- Speaker #0
Bonjour les fous de la food ! Ici, c'est Virginie Legrand, chef à domicile épicurienne et hyperactive avec un parcours très atypique. Dans mon podcast, Passion sans modération, vous retrouverez tous les 15 jours des personnalités implantées dans la gastronomie d'aujourd'hui, des vrais amoureux du goût et de la vraie cuisine, des experts toutes enrobées d'une passion communicative. On parlera terroir, saveur, créativité, artisanat, on vous racontera des histoires qui croustillent, des initiatives qui pétillent, et qui font briller les yeux. Et on en a bien besoin aujourd'hui. Dans ce podcast, vous allez rencontrer des passionnés qui aiment partager, des entrepreneurs qui aiment se renouveler. Vous allez pénétrer dans les coulisses d'un monde délicieux, nourri aux convictions individuelles et aux engagements collectifs. Vous êtes curieux ? Alors installez-vous à notre table et on va se régaler tous ensemble. Bienvenue dans Passions sans modération, un podcast qui célèbre la gastronomie comme un langage universel fait de créativité, de tradition, d'audace et de partage. Ici, je connecte des parcours, des initiatives, des passions, surtout guidées par des valeurs fortes et sincères pour nourrir les corps, les esprits et les émotions surtout. C'est parti pour l'épisode 75. Ce matin, mes invités du jour sont toutes féminines. Je reçois Fanny Goldenberg, une épicurienne épicurieuse passionnée par les métiers de bouche. et projet à impact. Face aux nombreux enjeux actuels, elle accompagne les restaurateurs à stabiliser leurs équipes grâce à une culture d'entreprise à leur image, pour attirer, fidéliser et engager durablement les collaborateurs. Bonjour Fanny.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Catherine Mareuil, elle aide les entreprises à utiliser le cadeau d'affaires et les récompenses expérientielles comme de vrais outils de fidélisation et de performance. Elle accorde une place centrale au plaisir gourmand et au chocolat comme le cadeau d'émotion par excellence. Bonjour Catherine.
- Speaker #2
Bonjour Virginie.
- Speaker #0
Emma Binoy. Elle se présente, elle s'appelle Emma, photographe spécialisée en mode portrait et reportage. Elle adore notamment travailler avec des restaurants pour mettre en lumière leurs plats et leur atmosphère. Bonjour Emma.
- Speaker #3
Bonjour Virginie.
- Speaker #0
Et Sophie Minotto, qui est ma consoeur, chef de cuisine nomade dans le Vercors et les environs de Grenoble. Qu'il s'agisse d'un dîner intimiste, un séjour bien-être ou de grandes festivités, elle vous proposera une cuisine où la place du végétal rend les plats merveilleux et délicieux. Bonjour Sophie, je suis ravie de t'accueillir.
- Speaker #4
Bonjour Virginie.
- Speaker #0
Alors, je te garde. Ton premier souvenir culinaire est lié à un grand banquet familial. Que représente la table dans ton enfance ?
- Speaker #4
Alors, la table, pour moi, c'est quelque chose qui nous unit. C'est vraiment des moments où on va partager un instant joyeux et où il va y avoir toute une réflexion, finalement, qui prend pas mal de temps en amont, avec d'abord une balade sur un marché, s'imaginer tous ensemble ce qu'on va bien pouvoir manger. Déjà... Dès que j'étais petite, on était déjà sur la saisonnalité, sur qu'est-ce qu'il y a sur un étal de marché, et à partir de ça, qu'est-ce qu'on va pouvoir construire tous ensemble pour se réunir. Donc c'est aussi un souvenir familial avec beaucoup de femmes dans les cuisines. J'ai un souvenir de mes tantes, de ma grand-mère, puisque je n'ai pas connu mon autre grand-mère, et ma maman évidemment, j'étais toujours dans les jupons de toutes ces femmes à observer, puis après c'est moi qui ai mis la main à la pâte.
- Speaker #0
Depuis quand, du coup, tu t'es lancée dans cette belle aventure culinaire ?
- Speaker #4
Alors, ce n'est pas un parcours très linéaire.
- Speaker #0
On n'aime pas les parcours linéaires. Vraiment, ce sont les gens qui ont des parcours linéaires.
- Speaker #4
Ce n'est pas un parcours très linéaire, puisqu'en fait, moi, j'étais très bonne à l'école. Un cas assez classique. Bonne élève, studieuse. Et puis, j'ai fait une école de commerce, Management à l'international, poussée aussi par mes parents pour faire ça. alors qu'à chaque passage... Au collège, puis au lycée, je me posais déjà la question de la cuisine. Mais avec quand même quelque chose qui me freinait, c'était cette organisation qui peut être un peu militaire aussi en cuisine. La tenue qui est commune à tout le monde, ces codes qui ne me parlaient pas. Puis baloter avec cette envie quand même d'aller un peu loin au niveau des études supérieures. Donc je ne me suis pas lancée tout de suite. Et en fait, c'est quand j'ai signé mon premier CDI. où j'accompagnais le secteur associatif dans son développement, que j'ai tout largué. J'ai décidé de tout larguer. Je ne me sentais pas du tout bien dans ma peau à ce moment-là. Et j'ai senti qu'il fallait que je fasse quelque chose. J'avais vraiment ce sentiment que la cuisine était pour moi un moyen d'expression où il fallait que j'aille. Ça devenait de plus en plus naturel. J'ai voulu passer un CAP cuisine D'abord, en m'interrogeant sur le fait d'aller à l'école Ferrandi à Paris, puisque toujours cette idée de prestige, de faire le meilleur, d'excellence, le top du top. Et en fait, à cette époque-là, j'habitais à Lyon et j'ai rencontré un chef, donc je vais citer son nom, c'est Guillaume Monjuré du Palais Grillé, qui est aujourd'hui dans le Vercors, c'est un pur hasard. Il avait son premier établissement qui s'appelait le Palais Grillé à Lyon, dans lequel j'adorais venir manger de temps en temps, et je lui ai raconté mon histoire. Et en fait, il m'a proposé, plutôt que de passer mon CAP cuisine à Ferrandi, de m'embaucher et de me former et de passer mon CAP en candidat libre. Donc, c'est comme ça que j'ai commencé. Ça n'a pas duré très, très longtemps. En fait, mon projet s'est brisé aussi en même temps, puisque je me suis vraiment rendu compte que la gastronomie, à ce niveau-là, ne me plaisait pas. Et surtout, travailler dans un restaurant ne me convenait pas du tout. Faire tous les jours plus ou moins la même chose. Être dans un rythme effréné aussi, j'avais aussi à cœur de pouvoir concilier ma vie professionnelle et ma vie personnelle à l'aube de mes 30 ans. Et donc j'ai passé mon CAP cuisine mais j'ai aussi quitté cet établissement en même temps. Et j'ai fermé la parenthèse en me disant je garde mon bagage technique et on verra ce que j'en fais plus tard. Je m'y suis remise dix ans plus tard en fait.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu as fait durant ces dix ans ? Tu as fermé la porte et tu as ouvert quelle porte ?
- Speaker #4
Alors j'ai repris mon métier d'avant en fait, je suis retournée dans l'univers managérial mais... très orientée dans le secteur associatif en France. Et puis, en m'installant dans le Vercors, j'ai occupé un poste de responsable de formation à la Frat, qui est une école qui forme au métier du tourisme et de la cuisine. Donc, je suis devenue responsable d'un programme de cuisinier de terroir. Et là, j'ai rencontré un certain nombre de gens qui étaient en reconversion, beaucoup, en cuisine. Et donc, j'ai remis un pied, finalement, dans la cuisine, mais j'étais sur de l'ingénierie pédagogique. Et à voir tous ces gens qui se dévouaient à leur passion, je me suis dit, mais en fait, ça me retitillait. Et Covid, j'ai l'impression que c'est quand même...
- Speaker #0
Ce mot-là, quand même, il revient souvent. Il n'y a pas une seule émission où on ne parle pas du Covid. J'ai remarqué. C'est un personnage à part entière.
- Speaker #4
Donc, beaucoup de gens en télétravail, chez eux, etc. Et moi, un dimanche après-midi, sur mon canapé, je me suis dit, non mais là, il faut y aller. J'ai créé un groupe WhatsApp que j'ai appelé Miam, avec un point d'interrogation à cette époque-là, en invitant les copains et en leur disant, voilà, j'ai envie de faire un manger pour vous. Des petits plats à emporter, j'ai envie d'essayer ma cuisine et que vous me disiez ce que vous en pensez. C'est comme ça qu'est née l'aventure Miam. Au début, je faisais des plats que je faisais chez moi, que les gens venaient chercher dans leur petit Tupperware. J'adore. Mon aventure a commencé comme ça et puis au fur et à mesure, j'ai eu des demandes de traiteurs, de chefs à domicile. donc je me suis développée un petit peu par opportunité au départ.
- Speaker #0
Belle histoire, on va continuer plus tard. Merci beaucoup Sophie. Catherine, alors là on parle de cuisine, mais on va maintenant parler d'hôtellerie, parce que toi tu viens d'une famille hôtelière depuis trois générations. Alors en quoi cette culture du bon, du vrai et de l'accueil a-t-elle façonné ton rapport à la gastronomie et à l'autre ?
