- Speaker #0
Bonjour, je suis Stéphanie Barranco, bienvenue dans Parole de Femme, le podcast qui parle de femmes aux histoires extraordinaires. Dans ce podcast, je donne la parole à des femmes au destin peu banal pour qu'elles nous parlent d'elles, de leur parcours, de leurs espoirs, de leurs doutes, de leur vision de la femme d'aujourd'hui sur l'avenir. Puissent ces femmes vous inspirer, nous inspirer ? et inspirer nos générations futures. Elles se livrent aujourd'hui sans tabou, avec le cœur. Je vous laisse avec elles. Voici leurs histoires. Place à Parole de Femme, saison 2.
- Speaker #1
Aujourd'hui, ce n'est pas une, mais deux invités que je reçois. Deux femmes,
- Speaker #0
une mère, une fille. Toutes deux dans l'entourage d'une personnalité publique, un chef étoilé. En préparant ce podcast, c'est un échange de rires, de sourires et de regards complices qui se sont échangés. Alors on va voir si ça se retransmet, ce que moi je vois, ce qui va passer au travers de vos voix, j'ai pas beaucoup de doutes. Laurence et Amélie, la mère et la fille, bonjour à vous deux.
- Speaker #2
Bonjour Stéphanie. Bonjour.
- Speaker #0
Un podcast à deux voix aujourd'hui, c'est une grande première sur Parole de Femme. Un podcast à deux voix, elle aurait presque pu en avoir une troisième, c'est celle de votre grand-mère. Oui. Qui aurait presque pu être là, peut-être une prochaine fois. Sera-t-elle avec nous ?
- Speaker #2
Oui, elle serait ravie.
- Speaker #0
J'imagine. Donc, on essaiera une prochaine fois de la rencontrer. Avant de commencer, je vais donc vous poser une question importante. pour vous découvrir Amélie si Laurence était une couleur une émotion et un plat lesquelles seraient-elles ?
- Speaker #1
je suis surprise pour la couleur je dirais un arc-en-ciel c'est beau c'est joli elle arrive par les temps d'orage quand ça s'éclaircit Je vous désarme. L'émotion, elle est plutôt optimiste, donc ça c'est un bon point. Et puis le plat, quelque chose de corsé mais qui est adouci par le chocolat, le lièvre à l'or royal.
- Speaker #0
C'est certainement une des plus jolies présentations qu'on ait eues jusque là. Et en plus, c'est plein de jolies allusions à la façon dont tu perçois ta maman. Laurence, même question. Si Amélie était une couleur, une émotion et un plat ?
- Speaker #2
Alors, Amélie, pour moi, c'est la couleur jaune. C'est le soleil, c'est la gaieté, c'est la vie. Au niveau de l'émotion, c'est la joie. Alors bon, il n'y a pas que de la joie, mais quand elle est joyeuse, c'est un soleil. Je reviens au soleil en fait. Et le plat, alors quelque chose de gourmand. Parce que bon, les chiens ne font pas des Ausha et Amélie est une gourmande, alors je dirais quelque chose de traditionnel, de gourmand, comme des paupiètes.
- Speaker #1
Rires C'est ce que j'ai mangé ce midi que je tenais à manger
- Speaker #0
Il y a un vrai plaisir de la table.
- Speaker #2
Oui oui oui, elle est très gourmande, très gourmande, pas seulement gourmette aussi.
- Speaker #0
Aussi bien salée que sucrée.
- Speaker #2
Ah oui,
- Speaker #1
plus sucrée que... Oui,
- Speaker #2
absolument. Alors moi je suis pas sucrée mais par contre Amélie, elle est gourmande des deux. Oui vraiment.
- Speaker #0
C'est un héritage familial.
- Speaker #1
Oui je pense, je pense après on a toujours bien mangé, que ce soit chez les grands-parents, chez la maison ou des choses comme ça. Par contre, je veux, enfin étonnamment je ne cuisine pas forcément. On cuisine pour moi à la maison souvent.
- Speaker #0
Sauf les pop-pets.
- Speaker #1
Non mais parce que bon, enfin c'est pas, mais ouais c'est vrai qu'on a toujours bien mangé de tout petit donc c'est pas... Oui c'est un héritage. Toi aussi Laurence ?
- Speaker #2
Ah oui oui oui oui moi j'avais des parents qui sortaient une fois par semaine au restaurant et dans des beaux restaurants des restaurants gastronomiques et on y a été toute petite entraînée ma soeur et moi et c'est vrai qu'en En plus, ma maman était un cordon bleu, ma grand-mère était un cordon bleu. Et quand je le dis, c'est vraiment... on mangeait chez nous mieux qu'au restaurant, quelquefois.
- Speaker #0
Et du coup, toi, tu cuisines aussi ?
- Speaker #2
Alors, oui, mais des choses simples. Diététique. La Marie qui cuisine riche. Il faut faire la balance. Il faut faire la balance.
- Speaker #0
Mais tu as le goût de la cuisine.
- Speaker #2
Oui, aussi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Moins de la pâtisserie.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on va préférer sortir une fois tous les X mois et se faire un très beau restaurant et un très bon restaurant plutôt que de sortir toutes les semaines et se faire un restaurant où on sera... pas forcément satisfait quand on ressortira.
- Speaker #2
Quoique, on mangerait bien toutes les semaines au cottage.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oui, mais c'est déjà un restaurant qui est un bistrot. C'est pas un restaurant...
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Je comprends ce qu'elle veut dire. Elle a quand même aujourd'hui une culture... Tu as quand même un palais qui a été habitué aussi, à la fois de la traditionnelle, quelque chose de simple mais je pense aussi traditionnel.
- Speaker #2
On aime mettre surprise, on aime les choses qui vont nous étonner et nous régaler en même temps.
- Speaker #0
Oui mais pas forcément... Vous sortez ailleurs que dans des trois étoiles ? Ah oui, bien sûr ! Ah c'est ça, vous êtes... Pas dans les trois étoiles. Non, pas dans les trois étoiles, mais vous sortez, vous allez à la découverte du monde culinaire.
