- Speaker #0
Bonjour, je suis Stéphanie Baranco, et bienvenue dans Parole de Femme. Dans ce podcast, je donne la parole à des femmes au destin peu banal, pour qu'elles nous parlent d'elles. de leur parcours, de leurs espoirs et de leurs doutes, de leur vision de la femme d'aujourd'hui, l'avenir. Puissent ces femmes vous inspirer, nous inspirer et inspirer nos générations futures. Elles se livrent sans tabou, avec le cœur. Je vous laisse avec elles, voici leurs histoires. Place à Parole de Femme, saison 3. Elle n'a jamais demandé la permission, elle a construit, elle a imposé, elle a dirigé dans un monde où les femmes n'étaient pas forcément attendues. Femme de pouvoir, libre, parfois tranchante. Et derrière la dirigeante, aujourd'hui on va essayer de percevoir la femme. On va parler de choix, on va parler de liberté et on va parler aussi de ce que ça coûte. Sophie de Menton, bonjour. Bonjour. Merci de poser votre voix sur Parole de femme. Moi, je vous écoutais quand vous étiez à la radio et je suis ravie de cet échange que nous allons avoir aujourd'hui. Si vous deviez vous décrire en un mot, aujourd'hui, pas la Sophie d'hier, pas celle de demain, aujourd'hui, vous diriez quoi ?
- Speaker #1
J'aimais beaucoup les mots que vous avez utilisés en me présentant parce que ça correspond un peu à toute ma vie. Sauf que c'était très élogieux et qu'en fait ça a été facile. Alors c'était facile, je vais d'abord dire ça. Ensuite vous parlez des hommes, ils ont été merveilleux.
- Speaker #0
On y reviendra, c'est bien de le dire.
- Speaker #1
et ne m'ont jamais embêté, les femmes un peu plus.
- Speaker #0
Et on y reviendra aussi, parce que c'est important de le dire.
- Speaker #1
C'est vrai, surtout en ce moment. Alors, un mot qui me définisse impatiente.
- Speaker #0
Eh bien voilà, c'est très bien.
- Speaker #1
Un qualificatif. Ça ne me définit pas complètement, mais c'est une qualité et un défaut.
- Speaker #0
Une qualité parce que ça vous a permis de jamais rester statique ?
- Speaker #1
C'est pas tellement ça, c'est que je suis impatiente et je vais droit au but. Donc récemment il m'est arrivé une aventure formidable, il y a un membre du mouvement que je préside, qui manquait de matières premières à cause de la guerre. Et il fallait appeler un très grand patron parce qu'il n'avait plus le produit pour fabriquer ces isolants minces et que ça faisait 400 personnes au chômage. et que ça fait partie de l'impatience. Je raccroche et je rappelle le très, très, très, très, très grand patron qui pouvait éventuellement régler ça et qu'on puisse fournir à temps ce dont il avait besoin. Et donc, voilà. Le défaut, c'est que la plupart des gens auraient peut-être réfléchi avant de l'appeler.
- Speaker #0
Oui, parce que j'allais vous dire, ce n'est pas vraiment là pour le coup une impatience, c'est plutôt une... Une urgence à trouver une solution.
- Speaker #1
Oui, mais c'est parce que je suis impatiente. C'est parce que je ne supporte pas d'attendre. Ça, c'est l'envers du décor. Je ne prends pas le temps, certainement, parfois, qu'il faudrait. Ça me définit beaucoup.
- Speaker #0
C'est pas mal. Un moment de la journée que vous aimez particulièrement ? Clairement. Alors, moi, j'ai compris que ce n'était pas 2h du matin.
- Speaker #1
Non, ça, c'est clair. J'adore me coucher le soir. Je trouve ça délicieux. Le moment que je préfère, ce sont les moments affectifs. C'est si je prends la thé... Je suis allée mater avec ma fille à 6 heures, c'est passer devant le bureau de ma petite fille et klaxonner en vélo parce que tous les matins, je lui dis bonjour. Ce sont des petits moments. Je n'ai pas de... Voilà.
- Speaker #0
Ça nourrit. Finalement, quand on est une femme d'affaires, on a quand même beaucoup à travailler avec des personnalités et des personnes avec qui il faut se montrer peut-être un peu... Elle est dure. Je ne sais pas si... si c'est dur, mais en tout cas, est-ce que ça vous nourrit finalement, ça nourrit une partie de vous aussi, ces moments d'affection ?
- Speaker #1
Alors, ça me nourrit complètement, pas une partie, c'est beaucoup plus important que n'importe quoi. Je choisis tout de suite. Mais, je n'ai pas cette sensation que vous décrivez, que peut-être pas mal d'hommes décrivent, etc. J'ai avant tout la sensation d'être une femme libre et de faire ce que j'aime. Et donc, j'ai pas, par exemple, je sors là d'un rendez-vous avec, il s'appelle Ramon Fernandez, vous je vous dis tout. Il est président du groupe M6 et puis titre important ACGACFACGM. Donc, c'est un rendez-vous important. Il y a une actualité incroyable, etc. C'est un plaisir. D'abord, c'est un homme absolument merveilleux et intéressant à écouter. Donc, il n'y a pas de tension. Si je rencontre un ministre, je vous avoue la vérité, je vais la plupart du temps pour l'engueuler. Donc c'est très agréable.
- Speaker #0
Alors c'est très agréable. Effectivement. Mais parce que vous avez cette liberté de ton.
- Speaker #1
Oui. C'est vrai que j'ai une liberté de ton. Je ne peux pas m'en empêcher. Très souvent on me dit, vous êtes courageuse. Je dis, mais pas du tout. Le courage ce serait de me taire.
- Speaker #0
C'est vrai, le courage ce serait de réfléchir à ne pas parler tout le temps. C'est pas gentil mais c'est vrai. Non, parce qu'effectivement vous avez raison sur le courage, c'est peut-être pas ça. Mais en tout cas, dans votre cadre à vous, comment on devient une Sophie de Menton ?
- Speaker #1
On est comme ça.
- Speaker #0
À quel moment vous vous dites que vous allez choisir cette carrière ?
- Speaker #1
J'ai pas de carrière, j'ai choisi par hasard, et j'étais une petite fille pas très heureuse, et avec des parents extrêmement sévères. Il y a une chose que je me suis dite assez vite, On ne m'imposera plus rien. Vous savez, quand vous êtes posée par un très très sévère, c'est difficile. Et donc, je me suis mariée à 19 ans. J'avais deux enfants à 21. Donc, si vous voulez, j'étais impatiente.
- Speaker #0
Ça se voit déjà. Vous avez fait vos enfants avant de commencer à travailler ?
- Speaker #1
J'ai tout fait en même temps.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
J'ai tout fait à me dire. J'ai été un an prof d'anglais à 18 ans, puis je faisais une licence d'anglais. J'étais enceinte. J'ai continué. J'ai eu deux bébés. J'ai commencé, oui. Et je me suis dit, je vais devenir... venir folle, je vais au square avec un bébé, est-ce que ma vie est finie ? J'avais quand même 21 ans. Est-ce que ma vie est finie ?
- Speaker #0
C'est une vraie question, ça. Et il y a beaucoup de femmes qui se la posent, cette question-là.
