- Speaker #0
Bienvenue dans Pause Hélène et Laté, le podcast qui mêle douceur, créativité, développement personnel et bien-être au rythme des saisons. Je m'appelle Pauline Sanzet, je suis la maman d'Olympe et de Lisandre, et je suis la créatrice de L'Énamorée, une marque de laine teinte à la main, qui célèbre la couleur et la douceur depuis presque dix ans maintenant. Avec Tristan, mon mari, nous avons à cœur de colorer des échevaux de laine précieuses pour les tricoteurs et les tricoteuses du monde entier. Chaque teinte est une invitation à transformer les petites choses du quotidien en instants de tendresse et de créativité. Tout peut être inspiration. Énamourer, c'est bien plus qu'une entreprise. C'est une philosophie de vie, un voyage au fil des couleurs, où le partage et l'authenticité tissent des liens. Ce podcast, tout comme nos réseaux sociaux, est une nouvelle façon de vous emmener avec nous dans cet univers que l'on souhaite chaleureux et inspirant. Ici, nous explorons ensemble le lien apaisant qui existe entre le tricot et le bonheur, avec des conseils pour vivre chaque mois en harmonie avec soi-même. Découvrez des réflexions inspirantes des conversations avec des invités passionnés et passionnants, et plonger dans l'univers des activités lentes. Dans un monde où tout va vite, chaque épisode est une invitation à ralentir, à s'inspirer et à nourrir votre esprit tout en cultivant votre passion pour les activités manuelles et le plaisir des choses simples et des petits bonheurs. Que vous soyez en train de tricoter, de savourer un moment calme avec une tasse de thé, en voiture, en train de marcher ou simplement à la recherche d'une pause ressourçante, Laissez-vous guider par des réflexions apaisantes, des astuces bien-être et des conversations enrichissantes. Alors prenez votre latté et vos aiguilles et offrez-vous une pause ressourçante où chaque maille devient un pas vers l'équilibre, la créativité et la sérénité. Bienvenue dans l'univers de pause, laine et latté. Bonne écoute ! Bienvenue dans ce nouvel épisode, Tenir par un fil. Ici, on parle de tricot, mais surtout de vie. On parle de ces moments de vie qui peuvent nous bouleverser. Un postpartum, un deuil, une maladie, un burn-out, une naissance, et de ce geste simple qui est celui de prendre les aiguilles, de monter les mailles, qui parfois peut aider à nous réparer. Chaque mois, je reçois une personne qui va nous raconter son histoire. L'histoire de vie et la place que le tricot y a prise. Aujourd'hui, je reçois Léa. Léa est la maman de Marie, d'Augustine et d'Oscar, ce dernier a un an aujourd'hui. Après sa naissance, Léa a traversé une période très difficile, appelée également la dépression du postpartum. Dans ce moment-là, le tricot a pris une place inattendue dans sa vie. La dépression du postpartum est une forme de dépression qui apparaît après la naissance d'un enfant. Elle peut se manifester dans les semaines qui suivent l'accouchement, mais aussi plusieurs mois après. Contrairement au baby blues, qui est très fréquent et dure généralement quelques jours, la dépression du postpartum est plus intense et plus durable. C'est une maladie réelle, reconnue et traitable. Elle n'est évidemment pas liée au fait d'être une bonne ou une mauvaise mère. La dépression du postpartum touche entre 1 mère sur 7 et 1 mère sur 5 et près de la moitié des cas ne sont pas diagnostiqués. Les pères peuvent également être touchés. Un père sur dix peut vivre cette dépression. C'est une période où la joie attendue autour de la naissance peut se mêler à une très grande détresse intérieure. Et c'est justement ce que Léa va nous raconter aujourd'hui. Bienvenue Léa, merci d'avoir accepté de nous raconter un petit bout de ton histoire. J'espère que tu vas bien.
- Speaker #1
Salut Pauline, oui ça va bien. Merci beaucoup à toi pour cette invitation, je suis ravie d'être avec toi aujourd'hui.
- Speaker #0
Moi aussi, je suis ravie que tu aies accepté de faire ce premier test. Dans ce podcast, chacun va se présenter comme il souhaite. Il y en a qui vont parler de leur métier, d'autres de leur famille, d'autres de ce qu'ils aiment. Je te laisse te présenter de la façon dont tu le souhaites pour que quelqu'un qui ne te connaît pas du tout et qui découvre cet épisode puisse savoir qui tu es et savoir ce que tu aimerais qu'on sache de toi.
