- Speaker #0
Bonjour, je suis Stéphanie Baranco, et bienvenue dans Parole de Femme. Dans ce podcast, je donne la parole à des femmes au destin peu banal, pour qu'elles nous parlent d'elles, de leur parcours, de leurs espoirs et de leurs doutes, de leur vision de la femme d'aujourd'hui, l'avenir. Puissent ces femmes vous inspirer, nous inspirer, et inspirer nos générations futures. Elles se livrent sans tabou, avec le cœur. Je vous laisse avec elle, voici leurs histoires, place à Parole de Femme, saison 3. On la connaît au travers d'un rôle qui a marqué des millions de personnes, mais derrière l'actrice, il y a une femme, il y a une femme que l'on a connue jeune, qui évolue, qui compose avec les regards des autres. avec son propre regard sur elle-même et puis les attentes de la société.
- Speaker #1
C'est sûr.
- Speaker #0
Bonjour Élodie, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Salut Stéphanie, ça va très bien. Je suis contente de te rencontrer.
- Speaker #0
Et je suis très contente également de venir te rencontrer pour parler de toi aujourd'hui. Ce n'est pas forcément évident, on va y aller tout en douceur.
- Speaker #1
Ça me va.
- Speaker #0
Allez, on commence pour mieux se connaître par trois petites questions. Pour toi, quel est le moment de la journée que tu préfères ? Un lieu où tu te sens vraiment à ta place et ton entra.
- Speaker #1
Alors, mon moment préféré dans la journée, je pense que c'est vraiment le réveil. J'adore me réveiller, notamment le week-end, parce qu'il y a mes fils qui viennent me réveiller. Et ça, c'est quand même... C'est quelque chose de très précieux, je sais que ça ne va pas durer toute ma vie, mais ça dure déjà depuis un petit moment et je le savoure parce que là je sens mon grand qui grandit un peu, ça se fait un petit peu moins, et il a 12 ans.
- Speaker #0
Ah oui, tout doucement.
- Speaker #1
Mais voilà, tout doucement, mais là ça y est encore, il m'apporte mon petit café au lit et ça c'est vraiment le graal du week-end. Ça fait du bien. Ouais, c'est très réconfortant.
- Speaker #0
C'est précieux de pouvoir prendre le temps, d'avoir le luxe, ou en tout cas de s'octroyer le luxe de prendre le temps.
- Speaker #1
Oui, Et ça, c'est quelque chose, en fait, c'est marrant, c'est au confinement que c'est arrivé, parce qu'on a eu le temps, tout d'un coup, et mes enfants étaient assez petits, et qu'on a créé cette espèce de petite habitude de vraiment... Faire un petit moulon comme ça le matin avec mon chéri, mes deux fils, et on prend le petit moment. Et le week-end, du coup, on essaie de s'y restreindre encore. Enfin, s'y restreindre, comme si c'était une obligation. Pas du tout, c'est un vrai plaisir, mais de conserver ça. Oui,
- Speaker #0
parce qu'on peut être pris par plein de choses.
- Speaker #1
Parce que même le week-end, maintenant, il y a les activités, le rugby, le machin, le truc. On doit se lever pas toujours très tard, mais au moins d'avoir les 5-10 minutes de câlin le matin. C'est mon moment préféré, clairement.
- Speaker #0
Parfait. Un lieu où tu te sens vraiment à ta place ?
- Speaker #1
Sur un plateau.
- Speaker #0
C'est vrai ?
- Speaker #1
Oui. Oui, oui, oui. Souvent je le dis et c'est vraiment... C'est vrai que je me sens... Je me sens ancrée et je me sens là où je dois être quand je suis sur un plateau de cinéma, quoi. Un plateau de tournage.
- Speaker #0
Un plateau de tournage.
- Speaker #1
Et parce qu'il y a une effervescence. et un travail collectif qui me fait me sentir vraiment très bien.
- Speaker #0
Vivante ?
- Speaker #1
Oui, vivante. Et je sais que je suis vraiment à la fois moi-même, même si j'interprète des personnages, mais j'étais un peu quand même faite pour être là, je pense.
- Speaker #0
C'est marrant ce que tu dis, on y reviendra, c'est une des grandes questions finalement quand on parle à une comédienne ou à une actrice, en tout cas à quelqu'un qui interprète un rôle dans le cadre du travail, c'est comment finalement on arrive à rester soi-même. Là tu dis je me sens vraiment moi et à ma place et comment on arrive à rester soi-même alors qu'on rentre dans la peau de quelqu'un d'autre, plus au-delà d'interpréter quand On incarne, je crois que c'est vraiment à plus forte raison toi qui a eu parfois dans ta carrière des rôles sur le long terme. C'est-à-dire qu'il y a une part d'elle qui doit rentrer en toi et inversement.
- Speaker #1
Bien sûr, mais c'est là où en fait on... Comme tu parles d'incarnation, c'est vrai qu'il y a une frontière dans les personnages au long cours que j'ai pu explorer avec par exemple le personnage d'Estelle dans Plus belle la vie que j'ai eu pendant des années et des années. Je pense qu'il y a un lien aussi qui se crée avec ce personnage-là. mais aussi avec les auteurs qui de plus en plus te connaissent toi puisque au fur et à mesure du temps ça devient de plus en plus toi finalement et ça d'ailleurs c'est un peu pas dangereux mais il y a un espèce d'aller-retour sur les expériences que peuvent vivre le personnage et toi et il y a une résonance forcément et donc c'est toujours intéressant mais parfois délicat aussi à gérer
- Speaker #0
C'est ce que j'allais te dire, il ne faut pas se perdre au milieu de tout ça.
- Speaker #1
Non, il ne faut pas se perdre, mais parce qu'il faut avoir des bases solides. De toute façon, c'est dans ce métier-là en général, je pense, comme dans plein d'autres. Mais c'est vrai qu'en étant comédien, comédienne, il y a quand même un truc où je pense que si on n'est pas ancré, et si on n'a pas une famille, ou une famille de cœur, ou une famille... je te sens, qui nous épaule et qui nous a donné des bonnes bases, on peut se perdre.
- Speaker #0
On va justement y revenir à ta famille juste après. Juste, est-ce que tu as, alors peut-être n'en as-tu pas, et dans ce cas-là c'est parfait aussi, un mantra ?
- Speaker #1
Un mantra ?
- Speaker #0
Ou quelque chose qui te parle aujourd'hui. Tiens, aujourd'hui, voilà, qu'est-ce qui te... Une phrase ou quelque chose qui t'aide ou qui te soutient ou qui te donne une impulsion ?
- Speaker #1
Il n'y a rien qui me vient comme mantra, mais en même temps, de toujours quand même rester dans la joie. J'ai la sensation qu'il faut se battre pour ça, parce que c'est pas... On dit quand même dans une société, moi qui... Enfin, souvent, je peux être accablée un petit peu quand même, on ne va pas se mentir. On ne va pas se mentir. Et en fait, j'essaie de toujours, donc déjà, d'être totalement en pleine conscience de la... chance que j'ai chaque jour d'être quand même dans un pays libre de pouvoir élever mes enfants à peu près comme je comme je le veux de pas être en danger voilà tout simplement et donc je prends beaucoup de recul et je me dis tous les jours en fait il ya beaucoup de joie quoi et il faut vraiment tout ce qui est les conneries de on s'embrouille en machin un un ça je peux plus
- Speaker #0
C'est cette répercussion-là finalement que le monde a sur toi, c'est de relativiser. Oui,
- Speaker #1
relativiser.
- Speaker #0
C'est un travail de tous les jours.
- Speaker #1
Oui, c'est un travail de tous les jours parce qu'on est rattrapé de toute façon toujours par notre quotidien, nos petits problèmes, etc. Mais je pense que c'est important d'avoir conscience, d'être en pleine conscience de la vie qu'on vit. On ne peut pas changer le monde. Mais on peut, par justement la chance qu'on a de vivre dans une société qui quand même fonctionne, essayer d'avoir une lumière là-dessus pour voir les choses de plus en grand. Et tout simplement, oui...
