- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Passage, le podcast qui libère les filles et leur maman. Moi c'est Alexandra, maman de Rose, une petite tornade de presque deux ans et demi, à l'énergie débordante et au caractère bien trempé. Et tu sais quoi ? Même si ce n'est pas toujours de tout repos, savoir sortir ses épines, c'est vraiment tout ce que je lui souhaite. Alors j'ai créé ce podcast pour moi et pour toutes les mamans qui veulent élever leur fille autrement. Pas sage, pas modèle, pas gentille à tout prix, mais confiante, libre d'être elle-même et bien dans leur basket. Des petites filles qui savent et sauront plus tard dire non, poser leurs lignes, s'aimer telles qu'elles sont, qui n'auront pas peur d'essayer d'échouer et qui sauront se faire reconnaître à leur juste valeur. Alors ici, on va démonter les injonctions, les stéréotypes et tous ces vieux réflexes qu'on pensait normaux. Tu sais, les fameux « t'es pas belle quand tu fais la tête » . On va parler d'estime de soi, de confiance, de rapport au corps, aux émotions. On va parler de nos filles, mais aussi de nous. Parce qu'éduquer autrement, ça commence souvent par se libérer soi-même. Alors au fil des épisodes, je te partagerai des réflexions incarnées, des clés concrètes et des voix d'experts. Et surtout, une grande dose de soutien et de déculpabilisation. Parce que nous aussi, on mérite mieux qu'être sages. Alors, prête à bousculer les règles ? Hello Céline ! Hello Alexandra, bienvenue dans le podcast Passage. Je vais te présenter dans un instant, je voulais juste rappeler un peu le contexte de cette interview. Donc nous on s'est rencontré sur Insta via mon compte WeAreShipi, qui est le compte associé à ce podcast. Tu m'as dit que tu étais là notamment parce que ça te faisait du bien de te retrouver avec d'autres mamans qui étaient un peu dans cette même démarche-là de vouloir élever des petites filles libres, confiantes. Et en discutant avec toi, je me suis rendue compte que tu avais déjà pas mal avancé sur cette démarche. Il y a plein de choses déjà que tu mets en place pour ta relation avec ta fille que je trouvais hyper intéressante. Et notamment, je trouve que tu es quelqu'un qui ose quand même déjà pas mal poser ses limites avec tes proches ou des inconnus même. Tu nous partageras cette anecdote avec cet inconnu qui avait voulu toucher ta fille. Et je pense que c'est un des points un petit peu difficiles pour les mamans qui sont guéris dans cette démarche d'oser parfois déranger, d'oser passer outre le regard des autres pour poser ses limites et pour protéger sa fille. Et c'est pour ça qu'en amont, à quelques jours, des repas de famille, je trouvais ça hyper intéressant de t'avoir sur le podcast, que tu nous puisses nous en dire plus sur qu'est-ce qui t'a amené toi à réussir à avoir cette posture et comment tu fais au quotidien. Merci beaucoup d'être là aujourd'hui. Je te laisse du coup te présenter en quelques mots.
- Speaker #1
Alors du coup, je m'appelle Céline et je suis maman de Charlie qui a 3 ans. Donc c'est une petite fille. Et je suis également, j'ai une casquette de coach, une casquette de coach parentale et une casquette de formatrice. Et notamment moi, mon credo, ce que j'aime faire, c'est vraiment accompagner les femmes à être... libres et reconnectés à leur pouvoir.
- Speaker #0
Ok. Alors, on va rentrer dans le vif du sujet. Tu m'avais dit qu'avant d'être mère, tu n'arrivais pas à envisager d'avoir un enfant dans le modèle d'éducation que tu connaissais. Est-ce que tu peux nous en dire plus ? Pourquoi ça t'était difficile ? Et puis finalement, tu as eu Charlie. Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui t'a créé le déclic d'oser avoir un enfant ?
- Speaker #1
En effet, c'était quelque chose que je n'envisageais même pas. Donc, ce n'était pas vraiment une question de « est-ce que j'ai envie ? Est-ce que je n'ai pas envie ? » Ce n'était pas là cette envie. Et en fait, ce qui a, je crois, débloqué, c'est au départ toute une rencontre, la rencontre avec le papadage de Charlie, évidemment, et la rencontre avec d'autres mamans qui avaient un style éducatif, et là je pense à une maman en particulier, mon amie Adeline, qui avait un style éducatif avec son enfant, où j'ai trouvé beaucoup d'amour en fait. Et j'ai été touchée, et je crois que c'est de là que des petites graines ont germé.
