- Speaker #0
Eh bien bonjour à toutes et à tous, bienvenue à l'écoute des podcasts du diocèse de Troyes. Alors nous avons le grand plaisir aujourd'hui d'accueillir, je ne sais pas comment on dit, est-ce que c'est un obla-obla de Saint-François de Sales rugbyman ou un rugbyman qui sera également frère chez les oblas Saint-François de Sales ? Enfin bref, c'est pour dire que nous accueillons le frère Cyprien. Bonjour Cyprien.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Un grand plaisir pour vous accueillir, voilà. Alors dites-nous, vous êtes de temps en temps sur des terrains de rugby, de temps en temps dans des chapelles, de temps en temps auprès des enfants. Vous allez nous développer tout ça. D'abord, votre parcours. Expliquez-nous, vous venez d'où et comment s'est développé votre foi ? Je crois que c'est un parcours un tout petit peu chaotique.
- Speaker #1
Oui, il a démarré un petit peu loin d'ici. Il a démarré il y a 33 ans, de l'autre côté de la mer Méditerranée, au Maroc. Je suis d'origine marocaine et j'ai été adopté par une famille française. Et puis à l'adolescence, je suis arrivé dans la région d'Annecy, en Haute-Savoie, et qui est marquée par la présence de Saint-François. Et ça a été une deuxième rencontre importante pour moi. C'est là où j'ai redécouvert un petit peu aussi ma foi, ou en tout cas, elle a grandi. Je l'ai découvert vraiment à l'adolescence.
- Speaker #0
Donc, c'était au collège ou au lycée plutôt ?
- Speaker #1
Au collège, au collège. Et ça a été une relation à la fois très conflictuelle. On entendait un appel très fort à suivre le Seigneur. Et en même temps, de ma part, un grand refus, une forme de peur, assumer ce... ce choix-là.
- Speaker #0
Est-ce que vous étiez dans un environnement favorable ?
- Speaker #1
Ma famille, toujours portée dans la prière, elle m'a éduqué aussi à la foi. J'ai pu aller au catéchisme, j'étais dans des écoles privées catholiques. Ça a toujours été quelque chose d'important pour nous dans la vie de famille, mais pas une foi très pratiquée. C'était une atmosphère, c'était une base, mais... la pratique n'était pas très régulière. Mais ils m'ont quand même donné des signes forts, prénoms, qui voulaient le lien entre mes origines d'Afrique du Nord et la chrétienté. Saint Cyprien de Carthage est un père de l'Église, un des premiers pères latins de l'Église, et qui a vécu à Carthage, donc qui est l'actuelle Tunis, donc c'était un lien fort entre l'Afrique du Nord et la foi chrétienne, et pour moi, c'est des signes comme ça qui m'ont porté. Un autre aussi, c'est que je suis né donc dans la nuit de Pâques.
- Speaker #0
Ah, c'est marrant.
- Speaker #1
Donc voilà, c'est des choses qui sont présentes en moi, un petit peu dans le sang, et une atmosphère plutôt favorable. On ne m'a pas poussé.
- Speaker #0
Vous parliez d'appel, mais comment on passe de l'appel à la vocation ?
- Speaker #1
L'appel, il remonte à loin.
- Speaker #0
Et à la décision.