- Speaker #0
De mettre en perspective finalement le petit problème d'un retard de train. Par exemple, de dire finalement c'est ce qu'on a fait tout à l'heure, c'est pas très grave non plus.
- Speaker #1
Moi je pouvais m'énerver en voiture mais j'étais la première. Ça m'arrive encore de commenter, à insulter les gens. Et après, mais qu'est-ce que c'est que ça en fait ?
- Speaker #0
C'est nourrir une colère à l'intérieur qui finalement n'est plus destructrice qu'autre chose en réalité.
- Speaker #1
Qui n'amène à rien. qui n'est vraiment pas dans le vivre ensemble. Il y a un moment où il faut effectivement être en pleine conscience.
- Speaker #0
On revient très rapidement, puisque tu en as parlé de bon nombre de fois, sur le fait de devenir comédienne. Je voulais que tu me parles un peu du regard justement de ta famille. Parce que, alors, ça fait 20 ans, il y a 20 ans en arrière, c'était un milieu un peu plus opaque qu'aujourd'hui.
- Speaker #1
Oui, complètement, qui était complètement pour ma famille d'ailleurs.
- Speaker #0
Alors en plus, tu ne viens pas du milieu du cinéma ou du théâtre ?
- Speaker #1
Non, je viens du Nord déjà, je viens de Villeneuve-Dasque, je suis née à Lille et toute ma famille est du Nord. Donc... et effectivement pas du tout dans ce milieu là.
- Speaker #0
Comment réagissent tes parents quand tu leur dis que finalement tu vas être comédienne ?
- Speaker #1
Ça s'est fait un petit peu en plusieurs étapes parce que j'ai exprimé cette envie-là, ce désir-là. C'est ma mère qui m'a mis au théâtre. Quand même, je pense que j'ai plutôt demandé ou j'avais une appétence pour ça, je ne sais pas. Et en fait, rapidement, à l'adolescence, j'ai voulu passer des castings.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Oui. Et effectivement, j'ai même appelé, je me souviens, en me faisant passer pour ma mère. J'ai essayé, bon bref, j'ai fait des espèces de trucs. Et effectivement, ma mère a fait très vite. capté quand on a rappelé, ou je ne sais plus ce qui s'est passé. Je me dis, qu'est-ce que t'as fait en fait ? Donc, ouais, non mais parce qu'en fait je voulais, bon, évidemment, tout se passait à Paris, il fallait aller à Paris, tout ça.
- Speaker #0
Redisons ici, c'est important, qu'une mère sait tout.
- Speaker #1
Une mère sait tout. Ce n'est pas la peine d'essayer de la faire à l'envers. Ça ne fonctionne pas. Mais donc, voilà, c'est que j'ai... Donc,
- Speaker #0
tu avais envie d'aller à Paris.
- Speaker #1
J'avais envie de, voilà, de me tester à ça, et elle m'a Merci. qui m'a dit qu'elle, ça lui faisait peur, qu'elle ne connaissait personne dans ce milieu, qu'il n'y avait personne pour m'accompagner là-dedans. Donc non, qu'elle ne voulait pas. Bon, ça m'est passé. Et par contre, je suis restée quand même très... J'ai découvert après le cinéma, je passais tous les week-ends, dès que je pouvais, j'allais au cinéma. J'étais vraiment... J'étais passionnée par ça. Et j'ai continué à faire du théâtre, notamment au lycée, avec un prof qui a été vraiment génial. C'est un prof de sciences éco. Rien à voir. Il était passionné de théâtre. J'ai fait du théâtre avec lui. C'était de plus en plus fort. Mais mes parents m'ont dit si tu veux faire un métier là-dedans, ok. Mais un métier technique à ce moment-là qui est un peu plus sûr. Puisqu'il y a des études, un peu plus là-dedans. Donc ils m'ont quand même... permis de faire ça. Et donc, j'ai commencé à faire des études en cinéma, donc derrière la caméra. Et moi, j'ai commencé à faire stagiaire régie, stagiaire mise en scène, etc. Stagiaire monteuse aussi. J'avais vraiment cet aspect technique. J'étais plutôt partie pour faire de la technique. J'ai même passé les concours de la FEMIS. Donc, voilà, j'étais plutôt partie là-dedans. Et en fait, j'ai toujours continué le théâtre à côté. Et il y a... Mickaël Topin, que je cite souvent parce que quand même c'est grâce à lui que tout a commencé, qui est un directeur de casting aujourd'hui et à l'époque était assistant et qui s'occupait de Plus Belle la Vie. Et en fait, il m'a castée, il m'a dit parce que moi je tournais dans tous les courts-métrages des copains des uns des autres parce que moi je voulais bien, j'étais ok. Pour lui donner des coups de main.
- Speaker #0
Il me dit, t'es super et tout, je pense qu'il y a un rôle pour toi.
- Speaker #1
Moi j'étais stagiaire mise en scène sur un long-métrage Agap, je me souviens. sur le fils de l'épicier, Eric Grado. Voilà, réalisateur top. Et voilà, et donc j'ai dit, bah, ok, allons-y. Et j'avais déjà été faire un peu des silhouettes, des choses à droite à gauche, et plus pour me faire un peu des sous en tant qu'étudiante. Et voilà, et j'ai été prise. Ça devait durer deux mois à la base, le personnage d'Estelle était là pour deux mois.
- Speaker #0
D'accord !
- Speaker #1
Et à la fin des deux mois, en fait, ils m'ont demandé de revenir. Voilà, ça a démarré. Ah oui,
- Speaker #0
donc tu commences ta carrière par Plus Belle la Vie. Oui.
- Speaker #1
Ah oui,
- Speaker #0
tu commences ta carrière d'une manière assez spectaculaire du coup.
- Speaker #1
Oui, mais à l'époque, ça n'était pas tant que ça. C'est-à-dire que quand même, Plus Belle la Vie, au départ... Oui,
- Speaker #0
ça a mis du temps à s'installer.
- Speaker #1
Ça a mis un petit peu de temps à être connue. Quand je suis arrivée, ça a commencé. Je suis arrivée en 2006. Et ça commençait à prendre et à être vraiment plus populaire.
- Speaker #0
Parce qu'on a quand même, et ça va m'amener à cette réflexion qui m'intéresse d'avoir ton point de vue là-dessus, c'est qu'il y a aussi une certaine forme de... Je voudrais trouver le mot un peu juste, mais de... Quelque chose d'un peu moqueur sur le soap au départ. Dans notre tête, on est un peu de la même génération, je pense toutes les deux, et un soap c'était Santa Barbara, c'était les Feux de l'Amour, et alors trans bah euté ça en plus sur du 100% français.
- Speaker #1
Ah non mais c'est évident. C'était un énorme pari. C'était un énorme pari, et en fait, mais pendant très longtemps ça a été...
- Speaker #0
Moqué. Enfin c'était ça le moqueur.
- Speaker #1
Complètement mis de côté, et c'était la honte de faire ça. C'était la honte d'être là-dedans. Comment tu l'as vu ?
- Speaker #0
C'est important ce mot honte. Parce qu'on va y revenir, ton métier c'est le fond. Il est capital. C'est ce que tu disais d'être ancrée. Et puis tu as l'apparat. Tu as, à plus forte raison maintenant, les réseaux sociaux. Mais à l'époque, comment tu le vis à ce moment-là ?
