- Speaker #0
C'est tellement normal, c'est le but d'un enfant, ceux qui se mettent en opposition. Et alors, évidemment, c'est usant. Moi, la première, parfois, je suis « Oh non, mais t'opposes pas à moi, Chérine » . Mais en même temps, c'est trop bien. C'est-à-dire que ton enfant, il est capable d'avoir du caractère, de s'affirmer, de se développer. Donc, c'est quelque chose qu'il faut travailler pour être plus malléable, mais c'est quelque chose qui est super.
- Speaker #1
Hello et bienvenue dans Passage, le podcast qui libère les filles et leurs mamans. Moi c'est Alexandra, maman de Rose, une petite tornade de presque deux ans et demi, à l'énergie débordante et au caractère bien trempé. Et tu sais quoi ? Même si ce n'est pas toujours de tout repos, savoir sortir ses épines, c'est vraiment tout ce que je lui souhaite. Alors j'ai créé ce podcast pour moi et pour toutes les mamans qui veulent élever leurs filles autrement. Pas sage, pas modèle, pas gentille à tout prix, mais confiante, libre d'être elle-même, et bien dans leur basket. Des petites filles qui savent et sauront plus tard dire non, poser leurs limites, s'aimer telles qu'elles sont, qui n'auront pas peur d'essayer d'échouer, et qui sauront se faire reconnaître à leur juste valeur. Alors ici, on va démonter les enjeux. injonctions, les stéréotypes et tous ces vieux réflexes qu'on pensait normaux. C'est les fameux « t'es pas belle quand tu fais la tête » . On va parler d'estime de soi, de confiance, de rapport au corps, aux émotions. On va parler de nos filles, mais aussi de nous. Parce qu'éduquer autrement, ça commence souvent par se libérer soi-même. Alors au fil des épisodes, je te partagerai des réflexions incarnées, des clés concrètes et des voix d'experts. Et surtout, une grande dose de soutien et de déculpabilisation. Parce que nous aussi, on mérite mieux qu'être sages. Alors, prête à bousculer les règles ? Hello Romane !
- Speaker #0
Bonjour Alexandra !
- Speaker #1
Bienvenue sur le podcast Passage.
- Speaker #0
Merci, je suis trop contente d'être là.
- Speaker #1
Moi aussi, comme beaucoup de mes invités, je t'ai découverte sur Instagram. Il n'y a pas si longtemps que ça. D'ailleurs, je crois que tu me diras, mais tu n'étais pas lancée il y a si longtemps que ça. Mais tu as déjà 34 000 abonnés, félicitations.
- Speaker #0
Merci, merci, merci.
- Speaker #1
C'est vrai que ça... partage, ça résonne je pense beaucoup, avec beaucoup de personnes. Moi, la première, et notamment parce que tu as une petite fille qui, je crois, a à peu près l'âge de ma fille. Tu nous diras aussi si tu as envie. Et que tu partages parfois des vidéos. Alors, on ne la voit pas, on ne voit pas son visage, mais on peut voir un peu des interactions que vous pouvez avoir, notamment quand elle fait des crises. Et je te jure, il y a des fois, j'ai l'impression d'entendre ma fille, mais mot pour mot.
- Speaker #0
Je pense que tous les enfants se ressemblent. Donc, c'est pour ça que les vidéos fonctionnent bien. C'est parce que chaque papa ou maman se retrouve dans la vidéo.
- Speaker #1
et pour son enfant surtout c'est clair et en fait ça fait du bien de voir ça on va en parler comment tu l'accompagnes dans ces moments là mais de voir qu'en fait on n'est pas les seuls à vivre ce genre de situation et surtout pour moi et pour les mamans qui écoutent ce podcast c'est vrai qu'on est de bonne volonté on a envie de bien faire et surtout on est engagé dans cette démarche de vouloir élever des filles libres Merci. et pas nécessairement sages, mais c'est vrai qu'il y a des fois, voilà, quand on est en plein milieu de ces tempêtes émotionnelles, on aimerait qu'elles soient un peu plus sages.
- Speaker #0
Oui, c'est normal, on est tous pareils.
- Speaker #1
Et surtout, on se questionne, en fait, est-ce qu'on fait bien les choses ? Est-ce qu'on est en train de rendre notre fille, comme aussi, on peut entendre un peu ces remarques-là autour de nous, de nos proches, parfois, est-ce qu'on est en train de les rendre capricieuses, difficiles, etc. Et c'est vrai que sur ton contenu, tu casses un peu ce mythe-là aussi de l'enfant sage. Donc, c'est pour toutes ces raisons que j'avais envie de t'inviter aujourd'hui. Donc, merci beaucoup de ta confiance, d'être là. Est-ce que tu peux quand même te présenter en quelques mots et nous partager pourquoi en fait tu partages sur tous ces sujets-là sur Instagram ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Alors, je m'appelle Romane, j'ai 30 ans et donc j'ai une petite fille qui s'appelle Charline et qui va avoir 3 ans fin avril. Donc j'ai commencé... Ma maternité de façon un petit peu particulière parce que j'ai fait une dépression postpartum. Je suis toujours sous antidépresseur actuellement, mais ça va beaucoup mieux. Mais c'est vrai que du coup, je n'avais pas prévu de vivre le début de ma vie de maman comme ça. Et ça a bousculé beaucoup de choses. Je me suis sentie démunie avec très peu d'informations. Avant, il y avait un village. Aujourd'hui, il n'y en a plus. Sauf qu'avant, du coup, ils pouvaient se conseiller. Et moi, je me suis retrouvée... des soirs à 3 heures du matin sur Google à taper pourquoi ma fille fait ça, comment je pourrais l'aider à faire ça. Et donc il y a eu beaucoup de questions, j'ai eu très peur en fait de ne justement pas réussir à lui donner les bons outils, la bonne éducation, et je trouvais peu d'informations. Et donc à un moment, quand je me suis vraiment renseignée sur l'éducation, la parentalité, je me suis dit que... J'avais envie de partager toutes ces connaissances que j'avais, de pouvoir aider d'autres parents qui, peut-être, seraient comme moi. J'avais aucune idée de si, en fait, j'étais la seule ou si d'autres parents vivaient ce que je vivais ou ce que j'avais vécu, en tout cas. Et puis, quand j'ai commencé à poster mes vidéos, je me suis rendue compte que je n'étais pas toute seule et qu'il y a beaucoup de mamans. On a souvent des conseils, pas des conseils sollicités, pas les conseils qu'on aimerait avoir, les fameux « non, mais ne le porte pas, tu vas l'habituer, laisse-le pleurer, ça va lui faire les poumons » . Mais pas des vrais conseils qui sont, je pense, dans l'époque d'aujourd'hui et qui peuvent être plus en accord, en tout cas, avec ce que l'on peut ressentir. Moi, je sais que laisser pleurer ma fille, ce n'était pas envisageable du tout. Et donc, OK, mais comment faire ? Et donc, voilà, c'est vrai que j'ai commencé un peu cette aventure à commencer à partager sur les réseaux sociaux. Et puis, ça a vite pris. Et je me suis dit, en fait, il y a un vrai besoin. Il y a vraiment... Aujourd'hui, les mamans et les papas ont vraiment besoin... Au moins d'avoir des vidéos qui permettent de comprendre l'enfant, d'avoir des idées. Et après, chacun choisit. Chacun fait ce qu'il a envie de faire. Mais au moins, ça permet d'avoir une idée, peut-être une direction, et de faire en fonction, en tout cas, de ses propres besoins et envies.
