- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Passage, le podcast qui libère les filles et leur maman. Moi c'est Alexandra, maman de Rose, une petite tornade de presque deux ans et demi, à l'énergie débordante et au caractère bien trempé. Et tu sais quoi ? Même si ce n'est pas toujours de tout repos, savoir sortir ses épines, c'est vraiment tout ce que je lui souhaite. Alors j'ai créé ce podcast pour moi et pour tous les gens qui me suivent. toutes les mamans qui veulent élever leur fille autrement. Pas sage, pas modèle, pas gentille à tout prix, mais confiante, libre d'être elle-même et bien dans leur basket. Des petites filles qui savent et sauront plus tard dire non, poser leurs limites, s'aimer telles qu'elles sont, qui n'auront pas peur d'essayer d'échouer et qui sauront se faire reconnaître. reconnaître à leur juste valeur. Alors ici, on va démonter les injonctions, les stéréotypes et tous ces vieux réflexes qu'on pensait normaux. Tu sais, les fameux « t'es pas belle quand tu fais la tête » . On va parler d'estime de soi, de confiance, de rapport au corps, aux émotions. On va parler de nos filles, mais aussi de nous. Parce qu'éduquer autrement, ça commence souvent par se libérer soi-même. Alors au fil des épisodes, je te partagerai des réflexions incarnées, des clés concrètes et des voix d'experts. Et surtout, une grande dose de soutien et de déculpabilisation. Parce que nous aussi, on mérite mieux. qu'être sage. Alors, prête à bousculer les règles ?
- Speaker #1
Hello Marion ! Salut Alexandra ! Bienvenue !
- Speaker #0
Je suis ravie de t'avoir avec nous aujourd'hui, un épisode un petit peu spécial puisqu'il fait partie d'une semaine qu'on organise toutes les deux sur Instagram de création de contenu autour de nos sujets respectifs et qui en fait s'entrecroisent. comme on avait pu le constater, on s'est dit que ce serait chouette de faire du contenu ensemble puisque toi, tu vas te présenter dans un instant mais donc tu accompagnes des personnes, notamment des femmes, à se reconvertir professionnellement ou alors, en tout cas, à essayer de se sentir mieux au travail. Donc, des femmes qui peuvent rencontrer des questionnements, des challenges, etc. Et parmi les personnes que tu accompagnes, il se trouve que tu as pu constater que certaines sont comme toi et moi, des anciennes petites filles sages, petites filles modèles. et qu'elles rencontrent certaines difficultés parfois liées à toutes les injonctions finalement qu'elles ont pu avoir petites et tous les conditionnements aussi. Et du coup, on s'est dit que ce serait chouette qu'on puisse créer cette semaine ensemble de contenu pour mettre ça en lumière puisque effectivement, dans mes partages, mes partages résonnent pas mal avec aussi toi ce que tu peux constater. Donc voilà. Merci beaucoup d'être là aujourd'hui. Je te laisse te présenter, puis après on va rentrer dans le vif du sujet.
- Speaker #1
Ça marche. Merci en tout cas pour ton invitation. Je suis très contente d'être ici aussi. Pour me présenter, je m'appelle Marion Charza. J'ai 36 ans, j'habite à Paris. J'ai souffert pendant longtemps de ce fameux syndrome de la bonne élève, qui a aussi des points positifs. enfin on en reparlera de toute façon, mais... Mais oui, c'est vrai que moi, j'ai un parcours hyper linéaire dans le sens où, en tout cas, je n'ai jamais vraiment su ce que je voulais faire. Mais on me répondait, de toute façon, ce n'est pas très grave puisque tu es très bonne à l'école, tu pourras faire tout ce que tu veux. Oui, mais quoi ? Donc, j'ai vraiment suivi le parcours hyper classique, en tout cas en franco-français, de faire une prépa, de faire une école de commerce. Et ensuite, un peu par hasard, parce que c'était ce qui me parlait le plus, j'ai fait du marketing et de la communication. Donc en fait pendant... Je fais ça pendant à peu près dix ans, j'ai eu des expériences plus ou moins heureuses, je ne me suis pas... Ce n'était pas terrible, ce n'était pas... Mais il me manquait toujours quelque chose, il me manquait un peu ce moteur, cette flamme, ce truc qui vraiment donnait du sens à ma carrière. Aujourd'hui, depuis trois ans et demi, je suis coach carrière et développement professionnel. Comme tu l'as dit, j'accompagne des personnes, majoritairement des femmes, qui ne se sentent pas bien dans leur boulot, qui s'ennuient, qui sont frustrées, qui sont... qui sentent pareil que... C'est pas qu'ils détestent ce qu'ils font, mais ils se disent, je vais pas faire ça toute ma vie, en fait. Voilà, il y a vraiment ce truc de se dire, je vais pas pouvoir faire ça toute ma vie. Et en fait, souvent, c'est ça qui est très intéressant, c'est que les gens m'appellent en pensant que... Ou en flippant parce qu'ils se disent, je vais devoir tout changer dans ma vie, je vais devoir me reconvertir, aller élever des chefs dans le Larzac. Il y a un peu cette peur et en même temps ce mythe, quoi. Et très souvent, ce que je vois, dans quand même une grande majorité des cas, c'est que mes clients ne changent pas forcément de travail. En tout cas, il ne change pas forcément de métier. Il peut y avoir des changements, on va dire, de structure ou de job, mais souvent, le changement, il est surtout dans la posture, dans la posture intérieure. Et voilà. Et surtout chez les femmes, en effet, il y a vraiment ce fameux syndrome de la bonne élève qui revient. Ce qui est très bien quand c'est mes clientes, parce que comme en coaching, du coup, elles font tous leurs exercices. Ça, c'est vraiment génial. Donc, ça a des points positifs d'être une ancienne bonne élève, d'avoir ce truc. Et surtout, du coup, elles ont des résultats de ouf. Mais je vois bien que dans leur quotidien au travail, ça freine leur carrière en fait, beaucoup plus que les autres.
- Speaker #0
Ok, on va y revenir. Sur un de tes posts récemment, qui a d'ailleurs pas mal fait de réactions, tu disais que tu ne souhaiterais pas, toi, à ta fille, de travailler un jour à la Défense. Qu'est-ce que la Défense représente pour toi ?
- Speaker #1
Oui, alors la défense, c'est un symbole, évidemment. Il y a eu des commentaires un petit peu premier degré. La défense, pour moi, c'est le symbole un peu du monde du travail aujourd'hui. Et quand je disais ça, c'était une façon de mettre en lumière le fait qu'aujourd'hui, le monde du travail est vraiment axé sur la performance et nous coupe complètement de notre nature, je trouve, et de la nature en général. Aujourd'hui, quand on travaille... De façon très schématique, évidemment, il y a des exceptions, mais c'est vraiment du 9h, 19h, et on a les mêmes obligations de résultats et de performances toute l'année, toutes les semaines, tous les jours, que Dieu fait. Et donc en fait, on se coupe complètement de nos ressentis, on est devenus un petit peu des robots au travail. C'est un peu ça que je voulais dire à travers ce poste, et je trouve que la défense le représente très bien. Voilà ce truc où il n'y a pas un arbre. Alors oui, ils ont rajouté des arbres sur le parvis, mais on dit certaines personnes. Mais tu vois, on est complètement coupé de la nature en tant que telle déjà, ce qui pour moi n'est pas forcément humain. Et puis, on est coupé de notre rythme. On est coupé de nos émotions. En tant que femme aussi, on a des cycles. Par exemple, on est complètement coupé de nos cycles. Et donc, pour moi, travailler, ce n'est pas faire tous les jours la même chose de façon robotique. Ce n'est pas aller tous les jours sur le même lieu. Ce n'est pas... Et c'est pas... Voilà, on est des êtres humains, on a des ressentis, on est hyper vivants. Et je trouve que le travail devrait être au service de ça et pas à l'inverse.
- Speaker #0
Ouais, trop bien. Alors, du coup, est-ce que c'est ça ? Qu'est-ce que tu souhaites à l'inverse à ta fille ? Tu vois, si tu pouvais rêver sa future vie professionnelle, qu'est-ce que tu aimerais qu'elle vive ? Comment tu voudrais qu'elle se sente au travail ?
