- Speaker #0
Bonjour, je suis Stéphanie Baranco, et bienvenue dans Parole de Femme. Dans ce podcast, je donne la parole à des femmes au destin peu banal, pour qu'elles nous parlent d'elles, de leur parcours, de leurs espoirs et de leurs doutes, de leur vision de la femme d'aujourd'hui, l'avenir. Puissent ces femmes vous inspirer, nous inspirer, et inspirer nos générations futures. Elles se livrent sans tabou, avec le cœur. Je vous laisse avec elles, voici leurs histoires, place à Parole de Femme, saison 3. Aujourd'hui, je reçois une femme que beaucoup connaissent à travers les écrans de télévision, mais dont finalement on connaît peu l'intime, une femme de médias, une femme de parole et une femme de conviction. Alexandra Kruk, bienvenue dans Parole de Femme, je suis ravie que vous ayez accepté cette invitation. Bienvenue.
- Speaker #1
Merci, je suis ravie d'être avec vous aujourd'hui.
- Speaker #0
On va parler de vous, de votre parcours. J'adore. Et de vos aspirations.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Pour essayer de porter les femmes et d'ailleurs les hommes qui nous écoutent aujourd'hui. Alors, vous connaissez peu, parole de femme, donc voilà, comme ça vous allez découvrir au fur et à mesure. Les trois premières questions, si vous étiez un livre... Si vous étiez un moment de la journée et si vous étiez un plat de votre enfance, lesquels seriez-vous ?
- Speaker #1
Alors, le moment de la journée, je dirais le matin. Celui, ce moment qui m'appartient à moi seule, où personne chez moi n'est réveillée, où je ne reçois aucun message pour le travail. Je dirais donc autour de 7h, entre 7 et 8h30. J'écoute la radio, je lis la presse sur mon téléphone, je me prépare mes œufs avec mon pain noir et mon café. Et quand je peux faire durer ce moment une heure, une heure et demie, deux heures, je suis la plus heureuse.
- Speaker #0
C'est un rituel pour vous sentir bien, pour commencer la journée correctement ?
- Speaker #1
C'est le seul moment où je décide de la temporalité de ma journée. Donc c'est le seul moment où je peux... C'est un moment que j'accorde pour moi en fait. C'est vraiment le moment où j'essaie de m'ouvrir au monde en écoutant la radio, en lisant la presse. Où je passe un bon moment parce que j'adore mes oeufs le matin. Et j'adore le petit déjeuner depuis toujours. C'est vraiment le repas dont je ne peux pas me passer. Et voilà. Donc oui, c'est un rituel. C'est un moment que j'adore.
- Speaker #0
C'est un temps pour vous. Finalement, c'est le temps qui va vous permettre...
- Speaker #1
Oui. C'est le seul temps pour moi parce qu'après mon temps, il est dévoré. Par mon agenda, par les autres, par les gens qui m'appellent, les gens qui m'écrivent, les gens avec qui j'oeuvre au quotidien. Donc voilà, entre 7h et 8h30, je suis à peu près tranquille. Après, c'est tout.
- Speaker #0
Un livre ? Est-ce que vous lisez, Alexandra ?
- Speaker #1
J'adore lire, pardon, je n'ai pas assez de temps pour ça, hélas, mais j'adore vraiment lire. C'est aussi, j'adore lire parce que c'est un moment aussi hors du temps, où on fait une pause, où on s'ouvre là aussi à d'autres mondes que le sien. Et là, je n'ai pas assez de temps. Souvent le week-end, je me bats pour essayer de trouver du temps pour lire. Et quand j'ai trouvé du temps pour lire, c'est un week-end réussi. Je n'y arrive pas toujours. J'habite dans le 9e et à côté de chez moi, j'ai pas la chance d'avoir un jardin ou une terrasse. Et à partir du printemps, le moment le plus fabuleux de mes week-ends, c'est quand j'amène un livre, que je me pose dans le square d'Anvers, quand il fait beau, donc il y a le soleil qui chauffe ma peau, j'entends les bruits d'oiseaux, les enfants jouer dans les parcs à proximité, et je me plonge dans mon livre. Je suis pendant 2-3 heures dans mon monde et j'adore ces moments. Donc si je dois citer un livre, je n'en ai pas un cité, je vais vous citer le dernier, qui est le prix Goncourt, La maison vide de Laurent Mauvignier, que j'ai dévoré pendant mes vacances d'hiver. C'est un pavé d'800 pages sur trois générations de femmes extraordinaires.
- Speaker #0
Je le renoterai en dessous, dans les commentaires. pour le partager avec vous. On sent quand même que cette notion de temps... Et importante, on y reviendra. Comme des respirations, ne pas se laisser attraper.
- Speaker #1
En fait, je vais revenir sur le plan de mon enfance, je ne vais pas oublier. La question du temps, elle est centrale dans ma vie parce que je me suis rendue compte il y a une vingtaine d'années que je passais mon temps à courir. Et je ne sais pas après. Enfin, je crois que je sais maintenant après quoi je cours. Mais depuis toujours, je passe ma vie à courir. Avec un sac très rempli, un sac à main très rempli, une valise très remplie quand je me déplace, etc. Donc, je n'ai jamais fait de psychanalyse. Je sais que c'est un sujet, je ne l'ai pas fait parce que je n'ai pas le temps, mais j'aime beaucoup le travail d'introspection et de réfléchir sur moi-même. Et du coup, m'accorder du temps, c'est arrêter de courir. Donc, c'est un travail que je fais sur moi-même et voilà. Sur le plat de mon enfance, juste, il y en a deux, que ma grand-mère me faisait, le hachis parmentier, que j'adore.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Que j'adore, voilà. Et les pinzés, qui sont des crêpes polonaises, faites à base de farine et de pommes de terre, mais sur lesquelles on met du sucre.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et donc c'est un plat pas cher qu'on faisait en Pologne, et que ma grand-mère me faisait quand j'étais petite et que j'adorais, donc on faisait des repas qu'avec des pinzés. Et depuis qu'elle est décédée, je n'en mange plus. Je ne sais pas où je peux en trouver.
- Speaker #0
Vous n'avez pas appris à les faire avec elle ? Non,
- Speaker #1
mais je ne cuisine pas du tout. Je ne suis absolument pas une manuelle. J'ai la chance d'être avec un mari qui cuisine. Moi, je ne cuisine pas du tout. Ça ne m'intéresse pas. La seule chose que je peux vous dire, c'est que j'ai découvert... En fait, mes enfants m'ont offert à Noël un air fryer. Et grâce au air fryer, je me mets à la cuisine. Si mon associée Maïtena Birabin était à côté de moi, elle me dirait que ce n'est pas de la cuisine. Utilisez le air fryer. Mais pour moi, c'est un début vers la cuisine. Voilà.
- Speaker #0
C'est un premier pas.
- Speaker #1
Voilà, c'est un premier pas. Donc, peut-être que si on se revoit dans 10 ans, je vous dirais que je me suis mise à la cuisine. Là, j'ai 54 ans. Je sais faire la quiche Lorraine. Je sais faire l'omelette, des pâtes, évidemment, du riz et réchauffer de la viande. Mais enfin, voilà, c'est tout ce que je sais faire.
- Speaker #0
En même temps, ma question n'est pas anodine. Alors... allons-y, mais c'est aussi pour casser certains clichés, c'est-à-dire qu'on peut casser des codes aussi en disant qu'on peut être une femme et ne pas aimer et ne pas savoir cuisiner, ce qui n'enlève rien à la féminité et que c'est aussi ça. Oui, bien sûr. C'est-à-dire que à la fois, ça vous ramène à vos origines et à un plat doudou qui peut faire du bien. Là, en l'occurrence... Nous lançons un appel. On va recevoir votre permissaire.
- Speaker #1
Il y a un endroit où je peux en manger dans Paris. Je serais ravie de... Je suis émue rien que d'y penser, de regoutter des pinzés au sucre. Ou à la cassonade d'ailleurs, puisque je viens du Nord et on sucre avec la cassonade beaucoup.
- Speaker #0
Vous êtes du Nord ?
- Speaker #1
Oui, je suis née à Valenciennes dans le Nord.
- Speaker #0
D'accord. On ne peut être une femme et ne pas aimer cuisiner. Oui,
- Speaker #1
absolument. J'adore manger, mais je déteste cuisiner. Voilà, donc je ne dis pas que je suis un exemple, mais en tout cas, c'est comme ça.
- Speaker #0
L'idée d'être un exemple n'est pas forcément plus... Oui,
- Speaker #1
absolument.
- Speaker #0
C'est compliqué de porter le fait d'être un exemple. Vous aviez des vêtements suffisamment de valise. La valise d'exemple, c'est dur. Si vous deviez vous définir en un mot aujourd'hui ?
- Speaker #1
Me définir professionnellement ou me définir…
- Speaker #0
Vous définissez.
- Speaker #1
Alors peut-être pour vos auditeurs, je dis qui je suis. Parce que vous disiez en chapeau, et c'est très gentil, que les gens me connaissaient à travers la télévision, mais je pense que très peu de gens me connaissent.
- Speaker #0
À travers vos émissions.
- Speaker #1
Ah, d'accord. En fait, moi je suis une professionnelle de l'audiovisuel depuis 30 ans passés. Puisque j'ai 54 ans, je travaille dans la télévision depuis toujours, mais je fais partie des femmes de l'ombre, celles qui imaginent les programmes, qui les produisent ou qui les diffusent. Donc j'ai une carrière dans... J'ai fait de la production individuelle, donc j'ai produit des émissions comme le Morning Live avec Mikaï Youn, comme Qui veut gagner des millions avec Jean-Pierre Foucault, comme j'ai lancé le Maillon faible avec Laurence Boccolini. Puis ensuite, j'étais à TF1 où j'ai... J'étais en charge pendant une dizaine d'années des divertissements de TF1. Donc c'était accompagner des programmes qui étaient déjà là quand je suis arrivée et en lancer plein d'autres. Donc ça passait, c'était des enfants de la télé, Rêves d'un jour, Star à domicile, l'Energy Music Award.
