- Speaker #0
Bonjour Justine !
- Speaker #1
Salut !
- Speaker #0
Je suis ravie de t'avoir sur le podcast Passage.
- Speaker #1
Incroyable d'arriver sur un podcast qu'on adore écouter !
- Speaker #0
C'est trop gentil ! C'est vrai que t'es une des plus grandes fans, je crois ! Tu es la bienvenue ! Tu es la maman d'une petite fille, déjà, pour commencer.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et tu es aussi la fondatrice de On est la Mama, qui est une application pour accompagner des femmes en postpartum. sur laquelle tu as rassemblé des ressources, des experts, sur plein de sujets qui nous prennent la tête en postpartum, le sommeil, l'alimentation, qui nous prennent notre énergie, qui peuvent créer des tensions dans le couple, je parle par expérience. Et justement pour essayer un peu de décharger les parents, et notamment les mamans, parce qu'on va pas sentir, ça reste quand même la charge en majorité encore portée par les mamans sur ces sujets-là, il me semble, tu confirmeras peut-être. Donc voilà, pour décharger les parents, décharger les mamans un maximum. Et justement, j'ai bien aimé quand tu m'as dit « Mais tu vois, Alexandra, je leur permets d'avoir du temps pour ensuite écouter ton podcast. »
- Speaker #1
Exactement, moi la première du coup.
- Speaker #0
Et c'est une application que tu as fondée en plein postpartum.
- Speaker #1
Ouais, exactement. Bravo ! J'ai eu l'idée, j'étais à trois mois et demi. J'ai commencé à travailler dessus à quatre mois. Et j'ai mis neuf mois en tout pour faire le lancement officiel.
- Speaker #0
t'as accouché une deuxième fois exactement ce qui est sûr c'est que tu le portes avec beaucoup d'enthousiasme mais ça a démarré dans une situation qui n'était pas forcément incroyable pour toi parce que tu as vécu un postpartum alors justement je ne sais pas trop comment le décrire parce que tu dis que on parle beaucoup du baby blues, de la dépression postpartum mais que toi tu n'étais ni dans l'un ni dans l'autre et que pourtant ça n'allait pas bien est-ce que tu peux nous dire qu'est-ce que toi t'as vécu qui t'a donné envie de lancer ce... cette application. Est-ce que tu t'es sentie comprise et aidée à ce moment-là aussi ?
- Speaker #1
Moi, à la base, je fais de l'événementiel sportif depuis 15 ans. Je suis habituée à être tout le temps à droite, à gauche, dans des pays différents, à parler avec plein de gens. Et je suis tombée enceinte sur ma dernière mission. Je travaillais sur les Jeux Olympiques. J'étais à Paris, on était dans un 35 m2. On s'est dit, bon, parfait, on va en profiter pour déménager et on va se rapprocher de notre famille puisqu'il paraît que c'est bien d'être proche de sa famille pour avoir du relais. Donc on a déménagé entre Bordeaux et Toulouse pour se rapprocher de ma belle famille, donc dans une ville où je ne connaissais personne. Mais on m'avait dit quand même, on a une heure de Bordeaux, une heure de Toulouse, donc là je m'étais déjà une heure pour aller n'importe où quand j'étais à Paris, donc je me suis dit bon, ça va aller. Donc j'étais enceinte, c'est vrai qu'enceinte dans une nouvelle ville où tu ne travailles pas, bon ben en fait tu ne rencontres personne. J'ai accouché, ça s'est plutôt bien passé, donc vraiment... Très sereine. Et là, on est rentré à la maison. Et là, j'ai eu un bébé qui a eu des reflux. Donc, il ne dormait que sur moi. J'étais devenue un matelas humain. J'étais même un frigo humain parce que j'ai décidé d'allaiter. Donc, je faisais tout en main. J'ai accouché en mai. Donc, grosse canicule exactement comme celle qu'on vient de vivre. J'ai été obligée de rester fermée chez moi parce qu'il faisait trop chaud. Mais de toute façon, pour celles qui ont eu des bébés reflux, on sait qu'on ne peut pas poser un bébé reflux dans sa poussette. ou dans son siège auto. Donc, j'étais allongée dans cette pièce, la seule pièce où j'avais la clim, avec mon bébé sur moi. Je ne pouvais pas manger, je ne pouvais pas me doucher. J'avais juste mon téléphone à la main pour parler avec des copines qui étaient soit enceintes, soit qui venaient d'accoucher. Mais je suis la première de toutes mes copines à avoir accouché. J'étais le crash test. J'avais quelques copines qui avaient accouché, mais plusieurs années avant moi. Donc, ce n'est plus le même délire, du coup. Elles ont repris leur vie, leur travail et tout. Elles n'ont pas le temps de parler avec toi. Et voilà. Et au fur et à mesure, mes copines ont accouché. Et au fur et à mesure, j'ai vu qu'elles galéraient tout autant que moi. Pas forcément sur les mêmes sujets, mais j'ai vu qu'en fait, pour personne, c'est lisse, simple et facile. Et ça a duré vraiment quatre mois où je ne pouvais absolument pas poser mon bébé. Et à quatre mois, en plus, c'était l'apogée parce qu'il y avait le début de la diversification, donc nouvelle charge mentale. Il y avait le fait que moi, j'ai eu l'idée de créer On est la maman, donc mon bébé avait trois mois et demi. Moi, c'est un peu tout l'un ou tout l'autre. Tu me dis que je porte le projet avec beaucoup d'enthousiasme, mais parce que quand je suis à fond dans un truc, je suis à fond. Dès que j'ai eu l'idée, je me suis dit, mais c'est ça, ce serait trop bien s'il y avait ça. Là, je voulais commencer tout de suite. En fait, on ne peut pas, quand on a un bébé, on ne peut plus faire comme on faisait avant. Là, je n'en pouvais plus. Je voulais faire des choses, mais mon corps ne pouvait physiquement pas les faire. Il fallait que je réfléchisse à cette histoire de diversification. J'étais toujours en recherche de comment on fait pour poser son bébé, comment on fait pour le faire dormir, etc. J'avais vraiment le cerveau qui surchauffait. Mais je sais que je n'étais pas du tout en dépression. Je me rappelle me dire, juste j'en ai marre. Je voyais mon conjoint qui venait de s'acheter un nouveau vélo. Il était trop content et il me dit, je vais l'essayer. Il a essayé dix minutes, mais je me disais, il est trop content. Il peut acheter un vélo et il peut aller faire du vélo. Moi, je ne peux pas. Parce que je ne peux pas, en fait. Et même si je pouvais, je me suis rendue compte à cette période-là que je ne savais même pas, je ne savais même plus ce qui me donnait envie. Parce qu'en fait, mon cerveau était tellement submergé, accaparé par toute cette histoire de postpartum que je ne pensais plus à des choses pertinentes ou agréables à faire pour moi. J'étais hyper frustrée et je ne pouvais rien faire à part subir.
- Speaker #0
Donc, pas en dépression ? Ah, mais c'était pas au top non plus.
- Speaker #1
Voilà, ça. Moi, je disais que j'étais surmenée.
- Speaker #0
Surmenée, d'accord. Et toi, du coup, j'ai l'impression que tu t'es pas... T'en as parlé à des professionnels, à ton entourage autour de toi. Est-ce que tu t'es sentie comprise ?
