- Speaker #0
Si on fait comprendre à notre enfant que tout le monde est dangereux et que le monde entier est un endroit dangereux, il peut créer un climat de menaces diffus chez l'enfant. Ça peut donner des enfants qui vont devenir anxieux, ça peut donner des enfants qui vont avoir des difficultés à faire confiance à l'adulte. Et comme tu disais avant, justement, le propre de tout, c'est de dire à l'enfant qu'il peut avoir confiance en nous, en tout cas son parent, son père, sa mère. pour éventuellement dire s'il s'est passé quelque chose. Donc on ne peut pas en même temps leur faire comprendre qu'ils doivent nous faire confiance, ils peuvent nous faire confiance pour certaines choses, mais en même temps que tout le monde peut être en danger.
- Speaker #1
Hello et bienvenue dans Passage, le podcast qui libère les filles et leur maman. Moi c'est Alexandra, maman de Rose, une petite tornade de presque deux ans et demi. à l'énergie débordante et au caractère bien trempé. Et tu sais quoi ? Même si ce n'est pas toujours de tout repos, savoir sortir ses épines, c'est vraiment tout ce que je lui souhaite. Alors j'ai créé ce podcast pour moi et pour toutes les mamans qui veulent élever leur fille autrement. Pas sage, pas modèle, pas gentille à tout prix, mais confiante, libre d'être elle-même et bien dans leur basket. Des petites filles qui savent et sauront plus tard dire non, poser leurs limites, s'aimer telles qu'elles sont, qui n'auront pas peur d'essayer d'échouer et qui sauront se faire reconnaître à leur juste valeur. Alors ici, on va démonter les injonctions, les stéréotypes et tous ces vieux réflexes qu'on pensait normaux. Tu sais, les fameux « t'es pas belle quand tu fais la tête » . On va parler d'estime de soi, de confiance, de rapport au corps, aux émotions. On va parler de nos filles, mais aussi de nous. Parce qu'éduquer autrement, ça commence souvent par se libérer soi-même. Alors au fil des épisodes, je te partagerai des réflexions incarnées, des clés concrètes et des voix d'experts. Et surtout, une grande dose de soutien et de déculpabilisation. Parce que nous aussi, on mérite mieux qu'être sages. Alors ? Prête à bousculer les règles ? Hello Déborah !
- Speaker #0
Salut !
- Speaker #1
Bienvenue sur le podcast Passage.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Alors, je vais te laisser te présenter évidemment dans un instant, mais j'inaugure un format un peu nouveau avec toi, et je te remercie de me laisser cette opportunité. Donc ça va être un format un peu plus FAQ, réponse à des questions. de ma communauté avec une experte. Et en l'occurrence, toi, tu es psychologue, mais tu vas te présenter encore une fois dans quelques instants. En fait, on a échangé un petit peu sur Insta. Tu es venue me voir, ça fait depuis quelques semaines, depuis quelques mois que tu me suis. Tu viens me voir, tu viens me donner un peu tes opinions par rapport à ce que je partage. Mais c'est vrai que la semaine dernière a été intense parce que j'ai enregistré un podcast avec Anne-Laure Bourgeois sur la prévention des violences sexuelles. et ce qui t'a amené à venir un petit peu j'ai aussi publié un post qui a fait pas mal réagir et ce qui a initié une conversation entre nous et on s'est dit que ce serait bien que tu viennes partager aussi ton point de vue là-dessus et en même temps répondre à certaines questions alors je vais les énoncer avant de te laisser te présenter pour que nos auditrices sachent un peu de quoi on va parler aujourd'hui mais on va revenir un peu sur cet équilibre qui est un petit peu difficile à trouver entre avoir une vie vilancène donc par rapport aux violences sexuelles aux risques de violences sexuelles que pourraient rencontrer nos enfants et nos filles en particulier, et une hypervigilance qui pourrait être malsaine. J'ai aussi reçu une question qui est la suivante. En tant que personne agressée, enfant, dans le cercle familial, ma thérapeute et mon amie m'ont dit de faire attention à ce que ça ne prenne pas trop de place pour ne pas lui transmettre de stress. Et elle me demandait si elle trouvait ça peut-être important de se faire accompagner sur les questions transgénérationnelles. Une autre question que j'ai eue, c'est en fait, c'est plus une remarque, c'est une abonnée qui nous a avoir peur de flancher si sa fille lui annonce quelque chose de trop dur à entendre et que du coup, en plus, la petite veuille à partir de là, protéger sa maman et peut-être ne plus rien lui dire. Donc, comment réagir dans ces moments-là ? Et enfin, la dernière question à laquelle j'ai été invitée à répondre, c'est quand un enfant a eu un comportement déplacé, ce qui est le cas d'une de mes abonnées, De mémoire, il a demandé à… C'était un garçon pour le coup, mais il a demandé à un autre garçon de lui toucher le pénis. Il avait 5 ou 6 ans, je crois. Et du coup, désormais, quand elle lui parle de ces sujets-là, parce qu'elle était déjà dans cette approche de l'éduquer au consentement, malgré tout, il a eu ce geste, mais elle était déjà dans cette démarche-là, elle continue à être dans cette démarche-là. Mais c'est vrai que quand elle essaye de l'éduquer sur ces sujets-là, elle a toujours peur de lui... de lui rappeler ce qui s'est passé et qu'il se sente de nouveau coupable. Voilà, donc on va parler de tout ça. Est-ce que d'abord, dans un premier temps, tu viens te présenter et nous dire finalement qu'est-ce que tu fais là en fait ?
- Speaker #0
Déjà, merci beaucoup pour l'invitation, ça me fait vraiment plaisir d'être à ton micro aujourd'hui puisque voilà, comme tu l'as dit, je suis activement et ta page Instagram et ton podcast. Donc ça me fait un peu bizarre de t'avoir en face de moi là tout de suite, enfin en face de l'écran. Donc moi je suis Déborah, je suis psychologue clinicienne, j'ai travaillé en Belgique, en Espagne et en Angleterre, donc actuellement je vis à Londres. J'ai été directrice d'un centre à Londres, parce que j'ai commencé à travailler à Londres, et j'ai été directrice d'un centre qui accompagnait, qui diagnostiquait les enfants et les adultes au potentiel. Donc j'ai été directrice d'un centre pendant quelques années. Puis après, j'en suis partie. Je suis partie en Espagne. J'ai travaillé dans un centre toujours francophone. À chaque fois, je travaillais en français. J'ai aussi travaillé dans un centre pluridisciplinaire en Espagne. Et là, maintenant, je suis rentrée à Londres. Et je travaille à mon compte toute seule.
- Speaker #1
Et tu es maman aussi ?
- Speaker #0
Je suis maman, oui, effectivement. Je suis maman de deux enfants. Un grand de deux ans et trois mois. Et une petite de bientôt dix mois.