- Speaker #2
Alors moi je viens plutôt d'un endroit de la mer qui décide de tout, le Mont-Saint-Michel. J'ai grandi dans cet univers naturel, on va dire exceptionnel et plutôt sacré, voire mystique parfois. Et j'ai aussi grandi en parallèle dans une famille d'hôteliers. Depuis, comme vous le dites Virginie, trois générations. Mon arrière-grand-père lui vendait des œufs, des poulets fermiers et du lait aux commerçants du Mont-Saint-Michel en calèche. Donc, lui, il ne faisait pas de marketing pour le coup. Il avait juste des bons produits.
- Speaker #0
Il n'était pas sur Instagram en tout cas, ça c'est sûr.
- Speaker #2
Ça c'est certain. Puis ma grand-mère, le soir du 14 juillet, après un feu d'artifice, elle pouvait se mettre au fourneau et nous faire des beignets aux pommes croustillants. Moi j'ai des souvenirs extraordinaires de cette enfance et de l'histoire qu'on m'a racontée. Donc j'ai grandi dans la simplicité, dans la naturalité, on va dire, dans le fait maison et dans le fait du plaisir de faire plaisir. Mes parents, eux, ils étaient plus hôteliers que restaurateurs. Alors eux, ils m'ont appris autre chose. Ils m'ont appris plutôt le souci du détail, le service, la manière d'approcher les clients. Ils me disaient toujours, qu'est-ce que tu peux faire pour que ces clients repartent heureux ? Pense à cette phrase, me disait ma mère tous les jours. C'était une façon, c'est une sorte de générosité silencieuse qui s'était installée et qui m'ont appris. Et en fait, je pense qu'aujourd'hui... Mon amour pour la gastronomie, les bonnes choses, le vrai, vient de là, quelque part. Je ne suis pas là par hasard, je suis formatée dans cet esprit et je leur dois beaucoup, à toute cette famille.
- Speaker #0
Merci beaucoup Catherine, quelle introduction sur ton parcours. Emma, alors, toi tu es photographe. Ton travail mêle évidemment la lumière, la créativité et la stratégie. Surtout, comment ton master en marketing et stratégie influence-t-il ta manière de concevoir une séance photo avec tes clients ?
- Speaker #3
Je dirais que j'ai deux casquettes, parce que j'ai eu la chance de faire une école de marketing et stratégie avant de me dédier à ma passion première, qui est la photographie. J'ai, comme toi, suivi des études un peu sérieuses pour vivre de ma passion. Et j'ai eu la chance du coup de travailler du côté de l'entreprise, des marques. Et c'est là en fait que j'ai compris, j'ai été formée sur tous les enjeux stratégiques qu'une image, que des visuels. Comment raconter une histoire en image en fait pour faire en sorte de mettre en valeur et en lumière de la meilleure manière possible les restaurateurs, les marques de mode, de bijoux, tous les portraits que je fais. Et du coup, je pense beaucoup en collaboration avec tous mes clients. comment faire pour valoriser leur approche, leur valeur, leur travail. Tout ça, en fait, ça se fait en amont. C'est beaucoup de préparation pour qu'après, en fait, on soit raccord et que le shooting, la séance, se passe de la meilleure manière possible. Mais aussi pour que ça remplisse leurs objectifs stratégiques parce que je fais beaucoup de photographie commerciale et le but, c'est que les images soient les plus belles possibles pour servir un but.
- Speaker #0
Alors justement, ce serait quoi les trois... Les trois critères essentiels pour dire qu'une photo est une belle photo commerciale ?
- Speaker #3
C'est une très bonne question.
- Speaker #0
Oui, ce n'était pas dans la liste. Je le savais. Non, non,
- Speaker #3
mais tu as raison, c'est bien. Je dirais que ça met en valeur le produit ou les services d'une manière claire. Quand on voit la photo, je dirais que c'est donné qu'on parle d'un produit ou d'un service. enrobée avec une patte artistique je dirais parce que pour moi je ne fais pas des photos du packshot ça m'est arrivé d'en faire bien sûr moi je m'épanouis dans des missions où l'artistique on te laisse cette carte aussi surtout on me laisse beaucoup carte blanche et c'est ce que je préfère donner ma patte donc je dirais mettre en valeur un produit mais avec une vraie vision artistique Merci. un vrai travail de la couleur, du cadrage, de l'angle, de la scénographie aussi.
- Speaker #0
Donc en fait, ta photographie sert un petit peu le storytelling, c'est ça ?
- Speaker #3
Bien sûr. Moi, j'aime raconter des histoires. C'est vraiment ma passion. J'aime l'humain, j'aime les parcours de vie, les belles choses. Donc, ouais,
- Speaker #0
voilà. Tu as donc toute ta place ici, au Studio Odule, finalement. Merci beaucoup. Fanny ? Alors Fanny, toi tu as fondé FG, bien sûr, comme Fanny Goldenberg, imagine.
- Speaker #4
Exactement. Comme je suis intelligente, mon dieu.
- Speaker #0
Donc FG Consulting, et qu'est-ce que cette agence apporte aux restaurateurs, justement, qui ne trouvent pas ailleurs pour s'épanouir et rayonner, j'imagine ?
- Speaker #1
Alors, ce que j'apporte à ces restaurateurs, c'est de les aider, de les accompagner à stabiliser leurs équipes. Donc je m'adresse à des restaurateurs qui ont aussi bien des difficultés à attirer des collaborateurs, donc à les recruter. ou alors les fidéliser ou les engager même sur du long terme. Donc ça peut être aussi bien des problèmes de recrutement, ça peut être du turnover, c'est-à-dire on recrute facilement mais on se rend compte que finalement les collaborateurs partent très très vite. Donc moi je les accompagne sur ce volet-là et ce qui me différencie, ce qu'ils ne trouveront pas ailleurs, en tout cas moins facilement, c'est vraiment tout cet aspect humain. Comme Emma, moi c'est vraiment quelque chose qui me tient énormément à cœur. Évidemment, ça vient de mon parcours en hôtellerie-restauration. En fait, tout simplement, je travaille sur ce que je n'ai pas trouvé dans mes expériences.
- Speaker #0
Intéressant. C'est très intéressant ça.
- Speaker #1
Donc moi, j'ai commencé la restauration. Pour le coup, je n'ai pas le parcours classique peut-être. J'ai commencé la restauration à l'école hôtelière. J'avais 16 ans. J'ai commencé par un BEP cuisine, un bac pro cuisine, un CAP en pâtisserie. Et j'avais... des étoiles plein les yeux, je rêvais de grandes maisons, je rêvais de haute gastronomie, je voulais les plus beaux noms sur mon CV. Et en fait, j'ai très rapidement déchanté. Donc, c'est-à-dire que oui, en soi, le travail du produit, la technique qu'on pouvait voir était forcément remarquable, de très haut niveau. Mais en fait, je m'en rendais compte que je ne m'épanouissais pas du tout dans ces conditions de travail. En fait, assez rapidement, je travaille dans des belles maisons, du gastronomique, de l'étoilé. je vois des choses qui sont... hyper enrichissante, ça c'est sûr. Mais très rapidement, je me dis, mais c'est fou, parce qu'en fait, notre travail, c'est de faire plaisir à nos clients. On met énormément de soins dans l'expérience des clients, mais à contrario, pour moi, il y avait une incohérence, il y avait un gap entre le soin et l'énergie qu'on apportait à l'expérience des clients et celui qu'on consacrait à l'expérience des collaborateurs.
- Speaker #0
Alors que ça devrait être parallèle.
- Speaker #1
Alors que ça devrait être complètement parallèle, on devrait mettre la même énergie en réalité. Donc voilà, assez rapidement, je me suis... Il y a quand même quelque chose qui ne me convient pas dans cet environnement de travail. Je ne suis pas OK, je ne suis pas en phase avec ça. Et de plus en plus, au fur et à mesure de mes expériences, je me suis dit que je vais peut-être m'éloigner un petit peu de la restauration gastronomique. C'est peut-être ça le problème. Et en essayant tout type d'établissement, que ce soit du bar à vin, du bistrot de quartier, de la barasserie de très grande taille, j'ai essayé plein de types de structures. Et en fait, je retrouvais toujours les mêmes... le même environnement de travail qui, moi, ne me convenait pas. Et surtout, je voyais bien que la conséquence, c'était qu'il y avait du turnover partout.
- Speaker #0
Donc, en fait, cette frustration que tu as ressentie, tu as motivé pour éviter cette frustration aux gens qui vont venir te voir.
- Speaker #1
Oui, exactement. Et régler ces problèmes d'instabilité des équipes qui est récurrent et là qui est de plus en plus sérieux, puisqu'il y a encore 200 000 postes vacants aujourd'hui en restauration.
- Speaker #0
Très bien, on y reviendra. Merci beaucoup, Fanny. Sophie ? Ton travail est très inspiré par l'univers végétal. Qu'est-ce que les plantes, qu'est-ce que la nature et qu'est-ce que la saisonnalité t'enseignent ? Et doit aussi enseigner aux clients qui te font confiance. Oui,
- Speaker #4
tout à fait, parce que j'enseigne aussi aux clients. Qu'est-ce que le végétal m'enseigne ? Déjà, il m'enseigne que c'est important d'observer. Voilà, c'est la première chose. On observe les saisons, on observe le temps, dans une forme de résilience aussi. Oui, j'aimerais bien travailler. Mon fils en ce moment me dit « j'ai vraiment envie de manger des fraises » .
- Speaker #0
Tu vas attendre petit pépère !
