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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Bonjour à toutes et à tous et ravi de vous retrouver encore une fois dans Parole d'expert. Vous le savez, on est sortis du studio de Casa pour se rendre à Tantan pour vous faire découvrir, pour vous faire vivre le Moussem de Tantan. Nous sommes ici à Tantan encore une fois sous la tente Sahraoui. Oui, on est en face de la mer. On vous partagera avec vous des images du Moussab. Et on vous racontera un peu tout ça avec tous les acteurs, les actrices de la région. Et on parle de culture. C'est le deuxième épisode de Parole d'expert ici à Tantan. On parle de culture. On va parler de la culture Hassani. Parce que c'est vrai que moi, sincèrement, c'est quand je prépare des émissions, quand je suis venu à Tantan la première fois, quand je vais dans les provinces du Sud, On s'intéresse et on voit toute la culture ancestrale sainie qui existe ici et c'est toujours un plaisir de les découvrir. Et on va justement aujourd'hui essayer d'en parler un peu plus en détail. Parole d'expert spécial Moussem de Tintin, c'est tout de suite. Et pour en parler avec moi, je reçois Foued Azmi qui est avec moi. Comment ça va Foued ? Tu vas bien ? Parle en face du micro. Ça va Bekheb ?
Ça va très très bien.
Ravi de te retrouver. Merci. On ne s'est pas vu depuis 2003. 2003, oui. À Deux-Èmes. Oui. C'est toi qui viens de vivre. Il fait déjà 23 ans.
Oui, c'est vrai.
En tout cas, j'ai envie de t'avoir ici parce que tu es réalisateur et tu as réalisé un documentaire qui s'intitule Tzvara. Tu vas nous expliquer ce que c'est par cet art poétique de la région Hassani qui est extrêmement intéressant à découvrir et extrêmement beau. Mr Haïdi est avec moi. Ça va ? Merci. Content de t'avoir ici avec nous. Deep House, Afro House, DJ, Mr. Aidi. Mais tu n'es pas là pour parler musique, direct ? Non. Parce que tu passes derrière la caméra. Oui. C'est ça ? Oui. C'est quoi ? Toi aussi, tu te mets à faire des documentaires ?
Ah non, pas du tout. Là, je travaille sur mon quatrième album et je me suis dit, je vais faire juste un album. Pour moi, personnellement, ce n'est pas intéressant. Mais découvrir l'expérience que je vais vivre, faire l'album, la filmer, rendre toute l'expérience.
C'est un documentaire.
Oui, un documentaire et une expo photo aussi. Alors du coup, c'est un documentaire sur la musique sahraoui de A à Z. Bien sûr, je me suis inspiré des documentaires. Je n'y suis pas trop.
Malheur. Oui, bien sûr.
Et voilà. Et j'essaie de faire de mon mieux pour comprendre et partager ce que j'ai compris.
Parce qu'on est là pour ça et on en a parlé dans la première émission, si vous voulez la revoir ou la réécouter en podcast, n'hésitez pas. On a parlé justement de la valorisation et de la préservation du patrimoine. Et là, on va en parler de ça, de cette culture sahraoui, la culture Hassani. Et on va vous la faire découvrir sur certains versants. Parce que c'est vrai que quand on est arabe, kazakh, etc., c'est pas quelque chose qu'on... Sauf si on a envie de s'y intéresser. Et là, on va essayer de partager ça avec vous. Alors Fouad, Tzabra, c'est quoi ?
Moi, je l'ai appelé la première fois qu'on m'a proposé de faire un film documentaire sur Tsubara. J'ai dit, je vais faire un film sur la séduction au féminin.
Ok.
En général ?
En général. En général. Ok.
Tsubara, c'est des poèmes très très courts. C'est une singularité de la région, du Sahara marocain et de l'Afrique.
du nord. Mais c'est de la poésie dite par des femmes.
C'est de la poésie dite par des femmes. Soit que ce soit de la séduction. Et c'est tabou. C'est tabou. C'est en cachette. C'est pour ça que le documentaire s'appelle « Le désir caché » . C'est en cachette, c'est-à-dire... On ne connaît pas la poétesse. On sait que c'est une femme. Mais le concerner, quand il le comprend, il commence à chercher. C'est laquelle ? Ça, c'est quand il s'agit de séduction. Mais aussi, il y a l'amour, il y a la religion, il y a la spiritualité. C'est des points très, très, très courts, en deux versets. les chantonnaient, c'est-à-dire qu'ils sont chantés dans les mariages, dans les cérémonies. C'est très intéressant parce que ça reste un exemple typique de l'émancipation de la femme sahraoui.
On va en parler. Parce que ce que tu as dit, déjà, ça résume énormément de choses. Toutes les contradictions de notre société au Cameraba, on les connaît. Et c'est ça qui est génial avec la culture, c'est qu'on en fait une force plutôt que d'en faire un... un inconvénient. C'est ces contradictions finalement qui nous nourrissent. C'est les blessures aussi. C'est le blues à la marocaine. C'est comme les chichettes, etc. Toi, la culture sahraoui, pourquoi ça t'a intéressé ?
Ça m'intéressait déjà. Je ne savais pas beaucoup de choses sur la culture sahraoui.
Tu as des origines sahraoui, non ? Non, pas du tout. Tu es sahraoui.
Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je vais chercher. Moi, j'ai eu l'idée et quand j'ai commencé à chercher, ça fait deux ans et demi que je travaille sur ça, et quand j'ai commencé à chercher, voyager et tout, le quatrième, c'est que je ne connais pas la musique hispanique, la musique sahraoui. Ça veut dire tout ce qui est instrument, tout ce qui est poésie, les noms exactement, les poésies, ce type de poésie. Alors, tout ça, je ne savais pas. Alors du coup, quand j'ai commencé, c'était un peu...
Alors comment justement, parce que là on parle d'accès à la culture, d'accès au patrimoine, d'accès à ce qui nous construit. Comment t'as fait ? Alors tu es tombé sur le documentaire de Fouad, mais avant, où est-ce que tu es allé chercher l'information ? C'est ça qui m'intéresse, quand on veut aller chercher, à part Hedge Google et maintenant le chat de GPT, mais dans de matières plus enfouies, comment tu...
Il faut voyager, il faut aller dans des endroits, il faut rencontrer des gens. Moi j'ai fait presque deux casas, Merzouga, Merzouga, Klesmkouna, Zagoura, Goulmim, Leïoun, Dakhla.
La pétimane de Nes.
À chaque fois quand je m'arrête déjà pour le repérage, c'était ça. Avec des gens qui travaillent dans la culture ou bien avec les contacts qu'on a, les organisateurs des festivals, tel qu'Ibrahim Zned, Moulaïd El-Djadablanqa. les gens adorent, ils t'aident, tu peux partir chez les groupes ou les heads, et en plus de ça, moi personnellement, quand je connais un groupe ou un head, pour moi c'était un rêve, juste de les voir, parce que la voix me rendait fou, je ne comprends pas qu'ils fassent ça. Alors du coup, j'ai eu l'honneur de les voir, partager avec eux, avoir des interviews avec eux, alors du coup c'était Oui, C'était waouh !
Quand tu as fait le documentaire, déjà ça t'a pris combien de temps pour le faire ? On a bien vu l'angle que tu as pris. Est-ce que tu as découvert quelque chose de particulier auquel tu ne t'attendais pas ? La culture d'Yelna qui est maribia, avec ses spécificités. Alors tu l'as dit, bien sûr la femme, son émancipation, mais qu'est-ce que tu as découvert ?
Ce que je ne m'attendais pas, c'est à ce que je m'attendais.
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire, moi, originaire de la région de Zion, de Khnefra et tout ça.
Ça se voit à tes yeux, oui.
Et pour moi, par exemple, chez nous, en famille, dans les tribus, historiquement, j'aime beaucoup l'histoire. C'est-à-dire, j'aime l'histoire, et quand on aime l'histoire, automatiquement, on aime la culture. Parce que... on aime son histoire, c'est-à-dire qu'il y a de la culture dans l'histoire. Et dans les régions du Moyen-Atlas, la femme est très émancipée. Parce que la femme, c'est l'éducatrice, c'est la poétesse, c'est la sauce de revenus. Et l'homme, ce n'est que le berger et le guerrier.