- Speaker #0
parce que justement si on veut resituer le personnage que vous représentez au niveau de travail c'est quoi produire ? c'était quoi votre travail vraiment dans l'action ? ça représente quoi votre travail ?
- Speaker #1
en fait produire une émission c'est quand vous regardez une émission vous avez un produit fini qui a demandé en amont beaucoup de travail Déjà l'émission, il faut l'imaginer, il y a deux façons de faire. Soit dans les flux, qui était ce que je faisais avant, les flux c'est des émissions de variété, jeux, divertissements. Soit vous avez un format étranger que vous adaptez, par exemple un jeu, qui veut gagner des millions, c'est un format international. Vous recevez des cassettes à l'époque, vous le regardez, vous recevez une bible, c'est-à-dire les recettes de tout ce qu'il faut faire pour lancer le programme. Et vous adaptez, vous réunissez une équipe, un réalisateur. des personnes pour écrire des questions, par exemple pour un jeu. Ensuite des candidats pour jouer, vous essayez de trouver, vous trouvez un animateur, en l'occurrence par exemple Jean-Pierre Foucault pour Qui veut une émilion ou Laurence Boccolini pour le Maillon faible. Et une fois que vous avez travaillé, fait tout ce travail de développement, donc soit vous avez adapté un format, soit vous en créez un, donc vous créez un jeu from scratch de A à Z ou une émission de divertissement. Les enfants de la télé c'était un jeu imaginé à l'époque par Stéphane Courbi et Arthur, enfin un jeu, une émission de plateau, enfin un tourne-clos. Et donc là, même chose, vous imaginez une émission, vous réunissez une équipe, et une fois que vous êtes prêt à tourner, vous tournez, et puis ensuite vous faites ce qu'on appelle la post-production, c'est-à-dire le montage, et ensuite vous livrez ce qu'on appelle un PAD prêt à diffuser à une chaîne, un diffuseur, qui va diffuser. Donc moi j'ai eu la chance de travailler à la fois dans la production audiovisuelle, Chez des producteurs indépendants, chez Thierry Ardisson quand j'ai commencé notamment, mais aussi chez Mireille Dumas avant. Ensuite j'ai travaillé en chaîne, sur M6 d'abord, où je produisais des émissions. À l'époque, des clips et des bulles, Technomax, puis le Morning Live. Ensuite je suis arrivée à TF1, où j'accompagnais des producteurs. Donc j'achetais des émissions et je suivais le développement, la production des émissions, jusqu'à ce qu'on les mette à l'antenne. J'ai fait ça pendant huit ans et ensuite je suis retournée dans un grand groupe qui était en train de se monter comme directrice du développement puis directrice générale de ma propre société au sein de ce groupe qui s'appelait New N. que j'ai quitté il y a sept ans, six ans, sept ans. J'ai été licenciée de ce groupe. Et j'ai monté une boîte qui s'appelle Mesdames dans laquelle je me suis associée à Maïtena Birabin, ex-animatrice de Canal. Et ensemble, nous avons monté une boîte de production il y a six ans, Mesdames Productions, dans laquelle nous produisons de la fiction, des formats pour les plateformes digitales, des événements, etc. Et depuis deux ans, un média digital sur les femmes de plus de 45 ans qui s'appelle Mesdames et qui est un vrai carton et qui fait que vous m'avez contactée probablement aujourd'hui, entre autres.
- Speaker #0
Entre autres parce que ce que j'ai apprécié, je vous ai contacté en réalité. aussi parce que je lis vos postes LinkedIn et que j'ai apprécié particulièrement votre façon à la fois de vous positionner dans le vrai et quand il y a un coup dur, on en parle. Quand il y a une victoire, on en parle et pas de faux semblants d'un côté comme de l'autre. J'ai aimé votre style plutôt vrai et votre façon d'écrire sur LinkedIn qui m'a effectivement... Donc,
- Speaker #1
vous m'avez connue grâce à LinkedIn avant le média ?
- Speaker #0
Ah oui. Et c'est parce que je vous ai connue grâce à LinkedIn. que je suis allée creuser sur le média, mais c'était plutôt effectivement... D'accord,
- Speaker #1
ok, ok.
- Speaker #0
Cette façon de vous positionner en tant que... On est dans la vraie vie, quoi. Stop aux dictates et aux paroles trop formatées. On est là et on parle et on se dit des choses.
- Speaker #1
Donc voilà, je l'écoute.
- Speaker #0
Non, je vous en prie, allez-y. Donc vous avez une carrière très remplie.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
On repart quand même 30 ans en arrière. 30 ans, donc vous aviez 20 et quelques années. Vous arrivez dans ce milieu de la télévision, encore assez opaque, peut-être par rapport à maintenant. Maintenant, on sait qu'il y a des mouvements qui ont libéré un peu la parole. Ça se passe comment ? Comment vous arrivez à asseoir votre posture, votre position ? Comment on sort de la petite jeune qui arrive ? et qu'on écoute d'une oreille un peu distraite, elle est mignonnette, mais nous on continue à faire ce dont on a envie. Comment vous allez prendre votre place ?
- Speaker #1
En fait, j'ai... J'ai en moi un moteur extrêmement puissant qui vient de mon enfance, qui est l'ambition et la réussite, et l'envie de réussir. Et c'est un moteur très très puissant chez moi, qui m'anime et je ne le sais pas encore. Je le comprends plus tard, mais il y a quelque chose qui fait que j'avance. L'échec n'est jamais une option pour moi, et même quand j'échoue, je me relève. J'ai une niaque absolument dingue. Je suis une élève moyenne mais qui travaille énormément. Donc j'ai compris très tôt que grâce au travail on pouvait s'en sortir. Même si on n'avait pas un talent incroyable, des facilités, grâce au travail on réussissait toujours. Et c'est quelque chose que ma mère m'a transmis, je l'ai vu à l'œuvre chez elle, elle a toujours travaillé. Ma mère s'est occupée de ses deux enfants seules, enfin on appelle ça maintenant une...
- Speaker #0
Une maman célibataire ?
- Speaker #1
Ouais, enfin une maman solo. Et elle travaillait nuit et jour pour que...
- Speaker #0
Pour que la vie soit la plus douce possible. Ouais,
- Speaker #1
la plus douce possible, et puis pour rembourser les dettes que son mari lui avait laissées, bon bref. Et du coup, un, j'ai compris très tôt que le travail... était important. Deux, j'avais ce besoin, étant donné l'histoire de mon enfance, que ma mère soit contente de moi. Donc il fallait que je ne sois pas un problème pour elle. Donc il fallait que je réussisse dans ce que j'entreprenais, quoi que je fasse. Et du coup, faire plaisir à sa mère, travailler avec ce moteur que je ne connaissais pas encore qui était la réussite, l'envie de réussir du coup. Ce besoin absolu d'arriver à un endroit où je n'ai pas peur de ne pas avoir d'argent.
- Speaker #0
C'est ce que j'entends en réalité.
- Speaker #1
Ah ben c'est le vrai sujet.
- Speaker #0
L'envie ou le besoin, l'envie de réussir ou le besoin de réussir, la nuance est quand même très fine. Oui, c'est vrai. Ça part d'abord d'un besoin de soulager votre maman et ensuite, peut-être pour réaliser, mais...
- Speaker #1
Oui, absolument. Il ne fallait pas que ce soit un problème pour ma mère. Et je n'avais pas envie de vivre ce que j'avais vécu plus jeune. Je voulais que le jour où j'aurai des enfants, je puisse leur offrir tout ce dont ils avaient besoin sans avoir à compter. Jamais. Et ça, c'était hyper important pour moi. Et ça ne voulait pas dire que j'avais besoin qu'ils achètent des marques de dingue, qu'ils fassent des trucs de dingue. J'ai trop manqué d'argent pour dépenser l'argent au mauvais endroit, mais j'avais besoin. J'ai toujours dit à mes enfants, depuis qu'ils sont tout petits, je leur ai transmis la valeur travail et cette chance qu'on a à un moment donné d'arriver dans la vie avec cette possibilité de pouvoir souffrir sans compter. Ça peut être des choses très simples ou alors des choses beaucoup plus... cher, dépendant, enfin voilà. Mais on peut vivre, enfin voilà. Pour moi c'était un de mes moteurs, un de mes critères.
- Speaker #0
C'est quelque chose qui vous a marqué depuis l'enfance ?
- Speaker #1
Ouais, moi quand j'ai, je me rappelle d'un anniversaire, je devais être en sixième, je devais avoir 11 ans, et j'étais invitée à un anniversaire et j'avais pas d'argent pour faire de cadeaux. Et parce que j'allais pas demander à ma mère de l'argent, on en avait déjà pas pour... manger tous les jours, etc. Donc je n'allais pas lui demander d'argent pour un cadeau. Et ma meilleure amie à l'époque, ses parents, sachant ça, ont acheté un cadeau pour moi. Et du coup, je suis arrivée avec un cadeau à cet anniversaire. Et vous voyez, quand j'y pense, ça m'émeut beaucoup parce que ça, il n'était pas question que ça se refasse un jour. Voilà, donc je les ai dans mes oeufs, je vous les donne.
- Speaker #0
Oui, parce que ça…
- Speaker #1
Vous vous faites rentrer dans le cœur du sujet !