- Speaker #1
Je trouve ça très juste ce que tu dis, parce que c'est vrai que n'ayant nous-mêmes pas eu reçu ce genre d'éducation, c'est difficile de faire différemment quand on n'a pas d'autres modèles.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
C'est chouette d'avoir des comptes comme toi qui partagent tout ça. Alors. Pour démarrer, et sans transition aucune, par rapport à ce que je disais juste avant, pendant les vacances de février, j'étais une semaine chez ma maman avec ma fille. Moi, je t'avais travaillé, et ma fille était gardée par ma maman en tout cas une grande partie de la journée. Ma mère, c'est une mamie poule. Elle adore sa petite fille. Elle la garderait tout le temps si elle...
- Speaker #0
C'est trop chou.
- Speaker #1
Mais néanmoins, c'est vrai que cette semaine-là, Rose faisait au moins une crise par jour. Et au bout d'un moment, ma mère m'a dit... elle est quand même compliquée, elle est quand même plus difficile que les autres. Et moi, je ne crois pas, je crois que c'était surtout le contexte qui était difficile pour elle, parce qu'en fait, elle était trop contente d'être là, donc elle voulait profiter à fond. Donc, elle ne voulait pas dormir, on avait beau tout essayer, elle ne voulait pas faire de sieste, donc arrivé fin d'après-midi, elle était crevée. En plus, je pense qu'elle était avec ses adultes préférés, sa maman, ses grands-parents, donc elle était en totale confiance, et donc je pense qu'elle se laissait un peu aller aussi. Bref, je pense que c'était plus le contexte, mais quand même, tu vois, dans ces moments-là, c'est aussi ces moments qui peuvent me faire douter. J'ai la partie de moi qui se raconte ce que je viens de te raconter. Pour moi, c'est plus le contexte. Une autre partie qui est un peu... L'ange et le démon. Voilà, donc la première question que je voulais te poser, c'est finalement, est-ce qu'il existe vraiment des enfants difficiles, des enfants plus difficiles que les autres ?
- Speaker #0
Alors, c'est vraiment une question qui revient souvent. Et c'est rigolo. Et je préfère rassurer. Moi, je suis comme toi. Et pourtant, je suis sur le sujet. Et parfois, quand on me fait la remarque, je dis, mon Dieu, est-ce que je fais bien ? C'est normal de douter. Et je pense que, voilà, après, c'est quand on revient, quand on se re-raisonne et que l'émotion est passée, on est capable de se dire, non, en fait, je fais ce qu'il faut. Et je pense que ce que tu viens de dire, tu as entièrement raison. Il faut se projeter. En fait, ta fille, elle est là. Elle n'est pas à l'école. Elle est avec sa maman, son papi, sa mamie, avec qui c'est sans doute aussi beaucoup plus agréable. Parce que papi, mamie, s'ils sont comme les miens, c'est un peu la fête. C'est que du plaisir. C'est normal, ça met l'enfant dans une grande joie et donc forcément à des moments, on n'est plus sujet à crise. Et oui, une crise par jour, ce n'est pas non plus très gros. Donc je ne dirais pas que ta fille a un fort caractère. Pour revenir à la question, est-ce qu'il existe des enfants difficiles ? Je pense qu'il y a un vrai surgi sur ça et c'est surtout que les gens ne comprennent pas. Je pense qu'on parle de tempérament et pas de caractère. Le tempérament, c'est quelque chose qui est plus ou moins... inné de quand l'enfant naît, donc il va être plus sensible, il va réagir plus vite à certaines choses, il va être plus vif sur certains sujets. Le caractère, c'est vraiment quelque chose qui se construit avec les expériences, avec l'éducation, ce genre de choses. Donc c'est quelque chose qui se construit. Pour moi, c'est des tempéraments, on peut dire qu'il y a des tempéraments d'enfants qui sont un peu plus difficiles, mais parce que c'est des enfants qui sont plus sensibles, qui ont plus de sensibilité, qui réagissent plus vite. plus vite et donc c'est un environnement parfois qui est un peu moins approprié à ce qu'ils auraient besoin. Je pense que c'est surtout ça, tu vois.
- Speaker #1
D'accord. Mais donc du coup, on va en parler, la réaction à avoir avec eux, on va en parler un petit peu plus tard, mais juste pour creuser un petit peu le sujet, derrière cette idée d'enfant difficile, il y a aussi souvent certains comportements particuliers qui inquiètent ou qui agacent les adultes. Et donc je voulais voir avec toi comme on donne un petit peu certains de ces comportements et que tu puisses nous dire si ce sont des comportements, justement, ce qu'on pourrait dire que c'est des comportements d'enfants difficiles ou simplement des comportements normaux d'un enfant en développement. Donc, par exemple, est-ce que pour toi, et peut-être jusqu'à quel âge, c'est normal pour un enfant de taper ? Parce que ça, pour nos grands-parents notamment, c'est vraiment... Ça, ça caractérise un enfant difficile.