Il doit protéger son foyer. C'est le berger. C'est le bordeur collé.
C'est ça. Même dans l'histoire du Moyen-Atlas, Il y a des femmes héroïnes, des femmes qui ont tracé l'histoire, comme Ito, il y a beaucoup de femmes qui ont fait. Alors quand je me suis confronté dans un précédent tournage, on me parlait de Tbra. Alors ça m'a intrigué. On m'a dit voilà, les femmes racontent des trucs à propos des hommes. et raconter leurs émotions et tout ça. J'ai dit, oui, ça se passe chez nous, mais pas de la même façon. Et comme ça, j'ai commencé à chercher. Quand une productrice qui s'appelle Malika Mert-Aïne, d'ailleurs que je salue, quand elle m'a contacté, elle m'a dit, voilà, on voulait faire un documentaire sur Tebra. Est-ce que tu connais c'est quoi Tebra ? Je lui ai dit, voilà, Tebra, c'est... Oui, je connais. Elle a été surprise du fait que je connais c'est quoi Tebra. C'est-à-dire, pour elle, c'est très compliqué.
Comment on fait découvrir ça ailleurs, vers le nord ? Alors si tu fais un documentaire, ça c'est la première des choses, c'est déjà énorme, parce que ça permet de le diffuser, mais on ne voit jamais suffisamment de partage de cette culture du sud chez nous. Casa, Rabat, même au niveau d'Aguedir, on ne va pas la fouiller suffisamment ? Est-ce que toi justement, en faisant un album, en allant... découvrir toutes ces sonorités j'imagine que tu vas mélanger tout ça avec avec web oui mais là encore plus quoi alors si si si je fais pas l'initiative de faire un album
100% ça oui je pense que Je vais pas dire personne va le faire mais mais je dois prendre l'initiative parce que moi je travaille sur la culture marocaine et j'essaie de la rendre accessible la nouvelle génération mais presque elle a oublié Oubliez ! malheureusement, c'est pas tout, je ne généralise pas, mais ils ont oublié la musique traditionnelle. D'autres styles, ils ne sont pas mexicains, plus ou moins. Mais moi je me suis dit que mixer et avoir de la couleur électronique sur la musique traditionnelle marocaine, elle va la rendre plus accessible aux jeunes. Ça c'est juste l'idée que j'ai. Et avec cet album, j'ai eu l'idée et j'essaye de respecter déjà la structure de A à Z de chaque style. J'ai respecté la structure de A à Z. Et dans le documentaire, vous allez voir, j'enregistre un d'eux, le milieu d'un d'eux. Et je reviens chez Sumao pour valider.
Rythmiquement ? Là, on va parler un peu musique. Il y a du rythme dans les documentaires, mais au niveau musique, moi, ça m'intéresse aussi. Parce que quand on est sur le Gnawa, on sait qu'il y en a beaucoup de 6-8. Ça, c'est pour les musiciens qui connaissent un peu le découpage des rythmes, mais c'est très caractéristique. Je me rappellerai toujours de musiciens américains qui étaient venus la première fois avec les Fusions Gnawa et ils disaient une chose, ils disaient... ils n'arrivaient pas à commencer, ils disaient « Where's the first beat, man ? » Ils ne savaient pas où commencer. Est-ce que tu as découvert des rythmes qui sont très particuliers au niveau de la musique sahraouienne ?
Si, il y a beaucoup de rythmes, mais moi j'adapte toujours.
Oui, toi tu les ramènes dans...
Déjà maintenant, 4-4, 2-2-2-2-2, pour les jouer dans des clubs, pour les jouer dans des festivals, pour les rendre accessibles, même pour... les DJ internationaux, ils les connaissent. Et pour...
C'est important ce qu'il dit, il faut juste savoir, c'est de la technique rythmique. Vous avez des rythmes qui sont très peu compréhensibles par les gens. Et si on a du mal à danser dessus, si on a du mal à comprendre le pattern du rythme, c'est pas consommable. J'aime pas parler comme ça de la musique, mais c'est comme ça.
Oui, effectivement. Et surtout, dans l'indien, le DJing, le mix, des fois... Je fais un back-to-back avec un DJ, je joue un rythme 6-8 par exemple. Il ne sait pas où le 1, où le 2, où le 3. Alors du coup, c'est un peu difficile. Du coup, moi, j'essaie de faire les choses normales, genre à la 2-2, 4-4, et j'essaie de les rendre plus ou moins accessibles. Et je pense moi, c'est des rythmes 4-4. C'est carré.
Est-ce que tu es d'accord avec lui ? sur le fait que ça se perd. Est-ce que notre patrimoine se perd ? On est là, ici, le Moussane de Tata, mais là, justement, il est classé au patrimoine de l'Udisco. C'est pour une bonne raison, c'est pour garder cette culture.
C'est le rôle de la documentation et du documentaire.
Non, mais est-ce que vous avez... Alors, lui dit, il nous dit que, voilà, il sent que ça part. C'est-à-dire qu'on ne se transmet pas les choses, on va vers d'autres styles.
C'est pour ça, comme il a dit, qu'il est en train de prendre tout ce qui est antique, tout ce qui est marocain, tout ce qui est ancien, et de l'adapter selon sa vision. C'est-à-dire une vision moderne à tout ce qui est ancien. Ça, c'est bien. C'est aussi dans le cinéma, il faut faire ça. Mais tout en gardant le grand problème qu'on a ici, qu'on a au Maroc, et non seulement au Maroc. C'est, on veut faire des documentaires, mais on part avec l'idée, le documentaire, c'est prendre une caméra, tu la mets dans un coin et tu laisses tourner.
Un bon documentaire, ça coûte cher à faire, parce que ça demande du temps, et ça demande une écriture encore plus complexe qu'un film.
Il faut se commercialiser pour le rendre éternel. que tu le fasses avec de l'amour et de la qualité.
Et de la connaissance.
Parce que quand on dit qualité, quand on dit un film documentaire, c'est un film cinéma. Quand on dit film, c'est cinéma. C'est-à-dire qu'il faut respecter toutes les normes cinématographiques.
Tous les codes du cinéma.
Et après, on passe à la création, on passe au fantasy, on passe à l'abstrait, on passe au surréalisme. On choisit l'école qu'on veut. Mais il faut respecter les normes cinématographiques. que les gens qui ont créé le cinéma, ils ont mis 120-140 ans à les mettre en...
Alors, on arrive à la fin de cette émission, j'aurais aimé vous garder plus longtemps. On est ici au Monsomme de Tintin, on va être ensemble tout le week-end. Vous êtes déjà venu au Monsomme de Tintin ou c'est la première fois ? Moi c'est la première fois.
C'est la première fois à Tintin.
Première fois à Tintin, gars ! Vous allez découvrir le Monsomme de Tintin, vous allez être sur la grande place avec les... On a la trentaine de tribus avec les courses de dromadaires. C'est quand même assez impressionnant. Et on plonge dans un Maroc qui est un Maroc. Le Marmuc. Non, mais non. Il y a plusieurs Marocs qui est notre Maroc. Et celui-là, je peux vous dire qu'il est magnifique à découvrir. On va vous le faire découvrir dans Parole d'expert. Merci d'avoir été avec nous, Mr. Eddy, Fouad Azmi. Où est-ce qu'on peut voir ton documentaire ?
Sur Shade.
Sur Shade. Shade. Ok. Toi, ton dernier album ?
Il va sortir bientôt. Quand ? Au mois de septembre.
Tu as le nom déjà ou pas ?
Oui.
Tu ne vas pas nous le dire. Après.
Après ? Ok.
On vous le dira. Allez, si vous préférez les mots aux images, vous pouvez réécouter en podcast audio cet épisode sur toutes les bonnes plateformes. Et nous, on se retrouve très vite pour un autre Parole d'expert au cœur du Moussame de Tintin. A bientôt. Bye bye.