- Speaker #1
Déjà, par exemple, mon conjoint, qui, lui, vivait un peu le truc avec moi, quand même. Lui, il a été fantastique, alors que c'est ni un professionnel, ni une maman, ni en postpartum. Enfin, même si on dit que les hommes peuvent avoir un postpartum, mais il était vraiment fantastique. qu'il avait que 40 minutes de... pose le midi pour manger, y rentrer, pour pouvoir me prendre le bébé, pour que je puisse aller me doucher et manger vite fait quelque chose. Mais ils ne comprenaient quand même pas. Je me rappelle, j'avais beaucoup des pleurs fantômes quand tu te douches, que ton bébé ne pleure pas et que tu l'entends pleurer quand même. Ça, ça me le faisait énormément. En fait, je crois que j'étais terrorisée dans l'un de ses pleurs parce qu'elle a tellement pleuré, elle avait tellement de souffrance, elle avait tellement de reflux. Et en plus, moi, j'essayais tellement tout le temps de la poser. qu'à chaque fois elle repleurait, ça il n'arrivait pas à comprendre. Et du coup il me disait mais elle pleure, elle pleure, c'est pas grave, elle peut pleurer 10 secondes, elle ne va pas mourir. Pendant qu'elle pleure, tu peux mettre ton assiette au micro-ondes par exemple. Et moi je n'y arrivais pas du tout. J'en ai parlé aussi avec ma maman et ses copines, qui ont été mamans aussi. Elles, il n'y avait pas de sujet. Elles m'ont dit tu es en dépression, c'est sûr, parce que tu ne fais que pleurer quand tu nous en parles, donc tu es en dépression. Et en fait, on ne pouvait pas plus discuter que ça. Je la gardais avec moi et j'attendais. Et j'étais trop fatiguée en plus pour plus m'expliquer. Après, à 4 mois aussi, c'est qu'elle est rentrée à la crèche. J'appréhendais un peu, mais moi, j'avais vraiment hâte de la déposer parce que je savais que j'avais besoin de reprendre du temps où je n'étais que moi et je n'étais plus en matelas. Et quand je l'ai amenée à la crèche, l'adaptation était censée durer 15 jours, ça a duré 2 mois. Donc, voilà. Voilà, voilà. C'était très, très, très, très, très long. Au début, on devait faire, je ne sais plus, je crois que le premier jour, c'était une demi-heure. Après, c'était une heure. Après, c'était deux heures. On est resté très longtemps à une heure. Au fur et à mesure, on a réussi un peu à augmenter, mais on est resté, du coup, pendant deux mois à trois heures max à chaque fois, pas tous les jours. Et en fait, à chaque fois que j'allais à la crèche, que je posais mon bébé et que je me disais, vas-y, je vais chez moi pour passer la serpillère. Enfin, tu vois, un bébé reflu, il faut tout le temps le bercer. Donc en fait, toute la journée, je marchais, marchais avec le bébé dans les bras. Et au sol, c'était sale. Et en fait, mon conjoint, quand il rentrait, il s'occupait du bébé pour que je me douche. C'était vraiment un cafarnaum, la maison. On n'avait pas le temps de passer à la serpillière. Moi, j'avais qu'une envie, c'était de passer à la serpillière, maintenant qu'elle a été gardée. Et en fait, à chaque fois, il me disait « Ah, mais on peut vous parler ? » Donc j'étais un peu convoquée dans le bureau. Je m'asseyais dans ce bureau et à chaque fois, forcément, elle me faisait parler. Et du coup, je pleurais parce que je n'en pouvais plus. Et elles étaient là, ah mais vous voyez, il faut vraiment que vous parliez avec la psy de la crèche, je vais vous réserver un rendez-vous. Et j'étais là, mais non, mais laissez-moi aller passer la serpillère chez moi. Et elles me disaient, mais non, mais vous savez, c'est avec toute bienveillance qu'on dit ça. Et je me rappelle leur avoir dit, mais je suis d'accord que c'est avec toute bienveillance que vous me dites ça, mais j'ai l'impression que je suis dans un désert, que je meurs de soif, et que vous arrivez, et qu'au lieu de me donner de l'eau, vous me dites, oh là là. Ça ne doit vraiment pas être facile de mourir de soif dans un désert. Donc, je voyais cette bienveillance, mais ce n'était pas ça dont j'avais besoin. Moi, j'avais besoin de l'eau ou de passer à la serpillère.
- Speaker #0
Tu aurais besoin que la psy de la crèche aille passer à la serpillère pour toi, finalement.
- Speaker #1
Oui, voilà, pareil. Non, mais je me rappelle qu'elle me disait, « Ah, mais non, non, non, vous n'allez pas passer à la serpillère. Là, vous allez vous prendre un thé ou vous allez faire une marche ou vous allez vous réserver un massage. » Et je me disais, mais c'était... inimaginable. Je me disais, mais je ne vais pas aller me faire un massage, je veux passer la serpillère chez moi. Et ils ne comprenaient pas. Ils ne voulaient pas. Et ils me disaient, mais vous verrez, quand vous serez sortis de ça, vous y repenserez et vous vous direz qu'on avait raison. Bon, je suis sortie de ça et je suis toujours d'accord avec ce que je disais. Moi, je voulais passer la serpillère. Ça,
- Speaker #0
c'est des choses que tu peux retrouver parmi tes copines ou des mamans de ton application, le côté où en fait on va sans cesse nous ramener à un état dépressif. ou à ces catégories dépression postpartum, baby blues et trucs, et autres catégories, plutôt que d'essayer d'être plus à l'écoute de vraiment ce dont on a envie et peut-être de voir que le problème, c'est peut-être les conditions dans lesquelles on vit notre postpartum et avec lesquelles on n'a pas assez d'aide.
- Speaker #1
Je ne sais pas si j'aurais eu besoin de plus d'aide, mais en effet, j'aurais eu besoin qu'on me comprenne plus. Et au final, sur On est la maman, l'avantage, c'est que quand les filles, elles en parlent, parce que du coup, il y a des ressources, mais il y a aussi un espace de discussion, c'est souvent qu'elles vont dire, aujourd'hui, j'ai envie de me confier, voilà ce qui m'arrive. Et c'est souvent que tout le monde répond, ah bah oui, moi aussi, j'ai vécu ça. D'ailleurs, regarde, il s'était passé ça à ce moment-là. Et donc oui, en effet, je me rends compte qu'il y en a beaucoup. qui vivent ça. Et je pense sincèrement que si je n'avais pas créé On est la maman et que ça ne m'avait pas donné déjà un autre objectif que de m'occuper de mon bébé, et qu'en plus cet objectif me permettait de parler avec d'autres mamans qui vivaient la même chose que moi et qui me faisaient me rendre compte que je n'étais pas seule, je pense que ça, par contre, ça m'a évité d'être en dépression. Parce qu'en fait, quand toute la journée, tous les gens que tu croises te disent « Non, mais c'est parce que tu es en dépression » , Même si tu ne l'es pas, au bout d'un moment, tu te dis, ok, personne ne me comprend, c'est peut-être moi qui suis folle. Enfin, je ne sais pas, c'est peut-être un truc qui pourrait te mener vers cette dépression. Je pense aussi que, de toute façon, déjà, toutes les personnes que j'ai croisées à ce sujet, ce sont des personnes qui n'ont pas mon âge. Donc, quand elles, elles étaient en postpartum, je pense que ça n'existait même pas l'histoire de la dépression postpartum.
- Speaker #0
Tu m'avais dit en off que si ta mère t'avait raconté ce qu'elle avait vécu, tu aurais probablement moins pris un mur. Pour moi, c'est un mystère. Parfois je me dis, est-ce que c'était... pas si compliquée que ça. Est-ce qu'elle vit une amnésie générale ? Je vois bien que moi, trois ans après avoir accouché, je ne me souviens pas. J'essaie, j'essaie de me souvenir. Je me dis, oui, non, mais il y avait quand même tous les soirs les pleurs de décharge. Souviens-toi pour ne pas oublier, pouvoir le dire à ta fille un jour.
- Speaker #1
Oui, mais parce que tu vois, c'est exactement ce que tu fais que nos parents n'ont pas fait. Là, nous et moi, qui ai mon téléphone plein de photos et de vidéos, à la base, je les ai prises juste pour montrer l'instant T. Mais je suis très contente de les avoir aujourd'hui parce que je vais... Si, je me rappelle quand même avoir pris des vidéos en disant « Je filme pour lui montrer quand elle sera plus grande. » Tu vois, et là, tu dis « Souviens-toi pour lui raconter. » Parce qu'en fait, on a réussi à prendre conscience de ça. Et donc, on essaye de s'en souvenir pour pouvoir le raconter. Mais je pense qu'à l'époque, il ne se disait pas ça. Et comme tu le dis très bien, là, c'était il y a trois ans. Moi, c'était il y a 16 mois, je ne m'en souviens pas non plus. Donc, on ne peut pas demander à des gens pour qui ça s'est passé il y a plus de 30 ans de s'en souvenir. C'est normal. Et c'est pour ça aussi que je prends beaucoup de recul à chaque fois que quelqu'un qui a un enfant depuis au moins 10 ans, quand il me dit, non mais moi, mon enfant, il faisait ses nuits dès la maternité. Non mais moi, il ne pleurait pas. Je prends toujours du recul parce qu'en fait, on ne se souvient pas. Et d'ailleurs, c'était une running gag avec mon mec parce que Donc nous, elle a beaucoup pleuré, on l'a beaucoup bercé. Encore aujourd'hui, elle ne s'endort pas si on n'est pas allongé à côté d'elle, etc. Et parfois, de manière exceptionnelle, on arrive à la coucher très rapidement. Et à chaque fois, il descend de l'avoir couché en deux secondes. Et il me regarde et il me dit, on lui dira. Nous, quand elle était petite, on ne mettait pas deux heures pour la bercer. On l'a couché, elle dormait. Mais pour revenir sur la question de la mère, elle a accouché de moi en 92. on lui a mis des agrafes à son périnée pour la recoudre donc n'importe quoi évidemment que toutes celles qui sont enceintes ne prennent pas peur mais c'est une des raisons pour laquelle elle n'a jamais voulu me parler de son accouchement parce que ça a été très dur pour la récupération postpartum mais au final elle a eu ma petite soeur après donc c'est bien que ça ne l'a pas traumatisé pour le coup sinon elle n'aurait pas reçu d'enfant donc je ne comprends pas comment Tu peux te dire que tu vas traumatiser quelqu'un en lui racontant une histoire si toi-même, en l'ayant vécu, tu n'es pas traumatisé.