- Speaker #1
Alors, grand, ça, tout le monde ne sera pas d'accord avec toi. Deux ans ?
- Speaker #0
Je dis mon grand parce que c'est le premier, c'est l'aîné, mais effectivement, j'ai encore tout petit.
- Speaker #1
Ok, très bien. Alors, je vais juste refaire un petit, donner un peu le contexte. La semaine dernière, comme je le disais, j'ai publié un podcast intitulé « Violence sexuelle protégée sans peur » . Donc, on voulait… En fait, j'ai invité Anne-Laure Bourgeois qui, en fait, notamment écrit le livre « Parents informés, enfants protégés » . Donc, elle est spécialiste un peu sur la prévention des violences sexuelles. Et je l'ai invitée à répondre à une question. déjà qu'une abonnée m'avait posé, qui était comment protéger nos filles sans leur transmettre la peur des hommes et du monde. Parce que je pense qu'une des choses sur lesquelles, c'est sûr, on va se rejoindre aujourd'hui, c'est qu'on n'a pas envie de protéger nos enfants, mais on n'a pas envie pour autant qu'ils vivent dans la peur, soit parce qu'on va leur transmettre directement, justement, attention, le monde et les hommes sont dangereux, tu sais, soit indirectement, on ne va peut-être pas leur dire les choses explicitement, mais on va tellement être dans une forme de psychose nous-mêmes que ça va quand même les impacter.
- Speaker #0
Comme tu disais avant, c'est justement le transgénérationnel ça.
- Speaker #1
Ouais, ça on va en reparler, ça m'intéresse beaucoup aussi. Je pense qu'on a donné un premier élément de réponse dans cet épisode avec Anne-Laure en disant que peut-être l'idée c'est pas tant de les encourager à être méchants, quoique, on va peut-être en reparler, parce qu'il faut pas quand même trop... Voilà, moi comme je te disais, il y a des fois dans ma vie j'ai pas été assez méchiante, je crois, et ça m'a amenée dans certaines guerres. Mais en tout cas l'idée là du podcast c'était de dire ok, on va peut-être pas les encourager à être méchants, mais plutôt leur donner confiance, leur donner confiance. dans leur corps et dans leur esprit critique pour qu'ils puissent reconnaître et légitimer des signaux que leur corps pourrait leur envoyer ou justement leur tête face à des comportements anormaux, mais parce qu'on les aurait préalablement un peu éduqués sur ces sujets-là, donc c'est quoi des comportements anormaux, c'est quoi les parties intimes, qu'on n'a pas le droit de les toucher, etc. Donc leur enseigner un peu les bases du consentement et de l'intimité et leur donner confiance aussi en nous, c'est-à-dire qu'ils voient en nous des adultes de confiance vers qui ils peuvent... se tourner, se confier, même s'ils ont l'impression qu'ils ont fait une bêtise et c'est peut-être cette bêtise qui les a emmenés face à un adulte avec des comportements anormaux, mais voilà, qu'ils se sentent qu'ils ont confiance en nous pour venir nous voir et nous parler de tout ça. Et du coup, on conclut un peu le podcast en disant que finalement, c'était une manière positive de voir la prévention du violence sexuelle, positive pour nos enfants, parce qu'à travers toute cette éducation, au consentement, à l'intimité, on leur montre que leur corps leur appartient, qu'il est précieux, qu'ils ont le droit de dire non. Donc, plein de ressources qui vont leur être utiles en plus toute la vie. Et pour nous, parce que moi, ce que je disais, c'est que du coup, ça me donne beaucoup plus envie tout de suite d'aller lire des livres à ma fille, lui parler de ces sujets-là, parce que je sais que je ne vais pas le faire sous l'angle de la peur. En tout cas, ma motivation ne sera pas tant la peur que l'envie de lui transmettre toutes ses compétences. Donc, j'ai l'impression qu'on a commencé à répondre un peu à la question, mais en parallèle, on a quand même partagé dans ce podcast des statistiques, notamment le fait, de plus en plus de monde le savent, mais je le redis quand même ici, que la majorité des agresseurs sexuels font partie de l'entourage proche. Donc, ça, ça peut faire un petit peu peur quand même, qu'il n'y a pas que des hommes qui sont coupables d'agression sexuelle, mais il y a aussi des femmes, il y a aussi des mineurs. d'ailleurs je reviens sur la statistique qui est un peu étonnante mais certaines études montraient que sur les mineurs de moins de 12 ans les femmes représentaient jusqu'à peut-être 20% des agresseurs sexuels donc j'ai partagé ça, j'ai aussi partagé un post sur lequel je disais que du coup moi je préfère considérer tous mes proches comme des potentiels agresseurs sexuels Y compris mon conjoint qui n'a pas lu ce poste. Et il y a eu beaucoup de commentaires dans ce sens, notamment des personnes qui avaient vécu des agressions sexuelles dans leur enfance. D'ailleurs, j'en profite aussi pour dire que ce n'est pas mon cas, parce que moi, je partageais que l'un de mes proches avait eu un comportement déplacé, mais c'était une fois adulte. Et je sais qu'il y en a qui ont compris que c'était enfant, mais non. Mais en tout cas, voilà, des personnes qui ont vécu ces agressions sexuelles en enfant ou des personnes qui travaillent au contact. d'agresseurs sexuels, soit en tant que psychologue, soit une abonnée me disait que c'est son mari qui est pénaliste et donc il voit tous les jours des situations comme ça. Ou même pas, des gens qui sont juste conscientes de sous ces chiffres. Et donc, il y en avait beaucoup de commentaires qui abondaient dans mon sens, en mode, moi, je ne fais confiance à personne. Cette abonnée me disait justement que le jour où sa fille est rentrée à la crèche et qu'elle a vu qu'il y avait un homme qui était réculteur, du coup, je pense qu'on me dit... Elle a dit à la directrice, « Moi, je ne veux pas que ma fille soit jamais toute seule avec lui. » Et c'est là où tu es venue me voir en me disant, « Ah, attention ! » Il faut peut-être faire attention à ne pas tomber dans un extrême inverse. C'est-à-dire que notre génération d'avant, elle n'était peut-être pas assez méchiante, mais nous, on est peut-être en train de développer une psychose qui ne serait peut-être finalement pas si saine que ça. Donc, première question à laquelle je voulais t'inviter à répondre, c'est ça, justement. Est-ce que tu trouves que là, on risque peut-être de basculer dans quelque chose de trop méchant, de trop anxieux ? Est-ce que tu peux expliquer pourquoi, quelles conséquences ça peut avoir ? Et après, l'idée, ce sera peut-être de voir comment on peut trouver un juste équilibre du coup.