- Speaker #1
En fait, au départ, je me dis simplement, j'apprends. J'étais encore en études. J'avais donc 22 ans et je me dis... Déjà, je ne me dis pas que je vais forcément rester, je ne sais pas. Je le prends comme une expérience. Ensuite, je réalise que ça devient quelque chose, mais ça me permet aussi d'assumer et de vivre de la comédie. Et ça, c'était aussi quelque chose d'important, parce que, ne serait-ce que par rapport à ma famille, je me disais que c'est possible d'être dans ce métier. et ce métier, il m'ouvre quand même une perspective des possibilités de vivre parce que je pense que la base de l'angoisse de mes parents quand j'ai voulu être comédienne c'était aussi ça, c'est qu'en fait il y a tellement de c'est très rare de pouvoir en vivre et de pouvoir bien en vivre il faut quand même, nous on connait que les comédiens qui ont des vies extraordinaires voilà, mais c'est Il est d'accord que c'est 0,01%. Donc voilà, et c'est légitime d'avoir cette peur-là. Et le fait d'être quand même dans cette famille de plus belle la vie qui s'est créée, moi franchement, je l'ai hyper bien vécue parce que ça m'a appris mon métier. Je l'ai appris par là. Alors après, il faut faire attention parce que c'est une certaine forme de... de travail. Après, il faut savoir s'adapter. Mais c'est une extraordinaire école, que ce soit pour les techniciens, pour les comédiens, à tous les niveaux. Ça a été, pour moi, je trouve, une extraordinaire école. Maintenant, la honte, tu la vis parce que quand tu viens d'un coup, tu es attaillée, après, du coup, j'ai un agent, machin, un truc. Je me suis rendue compte, au fur et à mesure des années, que je ne pouvais pas accéder à certaines choses. Alors, ce qui était très drôle, c'est que moi, j'avais commencé à être stagiaire et assistante mise en scène. sur des films très cinéma, etc. À très hauteur. Et là, d'un coup, je passais rien à voir en tant que comédienne sur un truc très populaire. Et ça ne va pas ensemble. Et les ponts ne se font pas. Et en fait, ce par quoi tu démarres définit tout le reste. Et ça, c'est ce dont je me rends compte aujourd'hui. Maintenant, je n'en souffre pas parce que ça a été mon chemin. Et que là, j'arrive à la sagesse. Mais c'est vrai qu'à... Allez, peut-être à mes... Ouais, mais entre mes 25 et mes 35 ans, je ne comprenais pas, quoi. Il y avait un truc où j'avais...
- Speaker #0
Une forme d'injustice ?
- Speaker #1
Oui, je ne comprenais pas pourquoi on ne voulait jamais me voir sur des rôles plus cinéma, etc. Parce que, voilà, tout est...
- Speaker #0
Dans des cases.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Il faut... Tu as travaillé sur toi pour... Pour justement dépasser ce sentiment d'injustice,
- Speaker #0
est-ce qu'au départ on a envie de taper aux portes en disant « Non mais je peux faire autre chose, laissez-moi ma chance » ou très vite finalement tu te dis « En réalité je m'épanouis, là où je suis » ?
- Speaker #1
Le problème, le vrai problème, c'est qu'on a un syndrome de l'imposteur, que moi j'ai clairement moins, beaucoup. mille fois moins aujourd'hui, et peut-être même qu'il est minime aujourd'hui, mais je l'ai eu pendant très longtemps, et donc en fait, j'ai même pas poussé les portes, vraiment. J'ai pas eu cette force-là, parce qu'en fait, très vite, comme on te met dans une case, et qu'on te dit, bah non, en fait, t'as l'impression d'être nulle, de faire un truc un peu nul.
- Speaker #0
En fait, c'est exactement ça, t'as un peu l'impression, oui. Oui, c'est une série AB production.
- Speaker #1
C'est pas pour toi. Si tu fais ça, ça veut dire que t'es pas capable de faire autre chose. Ce qui n'a rien à voir.
- Speaker #0
Tu n'es pas une actrice.
- Speaker #1
Oui, voilà, exactement.
- Speaker #0
Tu joues à la télé.
- Speaker #1
C'est pas la même chose dans la tête des gens. Et voilà, malheureusement, je pense qu'on passe à côté, franchement, de talents super. Parce que moi, j'ai tourné avec des gens vraiment géniaux. qui mériteraient tellement d'être ailleurs. Mais bon, ça c'est partout. Pareil au théâtre, tu me parlais de ton ami par exemple. Il y a des personnes au théâtre qui sont extraordinaires et qui toute leur vie galèrent. Et tu te dis que c'est des acteurs, des comédiens qui mériteraient une lumière. vraiment beaucoup plus importante, mais ça c'est les chemins et on n'y peut rien.
- Speaker #0
C'est les chemins de vie aussi, et tu as dit une chose très juste, je trouve, c'est je n'ai pas eu la force de finalement pousser des portes.
- Speaker #1
Pas à ce moment-là en tout cas, parce qu'on n'a pas donné non plus l'occasion, c'est-à-dire que je pense qu'aujourd'hui ça a changé. D'accord. Je pense qu'aujourd'hui, les quotidiennes, c'est quelque chose qui est OK, parce qu'en fait, il y en a tellement. Les comédiens, ils passent tous par maintenant les quotidiennes, et c'est pas grave. Nous, on a essuyé les plâtres dans le sens où ça a été la première. Et alors, ce qui est drôle, c'est qu'aujourd'hui, c'est vu comme la série historique, et il y a beaucoup plus de respect qu'avant, presque, par rapport au fait d'avoir fait plus belle la vie. Ah, c'est fou, machin, il y a un truc très nostalgique quand on en parle déjà.
- Speaker #0
C'est vrai, c'est vrai. Parce que même au début, moi, je me souviens, je regardais. Et il y avait la honte aussi des deux côtés. Je n'osais pas forcément tout le temps dire que j'aimais en réalité et que je prenais du plaisir à regarder. Ces aventures comme ça, parce qu'en fait c'était hyper réaliste.
- Speaker #1
Il faut savoir que quand on nous demande un autographe, c'est toujours pour ma mère, c'est pour ma grand-mère, c'est pour ma sœur, c'est jamais pour la personne. Ça a changé, encore une fois, ces dernières années. Oui,
- Speaker #0
on essaie là pour l'instant, on est encore un peu loin.
- Speaker #1
On est dans le timing, on est encore il y a dix ans, et il y a dix ans, clairement, c'était marrant parce qu'à chaque fois les gens nous reconnaissaient, ils nous disaient, non mais moi je ne regarde pas, mais c'est pour... Mais comment tu me reconnais si tu ne me regardes pas ? Déjà, je comprends. Parce que vraiment, il y a un truc que je ne capte pas. Mais bon, ça fait sourire. C'est ça. Ça fait sourire. D'accord, ok. Donc, c'est pour. D'accord, Cathy Jacqueline, c'est parfait.
- Speaker #0
Mais ça fait sourire parce qu'après, on prend du recul sur soi. Mais quand même, j'imagine en tout cas, enfin, je l'imagine comme ça. Ça doit faire de la peine. Il y a un moment... Ou ce que tu dis, le syndrome de l'imposteur, en fait, il est à chaque fois réaugmenté par ces micro... Il y a un micro-agression, c'est pas des agressions, mais... Non,
- Speaker #1
mais on te met à une certaine place.
- Speaker #0
On te met à une certaine place, on te juge. Et pas pour la qualité de ton travail, parce qu'après, chacun peut apprécier ou non.
- Speaker #1
De toute façon, ça...
- Speaker #0
Ça, c'est subjectif.
- Speaker #1
C'est comme quelqu'un qui est beau ou pas beau, c'est pareil.
- Speaker #0
C'est la même chose, mais par contre... on te met effectivement à une place définie. Et cette réflexion-là m'amène à une question un peu, justement, différente, mais qui se rejoint, c'est que quand on te voit, et bon, on se remet 20 ans en arrière, mais toujours finalement aujourd'hui, voilà, tu es une femme, une jolie blonde. Même encore maintenant, tu es une jeune femme blonde, toute belle. Tu arrives à trouver ta place ? Là, je ne te parle pas du respect du public, mais plutôt dans le milieu du cinéma. Comment on fait quand on est une jeune femme de 22-25 ans, sans expérience, véritablement de la comédie, toute jolie, toute fine ? Est-ce que... Tu ne te fais pas écraser. Comment toi tu arrives à faire entendre ta voix si tu y arrives à ce moment-là ?