Merci.
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Bonjour à toutes et à tous et ravi de vous retrouver encore une fois dans Parole d'expert. Vous le savez, on est sortis du studio de Casa pour se rendre à Tantan pour vous faire découvrir, pour vous faire vivre le Moussem de Tantan. Nous sommes ici à Tantan encore une fois sous la tente Sahraoui. Oui, on est en face de la mer. On vous partagera avec vous des images du Moussab. Et on vous racontera un peu tout ça avec tous les acteurs, les actrices de la région. Et on parle de culture. C'est le deuxième épisode de Parole d'expert ici à Tantan. On parle de culture. On va parler de la culture Hassani. Parce que c'est vrai que moi, sincèrement, c'est quand je prépare des émissions, quand je suis venu à Tantan la première fois, quand je vais dans les provinces du Sud, On s'intéresse et on voit toute la culture ancestrale sainie qui existe ici et c'est toujours un plaisir de les découvrir. Et on va justement aujourd'hui essayer d'en parler un peu plus en détail. Parole d'expert spécial Moussem de Tintin, c'est tout de suite. Et pour en parler avec moi, je reçois Foued Azmi qui est avec moi. Comment ça va Foued ? Tu vas bien ? Parle en face du micro. Ça va Bekheb ?
Ça va très très bien.
Ravi de te retrouver. Merci. On ne s'est pas vu depuis 2003. 2003, oui. À Deux-Èmes. Oui. C'est toi qui viens de vivre. Il fait déjà 23 ans.
Oui, c'est vrai.
En tout cas, j'ai envie de t'avoir ici parce que tu es réalisateur et tu as réalisé un documentaire qui s'intitule Tzvara. Tu vas nous expliquer ce que c'est par cet art poétique de la région Hassani qui est extrêmement intéressant à découvrir et extrêmement beau. Mr Haïdi est avec moi. Ça va ? Merci. Content de t'avoir ici avec nous. Deep House, Afro House, DJ, Mr. Aidi. Mais tu n'es pas là pour parler musique, direct ? Non. Parce que tu passes derrière la caméra. Oui. C'est ça ? Oui. C'est quoi ? Toi aussi, tu te mets à faire des documentaires ?
Ah non, pas du tout. Là, je travaille sur mon quatrième album et je me suis dit, je vais faire juste un album. Pour moi, personnellement, ce n'est pas intéressant. Mais découvrir l'expérience que je vais vivre, faire l'album, la filmer, rendre toute l'expérience.
C'est un documentaire.
Oui, un documentaire et une expo photo aussi. Alors du coup, c'est un documentaire sur la musique sahraoui de A à Z. Bien sûr, je me suis inspiré des documentaires. Je n'y suis pas trop.
Malheur. Oui, bien sûr.
Et voilà. Et j'essaie de faire de mon mieux pour comprendre et partager ce que j'ai compris.
Parce qu'on est là pour ça et on en a parlé dans la première émission, si vous voulez la revoir ou la réécouter en podcast, n'hésitez pas. On a parlé justement de la valorisation et de la préservation du patrimoine. Et là, on va en parler de ça, de cette culture sahraoui, la culture Hassani. Et on va vous la faire découvrir sur certains versants. Parce que c'est vrai que quand on est arabe, kazakh, etc., c'est pas quelque chose qu'on... Sauf si on a envie de s'y intéresser. Et là, on va essayer de partager ça avec vous. Alors Fouad, Tzabra, c'est quoi ?
Moi, je l'ai appelé la première fois qu'on m'a proposé de faire un film documentaire sur Tsubara. J'ai dit, je vais faire un film sur la séduction au féminin.
Ok.
En général ?
En général. En général. Ok.
Tsubara, c'est des poèmes très très courts. C'est une singularité de la région, du Sahara marocain et de l'Afrique.
du nord. Mais c'est de la poésie dite par des femmes.
C'est de la poésie dite par des femmes. Soit que ce soit de la séduction. Et c'est tabou. C'est tabou. C'est en cachette. C'est pour ça que le documentaire s'appelle « Le désir caché » . C'est en cachette, c'est-à-dire... On ne connaît pas la poétesse. On sait que c'est une femme. Mais le concerner, quand il le comprend, il commence à chercher. C'est laquelle ? Ça, c'est quand il s'agit de séduction. Mais aussi, il y a l'amour, il y a la religion, il y a la spiritualité. C'est des points très, très, très courts, en deux versets. les chantonnaient, c'est-à-dire qu'ils sont chantés dans les mariages, dans les cérémonies. C'est très intéressant parce que ça reste un exemple typique de l'émancipation de la femme sahraoui.
On va en parler. Parce que ce que tu as dit, déjà, ça résume énormément de choses. Toutes les contradictions de notre société au Cameraba, on les connaît. Et c'est ça qui est génial avec la culture, c'est qu'on en fait une force plutôt que d'en faire un... un inconvénient. C'est ces contradictions finalement qui nous nourrissent. C'est les blessures aussi. C'est le blues à la marocaine. C'est comme les chichettes, etc. Toi, la culture sahraoui, pourquoi ça t'a intéressé ?
Ça m'intéressait déjà. Je ne savais pas beaucoup de choses sur la culture sahraoui.
Tu as des origines sahraoui, non ? Non, pas du tout. Tu es sahraoui.
Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je vais chercher. Moi, j'ai eu l'idée et quand j'ai commencé à chercher, ça fait deux ans et demi que je travaille sur ça, et quand j'ai commencé à chercher, voyager et tout, le quatrième, c'est que je ne connais pas la musique hispanique, la musique sahraoui. Ça veut dire tout ce qui est instrument, tout ce qui est poésie, les noms exactement, les poésies, ce type de poésie. Alors, tout ça, je ne savais pas. Alors du coup, quand j'ai commencé, c'était un peu...
Alors comment justement, parce que là on parle d'accès à la culture, d'accès au patrimoine, d'accès à ce qui nous construit. Comment t'as fait ? Alors tu es tombé sur le documentaire de Fouad, mais avant, où est-ce que tu es allé chercher l'information ? C'est ça qui m'intéresse, quand on veut aller chercher, à part Hedge Google et maintenant le chat de GPT, mais dans de matières plus enfouies, comment tu...
Il faut voyager, il faut aller dans des endroits, il faut rencontrer des gens. Moi j'ai fait presque deux casas, Merzouga, Merzouga, Klesmkouna, Zagoura, Goulmim, Leïoun, Dakhla.
La pétimane de Nes.
À chaque fois quand je m'arrête déjà pour le repérage, c'était ça. Avec des gens qui travaillent dans la culture ou bien avec les contacts qu'on a, les organisateurs des festivals, tel qu'Ibrahim Zned, Moulaïd El-Djadablanqa. les gens adorent, ils t'aident, tu peux partir chez les groupes ou les heads, et en plus de ça, moi personnellement, quand je connais un groupe ou un head, pour moi c'était un rêve, juste de les voir, parce que la voix me rendait fou, je ne comprends pas qu'ils fassent ça. Alors du coup, j'ai eu l'honneur de les voir, partager avec eux, avoir des interviews avec eux, alors du coup c'était Oui, C'était waouh !
Quand tu as fait le documentaire, déjà ça t'a pris combien de temps pour le faire ? On a bien vu l'angle que tu as pris. Est-ce que tu as découvert quelque chose de particulier auquel tu ne t'attendais pas ? La culture d'Yelna qui est maribia, avec ses spécificités. Alors tu l'as dit, bien sûr la femme, son émancipation, mais qu'est-ce que tu as découvert ?
Ce que je ne m'attendais pas, c'est à ce que je m'attendais.
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire, moi, originaire de la région de Zion, de Khnefra et tout ça.
Ça se voit à tes yeux, oui.
Et pour moi, par exemple, chez nous, en famille, dans les tribus, historiquement, j'aime beaucoup l'histoire. C'est-à-dire, j'aime l'histoire, et quand on aime l'histoire, automatiquement, on aime la culture. Parce que... on aime son histoire, c'est-à-dire qu'il y a de la culture dans l'histoire. Et dans les régions du Moyen-Atlas, la femme est très émancipée. Parce que la femme, c'est l'éducatrice, c'est la poétesse, c'est la sauce de revenus. Et l'homme, ce n'est que le berger et le guerrier.
