- Speaker #0
Cet été, notre podcast prend un léger détour, mais pas de messe basse. À travers deux épisodes hors série, nous vous proposons une plongée inédite dans les trésors de nos archives diocésaines. Le père Yves-Marie Cacheux, notre archiviste passionné, partage avec nous quelques-unes de ses plus belles découvertes. Documents oubliés, anecdotes surprenantes, ou encore fragments d'histoires qui éclairent notre présent. Installez-vous confortablement et laissez-vous guider par la voix de celui qui fait parler les archives.
- Speaker #1
Eh bien bonjour à toutes et à tous et bienvenue à l'écoute des podcasts du diocèse de Troyes. Nous avons le grand plaisir d'accueillir aujourd'hui le père Yves-Marie Cacheux. Bonjour mon père. Bonjour. Alors vous êtes prêtre mais également archiviste du diocèse de Troyes. Vous ne vous contentez pas d'archiver mais vous effectuez aussi des recherches et vous faites des découvertes. Alors nous aurons plusieurs sujets évoqués avec vous mais aujourd'hui nous aimerions évoquer l'histoire, si je puis dire, d'une bibliothèque. Parmi ces découvertes, effectivement, vous avez travaillé sur les conditions dans lesquelles s'est effectué le transfert de la bibliothèque de Clairvaux vers Troyes. Alors, tout d'abord, une première question. Que représente cette bibliothèque ? Que contient-elle en réalité ?
- Speaker #2
Réalablement, les révolutionnaires, dont beaucoup étaient des intellectuels, ils ont envoyé un décret à tous les départements demandant de ne pas traîner. et de réquisitionner les bibliothèques des abbayes parce que leur enseignement leur faisait savoir que les moines étaient aussi des gens qui s'intéressaient à la culture, à la science, à la biologie, à l'archéologie, et que ça serait drôlement utile aux étudiants qui continuaient à fréquenter les établissements d'enseignement malgré les perturbations de la situation. à 3 Ça a traîné un peu, et ce n'est qu'en 1795 que la Convention a dépêché un conventionnel, M. Dupuis, qui est venu un petit peu tirer les oreilles du président du département, Noël Ravras, qui était l'ancien curé de Chêlé, qui avait défroqué et prêté serment, et le président du département a envoyé un émissaire du conseil départemental à Clairvaux, rencontrait le bibliothère de l'abbaye de Clairvaux qui était resté sur place parce qu'il fallait ménager de la place puisque les salles les unes les autres avaient été vendues.
- Speaker #1
Oui, on peut peut-être préciser, que restait-il à Clairvaux à cette époque-là en fait ?
- Speaker #2
Il restait une dizaine de moineaux.
- Speaker #1
Une dizaine de moineaux. Et c'était une bibliothèque importante ?
- Speaker #2
Très importante. Il y avait 1200 manuscrits, 7 ou 8000 volumes à peu près. D'accord. C'est bon maintenant ? dans l'arrière-salle de la médiathèque qui a été installée sur le plat.
- Speaker #1
Tout à fait, oui.
- Speaker #2
Et donc, ce monsieur, il a rencontré Louis Erardin, donc le moine bibliothécaire. Il lui a dit, écoutez, on est chargé de stocker ça, au fur et à mesure, à la bibliothèque de Troyes. Est-ce que vous voulez vous charger du transfert ?
- Speaker #1
La bibliothèque de Troyes, qui se trouvait à quel endroit à l'époque ?
- Speaker #2
Alors ça, j'étais pané.
- Speaker #1
Je crois que la première bibliothèque de Troyes se trouvait, si je me souviens bien, à l'actuelle prison rue Henquin. En tout cas, ça a été une des bibliothèques initiales.
- Speaker #2
Il y avait eu un premier stockage dans l'abbaye Hononin qui a été démolie ensuite. Mais ils avaient vite trouvé que maintenant on sait que la nappe phréatique est au ras du sol. Et donc, c'était très humide et c'était mauvais pour la conservation. Donc, ça a été stocké au premier étage de l'actuel musée de peinture.
- Speaker #1
Oui, musée des beaux-arts, voilà, c'est ça. Et comment s'est effectué le transfert ? Parce que des milliers d'ouvrages, il n'y avait pas le train, il n'y avait pas...
- Speaker #2
Exactement. Alors, le représentant du département, Gauthier, a pris... Alors ça, je l'ai trouvé... dans l'histoire de l'Église de Troyes pendant la Révolution. Et donc, c'est là-dedans que j'ai trouvé les détails. Et ce Gauthier, en question, au nom du département, il a dit, écoutez, premièrement, si vous acceptez, on vous alloue un traitement de 2000 livres par an. Je ne suis pas un ubismate, mais ça devait être quand même assez conséquent. Et deuxièmement, on prend contact avec un voiturier qui fait chaque semaine l'aller-retour Barthier-Roube 3, mais il y avait d'autres marchandises en concurrence. Et donc, il y a dû y avoir un paquet pour chaque livraison.
