- Speaker #0
Bonjour, je suis Stéphanie Baranco, et bienvenue dans Parole de Femme. Dans ce podcast, je donne la parole à des femmes au destin peu banal, pour qu'elles nous parlent d'elles, de leur parcours, de leurs espoirs et de leurs doutes, de leur vision de la femme d'aujourd'hui, l'avenir. Puissent ces femmes vous inspirer, nous inspirer, et inspirer nos générations futures. Elles se livrent sans tabou, avec le cœur. Je vous laisse avec elles,
- Speaker #1
voici leurs histoires, places à Parole de femme, saison 30. De femmes qui tiennent, qui lièrent et qui assurent.
- Speaker #0
Mais derrière cette force apparente, il y a parfois une fatigue invisible, une colère rentrée, une honte silencieuse de ne pas être à la hauteur de l'image qu'on projette. Alice, bonjour.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Merci d'être parmi nous avec ce podcast aujourd'hui. On va parler de non-perfection, on va parler d'effondrement, et on va parler d'espoir, de bonheur, et de ce moment où on cesse d'être une femme parfaite pour devenir finalement la femme que l'on doit être. Est-ce que c'est juste si on dit ça ?
- Speaker #1
Oui, ou en tout cas pour reconnaître que... Nos imperfections font notre perfection, peut-être.
- Speaker #0
Peut-être, c'est une jolie façon de le dire. Pour commencer le podcast de Parole de Femme et pour commencer à vous découvrir, on a trois questions que je pose à mes invités. Voici les vôtres. Quel est votre mantra, votre moment de la journée préféré et une chanson qui vous parle ?
- Speaker #1
Alors, mon mantra... Le soleil revient toujours. C'est vraiment ce qui me guide. Il y a des périodes où j'ai pu avoir vraiment des grosses difficultés. Et c'est aussi pour ça que j'ai l'emblème de bonheur, c'est un soleil. C'est vraiment pour moi, il faut se raccrocher à ça, à cette lumière qui sera toujours là et qui reviendra malgré l'obscurité.
- Speaker #0
Mais comment on la trouve la lumière quand on est dans le brouillard ? C'est ça en fait, comment on fait pour se raccrocher à quelque chose que l'on ne voit plus ?
- Speaker #1
En fait, même dans les périodes les plus compliquées, je reste persuadée que si on rentre en introspection, il peut y avoir quelque chose qui représente cette lumière. Que ça soit une personne, que ça soit un souvenir, que ça soit un présage, quelque chose qu'on désire vraiment. Même si c'est tout petit, même si c'est... Je veux dire un truc bête, mais par exemple, quand on se couche et qu'on est vraiment mal, se dire que le lendemain matin, on va se faire le café qu'on aime bien ou un petit déjeuner qu'on aime bien et tout. S'il faut se raccrocher à ça, on se raccroche à ça et ça, ça, ça, notre soleil pour nous permettre de passer une nuit plus sereine.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et si c'est à long terme, ça peut être à long terme et on peut se dire, voilà, dans dix ans, j'aurais réussi ça et se raccrocher à ça et vouloir y arriver.
- Speaker #0
Donc c'est comme une projection, ce soleil c'est aussi une... peut-être une projection de ses envies, de se raccrocher à ses envies ?
- Speaker #1
Oui, je pense. À l'espoir, en fait. À l'espoir. À garder l'espoir malgré tout, oui.
- Speaker #0
Votre moment préféré de la journée ?
- Speaker #1
Le matin, je crois. Le moment où tout est possible. Moi, je suis une lève-tôt. J'aime bien me réveiller tôt, commencer à travailler tôt.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
J'ai un chien, je pars marcher avec mon chien et tout ça. Mais... J'aime bien quand le soleil se lève tôt, surtout, parce que l'hiver, c'est moins sympa. Mais ce moment vraiment où le champ des possibles se lève avec le soleil et où on a encore plein d'énergie, souvent le matin, on a quand même plein d'énergie. Moi, je suis de celles qui ont plein d'énergie le matin. Et voilà, c'est vraiment un moment qui est très agréable pour moi.
- Speaker #0
Alors, c'est quoi la petite routine ? On sort le chien, on boit un café, regarder le soleil, peut-être un peu dans la nature. C'est quoi ? C'est prendre une dose d'énergie ?
- Speaker #1
Oui, c'est exactement ça. C'est vraiment... J'essaye d'avoir ce temps pour moi. J'ai cinq enfants, donc le quotidien me rattrape souvent. Mais avoir le temps de se poser avant la journée qui va nous engloutir avec les rendez-vous, les appels, les notifications. C'est ça. C'est me lever, prendre un thé, aller me promener 20 minutes, même si c'est moins... C'est pas grave, mais prendre le temps. J'habite au bord de Saône, donc j'ai la chance de pouvoir me promener et de voir effectivement la brume se lever sur la Saône et tout ça. On a vraiment des beaux paysages. Et rentrer et prendre le temps de me préparer aussi pour affronter la journée.
- Speaker #0
En fait, on a un peu l'impression quand ce que... Ce que vous dites, c'est peut-être même de se créer ce moment à soi avant, c'est-à-dire quitte à se lever peut-être même 15 minutes avant.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Mais en fait, c'est aussi une volonté de se créer un temps pour soi. C'est sa propre volonté qui doit décider et pas de se dire « Ok, si j'ai 4 minutes, j'avale un café » .
- Speaker #1
Oui, c'est exactement ça. Et c'est très important pour mon équilibre. on en reparlera sûrement mais j'ai fait un burn out en 2020 et je sais que quand la vie va trop vite et que par exemple j'ai beaucoup de travail et que je ne prends pas ce temps je suis très vite déséquilibrée et ma santé mentale peut être impactée très rapidement alors que me forcer à faire ça, plutôt que de scroller sur Instagram par exemple en fait j'en parle souvent et les femmes me disent qu'elles n'ont pas le temps Le temps qu'on perd à scroller sur Instagram le matin, ça ne nous sert à rien et ça nous met déjà dans un mauvais mood pour la journée. Et prendre la décision de ne pas toucher son téléphone le matin, c'est vraiment très important. Je ne dis pas que je le fais tout le temps parce qu'il faut être honnête, la vie a aussi ses impératifs. Et là en ce moment j'ai une grosse surcharge de travail donc je n'ai pas le temps de le faire. Mais je sais que ce week-end je serai très contente de prendre le temps.
- Speaker #0
ce que je trouve important là-dedans c'est pas l'histoire on est pas dans un discours moralisateur ou de dire il faut le faire, c'est pas une injonction c'est plutôt de se dire que si on attend que la vie nous donne le temps on l'aura jamais et que c'est de notre propre volonté de se créer un espace pour soi et que même je vais aller plus loin, c'est juste et qu'on a le droit de se le créer pour nous et que ce n'est pas être un monstre d'égoïsme que de se dire qu'on va prendre 15 minutes sans les enfants oui oui c'est très important c'est important en fait,
- Speaker #1
c'est ça je crois le message et c'est aussi important de se dire, j'aime le prendre là je n'ai pas le temps mais c'est ok je le prendrai quand j'aurai le temps il n'y a pas de culpabilité ni d'un côté ni d'un autre exactement et votre chanson ?
- Speaker #0
Est-ce que vous avez une chanson ? Je ne sais pas, un truc... Ce matin, j'étais en route pour venir vous rencontrer, dans ma voiture, une heure vingt, parce que les routes sont en combat, et j'avais la chanson de... Comment elle s'appelle ? Mince, je l'ai mangée en en parlant. Marcher, je ne me souviens plus. Bref, ce n'est pas grave. Ben Mazoué. Oui. Allez ! marche. Et en fait, j'étais en train de me dire, oh wow, en fait, c'est une chanson qui me donne une énergie. Même si j'oublie les noms. Ça me donne quand même de l'énergie. Est-ce que vous, vous avez comme ça une espèce de chanson qui, quand vous avez besoin, ça vous met, je ne sais pas, une énergie folle ?