- Speaker #0
Parce qu'en fait, oui, et on comprend du coup que c'est d'un traumatisme profond, mais pas d'un traumatisme, je pense que, de ce que j'en perçois, c'est aussi le traumatisme de la douleur de votre maman.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
En fait, c'est aussi ça, c'est-à-dire de ne pas faire peser, pardon, à vos enfants, aussi cette douleur de voir sa maman s'épuiser.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Vous courez. Vous voyez le parallèle ? Oui, bien sûr. Très puissant.
- Speaker #1
Non, non, mais bien sûr.
- Speaker #0
Sauf que du coup, vous courez, mais comme si le but était aussi que vos enfants, peut-être, courent au moins. Oui, absolument. Vous avez la transmission.
- Speaker #1
Non, non, mais...
- Speaker #0
La troisième sera beaucoup plus...
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. Non, mais c'est sûr. En fait, je suis arrivée, et je suis très fière de ça, à faire avec mes enfants ce que ma mère n'est pas arrivée forcément à faire avec moi ou sa mère avec elle. Donc, j'ai cassé la chaîne avec des choses très simples. Leur dire que je les aimais très souvent, même si aujourd'hui, j'ai 54 ans, ma mère a 73, 78. On se le dit, mais parce que j'ai commencé à le dire et du coup elle me le dit aussi. Donc c'est jamais perdu. Et puis, apprendre plaisir, par exemple dans la vie. Moi, je n'ai pas appris la vie. Moi, j'ai été élevée avec des parents. Après, ma mère a rencontré un homme qui était devenu mon beau-père, qui est super. Et très souvent, on m'a répété entre mes 11 ans et mes 14-15 ans. Je leur disais un jour, j'aurais une maison avec piscine. Parce que j'avais déjà ce moteur, cette ambition. de réussite et la maison avec piscine à l'époque pour moi ça représentait la réussite et mes parents me disaient ne rêve pas enfin ma mère me disait ne rêve pas de là où on vient c'est compliqué je pense qu'elle avait peur que je réalise pas mon rêve et souvent j'ai entendu cette expression horrible qui est une phrase qu'on entendait beaucoup à l'époque la vie est un bâton de merde qu'on mange tous les jours donc moi j'ai grandi avec ça et avec des parents qui qui se sont beaucoup plus usées à la tâche. On n'était pas dans cette société, moi j'ai grandi les années 70-80, et c'est pas une société donnée, c'est la société des années 80-90 où il faut réussir, hyper ambitieux, personnel, individualiste. Et on n'est pas comme les années 2000-2020, où on commence à prendre soin de soi, à se rendre compte qu'il faut faire attention à qui on est, à la façon dont on se comporte avec les autres. T'aimer soi-même. Voilà, c'est mes soins-mêmes, tout ça, c'est pas des sujets à l'époque. Donc, ni dans la famille, ni avec ses enfants, ni pour soi-même. Donc, voilà, et je suis contente de ne pas avoir fait grandir moi, mes enfants. Je leur réponds, depuis qu'ils sont tout petits, tous les soirs, on se couchait, en se disant, je leur disais, c'est quoi vos petits bonheurs de la journée ? Et donc, il fallait qu'ils s'endorment en se disant quel était leur bonheur de la journée pour en prendre conscience. Et un jour, quelqu'un m'a dit, il faut que tu leur dises des petits malheurs aussi, parce que sinon, ils vont ne parler que des choses qui marchent. Et donc j'ai rajouté assez vite quels sont vos petits bonheurs et vos petits malheurs. Par contre tous les jours il faut que vous ayez plus de petits bonheurs que de petits malheurs. Et du coup j'ai fait ça avec eux et du coup on a une qualité absolument extraordinaire de dialogue aujourd'hui. Parce que très tôt on s'est parlé de ce qui allait très bien et de ce qui allait un peu moins bien dans nos vies. Et du coup mes enfants, par moments c'est trop, mais mes enfants sont des hédonistes et picuriens absolument incroyables. Qui ont à la fois cette soif de réussite que je leur ai transmise grâce au travail. qui ont énormément d'ambition personnelle mais qui en même temps ne sacrifie pas leur vie de jeunes adultes ou de jeunes ados ils sortent beaucoup ils ont énormément d'amis et profite de la vie mais en plus ils ont envie de réussir donc il se donne les moyens et travaille et donc moi je me suis moi je me suis juste réalisé en ayant envie de réussir en travaillant mais en mettant de côté tout le tout le principe de plaisir finalement c'est c'est ça,
- Speaker #0
une des plus belles réussites, c'est justement d'arriver... à transformer quelque chose qui a fait du mal. Vous avez commencé à le transformer en réussissant, mais il manquait. On ne peut pas construire sa vie sans plaisir, c'est dommage. Du coup, vous arrivez à retransformer encore le truc pour que vos enfants, eux, finalement, aient le combo gagnant.
- Speaker #1
Je crois que ce qui est formidable, c'est que je suis arrivée à leur transmettre, sans moi forcément le vivre, ce principe de plaisir au quotidien. Et ce qui est extraordinaire depuis six ans que je suis associée à Maïtena Birabin et qu'on a lancé cette aventure entrepreneuriale qui est tout au facile tous les jours, c'est que Maïtena, c'est une... Quand on s'est associée pour monter Mesdames, notre boîte de prod ensemble, à un moment donné, autour de la table, je lui ai demandé « Pourquoi tu montes ta boîte, toi ? » Enfin, pour toi, pourquoi on la monte cette boîte ensemble ? Elle me dit « pour l'aventure humaine » . Et moi... je n'ai jamais rien fait pour l'aventure humaine ça ne veut pas dire que je n'ai pas vécu d'aventure humaine mais dans le travail je ne me suis jamais dit, donc je me suis dit bullshit l'aventure humaine quand elle m'a dit ça en fait dans ma tête je me dis ouais elle me dit ça parce qu'elle n'a rien d'autre à me dire et elle me dit et toi et moi je lui dis pour revendre ma boîte et acheter ma maison avec piscine enfin vous voyez moi j'ai toujours ce cap là depuis toujours et je raconte souvent cette anecdote mais on monte cette boîte et puis 7 ou 8 mois après on a la chance de vendre une première série de fiction à OCS, plateforme digitale. Et le jour où on nous appelle avec Mélitena pour nous annoncer qu'on va nous commander cette série, On célèbre la bonne nouvelle une minute et moi j'étais en train de nettoyer des trucs dans le bureau parce qu'on rentrait du Covid, il y avait plein de poussière et tout. Et donc je m'étais arrêtée pour prendre le coup de fil et quand on a raccroché on célèbre cinq minutes et je me remets à faire le ménage. Et on passe à autre chose etc. Et moi dans ma tête c'est ok c'est génial mais je n'ai jamais fait de budget de fiction, il faut que j'envoie un budget dans des jours comment je vais faire je n'ai jamais fait Parce qu'avant, j'étais une experte du flux, pas de la fiction. Donc j'étais face à un mur énorme qui est, comment je vais faire, un truc que je n'ai jamais fait. Donc j'imaginais toutes les solutions et je les ai trouvées bien sûr. J'ai appelé des gens qui savaient les faire, etc. Et ça passe quelques jours comme ça et je sens que Maïtena m'évite, n'est pas contente, sans me dire ce qui se passe, etc. Et le mardi suivant, c'était un jeudi, le lundi suivant, Je lui dis « Amélie, t'es là, on va déjeuner. » Elle me dit « Non, non, je vais déjeuner toute seule. » Alors que d'habitude, on déjeunait tout le temps. Au retour du déjeuner, je lui dis « Mais il y a un truc qui ne va pas. J'ai fait un truc qui ne te plaît pas et tout. » Et elle me dit « Alexandra, si quand on a des bonnes nouvelles, tu rêves, tu as monté cette boîte pour faire de la fiction, on te commande une fiction, c'est une chance incroyable. Tu en profites trois minutes et après, tu passes à autre chose. Moi, je n'ai pas monté cette boîte pour ça. Moi, j'ai monté cette boîte pour que... qu'on soit heureuse, qu'on prenne le temps de vivre les bons moments, sinon à quoi ça sert ? Et je me suis mise à pleurer parce que, et à ce moment-là je me souviens de lui avoir dit c'est hyper compliqué pour moi de célébrer ça, je ne sais pas ce que c'est, je n'ai jamais fait, toi c'est naturel pour toi, tu peux vivre avec cette joie pendant plusieurs jours, c'est vrai et tout, moi ce n'est pas ma nature, et je me rappelle lui avoir dit Tu m'agaces avec cette injonction au bonheur à chaque fois. Parce que pour moi, ce n'était pas un truc naturel. Il fallait que je me force. Et six ans plus tard, au moment où j'en suis aujourd'hui, j'essaye de vivre ça au quotidien et ça change la vie. C'est-à-dire rester sur... J'ai lu quelque part que la façon dont on raconte sa vie, c'est la façon dont on la vit. Donc si on décide de se raconter que la journée va être belle et qu'elle est belle, parce qu'il fait beau quand on sort de chez soi, parce qu'on écoute de la musique qui nous fait plaisir, parce qu'on vit un moment comme on est en train de le vivre ce matin, parce qu'on reçoit des mails de femmes qui nous disent combien notre média est formidable tous les jours, etc. Et bien si on décide que c'est ça qui est important, et bien on va vivre une belle journée, même si au même moment, en ce moment je suis dans des problématiques compliquées. de déménagement pour notre société où on a un timing hyper serré, où on lance notre tournée, je ne sais pas si elle va marcher, c'est un enjeu financier énorme, etc. C'est des raisons qui me font hyper stressée, mais j'ai décidé que la joie, elle dominerait.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Voilà, donc ce travail-là, je suis en train de le faire, je continue, c'est un travail de toute une vie.
- Speaker #0
Et de l'intérieur.