- Speaker #0
Ok, super. Tu parles aussi beaucoup du concept d'ego et d'ego décalé. Et à quel point, en fait, si notre égo est décalé, tu vas nous expliquer ce que ça veut dire, ça peut avoir un impact négatif sur notre enfant et sur notre relation à notre enfant. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ? Et déjà, pour les auditeurs, c'est quoi en fait l'égo ? Et pourquoi il est quand même important ?
- Speaker #1
Alors, ce que j'appelle l'égo, c'est en fait ce que les psychologues appellent aussi le moi, c'est-à-dire c'est ma personnalité, c'est l'image que j'ai de moi. Et en fait, c'est aussi toutes les stratégies, tout ce que je vais mettre en place pour exister. Puisque la peur de l'ego, c'est vraiment de ne pas exister, de n'être rien. Donc, c'est toutes les stratégies que je vais mettre en place pour exister aux yeux des autres et à mes propres yeux. Et cet ego, donc cette personnalité, toutes ces choses auxquelles je peux m'identifier, eh bien, elles sont utiles, elles me permettent en effet de... me construire un socle et ensuite être un tuteur qui va me permettre d'évoluer. Donc, pour un enfant, il a besoin en effet de tuteur, il a besoin de se construire une personnalité. On voit bien les enfants qui se construisent une personnalité à l'adolescence, etc., qui vont s'identifier, ça peut être un artiste ou des choses comme ça. Et tout ça, c'est utile pour l'enfant, pour qu'il puisse se construire et puis pour aussi qu'il puisse se différencier de machin chouette, de machin chouette. Donc, notre égo, c'est aussi ce qui nous permet d'être dans notre unité. unicité et d'avoir de la biodiversité sur Terre. Ce qui est embêtant, c'est que l'ego, qui était un socle qui pouvait être, qui est utile pour mon développement, peut ensuite être quelque chose dans lequel je m'enferme si je le laisse gouverner ma vie. En fait, quand je parle d'ego comme un socle, donc quand c'est utile, dans le développement de l'enfant, dans l'évolution de l'enfant. Et en effet, l'ego décalé, c'est finalement quand au-delà de, on va dire, 21 ans, âge où le préfrontal est complètement mature, eh bien du coup, j'en fais une identité et j'ai l'illusion que j'existe que au travers de cette image, cette personnalité. Et c'est là. où ça va créer de la souffrance. Et dès qu'il y a de la souffrance, il y a l'ego décalé. Toutes nos souffrances sont liées à un ego décalé.
- Speaker #0
Et ça, c'est quelque chose que nous, on peut nourrir chez nos enfants, si j'ai bien compris. Et ça peut du coup être enfermant pour nos enfants. Est-ce que tu peux nous en dire plus ? Comment, malheureusement, on nourrit ça ? On nourrit l'ego décalé de nos enfants ?
- Speaker #1
Eh bien, ça peut être toutes les étiquettes. Ça peut être quand je dis à ma fille, « Oh, t'es trop belle ! » Et c'est pas mal de dire à sa fille qu'elle est belle. Mais quand, en fait, je le répète tellement souvent que du coup, « Waouh, c'est trop bien ! J'existe à travers mon étiquette beauté ! » Alors, évidemment qu'elle ne se dit pas ça, ma fille de 3 ans, mais en tout cas, tu vois, elle va commencer à augmenter ce trait de la personnalité, etc. Et à l'âge adulte, elle va continuer à être la fille belle. Ou la gentille, tu vois, oh, t'es trop gentille, t'es trop mignonne, etc. À l'âge adulte, ça va faire en effet des femmes qui n'ont pas le droit d'être méchantes parce que ça leur créerait le risque de ne plus exister. D'accord ? Quand on parle de, en effet, se libérer, doser, etc., si j'ai eu des étiquettes qui ont été collées plus petites, c'est plus difficile. Ce n'est pas impossible. Et ça vaut vraiment le coup de se désidentifier de tout ça. Mais c'est, en effet, plus difficile.
- Speaker #0
Et du coup, tu as déjà commencé à en parler, mais c'est quoi les conséquences ? C'est que ça l'empêche de voir qu'il peut être autre chose ?
- Speaker #1
Exactement. En fait, ma fille, elle a plein de potentiel, elle a plein de traits, de personnalités avec lesquels elle arrive sur Terre. Tu vois, un petit enfant, il est là, plein d'élan de vie, etc., avec les yeux qui brillent. Et en fait, à exacerber certains traits, elle va donc du coup cristalliser ses traits, elle va exister au travers de ses traits. et peut-être en effet, du coup... oublier toutes les autres choses qui sont aussi ce qu'elle est intrinsèquement. Mais du coup, comme on lui a moins parlé de tout ça, elle va... En général, moi j'ai tendance à dire qu'on va exacerber trois traits de notre personnalité. Donc c'est ce que je suis en train de bosser justement là avec les filles que j'accompagne. Et on a vu qu'elles exacerbaient Trois traits, donc la gentille, la guerrière, la machin chouette. Et en effet, on s'amuse à aller reconnecter avec d'autres choses que j'ai oubliées, que j'avais à l'intérieur de moi. Parce qu'en effet, c'est ça que j'ai exacerbé quand j'étais petite.
