- Speaker #0
Bonjour,
- Speaker #1
Bonjour,
- Speaker #0
je suis Stéphanie Baronco et bienvenue dans Parole de Femme.
- Speaker #1
je suis Stéphanie Barrago, bienvenue dans Parole de Femme.
- Speaker #0
Dans ce podcast,
- Speaker #1
Dans ce podcast,
- Speaker #0
je donne la parole à des femmes au destin peu banal pour qu'elles nous parlent d'elles,
- Speaker #1
je donne la parole à des femmes modestes un peu banales pour qu'elles nous parlent d'elles, de leur parcours,
- Speaker #0
de leur parcours,
- Speaker #1
de leurs histoires,
- Speaker #0
de leurs espoirs et de leurs doutes, de leurs leur vision de la femme d'aujourd'hui,
- Speaker #1
de leur vision de la femme d'aujourd'hui,
- Speaker #0
l'avenir.
- Speaker #1
la vie.
- Speaker #0
Puissent ces femmes vous inspirer,
- Speaker #1
Puis ces femmes vous inspirent.
- Speaker #0
nous inspirer et inspirer nos générations futures. Elles se livrent sans tabou, avec le cœur. Je vous laisse avec elles, voici leurs histoires. Place à Parole de Femme, saison 3. Aujourd'hui,
- Speaker #1
Aujourd'hui, je reçois Zaynab,
- Speaker #0
je reçois Zayneb,
- Speaker #1
une femme forte,
- Speaker #0
une femme forte,
- Speaker #1
lumineuse,
- Speaker #0
lumineuse.
- Speaker #1
qui a accepté de venir parler d'un sujet intime,
- Speaker #0
qui a accepté de venir parler d'un sujet intime, souvent tabou,
- Speaker #1
souvent tabou,
- Speaker #0
l'endométriose.
- Speaker #1
l'endométriose.
- Speaker #0
Une maladie qui touche une femme sur dix,
- Speaker #1
Une maladie qui touche une femme sur dix,
- Speaker #0
mais qui continue trop souvent à être tue.
- Speaker #1
mais qui continue trop souvent à être tue.
- Speaker #0
Ensemble,
- Speaker #1
Ensemble,
- Speaker #0
Zaynep,
- Speaker #1
Zaynab,
- Speaker #0
bonjour,
- Speaker #1
bonjour.
- Speaker #2
Bonjour.
- Speaker #0
on va parler douleur,
- Speaker #1
On va parler douleur,
- Speaker #0
forcément,
- Speaker #1
forcément,
- Speaker #0
amour,
- Speaker #1
amour,
- Speaker #0
courage,
- Speaker #1
courage et puis...
- Speaker #0
et puis comment se réapproprier un corps qui nous fait parfois quelques misères.
- Speaker #1
Comment se réapproprier un corps qui nous fait parfois quelques misères ? C'est un long sujet.
- Speaker #0
C'est un long sujet.
- Speaker #2
Très.
- Speaker #0
Ça tenait à cœur de parler de ce sujet-là,
- Speaker #1
Ça tenait à cœur de parler de ce sujet-là. On va en rediscuter,
- Speaker #0
on va en rediscuter, mais pour dire aux femmes que la normalité de la douleur,
- Speaker #1
mais pour dire aux femmes que la normalité de la douleur,
- Speaker #0
elle n'existe pas.
- Speaker #1
elle n'existe pas.
- Speaker #2
Ah non, vraiment pas. Et puis,
- Speaker #3
Chaque douleur est différente,
- Speaker #2
chaque douleur est différente.
- Speaker #3
chaque moment est différent.
- Speaker #2
Chaque moment est différent.
- Speaker #3
Vraiment,
- Speaker #2
vraiment en fonction aussi des émotions qu'on peut ressentir,
- Speaker #3
en fonction aussi des émotions qu'on peut en tirer, la douleur est totalement différente.
- Speaker #2
la douleur est totale.
- Speaker #1
différente mais c'est pas c'est pas dans l'ordre des choses c'est ça c'est ce qu'on va développer c'est enfin on doit pas l'accepter moi j'ai appris à l'accepter entre guillemets parce qu'on m'a dit que c'était normal mais
- Speaker #0
Mais accepter la douleur, ce n'est pas dans l'ordre des choses. C'est ce qu'on va développer.
- Speaker #3
On ne doit pas l'accepter. Moi, j'ai appris à l'accepter, entre guillemets, parce qu'on m'a dit que c'était normal. Mais il ne faut pas l'accepter parce que ce n'est pas normal d'avoir autant mal.
- Speaker #2
il faut pas l'accepter parce que ce n'est pas normal d'avoir autant mal
- Speaker #1
On va y revenir,
- Speaker #0
On va y revenir,
- Speaker #1
ce sera le propos de fil rouge de ce podcast.
- Speaker #0
ce sera le propos de fil rouge de ce podcast.
- Speaker #1
On commence avec les traditionnelles questions de paroles de femmes.
- Speaker #0
On commence avec les traditionnelles questions de paroles de femmes.
- Speaker #1
Alors,
- Speaker #0
Alors, un mot pour décrire ton état d'esprit aujourd'hui ?
- Speaker #1
un mot pour décrire ton état d'esprit aujourd'hui,
- Speaker #0
Ton moment préféré de la journée et ton mantra ou une phrase qui t'accompagne,
- Speaker #1
ton moment préféré de la journée ? et ton mantra ou une phrase qui t'accompagne,
- Speaker #0
lesquels seraient-ils ?
- Speaker #1
lesquelles seraient-elles ?
- Speaker #3
Mon moment préféré,
- Speaker #2
Un moment préféré,
- Speaker #3
je pense,
- Speaker #2
je commence par ça de la journée.
- Speaker #3
par ça de la journée,
- Speaker #2
C'est vraiment la fin de journée.
- Speaker #3
c'est vraiment la fin de journée, le soir,
- Speaker #2
Le soir où tout le monde est couché,
- Speaker #3
quand tout le monde est couché,
- Speaker #2
où tout est calme,
- Speaker #3
tout est calme,
- Speaker #2
où j'ai juste mon petit moment à moi.
- Speaker #3
j'ai juste un petit moment, je ne fais rien de particulier,
- Speaker #2
Alors, je ne fais rien de particulier. Alors,
- Speaker #3
alors peut-être un sujet tabou aussi,
- Speaker #2
peut-être un sujet tabou aussi, endométriose,
- Speaker #3
endométriose,
- Speaker #2
pilule,
- Speaker #3
pilules,
- Speaker #2
cigarette,
- Speaker #3
cigarettes,
- Speaker #2
incompatibilité.
- Speaker #3
incompatibilité,
- Speaker #2
Mon petit moment le soir où je vais fumer ma petite cigarette tranquillement,
- Speaker #3
mais un petit moment le soir où je fais une petite cigarette tranquillement.
- Speaker #2
où tout le monde dort et puis après je vais me coucher.
- Speaker #3
Tout le monde dort et puis après je vais me coucher. C'est le moment préféré de ma journée.
- Speaker #2
C'est le moment préféré de ma journée.
- Speaker #1
Tu as besoin de silence ?
- Speaker #0
T'as besoin de silence ?
- Speaker #3
J'ai besoin de silence parce que je vis tout le temps à 100 000 à l'heure,
- Speaker #2
J'ai besoin de silence, parce que je vis tout le temps à 100 000 à l'heure, avec du bruit tout le temps,
- Speaker #3
avec du bruit tout le temps partout.
- Speaker #2
partout.
- Speaker #3
Je travaille dans un métier où j'ai beaucoup de notifications toute la journée.
- Speaker #2
Je travaille dans un métier où j'ai beaucoup de notifications toute la journée.
- Speaker #3
Et c'est au moment où c'est 22h30 où je les coupe,
- Speaker #2
Et ce moment où c'est 22h30, où je les coupe, les notifications,
- Speaker #3
les notifications,
- Speaker #2
c'est le moment que je préfère de la journée.
- Speaker #3
c'est le moment que je préfère de la journée.
- Speaker #1
Ton état d'esprit aujourd'hui ?
- Speaker #0
Ton état d'esprit aujourd'hui ?
- Speaker #2
Passionné,
- Speaker #3
Passionné.
- Speaker #2
je suis passionné,
- Speaker #3
Je suis passionnée.
- Speaker #2
je suis passionné,
- Speaker #3
Je suis passionnée,
- Speaker #2
je suis tout le temps passionné,
- Speaker #3
je suis tout le temps passionnée.
- Speaker #2
je suis passionné par tout ce que je fais.
- Speaker #3
Je suis passionnée par tout ce que je fais. Aujourd'hui encore,
- Speaker #2
Aujourd'hui encore, je suis passionné,
- Speaker #3
je suis passionnée.
- Speaker #2
passionné d'être là,
- Speaker #3
Passionnée d'être là,
- Speaker #2
de parler de ce sujet avec toi,
- Speaker #3
de parler de ce sujet avec toi. Passionnée par le métier que je fais.
- Speaker #2
passionné par le métier que je fais, passionné par les gens que je rencontre,
- Speaker #3
Passionnée par les gens que je rencontre.
- Speaker #2
passionné par la vie tout simplement.
- Speaker #3
Passionnée par la vie, tout simplement.
- Speaker #0
Alors passionnée,
- Speaker #1
Alors passionné,
- Speaker #0
ça sera ton mot d'aujourd'hui.
- Speaker #1
ce sera ton mot d'aujourd'hui.
- Speaker #0
Et ton mantra,
- Speaker #1
Et ton mantra, est-ce que tu as un mantra ou une phrase qui t'accompagne au quotidien ?
- Speaker #0
est-ce que tu as un mantra ou une phrase qui t'accompagne au quotidien ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #3
Oui.
- Speaker #0
Tu nous la donnes ?
- Speaker #1
Tu nous la donnes ?
- Speaker #2
Ma phrase c'est chaque critique est constructive.
- Speaker #3
Ma phrase, c'est chaque critique est constructive.
- Speaker #0
C'est important ?
- Speaker #1
C'est important ?
- Speaker #2
C'est important.
- Speaker #3
C'est important.
- Speaker #0
Tu en as eu des critiques ?
- Speaker #1
Tu en as eu des critiques ?
- Speaker #2
Beaucoup.
- Speaker #3
Beaucoup.
- Speaker #1
Par rapport à quoi ?
- Speaker #0
Par rapport à quoi ?
- Speaker #3
Tout.
- Speaker #2
Tout, à moi,
- Speaker #3
À moi, à qui je suis,
- Speaker #2
à qui je suis,
- Speaker #3
à la femme que je suis,
- Speaker #2
à la femme que je suis,
- Speaker #3
fine,
- Speaker #2
fine,
- Speaker #3
maigre,
- Speaker #2
maigre,
- Speaker #3
d'origine maghrébine.
- Speaker #2
d'origine maghrébine.
- Speaker #3
On ne m'a pas catégorisée tout de suite dans l'endométriose,
- Speaker #2
On ne m'a pas catégorisé tout de suite dans l'endométrio, c'est à force d'en parler moi qu'au final on a accepté qui j'étais.
- Speaker #3
et en force d'en parler moins, qu'au final, on a accepté qui j'étais.
- Speaker #0
Mais parce qu'il y avait finalement la...
- Speaker #1
Parce qu'elle avait finalement le regard.
- Speaker #3
Le regard.
- Speaker #1
C'est comme si l'endométriose expliquait quelque chose.
- Speaker #0
C'est comme si l'endométriose... expliquait en fait quelque chose où au départ on disait elle est maigre,
- Speaker #1
Au départ, on disait qu'elle est maigre, qu'elle ne mange pas.
- Speaker #0
elle ne mange pas.
- Speaker #2
Que moi-même, je n'expliquais pas.
- Speaker #0
Que moi-même je n'expliquais pas. Oui, c'est ça. Toi,
- Speaker #1
Toi,
- Speaker #0
ça n'a pas été découvert tout de suite.
- Speaker #1
ça n'a pas été découvert tout de suite.
- Speaker #2
Non.
- Speaker #0
On va y revenir justement à cette découverte.
- Speaker #1
On va y revenir justement à cette découverte.
- Speaker #0
À quel moment,
- Speaker #1
À quel moment,
- Speaker #0
toi,
- Speaker #1
toi,
- Speaker #0
tu comprends que quelque chose ne va pas ?
- Speaker #1
tu comprends que quelque chose ne va pas ?
- Speaker #0
Essaye de remonter parce que là,
- Speaker #1
Essaye de remonter parce que là, essaye de te remettre au début.
- Speaker #0
essaye de te remettre au début.
- Speaker #1
À quel moment tu comprends que la douleur que l'on dit comme un peu normale quand le ptéreux se contracte pour que le sang sorte,
- Speaker #0
À quel moment tu comprends que... Ben, la douleur que l'on dit comme un peu normale quand l'utérus se contracte pour que le sang sorte, toi tu dis non mais là en fait il y a un truc qui ne va pas.
- Speaker #1
toi tu dis non mais là en fait il y a un truc qui ne va pas.
- Speaker #0
Quand est-ce que tu le comprends ?
- Speaker #1
Quand est-ce que tu le comprends ?
- Speaker #2
Très tôt,
- Speaker #3
Très tôt,
- Speaker #2
très tôt à partir du moment où j'arrivais vraiment plus à vivre normalement.
- Speaker #3
très tôt, à partir du moment où je n'arrivais vraiment plus à vivre normalement,
- Speaker #2
à manger normalement,
- Speaker #3
à manger normalement, à être regardée.
- Speaker #2
à être regardé. Là,
- Speaker #3
Là j'ai compris.
- Speaker #2
j'ai compris qu'il y a quelque chose qui n'allait pas.
- Speaker #3
Il y a des choses qui n'allaient pas,
- Speaker #2
Parce que j'ai eu des moments de vide.
- Speaker #3
parce que j'ai eu des moments de vide.
- Speaker #0
C'est quoi très tôt ?
- Speaker #1
C'est quoi très tôt ?
- Speaker #2
14 ans ?
- Speaker #3
14 ans, 15 ans.
- Speaker #2
15 ans ?
- Speaker #3
Ah oui,
- Speaker #0
c'est très tôt.
- Speaker #1
C'est très tôt.
- Speaker #3
Très tôt.
- Speaker #2
Très tôt.
- Speaker #1
Donc tu as 2-3 ans de règles.
- Speaker #0
Donc, tu as 2-3 ans de règles et après tu te rends compte que...
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Et après tu te rends compte que...
- Speaker #0
Il y a des choses qui ne vont pas.
- Speaker #1
Il y a quelque chose qui ne va pas.
- Speaker #0
Et là,
- Speaker #1
Et là tu fais directement le lien entre la douleur et ne pas manger.
- Speaker #0
tu fais directement le lien entre la douleur et ne pas manger.
- Speaker #3
Tout à fait.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #1
Pourquoi ? Pourquoi toi directement tu me parles de ça ?