- Speaker #1
Alors moi, la première chose que je voudrais pas, c'est du calquer quelque injonction que ce soit. Elle fera bien ce qu'elle veut de toute façon, évidemment. Enfin, je veux dire, si elle me dit qu'elle veut faire une prépa à une école de commerce, J'en aurais des boutons, mais je lui dirais, évidemment, vas-y, si c'est ce que tu veux. Voilà, il ne faut pas non plus... Elle a un libre arbitre. Mais non, en fait, c'est surtout qu'au-delà d'un métier ou d'un statut, moi, je lui souhaite vraiment de s'épanouir en tant que personne dans son travail. Que son travail soit au service de sa vie et pas forcément l'inverse, en fait. Qu'elle arrive à trouver le job. Et quand on dit le job, ce n'est pas que le métier. C'est vraiment le métier, l'entreprise, la façon d'exercer le métier, le temps de travail, tout cet environnement, tout cet écosystème autour du travail qu'on a tendance à oublier, qu'il épanouit, elle, en tant que personne, qu'il soit aligné avec ses valeurs, qu'il soit aligné avec ses besoins. Et on sait que ça, ça va évoluer dans sa vie en plus. Parce que quand on en a 20 ans, on n'a pas du tout les mêmes besoins que quand on en a 35, que quand on en a 50. Donc, que ce soit vraiment un travail qui lui permette finalement de vivre sa vie. qui vivent ses rêves, qui sont au service de ses rêves c'est un peu ça mon...
- Speaker #0
Tu crois que c'est possible ça ?
- Speaker #1
Moi je crois que c'est possible, je crois que c'est courageux, surtout aujourd'hui parce que c'est pas ce qu'on nous enseigne c'est pas ce qu'on nous promet c'est pas ce qu'on nous permet mais je pense que c'est possible oui il y a plein de gens qui le font
- Speaker #0
Et c'est possible sans doute si déjà petite tu as été éduquée ou en tout cas on t'a... transmis un certain nombre de choses qui vont te permettre qui vont te donner cette autorisation à aller rêver et à aller dans un sens qui te convient mieux donc ça on va y revenir tout de suite. Ce que j'aime aussi tu disais tout à l'heure c'est que toi tu dis pas simplement quitte ton boulot, tu montres parfois que même si le contexte compte quand même beaucoup il y a aussi quelque chose qui se joue à l'intérieur de nous et donc chez les femmes que tu accompagnes qui souffrent du syndrome de la bonne élève il y a souvent des choses comme je viens de le dire aussi acquises dès l'enfance Donc, Pour pouvoir vraiment exemplifier tout ça assez rapidement, on va jouer à un petit jeu qu'on a déjà proposé aussi sur Instagram. Donc moi, je vais démarrer une petite phrase. Enfin, je vais démarrer une phrase et tu vas la compléter si tu le veux bien. Alors selon toi, la petite fille qui fait toujours ses devoirs devient ?
- Speaker #1
Elle devient l'employée ou la cadre, en tout cas, qui travaille tard pour prouver sa valeur, pour prouver qu'elle est méritante. pour avoir la bonne note. Ça,
- Speaker #0
c'est quelque chose que je rencontre beaucoup, j'imagine.
- Speaker #1
Ah oui, ça, c'est quelque chose que je rencontre énormément. Le fait de relier son temps de travail et ses efforts à la reconnaissance qu'on aura à la fin, la promotion potentiellement qu'on attend, mais aussi, juste tout simplement, parfois, le merci. Le merci. C'est encore une cliente qui me disait la semaine dernière, moi, je carbure au remerciement de mon manager. Et c'est pas mal, je veux dire, c'est aussi ça, être humain, c'est aussi ça, mettre de l'humain dans le monde du travail. C'est qu'il y ait des bonnes relations, c'est qu'il y ait des merci, évidemment, je ne suis pas contre ce merci-là, mais l'attente de cette reconnaissance, elle freine en fait les carrières de ces femmes-là.
- Speaker #0
Moi, je me souviens, quand j'étais petite, je pense qu'effectivement, une des raisons pour lesquelles je faisais toujours mes devoirs et surtout, je voulais absolument avoir toujours des bonnes notes, c'est que j'étais devenue accro à ça, tu vois. On va en reparler, mais je ne savais pas exactement. Je vivais très mal l'échec, mais en tout cas, avant de mal vivre l'échec, déjà, j'étais accro à avoir ces bonnes notes et à avoir la reconnaissance qui va avec.
- Speaker #1
Exactement. Sauf qu'en fait, les codes de l'école ne sont plus les codes du monde du travail. C'est quand même deux mondes très différents. Mais oui, il y a un côté complètement addictif au fait d'être reconnu. Parce qu'on se dit qu'on va dans la bonne... En fait, c'est hyper rassurant. Et souvent, c'est ça, en fait. C'est un besoin de sécurité, un besoin d'être rassurée sur le fait que en fait, je suis sur le bon chemin, je fais bien les choses. Et c'est vrai que, du coup, les personnes qui viennent me voir, elles sont complètement perdues sur ce chemin, tu vois, souvent. Parce qu'elles se disent, en fait, je comprends pas, j'ai... Comme moi, j'ai toujours fait ce qu'on m'avait dit de faire, j'ai toujours coché les cases pour avoir les bonnes notes. Voilà, j'ai fait la prépa, je vais à l'école de commerce.
- Speaker #0
Dans tout cet univers-là, ça fonctionne. Mais ce que tu dis, c'est que dans le monde du travail, ça fonctionne.
- Speaker #1
Dans le monde du travail, quand elles arrivent, elles ne comprennent plus. Je réponds à tous mes mails, je vais aux réunions, j'atteins mes objectifs. Parfois, je fais plus que mes objectifs. Je reste tard pour pouvoir tout boucler. Souvent aussi, je suis la personne qui est indispensable dans le service. On me le dit en plus. Qu'est-ce qu'on ferait si tu n'étais pas là ? Au bout du bout, la personne qui a la promotion, ce n'est pas moi. Et celle qui finit épuisée, ce n'est pas moi.
- Speaker #0
Et du coup, ce n'est pas forcément ce qu'on dit. Ce n'est pas forcément qu'il ne faut pas dire aux petites filles d'arrêter de faire leurs devoirs. Ça peut être OK, une fille qui fait toujours ses devoirs, c'est plus quelle est la motivation. La petite fille qui n'ose pas lever la main devient...
- Speaker #1
La petite fille qui n'ose pas lever la main, ça devient la jeune femme ou la femme qui, en réunion, n'osera jamais prendre la parole et qui a plein de choses à dire. Et ça, je le vois très souvent. Elle a plein de choses à dire, mais se dit, mais en fait, qu'est-ce que je vais apporter ? Tu vois, il y a vraiment ce truc de quelle est ma valeur ajoutée, en fait. Je vais prendre la parole et... C'est pas intéressant, ce que j'ai à dire. Sauf que moi, je leur dis, en fait, on t'a embauchée pour une raison. tu vois, toujours se rappeler de ça, on parlera des solutions tout à l'heure, mais on t'a embauché pour une raison, donc prends la parole, on t'a embauché pour ton expertise, on t'a embauché pour ta personnalité, on t'a pas embauché pour rien, n'oublie pas ça, tu vois.
- Speaker #0
Et après moi, parfois c'était pas forcément ce que je veux dire n'est pas intéressant, mais comment je le formule pour que ce soit intéressant, tu vois, j'ai perdu mes moyens, tu vois.
- Speaker #1
Souvent on se prend plus la tête d'ailleurs, et souvent la bonne élève se prend plus la tête le... à comment je vais faire, comment je vais dire, ou comment je vais formuler, ou comment je vais faire en sorte que la personne en face ne soit pas mal à l'aise par ce que je dis, plutôt que par le dire, en fait. Sauf qu'en fait, s'autoriser à dire, c'est déjà y aller, en fait. Et si ça se trouve, ce ne sera pas génial la première fois, ce n'est pas grave. Mais il faut y aller, en fait, tu vois.
