- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Passage, le podcast qui libère les filles et leur maman. Moi c'est Alexandra, maman de Rose, une petite tornade de presque deux ans et demi, à l'énergie débordante et au caractère bien trempé. Et tu sais quoi ? Même si ce n'est pas toujours de tout repos, savoir sortir ses... ses épines, c'est vraiment tout ce que je lui souhaite. Alors j'ai créé ce podcast, pour moi et pour toutes les mamans qui veulent élever leur fille autrement. Pas sage, pas modèle, pas gentille à tout prix, mais confiante, libre d'être elle-même et bien dans leur basket. Des petites filles qui savent et sauront plus tard dire non. poser leurs limites, s'aimer telles qu'elles sont, qui n'auront pas peur d'essayer d'échouer, et qui sauront se faire reconnaître à leur juste valeur. Alors ici, on va démonter les injonctions, les stéréotypes et tous ces vieux réflexes qu'on pensait normaux. Tu sais, les fameux « t'es pas belle quand tu fais la tête » . On va parler d'estime de soi, de confiance, de rapport au corps, aux émotions. On va parler de nos filles, mais aussi de nous. Parce qu'éduquer autrement, ça commence souvent par se libérer soi-même. Alors au fil des épisodes, je te partagerai des réflexions incarnées, des clés concrètes et des voix d'experts. et surtout, une bonne santé. une grande dose de soutien et de déculpabilisation. Parce que nous aussi, on mérite mieux qu'être sages. Alors, prête à bousculer les règles ? Hello et bienvenue dans cet épisode un peu particulier de passage, puisque cette semaine, on fête les 1 an du podcast. Le tout premier épisode est sorti le 15 septembre 2025. Et 40 épisodes plus tard, je suis toujours là et vous aussi visiblement. Et j'en suis ravie, presque même étonnée, parce qu'il y a 1 an, quand j'ai lancé ce podcast... Je crois que je vous ai embarqué dans un voyage sans vraiment savoir où il allait me mener, où il allait nous mener. Et ce que je peux dire en tout cas, c'est que ce voyage, il a vraiment, en tout cas pour moi, été riche en rencontres. Des rencontres avec des femmes exceptionnelles, des expertes, des autrices, des mamans, des rencontres entre vous et moi aussi. D'ailleurs, j'en profite pour remercier toutes celles qui prennent le temps de m'écrire sur Instagram, de me raconter ce qu'un épisode a fait bouger chez elles. Toutes celles aussi qui prennent le temps de laisser un avis sur le podcast. Je les lis tous et vraiment, ça m'aide beaucoup, ça compte vraiment beaucoup pour moi. Mais je crois qu'il y a eu d'autres rencontres aussi, peut-être un peu moins évidentes, des rencontres avec nos filles. Parce qu'en tout cas, moi, cette année, elle m'a vraiment amenée à regarder ma fille différemment. À essayer de mieux comprendre ce qu'elle vivait, ce qu'elle ressentait. Et parfois, remettre sérieusement en question ce que j'attendais d'elle. Et puis forcément, il y a eu une rencontre avec moi-même. Et peut-être de votre côté, avec vous-même. Parce que je crois qu'à force de se demander ce qu'on veut transmettre à nos filles, on finit assez vite par se demander ce qu'on nous a transmis à nous. Et du coup, ce qu'on a envie de garder, ce qu'on aimerait laisser derrière, ce qu'on aimerait faire différemment. Alors aujourd'hui, j'avais envie... de célébrer ce voyage en vous réembarquant en quelque sorte dans ce voyage, mais en version légèrement condensée. Donc j'ai replongé dans ces 40 épisodes et j'ai sélectionné quelques-uns des moments forts qui m'ont le plus marqué. Évidemment, je n'ai pas pu tout mettre, mais en tout cas, j'ai essayé de retracer le chemin parcouru, les questions avec lesquelles on est parti, certaines réponses qu'on a trouvées, et puis toutes les nouvelles questions qui sont apparues en route. Et pour toutes celles qui sont restées sans réponse, pas de panique, la saison 2 arrive tout bientôt. Mais avant de parler de la saison 2... Et bien revenons ensemble sur quelques-uns des passages de cette première année de Passage. Fallait bien que je fasse ce julement à un moment donné. Alors je ne pouvais pas ne pas profiter de cet épisode anniversaire sans répondre à une question qu'on me pose assez régulièrement. Pourquoi avoir fait ce choix avec Passage et même mon compte Instagram ou Archipit de parler spécifiquement... aux mamans de petites filles ? Il y a plusieurs réponses à cette question. La première, elle est toute simple, c'est que c'est la relation que je connais puisque moi, je suis maman d'une petite fille et pas d'un petit garçon. Et si vous me suivez depuis un moment, vous savez que la plupart des sujets dont je parle ici ne naissent pas de grandes recherches que je ferais en me demandant de quoi est-ce que les mamans ont besoin qu'on leur parle cette semaine. C'est plutôt l'inverse. Moi, je pars de ce que je vis avec ma fille, d'une phrase qu'elle me dit, d'une situation qui me met mal à l'aise, etc. et sur laquelle j'ai ensuite envie d'aller chercher des réponses auprès de mes invités. Donc forcément depuis le début, je vous parle beaucoup de cette relation-là, parce que c'est celle que je suis moi-même en train d'explorer. Mais il y a une autre raison aussi, même si j'avais un garçon, je pense que j'aurais très bien pu avoir envie de consacrer passage, cet espace-là, à la relation avec ma fille. Parce qu'au fil de cette année, j'ai compris à quel point la relation mère-fille avait quelque chose de spécifique. Et ça tombe bien, parce que j'ai eu la chance de recevoir cette année l'une des personnes probablement les mieux placées pour nous expliquer pourquoi. C'est Clémence Biel du compte Instagram Become Your Own Mother qui travaille depuis... plusieurs années sur la relation mère-fille, qui a écrit deux livres sur le sujet, que vous pourrez retrouver dans le guide dont je vous ai parlé en introduction. Et elle est suivie aujourd'hui par plus de 100 000 personnes d'ailleurs sur Instagram. Donc ça montre à quel point c'est vraiment un sujet d'ailleurs qui est important pour beaucoup de femmes. Mais plutôt que de vous l'expliquer moi-même, je vais laisser Clémence répondre à cette question. Qu'est-ce qui rend la relation mère-fille si particulière ?
- Speaker #1
Ce qui est hyper intéressant dans la relation Merci, c'est Laissez-Miroir. Parce que d'un côté, Talachi, qui construit toute son identité féminine en observant sa mère, elle va observer comment est-ce que sa mère parle des autres femmes, comment elle se traite en tant que femme, comment est-ce qu'elle traite son image, son corps, comment elle se positionne par rapport aux hommes. Elle va vraiment assimiler toutes les normes et les valeurs de la société autour du rôle de la femme en observant sa mère. Et du côté de la mère, la mère voit en sa petite fille un reflet d'elle-même. c'est un petit peu inévitable et c'est ce qui est très beau mais aussi ce qui peut être un petit peu, enfin ce qui apporte des enjeux supplémentaires parce que ça réactive très souvent ses propres blessures non résolues et ça peut créer des projections inconscientes inconsciemment il y a un truc qui va venir la déclencher parce que sa fille se permet de faire du bruit, de prendre plus d'espace etc et donc c'est ce qui c'est vraiment cet effet miroir qui rend la relation émotionnellement chargée
- Speaker #0
Tout ce que cet effet miroir peut venir éveiller chez nous, on va en reparler un petit peu plus tard dans cet épisode. Mais il y a une autre chose qui, selon Clémence, rend la relation mère-fille si particulière. Je vous laisse écouter le prochain extrait.