Il doit protéger son foyer. C'est le berger. C'est le bordeur collé.
C'est ça. Même dans l'histoire du Moyen-Atlas, Il y a des femmes héroïnes, des femmes qui ont tracé l'histoire, comme Ito, il y a beaucoup de femmes qui ont fait. Alors quand je me suis confronté dans un précédent tournage, on me parlait de Tbra. Alors ça m'a intrigué. On m'a dit voilà, les femmes racontent des trucs à propos des hommes. et raconter leurs émotions et tout ça. J'ai dit, oui, ça se passe chez nous, mais pas de la même façon. Et comme ça, j'ai commencé à chercher. Quand une productrice qui s'appelle Malika Mert-Aïne, d'ailleurs que je salue, quand elle m'a contacté, elle m'a dit, voilà, on voulait faire un documentaire sur Tebra. Est-ce que tu connais c'est quoi Tebra ? Je lui ai dit, voilà, Tebra, c'est... Oui, je connais. Elle a été surprise du fait que je connais c'est quoi Tebra. C'est-à-dire, pour elle, c'est très compliqué.
Comment on fait découvrir ça ailleurs, vers le nord ? Alors si tu fais un documentaire, ça c'est la première des choses, c'est déjà énorme, parce que ça permet de le diffuser, mais on ne voit jamais suffisamment de partage de cette culture du sud chez nous. Casa, Rabat, même au niveau d'Aguedir, on ne va pas la fouiller suffisamment ? Est-ce que toi justement, en faisant un album, en allant... découvrir toutes ces sonorités j'imagine que tu vas mélanger tout ça avec avec web oui mais là encore plus quoi alors si si si je fais pas l'initiative de faire un album
100% ça oui je pense que Je vais pas dire personne va le faire mais mais je dois prendre l'initiative parce que moi je travaille sur la culture marocaine et j'essaie de la rendre accessible la nouvelle génération mais presque elle a oublié Oubliez ! malheureusement, c'est pas tout, je ne généralise pas, mais ils ont oublié la musique traditionnelle. D'autres styles, ils ne sont pas mexicains, plus ou moins. Mais moi je me suis dit que mixer et avoir de la couleur électronique sur la musique traditionnelle marocaine, elle va la rendre plus accessible aux jeunes. Ça c'est juste l'idée que j'ai. Et avec cet album, j'ai eu l'idée et j'essaye de respecter déjà la structure de A à Z de chaque style. J'ai respecté la structure de A à Z. Et dans le documentaire, vous allez voir, j'enregistre un d'eux, le milieu d'un d'eux. Et je reviens chez Sumao pour valider.
Rythmiquement ? Là, on va parler un peu musique. Il y a du rythme dans les documentaires, mais au niveau musique, moi, ça m'intéresse aussi. Parce que quand on est sur le Gnawa, on sait qu'il y en a beaucoup de 6-8. Ça, c'est pour les musiciens qui connaissent un peu le découpage des rythmes, mais c'est très caractéristique. Je me rappellerai toujours de musiciens américains qui étaient venus la première fois avec les Fusions Gnawa et ils disaient une chose, ils disaient... ils n'arrivaient pas à commencer, ils disaient « Where's the first beat, man ? » Ils ne savaient pas où commencer. Est-ce que tu as découvert des rythmes qui sont très particuliers au niveau de la musique sahraouienne ?
Si, il y a beaucoup de rythmes, mais moi j'adapte toujours.
Oui, toi tu les ramènes dans...
Déjà maintenant, 4-4, 2-2-2-2-2, pour les jouer dans des clubs, pour les jouer dans des festivals, pour les rendre accessibles, même pour... les DJ internationaux, ils les connaissent. Et pour...
C'est important ce qu'il dit, il faut juste savoir, c'est de la technique rythmique. Vous avez des rythmes qui sont très peu compréhensibles par les gens. Et si on a du mal à danser dessus, si on a du mal à comprendre le pattern du rythme, c'est pas consommable. J'aime pas parler comme ça de la musique, mais c'est comme ça.
Oui, effectivement. Et surtout, dans l'indien, le DJing, le mix, des fois... Je fais un back-to-back avec un DJ, je joue un rythme 6-8 par exemple. Il ne sait pas où le 1, où le 2, où le 3. Alors du coup, c'est un peu difficile. Du coup, moi, j'essaie de faire les choses normales, genre à la 2-2, 4-4, et j'essaie de les rendre plus ou moins accessibles. Et je pense moi, c'est des rythmes 4-4. C'est carré.
Est-ce que tu es d'accord avec lui ? sur le fait que ça se perd. Est-ce que notre patrimoine se perd ? On est là, ici, le Moussane de Tata, mais là, justement, il est classé au patrimoine de l'Udisco. C'est pour une bonne raison, c'est pour garder cette culture.
C'est le rôle de la documentation et du documentaire.
Non, mais est-ce que vous avez... Alors, lui dit, il nous dit que, voilà, il sent que ça part. C'est-à-dire qu'on ne se transmet pas les choses, on va vers d'autres styles.
C'est pour ça, comme il a dit, qu'il est en train de prendre tout ce qui est antique, tout ce qui est marocain, tout ce qui est ancien, et de l'adapter selon sa vision. C'est-à-dire une vision moderne à tout ce qui est ancien. Ça, c'est bien. C'est aussi dans le cinéma, il faut faire ça. Mais tout en gardant le grand problème qu'on a ici, qu'on a au Maroc, et non seulement au Maroc. C'est, on veut faire des documentaires, mais on part avec l'idée, le documentaire, c'est prendre une caméra, tu la mets dans un coin et tu laisses tourner.
Un bon documentaire, ça coûte cher à faire, parce que ça demande du temps, et ça demande une écriture encore plus complexe qu'un film.
Il faut se commercialiser pour le rendre éternel. que tu le fasses avec de l'amour et de la qualité.
Et de la connaissance.
Parce que quand on dit qualité, quand on dit un film documentaire, c'est un film cinéma. Quand on dit film, c'est cinéma. C'est-à-dire qu'il faut respecter toutes les normes cinématographiques.
Tous les codes du cinéma.
Et après, on passe à la création, on passe au fantasy, on passe à l'abstrait, on passe au surréalisme. On choisit l'école qu'on veut. Mais il faut respecter les normes cinématographiques. que les gens qui ont créé le cinéma, ils ont mis 120-140 ans à les mettre en...
Alors, on arrive à la fin de cette émission, j'aurais aimé vous garder plus longtemps. On est ici au Monsomme de Tintin, on va être ensemble tout le week-end. Vous êtes déjà venu au Monsomme de Tintin ou c'est la première fois ? Moi c'est la première fois.
C'est la première fois à Tintin.
Première fois à Tintin, gars ! Vous allez découvrir le Monsomme de Tintin, vous allez être sur la grande place avec les... On a la trentaine de tribus avec les courses de dromadaires. C'est quand même assez impressionnant. Et on plonge dans un Maroc qui est un Maroc. Le Marmuc. Non, mais non. Il y a plusieurs Marocs qui est notre Maroc. Et celui-là, je peux vous dire qu'il est magnifique à découvrir. On va vous le faire découvrir dans Parole d'expert. Merci d'avoir été avec nous, Mr. Eddy, Fouad Azmi. Où est-ce qu'on peut voir ton documentaire ?
Sur Shade.
Sur Shade. Shade. Ok. Toi, ton dernier album ?
Il va sortir bientôt. Quand ? Au mois de septembre.
Tu as le nom déjà ou pas ?
Oui.
Tu ne vas pas nous le dire. Après.
Après ? Ok.
On vous le dira. Allez, si vous préférez les mots aux images, vous pouvez réécouter en podcast audio cet épisode sur toutes les bonnes plateformes. Et nous, on se retrouve très vite pour un autre Parole d'expert au cœur du Moussame de Tintin. A bientôt. Bye bye.
