- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Passage, le podcast qui libère les filles et leurs mamans. Moi, c'est Alexandra, maman de Rose, une petite tornade de presque deux ans et demi, à l'énergie débordante et au caractère bien trempé. Et tu sais quoi ? Même si ce n'est pas toujours de tout repos, savoir sortir ses épines, c'est vraiment tout ce que je lui souhaite. Alors j'ai créé ce podcast pour moi et pour toutes les mamans qui veulent élever leur fille autrement. Pas sage, pas modèle, pas gentille à tout prix, mais confiante, libre d'être elle-même et bien dans leur basket. Des petites filles qui savent et sauront plus tard dire non,
- Speaker #1
poser leurs limites,
- Speaker #0
s'aimer telles qu'elles sont, qui n'auront pas peur d'essayer d'échouer et qui sauront se faire occuper. reconnaître à leur juste valeur. Alors ici, on va démonter les injonctions, les stéréotypes et tous ces vieux réflexes qu'on pensait normaux. C'est les fameux « t'es pas belle quand tu fais la tête » . On va parler d'estime de soi, de confiance, de rapport au corps, aux émotions. On va parler de nos filles, mais aussi de nous. Parce qu'éduquer autrement, ça commence souvent par se libérer soi-même. Alors au fil des épisodes, je te partagerai des réflexions incarnées, des clés concrètes et des voix d'experts. Et surtout, une grande dose de soutien et de déculpabilisation. Parce que nous aussi, On mérite mieux
- Speaker #1
Mieux qu'être sage.
- Speaker #0
Alors,
- Speaker #1
prête à bousculer les règles ? Bienvenue Mathilde sur ce premier épisode de podcast où j'ai le plaisir d'accueillir quelqu'un. Tu es ma première invitée. Je te remercie beaucoup d'avoir accepté cette invitation et je suis très heureuse de commencer par toi parce qu'il se trouve que tu es une maman entrepreneur, en tout cas qui porte un projet dont on va parler aujourd'hui. Et je trouve que c'est chouette de pouvoir mettre aussi en avant des mamans entrepreneurs. Nos filles, elles ont besoin aussi de ces modèles-là, pas qu'eux, mais je pense qu'elles ont aussi besoin de ces modèles-là. Donc, c'est très chouette de t'avoir aujourd'hui. Et puis, en fait, la raison pour laquelle je t'ai invitée, c'est parce qu'on avait échangé à propos d'autres choses il y a quelques semaines. et c'est en échange avec toi que j'ai compris qu'une des manières de pouvoir avancer dans la démarche que moi je suis en train de mener et que je suis en train de proposer aux mamans de petites filles donc d'essayer de mettre en place des choses pour les aider à cultiver cette confiance en elles cette estime d'elles-mêmes etc c'était peut-être tout simplement de partir d'une valeur qu'on pouvait avoir et en l'occurrence pour toi c'est l'écologie le respect de l'environnement et en échangeant avec toi j'ai compris qu'à travers ça 1 Tu transmettais à tes enfants et à ta fille aussi, puisque tu es maintenant d'une petite fille et d'un petit garçon, énormément de choses qui peuvent les aider à cultiver cette confiance en soi, cette estime de soi et plein d'autres choses encore dont on va parler. Et vraiment c'est pour ça que j'ai j'ai voulu t'interroger pour que tu puisses exemplifier ce que j'ai dit dans mon précédent épisode. Merci encore une fois d'avoir accepté cette invitation. Je vais te laisser commencer par te présenter. Si tu peux peut-être nous parler un peu de ton parcours et qu'est-ce qui t'a amené à créer ton entreprise qui aujourd'hui s'appelle Les Graines de Demain.
- Speaker #2
Pour me présenter, moi, je m'appelle Mathilde. J'ai très vite été très intéressée par les sujets d'écologie ou des sujets sociaux. Je me suis beaucoup investie associativement toute ma vie. Quand j'ai eu mes enfants, déjà j'ai eu un gros coup de frein sur mes activités associatives. Je me suis investie un peu dans des communautés de parents, certaines en ligne, des clubs poussettes, des choses comme ça, où je répondais pas mal aux questions des parents. Et je me suis rendu compte qu'il y avait beaucoup d'interactions, beaucoup de parents qui se posaient des questions. J'ai changé vraiment beaucoup avec plein de parents qui étaient inquiets pour l'avenir de leurs enfants, qui avaient envie de faire mieux et qui se sentaient tellement sous l'eau qu'en fait, ils n'y arrivaient pas. Et à ce moment-là, je me suis... Je trouvais que ce que je faisais professionnellement avait beaucoup moins de sens pour la société que ce que je faisais associativement. Du coup, à la naissance de mon deuxième enfant, j'ai décidé de quitter mon travail et j'ai créé les Graines de Demain pour aider justement ces parents à qui je parlais à mettre en place pour de vrai plus d'écologie au quotidien, mais sans que ce soit une charge pour eux. Au contraire, en essayant que ça les allège, en essayant que ça les aide au quotidien avec une démarche qui soit plutôt loyeuse et non culpabilisante.