- Speaker #0
Après, moi, je comprends justement complètement cette position un peu extrême de « on fait confiance à personne, on est vigilant sur tout et tout le monde, et tout le monde peut être un potentiel agresseur » , parce que historiquement, on a été quand même dans un déni, dans un déni massif. déjà des agressions sur mineurs, des agressions sur enfants, des agressions sexuelles sur enfants, et en plus de ça, sur le fait que ça puisse faire partie de la sphère familiale ou en tout cas de la sphère de l'environnement proche de l'enfant. Comme historiquement, on a été dans un déni vraiment extrême et massif, c'est normal que pour arriver à un équilibre, on soit obligé de basculer dans une survigilance. C'est quelque chose qui... qui se remarquent en plein de domaines. Ce n'est pas uniquement à ce niveau-là. Mais maintenant, le problème, ça ne va pas tant être de la vigilance, mais ça va plus être la généralisation du danger. Si on fait comprendre à notre enfant que tout le monde est dangereux et que le monde entier est un endroit dangereux, il peut créer un climat de menaces diffus chez l'enfant. Ça peut donner des enfants qui vont devenir anxieux. Ça peut donner des enfants qui vont avoir des difficultés à faire confiance à l'adulte. Et comme tu disais avant, justement, le propre de tout, c'est de dire à l'enfant qu'il peut avoir confiance en nous, en tout cas son parent, son père, sa mère, pour éventuellement dire s'il s'est passé quelque chose. Donc on ne peut pas en même temps leur faire comprendre qu'ils doivent nous faire confiance, ils peuvent nous faire confiance pour certaines choses, mais en même temps que tout le monde peut être en danger. Donc il faut quand même réussir à trouver ce juste milieu. il y a des signes dont il faut être vigilant, mais on ne part pas du postulat que le monde est menaçant. Et ça peut donner justement des enfants qui vont être plus tard des adultes, en hypervigilance émotionnelle, qui vont avoir du mal à faire confiance en les autres, en ses pères, qui vont avoir du mal à s'engager dans une relation amicale, dans une relation amoureuse, dans une relation professionnelle. Bref, la confiance, après, elle est diffusée, elle est diffuse. et elle peut être dans toutes les sphères sociales donc l'idée c'est vraiment de ne pas donner à l'enfant de ne pas donner l'information qu'il faut être méfiant de tout il y a des signes dont nous adultes on doit faire attention mais c'est pas une responsabilité que l'enfant doit porter ouais mais alors du coup
- Speaker #1
J'ai l'impression qu'on se rejoint quand même sur ce qu'on a dit dans le podcast, c'est-à-dire leur apprendre qu'il y a des comportements anormaux, sans jamais dire tu dois te méfier de tous les hommes, tu dois te méfier, c'est ça ? Oui,
- Speaker #0
absolument. Mais quand on dit moi je ne fais même pas confiance à mon conjoint parce qu'il peut être un agresseur potentiel, alors je ne dis pas qu'il faut être dans le déni complet et qu'effectivement aucun père n'est un agresseur, ce qui n'est malheureusement pas le cas. mais il faut quand même pouvoir laisser dans le foyer une sécurité psychique il faut quand même que l'enfant puisse avoir confiance en son père qu'entre conjoints on peut avoir confiance aussi sur l'éducation qu'on va donner à notre enfant et Parce qu'en fait, concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ne pas avoir confiance en son conjoint ? Est-ce que ça veut dire interdire à son conjoint de faire certaines choses avec notre enfant ? Du coup, c'est extrêmement bizarre, j'ai envie de dire. Ah bah non, tu ne peux pas lui changer la couche. Ah bah non, tu ne peux pas être seule avec elle. C'est vraiment, c'est un non-sens total. Soit c'est juste, on est dans l'hyper-vigilance, à chaque fois qu'il se passe quelque chose, on le lit avec nos lunettes de... Il peut se passer quelque chose. Et dans ce cas-là, c'est la relation de couple qui empathie forcément. Et en plus de ça, l'enfant va le sentir. Que quand je suis avec papa, maman, elle n'est pas très confortable. À chaque fois, elle me dit non, mais c'est bon, viens, on va faire quelque chose toutes les deux. Il y a quelque chose qui se passe que l'enfant va tout à fait ressentir. Ou alors, on ne fait absolument rien. On reste quand même dans... dans quelque chose de très sain, on va dire. Mais nous-mêmes, on se rajoute cette charge mentale et cette culpabilité de, s'il se passe quelque chose, c'est parce que je ne l'aurais pas vu, parce qu'en plus, j'avais senti que mon conjoint pouvait être ou j'aurais dû sentir que mon conjoint devait être, etc. Donc, pour moi, ça ne fait pas vraiment sens de ne pas partir du postulat de faire confiance à son conjoint, tout en étant...
- Speaker #1
vigilante quand même sur certaines choses qui sont évidemment à prendre en compte ouais je pense que c'est ça en fait moi la manière dont je le vois c'est que j'ai confiance en lui mais je préfère juste me dire, je sais pas si c'est exactement ça mais on va trouver ensemble la solution juste me dire peut-être que je me trompe en fait, peut-être que je me trompe mais je me le dis pas tous les jours, c'est pas en mode je veux surtout pas ce que tu as dit et je l'empêche je l'empêche pas de faire quoi que ce soit etc. mais c'est plus de me dire ok peut-être que je me trompe et je préfère me dire Il y a peut-être cette possibilité pour que si un jour, pas pour être là en hypervigilance et regarder tout ce qu'il fait, mais plus pour que si un jour, il y a des signes qui viennent dans ce sens-là, je puisse les voir en fait. Peut-être que je ne les verrai pas quand même, mais que je ne sois pas dans un espèce de... Peut-être que je ne les verrai pas parce que je serai partie justement du principe que jamais de la vie ne lui ferait quelque chose. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Tu vois, j'ai presque envie de dire que c'est la même chose sur nous-mêmes. Parce que... On peut très facilement, quand on est maman, glisser dans un non-consentement envers l'enfant, le forcer à lui faire un câlin, des bisous. Moi, quand mon fils me dit qu'il ne veut pas de bisous, j'ai qu'une envie, c'est de lui faire des bisous. Donc, c'est très dur pour moi de me dire, « Ok, respecte-le, ne lui fais pas de bisous. » Alors que tu n'as qu'une envie, c'est de l'écrabouiller de bisous. Donc, il faut être vigilant aussi sur soi. En accord entre ce qu'on inculque à l'enfant et effectivement ce que le parent référent, alors la maman ou le papa, peut faire envers l'enfant. Donc, il y a une espèce de vigilance de fond qui est nécessaire, mais du coup, pas une suspicion installée dès le départ qui va transformer la relation entre le parent et l'enfant.