Merci.
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Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour à toutes et à tous et ravi de vous retrouver encore une fois dans Parole d'expert. Vous le savez, on est sortis du studio de Casa pour se rendre à Tantan pour vous faire découvrir, pour vous faire vivre le Moussem de Tantan. Nous sommes ici à Tantan encore une fois sous la tente Sahraoui. Oui, on est en face de la mer. On vous partagera avec vous des images du Moussab. Et on vous racontera un peu tout ça avec tous les acteurs, les actrices de la région. Et on parle de culture. C'est le deuxième épisode de Parole d'expert ici à Tantan. On parle de culture. On va parler de la culture Hassani. Parce que c'est vrai que moi, sincèrement, c'est quand je prépare des émissions, quand je suis venu à Tantan la première fois, quand je vais dans les provinces du Sud, On s'intéresse et on voit toute la culture ancestrale sainie qui existe ici et c'est toujours un plaisir de les découvrir. Et on va justement aujourd'hui essayer d'en parler un peu plus en détail. Parole d'expert spécial Moussem de Tintin, c'est tout de suite. Et pour en parler avec moi, je reçois Foued Azmi qui est avec moi. Comment ça va Foued ? Tu vas bien ? Parle en face du micro. Ça va Bekheb ?
Ça va très très bien.
Ravi de te retrouver. Merci. On ne s'est pas vu depuis 2003. 2003, oui. À Deux-Èmes. Oui. C'est toi qui viens de vivre. Il fait déjà 23 ans.
Oui, c'est vrai.
En tout cas, j'ai envie de t'avoir ici parce que tu es réalisateur et tu as réalisé un documentaire qui s'intitule Tzvara. Tu vas nous expliquer ce que c'est par cet art poétique de la région Hassani qui est extrêmement intéressant à découvrir et extrêmement beau. Mr Haïdi est avec moi. Ça va ? Merci. Content de t'avoir ici avec nous. Deep House, Afro House, DJ, Mr. Aidi. Mais tu n'es pas là pour parler musique, direct ? Non. Parce que tu passes derrière la caméra. Oui. C'est ça ? Oui. C'est quoi ? Toi aussi, tu te mets à faire des documentaires ?
Ah non, pas du tout. Là, je travaille sur mon quatrième album et je me suis dit, je vais faire juste un album. Pour moi, personnellement, ce n'est pas intéressant. Mais découvrir l'expérience que je vais vivre, faire l'album, la filmer, rendre toute l'expérience.
C'est un documentaire.
Oui, un documentaire et une expo photo aussi. Alors du coup, c'est un documentaire sur la musique sahraoui de A à Z. Bien sûr, je me suis inspiré des documentaires. Je n'y suis pas trop.
Malheur. Oui, bien sûr.
Et voilà. Et j'essaie de faire de mon mieux pour comprendre et partager ce que j'ai compris.
Parce qu'on est là pour ça et on en a parlé dans la première émission, si vous voulez la revoir ou la réécouter en podcast, n'hésitez pas. On a parlé justement de la valorisation et de la préservation du patrimoine. Et là, on va en parler de ça, de cette culture sahraoui, la culture Hassani. Et on va vous la faire découvrir sur certains versants. Parce que c'est vrai que quand on est arabe, kazakh, etc., c'est pas quelque chose qu'on... Sauf si on a envie de s'y intéresser. Et là, on va essayer de partager ça avec vous. Alors Fouad, Tzabra, c'est quoi ?
Moi, je l'ai appelé la première fois qu'on m'a proposé de faire un film documentaire sur Tsubara. J'ai dit, je vais faire un film sur la séduction au féminin.
Ok.
En général ?
En général. En général. Ok.
Tsubara, c'est des poèmes très très courts. C'est une singularité de la région, du Sahara marocain et de l'Afrique.
du nord. Mais c'est de la poésie dite par des femmes.
C'est de la poésie dite par des femmes. Soit que ce soit de la séduction. Et c'est tabou. C'est tabou. C'est en cachette. C'est pour ça que le documentaire s'appelle « Le désir caché » . C'est en cachette, c'est-à-dire... On ne connaît pas la poétesse. On sait que c'est une femme. Mais le concerner, quand il le comprend, il commence à chercher. C'est laquelle ? Ça, c'est quand il s'agit de séduction. Mais aussi, il y a l'amour, il y a la religion, il y a la spiritualité. C'est des points très, très, très courts, en deux versets. les chantonnaient, c'est-à-dire qu'ils sont chantés dans les mariages, dans les cérémonies. C'est très intéressant parce que ça reste un exemple typique de l'émancipation de la femme sahraoui.
On va en parler. Parce que ce que tu as dit, déjà, ça résume énormément de choses. Toutes les contradictions de notre société au Cameraba, on les connaît. Et c'est ça qui est génial avec la culture, c'est qu'on en fait une force plutôt que d'en faire un... un inconvénient. C'est ces contradictions finalement qui nous nourrissent. C'est les blessures aussi. C'est le blues à la marocaine. C'est comme les chichettes, etc. Toi, la culture sahraoui, pourquoi ça t'a intéressé ?
Ça m'intéressait déjà. Je ne savais pas beaucoup de choses sur la culture sahraoui.
Tu as des origines sahraoui, non ? Non, pas du tout. Tu es sahraoui.
Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je vais chercher. Moi, j'ai eu l'idée et quand j'ai commencé à chercher, ça fait deux ans et demi que je travaille sur ça, et quand j'ai commencé à chercher, voyager et tout, le quatrième, c'est que je ne connais pas la musique hispanique, la musique sahraoui. Ça veut dire tout ce qui est instrument, tout ce qui est poésie, les noms exactement, les poésies, ce type de poésie. Alors, tout ça, je ne savais pas. Alors du coup, quand j'ai commencé, c'était un peu...
Alors comment justement, parce que là on parle d'accès à la culture, d'accès au patrimoine, d'accès à ce qui nous construit. Comment t'as fait ? Alors tu es tombé sur le documentaire de Fouad, mais avant, où est-ce que tu es allé chercher l'information ? C'est ça qui m'intéresse, quand on veut aller chercher, à part Hedge Google et maintenant le chat de GPT, mais dans de matières plus enfouies, comment tu...
Il faut voyager, il faut aller dans des endroits, il faut rencontrer des gens. Moi j'ai fait presque deux casas, Merzouga, Merzouga, Klesmkouna, Zagoura, Goulmim, Leïoun, Dakhla.
La pétimane de Nes.
À chaque fois quand je m'arrête déjà pour le repérage, c'était ça. Avec des gens qui travaillent dans la culture ou bien avec les contacts qu'on a, les organisateurs des festivals, tel qu'Ibrahim Zned, Moulaïd El-Djadablanqa. les gens adorent, ils t'aident, tu peux partir chez les groupes ou les heads, et en plus de ça, moi personnellement, quand je connais un groupe ou un head, pour moi c'était un rêve, juste de les voir, parce que la voix me rendait fou, je ne comprends pas qu'ils fassent ça. Alors du coup, j'ai eu l'honneur de les voir, partager avec eux, avoir des interviews avec eux, alors du coup c'était Oui, C'était waouh !
Quand tu as fait le documentaire, déjà ça t'a pris combien de temps pour le faire ? On a bien vu l'angle que tu as pris. Est-ce que tu as découvert quelque chose de particulier auquel tu ne t'attendais pas ? La culture d'Yelna qui est maribia, avec ses spécificités. Alors tu l'as dit, bien sûr la femme, son émancipation, mais qu'est-ce que tu as découvert ?
Ce que je ne m'attendais pas, c'est à ce que je m'attendais.
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire, moi, originaire de la région de Zion, de Khnefra et tout ça.
Ça se voit à tes yeux, oui.
Et pour moi, par exemple, chez nous, en famille, dans les tribus, historiquement, j'aime beaucoup l'histoire. C'est-à-dire, j'aime l'histoire, et quand on aime l'histoire, automatiquement, on aime la culture. Parce que... on aime son histoire, c'est-à-dire qu'il y a de la culture dans l'histoire. Et dans les régions du Moyen-Atlas, la femme est très émancipée. Parce que la femme, c'est l'éducatrice, c'est la poétesse, c'est la sauce de revenus. Et l'homme, ce n'est que le berger et le guerrier.
