- Speaker #0
Je suis Stéphanie Barranco. Ici, je donne la parole aux femmes. Des femmes connues ou anonymes, des femmes fortes, fragiles, audacieuses, parfois cabossées. Des femmes qui ont aimé, douté, chuté, recommencé et qui ont accepté de venir raconter leurs histoires sans tabou, sans jugement, sans filtre. Parce que derrière chaque parcours, il y a une femme. Ses choix, ses peurs, ses combats, ses désirs. Ces victoires et cette question qui traverse chaque épisode, au fond, c'est quoi être une femme aujourd'hui ? Je crois profondément que lorsque les femmes racontent leurs histoires, leurs mots peuvent résonner. Alors ici on écoute, on partage, on transmet. Bienvenue dans la saison 4 de Parole de Femme. Octobre rose, c'est le mois où l'on parle du cancer du sein. de dépistage, de traitement, de combat. Mais dans Parole de femme, j'avais envie de regarder aussi ce qui se passe après, quand les traitements s'arrêtent, quand il faut retrouver confiance en son corps, en sa féminité, en ses capacités, et peut-être tout simplement retrouver la femme derrière la patiente. À chacun son Everest. accompagnent justement ces femmes dans cette reconstruction. Aujourd'hui, j'ai voulu m'intéresser à celle qui a choisi de s'engager à leur côté, aux côtés de ces femmes, dans le chemin tracé par Christine Janin que j'avais reçu il y a quelques années maintenant, le temps passe dans Parole de Femme. Émilie Gobert, bonjour. Bonjour. Merci de m'ouvrir les portes de la maison.
- Speaker #1
Merci de venir nous rencontrer.
- Speaker #0
Je suis ravie parce que c'est important, ce thème de l'après-cancer. Ça a été pendant longtemps finalement peu médiatisé. On commence à en parler de plus en plus. Pourquoi on décide à un moment de sa carrière de se consacrer finalement à ses femmes ? qui viennent chercher ici un sens à la vie d'après et à se retrouver elles-mêmes. C'est ce qu'on va essayer de... On va échanger sur ce sujet-là toutes les deux. Avec plaisir. Et tu vas me présenter un peu aussi cette maison et justement cette façon que cette maison a d'aller dans ce sens, mais avant. Parce qu'avant de parler de la maison, on va parler quand même avec une humaine. Il y a trois petites questions à parole de femmes qui sont coutumières, alors voilà, les voici. Si tu étais une émotion aujourd'hui, laquelle serais-tu ? Un moment de la journée que tu préfères ? Et si tu étais une odeur ou un parfum, lesquels serais-tu ?
- Speaker #1
Alors, la première question.
- Speaker #0
La première question, c'est l'émotion.
- Speaker #1
L'émotion. Si j'étais une émotion, je serais l'enthousiasme. D'accord. La positivité, en fait.
- Speaker #0
Il en faut.
- Speaker #1
Oui. Naturellement, j'ai ça en moi. Je suis toujours positive, même dans des situations un peu complexes. J'arrive toujours à sortir du positif dans des situations compliquées. Donc, c'est vraiment l'émotion qui me ressemble le plus.
- Speaker #0
Et c'est important pour travailler ici ?
- Speaker #1
Oui, c'est important.
- Speaker #0
C'est important.
- Speaker #1
C'est extrêmement important. On accompagne des femmes et des enfants qui sont dans des phases assez délicates et du coup on a besoin de leur apporter beaucoup beaucoup de positifs. Donc finalement oui, c'est ça la chance.
- Speaker #0
Oui, ça correspond à ton essence.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Un moment de la journée, c'est quoi toi ton moment de la journée ? De quel moment de la journée ? Tu te sens bien vraiment alignée avec toi-même ?
- Speaker #1
Alors, moi je suis passionnée de cheval et donc... Là où je me sens le mieux, c'est quand je le retrouve le soir. Pas tous les soirs, malheureusement, mais certains soirs. Et quand je le retrouve, je suis là pour lui et je fais le vide autour de moi. Et je me reconnecte à lui. Et il n'y a plus que lui et moi. Et en fait, je me sens bien. Je suis avec lui, je ne suis pas ailleurs. Et ça me permet de me déconnecter de mes problèmes au quotidien. Donc, c'est vraiment un bon moment pour moi.
- Speaker #0
C'est important quand on travaille, alors c'est important globalement, mais quand on travaille dans... Dans un secteur d'activité, moi ce n'est pas joli, mais quand on travaille au quotidien à côté de la souffrance, émotionnelle et même physique, c'est important d'avoir un échappatoire aussi puissant, à plus forte raison, que le cheval.
- Speaker #1
Tout à fait, je pense que c'est vraiment tout son sens, parce qu'on a des périodes qui sont parfois denses, parfois stressantes, etc. Et moi, ça me permet vraiment de me ressourcer. Dès que je le retrouve, ça me ressource et ça me permet d'avancer, d'expulser toute la pollution. C'est un reset. Exactement.
- Speaker #0
Et un parfum ?