- Speaker #1
Et ce qui la rend hyper chargée aussi, c'est que c'est une relation entre deux femmes dans une société aux valeurs patriarcales où les femmes sont socialisées pour s'effacer au profil d'autres. Elles sont conditionnées à se sacrifier au lieu de s'épanouir. Et ça, ça crée forcément... des besoins émotionnels insatisfaits qui, souvent, très souvent, se cristallisent dans la relation mère-fille.
- Speaker #0
Et puis, évidemment, il n'y a pas que ce que nous, les mères, transmettons à nos filles. Il y a tout ce qu'elles vont apprendre ailleurs. Et c'est d'ailleurs une autre réponse à cette question, pourquoi parler spécifiquement des filles ? Parce que moi, ce n'est pas que je pense qu'il faudrait réserver une éducation différente aux filles et aux garçons, à la base. Au contraire, j'aimerais presque ne pas avoir à le faire. Mais le truc, c'est qu'ils ne grandissent pas dans le même monde. Donc pour moi, c'est important d'aller regarder en face tout ce que, dans l'environnement des petites filles en l'occurrence, risque déjà de les traiter différemment, les traite déjà différemment. Toutes ces attentes, notamment à être plus sage, plus gentille, plus discrète, etc. Évidemment, j'aimerais que les papas soient plus proactifs dans cette démarche-là. D'ailleurs, dans la saison 2, vous allez voir que j'ai interviewé deux mamans dont le conjoint est vraiment hyper engagé dans cette démarche-là. Mais ce n'est pas dans la majorité des cas, je pense. Et je crois que c'est notamment... C'est pas une excuse, mais c'est notamment parce qu'eux, ils n'ont pas grandi en tant que femmes, en tant que petites filles et ensuite en tant que femmes. Ils ne savent pas à quel point certaines de ces attentes, de ces injonctions peuvent être délétères, tout ce qu'elles peuvent laisser derrière elles. Et c'était important pour moi aussi dans la saison 1 d'essayer de faire ce lien entre la petite fille sage et la femme qu'elle devient. On en a donc notamment parlé avec Julie Vandermullen dans l'épisode 17, le syndrome de la good girl, mais aussi avec Marion Ausha. donc épisode 31 sage à l'école invisible au travail et j'avais envie de vous mettre un petit extrait de mon interview avec Marion Charzat parce qu'on s'était prêté un petit jeu assez rigolo selon toi la petite fille qui fait toujours ses devoirs devient elle devient l'employée
- Speaker #2
ou la cadre en tout cas qui travaille tard pour prouver sa valeur pour prouver qu'elle est méritante pour avoir la bonne note ça c'est beaucoup j'imagine ah oui Merci.
- Speaker #0
La petite fille qui n'ose pas lever la main devient...
- Speaker #2
La femme qui, en réunion, n'osera jamais prendre la parole et qui a plein de choses à dire.
- Speaker #0
Et ça, je le vois très souvent. Elle a plein de choses à dire, mais se dit, mais en fait, qu'est-ce que je vais apporter ? Et enfin, une petite dernière, la petite fille à qui on dit soit sage, soit gentille devient...
- Speaker #1
Celle qui n'ose pas dire non, qui prend le travail des autres sans problème, qui va chercher les cafés de l'équipe.
- Speaker #0
Alors là, on s'était surtout amusé à regarder ce que ça pouvait donner dans la vie professionnelle, mais évidemment, ça ne s'arrête pas à la porte du bureau. La petite fille qui apprend à ne pas décevoir, à faire plaisir, à ne pas déranger, etc., elle emmène tout ça dans ses relations, dans son couple, dans son rapport à son corps, dans sa maternité. Mais je voulais quand même mettre une petite nuance ici, parce que l'objectif de tout ça, ce n'est pas simplement de fabriquer des futures femmes confiantes, libres, capables de dire non, etc. Je crois même qu'il faut faire attention d'ailleurs à ne pas transformer nos filles en une sorte de projet. Donc le projet de fabriquer des femmes que nous aurions aimé être. Voir parfois de se réparer à travers elles, de réparer certaines choses que nous-mêmes avons vécues, même si, on ne va pas se mentir, on est toutes en train de le faire un petit peu. Mais moi ce que je voulais dire c'est que, avant d'être des femmes de demain, nos filles là, ce sont des enfants aujourd'hui. Et les enfants ont des droits. Notamment le droit de disposer de leur corps, d'avoir justement des limites de les exprimer, le droit de parler, d'être écoutée, le droit que leurs émotions soient prises au sérieux. Et respecter ses droits, ce n'est pas un outil éducatif pour obtenir quelque chose plus tard. On ne respecte pas leur corps pour qu'elles deviennent des femmes confiantes. On ne va pas respecter leurs émotions pour qu'elles deviennent des adultes émotionnellement intelligentes. On ne va pas respecter non plus leur nom pour qu'elles sachent dire non à 30 ans. En tout cas, pas que pour ça. On respecte là, tout de suite, maintenant, leur corps, leurs émotions, leurs limites et leurs noms parce que ce sont leurs droits. Là, tout de suite, maintenant. Et quand je dis maintenant, c'est même possible de le faire dès la naissance. Là-dessus, j'ai un magnifique passage, justement, avec Alice Amoureux de Petit Corps Super Pouvoir. Dans l'épisode 15, ta fille sait-elle dire non ? Selon toi, à quel âge, idéalement, on commence à éduquer tout ça ?
- Speaker #3
Dès la naissance, en réalité. Après, comment ça se matérialise ? Voilà, un moment. vraiment clés. Là où on a le plus grand rôle à jouer, c'est le moment du change. Ce moment, il est immensément précieux. Prenez le temps, vraiment. Prenez le temps d'expliquer, même à un tout petit bébé, pourquoi on va changer sa couche, d'expliquer tous les gestes que vous êtes en train de faire, nommer les parties intimes par leur vrai nom, de toujours garder ce contact visuel et verbal avec l'enfant, parce que là... On est quand même face à un bébé qui est nu sur une table à langer et qui est en état de vulnérabilité. Tous nos gestes, tous nos mots, tout le fait de valider ces émotions et de ne pas essayer de le distraire, par exemple, quand on le change, tout ça, ça vient poser des bases de ton corps, c'est un trésor.
- Speaker #0
Bon, rassurez-vous, si comme moi, vous n'avez pas commencé dès le premier change de couche, il est évidemment jamais trop tard. En grandissant, ça passe par plein de choses très concrètes, leur apprendre à savoir nommer leurs parties intimes, évidemment, ne pas les forcer à faire un bisou, un câlin, leur apprendre à demander aussi aux autres s'ils sont OK avec ça. Voilà, plein de choses dont on a parlé, notamment avec Alice, justement, mais aussi avec Anne-Laure, l'épisode 29 sur la prévention du violon sexuel, avec Susanna aussi. qui nous a montré concrètement comment elle avait fait avec sa fille. Donc ça, c'est l'épisode 20. Et voilà, je sais que ce n'est pas toujours évident. Moi, il m'a fallu quelques semaines avant de réussir à dire le mot vulve, par exemple, sans me sentir gênée. Pareil, au début, ne pas demander à ma fille de faire un bisou pour des bons jours, ça m'a demandé un petit temps l'adaptation. Et c'est vrai que même quand on sait l'importance de tout ça, parce que justement, on a écouté Passage, on peut quand même parfois être tenté de se dire « Bon, est-ce que c'est vraiment si grave ? C'est juste un bisou à mamie ? » Donc, j'avais quand même envie de vous remettre un petit coup de si c'est important grâce à un autre passage de mon interview avec Alice.