- Speaker #1
Eh bien ça n'a pas été simple. Après, encore une fois j'ai eu la chance quand même d'avoir un bagage d'une famille aimante et qui donc je pense m'a beaucoup servi à ne pas me faire trop avoir ou ne pas me mettre en danger. C'est-à-dire qu'en fait, évidemment que j'ai eu des expériences merdiques, comme toutes les comédiennes, je pense, à un moment donné, sur des faux réalisateurs qui te font miroiter des choses, sur des directeurs de casting pas très bien attentionnés. Mais, comment dire, j'ai souvent senti le truc arriver, quand c'est arrivé. Et faire ma place, finalement, il y a peut-être des... Comment dire ? J'aurais peut-être eu des portes qui auraient pu s'ouvrir, mais vers lesquelles je ne suis pas allée, parce que sinon, ça m'aurait fait du mal. Et j'ai toujours... Pour privilégier ma personne à finalement peut-être la fame ou l'autre chemin qui m'était proposé, mais vers lequel soit il y avait des rencontres que je n'avais pas envie de faire, de la drogue, des trucs un peu comme ça, où d'un coup en fait ce milieu-là quand même il faut être armé. Et si on ne sait pas être droit dans ses baskets, on peut vraiment se retrouver dans des situations où on se met en danger.
- Speaker #0
Complexe.
- Speaker #1
Et ça, c'est encore plus. Je pense que c'est toujours le cas aujourd'hui, parce qu'il y a d'autres manières de le faire. Mais quand même, il y a le mouvement MeToo qui a fait beaucoup de bien par rapport à tout ça. Oui,
- Speaker #0
il y a eu une grosse libération de parole.
- Speaker #1
très très grosse libération de parole et donc aussi un changement d'attitude des mecs dans ce milieu qui réalisent, en tout cas il y en a quand même plein qui sont intelligents et qui réalisent à quel point ils ont été cons oui c'est bien de le dire aussi oui parce qu'il y a des cons et il y en a qui resteront toujours des cons mais il y en a qui ont été cons et qui je trouve réalisent qu'ils ont été cons
- Speaker #0
Qui était peut-être pris dans un espèce de mouvement comme ça, une espèce de toute puissance.
- Speaker #1
C'était comme ça et puis il ne se posait pas plus de questions. Et à partir du moment où la question a été posée, tu mets en perspective tes propres agissements, tes propres manières de penser. Et si tu es suffisamment intelligent, tu remets les choses en place. Et je ne sais pas, je pense qu'il y a Bruno Solo, je sais qu'il prend beaucoup la parole pour les femmes. Et je trouve que c'est génial d'avoir un mec comme ça, qui est très populaire, et qui parle hyper bien des femmes. Et c'est quand même, il n'a pas 30 ans quoi. Bien sûr,
- Speaker #0
il fait partie de cette fameuse génération visée par toute cette...
- Speaker #1
Il est typique.
- Speaker #0
Finalement, par toute cette espèce d'ambiance, c'était un moment. Je ne sais pas. Et toi, il est typique. Je suis d'accord avec toi parce qu'il fait vraiment partie de cette catégorie de cinéma. Ça aurait pu dériver lui aussi. Oui, complètement. Peut-être qu'il prend la parole là-dessus.
- Speaker #1
Il est sûr que les hommes ne le font pas assez malgré tout.
- Speaker #0
De se positionner.
- Speaker #1
Aussi fortement ?
- Speaker #0
Oui, c'est-à-dire qu'on entend beaucoup la parole des femmes, pour elles, mais c'est vrai que, après, c'est peut-être parce que j'ai deux fils aussi, et que je trouve peut-être que c'est important que...
- Speaker #1
Oui, qu'il y ait un équilibre des choses.
- Speaker #0
Disons que le féminisme n'est pas uniquement une affaire de femmes.
- Speaker #1
Ben non.
- Speaker #0
Voilà. Et en fait, c'est quand, justement, il y a aussi... les hommes qui s'en emparent, que d'un coup, pour moi, il y a quelque chose qui est équilibré.
- Speaker #1
Et c'est en marchant ensemble qu'on peut faire avancer finalement... Oui,
- Speaker #0
parce qu'on n'est pas les uns contre les autres.
- Speaker #1
Ah non, c'est bien justement... C'est pas l'idée.
- Speaker #0
Et donc, voilà, j'ai un peu délivré la question, désolée, mais...
- Speaker #1
Mais tu vas là où tu as envie, c'est ton podcast. Non mais on parlait de corps, on parlait de beauté et on parlait effectivement de la difficulté à 20 ans, il y a 20 ans, et à 20 ans de pouvoir garder le cap, imposer ses choix et que finalement choisir c'est renoncer et que voilà il y a un moment donné...
- Speaker #0
Moi j'ai toujours été un peu la fille, la petite mignonne quoi, la petite mignonne.
- Speaker #1
c'est pour ça que justement je te dis ça c'est un peu dénigrant en fait c'est justement ça déjà il y a le mot petite parce que voilà d'où ça peut venir et
- Speaker #0
en fait ça te réduit à quelque chose de naze un petit peu comme si il n'y avait pas enfin voilà moi je me représente Pas du tout comme ça quand même. Mais par contre, effectivement, tu sais que tu es dans cette catégorie-là, qu'il faut que tu te battes là-dedans. Alors des petites mignonnes, autant dire qu'il y en a, mais à la pelle. Et donc, ça se construit. Après, avec le temps, plutôt avec les amis, plutôt avec les gens qui t'ont confiance. Moi, ce n'est pas le métier qui m'a aidée là-dessus, qui m'a aidée à m'affirmer. Vraiment pas. C'est vraiment ma famille de cœur que je me suis construite au fur et à mesure des années et qui me permet aujourd'hui de... J'ai peut-être mis le temps, je ne sais pas, mais en tout cas, je me sens tellement plus... C'est la vieillesse, peut-être, tout simplement.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
La vieillesse. Mais je me sens tellement plus toi, plus moi aujourd'hui. On était après moi, sincèrement, je pense qu'entre... À 22 ans, j'avais besoin du regard de l'autre tout le temps. J'avais besoin de plaire, j'avais besoin d'avoir une espèce d'approbation par les autres, sur qui je pouvais être, mais parce que peut-être que je ne savais pas encore moi-même qui j'étais, tout simplement.
- Speaker #1
C'est peut-être le chemin de... Est-ce que tu penses... On n'est pas là pour faire des généralités, mais tu en connais beaucoup des actrices. Est-ce que tu ne penses pas que finalement, quand on devient actrice... On a aussi, ou comédienne, mais quand on est dans ce milieu-là, on va chercher un moment le regard de l'autre pour se construire. L'approbation est qu'au fur et à mesure, justement, on va la chercher au départ et après, on a besoin de s'en éloigner pour finalement se construire soi-même.
- Speaker #0
Oui, c'est assez juste. C'est assez juste ce que tu dis parce que c'est ça. C'est qu'en fait, je pense que si on fait ce métier, ça part d'une sensibilité quand même. Il y en a quelque chose à exprimer. Et ensuite, il y a ce truc de rapport à l'autre, et d'avoir l'approbation, de se sentir vibrée, de se sentir existée par le regard de l'autre. Mais au bout d'un moment, ça suffit. Voilà, c'est bon.
- Speaker #1
C'est ce moment-là, en fait.
- Speaker #0
Oui, cette bascule-là. Alors, est-ce que c'est le fait de... Je ne sais pas. Ce n'est pas que le fait de devenir mère. Ce n'est pas que le fait de vieillir. Ce n'est pas que tout ça. C'est une succession de choses qui font qu'on en a marre ou d'un moment, on n'a plus envie d'être uniquement dans ce regard-là parce que sinon, en fait, c'est plat. Et en plus, on se perd. Et aujourd'hui, on est plus à vouloir imposer qui on est. et l'offrir on va dire si quelqu'un veut en faire quelque chose avec donc ma sensibilité mon parcours de femme si je peux aider à la création d'un film et bien c'est super Tu ne réponds pas,
- Speaker #1
tu n'iras pas te contorsionner ou te rener un peu.
- Speaker #0
C'est toujours douloureux.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Mais surtout si c'est un personnage qu'on arrive de lire des scénarios et je me dis le personnage a tellement envie de le défendre et finalement ce n'est pas moi qui vais l'interpréter, qui vais l'incarner. Mais alors c'est douloureux mais souvent quand même, après je comprends. Et je sais pourquoi. C'était pas ma place à ce moment-là. Mais effectivement, je pense qu'on le prend beaucoup plus à cœur et beaucoup plus pour un nom dans la tronche. C'est jamais agréable, quoi. Mais plus jeune, j'avais beaucoup de mal à m'en remettre. Aujourd'hui, bon.