- Speaker #1
Et un parfum. Ce serait quoi,
- Speaker #0
un parfum, une odeur ?
- Speaker #1
Alors, j'adore l'odeur quand il vient juste de pleuvoir, en fait. Il y a une odeur particulière et j'adore cette odeur dans la forêt, notamment. C'est vraiment hyper frais et ça me... Ça me fait vraiment du bien, ça me ressort, j'ai l'impression de mieux respirer avec ces odeurs.
- Speaker #0
On sent une femme très proche de la nature.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
C'est vrai. Avant, à chacun son Everest, qui était Emilie ?
- Speaker #1
Avant, à chacun son Everest, je travaillais dans une autre association qui n'avait rien à voir, puisque je travaillais à la LPO, la LIC, pour la protection des oiseaux.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc plutôt dans l'environnement. dans la protection de la biodiversité, de la faune sauvage. C'était vraiment très intéressant. Un autre milieu, mais toujours dans l'associatif. J'ai découvert l'associatif à la LPO. Et derrière, je ne me sentais pas d'aller travailler dans une entreprise classique. J'avais vraiment besoin de trouver un sens à tout ce que je fais. Chaque jour, je m'investis énormément dans tout ce que je fais. Mais j'aime bien m'investir pour des causes qui me tiennent à cœur.
- Speaker #0
Et du coup ? Cet après-cancer, ça vous tient à cœur ? Ça te tient à cœur ?
- Speaker #1
Oui, ça me tient à cœur. Quand j'ai vu... En fait, j'ai passé quelques temps à la LPO, 8 ans, et donc j'avais envie d'un nouveau défi professionnel. Et donc je regardais ponctuellement les offres qui passaient et quand j'ai vu l'offre pour Achat Car, son Everest, je connaissais vaguement l'association, j'en avais entendu parler, etc. Et j'ai lu l'offre et je me suis reconnue dans toutes les... le profil du poste, je correspondais vraiment à 100% au poste. Et ça me faisait vibrer du fait que ce soit à la montagne, j'étais au niveau de l'océan avant, à Rocheport, à côté de la Rochelle. Et en fait, je suis passionnée de montagne depuis toujours. Et à chaque vacances, je me retrouvais à la montagne. Et là, de pouvoir vivre à la montagne, c'était aussi, au-delà de l'association, une opportunité qui me tenait à cœur. Et évidemment, l'association, ça a fait tout sens, en fait. travailler dans le social, aider ces femmes à se reconstruire après une épreuve aussi difficile, aider ces enfants, parce qu'il y a aussi des enfants l'été qu'on accueille. Donc c'est vraiment quelque chose qui me tenait à cœur et pour lequel je me sentais vraiment de m'investir à 200%.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui fait la différence ? Hormis effectivement la montagne, qu'est-ce qui fait la différence avec cette association ? Pour te donner autant vite. d'investir, ça a été quoi le déclic ? C'est le cancer du sein en lui-même ?
- Speaker #1
C'est le cancer en général parce qu'il y a les enfants, c'est tout type de cancer. Après, cancer du sein, ça touche tellement de monde que j'ai été touchée personnellement, soit dans la famille ou dans mes amis, des gens qui ont été touchés par le cancer du sein. Je pense qu'on connaît tous quelqu'un qui a été touché. Donc, ça touche particulièrement. J'ai de la chance de ne pas connaître d'enfant qui a été touché par le cancer, mais des femmes d'un cancer du sein, évidemment. Donc, tout de suite, on imagine très bien ce que ça peut représenter, même s'ils n'ayant pas vécu la maladie.
- Speaker #0
Oui, on ne peut que se l'imaginer.
- Speaker #1
On ne peut que se l'imaginer. Mais tout de suite, en arrivant ici, en voyant les séjours, en vivant tout ça avec elles et en voyant le bien que ça leur fait d'être ici. C'est une transformation totale. Entre l'arrivée des femmes et leur départ, ce ne sont plus les mêmes. Ce sont des papillons qui s'envolent à la fin. Elles repartent avec des étoiles plein les yeux, avec de la reconnaissance, avec une énergie, un élan de vie qu'elles n'avaient pas du tout au départ. Et rien que ça, ça me donne des frissons, rien que d'en parler. C'est vraiment le plus beau dans tout ce que je fais. Et de vivre ces moments-là avec elles. Évidemment, je n'ai pas le temps de vivre les activités, mais je vis le départ, je vis l'arrivée. Et du coup, je vois bien la différence. Et ça, c'est vraiment le plus beau à vivre. La plus belle des reconnaissances, c'est de voir le regard de ses femmes ou de ses enfants au départ.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas aussi une énorme responsabilité ? finalement, de prendre la direction de cette maison. Ce n'est pas une énorme responsabilité, finalement, de se dire « ça repose sur mes épaules » . Le bien-être de ces femmes, peut-être leur vie d'après. Est-ce qu'on n'a pas un peu le vertige, parfois ?