- Speaker #0
Et après, on caricature un peu, là encore. Mais je pense qu'une petite fille qui n'ose pas lever la main, c'est peut-être aussi une petite fille, voilà, un peu un caractère un peu timide et ça ça peut aussi évoluer je sais que moi j'ai beaucoup pris confiance finalement en étant dans le monde du travail mais voilà il y a des restes quand même complètement quand je fais ce podcast parfois je me dis oh là là si j'ai pas totalement préparé comme tu as pu le constater je fais un peu de préparation parce que j'ai toujours peur de m'emmêler les pinceaux tu vois parfois c'est encore un peu dur la spontanéité c'est très intéressant que tu dis ça c'est un truc que je vois aussi beaucoup
- Speaker #1
C'est pour se rassurer. Mes clients se préparent énormément. Voilà, donc, OK, je vais parler à la réunion. Mais alors, là, le truc, il est baqué, surbaqué. Et si on me répond ça, je vais pouvoir dire ça. Et sinon, voilà. Sauf qu'en fait, c'est une bonne réponse. C'est une bonne stratégie. Mais une stratégie qui, parfois, rajoute encore plus de travail et encore plus de charge mentale à ces femmes-là. Donc, l'idée, ce serait plutôt d'arriver peut-être à... une fois de plus, on parlera des solutions, mais arriver à lâcher prise sur le résultat, sur la forme, sur ce qui peut se passer si derrière, quelqu'un nous contredit ou rebondit. Ce n'est pas facile.
- Speaker #0
La petite fille qui pleure quand elle a une mauvaise note devient...
- Speaker #1
La petite fille qui pleure quand elle a une mauvaise note, alors ça, moi, ça fait écho aussi de ouf. Ça devient la femme qui, quand on lui fait un feedback, que ce soit en entretien annuel ou son manager qui peut-être lui fait un retour, c'est son rôle qui le vit comme un échec et qui se met à pleurer ou qui va s'enfermer dans les toilettes pour pleurer. Combien de fois, j'en ai fait aussi des posts là-dessus, mais parce que c'est une réalité, combien de fois je me suis enfermée dans les toilettes au travail parce que je vivais trop mal l'échec. Les retours.
- Speaker #0
Après, ce que tu dis, c'est que c'est bien aussi de s'autoriser, il me semble, sur ton compte. Tu dis que c'est bien de s'autoriser.
- Speaker #1
Hyper important, mais... Ouais, je t'écoute.
- Speaker #0
J'allais dire, effectivement, cette histoire de feedback qu'on vit comme un échec, moi, ça me parle beaucoup aussi. Comment réagir ? En plus, quand on te fait une critique, même si elle est constructive, t'as toujours un truc à l'intérieur de toi qui est... Ouais.
- Speaker #1
Oui, parce que la bonne élève, c'est celle qui sait tout. C'est intéressant d'aller aussi réfléchir à ça, de se dire finalement, comment ça me met en danger de ne pas tout savoir ou de ne pas être parfaite sur tout, de ne pas tout maîtriser.
- Speaker #0
Et enfin, une petite dernière, garde le mien pour la fin toujours, la petite fille à qui on dit soit sage, soit gentille, devient...
- Speaker #1
Celle qui n'ose pas dire non, qui prend le travail des autres sans problème, qui va chercher les cafés de l'équipe. À chaque fois, c'est toujours elle qui réserve les after-work, qui va toujours prendre les notes des réunions. Bon, maintenant, il y a Lya, donc c'est peut-être un peu moins vrai. Mais tu vois, c'est celle qui va toujours se dévouer pour faire soit les tâches des autres, soit les tâches que personne n'a vraiment... est supposée faire dans l'équipe, c'est elle qui va toujours les prendre. Ou quand on lui rajoute un objectif, quand son manager lui dit « Ah bah tiens, il y a un nouveau projet qui sort, c'est pour ma pomme, allez ! »
- Speaker #0
Du coup, là, on en a déjà évoqué pas mal, mais tu dirais que c'est quoi les schémas qui reviennent le plus souvent pour les femmes qui souffrent un peu du syndrome de la bonne élève ? Mais je pense plus largement, parce qu'il y a effectivement les anciennes bonnes élèves, mais il y a juste aussi les... Les filles qui évoluent dans une société dans laquelle il y a plus d'attentes, il y a des attentes particulières envers les filles, donc envers les femmes et envers les employés. Donc c'est un peu les schémas finalement, si tu devais un peu résumer ou compléter ce qu'on vient de dire, qui reviennent le plus souvent chez les personnes que tu accompagnes.
- Speaker #1
Moi, ce que je vois le plus souvent, c'est être complètement débordée et ne pas oser demander d'aide ou ne pas oser dire non. Donc, ce côté, voilà, j'ai trop de travail, parce qu'aujourd'hui, c'est la réalité de tout le monde, en fait. Tout le monde a trop de travail. J'ai beaucoup de travail, j'ai une charge de travail importante, mais je n'arrive pas à poser mes limites et à dire stop. Je dis que j'ai trop de travail, ça, souvent, les gens le disent. Ils ne sont pas là à subir non plus. Mais je n'arrive pas à stopper ça. Ou à faire en sorte que mon manager aussi me trouve des solutions. Il y a vraiment ce manque de leadership, entre guillemets. Et puis aussi de ne pas oser demander d'aide, de ne pas oser dire. En fait, je ne m'en sors pas. Je ne m'en sors pas. C'est un truc que je retrouve beaucoup. Qu'est-ce qu'il y a d'autre ? Parce qu'en fait, il y a aussi une grande peur de décevoir son manager. Il y a une sorte de loyauté. Ça, je vois beaucoup. D'ailleurs, j'étais encore vendredi en séance avec une cliente qui me disait « Moi, j'ai une sorte de contrat moral, en fait, avec mon entreprise. » Et je lui disais « Non, pas du tout. Tu as un contrat avec ton entreprise. C'est un contrat de travail, mais ce n'est pas un contrat moral. » Et elle me disait « J'ai le sentiment d'être engagée moralement envers mon manager. Je ne peux pas le laisser tomber. » Parce qu'elle voulait quitter son job. Elle voulait poser ça d'elle-même. Et elle me disait « Je ne peux pas le laisser tomber. » Je veux dire, là, en plus, en ce moment, il y a vachement de boulot et tout.
- Speaker #0
J'ai mis un an comme ça à oser quitter un job qui ne me convenait plus par peur de décevoir ma manager. Et ce qui m'a aidée, c'est que je me suis lancée dans l'entrepreneuriat et c'est quelqu'un qui valorisait quand même l'entrepreneuriat. Donc, je me suis dit, si je pars pour ça, ça va aller.
- Speaker #1
Oui, ça, c'est une bonne stratégie.
- Speaker #0
Pour un autre job salarié, je pense que je réussirai ça encore dix ans.
- Speaker #1
Ouais, tu vois. La peur, elle est très forte, quoi, alors qu'on ne vit pas notre vie pour les autres. Mais oui, ça, c'est clairement un syndrome de bon élève. Ça, c'est sûr. Qu'est-ce que je vois d'autre ? Ne pas oser demander d'augmentation aussi. Ne pas oser demander de primes sous prétexte que c'est la crise, il n'y a pas de budget. Oui, mais ça, c'est tout dans la crise et il n'y a jamais de budget. Et comme par hasard, les collègues, ils ont des augmentations et pas nous. Tu vois. Et puis, les horaires de travail, qu'est-ce qu'il y a d'autre ? Je dirais qu'il y a aussi une frustration par rapport aux collègues aussi. Ça, je le vois très souvent. Tu vois, une frustration par rapport à l'ambiance de travail, par rapport aux collègues qui râlent. Tu sais, on a tous ce collègue un peu toxique, qui prend beaucoup de place, qui râle beaucoup, qui nous enlève du coup de l'énergie plutôt que de nous en donner. Et souvent, c'est je ne sais pas comment gérer ce collègue-là, femme ou homme, je ne sais pas comment, il me plombe. Mais en même temps, je n'ose pas lui dire, tu vois, parce qu'une fois de plus, il faut être gentil, il faut être sympa, tu vois. Ça, je le vois beaucoup aussi.