- Speaker #1
Ouais, ça on va en parler un petit peu à la fin de l'épisode, comment concrètement tu les aides à faire ça. Mais j'aimerais donc revenir sur cette... L'idée de transmettre l'écologie à ses enfants, on a bien compris que c'était un de tes moteurs qui t'a poussé à créer cette entreprise. Qu'est-ce que selon toi, en fait, en quoi l'écologie c'est vraiment une valeur essentielle à transmettre aux enfants ? Et on va avancer même un peu plus vite, parce que c'est vraiment ce qui m'intéresse encore plus aujourd'hui, c'est... Donc quoi, ça peut aider particulièrement les petites filles. Comme je t'avais dit en off, moi je me suis un peu rendue compte au fur et à mesure de mes lectures, etc. que la confiance en soi des petites filles, elle diminuait fortement entre 8 et 14 ans, si je me souviens bien. Là où celle des garçons restait la même en fait, au même niveau. Et vraiment, je me dis que... Très certainement, transmettre une valeur comme l'écologie, inviter ses enfants à mettre en place, ses petites filles à mettre en place un certain nombre d'actions, ça peut sans doute les aider sur cet aspect-là.
- Speaker #2
Déjà, transmettre aux enfants, pour moi, c'est quelque chose qui est indispensable. Comme vous avez compris, c'est dans mes valeurs fondamentales, parce que c'est vraiment le socle du futur. Je regroupe beaucoup de choses dans l'écologie. Je regroupe le fait de créer le futur dans lequel on veut vivre. Et dans ce futur dans lequel on veut vivre, Il y a un climat qui est acceptable, on ne vit pas sous une montagne de déchets, mais aussi on partage, on communique. Donc en fait, il y a toutes ces valeurs qui sont transmises dans toute la démarche de parentalité positive, qui pour moi font partie de l'écologie, parce que c'est un indispensable au vivre ensemble. Et que c'est un indispensable à une justice sociale aussi, à une forme d'éducation. C'est comme ça qu'on pourra vivre en communauté, qu'on pourra plus se mettre en commun, qu'on pourra plus se reconstruire. C'est grâce à ce nouveau paradigme où on vit ensemble, on fait plus ensemble.
- Speaker #1
Déjà, j'ai pensé à quelque chose en préparant ce podcast. Quelque part, prendre soin de l'environnement, c'est prendre soin, encore une fois. Les petites filles, c'est déjà quelque chose qu'on leur enseigne. Et tu vois, dans quelle mesure on peut aborder. On peut aborder cette démarche sans que ça devienne une nouvelle injonction à prendre soin, mais au contraire, que ça puisse être une façon de nourrir chez elle autre chose que le prendre soin. Le prendre soin aussi, mais autre chose, comme peut-être le passage à l'action, la prise de décision, la prise d'initiative, voilà.
- Speaker #2
Oui, je me suis posé la question aussi, et là, pour moi, en fait, je ne vois pas ça comme une injonction à prendre soin. Ce que je ressens, moi, c'est vraiment plutôt une idée de reprendre le pouvoir. Plutôt que de prendre soin, c'est vraiment reprendre le pouvoir. Pourquoi ? Parce que déjà, on reprend le pouvoir sur une certaine autonomie. Il y a toute la partie faire maison, savoir-faire, où on va se libérer un peu des supermarchés aussi sur son autonomie quand on se déplace à vélo par rapport en voiture. Les enfants aussi qui se déplacent à vélo ou qui se déplacent à pied et sont plus autonomes pour se déplacer à pied, ils vont plus s'approprier l'environnement extérieur. Et ça, ça fait partie aussi des choses qui me paraissent très importantes. Et en particulier pour les petites filles, parce que ça, pour le coup, il y a une vraie différence pour les petites filles. Il faut que les enfants s'approprient le monde extérieur pour leur lien à la nature, pour leur lien à l'environnement, pour qu'ils puissent derrière être des citoyens et acteurs. Et justement, vers cet âge dont tu parlais, de 8 ans, 7-8 ans, les petites filles, on les voit de moins en moins dehors.
- Speaker #1
Et donc, du coup... Tu as des exemples concrets de comment une adolescente qui est imbécile dans une démarche écologique à travers peut-être ses parents, c'est quoi concrètement ? Où est-ce qu'on va l'avoir finalement ?