- Speaker #1
Oui, aujourd'hui, ça reste un point sur un chemin, quoi.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
On parle de... Justement, on revient, on continue là-dedans, mais... Un métier d'image, comme ça reste un métier d'image, ça t'a fait peur de commencer à vieillir ? Le corps qui change, toi il n'a peut-être pas beaucoup changé, mais en tout cas le corps qui change, le visage qui change. D'autres jeunes, comme tu disais tout à l'heure, il y a plein de petites mignonnes. et C'est pas l'angoisse ultime d'une comédienne ? Si,
- Speaker #0
c'est l'angoisse ultime.
- Speaker #1
Est-ce que tu as réussi à traverser ça ? Comment tu as réussi à le traverser ?
- Speaker #0
Je traverse avec des oscillations, concrètement, comme les hormones. C'est-à-dire qu'il y a des jours où je vis très mal et j'aurais envie de me refaire la tête. Et d'autres jours où je ne suis pas du tout... Et je résiste. Sincèrement, je résiste.
- Speaker #1
Blague à part, c'est hyper important. Sans rire, c'est vrai.
- Speaker #0
Mais oui, il y a des jours, je ne me supporte pas. Je me dis, mais mon Dieu, ça ne va pas, ça ne va pas. Et puis, je vieillis. Alors après, comme je me trouve mieux dans ma peau finalement que quand j'avais 30 ans. Quand je regarde les photos, je me dis que j'étais pas mal, même. Alors que quand j'avais 30 ans, je me disais pas du tout ça. Finalement, tout est question de point de vue. Et bon, je me sens bien. Donc, j'ai un homme qui m'aime. J'ai du travail malgré tout. Je tourne encore. Alors après, il paraît que le vrai cap, il est à 45 ou 50 ans.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord.
- Speaker #0
Quand on est comédienne. qu'il y a ce truc là un petit peu où il est compliqué de trouver des rôles à cet âge là.
- Speaker #1
C'est Stéphanie Pilonca qui disait qu'après 50 ans c'était beaucoup plus difficile. Voilà,
- Speaker #0
mais je pense qu'il y a ce vrai cap là. Je n'y suis pas encore. Donc je me laisse un petit peu de temps et on verra comment ça évolue parce que la société évolue aussi. Donc après il faut être en paix je pense avec soi-même là-dessus et se lâcher un peu la grappe. parce que sinon, on ne fait que penser qu'à ça et on perd beaucoup de temps aussi.
- Speaker #1
Il faut avoir un peu d'amour pour soi.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Je pense qu'effectivement, on se voit vieillir dans le miroir, mais en parallèle de ça, on se sent évoluer à l'intérieur et on se sent beaucoup plus en paix avec qui on est. Donc, l'un dans l'autre, je me dis, ça ne me fait pas plus peur que ça. un privilège, on dit souvent, de vieillir. C'est vrai ?
- Speaker #1
Tu te rediras ça quand tu auras envie de foncer chez le chirurgien.
- Speaker #0
C'est sûr !
- Speaker #1
Je vais te faire un petit replay en boucle.
- Speaker #0
C'est un privilège de vieillir. Voilà mon petit mantra. Il est là, mon mantra.
- Speaker #1
C'est un privilège de vieillir. C'est vrai. C'est vrai que... Le regard dans le miroir est déjà compliqué pour quelqu'un qui n'est pas ultra dans l'image. Mais aujourd'hui, avant de parler de la maternité, on voit que les réseaux sociaux ont pris une place énorme finalement et ça en vient à cette image-là. Toi, quand on se balade sur ta page Insta, tu as fait un choix éditorial de te montrer plus ou moins quand même au naturel.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Un choix complètement assumé, finalement tu t'es dit tant pis on m'aimera pour ce que je suis ou on m'aime pas ?
- Speaker #0
Oui à un moment oui, mais puis bon ça n'empêche pas, il y en a qui s'appelaient, il y en a qui s'appelaient, d'autres qui ne s'appelaient pas. Mais je ne me vois pas faire autrement parce que c'est pas... Effectivement, moi ça me fait un peu peur d'ailleurs, ce truc-là, de voir Instagram toutes les nanas hyper, toutes parfaites on va dire. Je trouve que c'est dangereux, franchement c'est hyper dangereux. Et je n'ai pas de fille, mais ça me ferait très peur pour ma fille par exemple si j'en avais une, parce que c'est tellement pas la réalité. Oui, j'essayais de ma manière, entre guillemets, pas combattre ça, mais tout simplement, je ne me voyais pas faire autrement. Donc, moi, effectivement, c'est très naturel. Ça me vient à un stade, j'ai des moments où j'ai envie de faire plein de trucs, des moments pas du tout. Donc, je ne suis pas très régulière, je n'arrive pas à me tenir à une cadence. Je devrais un peu plus, parce que de temps en temps, j'ai des idées, je me dis, je vais faire ça, je vais faire ça, puis je manque de temps pour bien les faire. Donc, je ne le fais pas, et voilà.
- Speaker #1
Ça, c'est le problème, moi aussi. Oui, parce que quand on a envie de faire quelque chose bien, et Insta, au départ, c'était instantanéité. Donc, en fait, au départ, ça devait être quelque chose comme ça.
- Speaker #0
C'était très spontané. Maintenant, ça devient professionnalisé presque. Et donc, il faut quand même penser en amont à ce qu'on va faire, le monter, voir l'angle qu'on veut prendre. C'est beaucoup plus chronophage, en fait. et Après, il y a mon agent d'image que j'aime beaucoup.
- Speaker #1
Tu as un agent d'image ?
- Speaker #0
Oui, j'ai un agent d'image quand même, parce qu'elle me suit depuis longtemps et on est copines en fait aussi. Et elle m'a dit, tu sais, elle me dit, hello, il vaut mieux fait que parfait.
- Speaker #1
C'est vrai, c'est joli.
- Speaker #0
Et c'est pas bête. Montreur numéro 2. Voilà, montreur numéro 2, il vaut mieux fait que parfait. Mais donc, c'est pas grave parfois si c'est pas effectivement parfait. C'est bien parfois d'exprimer en instantané, en fonction aussi de tout ce qui se passe, de ce qui nous touche, de la sensibilité qu'on en a, de pouvoir s'exprimer si on en ressent le besoin.
- Speaker #1
Tu arrives à faire, finalement, par le biais de ces réseaux, tu as toujours réussi à garder ta vie privée, privée. Est-ce que ça, c'est une inquiétude pour toi ? Parce que quand tu avais plus belle la vie, c'était quand même un rayonnement. En plus, dans la vie, c'était énorme.
- Speaker #0
Oui, c'était énorme.
- Speaker #1
Ça t'a fait peur ou comment tu as réussi à gérer ça ?
- Speaker #0
Ça ne m'a jamais fait peur, mais j'ai toujours fait gaffe à ce qu'on ne rentre pas trop dans ma vie privée. J'ai eu, il fut un temps, j'ai déjà attaqué voici ou je ne sais plus quoi. D'accord. Ça m'est arrivé. Quand on le fait, alors qu'en plus on est une petite personnalité, après en général on nous laisse un peu tranquille. Mais il y a des précautions à prendre typiquement. J'ai accouché dans un hôpital marseillais et ils m'ont conseillé de ne pas mettre mon nom dans le registre pour ne pas que... On ne sait jamais, en tout cas on vous conseille de le faire comme ça parce qu'effectivement... On savait plus, on savait que j'étais enceinte, on savait machin, machin, machin, et ça peut très vite se savoir. Et si vous n'avez pas envie qu'il y ait quelqu'un à la sortie de la maternité qui vous prenne en photo,
- Speaker #1
bon,
- Speaker #0
eh bien au moins, en tout cas, si on vous demande, pour nous, vous n'êtes pas là. C'est ce genre de petites précautions-là que j'ai pu prendre. Au-delà de ça, je n'ai jamais eu besoin d'un garde du corps pour mes enfants ou quoi que ce soit, mais c'est aussi une manière de De les protéger, c'est par exemple, effectivement, je mets un point d'honneur à ce qu'on ne voit pas leur visage sur Instagram.