- Speaker #0
Pourquoi toi, directement, tu me parles de ça ?
- Speaker #2
Directement je parle de ça parce que j'avais tellement mal au ventre que j'en vomissais.
- Speaker #3
Directement, je parle de ça parce que j'avais tellement mal au ventre.
- Speaker #0
que j'en vomissais et vomir m'empêchait de manger parce que j'avais peur d'avoir trop de choses à vomir en ayant mal donc je me disais je ne mange pas je ne vomirai pas mais cette douleur elle était concentrée autour du moment de tes règles où finalement tu te rends compte qu'elle parce
- Speaker #2
Et vomir m'empêchait de manger. Parce que j'avais peur d'avoir trop de choses à vomir en ayant mal. Donc je me disais, je ne mange pas, je ne vomirai pas.
- Speaker #1
Mais cette douleur, elle était concentrée autour du moment de tes règles où finalement tu te rends compte qu'elle... Parce que de ne pas manger,
- Speaker #0
que de ne pas manger mettons de un jour ou deux tu vois c'est pas ce qui te fait tomber et non et le fait de vomir à cause de cette douleur là c'est que tu mets un certain
- Speaker #1
mettons, de un jour ou deux, tu vois, ce n'est pas ce qui te fait tomber dans... Et non,
- Speaker #2
mais le fait de vomir à cause de cette douleur-là, c'est que tu mets un certain temps avant de te remettre de ce vomissement,
- Speaker #3
temps avant de te remettre de ce vomissement quelques jours.
- Speaker #2
quelques jours.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Alors après,
- Speaker #3
Alors après,
- Speaker #2
ce n'était pas constant.
- Speaker #3
ce n'était pas constant.
- Speaker #2
J'avais à chaque fois une bonne semaine dans le mois où j'étais vraiment pas bien.
- Speaker #3
J'avais à chaque fois une bonne semaine dans le mois où j'étais vraiment pas bien. Et puis après,
- Speaker #2
Et puis après, une bonne semaine pour pouvoir remanger normalement.
- Speaker #3
une bonne semaine pour pouvoir remanger normalement. Et puis après,
- Speaker #2
Et puis après, une semaine où ça allait bien.
- Speaker #3
une semaine où ça allait bien.
- Speaker #2
Et puis une semaine où on rebelote.
- Speaker #3
Et puis une semaine où je me rebelote.
- Speaker #0
oui donc c'est là où en fait c'est pour ça que tu fais le lien avec la douleur et c'est là finalement que tu commences à faire le lien
- Speaker #1
Oui, donc c'est là où en fait, c'est pour ça que tu fais le lien avec la douleur. c'est là finalement que tu commences à faire le lien entre
- Speaker #0
entre c'est ce qui va finalement te pousser dans l'anorexie c'est comme ça que je le définis moi.
- Speaker #1
C'est ce qui va finalement te pousser dans l'anorexie ?
- Speaker #2
C'est comme ça que je le définis moi.
- Speaker #0
C'est là c'est le point de départ en fait.
- Speaker #1
C'est là, c'est le point de départ ?
- Speaker #3
C'est le départ.
- Speaker #2
C'est le départ. C'est à ce moment-là que tout a basculé à l'intérieur de mon ventre.
- Speaker #3
C'est à ce moment là que tout a basculé à l'intérieur de mon ventre.
- Speaker #0
Oui et finalement c'est ton ventre qui va gérer le reste,
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #1
Et finalement, c'est ton ventre qui va gérer le reste.
- Speaker #2
Le reste.
- Speaker #0
tout le reste.
- Speaker #1
Tout le reste.
- Speaker #2
Voilà,
- Speaker #3
Voilà exactement.
- Speaker #2
exactement. Je vais commencer par avoir des inflammations de l'estomac.
- Speaker #3
Je vais commencer par avoir des inflammations de l'estomac Des ulcères d'estomac,
- Speaker #2
Des ulcères de l'estomac, donc des gastroscopies pour vérifier que tout aille bien au niveau du ventre.
- Speaker #3
des gastroscopies pour vérifier que tout aille bien au niveau du ventre.
- Speaker #2
Des gastroscopies pour voir si les intestins vont bien.
- Speaker #3
Les gastroscopies pour voir si les intestins vont bien.
- Speaker #0
Toujours très tôt ?
- Speaker #1
Toujours très tôt ?
- Speaker #0
On est toujours tes 14-15 ans ?
- Speaker #1
Ah,
- Speaker #2
je devais avoir 16 ans sur la première gastroscopie,
- Speaker #3
Je vais avoir 16 ans sur la première gastroscopie.
- Speaker #2
je devais avoir 16 ans.
- Speaker #0
C'est très très tôt.
- Speaker #1
C'est très très tôt.
- Speaker #0
Est-ce que tu as au départ,
- Speaker #1
Est-ce que tu as au départ, on reste dans cette année 16,
- Speaker #0
on reste dans cette année 16-17-18,
- Speaker #1
17, 18, est-ce qu'on te croit quand tu dis que tu as mal ?
- Speaker #0
est-ce qu'on te croit quand tu dis que tu as mal,
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
plus mal que d'habitude ?
- Speaker #1
Plus mal que d'habitude ?
- Speaker #2
Non.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #2
Pourquoi ?
- Speaker #3
Parce que je suis,
- Speaker #2
Parce que je suis...
- Speaker #3
enfin quand on ne me croit pas.
- Speaker #2
Enfin, quand on ne me croit pas. Au sein de ma famille,
- Speaker #3
Au sein de la famille, on ne me croit pas,
- Speaker #2
on ne me croit pas.
- Speaker #3
je suis issue d'une fratrie de 4 garçons.
- Speaker #2
Je suis issue d'une fratrie de quatre garçons. J'ai deux grands frères et deux petits frères.
- Speaker #3
J'ai 2 grands frères et 2 petits frères,
- Speaker #2
Donc,
- Speaker #3
donc j'étais souvent chouchoutée par papa,
- Speaker #2
j'étais souvent chouchoutée par papa,
- Speaker #3
gâtée par papa,
- Speaker #2
gâtée par papa.
- Speaker #3
donc c'était des petites caprices,
- Speaker #2
Donc, c'était des petits caprices,
- Speaker #3
des petites caprices de la petite fille à papa.
- Speaker #2
les petits caprices de la petite fille à papa. Voilà.
- Speaker #0
Ce n'est pas compliqué ça ?
- Speaker #1
Ce n'est pas compliqué, ça ?
- Speaker #2
Sur le coup,
- Speaker #3
Sur le coup, je ne trouvais pas ça compliqué sur l'instant.
- Speaker #2
je ne le trouvais pas ça compliqué, sur l'instant.
- Speaker #3
C'est plus tard,
- Speaker #2
C'est plus tard oui,
- Speaker #3
oui.
- Speaker #2
plus tard en grandissant,
- Speaker #3
Plus tard, en grandissant,
- Speaker #2
en devenant une jeune femme.
- Speaker #3
en devenant une jeune femme. Ça a été compliqué,
- Speaker #2
Ça a été compliqué,
- Speaker #3
voilà.
- Speaker #2
cette partie-là a été compliquée,
- Speaker #3
Cette partie-là a été compliquée.
- Speaker #2
la transition d'adolescente à jeune femme a été compliquée en étant dans cette situation.
- Speaker #3
La transition d'adolescente à jeune femme a été compliquée en étant...
- Speaker #0
Je veux dire,
- Speaker #1
Je veux dire, est-ce que c'est compliqué à un moment de ne pas être cru dans sa douleur ?
- Speaker #0
est-ce que c'est compliqué, à un moment, de ne pas être crue dans sa douleur ? Par tes frères,
- Speaker #1
Par tes frères,
- Speaker #0
ou même après ?
- Speaker #1
mais même après...
- Speaker #3
il faut c'est difficile non parce que je ne savais pas d'où venait ma douleur non plus oui mais est-ce qu'on remettait pas en cause la puissance de ta douleur ah si on la remettait en cause est-ce que c'est ça qui est pas difficile avec plein de médicaments plein de petites choses en disant ça ça te calmera des antispasmoïdes des choses comme ça et
- Speaker #2
Non parce que je ne savais pas d'où venait ma douleur non plus.
- Speaker #1
Donc on la remettait en cause.
- Speaker #2
On la tuait même avec plein de médicaments, plein de petites choses en disant voilà ça te calmera, des antispasmoïdes, des choses comme ça.
- Speaker #3
ça calmait pas les tisanes à gogo je ne supporte plus les tisanes aujourd'hui oui
- Speaker #2
Et ça ne calmait pas. Des tisanes à gogo, je ne supporte plus les tisanes aujourd'hui.
- Speaker #0
C'est difficile de se battre à la fois contre le regard des autres et à la fois contre son propre corps ?
- Speaker #1
C'est difficile de se battre à la fois contre le regard des autres et à la fois contre son propre corps.
- Speaker #0
Pourquoi ? Pourquoi ça t'arrive à toi ?
- Speaker #1
Pourquoi ça t'arrive à toi ? Est-ce que tes amis t'en parlaient avec tes amis ?
- Speaker #0
Est-ce que tes amis t'en parlaient avec tes amis ? Est-ce que c'était avec ta maman peut-être ?
- Speaker #1
Est-ce que c'était avec ta maman peut-être ?
- Speaker #2
Non,
- Speaker #3
Non,
- Speaker #2
même pas.
- Speaker #3
même pas. Les pimeurs,
- Speaker #2
Les douleurs,
- Speaker #3
on m'en parle souvent.
- Speaker #2
on n'en parle pas forcément.
- Speaker #3
T'as tes règles,
- Speaker #2
T'as tes règles, t'as mal,
- Speaker #3
t'as mal, mais comme tout le monde,
- Speaker #2
mais comme tout le monde,
- Speaker #3
ça te fait pas te vivre.
- Speaker #2
ça t'empêche pas de vivre.
- Speaker #3
La seule chose qu'on voyait,
- Speaker #2
La seule chose qu'on voyait, c'est que je mangeais pas.
- Speaker #3
c'est que je mangeais pas.
- Speaker #2
C'est la seule chose qu'on voyait.
- Speaker #3
C'est la seule chose qu'on voyait.
- Speaker #0
On parle des rex,
- Speaker #2
Donc moi, mes règles,
- Speaker #3
la douleur de l'endométriose ou autre chose,
- Speaker #2
la douleur de l'endométriose ou autre chose, on ne le voyait pas.
- Speaker #3
on ne voyait pas.
- Speaker #2
La chose qu'on voyait,
- Speaker #3
La seule chose qu'on voyait,
- Speaker #2
c'est qu'elle a un problème d'anorexie.
- Speaker #3
c'est qu'elle a un problème d'anorexie.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Voilà,
- Speaker #3
Voilà,
- Speaker #2
anorexie mentale.
- Speaker #3
anorexie mentale.
- Speaker #2
C'est le mot que j'ai entendu souvent.
- Speaker #0
Anorexie mentale.
- Speaker #3
J'ai entendu souvent.
- Speaker #1
Ça,
- Speaker #0
Ça,
- Speaker #1
c'était le vrai diagnostic posé sur toi.
- Speaker #0
c'était le vrai diagnostic posé sur toi.
- Speaker #2
Posé,
- Speaker #3
Posé,
- Speaker #2
c'était l'anorexie mentale.
- Speaker #3
c'était l'anorexie mentale.
- Speaker #0
Comment tu arrives à...
- Speaker #1
Comment tu arrives à... On y reviendra après,
- Speaker #0
On y reviendra après, mais juste là,
- Speaker #1
mais juste là, ça me vient.
- Speaker #0
ça me vient. Comment toi,
- Speaker #1
Toi, tu as réussi à faire basculer ce diagnostic d'anorexie mentale.
- Speaker #0
tu as réussi à faire basculer ce diagnostic d'anorexie mentale en endométriose ?
- Speaker #1
en endométriose.
- Speaker #3
Je n'ai jamais réussi à le faire réellement basculer jusqu'à il y a si peu,
- Speaker #2
Je n'ai jamais réussi à le faire réellement basculer jusqu'à il y a si peu, jusqu'à il y a à peine 10 ans.
- Speaker #3
jusqu'à il y a à peine 10 ans.
- Speaker #0
Et comment tu as fait ?
- Speaker #1
Et comment tu as fait ?
- Speaker #2
J'ai rencontré quelqu'un qui m'a réellement écoutée.
- Speaker #3
J'ai rencontré quelqu'un qui m'a réellement écoutée.
- Speaker #2
Je pense que je n'avais pas écouté,
- Speaker #3
Je pense que je n'avais pas écouté, j'ai rencontré des personnes qui écoutaient vraiment.
- Speaker #2
j'ai rencontré des personnes qui écoutaient vraiment.
- Speaker #0
Et c'est un médecin ou c'est...
- Speaker #1
Et c'est un médecin ou c'est...
- Speaker #3
Ah non,
- Speaker #2
Ah non,
- Speaker #3
non,
- Speaker #2
non,
- Speaker #3
non.
- Speaker #2
non.
- Speaker #3
C'est mon mari,
- Speaker #2
C'est mon mari, aujourd'hui.
- Speaker #3
aujourd'hui.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
D'accord. Qui a su,
- Speaker #1
Qui a su lui...
- Speaker #0
lui...
- Speaker #3
Oui,
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #3
qui a essayé de me faire manger,
- Speaker #2
qui a essayé de me faire manger,
- Speaker #3
qui a compris ce qui allait pas,
- Speaker #2
qui a compris ce qui n'allait pas et qui a vu que ce n'était pas juste une question d'anorexie.
- Speaker #3
qui a vu que ce n'était pas juste une question d'anorexie.
- Speaker #0
Oui. Qui est réelle,
- Speaker #2
Qui est réelle.
- Speaker #0
aujourd'hui.
- Speaker #2
Qui est réelle,
- Speaker #3
Qui est réelle, oui,
- Speaker #2
oui,
- Speaker #3
parce que justement,
- Speaker #2
parce que justement, on parle d'anorexie mentale,
- Speaker #3
on parle d'anorexie mentale,
- Speaker #2
c'est parce que dans ma tête je ne voulais pas manger
- Speaker #3
c'est parce que dans ma tête je ne voulais pas manger
- Speaker #2
Parce que j'avais peur de vomir à cause des douleurs que j'avais d'endométriose,
- Speaker #3
Parce que j'avais peur de vomir à cause des douleurs que j'avais dans mon utérinose, ce qui ne servait strictement à rien.
- Speaker #2
ce qui ne servait strictement à rien. Parce que j'avais quand même...
- Speaker #3
Parce que j'avais quand même... Oui, mais tu ne vomissais pas.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
Mais je ne vomissais pas.
- Speaker #1
mais tu vomissais pas.
- Speaker #2
Mais je vomissais pas.
- Speaker #0
Il y avait au moins ce...
- Speaker #1
Il y avait au moins ce...
- Speaker #0
Est-ce que ce n'est pas un...