- Speaker #1
L'appel, il remonte à loin. Il remonte quand j'étais, premier appel en tout cas, quand j'étais petit, dans une chapelle en région parisienne. une expérience mystique forte à 7 ans. Et ça qui reste comme des pointillés un petit peu dans le cœur. Et la vocation, pour moi, c'est quand j'ai commencé aussi à découvrir vraiment deux messages, deux façons de vivre. C'était l'évangile, la parole, et puis la façon dont a vécu Saint-François de Sales. Voir que l'appel... peuvent avoir, que toute personne peut avoir, sans croire aussi au cœur d'une personnalité, dans l'histoire d'une personne. Ça, je l'ai découvert à travers Saint-François de Sales, et j'ai fait un parallèle, un petit peu intellectuel, mais aussi un petit peu physique. Je me rendais compte qu'on avait le même territoire, qu'on avait certainement un peu les mêmes activités, les mêmes passions aussi, la même fougue, et de pouvoir faire ce parallèle-là entre une personne qui a existé, qui a vécu, qui a répondu à sa vocation. et ce que moi je pouvais pressentir comme appel, ça c'est l'avocation. La réponse, ensuite, c'est comme du sport. Ce n'est pas le sport que je pratique, ce n'est pas le rugby. C'est beaucoup plus le plongeon. En ce moment, il y a une mode un peu dangereuse chez les jeunes, mais c'est de trouver des lieux, des spots en pleine nature, très hautes, et de plonger sans savoir trop comment faire. On a l'impression de ça dans les villes. En pratique, il y a une vraie maîtrise, il faut faire attention. Mais c'est de se jeter un petit peu dans le vide. L'annonce était déjà une forme de réponse. J'ai dit autour de moi, à mes proches, c'est quelque chose que je porte en moi, que j'ai envie de découvrir aussi, d'approfondir. C'était déjà vraiment un saut dans le vide. Le rendre un petit peu public, et plus une forme de secret, c'était une forme de réponse.
- Speaker #0
C'était un cheminement, j'allais dire, maîtrisé, discipliné ou chaotique et un peu de la part d'un jeune rebelle ?
- Speaker #1
Alors, complètement chaotique, déchirant par moments. parce qu'il y a eu dans mon adolescence des moments vraiment de grande effusion je me sentais vraiment porté par le Seigneur et qu'il était là avec moi et en même temps toujours cette difficulté à répondre tout de suite où ça a été beaucoup un pas en avant, un pas en arrière le tango, je suis quelqu'un de dynamique avec une certaine foudre donc quand c'est un pas en avant c'est un grand pas en avant et quand c'est un pas en arrière c'est un grand pas en arrière j'ai fait des grosses bêtises à l'adolescence je me suis mis à Merci. en danger, j'ai mis en danger d'autres personnes, j'ai fait du mal à d'autres personnes. Donc il faut aussi le jour où on veut donner une réponse, assumer ce passé-là, demander pardon pour ce passé-là. Mais en tout cas, c'est aussi quelque chose qui, derrière, permet d'avoir un background, peut-être de comprendre aussi certains milieux de la société. Donc c'est pas une fierté, mais c'est quelque chose d'assumer. Et oui, c'était violent, en fait. Et la réponse a été tout aussi violente, parce que de fait, on ne m'attendait pas là. Autour de moi, ma famille, mes proches, mes amis ne m'attendaient pas là. J'avais montré exactement le visage inverse, donc ça a été assez choquant pour beaucoup. Et puis pour moi aussi, parce que c'est une chose de donner la réponse, de dire « allez, j'y vais, je tente » . Après, il faut assumer.
- Speaker #0
Et les ablats, c'était une évidence ou ça aurait pu être une autre convocation ?
- Speaker #1
Ça s'est avéré être une évidence. Ça ne l'était pas dans le sens où je suis quelqu'un pour qui l'esthétique compte beaucoup. L'esthétique aussi dans les rites religieux et la prière monacale et les offices dans les monastères me touchaient particulièrement. Je me serais cru à ma place là-dedans. J'aurais aimé pouvoir vivre aussi des... très grands offices avec place importante pour la musique. Bon, c'est pas moi. À un moment donné, il faut aussi apprendre à se connaître un petit peu. Et de fait, oui, les oblas ont été une évidence parce que c'est une vie vraiment dans le monde. Et puis, il y a cette figure de Saint-François de Sales qui, au début, est juste... C'est des intuitions. Je me dis, tiens, il y a des choses qui me ressemblent et, au fur et à mesure du temps, deviennent une évidence quotidienne dans sa façon de s'exprimer, dans les actions qu'il a pu mener. et puis aussi dans la richesse des domaines dans lesquels il a agi. Quand on parle de l'humanisme salésien, en fait, il était partout, sans dire qu'il a tout fait, mais il a côtoyé un petit peu tous les aspects du monde, et ça, c'est quelque chose qui me touche beaucoup. Et c'est pour ça que les oblas étaient une évidence, parce qu'il y avait le cœur de notre vie communautaire, il y a Saint-François de Sales. C'est comme une... Un autre membre de la communauté qui, quand on prie, quand on mange, il est là. Ce n'est pas dit, mais on a eu un amour tellement fort pour lui qu'il est là.