- Speaker #0
Et tu m'avais dit aussi que ça peut être enfermant pour les mamans, parce qu'on peut se créer aussi, évidemment, des identités, et notamment l'identité de maman, justement. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ? Et comment on peut s'en libérer ? Et quel impact positif ça peut avoir de se libérer aussi de cette identité de maman ? Eh bien, oui. En effet,
- Speaker #1
on peut s'identifier à... plein de choses. Je peux m'identifier à mon métier, je peux m'identifier à mon âge, je peux m'identifier à mon apparence physique, ce qui est chez les mamans, en effet. L'identification à mon rôle parental, donc à mon rôle de maman, est souvent très présente. Donc, si on critique mon style éducatif, j'ai l'illusion qu'on me critique moi. Si on critique ma fille ou ou un autre membre de mes enfants, j'ai l'illusion qu'on me critique moi aussi. Donc, je monte au crédeau. L'avantage d'identifier ça et surtout de s'en libérer, c'est que finalement, je suis libre. Et donc, du coup, on peut critiquer mon style parental et ça ne m'atteint pas non plus.
- Speaker #0
Mais ça ne veut pas dire qu'on ne va pas aller défendre ses choix éducatifs. tu vois, ou quoi d'ailleurs protéger sa fille. Tu vois, si quelqu'un critique ta fille devant toi, tu ne vas pas être juste, il me semble, mais tu vas nous dire « ça ne m'atteint pas » . « Ça ne m'atteint pas » . Je pense que tu vas quand même réagir, mais c'est juste que la réaction va être différente.
- Speaker #1
Exactement. En fait, ça ne va pas me faire souffrir. Je ne vais pas être en défense, justement, puisque je ne me sens pas attaquée, je n'ai pas besoin de défense. Par contre, je vais me dresser. Je veux m'adresser pour ma fille. Ce qui est différent de réagir et de contre-attaquer finalement. Je vais juste repartir d'une énergie qui est différente. Et je ne parle pas de l'énergie de l'ego qui doit en effet se défendre à tout prix. Lui, il veut tout le temps se défendre à l'ego. Mais je vais partir de l'énergie du cœur, d'un élan qui est OK, je suis sa maman. C'est mon job à moi de la défendre et je le fais.
- Speaker #0
J'adore cette image que tu prends et j'invite toutes les auditrices à essayer de s'en souvenir pour les fêtes de famille qui arrivent. D'avoir cette image même dans le corps de ne pas être en train d'attaquer mais de se redresser. Et je pense que rien que ça, ça peut vraiment tout changer. Je pense qu'il y a d'autres choses, on va en reparler. Mais je ne sais pas, en tout cas moi ça me parle bien cette image de me dire... en fait tu te redresses c'est comme si tu prends un temps même de respiration tu te redresses et à partir de là tu réagis différemment trop bien il dit aussi que l'ego décalé nous empêche d'avoir une relation d'amour avec nos enfants, pourquoi ? qu'est-ce que tu peux nous en dire plus et ce sur quoi il faut être vigilant ?
- Speaker #1
on veut tous en effet du coup avoir des relations harmonieuses comme tu dis avec nos enfants, des relations d'amour et Comment est-ce que cet égo va s'immiscer par l'illusion que l'autre, la vie, les événements extérieurs nous doivent des choses ? Et ça, c'est quelque chose qui est en plus exacerbé avec nos enfants. Par exemple, imaginons que je me mets en colère parce que la SNCF est en retard. En fait, c'est qu'inconsciemment, il y avait ce présupposé, ce dû que la SNCF me devait d'être à l'heure. Et bien, dès qu'il y a quelque chose qui vient m'agacer chez mon enfant, il y a un présupposé qui se cache derrière. Et les présupposés que nous avons avec nos enfants, c'est tu dois m'écouter, tu me dois le respect. Tu me dois l'amour, tout ce qui est les principes de lien du sang. Tu me dois l'obéissance et tu me dois d'exécuter ce que je dis tout de suite, en gros. Et cette posture où j'ai l'illusion que l'autre me doit quelque chose, c'est une posture qui existe chez l'enfant et qui est normale. C'est ce qu'on appelle l'illusion de la toute-puissance enfantine. Mais cette illusion de la toute-puissance en rôtile, elle est nécessaire à la construction de l'enfant.