- Speaker #3
C'est que nous, en tant qu'adultes, on a un rôle immense à jouer dans la transmission et le respect des limites corporelles de l'enfant. Qu'est-ce qu'on apprend quand on force un enfant à avoir un contact physique ? Fais un bisou à mamie, mets mon bisou le matin devant l'école. Ce n'est pas des moments comme ça qui ont l'air anodins mais qui sont très répétitifs. On apprend à l'enfant que la bienféance est le plaisir de l'autre. passe avant son ressenti et ses limites. On apprend à l'enfant qu'en fait, son nom, il n'a pas tellement de valeur, que le chantage affectif, quelque part, c'est un peu OK. Je suis trop triste que tu ne me fasses pas un boulot. Tu ne m'aimes plus. Ça, c'est du chantage affectif. Et ça, en fait, à long terme, quand c'est répété, ça peut avoir des conséquences assez importantes sur ces futurs adultes aussi, dans le fait de faire passer le plaisir de l'autre. avant ses propres limites personnelles.
- Speaker #0
Et puis ce qu'il faut se dire aussi, c'est qu'apprendre à prononcer le mot vulve sans rougir, c'est un petit entraînement pour le jour où il faudra lui expliquer ce qu'est un clitoris. Et ce jour arrive très rapidement, parce que vous allez voir dans la saison 2, une des expertes que j'ai interviewée, elle va vous dire qu'il faut le dire très très vite. Et je voulais juste rappeler aussi que Alice, elle explique dans notre interview que plus on commence... Tôt à parler de ces sujets avec nos enfants, plus ce sera facile de continuer à en parler quand ils grandiront. Voilà. Et plus aussi, je dirais, ce sera facile de continuer à employer ces mots-là, même quand autour de nous, tout le monde, encore une fois, n'est pas tout à fait à l'aise avec l'idée. Ça, il y a une maman que j'ai interviewée, Élise, qui en a fait l'expérience avec ses filles et qui... Et c'est pour ça, je pense que cet épisode, il a beaucoup plu. Cet extrait, il a cartonné sur Insta. Elle a su exactement quoi répondre et je pense qu'on va toutes s'en inspirer.
- Speaker #4
Et donc, il y a des yeux qui disent « mais tu te rends compte, elle sait ce que c'est un clitoris ? » Je dis « bah oui, et ? » Elle sait ce que c'est un nez, une joue, un orteil, et ? Et en fait, j'essaye toujours de recadrer en disant « attendez, il y a deux choses qui sont très différentes. Il y a l'éducation à la physiologie de la sexualité, comment ça marche ? » Et nos parents, quand ils étaient à la campagne, ils voyaient bien le taureau sur la vache, ça ne posait aucun problème. Comment ça fonctionne ? Ça, c'est tout à fait normal que les enfants... sache comment ça fonctionne. Vraiment, littéralement. Et ce qui ne devrait jamais faire partie de l'univers des enfants, c'est l'érotisme. Ça, ça arrive avec la puberté. Or, dans la société, on fait exactement l'inverse. C'est-à-dire, on met des femmes à poil pour vendre des yaourts. dès que les enfants, il y a une fille et un garçon qui jouent ensemble tu vas te marier, vous allez avoir des bébés non, c'est une vie c'est deux enfants qui jouent, c'est pas une fille et un garçon, papa dans maman, non ça n'a rien à voir avec ça, et on va projeter nous en tant qu'adultes parce que nous, notre vie dans notre vie il y a la sexualité et l'érotisme, on va mélanger les deux et parce que la société nous pousse à ça, or c'est l'exact inverse pour moi, de ce qu'il faut faire c'est à dire l'éducation à la sexualité, de comment ça fonctionne ça c'est le rôle au... normal de l'éducation d'expliquer comment ça marche. Ça les protège, ça leur permet de connaître leur corps. En revanche, le regard érotique posé là-dessus n'a rien à faire. C'est intrusif dans les pensées de l'enfant.
- Speaker #0
Évidemment, derrière tout ça, il y a aussi un enjeu dont on a beaucoup parlé cette année, la prévention des violences sexuelles. Avec l'actualité de cette année, c'était un peu inévitable. Mais quand je dis évidemment, pour moi, ce n'était pas tout à fait évident au départ. même j'avais pas du tout envisagé en lançant le podcast que j'allais parler de prévention des violences sexuelles. Maintenant, ça me paraît évident, et je pense que vous aussi, si vous écoutez Passage depuis un moment, connaître son corps, savoir nommer ses parties intimes, savoir qu'on a le droit de dire non, c'est autant d'outils qu'on peut donner à nos enfants. Mais je voulais rappeler deux choses importantes quand même, c'est que, un, ça garantira jamais qu'il ne leur arrivera rien. D'ailleurs, on peut tomber dans une forme de psychose. D'ailleurs, j'en avais fait une FAQ spéciale avec Déborah Price, c'est l'épisode 30. qui est psychologue, si vous voulez aussi peut-être, si vous voulez un petit peu creuser cette nuance entre la vigilance et la psychose. Et puis la deuxième chose, c'est que la prévention des violences sexuelles, elle ne peut pas reposer uniquement sur les potentielles victimes qu'on équipe, voilà, qu'on équipe, ni sur les parents qu'on équipe à équiper, quoi. Il y a aussi un enjeu qui est évidemment beaucoup plus collectif et politique, celui de construire une société qui protège réellement les enfants. Et je pense que ça, c'est aussi quelque chose qu'on continuera à explorer dans la saison 2. Par contre, il y a un autre endroit où nous, mamans, et nous, parents en général, on peut agir très concrètement au quotidien. C'est dans notre rapport à l'obéissance. Et ça, je remercie Anne-Laure Bourgeois, encore une fois, de l'avoir souligné dans l'épisode 29, en parlant de l'histoire d'Andréa Bescon, qui est une comédienne autrice et réalisatrice, qui a notamment raconté dans Les Chatouilles, vous connaissez peut-être ce film, les violences sexuelles qu'elle a subies enfant. Je vous laisse écouter Anne-Laure sur ce sujet.
- Speaker #5
On lui disait des habitoires, elle se déshabillait et puis c'était terminé. Parce qu'en fait, elle devait obéir aux adultes en permanence. C'est ce qui a fait que son agresseur avait pu agir en toute impunité. On ne peut pas demander à un enfant de pouvoir activer son système d'alarme si un adulte a un comportement inapproprié avec lui ou avec elle. mais d'obéir à tout prix, c'est complètement incompatible. Le plus important, c'est vraiment que l'enfant ait un esprit critique et qu'il puisse exprimer ce non. Je ne vois pas comment on peut apprendre l'obéissance absolue aux adultes et en même temps vouloir qu'un enfant sache repérer des situations anormales.