- Speaker #4
Tu vas attendre, c'est pas encore la saison, ça arrive mais c'est pas encore là. Et donc c'est comment on est résilient et puis pour moi c'est suivre le cours naturel des choses en fait. Finalement ça me permet de m'ancrer aussi dans quelque chose de très naturel. C'est la nature qui va me guider et pas l'inverse. Donc en fait je vais concevoir vraiment mes propositions de plats. Évidemment en fonction aussi de la personnalité et de l'énergie que veulent les clients sur la prestation, mais en fonction de ce qui est disponible et je dirais même en fonction de ce que mon mari sait, parce que je travaille. spécifiquement avec un maraîcher qui est dans les contreforts du Vercors à Iseron. Comment s'appelle-t-il ? Ça s'appelle la ferme de sang, S-A-N. Il travaille en permaculture et vraiment, je veux dire, c'est rythmé, tous les 15 jours ça évolue. En fait, tous les ans, je me renouvelle et une année n'est pas du tout la même que celle d'avant. Donc, ça m'enseigne ça, la résilience. Ça m'enseigne aussi à développer des techniques, finalement, pour valoriser le végétal de la tête aux pieds, finalement. Ça m'enseigne aussi qu'on peut avoir, par exemple, une idée en tête. On annonce quelque chose à un client. J'ai une anecdote avec des poireaux. J'adore les poireaux. Et je travaille très souvent ça en entrée. Et donc, j'avais pour un codire. Donc, j'accompagnais sur plusieurs jours. Un codire d'un groupe pharmaceutique dans le Vercors. Et donc j'avais prévu de mettre des poireaux en entrée. Donc je commande mes poireaux à mon maraîcher et je viens récupérer les poireaux. Et en fait, je me retrouve avec des tout petits poireaux que j'avais prévu de sectionner en gros tronçons, etc. Et donc là, c'est OK, je m'adapte, je trouve une autre technique. Je vais travailler davantage le verre aussi parce que finalement, la partie charnue, la partie tendre, elle est bien moins importante. Et donc, c'est comment je vais travailler un condiment avec le verre. Comment je vais travailler aussi le radicel en version croustillante, etc. Donc c'est vraiment ça pour moi, c'est la résilience et l'adaptation. Et puis après, c'est comment je travaille avec les couleurs et les différentes textures pour faire un plat qui va valoriser l'ensemble du produit.
- Speaker #0
Merci beaucoup. J'adore parce que je pense que tu es vraiment mon alter ego. Voilà, ça résonne beaucoup ce que tu dis. Et je le disais parce que j'ai reçu Alice, qui est la chef exécutive de Fréchon, la dernière fois. Et je disais,
- Speaker #1
c'est drôle parce que je reçois très peu de chefs. C'est vrai. Donc, des chefs hommes et chefs femmes, encore moins. Donc, je me régale en fait.
- Speaker #0
Génial.
- Speaker #4
Petit miroir.
- Speaker #0
Voilà. Catherine, ton métier consiste à créer du lien par le cadeau. Comment en es-tu arrivée à faire du chocolat, un vecteur d'émotion ?
- Speaker #1
Oui, mon métier, c'est d'être une passeuse d'émotion,
- Speaker #2
j'ai envie de vous dire. À travers le cadeau, qu'il soit physique. ou expérientiel. En fait, je vends ce qu'on appelle des dotations en B2B, des cadeaux, aux entreprises qui cherchent soit à remercier, soit à fidéliser, soit à valoriser leurs clients ou leurs collaborateurs pour des événements spécifiques ou des programmes de fidélité ou des moments de fin d'année forts, des jeux concours. Enfin, la palette est assez large. Donc, je contribue à créer des liens avec le cadeau. des liens d'engagement et de reconnaissance humaine. Pour moi, le cadeau c'est très fort à ce niveau-là. Et le chocolat, alors, on rentre dans une autre dimension. Mais évidemment ! J'ai envie de vous dire...
- Speaker #0
On pourrait offrir des carnets !
- Speaker #2
Voilà, on sort du rationnel là, pour le coup. Et je parle de sens. Je parle à mes clients avec un langage sensoriel. Je parle du goût, des saveurs. Est-ce que c'était épicé ? Est-ce que c'était fruit ? boisé, agrume, des odeurs, bien sûr, des arômes, du visuel, puisque le chocolat se regarde. Le packaging, quand il est beau, on a à peine envie d'ouvrir le papier de la tablette pour découvrir ce qu'il y a derrière. On le touche, on le fait craquer, on l'entend. Cette troisième dimension de la décision d'une dotation d'exception, pour moi, c'est assez exceptionnel. J'adore faire ça. J'adore le chocolat. Pour moi, c'est une... porte d'entrée relationnelle chez mes clients. C'est de l'émotion simple, j'ai envie de dire. C'est de l'émotion chaleureuse, c'est de l'émotion brute, authentique. Le chocolat, pour moi, ce n'est pas un cadeau neutre. En plus, c'est ce qui met tout le monde d'accord en entreprise quand on offre du chocolat, parce que quand c'est un peu houleux en réunion, un petit chocolat, ça détend l'atmosphère, on va dire. Il y a tellement de différences. Quand je vends du chocolat, c'est un peu comme si je vendais un voyage. J'ai quand même été dans l'univers du voyage pendant 25 ans, l'univers du voyage corporate, où on faisait véhiculer beaucoup d'émotions. Pour moi, un petit carré, c'est comme si vous aviez fait 10 heures d'avion, quelque part. Vous déplacez quelqu'un, vous lui révélez une émotion exotique, quelque part.
- Speaker #0
C'est magnifique. Tu nous embarques dans cette poésie sensorielle.
- Speaker #2
J'adore parler de poésie. C'est un peu différent de vous qui êtes tellement... Mais en fait,
- Speaker #0
je suis citoyenne par contre, Catherine. De vous toutes. Ah oui, d'accord. De vous toutes. Parce que vous n'allez rien vivre vous, tout à l'heure. Non,
- Speaker #2
non. Oui, pardon. Il n'y a pas celui. Non, non. De vous toutes, vous êtes là pour faire plaisir avec tant de grâce et de bienveillance que moi, je le fais avec le cadeau d'une façon générale. Et le chocolat, pour moi, c'est la paix. pites cadeaux, quoi, qu'il faut avoir dans son panel de cadeaux à un moment... Qu'on soit en B2C, c'est-à-dire en retail ou en B2B, en cadeau d'affaires. D'ailleurs, c'est pour ça que plus de 60% des cadeaux en fin d'année sont des cadeaux gourmands. Et le chocolat, ça a une grande part...
- Speaker #0
Et le vin et le champagne.
- Speaker #2
Et le vin et le champagne, encore que le vin, ça devient un peu problématique dans les entreprises aujourd'hui.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Et le champagne, donc le chocolat.
- Speaker #0
Tant mieux,
- Speaker #2
tant mieux pour moi. Et tant mieux. Super.
- Speaker #0
Merci Catherine. Emma, je reviens à toi. Ton père était chef cuisinier. En quoi cet héritage familial a-t-il façonné ton regard et ton attrait pour la gastronomie, ton appétit pour les bonnes choses ?
- Speaker #3
En fait, je me suis pris de passion pour la photographie. Quand j'étais toute petite, vraiment, je devais avoir 4 ou 5 ans. Et l'une des premières choses que j'ai prises en photo, c'était les plats de mon papa. Avec des fleurs et des parfums. Qu'est-ce qu'il faisait,
- Speaker #0
par exemple, ton papa ?
- Speaker #3
Il faisait plein de trucs. Il aimait beaucoup recevoir mes parents. Il faisait des très belles vérines. On faisait des apéros dînatoires. Ils faisaient du poisson très très bon, de la dorade je me souviens, ils faisaient des chutneys de betterave, vraiment je me régalais et j'aimais trop prendre en photo ces plats avant que les invités se jettent dessus. Et aussi j'ai eu la chance d'être amenée dans des grands restaurants, depuis toute petite, on allait dans des super restos, des palaces pour bruncher, c'était assez lunaire quand j'y pense avec le recul. toujours mon appareil photo avec moi et j'ai été sensibilisée à la beauté de la nourriture. En fait, on aimait les belles et les bonnes choses. Ça m'a suivie toute ma vie. J'ai toujours... Moi, je suis photographe spécialisée plutôt en mode et portrait. Mais là, depuis quelques années, je travaille avec des restaurateurs. C'est un pur plaisir parce que j'ai l'impression de renouer avec mon enfant. intérieur et de retourner à quelque chose qui m'a fait grandir et qui a fait que j'ai aussi développé ma pratique photographique depuis toute petite en fait.
- Speaker #2
Merci beaucoup Emma.
- Speaker #0
Beaucoup d'émotions ce matin, ça fait du bien. Fanny, alors, on parlait donc des difficultés de recrutement, donc clairement c'est acté, moi j'ai beaucoup d'amis chefs et restaurateurs qui galèrent, on peut le dire. Selon toi, quels sont, parce que je pense qu'il y en a plusieurs, les causes de ce turnover incessant et de ce problème de fidélisation et d'engagement ?