- Speaker #1
Je m'appelle Léa, j'ai 35 ans, j'habite à... Paris et je suis la maman de trois enfants. Marie qui a presque 14 ans, Augustine qui a presque 5 ans et Oscar qui vient d'avoir 1 an. Voilà, sinon je suis juriste et je suis une mordue de tricot, comme tu le sais.
- Speaker #0
Oui, comme je le sais. C'est comme ça d'ailleurs qu'on s'est rencontrés.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Alors dans la vie, est-ce que tu fais d'autres choses créatives que le tricot ? On va parler beaucoup de tricot, mais est-ce qu'il y a d'autres choses créatives que tu fais ?
- Speaker #1
Non, majoritairement je fais du tricot. Ça peut m'arriver de faire un petit peu de couture. mais c'est vraiment à la marge ce que j'aime c'est vraiment de balader mes aiguilles partout, ma laine partout c'est vraiment ce qui me plaît je me suis jamais lassée contrairement aux autres activités créatives que je peux faire un petit peu par-ci par-là, je peux faire un petit peu d'aquarelle de temps en temps, un petit peu de broderie, un petit peu de couture mais mon premier amour reste le tricot et alors du coup le tricot comment il est entré dans ta vie ? Alors le tricot il est entré dans ma vie quand j'avais 17 ans, dans une période un petit peu compliquée d'adolescence avec mes parents. Et j'avais une de mes amies à l'époque qui tricotait et qui m'a appris à tricoter. Et donc c'est à ce moment-là, quand j'avais 17 ans, que j'ai tricoté pour la première fois. Après j'ai eu des petites périodes de coupures. Et je suis revenue au tricot quand j'ai eu Marie. Donc Marie je l'ai eue très jeune, j'avais 20 ans, 21 ans. C'est à ce moment-là que j'ai vraiment recommencé à tricoter, et plutôt de la layette.
- Speaker #0
Donc ton premier tricot, c'était de la layette ?
- Speaker #1
Oui, parce que quand j'ai commencé à tricoter à 17 ans, j'ai plutôt fait des écharpes, etc., ce qu'on fait classiquement, tu vois, pour s'amuser et tout ça. Mais après, quand j'ai vraiment commencé à faire des pièces, c'était de la layette.
- Speaker #0
Donc pour ton premier bébé ?
- Speaker #1
Oui, pour Marie.
- Speaker #0
Ok, et donc ? Ce que tu aimes le plus, ce que tu dirais que tu aimes le plus quand tu tricotes, c'est que ça te détend ?
- Speaker #1
Oui, c'est le fait vraiment de me concentrer sur une activité créative. Le fait de créer, ça libère beaucoup de choses, je trouve. Moi, ça m'évite de me perdre dans des pensées un peu négatives, etc. Ça me permet vraiment de m'évader, mais de manière positive, en fait.
- Speaker #0
Du coup, dans cet épisode, on parlait d'une période de ta vie qui n'a pas été très simple pour toi. Est-ce que tu peux nous raconter ce qui s'est passé à ce moment-là et pourquoi le tricot a été un échappatoire, entre guillemets ?
- Speaker #1
Alors, ce qui s'est passé, c'est que juste avant la grossesse d'Oscar, donc Oscar, il est né en mars 2025, j'ai fait une fausse couche juste avant de tomber enceinte d'Oscar et à partir de là j'ai commencé à pas être très très bien moralement je pense que je suis retombée enceinte très vite le mois d'un mois et demi après je suis retombée enceinte et donc c'était la grossesse d'Oscar et pendant toute cette période je pense que j'avais pas fait le deuil de la fausse couche je pense que je l'ai pas forcément bien pris au moment où ça s'est passé Tu vois, j'ai un petit peu occulté parce que c'est vrai que souvent, les gens, même le personnel médical a tendance à dire « bon ben voilà, t'as fait une fausse couche, c'est pas grave, au moins tu peux tomber enceinte, t'en auras d'autres, etc. » Et donc, je me suis un petit peu interdit de ne pas être… enfin, je me suis interdit de matérialiser la tristesse que j'avais. Et le refuge que j'ai trouvé, parce que finalement... Même avec mon conjoint, je ne me sentais pas forcément comprise au niveau de la fausse couche. Je pense que lui, c'était assez abstrait. Il ne visualisait peut-être pas bien ce qui se passait en moi. Donc, je me suis énormément réfugiée dans le tricot. En fait, moi, ça a vraiment commencé où j'ai eu une grosse période de tricot plus, plus, plus là, au moment de la grossesse d'Oscar. Et donc là, je me suis réfugiée dedans pendant toute la grossesse. énormément tricoter. Je lui ai tricoté beaucoup, beaucoup de pièces et je me suis aussi mise à tricoter pour moi, ce que je ne faisais pas du tout jusqu'à présent.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Je tricotais principalement pour mes enfants. Pour Augustine, je faisais beaucoup de choses en 2-3 ans à ce moment-là. Et là, je me suis mise aussi à tricoter des pièces pour moi. Et aussi pour Oscar, en lui faisant vraiment une garde-robe complète pour sa naissance, avec des couvertures, des combis, des gilets, des béguins, enfin tout. Donc,
- Speaker #0
c'était vraiment recentré sur toi, avec le tricot finalement.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
que sur la façon de te réparer, entre guillemets.