- Speaker #1
Voilà, ouais.
- Speaker #0
Alors de temps en temps, je les mets de dos, de très loin, pour mes moments familiaux que j'ai envie de partager et que j'aime bien. Bon, en plus maintenant le grand, il grandit, il va avoir 12 ans, donc il me dit, la dernière fois, récemment, il m'a dit, mes copains ils t'ont googlisé. Et tu sais. Tu sais ce qui est vrai ? Le copain est en train de gueuler. Et franchement, maman, je t'ai choquée comme t'étais belle quand t'étais jeune.
- Speaker #1
Non,
- Speaker #0
je te jure. Et là, voilà. Là, tu as envie de foncer, donc je suis en train de te faire un jet. Je suis en train de te faire un jet.
- Speaker #1
Prenez-moi en urgence.
- Speaker #0
Voilà. Bon, c'est tout. On aime nos enfants. On aime nos enfants avec leur spontanéité. Voilà. Donc, c'était mignon. C'était mignon.
- Speaker #1
mais oui je comprends toi tu as quand même réussi à faire ce choix de la notoriété quand même assez simple finalement tu te balades dans la rue Oui, parce que ce n'est pas évident malgré tout de trouver la frontière entre les réseaux sociaux. Comme tu l'exprimes depuis tout à l'heure que nous parlons ensemble d'une comédienne populaire dans le bon sens du terme, c'est-à-dire proche du peuple au départ,
- Speaker #0
c'est la signification.
- Speaker #1
Et donc, finalement, tu déroules ce fil jusqu'au bout en disant... Je suis une comédienne qui a été finalement aussi plébiscitée par les gens qui me regardent, donc je garde cette proximité avec eux.
- Speaker #0
Avec eux, oui, complètement.
- Speaker #1
Ça fait du bien, c'est de l'amour ? C'est une forme d'amour ? Oui,
- Speaker #0
c'est une forme d'amour parce que c'est vrai que j'ai pas beaucoup eu de méchants, quoi. Ou alors je les laisse passer et j'essaie... Ça ne m'atteigne pas.
- Speaker #1
Tu ne les as pas vues ?
- Speaker #0
Je ne les ai pas vues, je ne vais pas les voir. En tout cas, ce n'est pas ce que je retiens. Et les gens sont quand même bienveillants. C'est ma conviction profonde aussi que les gens sont bienveillants. C'est bien.
- Speaker #1
Après, la bienveillance, oui. Mais tu sais, parfois, on entend des comédiens ou des comédiennes dire qu'ils jouent des personnages...
- Speaker #0
très compliqué et que du coup cette bienveillance elle tu vois elle est biaisée ah non mais après je te dis ça on m'a déjà insultée toi c'est vrai que Estelle c'était plutôt comme une fille sympa oui c'était une fille sympa bon après le moment où dès que je sais pas quoi dans la série je trompais machin je me faisais traiter de tout le monde ah oui non mais c'est sûr bon après les gens ils sont pas tous intelligents
- Speaker #1
oui en tout cas c'était tellement bien joué que Il y avait vraiment une symbiose entre les deux. C'est sûr.
- Speaker #0
Il fut un temps, notamment quand il y a quand même... Il fut un temps, Plus belle la vie, on confondait presque ça avec une télé-réalité quand même. Il y a des gens qui confondaient un peu et qui pensaient que c'était en direct. Il y a eu cette période-là de Plus belle la vie où les gens, il fallait leur faire comprendre que c'était une fiction. Que ce n'était pas notre vie. Parce que comme c'était quotidien, il y avait quand même un truc comme ça dans la tête des gens. Oui,
- Speaker #1
et du coup au final, tout le monde vivait à Marseille.
- Speaker #0
Et bien sûr.
- Speaker #1
Voilà, oui, vous étiez tous...
- Speaker #0
Et ils avaient presque l'impression que c'était en direct. D'accord. Alors même quand c'était une fiction, qu'on faisait tout en direct. Enfin bon, c'était... Les gens n'avaient pas conscience vraiment de ce que c'était une quotidienne à l'époque. Et aujourd'hui, ça y est, c'est dans la tête de tout le monde, parce que ça s'est démocratisé. Mais il y a eu une époque où c'était compliqué de faire comprendre aux gens comment ça fonctionnait. Vraiment.
- Speaker #1
On va parler d'amour. On va parler d'amour et de corps, puisque d'amour, de corps et de ton métier. Devenir maman, c'est un acte raisonné pour chacune d'entre nous, voulu ou non voulu, d'en avoir ou de ne pas en avoir. quand on est comédienne, quand on est actrice, c'est un vrai pari. Tu l'as réfléchi. Ça t'a fait peur ? Est-ce qu'à un moment donné, tu t'es dit, non, attends, moi, je crois que je ne vais pas faire d'enfant parce que j'ai trop peur qu'on m'oublie. Parce qu'en fait, c'est ça le risque ultime.
- Speaker #0
C'est ça le risque, oui. C'est marrant parce que j'ai fait un truc ce matin sur...
- Speaker #1
Ah mais j'avais déjà voulu te poser cette question et j'ai vu ton poste dans le train. qu'il y avait donc une heure de retard. J'ai eu le temps de regarder. Et j'ai vu ce post-là sur la maternité. C'est hyper intéressant. On est connectés.
- Speaker #0
Oui, carrément, parce que c'est vrai que... En fait, j'étais maman plutôt jeune, même si ce n'est pas très jeune. J'avais 29 ans, mais pour moi, c'était assez tôt finalement dans le processus justement de ma carrière. Mais je n'ai pas trop voulu le réfléchir. Je me suis sincèrement dit que si je réfléchissais trop, j'en ferais jamais d'enfant, parce que c'est jamais le bon moment. Dans une carrière ? Quand t'es comédienne, tu ne sais tellement pas de quoi demain est fait, tu sais que tu vas passer à côté de certaines choses. Tu sais que la vision sur toi sera différente. Tu sais que quand t'es enceinte et que ça se sait dans le métier, t'es enceinte pendant trois ans en fait. Les gens pensent que tu es enceinte pendant trois ans, c'est-à-dire que non, elle ne peut pas tourner, elle est enceinte. Et ça, ça dure pendant un moment parce qu'en fait, neuf mois, ça passe très vite dans la vie des gens. Et donc, ils ont l'impression, et donc en fait, c'est comme si tu étais enceinte pendant beaucoup plus longtemps et tu dois répéter non, non. Et donc, c'est pour ça qu'il faut communiquer sur le fait que... On t'a repris le travail, etc. Moi j'ai eu quand même la chance justement d'être dans une série qui acceptait quand même beaucoup ça et qui m'a fait retravailler très rapidement.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et donc j'ai pas eu cette angoisse-là. Alors j'ai pas travaillé pendant un temps, bien sûr, mais en tout cas je savais qu'ils allaient me reprendre derrière, ne serait-ce que d'avoir la perspective d'avoir ça. C'était très apaisant pour vivre ma grossesse, mon premier enfant, etc. Et mon deuxième enfant, alors là encore mieux j'ai envie de dire, parce que j'ai tourné enceinte sur la série Cut. Et les producteurs, voilà, Terrence Film, je les salue. Et sincèrement, ils ont été super. Parce que je pensais que ça a été les premiers au courant de ma grossesse, parce que tout était écrit et qu'on devait tourner à la Réunion, etc. Et là, j'étais enceinte de mon deuxième enfant, mais de peu. Mais je les ai appelés en disant, voilà, je serai à six mois de grossesse pour le tournage, donc je ne pourrai pas le cacher, c'est mon deuxième. Et ils ont adapté le scénario quand même pour que je puisse faire le tournage, alors que c'était à La Réunion, c'était loin, c'était compliqué pour eux, je savais que c'était un risque qu'ils prenaient. Et donc voilà, j'ai vécu ça de manière assez apaisée, grâce à des producteurs qui ont été très conciliants et à l'écoute, et ok avec tout ça. Après j'avais, comme disait mon agent à l'époque, de toute façon toi t'es noyé, ils le savent quoi, c'est-à-dire que t'y vas, c'est pas un problème que tu sois enceinte, tu vas pas... Tu ne vas pas faire ta diva. Oui,
- Speaker #1
mais c'est ça qui est... Justement, tu mets le doigt sur un point qui est terrible. C'est que tu ne devrais même pas avoir besoin d'avoir cette image-là. C'est-à-dire que finalement, ce qui est dur, moi je trouve que ce qui est dur, c'est qu'on doit se justifier finalement de dire « Non, non, mais moi... » Moi, je suis une warrior, t'inquiète, t'inquiète, je peux revenir super vite, c'est comme si en fait la maternité c'était un gros mot dans ton milieu et qu'il fallait s'enorgueiller de vite revenir alors que tu pourrais très bien dire, tiens, moi j'ai envie de prendre six mois pour m'occuper, comme moi j'ai fait avec ma fille, je me suis arrêtée six mois et c'est pas grave.