- Speaker #1
Je me suis dit, parce que je n'avais pas de prof d'anglais, et donc la vie est faite de hasard. Et alors moi, si j'avais quelque chose à dire, c'est ce que je dis à mes enfants, à mes petites filles, etc., c'est, mais prenez ce qui passe. J'ai les plat-passes, et par exemple j'étais au square en train de cornicher en déprime post-natalité, et je me suis dit il faut que je fasse quelque chose, et j'ai feuilleté le journal et j'ai vu cherche enquêtrice. Je me suis dit tiens c'est marrant, je vais gagner un peu d'argent. Et puis je suis allée dans l'entreprise, c'était tout à côté, à 200 mètres de chez moi, et j'y suis allée et on m'a expliqué ce que c'était, et je me suis rendue compte que comme enquêtrice... Il fallait probablement faire du porte-à-porte ou aller interroger les gens dans la rue. Je me suis dit, ça c'est pas pour moi, c'est pas que bébé. J'ai dit, ben non, je réfléchis et j'ai fait des sondages qu'on m'a confiés par téléphone. Et c'est là qu'est née ma profession.
- Speaker #0
C'est quand même extraordinaire.
- Speaker #1
Oui, c'est à la fois extraordinaire, c'est à la fois... Alors, c'était simple, c'est-à-dire que je suis retournée, je dis, je le fais par téléphone. On m'a dit, oui, là on pouvait, mais d'habitude, il y a des représentativités. Il fallait interroger des gens dans les entreprises. Et puis, ça m'a amusée. C'était une toute petite boîte. J'ai pris un peu le pouvoir de ce que je faisais. Et c'était une toute petite boîte. Et je me suis dit, je vais le faire toute seule, ça. Et donc, j'ai monté ma structure.
- Speaker #0
Vos parents ? Etes-vous déjà des entrepreneurs ou c'est vous qui, à l'intérieur de vous, qui aviez déjà cette envie, ce feu-là pour acquérir de l'indépendance et de l'autonomie ? Ou de la liberté ? Ou tout ensemble ?
- Speaker #1
Tout ensemble. Non, ma mère était tout à fait intelligente. Elle avait fait Sciences Po, c'est là qu'elle avait rencontré mon père. Mais elle n'avait pas travaillé et je pense que ça l'a rongé toute sa vie. Mais elle ne le savait pas.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Elle me disait « je fais la carrière de ton père » .
- Speaker #0
Oui. Elles étaient ce qu'on appelait à l'époque les femmes derrière les grands hommes.
- Speaker #1
Oui, j'en pense que ça aurait pu être une grande femme. J'avais une grand-mère extraordinaire, entrepreneuse, peintre, qui est une Vendéenne. On a fait un portrait récemment. Donc il y avait en tout cas une personnalité des femmes dans ma famille. Dont une maison de famille en Vendée, qui se passe depuis 3-4 siècles de femme en femme.
- Speaker #0
Ah oui, il y a quand même une belle lignée.
- Speaker #1
Et donc...
- Speaker #0
Donc vous commencez comme ça. Oui. Vous créez votre première société à 22 ans.
- Speaker #1
Oui. Alors, première société, pour faire téléphoner les femmes, parce que c'était le télémarketing, je les recrutais à la sortie de l'école. Alors donc c'était quand même, si vous voulez, c'est pas non plus l'entreprise telle que vous l'imaginez. Je leur disais ce que voulaient me faire dire. Oui, disaient-elles ravies parce que... voilà, en attendant d'aller chercher le petit agricole et donc elle venait, je me souviens c'était dans le salon les femmes qui étaient là, je distribuais les questionnaires elle revenait les porter,
- Speaker #0
bon ça a très bien marché mon premier client a été Publicis et donc je vous arrête parce que justement là quand je vous écoute et je vous regarde vous déroulez votre vie avec une telle facilité et vous dites Dans la même phrase, j'avais une toute petite entreprise, les femmes téléphonaient dans mon salon, elles venaient prendre les feuilles, versus j'avais mon premier client, c'était Publicis, qui est quand même un des plus gros faiseurs. Comment, Sophie, on arrive à ça ?
- Speaker #1
Alors, je vais vous dire quelque chose de très décevant. J'avais un très bon copain que j'ai fini par épouser après avoir divorcé. et qui était directeur des études à Publicis. Donc je lui ai dit, je suis en train de monter une boîte et tu n'as pas besoin d'enquête, il me dit si. Donc vous voyez, ce n'est pas très glorieux. Mais c'est vrai que ce n'était pas un problème pour moi de téléphoner dans une entreprise et de dire voilà, nous faisons des enquêtes par téléphone. Je suis une vendeuse,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Et je vends aussi bien aux... J'ai vendu des choses au président de la République.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Si, si.
- Speaker #0
Vous l'avez au fond de vous. C'est inné, en réalité.
- Speaker #1
J'ai vendu à Emmanuel Macron la fête des entreprises. J'ai créé il y a 24 ans la fête des entreprises. J'aime ma boîte. Oui. Et puis, Macron était secrétaire général de l'Élysée. Très sympathique. Je l'avais vu. Et j'avais dit, mais enfin, c'est pas possible. Ce gouvernement qui n'aime pas les boîtes. Qu'est-ce que c'est que ça ? Il était à l'époque très attentif et très ouvert. Et je lui ai dit, bon, il faut soutenir ça, etc. J'ai une belle photo de Macron avec Jean de Mabois sur son veston. Mais vendre, c'est convaincre pour moi. Donc je ne suis pas une vendeuse. J'ai absolument besoin de convaincre que la personne en face de moi.
- Speaker #0
Juste, et après en avance, mais pour autant, quand vous dites, oui, finalement, j'ai eu publicisme parce que j'avais un de mes amis qui travaillait là-bas. Mais finalement, est-ce que ce n'est pas aussi ça, saisir les opportunités, ce que vous disiez tout à l'heure ? Mais oui. Où est le problème ?
- Speaker #1
On a tous autour de soi des gens qu'on peut mobiliser. Parce qu'on est vraiment sollicités,
- Speaker #0
mobilisés. Est-ce que finalement, ce n'est pas ça aussi, prendre son destin en main ? Est-ce qu'à un moment donné, ce n'est pas ce déclencheur ? Et peut-être même, je vais plus loin, demander de l'aide, ce n'est pas un gros mot, et dire, j'ai besoin, voilà, moi j'ai tel service, j'ai besoin d'aide, j'ai envie de le faire, j'ai besoin d'appui.
- Speaker #1
Oui, je ne vais pas demander d'appui, je sais qu'il faisait des sondages, donc je vais proposer les miens, mais oui... Comment dire ? Le secret, c'est de saisir les opportunités, de ne pas se poser de questions sur est-ce que je vais le déranger ? Alors, il y a une phrase, la phrase au monde que je déteste, ah non, mais ce ne sera pas possible, ah mais il ne faudra pas. J'ai ça encore tous les jours, pratiquement, j'ai passé ma vie à être en réunion ou à dire... Pourquoi vous dites ça ? Je répète que 100% des gens qui ont gagné au loto ont acheté un billet. Et c'est étonnant. Et même des gens formidables qui travaillaient avec moi, etc., qui disaient « mais non, mais... » et puis ils ne voulaient pas l'année dernière. « Mais pourquoi ils ne voulaient pas cette année ? » C'est étonnant.
- Speaker #0
Vous avez une force quand même de conviction qui peut-être qu'en fait elle est là. Est-ce que finalement la clé, ce n'est pas de croire en soi ? Avant toute chose.