- Speaker #1
Oui, alors j'en ai plein. Je vis en chanson. D'ailleurs, mes amis se moquent régulièrement de moi. Je dis tout le temps, c'est ma chanson. Mais peu importe les chansons, j'en ai... mais vraiment ma chanson qui me suit depuis un petit moment c'est what's up de elle a été repris sur les réseaux il n'y a pas longtemps pour une traîne mais moi c'est la vraie version de nonne fort blonde je crois que c'est le groupe ah oui et encore voilà Ça m'a suivie depuis longtemps. J'ai accouché sur cette chanson. La playlist s'est lancée un an et demi à ce soir. C'était cette chanson. Depuis, elle me suit. Ça me donne une force qui est vraiment extraordinaire, cette chanson.
- Speaker #0
On va ouvrir le premier chapitre avec cet effondrement silencieux, avec finalement, ce n'est pas brutal. En tout cas, c'est brutal parce que c'est trop tard. Mais les signes avant-coureurs étaient certainement là, mais vous n'étiez peut-être pas autorisés à vraiment les voir. Est-ce que vous vous souvenez du moment où votre corps dit stop ?
- Speaker #1
Oui, je m'en souviens très bien. Mais effectivement, il y avait eu tellement de messages avant que je n'avais pas voulu voir ou que je me disais, je vais tenir encore un peu et puis on verra plus tard. En fait, le vrai moment pour moi qui a été déclencheur, J'avais déjà commencé une dépression, un burn-out, je ne sais pas, mais je pensais m'être relevé. Et je me rends compte que je n'étais pas tombée aussi bas. En fait, je n'avais pas atteint le fond de la piscine. Et du coup, j'avais retrouvé un travail, j'avais repris le travail, j'avais beaucoup de déplacements. Et un matin, je me suis levée, j'avais une réunion, je devais partir dans le Jura, c'était une galère. Et je me suis levée, j'avais l'impression d'avoir la grippe, d'être paralysée. Et mon corps a dit stop, il m'a dit non mais en fait ça faisait trois jours que je m'en rendais malade, je me disais je vais devoir y aller et tout. Et du coup en fait c'est vraiment mon corps qui m'a obligée à m'arrêter. Et après ça a duré pendant des semaines où en fait j'ai dû rester couché, où mon cerveau ne fonctionnait plus, où vraiment j'étais léthargique.
- Speaker #0
C'est quoi les signes alors ? C'est le cerveau qui... Comment on le reconnaît ? Parce que je... J'allais un peu loin. Aujourd'hui, le burn-out, c'est quelque chose, à mon sens, c'est un mot qui est en train d'être galvaudé. Et alors que c'est une vraie maladie psychologique, mais on entend un peu de partout, « Oh, je suis en burn-out ! » Oui, mais non.
- Speaker #1
Un peu comme le pervers narcissique. Il y a... Exactement. Ça a été vulgarisé. C'est vulgarisé. Oui, oui.
- Speaker #0
Oui, mais justement, quitte parfois même à dénigrer ou dénaturer les personnes qui, pour le coup, sont vraiment... C'est un peu la fable de Rémi qui crie au loup.
- Speaker #1
Oui, oui, bien sûr.
- Speaker #0
Et donc, vraiment, est-ce que, sans que ça vous mette dans un état compliqué, c'est quoi vraiment pour vous ce que vous avez ressenti au moment où votre corps se met en mode... off HS. On ne peut plus rien faire.
- Speaker #1
En fait, pour moi, le Burnout, ça porte vraiment bien son nom, parce qu'il y a cette idée de cramer. Un peu comme si, en fait, on est allé trop loin et qu'on s'était cramé et qu'en fait, il ne reste que descendre. C'est trop tard. On ne peut pas revenir en arrière. Vraiment. Moi, j'ai eu cette sensation. Excusez-moi. J'ai eu cette sensation où je me suis dit, c'est mort, quoi. Ça y est. Enfin, t'es au fond du trou. T'as pas voulu t'écouter. Et bien, voilà. En plus... Pour la petite histoire, ma mère est dépressive et alcoolique. Et du coup, je me suis dit, eh bien voilà, tu vas être comme... J'ai pas réussi. Voilà.
- Speaker #0
Donc, il y a beaucoup de culpabilité.
- Speaker #1
Culpabilité, bien sûr. Mais effectivement, il y avait eu beaucoup de signes. J'ai eu une vie pas facile et à chaque fois, je me suis dit, c'est bon, t'es la plus forte. Et puis, tout le monde me disait ça. Moi, quand je disais aux gens que j'étais fatiguée, on me disait... T'as connu tellement pire, c'est bon, tu vas t'en sortir. Et même pendant mon burn-out, on me disait, et j'en pouvais plus, je disais à mon mari, mais qu'on arrête de me dire que je suis forte, en fait, j'en peux plus. Et je pense que du coup, c'est quelque chose qui est très répandu pour les femmes, où en fait, on se dit tout le temps, c'est bon, en fait, elles vont quand même y arriver, et tout ça, où on n'ose pas se plaindre. Mais les trous de mémoire, j'ai commencé à avoir des gros trous de mémoire, donc mon cerveau ne suivait plus. La nuit je dormais pas, même quand je dormais mon cerveau continuait à tourner, donc toutes mes listes et tout ça, ça continuait et tout. Donc je me réveillais épuisée, je tombais tout le temps malade, des petits rhumes, des trucs, j'avais mal au dos, partout. Et puis après les sauts d'humeur quoi, le truc où tu deviens un cariatre quoi, tu supportes plus personne, tu cries sur tes enfants etc. Et tu te mets à pleurer pour rien. C'est vraiment les premiers signes. Mais ça, pour moi, ce n'est pas le burn-out. Ça, c'est les cris d'alarme où tu as dit attention. Et ça m'arrive encore aujourd'hui parce que je me suis beaucoup renseignée. Le burn-out, malheureusement, quand on est tombé dedans, c'est quelque chose qui nous suit. Un peu comme un truc qui peut se reproduire. Comme un herpès. Oui, voilà, exactement. Donc, il faut être très attentif aussi. et se protéger et savoir qu'est-ce qui nous fait du bien pour éviter de retomber. Mais le vrai burn-out, ça a été ça, le truc où je ne pouvais plus bouger. Je me rappelle, c'est difficile d'en reparler parce que ce n'est tellement pas moi. J'essayais de ranger, par exemple, ou de chercher des choses pour les enfants et tout. Et je m'asseyais sur le lit et je restais dans le vide pendant des minutes, j'allais dire, mais peut-être des heures, je ne me rends plus compte. Mais j'étais incapable, en fait, de savoir pourquoi j'étais venue, d'avoir la force de le faire. Et je trouvais plus de motivation dans rien, pour le coup le soleil c'était vraiment très dur de le trouver. Et je me disais, je vais pas m'en sortir, je sers plus à personne, en plus j'ai toujours eu ce délire de vouloir être là pour tout le monde et tout ça, donc quand on est comme ça, vraiment c'est très difficile. Donc vraiment c'est ça, pour moi le vrai burn-out c'est... L'anéantissement de la personne, le point de non-retour, et pourtant on peut en revenir à la preuve, mais on a vraiment l'impression que c'est fini.
- Speaker #0
C'est le cerveau qui vous met dans une autre dimension.
- Speaker #1
C'est ça, mais en fait c'est une protection.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez eu honte ? Est-ce que la honte fait partie du tableau ? Quand vous réalisiez dans quel état ? Vous savez, quand vous reveniez à un état de conscience, Est-ce que, alors vis-à-vis de vous-même, vis-à-vis de votre mari, peut-être peur pour vos enfants et puis le regard de la société ?