- Speaker #1
Absolument. Un bon bistrot. Oui.
- Speaker #0
Si vous deviez vous présenter en un mot, Laurence, si en un mot, qu'est-ce que tu dirais de toi ? Comment tu te présentes en un mot ?
- Speaker #1
Comment je me présente en un mot ?
- Speaker #2
Oui, en un mot.
- Speaker #0
Ce qui te vient comme ça.
- Speaker #2
Raisonnable. Raisonnable.
- Speaker #0
Raisonnable. Et toi ?
- Speaker #1
Moi, je suis le contraire. Je suis plutôt la passion. T'es la passion.
- Speaker #2
Non, toi, tu fais bien partager. Ton père, c'est la passion. Mais toi, tu es en fait la cheval entre deux mondes. Et c'est l'équilibre.
- Speaker #1
Oui, souvent, à peu près. Je sais être au milieu.
- Speaker #0
Quand il faut.
- Speaker #1
Oui, à peu près.
- Speaker #0
Allez, ça me va. Donc, au-delà d'être une mère et une fille... au-delà de ce lien familial, vous avez fait le choix d'être des collègues de travail, si on peut dire ça comme ça. Amélie, tu as choisi de rejoindre cette aventure familiale. Oui,
- Speaker #1
j'ai fait le choix pour elle. Elle l'a fait.
- Speaker #0
Elle a fait le choix.
- Speaker #2
C'est un choix qui a été très honnêtement, Amélie, je me souviens d'elle à 8 ans, on recevait la directrice de l'école hôtelière à l'époque, Amélie, toute l'après-midi, Madame Belchior était dans le parc et tout l'après-midi, tu as fait des allées et des venues. Et tu as aidé à servir le thé, tu as aidé à servir les petits gâteaux. Il y avait quelque chose en fait de toute petite.
- Speaker #0
Dîner, tu dirais ? Dîner pratiquement ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Après, il y a des choses qui sont innées, je pense. Il y a des fois, je n'arrive pas à l'expliquer, mais ressentir l'émotion d'un client, se dire qu'il faut... Il y a plein de choses qui sont innées. alors j'ai saigné. d'apprendre aux autres mais il y a des fois en fait ça s'apprend pas, ils comprennent pas la vision.
- Speaker #2
C'est très féminin aussi.
- Speaker #1
Peut-être mais c'est vrai que c'est incompréhensible parfois pour certains quand on fait les choses par instinct et machinalement et pour nous c'est tellement logique. Mais pour les autres, c'est...
- Speaker #0
Ça demande une réflexion. Alors que toi, tu ne le réfléchis pas, tu le vis. Oui,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
C'est dans le moment.
- Speaker #2
Mais par rapport à ses frères, Amélie s'est déterminée très tôt.
- Speaker #0
Ah, en fait.
- Speaker #2
Elle savait très tôt ce qu'elle voulait faire et ce qu'elle voulait être.
- Speaker #0
Et tu étais tout le temps ici, finalement, en dehors.
- Speaker #1
C'est celle qui a vécu le plus ici. Paradoxalement, j'ai plus vécu ici que dans la maison familiale. C'est parce que finalement on a déménagé, j'avais 13 ans, je suis partie à l'internat, j'en avais 15 et sinon j'ai toujours vécu ici.
- Speaker #0
Tu as aussi vu ta maman, ton papa, mais ta maman a évolué, je pense qu'il y a aussi ça.
- Speaker #2
Mon tout bébé, elle était derrière moi à la réception sur son tapis de jeu. Je la gardais avec moi, voilà. Et c'est...
- Speaker #0
C'est quand même...
- Speaker #2
Parce que je n'avais pas envie de m'en séparer. Mais en même temps, elle a été... Elle est connue de tous nos anciens clients. C'est la mascotte. Il y en a qui l'ont vue toute petite.
- Speaker #0
Ben oui. Oui. Oui, parce que ça fait partie d'un des marqués à chez toi.
- Speaker #1
Je suis connue et... pas connu je cherche pas déjà je dis jamais qui je suis auprès de nos clients s'ils ont envie de le savoir c'est à eux de creuser je vais pas me présenter en tant que la fille de c'est
- Speaker #0
pas du tout ce que tu dis parce que déjà de se présenter en tant que la fille de déjà tu te présentes en tant que toi toi tu es à l'aise et dans un deuxième temps tu tu es la fille d'un papa et d'une maman, mais tu es toi. et quand je te disais connue c'était plutôt tu es un peu la mascotte c'est à dire que quand on voit on t'a vu toute petite, tout bébé on te voit évoluer, je pense que pour certaines personnes émotionnellement c'est important tu vois et c'est finalement aussi ce qu'on ressent lorsqu'on arrive dans votre établissement pour la première fois, avant de mieux vous connaître parce que moi j'ai cette chance là mais au départ, malgré tout lorsqu'on arrive, on a cette empreinte Merci. traditionnelle et familiale très forte familiale qui est vraiment qui baigne en fait tout le domaine et ça même lorsqu'on ne connaît pas l'histoire ça transpire ça se transmet et du coup ça donne une atmosphère très particulière à ce lieu là au delà de la cuisine aujourd'hui on n'est pas là pour parler de la cuisine On est là pour plutôt évoquer votre place, comment vous avez amené, comment toi, Laurence, tu t'es construite au milieu de cette chose déjà, de ce patrimoine déjà créé. et on va revenir dans quelques minutes simplement donc Amélie effectivement, je crois que comme tu l'as dit, c'était une évidence Laurence toi, c'est quelle a été ta réaction par rapport à Amélie quelle a été ta réaction quand ta fille te dit c'est pas rien, quand ta fille te dit maman je veux intégrer l'aventure familiale, moi aussi j'ai ma place et je veux puisque c'est ça qui s'est passé, c'est toi qui a demandé la bête je ne voulais pas forcément intégrer,
- Speaker #1
je voulais partir dans des études hôtelières après Je pense que je n'étais pas à un âge aussi où j'en étais à cette réflexion-là.