Il doit protéger son foyer. C'est le berger. C'est le bordeur collé.
C'est ça. Même dans l'histoire du Moyen-Atlas, Il y a des femmes héroïnes, des femmes qui ont tracé l'histoire, comme Ito, il y a beaucoup de femmes qui ont fait. Alors quand je me suis confronté dans un précédent tournage, on me parlait de Tbra. Alors ça m'a intrigué. On m'a dit voilà, les femmes racontent des trucs à propos des hommes. et raconter leurs émotions et tout ça. J'ai dit, oui, ça se passe chez nous, mais pas de la même façon. Et comme ça, j'ai commencé à chercher. Quand une productrice qui s'appelle Malika Mert-Aïne, d'ailleurs que je salue, quand elle m'a contacté, elle m'a dit, voilà, on voulait faire un documentaire sur Tebra. Est-ce que tu connais c'est quoi Tebra ? Je lui ai dit, voilà, Tebra, c'est... Oui, je connais. Elle a été surprise du fait que je connais c'est quoi Tebra. C'est-à-dire, pour elle, c'est très compliqué.
Comment on fait découvrir ça ailleurs, vers le nord ? Alors si tu fais un documentaire, ça c'est la première des choses, c'est déjà énorme, parce que ça permet de le diffuser, mais on ne voit jamais suffisamment de partage de cette culture du sud chez nous. Casa, Rabat, même au niveau d'Aguedir, on ne va pas la fouiller suffisamment ? Est-ce que toi justement, en faisant un album, en allant... découvrir toutes ces sonorités j'imagine que tu vas mélanger tout ça avec avec web oui mais là encore plus quoi alors si si si je fais pas l'initiative de faire un album
100% ça oui je pense que Je vais pas dire personne va le faire mais mais je dois prendre l'initiative parce que moi je travaille sur la culture marocaine et j'essaie de la rendre accessible la nouvelle génération mais presque elle a oublié Oubliez ! malheureusement, c'est pas tout, je ne généralise pas, mais ils ont oublié la musique traditionnelle. D'autres styles, ils ne sont pas mexicains, plus ou moins. Mais moi je me suis dit que mixer et avoir de la couleur électronique sur la musique traditionnelle marocaine, elle va la rendre plus accessible aux jeunes. Ça c'est juste l'idée que j'ai. Et avec cet album, j'ai eu l'idée et j'essaye de respecter déjà la structure de A à Z de chaque style. J'ai respecté la structure de A à Z. Et dans le documentaire, vous allez voir, j'enregistre un d'eux, le milieu d'un d'eux. Et je reviens chez Sumao pour valider.
Rythmiquement ? Là, on va parler un peu musique. Il y a du rythme dans les documentaires, mais au niveau musique, moi, ça m'intéresse aussi. Parce que quand on est sur le Gnawa, on sait qu'il y en a beaucoup de 6-8. Ça, c'est pour les musiciens qui connaissent un peu le découpage des rythmes, mais c'est très caractéristique. Je me rappellerai toujours de musiciens américains qui étaient venus la première fois avec les Fusions Gnawa et ils disaient une chose, ils disaient... ils n'arrivaient pas à commencer, ils disaient « Where's the first beat, man ? » Ils ne savaient pas où commencer. Est-ce que tu as découvert des rythmes qui sont très particuliers au niveau de la musique sahraouienne ?
Si, il y a beaucoup de rythmes, mais moi j'adapte toujours.
Oui, toi tu les ramènes dans...
Déjà maintenant, 4-4, 2-2-2-2-2, pour les jouer dans des clubs, pour les jouer dans des festivals, pour les rendre accessibles, même pour... les DJ internationaux, ils les connaissent. Et pour...
C'est important ce qu'il dit, il faut juste savoir, c'est de la technique rythmique. Vous avez des rythmes qui sont très peu compréhensibles par les gens. Et si on a du mal à danser dessus, si on a du mal à comprendre le pattern du rythme, c'est pas consommable. J'aime pas parler comme ça de la musique, mais c'est comme ça.
Oui, effectivement. Et surtout, dans l'indien, le DJing, le mix, des fois... Je fais un back-to-back avec un DJ, je joue un rythme 6-8 par exemple. Il ne sait pas où le 1, où le 2, où le 3. Alors du coup, c'est un peu difficile. Du coup, moi, j'essaie de faire les choses normales, genre à la 2-2, 4-4, et j'essaie de les rendre plus ou moins accessibles. Et je pense moi, c'est des rythmes 4-4. C'est carré.
Est-ce que tu es d'accord avec lui ? sur le fait que ça se perd. Est-ce que notre patrimoine se perd ? On est là, ici, le Moussane de Tata, mais là, justement, il est classé au patrimoine de l'Udisco. C'est pour une bonne raison, c'est pour garder cette culture.
C'est le rôle de la documentation et du documentaire.
Non, mais est-ce que vous avez... Alors, lui dit, il nous dit que, voilà, il sent que ça part. C'est-à-dire qu'on ne se transmet pas les choses, on va vers d'autres styles.
C'est pour ça, comme il a dit, qu'il est en train de prendre tout ce qui est antique, tout ce qui est marocain, tout ce qui est ancien, et de l'adapter selon sa vision. C'est-à-dire une vision moderne à tout ce qui est ancien. Ça, c'est bien. C'est aussi dans le cinéma, il faut faire ça. Mais tout en gardant le grand problème qu'on a ici, qu'on a au Maroc, et non seulement au Maroc. C'est, on veut faire des documentaires, mais on part avec l'idée, le documentaire, c'est prendre une caméra, tu la mets dans un coin et tu laisses tourner.
Un bon documentaire, ça coûte cher à faire, parce que ça demande du temps, et ça demande une écriture encore plus complexe qu'un film.
Il faut se commercialiser pour le rendre éternel. que tu le fasses avec de l'amour et de la qualité.
Et de la connaissance.
Parce que quand on dit qualité, quand on dit un film documentaire, c'est un film cinéma. Quand on dit film, c'est cinéma. C'est-à-dire qu'il faut respecter toutes les normes cinématographiques.
Tous les codes du cinéma.
Et après, on passe à la création, on passe au fantasy, on passe à l'abstrait, on passe au surréalisme. On choisit l'école qu'on veut. Mais il faut respecter les normes cinématographiques. que les gens qui ont créé le cinéma, ils ont mis 120-140 ans à les mettre en...
Alors, on arrive à la fin de cette émission, j'aurais aimé vous garder plus longtemps. On est ici au Monsomme de Tintin, on va être ensemble tout le week-end. Vous êtes déjà venu au Monsomme de Tintin ou c'est la première fois ? Moi c'est la première fois.
C'est la première fois à Tintin.
Première fois à Tintin, gars ! Vous allez découvrir le Monsomme de Tintin, vous allez être sur la grande place avec les... On a la trentaine de tribus avec les courses de dromadaires. C'est quand même assez impressionnant. Et on plonge dans un Maroc qui est un Maroc. Le Marmuc. Non, mais non. Il y a plusieurs Marocs qui est notre Maroc. Et celui-là, je peux vous dire qu'il est magnifique à découvrir. On va vous le faire découvrir dans Parole d'expert. Merci d'avoir été avec nous, Mr. Eddy, Fouad Azmi. Où est-ce qu'on peut voir ton documentaire ?
Sur Shade.
Sur Shade. Shade. Ok. Toi, ton dernier album ?
Il va sortir bientôt. Quand ? Au mois de septembre.
Tu as le nom déjà ou pas ?
Oui.
Tu ne vas pas nous le dire. Après.
Après ? Ok.
On vous le dira. Allez, si vous préférez les mots aux images, vous pouvez réécouter en podcast audio cet épisode sur toutes les bonnes plateformes. Et nous, on se retrouve très vite pour un autre Parole d'expert au cœur du Moussame de Tintin. A bientôt. Bye bye.