- Speaker #1
Quand vous dites voiturier, c'est quoi ? C'est une forme de diligence ? Oui,
- Speaker #2
c'était pas le rideau...
- Speaker #1
Diligence tirée par des chevaux, en fait.
- Speaker #2
Donc, c'était un particulier. Et ça a duré huit ans. L'évêque de Langres, dont dépendait Barsuro, avant le concordat, il a délégué son vicaire général. auprès de Louis Ardain, bibliothécaire de Clairvaux. Il vient lui écouter. Ça ne va pas prendre tout votre temps. Je vous nomme curé de Longchamp-sur-Aujon, qui est juste la paroisse à côté de Clairvaux. Pendant huit ans, il a fait son travail demandé par la République. Il était payé pour être curé.
- Speaker #1
Ça a été juste un déménagement ou est-ce qu'il en a profité pour classer les ouvrages, pour les répertorier ?
- Speaker #2
Il devait y avoir un premier classement, mais Il y avait un autre volontaire désigné qui recevait et qui classait au fur et à mesure, qui s'appelait Peuchot, mais on n'a pas beaucoup de détails sur lui.
- Speaker #1
Et parmi les ouvrages qui sont venus de Clairvaux, est-ce qu'il y en avait qui étaient particulièrement rares ou précieux ?
- Speaker #2
Les manuscrits notamment,
- Speaker #1
les enluminures.
- Speaker #2
Il y en avait 1200, et puis ce n'est pas des livres de poche.
- Speaker #1
Aujourd'hui, c'est une des plus belles bibliothèques de France, par le sens de sa richesse.
- Speaker #2
Elle est classée objet de mémoire de la part de l'UNESCO.
- Speaker #1
Est-ce qu'aujourd'hui, il est possible de consulter ces ouvrages ? Est-ce que, je pense, au niveau de l'évêché, vous, vous avez un registre avec une classification de ces ouvrages ?
- Speaker #2
Non, parce qu'il y avait peut-être des choses comme ça, mais c'est en 1924. que le transfert des archives qui était à l'actuel musée d'art moderne s'est fait à la méchée actuelle rue du Cloître Saint-Etienne. Et ce sont les employés communaux qui sont chargés de remplir les trucs. Et il y a pas mal de choses qui sont parties à la benne. Et ça, c'est catastrophique. Mais je l'ai su de la part d'un prêtre qui est décédé maintenant. Et alors, par exemple, au niveau purement archive de catholicité, on a tout depuis 1802. Avant, ça existe aux archives départementales. Puis, ça a été notre travail avec la secrétaire pendant cinq ans. J'ai découvert que Mgr Ravinet, qui était évêque de Troyes entre 1860 et 1871, la première chose qu'il a fait, c'est d'envoyer une enquête à tous les curés ruraux, avec des questions très précises. L'ossature, il n'y a qu'à remplir. On a terminé de déchiffrer. Ce n'était pas toujours facile, parce que c'était manuscrit. Mais il y a des corrects quand il est écrit. C'est toujours magnifique, mais il n'y en a d'autres. C'est une mine de renseignements, parce qu'il y a l'histoire de la paroisse. suivant leur capacité ou leur goût, il y a des curés qui ont fait des recherches très très minées, qui ont été jusque l'archive de Dillon, puis nous d'autres, passons là-dessus, on va se faire des films. aussi à plusieurs fois. Je caricature, c'est mon habitude.
- Speaker #1
Vous savez, tous ces témoignages, ce que je vous propose, mon père, c'est que ça fasse l'objet d'un prochain enregistrement, d'un prochain podcast. Et nous serons très heureux de vous accueillir pour évoquer cela. Merci en tout cas pour ce premier témoignage concernant la bibliothèque de Clairvaux. Et puis donc, avec plaisir, à une prochaine fois.
- Speaker #2
Avec plaisir.
- Speaker #1
Bonne journée, mon père.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté ce nouvel épisode de Pas de messe basse. S'il vous a plu, n'hésitez pas à nous encourager en commentant ou en laissant quelques étoiles sur votre plateforme d'écoute. Nous serons heureux de découvrir vos avis. Vous pouvez également soutenir l'Église catholique de l'Aube en faisant un don sur notre site internet www.catho3.fr. C-A-T-H-O-T-R-O-Y-E-S. A bientôt !