- Speaker #0
Ok, dans un contenu qu'on va partager sur Insta, je vais revenir un petit peu, moi, sur du coup, qu'est-ce qu'on peut transmettre à nos filles pour éviter un maximum qu'elles se retrouvent dans ces schémas-là. Je pense notamment, tu as parlé des limites, et je vais faire un épisode avec une autre invitée récemment sur les limites, et elle expliquait bien que, bon, c'est évidemment... À la fois, c'est important d'apprendre à nos filles à ce qu'elles sachent dire non et donc poser elles-mêmes leurs propres limites, mais qu'il fallait aussi le modéliser devant elles. Oui, bien sûr. Nous aussi être capables de poser des limites vis-à-vis d'elles, de poser des limites aussi en général vis-à-vis de notre partenaire, mais même à l'expliquer. Je pensais aussi que je trouvais ça intéressant qu'on fasse ce conflit ensemble. Elle expliquait que quand tu rentres du travail, tu expliques à ton conjoint devant ta fille que ton manager t'a demandé de faire... encore un truc et t'as pas osé dire non bah en fait tu lui montres pas le bon exemple l'idée c'est pas de se mettre la pression mais c'est important de faire ce travail là que tu proposes toi aux femmes notamment évidemment pas qu'eux mais notamment quand on a des enfants et donc des petites filles bah juste pour pouvoir aussi leur montrer un autre exemple il s'agit pas juste de leur transmettre à elles un certain nombre de messages etc idéalement, il faut aussi pouvoir faire ce travail-là sur nous pour pouvoir le modéliser.
- Speaker #1
Complètement. Et c'est vrai que là où je te rejoins, c'est que je vois que mes clientes, quand elles font ce travail-là, ça réjaillit sur leur entourage proche. Tu vois, ça fait bouger les autres, en fait. Elles, le fait de poser leurs limites, généralement, leurs conjoints, ça va aussi les déplacer un petit peu, tu vois, en se disant, ah, mais en fait, je peux... Je peux dire non, voilà. Et leurs enfants aussi, tu vois. Enfin, il se passe vraiment un truc... C'est pour ça qu'il n'y a jamais que le pro ou le perso. Enfin, les deux sont liés, quoi.
- Speaker #0
Et du coup, si les personnes que tu accompagnes, une fois qu'elles sachent un peu mieux, parce qu'évidemment, j'imagine que c'est... En tout cas, c'est peut-être pas du jour au lendemain, mais un peu mieux poser leurs limites. Bien sûr,
- Speaker #1
c'est pas du jour au lendemain,
- Speaker #0
oui. Voilà, c'est un petit peu tout ce que tu as dit. Ça apporte déjà une grande différence sur leur bien-être au travail.
- Speaker #1
Ouais, complètement. En fait, parce que c'est un tout, si tu veux poser des limites, c'est pas juste apprendre... En fait, on pense souvent que savoir poser des limites, c'est savoir dire non et juste, voilà, la personne, je sais pas, je dis n'importe quoi, un exemple, mon manager me rajoute une énième priorité et je lui dis non. Voilà, ok, c'est bon, j'ai su poser mes limites. Mais en fait, c'est pas ça, savoir poser une limite, parce que... La raison pour laquelle on ne s'est pas posé de limites, c'est aussi parce qu'on est complètement déconnecté de soi-même, surtout dans le monde du travail. On est tellement dans ce mode robot, et dans cette charge de travail, et dans cette to-do list, et dans il faut avancer, il faut obtenir ses résultats. On est tellement dans cette sorte de machine infernale qu'on est complètement déconnecté de nous. Sauf que pourquoi on a besoin de poser des limites ? Parce qu'on a des besoins en tant que personne. On a des besoins en tant que femme aussi. Et en fait, souvent, mes clientes, elles sont complètement déconnectées de ça, de leurs émotions, de ce qu'elles ressentent, en fait. Et elles ne veulent même pas ressentir ce qu'elles ressentent, tu vois. Je prends un exemple. Moi, combien de fois j'ai reçu des mails au boulot et je pétais un câble en les lisant. Tellement, ça me mettait en colère, quoi. Parce que je me disais, mais... Soit je me dis, il ne me respecte pas, il me rajoute une énième prio, il me rajoute du temps de travail, il n'a rien compris à ce que je voulais. Sauf que je me disais, je ne peux pas m'énerver. Il y avait cette injonction très forte, souvent il y a aussi cette injonction à rester calme dans le monde du travail. Il faut rester calme, il faut maîtriser, il faut être pro. Sauf qu'en fait, moi je me disais, attends, je me calme, puis je vais répondre, sauf que je répondais, mais voilà. Comment dire, je n'écoutais pas le besoin derrière, qui était de dire, là, cette colère, elle vient me dire que ce mail ne te convient pas et qu'il y a une limite chez toi qui est dépassée. Donc cette colère, elle est saine. Donc plutôt que de la mettre sous le tapis et de te dire que tu devrais être plus professionnelle et que tu devrais... Écoute-la, utilise-la comme un carburant pour du coup poser ta limite. Tu vois ce que je veux dire ? En fait, c'est ça qui te donne de l'énergie. Souvent, on pense que poser ses limites, c'est tout l'inverse de ça, si tu veux. Alors que moi, ce que j'aide mes clients à faire, c'est vraiment de revenir à vous. Écoutez-vous et poser vos limites sera beaucoup plus facile parce que ce sera presque naturel. Le fait d'écouter vos émotions, d'écouter ce que vous ressentez dans votre quotidien au travail va vous donner des indications de ce qui est OK, de ce qui n'est pas OK. Parce que c'est ça aussi, c'est où est-ce que je mets le curseur, tu vois ? À quel moment je dis non ? À quel moment je dis peut-être ? À quel moment je dis oui ? Et c'est ça qui n'est pas si facile, en fait, finalement, dans le fait de poser une limite. Parce que parfois, ton manager, il n'aura pas le choix que de te rajouter une prio et toi, tu n'auras pas le choix que de dire « OK, je vais faire en sorte » . parce qu'il faut aussi montrer de la flexibilité, parce que le monde du travail évolue très rapidement et que du coup, il va falloir quand même que cette prio, je la rajoute dans mon agenda, quoi qu'il arrive, si tu veux, tu vois. Et donc, comment je fais quand on me dit « mais non, poste à limite, poste à limite » , tu vois ? En fait, c'est pas si facile que ça de savoir à quel moment, tu vois. Et donc, moi, vraiment, la différence que je vois chez les femmes que j'accompagne, c'est le moment où vraiment, elles sont reconnectées à ce qu'elles ressentent, si tu veux, tu vois. Quand tu reçois ce mail et qu'il te fait péter un câble et que ta colère, elle monte, elle monte, c'est déjà comment tu fais pour retrouver un système nerveux qui est apaisé, qui est calme, voilà. Et ensuite, comment tu l'utilises, cette colère, pour dire non, tu vois ?
- Speaker #0
Et donc,
- Speaker #1
au niveau de graduation de colère aussi, tu vas voir que là, la limite, il faut qu'elle soit posée ou que ça peut passer, tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Moi, ce qui m'insiste, c'est un peu de savoir poser les limites aux bons endroits, en fait. C'est-à-dire que... comme tu le dis, parfois, ça ne va pas être possible, mais tu ne vas pas le prendre personnellement en mode on est en train de m'attaquer. Parce qu'en général, tu arrives à faire respecter tes limites et à répondre à tes besoins. Je pense que c'est aussi une accumulation et une accumulation qui se joue notamment pour les anciennes petites filles sages au niveau de... avec leurs partenaires, avec leurs enfants. Et donc après, au bout d'un moment, c'est trop. Et peu importe ce qu'on va nous demander, que ce soit les chinois, on va mal le prendre. Merci. J'ai l'impression que ce que tu dis, tu ne vas pas toujours faire respecter tes limites, ou en tout cas dire non, comme tu dis. Mais il y a des fois où tu vas dire non et tu vas le dire plus facilement parce que tu vas sentir que c'est vraiment légitime et que ça ne part pas de juste dire non pour dire non.
- Speaker #1
De la fatigue, de parce que tu n'as pas dormi la nuit dernière.
- Speaker #0
Et puis des fois où tu vas laisser passer et c'est OK. Trop bien.
- Speaker #1
En fait... Si tu veux, tout ça, ça part de cette confiance intérieure que tu as aussi dans le fait que tu as une valeur en tant que personne et que c'est OK pour toi, du coup, de dire non. Tu vois ce que je veux dire ? Et souvent, on l'a perdu, ça, en fait, quand on est dans ce brouhaha mental ou quand on est dans cette peur de dire non ou dans cette fatigue et tout. Souvent, on s'est complètement déconnecté de ça, quoi, tu vois, en fait.