- Speaker #0
Tu es à quel âge Amélie ?
- Speaker #1
J'ai 27 ans.
- Speaker #0
Tu as eu le temps d'évoluer dans tes réflexions. Peut-être qu'elle fait toute jeune, vous ne la voyez pas, mais elle fait toute jeune.
- Speaker #1
Non, j'ai eu le temps après d'y réfléchir. Finalement, je suis arrivée aussi ici par hasard. Quand j'ai commencé à travailler, c'était vraiment le pur hasard. Puisque j'ai commencé pendant le Covid.
- Speaker #0
finalement c'était plus facile de la suivre et ça fait quoi alors travailler avec sa fille ?
- Speaker #2
ça fait du bien parce qu'elle a bon, elle a pris ses responsabilités très tôt elle sait ce qu'elle veut, elle sait ce qu'elle aime c'est une vraie professionnelle en salle elle a une belle présence et bon, ça fait Merci. plaisir d'entendre les compliments des clients.
- Speaker #0
Pour une avance.
- Speaker #2
Elle a fait avancer le travail en salle beaucoup. Ce n'est pas toujours facile, effectivement, mais j'ai travaillé en salle et je sais ce que ça peut coûter et ce que ça peut amener de bonheur aussi. On a des clients qui sont exceptionnels. Et il mérite l'exceptionnel.
- Speaker #0
Juste pour répartir un peu les rôles, Amélie, toi tu gères la salle, donc le service, et toi Laurence ?
- Speaker #2
Alors moi je suis plus à la réception. À la réception et puis tout le reste.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #2
tout le reste.
- Speaker #1
On a des postes opérationnels, mais on fait beaucoup de choses en parallèle des postes opérationnels.
- Speaker #0
C'est un peu le schéma quand on est dans une entreprise familiale. On est multitâche. Mais quand même vos postes principaux, les repères qu'on peut donner à nos auditeurs et à nos auditrices, c'est ça.
- Speaker #2
L'accueil. Voilà, et le service en salle s'est terminé.
- Speaker #0
C'est une pression supplémentaire d'arriver dans la maison Gérardon, quand on est une fille Gérardon.
- Speaker #1
Non, non je dirais pas ça. J'ai l'impression que je n'ai plus su à l'école hôtelière qu'en arrivant ici. Parce que j'étais pour le coup vraiment catégorisée comme fille de... que là je suis arrivée dans une maison où tout le monde me connaissait. Donc bon c'était plutôt... après le tout c'était de faire sa place. Je pense que ça et tout le monde a compris que...
- Speaker #0
Si tu étais là, c'est que tu le méritais. C'est que tu étais légitime. C'est important ce mot.
- Speaker #2
Elle a travaillé dans de belles maisons avant. Ça lui a donné aussi d'autres choses et ces choses-là, elles nous ont fait bénéficier. Et puis elle ne s'arrête pas là. Elle réfléchit à ce qu'il peut apporter de plus.
- Speaker #0
Oui, tu as une vraie projection dans l'avenir.
- Speaker #2
Oui, oui.
- Speaker #1
J'ai ce volonté-là de faire avancer les choses. Beaucoup.
- Speaker #0
C'est une belle... Mais c'est justement, je pense que c'est ça aussi qui rend fière ta maman, par extension, tes parents. Certainement même ta grand-mère. Mais effectivement, c'est de se dire que tu es là, juste pas pour être là, mais que tu as su prendre ta place et trouver...
- Speaker #2
Elle le mérite. Voilà, elle le mérite. Et puis, on en est fiers, mais pas seulement parce qu'elle travaille avec nous. Moi, j'ai toujours été fière de ma fille. Donc, voilà, parce que je l'aime et puis que j'aime la personne qu'elle est devenue, l'adulte qu'elle est devenue.
- Speaker #0
Oui, c'est beau. Tu as eu un joli modèle. Dans tous les sens du terme. Je voudrais revenir, Laurence, sur ton parcours, parce que l'objet de cette série de podcast, c'est bien de mettre en lumière un parcours des femmes de chefs, parce qu'on sait en vrai, dans les coulisses, que c'est vous les piliers de ces bonhommes. qui ont le poids de la réussite du plat, ont la pression de l'étoile, ont la pression gustativement d'être extrêmement à la hauteur. Et donc, ça prend leur énergie. Mais derrière, c'est tout le reste. Je voudrais que tu nous, en quelques mots, racontes-nous comment tu es arrivée Aujourd'hui, là où tu es, tu as rencontré Philippe, mais il était déjà chef. Comment ça s'est passé ?
- Speaker #2
Alors, il était déjà chef et on s'est rencontrés, mais alors par le plus pur des hasards. J'habitais en Allemagne à ce moment-là et je suis revenue pour 15 jours de vacances chez mes parents, qui sont de la région. Il se trouve que mes parents connaissaient les parents de mon mari. et à cette époque-là Ma belle-mère avait dû avoir un problème et elle n'avait plus de réceptionniste. Donc mon papa en a été informé et quand je suis rentrée, il m'a dit écoute, si tu as la possibilité de travailler pendant 15 jours, tu les aideras et ça te fera découvrir autre chose. Bon, j'ai dit bon coup, finalement. Je n'ai pas été très fatiguée, donc pourquoi pas des vacances au domaine de Clairefontaine. Et j'ai intégré le domaine en 1990 pour 15 jours au mois d'avril. A la fin des 15 jours, je suis repartie. et je me suis fait poursuivre par le chef. Je suis revenue au mois de juin, oui, fin juin, et là j'ai été embauchée tout de suite au domaine, à l'accueil. Bon, de l'accueil, on est passés après, deux ans plus tard, en salle. Voilà, ça a mené à un macaron en 93. Et puis il y a une jolie histoire qui a commencé tout de suite en 90.
- Speaker #0
Donc tu as vu ? L'évolution, tu as participé finalement à aussi tous les sacrifices que ça représente.