- Speaker #2
Concrètement, il y a plein de trucs concrètement avec les enfants que je fais et que je me dis que ça peut être des forts vecteurs de confiance en eux. Déjà, sur la partie savoir-faire, faire maison, il y a ben c'est Avec ma fille, on a réparé le four. Donc, on a démonté le four. Elle m'a aidée. Bon, d'accord. J'avais fait une fois toute seule démonter le four quand je me suis demandé pourquoi il y a raté parce que je n'étais pas assez dans ma zone de confiance pour faire du premier coup avec elle.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #2
Mais une fois que pour changer la pièce, donc la deuxième fois que j'ai ouvert le four, j'ai fait avec elle. On a tiré le four. Elle était responsable des vis. Elle dévissait. Elle revissait. Elle classait les vis dans des petites boîtes par taille. Elle avait 4 ans. Et du coup, dans ce faire soi-même, on fait plein. plein de choses ensemble et ça du coup elle sait réparer le four c'est pas vrai mais elle sait qu'elle est capable de le faire en fait c'est ça elle sait qu'il n'y a pas un frein insurmontable à tirer le four et essayer de dévisser pour ouvrir et voir comment c'est dedans elle sait faire sa lessive maison elle sait faire plein de trucs maison parce que je le fais avec elle ah trop bien ça lui donne je trouve qu'on a un sentiment de réalisation et de confiance en soi quand on sait faire les choses soi-même Merci. Après, il y a toute une partie de résilience aussi qui est transmise, je pense en particulier sur le vélo, parce qu'on se déplace à vélo donc. Et j'adore le vélo. Mes enfants sont tous les deux très forts au vélo, incroyablement, parce qu'en fait, on a fait beaucoup de vélos depuis qu'ils sont tout petits. Et pour aller à l'école, la plupart du temps, je les prends sur mon vélo. Et des fois, il pleut, des fois, ils ne sont pas très contents, des fois, ils trouvent qu'il fait froid. Et ils me disent « Maman, pourquoi on ne prend pas la voiture ? » et je leur explique que pour moi c'est important de ne pas prendre la voiture pour les petits trajets du quotidien je découvre en conséquence aussi du coup toute cette notion qu'on apprend dans le sport qui est une forme de résilience de dépassement de soi on l'a aussi là-dedans et
- Speaker #1
est-ce qu'à la fin d'un trajet comme ça où il a plu, ils sont vraiment en mode bougon, ils te font la tête ou ils sont un peu fiers ?
- Speaker #2
justement j'essaye un peu de de travailler ce côté super héros.
- Speaker #1
Tu mets ta cape ? Tu leur mets une cape ?
- Speaker #2
Capes de pluie. Je n'aime pas les capes de pluie, ça prend trop de prise au vent. Mais sinon, oui, je leur dis, on est des super héros et puis après, on essaie de jouer un peu autour de ça parce que le jeu, c'est important. Du coup, mon vélo a des super boutons avec des pouvoirs magiques qui permettent de voler par-dessus les arbres. Les parcours sont épiques. Imaginez que je pédalais, mais pas du tout.
- Speaker #1
C'est génial.
- Speaker #2
Et sur la partie leadership aussi, ce que je trouve intéressant, dans l'écologie, ça peut se trouver aussi dans plusieurs endroits, mais comme tu dis, on part d'une valeur, on part d'un truc qui est important pour soi. Tu parlais par exemple de ramasser les déchets. Et je trouve que quand on est dans cette démarche d'écologie, de questionner, de responsabiliser les enfants aussi, ils vont poser des questions sur les déchets par terre. Tu vas leur dire, c'est pas bien, ça salit la planète, c'est dangereux pour les animaux. et après assez rapidement, de même, ils vont dire c'est mal de jeter des trucs par terre. Éventuellement, ils vont décider d'aller ramasser des fosses par terre au parc pour les mettre à la poubelle. Ce qui arrive, je pense, à pas mal de parents, cette démarche des enfants. Moi, j'ai vu beaucoup d'enfants faire ça. Et après, si tu leur fais confiance, ils vont peut-être décider de tout nettoyer le parc avec les copains. Peut-être qu'ils vont décider de monter une asso derrière quand ils seront un peu plus grands. Et en fait, en les responsabilisant, en laissant questionner l'environnement, en les laissant devenir acteurs, ils construisent des choses et ils s'engagent déjà dans cette démarche de citoyen. Alors bien sûr, selon l'âge, quand ils sont tout petits, ils vont juste ramasser des déchets ou dire « Burke, c'est pas bien » . Et puis petit à petit, on peut les laisser construire des gros projets là-dessus. Et ces projets, on peut les aider à les inscrire dans une démarche collective parce qu'il y a derrière des événements autour de l'environnement, des fêtes. Il y a un peu partout où on trouve des festivals. où il y a plein d'assauts environnementaux qui se réunissent, et ça crée avec tout plein de débats sur comment faire. Et je trouve que tout ça, c'est un espace collectif dans lequel on discute de valeurs, dans lequel on discute de ce qu'on veut faire ensemble, et il n'y en a pas beaucoup dans notre société.