- Speaker #1
Alors, je pense qu'il y a plusieurs raisons. La première, je ne l'ai pas dit plus tôt, mais c'est vrai que j'ai deux activités, deux casquettes. La deuxième, je suis bénévole dans une association qui s'appelle Bondir. Et Bondir fait de la prévention contre toutes les formes de violence dans le milieu de la restauration. Donc, chez eux, je m'occupe aussi bien de la... Enfin, je m'occupe, je participe, parce que, évidemment, je ne suis pas toute seule. Je participe à la ligne d'écoute. Donc là, on recueille des témoignages de victimes ou de témoins de violences. Donc là, c'est ce qu'on appelle de la paire aidance. On fait aussi des interventions dans les établissements de formation. Donc ça peut être des écoles hôtelières, des CFA, etc. Donc là, on s'adresse à des jeunes qui sont en formation, mais qui ont déjà eu des expériences en restauration. Et là, le troisième volet, on est en train de créer des formations pour les professionnels, donc des formations en management. Donc, par ce... Par moi... Enfin, par... À travers les expériences que j'ai eues, moi, en restauration, et les témoignages qu'on continue de recueillir dans l'association, le fond du problème, c'est quand même les violences qu'on appelle dites normalisées en restauration. Donc, il y a beaucoup, beaucoup de formes de violences. Et donc, je comprends tout à fait, Sophie, pourquoi...
- Speaker #0
Ça résonnait.
- Speaker #1
Oui, exactement. Pourquoi le cadre, l'environnement de la restauration ne t'a pas forcément convenu au départ. Et oui, je comprends tout à fait la démarche. Il y a beaucoup de violences qui ont été normalisées. C'est vrai que quand on arrive dans les écoles hôtelières, moi souvent c'est comme ça que je présente ma démarche et mon rôle auprès des jeunes. Je leur dis, si je suis là aujourd'hui, c'est que j'aurais tellement aimé, à votre âge, avoir quelqu'un qui me dit, non, ce n'est pas normal. Moi, quand j'ai commencé la restauration à 16 ans, j'ai mis des années à comprendre et à verbaliser. Ce que j'avais subi en réalité, parce qu'en fait, c'est le principe des violences normalisées. On part du principe que c'est le métier qui veut ça, que c'est normal, qu'on a toujours fait comme ça, que si on est vraiment passionné, c'est normal de travailler 15 heures par jour, de ne pas être rémunéré pour ses heures supplémentaires, de travailler dans la violence, etc. Donc, je pense qu'on arrive à un tournant dans la restauration. Et il y a beaucoup de jeunes, la nouvelle génération notamment, et évidemment, notre ami Covid nous a beaucoup aidé à ouvrir les yeux à ce niveau-là. Il y en a beaucoup qui n'acceptent plus ces conditions de travail. Parce que jusqu'ici, on avait la tête dans le guidon, on pensait que c'était la norme. Mais une fois qu'on s'arrête, qu'on prend un petit peu de recul, et qu'on comprend finalement qu'on n'est pas obligé de travailler dans ces conditions-là, on n'est pas obligé de subir, forcément il y en a beaucoup qui ont pris la poudre d'escampette, ce qui est totalement logique et normal. Il fallait que ça arrive. Donc il y a le sujet des violences dites normalisées. Et après, je pense que le deuxième sujet, c'est la question de la cohérence. Comme je vous le disais tout à l'heure, quand j'ai commencé à travailler dans des très très très beaux établissements, il y a beaucoup de soins qui étaient apportés à l'expérience de nos clients. Il y avait beaucoup de mise en scène, tout est beau, tout est très travaillé. Mais en fait, en coulisses, on n'a pas forcément de vestiaire, on n'a pas forcément d'endroit pour prendre une pause déjeuner. Le paradis d'enfer en fait. C'est exactement ça.
- Speaker #0
Voilà, grosso modo.
- Speaker #1
C'est exactement ça. Donc il y a vraiment une question d'incohérence. Et moi c'est vraiment ça aujourd'hui que je pointe du doigt. Si on travaille dans un établissement, pour l'image que ça renvoie, parce qu'en général au départ on est client avant d'être employé dans un établissement, si ça nous a fait rêver en tant que client et dès l'instant où on passe derrière la scène, en coulisses, et qu'on voit que c'est l'enfer, que les conditions de travail sont épouvantables, forcément on finit par partir en courant. Dans le projet qu'on met en avant, dans toute cette partie communication qui est de plus en plus présente maintenant pour la restauration, je pense qu'il faut faire très attention aux valeurs, aux mots qu'on emploie et le message qu'on fait passer dans notre communication. Parce qu'il faut que derrière, les collaborateurs s'y retrouvent et qu'il y ait une vraie cohérence de A à Z.
- Speaker #0
Merci Fanny, très très intéressant. Sophie, que souhaiterais-tu que les gens, ou que souhaites-tu d'ailleurs, on va prendre l'indicatif, que les gens ressentent en quittant la table après un repas signé par toi ?
- Speaker #4
Alors c'est une excellente question qui m'a donné du fil à retordre, parce qu'en fait, je pense que...
- Speaker #0
J'ai fini par comprendre ce que je souhaitais, mais plutôt par l'expérience de ce qui se passe quand je fais à manger pour les gens. En fait, finalement, c'est mes clients qui m'expriment ce que je souhaite. C'est ça qui est très beau,
- Speaker #1
finalement.
- Speaker #0
Exactement. Je précise mon propos. Je travaille quand même beaucoup sur des prestations où j'ai carte blanche. Quand j'accompagne des retraites bien-être, des stages de yoga sur plusieurs jours. Donc je vais faire à manger pour un groupe, du petit déjeuner jusqu'au dîner parfois. Et alors on se met d'accord avec l'organisateur sur le type de plat que je vais proposer, puisque évidemment l'idée c'est aussi que ça puisse matcher au départ. Mais après moi c'est vraiment cuisine de marché quoi. Donc je vais aller chercher justement ce que mon maraîcher a à me proposer. Le poireau. Le poireau, ou pas justement. et confectionner à partir de là des plats vraiment selon mon intuition et mon inspiration. Et je ne me gêne pas pour mettre des mal-aimés. Des légumes ou des fruits qui pourraient faire l'objet de préjugés en amont. Par exemple, le céleri rave. Le chou-fleur. Le chou-fleur. La betterave. Le chou, tout simplement. Le chou, enfin les choux. Il y a une infinité de variétés de choux. Ce qui moi me fait vibrer quand je cuisine, et c'est pour ça que je cuisine, c'est quand les gens viennent me voir après en me disant « Mais en fait, j'avais jamais mangé un chou comme ça ! J'avais jamais pensé à le cuisiner comme ça ! Comment est-ce que tu t'y es prise pour lui donner ce goût-là, cette texture-là, etc. ? » Donc moi, ce que je recherche vraiment, c'est de pouvoir surprendre les gens, de pouvoir aussi faire sauter des idées préconçues sur certains produits. Sur certaines manières de manger aussi, c'est vrai qu'on est beaucoup en France sur l'entrée, plat, dessert. Moi j'aime aussi les ambiances un peu type medze, où chacun prend un petit peu ce qu'il veut, où il y a des condiments avec différentes textures, différentes saveurs, que les gens associent un peu comme ils veulent, pour que ce soit quelque part un peu inclusif. Moi, selon mon humeur, je vais plutôt mettre ça, ça c'est pimenté, j'aime bien, je vais mettre ça. Donc c'est vraiment ça, c'est que ce soit inclusif, que les gens se sentent à l'aise à table aussi. qu'ils aient le sentiment d'avoir partagé quelque chose à un bon moment et d'avoir été surpris.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Catherine, alors tu parles de chocolat. Comment choisis-tu les artisans chocolatiers avec lesquels tu travailles ? J'ai sauté la question, je suis allée loin. Non mais parce que tu m'as dit que tu mettais en valeur, tu travailles avec un artisan notamment.
- Speaker #2
Oui, je travaille avec un artisan qui est un artisan corézien qui s'appelle Monsieur Lamy. Puisque je vis à Brive-la-Gaillarde depuis 4 ans, et que j'ai découvert, c'est un artisan chocolatier torréfacteur. Il a décidé de fabriquer son chocolat de la fève à la tablette, c'est-à-dire ce qu'on appelle le bean-to-bar. C'est un concept qui est arrivé des Etats-Unis, qui s'est développé dans les années 2010 en Europe et en France, et qui est en croissance colossale autour de 10% de la population. 10% depuis quelques années. C'est impressionnant, ça reste une niche professionnelle, ça reste une niche dans ce milieu du chocolat. C'est quoi ces 2% de petits poussés qui fabriquent leur chocolat aujourd'hui ? J'ai envie de dire ça comme ça. Donc comment je l'ai choisi ? Parce qu'il y a une pureté de réalisation de chocolat, une grande traçabilité, une grande transparence. Il montre son labo, il est visible de la rue. Donc quand vous passez, vous voyez le labo, vous voyez sa fabrication, ses sacs. en toile de jute qui arrive, là d'envers, toute la torréfaction, en passant par le broyage, le pré-broyage, le broyage, le conchage, le tempérage, le moulage, il y a la cristallisation aussi avant, il y a toutes ces sept étapes de fabrication de chocolat, ça prend un certain temps.
- Speaker #1
D'où viennent les fèves ?
- Speaker #2
Les fèves viennent d'une quinzaine de destinations, évidemment, autour de l'équateur, puisque le cacahuillé... poussent dans les régions humides et en altitude. Oui,
- Speaker #1
on n'en trouve pas en Belgique.