- Speaker #0
Tu veux dire que lui, il pense qu'on lui doit des choses ? C'est ça que tu es en train de dire ? Oui,
- Speaker #1
et c'est normal parce qu'en fait, quand il arrive sur Terre, il est dépendant de nous à 100%. Et nous, nos jobs en tant que parents... c'est d'aider l'enfant à se construire et à en faire des adultes responsables, des femmes libres, debout, responsables à 100% de leur vie. Donc, en gros, notre job en tant que maman, parent, c'est de les aider à sortir de cette illusion de la toute-puissance infantile. Et Charlie, c'est une de ses phrases préférées, surtout vers 2-3 ans. Maman, je veux ça tout de suite, maintenant.
- Speaker #0
Ouais, si on peut juste s'arrêter sur un exemple concret, je vais aussi te donner le mien, ça parlera peut-être plus. Par exemple, quand Rose, effectivement, Rose, elle est aussi dans cette période où elle dit je veux, je veux, je veux, tu vois, donc je veux de l'eau, je veux de l'eau, tu vois. Et en fait, donc de ce que je comprends, moi, je peux le prendre, si je suis dans mon égo décalé, je vais me dire, bah attends, comment elle me parle, en fait, je suis pas, tu vois, je suis pas son esclave, quoi. Franchement, ça me traverse l'esprit parfois. Je me dis, mais attends, je suis pas son esclave. Et donc, si je suis avec cette pensée-là, je peux lui dire... D'ailleurs, ça m'arrive parfois, quand elle fait trop fort, de dire non, en fait. Ça m'arrive pas souvent, parce que je fais le travail nécessaire pour pouvoir réagir différemment. Mais du coup, ce que tu dis, c'est que si j'arrive à me recaler dans mon égo et de me dire, c'est pas qu'elle est en train de chercher à me dominer, c'est juste qu'elle, elle est dans... Cette illusion. Cette illusion, voilà. que je lui dois tout.
- Speaker #1
C'est ça. C'est la moindre des choses et tout de suite.
- Speaker #0
Du coup, la manière dont je pense à tout ça en général, c'est que je me dis qu'elle est en train d'apprendre qu'on demande les choses différemment. Mais effectivement, c'est intéressant ta perspective à toi. Du coup, si j'ai conscience de tout ça, je vais pouvoir souffler un coup, me dire que personne n'est en train de me dominer et du coup, réagir de manière plus calme, je pense, en lui disant moi, ce que je dis fait maintenant, c'est Oh ! S'il te plaît, maman, tu vois.
- Speaker #1
Yes. En fait, cette illusion de la toute-puissance infantile, elle est normale à 3 ans. Elle est normale même jusqu'à 3 ans. Et ensuite, à partir de 3 ans, c'est là où l'enfant va pouvoir apprendre. Donc, au départ, avant, c'est normal. Il a tout tout de suite. Le bébé, il suffit qu'il pleure, on lui amène du lait. Il suffit qu'il pleure un peu différemment. On va chercher s'il faut changer la couche. Donc, nous sommes au service de bébé 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et tout ça, c'est normal, jusqu'à l'âge de 3 ans. Et ensuite, à partir de 3 ans jusqu'à ses 21 ans, du coup, l'enfant va sortir de cette illusion, de cette toute puissance et nous allons pouvoir l'aider à sortir de ça et c'est notre responsabilité d'ailleurs. L'enfant, il ne peut pas sortir de tout ça si je ne lui enseigne pas. quand Rose, elle veut un verre d'eau tout de suite, eh bien, c'est mon job de maman de, en effet, commencer à lui enseigner que je ne suis pas à sa disposition. Mais là où c'est difficile d'enseigner ça aux enfants, c'est que nous-mêmes, nous ne sommes pas sortis de cet ITPI. Et quand j'exige que mon enfant m'obéisse tout de suite maintenant, je suis dans l'ITPI. Exactement ! C'est la même chose quand je fais « tu montes dans la voiture tout de suite maintenant, Charles-Ésilam ! » Je m'énerve. Eh bien, en fait, je suis moi-même dans l'ITPI, donc je lui donne l'exemple de l'ITPI.
- Speaker #0
Ah oui, d'accord.
- Speaker #1
Donc, tout à l'heure, tu me posais la question. Et comment sortir de finalement ces deux guerres d'égo, ces deux guerres d'ITPI ? Eh bien, reconnaître avec humilité et aussi avec bienveillance envers moi-même. Putain, je me suis fait choper. Moi aussi, j'étais dans l'ITPI à vouloir exiger quelque chose de ma fille. Et dès que je suis dans l'exigence, je suis dans l'ITPI. D'accord ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et donc du coup, peut-être même que je peux me poser la question, ok, j'ai identifié que j'étais dans l'ITPI, ok, c'est quoi le présupposé ? Ah ouais, mon présupposé, c'était que ma fille me doit l'obéissance, tout de suite. Et là, à chaque fois que j'identifie un présupposé, me poser la question, ok, est-ce que je suis prête à renoncer à ce dû ? Est-ce que je suis prête à renoncer ? se présupposer. Et ça, en général, l'ego, il n'aime pas du tout. Parce qu'il ne veut pas renoncer à ses privilèges, ses illusions de privilèges.