- Speaker #1
Parfois un peu, c'est vrai. Et à la fois, en fait, c'est la Christine Janin qui a créé l'association. Le programme est bien rodé, les équipes. connaissent leur travail et du coup je suis bien accompagnée donc je ne me sens pas seule dans ma barque et oui c'est parfois des moments stressants ou des choses qu'on n'a pas prévues qui ne sont jamais arrivées donc évidemment ce n'est pas toujours simple mais je ne me sens pas oui c'est beaucoup de responsabilité mais je ne me sens pas seule et complètement laissée à...
- Speaker #0
à l'abandon dans cette maison.
- Speaker #1
Je ne suis pas du tout à l'abandon. On a un conseil d'administration qui est aussi très présent, Christine qui est toujours là et qui peut m'aider à chaque fois que j'ai besoin. Donc ça aussi, c'est rassurant. Oui,
- Speaker #0
c'est un pilier malgré tout.
- Speaker #1
Et ça fonctionne en fait. Et de voir que stage, séjour après séjour, on fait des petites enquêtes de satisfaction, on voit que ça fonctionne, on voit évidemment qu'il y a 2-3 trucs à améliorer, mais globalement, elles sont 100% satisfaites. et Et du coup, je me dis, voilà, ça fonctionne, ça marche en continu et on améliore les choses petit à petit, en fait. Même si l'idée, ce n'est pas de transformer, mais d'améliorer un petit peu.
- Speaker #0
Si vous deviez expliquer à quelqu'un qui ne connaît pas à chacun son Everest, d'abord pour commencer, commençons par le commencement. Comment vous définiriez simplement à chacun son Everest ?
- Speaker #1
A chaque infant névresse, c'est une association qui accueille des femmes et des enfants en rémission d'un cancer pour leur redonner goût à la vie après la maladie.
- Speaker #0
Je vais faire l'avocate du diable puisque, évidemment, c'est ce qu'on va développer durant tout le mois d'octobre pour aider les femmes et soutenir toutes les actions autour d'Octobre Rose et la manière de parole de femmes de s'investir. Je vais faire l'avocat du diable pour justement qu'on comprenne bien à quoi ça sert. C'est bon, elles sont guéries, donc tout va bien. Pourquoi aller faire un stage ? Pourquoi elles ne sont plus malades ?
- Speaker #1
C'est ce que la majorité des gens qui accompagnent les femmes pensent en fait. À partir du moment où on n'a plus de traitement, les cheveux repoussent, les proches pensent que ça y est, c'est fini, on reprend une vie normale. Et en fait, c'est là le plus dur. Elle le raconte elle-même. Finalement, pendant les traitements, elles sont très accompagnées, elles se laissent guider par les professionnels médicaux. Et à partir du moment où les traitements sont finis, c'est un peu le vide pour elles. Elles se retrouvent seules, elles ont perdu de l'énergie, elles ont perdu confiance en elles. Elles ne se retrouvent plus dans ce qu'elles font avant et les proches ne comprennent pas. Donc, elles sont très très mal. Et ça, c'est des périodes qui sont... très incomprise aujourd'hui, de plus en plus comme tu disais tout à l'heure mais voilà, ça reste des périodes qui sont, par la plupart des gens vécues comme c'est bon, c'est fini, elle a fini les traitements, elle est guérie, mais non, c'est pas du tout ça il faut des mois et des mois, voire des années pour reprendre une vie normale, apprendre à vivre avec l'épreuve de la maladie qu'on a vécue en faire une force,
- Speaker #0
nous on leur apprend ici à en faire une force pour rebondir et pas avoir peur du lendemain parce qu'on a peur de la récidive Et puis comme nous l'expliquera plus tard, la semaine prochaine, un des oncologues référents de la maison, il n'y a pas que la chimio qui ravage le corps. L'immunothérapie aussi, il faut aussi leur donner cette force de vivre à côté, alors qu'on entend encore souvent dire « c'est bon, c'est un cachet » .
- Speaker #1
Et l'hormonothérapie aussi, c'est vraiment…
- Speaker #0
C'est très compliqué.
- Speaker #1
Des traitements qui durent parfois à vie, qui sont très impactants dans leur vie. Donc non, la lune n'est pas pareille avant et après.
- Speaker #0
Mais elle sera belle.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est ça l'objet finalement.
- Speaker #1
On va l'accepter pour rebondir. Et retrouver l'envie d'aller, d'avancer. Et en fait, c'est ce qu'on leur propose ici. Et ça marche en fait.
- Speaker #0
C'est extraordinaire. C'est extraordinaire. En une semaine.
- Speaker #1
En une semaine.
- Speaker #0
Alors, est-ce que... Juste pour bien comprendre, tu peux nous expliquer ce qu'il y a dans cette semaine ? Parce qu'il y a forcément beaucoup d'humains. Mais ça consiste réellement en quoi ?