- Speaker #2
Non, pas vraiment, pas encore. Il n'y a pas encore eu quelqu'un qui a décidé de les mettre sous serre, ces cacaoyers. Il va les chercher que ce soit en Amérique du Sud, il a des origines de Bolivie, du Mexique, de Colombie, un peu de République Dominicaine, ensuite c'est plutôt l'Afrique. L'Afrique de l'Ouest, Sao Tome, le Ghana, un peu de Côte d'Ivoire. La Côte d'Ivoire est un très, très gros pays de production de cacao, mais c'est surtout les industriels qui achètent là-bas. Il va plutôt chercher dans les terroirs rares, via ses trois sourceurs, qui sont des femmes d'ailleurs. Et puis, il va aussi chercher du côté du Vietnam, des Philippines. Donc, on a là des notes plus florales, plus fruitées, puisqu'on est sur des sols un peu différents. Quand j'ai découvert toute sa machinerie et son installation, incroyable, parce que c'est quand même un gros investissement pour un artisan de s'équiper de tout ce matériel. Ça peut aller de quelques milliers d'euros à plusieurs gros millions d'euros. Donc, il faut avoir les reins solides et puis ce n'est pas forcément un business scalable. Donc, il faut vraiment penser à demain. Lui, il a une très grosse ligne de production. Il peut dépoter. Débité, si on peut dire. Je crois que c'est 100 000 tablettes à l'année. Et on est sur ce qu'on appelle du pur origine, du chocolat terroir. Élaboré à l'origine. Élaboré, oui. Et ça donne des goûts, des saveurs uniques. Et puis, il met sa pâte de chocolatier. Ça fait 35 ans qu'il est chocolatier. Ça fait que 3 ans qu'il est torréfacteur, quelque part. Il a voulu travailler la matière première. Comme un chef qui a envie de comprendre.
- Speaker #1
Et qui a son propre potager. Voilà,
- Speaker #2
exactement. On adorerait ce frère. Un boulanger qui deviendrait meunier de main. C'est canon quand même. C'est la quintessence de sa profession, de son métier, de torréfier son chocolat. C'est vraiment... Je suis tombée amoureuse du produit, pas de l'homme. S'il m'entend, je ne vais pas être très contente. Nous ne le jugeons pas du tout, Catherine. Dans du produit, bien sûr, et puis de l'engagement et du métier de cet homme.
- Speaker #1
Et de l'excellence artisanale, en fait, qui est fascinante.
- Speaker #2
On est très très loin de ce qu'on peut... On est en province, on est à Brive, 4h30 de train de Paris, on n'est pas à Paris. Il y a des chocolatiers Bintou Bar en région parisienne, bien sûr. Il y en a beaucoup en Rhône-Alpes, il y en a beaucoup... En Auvergne, il y en a quelques-uns en Auvergne. Je ne vais pas dire qu'il a réinventé le chocolat, mais pour moi, croquer dans un carré de chocolat, c'est comme si je revenais en enfance. C'est un rappel à l'enfance.
- Speaker #1
Merci. C'est une très belle rencontre. J'en parlerai pendant des heures. Je m'arrête, je passe la parole à ma voisine. Merci. Emma, c'est quand même tout un sujet, mais j'aime bien l'aborder aussi avec les artistes. Comment l'IA ? Aujourd'hui influence ton travail, comment tu as dompté cette machine ? Est-ce que c'est une menace, un outil complémentaire, un assistant ? Comment tu l'appréhendes ou l'as appréhendé depuis quelques mois, années ?
- Speaker #3
Je me sers surtout de l'IA pour plusieurs choses, notamment pour retoucher mes images. Mais ça passe juste en fait par de la suppression générative. C'est tout simple, j'enlève des petits détails pour avoir une image clean. Mais je ne fais pas plus, en tout cas avec l'IA, dans la retouche d'images. Après, je me sers des outils pour rédiger des messages, mais ça ne va pas plus loin. J'essaye de... En fait, il y a eu tellement de controverses liées à l'IA et de peur, notamment des artistes visuels, où on a vu des grandes marques de mode, surtout des marques de mode, faire des campagnes. entière générée avec l'IA. Ils ont remplacé des mannequins, ils ont remplacé toute la chaîne de production, mais il n'y a pas que moi, il n'y a pas que les photographes, il y a aussi tous les set designers, les assistants de lumière, les stylistes, les modèles, les make-up artistes. Tout ça, ça crée en fait des photos qui sont plates, qui sont générées.
- Speaker #1
Oui, pas incarnées en fait. On revient à cette idée de intelligence artificielle qui s'oppose du coup avec l'émotion.
- Speaker #3
Oui, c'est des photos qui sont en fait juste tirées de ce qui est déjà existant sur Internet. Donc à partir de là, moi, très honnêtement, je suis complètement contre cette pratique. Mais je m'en sers vraiment à petite dose dans mon quotidien.
- Speaker #1
Et tu ne te sens pas mise en danger ? Ta position par rapport à ça ?
- Speaker #3
En fait, je ne me sens pas mise en danger parce que j'ai développé un style au fur et à mesure de ma... Petite carrière. Ça reste une carrière. Ça reste une carrière. Un style photographique qui fait que j'ai une patte, en fait. J'ai un propos aussi. J'ai un engagement, notamment pour le climat, pour le social aussi, pour tout ce qui est éthique et éco-responsable. Et je parle de choses dans mon travail. J'ai une manière d'aborder la photo qui fait que je pense qu'on est beaucoup à être menacé. Mais ceux qui vont réussir à tirer leur épingle du jeu, ce sera les artistes qui auront vraiment quelque chose qui les distingue. Une identité. Une vraie identité, mais affirmée. Et moi, je travaille beaucoup à justement asseoir cette position. Mais ça reste une menace quand même. Mais je ne vais pas me laisser intimider non plus.
- Speaker #1
Merci beaucoup Emma. Fanny, alors pour toi, à quoi ressemblerait... Un leadership responsable en restauration, est-ce que tu pourrais me donner trois qualités qui rendraient le manager ou le gérant le vrai leader sécurisant ?
- Speaker #4
C'est une très bonne question. Je pense que ce qu'on attend d'un leader, pour moi, ce n'est pas uniquement un manager qui va donner des directives et qui va exprimer des attentes, bien que ça en fasse partie. Pour moi, la qualité première, c'est vraiment la communication. Je pense qu'il faut être capable de communiquer avec bienveillance, empathie. C'est d'ailleurs souvent ça qui manque, je trouve, dans les établissements, dans les restaurants. une communication qui est claire sur quels sont les objectifs de notre établissement. Qu'est-ce qu'on vous donne comme moyens aujourd'hui pour atteindre ces objectifs ? Que ce soit des moyens matériels, des moyens financiers, des moyens à travers de la formation, peu importe. Mais où est-ce qu'on va tous ensemble ? Parce que c'est quand même un travail d'équipe au départ. Et ce n'est pas uniquement, on n'est pas juste là pour cuisiner ou pour apporter des plats à notre client. Et je pense qu'autour de ça, il pourrait presque y avoir du storytelling. C'est pour ça que je dis que la communication est hyper importante. communiquer sur des objectifs, etc. Mais c'est aussi dans quelle histoire je vous emporte. C'est quoi notre projet à tous ? C'est pas uniquement... On cherche pas uniquement des porteurs d'assiettes ou des gens qui vont être capables de cuisiner. Je pense que ça, c'est une qualité hyper importante pour un vrai leader engagé. C'est de réussir à embarquer ses équipes. Ensuite, j'irais peut-être... Deuxième qualité, ça serait la bienveillance, l'empathie, être capable de se mettre à la place des autres. Je pense que maintenant, on ne veut pas forcément de l'égalité dans les établissements, mais peut-être plus de l'équité et faire un modèle un petit peu plus sur mesure, s'adapter. Par exemple, dans les établissements, je pense que maintenant, il y a plein de modèles différents pour travailler. Et on n'a pas forcément tous envie d'être à temps plein, on n'a pas forcément tous envie d'être à mi-temps. Et je pense que si on avait des modèles qui étaient un petit peu plus sur mesure, un peu plus personnalisés et du coup un petit peu plus inclusifs, je pense que ça, ça serait aussi plus inspirant pour les équipes. Donc là, ça ne fait que deux qualités. Mais bon, je pense que je n'ai pas forcément une troisième précise, mais je pense que c'est un modèle comme ça qui serait...
- Speaker #1
C'est ce que tu transmets, c'est ce que tu transmets à tes clients. Comment ça se passe, le rapport avec tes clients qui viennent à l'agence ?
- Speaker #4
Alors, tu veux dire le process, comment je les accompagne ? Donc, il y a plusieurs étapes. La première, ça va être un premier rendez-vous pour vraiment déterminer, définir les enjeux de mon client. ses enjeux, ses problématiques, ses objectifs à court, moyen, long terme. Moi, j'ai besoin de comprendre vraiment quelle est l'histoire de son établissement, déjà au départ, donc vraiment la genèse de son projet. Qu'est-ce qu'il a poussé à ouvrir un établissement ? Est-ce que c'est un établissement familial ? Est-ce que c'est un projet depuis toujours ? J'ai besoin de comprendre la genèse. Ensuite, on affine pour comprendre un peu ses problématiques, enjeux, objectifs. Ça, c'est la première phase. Et ensuite, la deuxième phase, ça va être de faire un audit qui sera confidentiel et anonyme, où là j'interroge vraiment l'ensemble. des équipes à travers à peu près une centaine de questions, donc c'est quand même assez vaste. Et j'essaie vraiment de comprendre quel est leur environnement de travail, qu'est-ce qui est valorisé par les équipes, qu'est-ce qui leur plaît, qu'est-ce qui fonctionne déjà très très bien, parce qu'il y a toujours des choses qui fonctionnent très bien dans un établissement. Et ensuite, qu'est-ce qui leur manque pour atteindre les objectifs de mon client. Et moi, mon rôle, c'est vraiment de faire le pont entre les besoins et les attentes réelles des équipes et les objectifs du client. C'est super intéressant. Tu peux nous donner trois exemples de questions que tu leur poses ? pose ? Oui, par exemple, la question des objectifs. Je me suis rendue compte que c'était une question qui était hyper importante parce que beaucoup d'équipes n'avaient pas d'objectifs qui étaient vraiment stipulés. Je vais leur demander est-ce que vous connaissez vos objectifs ? Est-ce qu'on vous donne les moyens d'atteindre vos objectifs ? Je vais leur poser beaucoup de questions. C'est un peu confus. Je vais leur poser des questions sur l'ensemble de leur parcours collaborateur. Les premières questions, ça va être comment s'est passée la phase de recrutement ? Est-ce qu'il y avait de la cohérence entre l'annonce entre l'entretien, entre vos premiers jours sur place ? Est-ce qu'il y a eu une vraie période d'onboarding ? Est-ce qu'après l'onboarding, il y a eu une continuité ? Je leur pose énormément de questions. L'idée, c'est vraiment de retracer tout le parcours du collaborateur jusqu'à la fin, si certains sont sur le départ, pour comprendre ce qui est manquant, ce qui pourrait être amélioré.