- Speaker #1
Alors moi, tu vois, je suis la maman qui a du mal à rester trop longtemps à jouer. à un jeu. Alors, c'est vrai qu'elle a deux ans et demi, donc tu vois, c'est pas des jeux aussi hyper stimulants. Mais c'est vrai que j'aime pas trop rester à l'intérieur et jouer à la dînette trop longtemps, tu vois. Alors moi, j'aime aller à l'extérieur. Ou alors, il faut que ce soit une activité qui me stimule un peu. Donc, je sais pas si effectivement, tu as des idées comme ça d'activité qui peuvent... Alors, c'est pas que l'idée, que c'est pas que ça convient aux parents aussi, mais qui peuvent enrichir un peu... Enfin, ouvre... Un peu de diversité.
- Speaker #2
Que ça plaise aux parents, ça... C'est hyper important. Tu vois,
- Speaker #1
c'est quand même une petite culpabilité de... Je fais passer ma chance.
- Speaker #2
Moi aussi, j'ai eu cette culpabilité et puis j'ai décidé que j'aimais pas la bata modeler et puzzle. Et que tant pis ! Que mes enfants s'en remettraient.
- Speaker #1
Ils font ça à l'école, souvent.
- Speaker #2
À la crèche ou à l'école. Oui, ils ont d'autres moyens de le faire. C'est pour ça que c'est pas grave. s'ils sont nuls en pesage, on s'en remettra. Il y a les impliqués dans des activités que tu fais en cuisine, il y a vraiment beaucoup de choses à faire où ils peuvent faire avec toi. Alors des fois, il faut des outils adaptés. L'été, il y a plein de trucs. Il y a tous les trucs à écosser. Vraiment, ils adorent, c'est sensoriel.
- Speaker #1
T'achètes des petits pots exprès, toi. Oui.
- Speaker #2
Des fois, j'avais beaucoup de cuisine parce que je recevais de la famille. J'avais besoin d'occuper mes enfants pendant que j'avais beaucoup de cuisine. Donc, j'avais acheté plein de petits bouts. Pour qu'ils me laissent tranquille de faire les trucs que je n'avais pas envie de faire avec eux, parce que j'avais envie d'être un petit peu efficace ce jour-là. C'est aussi un droit d'être un peu efficace et de parcourir ses enfants dans tout ce qu'on fait. Ou sinon de leur donner une mission. Moi, j'appelle ça des missions. Je leur dis, j'ai une mission pour toi.
- Speaker #1
Ils ont déjà un CV hyper long, tes enfants, toi. Mission de caussage, mission ramassage. Je pense que là, on a aussi un petit peu commencé à aborder en quoi ça pouvait être aussi enrichissant pour la relation. la relation parent-enfant. Et en quoi tu penses que ça peut être aussi enrichissant pour la relation mère-fille ? Dans le sens qu'en te voyant toi agir, en te voyant toi engager, actrice, on a déjà un peu abordé ça avec la question de l'entrepreneuriat, mais tu peux être un modèle pour elle de tout ce qu'on a déjà parlé un petit peu, de leadership, etc. Oui,
- Speaker #2
complètement. Déjà, on transmet énormément par l'exemple. Dans les chimos et mafamiliaux, dans tout, c'est presque notre premier point sur lequel on transmet cet exemple. Donc, rien que ça, montrer que moi, je suis épanouie là-dedans, que pour moi, c'est important d'être cohérente là-dessus, dans mon discours, ça lui transmet énormément de choses.
- Speaker #1
Le point que tu dis qui est important aussi, c'est être épanoui à un endroit. Ce n'est pas toujours évident d'être épanoui partout. Parce que moi, ce que j'ai lu aussi, ce n'est pas toujours l'exemple extérieur. C'est même la manière dont tu te sens à l'intérieur peut influencer, peut impacter tes enfants. Donc, je trouve ça chouette d'essayer de trouver un endroit où on est épanoui. Et encore une fois, on revient à ça, c'est utiliser ça. pour aller transmettre un certain nombre de choses à ses enfants. C'est chouette, c'est hyper déculpabilisant, je pense, pour beaucoup de mamans qui nous écouteraient. Et aussi, je trouve que c'est rassurant, parce que tu sais, moi, une des choses qui m'inquiète parfois, c'est que je me dis, si je n'arrive pas à m'épanouir professionnellement, sachant que c'est un endroit qui est important pour moi, parfois je me dis, mais alors, qu'est-ce que je vais transmettre à ma fille ? Et en fait, je me dis, en t'écourant, c'est pas grave, parce que si à côté de ça, il y a un autre endroit où je suis épanouie, Et là, je vais pouvoir lui transmettre des choses aussi.