- Speaker #1
Oui, très rapidement, j'ai eu honte. Ce qui est marrant, c'est que je vais être honnête, je suis tout le temps très honnête, les gens qui me connaissent le savent. J'ai avancé depuis, j'ai créé l'association en grande partie pour ça. Et aujourd'hui, quand j'ai des coups de moins bien, j'ai encore honte. Donc j'arrive à m'autoconvaincre que ce n'est pas possible, mais on a un réflexe quand même qui est très féminin, je pense, d'avoir honte. Les hommes ont honte aussi sur d'autres sujets, mais ce côté de cacher nos faiblesses, c'était très difficile. J'évitais en fait les gens pour ne pas avoir à expliquer. Ou après, on cherche des excuses, c'est-à-dire que j'avais plein de raisons d'être en burn-out, mais finalement, c'était pas... C'était un cumul de maïs, j'ai envie de dire. Après, je trouvais ça plus facile de dire que mon travail, c'était très mal fini et que du coup, ça m'avait conduit au burn-out. Mais c'est pareil, je me suis beaucoup renseignée là-dessus. Et en fait, le burn-out est spécifiquement féminin, surtout.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et on en a beaucoup parlé au travail. Mais en fait, c'est le cumul de tout qui fait qu'on en arrive là. Parce que moi, j'en arrivais à plus vouloir voir mes enfants. Quand ils rentraient chez leur père, c'était très dur. Je me suis... jamais reconnue là-dedans, mais je n'avais pas envie qu'il revienne. Je me disais ça va être trop, je ne veux plus. Ce n'était pas que le travail. C'est la vie. C'est la vie et les multiples rôles qu'on a à faire en tant que femme qui étaient devenus trop lourds. Où je m'étais mise sur charge de tout. Où je voulais être parfaite dans tout.
- Speaker #0
C'est très important ce que vous dites. La phrase où je m'étais mise sur charge. et à mon sens en préparant notre rencontre est-ce que c'est pas finalement le point clé bien sûr moi je me mets une surcharge c'est à dire que je ne suis pas certaine que ce soit que la personne moi j'ai une vision un peu moins tranchée que vous est-ce que ce ne sont pas aussi les injonctions de la société de toute cette ancestralité derrière nous et c'est pas grave, c'est la vie c'est à nous de le changer mais voilà c'est un mélange de tout ça,
- Speaker #1
de toute façon si je me suis mis autant d'injonctions, c'est du fait de la société, de ce que j'avais vu de ce que j'avais pas voulu reproduire, de ce que j'avais voulu faire mieux de ceux qui m'inspiraient, à qui je voulais ressembler donc c'est un tout de toute façon, mais ce qui est sûr C'est que depuis que j'ai pris la décision de plus m'écouter, je sais dire non, je sais mettre des barrières, et ça change quand même beaucoup de choses. Même s'il y a des vieux réflexes, même s'il y a des choses qui sont quand même des impératifs aujourd'hui dans la vie d'une femme, etc. À partir du moment où on sait s'écouter, on se protège quand même plus.
- Speaker #0
Comment justement... Pardon. Comment justement... Parce que là, pour l'instant, j'ai une Alice. en burn-out et une Alice aujourd'hui souriante qui va, je pense, et qui assume de dire que de temps en temps c'est un peu plus dur mais justement elle sait compenser. Moi ce qui m'intéresse, c'est le chemin et le pont entre les deux. Évidemment on va cheminer ensemble mais on ne peut pas passer d'un état de léthargie émotionnelle à je vais bien et je cherche le soleil comme ça, donc comment d'abord, quel est le point où vous réappuyez votre pied pour ressortir de la piscine et comment vous allez détricoter ce burn out en fait je me suis dit que j'avais pas le choix et que j'allais faire quelque chose que j'avais jamais fait,
- Speaker #1
que j'allais penser à moi, donc à un moment je me suis dit bon bah ok là t'es coincée Donc tu vas être obligé de penser qu'à toi et du coup tu vas avoir ce qui te fait du bien. Pour revenir en arrière, moi je me suis mariée à 20 ans. À 21 ans, j'étais maman de ma première fille. J'ai eu trois enfants très rapidement, en cinq ans j'ai eu trois enfants, donc j'ai jamais eu cet espace-là. Et donc je me suis dit, bon ben, tu vas tout réapprendre en fait. Et un peu mon film et mon livre fétiche c'est « Mange, Prie, Aime » et un peu à cet instant-là où en fait, puis je savais plus rien quoi, je savais même plus manger par exemple, j'avais plus d'envie, j'avais plus... Donc j'ai tout repris à la base. Je savais que la sophrologie et le yoga, ça m'aidait beaucoup. J'avais accouché grâce à de la sophrologie et tout. Donc, je me suis dit, je vais reprendre des souvenirs que j'ai de moments où j'ai été bien. Et je vais creuser. Et du coup, je me suis mis un cadre énorme. Je me suis autogérée comme si j'étais ma propre fille, en fait. Je le crois, maintenant que j'y réfléchis. Et du coup, je me levais, je me forçais à me lever à des heures fixes. Après avoir dormi, parce qu'il faut quand même se respecter. et se laisser à un moment où on ne fait rien. Il faut accepter aussi ce truc-là. Mais quand j'ai tapé au fond de la piscine, je me suis dit, tu vas te lever. Donc je méditais 30 minutes le matin, après je faisais du yoga ou du sport. J'ai commencé à marcher, à courir, j'ai changé mon alimentation. Je me suis renseignée sur l'alimentation anti-inflammatoire, sur les choses qui pouvaient vraiment nous faire du bien au corps et au cerveau. Et après, j'ai coupé les réseaux sociaux, qui étaient pour moi un truc qui me poussait tout le temps à faire plus, à être parfaite, etc.
- Speaker #0
Est-ce que vous étiez déjà, à ce moment-là, sur un mode un peu micro-influence ? Oui, ça c'est... Ah oui, vous avez dit que ça c'était avant ?
- Speaker #1
C'était avant, oui.
- Speaker #0
Ah, très bien.
- Speaker #1
Oui, oui, c'était avant. Et justement, j'ai tout arrêté. J'ai coupé pendant un an et demi, je crois, à mon Insta.
- Speaker #0
C'est beaucoup.
- Speaker #1
Oui. J'avais un truc perso, mais je postais plus rien.
- Speaker #0
Vous coupez les réseaux, vous écoutez l'alimentation, le sport ?
- Speaker #1
Les limites. Je sais que le soir, par exemple, je mangeais dans mon lit. J'avais besoin d'une bulle, en fait. Et puis, je suis allée voir une psy. Là, on a ouvert les dossiers, les vieux dossiers. Parce que si j'en étais arrivée là, c'est parce que j'avais rien dit. depuis 10-15 ans et que j'avais tout mis sous le tapis à me dire c'est pas grave je m'en rappelle j'en parlais avec des amis souvent quand on a discuté je disais je le ferai quand je me sentirai prête j'en parlerai quand quand les enfants seront plus grands quand j'aurai du temps pour moi et je me disais surtout garde bien tout fermé parce que le jour où tu vas ouvrir les trucs ça va ça va briller la boîte de pomme ouais c'est ça et du coup j'ai pas eu le choix donc on allait tout refouiller C'était très difficile, la psy ça a été vraiment très dur, je sortais, j'étais effondrée, elle me forçait à creuser, et après j'ai trouvé une coach, et pour le coup ça a été extraordinaire, elle m'a donné des exercices pour rebondir justement, pour aller chercher le soleil, pour aller plus loin, et donc j'ai mis en pause la psychanalyse pour ce coaching, et du coup j'ai continué tout le yoga, la sofro, la méditation. J'ai vraiment creusé dans ce côté-là. Et j'ai attendu de remonter pour retourner voir quelqu'un pour me faire accompagner. Parce que je crois que quand on est trop bas, ça ne sert à rien d'aller gratter. Au bout d'un moment, il faut aussi se lâcher la grappe et se dire j'ai besoin qu'on s'occupe de moi et qu'on me fasse du bien. J'ai besoin de me faire du bien, mais là, appuyer là où ça fait mal, ce n'est pas le bon moment.