- Speaker #1
Très intéressant.
- Speaker #4
Mais l'idée, c'est vraiment, et j'insiste là-dessus, c'est évidemment de mettre en avant ce qui peut être amélioré, les axes d'amélioration, mais aussi ce qui fonctionne déjà très bien. parce qu'il y a toujours des choses qui fonctionnent très bien et qui ne sont pas forcément valorisées ou on part du principe que c'est normal parce que c'est comme ça, c'est le quotidien. Je trouve que c'est important de mettre en avant vos équipes. Finalement, ils sont très contents de telles formes de management.
- Speaker #1
Pour lesquelles s'appuyer pour aller plus loin.
- Speaker #4
Exactement.
- Speaker #1
Merci Fanny.
- Speaker #4
Vous pouvez ranger vos fiches.
- Speaker #1
Parce que la première partie est finie. Catherine, ça va aller. On respire, on prend un petit bout de chocolat. Non, on n'a pas de chocolat ?
- Speaker #2
Tu auras tout ce que tu veux.
- Speaker #1
Alors, moi, en fait, je suis une ancienne prof de lettres. Certains le savent, d'autres ne le savent pas. Donc, je vais vous lire un passage et je vous poserai une question, mais qu'on a déjà plus ou moins abordée, mais on va rentrer un petit peu dans le vif du sujet. Mais, quand d'un passé ancien, rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seule, plus frêle mais plus vivace, plus immatérielle, plus persistante, plus fidèle, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir sur leurs gouttelettes presque impalpables l'édifice immense du souvenir. Quel est donc votre Madeleine de Proust ? C'est un extrait de Proust.
- Speaker #4
Alors, qui se lance ? C'est une bonne question.
- Speaker #1
Alors, Madeleine de Proust, après, certains parlent d'ambiance, de souvenirs. D'autres veulent vraiment être dans la sensorialité pure et donc le goût, les odeurs, la cuisine. Mais ça peut être très, très large. On est sur un moment en confidence et un peu psychologie aussi. Mais ce qui est très drôle, je vous laisse le temps de réfléchir. Ce qui est très drôle, c'est qu'en fait, de la même manière qu'on parle toujours de Covid à cette table, un moment ou un autre, et là, vous l'avez abordé grosso modo, sauf toi Fanny, parce qu'on est plus dans le concret. vous avez parlé de votre enfance, sans le savoir. Parce que c'est ce qui vous construit aussi dans votre identité personnelle et professionnelle. Donc, qu'est-ce que ça vous évoque ?
- Speaker #3
Est-ce que ça peut être un moment ?
- Speaker #1
Mais il n'y a pas de réponse type. Je ne suis pas à l'école, je ne vais pas vous noter.
- Speaker #3
Je suis un peu scolaire, donc je vais essayer de me sortir de mon carcan.
- Speaker #1
Qu'est-ce que cet extrait-là vous évoque ? Quand je l'ai lu, vous avez regardé, vous avez vu quoi ?
- Speaker #3
J'ai toujours l'impression de répondre à un truc pas bien, mais...
- Speaker #1
Il n'y a rien qui est bien ou pas bien. Oui, c'est Emma.
- Speaker #3
Alors, je dirais, moi en fait, c'est des souvenirs que j'ai avec ma famille et les amis de mes parents. Où en fait, on était juste chez nous à piquer, un peu comme tu disais, en mode médias. C'est comme une espèce d'apéro-dinatoire où on avait vraiment passé la journée à cuisiner. On avait fait les courses, on avait fait le menu. Une semaine avant, on avait tout prévu pour que les invités se régalent. Et on cuisinait en fait, toute la journée et le soir, ils arrivaient et on passait un super moment à déguster. Il y avait un peu de musique, ils ramenaient des fleurs, ils ramenaient une bonne bouteille. Bon, j'avais 10 ans. Et ouais, c'était juste un moment partagé autour de la nourriture. C'est tous les moments les plus simples qu'on se rappelle le plus quand on grandit.
- Speaker #1
Merci Emma, c'est très bien.
- Speaker #4
Alors, moi, c'est un petit peu le même souvenir. Dans ma famille, on a une culture de la table qui est vraiment très importante. Et j'ai, paraît, des très bons souvenirs de repas. Alors, je ne peux pas dire repas interminable, mais c'est ça, une espèce de mise en place qui est vraiment très, très longue dans le temps. C'est-à-dire que le moment du dîner ne commence pas au dîner. Il y a quand même un avant. Et c'est vrai qu'à la maison, il y a toujours eu cette... Il y a toujours une ambiance un peu festive autour du dîner, notamment.
- Speaker #1
Le soir. Exactement.
- Speaker #4
Moi, je dis toujours à mes amis, nous, dans la journée, on fait ce qu'on veut. Par contre, c'est hyper important d'être présent au moment des repas. Donc, dans la journée, chacun peut vaquer à ses occupations. Mais par contre, au moment du dîner, 20h, il faut vraiment que tout le monde soit autour de la table. Et c'est vrai qu'il y avait vraiment une ambiance particulière. Ma maman cuisinait beaucoup et très bien. On a toujours... tous aimer se retrouver autour de la table, bien manger, ça a toujours été hyper important. Et il y avait vraiment une ambiance particulière, c'est-à-dire qu'on a toujours eu la vaisselle du midi et la vaisselle du soir. Et même si on n'est que quatre autour de la table, qu'on soit quatre ou qu'on soit dix ou douze, ou peu importe parce qu'on aime aussi beaucoup recevoir, il y a toujours vraiment une ambiance, une saveur très particulière. Donc des petits jeux de lumière, des bougies, des fleurs, musique du monde. ça a beaucoup accompagné les dîners de mon enfance donc voilà il y a vraiment une saveur très particulière et c'est vrai que je suis toujours j'adore retourner chez mes parents pour ça parce que je sais que je vais mettre les pieds sous la table on va avoir des, c'est cette ambiance un peu médée, plein de petites choses à grignoter ça peut être des choses simples mais tout est délicieux je pense qu'il y a aussi une question d'ambiance Alors mets-nous l'eau à la bouche,
- Speaker #1
une idée de recette ? Alors une des... Que tu adorais manger ?
- Speaker #4
C'était le clafoutis. C'était entre le clafoutis et la tarte. On appelait ça le clafoutis, mais en réalité je pense que c'était pas du tout un... Un clafoutart. Un clafoutart. On y va. Un clafoutis à la rhubarbe meringué. Et je pense qu'avec du recul, si je mangeais ça aujourd'hui, je trouverais ça trop sucré. Et plus du tout dans l'air du temps. Mais il y a une saveur particulière. Et je pense que j'ai demandé ce dessert d'anniversaire, mais pendant des années à ma maman.
- Speaker #1
Super, tu vois, c'est ça en fait. Ça t'aura plu. Catherine ?
- Speaker #2
Alors, il y a quand même pas mal de choses en Normandie, on mangeait bien. L'autre grand-mère, je vous ai parlé d'une grand-mère qui me faisait des beignets croustillants le soir du 14 juillet après le fait d'artifice. L'autre grand-mère, elle me faisait du riz au lait caramélisé,
- Speaker #0
des crêpes.
- Speaker #2
Donc tout ça, ça me rappelle des moments forts en famille avec mes grands-parents. Ça a été reconduit par ma mère d'ailleurs et quand j'ai présenté mon mari, il y a déjà... plus de 20 ans de ça, à mes parents. Je me souviens que maman avait fait du riole et que mon mari en avait mangé presque la moitié du plat. Et là, je crois que j'avais conquis, il avait conquis la belle-mère, pour le coup. S'il écoute ce podcast, il va rire.
- Speaker #1
Comment s'appelle-t-il ?
- Speaker #2
Éric. Éric,
- Speaker #1
on te salue.
- Speaker #2
Donc, oui, le riole, les bonnes crêpes. Et aujourd'hui, j'essaie de reproduire à ma façon le bon riole et les crêpes. Les crêpes Suzette, j'entends. Les crêpes de froment. Mais avec de la bonne farine, le dosage qu'il faut et l'accompagnement qu'il faut aussi. Et le bon chocolat coulant.
- Speaker #1
Évidemment.
- Speaker #2
Merci Catherine.