- Speaker #0
Ça, c'est l'espèce de surprotection maternelle, peut-être ?
- Speaker #1
Un jour, j'en parlais avec mon médecin parce que j'ai posté une super vidéo sur mon compte Insta. D'ailleurs, la suite arrive très bientôt parce que j'ai eu mon deuxième rendez-vous hier sur le fait que j'avais encore mal à mon périnée, très précisément à l'anus. Et quand je suis allée voir mon médecin pour lui parler de ça, Il m'a coupé, il m'a dit « Ah, mais j'ai pas besoin que vous m'expliquiez ce que vous avez, ça c'est sûrement une fissure anale. » C'est très commun quand on accouche. Déjà moi, je sais pas toi, mais moi j'avais jamais entendu parler de fissure anale. Et si c'est très commun quand on accouche, pourquoi personne ne m'en a jamais parlé ? Si ma mère déjà m'avait parlé de ces problèmes de récupération du périnée pendant les cours de préparation à l'accouchement, j'aurais été sensibilisée, donc j'en aurais parlé à la sage-femme, qui aurait peut-être pu me parler de fissure anale. Déjà. Et le médecin, je lui ai dit, pourquoi personne ne nous parle de ça ? Et là, il m'a dit, moi, j'ai une patiente, il n'y a pas longtemps, qui a accouché pour la deuxième fois par césarienne, parce que sa mère lui a tellement parlé d'accouchement qu'elle est terrorisée et qu'elle préfère accoucher par césarienne plutôt que par voix basse. Et je lui ai répondu, mais nous, on ne vous demande pas de nous terroriser. On vous demande de nous informer que ça existe, pour qu'on le sache, et que quand ça nous arrive, on sache qu'il faut agir. Parce que moi, ça fait 16 mois que quand je vais aux toilettes, j'ai mal. Mais je fais rien parce que je pense que, je sais pas, personne n'en a parlé, donc c'est que ça doit être normal. Là, hier, j'en parlais avec une copine, elle me dit, oui, quand on rentre dans la piscine, on a l'impression qu'il y a la piscine qui rentre en nous. Bah ça, c'est pareil. Hier, j'étais chez la kiné, on en a parlé, c'est pas normal. C'est peut-être très fréquent, mais c'est pas parce que c'est fréquent que c'est normal.
- Speaker #0
Parce que t'en avais déjà parlé à d'autres professionnels qui ont rien dit ou c'est la première fois que t'en parlais ?
- Speaker #1
J'ai deux sages-femmes que j'ai consultées depuis que j'ai accouché, plus les sages-femmes de l'hôpital, et j'ai vu une kiné. et les deux sages-femmes et la kiné. Alors, elle dit quand même, quand je vais aux toilettes, j'ai mal. Et elles m'ont dit à chaque fois, on va regarder. Et en fait, elles ne regardaient pas. Je ne vais pas me souvenir qu'elles ont regardé, mais en tout cas, jamais personne ne m'a dit, oui, il doit y avoir ça, oui, il doit y avoir ça. Donc, moi, je me suis dit, si elles ne m'en parlent pas, c'est peut-être que déjà au niveau de mon périnée, plutôt au niveau du vagin, c'est déjà trop le chantier. Elles ont peut-être, c'est déjà plus important de regarder là plutôt qu'au niveau de l'anus, je n'en sais rien. Et au final, moi, en cherchant sur Instagram, je suis tombée sur une kiné qui faisait un live. à qui j'ai posé une question, qui m'a dit oui, là, il faudrait aller voir une kiné spécialisée anorectale. Enfin, je ne comprends même pas comment c'est possible que cette information, je l'ai trouvée, parce que je regardais le live d'une kiné, parce que je me renseignais pour On est la maman. En plus, je ne me renseignais même pas pour moi à la base.
- Speaker #0
En fait, j'ai l'impression qu'il y a aussi des sujets encore un peu tabous. Oui.
- Speaker #1
Là, je pense qu'il n'y a pas tout le monde qui s'amuse à parler d'anus, d'anorectale. Oui,
- Speaker #0
mais c'est dommage, parce que c'est exactement pour ces raisons-là aussi. pour laquelle j'apprends à ma fille à parler de vulve, d'anus comme partie intime, il ne faut pas avoir honte de ces parties-là de son corps, parce que sinon, après, voilà ce que ça donne. Donc ça m'énerve aussi. Mais c'est pour ça que tu me disais, que tu insistais sur le côté le savoir, c'est le pouvoir, parce que j'allais te dire, qu'est-ce que ça changerait pour nous finalement, de savoir ce qu'ont vécu nos mères ? Je te laisse répondre. Oui,
- Speaker #1
voilà, c'est ça. C'est qu'en fait, si on savait tout ce qu'il y a eu, Si on savait tout ça, ça nous aiderait. Et moi, quand j'ai dit à ma maman que j'avais mal à l'anus quand j'allais aux toilettes, elle m'a dit « tu dois avoir des hémorroïdes » . Et en plus, elle m'a dit quels médicaments prendre. Et en fait, je me dis heureusement que je suis un peu têtue, que j'aime bien chercher, j'aime bien savoir, j'aime bien comprendre parce que sinon, j'aurais pu juste essayer de prendre ce médicament, ça n'aurait pas marché. Puis je me serais dit « bon, c'est comme ça » .
- Speaker #0
Si c'était les hommes qui accouchaient, à mon avis, ça fait longtemps qu'on a entendu parler de la fissure anale. Voilà !
- Speaker #1
C'est très souvent que... qu'on me dit cette phrase, qu'il y a un homme qui a couché, il n'y aurait même pas eu besoin de créer on est la maman parce que tout aurait été mis en place pour qu'il comprenne.
- Speaker #0
En tout cas, le savoir, c'est le pouvoir, ça nous permet quand même de nous préparer, peut-être d'avoir un sentiment de contrôle qui peut faire du bien aussi, même si on ne peut pas tout contrôler, et puis de ne pas souffrir, enfin de moins souffrir, parce que toi finalement, tu as quand même souffert un paquet de temps. Ok, donc on a bien compris que sur certains sujets, il y a un gros manque d'informations. Par contre, sur d'autres, aujourd'hui, on a l'impression qu'il y a beaucoup d'informations, au contraire. et qu'on peut parfois trouver un peu tout et son contraire. Est-ce que tu as l'impression qu'on est peut-être un peu aussi passé à une surcharge d'informations ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, tu vas avoir une influenceuse qui te dit une autre raison parce qu'elle, elle a vécu autre chose. Tu vas écouter sur un podcast une autre raison. À chaque fois, les personnes, quand elles t'expliquent ces choses-là, elles ont de l'assurance. Même si elles ont tort, elles parlent en connaissance de cause. Donc, je pense que quand toi, tu ne sais pas... et que tu entends quelqu'un parler avec assurance d'un sujet, tu pars du principe que c'est vrai, puisque cette personne sait plus que toi. Et je pense que c'est ça le grand danger aujourd'hui. Je le vois très souvent avec les filles que j'ai sur On est la maman. Il y en a beaucoup qui me disent, je me suis fait avoir par... C'est souvent les consultantes en sommeil, parce qu'on dit bien que le sommeil, c'est la pire des tortures. Et il y a plein de personnes qui vont te dire, il faut faire ci, il faut faire ça avec ton bébé. Et en fait, ça va... totalement à l'opposé des valeurs que cette personne avait pour sa maternité. Là, pour le coup, ça peut aussi mener à une dépression parce que tu vois qu'on te donne des conseils, on t'assure qu'il faut vers ça et toi, tu sens au fond de toi qu'il ne faut pas vers ça, mais on ne te donne pas d'autres conseils. Donc, tu ne sais plus quoi faire.