- Speaker #0
Il faut un peu de force pour faire ça. C'est ça. Vous n'en aviez à ce moment-là plus.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
On s'arrête là pour l'instant. Comment on gère ? Comment vous gérez ce moment de votre vie avec le regard de vos enfants ? Donc là, vous en avez combien ? Je m'en vois 4.
- Speaker #1
Non, on en a déjà 5. Vous en avez déjà 5. Non, Margot qui est toute petite.
- Speaker #0
Oui, d'accord.
- Speaker #1
On vient d'avoir Margot.
- Speaker #0
Vous venez d'avoir Margot, d'accord. C'est, encore une fois, je vais parler de votre regard à vous, du regard de la société,
- Speaker #1
aussi quand même de votre mari et de vos enfants.
- Speaker #0
Parce que finalement, là, vous êtes déjà une famille. recomposé et quand même une famille nombreuse mais comment eux ils verrent comment vous leur expliquer c'est quoi vous êtes vous avez peur à ce moment là que vous juge les grands franchement
- Speaker #1
j'ai été très soutenu et je crois que très rapidement j'ai ressenti quelque chose où il y avait un peu de fierté que je pense à moi finalement d'accord Et mon mari m'a énormément soutenue, il a été extraordinaire. Il avait peur, mais il était extraordinaire. Et mes enfants, c'est pareil. Et du fait qu'en fait, j'ai quand même très vite décousu les choses et je me suis rendu compte de pourquoi j'en étais arrivée là et que justement, je n'étais pas comme ma mère, j'allais me relever et en faire quelque chose. Et surtout, je ne veux pas que ça se reproduise avec mes filles. Donc autant que je leur montre ma faiblesse aujourd'hui, mais qu'on peut se relever et qu'on peut en faire quelque chose, mais que c'est aussi important d'accepter que des fois, on ne va pas bien et que c'est OK et que tout le monde n'est pas tout le temps au top parce qu'en fait, j'avais tout le temps fait. La Wonder Woman. Je ne leur avais jamais rien montré de mes galères. Tu t'en es bien.
- Speaker #0
Oui, parce que finalement, c'est là où je voulais vous amener. C'est un peu le rôle qu'on se donne, encore une fois. En tout cas, l'image de dire, nous on a des filles, on ne veut pas leur montrer ci ou ça. Et en réalité, c'est presque les mettre dans quelque chose de fou.
- Speaker #1
faux pour elles parce qu'elles vont se reconstruire finalement elles sur on n'a pas le droit de montrer nos réflexes donc en fait c'est un peu un exemple que vous décidez de montrer à vos enfants en leur en parlant on a toujours parlé de tout en plus donc là je suis très transparente je commence aussi à leur parler de leur père de la violence qu'il y a pu avoir au sein du couple ils en étaient conscients mais j'ai toujours protégé leur père donc j'en parlais très peu Et puis c'était de la violence psychologique, donc c'est compliqué de mettre des mots, surtout quand ils sont petits. Du coup, j'ai commencé à en parler sans rentrer dans les détails, mais à mettre du sens aussi sur pourquoi j'avais été comme ça, pourquoi tout s'était déroulé ainsi et pourquoi j'en étais là aujourd'hui. Et du coup, je pense aussi que ça a désarçonné des choses chez eux, parce qu'on a beau pas vouloir en parler, il y a toujours des interrogations chez les enfants et des questionnements. Ce rôle, cette casquette que je me suis enlevée de « je couvre tout le monde et je surfe et puis je m'occuperai de moi plus tard et en attendant, je fais très bien semblant » . Je faisais tellement bien semblant. Et je n'avais jamais parlé de mon passé, de mon premier mariage. J'en parlais très peu.
- Speaker #0
Oui, des violences que vous aviez subies qui vont amener aussi à cette fragilité émotionnelle. bien sûr le point de départ il est double finalement il y a votre maman oui c'est ça il y a ma maman mon père,
- Speaker #1
enfin j'ai déjà eu une enfance et une adolescence très compliquées et après de ce fait j'ai rencontré mon premier mari parce que en fait c'est peut-être important de le dire en fait parce que quand on a appris à être aimé et à aimer des personnes défaillantes
- Speaker #0
on a ce côté sauveur. Et du coup, moi, j'avais l'impression que je ne pouvais être aimée que de cette façon-là et que je devais forcément sauver la personne que j'aimais. Et donc, j'ai reproduit plein de fois, puisqu'en fait, j'avais que des relations amoureuses dans ce contexte. Là, je suis tombée sur cet homme qui a été un grand amour, mais dévastateur pour lui et pour moi, je pense, finalement, parce que lui aussi était très abîmé. Il y avait de la violence dans son enfance. Du coup, on était... Puis on était tellement jeunes. On avait 19 ans. C'est rien. On était des bébés. Ma fille a 18 ans. Je me dis, mais mon Dieu. Mais mes parents auraient dû me dire non. Vraiment. Et du coup, je pense qu'on a fait comme on a pu. Mais effectivement, il y a eu beaucoup de destruction. Et malheureusement, il y avait trois enfants au milieu de ça. Donc moi, je suis très heureuse de les avoir aujourd'hui. Et heureusement. Et en fait, je me suis construite en même temps qu'eux. Et... Et j'ai appris plein de choses en même temps qu'eux. Mais c'est vrai que je ne suis pas du tout la même maman avec Margot aujourd'hui que je l'ai été avec les grands-mères.
- Speaker #1
Du coup, c'est ce cheminement qui arrive aussi à dire peut-être que, de dire aux femmes que d'être une bonne maman, ce n'est pas tout cacher. C'est peut-être dire avec des mots adaptés à chaque âge.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Ce n'est pas non plus... Mais en tout cas... D'être, de dire les choses, ça peut être aussi salutaire pour les enfants plus tard.
- Speaker #0
Oui, c'est très important. Et même tout petit, parce que Margot, justement, c'était un bébé. Ça a été très compliqué parce que j'ai eu l'impression au départ que c'était elle qui était venue tout exploser. Mais en même temps, il y a eu le Covid, il y a eu plein de choses en même temps. J'ai été en sécurité pour la première fois de ma vie. parce que j'étais avec un homme qui m'aimait, qui ne me demandait rien. J'avais un job qui me ramenait de l'argent. Et j'avais un bébé qui est venu sceller le socle de notre famille recomposée. Donc, je pense que je ne me suis jamais sentie tant en sécurité qu'à ce moment-là.
- Speaker #1
Et du coup, c'est là où en fait…
- Speaker #0
C'est ça. Là, tout s'est écroulé. Et c'est pour ça que c'était très compliqué pour moi. Je me disais,
- Speaker #1
mais enfin, t'es folle.
- Speaker #0
Je me disais, t'as tout. Et là, t'es en train de t'écrouler. Et en fait, je pense que je ne pouvais pas avant. Parce qu'en fait, je n'aurais pas tenu le coup pour mes enfants et tout ça. Donc, ça a attendu le bon moment. Mais même Margot, elle me voyait pleurer et tout ça. Je lui ai toujours expliqué que ce n'était pas contre elle. Et je suis très sensible. Elle a 5 ans maintenant. Et elle me dit des choses tellement belles. Je suis très émotive et tout ça. Et l'autre fois, elle me dit, tu sais maman, j'ai compris. En fait, on peut pleurer de joie et de tristesse. Et des fois, quand je pleure, elle me dit, c'est de joie ou c'est de tristesse ? Et c'est vraiment trop mignon. Et en fait oui, je pense qu'on peut tout expliquer, mais d'une certaine façon.