Merci.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour à toutes et à tous et ravi de vous retrouver encore une fois dans Parole d'expert. Vous le savez, on est sortis du studio de Casa pour se rendre à Tantan pour vous faire découvrir, pour vous faire vivre le Moussem de Tantan. Nous sommes ici à Tantan encore une fois sous la tente Sahraoui. Oui, on est en face de la mer. On vous partagera avec vous des images du Moussab. Et on vous racontera un peu tout ça avec tous les acteurs, les actrices de la région. Et on parle de culture. C'est le deuxième épisode de Parole d'expert ici à Tantan. On parle de culture. On va parler de la culture Hassani. Parce que c'est vrai que moi, sincèrement, c'est quand je prépare des émissions, quand je suis venu à Tantan la première fois, quand je vais dans les provinces du Sud, On s'intéresse et on voit toute la culture ancestrale sainie qui existe ici et c'est toujours un plaisir de les découvrir. Et on va justement aujourd'hui essayer d'en parler un peu plus en détail. Parole d'expert spécial Moussem de Tintin, c'est tout de suite. Et pour en parler avec moi, je reçois Foued Azmi qui est avec moi. Comment ça va Foued ? Tu vas bien ? Parle en face du micro. Ça va Bekheb ?
Ça va très très bien.
Ravi de te retrouver. Merci. On ne s'est pas vu depuis 2003. 2003, oui. À Deux-Èmes. Oui. C'est toi qui viens de vivre. Il fait déjà 23 ans.
Oui, c'est vrai.
En tout cas, j'ai envie de t'avoir ici parce que tu es réalisateur et tu as réalisé un documentaire qui s'intitule Tzvara. Tu vas nous expliquer ce que c'est par cet art poétique de la région Hassani qui est extrêmement intéressant à découvrir et extrêmement beau. Mr Haïdi est avec moi. Ça va ? Merci. Content de t'avoir ici avec nous. Deep House, Afro House, DJ, Mr. Aidi. Mais tu n'es pas là pour parler musique, direct ? Non. Parce que tu passes derrière la caméra. Oui. C'est ça ? Oui. C'est quoi ? Toi aussi, tu te mets à faire des documentaires ?
Ah non, pas du tout. Là, je travaille sur mon quatrième album et je me suis dit, je vais faire juste un album. Pour moi, personnellement, ce n'est pas intéressant. Mais découvrir l'expérience que je vais vivre, faire l'album, la filmer, rendre toute l'expérience.
C'est un documentaire.
Oui, un documentaire et une expo photo aussi. Alors du coup, c'est un documentaire sur la musique sahraoui de A à Z. Bien sûr, je me suis inspiré des documentaires. Je n'y suis pas trop.
Malheur. Oui, bien sûr.
Et voilà. Et j'essaie de faire de mon mieux pour comprendre et partager ce que j'ai compris.
Parce qu'on est là pour ça et on en a parlé dans la première émission, si vous voulez la revoir ou la réécouter en podcast, n'hésitez pas. On a parlé justement de la valorisation et de la préservation du patrimoine. Et là, on va en parler de ça, de cette culture sahraoui, la culture Hassani. Et on va vous la faire découvrir sur certains versants. Parce que c'est vrai que quand on est arabe, kazakh, etc., c'est pas quelque chose qu'on... Sauf si on a envie de s'y intéresser. Et là, on va essayer de partager ça avec vous. Alors Fouad, Tzabra, c'est quoi ?
Moi, je l'ai appelé la première fois qu'on m'a proposé de faire un film documentaire sur Tsubara. J'ai dit, je vais faire un film sur la séduction au féminin.
Ok.
En général ?
En général. En général. Ok.
Tsubara, c'est des poèmes très très courts. C'est une singularité de la région, du Sahara marocain et de l'Afrique.
du nord. Mais c'est de la poésie dite par des femmes.
C'est de la poésie dite par des femmes. Soit que ce soit de la séduction. Et c'est tabou. C'est tabou. C'est en cachette. C'est pour ça que le documentaire s'appelle « Le désir caché » . C'est en cachette, c'est-à-dire... On ne connaît pas la poétesse. On sait que c'est une femme. Mais le concerner, quand il le comprend, il commence à chercher. C'est laquelle ? Ça, c'est quand il s'agit de séduction. Mais aussi, il y a l'amour, il y a la religion, il y a la spiritualité. C'est des points très, très, très courts, en deux versets. les chantonnaient, c'est-à-dire qu'ils sont chantés dans les mariages, dans les cérémonies. C'est très intéressant parce que ça reste un exemple typique de l'émancipation de la femme sahraoui.
On va en parler. Parce que ce que tu as dit, déjà, ça résume énormément de choses. Toutes les contradictions de notre société au Cameraba, on les connaît. Et c'est ça qui est génial avec la culture, c'est qu'on en fait une force plutôt que d'en faire un... un inconvénient. C'est ces contradictions finalement qui nous nourrissent. C'est les blessures aussi. C'est le blues à la marocaine. C'est comme les chichettes, etc. Toi, la culture sahraoui, pourquoi ça t'a intéressé ?
Ça m'intéressait déjà. Je ne savais pas beaucoup de choses sur la culture sahraoui.
Tu as des origines sahraoui, non ? Non, pas du tout. Tu es sahraoui.
Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je vais chercher. Moi, j'ai eu l'idée et quand j'ai commencé à chercher, ça fait deux ans et demi que je travaille sur ça, et quand j'ai commencé à chercher, voyager et tout, le quatrième, c'est que je ne connais pas la musique hispanique, la musique sahraoui. Ça veut dire tout ce qui est instrument, tout ce qui est poésie, les noms exactement, les poésies, ce type de poésie. Alors, tout ça, je ne savais pas. Alors du coup, quand j'ai commencé, c'était un peu...
Alors comment justement, parce que là on parle d'accès à la culture, d'accès au patrimoine, d'accès à ce qui nous construit. Comment t'as fait ? Alors tu es tombé sur le documentaire de Fouad, mais avant, où est-ce que tu es allé chercher l'information ? C'est ça qui m'intéresse, quand on veut aller chercher, à part Hedge Google et maintenant le chat de GPT, mais dans de matières plus enfouies, comment tu...
Il faut voyager, il faut aller dans des endroits, il faut rencontrer des gens. Moi j'ai fait presque deux casas, Merzouga, Merzouga, Klesmkouna, Zagoura, Goulmim, Leïoun, Dakhla.
La pétimane de Nes.
À chaque fois quand je m'arrête déjà pour le repérage, c'était ça. Avec des gens qui travaillent dans la culture ou bien avec les contacts qu'on a, les organisateurs des festivals, tel qu'Ibrahim Zned, Moulaïd El-Djadablanqa. les gens adorent, ils t'aident, tu peux partir chez les groupes ou les heads, et en plus de ça, moi personnellement, quand je connais un groupe ou un head, pour moi c'était un rêve, juste de les voir, parce que la voix me rendait fou, je ne comprends pas qu'ils fassent ça. Alors du coup, j'ai eu l'honneur de les voir, partager avec eux, avoir des interviews avec eux, alors du coup c'était Oui, C'était waouh !
Quand tu as fait le documentaire, déjà ça t'a pris combien de temps pour le faire ? On a bien vu l'angle que tu as pris. Est-ce que tu as découvert quelque chose de particulier auquel tu ne t'attendais pas ? La culture d'Yelna qui est maribia, avec ses spécificités. Alors tu l'as dit, bien sûr la femme, son émancipation, mais qu'est-ce que tu as découvert ?
Ce que je ne m'attendais pas, c'est à ce que je m'attendais.
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire, moi, originaire de la région de Zion, de Khnefra et tout ça.
Ça se voit à tes yeux, oui.
Et pour moi, par exemple, chez nous, en famille, dans les tribus, historiquement, j'aime beaucoup l'histoire. C'est-à-dire, j'aime l'histoire, et quand on aime l'histoire, automatiquement, on aime la culture. Parce que... on aime son histoire, c'est-à-dire qu'il y a de la culture dans l'histoire. Et dans les régions du Moyen-Atlas, la femme est très émancipée. Parce que la femme, c'est l'éducatrice, c'est la poétesse, c'est la sauce de revenus. Et l'homme, ce n'est que le berger et le guerrier.