- Speaker #1
Alors, bonne question. C'est une vraie question, parce que dire je crois en moi, ce n'est pas le reflet de la vérité, mais je ne doute pas de moi.
- Speaker #0
La nuance est jolie.
- Speaker #1
Je ne doute pas, je ne me dis pas, il va me trouver nulle. Et puis ce n'est pas moi, c'est ce que je propose que je trouve intéressant.
- Speaker #0
C'est très intéressant, c'est là où j'allais vous emmener.
- Speaker #1
C'est ce que je propose.
- Speaker #0
C'est l'idée,
- Speaker #1
c'est le projet. J'ai une idée cette année complètement dingue. Elle est absurde. Je voudrais que pour cette année, la fête des entreprises, il y ait écrit sur la tour Eiffel, bonne fête aux entreprises de France. quand on a l'idée comme ça en équipe on vous regarde un peu ah oui oui et là j'ai immédiatement enfin ils ne voudront jamais on a essayé, je l'ai eu il y a deux jours bravo et puis j'ai eu l'opposition ah pardon j'ai cru que j'avais l'accord le patron de la tour Eiffel qui m'a dit mais pourquoi pas et qui m'a dit ça dépend du maire de Paris là c'est un autre obstacle mais en même temps j'ai eu le soutien ce matin Voilà. de Valérie Pécresse. qui va demander au maire de Paris si ce serait possible. Donc vous voyez, je ne crois pas en moi. Je trouve que c'est super. Je trouve que tout d'un coup, la Tour Eiffel, mes très bonnes fêtes aux entreprises de France, c'est génial. Et c'est ça que je crois. Ce n'est pas en moi.
- Speaker #0
Oui, il y a une vraie dissociation.
- Speaker #1
Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de chances que j'y arrive, mais je suis contente.
- Speaker #0
On ne sait jamais. Mais en tout cas, vous avez cette vision de la vie qui dit si je n'essaye pas, je n'y vais. Je ne pourrais pas y arriver. On essaye et après on voit ce qui se passe. Juste, je vais vous ramener. On passe de Sophie, qui a 22 ans, quand je vous écoute, de Sophie, 22 ans, qui a une petite entreprise chez elle de téléprospection, ce qui deviendra du télémarketing, avec tout ce qu'on lui connaît maintenant.
- Speaker #1
Et qui n'existait pas à l'époque.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est-à-dire que ça venait, en fait... Oui. À une Sophie qui dit, « Oh, pardon, j'ai eu Valérie Pécresse au téléphone. » Mais comment on passe de l'un à l'autre ? Cette évolution, Sophie, puisque vous, en plus... C'est ce que vous nous avez dit en préambule, c'est une évolution qui s'est faite dans la douceur, et dans la durée aussi, mais dans la douceur, on n'a pas eu la sensation, il n'y a pas de heurte, ce n'est pas quelque chose de très dur, j'ai l'impression que vous allez nous raconter. Pour autant, comment on passe ? Essayez de revoir les étapes, parce qu'aujourd'hui vous êtes là où vous êtes, mais quand vous aviez 22 ans, comment on évolue ? Comment on ouvre les portes ? comment on les pousse, comment on devient la Sophie Menton d'aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors, d'abord ça s'est fait dans la durée. Ensuite, je n'ai pas peur des gens. Et je ne suis pas du tout impressionnée par les gens connus, célèbres ou importants. Pas du tout. Je les trouve formidables, mais ça ne m'impressionne pas. Donc je n'ai pas de mal à les contacter. Ensuite, il y a des... Je ne peux pas dire que je me suis fait un réseau, parce que le réseau c'est quelque chose qu'on active tout le temps, ce que je ne fais pas tellement. Mais je me suis fait des appuis, et qui ont beaucoup contribué à ce que j'ai fait, ce que je suis devenue. Un exemple, c'est un exemple amusant. J'avais ma petite boîte de télémarketing, et il y a une jeune femme qui m'appelle, qui me dit « Bonjour madame, je suis au cabinet du ministre de l'Industrie. » qui voudraient vous voir, je crois que vous faites du télémarketing et le ministre en l'occurrence était Alain Madelin et il voulait mettre des points chance qu'on pouvait appeler j'arrive quand même très impressionnée au ministère comment ? je m'assois à une table où il y avait une vingtaine de personnes j'attends avec beaucoup d'impatience qu'on me parle des points chance et du téléphone j'attends un quart d'heure, une demi-heure, trois quarts d'heure, une heure on parle de tout sauf ça Et là, ça fait partie de mes défauts d'impatience, je prends mes petites affaires, je me lève, le ministre me regarde, je me dis, je m'en vais parce que d'évidence, la réunion, ce n'est pas du tout ce qu'on m'avait dit qu'elle serait, donc je vais vous laisser. Je prends mes affaires et je me barre. Et le lendemain matin à 8h, j'avais Alain Madelin qui m'appelait, qui dit, je peux vous voir dans une demi-heure ? Ah oui ? Oui, et ça, c'était le premier contact avec Alain Madelin. Et après...
- Speaker #0
C'est fou quand même.
- Speaker #1
Oui, c'était à la fois... Bon, ils étaient là, vous savez ce que c'est être un ministère, machin. Je faisais rien, je me disais, bon, on va se barrer là. Et puis il m'a rappelé, il m'a demandé de revenir le matin. Parce que ça l'intéressait, parce que j'étais assez brute de décoffrage. Je suis brute de décoffrage quand même. Et je l'ai revu. Il était ministre. Ça m'a paru... Et j'ai rencontré le libéralisme. Il racontait à la manette à un libéral, moi la liberté, ce qui me sous-tend, et il m'a expliqué libéraliste, je ne savais pas ce que c'était. Et donc j'ai trouvé ça formidable, je l'ai revu, ça a été un mentor, il ne savait pas, il ne sait toujours pas, parce qu'il est au téléphone très souvent, il ne sait toujours pas, je ne savais pas, mais ça a été un mentor. Parce que je me suis dit, c'est un esprit libre. D'ailleurs, je viens d'être nommée jurée, du prix du livre de l'Esprit libre.
- Speaker #0
Oh, c'est joli. Oui. Ah oui, ça vous correspond.
- Speaker #1
Et donc, c'était ça. Alors le deuxième, c'est le premier personnage. Ensuite, j'ai grandi. Ah oui, il y a un truc très amusant pour grandir. On me confie la réception d'appel d'une campagne de publicité. Torchenez le charcutier du bon goût. On appelait pour avoir une tranche de saucisson. Je prends, je fais sauter le standard, je fais sauter le standard de Matignon. Il y avait des milliers d'appels, je n'avais pas le nombre de lignes qui valait. Et donc j'ai Matignon qui m'appelle qui m'a dit on va tout couper, vous faites sauter Matignon, voulez-vous arrêter immédiatement ça ? Je me dis c'est l'horreur, c'est Europe 1 qui m'avait confié la réception d'appel. Je me dis, et je demande tout de suite, on me dit vous avez une obligation de moyens, pas de résultat mais de moyens. Donc il faut que vous ayez les moyens de recevoir les goûts de fil. Et là, j'appelle mon principal concurrent, qui s'appelle Téléperformance, qui est maintenant côté en course, qui est premier du monde, je le connaissais un peu. Et je lui dis, il faut que tu m'aides parce que je ne sais plus ce que je vais faire, c'est horrible. Je vais sauter le matignon et je vais perdre une fortune parce que je ne pourrai pas assurer la promesse à un repas. Il était merveilleux, il s'appelle Daniel Julien. Il m'a dit « Bouge pas ma cocotte, je te prends tout ça. Et je te donne 30% en plus de tout. » Et c'était dépanné en une heure. Et je le connaissais, c'était un confrère. Donc il était tellement important que c'était très sympathique. Et un an après, il a proposé de me racheter. Et j'ai dit oui.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Il m'a racheté, j'étais très largement majoritaire de la boîte, mais il était actionnaire. Et là aussi, c'était une progression. C'était facile, mais c'était les relations humaines qui ont été fondamentales en toute ma vie.