- Speaker #0
Tu culpabilises éventuellement, etc. Et comment on fait pour savoir qui croire, alors ?
- Speaker #1
Déjà, il faut aussi rappeler que, de toute façon, quand on est en postpartum, je pense... qu'on manque de discernement. Donc, c'est aussi pour ça qu'on peut un peu croire tout ce qu'on voit passer. Quand il y en a une qui est très forte en marketing et qui te dit « Ma méthode en trois jours pour que ton bébé dorme » , forcément, tu te dis « Ouais, trop bien, j'y vais ! » Sauf que si ça marchait vraiment, ça serait très connu. Et après, il y a aussi quelque chose, c'est que quand tu dis qu'il croit, en soi, personne n'a la science. Donc, ce n'est pas moi qui vais te dire qu'il faut croire telle personne et pas une autre. Mais je me suis rendue compte il n'y a pas longtemps que pour savoir qu'il croit, il faut déjà savoir ce que toi, tu veux. Il faut savoir déjà quelle maternité tu veux toi. Et ça c'est une question qu'on ne se pose jamais. Je pense que je l'avais un peu en tête avant d'accoucher, mais comme on dit, avant d'accoucher, on est plein de principes. Quand le bébé est là, on perd pas mal de ses principes. Donc, je pense que c'est des questions sur lesquelles il faut se dire sur quoi je vais être intransigeante, sur quoi ça me tient vraiment à cœur. Moi, par exemple, je ne veux vraiment pas laisser pleurer mon bébé parce que je sais qu'il a été prouvé avec les neurosciences aujourd'hui que de laisser pleurer un bébé, ça ne permet pas de...
- Speaker #0
Créer un lien d'attachement. Voilà,
- Speaker #1
exactement. Je ne veux pas jeter la pierre à celles qui font ça, mais en tout cas, je sais que ça a quand même été prouvé que ce n'est pas top, top. Et donc, moi, je ne veux pas faire ça. Mais maintenant que je sais que je ne veux pas faire ça, je vais aller me tourner vers des professionnels qui ont cette vision de la maternité qu'on appelle la maternité à maternage proximal. Je ne connaissais pas ce nom non plus, d'ailleurs, avant d'accoucher. Il y a plein de choses qu'on ne sait pas du tout parce qu'on ne se pose pas les questions, donc on ne peut pas savoir. Et c'est très dommage parce que je me rappelle que quand j'étais enceinte, je n'avais rien à faire. J'étais donc dans cette nouvelle ville où je ne connaissais personne, donc je n'avais personne à aller voir, je ne travaillais pas. Et je me rappelle que le seul truc que j'ai fait pour préparer mon postpartum, c'est de me préparer des plats au congélateur.
- Speaker #0
C'est déjà pas mal.
- Speaker #1
C'est déjà pas mal. Ça nous a beaucoup servi d'ailleurs. Mais tu vois, je pense qu'il y a des choses où on ne se pose pas du tout la question parce qu'on se dit « Ah, mais ça va bien se passer pour moi. » Moi, j'étais persuadée que si tu es bien organisée, ça se passe bien. J'ai fait 15 ans d'événementiel sportif, je suis très bien organisée. Et pourtant, ça ne s'est pas très bien passé.
- Speaker #0
J'adore ce que tu dis. Pour choisir l'expert, déjà, quelle direction, quelle vision tu as de ta maternité ? Et moi, ça m'aurait peut-être aidé. Moi, la sage-femme que j'ai eue, c'était peut-être trois jours après la naissance de ma fille qui est venue à la maison, elle m'a dit qu'il fallait que j'arrête de l'allaiter à la demande, que je l'allaite toutes les trois heures et que j'arrête de le prendre dans les bras. Et au début, la première journée, j'ai fait ça. Donc, mon bébé a pleuré pendant une heure. Et j'étais trop mal. La manière dont elle me l'a dit me faisait me sentir inférieure et que vraiment, c'est elle qui savait.
- Speaker #1
Et parce qu'elle pense qu'elle a raison aussi. Les gens ne disent pas ces choses-là pour être méchants. C'est qu'ils sont persuadés qu'ils ont raison parce qu'on leur a toujours montré qu'il fallait faire ça. On leur a toujours dit ça. Alors moi, pour le coup, on m'a pas dit qu'il fallait qu'elle tête que toutes les trois heures. On aurait très bien pu me le dire. Et d'ailleurs, la maternité, c'était le défilé. À chaque fois qu'il y avait une nouvelle personne, c'était une nouvelle information qui était souvent contradictoire avec celle d'avant. Et heureusement que j'avais Internet, pour le coup. Je tombe sur une spécialiste du tir à l'aînement sur Instagram. Je suis venue par prendre son accompagnement. Et là, révélation, je comprends toute la physiologie de l'aînement parce que pour expliquer le tir à l'aînement, elle part de la physiologie de l'aînement. Et c'est ça que j'ai adoré, en fait. J'ai adoré parce que j'ai compris ce qu'on m'expliquait. J'ai compris pourquoi il fallait faire ça. Donc j'apprends à utiliser un tire-lait, tout se passe mieux, etc. Et je retourne chez ma sage-femme faire mes rééducations périnéales. Ma sage-femme qui a donc eu deux enfants, les deux, elle les a allaités. Je lui dis ouais parce que j'ai commandé des nouvelles tétrailes, elles sont à ma taille celle-ci, ça doit être en taille 16 ou un truc comme ça. Et là elle me dit n'importe quoi, ça n'existe pas les tétrailes en dessous de 17. Je lui dis bah si, si, ça existe, ça existe. Même à l'époque ça existait jusqu'à 10 ou jusqu'à 9. Et aujourd'hui maintenant il y a la marque Lupa qui fait jusqu'à 8. Mais elle était persuadée que ça n'existait pas. Et là, elle m'a dit, mais vous savez, sage-femme, on n'a que deux heures sur l'allaitement dans toute notre formation.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Je trouve qu'on accorde beaucoup de crédit aux sachants, que ce soit des médecins, des pédiatres, des sages-femmes, mais en fait, on ne sait pas forcément à quel point ils savent.
- Speaker #0
C'est marrant parce qu'en t'écoutant, on va reparler, j'ai un peu cette ambivalence de me dire, est-ce que je veux redevenir maman ? Parce que c'est vrai que là, on a parlé de sacrées galères. Mais en même temps... en même temps tu vois je me dis mais si parce qu'il y aura on est la maman exactement en t'écoutant on a l'impression qu'il y a des possibles galères mais en fait les solutions sont là c'est juste qu'on n'en a pas connaissance mais juste avant qu'on revienne sur l'application est-ce qu'il n'y a pas aussi maintenant cette un peu cette envie de tout vouloir faire parfaitement par nous en tant que maman et tu me disais toi d'ailleurs que t'avais un peu aussi envie de tout lire tout écouter tout regarder Ça, parfois, ça pouvait finir par te stresser.
- Speaker #1
Je pense que, justement, c'est les filles sages qui sont comme ça. Donc, ça m'a beaucoup marlée à toutes celles qui t'écoutent. En lançant On est la maman, j'ai réalisé que j'avais quand même une cible. Il y a 600 000 naissances par an. Je sais très bien que je ne m'adresse pas du tout à 600 000 mamans. Parce que je pense qu'en effet, les mamans qui sont plutôt... Et j'en ai autour de moi. Et ça prouve mon étude scientifique. Celles qui sont plutôt... Bah pas première de la classe. Elles vont moins se poser de questions, donc elles vont mieux vivre les choses, parce qu'elles vont pas se dire, ok... Enfin, j'exagère un peu, mais tu vois, elles ne vont pas se dire « Ok, on m'a dit que si jamais mon bébé pleurait, c'était pas bon pour lui. » Vu qu'elles n'ont jamais entendu cette phrase, vu qu'elles ne se sont pas renseignées, bon ben, si on lui dit « Laisse pleurer ton bébé trois nuits, il va dormir » , elles le font et en effet, ils dorment.
- Speaker #0
Oui, ou à l'inverse, elles vont peut-être plutôt instinctivement ne pas le laisser pleurer. Tu ne vas même pas se poser la question de ce que les autres vont penser, de ce que les autres disent. Et aussi, exactement. D'accord.