- Speaker #1
Sophie,
- Speaker #0
je te rejoins sur le riz au lait et je pense que j'aurais pu répondre à ça. Ça fait partie des premières recettes que j'ai faites toute seule quand j'étais petite à la maison avec un livre de Paul Boucus, je crois. Qui est ce personnage ? On ne le connaît pas. Je ne le connais pas. Alors moi, ma Madeleine de Proust, Je dirais que ce n'est pas un plat, c'est les sauces. Les sauces, vraiment. Toutes les sauces, quoi. Je veux dire, ça peut être une sauce qui peut être... On peut faire des jus corsés fantastiques avec des légumes. On n'a pas forcément besoin de viande, même si la viande va donner aussi ce goût caramélisé ou mamie. Mais en fait, les sauces, même juste une bonne crème crue avec des herbes fraîches dedans, etc. Et moi, j'ai vraiment ce souvenir depuis toute petite. de saucer le plat, de saucer l'assiette, de tremper ce morceau de pain et d'attendre qu'il soit bien imbibé pour le manger. Et je me faisais même, quand j'étais ado, à l'époque où j'adorais manger gras et salé, il m'arrivait de rentrer à la maison et de me faire une sauce. Je me faisais revenir des échalotes dans du beurre déglacé au vin blanc et puis je prenais mon morceau de pain et c'était ça mon goûter. Je me faisais de la sauce.
- Speaker #1
Le plaisir coupable de souche.
- Speaker #0
Que personne, je ne sais même pas si mes parents le savent en fait.
- Speaker #1
Et là on pense à Charlotte. C'est Charlotte. C'est Charlotte.
- Speaker #0
Voilà les sauces. Et aujourd'hui encore, c'est vraiment quelque chose qui va me guider parce que je trouve que c'est vraiment un supplément d'âme. C'est quelque chose qui va finir un plat, qui va lui donner de la profondeur, qui met tout le monde d'accord finalement et que ce soit sur du salé comme du sucré avec un bon caramel. Merci. Catherine, tu voulais rajouter quelque chose ?
- Speaker #1
Caramel au beurre salé.
- Speaker #0
Évidemment.
- Speaker #1
La Normande qui parle.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'il y a toujours dans votre réfrigérateur ? De la crème fraîche. D'accord.
- Speaker #3
Du beurre demi-sel.
- Speaker #1
Ça marche.
- Speaker #3
Sur du pain croustillant.
- Speaker #1
Eh oui.
- Speaker #0
Alors, tout un tas de condiments fermentés. Des misos, des condiments ou des boissons. J'ai tout un... tas d'expérimentations, de macérations de fruits dans du kéfir, dans du kombucha, des kimchi. Et en fait, ça, il y en a plein. Enfin, je veux dire, la porte du frigo en déborde et on sort toujours plein de choses à table au moment où on mange. Pour rajouter, c'est ce que tu disais. Voilà, exactement. En fait, on va faire des plats simples. On dit toujours la table des minotaux, c'est ça quoi. Il y en a partout. Et chacun va piocher son petit condiment pour le rajouter. Donc, il y a toujours un condiment dans mon frigo et il est souvent fermenté.
- Speaker #4
Super. Alors, des légumes, je dirais, c'est assez classique. Mais c'est surtout, moi, ce n'est pas dans mon frigo, c'est plutôt mon tiroir à épices. C'est un peu la caverne d'Ali Baba. J'ai une tonne d'épices. On a une super boutique à Bordeaux, notamment. Et ça, j'aime beaucoup. Parce que toi, tu habites Bordeaux ? Oui, tout à fait.
- Speaker #1
D'accord. Donc là, on a deux provinces, là.
- Speaker #4
Trois ? Trois, mais oui ! Oh, je suis flattée ! Je ne l'achète pas. Je suis flattée. On est venu pour toi, là. De loin, on voyage.
- Speaker #1
Ça me plaît beaucoup. Si vous deviez dîner avec une personne fictive, décédée, vivante, pas forcément du milieu de la gastro, ce serait qui ? Mon petit délire que j'ai depuis peu, c'est d'imaginer une tablée immense avec à chaque fois quelqu'un que vous ramenez. Et c'est moi qui cuisine. Ça ne se fera jamais, évidemment. Mais parce qu'on m'a sorti du Brad Pitt, on m'a sorti du Victor Hugo, du Bria Savarin, etc. Donc ça va être compliqué. Jésus, on a eu aussi celle-là ! C'est vrai,
- Speaker #3
on a eu Jésus.
- Speaker #1
C'était Denis Imbroisi qui avait dit ça. Catherine, je crois que tu as levé la main.
- Speaker #2
J'ai levé le doigt.
- Speaker #1
Tu as levé le doigt.
- Speaker #2
Eh bien, moi, j'aimerais Fanny Ardant.
- Speaker #1
Oh, j'adore. Tu as un petit côté. Si tu es blonde, tu as un petit côté. C'est gentil. Oui. Fanny Ardant.
- Speaker #2
Non, Fanny Ardant, elle est pleine d'émotions, pleine de vérité, de profondeur. Je crois que tu aurais fort à faire avec elle au niveau gustatif. Très bien.
- Speaker #4
Oui, j'aime beaucoup.
- Speaker #1
Oui. Les autres, une idée ?
- Speaker #4
Oui. C'est très drôle, cette question, parce qu'il y a... Je pense que en moins de deux semaines, j'ai évoqué justement ce sujet avec un ami en lui disant « Mais moi, je pense souvent à une table de célébrités, si je pouvais inviter qui je voulais autour de la table, c'est très drôle. » Alors, j'ai deux personnes en tête, ce serait soit Virginie Effira, que j'aime beaucoup, ou Laila Bekti, avec qui j'aimerais si jamais elle m'entende.
- Speaker #1
Je vais dire qu'il n'y a qu'une dîner pour Laila, pas de problème. Je les adore.
- Speaker #4
Oui, c'est ça, j'adore leur sensibilité. Et puis encore une fois, c'est vrai que c'est l'humain avant tout. Et c'est des personnes, quand je les vois à l'écran à chaque fois, je me dis, elles sont incroyables. Elle est nominée au César pour Sylvie Vartan, Leïla. Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Emma ?
- Speaker #4
Tu passes réfléchir encore.
- Speaker #1
Sophie, c'est pas évident. Quelqu'un que tu admires, un personnage de roman que tu as lu, ou quelqu'un que tu connais, quelqu'un de ta famille. Moi, c'est Sylvie Malice qui avait répondu, mon mari. Voilà, tout simplement, il est là avec moi tout le temps, donc ça peut être Sophie.
- Speaker #0
Alors, je ne veux pas forcément parler de célébrité, parce qu'il y en aurait trop. Ce serait un grand banquet pour le coup.
- Speaker #1
Mais de la cuisine et du coup. Voilà,
- Speaker #0
avec grand plaisir. Alors, petite séquence émotion. En fait, j'aimerais bien pouvoir dîner un jour avec la grand-mère que je n'ai pas connue. Voilà, avec Margot, qui est la maman de ma maman et qui cuisinait beaucoup. Je pense que ça fait partie des personnes qui fait partie de la transmission. Elle cuisinait beaucoup pour ses enfants, ils étaient quand même assez nombreux. Ma mère a appris à cuisiner aussi en observant sa mère. Malheureusement, je ne l'ai pas connue, mais j'en ai beaucoup entendu parler. Et donc, j'aimerais beaucoup pouvoir lui faire un plat avec une belle sauce. Et partager un moment avec elle.
- Speaker #1
C'est très joli.
- Speaker #0
Merci pour cette confidence. Emma ?
- Speaker #3
Bon, j'ai réfléchi.
- Speaker #0
On y arrive.
- Speaker #3
En fait, je me dis, j'aime bien partager des repas avec des gens qui savent apprécier à leur juste valeur la nourriture. Parce que je ne sais pas si vous connaissez des gens qui ne sont pas trop attachés à la nourriture.
- Speaker #1
Ils ne font plus partie de la société.
- Speaker #0
Ça, c'est clair.
- Speaker #1
Comment te dire ?
- Speaker #3
Moi j'en croise de temps en temps et juste il mange pour se sustenter, pour ne pas mourir. Et moi je ne comprends pas.
- Speaker #4
Il mange pour ne pas mourir.
- Speaker #3
Et du coup, je sais que mon copain, il a un amour démesuré pour la gastronomie. Et en fait, tous les petits plats que je lui fais, vraiment je me sens la reine. Comment s'appelle ton homme ?
- Speaker #0
Il s'appelle Jean. Jean, bonjour Jean.
- Speaker #3
Et en fait, il s'est vraiment apprécié. Et c'est un plaisir de cuisiner pour lui. ma mère quand elle lui fait des plats. Elle me dit, mais quel bonheur, il finit les assiettes et il en reprend deux, trois fois.
- Speaker #0
Est-ce qu'il met le pain dans la sauce ?
- Speaker #3
Oui, sans gluten, parce qu'il est intolérant. C'est un peu moins élastique, malheureusement.
- Speaker #0
J'aime l'assiette, sinon moi je l'aime l'assiette. J'aime carrément l'assiette. C'est ce qu'il fait.
- Speaker #3
Mais mon resto... Non, mais c'est un plaisir en tout cas, parce qu'il en reprend et puis il en redemande. Et puis, il y va quoi, avec amour.