- Speaker #0
Un enfant difficile, mal éduqué presque. Oui, alors, je vais mettre taper et mordre dans le même... même panier parce que c'est soit les enfants vont taper, soit les enfants vont mordre, parfois un peu des deux, mais souvent il y a des phases. Pour moi, c'est un enfant tape ou mord quand il n'a pas le vocabulaire pour dire ce qu'il ressent, quand il n'arrive pas en tout cas à exprimer ce qu'il ressent. Et donc, comme il n'arrive pas à dire ce qu'il ressent, ça passe par le corps. Mais ça, c'est complètement normal pour le coup. Moi, j'ai envie de dire un enfant qui tape ou qui va mordre jusqu'à 3-4 ans. C'est plus ou moins normal. Je ne dis pas qu'il faut l'accepter, mais je dis en tout cas que c'est normal dans le développement. Et après, évidemment, notre objectif, c'est d'arriver à réduire et à proposer des alternatives à notre enfant pour qu'il puisse se dire « Ok, là, je ne vais pas taper, mais je vais exprimer ce que je ressens d'une autre manière. » Mais ce n'est pas quelque chose qui est anormal. Au contraire, c'est juste que l'enfant n'arrive pas à exprimer ce qu'il ressent ou il se sent incompris. Et donc, comme il ne sait pas faire, ça sort avec le corps, avec les gestes.
- Speaker #1
Et en fait, il y a beaucoup d'enfants qui font ça. Ah,
- Speaker #0
mais c'est pas du tout quelque chose qui est anormal. Je veux dire, je pense que 99% des enfants ont des phases où à un moment, ils vont taper. Ou alors, c'est que l'enfant a un an, il est surdoué et il a déjà le cerveau d'un adulte. Mais du coup, on va se poser des questions. Mais sinon, ça fait partie de la phase de développement. Mais malheureusement, c'est vrai que même dans le corps éducation, moi, je sais que ma fille, quand on était à la crèche, j'ai été convoquée parce qu'elle mordait trop. Bon, moi déjà, à la maison, elle ne mordait pas et elle mordait à la crèche, donc je ne pouvais pas faire grand-chose. Je veux dire, je ne vais pas lui crier dessus le soir, ça ne sert à rien. Et en fait, c'est que souvent, c'était vu comme un comportement, il faut l'éduquer, etc. Mais en fait, ça fait partie du développement et c'est qu'il faut trouver après le pourquoi l'enfant va taper et mordre, par exemple. Et ça, c'est quelque chose qui est très important. Surtout quand on arrive à des âges, après, on va dire deux ans et demi, trois ans, où l'enfant commence à savoir s'exprimer, etc. C'est de comprendre pourquoi il mord, pourquoi il tape. Ça veut dire que derrière, il y a un problème ou un besoin. qui n'est pas compris ou qui n'est pas résolu.
- Speaker #1
Ok, trop bien. Mal parler. Ouais, mal parler. Tu sais, moi, ma fille, aujourd'hui, c'est vrai qu'elle peut être un peu autoritaire. Maman, j'ai soif ! Et encore, ça, ça passe, tu vois. Mais voilà, est-ce que mal parler, est-ce que ne pas être encore très, très polie à cet âge-là, c'est normal ?
- Speaker #0
La politesse, c'est vraiment quelque chose qui fait partie de nos codes sociaux, sauf que je pense qu'on veut l'inculquer trop tôt à nos enfants. C'est pas grave en soi, mais c'est un combat qu'on mène et qui nous essouffle beaucoup. Un enfant va nous imiter. Si vous criez tout le temps, votre enfant va crier tout le temps. Si vous êtes poli et que vous dites bonjour, merci, au revoir, s'il vous plaît, à force l'enfant va entendre et il va finir par imiter et il va apprendre beaucoup plus vite. Donc si au début, l'enfant dit donne-moi l'eau sans dire s'il te plaît, après il faut juste dire donne-moi de l'eau s'il te plaît, on répète la phrase qu'on aimerait que l'enfant dise et après au fur et à mesure ça va venir, mais c'est pas quelque chose qui est très grave. la politesse elle s'acquiert vraiment quand on commence à comprendre les codes sociaux et avec surtout ce qu'on appelle la théorie de l'esprit donc c'est quand un enfant comprend que la personne en face va à des besoins différents de lui à des pensées différentes de lui et en fait parce qu'un enfant quand ils sont petits en dessous de quatre ans ils se disent que tout le monde pense comme eux tout le monde a les mêmes besoins que et ça c'est quelque chose qui est très difficile donc tant qu'ils n'ont pas acquis cette théorie de l'esprit c'est très difficile de les inviter à partager de les inviter à être polis parce que ça fait plaisir aux autres etc donc avant ça évidemment on peut aider en imitant et en montrant comment faire mais il faut pas leur crier dessus parce que ils disent pas s'il te plaît parce que sinon si on leur crie dessus eux du coup vont nous crier dessus et donc après ils vont avoir le même comportement que nous on a avec eux.
- Speaker #1
Est-ce que c'est normal pour un enfant d'être souvent dans l'opposition donc je vais donner des exemples de ma fille donc ne pas mettre son manteau après je pense que clairement j'en ai déjà parlé d'ailleurs sur Instagram, sur un podcast aussi, je pense que ma fille, elle a très vite chaud. Donc, c'est vraiment pas... La plupart du temps, c'est pas pour s'opposer à moi, genre pour peut-être tester. C'est vraiment qu'elle a chaud. Mais pour d'autres enfants, ça peut peut-être être juste pour... Alors, justement, tu vas peut-être nuancer ça, mais j'allais dire pour embêter les parents. Voilà, mais... Ou par exemple, parfois, elle veut pas prendre son bain. Donc, est-ce que c'est normal, voilà, pour un enfant de pas vouloir faire les choses qu'on lui demande ?
