produit, ça demande des moyens. Quand on veut aller voir, comparer ce qui est comparable, quand on veut un show et quand on veut des shows à la télévision, ça c'est magnifique, pourquoi on n'a pas ça ? Je fais, mais ouais, mais le ticket il est à 150 dollars et si, c'est pas possible. d'avoir des tickets à ce prix-là, ou alors on travaille avec les mêmes personnes. Bref, je sais qu'on est en train de parler, on revient à chaque fois au même sujet. Les droits d'auteur, c'est quand même quelque chose qui permet à des artistes de vivre, alors, pas seulement des stars, des artistes qu'on ne connaît pas, les auteurs, les compositeurs, les musiciens de studio, les... Bref, et ça, c'est ça qui fait vivre la culture.
Entre autres, il n'y a pas que, mais oui, c'est ce qui fait vivre, en tout cas, c'est ce qui permet...
Le bout d'un chien de valeur.
De faire vivre ta famille, effectivement. En tout cas, les éditions, tout ça, mais c'est très content. complexe parce que dans l'approche africaine de la gestion des droits d'auteur, il y a alors excuse-moi c'est éminemment politique ce que je vais dire, mais bon on est obligé de l'adresser parce que c'est un fait, c'est que ça revient un peu à cette notion de on doit rester connecté à la France ou à l'Europe le TPRS, il y a des savoir-faire qu'il faut prendre chez eux, évidemment il y a beaucoup de choses très positives qu'on peut adapter à nos réalités parce que la bancarisation c'est un problème tu vas payer tes droits d'auteur à qui, comment, si le mec qui les... il est au fin foot, ça cambrousse à Bangui, c'est compliqué.
Par contre... Oui, il y a le digital maintenant. Oui. Il y a les wallets, tout ça, puis il y a les réussites. Justement.
On n'oublie pas un truc, c'est l'accès à l'information et à l'éducation.
C'est d'abord ça. Moi, j'allais dire, si tu poses la question sur le droit d'auteur, ce n'est pas par là qu'on commence. Si ta chaîne de valeur est structurée dès le départ, c'est-à-dire... Je vais parler de la musique pour rester un peu plus concret. On va dire repérage de talent. on en parlait à table, si tu as des bons mécanismes de repérage de talents, parce qu'un talent ça se construit, il faut en chercher plein pour en avoir un qui se démarque. et que tu puisses l'accompagner dans le cadre du financement de ton premier album, qu'il soit managé, qu'il signe chez un label. Enfin, je te décris un peu ce qu'on a pas en Maroc. Qu'il signe chez un label, que le label l'accompagne par une campagne média, que derrière, chaque chanson soit enregistrée au niveau du bureau marocain du droit d'auteur, qu'on sache qui l'a écrite, qu'on ait des éditeurs. On n'a pas d'éditeurs. Le publishing n'existe pas au Maroc.
Le seul pays africain qui a ça, c'est l'Afrique du Sud.
Exactement. Je ne peux pas le dire, mais au Maroc, ça va changer très bientôt. Et donc, quand tu as déjà des manquements à la chaîne de valeur structurante qui devrait donner naissance au droit d'auteur comme étant une source de revenu, et au-delà de ça, le droit d'auteur, c'est vraiment une source de reconnaissance de la propriété de la personne. Regarde Najib Thiabou, cette affaire qui a fait la une des journaux qui récupère les droits sur Galvanized, The Chemical Brothers, 10 ans après. Bravo Najib Thiabou, j'ai envie de dire. Bravo Mad, qui l'a accompagné dans ça. Et ça donne une leçon.
Combien d'artistes marocains qui sont montés dans la Naïda, sur toutes les radios, et puis j'étais à la radio à l'époque, et on se disait, rien qu'avec le nombre de fois où je passais les Ausha, où je passais les Ashkain à l'époque, etc., je me dis, mais il faut que ça tombe, ça serait normal.
Mais il faut que je sache qu'il y a deux petits soucis.
Enfin, ils avaient deux sous, quoi.
Deux petits soucis. Le premier, c'est que d'abord, les diffuseurs, que ce soit les radios, les télés et les festivals, ne déclarent pas. au BMDA ce qu'ils font. Ils ne payent pas.
Il y en a qui payaient les 2%
mais qui ne donnaient pas la playlist. Pour expliquer, notre festival doit s'inscrire auprès du BMDA, donner son programme, dire chaque chanteur combien de temps il va chanter, la radio donner le programme, la télé... Et donc derrière, le BMDA ne peut pas payer un artiste, même si le diffuseur la paye. Si l'artiste n'est pas mis en place...
Ça, c'était le système,
bien sûr. Oui, et puis après, tu as aussi un modèle beaucoup plus simple. Je comprends tout à fait ce que tu soulèves. C'est un vrai problème. Mais encore une fois, on ne peut pas appliquer des politiques et des modes de fonctionnement à des environnements qui ne fonctionnent pas comme ça. Ici, c'est le négoce, c'est la débrouille, c'est le marché parallèle. Il y a une notion qu'il faut adapter. Tu sais, encore une fois, il faut de la flexibilité. Oui. Je pense que la personne... qui n'est pas enregistré à la BMD, par exemple. Très bien. Le simple fait que cette personne ait, ne serait-ce qu'on va dire, donné les bons crédits de sa chanson, qui a composé, qui a écrit, machin. Très bien. En partant du principe qu'il a, qu'il ou elle a reçu l'éducation, l'information nécessaire pour savoir comment. Ça, c'est fait. À partir du moment où c'est fait, parce que je peux t'assurer que le problème n'est pas comme un requin. Même en Europe.