- Speaker #2
Oui, et puis après, on peut transmettre aussi, même quand on n'est pas content, ce qu'on a essayé.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #2
Pour prendre l'exemple du vélo sous la pluie, il y a aussi des matins où je n'ai pas envie. Et je me dis, moi aussi, ça me saoule d'être mouillée. Moi aussi, je n'ai pas envie d'être mouillée. Mais en fait, c'est plus important pour moi. Et du coup, je fais quand même d'y aller à vélo. parce que... je considère que pour deux kilomètres, prendre la voiture, c'est vraiment exagéré. Et ça arrive aussi pour décapabiliser tout le monde qu'il y ait des jours où je sois crevée et où je décide de prendre la voiture. Et où je dis à mes enfants, non, aujourd'hui, vraiment, j'attends mes limites, je ne peux plus. C'est important pour moi de faire le vélo, mais là, j'attends mes limites. Je n'arriverai pas à faire ce trajet à vélo. J'ai vraiment trop de choses. Je suis vraiment trop en retard. On va prendre la voiture.
- Speaker #1
C'est super, Yana. tu lui enseignes aussi euh Les petites filles, elles ont besoin d'entendre ça aussi, parce qu'elles peuvent avoir aussi cette injonction à être parfaite. Et là, c'est aussi un modèle de, il y a des fois, je ne fais pas de mon mieux, et c'est OK. J'essaie de faire de mon mieux, mais il y a des fois, non, je ne fais pas de mon mieux, et c'est OK, en fait. Alors, j'aimerais bien qu'on parle aussi un petit peu de revenir à la confiance en soi, parce que tu m'avais dit, c'est très intéressant quand on a préparé cette interview, c'est que pour toi, en fait, une manière de... De donner confiance en soi à ta fille, c'était d'avoir confiance en elle. Ça m'a beaucoup parlé, j'en ai parlé dans mon dernier épisode, comme quoi je ressentais que peut-être moi, je n'avais pas assez confiance en elle, finalement. Et c'est peut-être pour ça que parfois j'avais une tendance à peut-être l'hyper-contrôle ou à vouloir m'assurer qu'il y avait toutes les armes, justement. Mais du coup, est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus là-dessus ?
- Speaker #2
Oui. Avoir confiance dans l'enfant, déjà, ça va être le laisser agir. Et pas toujours surveiller, aussi. Pareil, ça dépend bien sûr de l'âge de l'enfant et de à quel point ils t'ont prouvé que tu pouvais leur faire confiance. Quand tu as un enfant qui a tendance à se mettre en danger, forcément tu es obligé de le surveiller. Quand tu as un enfant qui te montre qu'il a bien respecté les règles, qui obéit les règles, tu clarifies les règles et le cadre. Tu dis, voilà, au parc, tu as le droit d'aller de là à de là sans me prévenir. Si tu veux changer d'espace, tu me préviens et tu arrêtes d'être derrière lui. Je ne dis pas de le faire à deux ans, mais déjà vers trois ans, ça peut commencer. Ça dépend de l'enfant aussi. Ça dépend bien sûr de l'enfant. Et ça dépend... Au départ, tu fais un test sur un endroit pas risqué, bien sûr. Et puis... Plus ils vont te montrer qu'effectivement ils respectent ce cadre, plus tu peux leur laisser une grande liberté. Ça permet aussi de donner aux enfants une grande liberté qu'ils aiment beaucoup, et ça s'explique très très bien. Je laisse les enfants ne pas aller au centre de loisirs et être dans la maison pendant que je travaille. Et je leur dis, par contre, il ne faut pas que j'aie à m'occuper de vous pendant telle durée, parce que j'ai une réunion et c'est comme ça.
- Speaker #1
Et ton petit garçon de 3 ans il comprend ça ?
- Speaker #2
Non mon petit garçon de 3 ans C'est encore un acquisition Mais ma fille à 4 ans ça a marché A 4 ans ça a marché, à 3 ans là Je vais faire des tests aux vacances de la vie Je te dirai après si ça a marché ou pas Ah non mais si ça a marché Faut que tu reviennes sur ce podcast et tu nous expliques tout Alors si ça marche avec mon petit garçon de 3 ans C'est parce que sa grande soeur s'en occupe Par contre il y a une contrepartie C'est que derrière Je lui sors un coloriage, je lui sors un truc que... plus avoir une activité qu'elle peut faire pendant ce temps-là, éventuellement, pour qu'elle puisse s'occuper. Éventuellement, je mets un timer pour qu'ils aient une visualisation du temps où j'ai demandé qu'on me laisse tranquille. Enfin, il faut trouver quelque chose qui marche pour tout le monde.