- Speaker #1
Je pense que ça m'a permis, pendant la grossesse, de me concentrer sur quelque chose et d'éviter de cogiter sur l'angoisse que j'avais de reperdre un bébé une deuxième fois. Mais aussi sur le chamboulement qui allait arriver dans notre vie, en fait. Parce qu'un troisième enfant, c'était quand même beaucoup de chamboulements.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
On se sortait quand même juste d'une période où on avait trouvé un équilibre à 4, etc. Et là, en fait, je voyais bien que les cartes allaient être rebattues. Et puis physiquement, avoir un enfant à 35 ans, ce n'est pas la même chose qu'à 30 ans ou à 25. Physiquement, on est quand même beaucoup plus fatigué. Donc, il y avait beaucoup de choses qui ont fait que je me suis un petit peu renfermée dans le tricot. J'ai aussi eu un gros conflit familial avec une rupture avec mon papa. donc on ne s'est pas parlé pendant un an de deuxième mois de grossesse jusqu'à l'été dernier jusqu'à ce que Oscar ait presque 6 mois donc c'était assez difficile en fait le tricot m'a vraiment je trouve que le tricot m'a sauvée pendant cette période là parce que ça m'a permis vraiment de m'évader de m'échapper et de trouver des choses qui étaient positives en fait moi j'avais vraiment beaucoup de plaisir à réaliser des pièces Merci. à être contente de les voir terminer, etc.
- Speaker #0
Et du coup, quand Oscar est né, le tricot, tu l'as un petit peu mis de côté ou bien tu as continué dans cette frénésie, entre guillemets, du tricot ?
- Speaker #1
Alors, je n'ai pas du tout arrêté. Il faut savoir qu'en salle de naissance, je tricotais. Donc, j'ai tricoté en salle de naissance jusqu'à ce que ça ne soit plus possible. Et j'ai repris mes aiguilles, je crois, le lendemain de sa naissance. Alors, j'étais toute seule à la maternité. Alors, toute seule, on s'entend. J'étais toute seule le soir parce que... Donc, Sofiane, le papa de mes enfants, devait rentrer pour s'occuper des filles. Donc, le soir, j'étais toute seule. Et moi, j'ai une habitude quand même depuis plusieurs années maintenant de tricoter tous les soirs. J'en ai besoin avant d'aller me coucher. C'est vraiment... Souvent je dis que c'est vital, ce qui peut un peu rire les gens, mais vraiment c'est vital le soir de tricoter avant d'aller me coucher.
- Speaker #0
Mais finalement c'est tellement drôle puisque finalement ça t'a vraiment sauvé, c'est ce que tu dis, le tricot ça t'a vraiment sauvé.
- Speaker #1
Oui mais c'est vrai que les personnes qui ne tricotent pas, ça leur paraît un peu déconnecté de la vraie vie quand tu leur dis non mais le tricot c'est vital pour moi. Mais en fait c'est vrai que ça me permet de me... De me canaliser aussi. Après, moi, j'ai une personnalité où mon cerveau part vite dans tous les sens. Je peux cogiter vraiment beaucoup. Donc, ça me canalise. Ça canalise mon esprit. J'ai toujours plein d'idées, plein de choses qui me viennent en tête. Et donc là, ça me permet de poser mon cerveau, de me concentrer sur quelque chose. Ce que je ne sais pas faire, par exemple, avec un film. Tu vois ? Par contre, avec le tricot, j'y arrive très bien. Je peux me poser et voilà. Et là, à la maternité, j'ai repris... directement, très vite. Après, j'ai tricoté moins au départ parce que forcément, avec un nouveau-né, tu sais ce que c'est. Tu tricotes quand même moins. Tu as des périodes un peu hachées dans la journée. Tu essaies de te reposer quand c'est possible. Donc, c'était un peu moins. Mais dès la naissance d'Oscar et même après, j'emmenais mon tricot quand j'allais faire la pesée chez la sage-femme, par exemple. J'avais toujours un tricot avec moi si jamais il s'endormait dans la poussette pour me poser. dans un café et tricoter en terrasse. On était vraiment, en plus au moment de sa naissance, on était dans les beaux jours puisqu'on arrivait au printemps. Donc voilà, j'ai un petit peu moins tricoté, mais j'ai quand même vraiment tricoté, je pense, quotidiennement, même quand il était juste né.