- Speaker #0
Mais donc, du coup, si on résume, c'est ce qui va, si on veut créer une relation d'amour avec notre enfant, il y a un vrai travail, c'est un entraînement, je pense, à faire sur cette idée que l'enfant nous doit quelque chose. Et donc, dès qu'on sent qu'on est là-dedans, d'essayer de prendre un pas de recul pour désamorcer, en fait. cet automatisme et pouvoir petit à petit voir les choses différemment et en voyant les choses différemment on va agir différemment exactement et j'ai envie de dire avec ce regarder faire
- Speaker #1
ce pas de côté avec beaucoup de bienveillance envers nous même parce que nous avons été éduqués avec des parents qui ont été dans l'ITPI notre modèle sociétal et dans l'IDPI. Donc, sortir de ça, ce n'est pas facile. Donc, je me fais encore choper. Plein de fois, je me fais choper. En fait, de toute manière, à chaque fois que je suis en réaction avec ma fille, paf, c'est que je me suis fait choper. Donc, en effet, et ça demande du temps et de la pratique. Et c'est OK quand je me fais choper.
- Speaker #0
Et juste, reprécise aussi qu'on n'est pas en train de dire qu'il ne faut pas poser de limites, poser un cadre. mais c'est juste qu'on va le faire d'une toute autre manière.
- Speaker #1
Exactement. Finalement, c'est que quand je sors de ça, ça me permet un pas de recul qui me permet de savoir comment agir face à cette situation, mais non pas avec la partie blessée et enfantile de moi, mais avec mon cœur. Charlie, elle sait que pour aller faire du vélo, il faut le casque. Je suis dans le truc de... Je veux qu'elle mette son casque, elle me doit de m'obéir. Ça va créer du conflit. Par contre, la règle, c'est qu'il y a un casque. Donc, du coup, nous ne partirons pas tant qu'il n'y a pas de casque. Mais c'est d'un endroit qui est beaucoup plus calme, en fait, et beaucoup plus agréable pour moi. Donc, je vais faire respecter les règles. Et d'ailleurs, qui est responsable de faire respecter les règles ? C'est l'adulte. Et oui, Les règles doivent être explicitées et doivent être respectées. Et ce n'est pas l'enfant. Alors là, j'espère que je ne vais pas perdre personne, mais ce n'est pas à l'enfant. L'enfant ne nous doit pas. Ce n'est pas un dû qui respecte les règles. Par contre, c'est mon devoir de parent de les faire respecter.
- Speaker #0
Je vais redonner un exemple aussi avec Rose, parce que je pense que ça parle bien aussi de ces exemples-là. En fait, il y a des fois, Rose, elle ne veut pas mettre son manteau. Et au tout départ, j'étais vraiment dans ce truc de « mais il n'y a pas le choix, il faut mettre un manteau, c'est la règle » . Et ça m'a supportée qu'elle n'écoute pas. Et en fait, à un moment donné, j'ai vraiment complètement changé de perspective. et je me suis dit, je vais... En fait, je me suis dit qu'elle n'est pas en train, parce que c'est ça que je me disais aussi. Je me disais qu'elle le fait exprès, tu vois, elle le fait exprès pour m'embêter. Donc ça, j'ai oublié complètement. Et à partir de là, j'ai pu réagir différemment en lui disant ok tu veux pas le mettre maintenant, on va le mettre plus tard Et à un moment donné, en fait, quand elle commence à avoir froid, elle me demande le manteau, tu vois. Ou je vais pouvoir lui redemander, je lui redemande si elle était sûre que je ne vais pas mettre le manteau. Et en général, elle dit oui. Et je me dis souvent, bon, il y a peut-être un risque qu'elle attrape froid entre-temps. Mais je pense que le risque, il est quand même petit. Et je préfère prendre ce risque plutôt que de rentrer dans le conflit, tu vois. Donc, je ne sais pas si ça... Je pense que ça apparaît peut-être aussi aux auditrices, cet exemple-là. Au final, ce n'est pas que j'oublie la règle, ce n'est pas que je ne veux pas faire respecter cette règle-là, c'est juste que je m'y prends différemment.
- Speaker #1
Je retiens des résultats plutôt que je rentre en conflit dans le but d'avoir raison.
- Speaker #0
À chaque fois que je rentre en conflit,
- Speaker #1
je suis inconsciemment dans l'objectif d'avoir raison. En effet, je ne suis pas en train de dire aux auditrices lâchez tout et n'ayez plus de résultats. Et je dis merde. que plus je lâche avoir raison et plus j'obtiens des résultats.