- Speaker #1
Ok, super. Et tu m'avais dit aussi, et je trouvais que c'était intéressant de le partager, que toi, tu avais été une petite fille timide, introvertie. Et d'ailleurs, je crois aussi que ce que tu transmets à ta fille, d'avoir confiance en elle, ça vient aussi de tes parents qui t'ont fait beaucoup confiance. Est-ce que cette immunité pour toi a été un frein ? Par exemple, on peut imaginer que ça peut être un frein pour oser prendre sa place dans certains environnements. Ça m'intéresse le sujet parce que moi, quand je parle d'élever des petites filles confiantes en elles, qui ont confiance en elles, qui s'aiment, qui sont libres d'être elles-mêmes, etc., on peut avoir l'impression que c'est une petite fille badass, hyper extravertie, tu vois. Et je pense que ça, c'est une possibilité. mais on peut être aussi cette petite fille-là qui va bien, en fait, et qui fait ce qu'elle a envie de faire, mais en étant quand même aussi timide et introvertie.
- Speaker #2
Donc, dans l'idée de faire confiance à ton enfant, il y a aussi d'accepter son caractère et d'écouter, de prendre en compte ses sentiments et ses opinions. Et il y a le droit d'être timide. C'est quelque chose qui n'empêche pas forcément d'être épanoui. J'ai été très timide, effectivement. aussi été un peu paralysant, ça l'est toujours des fois dans certains cadres. Je ne suis pas forcément la personne la plus à l'aise pour prendre la parole dans un grand groupe ou m'imposer dans un grand groupe. J'ai une autre approche. Ça ne m'empêche pas de continuer à porter les projets qui sont importants pour moi et j'ai une manière de partager pour l'écologie qui ne va pas être une manière où je m'impose. Ça va être une manière, plutôt où j'inspire, une manière où je m'impose. je ne serai pas la personne qui va rentrer dans le débat au maximum ou qui va m'opposer à certaines pratiques d'autres personnes parce que c'est aussi une manière de militer pour l'écologie qui n'est pas la mienne, que je respecte, que je trouve que c'est très bien qu'il y ait d'autres gens qui fassent ça et que juste moi non, parce que ça ne correspond pas à ma personnalité mais j'ai trouvé mes manières qui vont être d'aider, qui vont être d'inspirer, qui vont être de partager, qui vont être de créer des groupes et là-dessus je me sens très bien.
- Speaker #1
C'est encore autre chose que tu montres d'ailleurs à tes enfants, je pense. Une certaine manière de faire, et qu'il ne faut pas essayer de rentrer dans un carré si on est un rond.
- Speaker #2
C'est ça. Je me souviens du moment où j'ai eu une sorte de révélation, où je me suis dit, tant pis, moi je sais ce que je veux, je sais ce que j'aime, ce que je veux faire, qui je suis en fait. Et je vais faire ce que je veux, et si les gens n'aiment pas... ils ne sont pas d'accord avec ma manière de penser le monde, je sais que leur opinion n'a pas beaucoup d'importance pour moi. Ça ne m'empêchera pas d'être... Ça, ça m'est arrivé, je pense que j'avais 17 ans. On ne peut pas demander à un enfant d'être tout le temps confiant en soi, en particulier à l'adolescence,
- Speaker #1
je pense.
- Speaker #2
C'est normal de traverser des périodes de doute et d'avoir pas confiance en soi à des moments. Et d'ailleurs, ne pas avoir confiance en soi à des moments, c'est aussi une preuve qu'on se pose des questions et qu'on grandit.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant ce que tu dis. Ce qui m'aide aussi, je le dis dans mes épisodes, qu'il faut que je fasse attention. Je suis vigilante à ne pas essayer de vouloir faire de ma fille un projet éducatif, un projet parfait, une petite fille parfaite. Et j'ai besoin de me rappeler de temps en temps qu'elle va traverser des choses moins faciles. Et que oui, elle n'aura pas confiance en elle. tout le temps, malgré ce que j'aurais pu mettre en place. Déjà, c'est parce qu'il y a un environnement social qui ne va pas l'aider tout le temps. Mais ouais, donc merci de ton partage, c'est super précieux.