- Speaker #1
Oui, ok, donc on va retenir ça. Une vigilance de fond et pas une suspicion. Mais toi, concrètement, clairement, moi, ce que je comprends de ce que tu dis, c'est d'être dans le concret pour les gens. Donc, évidemment, jamais dire devant notre enfant, je ne sais pas, que ton papa pourrait aussi. Évidemment, c'est des choses comme ça, tu vois. Est-ce que tu vois,
- Speaker #0
par exemple, dans ton réel, je crois, tu montrais la vidéo que tu avais envoyée à tes proches par rapport à Rose, qui nommait les parties vitales, etc. Tu vois, ça, c'est quelque chose que je trouve très bien, d'envoyer de manière très casual, tu vois, très comme ça, au cas où. Mais évidemment, on ne peut pas le faire devant le parent, enfin, devant l'autre parent, devant le coparent, puisque le coparent est censé normalement prendre part aussi à ce type d'action. On ne peut pas… Je trouverais ça bizarre de lui envoyer une vidéo comme ça. « Oh, regarde, j'ai appris à notre fille à nommer les parties génitales, puisque normalement… »
- Speaker #1
Ah oui, il est déjà dans cette démarche. Donc, c'est ça. Oui, effectivement. Oui, donc tu es en train de montrer qu'il y a quand même une différence déjà entre les proches et lui, quelque part. Et juste pour... pour préciser effectivement, donc quand j'ai envoyé cette vidéo à ma famille, c'était pas en mode, et potentiel agresseur, oui parce qu'au fait, je vous le disais, je suis un potentiel agresseur, donc regardez, ma fille elle est bien au courant que vous n'avez pas le droit de faire ça et ça et ça, non, c'était plus en mode, j'ai mis une petite légende et j'ai fait masterclass, masterclass sur le consentement par Rose Gilles, et je pense que j'aurais même pu l'envoyer sans, d'ailleurs à l'époque, je ne sais même pas si j'avais cette idée-là, de les considérer comme potentiel agresseur, ça m'est venu peut-être un peu plus tard, mais c'était déjà parce que j'en étais fière, tu vois, j'étais fière de ça, et que... on leur avait déjà demandé d'essayer de contribuer à cette éducation-là puisque c'est des personnes de confiance pour elles, c'est des personnes qu'elles aiment. Et donc, à Noël, avant les vacances de famille, on leur avait déjà dit qu'on l'éduquait là-dessus. Donc, du coup, on ne la forçait pas à faire des bisous, etc. Donc, ça rentrait un peu dans cette démarche. Mais en tout cas, voilà, c'est... C'est vrai que c'est quand même une manière pour moi. Maintenant, je me dis que c'est quand même une manière de leur faire prendre conscience que la fille, elle est au courant, mais sans y aller frontalement, tu vois, avec une petite manière un peu légère de le faire. Ok. Et oui, juste peut-être pour continuer sur cette idée du conjoint, toi, tu me disais aussi que finalement, ce que tu préconises, c'est que c'est... avant de se mettre avec quelqu'un qu'il faut s'assurer, mais est-ce que c'est même possible ? On ne peut pas s'assurer, mais en tout cas s'assurer du fait qu'on va avoir confiance en lui, c'est ça peut-être plutôt.
- Speaker #0
C'est ça, alors évidemment on ne peut pas s'assurer, parce que si on pouvait le faire, on peut s'assurer d'auri, de se mettre en couple avec quelqu'un, mais il y a des conversations à avoir, alors pas que sur ça, mais surtout lorsqu'on se met en couple avec quelqu'un et qu'on considère avoir un enfant avec cette personne. Il y a des conversations à avoir sur comment est-ce qu'on éduque l'enfant, est-ce que les violences ordinaires, est-ce que je déteste violences éducatives, ce mot atroce, est-ce que c'est quelque chose qu'on considère dans l'éducation, est-ce qu'on veut les mettre à la crèche, il y a plein de choses sur lesquelles on peut discuter avant d'avoir un enfant, et puis je pense qu'aussi en fonction des réponses, en fonction de la conversation qu'on va avoir, du chemin que prend la conversation, on peut aussi se rendre compte si le bien-être de l'enfant est vraiment pris en compte, si cette personne considère l'enfant un peu comme un objet d'éducation ou comme un... On verra quand il aura 10 ans, il sera plus intéressant. Il y a des gens comme ça, c'est quand il est ado qu'on commence à s'y intéresser. Donc, avec ces conversations-là, on peut déjà avoir une idée de... la couleur de l'éducation que l'autre va donner à notre enfant. Évidemment qu'on ne peut pas poser la question. Et sinon, au niveau des violences sexuelles, qu'est-ce que tu en penses ? On aura très peu de réponses, je pense, ou en tout cas très peu de réponses différentes. Mais il y a des choses sur lesquelles on peut faire attention, on peut être vigilant avant d'avoir l'an. La vigilance, elle doit être là un peu tout le temps.
- Speaker #1
Et tu vois, c'est cette maman qui, elle, elle était donc psychologue clinicienne et au contact d'agresseurs, son mari et pénalité, etc. Qui a eu cette réaction à la crèche de dire à la directrice plutôt, moi, je ne veux pas que ma fille soit... Toi, qu'est-ce que tu en penses, toi, de ça ?
- Speaker #0
Alors, j'en pense que j'ai eu un peu le même réflexe au tout début. C'est-à-dire qu'à la crèche de mes deux enfants, mais du coup, c'est mon fils qui est en contact avec lui. il y a un jeune homme, et c'est vrai que ma première réaction était de me dire, bizarre, un homme. Et en fait, je comprends cette maman, et elle a le droit de demander ça. Mais je ne sais pas si ta question, c'est est-ce qu'on doit interdire aux hommes l'accès au crèche ?
- Speaker #1
Ça c'est un autre débat encore, mais quand ils sont là, comment on fait ?
- Speaker #0
Quand ils sont là, effectivement, si on n'est pas à l'aise avec le fait que notre enfant soit en relation proche avec cette personne, avec cet homme, on peut effectivement le dire et expliquer pourquoi. Et alors après, cette dame, elle a vraiment un biais. C'est-à-dire que non seulement elle travaille là-dedans, mais son mari aussi. Pareil, psychologue clinicienne, je ne sais pas si elle travaille auprès d'enfants ou auprès d'enfants qui ont été victimes, mais en tout cas, son mari, oui. Donc, évidemment que quand on entend tous les jours des histoires d'enfants qui ont été abusés, d'enfants qui ont été abusés à l'école maternelle, à la piège ou dans d'autres endroits collectifs, évidemment qu'on a peur de ça. Donc, sa demande est légitime. J'espère qu'elle a été entendue, que la direction l'a entendue.
- Speaker #1
Je crois bien, oui.
- Speaker #0
Après, voilà, encore une fois, ne pas trop basculer non plus dans une...