- Speaker #1
Mais donc, il y a ça déjà. Il y a le fait d'être un peu à vouloir tout bien faire de base parce que c'est ton caractère. Après, on a un gros, gros sujet aussi avec Instagram. Je reviens là-dessus. Enfin, les réseaux sociaux en général. Mais c'est qu'on a toutes les beige moms, les clean girls, tous ces acronymes à la mode pour juste dire celles qui te montrent des images qui ne sont pas forcément leur réalité. Ou alors, si c'est leur réalité vraiment, parce que je pense qu'il y en a, je suis tombée sur quelques comptes Insta. Vraiment. La nana, elle vient d'accoucher, je pense son bébé a un mois. Sur toutes les vidéos, elle a le bébé en portage. Et elle est là, elle te fait sa petite recette d'avocado toast. Elle te dit ce soir, je vous poste mon vlog de 40 minutes.
- Speaker #0
Que son bébé a fait, voilà.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Non mais je vous poste mon vlog de 40 minutes où je vous explique mes meilleures techniques pour ne pas être en dépression postpartum. Donc forcément, moi à 15 mois. de postpartum, je vais regarder. Et là, déjà, ça commence pendant 5 minutes. Elle te fait le tour de la maison et elle te montre tous les bouquets de fleurs qui ont été achetés dans sa famille pour la fête des mères. Et elle est là. Oh, regardez cette fleur, comme elle est belle et tout. Et elle est à un mois postpartum. Mais moi, je me rappelle, à un mois postpartum, d'ailleurs, j'ai des vidéos de moi dans mon téléphone. Ah bah, j'ai le bébé en écharpe aussi. Je suis en train de manger un bout de pain avec du beurre et en même temps, je suis là, pour mettre le bébé en fleur. Et à la fin, donc j'arrive au moment où elle te donne les techniques et les techniques, c'est... Alors, le truc le plus important, c'est de prendre soin de soi. Donc tous les jours, je ne vous dis pas de faire les deux, mais c'est soit la skin care, soit l'outfit. C'est quoi la skin care et l'outfit ? Chez moi, je porte le même t-shirt depuis 15 mois. Et je me suis sentie obligée de commenter sous la vidéo extrait du vlog sur Instagram où je lui ai dit, je suis trop ravie pour toi et c'est la sincère vérité. Tant mieux si ça se passe bien pour elle. Mais je sais que si, là, moi je tombe sur cette vidéo aujourd'hui, je suis déjà pas capable de suivre tes conseils alors que mon bébé a un an, donc je sais que si des mamans tombent dessus alors qu'elles ont le même âge de postpartum que toi, je veux quand même leur dire que non, vous inquiétez pas, c'est pas tout le monde qui est comme ça. Donc après, inversement, quand j'étais enceinte, moi, avec une copine à moi, on faisait que s'écrire et on faisait que se dire « mais elles sont trop chiantes ces meufs sur Instagram » . Elles ne font que dire dépression, mais on en a trop marre, c'est trop angoissant. Et du coup, ça revient un peu à ce que tu viens de dire. Quand on m'écoute parler, on pourrait se dire qu'il n'y a que des chorides en postpartum. C'est pour ça que j'ai bien rappelé que moi, je n'ai pas été en dépression et que j'ai quand même aujourd'hui un très bon souvenir de tout ce qui s'est passé.
- Speaker #0
Ce qui est une chose que tu dis qui est très vraie et qui peut rassurer aussi, c'est que tu dis que la charge mentale, ce n'est pas forcément de faire différemment. C'est le temps qu'on passe à apprendre comment faire différemment. Moi, je me souviens de la diversification alimentaire. Maintenant, je peux dire, il n'y a rien de compliqué. C'est hyper simple, ne vous inquiétez pas. Mais moi, pendant un mois, j'y pensais, je retardais. Je me disais, ça va être horrible. Je ne sais pas, je pense que c'est ce que tu disais un peu tout à l'heure. On ne réfléchit plus comme avant, on n'arrive plus à réfléchir rationnellement. Mais en tout cas, moi, je m'en faisais toute une montagne, alors qu'en fait, c'est hyper simple.
- Speaker #1
Tu vois, ça me marque parce que tu me dis que toi aussi, ça a été compliqué, la diversification. Moi, pour le coup, je n'ai pas eu la fameuse régression du sommeil, que Alexia appellerait perturbation du sommeil, à 4 mois. Et ça, c'est un truc qui est assez connu, qu'à 4 mois, les bébés dorment moins bien.
- Speaker #0
Je précise, Alexia, que je viens d'interviewer pour le podcast.
- Speaker #1
Exactement. En fait, à 4 mois, il y a cette perturbation du sommeil qui fatigue énormément. Il y a beaucoup de mamans qui disent qu'à partir de 4 mois, c'est devenu très compliqué. Et en fait, je pense... Moi, ça n'a pas changé spécialement son sommeil. Mais c'était quand même très compliqué parce qu'en fait, je pense que le corps est capable d'accepter tout ce manque de sommeil, cette difficulté, cette réflexion toute la journée à se poser des nouvelles questions qu'on ne se posait pas avant. Mais au bout d'un moment, le corps, il sature. Et il sature certainement au bout d'à peu près quatre mois. Et donc, en plus, au bout de quatre mois que tu es déjà un peu saturé, qu'on vient te rajouter cette histoire de diversification alimentaire. Enfin, moi, je me rappelle, j'ai calculé tout. on m'avait dit, une personne m'a dit, il faut faire goûter pendant trois jours de suite le même aliment. Donc, j'ai calculé tout, comment je vais faire pour lui. Alors là, c'est le concombre. Après, il faut aussi rentrer les allergènes absolument avant six mois. Donc là, il faut que je mette les allergènes. Mais comment je fais pour mettre la purée d'amandes ?
- Speaker #0
et c'était vraiment hyper dur je vais chez mon médecin le médecin qui suit mon bébé c'est pas un pédiatre c'est un médecin généraliste et donc je sais plus quelle question je lui pose et il me dit vous êtes trop stressée, vous inquiétez pas mais faites comme vous le sentez et je me suis dit mais comment ça je le sens,
- Speaker #1
je le sens pas je pose la question ah oui le fameux instinct maternel, moi c'est ça plutôt l'instinct maternel je me disais mais en fait là j'entends pas Allô ?
- Speaker #0
En fait, le instinct maternel, si je dois laisser pleurer mon bébé ou pas, faites comme vous le sentez, ok. Mais en fait, quand je te demande combien de grammes il faut donner de trucs ou de machins, s'il faut donner à manger le soir ou pas, s'il faut donner le matin ou pas, ça, ce n'est pas un truc que tu ressens. Tu as quand même un peu des recommandations. Quand j'ai créé On est la maman et que j'ai discuté avec la diététicienne pédiatrique, je lui ai sorti cette phrase et elle a rigolé. Elle a dit exactement, en fait, il y a... Faites comme vous le sentez, mais il faut quand même avoir des bases minimums parce que sinon, tu ne peux pas faire comme tu le sens si tu ne sais pas du tout.