- Speaker #0
Non, ce n'est pas grave. Et en fait, après, ce sont des choix personnels, mais en fait, plus on... Moins tu es visible, moins tu es visible dans notre métier. Il y a quand même un truc où si tu n'es pas là pendant longtemps, etc. à l'écran, on pense moins à toi, on va...
- Speaker #1
C'est une sacrée pression.
- Speaker #0
Ah oui, c'est une pression parce qu'on sait que ça peut être très vite... T'es très vite invisibilisé et en plus de devenir mère, il y a quand même... Voilà ce que je disais du coup, effectivement, ma réflexion de ce matin, etc. Les bonnes mères, l'exposition, la HOMUSEM qui est en ce moment, bon bref, je me rends compte que je parle peu de mon statut de mère parce que, presque, je ne veux pas trop qu'on le sache que je suis une mère. Parce qu'il y a, effectivement, comme tu le dis, un truc de maternité où c'est un peu un gros mot, toujours de devoir se justifier en disant « Non mais, je suis mère, mais bon ! »
- Speaker #1
Mais bon,
- Speaker #0
ça va, je peux te boire un petit coup. Mais j'assure, il n'y a pas de problème, mes enfants se gèrent, c'est bon, je ne vais pas devoir partir à n'importe quel moment très vite pour aller m'en occuper. Bref, je reste disponible, je reste désirable, je reste quelqu'un, enfin une femme avant tout, il y a ce côté-là. Ça,
- Speaker #1
c'est difficile.
- Speaker #0
Disons que c'est… Je pense que dans plein d'autres métiers, c'est pareil. Mais il y a quand même ce truc où je ne comprends pas comment... Il y a ce côté où effectivement on va glorifier le fait de pouvoir donner la vie, parce que c'est toujours quelque chose quand même... Sur le moment, quand tu deviens mère, tu as l'impression que tu es une déesse.
- Speaker #1
Entre ça et les hormones,
- Speaker #0
oui. Mais par contre, à côté de ça, d'un coup, c'est une fois que tu as accouché, et que c'est passé, bon... Ouais, et donc ?
- Speaker #1
C'est un peu l'hypocrisie du truc finalement, c'est à dire comme si on donnait beaucoup d'amour parce que tu es une maman et que tu as besoin de beaucoup d'amour et d'un autre côté en fait, c'est comme si être maman en fait te colle une étiquette de problématique, potentielle problématique. Et on doit finalement détricoter, alors oui dans n'importe quel métier,
- Speaker #0
mais on doit prouver,
- Speaker #1
détricoter ça.
- Speaker #0
Que c'est pas parce qu'on est mère qu'on va abandonner notre poste, ou un autre truc, etc. Alors qu'un homme c'est induit. Tes papas c'est super. Oh tes papas t'adorent tes enfants, très bien. Mais donc machin, et en fait y'a pas de problème. On sait que sinon, c'est pas toi qui vas quitter le poste. Pour aller à l'hôpital,
- Speaker #1
parce qu'il y a eu les urgences qui auront appelé, ou l'école.
- Speaker #0
Exactement. En tout cas, c'est implicite que c'est la maman qui prend en charge ce truc-là, encore aujourd'hui. Et ça, moi, ça m'a un peu malade. Je me dis, mais c'est quoi le délire, quand même ? On est encore là-dessus, à devoir, effectivement, ne pas dire trop qu'on est mère, machin, machin. Et puis voilà, comme je disais, il y a aussi l'histoire du... Du désir, quoi. Quand d'un coup, t'as enfanté, et ben, il y a quelque chose... Et non seulement t'as enfanté, mais en plus, quand t'es aussi en couple, quand t'es comédienne, il y a un petit truc où t'es moins désirable, quoi. Comme il y a cette envie qu'un réalisateur doit avoir, il y a beaucoup de notions de désir dans le fait de travailler ensemble, dans ce milieu-là. Et parce que tu ne sais pas pourquoi, il y a... telle personne va te procurer certaines émotions, plus qu'une autre, et ce n'est pas trop... Comment dire ? Ce n'est pas que quelqu'un joue mieux, joue moins bien, mais c'est juste ce que la personne va te... L'énergie. Oui, l'énergie. Mais il y a tout un moment où quand même, il ne faut pas trop expliquer.
- Speaker #1
Il faudrait rester un peu dans l'inconscient collectif désirable. La personne qu'on aimerait. Allez séduire.
- Speaker #0
C'est ça. Il faut qu'il y ait un rapport de séduction qui persiste. Et ça, c'est quand même un truc avec lequel il faut dealer. Voilà, je ne veux pas paraître dans un cliché. Bien sûr que tout ne se fait pas là-dessus, mais même si c'est inconscient et que ce n'est pas dit, parce que maintenant, il ne faut évidemment pas le dire, je pense que c'est encore très présent.
- Speaker #1
Puis après, dans ce podcast-là, cette parole ouverte que tu as, tu parles de ton ressenti à toi et rien n'est universel, et c'est ce que toi tu perçois et c'est ta perception. Et du coup, pourtant, je reviens à ma question, et l'amour dans tout ça, toi tu l'as trouvé ?
- Speaker #0
Oui, j'ai trouvé l'amour, j'ai trouvé mon amour, on va dire. Moi je suis avec quelqu'un depuis, avec Jérémy depuis très longtemps et c'est une sacrée expérience aussi ça, d'ailleurs à vivre et à traverser. Alors c'est beau, c'est tumultueux, c'est difficile mais c'est fort en fait.
- Speaker #1
Et ton statut de femme publique, si on dit comme ça, de femme connue, d'actrice, de comédienne connue ? T'as eu peur que ça biaise tes relations ? Je veux dire que lui ou un autre, ou une autre même parce que ça peut être dans l'amitié, s'intéresse à toi juste parce que t'es un peu fame, tu vois ? Est-ce que ça, tu t'y as pensé à tout ça ?
- Speaker #0
Pas vraiment. C'est pas... J'ai jamais eu trop peur de ça parce que je pense que ça se sent très vite. Je crois que si la relation est déséquilibrée, on va dire. Il y a quelque chose de faux qui est très vite installé. Moi en plus, je suis quand même quelqu'un qui met un peu de temps dans les relations, souvent. Je ne suis pas pleine d'effusion tout de suite. D'ailleurs, on me reproche parfois d'avoir un aspect froid, alors que moi, à l'intérieur de moi, je ne suis pas du tout froide. Mais bon, comme tu l'as dit, je suis blonde, j'ai les yeux blonds. Il y a ce truc un peu où... On a l'impression que je m'ai à distance alors que je ne suis pas du tout comme ça.
- Speaker #1
Là, je confie.
- Speaker #0
Mais en tout cas, je ne sais pas, je ne pense pas que...
- Speaker #1
Ce n'est pas quelque chose qui t'a traversé l'esprit ? Non, non,
- Speaker #0
non, pas du tout.
- Speaker #1
Non ?
- Speaker #0
Non, jamais.
- Speaker #1
Sur la sincérité des relations. Et tu as fait le choix de... Tu parlais justement de rester désirable, de ne pas trop dire qu'on était en couple. Toi, tu as fait le choix de le dire ? C'est établi ?