- Speaker #0
Tu préfères avoir raison ou avoir les résultats ? C'est clair.
- Speaker #1
C'est exactement ça.
- Speaker #0
J'adore. Alors là, on arrive à la période des fêtes, aux vacances de Noël. Je pense qu'il y a beaucoup d'auditrices qui t'écoutent qui aimeraient réussir aussi à s'en foutre du regard des autres. Est-ce que tu as peut-être un petit conseil express pour réussir là, pendant la période des fêtes, à peut-être être moins impactée par sur les remarques que notre entourage pourrait faire sur nos choix éducatifs, ou même parfois, sans qu'ils fassent de remarques, nous-mêmes, on se raconte dans notre tête que là, ils sont sans doute en train de nous juger, et ça peut nous blesser. Est-ce que tu aurais peut-être un conseil express à donner ?
- Speaker #1
Yes, moi, quelque chose qui m'aide, comme je t'ai dit tout à l'heure, notre job en tant que maman, c'est de faire des deux petites filles, chibis, femmes, livres, responsables, etc. Mais en attendant, elles ne sont pas responsables. C'était Laurence Dudek, qui est une de mes mentors en termes d'éducation, qui nous disait, De toute façon, avant l'âge de 7 ans, les enfants ne sont pas du tout responsables. C'est illusoire de penser qu'ils peuvent être responsables de se défendre. D'accord ? Donc, jusqu'à l'âge de 7 ans, elle est responsable à 0% de pouvoir... Donc, responsable, quand je dis responsable, j'ai envie de donner la définition de la responsabilité selon moi. C'est vraiment mon habileté à pouvoir répondre de mes actes, de ce que je fais, etc. En fait, c'est avoir du pouvoir sûr. D'accord ? Donc, est-ce qu'elle a du pouvoir sur se défendre ? Non. Le cerveau, il est trop immature. Et ensuite, du coup, au-delà de 7 ans, elle aura peut-être 10%. Puis moi, je vais l'aider petit à petit. petit à être, à pouvoir être responsable à 100% de sa vie, de ses émotions, de pouvoir se défendre, de ce qu'elle fait, de ce qu'elle dit, de ce qu'elle ne dit pas, etc. Mais avant cet âge-là, qui est-ce qui est responsable à 100% de ma vie ? C'est moi. Donc, me reconnecter à cette responsabilité à 100% de « je suis responsable » et coûte que coûte, je prendrai ma responsabilité pour la garder dans un lieu sécure, eh bien, ça va m'aider à passer à l'action, à agir depuis cet élan, plutôt qu'en effet depuis mon mental, etc. Et donc de « Ah, mais qu'est-ce qu'ils vont penser ? » Slush défendre, protéger mon image slash l'ego. D'accord ? Donc, c'est me reconnecter à ma responsabilité, mon élan qui est là et je passe à l'action car... car elle ne pourra pas le faire en fait.
- Speaker #0
Donc concrètement, est-ce que tu as un exemple à nous donner, des exemples de données où tu as dû, pour protéger ta fille, te reconnecter à cette responsabilité et comment ça t'a aidée en fait ?
- Speaker #1
Oui, je l'en ai mille, je peux te donner un exemple, quand on allait prendre le métro et je n'arrivais pas à faire faire marcher l'automate pour prendre mon ticket de métro. Donc, je demande de l'aide à un monsieur super grand en plus. Et donc, du coup, il m'aide. Et à un moment, voilà, il va vers Charlie et commence à lui caresser la tête. Et là, je me suis interposée. Et j'ai pris en fait, tout de suite, avant de me dire est-ce que je le fais ou est-ce que je ne le fais pas, l'élan est arrivé, j'ai mis la main et je lui ai dit non, je vous demande de ne pas toucher à ma fille. Donc là, en plus, après, il m'a servi du oui, mais c'était gentil, ça pourrait être ma fille, etc. Donc là, je lui ai dit, eh bien, faites comme si c'était la mienne.
- Speaker #0
J'adore ! J'adore. Et ça, cette remarque, je pense que tu l'as pu la dire parce que tu n'étais pas en train de te dire, est-ce que je fais bien ? Qu'est-ce qu'il va penser de moi ? Que je suis une reloue ?
- Speaker #1
Ah ouais, exactement. Et est-ce qu'il a pensé de moi que j'étais une reloue ? Mais probablement.