- Speaker #1
En fait, ce qui me vient là, c'est que si l'idée, c'est de ne pas être... trop stresser nous-mêmes par rapport à ça et de le transmettre en plus plus ou moins consciemment à notre enfant, bon bah si il se trouve que là, cette situation elle me stresse trop, il vaut peut-être mieux que j'agisse, même si ça va un peu dans un sens de psychose, tu vois, mais qu'au final, tous les jours quand je vais à la crèche, je suis rassurée et donc je ne suis plus dans cet état de stress et je ne le transmets pas à ma fille, plutôt que de me dire c'est peut-être un petit peu abusé, voilà et que finalement tous les jours je sois stressée tu vois, c'est peut-être Merci. en fonction du petit coin, finalement.
- Speaker #0
Complètement. Après, moi, je me pose la question de comment est-ce que... Donc, c'était une crèche, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je me demande comment la crèche l'a gérée, ça.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce que si... Si cet homme en question est toujours hyper stressé de chaque geste qu'il a envers cette fille, que pour X raisons, à un moment donné, il s'est effectivement retrouvé seul dans une pièce ou avec la petite fille et qu'il y a eu une espèce de branle-bas de combat dans la crèche, attention, attention, il ne faut surtout pas qu'il soit seul avec elle, parce que sinon, s'il y a justement une survigilance, encore une fois, une surméfiance au sein de la crèche pour absolument respecter la demande de la maman, il se peut aussi que ça crée chez l'enfant. Mais en fait, waouh ! À chaque fois que je suis avec un ami, c'est grave.
- Speaker #1
Je vois ce que tu veux dire.
- Speaker #0
Je suis chez l'enfant, quelque chose qui n'était pas là au départ.
- Speaker #1
En fait, ce qui me fait dire maintenant que ce sont de toute façon des solutions, on va dire, un peu temporaires. Idéalement, il faudrait qu'on soit tous rassurés parce qu'à un niveau peut-être plus politique, il y a plus de contrôle. C'est ça,
- Speaker #0
justement, que je trouve intéressant. que l'espèce d'étape de survigile... Enfin, le fait qu'on en parle beaucoup, beaucoup, en ce moment, ça fait aussi bouger politiquement les choses. Et c'est ça qui est bien. C'est-à-dire qu'on porte de manière individuelle... Enfin, on est en train de porter de manière individuelle une responsabilité qui est trop lourde pour nous, individuellement.
- Speaker #1
C'est ça, ouais.
- Speaker #0
Et ça commence à être pris en compte de manière collective et de manière plus gouvernementale, avec des associations qui ont plus de subventions, avec... C'est quoi déjà ? La commission contre l'inceste et les violences sexuelles à l'égard des enfants ? Quelque chose comme ça, qui a recensé 30 000 plaintes. Ça, c'est des choses qui ne seraient pas arrivées. Et puis, on a eu aussi l'hashtag MeToo inceste. Donc, c'est des choses qui commencent à décoller, on commence à faire entendre certaines voix, pas toutes, mais en tout cas certaines. Ça commence à prendre de l'ampleur au niveau politique. et c'est grâce justement comme je disais tout à l'heure au tout début à ce basculement on est passé du gros déni massif à quelque chose dont on parle beaucoup beaucoup sur lequel on est très vigilant et donc du coup ça fait bouger aussi les lignes politiquement ça commence seulement à faire bouger les lignes politiquement ok
- Speaker #1
ouais parce que c'est ce que tu disais aussi en off c'est qu'on réclame pas plus de contrôle de prévention de moyens de protection quand on pense que ça arrive qu'aux autres Merci. Le fait de penser que ça puisse nous arriver, c'est là où on commence aussi un peu à nous-mêmes à essayer de...
- Speaker #0
Et le fait de se dire que ce n'est pas quelque chose d'extraordinaire, ce n'est pas quelque chose de rare. Si on sait que ce n'est pas rare, que ça arrive à beaucoup, beaucoup, beaucoup d'enfants, dans beaucoup, beaucoup de familles, alors effectivement, il y a des lois qui doivent être créées, il y a une jurisprudence qui bouge, il y a des choses qui sont mises en place. Et encore une fois, des financements aussi qui sont mis en place. Si on s'imagine que c'est que, en plus, dans des familles dysfonctionnelles, dans des endroits un peu reclus, là où on ne veut pas trop regarder, on ne fait pas grand-chose. Mais quand ça touche une majorité de gens, très malheureusement, les lignes peuvent commencer à bouger.
- Speaker #1
Est-ce qu'on pourrait conclure un peu comme ça ? C'est-à-dire que j'ai l'impression qu'on a quand même raison d'être un peu méfiant, d'être vigilant. mais que parfois à trop l'être, on risque de mettre notre enfant dans des situations où en fait finalement il va se sentir peut-être stressé ou il va sentir qu'il y a quelque chose qui n'est pas normal, comme tu l'expliquais tout à l'heure avec les ondes de la crèche, et que peut-être du coup il faut toujours garder ça en tête et peut-être même se faire accompagner finalement par rapport à des situations qui vraiment nous stressent, peut-être avoir un regard extérieur, Merci. voir si notre stress finalement est légitime, enfin je ne sais pas si je m'exprime bien, mais je me dis que c'est peut-être ça.
- Speaker #0
Oui, alors notre stress, il est toujours légitime, parce que s'il est là, il est légitime. Là, on rejoint, j'ai l'impression, un petit peu la question de cette maman qui a eu elle-même des agressions sexuelles, et savoir est-ce qu'elle doit se faire accompagner pour ne pas que ça prenne trop de place. Bon, je pense que la réponse était dans sa question, puisque en plus, et sa psychologue, et je crois quelqu'un d'autre... autour d'elle lui avaient dit que c'était bien de se faire accompagner. C'est évident que lorsqu'on vit quelque chose, un traumatisme comme ça, il faut se faire accompagner. Mais d'autant plus pour ne pas transmettre de manière transgénérationnelle à nos enfants. Alors, je fais juste un petit, une toute petite aparté, un petit aparté. Quand on parle de transmission intergénérationnelle, c'est ce qui est conscient, ce qu'on dit, ce qu'on raconte. les mythes familiaux, les histoires familiales qu'on raconte, les choses qui sont explicitement dites. Et quand c'est transgénérationnel, c'est justement ce qui est tu, ce qui n'est pas dit, mais ce qui est très vite compris, ce qui est très vite assimilé quand même. les secrets de famille, justement, les traumatismes dont on ne parle pas, même certains fonctionnements, pas forcément traumatiques, mais inconscients qu'on a à l'intérieur de nous et qu'on transmet à nos enfants. Et lorsqu'on vit un traumatisme, quand bien même on n'en parle pas, l'enfant, d'une manière ou d'une autre, il l'absorbe. Les enfants, c'est des éponges émotionnelles, on le dit, on le répète, c'est vrai. Et donc, se faire accompagner, c'est la meilleure manière de ne pas... colorer la vie de notre enfant avec nos propres expériences. C'est-à-dire qu'il y a des choses qui forcément vont être interprétées d'une manière différente lorsqu'on a vécu une expérience que si on ne l'a pas vécue. Ça, ça vaut pour toutes les expériences, mais a fortiori pour les traumatismes. Et donc, lorsque l'enfant va expérimenter quelque chose de plus ou moins neutre, si nous, on le voit avec notre prisme du traumatisme, on va le transmettre à notre enfant. On va lui demander d'être vigilant, on va lui interdire de faire certaines choses. En fait, on va lui transmettre ce qu'on appelle dans la thérapie des schémas la peur du danger. Il y a un schéma qui s'appelle peur du danger de la maladie. C'est vraiment... C'est un enfant qui va grandir dans l'idée qu'il faut avoir peur. Il faut avoir peur de tout. Parce que soi-même, on a souvent peur lorsqu'on a vécu un traumatisme et qu'on ne s'est pas fait accompagner. Donc oui. évidemment que se faire accompagner, c'est le meilleur moyen de ne pas transmettre un traumatisme de manière inconsciente.