- Speaker #0
Donc, du coup, on a commencé un petit peu à aborder la prochaine question qui était... C'est quoi les compétences, les ressources qu'on a besoin de réapprendre, nous, femmes, nous, mamans, et que du coup, on le rend compte à nos petites filles très tôt, pour qu'elles aient pas à les réapprendre à 35 ans, quoi. Même à 50 ans, parfois. Donc, tu as commencé à le dire. Déjà, j'ai l'impression que j'ai entendu deux choses. C'est déjà apprendre à reconnaître sa valeur. C'est un peu l'essayer de soi, je l'imagine, de ce dont tu parles. Et ressentir ses besoins. Donc ça, c'est déjà deux piliers importants.
- Speaker #1
Ouais. En fait, pour moi, c'est deux piliers hyper importants. Si t'as pas ça, tu peux pas avancer vers le reste, en fait. Souvent, les gens viennent me voir et me dire comment je peux dire non, comment je peux prendre la parole en réunion, comment je peux communiquer, comment je peux faire des feedbacks de façon la plus constructive possible. Il y a une grosse peur aussi de faire des feedbacks qui vont heurter les personnes en face. Et l'intention est hyper bonne, en fait. Mais la base pour moi de tout, c'est vraiment d'avoir cette estime de soi et cette confiance en soi. C'est ça qui va permettre derrière, en fait. de communiquer, de faire des feedbacks, de dire non, de poser des limites. Voilà, donc vraiment...
- Speaker #0
Pour moi, c'est se reconnecter à ce qu'on ressent, vraiment ces émotions. Notre corps, il nous parle. En fait, ce n'est pas si compliqué que ça de savoir ce qu'on veut ou ce qu'on ne veut pas. Les indices, on les a dans notre corps, en fait. Notre corps nous parle. Et moi, je le vois très bien. D'ailleurs, c'est le travail que je fais au début à chaque fois avec mes clientes. C'est vraiment, on va revenir à ce que tu ressens, en fait. On va couper le mental, parce qu'on est tout le temps dans nos boucles mentales, toute la journée, surtout au travail. Donc, on va plutôt aller ressentir. Et ça, les enfants le font très bien. Ça, les enfants, ils savent faire. Nous, après adultes, on s'est coupés.
- Speaker #1
Jusqu'à ce que nous, on peut très tôt les couper. Moi, j'allais dire, les mamans qui nous écoutent et qui essaient vraiment de nourrir cet amour inconditionnel, moi, c'est très régulièrement que je dis à Rose, moi, je t'aime tout le temps, que tu sois sage ou pas sage. Tu fasses une bêtise ou pas, je t'aime. Maman, elle t'aime tout le temps. Et les mamans qui sont quand même dans l'accueil des émotions de leurs enfants, ma fille, quand elle se met à crier, je ne lui dis pas, tais-toi, vraiment. du monde, on essaie de faire ça à côté. Mais voilà, beaucoup de choses que je partage. Donc, on est quand même sur la bonne voie, j'ai l'impression.
- Speaker #0
Oui, j'ai l'impression aussi. Ben oui, parce qu'en fait, ce sera leur premier indicateur, en fait. C'est de dire, voilà, là, en fait, j'ai envie de pleurer parce que j'ai perdu quelque chose. En fait, souvent, quand j'ai... Alors, je vais nuancer après, mais la tristesse que je ressens quand je pleure, là... C'est que j'ai perdu l'opportunité de prendre la parole en réunion, ou j'ai perdu l'opportunité d'avoir ce projet ou ce client. Donc, c'est OK que je pleure, en fait. C'est juste mon corps qui indique que j'aurais aimé l'avoir, ce client, tu vois. C'est juste ça, en fait.
- Speaker #1
C'est OK que je pleure parce que j'ai perdu mon doudou, quoi.
- Speaker #0
Voilà, exactement. C'est exactement ça. Et c'est complètement OK. Voilà, ça ne m'embêtera pas. Je pleure un bon coup, et puis après, on repart, et on va rechercher le client, on va chercher le doudou. Tu vois, mais en fait... Et ça... Si ça ne s'exprime pas, ça finit en plus... Alors là, des émotions qui sont complètement construites, ça finit par de la honte et de la culpabilité. Honte d'être cette personne qui pleure parce que déjà, elle n'a pas eu de client, donc elle est nulle. Et en plus, elle pleure, elle s'enferme dans les toilettes pour pleurer parce qu'elle n'a pas eu de client. Donc vraiment, double peine. Et on s'en rajoute une couche. En fait,
- Speaker #1
je pense qu'il y a plein d'effets à ça, mais le fait de ne pas... de se couper de ses émotions, de ne pas s'autoriser à les ressentir, ça mène à quoi en fait ? Ça mène à plein de choses. Je pense que c'est aussi ce qui mène au burnout. Ça mène à plein de choses.
- Speaker #0
Exactement. En fait, on se coupe de nos ressentis. C'est vrai que quand je disais que la défense, c'est un lieu qui, moi, me semble complètement anesthésié, c'est que c'est ça, c'est qu'on est complètement coupé. Le béton nous coupe de la nature et nous coupe de ce qu'on ressent en fait. Mais parce que c'est ce qu'on nous a longtemps demandé. Je veux dire, on a été conditionnés comme ça dans le monde du travail pendant longtemps. les émotions, c'est que dans les années 80-90 qu'on a commencé à se rendre compte qu'elles étaient saines et qu'elles n'étaient pas dangereuses. Avant, c'était dangereux de ressentir. Donc, tu vois, il faut aussi remettre ça en perspective. Et l'autre chose que tu as dit qui est très importante, en effet, c'est l'estime de soi. Et je pense que plus les petites filles se connaîtront, plus les femmes se connaîtront, plus ce sera facile pour elles, tu vois.
- Speaker #1
Quand je dis se connaître... J'ai découvert J'ai découvert ça récemment, notamment grâce à ton contenu, qu'en fait, l'estime de soi, rien que de se connaître ses qualités, ses défauts, peut nous permettre de mieux nous aimer. Parce qu'on a l'impression que parfois, l'estime de soi, c'est vraiment inaccessible.