- Speaker #1
Il faut adapter son langage.
- Speaker #0
Oui, et puis il ne faut pas non plus rendre l'enfant acteur de ça. C'est ça, et puis l'alourdir j'avais envie de dire. Parce que, à contrario, moi ma mère me disait des choses, au lieu de m'expliquer les choses factuellement, elle me parlait de mon père, elle l'insultait, elle diabolisait les hommes, et il y avait tout ce truc très lourd. pour une petite fille, en fait, en pleine construction, qui... Mais c'est pareil, elle a fait comme elle a pu, maintenant j'ai compris, mais on fait tout ce qu'on peut. Mais je pense qu'il faut toujours réfléchir aussi à l'impact de nos mots. Voilà, c'est important. Autant avec notre conjoint que nos enfants, tout a un impact.
- Speaker #1
Et les mots et les silences.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
tout à fait. Oui, oui. Là, on en est... On reprend le fil de l'histoire, parce que... C'est souvent quand on a des grosses périodes de blanc comme ça, où en fait le temps sort un peu et on n'arrive plus vraiment à avoir de notion.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Donc là, on arrive à... C'est combien de temps quand vous commencez à remonter à la surface ?
- Speaker #0
Franchement, j'aurais du mal à le dire. Je pense que ça a duré deux mois de flou.
- Speaker #1
Il y a très peu.
- Speaker #0
Oui, oui. J'ai rebondi. Je reste à l'ice, quand même. Pour moi, c'était déjà beaucoup. Mais après, non. Par contre, après, je me suis laissée une année.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Vraiment. Et tout le monde m'a laissée une année. Une année, quand même, où je savais vers où j'allais aller. Enfin, voilà. En fait, une année où tout s'est aligné dans ma tête. Où, en fait, je me suis dit que ça suffisait, en fait, de vouloir cacher les choses. que je n'étais pas la seule comme ça, que en fait... Il y avait des choses à faire bouger dans la société et tout s'est aligné. Donc après, pendant cette année-là, je décidais aussi de me former pour accompagner les femmes et pour prendre cette suite dans ma vie et pas retourner. J'étais dans la communication et le marketing et c'était quelque chose vraiment de challengeant et je ne voulais pas retourner dans cet univers-là. Et donc après, je me suis formée à la Sofro. Et du coup, ça me faisait du bien en même temps, parce qu'il y avait plein d'exercices, il y avait plein de trucs. Et donc voilà, j'ai pris un an vraiment pour moi, pour prendre ce temps et voir qu'est-ce qui allait se passer. Et du coup, j'ai commencé à me former à la fin de cette année-là. Et pour valider quand même, parce qu'il y a le truc des repatrices, de tout ça, j'ai fait un bilan de compétences à la fin de cette année-là aussi.
- Speaker #1
D'accord. Il fallait repartir à zéro.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Est-ce que la colère a fait partie du tableau ? On a parlé de honte, on a parlé d'humiliation, mais est-ce que la colère, la colère, ce que tu as ressenti, vous avez ressenti de la colère vis-à-vis de vous, vis-à-vis de la société peut-être ? Ou alors juste vis-à-vis de la vie, de se dire, pourquoi moi je dois vivre encore cette épreuve-là ? Est-ce que vous étiez en colère ?
- Speaker #0
J'ai eu beaucoup de colère pour mes parents. En fait, vu que je suis remontée, que j'ai creusé et tout ça, en fait, je n'avais jamais voulu vraiment voir tout ça et mettre des mots. Et du coup, j'ai été très en colère. J'ai réussi après à en discuter, mais ça a quand même mis beaucoup de distance avec ma mère. Je ne la vois pratiquement plus. Mon père aussi, mais on a réussi à vraiment parler. Et donc oui, en fait, j'ai eu cette colère de... En plus, j'avais des enfants qui grandissaient. Et je faisais des choses, même si je n'étais pas en état avec eux, pour leur confort et leur équilibre. Et je me suis dit, mais merde en fait, je ne valais pas assez pour que vous ne fassiez pas d'efforts. pour qu'en fait, mon adolescence se passe mieux. Et donc, je pense que c'était ça. C'était vraiment ça qui est ressorti. Et du coup, on a découlé le « je ne reproduirai pas et moi, ça sera différent » .
- Speaker #1
Mais à la fois, ça a été le déclencheur du burn-out aussi, justement, de ne pas reproduire. Ou alors, ça a été plutôt le…
- Speaker #0
En tout cas, je l'ai conscientisé.
- Speaker #1
D'accord. Voilà. La conscientisation… conscientisation de ça qui fait qu'aussi, après, vous vous dites, ok, je vais faire les choses différemment avec mes enfants. Oui,
- Speaker #0
parce que maintenant, je sais pourquoi je réagis de plein de façons. Avant, je voulais être une mère parfaite, avec un foyer parfait. J'ai toujours voulu avoir une grande famille.
- Speaker #1
Comme un espèce d'idéal ?
- Speaker #0
Oui, exactement. Tout ce que je n'avais pas eu. Enfin, voilà, c'était vraiment ce délire-là. Et je me mettais une pression pour faire les gâteaux maison, pour être la maman qui faisait les anniversaires les plus énormes. Enfin, vraiment... Le délire à l'américaine des séries que je regardais enfant qui était mon modèle moi. Donc vraiment c'était ça. Et puis le burn-out est venu tout exploser. Et après je me suis dit, ok, donc en fait c'est parce que tu ne l'as pas eu, ce que je savais un peu, mais du coup je suis allée creuser, voir vraiment ce que je n'avais pas eu, et là où étaient mes manquements. Et du coup après, maintenant je continue à être cette mère-là, parce que c'est ma nature et c'est ce que j'aime. Mais je sais pourquoi. J'accepte aussi de ne pas l'être à certains moments et de vouloir avoir mes moments. Et mes réactions, je sais, quand il y a des choses qui me font vriller par exemple, c'est parce que ça me réveille un truc qui était pour moi un gros manquement et que je n'ai surtout pas envie de reproduire.
- Speaker #1
Et du coup, là, ça se passe comment alors ? Justement, quand on est dans cette situation-là, où on se dit, là j'ai un gros... Là, je surréagis. Qu'est-ce qui se passe ? Vous êtes encore aujourd'hui en alerte rouge. Est-ce qu'il y a une peur qui traîne comme ça de redevenir celle du burn-out ?
- Speaker #0
Oui, je crois qu'elle partira jamais. Surtout qu'avec tout ce que j'ai fait depuis et tout ce que je promets, c'est une promesse que j'ai faite aux femmes en créant Bonheur, je me dis vraiment… tu dois te respecter avant tout parce que si toi tu le fais pas mais que tu dis qu'il faut le faire il y a un côté d'alignement qui ne va pas et c'est vraiment une grosse peur parce qu'en même temps j'ai envie de faire plein de choses mais il y a des moments où je sens vraiment que ça va pas le faire il y a des moments où je fatigue et tout ça donc il faut s'écouter donc j'aime bien l'image du surf, je suis sur la vague Et puis je surfe, et puis j'essaye d'avancer comme ça, en temporisant quand il faut, et puis en mettant un coup d'accélérateur quand je sens que c'est plus OK, que j'ai de l'énergie. Et voilà.
- Speaker #1
On sent vraiment que c'est l'écoute de soi qui est au cœur de votre vie maintenant. Oui, très bien. On va parler un petit peu, si vous êtes d'accord, de bonheur.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et après, on réavancera sur votre vie. C'est important, je pense. T'en dire quelques mots aujourd'hui. Bonheur, c'est votre renouveau. C'est là-dedans que... Est-ce que c'est une forme aussi de... Une façon de rendre beau ce burn-out ?