- Speaker #0
C'est... tellement normal, c'est le but d'un enfant, ceux qui se mettent en opposition. Et alors, évidemment, c'est usant. Moi, la première, parfois, je suis... Oh non, mais t'opposes pas à moi, Chérine. Mais en même temps, c'est trop bien. C'est-à-dire que ton enfant, il est capable d'avoir du caractère, de s'affirmer, de se développer. Donc, c'est quelque chose qu'il faut travailler pour être plus malléable, mais c'est quelque chose qui est super. Mais oui, c'est complètement normal. Surtout, alors voilà, par exemple, si on prend l'exemple du manteau, un enfant, oui, les enfants ont vite chaud parce que nous, on marche, mais eux, ils courent, ils sautent. Donc, ils ont vite chaud. Donc ça ne me choque pas que parfois l'enfant dise non, je n'ai pas envie de mettre le manteau. Pareil pour le bain, souvent c'est... L'opposition vient souvent sur des phases de transition. Ton enfant, ta petite Rose, elle est en train de jouer et là tu lui dis va au bain. Ah non, j'ai envie de jouer, je suis trop bien dans mon jeu. Et là il faut que j'aille faire le bain, me mouiller, même si après je vais m'amuser dans le bain et que je ne voudrais plus en sortir. La partie transition est très difficile. Donc ça, c'est des comportements, oui, ces oppositions, elles sont complètement normales. Et en plus, vers l'âge, je dirais, de 15-18 mois, commence un peu ce truc de, en fait, je me rends compte que je suis une personne à part entière, je ne suis pas le prolongement de maman. Et puis, c'est sympa aussi de pouvoir faire un peu ce que moi, j'ai aussi envie de faire. Et donc, oui, d'avoir un peu plus d'autonomie, de pouvoir être un peu plus soi. Donc, c'est aussi quelque chose qui est complètement normal et qui fait partie du développement. Donc, encore une fois, je ne veux pas dire que du coup, il faut toujours tout accepter de l'enfant. Ce n'est pas du tout ça. Mais déjà, se dire que c'est une phase qui est normale, ça aide beaucoup. Et après, l'idée, c'est de guider un peu l'enfant pour justement...
- Speaker #1
que tout le monde s'y retrouve quoi finalement ouais parce que du coup j'allais dire si tout est normal est-ce qu'on laisse tout passer qu'est-ce qu'on fait et surtout quand on est voilà une maman comme moi qui a envie aussi d'apprendre à sa fille à s'affirmer parce que voilà je sais bien que ça va être une qualité nécessaire pour sa future vie d'adulte mais même maintenant en tant que petite fille donc j'ai envie qu'elle s'affirme mais en même temps je sais qu'il faut que je pose un cadre des limites qu'il faut que je respecte aussi mes propres besoins Merci. Donc comment toi tu t'y prends pour nourrir ça chez ta fille, l'affirmation de soi ?
- Speaker #0
Oui, alors je pense qu'il faut, déjà j'ai envie de dire presque un peu, choisir ses combats. Il y a des combats qui méritent d'être menés et d'autres sur lesquels on peut lâcher un petit peu en tant que maman. Et ça nous soulagera aussi beaucoup. Je pense que déjà la clé pour aider un peu les parents, c'est l'anticipation. La prévisibilité, elle aide tellement les enfants à éviter justement les crises et les oppositions. Plus ton enfant sait ce qu'il va devoir faire dans la journée, dans les prochaines minutes, moins il aura de la résistance parce qu'il sera au courant. Plus tu vas avoir ton rituel le soir, l'enfant il rentre, il fait son goûter, après il fait un petit jeu, après il va à la douche, après il mange. Et du coup, c'est un mécanisme et ton enfant sera moins surpris quand tu vas lui dire « va à la douche » que si c'est une fois le matin, une fois le soir, c'est plus compliqué. Donc vraiment, l'anticipation, je pense qu'elle aide beaucoup. Et en plus, l'anticipation permet que tu peux... en discuter avec ton enfant et donc lui donner aussi cette possibilité d'avoir un peu de pouvoir de choisir aussi, de devenir indépendant, de grandir, de se développer. Je te prends par exemple un exemple. Tous les matins, c'est un peu la guerre pour habiller ton enfant parce qu'il veut mettre son short d'été avec son pull d'hiver ou je ne sais pas ce genre de choses. Le mieux, c'est de la veille, on choisit les vêtements ensemble, on laisse l'enfant choisir les vêtements comme ça. Il a cette autonomie et il apprend. Et ensuite, à la limite, on dit voilà. On essaie d'ajuster avec papa ou maman pour voir en fonction de la météo de demain, etc. Et c'est un travail qui est fait, on va dire, en commun et qui satisfait et l'enfant, parce qu'à la fin, c'est lui qui aura choisi sa tenue, mais les parents parce que la tenue sera en adéquation avec la météo ou les activités de l'enfant le lendemain. Donc l'anticipation permet de ne pas perdre trop de temps, parce que quand on est pressé, forcément, on s'énerve. Et donc on s'énerve, l'enfant s'énerve, alors que si on anticipe, du coup, tout peut se faire plus ou moins dans le calme. Et donc, on respecte les besoins et les envies de l'enfant et les besoins et les envies des parents. Et quand on n'a pas ce temps-là, parce que parfois, on est pris au dépourvu, etc., moi, ce que j'aime bien faire, c'est un peu le choix guidé. Par exemple, je dis à ma fille, tu préfères mettre... Elle me dit, j'ai pas envie de mettre le manteau. Et souvent, je lui dis, du coup, tu préfères prendre le manteau rouge ou le manteau bleu ? Déjà, ça lui donne du choix, ça lui donne le sentiment qu'elle peut choisir par elle-même. Et ça, ça aide beaucoup. Le choix guidé avec deux choix, c'est génial parce que ça va répondre à ce que moi, j'attends. ce dont j'ai besoin en tant que parent, mais du coup notre enfant il est en mode ok moi je peux quand même choisir, j'ai de la liberté et donc ça fait du bien. Donc le choix guidé est pas mal.
- Speaker #1
Donc c'est comme ça aussi que tu penses que ça nourrit aussi sa confiance en elle, son autonomie, son affirmation de soi ?
- Speaker #0
Complètement, parce que du coup elle se dit qu'elle a quand même la possibilité de choisir, elle a la possibilité, après même parfois ma fille elle est là, en fait aucun des deux mais par contre je veux bien le manteau gris. Bon, OK, je ne vais pas... Il y a un manteau, je suis content. Oui, voilà.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Mais donc, c'est vrai que du coup, ça permet de satisfaire tout le monde. Et je pense de ne pas trop brimer les enfants parce qu'on veut trop, justement, qu'ils soient sages. On veut trop qu'ils respectent tout le temps. Mais s'ils respectent tout le temps ce qu'on leur demande, il faut se poser la question de plus tard, quels adultes ils vont devenir. Si tous petits ont eu l'habitude d'être presque dressés et de dire oui tout le temps à leurs parents et d'écouter exactement ce que nous, on leur disait, Comment plus tard, en tant qu'adulte, ils seront en mesure de savoir dire non, de poser des limites, ce genre de choses. Ce sera beaucoup plus difficile.