- Speaker #0
Vous me tendez une perche absolument exceptionnelle. On va parler de ce qui m'intéresse aussi dans Parole de Femme. Au-delà de votre parcours, c'est justement vous en tant que femme. Le rapport à la féminité et aux affaires qui me paraît important, surtout en ce moment où on ne sait plus trop où on est. Comment vous, vous l'avez vécu le fait d'être une petite femme toute blondinette, toute jolie dans un milieu d'affaires que moi je ne connais pas à votre niveau et qui me paraît être un monde plutôt... à brut et sans vraiment énormément de sentiments non plus. Est-ce que, au-delà de vous demander comment, d'abord même, est-ce que un jour ça vous a ne serait-ce qu'effleuré l'esprit ou est-ce que c'est justement avec notre vision à nous, peut-être un peu...
- Speaker #1
Jamais.
- Speaker #0
C'est ça en fait la vraie question.
- Speaker #1
Alors Madeleine, j'ai continué à faire des choses, j'ai monté pour lui des actions, très bien. Et puis un jour, je vais rappeler des dernières. J'étais à un grand truc et il y avait un mouvement patronal qui s'appelait Éthique et qui avait été fondé par Yvon Gattaz. Et ils viennent me voir et ils disent on a trois présidents, on n'a plus de président, comme j'étais avec Madeleine, je leur avais dit de prestigieuse l'espace de cinq minutes, et ils me disent est-ce que vous vouliez reprendre ce mouvement ? Madeleine me dit vas-y, mouvement patronal, bon, j'y vais et je me serais toujours que j'arrive dans une salle où il y avait 20 mecs. Il fallait élire un président, il y avait une femme, c'était moi. Donc j'ai toujours trouvé les hommes extrêmement sympathiques parce qu'ils faisaient mes mots élus. J'ai découvert après par contre qu'il y avait des têtes dans le mouvement, que c'était à moi de me débrouiller pour tout le reste. Mais j'ai reçu récemment la présidente d'Orange, je crois, qui s'appelait Edelman, Christine Excel Edelman. Et elle est adorable, charmante. Et puis je ne sais pas pourquoi, c'est un jour où... J'en avais tellement marre qu'on me parle des femmes opprimées en France que je commence en disant, écoutez, je veux juste vous demander quelque chose. Est-ce que, vous êtes présidente d'Orange, est-ce que ça n'avait pas été formidable et beaucoup plus facile d'être une femme ? Toute la salle qui était composée d'hommes me regarde comme ça. Elle me dit, vous avez tellement raison, parce que pour moi ça a été tellement raisonnable. Elle me dit, c'est un rêve d'être une femme. Et toutes les deux, on a commencé ça devant une assemblée d'hommes et nous le pensions très sérieusement.
- Speaker #0
Oui, vous ne faites pas de faux semblants. La légitimité, vous vous êtes toujours sentie légitime ?
- Speaker #1
Jamais.
- Speaker #0
Jamais ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
C'est plutôt pas mal la carrière que vous faites sans être légitime.
- Speaker #1
Non mais c'est quoi être légitime ? C'est d'avoir des hommes gris qui ont fait des études, qui marchent d'un air et qui ont parlé à deux ministres ? C'est quoi être légitime ? Non,
- Speaker #0
c'est être légitime à l'intérieur de soi-même, c'est de se dire je suis à ma bonne place et à ma juste place et je pense que je suis... Là où j'ai envie d'être ?
- Speaker #1
Ça c'est là où j'ai envie d'être, ça c'est certain, toujours. D'ailleurs j'ai commencé ma boîte, je l'ai montée chez moi, parce que après je pouvais m'occuper des enfants. Il y en a une autre qui est comme moi, qui est un nouveau aujourd'hui. C'était les prémices du télétravail. Pardon ?
- Speaker #0
C'était les prémices du télétravail.
- Speaker #1
J'ai fait beaucoup de télétravail. Oui,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Et je vais vous dire, il y en a une deuxième comme ça. Pour qui j'ai de la tendresse au-delà de ce sentiment politique, c'est Sarah Knafo.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je lui dis, mais comment tu fais là, un bébé ? de 5 mois et un autre de 2 ans et demi. Tu sais, je travaille beaucoup chez moi, je les embrasse tout le temps quand je travaille chez moi. Et puis après, je ressors. C'est instinctif. Alors, pour répondre à votre question, je vous dirais que j'ai été très instinctive. Ce qui me définit le plus, en dehors de l'impatience, c'est d'être instinctive sur les gens. Je vois des gens, je sais. Oui, je sais. Alors, je me suis plantée. Je sais que ceux que je ne reverrai pas et que je ne veux pas voir, je sais un peu moins vite ceux qui sont efficaces, mais je sais. C'est très instinctif. Aussi bien pour trouver un budget, pour avoir une idée, pour monter quelque chose. C'est instinctif. J'aime ma boîte. J'étais aux Etats-Unis en train d'acheter des cartes dans un drugstore. Et je vois « I love my boss » . Je dis « I love my boss » . J'aime mon patron. Je me tâche la fille à côté de moi. Je dis « What is it ? » « Ah, but it's boss day » . J'en ai dit « patron » . « Just like Valentine's Day » .
- Speaker #0
« Oh, wow » .
- Speaker #1
« Well » . J'achète toutes les cartes. Je rentre en France. Je vais au BDF. C'était Celière. Je lève les doigts. Je dis « Monsieur le Président, je viens d'avoir une idée » . « Oui » . Je dis « On va lancer en France la fête des patrons » . Hurlement de rire. Il n'y avait que des femmes, que des hommes pratiquement. Et il me dit, ma petite amie, quand on fait la fête d'un patron en France, c'est pour le sequestrer. Je rentre chez moi, mon fils me dit, mais oui, t'es débile, c'est la fête des entreprises qu'il faut faire. C'est drôle.
- Speaker #0
C'est l'histoire. Ça fait combien d'années qu'on fait ? Oui, c'est-à-dire qu'en plus, vous avez... Est-ce que vous pensez qu'on peut parler de vision ? Parce que du coup, c'est des idées, alors peut-être certaines qui n'ont pas fonctionné, mais en tout cas, c'est d'avoir, moi je dirais, l'audace de porter sa vision et de porter une idée.
- Speaker #1
J'aime beaucoup plus les idées. Je suis créative et j'aime bien, autour de moi, elles sont créatives aussi. Elles sont créatives. Je n'ai pas de vision. Je suis créative.
- Speaker #0
Ce n'est pas une vision, c'est plutôt de la créativité.
- Speaker #1
Oui, je me dis quelles bonnes idées, ce serait génial qu'on fasse la fête des entreprises. Ce n'est pas une vision.
- Speaker #0
Non,
- Speaker #1
mais... C'est vrai que c'est une idée de création et qui, pour aller un peu dans votre sens, finalement a correspondu à une vision.
