- Speaker #0
Cet été, notre podcast prend un léger détour, mais pas de messe basse. À travers deux épisodes hors série, nous vous proposons une plongée inédite dans les trésors de nos archives diocésaines. Le père Yves-Marie Cacheux, notre archiviste passionné, partage avec nous quelques-unes de ses plus belles découvertes. Documents oubliés, anecdotes surprenantes ou encore fragments d'histoires qui éclairent notre présent. Installez-vous confortablement et laissez-vous guider par la voix de celui qui fait parler les archives.
- Speaker #1
Bienvenue à l'écoute des podcasts du diocèse de Troyes. Nous avons le grand plaisir d'accueillir aujourd'hui le père Yves-Marie Cacheux. Bonjour mon père. Bonjour. Alors mon père, vous allez nous parler aujourd'hui de quelque chose que, à mon avis, les Zobois ne connaissent pas ou ne connaissent pas beaucoup en tout cas. Il s'agit d'une enquête qui a été réalisée en 1865 auprès des curés du diocèse. Alors dites-nous en quelques mots déjà, c'était quoi cette enquête ? Quel était son objectif ?
- Speaker #2
Alors, c'était Lévesque. Monseigneur Ravinet, il était parisien et il ne devait pas connaître grand-chose à la Champagne. Donc il avait envie de tester. Il y avait à peu près 20 à 25 questions ouvrant tous les domaines. Et on a eu, sur 400 villages, 230 communes. C'est au moins la moitié.
- Speaker #1
Et sur quoi portaient les questions en fait ?
- Speaker #2
Alors, la géographie, l'histoire, l'histoire de la paroisse. qu'est-ce qui s'est passé des choses pendant la Révolution, état moral et religieux de la paroisse, alors le nombre de professions de folie, le nombre de baptêmes, la confirmation, etc., les problèmes que pose le travail du dimanche, etc., et puis les finances.
- Speaker #1
D'accord, et ça, vous avez découvert les résultats de cette enquête, vous en tant qu'archiviste du diocèse notamment, et ça, ça a été une véritable découverte quand même.
- Speaker #2
Oui, parce que... Les réponses, elles sont variées, les situations sont différentes. Ça touche à plein de domaines. Et qu'il y a toujours eu une petite leçon à en tirer en disant « Tiens, et nous aujourd'hui, comment on fait ? »
- Speaker #1
Des leçons à tirer, des anecdotes, des histoires. Est-ce que vous pourriez nous en citer quelques-unes peut-être ?
- Speaker #2
Ah ben, fausser réconciliation entre le curé et le maire à Crézentigne, à Chessilé-Pré, le... Le curé, pendant la Révolution, est libéré de la prison et les paroissiens font le siège de la mairie pour avoir la clé de l'église. Et ils finissent par obtenir la chalette sur voir. Des paroissiens proposent à la mairie de bâtir un abri auprès de la rivière qui est assez tumultueuse à la fonte des neiges. Et il y a un guet, mais il est très glissant, il propose qu'il y ait un ancien du pays. il y a une fois. une cheminée avec du chauffage qui soit là chaque jour pour prévenir et venir aider les gens pour éviter de se noyer. A Bouranton, le procès au Bugeau.
- Speaker #1
C'était quoi ce procès ? Vous pouvez dépeindre en quelques mots.
- Speaker #2
C'était une année de sécheresse et c'est le curé de Claret qui raconte ça s'est passé à Bouranton. Les souris et les rats mangeaient les racines du blé de l'orge et puis d'avoine, je crois. Et donc les récoltes, elles étaient bien compromises. Alors le curé a fait une procession pour demander au seigneur de délivrer ces animaux. Ça n'a pas marché. Et après, il leur en fait un procès.
- Speaker #1
Un procès devant la justice ? La justice.
- Speaker #2
Alors il y a notamment ces dix animaux, Dieu les a créés, il est bien juste qu'ils vivent. Ils sont invités à se retirer dans les terres non cultivées et grands chemins. pour qu'ils ne puissent faire tort ni dommage, tant sur les champs que sur maisons et ganges, à peine dans trois jours, d'être condamnés par les centures de l'église et voies d'excommunication.
- Speaker #1
Ouais, excommunier les rois. Alors, il y avait d'autres sujets, et notamment tout à l'heure, vous avez évoqué hors micro cette conférence de Lusigny. Alors, de quoi s'agit-il ?