- Speaker #2
Ah oui,
- Speaker #0
oui,
- Speaker #2
bien sûr. C'est des sacrifices, mais bon, parce qu'on le veut bien. Et bon, j'avais, enfin j'ai un mari qui est ambitieux, qui a toujours été hyper travailleur. J'ai fait le choix d'avoir trois enfants et ça a été un choix, vraiment. Et je pense que c'est... enfin on a eu une vie pleine, alors pleine de travail, pleine de bonheur, bon avec nos clients, avec nos enfants, notre famille.
- Speaker #0
Vous l'avez construit ce macaron ? Il t'en a parlé quand il t'a dit, écoute, moi je veux aller le chercher, j'ai besoin qu'il soit à côté de moi ?
- Speaker #2
Mais en fait, on était côte à côte et j'ai toujours su qu'il voulait un macaron, ou en tout cas une distinction. Il est perfectionniste dans ce qu'il fait et c'est vrai qu'à l'époque, c'était, et c'est toujours une bête de boulot, Donc la rigueur, l'exigence, clairement, il n'y avait même pas besoin de le dire, il y pensait sans arrêt.
- Speaker #0
Tu penses que si tu n'avais pas eu, toi, aussi cette rigueur et cette exigence qu'on te connaît, est-ce que tu penses vraiment qu'il peut y avoir une histoire d'amour qui naît si à un moment donné, les deux, dans ce type de métier j'entends, et en travaillant plus est ensemble,
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Si vous... On ne tire pas les deux dans le même sens si on n'a pas ces mêmes valeurs-là communes.
- Speaker #2
On est très différents. Mais finalement, on a chacun notre domaine et c'est parfait comme ça. On ne se marche pas sur les pieds. Alors, je ne suis pas en cuisine. À l'époque, il n'était pas ni à l'accueil ni en salle. Et je pense que ça a fait avancer les choses du bon côté.
- Speaker #0
Tout à l'heure, tu me disais... Que finalement l'ombre que tu as choisi par rapport à lui qui va être plus dans la lumière, sous le feu des projecteurs, c'était vraiment un choix de ta part ?
- Speaker #2
Ah c'est un choix, ça a été un choix. D'abord parce que j'ai passé tout le temps que je ne passais pas au travail, je l'ai consacré à mes enfants. alors que Philippe a pu le consacrer à développer en fait... ses compétences, faire d'autres choses. Et de mon côté, c'était revendiquer. J'ai choisi d'avoir des enfants, j'ai choisi de m'en occuper le plus possible.
- Speaker #0
Et cette place-là t'a permis de le faire ?
- Speaker #2
Oui, absolument.
- Speaker #0
Tout en étant quand même présente ?
- Speaker #2
Oui, bien sûr. C'est vrai qu'à l'époque, je travaillais beaucoup, mais j'ai élevé mes enfants sur place. Amélie disait qu'elle est partie d'ici, elle avait 13 ans. Ce qui fait que pendant 13 ans, on avait un petit appartement, enfin pas si petit que ça finalement, juste à côté. Et il n'avait qu'à descendre et il trouvait maman et papa.
- Speaker #0
C'est une chance. C'est une chance.
- Speaker #2
C'est une chance parce que ça nous a permis vraiment... Bon, sinon, j'aurais dû les faire garder à H24. Et ça, non, ça n'était pas une option. Quand ils descendaient, quelques fois, tous les trois, en pyjama le soir, alors qu'on les avait couchés un petit peu. Mais bon, voilà, les clients prenaient très bien.
- Speaker #1
On mangeait à 18h, on était couchés à 19h.
- Speaker #2
Oui, mais il y avait des règles. Attention. L'organisation ! Le service commençait à
- Speaker #0
19h. Parce que c'est ça, de l'extérieur, quand on pense à Laurence Girardon, on pense à l'exigence, on pense au sourire, mais on pense à l'exigence et l'organisation, c'est ça. Et du départ, en fait, ça ne fonctionne pas, s'il n'y a pas d'organisation.
- Speaker #2
S'il n'y a pas d'organisation, ça ne fonctionne pas. En fait, eux avaient, et ils ont... Je pense qu'ils l'ont plutôt bien intégré. Il y avait des horaires. Il y avait des horaires pour se réveiller le matin parce que ça prend du temps de préparer trois enfants. Et puis il y avait des horaires en fait pour tout. Des horaires et une organisation. Je pense que bon, ils ont été... J'ai essayé dans la mesure du possible de leur donner un rythme. qui les protégeait un petit peu du tourbillon de notre métier.
- Speaker #0
C'est comme ça que tu l'as ressenti ?
- Speaker #1
Honnêtement, il n'y avait pas le ressenti en fait. C'était comme ça et c'était plus... Après on a toujours été élevés dans la rigueur effectivement. C'était presque militaire. Parfois non. C'est vrai. Et pour la petite histoire, à la base, je ne voulais pas être dans le téléréalisation, je voulais être militaire.
- Speaker #2
Comme quoi, elle l'a bien prévu.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Parce qu'il y a certainement un parallèle à faire entre le côté militaire et le côté de la gastronomie. Oui,
- Speaker #2
bien sûr. Et peut-être dans un restaurant,
- Speaker #0
c'est beaucoup de discipline, avec presque un ballet.
- Speaker #2
Oui, oui. Et puis, on a une équipe à faire fonctionner. Donc oui, effectivement, ça se rapproche de l'armée. Comme l'éducation.
- Speaker #0
Comme l'éducation. Quand tu arrives, donc en 90, tu fais fondre le cœur de Philippe.
- Speaker #2
Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Apparemment, oui. Et il faut quand même savoir que quand Philippe parle de toi, et il en parle souvent, et il le dit tout le temps, de toute façon, Merci. Sans elle, tout se serait effondré. Et c'est vrai que tu l'entends peut-être pas, il te le dit peut-être pas, mais quand nous on parle de toi à Philippe, ça revient tout le temps. Sans elle, je ne serais rien. Et il le dit vraiment à qui veut l'entendre, parce que je pense qu'il le pense profondément. Toi, j'en viens là.