- Speaker #0
Le cheminement est passé, je crois, par l'Afrique, par l'Autriche. Quelques mots sur ce cheminement ?
- Speaker #1
On a la chance d'être une congréliation internationale. Après un début en communauté un petit peu laborieux, parce qu'il fallait que je me sépare aussi de mes vies et de mes habitudes du passé. Donc ça a pris un petit peu de temps. Mais après, on m'a proposé d'aller vivre mon novicia au Bénin, en Afrique de l'Ouest. Le novicia, c'est vraiment une année de discernement très profond, une année aussi de découverte de ce qu'est la vie religieuse dans le concret, dans le rythme quotidien, et puis dans l'humilité que ça demande. C'est une année pour moi qui a été une année d'humiliation, je ne dis pas ça, ce n'est pas de soumission, mais de humiliation, de me rendre compte vraiment qu'on est peu de choses et qu'on n'est rien sans la communauté. et voilà, on m'a proposé de le vivre au Bénin. Ça a été une grande découverte, un grand moment de partage avec des jeunes confrères de là-bas pendant cette année entière presque cloîtrée en communauté. Et puis découverte aussi d'une culture d'un pays. Bénin est un pays qui est marqué par le dialogue interreligieux. C'est un pays où il y a énormément de chrétiens de différentes confessions. Il y a une majorité de musulmans. Mais étonnamment, on dit qu'il y a aussi une majorité surtout de... personnes cultes vaudous, qui est la religion traditionnelle du pays, et qui des fois...
- Speaker #0
Vous avez parlé de...
- Speaker #1
Des fois, il y a une forme de syncrétisme et de mélange des religions et des genres, mais ça fait des situations pastorales très intéressantes, très formatrices, en tout cas pour moi. Ma seule mission, c'était d'être auprès des étudiants et des étudiantes qui, pour beaucoup, préparaient le sacrement du baptême, et qui leur demandaient des choix radicaux. Il venait de familles dont le culte était le culte vaudou. Devenir chrétien, c'était aussi signer un petit peu son arrêt de mort au sein de sa propre famille, symboliquement mais aussi physiquement. Il y a des gens qui prenaient des risques et ça c'est exemplaire, ça marche, ça témoigne. J'ai reçu ça aussi là-bas et puis j'ai surtout reçu des frères qui en plus aujourd'hui sont pour certains en France à trois avec nous. Ça forme des liens très très forts. Ça crée un lien aussi assez fort avec le pays là-bas.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
J'aurai beaucoup de plaisir à retourner régulièrement.
- Speaker #0
Et donc avant de venir dans le diocèse de Troyes, vous avez passé plusieurs années en Autriche.
- Speaker #1
Exactement. Et après le novicia, on m'a proposé de faire des études chez nous quand on est frère professeur. Il n'y a pas une obligation à faire des études de théologie. On me l'a proposé, j'ai accepté et on m'a envoyé pour ça en Autriche, dans la belle capitale et agréable capitale de Vienne. J'ai fait des études de théologie à l'université, qui est l'université d'État, mais avec différentes facultés religieuses. Et puis, en parallèle de ça, je travaillais au sein de la Caritas. Je pense qu'on appelle ça le secours catholique. Mais la Caritas, dans le diocèse de Vienne, ça regroupe énormément de choses. Taux des écoles, sa délégation de services publics sur toutes les questions sociales. C'est un des premiers employeurs d'Autriche. Et je m'occupais de la dimension migration. Je suis arrivé au moment aussi là-bas où il y a eu le déclenchement de la guerre en Ukraine et une grosse vague migratoire vers l'Autriche de jeunes familles ukrainiennes, en particulier de femmes et d'enfants. Donc, c'était aussi très impressionnant et très enrichissant de pouvoir faire ces deux choses-là. Des études de théologie dans une autre langue et en même temps, de fait, aussi dans une autre école de pensée. L'école de pensée théologique germanophone n'est pas tout à fait la même. que celle en France. Les enjeux aussi pastoraux et théologiques ne sont pas les mêmes, donc de pouvoir confronter un petit peu les deux était passionnant pour moi. Et puis ce travail très humain auprès des personnes milontes. Une grosse période du temps, c'était auprès d'Ukrainien, et sinon mon quotidien était plus auprès de personnes d'origine afghane, iranienne et syrienne.