- Speaker #1
En fait, c'est un séjour d'une semaine, comme tu le disais, qui allie à la fois des activités sportives autour de la montagne, activités physiques, de la randonnée, de l'escalade, on fait aussi du yoga, toutes les activités de support, je pense à la sophrologie, il y a les bains sonores, de la danse-thérapie, on a aussi des massages pour les femmes. Et il y a aussi toute une partie de soutien psychologique. Donc, il y a une psychologue qui accompagne les séjours. Et donc, il y a des entretiens psy individuels. Et il y a des groupes de parole, donc, psy collectifs, qui permettent de partager, justement, sur toutes les problématiques et trouver, en fait, des ressources pour avancer. Et donc, on essaye de les faire repartir avec des solutions clés en main. En fait, concrètes, des solutions qu'elles ont en elles, mais elles ne l'ont pas forcément mis en œuvre, et donc ça vient d'une des autres. Derrière, ça les fait réfléchir, ça leur permet d'avancer. Et donc tout cet alliage d'activités physiques, de soins de support et de soutien de six, le programme est bien ficelé pour que les peurs puissent être exprimées, qu'on puisse les aider dans tout ce parcours-là. Tout est calculé et c'est un savant mélange de tout ça, en sachant que les activités physiques, l'idée c'est qu'on fait le parallèle entre l'ascension de l'Everest et le chemin de guérison vers la maladie. Donc on les apprend à vivre avec la maladie, donc c'est la descente, à redescendre dans leur Everest.
- Speaker #0
Oui, parce que le principe de la réflexion de départ était de dire le malade est accompagné énormément pendant tout tout le diagnostic, les chimios, les radios. Vraiment, il y a un suivi presque quotidien et quotidien avec l'entourage. Souvent, on appelle tous les jours comment tu vas, comment tu as passé la nuit. Et puis, quand ils sont guéris, comme si c'était beaucoup d'efforts qu'on avait fait pour les maintenir à flot, il n'y a plus rien. Mais en fait, c'est un vide abyssal.
- Speaker #1
Surtout quand elles n'ont pas encore repris le travail, etc. Et puis du coup, elles se retrouvent vraiment seules, incomprises. Et la perte de confiance aussi en soi. Donc on a aussi des ateliers maquillage, photo, qui permettent de travailler sur ce sujet-là. Parce que le rapport à l'image est…
- Speaker #0
Le rapport à soi.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
C'est très dégradé.
- Speaker #1
Très dégradé. Elles ont vécu des opérations la plupart du temps, elles ont perdu les cheveux, etc. Et donc elles ont du mal à assumer tout ça. En fait, elles sont trop belles.
- Speaker #0
C'est vrai que moi j'ai partagé un repas avec vous toutes ce midi, et c'est vrai qu'on voit des femmes, j'arrive c'est jeudi, donc ça veut dire qu'elles ont quand même quasiment terminé leur séjour.
- Speaker #1
Exactement,
- Speaker #0
c'est l'avant-dernière journée. C'est l'avant-dernière journée, donc elles sont déjà bien, enfin je veux dire, elles se sont épanouies, ça y est.
- Speaker #1
Oui, complètement. On le voit assez vite, il y a une sororité qui se crée, très rapidement en fait, puisque dès le premier jour, on les fait s'exprimer sur leur parcours. cours, etc. Elles se rendent compte qu'elles ont plus ou moins toutes vécu la même chose et ça rapproche tout de suite. Donc, l'entraide est incroyable. Elles se soutiennent, etc. Il y a des pleurs, mais elles sont toutes les unes pour les autres à s'entraider, à se motiver les unes les autres. C'est incroyable. C'est beau. Elles repartent sœurs de cœur.
- Speaker #0
On a besoin de ça. Finalement, c'est des piliers parce qu'elles... des femmes qui se sont déjà confiées à mon micro disent que finalement personne ne peut comprendre tant qu'on ne l'a pas vécu dans sa chair personne ne peut comprendre on peut accompagner mais on ne peut pas comprendre si on ne l'a pas vécu et elle se comprend mais parce que si elle ne se trouve pas entre elle le fait d'exclure automatiquement les gens en disant personne ne peut comprendre réellement Du coup, vous vous mettez dans une espèce de bulle et une barrière et vous ne pouvez plus communiquer avec l'extérieur puisque, de fait, ils ne comprennent pas. Donc, ils sont étrangers à ma souffrance. C'était aussi ça de créer cette maison, en tout cas de la reprendre, de dire « on va faire un lieu où elles ne se sentiront pas seules dans leur détresse » .
- Speaker #1
Exactement. Et le lieu, ça prend toute sa grandeur ici. En fait, le lieu fait tout. C'est vraiment une maison. C'est une maison, on l'appelle la maison avec un grand M. L'idée, c'est qu'elles se sentent comme chez elles ici, et vraiment à l'aise, c'est-à-dire on arrive comme à la maison. On enlève ses chaussures, on met ses chaussons, on vient s'installer dans le canapé quand on a besoin de se détendre. On a des chambres, etc.
- Speaker #0
Elles ont chacune des chambres.
- Speaker #1
Elles ont leurs espaces collectifs où elles peuvent se retrouver, d'avoir un... boire un thé, manger.
- Speaker #0
C'est comme une grande auberge espagnole. Exactement.