- Speaker #0
Mais ça paraît plus facile comme ça avec les inconnus, ça paraît plus facile. Mais en fait, ça n'est pas tant que ça. Parce que moi, ça m'est arrivé qu'un inconnu filme ma fille dans la rue. Et sûrement, je n'ai rien fait. J'étais un peu sidérée. Je ne comprenais pas ce qui se passait. Et je pense qu'il y avait aussi ce côté, mais si je lui dis d'arrêter, il va penser que je crois qu'il veut utiliser ces vidéos pour faire quelque chose. Et imagine, ce n'est pas le cas. Donc, ce n'est pas si facile que ça. Et merci de donner cet exemple.
- Speaker #1
La première, je crois, étape pour se reconnecter à cet élan, c'est aussi... Ne pas douter de ses émotions, ne pas douter de cet élan qui était là et qui a voulu me faire dresser et qui va être ensuite freiné par, en effet, et c'est normal par nos blessures, nos machins chouettes, tout ce qui nous est arrivé, l'élan il est là, peu importe, légitime ou pas légitime, ce n'est pas une question, déjà toutes mes émotions sont légitimes, donc si mon élan il est là, il est légitime. Mais c'est notre mental qui va nous couper, nous faire dire, est-ce que c'est légitime, est-ce que je ne lutterai pas ? Est-ce que tu viens de décrire ? Et s'il va penser ça alors qu'en fait, lui, il ne faisait pas mal, etc. Peu importe, l'élan, il est là, il est légitime. Mes émotions, elles sont légitimes. Les émotions, le mouvement dans mon corps, d'accord ? Émotion, ça vient de là, quelque chose qui bouge, qui se met en mouvement à l'intérieur de moi. Ce mouvement, il est légitime. et si jamais il est freiné potentiellement, c'est parce qu'il a été freiné enfant. Et donc, du coup, je suis en train de reproduire quelque chose qui m'a... Donc, c'est ça aussi ce que j'aime bien voir. C'est que plus j'honore cet élan à l'intérieur de moi pour aller à la défense de ma vie et plus, en fait, je suis en train de défiger ce qui avait été figé à l'intérieur de moi quand j'étais petite. Et en gros, Ça aussi, je suis en train de prendre soin de la petite Céline en faisant ça.
- Speaker #0
J'adore. Je pense que c'est magnifique ce que tu dis. J'ai envie vraiment d'inviter tout le monde à prendre ses vacances de Noël, en tout cas s'ils voulaient passer avec vos proches, comme un entraînement et comme un espace finalement de soin aussi pour soi, même si ça va être inconfortable. Je veux dire, moi, j'appréhende un petit peu les fêtes. Parce que je sais que j'ai envie de faire respecter mes choix éducatifs au maximum. Et je sais que ça va être inconfortable. Mais en même temps, comme tu dis, je le prends aussi comme un espace de reconnexion à moi, ce qui est important pour moi. J'invite tout le monde à faire ça. Si on résume, il y avait un peu deux clés finalement. C'est vraiment se rappeler qu'on a la responsabilité de protéger notre enfant et écouter ce qui se passe à l'intérieur de soi. et s'il y a une tension si il y a quelque chose qui se crispe c'est que sans doute on n'est pas d'accord avec ce qui est en train de se faire et si on a aussi l'élan d'interrompre ce qui est en train de se faire d'y aller même si on n'est pas sûr d'être complètement légitime.
- Speaker #1
Et ce que j'aime bien dans ce que tu dis c'est le côté entraînement. Je suis toujours en entraînement là, ouais je fais la manine parce que le gars j'ai intercepté etc mais bien sûr que je suis encore en entraînement et que ça s'installe dans le temps
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Voilà, donc entraînez-vous et puis si j'y arrive pas, et bien c'est ok de ne pas y arriver non plus.
- Speaker #0
Ok ? Voilà.
- Speaker #1
Et puis, la dernière chose sur le résumé que tu as fait, donc la deuxième clé qui est d'honorer l'élan de vie, le mouvement, l'émotion qui est à l'intérieur de moi, et bien quand je le fais, ça permet aussi de montrer l'exemple. slash d'être inspirante. Ah, en fait, tu vois, on peut dire à nos enfants, et je fais du travail avec Charlie sur reconnecter ses propres émotions, etc. Mais en gros, si je lui dis fais ça, mais que moi, je ne le fais pas, ça ne marche pas, ça crée de la dissonance, quoi. Et ce n'est pas facile pour une enfant. Donc, aussi... Et je lui ai dit, à Charlie, je lui ai dit, j'étais en colère, j'ai senti que c'est monté à l'intérieur de moi et je t'ai protégée. Et d'ailleurs, je lui ai dit, tu as le droit d'être protégée, etc. Et bien, tout ça aussi, c'est du message de, ah ouais, j'ai le droit à la protection. Donc, OK, je peux, moi, en tant que petite fille, honorer l'élan de vie à l'intérieur de moi. Je peux aussi avoir des émotions. Maman aussi, elle a des émotions, d'ailleurs. Donc, moi aussi, j'ai le droit. Et en plus, j'ai le droit à être protégée.