- Speaker #1
Ok. Super. On va peut-être poursuivre, répondre aux autres questions que mes abonnées avaient pour moi d'abord. Mais bon, moi, je ne pouvais pas y répondre, donc je t'ai invitée. Alors, une abonnée qui me disait « J'ai peur d'être celle qui flanche si ma fille m'annonce un truc trop dur à entendre et que du coup, elle veuille me protéger. » Je pense que la suite, finalement, de sa remarque, c'était que du coup, peut-être, elle ne me parle plus, tu vois. Elle n'ose plus me parler de ce qui s'est passé ou d'autres choses qui pourraient se passer. Qu'est-ce que tu pourrais lui conseiller ?
- Speaker #0
Alors, ce que je lui conseille déjà, peut-être ce que j'aimerais dire d'abord, c'est qu'il faut enlever l'idée qu'un parent doit être super stable émotionnellement, doit être dans la perfection. Parce qu'être bouleversé, c'est normal. Quand un enfant nous dit ce genre de choses, c'est normal. Par contre, il y a trois priorités absolues. L'écoute, donc accueillir. On ne pose pas de questions tout de suite. On n'interrompt pas l'enfant. On croit et on valide. Donc, on dit, par exemple, merci de me l'avoir dit. Ça a peut-être été dur pour toi de me le dire, mais je te remercie. Et ensuite, il faut qu'on reste l'adulte dans la relation. On a le droit de dire, écoute, ce que tu me dis, c'est quelque chose qui m'émeut beaucoup. On a le droit d'avoir des larmes dans les yeux. On a même le droit de dire, écoute, ce que tu me dis, là, ça me touche beaucoup. J'ai besoin d'une minute, je reviens. Si on sent vraiment que ça nous submerge complètement, après avoir écouté l'enfant, après l'avoir entendu, on peut dire, je reviens dans une minute. Maman a juste besoin d'un tout petit temps, je reviens. et ensuite on revient effectivement proposer quelque chose l'idée c'est de pas transférer l'émotion sur l'enfant comme étant ensuite la responsabilité de l'enfant de prendre soin de nous donc on reste quand même plus ou moins solide j'ai envie de dire après par contre une fois que l'interaction a fini avec l'enfant on a le droit d'aller pleurer, d'aller crier d'aller D'aller en parler à son conjoint, d'aller en parler à sa psy, à son ami, ou à son ami peut-être pas d'ailleurs, parce que ça appartient à l'enfant, mais c'est un autre sujet. Mais on a le droit de tout décharger, mais on essaye devant l'enfant d'être au maximum stable émotionnellement.
- Speaker #1
Si on sent qu'on ne va pas l'être, alors on l'aimera un peu et on revient après.
- Speaker #0
Il y a aussi des choses qui sont à éviter. C'est-à-dire des phrases du style « Pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt ? » ou je vais le tuer, comme on en parlait aussi. Qui c'est qui t'a fait ça, je vais le tuer. Ou comment j'ai pu ne pas voir ça. C'est une phrase qu'il vaut mieux éviter parce que ça met l'enfant dans oulala, j'ai dit quelque chose de mal ou je ne l'ai pas dit assez vite ou il va se passer quelque chose de très grave à cause de moi. Donc vraiment, on essaye au maximum de responsabiliser l'enfant. Et on lui répète que ce n'était pas de sa faute et on le remercie de nous l'avoir dit. D'ailleurs...
- Speaker #1
De déresponsabiliser, c'est ça ? Oui. Ok.
- Speaker #0
je ne sais plus avec les négations en fait l'idée c'est que l'enfant ne doit jamais regretter d'avoir parlé Ça me fait penser à quelque chose pendant que je parle. Peut-être qu'il faut faire aussi attention à ne pas non plus trop responsabiliser l'enfant avant que ça n'arrive. Dans le sens où, je ne sais pas trop comment transmettre ça, mais du coup, si on appuie trop dessus. ton corps est à toi, on n'a pas le droit de le toucher, etc. Si jamais il lui arrive quelque chose, il peut aussi se dire, mince, je vais me faire gronder parce qu'on m'a tellement répété que j'avais pas le droit, enfin, qu'on n'avait pas le droit de me toucher, mais que du coup, j'avais pas le droit d'être touchée, que je préfère ne pas le dire parce qu'en fait, visiblement, c'était un big deal. Donc, c'était quelque chose de très important. Et c'est arrivé, donc j'ai peur de le dire parce que ça fait tellement longtemps qu'on me le répète.
- Speaker #1
Du coup, ça veut dire quoi ? Parce que là, attention, là, tu me... Merci. Non mais ça veut dire, est-ce que ça veut dire que si ça arrive, n'hésite pas à en parler à maman ?
- Speaker #0
Si ça arrive, ce n'est pas de ta faute, ce n'est jamais de ta faute, tu peux m'en parler, ne t'inquiète pas, tu ne seras jamais grondée, donc déjà ce genre de choses-là, mais aussi en parallèle de ne pas en faire un truc ultra central dans l'éducation avec notre enfant. On ne va pas le répéter non plus tous les quatre matins parce qu'il ne faut pas que ça devienne quelque chose de... de... Ouais... En anglais, j'ai vraiment le truc big deal. C'est très important, mais il ne faut pas que ce soit dans la tête de l'enfant tout le temps, tous les jours. Ce n'est pas à chaque douche qu'on va répéter « Nomme-moi tes parties génitales » . Tu sais, si on te touche, il faut venir me le dire. On peut checker régulièrement que l'enfant se souvient de tout ça. Régulièrement, je n'ai pas de chiffres en tête. comme on sent l'enfant, quand on y pense, mais ce n'est pas non plus des jours.
- Speaker #1
Parce qu'après, il y a des fois, je me dis, le risque aussi peut-être là-dedans, c'est que les enfants, les adultes aussi, mais les enfants aiment bien braver les interdits. En fait, ce qu'on leur interdit, ça peut élever de la curiosité. Est-ce qu'il n'y a pas un risque aussi, à force de dire que ces choses-là sont interdites, que finalement, ils ont envie de le faire ?