- Speaker #0
Là encore, je pense que ça paraît évident. Sauf que c'est vraiment là que le bas blesse, en France notamment. Parce que ne pas chercher à obtenir l'obéissance à tout prix, ce n'est pas si évident que ça quand on élève un enfant, notamment en France, où on valorise encore énormément l'enfant qui écoute, qui ne dérange pas, qui fait ce qu'on lui demande. Bref, l'enfant sage. Et je ne pouvais pas faire un épisode anniversaire de passage sans revenir justement sur ce fameux mot sage, qui d'ailleurs, comme me l'avait rappelé Louise, de petites phrases à leur dire, n'existent pas, par exemple en Angleterre. mais dans d'autres cultures non plus. Et là, j'ai un passage extra avec Susanna, donc c'est l'épisode 20, où elle, justement, elle avait pris le temps d'aller regarder la définition dans le dictionnaire, donc je voulais absolument vous mettre ce petit extrait.
- Speaker #6
J'expliquais justement dans cette vidéo que sage, je trouve que c'est un mot qui est intéressant parce que ça définit deux choses différentes pour les enfants et les adultes. C'est-à-dire que dans le dictionnaire, le mot sage, il y a sa définition qui appartient aux adultes, c'est-à-dire une personne réfléchie et modérée. C'est très joli, c'est sympa. Mais il définit bien, et c'est écrit entre parenthèses, pour les enfants. Pour les enfants, c'est quelqu'un de calme et docile. Donc, quand j'ai vu ça, je me suis dit calme, ok. Un enfant, je ne dirais pas trop le mot calme pour décrire un enfant, mais d'accord. Et docile. Et en fait, je n'avais pas la définition exacte du mot docile. Je suis partie voir dans le dictionnaire aussi. Et docile, ça veut dire littéralement une personne qui obéit facilement. Oui. Donc quand j'ai vu ça, je me suis dit, mais est-ce que j'ai vraiment envie que ma fille soit une personne qui obéit facilement et qui soit absolument calme ? Non. Alors certes, les enfants sont capables d'être calmes par moment, de se poser, mais un enfant... Ça n'a pas pour but d'être calme et d'obéir facilement. Si on veut que quelque chose soit facile, on prend une télécommande. Il y a des boutons, ça marche très bien. Si on veut que ça s'arrête, on appuie sur pause. Ça, d'accord. Mais les enfants, non. Un enfant, sa vie, c'est bruyant, c'est vivant. Ce n'est pas sage.
- Speaker #0
D'ailleurs, pour celles qui ne t'éposent au courant, j'ai voulu appeler ce podcast « Passage » suite à une discussion avec une copine où je leur racontais que... À la crèche, on m'avait demandé à ma fille d'être plus sage et elle m'avait dit qu'on lui avait fait la même demande et qu'elle avait répondu, mais si ça avait été un garçon, est-ce qu'elle m'aurait fait la même demande ? Et c'est au cours de la discussion que je me suis dit, ok, voilà, j'ai le nom du podcast. Et ce mot sage, il n'est évidemment pas anodin parce qu'en fait, les mots, c'est vraiment le reflet de nos représentations et de nos normes. Donc, derrière le mot sage, il y a vraiment toute une représentation de ce que doit être l'enfant, la place qu'il doit prendre, la manière dont il doit se comporter face aux adultes, etc. qui n'est d'ailleurs pas partagée partout dans le monde. Et là, je voulais aussi absolument vous mettre un extrait de l'interview que j'ai faite avec Alexia Aiglose, du compte Instagram Petite Framboise, c'est l'épisode 39, parce qu'il est très révélateur de ce que je suis en train de vous dire là.
- Speaker #7
C'est-à-dire que nous, en France, un enfant qui pleure, un enfant qui se réveille, globalement, un enfant qui dérange l'adulte, c'est un problème. Alors pour eux, c'est un signe de vitalité, c'est un signe de vie. C'est un signe de confiance et c'est un signe que l'enfant se développe bien. Donc, c'est vrai que c'est tout un regard, tout un prisme qui change. Alors évidemment, encore une fois, les parents ne sont pas soutenus de la même manière aussi. En France, les parents sont très seuls, il n'y a pas de village, ou alors il est clairement défaillant. Alors que dans beaucoup de cultures, il y a encore ce village. Mais dans certaines cultures, l'enfant a vraiment une place plutôt sacrée, je dirais. où l'enfant roi, pour le coup, existe, mais c'est vraiment un principe fondamental pour eux. C'est vraiment très important que l'enfant soit, et d'ailleurs, ils le verbalisent, que l'enfant soit au-dessus des adultes. Il est vraiment précieux. Pour nous, l'enfant, il ne faut pas qu'il fasse de vagues, il ne faut pas qu'il gêne limite notre vie d'adulte. Et du coup, forcément, s'il se réveille la nuit et que le lendemain au boulot, on n'est plus aussi performant, c'est un problème. Et le problème, c'est l'enfant qui se réveille, pas le retour précoce au travail. Donc il y a vraiment un point de vue qui diverge beaucoup.
- Speaker #0
Donc de se pencher sur comment ça se passe dans d'autres cultures, ça peut nous permettre de prendre un petit peu de recul. Mais il y a autre chose qui peut nous permettre de prendre un peu de recul, c'est ce que disent les neurosciences. Et ce qu'on voit quand on s'intéresse un peu à ça, c'est qu'à force de vouloir faire entrer nos enfants dans ces normes sous prétexte de politesse, de bienséance, ou simplement parce que ça ne se fait pas, c'est ce qu'on a appris nous en tout cas, on peut... parfois finir à aller à l'encontre de leurs propres besoins. Et là encore, j'ai eu beaucoup de chance de pouvoir interviewer une personne que j'adore, Tiffany Hart, du compte Neuroparentalité, qui est suivi, elle aussi, par plus de 100 000 personnes. Donc c'est l'épisode 34, les neurosciences à la rescousse des mamans, passage. Et je voulais vous partager un extrait que j'aime beaucoup.
- Speaker #8
On a des attentes vraiment irréalistes par rapport aux enfants qu'ils doivent tout de suite... avoir des comportements de politesse qu'ils doivent justement partager alors que justement ils sont dans l'apprentissage ils sont en train de renforcer les circuits dans leur propre cerveau au bout d'un moment ils vont naturellement avoir ces comportements là à force d'être dans l'imitation grâce aux neurones miroirs par exemple qui vont s'activer dans le cerveau en nous regardant simplement faire donc tout cela émerge naturellement et c'est On n'a pas besoin de forcer comme on pourrait croire aujourd'hui.
- Speaker #0
Et ce qui est super par contre avec les représentations, c'est quand on les change, quand on regarde différemment ce que doit être un enfant, quand on a des attentes différentes, alors on ne regarde plus aussi ses comportements de la même manière et puis on réagit aussi d'une autre manière sans forcément d'ailleurs avoir besoin d'apprendre une méthode en trois étapes, etc. Et je voulais quand même vous mettre aussi un autre passage de l'interview avec Alexa. Le Terrible Two, et si c'était génial, parce que justement, j'ai adoré sa vision à elle du Terrible Two.
- Speaker #7
Je voyais en fait dans ses noms, dans ses refus, je voyais quelque chose de positif, je dirais. Alors que beaucoup de parents, ils voient surtout beaucoup de négatif, parce que c'est clair que ça challenge un peu le quotidien. Mais je trouvais ça super en fait, qu'elle ait des goûts différents des miens. et je trouve aussi que notre Notre société et notre monde d'adultes, il est assez peu pensé pour les enfants. On en a de plus en plus conscience. En fait, de base, on leur impose déjà plein de choses toute la journée. le menu du repas les horaires du coucher on leur impose d'aller à l'école donc on leur impose un rythme de vie donc c'est des choses on leur impose tout au long de la journée donc si en plus à côté de ça on leur impose le goût de leur yaourt la paire de chaussures qu'ils doivent mettre s'ils doivent mettre un manteau ou pas pour sortir parce que nous on a des critiques qu'il faisait froid et la couleur de leur culotte du jour Ça commence à faire beaucoup. Et en fait, n'importe quel adulte en aurait certainement marre de ne pas pouvoir s'exprimer, tout simplement.