- Speaker #1
Je reviens aussi à ce que tu disais, qu'il faut choisir ses combats. Et parfois, je pense qu'on a du mal à lâcher un petit peu sur certains sujets parce qu'on se dit, si je lâche sur ce sujet, ça va faire effet boule de neige et je vais perdre complètement le contrôle.
- Speaker #0
C'est une peur qui est légitime.
- Speaker #1
Oui, oui. Peut-être que si... Peut-être le confirmer, je ne sais pas. Mais peut-être que si, de temps en temps... tant pis, je ne fais pas respecter la... Alors, ça dépend de quelles règles, tu vois. Mais bon, je vais peut-être sauter une fois à l'heure du bain parce qu'en fait, là, je n'ai pas l'énergie de justement rentrer dans le jeu pour faire accepter le bain à mon enfant. Peut-être pas parce qu'on le fait une fois ou de temps en temps que notre enfant ne saura plus du tout respecter le cadre et les limites.
- Speaker #0
Oui, complètement. Et je pense qu'il faut savoir après le dire, le verbaliser à l'enfant. Par exemple, un soir, toi, tu es usé, tu peux dire, écoute, là, moi, ce soir, je suis vraiment fatiguée, je n'ai pas la force. écoute si tu es d'accord ce soir exceptionnellement tu prends pas le bain on va faire une toilette de chat ça fera toujours un peu rire et et voilà mais c'est juste exceptionnel c'est ce soir et demain on reprend notre notre bonne habitude on est l'enfant est capable de comprendre que voilà un soir exceptionnellement c'est comme je sais pas au niveau de l'alimentation moi je sais que ma fille parfois exceptionnellement et ben voilà elle a le droit de manger un bonbon du chocolat ben le lendemain c'est pas parce que je lui ai donné la veille un bonbon que du coup tous les autres jours elle m'en demande et si le lendemain elle m'en demande je lui dis ah non Non, c'était exceptionnel, c'était hier. Par contre, aujourd'hui, il n'y a pas de bonbons. Moi, je suis aussi plus... prête à encaisser s'il y a derrière une crise pour gérer et dire non c'était hier,
- Speaker #1
c'était exceptionnel mais les enfants sont capables de comprendre tout ça ok trop bien alors on va aller sur le sujet de la gestion des colères parce que tu partages pas mal de vidéos comme je disais en intro sur ta fille quand ta fille fait une colère, comment tu gères tout ça déjà est-ce que tu peux nous dire selon toi quand un enfant fait une crise ou est en colère qu'est-ce qu'il se passe dans son cerveau tout simplement c'est passionnant Quand on en a conscience, c'est déjà plus facile après.
- Speaker #0
C'est vraiment quelque chose que j'ai découvert en premier et j'ai été passionnée. Je me suis dit, comment quand on devient parent, on ne sait pas comprendre le cerveau d'un enfant ? En fait, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'on va dire dans le cerveau d'un être humain, je vais le vulgariser, on a deux parties. On va avoir le cerveau du bas qui va être tout ce qui est émotion et le cerveau du haut, notamment le cortex préfrontal, c'est juste le cerveau qui est... juste derrière le front, c'est celui qui va être, lui, plutôt tout ce qui va être axé sur la logique, le raisonnement, la prise de recul, etc. Un enfant, quand il naît, il a son cerveau du bas qui est nickel, donc tout ce qui est émotion, ça, ça fonctionne super bien. Le problème, c'est que le cerveau du haut, lui, il n'est pas du tout mature. En fait, il est en construction jusqu'à l'âge de 25 ans. Ah ouais ? Oui. Donc évidemment, à 25 ans, on ne fait pas les mêmes crises, mais parce qu'en fait, le cerveau, il a maturé. Mais en fait, les études le montrent, c'est que le cerveau se développe jusqu'à l'âge de 25 ans. Et à partir de 25 ans, on a un cerveau qui est totalement mature du début à la fin de tout son être. Donc un enfant, forcément, quand il naît, il n'a pas cette capacité de se raisonner. Donc lui, il va vivre l'émotion très intensément, très fortement. C'est pour ça que parfois, ils se mettent à hurler parce qu'on a ouvert la porte à leur place, mais parce qu'en fait, ils n'ont pas, eux, dans le cerveau, la capacité de se dire « Ok, ce n'est pas grave, ce n'est pas quelque chose qui est très grave. » de réfréner l'impulsion. Et donc, c'est pour ça qu'on parle de tempête émotionnelle, c'est parce que c'est vraiment quelque chose qui vient et qui agit comme ça et qui est très intense chez les enfants, en fait. Et c'est que le cerveau du bas, donc le cerveau émotionnel, l'amidale principalement, qui va exploser. Et c'est nous, adultes, qui devons essayer d'apprendre à nos enfants à se réguler pour justement remettre en place le cerveau du haut, le cortex préfrontal, pour essayer de les apaiser et de leur dire écoute, on peut faire comme ça, tu peux réfléchir comme ça, etc.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui peut aider dans ces moments-là l'enfant à traverser ses émotions ?