- Speaker #0
Alors, des études, du travail à Caritas, mais un peu de temps, je crois savoir, pour jouer au rugby, c'est ça ? Y compris en Autriche ?
- Speaker #1
Y compris en Autriche, je n'en ai pas. Alors,
- Speaker #0
venons-en au ballon ovale.
- Speaker #1
Au ballon ovale, on trouve du ballon ovale en Autriche, ce n'est pas forcément ce à quoi on pense en premier. Plusieurs clubs, dont un club d'origine francophone qui était le club à la base du lycée français de Vienne, qui a grossi un petit peu. J'ai pu mettre les pieds, chausser mes crampons parce que sans... Sans activité sportive, je pense que mes confrères auraient vu des vitres cassées, des chaises à la chapelle.
- Speaker #0
De d'où vient cette passion du rugby d'ailleurs ?
- Speaker #1
J'ai une passion pour le sport en général. Et le rugby, j'ai découvert ça quand j'avais 4 ans. Mon frère avait fait des sessions de rugby au sein du lycée. Le club qui organisait ça l'avait repéré. Il avait fait un an dans le club et à la fin de l'année, il y avait la fête du club. J'y étais allé avec mes parents et il y avait un match qui était proposé pour les plus petits. contre les mamans. J'ai démarré en jouant contre ma maman. Ce n'est pas la plus... Vous avez plaqué ? Je ne me souviens plus, pour être tout à fait honnête. Mais c'était génial. Et je m'y suis mis comme ça. Je faisais du judo en même temps. Et ensuite,
- Speaker #0
partout où vous êtes allé, vous avez joué ? J'ai essayé.
- Speaker #1
On ne trouve pas ça. C'est pas au Bénin. Au Bénin, un peu plus dur. Mais il y a des clubs en Afrique de l'Ouest et en Autriche. J'ai trouvé un club dans lequel je me suis investi à la fois comme joueur et comme entraîneur pour les adolescents. Et puis, on m'a demandé d'y prendre quelques responsabilités en termes de management et administratif. Donc, j'ai été vice-président du club pendant plusieurs années. Et une fierté, c'est d'avoir pu développer le rugby féminin là-bas. Une grosse fierté, c'est d'avoir eu une équipe qui a été quatre fois championne d'Autriche d'affilée derrière. Mais le rugby féminin est quelque chose de très différent du masculin. qu'on peut imaginer qui est l'idée générale qu'on a du rugby. Il y a une vraie solidarité entre les filles, y compris dans les différents clubs, une vraie amitié. Et ça amène une autre atmosphère dans les clubs. J'en avais pas conscience quand on a vraiment lancé le processus de développer, mais c'est venu. Et ça a fait beaucoup de bien à tout le monde. J'ai beaucoup aussi appris dans ma vie religieuse, dans mon positionnement aussi social.
- Speaker #0
Et donc aujourd'hui, vous jouez dans l'équipe de Saint-André-les-Vergés.
- Speaker #1
Exactement, le rugby Champagne Saint-André. Alors quand j'ai découvert ce nom-là, je me suis dit c'est obligé, rugby Champagne, c'est dans le monde du rugby une légende. Jouer à rugby Champagne, c'est essayer de faire du beau jeu, de faire vivre le ballon. Et j'ai été très bien accueilli. J'avais entendu parler de ce club-là, même en Autriche. des gens qui venaient un petit peu de la région, et donc c'était assez naturel de venir ici. Et ouais, vraiment très très bien accueillis.