- Speaker #0
La vision de l'entreprise. J'aime, voilà.
- Speaker #1
J'aime ma boîte. De arrêter de penser que les gens sont malheureux quand ils vont bosser. Oui, c'est ça. Et puis, c'est dire, et ça aujourd'hui, c'est fondamental, c'est dire l'entreprise est beaucoup plus importante que le politique. J'ai gagné sur tous les points. Les Français, ils pensent que leur entreprise, elle est... Plus important que tout, que le politique.
- Speaker #0
Non, enfin, que le politique. Et effectivement, on le voit bien aujourd'hui. Donc c'est pour ça que je parle de la division, c'est-à-dire, c'est aussi mettre votre empreinte et votre patte et peut-être pour délivrer des messages. Vous, vous êtes à la... Vous mettez le message en valeur, mais vous, moi, on ne sait pas forcément que c'est Sophie de Menton qui est derrière. C'est pas le propos. Ce n'est pas de vous mettre en avant vous, c'est finalement de projeter les idées et de les faire travailler.
- Speaker #1
Je suis contente que vous disiez ça parce qu'il y a des gens qui le patronnent qui disent « Ah, elle se met en valeur » . Et en fait, ce n'est pas vrai. Enfin, je me mets en valeur quand il faut parce que j'écris et que voilà.
- Speaker #0
Et est-ce que c'est un gros mot de se mettre en valeur ? Non. Non. Quand on en a besoin pour porter quelque chose, est-ce que finalement...
- Speaker #1
Alors, c'est pas se mettre en valeur, c'est incarner. Incarner quelque chose, ça oui. Mais se mettre en valeur, eux le pensent en disant « je me mets en valeur, j'écris un article, c'est marrant, quand j'écris un article avec quelqu'un, etc. Il met toujours son nom en premier. »
- Speaker #0
Ça vous touche quand on dit ça de vous ? Quand on dit qu'elle se met en valeur de manière un peu négative, ça vous touche ?
- Speaker #1
On ne le dit pas énormément. Non, par exemple, j'ai eu des difficultés avec le président actuel du MEDEF, beaucoup de difficultés.
- Speaker #0
D'accord, pourquoi ?
- Speaker #1
Parce qu'il considérait qu'il était seul détendeur du pouvoir et seul représentant des entreprises de France. Moi, je trouvais que j'étais tout aussi importante pour les entreprises. Donc, on s'est beaucoup engueulés. Et maintenant, on s'entend bien.
- Speaker #0
Ça, c'est votre force de ne pas avoir peur d'aller au combat. Je ne comprends pas un grand mot. Voilà, de ne pas avoir peur d'aller au combat quand il faut aller au combat. Je me souviens quand même de... Là où moi, pour moi, là où je vous place, c'était pendant les grandes gueules. Vous leur teniez la dragiote quand même quand il y a quelque chose qui ne vous plaît pas ? Bon ben ça ne vous plaît pas. Et vous ne vous interdisez pas de le dire ?
- Speaker #1
Non, mais je n'ai aucun mérite, c'est très facile et il faudrait que je m'interdise un peu de temps en temps. D'un autre côté, je pense que ma valeur ajoutée, quand je suis dans une émission comme ça ou quand je dirige un mouvement patronal, ma valeur ajoutée, c'est-à-dire ce que je pense.
- Speaker #0
Je le pense aussi, mais... Comment on trouve cette place ? Comment est-ce qu'on trouve cette... C'est là où je reviens à la légitimité. Elle est là pour moi, la légitimité, vous voyez, c'est de ne pas s'aborder, de ne pas s'autocritiquer et de ne pas s'automuseler. Elle est là, la légitimité, c'est-à-dire suffisamment ancrée.
- Speaker #1
Elle est là, mais malheureusement, je vais vous dire que c'est inné. Je n'ai rien fait pour ça, rien fait contre, j'ai des convictions, j'ai envie de convaincre.
- Speaker #0
Ça vient bien.
- Speaker #1
Je ne suis peut-être plus une avocate.
- Speaker #0
Vous l'êtes peut-être sur une certaine partie.
- Speaker #1
Oui, certainement.
- Speaker #0
De toute façon, quand on défend une idée, on est forcément l'avocate de cette idée. Exactement. Tout de suite au début, quand on a commencé à échanger toutes les deux, vous avez parlé de votre fille, de vos enfants, de manière plus large. Ça m'intéresse d'avoir votre vision des choses sur la maternité et comment vous avez tricoté un peu votre vie avec vos enfants, les gérer. Vous parliez justement de télétravail et c'était certainement le début du télétravail, même si on n'avait pas posé ce mot dessus. Est-ce que vous avez entendu parfois, ou pas, Et si ce n'est pas assez, tant mieux ! on ne s'invente pas des trucs quand on ne les a pas vécu. Est-ce que vous avez pu parfois entendre non, mais tu sais, t'inquiète, reste chez toi, occupe-toi de tes enfants, nous, on va gérer à la maison. Ma mère,
- Speaker #1
ma belle-mère, ma belle-famille, la terre entière, maman, moi. Mais quand même. Il y a un point dans ma vie qui est le plus important, c'est que je mets ma vie privée mais loin devant ma vie professionnelle.
- Speaker #0
D'accord. Et vous avez réussi à le faire.
- Speaker #1
J'ai pris les vacances scolaires. Je montais des boîtes en prenant toutes les vacances scolaires avec les enfants, pratiquement. Je peux, mais... Que ce soit l'amour des hommes ou des enfants, ce sont très largement prioritaires. Et d'ailleurs, c'est très marrant, parce qu'aujourd'hui, j'ai des enfants et des petits-enfants. Je les ai associés en permanence. J'avais mon petit-fils, j'étais grisée l'autre jour, je lui racontais, je lui disais, qu'est-ce que je dois faire, tu penses, là ? Je raconte des cas professionnels, j'en ai un qui est particulièrement doué et qui dit « oui, moi je crois que je ferais ça quand même » . C'est un échant, c'est un jeu. Mon fils est un chef d'entreprise formidable. pas mal de points communs. On s'engueule beaucoup parce que il est très fort. Ma fille, c'est une merveille. Je m'entendais évidemment avec elle, mais elle écrit et elle sculpte. Donc, a priori, on a écrit des livres ensemble. Toute notre collection de livres pour enfants, parce que comme j'avais des petits-enfants, elle me pose des questions. Je me souviens, un jour, j'étais devant... D'abord, l'entreprise a raconté aux enfants, parce qu'ils en avaient marre que l'entreprise c'est quoi ? C'est le mot premier livre pour le petit qui avait 5 ans. Et donc j'ai une collection chez Gallimard Jeunesse où j'ai eu 17 titres, où j'ai écrit pour les enfants tout ce qu'on ne leur raconte jamais. Je les ai écrits avec ma fille,
- Speaker #0
c'est génial.
- Speaker #1
Et je me souviens, on se disait bon allez on fait un truc dans les enfants, un cercle. Et j'ai écrit, je ne sais plus lesquels, j'ai écrit le supermarché aussi parce que c'est l'un des uns qui m'a amusée. J'étais dans la rue, je prends de l'argent au distribanque. J'avais un petit de 5 ans qui me dit c'est qui le monsieur derrière le mur qui te donne de l'argent ? Et ça a été la première phrase de mon livre.
- Speaker #0
Ah c'est joli.
- Speaker #1
L'argent raconté aux enfants.