- Speaker #0
Oui, c'est établi. Après, je ne mets pas ça sur mes réseaux particulièrement. Je ne trouve pas... Voilà, ce n'est pas... Nous sommes quand même... Il y a une chanson qui dit qu'on aime beaucoup avec mon chéri. C'est le fait de ne pas s'appartenir. On reste indépendant. On est un couple, comme on dit, moderne. C'est-à-dire que je ne me sens pas du tout dénuée de ma liberté parce qu'on est en couple. On fait nos vies. On est une super team. L'idée, c'est de se tirer vers le haut. Quand on est un couple, d'être la meilleure version de soi-même pour l'autre. D'essayer de l'amener là où il a envie d'aller. C'est ce qu'on essaye de toujours faire.
- Speaker #1
Finalement, on se rend compte que ça fait bientôt une heure qu'on est toutes les deux. T'as fait des choix finalement assez audacieux pour en arriver là, dans le sens où t'as fait le choix de te choisir toi, d'assumer ton rôle dans Plus belle la vie, que t'aurais pu arrêter. Parce que tu sens l'enfermement, à un moment donné t'as le choix de dire moi Estelle soit est reprise, soit part. Tu fais le choix finalement d'assumer ce nouveau statut qui naissait d'actrice, de comédienne populaire. Et tu fais le choix de dire que tu es avec quelqu'un, tu fais le choix d'avoir deux enfants. Finalement c'est ça être aligné avec soi. Au final si tu prends les 20 ans de recul, c'est ça finalement, c'est ces choix-là qui t'ont permis aujourd'hui d'être... mieux avec toi-même ?
- Speaker #0
Je pense que ça y contribue, en tout cas. Je pense que toute notre vie, on fait des choix. Peut-être que sur le moment où on ne sait pas vraiment, mais en plus, c'est toujours vertigineux, je trouve, le moment où on prend cette direction et on ne sait pas où elle va nous mener. Et je crois que je n'avais pas vraiment conscience, moi, quand j'ai fait ces choix-là, que ça allait... définir ma vie. Je trouve qu'il y a un côté où typiquement moi à la base avant d'être prise à... enfin bref, je devais faire à la base un truc de photographie à Rome. Voilà, je devais faire ça et je suis tombée amoureuse de quelqu'un, d'un de mes premiers amoureux et donc je suis pas partie à Rome. Typiquement ma famille m'en a beaucoup voulu en disant mais qu'est ce que tu fais ? mais sans Sans ça, je ne serais pas venue à l'Arcèges, je n'aurais pas du tout été à la plus belle de la vie, je n'aurais pas eu du tout ce chemin-là. Et parfois, je trouve que c'est vertigineux. Je donne cet exemple comme il y en a un milliard d'autres. Mais je trouve qu'il y a souvent quand même dans notre vingtaine, de nos 20 à 30 ans, on fait des choix très insouciants qui finalement vont beaucoup définir la suite du programme. Et après, pourquoi, comment ? Mais en tout cas... Si tu dis que ce sont des choix audacieux, je ne sais pas, je ne me voyais pas faire autrement, ce n'est pas que je n'y ai pas réfléchi sur le moment, c'est simplement que j'ai suivi mes envies et mon instinct et j'ai essayé de m'y tenir.
- Speaker #1
C'est justement tout là le propos de ce podcast aussi, c'est d'arriver à s'y tenir, à se tenir. à être soi comme on a envie d'être, malgré ou en tout cas en jouant avec l'environnement qui est, c'est ce qu'on disait au début, assez particulier puisque quand même le milieu de la télé, de la comédie, de l'acting, c'est un métier dans lequel on peut se perdre. Donc en fait, c'est ça la vraie force, finalement le challenge. Tu te sens libre aujourd'hui.
- Speaker #0
Oui. Oui, je me sens libre. Je me sens pleine de responsabilité parce que j'ai des enfants. À partir de là, on n'est plus jamais libre totalement. Dans la tête en tout cas, attention. En tout cas, il y a une inquiétude, je pense, permanente qui reste et viscérale. Donc il y a ça, mais sinon oui, je me sens libre.
- Speaker #1
Si tu avais... conseil ou en tout cas une approche à donner à une... tiens... À Élodie, qui a 22 ans et qui pose son premier pied sur le plateau de tournage de Plus belle la vie, ça pourrait être un autre film, en tout cas sur un plateau, qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #0
Aie confiance en toi et écoute. Ton instinct, plus que le conseil des autres.
- Speaker #1
C'est pas simple.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Parce que je pense, si je dis ça aujourd'hui, c'est que maintenant que je suis partie d'ailleurs de Puelle-la-Vie depuis un moment, je l'ai fait tard. Peut-être qu'il y a des choses qui se seraient passées différemment si j'avais aussi eu la possibilité, en tout cas dans ma tête, de partir plus tôt. Mais je sais aussi pourquoi je ne l'ai pas fait. j'avais cette inquiétude de maman avec un voilà ce travail à marseille qui me permettait aussi de continuer à être pleinement mère et de moins partir sur les routes on va dire et ça ça a pesé dans la balance mais mais voilà
- Speaker #1
Ça fait aussi partie de ces choix qu'on fait quand on est maman. C'est vraiment ça, le choix aussi, surtout quand on a des métiers comme le tien qui peuvent nous propulser à droite, à gauche.
- Speaker #0
C'est toujours compliqué parce qu'on a l'impression de renoncer. à certaines ambitions peut-être, mais tout en ne sachant pas où ça va. Et donc en fait, effectivement, on prend des décisions en fonction de ce qu'on sent sur le moment et de ce qu'on est. Et je n'ai pas de regrets particuliers par rapport à ça. Mais voilà. Le conseil que je donnerais, c'est que fais-toi confiance aussi dans ton travail, dans ce que tu procures comme travail. Parce que tu es... Voilà. fais-toi confiance dans ce métier-là. Le fameux syndrome de l'imposteur, je pense que si je l'avais eu moins longtemps, j'aurais gagné du temps. Voilà, tout simplement.
- Speaker #1
Oui, c'est une belle façon de le dire. Effectivement, si quelqu'un te l'avait dit à 20 ans, peut-être ne l'aurais-tu pas entendu, mais en tout cas, ça aurait été verbalisé.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Tu sais que quand on arrive à la fin de Parole de Femme, j'ai une question à te poser, qui est celle que je pose à tout le monde. à toutes les femmes qui se prêtent à mon micro. C'est quoi pour toi être une femme aujourd'hui ?
- Speaker #0
Être une femme aujourd'hui, c'est être beaucoup de versions. d'une même personne c'est composé avec le fait d'être une amie une amante une mère une une comédienne c'est vraiment À la fois être, comme tu dis, comme j'ai dit, être libre et pleine de responsabilités, les assumer. Aujourd'hui, je trouve que les femmes, c'est... Qui j'ai entendu dire ça ? C'est Liu qui disait ça, qui dit que les femmes sont l'espoir du monde. Et c'est vrai. Oui, c'est vrai. Je trouve que... Alors moi, je n'ai pas de... J'ai évolué dans un... monde un peu d'hommes puisque bien sûr j'ai ma maman mais j'ai deux frères j'ai deux fils et donc familièrement parlant je suis pas entouré vraiment de femmes mais je m'entoure énormément de femmes et je pense que c'est j'en ai tellement besoin et je trouve toujours très très inspirante et plus je m'entoure de femmes aujourd'hui plus justement je suis ancrée et libre donc je pense que c'est très important de la sororité n'a jamais été aussi importante qu'aujourd'hui je pense
- Speaker #1
On termine avec un mot pour ta maman, puisqu'on parle de femme. Tu lui dirais quoi à ta maman, 20 ans après, 22 ans après ?
- Speaker #0
À ma maman, je lui dirais qu'on est une équipe, qu'on a toujours été, et qu'il faut que... Qu'on se serre les coudes et qu'on s'assume. Ma maman, elle m'a toujours soutenue. Et à la fois, elle a toujours, je pense, été inquiète. Aujourd'hui, elle me fait confiance. Mais ça a pris du temps. Ça a pris trop de temps.
- Speaker #1
Voilà. Écoute, c'est une jolie façon de conclure ce moment passé ensemble.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci à toi. C'était une belle rencontre et puis à très bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.