Il doit protéger son foyer. C'est le berger. C'est le bordeur collé.
C'est ça. Même dans l'histoire du Moyen-Atlas, Il y a des femmes héroïnes, des femmes qui ont tracé l'histoire, comme Ito, il y a beaucoup de femmes qui ont fait. Alors quand je me suis confronté dans un précédent tournage, on me parlait de Tbra. Alors ça m'a intrigué. On m'a dit voilà, les femmes racontent des trucs à propos des hommes. et raconter leurs émotions et tout ça. J'ai dit, oui, ça se passe chez nous, mais pas de la même façon. Et comme ça, j'ai commencé à chercher. Quand une productrice qui s'appelle Malika Mert-Aïne, d'ailleurs que je salue, quand elle m'a contacté, elle m'a dit, voilà, on voulait faire un documentaire sur Tebra. Est-ce que tu connais c'est quoi Tebra ? Je lui ai dit, voilà, Tebra, c'est... Oui, je connais. Elle a été surprise du fait que je connais c'est quoi Tebra. C'est-à-dire, pour elle, c'est très compliqué.
Comment on fait découvrir ça ailleurs, vers le nord ? Alors si tu fais un documentaire, ça c'est la première des choses, c'est déjà énorme, parce que ça permet de le diffuser, mais on ne voit jamais suffisamment de partage de cette culture du sud chez nous. Casa, Rabat, même au niveau d'Aguedir, on ne va pas la fouiller suffisamment ? Est-ce que toi justement, en faisant un album, en allant... découvrir toutes ces sonorités j'imagine que tu vas mélanger tout ça avec avec web oui mais là encore plus quoi alors si si si je fais pas l'initiative de faire un album
100% ça oui je pense que Je vais pas dire personne va le faire mais mais je dois prendre l'initiative parce que moi je travaille sur la culture marocaine et j'essaie de la rendre accessible la nouvelle génération mais presque elle a oublié Oubliez ! malheureusement, c'est pas tout, je ne généralise pas, mais ils ont oublié la musique traditionnelle. D'autres styles, ils ne sont pas mexicains, plus ou moins. Mais moi je me suis dit que mixer et avoir de la couleur électronique sur la musique traditionnelle marocaine, elle va la rendre plus accessible aux jeunes. Ça c'est juste l'idée que j'ai. Et avec cet album, j'ai eu l'idée et j'essaye de respecter déjà la structure de A à Z de chaque style. J'ai respecté la structure de A à Z. Et dans le documentaire, vous allez voir, j'enregistre un d'eux, le milieu d'un d'eux. Et je reviens chez Sumao pour valider.
Rythmiquement ? Là, on va parler un peu musique. Il y a du rythme dans les documentaires, mais au niveau musique, moi, ça m'intéresse aussi. Parce que quand on est sur le Gnawa, on sait qu'il y en a beaucoup de 6-8. Ça, c'est pour les musiciens qui connaissent un peu le découpage des rythmes, mais c'est très caractéristique. Je me rappellerai toujours de musiciens américains qui étaient venus la première fois avec les Fusions Gnawa et ils disaient une chose, ils disaient... ils n'arrivaient pas à commencer, ils disaient « Where's the first beat, man ? » Ils ne savaient pas où commencer. Est-ce que tu as découvert des rythmes qui sont très particuliers au niveau de la musique sahraouienne ?
Si, il y a beaucoup de rythmes, mais moi j'adapte toujours.
Oui, toi tu les ramènes dans...
Déjà maintenant, 4-4, 2-2-2-2-2, pour les jouer dans des clubs, pour les jouer dans des festivals, pour les rendre accessibles, même pour... les DJ internationaux, ils les connaissent. Et pour...
C'est important ce qu'il dit, il faut juste savoir, c'est de la technique rythmique. Vous avez des rythmes qui sont très peu compréhensibles par les gens. Et si on a du mal à danser dessus, si on a du mal à comprendre le pattern du rythme, c'est pas consommable. J'aime pas parler comme ça de la musique, mais c'est comme ça.
Oui, effectivement. Et surtout, dans l'indien, le DJing, le mix, des fois... Je fais un back-to-back avec un DJ, je joue un rythme 6-8 par exemple. Il ne sait pas où le 1, où le 2, où le 3. Alors du coup, c'est un peu difficile. Du coup, moi, j'essaie de faire les choses normales, genre à la 2-2, 4-4, et j'essaie de les rendre plus ou moins accessibles. Et je pense moi, c'est des rythmes 4-4. C'est carré.
Est-ce que tu es d'accord avec lui ? sur le fait que ça se perd. Est-ce que notre patrimoine se perd ? On est là, ici, le Moussane de Tata, mais là, justement, il est classé au patrimoine de l'Udisco. C'est pour une bonne raison, c'est pour garder cette culture.
C'est le rôle de la documentation et du documentaire.
Non, mais est-ce que vous avez... Alors, lui dit, il nous dit que, voilà, il sent que ça part. C'est-à-dire qu'on ne se transmet pas les choses, on va vers d'autres styles.
C'est pour ça, comme il a dit, qu'il est en train de prendre tout ce qui est antique, tout ce qui est marocain, tout ce qui est ancien, et de l'adapter selon sa vision. C'est-à-dire une vision moderne à tout ce qui est ancien. Ça, c'est bien. C'est aussi dans le cinéma, il faut faire ça. Mais tout en gardant le grand problème qu'on a ici, qu'on a au Maroc, et non seulement au Maroc. C'est, on veut faire des documentaires, mais on part avec l'idée, le documentaire, c'est prendre une caméra, tu la mets dans un coin et tu laisses tourner.
Un bon documentaire, ça coûte cher à faire, parce que ça demande du temps, et ça demande une écriture encore plus complexe qu'un film.
Il faut se commercialiser pour le rendre éternel. que tu le fasses avec de l'amour et de la qualité.
Et de la connaissance.
Parce que quand on dit qualité, quand on dit un film documentaire, c'est un film cinéma. Quand on dit film, c'est cinéma. C'est-à-dire qu'il faut respecter toutes les normes cinématographiques.
Tous les codes du cinéma.
Et après, on passe à la création, on passe au fantasy, on passe à l'abstrait, on passe au surréalisme. On choisit l'école qu'on veut. Mais il faut respecter les normes cinématographiques. que les gens qui ont créé le cinéma, ils ont mis 120-140 ans à les mettre en...
Alors, on arrive à la fin de cette émission, j'aurais aimé vous garder plus longtemps. On est ici au Monsomme de Tintin, on va être ensemble tout le week-end. Vous êtes déjà venu au Monsomme de Tintin ou c'est la première fois ? Moi c'est la première fois.
C'est la première fois à Tintin.
Première fois à Tintin, gars ! Vous allez découvrir le Monsomme de Tintin, vous allez être sur la grande place avec les... On a la trentaine de tribus avec les courses de dromadaires. C'est quand même assez impressionnant. Et on plonge dans un Maroc qui est un Maroc. Le Marmuc. Non, mais non. Il y a plusieurs Marocs qui est notre Maroc. Et celui-là, je peux vous dire qu'il est magnifique à découvrir. On va vous le faire découvrir dans Parole d'expert. Merci d'avoir été avec nous, Mr. Eddy, Fouad Azmi. Où est-ce qu'on peut voir ton documentaire ?
Sur Shade.
Sur Shade. Shade. Ok. Toi, ton dernier album ?
Il va sortir bientôt. Quand ? Au mois de septembre.
Tu as le nom déjà ou pas ?
Oui.
Tu ne vas pas nous le dire. Après.
Après ? Ok.
On vous le dira. Allez, si vous préférez les mots aux images, vous pouvez réécouter en podcast audio cet épisode sur toutes les bonnes plateformes. Et nous, on se retrouve très vite pour un autre Parole d'expert au cœur du Moussame de Tintin. A bientôt. Bye bye.
Merci.
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