- Speaker #0
Je doute qu'un enfant ait envie de demander à un adulte de le toucher, par exemple.
- Speaker #1
Non, mais alors entre eux, par exemple, tu vois ? Oui.
- Speaker #0
Du coup, oui. Je suis assez d'accord avec toi, justement. Et là, on va sur la question de la maman dont l'enfant a déjà eu un comportement inadapté. C'est vrai que justement, si on en parle trop, après l'enfant va se dire, du coup, et si je le faisais ? Est-ce que vraiment le ciel va me tomber sur la tête ? Est-ce que vraiment c'est quelque chose de très grave ? Et c'est possible que ça éveille de la curiosité. Donc, justement, il faut bien dissocier les comportements d'enfants, parce qu'il y en a beaucoup, les comportements d'enfants entre enfants, qui jouent au docteur, qui jouent au papa et à la maman, qui ont des gestes que nous, adultes, on traduit comme des gestes inappropriés. Mais il faut faire attention à ce que certains gestes d'enfants restent, dans notre regard, aussi des gestes d'enfants. Il ne faut pas tout sexualiser non plus. Par contre, effectivement, le consentement, ça n'a pas d'âge. Et ça ne va pas de... Voilà. Donc, ce que cette maman peut faire avec cet enfant qui a déjà eu un comportement inapproprié, c'est de lui dire, voilà, c'est de vraiment axer sur le comportement qu'il n'était pas bon. Ce n'est pas lui qu'il n'est pas bon, c'est le comportement. C'était un mauvais comportement que tu as eu, mais toi, tu es quelqu'un de bien. Toi, tu es un bon petit garçon. Et également... Attends, j'ai pensé à quelque chose, mais j'ai oublié. Ah oui, et aussi lui dire, tu ne savais pas. tu ne savais pas, maintenant tu sais. Il y a plein de choses qu'on ne sait pas, on fait des bêtises, il y a des choses dont on n'a pas conscience que ce n'est pas bien, mais quand on est un bon petit garçon, on ne refait pas les bêtises. Et là, du coup, maintenant que tu sais, maintenant qu'on en a parlé, d'ailleurs, qu'est-ce que tu sais ? Qu'est-ce qui n'est pas bien de faire ? Et donc, l'enfant répète, voilà, super, maintenant tu sais, pas de souci, c'est génial, bravo. En fait, vraiment, il faut faire attention aussi. Comme je disais tout à l'heure, à ne pas trop sexualiser, ne pas regarder les choses avec un regard d'adulte, c'est important aussi de ne pas mettre des intentions et des émotions d'adultes chez les enfants. Ça se trouve, les enfants ne culpabilisent pas du tout, mais c'est la maman qui culpabilise ou qui pense que l'enfant culpabilise parce qu'elle-même aurait culpabilisé si on lui avait dit que son comportement n'était pas le bon. Ça peut être intéressant aussi de partir de ce qu'il ressent. Quand on parle de ça, qu'est-ce que tu ressens ? Il ne ressent rien du tout. Peut-être qu'il ressent de l'amusement, de la curiosité. Peut-être que ça l'ennuie parce que sa maman, elle lui en parle trop. Mais par contre, si effectivement, il dit, ça me fait rappeler ce que j'ai fait à un tel. Là, oui. Alors, on reprend. Oui, ce que tu as fait à un tel, ce n'était pas bien, mais ce n'est pas toi qui n'es pas bien, c'était ton comportement.
- Speaker #1
Parce que tu ne savais pas.
- Speaker #0
Parce que tu ne savais pas. Est-ce que là, tu le referais ? Non. Très bien. Bravo. C'est super. Si on lui pose la question, est-ce que tu le referais ? Et qu'il dit oui, on revient dessus sur le fait que non, ça, ce n'est pas correct. Et peut-être aussi ouvrir le discours de pourquoi tu veux le faire ? Pourquoi c'est intéressant pour toi ? qu'est-ce que tu penses que la petite fille ou le petit garçon a pensé quand tu as fait ça ? Et voilà, en fait, on part de ses ressentis, de ses questions, de ses informations qu'il a lui-même, et puis on déroule. Et si vraiment, à un enfant, on sent qu'il y a quelque chose qui n'est pas sain dans son rapport au corps et dans son rapport à l'autre, alors on consulte un psychologue ou un pédopsychiatre.
- Speaker #1
Ok. Trop bien. Donc, tu as répondu à toutes les questions. Je ne sais pas s'il y a autre chose que tu voulais rajouter, mais je ne saurais pas très bien l'expliquer là, mais j'ai l'impression que, de toute façon, c'est comme dans beaucoup de choses, ça tient quand même beaucoup à la posture du parent. Les projets qu'on peut faire, et puis se questionner pourquoi je suis encore en train de lui lire le livre « J'aime mon corps » . Pourquoi je suis en train de le faire ? Est-ce que c'est une peur ? J'ai encore peur qu'il lui arrive quelque chose.
- Speaker #0
Au revoir. justement ce livre il est chouette à ressortir dans 3-4 mois pour savoir si elle s'en souvient peut-être que avant parce que du coup tu lui lis ça le soir avant de dormir ou ?
- Speaker #1
ouais ça m'est arrivé mais enfin c'est jamais là en ce moment c'est jamais moi spontanément c'est elle qui c'est ça que j'allais te dire si jamais elle est devant la bibliothèque et tu lui dis choisis deux livres pour ce soir avant de dormir et qu'elle le prend bon bah évidemment tu
- Speaker #0
lis ça ça veut dire que ça l'intéresse ça veut dire que là chouette. Mais c'est pas nous qui, à chaque fois, allez, une fois par semaine, on ne livre jamais son corps.
- Speaker #1
Et tu vois, ma fille, du coup, c'est vrai que régulièrement, elle nous dit ça, c'est ma vulve, ça, c'est mes fesses, c'est mon corps, on n'a pas l'air d'y toucher. Est-ce que tu penses que c'est... Du coup, là, j'ai un doute, parce que moi, je me disais trop bien.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Pour moi, c'est...
- Speaker #1
Je ne sais pas si elle le dit tous les jours. Enfin, elle ne le dit pas tous les jours, mais elle le dit régulièrement. Donc, je me dis qu'il se fasse...
- Speaker #0
Elle le dit aussi régulièrement parce qu'elle a compris que les premières fois où elle l'a dit, tu étais fière.
- Speaker #1
Ah ouais, c'est ça que j'allais dire, voilà.