- Speaker #0
Ça nourrit. ça nourrit l'amour quand on a des grosses en plus forte raison je parle de vous encore une fois on ne fait pas de généralité ici quand on a des grosses responsabilités vous n'avez pas de grosses responsabilités j'avais
- Speaker #1
considéré que j'avais des grosses responsabilités J'avais ma boîte, j'avais des gens très sympathiques qui bossaient avec moi. Si on n'avait pas assez de clients, je râlais, je disais dépêchez-vous parce que ça là, ça va pas, on n'a pas assez de clients. J'avais... Non ?
- Speaker #0
Quand on porte la parole de chef d'entreprise...
- Speaker #1
de chef fs ou 2 fs on a vous pensez pas que le lien une commune qui porte une responsabilité oui mais je considère pas que cette responsabilité je suis tellement sûr de ce que j'avance grâce au libéralisme avec madeline grâce à beaucoup de choses que c'est un autre rôle je suis obligé d'aller convaincre ces gens qui sont incapables de savoir ce que c'est qu'une entreprise exemple J'ai décidé, nous avons décidé il y a 8 mois, que la nullité absolue des parlementaires élus à l'Assemblée n'était pas tolérante et nous avons lancé l'opération parlementaire dans l'entreprise. J'ai écrit à tous les parlementaires, j'ai dit vous devez faire un stage de 2 jours dans une entreprise une fois par an. On a eu 70 qui ont dit oui et je compte essayer d'imposer à l'Assemblée nationale que tout élu parlementaire fasse 2 jours de stage dans une boîte par an. Donc, alors, vous allez me dire que c'est une responsabilité. Oui, si on veut. Non, ma responsabilité, c'est qu'ils sachent que c'est qu'une boîte à l'Assemblée nationale. Je me considérais que c'est ma responsabilité. Enfin, je pourrais m'en passer aussi.
- Speaker #0
Oui, mais finalement, nous, on ne pourrait pas s'en passer.
- Speaker #1
Ça, c'est très gentil.
- Speaker #0
Non, mais voilà, c'est en ça que, quand je parle de responsabilité, c'est de porter une voix. bien au-delà de sa propre personne, on porte une idée, vous portez une idée, vous investissez cette idée et en ça on porte une responsabilité, vous portez une responsabilité vis-à-vis des entreprises. Oui,
- Speaker #1
je me suis créée des responsabilités, je ne me suis pas trouvée face à des responsabilités tellement.
- Speaker #0
Vous vous êtes créé les responsabilités que vous avez envie d'endosser.
- Speaker #1
Oui et par exemple j'ai fait certainement une erreur il y a trois mois, j'entends Notons Sophie Binet, présidente de la CGT, qui dit que les chefs d'entreprise sont des rats qui quittent le navire. Et d'ailleurs, il est membre éthique. Oui, le patron de l'LVMH est un dommage pour la France. C'est très très mauvais. Bernard Arnault est nué à la France. Tout d'un coup, je me suis dit, combien de temps on va se faire insulter par les syndicats ? Je porte plainte. L'avocat s'amuse énormément et je porte plainte pour un jour public envers les chefs d'entreprise. Donc, elle a convoqué toute la CGT, ça a été terrible, un scandale. Et elle a dit, alors elle s'est rendue. Je n'ai pas rendu compte qu'elle m'a fait un compliment. Elle dit que c'est la première fois qu'un patron ose porter plainte contre une asséjetée. Et donc, j'avais déjà fait une félicité dans la rue. Et je me disais oui. Mais il y a quelque chose que je déteste aussi, c'est que les gens n'osent pas. Ils n'osent pas. Et d'ailleurs, je me suis fait critiquer vivement par le MEDEF. Ils m'ont dit qu'on ne devait pas mettre de l'huile sur le feu. Nous, on négocie avec eux, etc. Et les gens ont peur. Les gens ont peur.
- Speaker #0
Peur de prendre leurs responsabilités.
- Speaker #1
Pas forcément la responsabilité. Elle a porté plainte contre Sophie Binet. C'est vrai que je risque rien, moi, entre guillemets. Le président du BDF, il est représentatif. Il ne peut pas faire ça. Mais si les gens n'avaient pas peur, les gens diraient beaucoup mieux.
- Speaker #0
Oui, certainement.
- Speaker #1
Je ne parle pas du tout de la peur, du courage, de la guerre. Parce que ça, il faut avoir peur, je pense. Les gens ne tentent pas, n'osent pas. Il y a une phrase, il faut tenter sa chance. Tenter sa chance, oui.
- Speaker #0
On revient à ce que vous disiez au début. Si on ne demande pas, on n'a pas.
- Speaker #1
Ça c'est certain.
- Speaker #0
On n'a pas un oui, mais on n'a pas un non. On n'a pas un non, mais on n'a pas un oui. Et on ne reste pas d'y arriver. Et on ne reste pas d'y arriver. Est-ce que vous vous êtes déjà sentie seule, finalement ? Vous vous êtes tellement entourée et en même temps. Oui.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est compliqué ça à gérer.
- Speaker #1
Oui, oui. J'aime pas être seule en plus. Je déteste la solitude et j'ai besoin, j'ai eu des hommes dans ma vie. Et ils ont été des appuis formidables. D'ailleurs, ça reste mes meilleurs amis. Et j'ai absolument besoin de partager. Moi, je trouve ça horrible quand on rentre chez soi, qu'on a une émission de télé, s'il n'y a pas un homme qui comprend tout, qui dit là, tu as été bonne. Enfin, oui, je me suis sentie seule.
- Speaker #0
L'amitié avec les femmes, on en parlait tout à l'heure. Vous me disiez que ça avait été parfois compliqué. Alors,
- Speaker #1
j'ai des amitiés avec quelques femmes. Et les femmes en groupe, non.
- Speaker #0
Mais les femmes en groupe ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
D'ailleurs, c'est extraordinaire. J'ai monté une commission femme quand j'ai eu TIC pour la première fois. Puis je suis revenue, c'est cet homme, et j'ai demandé les conclusions de la commission femme. Et leur première conclusion, ça a été... Je vais hurler de rire encore aujourd'hui. Elles ont dit, bon, il faut que tu ne te représentes pas. C'est notre première conclusion pour qu'on puisse changer tous les ans, enfin tous les deux ans, de présidente. J'ai dit au revoir, et j'ai dit sous la commission.
- Speaker #0
Je comprends que parfois ce soit compliqué.
- Speaker #1
Les femmes, entre elles, ce n'est pas vrai. Elles ne sont pas sympas.
- Speaker #0
Sans faire de généralité, mais effectivement, on se rend compte que parfois c'est compliqué.
- Speaker #1
Individuellement, elles sont formidables. Il y en a quelques-unes. On en connaît.
- Speaker #0
Que nous avons en commun.
- Speaker #1
On en connaît. Elles sont exceptionnelles. Oui. Moi, j'aime bien aider les gens. En plus, je ne comprends pas. J'adore aider les gens. Ça me fait très plaisir. C'est très égoïste.
- Speaker #0
Oui, on sent qu'il n'y a chez vous pas une once de compétitivité, en tout cas dans l'humanité. Il y a de la compétitivité pour aller convaincre, pour aller faire avancer des idées, mais finalement, quelque chose...
- Speaker #1
Et en même temps,
- Speaker #0
c'est d'où qu'il se dégage ?