- Speaker #1
L'avantage quand même, c'est que par contre, le jour où tu donnes la première cuillère de purée à ta fille, moi, je me souviens encore, tu te sens héroïne. Tu es là en mode, mais un truc de fou ce que j'ai fait. Alors que tu as juste donné une cuillère de purée. Ok, très bien. Alors, on l'a compris que c'était pour répondre à tous ces enjeux-là que tu avais créé On est la maman. Donc, est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus ? sur ce que tu as créé est-ce que ça s'adresse spécifiquement aux mamans aussi c'est une question que j'avais pour toi et auquel cas quelle place tu donnes aux conjoints à l'entourage quand même dans toute cette phase là donc on l'a compris avec tout mon parcours déjà
- Speaker #0
j'ai créé le compte instagram on est la mama quand j'étais à deux mois postpartum parce que déjà à cette période là je ne trouvais aucune solution pour soigner un érythème fessier donc les fesses rouges enfin en fait j'en trouvais mais pareil que des trucs contradictoires, les fesses rouges, il faut mettre du liniment, des trucs comme ça, enfin des trucs qui du coup sont faux. Quand je demandais à des gens un peu plus âgés, on me disait il faut mettre du talc. Si tu vas sur le site de la CPN, il y a écrit qu'il ne faut plus mettre de talc. Donc là déjà j'ai dit bon je vais créer un compte Insta un peu comme si c'était un petit blog où toutes les petites techniques que j'ai fini par trouver à force de chercher dans les limbes d'internet, je vais les rassembler au même endroit parce que toutes mes copines elles accouchaient au fur et à mesure et elles me posaient toutes les mêmes questions que je m'étais posé quelques mois avant. Donc j'ai créé le compte Insta. En fait en créant le compte Insta, c'était vraiment destiné, je sais pas, à mes copines finalement. Et en fait, qu'est-ce que je vois ? Des gens qui commencent à s'abonner au fur et à mesure. Et je vois des gens qui s'abonnent et dans leur bio il y a écrit la ville où je vis, qui est quand même une toute petite ville. Donc ça se trouve, elle vit à côté de chez moi, elle a un bébé du même âge que moi, elle est dans la même galère que moi. Et en fait je le sais pas parce que, bah déjà je vais pas aller frapper chez tous les gens qui habitent à côté de chez moi. Donc c'est là à trois mois et demi où je me dis, ça serait trop bien en fait s'il y avait un truc qui rassemblait tout. Donc je me suis dit en fait il faut que je fasse ça et il y a aussi cette experte en tir allaitement que j'avais trouvé formidable où quand les choses qu'elle expliquait je me rendais compte que mes quelques copines qui avaient accouché avant moi et qui avaient allaité n'étaient certainement pas au courant de ces choses là comme par exemple la taille des tétrails, la preuve avec ma sache femme d'ailleurs. Donc je me suis dit en fait on va regrouper des vrais experts qui ont des vraies compétences sur ces sujets. On va tout mettre ensemble et comme ça, au moins, tu n'as plus besoin de te prendre la tête, aller chercher si l'info est fiable ou pas. Tu prends ton accès, tu as des infos fiables, tu peux contacter les experts si jamais tu veux aller un peu plus loin sur le sujet parce que le but, c'est qu'ils te donnent des infos de base, un peu le mode d'emploi que tout le monde aimerait avoir quand tu sors de la matière. Tu pioches dans ce dont tu as besoin et s'il y a un problème, au moins, tu sais que tu as un expert à qui tu peux poser une question plus personnalisée. Et surtout, toutes les mamans qui s'inscrivent, elles vont pouvoir parler entre elles. C'est là où tout s'est dessiné. Je me suis dit, en fait, il faudrait qu'on puisse tout regrouper ensemble. Et c'est donc à quatre mois pile, dès que mon bébé a commencé la crèche et que j'ai réussi à passer la serpillère chez moi, que je me suis dit, allez, c'est parti.
- Speaker #1
À mon avis, avec la serpillère, c'est ce que tu as fait, tu as mis de l'ordre dans tes idées. Parce que moi, quand je fais le ménage, souvent, il y a un truc qui se passe dans mon cerveau en même moment, les choses se réordent.
- Speaker #0
Exactement, c'est ce que je ne leur ai pas dit à l'époque parce que je ne m'en rendais pas compte. Mais c'est pour ça que je pense souvent à cette expérience. Exemple de la serpillère, parce que j'avais besoin de ranger ma maison. Comme j'avais besoin de ranger mon esprit, j'avais besoin de ranger tout ce qui venait de se passer depuis plusieurs mois où je n'avais pas eu le temps de me poser en étant seule et pouvoir réfléchir.
- Speaker #1
Est-ce que ça s'adresse spécifiquement aux mamans finalement ou pas ?
- Speaker #0
Je m'adresse à une certaine partie de la population parce que je m'adresse à des mamans qui ont la même vision de la maternité que moi, qui sont plutôt sur l'histoire du maternage proximal et qui sont plutôt à vouloir d'abord comprendre avant d'appliquer, plutôt que d'appliquer simplement une... technique. Et est-ce que ça s'adresse qu'aux mamans ? En fait, j'ai pris le parti pris de l'appeler On est la maman et de faire vraiment des modules dédiés aux mamans sur la santé mentale, la santé physique. Parce qu'en général, on s'adresse tout le temps aux parents. Alors, c'est fantastique. Je suis très contente parce que moi, en plus, mon conjoint, tu l'as compris, il est très, très impliqué. Tout ce qui concerne mon périnée, tout ce qui concerne cette réflexion de t'es pas en dépression, mais quand même, ça va pas trop. Et t'as le droit de te sentir mal et t'as le droit de le dire. Et t'es... Y a pas ce que l'on te dise. Ah bah non, mais c'est que t'es en dépression. T'es pas en dépression. Bon, bah alors, te plains pas, tu vois. Ça, je l'ai retrouvé nulle part, en fait. Donc, j'ai vraiment voulu m'adresser spécifiquement aux mamans pour ces deux modules. Par contre, moi, mon conjoint, il a vu toutes les vidéos de On est la maman. Il adore, surtout celles sur la diversification. Il adore faire à manger. Du coup, c'est lui qui a vraiment pris en charge toute la partie diversification. Et il a regardé aussi certaines vidéos qui concernent la santé physique ou la santé mentale des mamans. Et là, il y a toute une partie sur le coparent qui est en train d'être développée. Que ça soit une partie... qui s'adresse aux coparents complètement et ou une partie pour gérer la relation avec le coparent, les baby clash, la gestion de la charge mentale dans le couple, etc. Parce que je sais qu'on n'a pas toute la chance d'avoir le conjoint que j'ai. Donc, ça s'adresse aussi au papa. Et d'ailleurs, de toute façon, j'ai plein de clientes qui me disent qu'elles ont partagé les codes au papa et que le papa a aussi regardé. En effet, il y en a qui m'ont dit que je devrais plus le mettre en avant dans ma com, que je devrais inciter les papas à regarder les vidéos. Je ne peux pas changer le monde non plus. J'ai choisi un peu mes combats et mes axes de communication. En effet, les papas sont les bienvenus. D'ailleurs, j'ai un couple de papas homosexuels qui a son accès à On est la maman. C'est pour dire que ça parle un peu à tout le monde, même s'il y a des sujets qui sont vraiment destinés aux mamans pour leur permettre à elles d'aller bien. Mais les papas ont tout intérêt à regarder aussi pour comprendre ce qui se passe aux mamans.
- Speaker #1
Je pense aussi qu'il y a un changement de mentalité qui doit se faire. auquel tu contribues finalement mais tout ce qui concerne une maman concerne tout le monde mais je te rejoins parce que moi j'ai souvent aussi j'ai souvent aussi un peu la critique de pourquoi je m'adresse qu'aux mamans et souvent je leur dis bah en fait tes papas vas-y lance la même chose pourquoi c'est encore à nous les femmes d'aller lancer des trucs pour vous aussi voilà trop bien tu vois là entre Avoir un deuxième enfant, ne plus avoir d'enfant, ça repenche sur le côté d'avoir un enfant parce que j'ai juste envie d'aller regarder toutes les vidéos aussi.
- Speaker #0
Moi, je suis trop contente. En fait, en plus, je te dis, je n'étais pas sûre de vouloir avoir un enfant, d'avoir des enfants ou quoi. Ce n'est pas que je n'étais pas sûre de vouloir en avoir, mais je t'ai dit, mes parents, ils se sont séparés. Mon père, il n'est même pas venu à mon accouchement, à l'accouchement de ma mère. Il n'est même pas venu, il a loupé le train ou je ne sais pas quoi. Il n'était pas présent. Après, quand mes parents se sont séparés, il était très... Je reste avec ma nouvelle femme, avec mes nouveaux enfants. Je n'étais jamais invitée aux vacances avec eux et tout. Donc moi, je me suis toujours dit, franchement, si c'est pour avoir un mec qui me la met à l'envers et qu'après, je me retrouve mère célibataire ou même si on reste ensemble et qu'il ne s'occupe pas de ses enfants, je ne vois pas l'intérêt. Et quand j'ai rencontré mon mec, il était tout l'opposé. Donc je me suis dit, bon, OK, pourquoi pas ? Et en vrai, déjà, quand j'ai accouché, j'ai accouché sans péridural. J'ai une petite anesthésie locale au moment où le V est sorti. Je n'ai pas tous les mérites non plus. Je me rappelle avoir dit, franchement, j'adorais mon accouchement. Dans neuf mois, je refais pareil. Et je me suis toujours dit, de toute façon, que si j'en avais, par contre, j'en aurais deux. Et depuis que j'ai créé On est la maman, je n'arrête pas de dire, bon, ce n'est pas un. Peut-être que j'en aurais trois.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Je suis venue tellement à l'aise avec ce sujet. Après, comme tu l'as dit, il me passionne. Je me suis pris une passion pour tout ça parce que je trouve que c'est trop intéressant. On apprend tout le temps plein de choses. Sur l'être humain, sur la physiologie. Par exemple, j'ai acheté un livre sur l'allaitement. Et en fait, ce n'est pas un livre qui t'explique comment faire fonctionner ton allaitement. Enfin, si. Mais du coup, au début, elle explique... Tu sais pourquoi on dit nounou ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
On dit nounou parce qu'avant, c'était des nourrices. Et pourquoi c'était des nourrices ? Parce qu'en fait, les femmes qui n'arrivaient pas à allaiter, on les donnait aux nourrices. Donc, c'était celles qui nourrissaient les enfants. Et en fait, déjà, quand tu sais ça, quand tu pars à la maternité et qu'on te dit... Non mais l'allaitement c'est depuis la nuit des temps Les femmes elles allaitent C'est l'instinct maternel je sais pas quoi Bah non la preuve qu'il y avait des gorilles pour celles qui n'y arrivaient pas. Donc tout le monde n'y arrivait pas. Et les gens n'y arrivaient pas parce que peut-être elles n'avaient pas les bonnes techniques ou quoi, on ne leur avait pas expliqué, mais en tout cas, il y avait une solution à côté. Alors que nous, aujourd'hui, la solution est encore plus facile à trouver qu'une nourrice puisque c'est du lait infantile et c'est pour ça qu'on va plus facilement te dire « Bon, vas-y, arrête, tu n'y arrives pas, prends du lait infantile. C'est normal, il y en a qui n'y arrivent pas et voilà. » Et du coup, ça, je l'ai appris en voulant lire un livre sur le fonctionnement de l'allaitement. J'ai appris cette information. Et ça a transformé ma vision de l'allaitement. Et c'est pour ça qu'on en parlait au tout début du podcast. Moi, de me libérer de la charge mentale sur tous les sujets basiques, du sommeil, de l'alimentation, de l'allaitement. C'est bon, maintenant je maîtrise le truc technique. Parce que sur On est la maman, j'ai plein de petites vidéos très rapides. Une question, une réponse. Je sais où trouver la réponse si j'ai un problème. Et bien ça me libère de la charge mentale pour aller chercher dans des choses profondes. des réflexions plus sociétales, sur la manière d'élever les enfants, etc. Et au moment où mon esprit s'est vraiment libéré, j'ai découvert ton podcast. Et à chaque épisode, je me disais, ah mais ouais, mais c'est trop bien de faire ça. Ah mais non, mais c'est trop intéressant. Et voilà, je suis partie un peu trop loin. Non, mais c'est bien,
- Speaker #1
continue par le même podcast, un peu de promo, c'est bien.