- Speaker #0
Ouais, grave. C'est pas inaccessible du tout, je suis d'accord. En fait, on pense que l'estime de soi, c'est s'aimer de façon inconditionnelle. Et on se met une pression du coup. Alors là, c'est pareil. On rajoute de la culpabilité, on rajoute de la honte. C'est une injonction de plus, en fait. Il y en a plein dans le développement personnel, des injonctions comme ça. Alors que moi, ce que j'enseigne aussi à mes clientes, c'est on va revenir à qui tu es, en fait. Qu'est-ce que tu fais comme personne ? Parce que moi, je suis persuadée qu'on a tout ce que j'appelle notre zone de génie. On a toutes quelque chose qu'on fait ou des choses qu'on fait comme personne, quoi. Qui sont vraiment... Et naturellement. Sauf qu'en fait, et ça, c'est l'école aussi, encore. et en fait la première de classe il faut qu'elle soit première dans tout Donc en fait, elle ne sait même plus dans quoi elle est bonne naturellement, puisqu'elle s'est tellement habituée à s'efforcer pour être bonne dans tout, qu'en fait, elle s'est complètement parée, déconnectée de ce qu'elle faisait bien comme personne. Par exemple, moi, j'étais bonne vraiment dans tout. J'étais un peu moins bonne en sciences. J'ai très rapidement compris que les sciences, ce ne serait pas du tout, que je n'étais pas scientifique. Mais bon, on n'appelle pas ça se connaître. Savoir qu'on n'est pas scientifique, ce n'est pas se connaître. Mais par exemple, je n'ai pas du tout un esprit mathématique. Mais j'ai été très bonne en maths. toute ma vie. Parce que je me suis efforcée, parce que j'ai travaillé dur, parce qu'on m'a dit « travaille dur et tu verras, ça payera » . Sauf qu'en fait, naturellement, j'étais bonne plutôt en français, plutôt en histoire, plutôt en analyse, plutôt dans des matières aussi créatives. Et qu'est-ce qui se passe après, si je le transpose dans le monde du travail ? C'est qu'en fait, on continue avec ce mindset qui est « dans mon job, par exemple, je suis très bonne je sais pas, je dis n'importe quoi, on s'en rend même plus compte. » Je fais très facilement ça, ça et ça. Donc, par exemple, moi, si je reprends mon exemple en marketing, j'étais très bonne en analyse de marché. J'étais très bonne dans le fait d'analyser les situations, de trouver des problèmes, de résoudre des problèmes. J'étais très bonne dans toute la partie créative aussi. Mais alors, évidemment, dès qu'il fallait, par contre, analyser des datas, faire des budgets et tout, là, j'étais moins bonne. Donc, qu'est-ce que je faisais ? Je me disais, il faut que je m'améliore là-dessus. Il faut absolument que je m'améliore là-dessus. J'ai fait des formations. J'ai passé des heures et des heures à faire ça. Enfin, tu vois. Et ça, c'est ça qu'on nous a, qui nous bouffe de l'énergie aussi. Et c'est ce que j'apprends mes clientes à faire, c'est de se dire, OK, en fait, qu'est-ce que tu fais naturellement dans ton quotidien, qui du coup pour toi n'est même pas un effort, et sur lequel tu vas capitaliser. Et c'est ça qui va t'enlever ta charge de travail, c'est ça qui va t'enlever ta charge mentale. Plutôt que d'essayer de t'améliorer sur les chiffres, on va aller trouver quelqu'un qui sait très bien faire. Soit tu vas embaucher, soit tu vas déléguer, soit on va revoir tes équipes, tu vois. Et en fait, ça te libère de l'esprit aussi, tu vois. C'est ça aussi l'estime de soi, c'est savoir capitaliser sur ce que je fais naturellement très bien. Mais ça, les gens ne le voient même pas. Je ne sais plus quelle cliente encore la dernière fois m'a dit « Non mais ça Marion, ça ne compte pas, je sais faire. »
- Speaker #1
Mais justement... On ne valorise pas. On nous a appris à valoriser plutôt l'effort. En fait, si j'ai une bonne note en maths parce que j'ai travaillé dur, après c'est... Tout ça a été annoncé, suivant le contexte. C'est une bonne chose, mais on caricature un peu, mais ça peut être ça aussi. Tous les messages sont envoyés dans ce sens-là, donc à force, ça fait beaucoup. Oui, on se dit aujourd'hui, ce qui est facile pour moi, ça n'a pas de valeur. C'est ce qui est difficile pour moi et pour lequel je vais travailler dur. Là, je pourrais me dire, j'ai bien travaillé. Oui,
- Speaker #0
exactement. Et combien de clientes m'ont dit, moi, quand je rentre le soir et que j'ai fini ma to-do liste, c'est là où je me sens bien, en fait.
- Speaker #1
J'avoue.
- Speaker #0
Parce que voilà, elles ont fait les efforts. Elles ont mérité. Elles ont mérité leur soirée, elles ont mérité leur week-end, elles ont mérité, tu vois. Et en fait, moi, je les apprends à déconnecter de ça. Vraiment, voilà, à se déconnecter de... Enfin, à déconstruire ça. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a plus de to-do list, évidemment. Ça ne veut pas dire qu'on ne fait plus d'efforts. Ça ne veut pas dire qu'on n'essaie pas de s'améliorer sur certaines choses qui sont importantes pour nous. Mais dans quel but, tu vois ? Si je reprends mon exemple, moi, je continue à essayer de m'améliorer sur les chiffres parce que j'en ai besoin en tant qu'entrepreneur. Il vaut bien que je fasse mes impôts. Voilà. Et donc, c'est une compétence qui va être importante pour moi à voir, mais elle sert un but, quoi. C'est pas juste les efforts pour les efforts, tu vois. Et ça, vraiment, c'est capital, en fait, si tu veux, dans le quotidien, je pense, de se connaître.
- Speaker #1
Il y a même plein d'idées aussi de partage.
- Speaker #0
plein d'envie aussi pour ma fille tu vois je me dis oh là là ça t'as déconstruit t'as déconstruit on va en parler j'en parlerai un petit peu plus non mais vraiment je trouve que de voir aussi naturellement ce qu'elle fout ce qu'elle fait naturellement et d'encourager ça parce que je
- Speaker #1
pense que c'est ce qui manque aux bons élèves c'est d'encourager leur zone de génie et ce que je voulais dire aussi c'est que du coup les signes de soie nourrir les signes de soie chez nos filles c'est pas juste ce que je disais tout à l'heure je t'aime inconditionnellement c'est aussi les aider donc à apprendre à se connaître moi tu vois j'ai fait un petit truc alors C'est une petite graine, mais j'ai demandé à toutes ces péricultrices quand elles sont parties de la crèche de répondre à certaines questions. Je ne me souviens plus exactement, mais à quoi elles jouaient le plus souvent ? Qu'est-ce qui les a différenciées d'autres enfants ? Et puis, j'essaye d'être attentive à ça. Et puis après, il y a plein d'autres choses qu'on peut faire pour les aider à apprendre à se connaître. Je lui demande souvent, qu'est-ce que toi, tu as envie de faire ? Qu'est-ce que toi, tu penses ? On partagera d'autres petits tips. en partage général sur mon compte. Mais voilà, je trouve ça super là, ce qu'on est en train de faire. Je nous envoie des fleurs.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
C'est bien de montrer ce lien, tu vois, parce que ça motive, j'espère en tout cas que ça va motiver les personnes qui nous écoutent à le faire pour elles déjà, pas juste pour leur fille, déjà le faire pour elles, mais aussi, voilà, de commencer très tôt. Et je dis les mamans, mais évidemment, les papas ont aussi un rôle à jouer. Mais comme mes autres filles, ils sont presque en vie.
- Speaker #0
Oui. J'ai une cliente, j'ai juste un exemple parce que j'ai une pensée pour elle, tu vois, ça c'était vraiment magnifique. J'ai une cliente qui adore rêver. Et quand elle était petite, c'était ce qu'elle faisait tout le temps, elle rêvait. Elle adorait, tu vois.
- Speaker #1
Mais alors t'imagines dans notre société...
- Speaker #0
Elle rêve, elle imagine, elle fait des scénarios dans sa tête, elle imagine plein de trucs, elle aimait, tu vois. Et c'est ce qu'elle fait de mieux. C'est ce qu'elle fait de mieux. C'est sa zone de génie, c'est rêver. Sauf que... Et donc, t'imagines dans notre société, enfant, quand naturellement, ce que tu sais bien faire, c'est rêver. Je peux te dire qu'on lui a très vite expliqué que... Et je me souviens qu'elle m'a dit, mais Marion, rêver, ça paye pas les factures. Et je lui ai répondu, qui est-ce qui a dit ça ? Ça vient d'où, cette phrase ? Elle m'a dit, c'est ma grand-mère qui me l'a toujours dit. Tu vois ? Et du coup, en fait, elle s'est retrouvée dans des métiers. Il y avait mais zéro rêve quoi, je te jure, c'était vraiment genre, à un moment elle avait monté un business où elle vendait du poisson fumé, avant ça elle s'est retrouvée, elle était salariée dans une boîte où elle était commerciale, il y avait zéro rêve quoi, tu vois, elle était complètement, ça veut pas dire qu'elle était mauvaise dans ce qu'elle faisait, mais ça l'épuisait tu vois, parce qu'elle ce qu'elle faisait comme personne c'était de rêver et elle adorait ça en plus, tu vois, donc souvent ça va ensemble.
- Speaker #1
Tu peux monter un business où tu vends du poisson fumé, mais tu peux le faire de manière pas créative. Mais peut-être qu'elle ne s'est pas autorisée, justement. Voilà,
- Speaker #0
exactement. Parce que dans le métier,
- Speaker #1
en fait, cette faculté à imaginer, à créer aussi des choses de toutes pièces, peuvent être...
- Speaker #0
Elle est précieuse. Elle est précieuse. Et on a besoin de gens aussi qui rêvent dans notre société. Donc, tout est... Oui.
- Speaker #1
Comment tu fais, du coup, toi, pour... On a un petit peu commencé à l'aborder, mais pour réapprendre ces compétences, comment tu as fait, toi, ou comment tu fais avec tes clientes ? Tu dirais que c'est... C'est quoi, un petit peu, peut-être, les leviers principaux ?