- Speaker #0
Et après, on nous dit que les enfants sont trop vite frustrés, qu'il faut leur apprendre la frustration, que d'ailleurs, tiens, si on les mettait un an à l'école, comme ça, ils apprendraient très tôt la frustration. Voilà, ça vous fera un petit élément de réponse pour ceux qui, autour de vous, pourraient dire des conneries, je vais dire le mot, comme ça. J'ai eu un petit doute, ce que je dis, le mot connerie, ce que je risque d'être censurée, mais je ne suis pas sur Instagram, je suis sur mon podcast et je fais ce que je veux et ma bonne élève, elle a qu'à se mettre sous la couette. Bref, revenons à des choses plus sérieuses. Toutes ces représentations, évidemment, elles ne sortent pas de nulle part. Elles sont façonnées par notre culture, par ce qu'on voit, par ce qu'on entend et notamment par les histoires qu'on nous raconte dès l'enfance. Et pendant cette première saison, on s'est justement beaucoup intéressés aux représentations dans les livres jeunesse. de la place qu'occupent les filles, moins de la place qu'occupe l'enfant en général, mais franchement, ça serait un sujet passionnant aussi à la regarder. Mais déjà, rien que la place qu'occupent les filles, il y a pas mal de choses à dire, les rôles qu'on leur donne, ce qu'on leur permet d'être, ou ce qu'on ne permet pas d'être. Et sur ce sujet, j'ai eu la chance d'interviewer dans l'épisode 18 Julie Guylaine Michel, croire au fait, pas au cliché, le titre de l'épisode, mais surtout le titre de son guide. pour comprendre et combattre les clichés sexistes de la fiction jeunesse. C'est le livre le plus gros que j'ai dans la bibliothèque de passage. C'est presque 300 pages, donc il y a vraiment un paquet de choses à dire. Mais je vais laisser la parole à Julie pour qu'elle nous explique déjà pourquoi ce n'est pas anodin, un livre, dans une bibliothèque.
- Speaker #2
La chercheuse que j'adore en livre en la matière, c'est Abda Fond-Nouvelle. Elle a fait énormément d'études et elle a prouvé vraiment que même la lecture dans ce livre pouvait avoir un impact direct et immédiat. sur, par exemple, le choix des jouets des enfants. Par exemple, si on a une petite fille qui va lire un livre très stéréotypé sur d'autres petites filles qui jouent à la poupée, après, quand on lui laisse le choix entre jouer à la poupée et jouer au camion, elles vont plus avoir tendance à aller jouer à la poupée simplement parce que c'était dans le livre.
- Speaker #0
Et donc, évidemment, je lui ai demandé, mais concrètement, dans ces livres, nos filles, elles apprennent quoi ?
- Speaker #2
Pour les petites filles, ce qui revient régulièrement, c'est que, d'une part, elles sont moins visibles que les garçons. Ça a dû s'améliorer un petit peu en 10 ans. mais elles restent quand même souvent des personnages secondaires et parfois alors même qu'elles ont toutes les qualités pour être un personnage principal. Elles restent dans des rôles de soins des autres, donc des personnages qui sont gentils, qui sont sages, qui ne vont pas parler trop fort, qui ne vont pas trop se défendre, qui vont être attentifs, qui vont être à l'écoute, toujours en contraste finalement avec des personnages masculins qui sont dans le courage, dans l'aventure. T'as plein de conséquences, t'as le fait que les filles apprennent aussi à beaucoup douter avant d'agir, parce que finalement dans les récits, c'est pas elles qui agissent principalement. Elles suivent, souvent. Il y a quelqu'un d'autre qui prend la décision pour elles, elles attendent qu'on vienne les sauver, elles attendent que le héros principal soit désigné héros principal pour savoir où va l'aventure. Elles ont vraiment des héroïnes qui agissent vraiment, qui ont des actions qui leur reviennent et qui relèvent de leurs décisions. Des petites filles qui s'excusent d'exister aussi parce que finalement, elles n'ont que des héroïnes qui ne prennent pas beaucoup de place. Par exemple, dans les Disney, même les Disney très très récents, type La Reine des Neiges, il y a des études qui ont montré que les personnages féminins parlent énormément moins que les personnages masculins, alors même que c'est un dessin animé où les personnages principaux sont féminins.
- Speaker #0
Alors heureusement, il existe aussi de formidables initiatives pour venir contrer un peu toutes ces représentations. Julie, justement, dans l'épisode 18, nous avait parlé de maisons d'édition qui font bouger les lignes sur ces sujets-là. Elle nous avait donné quelques références de livres jeunesse aussi, que j'ai remis dans le guide que vous pouvez encore une fois télécharger. Le lien se trouve dans la légende de ce podcast. J'ai aussi eu le plaisir de recevoir Céline Steyer, qui est la fondatrice du podcast Nouvelles Héroïnes. Et du livre Nouvelles héroïnes, 20 femmes d'aujourd'hui et toi, qui oeuvre vraiment à ce que les petites filles et d'autres modèles, et des modèles féminins auxquels s'identifier. D'ailleurs dans cet épisode, on a aussi fait un petit jeu où je lui ai demandé, pour peut-être aider nos filles à avoir plus confiance en elles, tu conseillerais de lui parler de quelle héroïne. Donc voilà, n'hésitez pas à aller écouter ou réécouter notre interview. J'ai aussi eu la chance de pouvoir interviewer la fondatrice d'une toute nouvelle maison d'édition jeunesse. qui s'appelle Maison sans tabou, donc c'est Charlène, et qui a édité à ce jour-ci, livre dans la collection La vraie vérité sur, La vraie vérité sur l'inceste, sur la mort, sur la grossesse, sur les accouchements, et aujourd'hui donc il y a les deux petits nouveaux sur les poils et sur l'allaitement. Évidemment toutes ces représentations elles ne se construisent pas uniquement dans les livres, malheureusement parce qu'à la limite on pourrait se concentrer là-dessus, mais non non, c'est évidemment partout, même rien que dans les films. que nous adultes on peut regarder, la manière dont sont traités les enfants, c'est très significatif de la place qu'on donne aux enfants et comment on les traite au quotidien. Mais elles sont aussi dans le dessin animé, dans les jouets, dans toutes ces petites phrases qu'on leur répète parfois sans même y penser, qu'on a entendues nous étant petites. Et donc c'est pas étonnant d'ailleurs que dès 3-4 ans, les enfants commencent déjà à avoir très bien intégré certains noms de genre. Et ça c'est Marion Esco. du compte Instagram Punchlinette qui nous l'avait très bien expliqué dans l'épisode 32, le vernis c'est pour les ongles. Et donc du coup, c'est aussi très tôt que nous parents, on doit commencer à agir. Et justement, dans cette première saison, on a exploré plein de choses très concrètes qu'on peut faire avec elles. Donc les histoires qu'on peut leur lire, les jouets et les vêtements qu'on leur propose, la manière aussi dont on accueille leurs émotions. Et donc je voulais vous mettre quelques extraits sur tout ça, mais évidemment je ne pourrais pas... Je n'ai pas pu reprendre tous les passages où on en a parlé. Mais je voulais vous mettre absolument un extrait de mon interview avec Louise Cardon-Coeuf du compte Instagram Petites Phrases à leur dire, justement. Parce que je lui avais proposé un petit jeu qui était de lui donner les phrases qu'on peut avoir l'habitude de dire aux enfants, notamment aux filles. Et qu'est-ce qu'elle en pensait ? Et est-ce qu'elle nous conseillerait de le dire ou de ne pas le dire ? La première, c'est ne dis pas, tu es capricieuse, dis.