- Speaker #2
Je vomissais moins,
- Speaker #3
Je vomissais moins.
- Speaker #2
du moins.
- Speaker #0
Oui. Oui, parce qu'au bout d'un moment...
- Speaker #1
Parce qu'au bout d'un moment...
- Speaker #0
Je n'avais rien à vomir.
- Speaker #2
Parce qu'il n'y avait rien à vomir.
- Speaker #0
Je n'avais rien à vomir. Ce n'est pas une façon pour toi de reprendre le contrôle sur ce corps qui te joue un peu détour aussi.
- Speaker #1
C'est pas une façon pour toi de reprendre le contrôle sur ce corps qui te joue un peu des tours ? Le fait de dire,
- Speaker #0
Le fait de dire au moins regarde.
- Speaker #1
au moins, regarde.
- Speaker #0
J'arrive à te contenir,
- Speaker #1
J'arrive à te contenir,
- Speaker #0
tu vois, je reprends,
- Speaker #1
tu vois,
- Speaker #0
j'ai un bout de contrôle aussi sur toi.
- Speaker #1
j'ai un bout de contrôle aussi sur toi.
- Speaker #2
Je ne me suis jamais posé cette question-là de contrôle.
- Speaker #3
Je ne me suis jamais posé cette question-là de contrôle.
- Speaker #2
C'était juste biologique en fait.
- Speaker #3
C'était juste biologique en fait.
- Speaker #2
Tu ne mets rien dans le ventre,
- Speaker #3
Tu ne mets rien dans le ventre,
- Speaker #2
il n'y a rien qui peut en sortir.
- Speaker #3
il n'y a rien qui peut en sortir.
- Speaker #1
Mais maintenant que tu sais ce process,
- Speaker #0
Mais maintenant que tu sais ce process, est-ce que tu arrives à bouger un peu par rapport à l'alimentation ?
- Speaker #1
est-ce que tu arrives à bouger un peu par rapport à l'alimentation ?
- Speaker #3
Oui.
- Speaker #2
Oui. Oui, il y a un gros travail qui a été fait là-dessus.
- Speaker #3
Il y a un gros travail qui a été fait là-dessus.
- Speaker #0
Ça veut dire qu'aujourd'hui,
- Speaker #1
Ça veut dire qu'aujourd'hui,
- Speaker #0
tu arrives un petit peu mieux à manger ?
- Speaker #1
tu arrives un petit peu mieux à manger ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #3
Oui,
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #3
aujourd'hui,
- Speaker #2
aujourd'hui, je mange de la viande alors que je n'en mangeais pas il y a dix ans.
- Speaker #3
je mange de la viande que je n'en mangeais pas il y a dix ans.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et tu ne vomis pas ?
- Speaker #0
Et tu ne vomis pas ?
- Speaker #2
Je vomis beaucoup moins.
- Speaker #3
Je vomis beaucoup moins. Pourtant,
- Speaker #2
Pourtant,
- Speaker #3
je mange beaucoup plus aujourd'hui.
- Speaker #2
je mange beaucoup plus aujourd'hui.
- Speaker #0
Oui. Comment ?
- Speaker #1
Comment ?
- Speaker #0
Comment on apprend,
- Speaker #1
Comment on apprend, remets-toi encore une fois à 16 ans,
- Speaker #0
remets-toi encore une fois à 16 ans, 17 ans,
- Speaker #1
17 ans,
- Speaker #0
comment on apprend à habiter un corps qui souffre ?
- Speaker #1
comment on apprend à habiter un corps qui souffre ?
- Speaker #2
Je ne sais pas si on apprend,
- Speaker #3
Je n'ai pas appris,
- Speaker #2
vraiment. Je n'ai pas appris,
- Speaker #3
ça a été une période de ma vie qui n'a pas été la meilleure pour moi.
- Speaker #2
ça a été une période de ma vie qui n'a pas été la meilleure pour moi.
- Speaker #0
Mais comment on fait alors pour vivre avec ce corps qui souffre ?
- Speaker #1
Mais comment on fait alors pour vivre avec ce corps ?
- Speaker #0
Comment on fait pour alors...
- Speaker #1
Comment on fait pour alors... Alors si tu n'apprends pas à habiter ton corps...
- Speaker #0
Si tu n'apprends pas à habiter ton corps, en tout cas,
- Speaker #1
En tout cas, comment tu fais pour le tolérer ?
- Speaker #0
comment tu fais pour le tolérer ?
- Speaker #1
À un moment donné,
- Speaker #0
À un moment donné,
- Speaker #1
tu te retrouves bien confronté au fait de dire
- Speaker #0
tu te retrouves bien confronté au fait de dire « je dois vivre avec lui »
- Speaker #1
« je dois vivre avec lui »
- Speaker #0
ou alors « je meurs » .
- Speaker #1
ou alors « je meurs » .
- Speaker #0
Mais il y a un moment donné où tu dois bien concilier avec ton corps,
- Speaker #1
Mais il y a un moment donné où tu dois bien concilier avec ton corps,
- Speaker #0
où vous êtes ta tête,
- Speaker #1
où vous êtes ta tête, ton âme,
- Speaker #0
ton âme,
- Speaker #1
ton corps.
- Speaker #0
ton corps, vous faites un trio uni.
- Speaker #1
En fait, tu as un trio uni.
- Speaker #0
Donc tu ne peux pas en laisser un de côté.
- Speaker #1
Donc, tu ne peux pas en laisser un de côté.
- Speaker #0
Comment tu as réussi à vivre en fait,
- Speaker #1
Comment tu as réussi à vivre avec lui ?
- Speaker #0
à vivre avec lui ?
- Speaker #2
À 16 ans ?
- Speaker #3
À 16 ans.
- Speaker #2
Oui, à partir.
- Speaker #0
À partir de 16 ans et peut-être même encore maintenant,
- Speaker #1
à partir de 16 ans et puis peut-être même encore maintenant,
- Speaker #0
comment s'est passé l'apprentissage de ce corps ?
- Speaker #1
comment s'est passé l'apprentissage de ce corps ?
- Speaker #3
Je ne sais pas s'il y a eu vraiment un appareil.
- Speaker #2
Je ne sais pas s'il y a eu vraiment un apprentissage.
- Speaker #3
J'ai eu mon corps et ma tête d'un côté pendant très longtemps.
- Speaker #2
J'ai eu mon corps et puis moi et ma tête d'un côté pendant très très longtemps.
- Speaker #0
Tu étais dissociée ?
- Speaker #2
J'étais dissociée pendant très longtemps.
- Speaker #3
J'étais dissociée pendant très longtemps.
- Speaker #0
C'était quoi ?
- Speaker #1
C'était quoi ?
- Speaker #0
C'était pour ne pas réaliser que tu avais mal ?
- Speaker #1
C'était pour ne pas réaliser que tu avais mal ?
- Speaker #0
Comment tu l'expliques ?
- Speaker #1
Comment tu l'expliques ?
- Speaker #3
Je ne sais pas,
- Speaker #2
Je ne sais pas,
- Speaker #3
je l'ai aujourd'hui encore,
- Speaker #2
aujourd'hui encore,
- Speaker #3
je ne l'explique vraiment pas.
- Speaker #2
je ne l'explique vraiment pas. J'avais dissocié ça.
- Speaker #3
J'avais dissocié ça. Je ne sais pas comment l'expliquer.
- Speaker #2
Je ne sais pas comment l'expliquer. J'ai eu une partie de mon adolescence où j'ai été dans la spiritualité.
- Speaker #3
J'ai eu partie de mon adolescence où j'ai été dans la spiritualité. Je suis de confession musulmane,
- Speaker #2
Je suis de confession musulmane, donc je me suis voilée.
- Speaker #3
donc je me suis voilée. J'ai porté le voile pendant bien quatre ans.
- Speaker #2
J'ai porté le voile pendant bien quatre ans.
- Speaker #3
Donc mon corps était caché.
- Speaker #2
Donc mon corps était caché par la religion musulmane.
- Speaker #3
La religion musulmane, c'est de cacher son corps.
- Speaker #2
C'est qu'on cachait son corps,
- Speaker #3
Donc,
- Speaker #2
donc je ne me posais pas la question.
- Speaker #3
je ne me posais pas la question.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Voilà,
- Speaker #3
Voilà. J'avais mon mental qui était là,
- Speaker #2
j'avais mon mental qui était là, mon cerveau,
- Speaker #3
mon cerveau,
- Speaker #2
qui j'étais,
- Speaker #3
qui j'étais dans ma tête.
- Speaker #2
dans ma tête.
- Speaker #3
Donc,
- Speaker #2
Donc c'était ce qu'ils voyaient d'abord.
- Speaker #3
c'était ce qui se voyait d'abord.
- Speaker #0
Oui. Et après ?
- Speaker #1
Et après ?
- Speaker #2
Et puis après j'ai évolué,
- Speaker #3
Et puis après, j'ai évolué,
- Speaker #2
j'ai grandi,
- Speaker #3
j'ai grandi, j'ai appris d'autres choses.
- Speaker #2
j'ai appris d'autres choses,
- Speaker #3
J'ai vu d'autres personnes aussi.
- Speaker #2
j'ai vu d'autres personnes aussi.
- Speaker #3
Quand on part du collège,
- Speaker #2
Quand on part du collège, on va au lycée,
- Speaker #3
on va au lycée, on va à l'université,
- Speaker #2
on va à l'université,
- Speaker #3
tu rencontres beaucoup plus de monde,
- Speaker #2
tu rencontres beaucoup plus de monde. Et puis juste dans ton quartier avec les mêmes personnes que toi.
- Speaker #3
tu n'es plus juste dans ton quartier avec les mêmes personnes que toi et tu apprends à voir les choses différemment.
- Speaker #2
Et tu apprends à voir les choses différemment, oui. Et mon corps,
- Speaker #3
Et mon corps,
- Speaker #2
j'ai appris à le voir différemment et à me remettre,
- Speaker #3
j'ai appris à le voir différemment et à me remettre,
- Speaker #2
on va dire,
- Speaker #3
on va dire,
- Speaker #2
la tête à l'intérieur de mon corps.
- Speaker #3
la tête à l'intérieur de mon corps pour arriver à l'accepter un peu mieux.
- Speaker #1
Pour arriver à l'accepter.
- Speaker #2
À l'accepter,
- Speaker #3
À l'accepter,
- Speaker #2
oui,
- Speaker #3
oui,
- Speaker #2
mais bien plus tard,
- Speaker #3
mais bien plus tard,
- Speaker #2
vraiment,
- Speaker #3
vraiment,
- Speaker #2
bien après 30 ans.
- Speaker #3
bien après 30 ans.
- Speaker #0
Donc tu as quand même un delta de...
- Speaker #3
Une fois que j'ai eu ma fille,
- Speaker #2
Une fois que j'ai eu ma fille,
- Speaker #3
en fait,
- Speaker #2
en fait,
- Speaker #3
ou vu un enfant,
- Speaker #2
ou j'ai eu un enfant, dans ma tête,
- Speaker #3
dans ma tête, il n'y avait pas...
- Speaker #2
il n'y avait pas déjà à 30 ans...
- Speaker #3
Déjà à 30 ans,
- Speaker #2
L'endométriose n'existait pas quand j'ai eu ma fille,
- Speaker #3
l'endométriose n'existait pas. Quand j'ai eu ma fille, l'endométriose n'existait pas dans ma tête.
- Speaker #2
l'endométriose n'existait pas dans ma tête. Donc j'ai eu ma fille,
- Speaker #3
Donc vu ma fille,
- Speaker #2
j'ai eu beaucoup de chance de...
- Speaker #3
beaucoup de chance de l'avoir eue,
- Speaker #2
de l'avoir eu, qui a 14 ans aujourd'hui,
- Speaker #3
qui a 14 ans aujourd'hui.
- Speaker #2
mais jusque là,
- Speaker #3
Mais jusque-là,
- Speaker #2
je n'avais pas mis,
- Speaker #3
je n'avais pas mis...
- Speaker #2
je n'avais pas fusionné mon corps et ma tête.
- Speaker #3
Je n'avais pas fusionné mon corps et ma tête.
- Speaker #2
C'est vraiment,
- Speaker #3
C'est vraiment...
- Speaker #2
même pas quand ma fille était dans mon ventre,
- Speaker #3
Même pas quand ma fille était dans mon ventre,
- Speaker #2
c'est vraiment à la naissance de ma fille que là,
- Speaker #3
c'est vraiment à la naissance de ma fille que là j'ai voulu vraiment comprendre ce qui se passait dans ma tête et dans mon corps.
- Speaker #2
j'ai voulu vraiment comprendre ce qui se passait dans ma tête et dans mon corps. C'est là où on a découvert que j'avais une endométriose.
- Speaker #3
C'est là où on a découvert que j'avais une endométrie.
- Speaker #1
C'est quand même très long,
- Speaker #0
C'est quand même très long,
- Speaker #1
15 ans.
- Speaker #0
15 ans.
- Speaker #2
Très.
- Speaker #1
C'est très,
- Speaker #0
C'est très très long.
- Speaker #1
très long. Tu avais des moments de colère ?
- Speaker #0
T'avais des moments de colère ?
- Speaker #2
Beaucoup.
- Speaker #3
Beaucoup.
- Speaker #1
Des découragements aussi parfois ?
- Speaker #0
De découragement aussi parfois ?
- Speaker #2
Des découragements non,
- Speaker #3
Découragement non,
- Speaker #2
mais de la colère oui.
- Speaker #3
mais de la colère oui.
- Speaker #2
La colère de ne pas comprendre,
- Speaker #3
La colère de ne pas comprendre.
- Speaker #2
de ne pas réussir à passer outre.
- Speaker #3
à réussir à passer outre du mépris envers moi.
- Speaker #2
Du mépris envers moi. Je me disais,
- Speaker #3
En disant, mais pourquoi toi ?
- Speaker #2
mais pourquoi toi ? Car toutes les autres filles elles ont leurs règles et tout va bien.
- Speaker #3
Car toutes les autres filles, elles ont leurs règles, tout va bien. Aller dans la piscine,
- Speaker #2
Elles vont à la piscine,
- Speaker #3
ils font plein de choses,
- Speaker #2
elles font plein de choses, toi tu peux rien.
- Speaker #3
tu peux arriver.
- Speaker #1
C'est important ça,
- Speaker #0
C'est important ça. Pourquoi tu ne pouvais pas y aller à la piscine ?
- Speaker #1
pourquoi tu ne pouvais pas y aller à la piscine ?
- Speaker #3
Bah,
- Speaker #2
1 parce que j'avais beaucoup beaucoup mal au ventre
- Speaker #3
un, parce que j'allais beaucoup dans le ventre.