- Speaker #1
Et de l'intérieur.
- Speaker #0
Tu n'as pas vraiment de sport pour le coup.
- Speaker #1
Oui, et c'est extraordinaire.
- Speaker #0
Réapprendre, finalement, c'est une autre façon de voir la vie, c'est réapprendre. C'est apprendre à être heureuse.
- Speaker #1
C'est apprendre, c'est pas réapprendre,
- Speaker #0
c'est apprendre. C'est apprendre à accepter d'être heureuse. C'est encore plus...
- Speaker #1
Accepter d'être heureuse, oui aussi, peut-être.
- Speaker #0
Accepter de laisser le bonheur rentrer et ne pas être coupable de ce bonheur.
- Speaker #1
Et puis c'est lâcher prise, et puis c'est être davantage dans le temps présent. Quand on court, on n'est pas dans le temps présent. C'est apprécier des petites choses de la vie, tout ce qu'on ne m'a pas appris et que j'apprends toute seule et dont j'ai décidé au moment où j'en suis de ma vie de donner la priorité. Et puis boosté par mon associé aussi et boosté par mon média aussi qui me fait beaucoup bouger, on en reparlera sans doute.
- Speaker #0
Qui fait réfléchir.
- Speaker #1
Et qui fait beaucoup réfléchir, oui.
- Speaker #0
Bien sûr, on va en reparler. Mais quand même, à la question.
- Speaker #1
Alexandra aujourd'hui en un mot qui est en un mot alexandra à la la en un mot waouh je sais pas et aujourd'hui vous le premier mot qui vous vient quand vous pensez à vous courageuse voilà aujourd'hui vous êtes courageuse ouais ouais courageuse de regarder ses failles aussi ouais et
- Speaker #0
de travailler et de laisser justement le passé un peu de l'air ouais c'est ça c'est vraiment faire preuve de courage.
- Speaker #1
Ben ouais.
- Speaker #0
Quand vous arrivez dans ce métier, et tout au long de votre carrière, en tant que femme, là si on se positionne plus, vous sentez qu'il va falloir procéder à certains renoncements, ou est-ce que vous vous dites moins femme ou pas femme, peu importe ? Quand j'y vais, par exemple, peut-être quand vous êtes rentrée dans la carrière de productrice, est-ce qu'à un moment donné, vous vous dites, bon, peut-être qu'il faudra que je n'ai pas d'enfant pour réussir, ou est-ce que vous ne pouvez pas du tout vous dérouler votre vie ?
- Speaker #1
Non, en fait, je ne me souviens pas que c'était un problème d'être une femme dans ce métier, et je crois même que c'était une chance, parce que j'y ai démarré assez jeune. Et je sais que je faisais marrer, enfin je sais que j'étais plutôt jolie, et que je faisais marrer les mecs. Parce qu'on me surnommait le bulldozer, en fait, j'avançais, je bossais, j'étais hyper sérieuse. Et je pense que les gens voyaient mon ambition. Ils savaient qu'ils pouvaient me faire confiance quand ils me demandaient de faire quelque chose, que ce serait fait, homme ou femme d'ailleurs. Et je sais que c'est terrible à dire, c'est sûrement pas féministe à dire, mais je sais que parce que j'étais la fille que j'étais à l'époque, j'ai probablement plus réussi que d'autres. Encore une fois, que par mon travail, que par mon ambition, ma volonté de réussir, et avec des gens qui m'ont donné ma chance, et qui n'étaient pas des gens qui étaient les plus faciles avec des femmes. Je pense à Thierry Ardisson, le nombre de fois où il m'a fait des remarques. Mais à l'époque, Thierry Ardisson, qui est un homme que j'ai adoré, qui m'a donné ma chance en télévision, qui m'a vraiment fait grandir, il se comportait en coulisses comme il se comportait sur les plateaux, en faisant des remarques. sur les femmes, leur sein, etc. Mais qui, à l'époque, ne choquait personne et même faisait rire tout le monde, y compris moi. Mais il se trouve que si j'avais été plus fragile, moins sûre de moi, peut-être que j'aurais pu mal vivre certaines remarques. Je l'ai raconté aussi dans un prix que j'ai reçu. J'ai fait partie des femmes qui ont été... Comment on va dire... Je devais faire autour de 22-23 ans, je faisais 20 ans, non 20 ans, 21 ans, 22 ans, je faisais un mémoire sur les reality shows. J'étais en fac à la soirée Bonne Nouvelle, en CMI, j'ai des images et je faisais un mémoire. A l'époque on appelait ça les reality shows, c'était l'ancêtre de la télé réalité et je voulais interviewer le psychanalyste Gerard Miller. Et donc je suis allée dans une table ronde où il intervenait, je suis allée le voir pour lui demander si je pouvais l'interviewer. parce que c'est quelqu'un qui réfléchissait déjà beaucoup sur la télévision, les dispositifs médias, etc. Et c'était quelqu'un qui travaillait comme spécialiste psychanalyste dans la télévision en général, sur des émissions sur le couple, tout ça. Et donc, il m'a reçue dans son... là où il recevait. Et à un moment donné, il m'a allongée pour me faire cette séance de... Comment on appelle ça ? De l'hypnose, comme il a fait à plein de femmes. Et je me souviens qu'à un moment donné, ce qui était en train de se passer n'était pas normal. Comme je ne lâche jamais prise, là non plus je n'ai pas lâché prise.
- Speaker #0
L'hypnose ne pouvait pas fonctionner.
- Speaker #1
Voilà, donc je ne suis pas partie en hypnose. J'ai compris qu'à un moment donné, ça ne se passait pas comme il fallait que ça se passe. Je me suis levée, j'ai pris mes affaires, je suis partie et j'ai tourné la page. Sans comprendre, enfin en sachant qu'il s'était passé un truc pas normal. Mais de la même manière qu'une fois j'étais dans le métro et qu'un mec a commencé à se masturber en face de moi. De la même manière qu'une autre fois j'étais dans le métro et qu'un mec a commencé à se caresser contre moi. Comme ça nous est tout arrivé.
- Speaker #0
Donc moralité, ne prenez pas le métro.
- Speaker #1
Oui, mais ça m'est arrivé aussi dans un parc où j'étais posée avec un mec qui s'est mis en face de moi quand j'étais jeune. Donc ça m'est arrivé comme à plein de femmes, à plein d'occasions. Mie. Et à notre époque, je vous parle de ça il y a 30 ans, c'est comme si ça faisait partie de notre quotidien. C'était un sujet qui était tu. Donc, on en parlait très peu entre nous. Et à chaque fois qu'on en parlait, on se rendait compte que c'était le cas de toutes les filles. Donc, on se disait que c'était normal.
- Speaker #0
Une forme de normalité. Voilà.
- Speaker #1
Donc, on l'intégrait. On vivait avec, avec ce danger permanent. Et donc... Je me suis retrouvée dans ce lieu au Jérôme Miller, je suis partie, je m'en suis sortie et voilà quoi. Ça faisait partie de toutes les difficultés qu'une fille rencontre sur son parcours.
- Speaker #0
Les aléas.
- Speaker #1
Les aléas, voilà. Donc ça n'a pas été un traumatisme, ça n'a pas été... Et en même temps, je me suis demandé si c'était dans ma tête ce qui s'était passé en même temps.
- Speaker #0
C'est bien le problème.
- Speaker #1
Voilà, et quand, plusieurs années plus tard, quand elle a sorti il y a 3-4 ans le papier avec toutes les filles qui témoignaient, Je me suis plongée dans la lecture de l'article et je me suis rendue compte que je n'avais pas rêvé et ça m'a rassurée. Je me suis dit super, en fait, je ne l'ai pas rêvé, ça m'est arrivé. Moi, franchement, ça ne m'a pas affecté. Il y a eu des choses qui m'ont affecté dans ma vie, qui m'ont traumatisé, mais pas ça. Donc, je ne sais pas d'où je puise cette force-là.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais dire, c'est que de la force.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Ou alors une protection mentale. Oui, oui, absolument.
- Speaker #1
Donc, ça ne veut pas dire du tout que je n'ai pas de respect et je ne respecte pas la... la souffrance des femmes qui témoignent contre lui. Et elles ont raison. Mais voilà, face à ce type de violence, et face à tous les types de violences, on réagit de manière très différente. Et je ne sous-estime pas du tout, du tout les réactions des autres femmes. Et ce mec s'est salement comporté. Mais je n'en ai pas, moi, subi les conséquences. Et j'ai eu la force et le courage de partir à temps. Enfin, le courage, je ne pense pas qu'on puisse dire le courage, parce qu'elles ne sont pas courageuses. C'est pas un courage, c'était un réflexe.
- Speaker #0
Oui, parce que vous n'étiez pas hypnotisée. Absolument. Comme si vous étiez dans un état de raison, mais tout à fait.
- Speaker #1
Tout à fait, absolument. Donc moi, je pense que j'étais dans un état réflexe. C'est ce qui vous a sauvée. J'ai compris que moi, je sais... En fait, mon corps sait réagir face au danger physique. Voilà, je le sais, ça. Donc voilà, je savais qu'il y avait un danger physique, j'ai couru.
- Speaker #0
C'était l'instant de survie.
- Speaker #1
Oui, ça, je l'ai dit depuis l'enfance. Donc je sais. à quel moment il faut courir, partir.
- Speaker #0
C'est ce qui vous a sauvé.
- Speaker #1
Voilà, j'étais préparée.
- Speaker #0
Peut-être aussi que lorsque vous évoquez ces choses-là, si vous voulez qu'on laisse juste en évocation, mais en tout cas, c'est aussi peut-être pour ça, vous avez déjà suffisamment vécu de choses traumatisantes pour que ça n'ait pas venu rajouter quelque chose. Donc, c'est pour ça que votre esprit, finalement, était déjà...