- Speaker #0
À quel poste vous jouez ?
- Speaker #1
Alors aujourd'hui je joue principalement 12, donc c'est centre, c'est dans les lignes arrières, c'est au milieu, on vient voilà, baiser les lignes en attaque, et on vient se prendre en général des messieurs assez volumineux, assez puissants, et qui n'ont qu'une envie, c'est de nous faire mal, en défense, donc il faut essayer là pour le coup de garder la ligne.
- Speaker #0
On peut être religieux et puis avec la conscience de faire un peu mal dans un match, c'est pas incompatible ?
- Speaker #1
Sur le terrain de rugby, le coach me dit tout le temps qu'à la fin du match, les gens sont étonnés de savoir que je suis religieux, qu'il ne l'aurait pas parié. Oui ou non, c'est un lieu de défoulement. Après, il y a faire mal et faire mal, je crois, sur un terrain de rugby. Quand c'est dans le respect, quand c'est avec les bons gestes de rugby.
- Speaker #0
Il n'y a pas de méchanceté, quoi.
- Speaker #1
Il n'y a pas de méchanceté et au contraire. Plus on sera puissant et plus on fera mal, peut-être plus il y aura de respect mutuel les uns des autres. Après, il y a des mauvais gestes à avoir. Je suis comme tout joueur de rugby, je suis comme tout garçon là-dessus. Après 45, 50, 60 minutes, on commence à sortir un petit peu de son match parfois et le cas radio est tout à fait là. Donc, on a du mal à réfléchir. Des fois, ça part, mais ça fait aussi partie du jeu. Et ce qui est le plus important, c'est derrière, c'est l'amitié et le respect qu'il peut y avoir en dehors du terrain, dès qu'on sort, dès que le coup.
- Speaker #0
La troisième mi-temps, c'est ça ?
- Speaker #1
Ça en fait partie, mais même en dehors du terrain, les discussions, c'est souvent très amical. Et même, il y a une forme de finesse dans les regards. Et quand des joueurs à la fois de mon équipe et d'autres équipes ont découvert le GT, ça amène en plus un questionnement de leur part. Donc c'est aussi un lieu d'apostolat au final. On est présent, on représente l'Église et essaye en tout cas de témoigner du Christ dans un lieu où il n'y a pas l'habitude. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas forcément des chrétiens dans ces équipes-là, mais on n'a pas l'habitude de voir ce témoignage-là à ce moment-là.
- Speaker #0
Alors témoignage du Christ également dans votre nouvelle mission que vous a confiée Mgr l'évêque, la direction de l'enseignement catholique. Alors, de quoi s'agit-il ?
- Speaker #1
Alors, il y a quelques mois, Mgr Alexandre Joly et son confrère, Mgr de Metz-noblat, ont proposé la mission de coordinateur pastoral pour la direction interdiocesaine de l'enseignement catholique. C'est un très très long nom pour quelque chose d'assez simple, c'est accompagner les équipes dans nos écoles privées catholiques dans la dimension pastoral. Donc sur toutes les questions religieuses, c'est à la fois être là en soutien pour leur apporter des éléments de fond. sous forme de formation, sous forme d'échange, aussi de documentation, mais c'est aussi le rôle de créer un petit peu une équipe forte, et puis pourquoi pas dans un avenir un petit peu plus éloigné, de créer de l'événementiel un petit peu, qu'il puisse y avoir des choses qui se vivent pour nos élèves, des temps forts, parce que c'est ce qu'on ressent aujourd'hui, les jeunes sont touchés par les temps forts, les célébrations fortes. Une liturgie, on ne s'en rend pas compte, mais ça a une puissance qui se découlent dans la vie d'une personne, parfois pas directement, parfois des jours, des semaines après. Et donc c'est d'essayer d'amener un petit peu ces sujets-là, et puis de créer du lien surtout entre nos différents services dans les deux diocèses, c'est-à-dire que l'enseignement catholique, ça s'adresse son public, c'est des jeunes, c'est même là où on a le plus de jeunes, peut-être dans l'Église, mais c'est pas forcément toujours en lien avec nos services pastoraux dédiés à la jeunesse. Donc il y a ce rôle-là qui m'a été confié aussi, de pouvoir être la personne relais entre les écoles et puis les services de pastoral des jeunes dans les deux diocèses.