- Speaker #1
C'est un peu ça. Et je crois qu'elles aiment bien. Et puis se retrouver ensemble, puisqu'elles sont à deux par chambre, donc elles se retrouvent entre elles, deux ou trois par chambre. Donc ça aussi, elles apprécient finalement, parce que c'est des moments dans les chambres où elles se disent des trucs qui ne se disent pas ailleurs aussi.
- Speaker #0
Vous avez vu des femmes arriver vraiment très très bas et et et avoir beaucoup de mal à communiquer avec les autres.
- Speaker #1
Oui, ça arrive.
- Speaker #0
Ça arrive.
- Speaker #1
Ça arrive des femmes qui sont très introverties, très en retrait, même physiquement, un petit peu la tête rentrée dans les épaules, etc. Ça arrive.
- Speaker #0
Comment vous faites à ce moment-là ? Comment ça se passe ? Est-ce que vous avez une autre approche ? Est-ce que déjà vous, en tant que directrice, comment vous vous positionnez ? Parce que j'imagine que... La posture vient de vous, de l'humain qui est à l'intérieur de vous, au-delà du titre. Ça a été quoi votre choix ? Votre posture ici ?
- Speaker #1
Ma posture, c'est d'être le plus bienveillant possible. Toutes les personnes qui encadrent le séjour le sont. C'est vraiment le mot-clé. L'empathie, la bienveillance. Et en fait, ces personnes-là qui viennent, par exemple, on a des médecins qui accompagnent le seul séjour et des psychologues. naturellement déjà c'est des gens qui donnent parce qu'ils viennent ici et donnent de leur temps pour être avec nous pendant une semaine. Donc c'est des gens naturellement qui sont bienveillants et du coup ça, ça fait tout. On les met dans une bulle positive et de bienveillance, elles le sentent tout de suite. Donc elles se sentent bien tout de suite et cocoonées, on les cocoonne vraiment. C'est-à-dire que les femmes, elles sont souvent surmenées, charge mentale énorme, s'occuper des enfants. enfants, s'occuper du boulot, s'occuper de leur maladie, etc. Là, on les cocoone vraiment, on les met dans une bulle où elles sont bien, on leur dit « on vous fait à manger, vous mettez à table, on s'occupe de tout » . Et en fait, c'est ça aussi, on les met dans un cocon où elles n'ont rien à... Elles n'ont pas à réfléchir, en fait, elles se laissent guider. Elles ne savent pas le programme de la semaine, elles le savent au jour le jour. Elles découvrent des choses au jour le jour, elles se laissent guider, en fait, portées par les activités, et en fait, ça fonctionne, et les personnes qui sont introverties petit à petit s'ouvrent. via le rapport avec les autres, via les discussions avec le médecin, etc. Et ça marche. En une semaine, on arrive à transformer les choses.
- Speaker #0
C'est comme un concentré. En fait, tout ce qui devrait y avoir comme suivi, c'est un concentré sur une semaine, finalement.
- Speaker #1
C'est un gros boost.
- Speaker #0
Mais ma question était... Quand vous avez imaginé prendre ce poste, vous en tant que femme, en tant qu'humaine, c'était quoi votre posture ? De dire « tiens, je suis là pendant les briefs, je participe au repas, j'ai vu où on a pris » . Mais vous avez un lien particulier avec ces femmes où finalement, votre posture de directrice ne vous permet pas non plus d'être…
- Speaker #1
extrêmement présente ou est-ce que c'est vous qui l'avez imaginée comme ça parce que vous avez besoin peut-être de vous protéger aussi parce que c'est très dense émotionnellement c'est très très dense et en fait il se trouve que j'ai plein de choses à gérer en tant que directrice et malheureusement je ne peux pas participer et passer beaucoup de temps avec elle puisque j'ai tout le reste à gérer la collecte de fonds parce qu'on est une association et on est financée par Merci. par les ressources privées, donc des dons du mécénat, etc. Il faut aller à la recherche des fonds pour faire vivre l'association, etc. Donc, j'accompagne les équipes, etc. Je travaille sur plein de dossiers différents. Et du coup, ça ne me permet pas de partager les activités avec les femmes, donc je les accueille. Je passe du temps avec elles quand même. Je déjeune avec elles. Je dîne parfois avec elles. Je fais le vendredi, donc la soirée de clôture des séjours avec elles. Avec l'armiste. je passe du temps avec elle mais j'aimerais énormément en passer plus mais c'est pas possible c'est pas dans mon poste c'est pas du tout ce qu'on attend de moi c'est ça,
- Speaker #0
c'est là où on différencie finalement l'humain du travail, c'est pour ça que je le différencie parce qu'effectivement votre rôle c'est de pousser la structure pour qu'elle reste comme ça pour la maintenir pour équilibrer
- Speaker #1
développer des nouveaux projets c'est là dessus que je travaille et quelque part tout ça me protège en effet un petit peu émotionnellement c'est parfois c'est pas simple mais les histoires de vie sont sont difficiles.