- Speaker #0
Moi, je me suis fait coacher, donc voilà. Mais ce que je fais avec mes clientes en coaching, les leviers principaux... Le premier, si on revient vraiment sur s'écouter, écouter ses besoins, ses émotions, c'est de prendre des mini-pauses. Parce qu'en fait, on est toute la journée dans le tunnel. Et en fait, on n'a pas le temps d'appuyer sur le bouton de pause pour se dire, OK, j'en suis où de ma journée ? J'en parlais encore avec une cliente la semaine dernière qui me disait qu'elle ne prenait pas de pause-déj. Donc en fait, elle faisait ses journées genre 9h-19h, pas de pause. Enfin, pas de pause. Quand elle m'a dit pas de pause, je me suis dit, prends pas de pause café, mais peut-être pas de pause du tout. Comment tu veux pouvoir prendre le temps de prendre un petit peu de recul sur ta journée s'il n'y a pas une seule pause ? Tu vois, il n'y a pas de temps mort. Il n'y a jamais de temps mort. Donc, remettre des temps morts, c'est hyper difficile parce que c'est à l'encontre de tout ce qu'on nous pousse aussi dans la société, que ce soit aussi avec les téléphones, les notifications. Notre attention, c'est le truc le plus... le plus, comment ça, le demander de nos jours, mais s'accorder, s'accorder 5 minutes, tu vois, 5 minutes en milieu de matinée, 5 minutes le midi, 5 minutes l'après-midi, se dire, ok, où est-ce que j'en suis, tu vois, faire le vide,
- Speaker #1
respirer. Comment je me sens, c'est ça, sinon... Voilà,
- Speaker #0
exactement, donc respirer et dire comment je me sens, où est-ce que j'en suis, et puis faire le tri dans toutes ces pensées, là, de je suis nulle, j'y arriverai jamais, ma journée a mal commencé, elle va mal finir. J'ai trop de réunions, tu vois, tout ce brouillard mental, là. Faire la pause pour vraiment respirer, faire le tri dans ce qu'on ressent et faire le tri dans les pensées. Et un peu se remettre à l'écart, quoi. Tu vois, se réaligner, en fait, tu vois. C'est-à-dire, bon, ok, déjà, ce que j'ai vécu jusqu'à maintenant ne veut pas dire que le reste de la journée va mal se passer. Il y a plein d'applications pour respirer, pour méditer, pour machin. Et puis, voilà, repartir avec une meilleure, tu vois, meilleure énergie. Donc ça, c'est la première chose. et puis... Et puis être, comment dire, très à l'écoute de ce qui se passe en soi. Mais vraiment, c'est une routine, en fait. C'est une hygiène de vie. Donc au début, ça paraît complètement loufoque de faire ça. Mais au bout d'un moment, ça devient des automatismes. On n'y pense même plus. On n'a même plus besoin, d'ailleurs, de s'arrêter trois minutes pour écouter, si tu veux. Mais autant que ce qu'on entend,
- Speaker #1
on peut le signer. Là, j'ai l'épaculation. Là, j'ai un petit nid dans l'estomac.
- Speaker #0
J'ai reçu le mail, ah, j'ai mal au ventre. Je suis en réunion, je sais que je vais parler, ah, j'ai mal à la gorge, tu vois. Et en fait, parce que ça, c'est cette empathie qu'on peut avoir envers nous-mêmes, envers notre corps et envers les signaux qu'ils nous envoient, personne ne l'aura pour nous. Tu vas être la meilleure élève du monde, personne ne l'aura pour nous.
- Speaker #1
Oui, j'adore. Et ça, c'est quelque chose que moi, j'essaye d'apprendre à Rose aussi en lui demandant souvent qu'est-ce que te dit ton corps. Oui. Et à être, tu vois, si elle me dit que son pull la gratte, on enlève le pull.
- Speaker #0
et ça peut paraître rien mais je pense que ça fait tout en fait bah oui parce que si on lui apprend à rester avec un pull qui gratte pendant une journée entière bah elle va rester aussi enfin on schématise complètement évidemment mais la métaphore c'est que tu peux rester après pendant une journée entière avec un collègue qui parle à côté de toi ou qui mâche son chum gomme et tu dis rien tu vois on nous apprend à nous déconnecter complètement de nos ressentis donc oui oui c'est hyper parlant ton exemple Oui. Donc, je dirais être... Voilà. Et puis, il y a le corps, évidemment. Et puis, il y a les pensées. Il y a tout ce qui nous traverse toute la journée, là, comme pensée de je ne suis pas assez, je n'y arriverai pas. Voilà. Donc... évidemment, ne pas se culpabiliser, mais vraiment être très conscient que ce ne sont que des pensées. Ce ne sont que des nuages qui passent dans le ciel. Voilà, et ça ne veut rien dire de nous. Ce n'est pas parce que je me dis je ne vais pas y arriver, je suis nulle, je n'aurai jamais ma promotion, j'ai essayé de prendre la parole, ça n'a pas marché, on m'a encore coupé la parole en réunion, j'ai encore reçu un feedback. Ça ne veut rien dire de moi. C'est juste des choses qui passent dans le ciel, entre guillemets. Voilà, et commencez à observer Qu'est-ce que je fais naturellement ? En fait, c'est que des petits rituels comme ça, mais en fin de journée, quelles sont les trois choses que j'ai aimé faire, que j'ai fait facilement ? Et petit à petit, on va se rendre compte qu'en fait, il y en a plein. Il y en a plein des choses qu'on aime faire et qu'on fait naturellement. Pour renforcer petit à petit cette confiance aussi.
- Speaker #1
Je pense que ça peut être un rituel sympa à faire avec sa fille au coucher.
- Speaker #0
Je le fais souvent faire avec les enfants. Quand j'ai des clientes qui sont mamans, je le fais faire avec les enfants. trop bien un super rituel il y a en effet le soir au moment du coucher ou alors le vendredi à la fin de la semaine l'apéro en famille, on fait les victoires de la semaine qu'est-ce que je célèbre de ma semaine pour les habituer aussi dans cet état d'esprit donc il n'y a pas besoin de grande révolution il n'y a pas besoin de quitter son job il n'y a pas besoin de dire merde à son patron d'un coup aussi peut-être,
- Speaker #1
j'imagine à un manager à mon tour Alors, apprendre aussi à oser aller jusqu'à partir, j'imagine.
- Speaker #0
Évidemment, à moins d'avoir... Je nuance toujours, mais ce que je veux dire, c'est que dans un premier temps, moi, en tout cas, c'est vraiment ma philosophie, c'est qu'il y a déjà plein de petites choses qui peuvent faire qu'on se sent bien avec soi-même dans son quotidien, pour ensuite se sentir mieux avec les autres. Et après, souvent, on prend la décision, non, en fait, cet environnement, il ne me convient pas, je serais mieux ailleurs et tout. Mais ce que je trouve dommage, souvent, quand on change de job directement, C'est qu'on n'a pas cette occasion, du coup, de faire ce travail sur soi, de s'écouter, de se connaître. Tu vois, on va retrouver le même problème ailleurs, en fait.
- Speaker #1
Et puis, parfois, ça dépend, mais je me dis que parfois, en tout cas, de faire ce travail-là sur un terrain de jeu qu'on connaît, on va peut-être plus facilement s'autoriser. Alors, j'aimerais que tu me dises comment on fait, justement, si tu as un collègue qui m'a juste chum-bum toute la journée, franchement... Moi, je serais un peu... Je ne saurais pas comment m'y prendre.
- Speaker #0
Je vais te raconter un truc. Moi, j'ai eu un collègue. Il ne mangeait pas du chewing-gum, mais c'était très embarrassant pour moi parce qu'il me faisait la bise tous les matins. Et moi, je suis quelqu'un, je ne suis pas du tout tactile. Et alors, embrasser les gens au travail, c'était un calvaire pour moi. Donc, les matins, pour te dire, j'appréhendais même le moment où il arrivait pour me dire bonjour, alors que je l'adorais. On s'entendait hyper bien. On travaillait bien ensemble et tout. Mais tous les matins, je me disais, putain, il va me faire la bise. C'était horrible. Et un jour... Il est arrivé. J'avais bien préparé avec ma coach. T'imagines, mec, c'est pas sorti du chapeau comme ça. Mais il est arrivé et je lui ai dit, écoute, j'adore te dire bonjour le matin. Vraiment. Et j'adore travailler avec toi, mais je te propose qu'à partir de maintenant, on fasse un check. Est-ce que ça te conviendrait ? Il m'a dit...