- Speaker #1
Je vois que tu as besoin de quelque chose. Est-ce que tu veux me dire quoi ? Tu es capricieuse, déjà, c'est une étiquette. Plus on le dit, plus l'enfant va avoir ce comportement qui n'est pas agréable à ressentir. Et puis, sur les petites filles, tu es capricieuse, tu vois, ça renforce cette cage un peu dorée où la petite fille apprend qu'elle doit être agréable, discrète, et surtout ne pas déranger. Ça, je pense que ça veut dire beaucoup de choses. Et donc, là, c'est comment on peut lui montrer que... avec la limite de ne pas déranger les autres, évidemment, elle peut exprimer en fait ce qu'elle ressent, même quand c'est désagréable à entendre.
- Speaker #0
Tu ne dis pas, tu fais, tu es timide, dis.
- Speaker #1
Alors là, j'aime beaucoup l'expression de dire une partie de toi hésite et a peur d'y aller et une autre partie a envie. Et si on décidait d'écouter la partie qui a envie d'y aller ? Ou alors, tu as le droit de prendre ton temps. Tu as le droit de prendre ton temps. J'insiste sur ce côté des parties parce que ça aide beaucoup d'un point de vue psychologique à aider l'enfant à comprendre que c'est normal d'avoir plusieurs voix dans notre tête. Et après, on décide d'écouter la partie qui s'appelle le plus. Et parfois, on peut avoir un peu de courage et essayer d'écouter la partie qui a envie mais qui n'ose pas encore.
- Speaker #0
Et le meilleur pour la fin, ne dis pas « soit gentil » ou « soit sage » .
- Speaker #1
Je pense que ça, il ne faut pas le dire. Sois mignonne, sois gentille, sois sage pour faire plaisir à un sage.
- Speaker #0
Alors ça, c'était les phrases plutôt à ne pas dire. Mais elle nous avait aussi donné quelques phrases qu'elle conseillait vraiment de leur dire que je trouvais très belles. Donc, je vous ai mis un extrait de ce passage-là aussi. Alors du coup, si tu devais choisir trois phrases qu'une petite fille devrait entendre souvent, ce seraient lesquelles selon toi ?
- Speaker #1
Alors, la première. première première, qu'on peut répéter très souvent, c'est « tu n'as pas besoin d'être parfaite pour être aimée » . Ça, moi, rien que l'entendre, je pense que j'aurais aimé l'entendre. Une autre phrase que… qui est importante, surtout pour les filles, c'est « Sois toi seule et dans ton corps et sais ce que tu aimes » . Donc ça, on peut le dire, « Ah, ces chaussettes, elles grattent » . Ok, j'avais pas cette impression, mais c'est ton corps, toi seule sais. Des petites choses comme ça, au moment de la douche, au moment des repas. Et pourquoi c'est très important ? Parce que nous, adultes, on est beaucoup plus... beaucoup dans notre mental, parce qu'on a beaucoup nié nos émotions, etc. Donc, on est monté au cerveau. Et aujourd'hui, tu vois énormément surtout des femmes qui ne savent même plus ce qu'elles veulent, ce qu'elles aiment, et qui ne sentent même pas les émotions dans leur corps parce que c'est complètement déconnecté.
- Speaker #0
Donc, après les petites phrases... Qu'on devrait leur dire ou ne pas leur dire, il y a aussi celles qu'on peut leur apprendre à dire. Parce qu'on ne pourra pas empêcher toutes les remarques sexistes qui arrivent d'arriver jusqu'à elles, mais on peut leur donner quelques réparties pour y répondre. Et pour ça, évidemment, je suis allée demander conseil à Marion du compte Instagram Punchlinette, une spécialiste des punchlines, notamment de la répartie antisexiste, et celle qu'on peut apprendre à nos enfants tout particulièrement. Une autre phrase, le vernis, c'est pour les filles.
- Speaker #2
Alors là, j'ai deux petites punchlines qui me viennent en tête, même si celles de ta communauté sont super. Il y en a une que j'adore, c'est le vernis, c'est pour les ongles. Ça ramène à la fonctionnalité du vernis, en fait. Et il y en a une autre qui fait plutôt appel à ce que j'expliquais au début du podcast, c'est-à-dire que les normes de genre, etc., elles sont mouvantes. en fonction des cultures et des contextes et des époques. Et on peut répondre, ah bon, pourtant, les footballeurs brésiliens en portent aussi, et les rockeurs aussi. Je pense que c'est cool de donner des rôles modèles comme ceux-là aux enfants.
- Speaker #0
Trop bien. Allez, une petite dernière pour la route. Donc, une coupe de cheveux, c'est une coupe de cheveux pour garçons. Pardon, c'est une coupe de cheveux de garçons. Moi,
- Speaker #2
j'aime bien, dans ce cas de figure, faire, encore une fois, appel aux références communes. On peut citer, par exemple... les chanteurs masculins ou les rappeurs masculins de nos jours qui se baladent avec la crénière jusqu'aux épaules. Ça, c'est H, Relay, c'est compagnie. Donc, tu peux formuler aussi des réparties à partir de cette culture populaire-là.
- Speaker #0
D'accord. Trop bien. Alors, s'il y a bien un domaine où les attentes envers les filles et les garçons divergent encore énormément, c'est celui de la beauté. On attend quand même encore beaucoup plus de petites filles, qu'elles soient jolies, bien coiffées, bien habillées, bien apprêtées. Et forcément, toutes ces attentes, tous ces commentaires aussi sur leur apparence, ça participe à façonner le rapport qu'elles vont construire avec leur apparence et avec leur corps notamment. Et le rapport au corps, à l'apparence, à la beauté, on en a parlé pendant cette première saison parce qu'évidemment, on a toute envie qu'une fille grandisse bien dans leur peau. Et sur ce sujet, j'ai eu la chance de croiser un jour sur Instagram Élise, que vous venez d'entendre un petit peu plus tôt dans l'épisode, qui est maman de 4 filles, dont 2 adolescentes. qui sont plutôt bien dans leur peau et qui ont un rapport particulièrement serein à leur corps. Donc, quand j'ai appris ça via Instagram, via un commentaire qu'elle avait mis sur Instagram, j'ai tout de suite voulu lui demander comment elle s'y était prise. Et ça a donné un épisode que vous avez beaucoup aimé. Elle nous a donné plein de pistes. Donc, je ne vais pas tout vous repartager ici, mais deux, trois en tout cas, qui, de toute façon, ont finalement toutes un point commun. Je pense que vous l'aviez compris en... en écoutant l'épisode, le principal, c'est vraiment d'apprendre à nos filles que leur corps, ce n'est pas un support de beauté. En tout cas, c'est bien plus que ça.
- Speaker #3
C'est important qu'elles puissent voir leur corps comme autre chose qu'un support de beauté. C'est d'abord un support de vie, un support pour bouger, un support pour créer, un support pour agir, un support pour s'amuser. Et pas juste que le corps soit le support. On n'est pas des porte-manteaux, concrètement.