- Speaker #0
Et en plus de tout cela, juste d'un mot, vous avez je crois une responsabilité importante au niveau du scoutisme.
- Speaker #1
Oui, c'est pareil, c'était un peu une surprise l'an dernier. J'appelais un ami prêtre salésien de Don Bosco en région parisienne et qui s'avère être l'aumônier général des scouts et guides de France. pour s'appeler pour autre chose. Et puis, il m'a proposé cette mission. On avait travaillé ensemble il y a quelques années sur un rassemblement à Strasbourg. Il m'a demandé d'être aumônier national des scouts et guides. C'est la branche des 11-14 ans. C'est une mission qui est égoïstement très intéressante parce que j'apprends beaucoup. J'apprends beaucoup au niveau de la dimension éducative et des grands sujets éducatifs du moment. Ça permet aussi de faire le lien avec mon travail, ma mission à la DIDEQ. Et puis, c'est une mission aussi qui est assez... transversale dans le mouvement, puisque les aumôniers nationaux, on a une responsabilité de formation, on a une responsabilité politique au sein de l'association et on a une responsabilité de conseil. J'ai une chance d'être dans ce mouvement qui est une très belle association, qui est parfois un petit peu incomprise dans... Dans le milieu ecclésial, notre ligne de front, qui est franchement une... C'est comme quand on est sur une montagne à la cime, c'est vraiment une ligne de crête, des fois c'est pas facile. Mais on est là comme mouvement de première annonce. La plupart des jeunes, la majorité, sont des jeunes qui n'ont pas de lien avec l'Église, en dehors du scoutisme. Donc c'est leur annoncer Jésus, et d'essayer de les faire grandir dans la foi. Je trouve que le scoutisme comme méthode éducative et Elle fait beaucoup de bien aujourd'hui aux jeunes qui sont malheureusement beaucoup sur leurs écrans. Et d'aller juste passer quelques heures dans la nature, ça change beaucoup. De vivre en équipe, c'est un lieu de partage. Et en tant qu'aumônier, c'est aussi ce qu'on vit. On vit beaucoup de partage avec beaucoup de gens dans l'association. Je pense qu'on est en lien avec beaucoup. Donc très heureux de cette mission-là. Et puis j'ai deux sujets qui me portent à cœur. particulièrement dans cette mission actuellement, c'est qu'on a reçu une très belle lettre du pape Léon pour de l'été. On avait un grand rassemblement. Et quand on reçoit une lettre, il s'agit de politesse. Il faut répondre. C'est de pouvoir un petit peu coordonner la réponse de l'ensemble du mouvement et de l'apporter dans quelques mois au pape Léon. Et puis la deuxième, c'est que pour les 11-14 ans, toute la dimension pastorale, la dimension religieuse et spirituelle, euh... n'a pas été retravaillée depuis quelques années. Et donc, on est en train de retravailler une démarche spirituelle pour cette tranche d'âge-là. C'est un long travail, mais ça nous permet aussi de nous replonger un petit peu dans les questionnements profonds des jeunes de cet âge-là et puis en quoi la Bible peut leur apporter des réponses très concrètes. C'est aussi une très belle mission. Tu me prends un petit peu de temps et... et qui me permet de voyager beaucoup en France aussi.
- Speaker #0
Merci Cyprien, merci d'avoir développé cette vie déjà très riche alors que vous n'avez que 33 ans. Merci beaucoup pour ce témoignage et puis à bientôt sans doute.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Au revoir.