- Speaker #2
Et en fait, la vraie question qu'il faut se poser, c'est est-ce que ça t'empêche de faire quelque chose qui est important pour toi ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #2
Et là, si ça te bloque pour faire quelque chose qui est important pour toi, ou si ça te fait accepter des choses sur ton corps ou autre chose... que tu ne voudrais pas, là, c'est la limite. C'est un peu la ligne rouge, le truc où il ne fallait pas aller au-delà. Ou même la chose à lui dire, si elle doute, si elle a peur, si elle n'a pas confiance, tu peux aussi valider cette émotion qui est une émotion valide. Oui, tu as le droit de douter. Et qu'est-ce qui est important pour toi maintenant ? Et garde ça en tête. Qu'est-ce qui est important pour toi ? Et ensuite, si tu veux aller à ce objectif, Peut-être la ligne droite pour y aller, quand on t'avait dit que ce n'est pas ton chemin parce que c'est faire entrer un carré dans un rond. Peut-être qu'on peut trouver une autre solution pour y aller. Parce qu'il y a plusieurs manières de faire la même chose. Ou qu'est-ce qui sera la bonne réponse pour toi à ce moment-là ? Trop bien. Ce n'est pas grave d'être un proverti. Ce n'est pas grave d'être timide. Il y a le droit.
- Speaker #1
Oui, super. On va revenir à ce dont on a parlé au tout début. Toi, tu accompagnes aujourd'hui les parents écolos à alléger leur chambre mentale. Tu en as déjà un peu parlé, mais qu'est-ce qui, selon toi, pèse le plus quand on essaie de vivre plus écologiquement, mais qu'on a des enfants, et donc qu'on a d'un coup moins de temps, etc. Et au contraire, et ça c'est ça dont tu as déjà parlé, comment on peut gagner, peut-être en temps même, mais en tout cas en moment de qualité, tout en s'engageant dans cette démarche ?
- Speaker #2
Oui. Alors, ce qui pèse quand on a envie d'être écolo et qu'on a des enfants, qui pèse aussi pour toutes les personnes écolo, mais encore plus quand on est parent, c'est le mode injonction. Parce que la parentalité, c'est plein d'injonctions. Les filles, c'est plein d'injonctions. Tu en parleras sans doute à un moment aussi. Et l'écologie, c'est plein d'injonctions à faire attention, à prendre soin, et fais-ci et fais-ça. Et si tu vois ça comme une liste de choses à faire, une to-do liste qui n'en finit jamais. Et à chaque fois que tu as une erreur, que tu ne fais pas bien, tu vois ta petite empreinte carbone au-dessus de ta tête qui grossit, qui grossit, qui grossit. Et tu te dis, c'est mal !
- Speaker #1
Mais rien que même l'idée d'avoir une tout doux, même l'idée d'avoir un champ infini de possibilités, et que ce soit trop, en fait. C'est un peu la même chose que j'ai senti quand je me suis dit... Je dois bien pouvoir faire quelque chose là tout de suite maintenant pour aider ma fille, pour prévenir des choses. Mais oui, je vois, il y a plein de choses. Mais en même temps, par où je commence, ça m'a mis direct une pression.
- Speaker #2
Exactement. Et puis, tu n'en feras jamais assez. D'une certaine façon, comme tu n'as pas le contrôle total, ni de ta fille, ni de l'environnement, ni de tout ce à quoi elle va être confrontée, tu n'en feras jamais assez. Donc, ce sera une pression sur toi de dingue qui va te stresser, tu vas te sentir coupable. Et du coup, cette approche, ça rend des parents qui sont hyper culpabilisés par ce qu'ils font. Et moi, ce que je propose, c'est du coup l'approche inverse. Où, en fait, t'es un super-héros. Tout ce que tu fais de bien, c'est quelque chose de positif. Et si tu craques et que tu prends ta voiture pour aller à l'école, t'es normal, t'es juste dans ton mode normal de parent fatigué. Mais toutes les fois où t'es allé à vélo, t'étais un super-héros. Et tu peux te féliciter pour ça, vraiment. Et si tu rates, ce n'est pas grave. Parce que l'impact de ton petit ratage n'est pas si important. Ce qui est important, en fait, c'est d'être cohérente. D'être cohérente avec toi-même et avec tes valeurs. Et si dans ta cohérence avec toi-même, il y a un moment, tu prends en compte, OK, mon corps a des besoins. Ça va être que ça, ça va m'aider de mettre ça. J'ai des besoins physiques, des fois j'ai besoin de me reposer, des fois je n'ai pas l'énergie de faire. Tu peux faire des exceptions en étant cohérent avec toi-même.
- Speaker #1
Ok. Et justement, comment tu aides concrètement tous ces parents dont tu parles ?