- Speaker #1
C'était pas grave. ...préparé. Pour moi.
- Speaker #0
Oui, pour moi. Par rapport à tout ce que vous avez vécu avant. Donc, il y a 20 ans, vous commencez la télé.
- Speaker #1
Je veux bien revenir juste sur être femme dans ce milieu. Donc, ça n'a pas été un problème quand j'ai démarré. Ça n'a pas été un problème pendant longtemps, jusqu'à mes 40 ans, je dirais.
- Speaker #0
Vous êtes venue alors à l'élection.
- Speaker #1
Alors voilà. La difficulté, elle est qu'à un moment donné, il y a un plafond de verre. Et moi, je me suis rendue compte dans les différents postes, ATF1, puis dans le groupe dans lequel je suis allée ensuite. dans le groupe audiovisuel Newen, qui produisait beaucoup de choses pour toutes les chaînes, qu'à un moment donné, je ne pouvais pas aller plus haut que le poste où j'étais. Alors, est-ce que c'était parce que j'étais une femme ? Je pense que oui. Je ne le dis pas à 100%, mais je pense que oui. Et quand j'ai quitté Newen, enfin quand j'ai été licenciée de Newen, J'avais besoin de continuer à grandir professionnellement, à apprendre, parce que c'est mon moteur d'apprendre des choses. Et j'avais surtout envie de faire autre chose que ce que j'avais déjà fait jusque-là. Donc, toujours dans la production individuelle, toujours produire des contenus, mais plus dans les jeux, variétés, divertissements. Et j'avais envie d'aller vers la fiction, le documentaire.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et dans nos métiers, comme dans beaucoup de métiers, on vous met dans une case et c'est très difficile d'en sortir. Et moi j'avais 20 ans d'expertise dans les variétés de divertissement et pas dans les fictions, dans le documentaire, etc. Donc tout le monde m'a proposé, enfin tout le monde, 2-3 personnes m'ont proposé des jobs pour faire exactement ce que je faisais avant. Et personne ne voulait m'employer pour ce que je voulais faire. Et c'est comme ça que je me suis dit, et que ça m'est tombé un matin sur la tête, en fait si tu veux faire ce que tu veux faire vraiment, monte ta boîte. Monte ta boîte. Voilà. Et je dois dire que... Aujourd'hui, il n'y a plus de plafond de verre parce que j'ai monté ma boîte et que je ne fais exactement que ce que je veux à partir du moment où mon associé est d'accord. On est associé à 50-50, donc toutes nos décisions sont prises ensemble.
- Speaker #0
Mais du coup, on revient comme juste, vous avez dit quelque chose d'intéressant, je n'arrive pas à faire le lien. Pourquoi vous dites qu'à 40 ans, 45 ans, vous aviez touché le plafond de verre parce que vous étiez une femme ? Je comprendrais si, par exemple, peut-être, je vous dis tel que ça vient et vous me dites, vous me corrigez, si par exemple vous étiez à l'antenne et que effectivement vous me dites oui par rapport au physique, par exemple les producteurs avaient la sensation que j'étais moins désirable parce que je passais, là je pourrais comprendre. Mais puisque vous êtes plutôt derrière. En bas, derrière, oui, bien sûr. en anonyme tout à l'heure, vous le disiez, j'arrive pas à comprendre pourquoi du coup le fait d'être une femme de 40 ans, ça peut, comme ça, vous créer un... Moi, j'aurais plutôt pensé que c'était la jeunesse d'une femme. qui pouvait créer justement un plafond de verre et pourquoi le fait de vieillir ?
- Speaker #1
En tout cas, j'ai eu le sentiment qu'on bloquait à deux reprises mon ascension à partir de cet âge. C'est-à-dire que ce soit à TF1, que ce soit chez Newen ensuite, il y a un moment donné où je ne montais plus en fait, où moi j'aurais aimé monter mais où les N plus 1 ne me projetaient pas. Donc, soit qu'il considérait, en tout cas sur certains postes, j'étais en compétition avec des gens et ce n'était pas moi qui pouvais l'emporter. Et souvent, c'était des hommes qui l'emportaient. Donc, est-ce que les gens pensaient que j'étais au maximum de mes compétences ? Est-ce qu'ils considéraient que sur le poste d'après, il valait mieux mettre un homme ? Je ne le serai jamais, mais en tout cas moi ce que j'ai vécu c'est qu'à partir de 40-45 ans, mon ascension elle a été, je me souviens dans le groupe Newen, j'ai d'abord démarré comme directrice du développement, et à un moment donné il y a un poste de directrice générale d'une grosse filiale existante qui était Libre, donc j'ai demandé au président de Newen, j'ai fait acte de candidature auprès de Fabrice Larue à l'époque, qui était le président de Newen et qui m'a dit, Alexandra je ne vais pas vous rendre service parce que dans cette filiale, On va devoir faire des économies, donc on gère moins du développement que de la rationalisation. Et moi, j'étais plutôt une fille de développement. Donc, il m'a dit, puisque vous voulez être DG, vous allez être DG, mais de votre propre structure que vous allez créer, en fait. Donc, c'est ce que j'ai fait. Mais finalement, c'était dix fois plus dur de démarrer. Enfin, moi, je pense que c'était dix fois plus dur de démarrer from scratch qu'une structure. Vous n'avez aucun actif, vous devez tout démarrer de A à Z. que de reprendre une structure existante que vous rationalisez. Donc moi, je m'en sentais capable. Mon N plus 1 qui était fabricé à la rue à l'époque considérait que ce n'était pas le sujet. Ça ne pouvait pas être moi. Il a pris quelqu'un qui avait peut-être un profil plus financier pour manager cette filiale. Et je me suis dit, ça m'a déçue. Et voilà, quand je suis sortie de chez Nguyen, j'ai fait la liste des gens pour qui je voulais bosser. Et j'ai appelé deux, trois grands patrons et j'ai senti dans les discussions avec eux qu'ils ne me projetaient pas là où je voulais aller. Donc en fait,
- Speaker #0
est-ce que c'était... Oui, comme vous dites peut-être que voilà, à 45 ans, la fleur de l'âge est passée. tuer tout doucement et puis... Moi, Fabrice Larue,
- Speaker #1
qui était un grand entrepreneur, enfin qu'il est toujours, m'a toujours dit « Alexandra, en tant que femme, jusqu'à 40 ans, vous êtes dans la pleine performance. Et à partir de 45 ans, attention, ça va être plus dur pour vous. » Et je me rappelle aussi que quand... Non, non, mais il m'a souvent répété ça. Et par ailleurs, c'est quelqu'un que j'adore, qui m'a vraiment fait confiance. Mais voilà, c'est un homme d'une cinquantaine d'années, peu de chance, voilà, il suit sa génération, qui m'a transmis, qui m'a fait grandir, qui m'a appris plein de choses, qui m'a transcendée, mais qui à un certain moment m'a empêchée aussi, enfin, m'a mis un plafond de verre. Et je me souviens quand j'ai quitté Newen, enfin quand j'ai été virée de Newen, lui il avait déjà revendu la boîte donc il était parti ailleurs, etc. Je suis allée le voir pour lui demander conseil, parce que j'avais la proposition d'un job plutôt bien payé, ou la possibilité de monter ma boîte. Et lui, c'est un self-man-man qui a monté des boîtes tout le temps, tout seul et tout, qui n'a pas fait d'études et tout, donc entrepreneur dans la main. Et en fait, j'avais besoin qu'il me dise, de la même manière que ma famille, que plein de gens autour de moi m'ont dit, vas-y, tu es bien sûr que tu peux monter ta boîte, tu vas y arriver. Mon mari d'abord, mes enfants, ma mère, enfin voilà. Ce monsieur qui était self-man-man entrepreneur, j'avais besoin qu'il me dise, vas-y, fonce. J'avais travaillé pour lui pendant huit ans. Et je voulais qu'il me dise ça. Et il m'a dit, vous savez, l'entrepreneuriat, c'est difficile aujourd'hui. Monter sa boîte de prod, c'est difficile aujourd'hui quand on est indépendant. Allez plutôt dans ce poste, vous serez en CDI, vous serez bien payé, etc. Je suis sortie hyper déçue. En fait, j'attendais presque que lui-même me dise, allez-y, c'est une super aventure. Et il ne me l'a pas dit. Et j'y suis allée quand même. Et je peux vous dire que... J'espère qu'il m'entend, là. Je crois que le fait qu'il m'ait dit ça m'a encore plus boostée pour y aller. J'avais besoin de lui montrer qu'il avait tort sur ce qu'il me projetait. Après, on verra où on mène, mesdames. Moi, ce que je sais, c'est qu'on a lancé une boîte, qu'on est 12 aujourd'hui, qu'on crée un média qui est utile pour les femmes de plus de 45 ans, qu'on a un business model qui nous assure une pérennité financière. On a 12 employés. On a 20 annonceurs qui nous ont rejoints, plus d'un million, 100 000 abonnés de femmes. Tout ça sur le digital, donc qui est un métier sur lequel on pourrait se dire que des femmes de 50 ans ne peuvent pas réussir.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Donc je suis hyper contente et j'espère que cette boîte marchera suffisamment bien pour la vendre à un bon prix pour plus tard, puisqu'on fait beaucoup de sacrifice sur nos salaires depuis 5 ans avec Maïtena. Donc j'espère qu'on la vendra parce qu'il faut que ce média existe en dehors de nous, pour les siècles à venir, parce qu'il est utile pour les femmes. Et j'espère qu'un jour Fabrice m'appellera et me dira... Vous voyez, je suis idiote d'attendre la validation des... C'est fou. C'est fou.
- Speaker #0
Non, mais c'est...