- Speaker #1
D'ailleurs, là, je lui avais dit, tiens, pourquoi tu ne m'as jamais rendu ministre ? Parce que je ne l'avais pas du tout à l'intérieur. Il me dit, parce que tu n'as pas revu et que tu as une boîte, c'est quand même vachement mieux. En fait, il était ministre de l'industrie. jamais on m'a dit J'aurais jamais aimé être ministre, par exemple. Donc, il y a des gens qui... Les honneurs, c'est pas tellement mon truc. Je suis très contente quand on me félicite ou je suis contente d'être jurée d'un prêt, d'un prêt éthéraire, mais bon, je sais que je suis décorée. J'ai beaucoup de chance, mais je suis décorée parce qu'il n'y avait pas de femmes. Donc je suis officier de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre du mérite.
- Speaker #0
Mais de dire ça quand même, est-ce qu'au final, il y a quelque chose qui me gêne quand vous dites ça ? Je trouve qu'il y a un peu de dépréciation.
- Speaker #1
Non, je ne mérite pas la Légion d'honneur, je mérite largement l'ordre du mérite.
- Speaker #0
Voilà, très bien.
- Speaker #1
Je ne sais pas pourquoi je mérite la Légion d'honneur.
- Speaker #0
Non, c'est vrai.
- Speaker #1
J'ai cherché, on a essayé de me trouver. Je suis très fière, je veux dire, si je suis upgraded, pourquoi pas. Si, peut-être que... Qu'est-ce que j'ai fait pour l'étranger ? Si, j'ai monté une boîte à l'étranger. Et puis le syndicat, on peut dire que le syndicat est un peu connu. À la limite, on pourrait dire que j'aime ma boîte à l'étranger. Bon, il peut y avoir des petits trucs. Enfin, le général de Gaulle a créé l'ordre du mérite pour ça.
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Non, non, j'aime beaucoup être récompensée.
- Speaker #0
Il y a une forme qui est assez fou. Il y a une forme de légèreté quand on vous écoute. Il y a une forme de légèreté, j'entends, de quelque chose de très facile, léger. Pas de légèreté intellectuelle, mais quand vous parlez, tout semble… fluide.
- Speaker #1
Alors, je crois qu'il y a une phrase qui m'a beaucoup frappée dans la vie. D'abord, l'humour est ce que je préfère au monde. Et l'humour est la politesse des angoissés. Et c'est une phrase qui est vraiment importante.
- Speaker #0
Oui. Parce que vous avez quand même ce côté-là, mais on y accède très peu. Il faut être dans un cercle extrêmement restreint pour rencontrer la Sophie qui doute.
- Speaker #1
Euh... Euh... Non mais douter, c'est pas angoissant.
- Speaker #0
Je sais pas, je vous pose la question.
- Speaker #1
Douter, je doute toute la journée, déjà en m'habillant le matin.
- Speaker #0
Ah, mais ça commence bien.
- Speaker #1
On dirait même que ça peut durer. Mais qu'est-ce que je mets là ? J'ai quoi avant ? Oh là là... Je doute sur des choses, je peux passer. 10 minutes à choisir la couleur du verniche, le coiffeur, je dirais que je n'arriverai jamais à choisir. Donc le doute, ça veut tout dire. Le doute existentiel, je n'en ai pas. Le doute pour les choses de la vie. Je doute pour les choses de la vie.
- Speaker #0
Pour les choses courantes. En fait, c'est comme si... En fait, vous êtes un petit peu humaine, finalement. Un peu humaine. Vous êtes dans la vie comme nous tous et comme nous toutes.
- Speaker #1
Je suis beaucoup plus humaine qu'autre chose. Et je ne doute pas professionnellement. Mais peut-être que... Par exemple, c'était les performances et le premier groupe mondial quand j'ai monté ma boîte. Moi, j'ai pris des vacances scolaires, etc. Je suis sûre et certaine que si j'avais travaillé beaucoup plus... j'aurais une boîte multinationale.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je préfère vivre.
- Speaker #0
Ce n'était pas votre ambition.
- Speaker #1
C'est insupportable. D'ailleurs, j'ai vécu avec des hommes qui ne pensent qu'à bosser. C'est infernal.
- Speaker #0
Il y a une vie à côté d'un... Il y a une vie à vivre. Moi,
- Speaker #1
je pense, et ça m'est arrivé, j'ai essayé d'expliquer d'ailleurs que les opportunités viennent de partout. Vous... vous allez jouer au tennis, puis vous jouez avec un type, et finalement, vous ferez des affaires avec lui. Donc, les opportunités sont partout. Elles ne sont pas enfermées en train de cloisonner, de travailler non-stop.
- Speaker #0
Il faut s'ouvrir, il faut ouvrir le regard.
- Speaker #1
Ah oui, vraiment.
- Speaker #0
Si on devait refaire un peu votre vie, qu'est-ce que vous changeriez aujourd'hui ? D'abord, avant de dire quoi, d'abord, est-ce que vous changeriez quelque chose ? Et si oui, qu'est-ce que vous changeriez ?
- Speaker #1
Qu'est-ce que je changerais ? Alors... Franchement pas grand chose. Pourquoi ? Parce que ce que j'ai fait dans la vie, le père de mes enfants faisait ma compte à le soir, ce que j'ai fait dans ma vie a abouti. si, à des enfants merveilleux, à une famille qui est formidable. Et donc, c'est quand même tellement de loin ce qui a pu réussir que tout s'est abriqué. Et donc, alors maintenant, qu'est-ce que je changerais dans ma vie ?
- Speaker #0
Il n'y a peut-être rien. Non, enfin, voilà.
- Speaker #1
Moi-même, un peu, peut-être. Je ferais plus ou mieux.
- Speaker #0
avec le recul. Et pourtant, en même temps. C'est parce que c'est cette Sophie qui se lève de table et qui part de cette réunion où vous n'aviez pas votre place. Mais oui, c'est finalement des basculements de vie, ça ne tient à pas grand-chose.
- Speaker #1
Je crois franchement qu'il faut avoir du caractère. Et la souplesse, c'est un truc qui m'énerve profondément. Les femmes, oui, le plafond de verre et puis au moins un peu chez nous. Vraiment, qu'est-ce que c'est que ces histoires ? C'est plus vrai aujourd'hui. J'étais avec un chef d'entreprise tout à l'heure, avant vous, et qui me disait, c'est infernal, on n'a pas pu nommer une femme au conseil d'administration. parce que la parité, c'est la parité. Donc, il faut qu'il y ait autant d'hommes que de femmes. C'est stupide. On a fait ça pour qu'il y ait plus de femmes. Et maintenant, on peut plus en mettre une parce qu'il y en a trop. Alors, ce que je déteste, c'est effectivement tout ce qui est cloisonné et les normes, les règles, les obligations, etc. Ça, c'est vraiment...
- Speaker #0
On va bientôt terminer, mais justement, c'est important ce que vous dites. J'aimerais qu'on puisse s'adresser justement aux femmes Peut-être de leur... Enfin, qu'est-ce que vous... Je ne parle pas moi. Qu'est-ce que vous auriez envie de dire aux femmes aujourd'hui ?