- Speaker #1
Tu ne lui as pas expliqué pourquoi ? Non,
- Speaker #0
je ne lui ai pas expliqué pourquoi. Je lui ai dit, voilà, moi, ça me conviendrait mieux. Je lui ai juste dit que ça me conviendrait mieux de faire un check plutôt que de faire la bise. Si, je lui ai peut-être dit, voilà, mais... Il m'a dit aucun problème.
- Speaker #1
La nouvelle génération de petites filles, je peux te dire qu'elle a mon savoir-faire. Parce que moi, je l'apprends déjà, ça.
- Speaker #0
Ouais, mais tu vois. On ne m'avait jamais appris. Je me suis dit, si je lui dis ça, mais il va... Je ne sais pas, j'imaginais déjà la rue, moi. Tu vois, le pire scénario.
- Speaker #1
C'est marrant parce que tu vois, c'est fou. Là, pour le coup, j'exemplifie le truc où j'arrive à l'apprendre à ma fille. Mais pour moi, je sais que ce sera encore difficile. Alors que la solution du check, je lui ai donné à ma fille. Tu vois, tu peux faire un check. Mais t'as vu, moi, j'aurais encore du mal. Comme quoi, on peut aussi, déjà, on peut, ça, c'est aussi un message, on peut transmettre à nos filles des choses qui sont pas...
- Speaker #0
Que l'on n'arrive pas, ouais.
- Speaker #1
Trop bien. On en arrive un peu à la fin, ça aussi. Tu as d'autres choses à partager ? Je sais qu'il y a plein d'autres choses que tu fais avec tes clientes, et puis tu vas nous parler un petit peu de comment tu peux travailler avec elles. Mais voilà, si tu as d'autres choses à partager sur ce sujet...
- Speaker #0
Il y a tellement de choses qu'il y aurait à dire, mais... Moi, vraiment, je trouve que le plus important, c'est toujours de revenir à soi et se redonner, en fait, l'autorisation, se redonner de la valeur, se redonner de l'écoute, se redonner du besoin.
- Speaker #1
C'est bien parce que souvent, quand on pense à peut-être se faire accompagner pour se reconvertir ou parce qu'on est en travers des difficultés au niveau du travail, on a l'impression qu'on va aller chercher les réponses à l'extérieur de soi. On va faire une liste de métiers possibles.
- Speaker #0
On met les compétences, quoi.
- Speaker #1
Voilà. Ce qui peut arriver, mais j'ai l'impression que... Enfin, ce qui est bien, mais j'ai l'impression...
- Speaker #0
dans un second temps oui pour moi c'est en tout cas dans ma philosophie tout le monde ne fonctionne pas comme ça mais dans ma philosophie oui parce qu'en fait être bien au travail ça s'apprend En tout cas pour nous qui avons été premières de classe. Pour retrouver de la liberté en fait.
- Speaker #1
Ok, trop bien. Alors si tu pouvais dire une seule phrase à la petite fille que tu étais avant qu'elle entre dans le monde du travail. Alors du coup, pas petite fille j'imagine, mais un peu plus grande quand même déjà.
- Speaker #0
Ah oui, quand même un peu plus grande.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #0
C'est une belle question, honnêtement, parce que, tu vois, quand tu me l'as dit, je me reprojette. Moi, je lui dirais de ne pas oublier ses rêves, son entrain, ses envies, tu vois. De toujours rester curieuse de ça, de toujours s'écouter et de ne pas... Parce que moi, je me suis éteinte au travail, en fait. Et c'est ce que je vois chez mes clientes. Je me suis éteinte, tu vois, petit à petit, progressivement, comme ça, à force de... À force de ne pas oser dire non, à force de prendre des projets qui ne me plaisaient pas, ou à force d'avoir des managers qui me cassaient, enfin bon bref, toutes ces petites choses, ça m'a éteint. Et donc je dirais ça, de jamais oublier ses rêves, ses envies, son entrain.
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est aussi un peu le résultat du salon de la bonne élève ou pas, mais moi j'avais un côté un peu fataliste à un moment donné où je n'arrivais plus à voir qu'il y avait des opportunités. Maintenant que je le recule, je me dis, mais attends, en fait... Il y avait tellement de choses que tu pouvais faire, tu vois. Mais à ce moment-là, j'ai l'impression d'être bloquée. Tu vois, tu ne vois plus et tu te dis, c'est ça le monde du travail. Ouh là là, vivons la retraite. Alors que tu as travaillé très dur pendant des années pour avoir le job qui te plaît, tu vois. Et au bout de quelques années déjà, tu es désolée.
- Speaker #0
On ne les voit plus. On s'enferme, en fait. On est enfermé. On ne voit plus de possibilités. Et c'est pour ça que c'est trop beau de repartir de soi. Parce qu'on se redécouvre. On se réémerveille. Moi, tu vois, le tout premier exercice que je fais avec mes clientes, c'est un exercice sur ce qu'elles ont fait dans leur carrière. Donc, on reprend vraiment leur parcours de vie pro, parfois perso aussi, mais surtout pro. Et elles me racontent. Et là, je vois leurs yeux se réilluminer. Elles me disent « Ah ouais, j'ai fait ci, c'était génial, j'ai fait ça. » Quand il y a eu des moments durs aussi, elles me racontent. Elles pleurent, elles font le deuil. Mais elles me disent « Je suis fière de moi parce que j'ai dépassé ça aussi, tu vois. » Mais vraiment, c'est incroyable cet exercice. Et déjà, elles se rendent compte que « Ah ouais, en fait. »
- Speaker #1
ça réouvre le monde des possibles en fait tu vois en fait j'ai déjà fait plein de trucs donc ça peut continuer quoi tu vois trop bien bah écoute merci beaucoup donc on peut te suivre sur Instagram exactement est-ce que tu peux nous dire un petit peu plus sur ton actualité ou comment on peut éventuellement travailler avec toi et
- Speaker #0
bah écoute donc on peut me suivre sur Instagram Marion Charza il y a mon site internet aussi je suis sur LinkedIn et écoute moi je fais des coachings en individuel où j'accompagne voilà comme je disais les personnes qui qui s'ennuient au travail qui veulent un changement et ça passe un petit ou un grand changement tout cas qu'ils veulent ce que je dis qu'ils veulent retrouver la flamme au travail après j'ai aussi des programmes collectifs voilà là en ce moment j'ai pas de départ annoncé mais mais ça reviendra sûrement. Et ça, c'est chouette aussi, parce que du coup... mes clients se retrouvent entre eux et ils ont les mêmes problématiques. Donc, en fait, ils peuvent échanger aussi. Parce que souvent, quand on est bloqué, perdu, à force d'en parler à nos proches, ils en ont ras-le-bol. Ils ont déjà... Les collègues, en fait, ils ne peuvent pas trop en parler. Enfin, c'est limité. Et donc, en fait, c'est très cool de se retrouver avec des gens qui vivent la même chose que soi. Donc, voilà, c'est un peu les deux façons, on va dire, principales. Et puis après, j'ai plein de... Selon mon actualité, j'ai plein de petites choses, de petites propositions, mais voilà.
- Speaker #1
suivez-moi sur Instagram et vous aurez accès à toute cette information trop bien je te remercie énormément c'était trop chouette et puis on vous invite à continuer à nous suivre sur Instagram pour cette semaine dédiée là alors on enregistre le podcast on n'a pas encore décidé du titre mais un truc comme de la petite fissage à l'employé invisible c'est ça voilà on va l'employer un peu Désenchanté peut-être, tu vois, je sais pas.
- Speaker #0
Ouais, désenchanté, c'est pas mal. C'est ça, désillusionné. Merci en tout cas Alexandra, c'était trop cool.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
A bientôt.
- Speaker #1
A bientôt. C'est déjà la fin de cet épisode. J'espère qu'il t'a plu et surtout qu'il t'a donné envie de réveiller un petit grain de rébellion en toi et de révéler celui de ta fille. Si tu penses qu'il pourrait inspirer une autre maman autour de toi, partage-le lui. Et si tu veux me donner un coup de pouce pour faire grandir cette démarche, tu peux laisser 5 étoiles et un petit mot doux. Ça compte énormément. A très vite.
- Speaker #0
Hi hi hi