- Speaker #1
Mon associée m'entendrait.
- Speaker #0
Elle va vous entendre. Elle va m'entendre.
- Speaker #1
Elle va me détester. Pourquoi tu dis ça ? Non, en fait, je ne l'attends pas, cette validation. Je ne l'attends pas.
- Speaker #0
Non, mais...
- Speaker #1
Ça me ferait plaisir qu'ils me le disent.
- Speaker #0
Voilà, sans l'attendre. Parce que peut-être qu'aussi, c'est quelqu'un qui compte. Oui, qui compte et qui m'a donné ma chance, qui m'a beaucoup transmis.
- Speaker #1
Et si on réussit notre boîte aujourd'hui, c'est aussi parce qu'il m'a transmis les bons insights de l'entrepreneuriat.
- Speaker #0
C'est ça. Donc, c'est aussi peut-être simplement une reconnaissance. Non, non, pas besoin. On revient sur ça. Oui, bien sûr, c'est vrai. À 54 ans, vous avez suffisamment de recul maintenant, et après on va venir justement sur ces fameux 50 ans. Comment on trouve un équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle ? Tout à l'heure, vous disiez, je n'ai pas le temps pour une psychanalyse. Moi, j'ai envie de vous dire, maintenant que ça fait 45 minutes qu'on parle ensemble, sans plus l'autorisation, de vous dire, vous ne vous autorisez pas à prendre le temps de faire. Peut-être quelque chose vraiment pour vous, pour plein de raisons, parce que ça fait peur, parce que c'est toujours plus facile de mettre plein de couches dessus et de se dire qu'on n'a pas le temps, parce que des fois ça sauve aussi. Pour autant, vous avez deux enfants et une famille. Comment vous avez réussi à articuler tout ça ? Et est-ce que finalement, quand on englage, on prend une certaine sagesse aussi et que vous arrivez à plus aujourd'hui moduler ? des moments pour chacun ?
- Speaker #1
En fait, je vais vous répondre très simplement. Les vingt dernières années, je les ai vécues pour mon travail et mes enfants. Donc mes enfants et mon mari. C'est à dire que j'ai eu la chance, d'abord je suis avec le même homme depuis 30 ans, et il s'occupait des enfants quand je n'étais pas là en tournage, tout ça. Donc mes enfants ont pas souffert, se sont pas retrouvés avec des nounous toute leur vie, etc. Mon mari qui travaille. Ils étaient régulièrement là le soir. Alors, on avait la chance de pouvoir avoir une nounou à la maison quand ils étaient petits et tout. Mais voilà. Et quand j'étais en temps...
- Speaker #0
C'est important ce que vous dites, pardon.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Votre mari... Oui, tout à fait. C'est pour ça qu'il y a le talent.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Il est à vous. Oui,
- Speaker #1
oui, tout à fait. Je suis d'accord. C'est pour ça que je le dis.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Il a été là... De le mettre comme avant parce que... Bien sûr. C'est ça le vrai équilibre qu'on trouve ? C'était justement ma question, vous m'y répondez très justement. Non,
- Speaker #1
c'était un vrai homme féministe avant l'heure, il me l'a dit il n'y a pas longtemps d'ailleurs. Parce qu'il disait à manger, il s'occupait des enfants quand je n'étais pas là, quand j'étais en tournage, etc. Par contre, quand j'étais à la maison, le week-end notamment, c'était que pour les enfants. À part les coups de fil des audiences, les samedis, les dimanches matins, pour le reste c'était que pour les enfants. Et je me suis beaucoup occupée des devoirs, etc. Quand je rentrais à même tard, etc. Ma priorité c'était les enfants. Voilà, donc mes enfants vont hyper bien. À aucun moment ils ne m'ont dit « je ne te vois jamais, tu manques, machin, etc. » Et j'ai toujours pensé quelque chose de très simple, que je leur ai toujours dit. Il vaut mieux voir peu quelqu'un, mais quand vous le voyez, vous le voyez bien, que de le voir tous les jours, malheureux, etc. Donc, ce qu'ils ont vu pendant toute leur enfance, c'est une mère épanouie, heureuse d'aller au travail tous les jours, qui partait avec la banane au travail. qui leur disaient pas je vais travailler qui disait je vais travailler avec le sourire à ce soir et qui leur racontait qui les emmenait sur les plateaux etc et du coup il leur montre mais oui la voir il est un peu absolument et mais moi je suis ce que je leur ai toujours raconté est ce que je dis souvent c'est que ça fait 30 ans que je travaille et à aucun moment dans mes journées de travail je n'ai regardé ma montre en me disant oh là là encore deux heures à attendre et c'est plutôt il est des menteurs il faut que j'y aille à Aucun moment de ma vie, ça ne m'est arrivé. J'ai la chance de faire un métier passion. C'est un métier que j'adore depuis toujours, qui est « Rige le rencontre » , qui est... J'ai toujours dit, je ne suis pas assistante sociale. Quand j'étais à la TF1, je disais ça. Je ne suis pas assistante sociale, mais je transmets du plaisir aux Français. C'est-à-dire, quand vous avez la chance de produire du divertissement ou d'offrir des émissions de divertissement aux Français, vous permettez aux Français de passer un bon moment devant leur télévision, d'oublier les soucis quotidiens, et tout ça gratuitement. D'accord ? Donc vous pouvez me critiquer, vous pouvez dire que TF1 c'est la boîte à cons, c'est le temps de cerveau disponible, tout ce que vous voulez. Moi, je sais pourquoi je le fais et je suis hyper fière de ça. Et toute ma vie, j'ai été drainée par ça parce que j'ai grandi avec une grand-mère, que je voyais tous les étés, qui rythmait son quotidien et de plus en plus avec l'âge, elle perdait ses amis, etc., autour de la télévision. Elle se réveillait les matins, elle mettait ses petits feuilletons. Le midi elle regardait le journal de Jean-Pierre Pernaut, après elle faisait sa sieste, elle rallumait les jeux de France 3. Et puis elle regardait le journal de 20h de PPD à l'époque, Jean-Pierre Pernaut. Non Jean-Pierre Pernaut c'était le midi, c'était le 13h. Et puis l'été on regardait ensemble les sagas, au nom de tous les miens je me rappelle, les intervilles, en mangeant de la glace. Des moments fabuleux de souvenirs. Avec Martin. Voilà, et après chez moi, quand j'étais pas en vacances chez ma mère, on regardait Dimanche Martin. Et puis mon beau-père qui était un commercial, qui devait faire du shift toute la journée, etc. Qui avait un métier très stressant sur la route, etc. Quand il rentrait, il dépeçait son état chez caisse, il desserrait sa cravate, et il s'asseyait devant la télévision, par terre, sur le canapé. Enfin, il n'était pas sur le canapé, il avait mal au dos, donc il s'appuyait. Et il regardait la télévision pour se détendre. Et je me souviens de grands-maman en famille à regarder Sacrée Soirée. Et comme on n'avait pas beaucoup d'argent, même avant lui, pour aller au cinéma, pour aller au théâtre, c'est facile quand on est parisien et qu'on a beaucoup d'argent aujourd'hui, mais moi je n'avais pas beaucoup d'argent, etc. Et donc mon premier loisir, à part jouer dehors, c'était la télévision. Et ça a été une fenêtre sur le monde, sur la musique, sur le cinéma, sur la culture extraordinaire. Et ça l'est toujours pour plein de gens. Donc voilà, moi j'ai la chance de faire ce métier-là, j'en ai conscience et donc je suis hyper fière de ça. Et aujourd'hui, la télévision est de moins en moins consommée. Qu'est-ce qu'on consomme ? C'est des contenus sur les réseaux sociaux. Et aujourd'hui, je suis hyper fière de continuer à produire des contenus pour les réseaux sociaux.
- Speaker #0
Et on en vient justement à ce magazine qui s'adresse aux femmes.
- Speaker #1
Mesdames, alors ce n'est pas un magazine, c'est un média.
- Speaker #0
Un média, c'est quoi la différence ?
- Speaker #1
Alors un magazine, dans notre métier, le magazine, soit c'est le magazine papier, soit c'est une émission de magazine et dans ce cas, c'est une émission plutôt sérieuse, imaginée par des journalistes, etc. Nous, on est d'abord un média, c'est-à-dire on est à la fois une boîte qui produit des contenus, et qui les diffusent. Donc, nous sommes éditeurs aussi. Donc, on est producteurs et éditeurs de contenus. C'est-à-dire qu'on édite nos contenus sur les réseaux sociaux. Donc, sur Instagram, sur Facebook, sur TikTok, sur YouTube, sur notre site Internet. On a désormais une newsletter. On développe un podcast. Voilà. Donc, tous les endroits. Et aujourd'hui, c'est la chance aujourd'hui d'être dans un monde dématérialisé où c'est hyper facile pour des producteurs de contenus, comme nous, mais comme plein de YouTubers, etc. de mettre à disposition nos contenus via les réseaux sociaux, via YouTube, via les sites internet. Donc nous, on produit des contenus sur les femmes de plus de 45 ans, qu'on diffuse tous les jours, tous les jours on produit un contenu inédit, qui est mis en ligne sur toutes ces plateformes à 18h, et qui arrive sur votre fil Instagram, votre fil, selon qu'il est ou pas favorisé par l'algorithme, selon votre âge, etc. Et tous les jours, du lundi au dimanche, on produit un contenu inédit. qui parle des femmes de plus de 45 ans, mais qui s'adresse à tous, qui s'adresse évidemment d'abord aux femmes de 45 ans, mais aussi à leur mari, à leurs enfants, etc. Et on y parle. Maïtena, par exemple, anime une grande interview, Maïtena Virabin, dans laquelle elle reçoit des femmes connues qui vont parler d'abord du temps qui passe, de la ménopause, de tout ce que l'âge apporte, pour proposer un nouveau récit sur la femme de 50 ans. À 50 ans, nous ne sommes pas à la fin de notre vie. Nous sommes au milieu presque de notre vie parce qu'on va vivre jusqu'à 90 ans, à peu près en moyenne, 85 ans en moyenne. On travaille jusqu'à 75 ans, donc il nous reste encore 15 ans à travailler. On est à un moment donné où on est en forme, en santé, on n'est pas encore sur le déclin. Avec le rallongement de l'espérance de vie, ça se prolonge encore plus. On est au top de notre pouvoir d'achat parce que c'est le moment où on est au top de nos carrières. Donc voilà, on a du temps retrouvé parce que nos enfants sont grands. donc on a du temps pour nous et on est les premières à consommer, donc à acheter des fringues plus que les jeunes, à consommer des loisirs, à acheter des voitures puisqu'on achète encore pour toute la famille. Et personne ne s'adresse à nous, personne. Nous sommes les premières à nous adresser spécifiquement et à parler de nous.