- Speaker #0
Oui, parce que vous accueillez vraiment tout le monde, toutes les personnes qui en font la demande, la demande est étudiée.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. On a des critères d'éligibilité. Et donc, chaque demande est étudiée.
- Speaker #0
Parce qu'il y a 60 000 femmes qui sont en dépensaire, donc effectivement...
- Speaker #1
On a été obligé de mettre des critères.
- Speaker #0
C'est pas très difficile, ça, justement. C'est mettre une échelle sur la souffrance humaine. Je pense que quand on prend un poste comme le vôtre, j'imagine en tout cas qu'il y a des choses qui ne doivent pas être évidentes au départ. On doit passer, j'imagine, sur certaines étapes, comme là, de faire un choix. Vous y attendiez au départ quand vous avez pris ce poste, qu'il y aurait des contraintes émotionnelles comme celle-ci ?
- Speaker #1
Oui, je m'y attendais parce qu'il n'y a rien de caché. On s'imagine bien que ce n'est pas simple. à recevoir en fait. Donc oui, je me l'étais imaginée, je m'étais préparée psychologiquement et j'arrive à prendre la distance nécessaire pour ne pas que ça m'atteigne.
- Speaker #0
Vous vous faites aider pour ça ? Il y a des soutiens, par exemple, les psychologues qui peuvent être là ? Est-ce que de temps en temps, vous avez des… Vous savez, quand il y a notamment, par exemple dans les hôpitaux psychiatriques, tous les intervenants ont des heures de décharge auprès d'un référent, psychologue ou psychiatre, est-ce que vous, par exemple, vous dites « Tiens, moi j'ai besoin aussi de ça pour pouvoir évacuer justement tout ce que je vis, tout ce que je vis, tout ce que je vis. » Ou finalement, non, ça ne vous paraît pas nécessaire pour vous ?
- Speaker #1
Pour l'instant, je n'ai pas eu besoin, mais je sais que je peux avoir accès, avoir recours à un ou une psychologue pour m'aider en cas de besoin. C'est pas le sujet. Et d'ailleurs, n'importe qui des personnels de l'association.
- Speaker #0
Oui, parce que quand je dis toi, mais oui, effectivement, c'est...
- Speaker #1
J'ai l'infirmière, j'ai les personnes qui accompagnent vraiment les séjours.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en fait, on n'est pas à l'abri d'un coup d'avoir une émotion qui remonte, et on en vient à ce que je voulais te dire, et t'emmener sur cette discussion si tu es d'accord, mais quand on vit comme ça, finalement... quotidien avec la maladie ? Un peu comme les médecins, c'est la question que j'ai posée aussi à Élodie. Est-ce que ça augmente parfois un peu ton inquiétude ou ta projection d'avoir un cancer du sein, de le voir comme ça, parce que tu le vis avec au quotidien ? Est-ce que parfois tu te projettes un peu plus en disant « Oh là là ! »
- Speaker #1
Franchement, ouais. C'est vrai que du coup, je me pose plus la question, je me dis « Oh là là ! » une femme sur huit est touchée. Finalement, j'ai quand même des chances énormes d'être touchée. Et quand je vois toutes ces femmes qui se battent, j'en rencontre plus que la normale, évidemment. Du coup, oui. J'y pense plus. J'y pense plus qu'avant, etc. Après, ça me...
- Speaker #0
Ça ne t'empêche pas de dormir.
- Speaker #1
Ça ne m'empêche pas de dormir. Mais voilà, c'est vrai que ça reste dans un coin de ma tête.
- Speaker #0
Il y a quand même quelque chose... Oui. Parce que toi, tu vois l'après. Ce que les gens, eux, ne voient pas.
- Speaker #1
Exactement. Ça fait peur à tous les niveaux. Ça semble m'empêcher de dormir, mais je me dis oui.
- Speaker #0
En fait, c'est ça aussi la vie. Ça donne une...
- Speaker #1
De les voir, moi je suis passée quelques heures avec elles, mais c'est vrai que de les voir... Et souvent, ça change complètement d'ailleurs. Je ne sais pas si on est sur le même sujet, mais de vivre la maladie comme ça, ça les change, ça change leur vision des choses, la vision du travail. repose la question de, finalement, mon boulot, est-ce qu'il correspond vraiment à ce que j'ai envie, aux valeurs que j'ai au fond de moi, etc. Et puis ça repose et beaucoup, beaucoup change de métier à la suite de la maladie.
- Speaker #0
En fait, Zaina disait que c'est un recette complet de sa vie. Ça balaye beaucoup de certitudes pour en amener d'autres, mais d'une vie, en tout cas, plus centrée sur l'essentiel.
- Speaker #1
C'est ça. Je pense que on se repose peut-être les meilleures questions.
- Speaker #0
C'est une sacrée étape. Oui.
- Speaker #1
Franchement, je suis vraiment... J'admire vraiment ces femmes, parce qu'elles ont une force incroyable.