Oui,
oui. Je tombe sur parfois des gens, je dis mais... En fait, moi, c'est ce sur quoi je me focalise beaucoup maintenant. Ça fait 25 ans que je fais ça. Maintenant, je me focalise dans la transmission parce que je me rends compte que, non, il y a des niveaux d'ignorance qui sont juste absolument effrayants. Parce que si tu ne sais même pas... comment t'enregistrer que l'Assasem existe par exemple. C'est un vrai problème. Ça veut dire qu'en vérité, il n'y a même pas une volonté.
Il y a les pros de ça qui connaissent ça en détail et qui vivent très bien avec.
Il y a quand même une différence énorme entre le BMDA et l'Assasem. Ce que je voulais dire, c'est que le Maroc est quand même singulier dans ça. C'est qu'on est peut-être parmi les rares pays qui ont une société de gestion des droits qui est publique. Parce qu'à la base, les droits, c'est privé, ça appartient à l'artiste. Donc, supposer d'être représenté par un syndicat des artistes au Maroc, c'est public. Alors ça, c'est un avantage et un inconvénient. Le principal avantage, c'est que pendant le Covid, quand toutes les sociétés de droits ont fait faillite, parce que du coup, il n'y avait plus de diffuseurs, donc plus de trucs, le BMDA est en public grâce à la copie privée. a permis qu'ils survivent. C'était vraiment de rédiger les tribus. Mais déjà ça, on va dire, dans la législation, ça complique les choses par rapport aux autres pays au Maroc.
Alors, j'aimerais revenir ici, parce qu'on est à la fin de l'émission. J'aimerais en parler pendant des heures, mais on est ici, donc à Tantan. On va tous assister au Nossam. Moi, je vais animer les discussions autour de différents sujets. Il y a même la filière Kamlin. C'est pour ça que vous voyez un petit dromadaire ici. On est sur un territoire Vierge mais qui a un patrimoine ancestral. Vierge, ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien.
Vierge,
ça veut dire que il n'y a rien qui est développé. Encore aujourd'hui, il y a tout à faire. Patrimoine ancestral, une histoire incroyable qui est très peu connue. C'est vrai que l'histoire Hassani, la langue avec ses mélanges d'arabe, de peule, il y a énormément de berbère, etc. Bref, c'est énorme si on devait aujourd'hui, et c'est de ça dont on va discuter pendant les conférences, donner des conseils pour... partir de zéro et essayer de faire en sorte de sauvegarder, de pérenniser et d'animer une région comme ça. Ça serait quoi ? Je sais que c'est un gros programme, mais voilà, quand on a une page blanche.
Oui, je pense d'abord reconnaître d'où on vient. Se rappeler que le Moussem, on va clôturer l'émission avec ce qu'on a démarré, c'est un métissage. le Séméné, des tribus nomades qui voyageaient dans le désert et qui s'arrêtaient ici. au niveau d'un puits, et tan tan, vient du claquement du seau d'eau dans le puits, en allant récupérer l'eau. Cette rencontre a fait que les tribus de différents horizons sont venues, d'ailleurs, on sera demain sur la place du Moussem, là où les tribus seront autour de la place.
Il va y avoir de la poussière, vous allez voir. C'est génial.
Il y a un travail d'abord de documentation, c'est-à-dire d'où on vient. Qu'est-ce qui s'est passé depuis les années 60 quand le Mou s'est mené de sa structuration en 2004, grâce à la reprise en tout cas par sa majesté le roi, et ensuite archivé par de la parole ancestrale, par des images, par différents formats. Je pense que d'abord préserver et ensuite faire évoluer. Mais si on ne préserve pas, on risque de perdre la trace de ce qu'on a fait.
Écoute. J'ai envie de faire écho à ce que tu as dit, mais pour ne pas répéter ce que tu as dit. Dire que, encore une fois... Un événement comme le Moussane de Tintin montre que lorsque les choses sont décidées à haut niveau, ça bouge. Lorsqu'il y a un véritable investissement, en l'occurrence ici de sa majesté le roi, qui met de sa personne, de son énergie, et c'est la 18ème édition si je ne m'abuse, je pense qu'on voit concrètement que c'est quelque chose qui, non seulement est décisif, pour continuer à éduquer les générations qui viennent. valoriser ces cultures, mais aussi, je pense que c'est quelque chose de très important pour le soft power et pour la diplomatie.
Soft power, on retient ça, la culture. Moi, j'aime toujours répéter quelque chose, une citation ou une citation, genre c'est apocryphe, je ne sais pas si c'est vrai ou pas, mais je me plais à croire que c'est vrai. C'était pendant la Seconde Guerre mondiale, quand un ministre est venu voir Churchill, il leur a dit « Sir, il faut enlever le budget de la culture pour soutenir l'effort de guerre. » Et Churchill a répondu « Mais pourquoi croyez-vous que l'on se bat ? » Bon. Voilà, moi je vais finir par ça. Et on se retrouve très vite dans Parole d'expert sur H24, toujours ici au Moussum de Tintin. Si vous préférez les paroles aux images, vous pouvez retrouver le podcast sur toutes les bonnes plateformes. Et nous, on se retrouve très vite. Bye bye.
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