- Speaker #0
C'est comme une thérapie en fait, sa propre autothérapie finalement, où c'est de dire comme personne ne le fait, nous on va prendre soin de nous.
- Speaker #1
C'est plein de choses. Ce n'est pas une thérapie, c'est une réaction à un refus. C'est-à-dire qu'au début, Mesdames est un projet d'émission de télé. Puisque nous, on vient de la télé, au départ, je vous parle de ça il y a 4-5 ans, on a un projet d'émission de télé qui s'appelle Mesdames d'aujourd'hui, dans lequel on avait envie de réunir que des femmes de 50 ans autour d'un plateau télé pour aborder tous les sujets de société. Donc, pourquoi des femmes de 50 ans ? Parce qu'elles sont libres, parce qu'elles ont plus de culture qu'à 20 ans, a priori, et parce qu'elles ont de l'expérience.
- Speaker #0
Parce que c'est vous.
- Speaker #1
Oui, et parce que c'est nous à ce moment-là, absolument. C'est aussi parce que c'est ça, ça vient de vous. Bien sûr, et qu'on n'est pas représentés. Quand vous êtes producteur et que vous présentez une émission de télé, vous n'allez pas présenter une émission de télé en faisant tout ce que font les autres par ailleurs. Donc, vous essayez de vous différencier et on se dit, tiens, pour différencier, on va imaginer un talk show dans la particularité. Je vais le faire. réunir autour de la table que des mesdames de 50 ans et plus.
- Speaker #0
D'accord, ça part de là, ça part pas d'un besoin. Non, pas du tout, pas du tout.
- Speaker #1
Et là, on fait le tour, TF1, France Évian, M6, que des hommes qui nous disent non. Ça les intéresse pas, eux ils vont plutôt chercher les jeunes, donc que des femmes de plus de 50 ans autour de la table, machin. Et quand ils nous disent ça, là pour le coup, ils me disent non, à qui je suis ? Comment que là, j'ai autour de 50 ans, Maïtena 54 ans, etc. Moi, personnellement, pas Maïtena, mais moi... je me dis, ah ouais, donc en fait, ça devient de plus en plus compliqué pour nous, mesdames, enfin pour nous, les femmes de cet âge. Un, de monter dans la hiérarchie, puisque je l'avais vécu avant. Deux, d'avoir les jobs qu'on voulait, puisque si j'ai monté ma boîte, c'est aussi parce qu'on ne m'a pas proposé le job que je voulais faire. Et trois, eux, ils ne veulent même plus nous mettre à l'antenne, quoi. C'est wow.
- Speaker #0
C'est sacré négatif. Voilà.
- Speaker #1
Et puis par ailleurs, je vois bien que dans les récits de la société, la femme de la cinquantaine, c'est la femme qu'on quitte. que ces enfants quittent le fameux syndrome du nid vide ou que les maris quittent pour aller avec des femmes plus jeunes. Donc je me dis, on a un problème quoi. Et moi, on ne se retrouve pas là-dedans. Mais bon, c'est notre lot nous de recevoir les noms des chaînes, enfin ça fait partie de notre travail. Pour 100 projets proposés, il y en a un ou deux à qui on va dire oui. C'est très dur. Donc je le sais, j'ai été diffuseur, donc je recevais plein de programmes. Pour son programme reçu, je disais un ou deux. Donc il y a énormément de développement et très peu qui aboutissent, qui vont à l'antenne. C'est très compétitif et c'est très dur. Donc bon voilà, mais Maïtena n'abandonne pas l'idée et elle va absolument le faire parce qu'elle a commencé avec les maternelles. Elle s'adressait aux femmes qui avaient des enfants et elle trouvait ça chouette de finir avec quelque chose où elle parlerait des femmes de plus de 50 ans. Et elle n'abandonne pas, elle n'abandonne pas, et elle me dit, il faut absolument qu'on le fasse, et un jour elle me dit, pourquoi on ne le fait pas sur les réseaux sociaux ? Et je lui dis, mais comment on gagne notre vie sur les réseaux sociaux ? Donc ça c'était il y a trois ans, et je lui dis, bon écoute, on va réfléchir, et on a fait ensemble le tour de, on a fait 40 rendez-vous avec plein de gens différents, qui travaillaient sur les réseaux sociaux, qui commençaient à gagner leur vie sur les réseaux sociaux, ou grâce à Youtube, etc. Et on a commencé à identifier qu'il y avait un modèle économique, et quand j'ai vu qu'il y avait un modèle économique, j'ai commencé à lui dire, ok on y va. Et donc, on y est allé à ce moment-là et on s'est lancé le 2 mai 2024. On a lancé le Média Mesdames que vous pouvez retrouver sur Instagram,
- Speaker #0
Facebook, TikTok,
- Speaker #1
etc. Et ça a tout de suite explosé. Ça a tout de suite marché avec énormément de succès et énormément de reprises partout. C'est-à-dire que dès qu'on reçoit quelqu'un sur Mesdames, chaque lendemain, après-demain... On a des papiers repris partout, sur le digital, dans la presse, etc. Sur ce que Machin dit dans nos interviews, etc. On a Yael Brown-Pivet, la présidente de la Sonde Nationale, qui a annoncé chez nous qu'elle avait eu un cancer du sein. Elle ne l'avait pas annoncé ailleurs. Ça prouve qu'on est un endroit où les choses se disent. Une safe place, vous avez raison. Et c'est comme ça que je définis notre espace. Et c'est un endroit où tout le monde sait qu'on peut parler aux femmes de notre âge. Et les annonceurs, et les hommes politiques de main, et les décideurs, etc. Voilà, donc on est un média politique avec un discours extrêmement important sur les femmes de plus de 50 ans.
- Speaker #0
Sur la représentativité.
- Speaker #1
La représentativité.
- Speaker #0
Et puis sur ce qu'elles, c'est pas sur ce qu'elles peuvent apporter, mais c'est sur justement, je pense que moi je vois votre média aussi comme s'assumer tel qu'on est. Mais pour s'assumer tel qu'on est, à n'importe quel âge, il faut que la société environnante laisse. la s'acceptation, sinon on est tous dans une bagarre.
- Speaker #1
Et nous, c'est un peu notre credo, on incite et on autorise.
- Speaker #0
On dit aux femmes,
- Speaker #1
enfin, on n'incite pas. On montre plein de femmes qui l'ont fait, et peut-être que ça peut vous donner l'autorisation, l'envie, la liberté, l'inspiration d'y aller. Mais personne n'est obligé de rien. On ne dira jamais ce que les gens doivent faire. Justement.
- Speaker #0
C'est justement parce qu'on n'a pas envie, en tant que femme de 50 ans, j'imagine, qu'on vous dise encore ce que vous devez faire, ce que vous devez penser. Donc, vous n'allez pas à la place. Alors,
- Speaker #1
jamais on ne dira, chacun fait bien comme il veut.
- Speaker #0
Et comme il peut.
- Speaker #1
Comme il peut.
- Speaker #0
Et comme il peut. Je ne dirais les choses comme ça aussi.
- Speaker #1
Non, non, c'est vrai.
- Speaker #0
Et vous, en tant que femme de plus de 50 ans aujourd'hui, comment vous vous sentez ?