- Speaker #2
2 je me trouvais pas bien un maillot de bain on voyait beaucoup mes os et puis l'excuse que j'avais la religion qui était vraiment vrai mais il y avait la religion il y avait les douleurs que j'avais et puis le corps que je n'acceptais pas un maillot de bain que je n'accepte toujours pas aujourd'hui un maillot de bain
- Speaker #3
Deux, je ne trouvais pas bien un maillot de bain. On voyait beaucoup mes os. Et puis, l'excuse que j'avais, la religion.
- Speaker #0
D'accord, oui, mais ça qui était effectivement... Qui était vraiment vrai. Vraiment, oui.
- Speaker #3
Mais il y avait la religion, il y avait les douleurs que j'avais, et puis le corps que je n'acceptais pas en mon époque, que je n'accepte toujours pas aujourd'hui en mon époque.
- Speaker #0
Oui, parce que c'est... Il y a différents types d'anorexie.
- Speaker #1
type d'anorexie.
- Speaker #2
Bien sûr.
- Speaker #0
Toi,
- Speaker #1
Toi,
- Speaker #0
c'est une anorexie que tu rejettes.
- Speaker #1
c'est une anorexie que tu rejettes.
- Speaker #0
L'idée,
- Speaker #1
L'idée des certaines femmes,
- Speaker #0
il y a certaines... femmes, d'ailleurs je vais en recevoir une bientôt,
- Speaker #1
d'ailleurs, je vais en recevoir une bientôt,
- Speaker #0
qui sont dans l'anorexie parce qu'elles avaient le culte de la minceur,
- Speaker #1
qui sont dans l'anorexie parce qu'elles avaient le culte de la minceur. Oui, bien sûr.
- Speaker #0
maigreur.
- Speaker #2
Absolument pas.
- Speaker #0
Mais toi,
- Speaker #1
Et toi,
- Speaker #0
absolument pas.
- Speaker #1
absolument pas.
- Speaker #0
Toi, c'est une anorexie maladive.
- Speaker #1
C'est une anorexie maladive. Toi,
- Speaker #0
Toi, ton combat aujourd'hui,
- Speaker #1
ton combat aujourd'hui,
- Speaker #0
il est de ne pas maigrir.
- Speaker #1
il est de ne pas maigrir.
- Speaker #2
Bien sûr.
- Speaker #1
Et parce qu'on est amie dans la vie,
- Speaker #0
Parce qu'on est amis dans la vie,
- Speaker #1
on peut le dire,
- Speaker #0
on peut le dire.
- Speaker #1
on sait à quel point c'est difficile.
- Speaker #0
On sait à quel point c'est difficile.
- Speaker #1
Et c'est de grossir,
- Speaker #0
Et c'est de grossir,
- Speaker #1
de prendre 2 kilos,
- Speaker #0
de prendre 2 kilos,
- Speaker #1
pour toi c'est un cadeau.
- Speaker #0
pour toi, c'est un cadeau.
- Speaker #2
Ah oui,
- Speaker #3
Un combat.
- Speaker #2
un combat.
- Speaker #0
Un combat,
- Speaker #1
Un combat.
- Speaker #0
ouais.
- Speaker #2
Un combat de tous les jours.
- Speaker #0
Un combat tous les jours. Donc,
- Speaker #1
Donc c'est important de le préciser là,
- Speaker #0
c'est important de le préciser là. C'est que toi,
- Speaker #1
c'est que toi tu as une anorexie,
- Speaker #0
tu as une anorexie très particulière qui te donnait un complexe,
- Speaker #1
une anorexie très particulière, qui te donnait un complexe,
- Speaker #0
qui ne te donnait pas la puissance que ressentent les anorexiques,
- Speaker #1
qui ne te donnait pas la puissance que ressentent les anorexiques,
- Speaker #0
au contraire.
- Speaker #1
au contraire.
- Speaker #2
C'est beau ce que tu dis.
- Speaker #0
Il y a eu...
- Speaker #1
Il y a eu...
- Speaker #0
Tu n'y vas pas vraiment,
- Speaker #1
Tu ne vas pas vraiment,
- Speaker #0
mais il y a quand même eu beaucoup de douleurs.
- Speaker #1
mais il y a quand même eu beaucoup de douleurs, je pense,
- Speaker #0
je pense, dans ces années-là,
- Speaker #1
dans ces années-là.
- Speaker #0
pas forcément de la douleur physique,
- Speaker #1
Pas forcément de la douleur physique,
- Speaker #0
la vraie,
- Speaker #1
la vraie,
- Speaker #0
celle qu'on sent et qui couche,
- Speaker #1
celle qu'on sent et qui couche,
- Speaker #0
parce que je crois qu'il n'y a pas une femme qui nous écoute qui n'a pas eu mal une fois au ventre pendant ces règles.
- Speaker #1
parce que je crois qu'il n'y a pas une femme qui nous écoute qui n'a pas eu mal une fois. au ventre pendant ses règles.
- Speaker #0
Toi,
- Speaker #1
Toi, si tu pouvais leur expliquer après ce que tu ressens sur une échelle de 1 à 10 par rapport à une femme qui a des règles sans endométriose,
- Speaker #0
si tu pouvais leur expliquer à peu près ce que tu ressens, sur une échelle de 1 à 10, par rapport à une femme qui a des règles sans endométriose,
- Speaker #1
c'est multiplié par combien ?
- Speaker #0
c'est multiplié par combien chez toi ?
- Speaker #3
Je ne saurais pas dire,
- Speaker #2
Je ne saurais pas dire,
- Speaker #3
mais moi,
- Speaker #2
mais moi je dirais puissance 10,
- Speaker #3
j'irais plus sans 10.
- Speaker #2
puissance 100,
- Speaker #3
Plus en 100,
- Speaker #2
puissance 1000.
- Speaker #3
plus en 1000.
- Speaker #2
Voilà, c'est vraiment...
- Speaker #3
C'est vraiment... En plus,
- Speaker #2
En plus, chaque douleur est différente et chaque moment de la journée,
- Speaker #3
chaque douleur est différente et chaque moment de la journée,
- Speaker #2
la douleur va être différente aussi.
- Speaker #3
la douleur est différente aussi.
- Speaker #0
Mais est-ce que,
- Speaker #1
Est-ce que par exemple on pourrait le comparer à un accouchement sans péridurale ?
- Speaker #0
par exemple, on pourrait le comparer à un accouchement sans péridurale ?
- Speaker #1
Est-ce que ça pourrait être ceci ?
- Speaker #0
Est-ce que ça pourrait être ce style de contraction ?
- Speaker #3
Ça pourrait être ça,
- Speaker #2
Ça pourrait être ça,
- Speaker #3
en ayant vécu ces contractions-là,
- Speaker #2
en ayant vécu ces contractions-là, mais en ayant un peu moins de souvenirs dessus,
- Speaker #3
mais en ayant un peu moins de souvenirs dessus, sur ces douleurs-là.
- Speaker #2
sur ces douleurs-là.
- Speaker #3
Oui,
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #3
et j'en ai encore par moments.
- Speaker #2
j'en ai encore par moments des douleurs d'endométriose aujourd'hui,
- Speaker #3
Des douleurs d'endométriose aujourd'hui, qui sont moins brutales que celles que j'avais avant,
- Speaker #2
qui sont moins brutales que celles que j'avais avant. C'est vraiment des déchirements constants.
- Speaker #3
c'est vraiment des déchirements constants.
- Speaker #2
C'est des contractions,
- Speaker #3
C'est des contractions, on va dire,
- Speaker #2
on va dire,
- Speaker #3
quand on est vraiment vers la fin de la douche.
- Speaker #2
quand on est vraiment vers l'arrivée de l'accouchement.
- Speaker #0
Oui, donc c'est puissant.
- Speaker #1
C'est puissant.
- Speaker #0
Et ce qu'il faut dire aussi,
- Speaker #1
Et ce qu'il faut dire aussi, c'est qu'à l'instar d'un accouchement où on peut être,
- Speaker #0
c'est que... À l'instar d'un accouchement où on peut être, et puis on sait que ça dure normalement,
- Speaker #1
et puis on sait que ça dure normalement,
- Speaker #0
peu de temps,
- Speaker #1
peu de temps s'est ramassé dans le timing,
- Speaker #0
c'est ramassé dans un timing, toi,
- Speaker #1
toi, tu n'as pas forcément de médicaments aujourd'hui vraiment.
- Speaker #0
t'as pas forcément de médicaments aujourd'hui vraiment adaptés.
- Speaker #1
adapté ?
- Speaker #2
Non.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
Donc pour te calmer,
- Speaker #1
pour te calmer, en fait,
- Speaker #0
en fait,
- Speaker #1
comment ça marche ?
- Speaker #0
comment ça marche ? Moi,
- Speaker #1
Moi,
- Speaker #0
j'ai envie de te demander comment tu fais ?
- Speaker #1
j'ai envie de te demander comment tu fais.
- Speaker #2
Je n'ai pas de solution miracle.
- Speaker #3
J'ai pas de solution directe.
- Speaker #2
Alors,
- Speaker #3
Alors j'ai essayé plein de traitements.
- Speaker #2
j'ai essayé plein de traitements. Aujourd'hui,
- Speaker #3
Aujourd'hui, ce qui me correspond à moi,
- Speaker #2
ce qui me correspond à moi, c'est deux traitements différents.
- Speaker #3
c'est deux traitements différents.
- Speaker #2
C'est de la biorésonance,
- Speaker #3
C'est de la biorésonance qui me fait énormément de bien,
- Speaker #2
qui me fait énormément de bien, et une fois de temps en temps,
- Speaker #3
et une fois de temps en temps,
- Speaker #2
des séances de Reiki,
- Speaker #3
des séances de Reiki qui me permettent de prendre du recul sur moi,
- Speaker #2
qui me permettent de reprendre... à prendre du recul sur moi, me reposer et qui me font du bien.
- Speaker #3
me reposer, et qui me font du bien.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #1
C'est quoi la biorésonance ?
- Speaker #0
D'accord. C'est quoi la biorésonance ?
- Speaker #2
Alors la biorésonance,
- Speaker #3
Alors la biorésonance,
- Speaker #2
c'est un système de reconnexion des énergies de son corps.
- Speaker #3
c'est un système de reconnexion des énergies de son corps. D'accord.
- Speaker #2
C'est des systèmes qui sont utilisés par les astronautes quand ils reviennent de mission.
- Speaker #3
Ce sont des systèmes qui ont été utilisés par... qui sont utilisés par les astronautes quand ils reviennent de mission, qui permettent justement de mettre certaines énergies du corps à leur place.
- Speaker #2
qui permettent justement de remettre certaines énergies du corps à leur place. Alors c'est des choses auxquelles je ne croyais pas avant,
- Speaker #3
Alors c'est des choses auxquelles je ne croyais pas. vous
- Speaker #2
que j'ai essayé par hasard à force de tout essayer,
- Speaker #3
que j'ai essayé par hasard à force de tout essayer et cette méthode là me fait du bien donc une fois de temps en temps une fois tous les deux mois
- Speaker #2
et cette méthode-là me fait du bien. Donc une fois de temps en temps, une fois tous les deux mois, j'avais commencé une fois par mois,
- Speaker #3
J'avais commencé une fois par mois puis j'ai réduit avec ma thérapeute là dessus je sais pas comment on appelle les personnes qui font de la bio résonance moi thérapeute ça me paraît être bien
- Speaker #2
puis j'ai réduit avec ma thérapeute là-dessus. Je ne sais pas comment on appelle les personnes qui font de la biorésonance. Pour moi, c'est ma thérapeute. Et puis,
- Speaker #3
Et puis on a réduit les séances et aujourd'hui j'en fais plus que deux par an
- Speaker #2
on a réduit les séances. Et aujourd'hui, j'en fais plus que deux par an.
- Speaker #0
Deux par an ?
- Speaker #1
Deux par an ?
- Speaker #3
À peu près.
- Speaker #2
À peu près, oui.
- Speaker #0
Ah oui. Mais du coup,
- Speaker #1
Mais du coup,
- Speaker #0
non mais concrètement,
- Speaker #1
non mais concrètement,
- Speaker #0
quand tes règles arrivent,
- Speaker #1
quand tu es réglable, tu as mal.
- Speaker #0
t'as mal. Oui.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Mais ça veut dire que t'as moins mal.
- Speaker #1
Mais ça veut dire que tu as moins mal depuis.
- Speaker #0
C'est comme si l'endométriose,
- Speaker #1
C'est comme si l'endométriose,
- Speaker #0
elle s'était un peu mise en sommeil depuis la biorésonance.
- Speaker #1
elle s'était un peu mise en sommeil depuis. Complètement. Malheureusement, c'est pas...
- Speaker #2
Complètement.
- Speaker #0
Ah oui. Donc ça a changé quand même un peu ta vie.
- Speaker #1
Donc, ça a changé quand même votre vie ?
- Speaker #2
Ça a beaucoup changé ma vie.
- Speaker #3
Ça a beaucoup changé ma vie.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #3
Et ça fait pas longtemps.
- Speaker #2
Oui. Et ça ne fait pas longtemps, ça fait deux ans que je fais de la biorésonance.
- Speaker #3
Ça fait deux ans que je fais de la bioresonance. Et deux ans que je vais beaucoup mieux au niveau alimentation déjà et au niveau douleur.
- Speaker #2
Et deux ans que je vais beaucoup mieux au niveau alimentation déjà et au niveau douleur. Je suis moins clouée au lit depuis deux ans qu'il y a...
- Speaker #3
Je suis moins clouée au lit depuis deux ans.
- Speaker #2
Voilà, beaucoup moins clouée au lit.
- Speaker #3
Beaucoup moins que vous.
- Speaker #2
Il y a des fois,
- Speaker #3
Des fois, ça me mettait bien deux jours couché,
- Speaker #2
ça me mettait bien deux jours couché à pouvoir rien faire du tout.
- Speaker #3
à pouvoir rien faire du tout. Et maintenant,
- Speaker #2
Et non, là ça fait deux ans où il y a beaucoup moins ces moments-là.
- Speaker #3
il y a beaucoup moins ces moments-là.
- Speaker #2
Et le Reiki m'a fait énormément de bien justement pour renouer avec mon corps.
- Speaker #3
Et le Reiki m'a fait énormément de bien, justement, pour renouer avec mon corps.
- Speaker #1
C'est assez dingue ce que tu dis,
- Speaker #0
C'est assez dingue, ce que tu dis.
- Speaker #1
c'est-à-dire que ça veut dire que ces douleurs aussi puissantes qu'elles sont,
- Speaker #0
C'est-à-dire que ces douleurs, aussi puissantes qu'elles sont,
- Speaker #1
qu'elles soient finalement plutôt que de la médecine,
- Speaker #0
qu'elles soient, Finalement, plutôt que de la médecine, tu vas chercher la non-douleur dans la thérapie parce que les médicaments n'arrivaient pas à te calmer.
- Speaker #1
tu vas chercher en fait la non-douleur dans la thérapie parce que les médicaments n'arrivaient pas à te calmer.