- Speaker #2
Ça, je n'en ai pas conscience.
- Speaker #0
Alors, il faut que tu en prennes conscience.
- Speaker #2
Et son cœur n'a pas fondu, son cœur est rentré en ébullition. Parce que Philippe ne fond jamais. Non, non.
- Speaker #0
C'est joli, ça. Son cœur est rentré en ébullition.
- Speaker #2
Absolument.
- Speaker #0
C'est beau. Mais en tout cas, toi, tu définirais, si vraiment tu devais nous définir, ta place, ton rôle Tu l'as créée parce que tu n'avais pas de modèle.
- Speaker #2
Non, absolument pas.
- Speaker #0
Est-ce que tu as échangé avec ta belle-mère là-dessus ? Et surtout, comment tu définis ta place aujourd'hui ? Comment tu dirais ?
- Speaker #2
Ma place, en fait, je me la suis faite vraiment toute seule. C'est vrai que, bon, ma belle-mère, il faut considérer le fait qu'elle était maman de trois garçons et que ces trois garçons sont tous... sont tous partis à peu près au même moment. Et elle était très présente dans l'entreprise. Ça a été son choix de reprendre Clairefontaine. Ça n'était pas forcément son choix d'avoir une belle fille qui soit dans l'affaire. On était très différentes. et je crois que En fait, je lui ai montré qu'on n'était pas obligé d'écraser pour arriver. Et puis j'ai fait les choses à ma façon.
- Speaker #0
C'est important. On en parlait tout à l'heure à midi. Elle disait à ta maman que finalement elle était effacée. Non, non, non, pas effacée, pardon. Dans ma tête, ça ne voulait pas dire ça. Elle est dans l'ombre. Elle a un travail plutôt du quotidien dans l'ombre, par choix. Mais Laurence disait, par contre, à la maison, quand même, c'est un peu différent.
- Speaker #2
Ah oui,
- Speaker #0
à la maison,
- Speaker #1
c'est l'inverse.
- Speaker #2
Effectivement, c'est l'inverse. C'est l'inverse. Il faut bien que chacun trouve sa place. Exactement. Mais c'est un choix, et je le redis, qui est tout à fait... revendiquée. Par contre, j'ai une personnalité et c'est vrai que, alors on est chacun comme on est, je suis capable de faire filer tout le monde, y compris le chef.
- Speaker #0
Tu l'appelles le chef ? Non.
- Speaker #1
On l'appelle...
- Speaker #0
Vous l'appelez comment ? Merci. Philippe. Là au boulot c'est Philippe. Toi aussi ? Papa.
- Speaker #1
Moi ça dépend. Ça dépend parce que je sais que par exemple je vais parler de lui en service chef souvent ou je vais parler de lui à un client, je vais lui parler du chef. Voilà. Mais papa ou chef ça dépend aussi. Parfois, papa, il y a moins de réactions que chef.
- Speaker #2
Si je suis en scène, je l'appelle chef aussi.
- Speaker #0
C'est quoi pour vous ? Parce que chaque mot, les mots sont importants, on est d'accord. Le fait, hormis d'attirer son attention plus rapidement, c'est aussi une manière... De quoi ? Le fait de l'appeler chef ou Philippe ou papa. C'est important.
- Speaker #1
Je pense que c'est pour les équipes.
- Speaker #2
Pas seulement. Je pense que quand il est dans l'entreprise, c'est vraiment le chef. Enfin voilà, le chef de cuisine.
- Speaker #0
Le chef, oui. Le chef,
- Speaker #2
le chef de cuisine. C'est clair. Pour moi, c'est dans ce sens-là.
- Speaker #0
Et toi, vous avez des équipes ? Aussi,
- Speaker #1
oui. Aussi. Après, moi j'ai aussi le fait que parfois, au début du moins, maintenant ça va, mais tout le monde me considérait comme très jeune, et il a fallu que je gagne cette légitimité, et c'était une façon aussi de, si on l'appelait chef, j'étais un peu comme les autres.
- Speaker #0
Oui, c'est aussi une manière de gommer ce qui pourrait être ce qui pourrait être en fait comment on pourrait appeler ça un privilège c'est aussi je ne sais pas si c'est un privilège on va en venir mais ce qui pourrait être perçu oui comme un privilège parce qu'effectivement je pense que on pourrait en parler Amélie c'est voilà intégré quand même une une maison prestigieuse toi j'imagine et Il y a aussi le regard de ses parents, c'est-à-dire qu'il faut à la fois gagner ses galons, à la fois aussi arriver à se détacher un peu pour prendre aussi sa propre place, ce que toi tu as fait à l'époque. C'est beaucoup d'enjeux pour des épaules. C'est beaucoup de travail. C'est beaucoup de travail. Est-ce que c'est de la pression ?
- Speaker #1
Oui forcément, après moi je suis de nature très anxieuse donc la pression je me la mets moi-même plus qu'on me la met, je pense qu'on n'a pas besoin de me la mettre, je l'ai déjà, c'est actif. Donc effectivement oui.
- Speaker #0
C'est pas trop trop compliqué, comment vous avez fait pour justement garder cet équilibre entre vie pro et vie perso ? Et je la pense aussi bien dans ton couple à toi qu'au sein de la famille parce que c'est pas facile.
- Speaker #2
C'est pas facile parce qu'on a tendance à toujours finalement parler travail. Parce que bon, là c'est de la passion. et c'est vrai que même si on va et quand on se retrouve si on est tous les trois et on ne peut pas s'empêcher il y a des moments je dis allez on va parler d'autre chose maintenant on parle d'autre chose mais ça va durer cinq minutes voilà et puis on va repartir bêtement sur enfin bêtement mais bon on
- Speaker #0
a tous la même préoccupation et dans les moments plus difficiles parce que j'imagine Dans un service, il y a forcément des moments de tension, j'imagine. Oui. Pas de tension humaine, mais de tension technique, de timing, enfin, je ne sais pas, des choses qui peuvent se passer dans un service. Ces moments de tension-là, comment, toi, tu as... D'abord, est-ce que tu les avais envisagées ? Est-ce que ça a fait partie de ta réflexion ?