- Speaker #0
C'est une façon de rendre belle ma vie. C'est ce que je dis. Aujourd'hui, bonheur, c'est ma mission de vie. Pour moi, vraiment, j'ai vécu tout ça. pour en arriver là et pour changer les choses. C'est pour ça que j'ai une grande vision et que je veux que ça aille loin. C'est que je pense que rien n'arrive par hasard, ça je l'ai toujours pensé, donc je me suis toujours dit, ok, t'as ça qui va pas, mais forcément il y a quelque chose à en apprendre et ça va découler quelque chose de mieux. Et aujourd'hui, en fait, avec Bonheur et l'ampleur que ça a pris en un an, cet alignement où toutes les portes s'ouvrent, je me dis, bah oui, en fait. tu as tellement connu de choses, parce que là, on a parlé que d'une petite partie, malheureusement, de ce que j'ai pu vivre. Mais j'ai tellement connu de traumas que les femmes peuvent connaître aujourd'hui, qu'aujourd'hui, quand une femme vient chez Bonheur, puisqu'on n'a pas de... Enfin, c'est pour toutes les femmes, peu importe leur problématique, peu importe leur âge, il y a très souvent des problèmes dans lesquels je me reconnais. Et je me dis, il nous arrive tellement de choses en tant que femme aujourd'hui. les chiffres c'est une femme sur deux vivra un épisode traumatique dans sa vie je pense que c'est bien plus parce qu'il y en a plein qui ne le disent pas après c'est tout ce qu'on met dans l'épisode traumatique c'est tout, c'est large mais le bonheur c'est ça que ça soit la petite problématique qui va justement nous paraître insignifiante et on va se dire j'ai pas trop le droit de me plaindre parce qu'elle vit tellement pire ça c'est le plus gros truc de bonheur parce qu'on n'a pas le droit de se dire ça justement, c'est là que ça va te mener au burn-out c'est quand tu te dis que vraiment tu peux survivre parce que c'est pas si grave, c'est faux à partir du moment où tu n'endors plus la nuit ou tu commences à te poser trop de questions, c'est qu'il y a besoin d'une aide donc voilà, je reste vraiment persuadée que toutes ces choses que j'ai affrontées m'ont permis de comprendre qu'il manquait une solution et de créer cette solution
- Speaker #1
Concrètement, alors c'est quoi ?
- Speaker #0
Du coup, Bonheur, c'est une porte d'entrée. On fait de la redirection. Donc, on a une application. On peut parler avec nous de manière, soit par téléphone, soit par SMS, soit de manière automatisée avec des bilans émotionnels, donc comme des petits tests. Et ça va vous donner la réponse de à qui je dois m'adresser après. Donc, on a des associations, des structures. Des professionnels dans notre réseau, on a un réseau de professionnels vérifiés sur plein de sujets, donc des psys, des sophros, des naturaux, mais aussi des avocates, des assistants sociaux. Et du coup, on va les rediriger vers ces personnes-là et surtout, on va les écouter. Et on va leur dire « Oui, écoute, effectivement, ce que tu vis, ce n'est pas normal. Et je comprends en fait que ça aille mal. Et en fait, tu as le droit d'en parler, tu as le droit de te plaindre. » Et il y a des gens qui vont t'aider, et tu peux les appeler.
- Speaker #1
En fait, c'est remettre la douleur comme pas honteuse, finalement. C'est accepter, légitimiser les femmes dans une souffrance, mais on n'est pas obligé d'avoir été violée pour appeler bonheur.
- Speaker #0
Exactement, tout à fait.
- Speaker #1
Ça peut être une problématique qui va être moindre, mais qui, pour la femme qui l'a subie, est énorme.
- Speaker #0
C'est ça, et a un impact sur sa vie. Et puis il y a aussi toute la question de questionnement, de ces moments de vie où on ne sait pas si on subit de la violence dans son couple, on subit de la violence au sein de son travail, est-ce que j'ai vraiment été violée hier soir, est-ce que mon enfant est tyrannique parce que ça existe aussi, est-ce que vraiment je vais tenir alors que mon mari a un cancer et que c'est de plus en plus dur. Il y a toutes ces périodes où en fait c'est fait de nuances et on ne sait pas vraiment si on a un problème ou pas. Et on n'ose pas trop en parler parce que vraiment, mon mari a un cancer. Est-ce que c'est moi qui dois me plaindre ?
- Speaker #1
Bien sûr. Elle est très juste cette problématique. Oui, voilà. Et le fait d'avoir, de recueillir ces paroles-là, je dis souvent, dans mes études, on m'a posé un jour une question, l'acte gratuit est-il possible ? Est-ce que ce n'est pas une manière aussi pour vous de guérir, de retrouver en fait, mais de manière plus saine, ce rôle de sauveuse ?
- Speaker #0
C'est exactement ça, mais je le dis souvent, parce que quand j'ai voulu faire ça, Au début, même quand je suis devenue Sofro, parce qu'au début, j'ai commencé à... L'histoire de bonheur, c'est ça, je suis devenue Sofro, j'ai commencé à accompagner les femmes. J'ai proposé des tarifs solidaires pour celles qui n'avaient pas les moyens, même de la gratuité pour vraiment celles qui étaient en difficulté. Puis finalement, je suis devenue plus coach de vie que Sofro parce qu'en fait, j'avais ce truc de sauveuse et je voulais accompagner et tout. Et je me suis rendue compte de l'étendue des dégâts et je me suis dit, toute seule, tu ne vas pas y arriver. Il va falloir trouver d'autres personnes, ce n'est pas impossible. Et du coup, je sais que mon mari et mon père m'ont dit « ça ne va pas le faire, tu es trop sensible, tu ne vas pas y arriver, tu vas retomber dans ce délire de vouloir sauver et du coup, en fait, ça ne va pas être viable, ça va trop te bouffer la vie, etc. » Et en fait, depuis que j'ai créé Bonheur, j'ai mis ça dans la boîte Bonheur. Donc Bonheur, je pourrais tout faire et je vais sauver tout le monde et vraiment, c'est mon but. Par contre... quand je suis à la maison et que j'ai fermé l'ordinateur, tu ne profites plus de moi. C'est fini. Il y a la base. Ça,
- Speaker #1
c'est le merci burn-out.
- Speaker #0
Oui, exactement. C'est grâce à lui,
- Speaker #1
ces fameuses limites dont on parlait au départ.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Et l'amour dans tout ça, Alice ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Comment on vit l'amour avec ? une grosse période de dépression et avec encore une fragilité émotionnelle. Est-ce qu'on a... Comment ça marche ? Il y a une peur de le perdre ? Est-ce que lui, il a dû être, j'imagine, plus patient forcément, mais est-ce qu'on a une peur de perdre la personne qu'on aime quand on est comme ça ?
- Speaker #0
En fait, je crois... On s'est jamais perdu pendant cette période-là. En fait, j'ai beaucoup de chance. On s'aime follement avec mon mari. Vraiment, je ne pensais pas qu'on pouvait aimer. Je vais pleurer. Ça fait dix ans qu'on est ensemble. Vraiment, on s'aime comme au premier jour. On est des ados, on passe beaucoup de temps tous les deux. On se fait des week-ends tous les deux et tout ça. C'est très important. J'ai eu sûrement peur de le perdre, mais j'ai souvent peur de le perdre. Je pense que quand on aime quelqu'un, en fait, on n'a pas envie de le perdre. Donc on fait très attention et peut-être que ça entretient aussi notre amour. Mais je me suis tellement sentie soutenue et puis il a pris en charge tellement de choses. Et ça a continué après parce que pendant le burn-out, il m'a accompagnée. Mais après ça, j'ai eu une grave opération, une lourde opération juste avant bonheur. Je suis restée longtemps à l'hôpital, j'ai eu quatre opérations en un mois, avec des risques vitaux, je suis restée à l'IT après. Et donc pareil, il a pris en charge la famille et tout ça, il a été à mon chevet. Et je pense que ça a aussi guéri une partie de moi, parce que du coup, je n'étais plus l'épouse qui est tout le temps là, et qui s'occupe de lui, et qui l'aime de cette façon-là. Je me suis laissée aimer dans cette faiblesse. Et il a su le faire parfaitement. Et ça a équilibré encore plus notre couple.