- Speaker #2
Non, donc apprendre à maîtriser sa douleur autrement. par l'apaisement, par ces méthodes-là. Je n'y croyais pas,
- Speaker #3
J'y croyais pas,
- Speaker #2
c'était des cours de circonstances,
- Speaker #3
c'était des cours de circonstance,
- Speaker #2
c'est des personnes que je rencontrais de par mon métier,
- Speaker #3
c'était des personnes que j'ai rencontrées au hasard.
- Speaker #2
au hasard, et que je me suis dit, tiens, on va essayer,
- Speaker #3
On n'a rien à perdre en fait.
- Speaker #2
on n'a rien à perdre, on va essayer. Et j'en ai essayé plein de petites choses dans tous les champs,
- Speaker #3
des petites choses dans tous les sens.
- Speaker #2
de la sophrologie,
- Speaker #3
La sophrologie,
- Speaker #2
des choses comme ça.
- Speaker #3
des choses comme ça.
- Speaker #2
Et c'est ce qui a marché pour moi.
- Speaker #3
Et c'est ce qui a marché pour moi.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
parce qu'en fait,
- Speaker #1
parce qu'en fait,
- Speaker #0
c'est un peu ça,
- Speaker #1
c'est un peu ça,
- Speaker #0
c'est un peu la quête à l'apaisement en réalité.
- Speaker #1
c'est un peu la quête. à l'apaisement en réalité.
- Speaker #3
C'est ça.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #1
Toi,
- Speaker #0
Toi, tu parles de petites choses.
- Speaker #1
tu parles de petites choses. Moi,
- Speaker #0
Moi, comme je te disais,
- Speaker #1
comme je te disais, je te connais.
- Speaker #0
je te connais.
- Speaker #1
Tu bois,
- Speaker #0
Tu bois,
- Speaker #1
par exemple,
- Speaker #0
par exemple, de l'eau avec des feuilles de menthe à l'intérieur.
- Speaker #1
de l'eau avec des feuilles de menthe à l'intérieur. Ça,
- Speaker #0
Ça,
- Speaker #1
c'est ton truc.
- Speaker #0
c'est ton truc.
- Speaker #1
C'est très,
- Speaker #0
C'est très, très souvent.
- Speaker #1
très souvent.
- Speaker #0
Et en même temps,
- Speaker #1
Et en même temps, il y a un tel écart entre la puissance de ta douleur et prendre de l'eau chaude et mettre de la menthe dedans.
- Speaker #0
il y a un tel écart. entre la puissance de ta douleur et prendre de l'eau chaude et mettre de la menthe dedans. En fait,
- Speaker #1
En fait,
- Speaker #0
c'est ça qui est difficilement compréhensible.
- Speaker #1
c'est ça qui est difficilement compréhensible.
- Speaker #0
C'est de se dire,
- Speaker #1
c'est De se dire,
- Speaker #0
bon sang,
- Speaker #1
bon sang,
- Speaker #0
mais il n'y a pas un médicament plus fort qu'une feuille de menthe dans de l'eau pour la calmer,
- Speaker #1
mais il n'y a pas un médicament plus fort qu'une feuille de menthe dans de l'eau pour la calmer, alors qu'on arrive à calmer des grosses douleurs.
- Speaker #0
alors qu'on arrive à calmer des grosses douleurs.
- Speaker #1
Et c'est marrant parce que c'est vrai que tu cherches,
- Speaker #0
Et c'est marrant parce que c'est vrai que tu cherches,
- Speaker #1
c'est comme si tu cherchais un remède de grand-mère à quelque chose finalement de médical.
- Speaker #0
c'est comme si tu cherchais un remède de grand-mère. à quelque chose finalement de médical. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
C'est très paradoxal en fait.
- Speaker #1
C'est très paradoxal.
- Speaker #3
De médical,
- Speaker #2
De médical, oui, mais après j'ai fait de la chirurgie,
- Speaker #3
j'ai fait la chose,
- Speaker #2
alors on m'a fait faire.
- Speaker #3
je me suis fait opérer,
- Speaker #2
Je me suis fait opérer, je me suis fait charcuter.
- Speaker #3
je me suis fait charcuter,
- Speaker #1
même je dirais et ça n'a servi à rien c'est revenu et c'est pourtant c'est la méthode la plus radicale qu'on est aujourd'hui c'est le problème aussi de l'endométriose c'est qu'on ne l'éradique pas vraiment et il revient bah oui je ne sais même pas tu vois
- Speaker #3
et ça n'a servi à rien, c'est revenu.
- Speaker #0
C'est ça le problème.
- Speaker #3
C'est la méthode la plus radicale qu'on ait aujourd'hui.
- Speaker #0
C'est le problème aussi de l'endométriose, c'est qu'on ne l'éradique pas vraiment, et alors il revient. On dit un endométriose ou une endométriose ? Je ne sais même pas. Ça revient, on va mettre le « ça » ,
- Speaker #2
ça revient la douleur revient en tout cas le cycle qui est pas voilà le problème qui est à l'intérieur revient là je sais pas s'il est revenu ou pas
- Speaker #0
c'est plus pratique.
- Speaker #3
La douleur revient. En tout cas, le cycle qui est par là. Le problème qui est à l'intérieur revient.
- Speaker #0
Oui, parce que pour rappeler...
- Speaker #3
Je ne sais pas s'il est revenu ou pas. Je n'ai pas été refaire d'examen.
- Speaker #2
Je n'ai pas été refaire d'examen. Ça aussi,
- Speaker #0
Ça aussi, c'est important.
- Speaker #1
ça importe les écrans.
- Speaker #0
À un moment donné, on arrête les examens.
- Speaker #1
On vit avec soi-même.
- Speaker #0
On vit avec soi-même. C'est un échec de la médecine pour toi.
- Speaker #1
C'est un échec de la médecine.
- Speaker #0
C'est le point faible du monde médical,
- Speaker #1
C'est le point faible du monde médical de ne pas y arriver.
- Speaker #0
de ne pas y arriver. Quand tu vois qu'on arrive à guérir un cancer,
- Speaker #1
Quand tu vois qu'on arrive à guérir un cancer,
- Speaker #0
quand tu vois qu'aujourd'hui des gens atteints de VIH arrivent à vivre presque,
- Speaker #1
quand tu vois qu'aujourd'hui des gens à temps de VIH arrivent à vivre presque... Presque,
- Speaker #0
presque, parce que presque normalement,
- Speaker #1
presque normalement.
- Speaker #2
Je suis de nature optimiste.
- Speaker #3
et toi,
- Speaker #0
il y a du progrès.
- Speaker #2
Il y a du progrès aujourd'hui.
- Speaker #3
Aujourd'hui,
- Speaker #0
il y a du progrès.
- Speaker #3
Aujourd'hui,
- Speaker #2
Aujourd'hui, il y a du progrès.
- Speaker #3
quand on voit une jeune fille qui a énormément mal au ventre,
- Speaker #2
Aujourd'hui, quand on voit une jeune fille qui a énormément mal au ventre quand elle a ses règles,
- Speaker #3
c'est une règle. Les médecins,
- Speaker #2
les médecins aujourd'hui n'hésitent pas à envoyer un centre spécialisé pour détecter rapidement si elle est endométriose ou pas.
- Speaker #3
aujourd'hui, n'hésitent pas à envoyer en centre spécialisé pour détecter rapidement si elle a endométriose ou pas.
- Speaker #2
Alors je ne sais pas si on la soigne tout de suite ou pas,
- Speaker #3
Je ne sais pas si on la soigne tout de suite ou pas,
- Speaker #2
mais en tout cas,
- Speaker #3
mais en tout cas,
- Speaker #2
elle est à détecter très vite,
- Speaker #3
elle est à détecter très vite, ce qui permet tout de suite aux filles d'accéder à certains soins qui leur sont particulièrement destinés.
- Speaker #2
ce qui permet tout de suite aux filles... d'accéder à certains soins qui leur sont particulièrement destinés.
- Speaker #1
Parce que si on la détecte vite,
- Speaker #0
Parce que si on la détecte vite,
- Speaker #1
il y a plus de chances de l'enrayer ?
- Speaker #0
il y a plus de chances de l'enrayer ?
- Speaker #2
Je pense que oui.
- Speaker #3
Je pense que oui.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Parce que justement,
- Speaker #3
Parce que justement,
- Speaker #2
c'est ce système de cycle régulier qui revient,
- Speaker #3
c'est ce système de cycle régulier qui revient.
- Speaker #2
qui fait que ça grossit,
- Speaker #3
qui fait que ça grossit, que l'endométriose grossit,
- Speaker #2
que l'endométrium grossit, qui prend de la place et qui peut faire plus de mal.
- Speaker #3
qui prend de la place et qui peut faire plus de mal. C'est chaque cycle que se recharge.
- Speaker #2
C'est chaque cycle que se recharge. Alors,
- Speaker #3
Alors je ne sais pas si tu connais vraiment l'endométriose,
- Speaker #2
je ne sais pas si tu connais vraiment l'endométriose,
- Speaker #3
si tu avais été regarder ce que je t'expliquais avant.
- Speaker #2
si tu avais été regarder ce que je t'expliquais à un moment donné.
- Speaker #0
Oui, ben si,
- Speaker #2
Voilà,
- Speaker #0
parce que...
- Speaker #2
voilà, les histoires de cycles.
- Speaker #3
Les histoires de cycles,
- Speaker #2
Et du coup,
- Speaker #3
et du coup,
- Speaker #2
ça se recharge à chaque cycle.
- Speaker #3
ça se recharge à chaque cycle.
- Speaker #2
Donc, plus les années passent,
- Speaker #3
Donc plus les années passent,
- Speaker #2
plus le kyste d'endométriose grossit en fait.
- Speaker #3
plus le kyste d'endométriose grossit en fait.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
D'accord, alors que si on le prend... Peut-être,
- Speaker #2
Peut-être. Je n'ai jamais rencontré de jeunes filles aujourd'hui atteintes et savoir quels remèdes elles ont ou si on les accompagne vraiment.
- Speaker #3
j'ai jamais rencontré de jeune fille aujourd'hui... atteinte et savoir quels remèdes elles ont ou si on les accompagne vraiment.
- Speaker #2
Mais je sais qu'il y a beaucoup de centres aujourd'hui.
- Speaker #3
Mais je sais qu'il y a beaucoup de centres aujourd'hui. Moi, j'en parle aussi de mon côté qu'il y a des médecins qui font plus attention aujourd'hui.
- Speaker #2
J'en parle aussi de mon côté qu'il y a des médecins qui font plus attention aujourd'hui. Mon médecin traitant aujourd'hui pose la question à chacune des jeunes filles depuis qu'il a détecté avec moi l'endométriose.
- Speaker #3
Mon médecin traitant aujourd'hui me pose la question à chaque une des jeunes filles depuis qu'il a détecté avec moi l'endométrie.
- Speaker #0
Est-ce que tu ne penses pas aussi qu'au-delà de la soigner,
- Speaker #1
Est-ce que tu ne penses pas aussi qu'au-delà de la soigner,
- Speaker #0
ce n'est pas aussi une manière...
- Speaker #1
Ce n'est pas aussi une manière de les légitimiser dans leur douleur.
- Speaker #0
de les légitimiser dans leur douleur. Moi,
- Speaker #1
Moi, ce que j'entends beaucoup en t'écoutant,
- Speaker #0
ce que j'entends beaucoup en t'écoutant, c'est
- Speaker #1
c'est
- Speaker #0
« Ouais, bon,
- Speaker #1
« Ouais, bon, c'est bon,
- Speaker #0
elle a ses règles,
- Speaker #1
elle a ses règles,
- Speaker #0
elle a mal,
- Speaker #1
elle a mal, il faut faire un pataquès. »
- Speaker #0
il faut qu'on fasse un pataquès. »
- Speaker #1
Et en vrai,
- Speaker #0
Et en vrai, du coup,
- Speaker #1
du coup,
- Speaker #0
on a un peu l'impression que la société pose un jugement de valeur.
- Speaker #1
on a un peu l'impression que la société pose un jugement de valeur. Ces filles qui ont mal au ventre,
- Speaker #0
Ces filles qui ont mal au ventre,
- Speaker #1
il ne faut pas qu'elles restent dans
- Speaker #0
Il ne faut pas qu'elle reste dans « tant pis,
- Speaker #1
« tant pis,
- Speaker #0
c'est normal,
- Speaker #1
c'est normal,
- Speaker #0
j'ai mes règles,
- Speaker #1
j'aimerais… »
- Speaker #0
parce que ta mère,
- Speaker #1
parce que ta mère,
- Speaker #0
ta grand-mère,
- Speaker #1
ta grand-mère, ta meilleure grand-mère,
- Speaker #0
ton arrière-grand-mère, elle a eu mal.
- Speaker #1
elle a eu mal. Ben, oh ben c'est bon,
- Speaker #0
Oh, c'est bon,
- Speaker #1
c'est normal.
- Speaker #0
c'est normal. »
- Speaker #1
Et en fait,
- Speaker #0
En fait,
- Speaker #1
est-ce que justement la détection,
- Speaker #0
est-ce que justement la détection, au-delà de la soigner,
- Speaker #1
au-delà de la soigner, cette endométriose,
- Speaker #0
cette endométriose, ce n'est pas juste déjà de leur dire
- Speaker #1
c'est pas juste déjà de leur dire attention,
- Speaker #0
« attention, vous êtes normale,
- Speaker #1
vous êtes normal,
- Speaker #0
votre douleur n'est pas normale,
- Speaker #1
votre douleur n'est pas normale, mais vous,
- Speaker #0
mais vous, vous n'êtes pas démenteuse. »
- Speaker #1
vous n'êtes pas démenteuse.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
C'est de les remettre dans le...
- Speaker #0
C'est de les remettre dans ce…
- Speaker #3
C'est justement ça,
- Speaker #2
C'est justement ça, le fait qu'on pose la question déjà,
- Speaker #3
le fait qu'on pose la question déjà.
- Speaker #2
qu'on te dise t'as mal,
- Speaker #3
qu'on te dise t'as mal mais t'as mal comment ?
- Speaker #2
mais t'as mal comment ?
- Speaker #3
Beaucoup,
- Speaker #2
Beaucoup ou pas beaucoup ?
- Speaker #3
c'est pas des questions qu'on posait avant j'aurais que de poser la question t'as mal comment sur une échelle de temps à temps t'as mal comment ?
- Speaker #2
C'est pas des questions qu'on me posait avant. Déjà rien que de poser la question, t'as mal comment ? une échelle de temps à temps, t'as mal comment ?
- Speaker #3
Il n'y a rien que de savoir qu'il y a une échelle de douleur qui est donnée aux menstruations c'est important parce qu'avant c'était t'as mal,
- Speaker #2
J'ai rien que savoir qu'il y a une échelle de douleur qui est donnée aux menstruations. C'est important. Parce qu'avant, c'était t'as mal,
- Speaker #3
t'as mal,
- Speaker #2
t'as mal, c'est parce que t'as tes règles.