- Speaker #0
Alors, je dirais, c'est pas facile, mais le point qui est vraiment crucial, c'est que toi, en tant que parent, tu restes aussi calme. Si tu t'énerves, ton enfant va s'énerver, c'est automatique. Mais j'ai envie de dire, c'est comme nous adultes, si moi je me prends la tête avec mon chéri et qu'il commence à s'énerver, forcément je vais m'énerver. Alors que s'il reste calme en face, déjà je vais un peu plus me réguler. Donc je pense qu'autant que possible, dès que... on sent qu'on en est capable, c'est d'essayer de rester calme, de ne pas s'énerver, de ne pas montrer d'agressivité ou quoi que ce soit, pour que l'enfant, justement, grâce à ses neurones miroirs, se dise « Ok, en face, maman a l'air calme, donc je vais réussir à me calmer moi aussi, il n'y a pas de danger. » Ensuite, je pense aussi que ce qui est très très important, c'est de garder le lien avec ton enfant. Parce qu'ils ont besoin de nous, ils sont tellement petits, en dessous de 5-6 ans, quand ils font une crise, ils ont vraiment besoin qu'on les accompagne, qu'on ne soit pas là à les punir, à leur dire « Tu vas dans ta chambre » . Parce que là, on perd complètement le lien et ça ne va pas du tout aider. Alors que si pendant la crise, tu te connectes à ton enfant, tu restes là, tu lui montres que tu es présent, que tu le comprends, que tu valides ses émotions au lieu de les invalider ou de les dénigrer, ça, c'est quelque chose qui est très, très important pour un enfant. Et c'est ce qui va lui permettre de se calmer petit à petit. Et ensuite, après, quand la crise est passée, c'est de reparler de ce moment-là pour lui proposer justement les alternatives qui sont possibles pour la prochaine fois, pour justement aider son cerveau du Ausha... se développer pour qu'après, quand les crises reviennent, au fur et à mesure, ils réagissent un peu comme nous, adultes, on réagit aujourd'hui.
- Speaker #1
Alors ça a l'air simple comme ça mais bon...
- Speaker #0
C'est pas si simple que ça, c'est clair. Non mais ça c'est la théorie, après il y a la pratique.
- Speaker #1
Et donc on a une petite surprise pour nos abonnés puisque je t'ai invité à commenter une des vidéos que tu as partagé sur Instagram où on te voit interagir avec ta fille pendant qu'elle fait une crise. Et cette analyse en fait sera partagée dans le prochain épisode. Donc en fait notre interview va être divisé en deux parties. La partie que vous êtes en train d'écouter. Et puis, la semaine prochaine, une analyse d'une interaction que tu as eue avec ta fille pour que tu puisses nous expliquer ce qui se passe dans ta tête et pourquoi tu choisis de réagir comme ça. Et je te donne aussi la parole pour... Mais on n'a pas tout à fait fini avec cette première partie, donc je reprends le cours de l'interview. Qu'est-ce qu'on risque de construire chez un enfant et peut-être encore plus chez une petite fille ? Quand on va à l'origine, justement, là, je reviens un petit peu sur l'idée de l'enfant sage, donc l'obéissance, le fait d'être gentil, le fait de ne pas déranger. Et quel lien tu vends entre ces attentes ? Donc, c'est ce dont on parlait, mais peut-être, voilà, si tu peux peut-être expliciter. Oui. Notamment avec ce, voilà, en faisant un focus sur les petites filles, parce qu'on leur demande encore plus, encore aujourd'hui dans notre société, on a encore plus d'attentes à ce qu'elles soient sages, etc. D'ailleurs, ce week-end-là, j'étais chez la grand-mère de mon... chérie, donc il y a peut-être 86-87 ans. Et voilà, c'était ça tout le week-end. Donc, à un moment donné, elle lui dit « Non mais les petites filles, ça ne crie pas comme ça. » Puis à un moment donné, elle prend sa peluche et elle dit « Alors, au moment de partir, tu vas être sage. » Je crois qu'elle faisait un peu comme si elle parlait à Rose, mais à la peluche, elle lui listait tous les trucs pour lesquels, tu vois, moi je dis complètement l'inverse.
- Speaker #0
Il faut être discrète, il faut faire plaisir. C'est des injonctions et ça franchement, et c'est pour ça que je suis trop fan de ton compte parce que encore plus chez les petites filles, c'est clair qu'il y a des injonctions comme ça qui nous collent à la peau après quand on grandit. Moi j'ai grandi et pourtant j'ai grandi dans un climat familial qui était incroyable. Je me rends compte aujourd'hui, j'ai eu des parents très aimants qui ne m'ont jamais tapé ou quoi que ce soit. Mais j'ai quand même grandi avec ce « il faut être sage, il faut être discrète, il faut faire plaisir » . Et du coup, en fait, adulte, ça donne quelqu'un qui ne s'est pas forcément toujours posé des limites, qui dit oui à tout le monde, tout le temps, et donc qui se laisse passer en dernier, et donc plus sujet derrière à faire des burn-out, des dépressions, des crises d'anxiété. Ça fait aussi, surtout pour les femmes, une surcharge mentale. Et ça, aujourd'hui, on le sait, c'est un vrai sujet. Mais pourquoi ? Parce que petit, on nous a appris à dire « dites oui tout le temps » . Du coup, adulte, on ne peut pas se transformer. C'est rare, quand on a été éduqué, c'est ancré en nous. Ça fait partie de ce que je disais au début, de notre caractère. Ça fait partie de nos expériences, de notre vécu. Et donc, plus tard, forcément, on devient l'adulte de l'enfant qu'on a été, avec ce qu'on a appris, tu vois. Et donc, oui, on ne s'est pas posé de limites. On est beaucoup plus sujet à des choses, j'ai envie de dire, qui sont négatives, alors qu'il faut trouver un équilibre. Je ne dis pas qu'il faut dire oui à tout et où il faut dire non à tout, mais il faut trouver le juste milieu entre dire oui quand on ressent le besoin ou parce qu'on veut faire plaisir une fois de temps en temps. et dire non parce que là, il faut pas... Voilà, c'est super important. Et si ça, on l'apprend pas à nos enfants dès le plus jeune âge, ils seront incapables, ou alors ça va être beaucoup plus difficile pour eux de le faire une fois adulte. Ok, trop bien. Allez, on arrive doucement sur la fin. Moi, j'ai aussi beaucoup de mamans qui me disent que ce n'est pas toujours facile d'embarquer le père dans cette réflexion-là. Donc, pas seulement sur l'éducation bienveillante, mais aussi sur cette idée de ne pas vouloir assagir notre fille, au contraire, l'encourager à s'affirmer. Est-ce que tu aurais des conseils ? Je ne sais pas ce que j'ai vu, que tu avais partagé une vidéo sur le sujet, mais est-ce que tu pourrais donner des conseils aux mamans, si tu en as ? Parce que peut-être que toi, comme moi, moi, la première, j'ai encore un peu de mal. Mais pour réussir à inclure le père dans cette démarche ?