- Speaker #2
Le curé de Lusigny, qui raconte ce qui s'est passé 50 ans avant. Après la bataille de la Rotière, Les Français disent la Rottière et les coalisés ennemis disent la bataille de Brienne. Bon, mais c'est la même. Lusigny a beaucoup souffert. Tout fut ravagé. La cavalerie ennemie, russes et autrichiens, était campée sur le territoire. Des multitudes de feux étaient allumés dans les bivouacs. On se cachait, on retirait dans les bois ce qui avait pu échapper aux troupes coalisées. Napoléon ayant abdiqué, la ligne de front fixée à Lusigny, les officiers français et ennemis découvrirent qu'ils étaient tous chrétiens, catholiques, protestants. ou orthodoxes. Ils organisèrent entre eux les premières négociations en vue de la paix. Ces conférences durèrent plusieurs semaines et épargnièrent au pays de nouveaux désastres. Signé l'abbé Laurent, curé des servants en 1860. Un peu le cuménisme.
- Speaker #1
Le cuménisme avant l'heure, qui réunissait les religions pour un traité de paix. Vous nous avez parlé aussi de Manifouchard. Qu'est-ce qui s'est passé là-bas ?
- Speaker #2
Alors, le curé L'abbé Charles raconte, c'est très actuel, ça vient de se passer à Noël précédent, mais chez chaque année, il y a beaucoup de bergers aux alentours de Manifoucha. Et à Noël, à la messe de minuit, les bergers présentent à l'offrande le plus bel agneau de l'année. Ils y portent en avant de leur pain béni ce qu'ils appellent l'arbre de vie. C'est un arbuste verdoyant. Une dizaine de pieds ornés de rubans, de lumières, de pommes d'appui. Rien n'est plus pittoresque. Après la consécration, ils déposent aux pieds de l'enfant Jésus des petites corbeilles, de fruits variés, de fleurs, d'œufs, d'oranges, de noix, de raisins ou de petits oiseaux. Et ils y brûlent même de l'encens. Il y avait des villages où il y avait des rites particuliers et... C'est assez évocateur parce que l'arbre de vie, c'est l'arbre de Noël.
- Speaker #1
Donc toutes ces anecdotes figurent dans les résultats de cette enquête.
- Speaker #2
En me téléphonant, je peux communiquer l'intégral de la réponse du village. Il y a 150 ans, mais c'est...
- Speaker #1
On peut préciser que les personnes qui souhaitent vous contacter effectivement par téléphone, il suffit d'appeler l'évêché. Et là, effectivement, on peut converser avec vous et avoir davantage de... de renseignements. Voilà, une dernière anecdote alors ?
- Speaker #2
Alors c'est à Rouvre-les-Vignes, en 1793, le curé, M. Jacques-Pierre Petit, vit son église fermée, il était si bien vu de ses paroissiers qu'il put continuer à célébrer la Veste dans la grange, ou dans une salle du présbytère. Les habitants le défendirent, parfois au péril de leur vie, contre quelques mauvais sujets des paroisses voisines, qui essayaient de l'enlever pour le faire mourir. Jamais, aucun. paroissien nous révéla le lieu de sa cachette. Une fois, cependant, sur le point d'être surpris, il se réfugia sous l'autel dédié à Saint-Nicolas dans l'église, recouvert devant et derrière d'imposantes nappes tombant jusqu'au sol. Les intrus fouillèrent l'église de fond en comble, mais peut-être par crainte ils n'ont pas touché à l'autel. il échappa ainsi à la fureur des ennemis de la religion. » C'est moi qui rajoute. « Ma secrétaire, qui tapait ce texte sous ma dite, m'a interrompu et fit ce commentaire. Ça, c'est bien les hommes. Moi, c'est la première chose que j'aurais faite, c'est de regarder en dessous de l'autel. »
- Speaker #1
Voilà une nouvelle anecdote. Pierre-Yves-Marie, merci beaucoup pour ce témoignage. Merci beaucoup d'être venu à une prochaine fois. Au revoir.
- Speaker #2
Au revoir.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté ce nouvel épisode de Panmès Basse. S'il vous a plu, n'hésitez pas à nous encourager en commentant ou en laissant quelques étoiles sur votre plateforme d'écoute. Nous serons heureux de découvrir vos avis. Vous pouvez également soutenir l'Église catholique de l'Aube en faisant un don sur notre site internet www.catho3.fr. C-A-T-H-O-T-R-O-Y-E-S. A bientôt !