- Speaker #1
Ça n'a pas du tout fait partie de ma réflexion. Pour moi, ce n'était pas... Je n'y pensais même pas en fait.
- Speaker #2
Je pense que tu as eu des moments de tension dans les restaurants où tu as travaillé. Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Après, c'est vrai que forcément...
- Speaker #0
Mais là, c'est son papa. Est-ce qu'il n'y a pas l'enjeu de... Peut-être même inconscient, mais quand on travaille avec son papa et avec sa maman, Amélie, il n'y a pas aussi intrinsèquement un enjeu de... pas décevoir. Est-ce qu'une critique du chef parce que c'est un moment X ou Y, est-ce que ça ne l'atteint pas plus ?
- Speaker #2
Alors le chef ne critique pas sa fille. Et pas parce que c'est sa fille, parce que c'est une excellente professionnelle et qu'il ne le fera pas pendant le service, s'il y a quoi que ce soit. Parce que c'est déstabilisant et désorganisant en fait. Il faut garder quelquefois un petit peu... C'est vraiment dans sa poche et puis après on débriefe. On parle du potentiel problème qu'il y a eu.
- Speaker #0
Sans parler d'un problème, juste du point de tension ?
- Speaker #2
Non.
- Speaker #0
Ou de la croche ?
- Speaker #2
Non. On peut être près à quelque chose qui...
- Speaker #1
Alors disons que on aura plus de mal nous deux, ensemble. que avec le chef ou...
- Speaker #2
Non, Philippe a une nature qui est plus calme en fait. Nous c'est le feu.
- Speaker #1
Il peut être très impulsive, mais avec moins de répondants.
- Speaker #2
Elle peut être impulsive, moi je peux répondre d'une manière très cadente.
- Speaker #1
Les tensions, c'est vrai qu'elles sont plus entre nous que...
- Speaker #2
Parce qu'on travaille aussi plus au contact, finalement. Oui,
- Speaker #0
vous avez peut-être plus, vous, de...
- Speaker #2
de ré de points mais de sauf de jonction ça peut monter et bon finalement ça redescend très vite parce qu'on n'est pas du tout rancunière on n'a pas de voilà c'est ça y est c'est monté c'est fini bon on a dit ce qu'on avait à se dire c'est votre façon de fonctionner depuis le départ depuis finalement oui oui oui puis bon n'est pas c'est pas c'est pas de ni méchant ni Il faut savoir se dire les choses, quand il en soit. Quand on travaille ensemble, on ne vit plus ensemble.
- Speaker #0
C'est peut-être ça la réponse à ma question de tout à l'heure, de comment on fait pour arriver à travailler les uns avec les autres et à vivre ensemble. Est-ce que ce n'est pas ça la clé ? D'arriver à se parler. Poser, enfin, poser moins ou plus ou moins, mais d'arriver à dire les choses.
- Speaker #2
Oui, non, on ne crie pas. Il ne faut pas imaginer que la maison... Non, non, du tout, mais oui, par contre, oui, se dire les choses, oui, effectivement.
- Speaker #0
C'est peut-être ça la clé. Amélie, tu dirais... Tu dirais, comment tu vois ta maman ?
- Speaker #1
C'est-à-dire ?
- Speaker #0
Si tu devais, toi, me la décrire, qu'est-ce qu'elle t'a apporté en tant que maman et en tant que professionnelle ?
- Speaker #1
Après, professionnellement parlant, pas mal de choses, forcément, parce que, voilà, c'est vrai que parfois, je peux être de nature un peu pessimiste, et du coup... Hop, on va rembobiner au moulinet et c'est bon, on va y aller.
- Speaker #2
On jette la ligne. Voilà,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #2
Et on y retourne.
- Speaker #1
On y retourne. Oui. Mais parce que aussi, j'ai besoin de ce moment de pessimisme pour aussi rebondir et aller de l'avant sur certains points que dire d'autres. Mais professionnellement parlant effectivement après c'est vrai qu'ils m'ont pas mal orienté sur mes choix de avant sur mes choix de carrière donc ça m'a beaucoup aidé aussi pour évoluer professionnellement puisque forcément quand on nous guide c'est un peu plus simple.
- Speaker #0
C'est un peu est-ce que tu t'es construite aussi alors parlons de la posture professionnelle. Est-ce que ta posture professionnelle, c'est aussi de l'avoir observée ? Est-ce que tu as pris des choses d'elle en la voyant évoluer ? Mais je pense à plein de choses.
- Speaker #1
Comme tout enfant, en fait. Tous les enfants, leur modèle, c'est papa-maman. Et forcément, on se construit par rapport aux figures paternelles et maternelles qu'on a devant nous. Mais pas que aussi, puisqu'on va piocher à droite, à gauche. On voit des choses, on vit des choses qui fait qu'on en est là où j'en suis aujourd'hui. Mais c'est vrai qu'après il y a toujours des petits trucs à travailler, où on se dit qu'il faut travailler sur tel point, tel point, tel point, comment on va faire pour travailler dessus, parce que parfois travailler sur des points sur soi-même, on est conscient qu'on a des points de faiblesse, et travailler tout seul. c'est pas facile donc il faut savoir s'entourer soit de la personne dans le cadre familial soit d'une personne extérieure qui nous aide aussi à travailler petits points de faiblesse qui font que ben après on a ce côté perfectionniste aussi donc c'est vrai que même si parfois on n'est pas consciente du point de faiblesse on va se dire attend on rembobine toujours être
- Speaker #0
consciente de soi même oui voilà ça vivre en pleine conscience oui est ce que tu dirais que toi tu es fière du parcours de ta maman est ce Est-ce que tu en as conscience ? Est-ce que tu as conscience de ce qu'elle a accompli ? Est-ce que vous en parlez déjà ? Est-ce que ça vous arrive d'évoquer ?