- Speaker #0
Ah non, mais c'est vrai que j'adore. En fait, je ne sais plus quel épisode j'ai écouté en premier. J'ai pu arrêter d'écouter après.
- Speaker #1
Moi, ce que je te disais à l'inverse, puisqu'on est dans les éloges, c'est que je trouve aussi qu'avec ton application et les prises de parole que tu as, tu fais aussi bouger les lignes. Ce n'est pas juste répondre à des douleurs, des souffrances et des problématiques que peuvent avoir les mamans. Tu fais aussi beaucoup bouger les lignes. Et je pense que si... Alors déjà, elles ont plus de temps après pour d'autres choses. Ça peut être aussi tout simplement pour prendre soin d'elles, etc. Donc, tu participes de tout ça. Et je t'avais dit aussi que c'était... Aussi, une façon de faire en sorte que la génération de filles après nous, nos filles à nous, soient un petit peu moins démunies que nous face au postpartum. Du coup, est-ce que tu penses que nos filles seront moins démunies aussi grâce, pas juste en application, mais aussi le fait que tu fais bouger les lignes et que tu permets à toutes les mamans de se sentir un peu plus comprises et peut-être aussi de... briser des tabous et de nous, un jour, oser parler de ces choses-là avec nos filles.
- Speaker #0
En fait, je pense que, tu vois, tout à l'heure, je te donnais l'exemple des grands-parents qui ne vont pas te dire comment fonctionne un smartphone. Mais là, nous, on va devenir les grands-parents, en fait, un jour ou l'autre. Donc, en fait, c'est en nous sensibilisant nous-mêmes, maintenant, à toutes ces choses-là, qu'on va être capables, quand nous, nos filles, elles nous poseront des questions, on va être capables de leur répondre parce que, du coup, on s'est renseignées pour nous. Et ça, je le vois beaucoup quand je fais des réels sur Facebook. Parce qu'en fait, ce que je poste sur Insta, je le poste sur Facebook. Mais Facebook, ce n'est pas la même cible.
- Speaker #1
J'ai la même chose. Tu as les remarques de Jacqueline. Et là,
- Speaker #0
on a toutes les Jacqueline, les Monique et tout qui te disent n'importe quoi, vous dites n'importe quoi et tout. Et c'est marrant parce qu'à chaque fois que c'est des trucs un peu... Genre là, tu vois, j'ai un réel, je l'adore. C'est tu viens d'accoucher, tu pues et ton bébé adore ça. Et alors là, à chaque fois que je poste ce réel, parce que je l'ai posté plusieurs fois, Merci Scott. C'est... A chaque fois, j'ai des tonnes de commentaires de Jacqueline, Monique et tout qui disent « N'importe quoi, on pue pas, c'est juste que vous êtes sales » . En plus, elles sont méchantes, tu vois ? Elles sont là « Oui, vous êtes sales, vous n'avez qu'à apprendre à vous laver » . En plus, la vidéo, mon bébé se mettait tout le temps sous mon aisselle. Tout le temps, Même encore aujourd'hui, quand je l'endors, elle vient foutre sa tête sous mon aisselle. Alors, pour le coup, c'est son crâne. Mais sur la vidéo, on voit que c'est ses narines qui viennent sous mon aisselle. Oui, vous êtes dégueulasses, vous mettez votre enfant sous votre aisselle, pauvre enfant. Et c'est trop drôle parce que les gens répondent. Et il y a d'autres gens qui commentent et qui disent, bah écoutez, alors moi je pensais comme vous au début, puis en effet, ça m'est arrivé. Et ils se répondent entre eux. Et quand j'essaye de répondre, je leur dis, mais je vous souhaite que votre enfant ne vive pas ça. Parce que d'où est-ce que vous allez lui répondre à votre enfant ? Vous allez lui dire qu'elle est sale et qu'elle est dégoûtante. Mais en fait, non, parce que quand ça va arriver à votre enfant, peut-être, j'espère. qu'elle aura assez d'empathie pour se dire ok, si ça arrive à ma fille, c'est que c'est vrai.
- Speaker #1
Après, parfois, je me dis peut-être qu'elles vont venir avec, il y aura des nouvelles connaissances et tout ce qu'on a fait, elles nous diront, il ne fallait pas faire comme ça. Et j'espère qu'on aura au moins nous la curiosité de se dire, oui, peut-être qu'en effet, on n'a pas fait les choses comme il fallait, on a fait avec nos connaissances. Tiens, c'est quoi tes nouvelles connaissances ? Moi, je trouve aussi que ce qui est dommage avec cette génération-là, et je pense que certaines de mes proches aussi, c'est qu'on pourrait... on pourrait parler tellement de choses. Moi, je trouve que ça te rend... Toi, tu es passionnante, Justine. Franchement, tu as tellement de choses à dire que c'est dommage, tu vois, que je ne sais pas si ta mère, tu échanges sur ces sujets-là avec elle, j'ai l'impression, mais parfois, je me dis que c'est dommage parce que ça pourrait nous permettre d'enrichir notre lien avec cette génération-ci parce qu'on pourrait avoir des discussions incroyables. Et je ne sais pas si tu vois là où je veux en venir parce que c'est une réflexion que j'ai très récemment. Donc, ce n'est pas encore... Voilà, il faut que je passe la serpillière pour bien. Pour bien faire toutes les choses en ordre. J'espère que ce sera l'opportunité d'avoir des discussions passionnantes avec ma fille.