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Alors du coup, moi, dans mon accompagnement, le but c'est d'accompagner les parents, donc les parents qui ont des valeurs écologiques, les parents écolo, si vous voulez. reconnaissez pas là-dedans, mais les parents qui veulent construire un avenir meilleur pour leur enfant, pour moins de charge mentale au quotidien, donc avec une approche qui est voyeuse et déculpabilisante. Et je pense qu'il y a des piliers à travailler. Il y a le pilier de la charge mentale des parents, parce que clairement, les parents, ils sont sous l'eau. Il faut absolument alléger leur charge mentale et réussir à les faire sortir du mode survie. Parce qu'il y en a beaucoup qui sont en mode survie et qui ont l'impression qu'ils peuvent rien faire. qui sont paralysés par le fait qu'ils n'ont pas le temps. Il y a quand même moyen de faire autrement. Il y a toujours plusieurs manières de faire la même chose.
- Speaker #1
Sauf qu'on est la tête dans le guidon. Et là, ce qui est intéressant, c'est que toi, tu vas apporter un regard extérieur qui va nous permettre de dézoomer un peu et d'ouvrir des possibilités. Ce qui est super aussi, c'est qu'en fait, on n'est pas tout seul. Parce qu'on pourrait vraiment sentir que c'est encore une cherche mentale supplémentaire, surtout si c'est à l'initiative d'un parent qu'il a dû pas l'intégrer. L'autre part dans l'initiative, alors là on peut tout de suite se dire c'est encore un truc qu'on va porter seule, mais là non, parce qu'en fait tu seras là. Oui,
- Speaker #2
je serai là, et puis derrière je serai très disponible, et je fournirai des outils, je proposerai des routines, je proposerai des idées à mettre en place, à suivre, j'essaierai d'être très moteur sur la proposition d'idées.
- Speaker #0
Après, il faut forcément que les parents les appliquent, mais normalement, ça ne les prendra pas plus de temps que ce qu'ils faisaient déjà avant. Ce sera juste d'essayer de faire une autre manière ce qu'ils faisaient déjà avant et voir si ça marche mieux. Il y a cette charge mentale. On travaille aussi beaucoup autour de la communication dans le couple, de la communication envers ses enfants pour améliorer les routines, pour améliorer la charge mentale émotionnelle, pour améliorer le partage des tâches ménagères dans le couple. Tout ça, c'est pour moi des problématiques de communication et de transmission. On va travailler ça. Et le but final de ça, c'est de se sentir aligné, épanoui et cohérent dans sa vie et du coup, réussir à mieux transmettre.
- Speaker #1
Ouais. En fait, en gros, tu nous permets d'être plus écolo, mais en se sentant mieux. On est en moins de temps mental. Et en se sentant plus alignée et en améliorant plein de domaines de notre vie, j'ai l'impression. Et puis en plus, en ayant tous les bénéfices dont on a parlé précédemment dans notre relation avec nos enfants et dans tout ce qu'on leur transmet. Donc c'est super. Bravo. Contre-productif. C'est génial, j'adore. Et donc tu organises un webinaire pour parler de tout ça, c'est ça ?
- Speaker #0
C'est ça. J'organise un webinaire le 7 octobre, à midi et demi. Pour ceux qui ne peuvent pas venir à midi et demi, parce que je sais que les parents, c'est compliqué le temps, il y a aussi un replay. Il faut s'inscrire. J'imagine que tu peux me mettre un lien sous le podcast ou dans le podcast. Surtout,
- Speaker #1
je mets ton compte Insta. Oui,
- Speaker #0
ou un lien vers mon compte Instagram, qui est mathilde.lesgrainesdedemain. J'essaierai que ce soit interactif. Je répondrai à vos questions et vous donnerai des clés concrètes que je donne dans ma méthode sur comment faire justement pour renforcer... cette communication positive, quel type de routine on peut essayer de mettre en place.
- Speaker #1
Trop bien. Écoute, je te remercie beaucoup. C'était un plaisir de t'avoir et je te souhaite énormément de succès avec ce lancement.
- Speaker #2
Et voilà.
- Speaker #0
Merci à toi. Merci de m'avoir donné l'opportunité d'exprimer tout ça qui est très important pour moi dans le podcast. Ça me fait plaisir et ça me touche que ces problématiques soient intéressantes pour d'autres parce que c'est quand même important pour moi de partager. Et la partie lien avec l'enfant est hyper primordiale, surtout quand on est parent. Donc, c'est vraiment super.
- Speaker #1
C'est là où on s'est rejoint depuis le début. Merci beaucoup.
- Speaker #2
C'est déjà la fin de cet épisode. J'espère qu'il t'a plu et surtout qu'il t'a donné envie de réveiller un petit grain de rébellion en toi et de révéler celui de ta fille. Si tu penses qu'il pourrait inspirer une autre maman autour de toi, partage-le lui. Et si tu veux me donner un coup de pouce pour faire grandir cette démarche, tu peux laisser 5 étoiles et un petit mot doux. Ça compte énormément. A très vite !