- Speaker #1
Prenez-vous en main ! Et puis enfin, je veux dire, de quoi avez-vous peur ? Vous êtes toutes légitimes, vous êtes toutes excellentes, vous avez quelque chose de plus que les hommes, vous avez de l'intuition. Écoutez-la, tout le monde a de l'intuition, on ne l'écoute pas. Arrêtez de vous réfréner, arrêtez de vouloir aller, d'avoir peur de frapper à la porte du chef. qui serait enchanté que vous rentriez pour lui expliquer ce que vous avez à lui expliquer. Et c'est le règne de la femme, c'est beaucoup trop le règne de la femme. Moi en ce moment j'ai envie de dire j'aime les hommes, ils sont très sympathiques. J'ai envie aussi de dire une chose quand même dans les entreprises, c'est pas la peine de se taper le patron pour réussir. Ah bon ? C'est une blague. J'avais compris. Mais c'est pas une blague pour tout le monde. C'est vrai. Ça a toujours existé. Ça a toujours existé, bien sûr, et ça existera toujours. Et pourquoi pas ? Et pourquoi pas ? Surtout qu'il peut être très séduisant. Je veux dire qu'il y a un moment quand vous ne rentrez pas seul dans le bureau parce que le mec a peur et que vous sortez du bureau en disant « Ah ! Il a eu un geste ! » Et que vous gagnez à tous les coups, moi je ne peux plus supporter ce féminisme-là.
- Speaker #0
Vous le voyez beaucoup, vous avez ça, ce genre de... des patrons qui viennent... Enfin, ça fait partie des échanges.
- Speaker #1
Dans les grandes boîtes, il y en a qui se plaignent, c'est insupportable. Moi j'ai eu des copains... Il y a une femme qui a été portée plainte, elle n'avait jamais rien fait. Des hommes politiques, n'en parlons pas. Alors maintenant, les sexes sont ce qu'ils sont, il y a les hommes et les femmes. Ce que je ne supporte pas, c'est qu'on va les réduire à être l'un et l'autre. Non, les femmes sont des femmes. Elles ont des qualités masculines, certaines beaucoup plus. Certains hommes ont des intuitions féminines et sont beaucoup plus insensibilités, dans les arts, dans plein de choses. Mais je ne supporte pas l'unisexe.
- Speaker #0
Chacun a sa... Oui, on a chacun nos spécificités. D'ailleurs,
- Speaker #1
on a suffisamment abîmé... Les enfants, alors, « Et tu veux être un garçon ou une petite fille ? » À l'âge de 6 ans, dans les écoles, je suis outrée. J'ai des exemples autour de moi, ils ne savent plus qui ils sont. Donc, sous prétexte de valoriser les femmes, on a beaucoup abîmé les relations hommes-femmes, je trouvais.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on ne sait plus où se positionner. Qu'est-ce que vous voulez dire ? Ce que je veux dire, c'est... Parce qu'on le voit dans la vie courante, par exemple, dans la séduction. Aujourd'hui, vous êtes à une terrasse de café. Eh bien, un homme, même s'il vous regarde, vous regardera toujours de loin, mais ne viendra plus vous aborder. Mon fils, vas-y,
- Speaker #1
mais comment on drague là aujourd'hui ?
- Speaker #0
Eh oui, mais c'est une réalité.
- Speaker #1
Alors que j'ai eu une des plus jolies phrases qui soit, je traverse dans les clous et je vois un homme très élégant qui me regarde, qui s'arrête deux secondes et qui dit « Madame, comment peut-on avoir une chance d'avoir le droit de vous parler ? »
- Speaker #0
Wow ! Ça c'est joli.
- Speaker #1
Et il se trouve que j'ai dit, hélas, pas de chance là. C'était pas le bon moment.
- Speaker #0
C'était pas le bon moment.
- Speaker #1
Je veux dire, ça m'est jamais arrivé, je pourrais me faire draguer dans la rue d'aller prendre un café.
- Speaker #0
Oui mais en tout cas avant on pouvait se faire draguer dans la rue.
- Speaker #1
Oui, sans que ce soit... Et ça c'était super.
- Speaker #0
Oui. Il y a quand même... Oui. Moi je me souviens de petits numéros de téléphone planqués dans mes écharpes pendant... Quand je prenais le train. Je peux vous dire qu'aujourd'hui, vous pouvez être surrêvée. Non,
- Speaker #1
mais il y a beaucoup plus grave que ça. Moi, j'ai signé avec Catherine Deneuve une tribune qui s'appelait « Sympathes se faire siffler dans la rue » . Je ne vous raconte pas ce que j'ai entendu. J'ai vu Catherine Deneuve que j'ai aperçue une seule fois dans ma vie. Je lui ai dit « Alors, cette tribune ? » Elle m'a dit « Ça a été l'horreur ! » Et donc, j'avais signé ça parce qu'il faut tous les droits. Simplement, il faut que les hommes acceptent de refuser. Et là, on a viré. Les filles ont le droit de draguer tant qu'elles veulent. Donc les mecs, bof. Et je pense que les sentiments, pour ne pas dire autre chose, sont beaucoup moins forts qu'ils ne l'ont été. Parce que les hommes ont besoin de draguer plutôt que de se faire draguer. Sauf l'exception confirmant la règle. Et je trouve que...
- Speaker #0
Ou en tout cas, il faudrait qu'on puisse retrouver un équilibre. Parce que l'équilibre est perdu aujourd'hui.
- Speaker #1
Et puis se faire draguer pendant deux ans, pourquoi pas. Et puis vous tombez amoureuse au bout des deux ans, c'est merveilleux, plutôt dans les soirées c'est claque.
- Speaker #0
C'est de la société de consommation.
- Speaker #1
Ah c'est la société de consommation.
- Speaker #0
Et aujourd'hui c'est devenu le consumérisme appliqué à toutes les...
- Speaker #1
Mais elles en souffrent, elles vont en souffrir beaucoup, beaucoup plus que les hommes.
- Speaker #0
Ce serait peut-être, alors si on doit terminer en tout cas sur... Parce que la dernière question de parole de femme c'est... Elle est pour tout le monde pareil. C'est quoi pour vous, Sophie, être une femme aujourd'hui ? Ce sera peut-être la manière de conclure à cette question qu'on a ouverte.
- Speaker #1
Être une femme aujourd'hui, c'est avoir la chance inouïe. De pouvoir être beaucoup de monde. On peut être une femme d'affaires, on peut être séductrice, on peut être jolie, on peut être une mère de famille, on peut avoir des caprices, on peut être féminine, on peut choisir d'être masculine, on peut être président de la République, c'est une chance inouïe. Et alors, franchement... Si nos féministes étaient des femmes, elles iraient voir ce qui se passe en Afghanistan et elles se mobiliseraient pour les pays qui en font la même. La France, c'est un pays de rêve pour les femmes. Il faut arrêter. C'est un pays de rêve. Donc, je trouve que c'est très, très facile et c'est merveilleux.
- Speaker #0
Voilà, une belle façon de conclure.
- Speaker #1
Bon.
- Speaker #0
Sophie, merci beaucoup. Je sais que votre temps est extrêmement compté. J'étais ravie.
- Speaker #1
C'était une très bonne question intelligente, ce qui est rare.
- Speaker #0
Merci beaucoup. Alors venant de vous, autant vous dire que je vais l'encadrer. Si vous n'avez pas besoin,
- Speaker #1
je peux vous en donner de temps en temps, si vous voulez.
- Speaker #0
Dit comme ça, c'est magnifique. On va terminer là-dessus. Merci Sophie, à très bientôt. Au revoir. Au revoir et merci à vous.
- Speaker #1
C'était très sympathique et gentil.
- Speaker #0
Merci.