- Speaker #2
Non, pas vraiment.
- Speaker #0
Il y a plus de pudeur au milieu de tout ça ? Non,
- Speaker #2
mais ce qui est passé est passé. On parle plus de l'avenir. On a ouvert un nouveau tome avec l'arrivée d'Amélie. Et on fait partie de ce nouveau livre encore. Mamie aussi.
- Speaker #1
Non mais oui je suis fière de ce qu'elle a fait, c'est certain. De toute façon aujourd'hui l'entreprise et mon papa ils seraient pas là s'ils avaient pas été tous les deux et s'ils avaient pas travaillé tous les deux. C'est certain mais effectivement il faut qu'aujourd'hui qu'on avance pour autre chose.
- Speaker #0
Pour être fière d'un personnage, être fière d'un parcours n'est pas entrer dans la mélancolie. Ça peut être de dire je suis fière de ma maman parce que je sais être là où elle en est et je vais m'appuyer de tout ça pour moi créer ma propre histoire. Voilà. Mais enfin,
- Speaker #2
être fière des siens,
- Speaker #0
c'était plutôt dans ce sens-là.
- Speaker #2
Ça peut être écrasant aussi. Merci. Alors bon, me concernant peut-être pas, c'est vrai que la personnalité, enfin le personnage à Philippe Girard, peut être un petit peu écrasant, si on ne prend pas un petit peu ses distances par rapport à ce qui a été, à ce qu'il a fait, et bon, elle, elle a besoin de se construire. elle s'est déjà bien construite,
- Speaker #1
elle maîtrise son sujet j'ai pas besoin enfin on m'assimilera toujours à mes parents c'est certain ça c'est mais effectivement aujourd'hui il faut que je puisse écrire ma propre histoire et que cette ombre qui soit au dessus de moi et bien elle s'éclaircisse parce que
- Speaker #2
C'est pas une ombre, je pense qu'il faut voir ça comme un ciel étoilé. Oui,
- Speaker #0
c'est joli un ciel étoilé. Non mais c'est vrai qu'il y a forcément une figure qui est là. Tout à fait,
- Speaker #1
mais bien sûr.
- Speaker #0
Effectivement, c'est un vrai travail d'arriver à se construire, je pense peut-être, effectivement, de se construire. on va presque dire autour ou je ne sais pas comment on pourrait dire mais même de créer son propre chemin tout en se tenant la main malgré tout mais que ce soit toi qui tracte je pense qu'on se construit en finalement en acceptant le passé et en n'oubliant pas en vivant le présent intensément et en rêvant du futur c'est joli on va bientôt avoir terminé ce temps toutes les trois euh Ça va très bien.
- Speaker #1
On en a fait parler.
- Speaker #0
Laurence, alors parce que peut-être que moi je suis un petit peu sentimentale, je vais te demander de revenir en arrière dans ta tête et j'aimerais que tu repenses au premier baiser que tu as échangé avec Philippe.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Et j'aimerais que tu parles à cette Laurence-là. Et à ce moment précis, qu'est-ce que tu lui dirais à cette Laurence ?
- Speaker #1
Ça, c'est dur.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Si tu savais. Si tu savais.
- Speaker #0
Tout ce qui est arrivé.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
C'est quand même une sacrée vie.
- Speaker #2
Oui. Premier baiser au pilat. Voilà.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, combien d'années après ? Combien d'années après ?
- Speaker #2
35 ans. 35, ouais. C'est fou. Ouais.
- Speaker #0
Ça passe, hein ?
- Speaker #2
Ça passe. Vite.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #2
Très très vite.
- Speaker #0
Et on va avancer un peu. Et maintenant, tu vas prendre ta petite Amélie dans tes bras. Tu lui dirais quoi, cette petite Amélie ?
- Speaker #1
Si tu savais...
- Speaker #2
Non, à ma petite Gazelle, qu'est-ce que je lui dirais ? Ce que je lui ai toujours dit, je t'aime.
- Speaker #0
C'est fort, c'est beau. Tu dirais la même chose, je crois.
- Speaker #1
Oui, oui, bah... Le savoir.
- Speaker #0
Le savoir, c'est pas longtemps.
- Speaker #1
Oui. Mais oui, je t'aime.
- Speaker #0
Dernière question, je vais la twister un petit peu. Je la pose à chaque femme qui est à ce micro de Parole de Femme. C'est quoi Pour toi, être une femme aujourd'hui, et on va la twister un tout petit peu, pour toutes les deux, à chacune à retour, être une femme aujourd'hui, être une femme ou une fille de chef. Et après, je vous laisserai sécher vos larmes.
- Speaker #2
Alors,
- Speaker #0
être une femme aujourd'hui.
- Speaker #2
Être une femme aujourd'hui, c'est être l'égal d'un homme, mais avec tout autant de détermination, mais plus de... de douceur dans la manière de faire faire et de faire les choses.
- Speaker #1
On a une touche de sensibilité et d'émotion que certains n'auront pas. J'en reviens, c'est d'ailleurs ce que j'essaye de leur apprendre parfois en scène. Comme je sais qu'avec une équipe de garçons, c'est d'autant plus compliqué. Oui,
- Speaker #0
la parité.
- Speaker #2
Alors,
- Speaker #1
elle est la parité dans les...
- Speaker #2
En salle, pour l'instant, pas trop. Mais par contre, dans l'entreprise, la parité est strictement respectée.
- Speaker #1
C'est vrai ? Je crois qu'il y a même plus de femmes que d'hommes.
- Speaker #2
Mais être une femme, je me suis, c'est aussi, dans notre cas, l'élégance. Le sourire, je parle vraiment, c'est spécifique à nous. C'est-à-dire que si tu n'as pas envie de t'habiller correctement, ça n'est pas grave. Mais nous, nous concernant, je pense qu'on a souvent des clients qui nous disent « Ah là là, mais qu'est-ce que vous êtes jolie, votre robe vous va bien, ça fait plaisir. » et je leur dis Souvent parce que vous le valez bien, c'est pour eux. C'est de la courtoisie et on est heureux de les accueillir et on se fait belle comme un dimanche dans les jours. C'est beau !