- Speaker #0
Très bien. Alors, on parle beaucoup de cuisine. Que représente la cuisine pour vous ? Bah, continue,
- Speaker #1
garde ta parole. Ouais, c'est une manière de... En fait, pour moi, c'est que du partage. J'aime beaucoup recevoir mes amis, mon entourage, et en fait, pour moi, c'est une manière de donner mon amour, de transfigurer l'amour que j'ai pour eux dans un objet matériel. Et pour moi, c'est que du love. C'est que de l'amour, vraiment. Et je pense que c'est aussi de la créativité, parce que même si mon papa était chef, j'ai assez peu cuisiné avec lui. fond. L'amour de la cuisine m'est venu beaucoup plus tard, vers la fin de mes années adolescentes, jeunes adultes, enfin début de jeunes adultes. En fait, c'est quel bonheur de créer, d'associer des saveurs auxquelles on ne se serait pas forcément attendu. Pour moi, c'est vraiment, tu mélanges toutes les épices, plein de légumes, je ne mange pas beaucoup de viande, donc il faut être aussi assez créatif dans la manière de cuisiner quand tu as tout un aliment qui n'est pas là. Mais ouais, être créatif et partager son amour. Merci.
- Speaker #2
Fanny ? Emma, je te rejoins à 100% avec ce que tu viens de dire. Pour moi, mon rapport à la nourriture, c'est quelque chose qui est hyper important. Ça fait vraiment partie des piliers de ma vie, clairement. Je ne peux pas envisager de mal manger. Et alors, ça ne veut pas dire que je ne veux pas aller dans un petit restaurant. Ce n'est pas du tout ça. Mais pour moi, vraiment bien manger, acheter des produits de qualité, du bio, du local, du saison. Du frais, surtout. Du frais, évidemment. Ils sont tellement évidents, mais j'ai pas si j'ai le cas où. T'as raison. Pour moi, c'est vraiment quelque chose qui est hyper important. Et pour moi, la nourriture, c'est vraiment mon langage de l'amour. Et je trouve ça très important de retrouver ça aussi dans mon entourage, chez mes amis. Pour moi, c'est vraiment quelque chose de très important. Et ça me fait trop plaisir. Pour moi, il y a une histoire de générosité, de partage, de convivialité. Et moi, c'est vraiment, je pense, ma manière d'aimer les gens. Si un jour, je vous propose de venir dîner à la maison, c'est... Vous rentrez dans le cercle très très proche. Merci.
- Speaker #0
Catherine ?
- Speaker #3
J'ai envie de dire, quand le goût et l'émotion s'alignent, on crée des souvenirs. Et partager des bonnes choses, c'est créer des souvenirs, des moments forts, c'est fédérer. On n'est pas seulement ensemble, on est là pour des bons moments à partager. Alors, je suis beaucoup moins douée que vous, les filles, pour faire la cuisine. En tout cas, ce que j'aime, moi, c'est le chocolat. Et le chocolat, je constate que... Il fédère, il rassemble, il unifie les gens. Et qui, dans notre entourage, n'aime pas le chocolat ? J'ai connu quelqu'un qui n'aimait pas le chocolat. On peut ne pas aimer le vin, on peut ne pas aimer le fromage, mais en tout cas, le chocolat, ça nous ramène à l'enfance. On aime tous le chocolat, ou presque. Mais il peut y avoir, effectivement, des gens qui n'aiment pas le chocolat. Et je ne parle pas que du noix. Je parle du chocolat travaillé avec un peu de praline,
- Speaker #0
des noisettes, du lait. Voilà. Merci. Et toi Sophie, c'est quoi la cuisine ?
- Speaker #4
Alors la cuisine pour moi c'est d'abord, je le vois vraiment comme un trait d'union du champ à l'assiette. La cuisine pour moi ça commence là, c'est vraiment hyper important pour moi de valoriser aussi personne qui me permet de me nourrir en fait, et de pouvoir en parler, et même quand c'est effectivement une tablée de copains, copines. Il y a toujours une histoire à raconter, en fait, quand les gens viennent manger. Ah bah ça, je l'ai trouvé là, et puis la personne, j'ai discuté avec elle, et il y a une anecdote, il y a quelque chose. Donc c'est d'abord ça, et puis après c'est effectivement, comme vous l'avez dit, c'est la créativité, c'est le partage, c'est l'émotion. Il y a quelque chose qui est vraiment fantastique, je trouve, quand on se retrouve à manger, une fois qu'on a cuisiné, qu'on a donné cet amour-là, et que dans les assiettes, les gens... Elles ne vont soit rien dire du tout parce que c'est tellement bon que du coup c'est silence à table, ou qu'il y a des petits « hum, c'est bon ça » . Vraiment, j'adore entendre les gens faire ces petits bruits. Donc, c'est vraiment ça. C'est partager son amour, mais en commençant par vraiment le chant. La source. La source,
- Speaker #0
exactement. Très jolie. Et la dernière question. Quelle est votre définition de la passion ? Vaste question. Eh oui, madame.
- Speaker #1
Moi je veux bien, j'ai un truc qui m'est apparu là.
- Speaker #2
Ah donc c'est ça !
- Speaker #1
Je dirais que la passion, notamment ma passion pour la photo, c'est quelque chose de viscéral. En fait je me dis, pendant toute ma vie j'ai été passionnée par la photographie, je me suis longtemps refusée de faire ma passion mon métier, parce que je ne voulais pas me dégoûter de devoir monétiser ce qui me faisait vibrer au quotidien. Et en fait ça n'a apparu que très tard pendant mon année de césure. où je me suis dit, bon allez, on se lance, on va tenter, voir si je peux en vivre et aussi faire des projets qui me plaisent. Mais c'est quelque chose qui vient du ventre, qui parle à mon cœur et à mon âme. Et c'est quelque chose qui est... C'est nécessaire, vraiment. Je ne peux pas ne pas faire de photos pendant plus d'une semaine, sinon je deviens folle. Je ne peux pas manger de super bons plats pendant plus de deux jours, parce que sinon il me manque un truc à mon estomac. Non, c'est nécessaire.
- Speaker #0
C'est beau. Catherine ?
- Speaker #3
J'ai envie de dire que la passion pour moi, c'est aller au-delà de la norme. C'est se dépasser. C'est avoir presque une mission, de s'en rendre même plus compte. Moi, je vends des cadeaux, mais parfois, je suis emportée par la description. Et je fais tellement vivre le moment gustatif, virtuellement, aux gens, par téléphone ou quand je les vois. Après, quand je les rencontre, on goûte ce qu'on va faire les filles tout à l'heure. Mais en fait, c'est ça. C'est être emportée par quelque chose. ne plus se rendre compte qu'on fait des choses pour le business ou de façon utile. utile. On est là pour soi, quelque part. C'est se faire plaisir aussi. Tu fais plaisir aux autres, mais tu te fais plaisir aussi profondément. Oui, merci.
- Speaker #0
Tu me dis. Sophie, je vais finir avec toi.
- Speaker #4
La passion pour moi, c'est quelque chose qui est incarnée. En fait, c'est une forme d'incarnation et d'alignement vraiment très profond. C'est-à-dire que moi, quand je cuisine, que ce soit au niveau professionnel, ou personnel, puisque quand j'ai fini une journée de travail, en général, je n'ai pas très envie de cuisiner, mais le lendemain, ça revient très vite. C'est quelque chose où je me sens vraiment au bon endroit et je le fais sans effort. Et c'est quelque chose aussi, je dirais, qui m'habite tout le temps. C'est tout le temps, moi, je pense.
- Speaker #0
Une petite obsession, peut-être. Une petite obsession. Moi,
- Speaker #4
mes livres de cuisine sont sur ma table de chevet. Je veux dire, je me couche en ayant gardé une recette et je sais que ça va maturer toute la nuit. Et le lendemain, je dis, je vais faire ça aujourd'hui. et donc c'est quand même assez obsessionnel
- Speaker #2
Fanny ? Moi pour moi la passion je dirais que c'est quelque chose qui résonne un peu comme une évidence, comme tu dis le fait de se sentir à sa juste place de ne pas avoir l'impression de travailler de faire quelque chose qui c'est comme une évidence on est là au bon endroit et du coup tu émanes aussi quelque chose de très positif autour de toi, parce que tu es au bon endroit et tu sais en parler, tu sais embarquer les gens euh dans ton projet, dans ta passion. Je le vois comme ça, quelque chose qui t'anime au plus profond de ton être.
- Speaker #0
Très jolie. A chaque fois, les définitions sont très subjectives, mais elles sont empreintes de vérité. Merci, je vais être obligée de conclure. Alors, Dixit Catherine, parce que je vais reprendre ce qu'elle a dit, moi j'adore, quand le goût et l'émotion s'alignent, on crée des souvenirs. Ces échanges authentiques me rappellent vraiment pourquoi j'ai créé ce podcast depuis plus de trois ans. pour relier des univers, faire dialoguer des sensibilités et mettre en lumière des projets qui nourrissent bien plus que nos assiettes. On a parlé du cœur et de l'âme, surtout. Merci d'avoir partagé ce moment avec moi et de faire vivre à votre manière, toutes les quatre, ce goût du lien et du rapport à l'autre, dans une belle émotion, sans modération. Vive le fait maison, vive la saison, vive la passion. Merci beaucoup, Emma.
- Speaker #2
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci, Sophie. Merci. Merci, Catherine. Merci. Et merci, Fanny.
- Speaker #2
Merci, Virginie.
- Speaker #0
Et à bientôt pour de belles aventures. Ça y est, notre rencontre prend fin. J'espère que l'inspiration et l'immersion dans l'univers de tous mes invités vous ont mis dos à la bouche. La conversation vous a plu ? Les confidences vous ont émus ? Merci de laisser un avis et vous abonner pour ne rien manquer des prochains épisodes et pour le propulser encore plus loin. N'oubliez pas de faire un petit tour sur mon site internet et de vous abonner à ma newsletter. A très vite pour de nouvelles aventures gastronomiques !