- Speaker #1
C'est une belle histoire d'amour.
- Speaker #0
Oui, c'est une très belle histoire.
- Speaker #1
Ça donne de l'espoir parce que c'est un peu le risque quand même aussi. La perte de désir, la perte d'envie d'être avec l'autre. C'est des moments compliqués où le repli sur soi dont vous parliez tout à l'heure, ça peut affecter grandement. L'autre se sent forcément rejeté. Si on n'arrive pas peut-être à mettre des mots.
- Speaker #0
Oui, je pense qu'on a beaucoup, beaucoup parlé. Ça nous a sauvés. Et il m'a laissé l'espace dont j'avais besoin. Et en même temps, quand on se retrouvait, ça me faisait beaucoup de bien. Donc, voilà, ça a été... Ça s'est fait en douceur, en tout cas. Je n'ai pas eu l'impression qu'on en parle en plus maintenant avec du recul. Et il a eu peur, c'est ce qu'il me dit. Il me dit, j'ai eu peur pour toi. Je n'ai pas eu peur pour nous. Je voulais que ça aille mieux. Je ne reconnaissais pas ma femme et je voulais que ça aille mieux. Oui,
- Speaker #1
il a été là.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ça fait partie de la guérison certainement. Oui, c'est ça. En tout cas, de ne pas avoir à gérer cette angoisse.
- Speaker #0
Oui, c'est certain.
- Speaker #1
Vous en aviez beaucoup. d'autres. Peut-être qu'on peut le cloner chez Bonner.
- Speaker #0
Je vais essayer.
- Speaker #1
Peut-être une recherche scientifique. C'est vraiment un labo.
- Speaker #0
Il pourrait faire du coaching. Exactement.
- Speaker #1
Lui a-t-on trouvé une nouvelle vocation ? Non mais c'est hyper important en emplaisante, mais l'amour... peut se donner soit de l'amour, mais quand on est en burn-out, c'est quand même complexe. Et d'avoir l'amour de l'autre qui porte,
- Speaker #0
c'est très important. Je pense que c'est pour ça aussi que j'ai réussi à me relever aussi vite. Et sans me sentir forcée. Parce que j'aurais pu aussi me dire, vite, Non, tu l'as perdu. Et ça m'a plutôt donné de la force. Parce que j'ai pas senti cette injonction. Je me suis laissée plutôt porter.
- Speaker #1
Alors, sans faire de la psychologie aussi de bas étage, mais après, c'est vrai qu'on a un peu la sensation, quand vos yeux se noient comme ça dans les larmes, que c'est un peu, il est venu, peut-être, je pense, je pense que le rôle que l'amour, vous n'avez peut-être pas eu correctement au départ, vous avez retrouvé une juste place là-dedans, c'est peut-être ça aussi qui fait que… La question qui me vient, comme ça, en vous écoutant… Avec Dessy, on refait le monde. Ce n'est pas la question, évidemment, mais vous êtes plus fort depuis le burn-out. Vous deux et vous toutes seules. Si le burn-out n'avait pas été là, est-ce que finalement, ce burn-out, ça ne vous a pas aussi donné une nouvelle dimension à vous, à votre couple, et une vie différente, finalement ? Est-ce que ça ne vous a pas consolidé ?
- Speaker #0
Alors, je pense que c'est une bonne question. Parce que je l'ai dit au début, je n'aime pas dire que je suis forte. Je ne suis pas forte. J'ai été obligée d'être forte.
- Speaker #1
Oui. Ce qui est bien de faire.
- Speaker #0
Oui. J'ai beaucoup de résilience.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Beaucoup de résistance aussi. Mais je crois que non, ça m'a rendue plus faible. Et en fait, j'en suis très fière. En fait, je ne suis pas là pour accepter tout et pour endurer tout. Il y a des moments où ce n'est pas OK. Et je vais le dire beaucoup plus facilement. Est-ce que du coup, ça en fait pas ma plus grande force ? Peut-être.
- Speaker #1
Oui, c'est possible.
- Speaker #0
Mais notre couple, c'est certain. Du coup, un an et demi, deux ans après arriver l'opération, si on n'avait pas eu le burn-out avant, qui lui avait montré que je pouvais être faible et qu'il devait aussi prendre le relais et tout ça ? Parce que j'ai reproduit, en fait, quand je me suis mariée la deuxième fois.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
J'ai reproduit, bien sûr. J'ai pris tout en charge. J'ai été la sauveuse. Enfin, voilà. Mais il n'avait pas le même mode de fonctionnement. Donc, on a réussi à rééquilibrer les choses au fur et à mesure. Lui aussi sortait d'un divorce. Et il avait aussi des choses à réparer. Donc, on s'est réparés ensemble, mais d'une façon plus saine. Mais ce burn-out lui a montré que je n'étais pas surhumaine. Et donc, à l'opération, il s'était déjà préparé. Donc, je pense que ça a facilité les choses. Sinon, il aurait été moins... moins bon dans l'accompagnement. Mais c'est vrai que souvent, on se le dit, en disant avoir vécu tout ça, et ce qu'on a vécu d'autres à côté, et être là encore aussi amoureux, et croire dans nos lendemains, et se dire que ça va être encore plus beau, c'est une grande chance, et une grande force finalement, d'avoir tenu, parce que ça aurait pu en détruire beaucoup.
- Speaker #1
En préparant ce podcast, il y a aussi un thème qui m'est venu, c'est la libération de la parole. Il y a de ça quelques années. Je pense que vous n'auriez pas peut-être pu en parler aussi librement, ou en tout cas avec beaucoup de regards négatifs.
- Speaker #0
C'est sûr.
- Speaker #1
Il faut du courage pour parler du burn-out, pour parler de ses faiblesses, pas au sein de son couple. On l'a compris.
- Speaker #0
Je crois que ça dépend de qui on est accompagné.
- Speaker #1
Mais je veux dire, est-ce que le fait d'en parler à tout le monde, à la société entière, même au-delà de l'alerté, parce que c'est encore un autre pas, mais je voudrais revenir à l'humaine que vous mettez. Bien sûr. Il faut du courage pour le dire.
- Speaker #0
Il faut vraiment du courage parce que, même si j'en parle beaucoup aujourd'hui, Il y a des gens que ça gêne énormément les faiblesses. Ils n'ont pas du tout envie de savoir que vous avez des faiblesses, que vous avez eu des périodes compliquées, que ça peut arriver à leur femme, à leur conjointe.
- Speaker #1
Ça les gêne ?
- Speaker #0
Oui, moi j'ai analysé. réaction des gens quand je parle et je pense que c'est vraiment de l'inconfort. Je préfère garder ma vision lisse des choses. Là vous êtes en train d'appuyer sur un truc qui déséquilibre ma vision et qui du coup me complique la vie. Parce que du coup s'il faut que je me questionne sur ce que ressentent les personnes ou ce que je ressens moi, même des femmes, il y a des femmes que je mets dans l'inconfort.
- Speaker #1
Oui en disant que vous avez subi telle et telle chose, ça résonne.