- Speaker #3
c'est parce que t'as tes règles t'as mal comment,
- Speaker #2
Il n'y avait pas de t'as mal comment,
- Speaker #0
la douleur elle est comment c'est comme quand on accouchait avant,
- Speaker #2
la douleur, elle est comment. Non.
- Speaker #1
C'est comme quand on peut accoucher avant, il n'y avait pas de péridural,
- Speaker #0
il n'y avait pas de péridural mais tout le monde trouvait ça normal.
- Speaker #1
mais tout le monde trouvait ça normal. Aujourd'hui,
- Speaker #0
Aujourd'hui, on a le choix d'accoucher avec ou sans péridurale,
- Speaker #1
on a le choix d'accoucher avec ou sans péridural,
- Speaker #0
mais on a compris que ce n'est pas parce qu'on est une femme,
- Speaker #1
mais on a compris que c'est pas parce qu'on est une femme Je veux dire,
- Speaker #0
je veux dire, ce n'est pas notre péché mortel de vivre avec de la douleur.
- Speaker #1
ce n'est pas notre péché mortel de vivre avec de la douleur. Et justement,
- Speaker #0
Et justement,
- Speaker #1
c'est vraiment ça l'endométriose.
- Speaker #0
c'est vraiment ça l'endométriose.
- Speaker #1
Oui, le degré de douleur.
- Speaker #0
C'est de se dire,
- Speaker #1
C'est de se dire,
- Speaker #0
ce n'est pas parce qu'on a nos règles qu'on doit avoir mal.
- Speaker #1
ce n'est pas parce qu'on a nos règles. qu'on doit avoir même. On n'a pas un seau comme ça posé sur la femme en disant tu es femme donc tu souffres.
- Speaker #0
On n'a pas un seau comme ça posé sur la femme en disant… Tu es femme, donc tu souffres. Et c'est une vraie reconnaissance du coup de la maladie.
- Speaker #1
Et c'est une vraie reconnaissance du coup de la maladie,
- Speaker #0
On peut presque parler de handicap,
- Speaker #1
on peut presque parler de handicap tu penses ?
- Speaker #0
tu penses ?
- Speaker #3
On pourrait,
- Speaker #2
On pourrait, parce que vraiment,
- Speaker #3
parce que vraiment, par moments,
- Speaker #2
par moments, quand tu te retrouves deux jours clôt au lit sans pouvoir rien faire du tout,
- Speaker #3
on trouve deux jours sans pouvoir rien faire du tout.
- Speaker #2
comment tu le justifies ?
- Speaker #3
Comment tu le justifies ? J'ai mes règles.
- Speaker #2
J'ai mes règles.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
C'est ça. J'ai mes règles.
- Speaker #2
J'ai mes règles.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #1
Et là,
- Speaker #0
Là, tu parles dans le monde du travail aussi.
- Speaker #1
tu parles dans le monde du travail aussi.
- Speaker #3
Dans le monde du travail,
- Speaker #2
Dans le monde du travail, surtout.
- Speaker #0
oui. Parce qu'il y a un vrai,
- Speaker #1
Parce qu'il y a un vrai saucisse.
- Speaker #0
ça aussi, c'est un vrai impact.
- Speaker #1
Surtout,
- Speaker #2
j'ai eu la chance,
- Speaker #3
J'ai eu la chance, moi,
- Speaker #2
moi,
- Speaker #3
après,
- Speaker #2
après,
- Speaker #3
d'avoir des managers,
- Speaker #2
d'avoir des managers à chaque fois super à l'écoute.
- Speaker #3
en chaque fois, super à l'écoute,
- Speaker #2
Donc,
- Speaker #3
qui m'ont proposé du télétravail,
- Speaker #2
qui m'ont proposé du télétravail, des choses comme ça,
- Speaker #3
des choses comme ça.
- Speaker #2
très tôt.
- Speaker #0
Oui, parce que j'allais dire à l'époque,
- Speaker #1
À l'époque.
- Speaker #0
parce que voilà.
- Speaker #2
Oui, à l'époque.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #3
à l'époque,
- Speaker #2
J'ai 45 ans aujourd'hui.
- Speaker #3
j'ai 45 ans aujourd'hui.
- Speaker #2
Mon premier télétravail,
- Speaker #3
Il y a 20 ans. C'est quand j'avais 21 ans.
- Speaker #2
c'est quand j'avais 21 ans. Et j'étais hyper contente de l'avoir.
- Speaker #3
Et j'étais hyper contente de l'avoir.
- Speaker #2
Je me rappelle de Madame Nourisson,
- Speaker #3
Je me rappelle de Madame Lourisson.
- Speaker #2
qui était ma première patronne à Montbrison dans la Loire,
- Speaker #3
qui était ma première patronne à Montbrison dans la Loire, qui m'a dit « ça va pas,
- Speaker #2
qui m'a dit « ça va pas,
- Speaker #3
tu restes à la maison et tu travailles de la maison » .
- Speaker #2
tu restes à la maison et tu travailles de la maison » .
- Speaker #0
C'était très très précurseur,
- Speaker #1
C'était vrai. très très précurseur.
- Speaker #0
on est d'accord.
- Speaker #2
Mais complètement !
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Complètement !
- Speaker #0
On a parlé de l'endométriose sur un point de vue physique,
- Speaker #1
On a parlé de l'endométriose sur d'un point de vue physique, physiologique,
- Speaker #0
physiologique, mais l'endométriose c'est aussi son rapport à soi-même.
- Speaker #1
mais l'endométriose c'est aussi son rapport à soi-même. Est-ce que tu t'es sentie moins femme ?
- Speaker #0
Est-ce que tu t'es sentie moins femme ? Comme diminuée par quelque chose ? Ou est-ce que ça, pas du tout ?
- Speaker #1
Absolument pas. Non, non. Vraiment pas, parce que je ne savais pas ce que c'était l'endométriose. Je ne savais pas que j'en avais une. Moins femme, non. Au contraire, j'avais des douleurs de règles d'une femme plus importante. Mais j'avais mes règles, donc j'étais une femme.
- Speaker #0
D'accord. Ah oui. Ah oui, d'accord. C'est le rapport que j'avais comme ça. Après,
- Speaker #1
c'est le rapport que j'avais aussi avec cette notion d'être femme dans ma culture aussi.
- Speaker #0
Et alors, il y a effectivement toute la partie physique, regard des autres, mais qui dit aussi entrer dans la société d'amour, des couples, des sexualités. Est-ce que l'endométriose va jouer un rôle là-dedans ? Par exemple, justement, tu parlais de faire un bébé. Alors toi, tu n'en étais pas consciente, effectivement, quand tu as eu ta fille. Mais le fait d'avoir très très mal comme ça, d'être couché, est-ce que c'est compliqué d'en parler à un homme ? Comment tu as vécu avec ça ?
- Speaker #1
Je n'en parlais pas.
- Speaker #0
Oui, mais il fallait bien que tu étais couché.
- Speaker #1
Je n'ai pas eu près... beaucoup d'amour, des choses comme ça. Après, de ma culture, je ne couchais pas beaucoup chez mes copines non plus. Donc, on ne voyait pas que j'avais ce problème-là. Enfin, je le cachais peut-être aussi. Ce n'est pas quelque chose que je mettais en avant surtout. Parce que les règles, c'est intime. On n'en parle pas. C'est pudique aussi. Dans la culture aussi, on ne parlait pas des règles facilement, ouvertement. Donc, je n'en parlais pas. Personne ne le savait en fait.
- Speaker #0
Bon, mais quand tu rencontres le papa de ta fille, là tu viens bien, il le voit quand même.
- Speaker #1
Oui, j'ai des règles douloureuses, j'ai très mal au ventre.
- Speaker #0
D'accord, mais il y a quand même une énorme banalisation.
- Speaker #1
Et puis comme j'étais maigre aussi en plus, voilà, donc je n'avais pas forcément le corps qui faisait que j'aurais moins mal. Mon corps était plus faible puisque je mangeais moins. Donc c'était lié en fait, les deux étaient liés.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas un peu une culpabilisation de toi à ce moment-là ? « Ah, si tu mangeais plus, tu aurais peut-être moins mal, si tu as de la côte, tu aurais plus de poiret. »
- Speaker #1
Mais si, si, si, là-dessus, beaucoup. Il faut que tu manges, il faut que tu manges, il faut que tu manges, il faut que tu manges, il faut que tu manges. « Ah, tu n'as pas mangé ? Tu as mangé ce midi ? Tu n'as pas mangé ? » C'était des questions constantes que moi je n'avais pas forcément, que je ne me posais pas. je mangeais quand j'avais faim quand je pouvais manger.
- Speaker #0
Quand tu pouvais manger, surtout.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Tu t'es posé la question de savoir si tu arriverais à avoir un bébé, tellement tu avais mal au ventre, ou finalement, pour toi, c'était au contraire tellement normal d'avoir mal au ventre quand on avait ces règles, que tu ne t'es pas posé la question ?
- Speaker #1
Je ne me suis absolument pas posé la question. Je me suis posé la question après avoir su que j'avais une endométriose.
- Speaker #0
En rétrospectivement parlant, oui.
- Speaker #1
J'ai une endométriose, mais du coup, là, si je veux avoir un autre bébé, en fait, je ne pourrais pas. Voilà.
- Speaker #0
Mais ta fille, comment se passe la grossesse ?
- Speaker #1
Bien.
- Speaker #0
Du coup, tu n'avais plus de douleurs ?
- Speaker #1
Non, je n'avais plus ces douleurs-là.
- Speaker #0
Tu n'avais que 9 mois finalement.
- Speaker #1
Moins de 9 mois du coup, puisque je n'étais pas très épaisse non plus. Je n'ai pris que 6 kilos pendant ma grossesse. Donc, j'ai eu une grossesse prématurée. Parce que le corps a cessé qu'elle aussi.
- Speaker #0
Oui. Donc ma grossesse,
- Speaker #1
j'étais contente d'être enceinte, contente d'avoir un bébé. Par contre, ma grossesse physiquement, ce n'est pas très bien passé. Émotionnellement, heureuse, mais physiquement, très dure. Parce que je n'avais pas ce qu'il fallait.
- Speaker #0
Tu veux dire en vitamines ? En vitamines,
- Speaker #1
en force. J'étais à 52 kilos.
- Speaker #0
Moi,
- Speaker #1
je ne me rends pas compte. Ce n'est pas énorme pour être enceinte. J'ai pris 6 kilos pendant ma grossesse et c'était énorme.
- Speaker #0
Pour moi, c'était énorme.
- Speaker #1
Et pour les médecins, c'était hyper important.
- Speaker #0
Tu ne vis pas forcément ta grossesse physiquement super bien alors ?
- Speaker #1
Non, j'ai accouché à 7 mois et demi.
- Speaker #0
Ah oui, c'est super tôt.
- Speaker #1
Et j'ai passé les deux derniers mois à l'IT, sachant qu'on m'a arrêtée de travailler à quatre mois de grossesse.
- Speaker #0
Ah oui, c'est marrant parce qu'en t'entendant... C'est assez étrange, je m'attendais à parler vraiment endométriose avec toi et c'est comme si en fait la plus grosse difficulté que tu rencontrais c'était finalement l'anorexie. En fait c'est comme si cette endométriose, même là encore, elle se cache sans arrêt pour pas que t'en parles. C'est assez pernicieux en fait.
- Speaker #1
pas exister en fait. L'endométriose, j'ai tellement pas eu ce mot-là de poser dessus tout de suite. Le premier mot, ça a été anorexie. Quand tu te construis à 16 ans, 15 ans et demi, 16 ans, on te dit anorexique, mais elle se fait pas vomir. Enfin, tu vois, anorexie boulimie déjà. Mais pourtant, pourtant, elle est pas grosse. Parce que tu vois, c'est très dur de... De parler après d'endométriose, de pensée maternité, ce côté féminin. C'était plutôt le côté anorexie alors que moi je ne voulais pas être maigre.
- Speaker #0
Oui, c'est ça en fait. Mais toi tu te sentais malade ? Oui ! Oui, toi tu te sentais malade ?
- Speaker #1
Oui, je savais qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Malade comment, je ne sais pas. Est-ce que c'est mes intestins ? Est-ce que c'est mon estomac ? Est-ce que c'est autre chose ? C'est quelque chose, c'est quelque chose qui ne va pas.
- Speaker #0
Tu sentais que quelque chose n'allait pas, mais finalement au fait... Tout a été masqué par cette anorexie ? Oui.
- Speaker #1
Absolument tout, les nutritionnistes, absolument tout.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en fait...
- Speaker #1
Même le parcours médical est resté sur de l'anorexie, et j'ai été traitée pour de l'anorexie, alors que je n'étais pas anorexique.
- Speaker #0
Tu es devenue. Je le suis devenue.
- Speaker #1
Ah oui, oui, je le suis devenue. Et puis on en guérit très difficilement, puisque du coup, l'estomac a rétréci, puisque dans ta tête, beaucoup de choses se passent.
- Speaker #0
Oui, parce que finalement, après, toi, tu t'es construite en te disant, je le répète parce que c'est important, tu ne t'es pas dit « je veux maigrir » . Toi, tu te disais « si je ne mange pas, je diminue les vomissements » . C'était ta manière de traiter ta douleur, en fait. Toi, c'était juste un lien de cause à effet que tu as fait dans ta tête. Après, je note quand même, c'est beaucoup de solitude tout ça. Peu d'écoute, très peu. Très peu. Oui. C'est beaucoup, beaucoup de solitude quand même. Parce qu'à 15 ans, 14 ans, arriver à faire ce schéma-là en disant « je vais m'arrêter de manger pour essayer de ne plus avoir mal » , ton médecin de famille ne disait rien. Rien. Rien.
- Speaker #1
Et puis c'est les médecins de famille. Oui. C'est tout le monde. Le médecin de famille venait à la maison, il passait le grand frère, le petit frère, le papa, la maman et puis toi par derrière. Oh putain, la petite fille, la petite gringuette. Oui.
- Speaker #0
Oui, parce que c'est ça en fait. La petite, elle est mignonne, elle est maigrichonne, c'est pas grave. Et ça aussi, le regard de la société, il est terrible. Parce que t'es maigrichonne, au début on te dit c'est pas grave. Et après on te culpabilise parce que tu deviens anorexique.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Du coup, il y a plein de choses que tu fais pas. C'est quand même perturbant tout ça. Il y a eu beaucoup de non-dits. Beaucoup, beaucoup.
- Speaker #1
C'est surtout les non-dits qui font que ça a été dur.
- Speaker #0
Si tu te repenses, tu penses que si on avait posé un diagnostic, avec des si, je suis d'accord, mais si on avait posé un diagnostic avant, sur vraiment l'endométriose, tu penses que ton anorexie aurait été aussi forte ? Parce que de toute façon, dans ta tête, même si les médecins disaient, toi tu disais, je vomis. Si je ne mange pas, je ne vomis pas. Mais est-ce que tu penses que ça aurait pu changer quelque chose ?