- Speaker #0
Justement, il y a des phrases comme ça que tu leur as aussi transmises, des petites punchlines qu'elles répètent. Tu en as quelques-unes comme ça ?
- Speaker #3
Ah oui, alors on n'est pas des objets de déco, ça je ne sais pas combien de fois je l'ai dit, mais c'est vraiment quelque chose qui revient souvent. On n'est pas des porte-manteaux, c'est les habits qui doivent nous aller, ce n'est pas nous qui doivent rentrer dans des habits qui nous font mal, qui sont inconfortables. On n'est pas censé avoir mal aux pieds dans nos chaussures, non. Voilà, mon corps ce n'est pas TripAdvisor, personne n'a à faire de commentaires dessus.
- Speaker #0
C'est d'accord.
- Speaker #3
Vraiment, personne n'a affaire de commentaires. Ce qui veut dire que soit en tant que parent, on n'est pas censé faire des commentaires non plus sur les corps des autres.
- Speaker #0
Dans l'épisode, elle raconte aussi qu'elle a toujours privilégié pour ses filles des vêtements confortables, dans lesquels elle pouvait courir, grimper, bouger librement, en réservant plutôt les grandes robes de princesse aux fêtes ou aux déguisements, tout en les laissant, évidemment, quand même libres de développer leur propre style, porter ce qu'elles avaient envie de porter. Mais je voulais vous remettre un autre extrait sur... sur les phrases qu'on peut dire à nos filles et qui comptent dans ce domaine-là particulièrement.
- Speaker #3
Alors, toute petite, effectivement, le fait de faire des compliments, c'est déjà quelque chose que j'ai vraiment appris à faire différemment. Ce n'est pas « tu es jolie » , c'est « oh, tu as mis une jolie robe » ou « oh, tu as bien réussi à mettre du maquillage sans déborder quand elles sont plus petites » puis après, quand elles sont à dos, « oh, le tradaliner, super réussi, bravo » . Voilà, donc vraiment décrire ce qui est en leur pouvoir à elles. parce que la forme de leur visage et de leur corps, ça c'est pas de leur ressort donc il y a ce côté là il y a ce côté félicité quand même évidemment non seulement quand elles s'apprêtent mais aussi dans tout un tas d'autres situations un exemple tout simple elles vont réussir à faire un magnifique panier oh tu es magnifique ma fille quand tu réussis des belles actions comme ça panier de basket C'est réussir à dire qu'elles sont magnifiques par ce qu'elles sont et pas par des critères extérieurs.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui se passe par contre quand c'est notre fille qui nous regarde et qui nous dit un jour, comme moi ça m'est arrivé plusieurs fois avec Rose, je vous l'avais partagé sur Instagram, je suis pas belle maman. Elle ne me l'a pas dit comme ça, elle m'a dit mais je suis pas belle. Ok, je me suis retrouvée un peu démunie, même si finalement j'avais fait l'interview avec Marion. dont je vais vous partager un autre extrait là tout de suite avant. Mais bon, c'est vrai que c'est un entraînement. Donc voilà, on peut vite être démuni. Et c'est d'ailleurs pour ça que je voulais vous remettre cet extrait aujourd'hui sur comment on peut répondre à ce genre de remarques de notre fille.
- Speaker #2
Effectivement, quand elle reçoit une critique à l'école ou dans un autre contexte, donc ta robe est moche, t'es pas belle, dans le cas de tes abonnés. Et là, c'est un moment clé parce qu'en fait, la réaction que nous, on va avoir en tant qu'adulte, c'est ça qui va lui apprendre. quelque chose d'important. Et c'est ça qui va lui apprendre que l'avis des autres sur son corps, c'est une information, tu vois. C'est pas une vérité. Et est-ce que cette information compte ? C'est toi qui va lui apprendre oui ou non. Donc la tentation, c'est vrai qu'on a tendance à vouloir contre-attaquer. Mais si, tu es très belle, blablabla. Sauf que ça, ça confirme que la beauté, c'est l'enjeu. Donc ce que tu peux faire à la place, c'est d'aider à repositionner, ou en tout cas, l'aider à se repositionner à elle, l'enfant. par rapport au regard extérieur. Tu peux lui dire, « Et toi, est-ce que tu aimes ta robe ? » ou « Comment tu te sens dedans ? » Tu vois ? C'est des questions qui lui apprennent qu'en fait, ce qui est le plus important, ce n'est pas la vie des autres, c'est la vie qu'elle a d'elle-même. Tu vois ? Et si elle est blessée, si elle est triste, ce qui est tout à fait normal, d'accord, chez un enfant aussi jeune, d'abord, tu vas venir valider l'émotion. Ben oui, c'est normal que ça te fasse mal quand quelqu'un dit quelque chose de méchant, tu vois ? Tu ne minimises pas et tu ne dramatises pas non plus. mais surtout tu vas l'aider à remettre en perspective. Et lui expliquer que ce que quelqu'un dit de son corps, ça dit surtout quelque chose sur lui en fait. C'est peut-être lui qui n'est pas bien dans ses affaires ou dans ses vêtements, c'est peut-être lui ou elle qui ne se sent pas belle et ça ne veut rien dire sur ce que tu es ou ce à quoi tu ressembles. Je sais que c'est un travail de longue haleine, mais effectivement chaque réponse qu'on va nous donner en tant qu'adulte, c'est ça qui va construire la relation qu'elle aura avec son corps.
- Speaker #0
Mais être bien dans son corps, ce n'est pas juste une question de rapport à son apparence, c'est aussi apprendre à l'écouter et à faire confiance à ce qu'on ressent. Donc on en a parlé un peu plus tôt dans l'épisode avec Louise, de petites phrases à leur dire. Il y a un autre endroit très quotidien où cette écoute du corps du coup se construit, c'est à table. Parce que quand on demande systématiquement à un enfant de finir son assiette alors qu'il nous dit qu'il a plus faim, qu'est-ce qu'on lui apprend sur les signaux que lui envoie son propre corps ? Et ça, j'en avais discuté. Avec Isabelle de Koudenhoff, qui est diététicienne nutritionniste spécialisée sur la nutrition infantile et maman de trois enfants. Dans l'épisode 23, nos filles et la nourriture, on fait quoi ?
- Speaker #4
Le sujet numéro un, ça va être bien sûr avoir un rapport sain à l'alimentation. Et qu'est-ce que c'est un rapport sain à l'alimentation ? C'est être connecté finalement à ses sensations, ce qu'on entend beaucoup aujourd'hui pour nos adultes. Et les enfants, l'avantage qu'ils ont, c'est que quand ils sont tout petits, ils sont très connectés à leurs sensations. et de faim, de satiété. Et donc, il faut qu'on en profite et au maximum suivre ça et les suivre. En fait, c'est un peu eux, notre baromètre. Donc, en général, quand ils disent qu'ils ont plus faim, c'est qu'ils ont plus faim. Par exemple, de dire non, non, tu finis ton assiette. Effectivement, on l'entend énormément. En fait, ça ne veut rien dire parce que selon l'assiette qu'on sert, parce qu'on n'a pas tous les mêmes idées des portions que peut prendre un enfant, et surtout, les enfants n'ont pas tous les mêmes besoins. Donc, ça ne veut strictement rien dire de dire finis ton assiette en fonction de ce qu'on a servi, en fonction de ce qu'il a mangé le reste de la journée. Et finis pas de gâchis, ça, on l'entend beaucoup. Donc, non, non, tu finis, il reste trois bouchées. Si tu veux ton dessert, tu vas finir ton assiette. Sinon, c'est que tu as… si tu veux plus ton assiette, c'est que t'as plus faim pour un dessert. Ben non, c'est comme nous. On peut ne plus avoir faim pour son plat et avoir quand même envie d'une note sucrée, un petit dessert. Donc ça, c'est très important. Parfois, je dis ça, je dis, vous n'êtes pas, même vous, en tant qu'adulte, ce que je reçois des patients adultes aussi, vous n'êtes pas une poubelle. C'est-à-dire que même votre enfant n'est pas une poubelle. C'est-à-dire que si on a plus faim, on met… Alors oui, je comprends qu'on ne veuille pas gâcher la nourriture, on ne la met pas à la poubelle, mais on la met dans un petit tupperware. et on le mange le lendemain, à un autre moment, on n'est pas obligé de le jeter à la poubelle. Mais voilà, donc ça, finir son assiette, on oublie.