- Speaker #0
Et du coup, moi, je veux tellement fermer les yeux que je ne veux pas qu'elles me le disent parce que ça va ouvrir mes vannes. Et ce que moi, j'aurais pu faire avant. Oui. Sauf qu'en fait, c'est important d'en parler. Et c'est pour ça que je continue. Et je continue aussi à dire que là, avec ma réussite et mon couple merveilleux et mes enfants qui sont sympas, il y a des périodes moins bien et qu'il y a des jours où ça ne va pas. Il y a des jours où je n'ai pas envie de me lever. Il y a des jours où... Parce qu'en fait, personne... On a une vie linéaire où elle est heureuse tous les jours et elle n'a aucun problème. Et il faut le dire au bout d'un moment. Et il faut en fait en parler librement parce que ce n'est pas une honte. Et c'est ce qui fait les grosses réussites, les échecs aussi.
- Speaker #1
C'est vrai, mais c'est surtout important effectivement de dire qu'un jour on a le droit de... Moi, je reprends toujours l'image de se dire... Vous savez, des fois le matin quand on se regarde dans la glace et qu'on se dit... Oui ! voilà je crois que ça arrive à tout le monde hommes et femmes confondus mais de l'accepter de se dire bah c'est pas grave ça veut pas dire je me trouve laide oui mais ça veut dire voilà aujourd'hui il y a du boulot quoi aujourd'hui je suis pas je suis pas mon prime mais c'est pas grave c'est pas se déprécier c'est le prendre est-ce qu'aussi on met pas un peu plus de légèreté en en parlant plutôt que de garder tout le poids comme ça à l'intérieur de soi c'est dédramatiser Merci.
- Speaker #0
Oui, je pense. Et puis c'est très important parce que je fais aussi un peu la chasse à cette vision qu'on a en ce moment de développement personnel, de devoir être la meilleure version de soi-même, de justement de toujours se parler gentiment et puis alors de faire attention et puis de se poser les bonnes questions et d'aller en psy et de se faire suivre et de creuser et tout ça. Je pense qu'à vouloir faire trop, on est allé trop loin au bout d'un moment. Et que du coup, au lieu d'aider les femmes, on leur a rajouté une charge mentale. en plus qui est d'aller bien et de s'occuper de ses traumas. Et au bout d'un moment, il faut aussi se laisser tranquille. Je le redis, je l'ai déjà dit dans les épisodes, je me rappelle. Mais vraiment, je pense que les femmes doivent apprendre à se laisser tranquille. Et oui, il y a des jours où en fait, on se trouve moche. Et c'est pas grave. Par contre, un soir, on va se préparer, on va se trouver sublime. Et ça va être tellement bon. parce que si tous les matins on se levait et on se disait je suis tellement canon ça serait un peu déjà il y aurait un souci je pense qu'il faut se poser les bonnes questions et c'est pareil moi je suis très amoureuse on a entendu comme j'en ai parlé mais il y a des jours en fait bien
- Speaker #1
sûr que ça va pas et qu'on est pas d'accord et que machin et bien avec nous même c'est pareil il y a des jours on est pas ok avec soi même et c'est ok finalement dans tout ce que l'on se dit depuis cette petite heure qui Merci. que l'on déroule. Moi, j'ai un mot qui me vient, c'est l'honnêteté. Se regarder et s'aimer avec honnêteté. Soi-même. D'être juste, de s'aimer, mais d'être finalement honnête vis-à-vis de soi. C'est ça, finalement. Ce serait ça, là,
- Speaker #0
le secret du bonheur. Est-ce que ce n'est pas ça ?
- Speaker #1
Peut-être. Si on détient le secret du bonheur, on va faire des grandes choses. Mais en tout cas, le secret de la... Moi, le bonheur, je ne sais pas, parce que pour moi, il y a plein de bonheur au pluriel. Mais en tout cas, le secret d'une certaine forme d'acceptation et de sérénité.
- Speaker #0
Le secret de ma sérénité, ça a été ça, en tout cas, c'est sûr.
- Speaker #1
C'est l'honnêteté.
- Speaker #0
L'honnêteté aussi, dans les côtés... qu'on n'a pas envie de voir.
- Speaker #1
Dans le côté sombre.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en fait, on est multifacette et c'est normal et il faut l'accepter. Et c'est ce qui fait qu'on est aussi extraordinaire. Et du coup, il y a des moments où je n'aime pas mes réactions. Il y a des moments où je fais des choses et j'aurais préféré le faire différemment. Mais en fait, je le fais tout le temps comme ça. Donc, je vais arrêter de combattre et de vouloir faire différemment. Parce que ça, ça me fait du mal, par contre. Donc, oui. L'honnêteté, et c'est marrant parce que ça revient souvent. Hier, j'ai fait une conférence et j'ai répondu aux questions et j'ai reçu des messages en me disant « Merci de ton honnêteté, en fait, t'en parles avec tellement de transparence. » Et je pense que c'est important, ça, la liberté de parole et l'honnêteté. On se le doit, en fait. Parce que justement, j'en reviens aux réseaux sociaux. Aujourd'hui, on a l'impression que toutes les vies sont parfaites sur les réseaux sociaux. Et c'est faux. On ne nous montre que ce qu'on a envie de nous montrer. Et il faudrait rentrer un peu plus d'honnêteté là-dedans. Je vais même aller plus loin, même les contes qui vous disent être honnête et qui vont vous montrer leur maison en désordre en disant « moi je suis honnête » . Ça aussi c'est du fake en fait. Donc voilà, il faut rester tout le temps vigilant de ce qu'on entend, de ce qu'on voit et être honnête avec soi-même.
- Speaker #1
On va bientôt arriver à la fin de ce podcast. J'ai trois dernières questions à vous poser. J'aimerais qu'on se remette un peu à l'intérieur de nous. Qu'est-ce que vous diriez à cette petite Alice quand elle a 12, 13, 14 ans ?
- Speaker #0
C'est marrant, je l'ai fait avec ma coach il n'y a pas longtemps.
- Speaker #1
C'est une nouvelle vocation.
- Speaker #0
Je lui dirais, il va falloir t'accrocher, mais tu verras, tout a un sens. Je lui en dirais pas trop parce qu'il faut qu'elle affronte tout ça quand même.
- Speaker #1
Pour devenir celle qu'elle est maintenant ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et à vos filles, vous diriez quoi ?
- Speaker #0
Ce que je leur dis déjà, que la vie c'est pas facile mais elle est tellement belle, qu'il y a des jours moins bien et qu'il y a des gens qui vont leur faire du mal et qu'il va falloir surfer, mais qu'il y a toujours des belles choses qui arrivent et qu'il faut se raccrocher à ça.
- Speaker #1
Ben voilà. C'est une belle façon de leur donner de l'espoir.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
La dernière question de parole de femme, la traditionnelle, c'est pour vous, Alice, c'est quoi être une femme aujourd'hui en 2026 ? Elle a du sens, ô combien, cette question de verdure.
- Speaker #0
Cette pression. Pour moi, être une femme aujourd'hui, c'est justement assumer ces multifacettes dont on a parlé. et accepter d'être plusieurs femmes en une, même pendant une journée, même pendant une semaine, et savoir switcher sans se reprocher d'être l'autre personne que l'on est. Je pense que c'est une petite casquette où on n'en veut pas à celle qui est sortie hier soir et qui a bu un verre de trop. Pour celle qui va travailler aujourd'hui, on l'accepte. Et en fait, on la remercie parce qu'elle a su profiter hier. Et aujourd'hui, elle va passer quand même une très bonne journée.
- Speaker #1
On va s'arrêter là. Merci beaucoup, Alice, pour ce joli moment plein d'espoir. On va mettre toutes les coordonnées de l'association, évidemment, sur les podcasts. Pour que cette expérience de vous, que vous partagez aujourd'hui, puisse aider d'autres femmes. Comme elle le fait déjà.
- Speaker #0
Super.
- Speaker #1
Merci à vous.