- Speaker #1
Alors, ce n'est pas facile. Souvent, et comme on le dit, souvent, la maman va avoir beaucoup plus tendance à se renseigner, à lire, à aller chercher l'information, là où le papa va plus observer, faire par rapport à ce qu'il a connu. C'est la même chose dans mon couple. Papa a plus tendance à vouloir reproduire ce qu'il a vécu. J'ai beau lui dire, mais regarde, tous tes traumatismes et tes blessures, c'est dû à ton éducation, tu veux les donner à ta fille. Bon, mais parce que je suis un peu plus violente sur le sujet, parce que j'y suis un peu tous les jours et que je l'oblige à regarder toutes mes vidéos. Mais je pense que ce qui est important, c'est déjà de discuter, d'avoir une vraie discussion avec le papa et de dire, OK, quand, je ne sais pas, le papa est plus sévère, quand l'enfant tape, là où maman, elle va essayer d'être plus dans la douceur et de comprendre. Et de dire, OK, qu'est-ce que ça déclenche en toi ? Pourquoi ça te met dans cet état ? De quoi tu as peur quand ton enfant, ta fille... tape à ce moment-là dans ce cas précis. En fait, c'est vraiment de comprendre aussi, comme pour l'enfant, les besoins, les inquiétudes et la problématique que papa rencontre en face pour essayer de dire ok donc toi en fait ce qui te fait peur c'est ça ça ça, mais regarde moi je suis d'accord avec toi, c'est juste qu'on a une autre manière de le faire, une approche différente. Donc je pense déjà c'est beaucoup de communication. Après je pense que c'est aussi pourquoi pas leur partager des comptes comme les nôtres qui leur permettent aussi d'avoir la vision d'autres personnes et pas toujours celui de sa femme où on dit oui c'est bon toi. d'avoir d'autres personnes qui sont impliquées. Et pourquoi pas aussi, après, si papa est ouvert, parce qu'il y a des parents qui ne le sont pas du tout, mais est ouvert, de lui proposer aussi des lectures. Moi, c'est les lectures que je propose souvent, que j'aime beaucoup. C'est « Pour une enfance heureuse » de Catherine Guéguen. J'aime beaucoup parce que, justement, elle parle vraiment d'un aspect scientifique sur le cerveau, comment il fonctionne, etc. Donc, ce n'est pas du blabla. C'est basé sur des études, sur les IRM, etc. Donc... C'est du concret et je trouve que parfois ça peut aider justement les personnes à se dire « Ok, je comprends mieux, c'est pas juste une philosophie, c'est on va dire un peu concret parce qu'il y a des études derrière, etc. » Donc voilà, je pense que c'est beaucoup de communication et ne pas forcer. Si c'est constamment « Non mais tu fais comme moi je te dis » , le papa en face il va se dire « Mais moi j'ai pas ma place » . Donc il faut essayer de trouver, de tout le monde faire un pas et de s'accorder. Par exemple, moi je prends l'exemple avec du coup mon copain. Charline quand elle mangeait au tout début forcément elle en mettait partout c'est un bébé elle peut pas manger correctement avec sa cuillère donc elle y va avec la main puis ça tombe par terre et ça ça le mettait hors de lui et du coup il lui criait dessus pour qu'elle apprenne à bien manger utilise ta fourchette, utilise ta cuillère etc sauf que c'est trop difficile donc on en a parlé et puis j'ai dit écoute on peut essayer de trouver une entente, un mi-chemin pour ok qu'on essaye d'apprendre à Charline à faire un peu plus comme toi tu voudrais mais en le faisant de façon un peu plus bienveillante Donc, il y a des moments où juste je lui disais, bon, écoute, je gère, va-t'en, ne sois pas là quand elle mange. Et puis, il y a des moments où je lui disais, voilà, tu vois, on pourrait faire comme ça. Après, moi, je pense que c'est de la communication et c'est de travailler ensemble et pas l'un contre l'autre. Ne pas vouloir imposer sa vision.
- Speaker #0
Ok. Ah ouais, c'est hyper intéressant ce que tu dis. Après, il y a quand même une partie de moi qui se dit un peu de charge mentale supplémentaire pour nous. Malheureusement, oui.
- Speaker #1
Malheureusement. Et c'est dur parce que voilà, on est déjà essoufflés. Maintenant pour moi, il y a des charges mentales que je vais laisser et celle-ci est importante parce qu'elle concerne ma fille et donc c'est un vrai travail. Après, il ne faut pas se dire que c'est quelque chose qu'on va changer du jour au lendemain chez la personne en face. La personne en face, elle a son éducation. Forcément, c'est difficile aussi de venir tout balayer. Donc il faut accepter aussi que ça va être sur le long terme. C'est pour ça que je pense qu'il faut faire... Des discussions le soir, posées calmement pour essayer de se comprendre, partager. Et peut-être que papa aura aussi à des moments envie de dire « Ok, j'ai vu, maman, elle a fait ça comme la dernière fois. Et c'est vrai que ma petite, elle s'est calmée vite. Bah tiens, j'ai envie de reproduire aussi ce que j'ai vu parce que c'est plus doux. » Donc voilà, je pense qu'il faut aussi aller calmement, patiemment, montrer l'exemple pour que papa se dise « Ah, bah en fait, ça fonctionne aussi. » Et discuter beaucoup.
- Speaker #0
Ça, je te rejoins. Moi, j'ai l'impression que ça passe beaucoup par ça en fait. Que finalement, il me voit faire différemment. Moi, ça a démarré comme ça. Je voyais d'autres personnes faire différemment et ça m'a inspirée. Et c'est une manière d'intégrer des nouvelles choses d'une manière plus douce que...
- Speaker #1
Et ça rassure parce qu'en fait, papa se dit « Ah ok, elle a réussi à calmer la crise en deux secondes » alors que moi, j'aurais crié et là, ça s'est calmé. Et au final, papa se dit « Bon, en fait, oui, je peux essayer parce que finalement, ça me rassure. On arrive à quelque chose qui est très correct. Elle a été polie ici. » Donc, ça rassure beaucoup.