- Speaker #1
Peut-être. Peut-être. On aurait essayé autre chose. Mes parents auraient essayé autre chose. Mes parents ont été géniaux. Mon père savait que j'avais mal quelque part, donc il a essayé de me faire soigner. Il m'a emmenée voir des spécialistes, mais pour tout ce qui est gastrique, en fait.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Si on lui avait dit qu'il fallait aller chercher ailleurs, il aurait cherché ailleurs. Je suis persuadée.
- Speaker #0
Oui, parce que ton papa, il entendait ta douleur.
- Speaker #1
Bien sûr ! Il ne comprenait pas.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Il ne comprenait pas. J'avais tout ce que je voulais, je manquais de rien.
- Speaker #0
Oui, parce qu'il était pour lui.
- Speaker #1
Il n'y avait pas de raison d'avoir mal, il n'y avait pas besoin de raison de simuler une douleur.
- Speaker #0
Oui, donc il sentait que tu étais honnête dans ta douleur, mais lui s'est retrouvé finalement face à l'impuissance.
- Speaker #1
Oui, et puis moi, ce que c'était pendant mes règles, pas pendant mes règles, on n'en parlait pas forcément. J'avais mal au ventre en constance, ma mère voyait que c'était au moment de mes règles, elle disait « oh mais c'est ses règles » . Mais ce n'est pas des choses qu'on avait dit forcément au médecin non plus tout de suite. C'est vraiment moi après aussi avec le temps qui en ai parlé.
- Speaker #0
Donc on revient bien à ce problème de non-dit. Bien sûr.
- Speaker #1
C'est ce que je te dis, beaucoup de non-dit, de pudeur sur quelque chose qui ne doit pas en avoir.
- Speaker #0
Non. C'est important ce que tu dis. Il y a la pudeur sur quelque chose qui ne doit pas en avoir.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Parler des règles, c'est naturel.
- Speaker #1
C'est naturel.
- Speaker #0
Ouais. On peut parler de la pudeur sur plein d'autres sujets, mais là, il n'y a pas de pudeur. Parce que c'est cette pudeur-là...
- Speaker #1
Alors parler des règles, on ne va pas forcément parler des moments où tu les as. Non, juste parler des règles, et ce n'est pas de la pudeur. Non, au contraire.
- Speaker #0
Au contraire.
- Speaker #1
C'est de l'éducation.
- Speaker #0
Oui, exactement. C'est important de le dire. Parce que si, voilà, peut-être que si tu en avais parlé ou d'autres personnes en avaient parlé à des médecins, vraiment, peut-être qu'effectivement, un diagnostic aurait pu être posé.
- Speaker #1
J'ai des copines aujourd'hui qui, parce que j'ai une endométriose, quand leurs filles ont la même génération que ma fille, 12-14 ans, elle leur pose la question souvent même un peu trop même.
- Speaker #0
Du coup c'est le deuxième, mais vaut mieux trop que pas assez.
- Speaker #1
Vaut mieux trop que pas assez je pense. Et puis la douleur évolue de 12 à 15 ans, elle évolue justement la construction du cycle.
- Speaker #0
Ça c'est vrai. Et l'amour alors dans tout ça ? Une fois que donc tu as eu ta fille, tu t'es séparé du papa, Tu apprends. Donc là, tu poses enfin un diagnostic sur l'endométriose. D'accord ? Donc je pense que ça a dû dans ta tête quand même...
- Speaker #1
Changer beaucoup de choses.
- Speaker #0
Changer beaucoup de choses. Oui. Ça a changé quoi d'ailleurs ?
- Speaker #1
Rien. Juste que je n'ai pas un rapport particulier avec la nourriture. Ce n'est pas du tout rien. Moi, je me rassurais en me disant non, mais en fait, tu n'as pas un problème avec la bouffe en particulier.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Voilà. Rien que ça déjà. C'est énorme.
- Speaker #0
Tu t'es rabibochée avec toi-même ?
- Speaker #1
Beaucoup. Je suis encore en rabibochage.
- Speaker #0
Mais la pelote se construit. Voilà,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Ça fait du bien, ça déculpabilise.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Donc l'amour dans tout ça, chère Zaynab.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Comment on se reconstruit ? Je te parle de l'amour. Et comment on explique à la personne ? forcément je le connais, mais à la personne qui deviendra ton mari, que tu as de l'endométriose, que c'est compliqué, que ça demande des ajustements quand même importants. Comment t'as fait ?
- Speaker #1
Je ne l'ai pas expliqué. Avec mon mari, je ne l'ai pas expliqué, il l'a vu. On s'est rencontrés quand je m'étais séparée déjà du père de ma fille. On s'est rencontré et puis on a passé beaucoup de temps ensemble. Et il a vu, tout simplement. Il ne comprenait pas, donc il a questionné. Il s'est intéressé à moi, tout simplement, aux douleurs que je pouvais avoir. Qu'est-ce que je peux faire pour te soulager ? Des choses qu'on ne m'a pas forcément dit avant.
- Speaker #0
Juste ces mots-là,
- Speaker #1
quoi. Qu'est-ce que je peux faire pour te soulager ? Qu'est-ce qui pourrait te soulager ? Moi-même, je ne savais pas ce qui pourrait me soulager, mais ne serait-ce qu'avoir quelqu'un qui se pose la question. Et puis, qui va en pharmacie demander, voilà, qu'est-ce qu'on peut faire ? Et puis, me demander à moi, mais qu'est-ce que tu as fait ? Quel médecin tu vas ? Qu'est-ce qu'ils en disent les médecins ?
- Speaker #0
Oui, vraiment, tu l'as partagé.
- Speaker #1
Oui. Là, c'était vraiment le partage de douleurs quotidiennes. Enfin, voilà, comme tu vis avec quelqu'un que tu aimes, qui voit ce que tu fais, qui dit, pourquoi tu fais ça ? Et qui s'intéresse à toi. Donc, il s'est intéressé à moi, et puis, il m'a poussée à aller plus à proche. approfondir le sujet.
- Speaker #0
Est-ce que c'est aussi lui qui te fait comprendre qu'en fait tu as une maladie qui s'appelle l'endométriose mais du coup il arrive à poser des mots sur des mots M A U X C'est aussi son regard finalement qui vient te faire basculer en disant mais finalement c'est pas que ma tête J'ai un vraiment... Il a reconnu... D'accord, mais... Tu n'as jamais eu peur au début que ça lui fasse peur ? Non,
- Speaker #1
non. Parce que quand j'ai rencontré mon mari, je n'étais pas partie pour me marier ou avoir… Ce n'était pas forcément quelqu'un… Il pense ce qu'il pense en fait, tant pis.
- Speaker #0
Il y avait un lâcher prise.
- Speaker #1
Complètement. C'était « écoute, je suis comme ça » . Et il pensera que s'il me kiffe comme ça, tant mieux. S'il ne me kiffe pas, tant pis.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Mais après, tu t'attaches.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et après… Donc,
- Speaker #1
ça t'a fait très vite et il a fait très attention très vite, justement. En me disant, tu vas voir, en une semaine, moi, je vais t'en faire prendre du poids.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et puis, il a essayé, il a vu. Et en une semaine, il a vu qu'il y avait plein de choses qui, à l'époque, c'était au-delà de la nourriture, de la cuisson ou de l'aliment en question ou des choses comme ça. Et ça a été très, très vite.
- Speaker #0
Arrive quand même le problème, en tout cas, la problématique d'un bébé.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et ça quand même, l'endométriose plus l'anorexie si tu veux, ou l'endométriose slash slash anorexie. Comment dans un couple, pour toi, comment dans ton couple, parce qu'on n'a pas la parole universelle, comment dans ton couple tu arrives à passer ce cap ? Parce que vous avez essayé.
- Speaker #1
C'est très dur. Très dur. On dit, il faut se coucher, il faut se coucher. Et puis voilà.
- Speaker #0
Un moment donné, tu as dit, toi, tu as posé des mots en disant, je crois que je ne peux plus.
- Speaker #1
Je ne veux plus.
- Speaker #0
Oui. Il a réussi à l'entendre.
- Speaker #1
Ah oui, oui, complètement. Au contraire même.
- Speaker #0
Oui, c'est lui qui l'a arrêté. Au contraire.
- Speaker #1
Ah oui, au contraire. Au contraire. Il me dit, je préfère te garder toi plutôt que te perdre. Et à un moment donné, physiquement, c'est très dur.
- Speaker #0
Oui. Il y a une vraie culpabilité.
- Speaker #1
Physiquement, rien que physiquement. Vraiment, physiquement, réellement, physiquement, c'est très dur. Quand tu ne fais que 42 kilos et que tu fais deux fausses couches, c'est très dur de récupérer physiquement.
- Speaker #0
Oui, on n'a pas cette notion. Au-delà du mental. Tu l'ancres vraiment dans ton corps.
- Speaker #1
Oui, parce qu'il faut que, voilà, pour accueillir, il faut aussi que le corps soit en bonne santé. Sinon, tu ne fais pas un enfant en bonne santé non plus.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. T'as eu peur pour ta fille ? T'as peur pour ta fille qu'elle ait ce genre de... Oui. Comment tu le traverses ? Quand tu lui en parles ?
- Speaker #1
Elle le sait, elle l'a vu, elle l'a vécu. Elle a été d'un soutien aussi malgré ses 14 ans.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Voilà, elle l'a vu. Et au contraire, c'est même elle qui va me dire « Oula, j'ai un peu plus mal que d'habitude aujourd'hui » .
- Speaker #0
Tu penses que ça l'angoisse ?
- Speaker #1
L'angoisse, c'est non. Se faire poser beaucoup de questions, oui. Sur justement comment se développe son corps, comment ça se passe à l'intérieur, elle compte bien ses jours, enfin voilà, toutes ces petites choses-là qui sont importantes pour vraiment déterminer s'il y a des douleurs ou pas.
- Speaker #0
Mais ça, toi, dans ta vision des choses, est-ce que tu penses que ta fille, justement, de faire ça, c'est... Si, ce n'est pas un signe d'angoisse, d'inquiétude ?
- Speaker #1
Si, c'est un signe d'inquiétude. Parce qu'elle n'a pas envie d'être malade comme moi je l'ai été.
- Speaker #0
Et ça s'est déclenché pratiquement à son... Là, elle est sur 14 ans. Donc c'est toi, c'est ce que tu me disais, c'est à partir de 14-15 ans que vraiment ça a commencé à se déclencher. Vous en parlez un peu de cette angoisse ?
- Speaker #1
Je ne vais pas forcément donner l'âge à laquelle ça a commencé. Pour moi. Parce que je suis incapable de lui dire à quel âge réellement j'ai eu des fortes douleurs. Voilà, juste surveille tes douleurs. Si tu as vraiment très mal, tu m'en parles.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà, si la douleur, tu sens que tu as mal, mais que c'est surmontable, mais s'il y a des choses que tu ne peux plus faire, que tu fais d'habitude parce que tu as très mal, ce n'est pas normal. Alors peut-être que je vais trop loin aussi avec elle, mais... Je me dis qu'on camoufle tellement certaines douleurs que je préfère qu'elles ne les camouflent pas, quitte peut-être à en faire un peu trop. On pourra toujours voir s'il y en a trop, que quand il n'y en a pas assez.
- Speaker #0
Aujourd'hui, il existe un lien, par exemple, d'hérédité sur l'endométriose. On peut faire des tests ?
- Speaker #1
Il n'y a pas forcément de lien. De ce que je sais après. pousser non plus mes recherches très loin.
- Speaker #0
Est-ce que ta fille n'est plus suivie par exemple ? Non. Pour l'instant,
- Speaker #1
elle n'est pas suivie du tout. Voilà. Pas par un gynécologue. Je ne l'ai fait faire aucun examen. Elle ne manifeste pas de douleur constante donc je ne vais pas m'alarmer pour rien. Si elle avait très mal, on aurait été faire des examens. Mais pour l'instant, elle n'a pas très mal. Voilà. Donc il n'y a pas de raison pour l'instant d'aller s'alarmer.
- Speaker #0
Elle est super... Je reviens là-dessus parce que je pense que c'est la clé en fait. Elle est super mince cette frontière entre une douleur normale. et une douleur d'endométriose.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut considérer qu'une douleur normale, c'est une douleur qui arrive ? Pour essayer de donner aux femmes un... Parce que la normalité de la douleur, elle n'en a pas. Donc, toi, tu dirais, si tu as mal la veille, et puis le premier jour, et que quand tu prends un cachet... On ne parle pas de morphine. Non, un petit spasfon. Ça passe, un petit spasfon, ça passe. Là, on est dans une douleur qui est, on peut dire, acceptable parce qu'il y a quand même un mécanisme à l'intérieur qui est, techniquement parlant, ça contracte pour expulser. Donc, forcément,
- Speaker #1
c'est mécanique. Voilà, c'est mécanique, exactement.
- Speaker #0
Avec un cachet, ça marche, ok.
- Speaker #1
C'est mécanique. Après, chaque femme est construite différemment.
- Speaker #0
C'est là où...
- Speaker #1
Chaque personne a aussi une approche différente à sa douleur, un seuil de tolérance aussi qui est différent. Et en fait, on peut déterminer si à des fois, on arrive à faire certaines choses et des fois, on n'arrive pas à les faire. Des choses anodines, en fait.
- Speaker #0
Je reviens sur... Ça me revient parce que je trouve qu'on est passé un peu trop vite, mais je reviens à ton mari parce que tu me dis « Oui, de toute façon... » Il m'accepte comme il m'accepte. Au début. Oui, au début,
- Speaker #1
oui. Bon, maintenant, c'est sûr que je parle.
- Speaker #0
C'est autre chose. Mais, même lui, ce serait intéressant d'avoir son point de vue quand il t'a présenté à ta belle famille, ta différence physique, comment lui, il a géré d'expliquer que les bébés ça serait compliqué, que tu avais une anorexie c'est pas des questions que tu t'es posées, on a l'impression que d'un coup tu es très moi je trouve qu'il y a une grande force, presque une acceptation en disant c'est comme si tu avais transformé tous les doutes que tu as eu pendant 15, 20 ans en d'un coup C'est comme si d'un coup ça t'avait donné de la force, ou en tout cas une espèce d'assurance en disant
- Speaker #1
Ah ouais complètement oui !
- Speaker #0
Je suis comme je suis.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Ce qui n'empêche pas que tu es souple de caractère, mais je parle de la maladie. Enfin des maladies parce que du coup au final...
- Speaker #1
Tout s'expliquait en fait.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Juste ça, tout s'expliquait, les douleurs s'expliquent en fait.
- Speaker #0
C'est comme un apaisement.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est une réconciliation.
- Speaker #1
Je sais pas, mais c'est un apaisement.