- Speaker #0
Ça, c'est super parce qu'en fait, ça veut dire que dans une autre situation où elle serait un peu en danger, tu vois, à l'école... Elle t'a sans doute du coup identifiée comme une personne ressource vers laquelle elle peut aller si quelque chose se passe qui ne semble pas être ok. Et même ce que je veux dire, c'est qu'en fait, si elle a vraiment la conviction qu'elle a le droit d'être protégée, elle va peut-être plus facilement venir te voir ou même venir voir quelqu'un d'autre pour expliquer qu'il y a quelque chose qui lui semble pas ok, tu vois. Donc, je pense que...
- Speaker #1
Poser son propre nom.
- Speaker #0
Poser son propre nom, mais si elle n'y arrive pas, parce que...
- Speaker #1
Et si elle n'y arrive pas, aller voir quelqu'un.
- Speaker #0
Voilà, parce que... peut-être que les enfants qui n'ont pas compris qu'ils avaient le droit d'être protégés, ils vont peut-être juste du coup essayer de soit gérer par eux-mêmes, soit ne rien faire, tout simplement. Donc, c'est hyper fort ce que tu dis.
- Speaker #1
La théorie que j'ai enseignée à ma fille sur « tu as le droit de dire non » , je lui fais voir en pratique ce que ça donne. Parce qu'en fait, nourrir que la théorie, c'est illusoire. Que ça soit chez des enfants ou des femmes.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
dire, ah bah oui Alex, t'as le droit de dire non, je peux dire aux auditrices vous avez le droit de dire non, etc. Mais en fait, tant que c'est pas expérimenté par le corps, il y a tous les endroits où j'ai reçu depuis des années j'ai pas le droit de dire non, qui ne croivent pas à ce j'ai le droit de dire non. Donc vraiment, allez expérimenter et entraînez-vous sur des petits noms. Si c'est difficile, les grands noms expérimentés sur vous, posez vos noms et quand ça sera aussi qu'il s'agira de votre fille, ça sera plus facile de poser le nom aussi pour me dresser pour sa sécurité. Ça,
- Speaker #0
c'est un point important pour toi, la modélisation, essayer un maximum de montrer les ans, même si tu l'as bien dit, parfois, on ne va pas y arriver. Mais essayer de tendre vers ça et on peut peut-être conclure là-dessus parce que je pense que c'est vraiment un axe de ton travail que tu fais à travers ta formation libre et puissante, c'est ça ? Vraiment aider les femmes à... à oser poser leurs limites, à devenir plus libres, à faire ce travail-là. Et je pense que tu dois avoir beaucoup de mamans qui doivent te faire des retours sur comment ça se répercute sur leur éducation avec leur enfant. Donc en tout cas, merci beaucoup. C'était hyper chouette de t'avoir. Est-ce que tu veux nous en dire un petit peu plus sur ton actualité ?
- Speaker #1
Eh bien, justement, là, je suis en train de remplir le prochain groupe de femmes qui vont qui vont partir en janvier, donc dans ma formation Libre et Puissante. Et en effet, elles viennent en général pour ça, mais les répercussions sur leur rôle de maman sont une évidence en fait. Je deviens libre, tu vois, on veut faire des petites filles libres, je deviens libre et je deviens inspirante pour ma fille.
- Speaker #0
J'adore. Et on te retrouve sur Insta, du coup, principalement. Je mettrai ton compte sous le podcast, dans la légende du podcast. Est-ce qu'il y a d'autres endroits ? Je ne sais pas si tu as un musetteur ?
- Speaker #1
Non, le plus facile, c'est de me retrouver sur Insta ou sur mon site internet, mais vous avez toutes les infos sur Insta.
- Speaker #0
Ok, trop bien. Merci beaucoup. Et puis, écoute, bonne fête à toi.
- Speaker #1
Et bien, merci. En famille,
- Speaker #0
peut-être. Enfin, entraînement intensif alors.
- Speaker #1
Exactement, entraînement intensif. Eh bien écoute, merci à toi aussi Alexandra. J'étais ravie de partager ce moment avec toi et merci pour ton invitation et ta confiance.
- Speaker #0
Avec plaisir, ciao. C'est déjà la fin de cet épisode. J'espère qu'il t'a plu et surtout qu'il t'a donné envie de réveiller un petit grain de rébellion en toi et de révéler celui de ta fille. Si tu penses qu'il pourrait inspirer une autre maman autour de toi, partage-le lui. Et si tu veux me donner un coup de pouce pour faire grandir cette démarche, tu peux laisser 5 étoiles et un petit mot doux. Ça compte énormément. A très vite !