- Speaker #0
Ok, et comment t'arrives, on en revient un peu au tout début, comment t'arrives à garder le cap en tant que thérapeute, avec ces critiques que tu peux avoir, enfin, future thérapeute et créatrice de contenu, avec ces critiques que tu peux avoir ? Je ne sais pas si tu disais que tu avais grandi dans une famille bienveillante, mais néanmoins, j'imagine, voilà, je ne sais pas exactement comment tu fais toi. Donc, peut-être que tu as des remarques de ta famille. Comment tu fais pour rester alignée avec tes choix, que ce soit sur Insta ou que ce soit… peut-être dans ton entourage, on peut venir un peu te bousculer.
- Speaker #1
Me bousculer, parce que je suis tellement convaincue que ce que je suis en train de donner à ma fille, c'est un cadeau. Et il y aura des choses que je louperai sans doute. Et elle me dira, ça, maman, tu l'as mal fait. On ne peut pas tout faire bien. Mais par contre, je suis convaincue que je vais laisser quelque chose qui va beaucoup l'aider pour plus tard. Et en fait, du coup, je n'ai aucun doute sur le bien. En fait, je me dis, à partir du moment où on met de la bienveillance, on ne peut pas rater. C'est terrible de se dire que Il faudrait être méchant, dur, autoritaire pour arriver à quelque chose. Mais la bienveillance, le mot même est bienveillant. Donc, en fait, je suis tellement convaincue que la bienveillance de considérer son enfant comme un être humain qui a des droits, qui est à égalité avec moi, au même niveau, pour moi, ça ne peut pas être quelque chose qui sera négatif. Donc, je suis tellement convaincue que ça que... Alors déjà, les commentaires sur les réseaux sociaux me passent, mais à une allure, mais alors très, très vite. Ça, c'est vraiment... Je n'en ai aucun... Je ne lis presque même pas ces messages. Et quand c'est ma famille, déjà, on ne va pas se mentir, plus ou moins rare, parce que voilà, mais ça m'arrive parfois, voilà qui fait... Mais je suis tellement dans mes convictions et droite dans mes bottes que du coup, ça ne me fait pas mais sourciller d'un seul pouce. Après, je reste ouverte. Voilà, parce que je pense que c'est aussi important de rester ouverte, d'entendre aussi parfois ce que les autres ont à dire et de me dire, oui, c'est vrai que là, il y a une part où elle peut avoir raison. Je peux ajuster un peu. les choses, c'est d'être ouvert aussi à ce que disent les autres en face, parce que parfois, ma mère, elle veut aussi le bonheur de Charline, et donc j'écoute, ça me parle, ça ne me parle pas, peut-être que parfois elle va me dire, B, et moi en fait je vais être à mi-chemin, je vais me dire oui, mais en fait je peux faire comme ça, c'est vrai, elle a raison, mais c'est comme ça aussi, quand on est parent, pour la première, deuxième ou dixième fois, on apprend continuellement, et ce que je dis aujourd'hui, peut-être que dans deux, trois ans, il y aura des choses sur lesquelles j'aurai évolué aussi, et je dirai un peu différemment.
- Speaker #0
Et alors, dernière question, si ta fille écoute cet épisode dans 20 ans, qu'est-ce que tu aimerais qu'elle comprenne de ta manière de l'élever ?
- Speaker #1
J'adore cette question, elle est géniale. Et je me suis vraiment posé la question et je me suis dit, mais qu'est-ce que je... En fait, moi, c'est rigolo parce que j'en ai parlé la semaine dernière avec mon copain et on se disait, pour toi, comment tu sais que tu auras réussi à être un bon parent, tu vois ? Et je lui disais, moi, ben en fait, je crois que c'est de me dire que même si elle fait la plus grosse bêtise du monde à n'importe quel âge, elles se disent « Ok, il faut que j'appelle maman. » Et qu'elle se dise, « Peut-être que je vais prendre un petit savon, parce que maman, je vais lui annoncer la bêtise, elle va me dire « t'abuses et tout. » Mais qu'elle n'ait jamais peur de venir me dire quoi que ce soit, et qu'elle sache que je l'aimerais toujours autant, et que je l'aiderais du mieux que je peux, et que je serais toujours soutenante pour elle. Et mon objectif dans l'éducation que je viens d'avoir aujourd'hui, c'est de faire en sorte qu'elle ait le meilleur équilibre. Qu'elle sache dire oui quand elle ressent le besoin, qu'elle sache dire non quand elle reçoit le besoin. qu'elle sache aider, mais qu'elle sache aussi demander de l'aide quand elle ressent le besoin, qu'en fait, elle soit en paix et qu'elle n'ait pas des petits démons sur le côté qui la rongent et qu'elle soit le plus en paix possible. Mais qu'elle se sente soutenue et aimée. J'espère en tout cas que ce sera ce qu'elle se dira quand elle écoutera cet épisode. Elle se dira « oui, maman, t'inquiète, tout est là, tout est bon » .
- Speaker #0
Ah, j'adore. Merci beaucoup. Avant de se quitter, je vous dis… Tu peux nous parler peut-être de ton actualité. C'est une vidéo par jour sur Insta, il me semble.
- Speaker #1
Voilà, sur Insta et sur TikTok. Donc voilà, je partage tous les jours. J'essaye en tout cas tous les jours de partager une vidéo, souvent par rapport à des questions qui m'ont été posées dans les commentaires ou en DM. Et puis là, petit à petit, je vais commencer à me lancer. Donc moi, je te le dis en exclu ici, mais je vais bientôt lancer aussi un e-book pour aider justement les parents. Donc peut-être... envoyer le e-book à papa pour qu'il puisse lire et comprendre un peu mieux le cerveau de l'enfant et aider dans tout ça. Et puis après, d'ici septembre, des accompagnements pour aider les papas et les mamans dans ce merveilleux rôle qui n'est pas facile tous les jours.
- Speaker #0
Ok, trop bien. On a hâte de suivre la suite de tes aventures. Merci. A bientôt.
- Speaker #1
A bientôt.
- Speaker #0
C'est déjà la fin de cet épisode. J'espère qu'il t'a plu et surtout qu'il t'a donné envie de réveiller un petit grain de réveillon en toi et de révéler celui de ta fille. Si tu penses qu'il pourrait inspirer une autre maman autour de toi, partage-le lui. Et si tu veux me donner un coup de pouce pour faire grandir cette démarche, tu peux laisser 5 étoiles et un petit mot doux. Ça compte énormément. A très vite !