- Speaker #0
C'est possible qu'elle aille chercher cette fierté-là chez toi parce qu'elle s'est rendue compte que... Par exemple, là, en ce moment, mon fils, rien à voir. Mais mon fils, il adore les voitures et donc, il a appris Lamborghini. Ferrari, Ford, il a un petit magazine et ils les testent tous et en fait la première fois qu'il l'avait j'étais tellement fière, genre waouh mon fils de 2 ans et 3 mois il sait entre Lamborghini et Ford et bah du coup maintenant à chaque fois il va chercher le magazine et il a Ford, Lamborghini et en fait il le fait parce qu'il a vu que la première fois j'étais genre émerveillée et c'est très possible que dans 3 mois il passera autre chose 3 motos donc je pense que pour ta fille c'est pareil mais si tu réactives ça à chaque fois fois, et c'est pas mal, c'est pas mal du tout, mais si ta fierté est réactivée à chaque fois qu'elle en parle, du coup, elle va continuer à aller chercher ça chez toi, et ensuite, ça va sûrement aller sur autre chose, une fierté.
- Speaker #1
Trop bien, mais écoute, voilà, t'as répondu à toutes les questions, est-ce qu'il y avait toi autre chose que tu voulais aborder sur ces sujets-là, ou t'as envie de passer un message, un récap, ce que tu veux, tu as le micro.
- Speaker #0
Non, je pense qu'effectivement, on a parlé un peu de tout. Peut-être juste pour conclure, l'idée, ce serait d'être que la vigilance, c'est OK, la peur, c'est moins OK. Et que nous, on a une responsabilité en tant qu'adultes de faire attention à certains signaux, de faire attention à certains red flags, de protéger notre enfant. Mais la responsabilité ne doit jamais être sur l'enfant. Donc, ne jamais lui faire porter cette responsabilité-là. Ne jamais trop insister sur, s'il se passe quelque chose, tu dois me le dire. Ah oui, et d'ailleurs, on a peu parlé du fait de ne pas dire, je vais le tuer. Donc, c'était quelque chose que j'avais vu aussi sur un de tes posts. On aurait tendance à penser que de dire devant son enfant, s'il se passe quoi que ce soit, t'inquiète pas, tu peux me le dire, moi, cette personne, je vais la tuer. protégerait contre tout le monde, etc. Ça peut être contre-productif parce qu'en fait, l'enfant ensuite se dit, maman, si je lui dis, il va se passer quelque chose de grave. Maman, papa va aller en prison, il va se passer, voilà, ils sont assez, souvent assez intelligents pour comprendre que je vais te tuer, ça va amener quelque chose de grave. Je vais le tuer plutôt, pardon. Donc voilà, c'est vraiment... On porte cette responsabilité en tant qu'adulte, en tant que parent, pour protéger notre enfant. Mais l'enfant, lui, doit juste vivre sa vie d'enfant.
- Speaker #1
Oui, et après, j'ai rien à rajouter, on a une partie de la responsabilité, parce qu'après, on n'est pas responsable du fait que, par exemple, il y a des hommes ou des femmes agresseurs dans l'école, etc. Et moi, ce qui me vient aussi, c'est de me dire... Tu vois, je te disais en intro, l'idée, c'est aussi de leur transmettre une forme de confiance en eux et en nous. Mais nous aussi, il faut qu'on se fasse confiance sur le fait que ça y est, j'ai déjà checké ça, je lui enseigne ça. De se dire, je me fais confiance aussi sur le fait que je vais quand même être capable de scanner peut-être des signes. Je sais bien que peut-être pas, mais il faut quand même un minimum se faire confiance. C'est peut-être ça aussi. Je suis très bien d'accord avec toi.
- Speaker #0
En fait, ça rejoint un petit peu cette idée que ce qui... Envers les enfants, c'est aussi la même chose envers soi-même. C'est-à-dire, s'il se passe quoi que ce soit sur notre enfant, ce n'est pas de notre faute. C'est de la faute de l'agresseur. Ce n'est pas qu'on aurait dû plus voir, on aurait dû plus se dire, on aurait dû plus penser, on aurait dû plus éviter. Non. Nous, on fait de la prévention, on fait attention où on met notre enfant, on lui donne une bonne éducation. C'est suffisant. Après, s'il se passe quelque chose, effectivement, malheureusement, on n'a pas le contrôle sur tout. Il n'y a pas à culpabiliser. Évidemment que ça va être une des premières émotions de la culpabilité, mais il ne faut pas trop s'apesantir dessus parce qu'on n'a pas de contrôle sur tout, malheureusement. Peut-être quelque chose que je peux dire aussi pour conclure, c'est que lorsqu'on sent qu'on a trop sur les épaules, lorsqu'on sent qu'on n'est pas forcément aligné avec nos valeurs, qu'on a du mal, Donc... qu'on a des difficultés parce que chaque éducation est différente, parce que chaque enfant est différent, parce que chaque expérience de vie est différente, parce que c'est beaucoup de choses qui sont des challenges dans la vie, il ne faut pas hésiter à aller consulter, soit soi-même pour un suivi régulier, soit en guidance parentale, en couple ou seul. C'est mieux la guidance parentale en couple, mais on peut aussi la faire seul. Soit des séances pour l'enfant. et à laquelle on peut participer à certains moments. Il ne faut pas penser qu'on doit consulter que lorsque le problème est déjà là ou lorsque le problème est déjà très installé. C'est important de savoir qu'il existe des personnes ressources, des psychologues, des pédopsychiatres, peut-être même des assistantes sociales, mais qu'il existe des personnes qui sont là pour nous décharger de certaines émotions désagréables, de certaines anxiétés. et que c'est toujours intéressant de travailler dessus.
- Speaker #1
Trop bien. Écoute, je pense qu'on peut conclure là-dessus. Je te remercie beaucoup pour ce nouveau format. J'espère que ça vous aura plu. N'hésitez pas à venir me voir en MP pour me dire si ce genre de format vous plaît et auquel cas, on le recommencera, peut-être sur d'autres sujets ou des différents sujets d'ailleurs. Merci énormément. Je crois que tu n'as pas de compte. Tu as peut-être un site Internet.
- Speaker #0
Oui, privé.
- Speaker #1
On va travailler ça, je vais lui faire une identité. Ne vous inquiétez pas, bientôt vous allez la retrouver. Je rigole. Mais en tout cas, voilà. Déborah, ton nom de famille, c'est ?
- Speaker #0
Price.
- Speaker #1
Price, ok. Si jamais il y a des personnes qui veulent vous passer par moi, si jamais il y en a qui veulent peut-être te contacter, je vais très volontairement te consulter. Voilà, voilà. Merci beaucoup. À bientôt.
- Speaker #0
À bientôt. C'est déjà la fin de cet épisode. J'espère qu'il t'a plu et surtout qu'il t'a donné envie de réveiller. petit grain de rébellion en toi et de révéler celui de ta fille. Si tu penses qu'il pourrait inspirer une autre maman autour de toi,
- Speaker #1
partage-le lui, et si tu veux me donner un coup de pouce pour faire grandir cette démarche, tu peux laisser 5 étoiles et un petit mot doux. Ça compte énormément. A très vite !