- Speaker #0
Parfois, quand tu es là avec elles, est-ce que tu es submergée toi aussi par... Par l'émotion collective, je n'entends pas par l'émotion d'une personne, mais finalement, est-ce que c'est ça qui te fait vibrer aussi ? Est-ce que tu arrives à rentrer dans cette émotion collective ? Ou est-ce que finalement, ces femmes, elles ont une émotion collective entre elles ? Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Il y a un peu les deux. Parfois, elles ont des émotions vraiment entre elles, où là, je ne rentre pas dedans. Mais quand on partage des moments ensemble, la dernière soirée, etc., là, on est avec elles, on est dedans, on fait partie du groupe. Et là, c'est très, très, très émouvant. On vit des moments incroyables. Pas que à ce moment-là, mais voilà, il peut y avoir des moments collectifs très forts. Il y en a eu cette semaine,
- Speaker #0
d'ailleurs.
- Speaker #1
En soirée. Donc, je n'étais pas là, je ne les ai pas vécues. Mais si j'avais été là, je les aurais vécues avec les autres. Et on n'est pas du tout à l'écart, en fait.
- Speaker #0
C'est ça qui fait aussi la beauté de ce poste que tu as pris. C'est pour ça aussi que tu viens un moment travailler avec des femmes malades. C'est aussi pour vivre ces émotions avec elles. se partagent.
- Speaker #1
Exactement. En fait, elles nous ramènent à l'essentiel finalement. On se pose au nom aussi des questions sur ce qu'on a envie en fait. On a envie tout simplement et c'est des belles leçons de vie qu'on reçoit.
- Speaker #0
Elles te questionnent. En réalité, en fait, c'est… Oui,
- Speaker #1
tout à fait.
- Speaker #0
Tu as l'impression d'avoir évolué en tant qu'humaine depuis que tu travailles ici.
- Speaker #1
Oui. Oui.
- Speaker #0
Tu dis ça avec un grand sourire. C'est vrai,
- Speaker #1
dans le bon sens en fait.
- Speaker #0
Dans le bon sens.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
On apprend à relativiser.
- Speaker #1
C'est ça. Quand on voit les histoires de vie, les unes et les autres, je me dis « Waouh ! » Finalement, un problème que j'avais, ce n'est pas un problème par rapport à ce qu'elle est. Et on relativise vraiment les choses. Vraiment. Du coup, j'ai du mal à m'occuper de mes petites choses au quotidien. C'est ce que j'allais dire.
- Speaker #0
Alors finalement...
- Speaker #1
Finalement, c'est rien ça. Tant pis, je le ferai plus tard. Et finalement, je repousse plein de choses.
- Speaker #0
C'est prenant comme métier.
- Speaker #1
Ah oui, très, très prenant. Par contre, il faut être très disponible. Je n'ai pas d'enfant, donc j'ai un mari. Donc il me trouve qu'il ne me voit pas assez par contre.
- Speaker #0
Et un cheval.
- Speaker #1
Oui, et un cheval aussi, évidemment. Mais voilà, c'est sûr que ce n'est pas évident de trouver l'équilibre vie pro, vie perso. Après, c'est ma première année, donc je me suis impliquée à fond.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et c'est important, c'est important pour moi.
- Speaker #0
Il faut trouver le rythme.
- Speaker #1
Il faut trouver le rythme.
- Speaker #0
Oui, parce que comme on touffe à l'humain, plus, plus, plus, plus, du coup, effectivement, trouver sa juste place, sa demande…
- Speaker #1
Et encore, si j'étais célibataire, je pense que je passerais ma vie ici. Donc, heureusement que…
- Speaker #0
Oui, il y a un cadre un peu.
- Speaker #1
Il y a un cadre,
- Speaker #0
oui. Vous leur apportez une vision pour le futur, pour l'avenir. Vous leur rapportez à ces femmes de nouveau une confiance en elles, en tout cas les outils pour qu'elles reprennent confiance en elles, parce que ça vient d'elles. Si tu dois dire ce qu'elles t'apportent elles en retour, en un mot ou deux ?
- Speaker #1
Moi ce qu'elles m'apportent c'est l'espoir, c'est la bonne âme. L'espoir, c'est vraiment le meilleur mot que j'ai trouvé.
- Speaker #0
C'est celui-là.
- Speaker #1
Quand je vois ça, c'est magnifique. C'est magnifique d'arriver à bouger les choses comme ça, et d'arriver à rebondir.
- Speaker #0
En une semaine. C'est ça, moi, que je trouve assez dingue. Une semaine, c'est dix ans de thérapie. Tout est accéléré ici.
- Speaker #1
C'est incroyable. Il y en a qui comparent ça. Il y a plusieurs années de thérapie ici, en fait. C'est incroyable. Et puis, on leur redonnait goût au sport, on leur redonnait goût à manger sainement, parce qu'on dit ici, c'est de manger sainement aussi. Donc, on leur réapprend à manger bien, en fait.
- Speaker #0
Oui, c'est tout le process, finalement. Si vous deviez qualifier, si tu devais qualifier cette maison, tu dirais quoi ? En un ou deux mots, pareil. Je ne veux pas quelque chose de commercial, mais toi, au fond de toi, si tu dois parler de cette maison à quelqu'un qui ne la connaît pas, tu dirais quoi ? Quelques adjectifs peut-être.