- Speaker #1
à tel point que des fois on est tellement tout le temps bien habillé que chaque fois qu'on sort on se dit comment on va s'habiller et la dernière fois elle me disait ça et je lui dis mais en fait t'es déjà bien habillé et pour la plupart des gens t'es déjà très bien habillé très bien habillé, c'est juste que nous du coup on cherche à être encore mieux que d'habitude. Sauf que d'habitude c'est déjà très bien pour la moyenne de tout le monde en fait. C'est pas que Laurence,
- Speaker #0
Laurence c'est le raffinement et les dégâts.
- Speaker #2
Bien habillé, tout bien coiffé,
- Speaker #0
ça c'est voilà.
- Speaker #1
On peut être sûr que les jours d'élections on est les deux seuls le dimanche matin à arriver bien coiffé, bien habillé, en petite robe. On va au travail.
- Speaker #0
On va au travail.
- Speaker #1
Mais c'est dimanche.
- Speaker #0
Et être une femme et une fille de chef, alors ? Est-ce qu'on module la réponse ou finalement, c'est être une femme ? Qu'on soit femme de chef. Non,
- Speaker #2
être une femme.
- Speaker #0
Être une femme.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #1
Le pouvoir.
- Speaker #2
C'est des femmes de pouvoir. Parce que notre chef, on le cadrote.
- Speaker #0
J'ai bien l'impression. Mais il aime ça.
- Speaker #2
Il aime ça.
- Speaker #0
Mais oui.
- Speaker #2
En boussoeur.
- Speaker #0
En boussoeur.
- Speaker #2
Oui, oui.
- Speaker #0
Et finalement, c'est comme des grands enfants.
- Speaker #2
Si l'une ou l'autre n'est pas là, ah mais il est... Il a besoin de son monde autour de lui et son monde c'est sa famille et bon c'est nous.
- Speaker #1
Oui c'est ça, je lui dis ce soir je suis pas là, mais comment ça se fait ? Comment ça se fait ?
- Speaker #2
Comment ça se fait ?
- Speaker #1
Eh ben il faut refaire, il faut que j'accepte.
- Speaker #0
Ce qu'ils vont faire, tu acceptes ? Parce que, encore une fois, et on va terminer là-dessus, les mots de Philippe, c'est « Sans Laurence, je ne serais rien. » Et je pense que, vraiment, quand il dit ça... Il est pas loin de la vérité.
- Speaker #2
35 ans d'amour.
- Speaker #0
35 ans d'amour, de travail.
- Speaker #2
Et puis voilà, une fille magnifique, talentueuse, travailleuse et deux garçons.
- Speaker #0
Et on parle des garçons parce que ça te tenait à coeur, tu as aussi deux beaux garçons qui travaillent aussi.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #0
parce que tu leur as aussi donné...
- Speaker #2
et tous différents.
- Speaker #0
C'est la culture du travail. Clairement,
- Speaker #1
moi je dis souvent, j'ai l'impression d'être une extraterrestre. Mais c'est vrai, parce que de ma génération,
- Speaker #2
c'est la fameuse génération Z, disons que elle, quand ses copains étaient en week-end, elle, elle venait faire des extras à la maison. Euh... Bon. Et puis tu as commencé à travailler à 13 ans. J'avais 13 ans,
- Speaker #1
oui. Je faisais les chambres.
- Speaker #2
Mais comme moi, j'ai commencé tôt aussi. Voilà.
- Speaker #0
C'est quand je parlais tout à l'heure de transmission familiale, de valeur. C'est ça.
- Speaker #2
La valeur travail.
- Speaker #0
La valeur travail.
- Speaker #2
Absolument.
- Speaker #1
Alors pour la petite histoire, je devais travailler parce que je ne voulais pas partir en vacances. C'était la condition. Si je ne partais pas en vacances avec les grands-parents, je devais travailler. Donc parce que finalement ils ne pouvaient pas s'occuper de moi. Donc on sent finalement comme un reproche. Non mais en fait on le comprend aujourd'hui parce que comme eux-mêmes travaillaient, ils ne pouvaient pas s'occuper de moi. Donc le fait que je travaille finalement, c'était une façon d'avoir un œil sur moi.
- Speaker #2
Elle était avec nous.
- Speaker #0
Et ça crée finalement des problèmes sur toi.
- Speaker #1
Non c'est pas un reproche du tout. C'est trop aujourd'hui. Oui
- Speaker #2
Mais ils sont tous les trois, effectivement, travailleurs entre autres. Parce qu'ils ont beaucoup d'autres qualités.
- Speaker #0
On sent que tu es fière de tes enfants.
- Speaker #2
Ah oui, absolument. Mais je pense que bon... Mais oui,
- Speaker #0
c'est bien. Bien sûr. C'est bien.
- Speaker #2
Rien de trop personnel.
- Speaker #0
Merci à vous pour ce bon moment. C'était chouette de vous découvrir.
- Speaker #2
Effectivement.
- Speaker #0
Ça s'est bien passé ?
- Speaker #1
Très bien.
- Speaker #0
Merci à vous tous. Quand vous viendrez découvrir le domaine Girardon, je mettrai les coordonnées sur le bas du podcast avec le site internet. Comme ça, tous les auditeurs et les auditrices auront tout loisir de venir vous découvrir. Vous verrez cette atmosphère très très propre au domaine Gérardon, à la maison d'ailleurs, à la maison Gérardon. Voilà, c'est le domaine de Clairefontaine, mais chez nous c'est la maison Gérardon. Et voilà, c'est une vraie maison et avec des vraies valeurs familiales et on sent beaucoup d'amour. Une maison chaleureuse. On sent beaucoup d'amour. Merci. Merci à vous deux. Merci. A très bientôt. Merci.