- Speaker #0
Ouais. Aujourd'hui, ton corps, tu l'aimes ? Est-ce que tu le remercies de t'avoir donné une fille ? Est-ce que tu le remercies ton corps ?
- Speaker #1
Ah bien sûr ! Oui. Je le remercie de m'avoir tenue si longtemps comme ça.
- Speaker #0
Oui. Il faut être bien avec son corps.
- Speaker #1
Il le faut. C'est primordial. Si tu n'as pas ton corps, tu n'as rien en fait. La tête,
- Speaker #0
ça ne tient pas tout.
- Speaker #1
La tête, ça ne tient rien. Ça tient beaucoup, mais pas autant qu'on le pense. Mais vraiment, l'équilibre, moi je l'ai vu sur mes certaines douleurs d'endométriose qui pouvaient être vraiment plus violentes, quand dans ma tête ça n'allait vraiment pas. D'où le Reiki.
- Speaker #0
Il y a un lien aussi de cause à effet quand même entre le psychique et l'endométriose. Et l'hormonal. Mais du coup l'hormonal joue sur l'endométriose.
- Speaker #1
Voilà, c'est mécanique.
- Speaker #0
C'est vraiment un cercle vicieux quand même.
- Speaker #1
Oui, quand tu découvres que ces cercles-là existent, tu respires, tu dis « je ne suis pas hystérique, je ne suis pas folle » .
- Speaker #0
Ça me fait penser, encore une fois, j'évoque souvent ce livre-là, mais encore une fois, au bal des folles, où tout tourne autour des hormones et des humeurs de la femme, et finalement de poser, comme tu dis, un diagnostic. Non, je ne suis pas folle.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Non, je ne suis pas hystérique.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Et parfois, parce que l'endométriose, ça joue aussi sur l'exacerbation de l'humeur.
- Speaker #1
Mais complètement.
- Speaker #0
Ah oui. Ce n'est pas que de la douleur physique.
- Speaker #1
T'en deviens schizophrène par contre.
- Speaker #0
Ah ouais. C'est de l'énervement ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ou c'est de la dépression ?
- Speaker #1
De l'énervement.
- Speaker #0
Ah, de l'énervement.
- Speaker #1
Pour moi, ça a été de l'énervement plus que de la dépression.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Parce que j'avais tellement besoin et envie de faire... de choses que je ne pouvais pas, qu'au lieu de déprimer, j'étais énervée parce que du coup, je me mettais en retard. J'avais envie de faire plein de choses où je ne pouvais pas aller à certaines choses du coup.
- Speaker #0
C'est de la frustration.
- Speaker #1
La frustration.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on peut dire que tu as transformé ça.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oui. Tu es fière de toi ?
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Oui. D'avoir pu arriver à surpasser... Tu aurais pu te laisser couler. Je pense. Tu aurais pu avoir envie d'en finir.
- Speaker #1
Peut-être pas.
- Speaker #0
Mais te laisser couler.
- Speaker #1
Parce que mes convictions religieuses font que je n'aurais pas pu penser ça.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Que j'ai perdu une amie comme ça il y a 13 ans et que j'en veux toujours malheureusement. Mais que voilà, ce n'est pas quelque chose qui m'a traversé l'esprit. D'accord. Mais laisser faire les choses. Tu vois, aller se dire, bon, allez, on va aller à l'hôpital, on va aller laisser mettre les perles et puis on verra bien où ça mène.
- Speaker #0
Ouais, comme un abandon d'un truc quoi. Voilà, c'est ça. C'est quoi qui t'a donné la force alors ?
- Speaker #1
Vraiment ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
La rencontre avec mon mari.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ça a tout changé.
- Speaker #1
Oui. Le fait d'être écoutée par le sexe opposé en plus. Tu ne vas pas être écoutée par les personnes du même sexe que toi. Oui. Et avoir un... Tu connais mon mari, un grand nounours. Enfin, moi, je ne l'appelais pas le nounours, mais plus le viking. Un viking nounours qui, lui, a un regard attentif, une écoute, essaye de comprendre d'où vient la douleur, essaye de soulager, ne serait-ce qu'en te portant sur le côté, en te mettant juste la main sur le côté pour soulager le bassin, en comprenant que ça vient de là, la douleur. C'est... Voilà. Je crois que c'est ma bouée.
- Speaker #0
C'est l'amour en fait,
- Speaker #1
le vrai. Le vrai. Et je l'ai rencontré pas longtemps après avoir quitté le père de ma fille. Ma fille n'avait que trois ans. Ça a été une grande bouée de sauvetage. Et l'amour avec un grand A, mais plus que l'amour. C'est mon amour, c'est mon meilleur ami, c'est mon confident, c'est mon deuxième papa aussi. C'est vraiment quelqu'un de très important pour moi parce qu'il m'a écoutée, il m'a compris et il m'a beaucoup aidée.
- Speaker #0
Du coup, il t'aide à accepter aussi ? Oui, encore.
- Speaker #1
Quand je ne vais pas bien, il sait que malheureusement, quand je ne vais pas bien, il y a quand même un schéma qui s'est fait dans ma tête. Ce qui fait que quand je ne vais pas bien, je ne mange pas bien. Il est très attentif par rapport à ça. Et il sait ce que je ne vais pas pouvoir manger, ce que je vais aimer manger, à quel moment je vais vouloir le manger.
- Speaker #0
Au final, c'est aussi... Donc, c'est t'écouter. C'est t'écouter, c'est te respecter.
- Speaker #1
Me respecter.
- Speaker #0
C'est-à-dire que d'un coup, là, on a l'impression que tu es plus épanouie parce que toi, tu te respectes et lui, il te respecte. Et ton corps au milieu, finalement, il est un peu apaisé.
- Speaker #1
Ah ben oui, totalement.
- Speaker #0
C'est ça la clé.
- Speaker #1
Totalement, parce qu'il n'a plus de pression, de rien du tout.
- Speaker #0
Oui, voilà. Même pas de moi-même, quoi. Non, parce que, encore une fois, le diagnostic est posé. Et à partir de là, c'est ça le conseil que tu donnerais à quelqu'un. c'est d'aller poser le diagnostic. Parce que trouver l'amour, là, c'est quand même plus compliqué. Parce que si toutes les personnes qui nous écoutent se disent « tant que je n'ai pas trouvé l'amour, je ne vais pas aller mieux » .
- Speaker #1
Non, mais juste, vraiment, avoir quelqu'un qui sache écouter la douleur, ça peut être très bien un médecin. Il y a pas mal de spécialistes aujourd'hui. Il y a pas mal de groupes d'échange aujourd'hui aussi qui parlent d'endométriose. Donc, ne serait-ce que d'être écouté. Et de poser le diagnostic. Et d'aller vers la bonne personne pour pouvoir faire le bon examen. Parce qu'aujourd'hui, c'est pas avec une échographie qu'on peut détecter une endométriose. Il faut une IRM et l'IRM qu'il faut faire, tout un protocole avant. Et même ce protocole-là, une jeune fille de 14 ans, si on ne lui explique pas, elle risque d'être choquée de la manière de faire cette IRM-là.
- Speaker #0
Oui, donc il y a tout un process. Est-ce que tu as fait la paix aujourd'hui avec ton passé ? Peut-être avec les gens qui n'ont pas su détecter, et puis avec toi-même. Est-ce que tu te sens plus en paix aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je suis plus en paix avec moi, c'est une évidence. Par contre, j'en veux beaucoup à tout le personnel médical qui était autour de moi, de mes 14 ans à mes 25 ans, je dirais même à mes 30 ans.
- Speaker #0
Pourquoi tu leur en veux ?
- Speaker #1
Parce qu'ils n'ont pas de... détecté ça, ils n'ont pas été au bout des recherches, ils ne m'ont pas écoutée et qui m'ont laissée comme ça. À 14 ans, si tu savais le nombre de gastroscopies que j'ai fait, de 16 à 20 ans, c'était énorme. Et des gastroscopies internes et externes...
- Speaker #0
C'est violent. Enfin, c'est intrusif, quoi.
- Speaker #1
C'est intrusif ! C'est très intrusif, vraiment. Et puis moi, je l'ai mal vécu, réellement. Ouais, vraiment. Vraiment voir tous les examens qu'on m'a fait, tout ce que j'ai pu prendre en médicaments avant les examens, qui me rendaient encore plus malade alors que je n'arrivais déjà pas à manger, je leur en veux, oui. J'en veux à ma nutritionniste énormément.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu dirais ? Alors, il faut que tu te remettes un petit peu dans le contexte. D'abord, qu'est-ce que tu dirais à ta maman ? Si elle devait écouter le podcast, qu'est-ce que tu lui dirais à ta maman ? Elle va l'écouter. Oui,
- Speaker #1
elle a créé un compte Instagram exprès pour écouter le podcast.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu dirais à ta maman ? Avec le recul à ta maman et à ton papa sur cette enfance finalement des 14 ans qui va être un peu bousculée malgré tout l'amour qu'ils t'ont porté encore une fois.
- Speaker #1
Ils ont fait ce qu'ils ont pu vraiment. Ah non, mes parents je les aime, je leur dis que je les aime. J'en veux pas à ma mère du tout, elle a fait ce qu'elle a pu avec les traditions qu'elle avait, avec la culture qu'elle avait. Ils sont arrivés ici, moi je suis née en France, mes parents sont arrivés vers les années 70, donc elle a été sans sa maman assez tôt, elle a grandi avec son papa, elle est arrivée en France, elle avait 20 ans.
- Speaker #0
Une construction hyper compliquée aussi pour elle.
- Speaker #1
Avec le recul aujourd'hui, elle a fait ce qu'elle a pu, avec ce qu'elle avait, et avec qui elle était quand elle était là, quand elle m'a eue. Quand j'ai été une jeune fille aussi, il y a beaucoup de choses qui ont changé aussi, et non.
- Speaker #0
Elle n'aurait pas pu faire mieux.
- Speaker #1
Franchement, j'ai eu une enfance formidable. Moi, mon papa, je t'ai déjà raconté cette anecdote-là. Le jour où mes frangins ont commencé à jouer avec mes soutiens-gorges. Comment on appelle ça ? À la fronde, là. À la fronde. Mon père a dit, top, ma fille, elle va avoir sa chambre toute seule. Enfin non, vraiment là-dessus, mes parents...
- Speaker #0
Mais ça peut être aussi de leur dire juste merci. Je veux dire, c'est pas non plus... Mais voilà, peut-être...
- Speaker #1
Je leur dirais pas merci pour plein d'autres choses. Pour cette partie-là qu'on évoque, toi et moi. Enfin, ils pouvaient pas savoir.
- Speaker #0
Ils pouvaient pas savoir.
- Speaker #1
Ils pouvaient pas savoir.
- Speaker #0
Et à toi ? A toi, quand tu as... C'est le premier jour où tu vomis, où t'es couché, où t'as une douleur qui te fait regretter d'être une femme. Tu lui dirais quoi à cette petite fille ? Cette jeune petite fille.
- Speaker #1
Je ne sais pas ce que je lui dirais. Cette jeune petite fille. Aujourd'hui, je vais mieux. Parce que je sais ce que j'ai, donc je lui dirais, t'inquiète, on finira par savoir ce que t'as et tu vas voir, t'iras mieux.
- Speaker #0
C'est dur, hein ?
- Speaker #1
C'est très dur, oui.
- Speaker #0
Ouais, c'est compliqué de parler de cette petite fille. Oui, ça a été très dur. Je pense que c'est elle qui a eu plus de... C'est plus elle qui a été malmenée par la vie que toi, plus grande finalement.
- Speaker #1
Oui, c'est le moment où tu te cherches aussi, savoir qui tu es, où tu vas. multiculturelle donc aussi...
- Speaker #0
Oui, il y a plein de facteurs.
- Speaker #1
Voilà, il y a plein d'éléments autour qui font que c'était très compliqué mais j'étais très épanouie, je vivais très bien, enfin j'étais très heureuse du moins. J'avais plein de gens autour de moi mais il y avait ce côté-là de moi qui faisait qu'il y avait plein d'autres choses que je n'arrivais pas à comprendre et qui ont été très dures pour se construire et que voilà, j'ai pris un métier masculin pour ne pas être avec les femmes non plus. Que ça paraisse anormal, normal.
- Speaker #0
Oui, ton rapport à ton corps a été transformé. On va bientôt terminer. Justement, on va terminer avec ce corps qui t'a fait quelques misères. Je voudrais qu'on termine sur une note positive. Alors, je voudrais voir si tu devais remercier ton corps aujourd'hui, de lui parler là, tu lui dirais quoi à ton corps aujourd'hui ?
- Speaker #1
Ah ben, merci de me soutenir. Ah ben oui, c'est lui qui me porte, c'est lui qui porte ma tête. Et heureusement qu'il a soutenu ma tête jusque-là.
- Speaker #0
Il faut être en paix.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est ça le...
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
C'est cette quête finalement de spiritualité aujourd'hui qui aide aussi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Le fait d'être en paix.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
On termine avec la question traditionnelle de parole de femme. Tu la connais. Ah, avant, tiens. Non, j'ai une dernière chose à te demander. Si tu avais un message à passer aux femmes qui découvrent, là, peut-être demain, peut-être quand elles vont t'écouter, qui sont sur le point de connaître le diagnostic de l'endométriose, les femmes, les jeunes filles, d'accord ? Ce serait quoi ton message à elles, particulièrement à ces femmes-là ? Tu leur dirais quoi ? C'est parce que ce n'est pas simple d'avoir ce que c'est une vraie maladie, en fait.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je leur dirais que courage, vraiment, parce que ce n'est pas facile d'avoir mal, mais de savoir pourquoi on a mal, c'est plus facile à accepter.
- Speaker #0
On va terminer comme ça alors. Dernière question, je disais, pour toi, là on change, on va élargir le spectre de notre conversation. Pour toi, c'est quoi être une femme aujourd'hui en 2025 ?
- Speaker #1
La question que je me pose tout le temps, à chaque fois que j'écoute un des podcasts, c'est c'est quoi être une femme ? Être une femme aujourd'hui, c'est être quelqu'un de passionné, tout simplement, passionné par la vie, par ce qu'on fait.
- Speaker #0
Eh bien écoute, on va terminer sur ces mots-là. Merci beaucoup, c'était un exercice pas simple. Non,
- Speaker #1
merci à toi.
- Speaker #0
Merci pour cette parole. écoute j'espère que On regardera, parce que c'est ton métier, on repassera ce podcast pour la journée, je crois qu'il y a une journée mondiale de l'endométriose. Donc on repostera et on rediffusera au maximum ce podcast, parce qu'on en parle peu de cette maladie. Et je te remercie d'avoir posé des mots justes, avec beaucoup de pudeur. Je sais que c'était difficile pour toi, mais voilà, c'est un joli message à la fois de... De réalité et d'espoir. Merci beaucoup pour ce moment partagé toutes les deux.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
A très bientôt.