- Speaker #1
C'est la maison du bonheur.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Oui, c'est la maison du bonheur. Elle est incroyable. On a envie d'y retourner, en fait. On a envie d'y rester. D'ailleurs, la plupart des fans qui viennent ici, parfois elles arrivent, elles sont là, pas à ça. Elles ne sont pas à leur place, elles ne veulent pas repartir à la fin. Et elles reviennent, en fait. On accueille de nouveau les femmes. Elles reviennent passer, elles font visiter à leur famille, elles viennent dire bonjour, ou à leurs amis, elles passent et on fait visiter la maison. Et cette maison, elle regorge de petits espaces très sympas et d'outils incroyables. On va aller la voir ensuite.
- Speaker #0
Mais moi, ce que je remarque, c'est que sur plein de petits objets, à chaque fois qu'on pose son œil quelque part, il y a un cœur, il y a un merci, il y a des prénoms. Sur l'horloge, il y en a de partout. C'est vraiment écrit. On a vraiment l'impression de beaucoup d'amour.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de mots d'espoir, beaucoup de mots positifs. Les femmes repartent pour nous remercier. Elles nous laissent des cadeaux. On a beaucoup de cadeaux. Il y a l'horloge, on a des tableaux.
- Speaker #0
Mais la lampe, etc.
- Speaker #1
Avec des petits prénoms, des mots, etc.
- Speaker #0
Comme pour laisser un bout d'elle-même.
- Speaker #1
Elles laissent tous une trace d'elle-même. Il y a un tableau où elles ont des empreintes aussi digitales, avec la peinture, etc. et leurs prénoms par-dessus.
- Speaker #0
C'est beau, ça. Est-ce que finalement, on ne pourrait pas conclure comme ça, en disant que c'est vraiment, finalement, ce serait vraiment cette image-là ? d'un grand patchwork de femmes, cette maison avec plein d'âmes autour, qui vivent à l'intérieur, même quand elles en repartent, pour soutenir l'énergie collective de guérison, ou de redescente.
- Speaker #1
C'est un bon résumé.
- Speaker #0
Merci. Elles gravissent tout en Everest, ces femmes. Ça serait quoi votre Everest à vous ?
- Speaker #1
Très bonne question ! Mon Everest à moi...
- Speaker #0
Parce qu'on ne vient pas à cette maison de l'Everest par hasard ?
- Speaker #1
Non, mon Everest à moi, ce serait de faire perdurer cette association qu'elle accueille toujours plus de femmes et d'enfants. Et puis, à travers ça, essayer de trouver un équilibre personnel. Lui, pro, lui, perso. Et là, ce serait vraiment un Everest parfait.
- Speaker #0
C'est ce que je vous souhaite. C'est ce que je te souhaite.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Est-ce que tu as un mot ? Pour terminer, on terminera là-dessus. Je voudrais que tu t'adresses aux femmes que tu as déjà rencontrées et à celles qui pousseront la porte dimanche prochain. Tu leur diras quoi ?
- Speaker #1
Je ne dirais pas la même chose.
- Speaker #0
Alors, on commence par celles qui vont partir.
- Speaker #1
Par celles qui vont partir, je leur dirais, vous avez fait une semaine incroyable. Votre Everest ici, c'est symbolique, mais ça veut tout dire. Vous êtes capables de faire des choses incroyables. Maintenant, osez faire des choses. Lancez-vous dans des projets que vous n'avez jamais osé imaginer. Et vivez votre vie à fond. Pensez à vous. Et revenez quand vous voulez, vous êtes les bienvenus, et je vous aime.
- Speaker #0
C'est beau. Et à celle qui va pousser la porte sa dimanche prochain.
- Speaker #1
Je vais lui dire, bienvenue, tu es ici comme chez toi, c'est ta maison pour cette semaine. Et on va vivre des moments incroyables, des moments un peu difficiles, des beaux moments. Et tu verras, tu vas repartir changer.
- Speaker #0
On termine comme ça ? Eh bien, alors, on termine comme ça. Merci beaucoup pour tout ce que tu fais pour ces femmes. Merci à toi. Merci de faire suivre aussi, de poursuivre dans la voie de Christine et de tout ce que cette maison apporte comme bien-être et effectivement de porter cette parole, de dire que l'après-cancer est... au moins aussi complexe que le cancer en lui-même. Et de ne pas croire que rémission égale guérison. Et on peut être guéri dans son corps et avoir l'âme meurtrie. Donc, c'est important de porter ce message-là. Merci de l'avoir porté avec moi.
- Speaker #1
Je peux laisser un dernier message ?
- Speaker #0
Avec grand plaisir.
- Speaker #1
Notre idée ici, c'est que les femmes repartent. Fieres, libres et légères pour accomplir le reste de leur vie.
- Speaker #0
Alors c'est parfait. Merci à toi.
- Speaker #1
Merci.