- Speaker #1
Je vis ma meilleure vie. D'abord parce que je suis entrepreneuse, que c'est ma boîte, que... grâce à notre média, on a tous les jours des messages de femmes qui nous disent merci d'être là, m'aider à me rebeller la tête. Je vois bien l'effet qu'on fait. Et l'effet qu'on fait aux autres, on se le fait à soi-même. Et donc moi, j'ai 54 ans aujourd'hui, et je me sens fière comme jamais, mais ça c'est grâce à ma boîte. Heureuse comme jamais, pas comme jamais, mais heureuse différemment, avec la possibilité de laisser exploser, des d'exposer ma joie, de laisser exister la gaieté, le sourire. J'ai fait un truc que j'ai déjà dit dans un autre podcast. Je n'ai jamais souri sur les photos pendant 30 ans parce que j'avais des dents que je n'assumais pas. Quand j'étais petite, j'ai mis un appareil, je ne l'ai pas gardé. Ma mère avait tout fait pour, je ne l'ai pas gardé. Et elle ne m'a pas forcé. J'aurais aimé qu'elle me force, mais voilà. Et du coup, j'avais des dents un peu déformées. Et donc, à chaque fois sur les photos, je fermais la bouche. Donc, je ne souriais pas. Donc, j'ai passé ma vie pendant 30 ans à ne pas sourire aussi. Parce que je n'assumais pas mon sourire. Et du coup, j'ai eu un problème de dents. Je suis tombée sur un orthodontiste qui m'a dit soit vous passez par un traitement orthodontiste et vous refaites tout, soit vous perdez vos dents dans 3 ans, 4 ans, etc. Donc j'ai fait un traitement orthodontique, donc réalignement de toutes mes dents, avec un truc qui s'appelle Invisalign. Et à 50 ans, le jour de mes 50 ans, je vois cet orthodontiste qui me dit ça. Et donc je me dis, je m'offre ce traitement qui coûte cher. Et d'abord, je n'ai pas le choix parce qu'il me le dit pour des raisons de santé. Et en fait, je le fais pour des raisons de santé. Et en fait, ça devient une force. d'image absolument dingue et de confiance en moi que je n'aurais jamais imaginé, soupçonné. Et aujourd'hui, vous me voyez, je m'autorise à sourire parce que mon sourire est joli, que j'ai retrouvé un sourire que j'accepte et que je trouve joli. Et donc, je passe ma vie à sourire parce que j'ai ce sourire-là aujourd'hui. Et ça, par exemple, ça fait partie des satisfactions de la cinquantaine, en fait. Donc, je souris à la vie et en même temps, j'ai refait mon sourire. Mais je me suis mise au sport aussi à 50 ans, pas pour mincir, mais pour bien vieillir. Parce que j'ai compris que ce qu'on devait travailler, et ça, Maïdena me le respecte tout le temps aujourd'hui, c'est que pour bien vieillir, il faut travailler ses articulations. Et travailler le fait de se mettre à genoux tout le temps. Un jour, je ne sais pas, vers 50 ans, à chaque fois que je devais me baisser sur mes genoux pour aller chercher un truc par terre, j'avais mal, comme si mes genoux étaient coincés. Et en fait, je me suis rendue compte que je ne travaillais pas assez ses articulations et que je ne voulais pas qu'elles se rouillent. Il fallait que je les travaille tous les jours, que je fasse des assouplissements.
- Speaker #0
C'est comme si vous aviez... C'est comme si finalement c'était un assemblage de prise de conscience.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
C'est en compétence finalement.
- Speaker #1
Je vais vers une souplesse du corps et de l'esprit, et vers une joie du corps et de l'esprit que je n'avais pas avant. Moi j'étais, on me surnommait le bulldozer, j'étais monolithique, raide. Et là j'essaye d'aller vers... Et c'est pour ça, moi, ma cinquantaine, c'est une cinquantaise que j'espère la plus radieuse possible, souriante et souple, agile.
- Speaker #0
Si vous aviez un message, justement, à adresser, alors d'abord aux femmes de 50 ans, aujourd'hui. Mais vous, pas mesdames médias, vous Alexandra, qu'est-ce que vous diriez aux femmes de 50 ans qui nous écoutent ?
- Speaker #1
Je dirais quelque chose qui est évident, mais que les gens ne prennent pas le temps de comprendre, c'est que c'est une chance d'avoir 50 ans. Parce que si vous avez 50 ans, c'est que vous êtes encore vivante. Et il y a beaucoup de gens qui n'ont pas la chance d'atteindre 50 ans. Donc c'est une chance d'avoir 50 ans, c'est une chance d'avoir 60 ans, etc. Si on pense, si on se le dit tous les jours, alors on regarde différemment cet âge. La cinquantaine, la soixantaine, la soixantidaine, etc. Simplement ça, c'est une chance d'avoir 50 ans. Nous sommes encore vivantes.
- Speaker #0
On va bientôt arriver à la fin de ce podcast. Si vous deviez, vous regardez un peu en arrière dans le miroir. J'aimerais qu'on se pose un peu. Si vous deviez vous adresser justement à cette gamine qui va aller avec un cadeau à l'anniversaire de son amie, à cette petite gamine de 11 ans qui n'était pas forcément prédestinée à devenir Alexandra, productrice du CSEI, et vous lui diriez quoi ?
- Speaker #1
Plusieurs choses. Il y a une expression qui dit... J'ai souvent pensé que j'ai mangé mon pain noir très jeune. Donc j'ai souvent pensé que quand j'étais ado, à cet âge-là et tout, que la vie était difficile pour moi et beaucoup plus facile que pour les autres. Mais à l'inverse, j'ai vu que plus tardivement... Ma vie devenait meilleure alors que pour les autres elle devenait plus compliquée. Donc ça veut dire que... Le chemin de la vie, c'est un chemin compliqué, fait de haut et de bas, de douleur et de joie. Et moi, je les ai accumulés très jeunes, les douleurs. Et donc j'ai envie de lui dire, c'est pas évident, c'est pas facile, mais tu vas t'en sortir. Et ça va être des vraies forces toute ta vie, ce que tu es en train de vivre. Bon, bien sûr que j'aurais aimé ne pas avoir à vivre ce que j'ai vécu, mais au fond, je ne serais pas celle que je suis aujourd'hui si je n'avais pas eu l'enfance que j'ai eue. J'en suis convaincue. Moi, j'ai toujours pensé que j'étais une survivante. Et quand on est survivante, on a la... Non seulement je suis une survivante, mais je suis une vivante et j'ai conscience seulement aujourd'hui de la chance que j'ai d'être vivante. C'est pour ça que c'est important la phrase que je vous disais sur... Je suis en train de réaliser. Donc, bon, voilà, je ne sais pas si c'est très clair ce que je vous dis.
- Speaker #0
C'est vous. C'est très bien. En tout cas, je suis sûre qu'elle, elle aura entendu cette petite vidéo. C'est le principal. Dernière question avant qu'on se quitte. Pour vous, Alexandra, c'est quoi être une femme aujourd'hui ? 50 ans ou pas 50 ans, plus globalement, c'est quoi pour vous être une femme aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je trouve que c'est une chance. Alors, c'est une chance quand on a la chance d'être dans un pays comme la France, même si l'égalité femmes-hommes n'est jamais gagnée. aujourd'hui à 100% respectée à plein d'endroits, dans les comités de direction, etc. C'est une chance parce que je m'aperçois qu'on a plein de super pouvoirs. On a, je pense, beaucoup plus d'empathie que les hommes. On a une force... qui nous vient de cette capacité de gérer plein de choses en même temps. On le sait, la fameuse charge mentale, qui nous permet de mener de front vie professionnelle et vie personnelle, et d'élever nos enfants, et de réussir une carrière. Et moi, je considère que je n'ai pas raté ma vie de femme, et ni ma vie de mère, et que je suis arrivée à mener tout ça de front. Donc je... Je pense que c'est plus difficile que pour les hommes, mais qu'on est plus armés que les hommes. Et que des femmes au pouvoir aujourd'hui, au plus haut pouvoir, le problème qu'elles ont, c'est qu'elles n'ont pas besoin du pouvoir pour exister elles. Et donc elles n'ont pas cette niaque qui leur font vouloir aller jusqu'en haut. Et pourtant, je suis convaincue que le monde tournerait bien mieux s'il était maîtrisé, piloté par des femmes. Donc, moi, je suis une féministe pas militante, mais engagée. Et voilà, les femmes, elles sont puissantes. Et je suis puissante.
- Speaker #0
Ça, je confirme. Merci beaucoup. C'était un vrai moment à titre personnel. C'est vrai que je voulais vous dire que grâce... En tout cas, j'ai la sensation, je ne suis pas encore à 50 ans, mais j'ai la sensation qu'effectivement, il y a une parole qui s'est extrêmement libérée, notamment sur la préménopause, sur tous ces petits mots souvent invisibles et incompris par les femmes, justement, quand elles ont commencé à les vivre, à les vivre et à les vibrer aussi. Et... C'est justement grâce à des prises de parole comme celles dans la globalité de ce que vous produisez que parfois une jambe lourde, quelque chose qui vous arrive un peu bizarre dans notre corps et on ne sait pas à quoi le rattacher, ce sont grâce à des gens comme vous que ça ouvre la porte à la compréhension de son corps et du temps qui passe et sortir de cette... obscurité, je pense, aide à mieux vivre beaucoup de femmes aujourd'hui. Et peut-être même, et non pas peut-être, et certainement tous les hommes aussi. Puisque comprendre tous les changements internes que vit une femme, pour son entourage, c'est pas forcément simple non plus. Ils n'ont pas été éduqués pour ça. Du coup, je trouve que c'est vraiment un média d'éducation globale et de liberté. Donc, bravo, merci. Merci.
- Speaker #1
J'ajoute juste une dernière chose, c'est que mon objectif à moi personnel, c'est que quand j'avais 20 ans ou 15 ans, les règles, c'était absolument tabou. Faire dépasser un tampon ou une serviette hygiénique de son sac et qu'un mec puisse voir ça, c'était absolument pas possible. Et aujourd'hui, ma fille, elle a 18 ans et je vois bien comment c'est plus un sujet du tout. D'en parler, de le montrer. Et aujourd'hui, dans les lycées, tout ça, il y a des serviettes hygiéniques dans les toilettes, etc. Et donc, grâce aux réseaux sociaux notamment. le sujet a été complètement détabouisé, je n'ai pas d'autres mots pour le dire. Et donc mon pari avec mesdames, notre média aujourd'hui, et toutes les démarches que font plein d'autres femmes, parce que ce sont des femmes, c'est de détabouiser la pré-ménopause et la ménopause. C'est que ce soit un sujet dont on puisse parler aussi simplement que de son dernier week-end à la campagne ou du dernier livre qu'on a lu.
- Speaker #0
C'est ça. Je pense que vous y arrivez et à mon avis c'est comme ça aussi qu'on... que tout le monde avancera maintenant de se comprendre et de s'accepter merci beaucoup Alexandra merci à vous c'était une heure très intéressante sur la vie qu'on est pu se récréer merci à vous moi aussi merci et longue vie à mesdames médias