- Speaker #0
Évidemment, j'aurais pu vous partager encore tellement d'autres choses de cette première saison. J'aurais pu revenir sur l'épisode de Mathilde Ducaud, l'épisode 5, élever écolo, élever confiante, comment élever une petite fille proche et respectueuse de la nature peut aussi être un puissant menteur de confiance en elle. Toujours dans la nature avec Claire Vély dans l'épisode 11, sage en classe, libre en forêt. On avait exploré comment la forêt pouvait devenir un formidable terrain pour bousculer les stéréotypes de genre et inviter les filles à notamment explorer le monde, prendre des risques. J'aurais pu reparler d'argent avec Morgane Dion, dans l'argent pas pour les filles, qui était l'épisode 21. On a exploré notamment tout ce que nos filles peuvent absorber de notre propre rapport à l'argent et ce qu'on peut leur transmettre très tôt pour qu'elles construisent le leur. J'aurais pu aussi vous reparler d'Anita Grant, à qui j'avais donné la parole dans l'épisode 19, et lui une fille noire, parce qu'évidemment toutes les petites filles ne grandissent pas avec les mêmes réalités ni les mêmes enjeux. J'aurais pu aussi revenir sur l'épisode avec Julie Franchelli dans l'épisode 22, un témoignage de maman où elle-même expliquait que du fait d'avoir grandi dans une famille d'origine laotienne et vietnamienne, ça avait... Rimée en fait avec deux injonctions fortes quand elle était petite, celle d'être discrète et celle d'être hyper performante. On aurait pu continuer à interroger ce qu'on considère normal chez un enfant avec Romane. Épisode 27, ma fille est-elle vraiment difficile ? Romane que vous pouvez retrouver sur le compte Insta Romane Thérapeute Parentalité. Mais encore une fois, vous aurez toutes les infos dans le guide de cet épisode. Et surtout, il y a tout un pan de cette première saison que j'ai pas eu le temps d'aborder finalement dans ce best-of. Tout ce que cette éducation vient nous demander de travailler chez nous. parce qu'on peut apprendre énormément de choses sur l'éducation qu'on aimerait donner à nos filles, mais il y a aussi ce qu'elles nous voient faire. Avec Cynthia Lucas, notamment, épisode 13, éduquer l'adversité, on avait parlé de la manière dont nous, on traverse les épreuves et ce que ça peut transmettre à nos enfants sur l'échec, le courage, la résilience. Avec Christelle Carder aussi, que vous pouvez retrouver également sur Instagram, on a parlé des limites, celles qu'on pose à nos filles. mais celles qu'on est capable de poser nous-mêmes et parfois devant elles, justement, c'est une bonne chose pour pouvoir leur montrer que c'est OK de poser des limites. J'aurais trop voulu vous rajouter ce passage, mais voilà, par manque de temps, je vous renvoie plutôt à notre épisode, l'épisode 25, Les limites, ça bride nos filles. Et dans l'épisode 16, avec Céline Douert, l'égo dans la parentalité. Quand on avait sorti juste avant les fêtes de Noël, on avait vu comment réussir à mieux réagir aux remarques de nos proches sur nos choix éducatifs. Je pense que ça aurait été pas mal de remettre un petit extrait ici. Mais bon, si besoin, allez l'écouter. Et puis cette première saison, elle m'a permis aussi de mettre en lumière de très chouettes initiatives pensées pour mieux accompagner les mères. Donc notamment dans l'épisode 35 avec Pauline, la fondatrice de la plateforme Mumazing, qui relationne les mamans avec des professionnels et des services pour les accompagner dans leur quotidien. Et puis tout récemment, dans le dernier épisode de la saison 1, j'ai eu l'opportunité d'interroger Justine, sonnatrice de On est la maman, qui a créé une application, une des premières, si ce n'est la première application pensée pour accompagner les femmes pendant le postpartum. Et dans cet épisode, on a parlé notamment de toutes les réalités qu'on découvre, malheureusement encore trop souvent après avoir accouché, et de la nécessité de mieux informer sans terroriser les mamans. Et si j'ai adoré mettre en lumière ce genre de projet cette année, je me dis qu'un jour, ça, je pourrais peut-être devenir un peu plus qu'un podcast et créer davantage de liens encore entre nous toutes. Donc peut-être que pour la saison 2, on aura encore autre chose à fêter. Et pour conclure, tiens, si je vous mettais un dernier petit extrait, parce que je vous le disais en début de cet épisode, qu'on ne fait pas tout ça uniquement pour les femmes que nos filles deviendront un jour, qu'on le fait d'abord pour les petites filles. En tout cas, moi, je vous invite à le faire d'abord pour les petites filles qu'elles sont aujourd'hui, parce qu'elles ont le droit maintenant d'être respectées. écoutez. écoutée, libre d'être elle-même. Et bon, je crois qu'on a quand même toutes, quelque part, un petit désir secret pour plus tard. Et ça, je crois que c'est Romane qui l'a très bien exprimé cette année, donc je lui laisse la parole pour conclure. Dernière question, si ta fille écoute cet épisode dans 20 ans, qu'est-ce que tu aimerais qu'elle comprenne de ta manière de l'élever ?
- Speaker #5
J'adore cette question, elle est géniale. Et je crois que c'est de me dire que même si elle fait la plus grosse bêtise du monde à n'importe quel âge, elle se dise, ok, il faut que j'appelle maman. Et qu'elle se dise, peut-être que je vais prendre un petit savon, parce que maman, je vais lui annoncer la bêtise et elle va me dire, t'abuses et tout. Mais en fait, qu'elle n'ait jamais peur de venir me dire quoi que ce soit et qu'elle sache que du coup, je l'aimerais toujours autant et que je l'aiderais du mieux que je peux et que je serais toujours soutenante pour elle. Et mon objectif dans l'éducation que je donne aujourd'hui, c'est de faire en sorte qu'elle ait le meilleur équilibre, qu'elle sache dire oui quand elle ressent le besoin, qu'elle sache dire non quand elle reçoit le besoin, qu'elle sache aider, mais qu'elle sache aussi demander de l'aide quand elle ressent le besoin, qu'en fait, elle soit en paix et qu'elle n'ait pas des petits démons sur le côté qui la rongent et qu'elle soit le plus en paix possible. Mais qu'elle se sente soutenue et aimée. J'espère en tout cas que ce sera ce qu'elle se dira quand elle écoutera cet épisode et qu'elle se dit « Oui, maman, t'inquiète, tout est là, tout est bon » .
- Speaker #0
Ah, j'adore. Allez, cette fois, c'est la fin de la saison 1. Alors, place à la saison 2 de passage.