- Speaker #0
Je pense que ça, pour répondre, parce que moi, je me suis déjà fait cette remarque avant, je le vois au quotidien. J'ai les grands-parents de mon conjoint qui ont... Bah, mamie, elle vient d'avoir 90 ans. Et papy doit avoir 93 ou un truc comme ça. Et 90, bref. Et bah, à chaque fois qu'on va chez eux, j'adore, j'adore. C'est les seuls qui ne nous font jamais aucune remarque sollicitée. C'est les seuls qui, justement, nous disent, ah bah, notre temps, c'était comme ça. Mais en gros, en mode, ah bah, je suis contente qu'aujourd'hui, ça soit comme ça. Ma mamie, un jour, elle me dit, on y va quand ma fille, elle avait deux mois. donc reflue, elle ne faisait que pleurer. Et on se lève le matin, parce qu'ils habitent loin, donc on va dormir chez eux. On se lève et ils disent « Alors, vous avez bien dormi ? » Je dis « Franchement, elle ne s'est réveillée que deux fois. » Elle dit « Ah ouais, elle s'est réveillée ? » Je dis « Oui, oui, je l'ai mise au sein et elle s'est rendormie. » Et là, elle dit « Oh là là, mais moi, de mon temps, nous, quand le bébé pleurait, le médecin nous disait de toute façon de 20h à 7h du mat, le bébé, il est tout seul, sur la table de la cuisine, dans une porte fermée. Et on ne va pas le voir. Interdiction. Et elle m'a dit, moi je... Comment on dit ? Je bravais l'interdiction. Je lui donnais un biberon quand même à minuit. Mais de minuit à 7h, elle n'y allait pas, elle laissait le bébé pleurer parce que le médecin lui avait dit de faire ça, tu vois. Mais c'est aussi papi et mamie qui ont 95 ans et qui ont un smartphone. Je pense que c'est des gens qui ont essayé de vivre avec leur temps et qui ont fait justement peut-être la démarche qu'on est en train de faire aujourd'hui de vouloir vraiment comprendre le monde pour pouvoir après suivre les évolutions. Et inversement, Ma grand-mère qui a 80 et quelques, elle, elle ne me dit pas du tout ça. Moi, elle me dit, moi, de mon temps, on faisait ça et puis ça allait bien. Et inversement, des filles de mon âge, des amis très proches, mon djiha dit, bon écoute, tu te plains beaucoup. C'est une amie qui n'a pas d'enfant et qui en aura peut-être jamais. Bon écoute, tu te plains beaucoup, en même temps, tu l'as voulu, non ? Et je dis, ouais, mais tu ne comprends pas, elle pleure tout le temps, elle pleure tout le temps, tout le temps. Oui, tu sais, moi, ma grand-mère, elle a eu sept enfants. Elle les a laissés pleurer et puis ils vont bien aujourd'hui. Et pourtant, elle a notre âge. Donc, en fait, je pense que c'est vraiment le fait de vouloir s'intéresser à certains sujets. Mais par contre, en effet, comme tu dis, je trouve que c'est hyper passionnant. Et que si nos familles qui n'ont pas vécu la même chose discutaient beaucoup plus profondément avec nous de ces sujets, on pourrait apprendre plein de choses. Mais je pense que, déjà, elles ne s'en rappellent pas parce qu'on l'a dit. Déjà, à quelques mois, on ne se rappelle plus de nous, ce qui s'est passé. Mais je pense qu'elle ne s'en rappelle pas et que de toute façon, c'était comme ça et pas autrement. Et que ça revient à ce que je disais tout à l'heure, qu'à mon avis, tu n'avais pas vraiment le droit d'être en dépression avant. Donc, il n'y avait pas de sujet. Et c'est pour ça que du coup, on se retrouve avec des Claudines qui nous mettent des messages en disant, oui, nous de notre temps, on n'en faisait pas des caisses comme vous et puis on allait bien.
- Speaker #1
Mais tu sens quand même que c'est des personnes, parce que c'est vrai que je te rejoins, elles sont méchantes.
- Speaker #0
mais je pense que c'est un truc en fait vu que toi on n'a pas été gentil comme ça avec toi tu considères que les autres ne méritent pas d'avoir autant de gentillesse peut-être on va conclure on a pété les scores j'ai jamais fait une interview aussi longue je t'avais prévenue désolée alors est-ce qu'il y a peut-être une dernière chose mais une que tu veux partager moi je t'avais proposé de répondre à la question de est-ce que si
- Speaker #1
ta fille devient mère un jour qu'est-ce que t'aimerais qu'elle sache que tu ne savais pas peut-être tout simplement qu'on est la maman existent, parce qu'il existera peut-être encore à ce moment-là, ou est-ce qu'il y a autre chose que toi, tu aimerais partager en conclusion ?
- Speaker #0
Je pense que le truc qui m'a le plus marquée depuis que j'ai créé On est la maman, c'est que j'ai souvent dit aux gens que ça fonctionne ou pas. Je sais que j'ai créé ça alors que je suis en plein postpartum, que j'ai un bébé qui ne sait que pleurer, que j'ai une maxi cicatrice entre les jambes, que je n'ai pas de relais, que je n'ai pas de copine autour de moi avec qui en parler. Et j'ai quand même réussi de... en partant de cette situation hyper négative, à créer un truc hyper positif qui m'a aidé moi, qui va m'aider dans la suite de ma vie, qui m'a apporté plein de choses, mais surtout qui aide plein de mamans. Et je reçois tous les jours des messages de mamans, même des mamans qui sont enceintes, qui m'écrivent parce qu'elles ont téléchargé la checklist de maternité sur le compte Insta. Tous les jours, tous les jours, tous les jours, j'ai des messages qui me disent « Elle est trop bien la checklist, merci. » Et tu vois, de me dire que j'ai aidé ne serait-ce qu'un tout petit peu toutes ces femmes-là, En partant d'une situation très négative, j'ai toujours dit ça, j'ai toujours dit que je dirais à ma fille, tu vois, on peut partir de... Enfin, on peut vivre des choses très dures dans la vie et ça peut quand même nous amener à un truc hyper positif par la suite. Donc, il ne faut jamais habitoyer sur son sort parce que en fait, tout peut toujours devenir positif. Et là, tu sais, tu fais tes petits challenges où tu dois oser faire des choses. Et bien, je pense qu'il faut savoir oser aussi dire qu'on est fiers de ce qu'on a fait. Enfin, fiers, eux. Du coup, parce que je pense que les garçons n'ont jamais trop de mal à dire qu'ils sont fiers de ce qu'ils ont fait. Et je pense que nous, on a toujours beaucoup plus de mal à le faire. Donc, je pense qu'il faut savoir oser dire qu'on est fiers et dire aux autres. qu'on est fiers d'eux et que c'est top ce qu'ils font. C'est pour ça que tu me dis, je fais de la promo pour ton podcast, mais parce que je le trouve trop bien. Et pourtant, je n'écoute pas beaucoup de podcasts. Je pense que je n'écoute pas beaucoup de podcasts parce que je n'ai pas trop le temps, mais peu de podcasts que j'ai écoutés dans ma vie, je ne trouvais pas ça hyper intéressant, donc j'ai un peu switché. Et là, le tien, à chaque fois, quand il y a un épisode qui sort, j'ai trop envie de l'écouter parce que je sais que je vais apprendre des nouvelles choses et que c'est sur un sujet qui me passionne. Donc, bravo à toi.
- Speaker #1
Et donc, tu diras à ta fille aussi que c'est important qu'elle soit fière d'elle, c'est ça ?
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Bravo pour ces reflux, franchement. Grâce à toi, des milliers de mamans aujourd'hui vivent mieux.
- Speaker #0
Non, mais c'est vrai que j'avais vu qu'il faut souvent dire à ses enfants... Il ne faut pas dire aux enfants « je suis fière de toi » , il faut leur dire « est-ce que tu es fière de toi ? » Ça revient un peu sur l'épisode de...
- Speaker #1
Tu sais que j'ai fait un épisode de podcast, si tu ne l'as pas écouté, c'est dans le premier.
- Speaker #0
peut-être que c'est le premier que j'ai écouté et c'est là que j'ai sorti ce truc en tout cas j'ai déjà entendu cette phrase quelque part et je me suis dit ouais et du coup maintenant je lui dis tout le temps dès qu'elle réussit à faire un truc je lui dis bravo, après je lui dis t'es fière de toi et je lui dis tout le temps ça parce qu'en effet moi on m'a jamais demandé si j'étais fière de moi donc après je pense que comme je disais dans le podcast tu peux dire je pense perso il n'y a rien qui interdit je suis fière de toi mais ça dépend qu'elle est...
- Speaker #1
tu vois qu'est-ce qu'il y a derrière c'est quoi l'intention derrière est-ce que tu le dis souvent et en fait au final est-ce que vraiment t'es intéressée à ce qu'elle elle soit fière d'elle ou c'est tu vois tu vis un truc à travers elle c'est plus qu'il faut un peu se questionner mais on va pas censer sursuler parce que là je te remercie beaucoup c'était génial je pense que tu auras je pense que les auditrices auront comme moi perçu tout l'enthousiasme et la passion que tu as pour ces sujets-là et pour ce que tu développes Merci. Et puis, je serais curieuse de savoir si ça a donné envie d'avoir un premier, un deuxième enfant ou pas. Mais voilà. En tout cas, bravo toi aussi pour tout ce que tu fais. Puis peut-être à bientôt pour un autre épisode.
- Speaker #0
Si tu veux un truc très long, tu vois.
- Speaker #1
On va faire une série. Juste développer une série, ce sera plus simple.