- Speaker #0
Et du coup, l'après-naissance, donc le postpartum, comment il s'est passé ?
- Speaker #1
Le postpartum, il a été très difficile pour moi. Oui. à partir du moment où Oscar a eu trois mois. Je dirais que les trois premiers mois, j'étais très fatiguée parce que j'avais du mal à me remettre de l'accouchement, etc. Mais j'avais quand même... J'avais quand même Sofiane au quotidien qui pouvait gérer un petit peu les tâches, etc. D'emmener les enfants à l'école ou de faire des petites choses au quotidien qui m'ont un peu soulagée.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais à partir du moment où il a vraiment repris... Enfin, il a repris une activité. Moi, ça a été un peu la descente aux enfers où tout s'est un peu écroulé. Je pense que j'ai eu un énorme contre-coup de la fausse couche, de la grossesse, de l'accouchement, des premiers mois de vie qui sont difficiles quand même pour les nouveaux-nés, les coliques, les pleurs du soir, tout ça. Ce n'est quand même pas quelque chose d'évident. Pour les nouveaux-nés, les mamans et les papas. Oui, c'est difficile. C'est des périodes quand même compliquées. Et à ce moment-là, je t'avoue que je suis un peu tombée, enfin je suis même tombée complètement au fond du seau et je n'arrivais plus à me relever. Je pleurais beaucoup, je n'avais pas envie de me lever. Le matin, je peinais à sortir de mon lit, je m'endormais en pleurs le soir. Enfin, c'était vraiment très compliqué et je ne me sentais pas vraiment comprise, en tout cas de l'extérieur, parce que souvent… Merci. Aujourd'hui, on commence à en parler de la dépression du postpartum, mais ça reste quand même assez frais. C'est récent qu'on en parle. Et du coup, quand on dit qu'on a eu un bébé et qu'on est triste, les gens ont du mal à comprendre comment c'est possible.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ils ont du mal à comprendre.
- Speaker #0
Le bonheur d'avoir un bébé, mais de se sentir complètement sur les plages.
- Speaker #1
Ils sont submergés. Et en fait, Oscar n'a pas fait ses nuits avant ses 11 mois. À 11 mois, il a commencé à faire ses nuits. Et du coup, moi, j'ai géré toutes les nuits d'Oscar jusqu'à ses 11 mois toute seule, peut-être que je l'allais. Et donc, j'avais une pression physique qui était intense. Et puis de là, en fait, je me suis mise à gérer beaucoup de choses à la maison, à prendre beaucoup sur moi, etc. Et tout a un peu lâché. Donc ça, c'était une période après la naissance d'Oscar, là, quand il a eu, après ces trois mois où je pense qu'en fait, vraiment, tout ce qui s'était passé en amont avant sa naissance a ressurgi puissance 1000. Et ça a été vraiment la descente aux enfers du mois de juin l'année dernière jusqu'à, il y a peu, jusqu'à je dirais janvier à peu près.
- Speaker #0
Et du coup dans cette période-là, quelle place a eu le tricot dans ta vie ?
- Speaker #1
Le tricot, c'était vraiment les moments où je n'étais pas bien. C'était le seul truc que j'avais envie de faire, c'était de tricoter. Donc, il y a eu même des fois où je n'avais pas la tête à m'occuper des enfants. J'avais juste envie de tricoter et j'avais juste besoin de ça. Et si je n'avais pas la possibilité de tricoter, j'étais encore plus mal. Je ne sais pas comment t'expliquer, mais en fait, c'était vraiment tellement ma seule thérapie que j'avais à portée de main. Donc, nous, on avait un suivi. On a toujours d'ailleurs. Mais on a eu un suivi de mise en place en pédopsychiatrie avec Oscar, justement pour nous aider à surmonter cette période qui finalement est aussi difficile pour l'enfant, parce qu'on ne s'en rend pas forcément compte, mais la dépression du passepartum, elle déteint aussi sur le bébé, qui ne peut pas l'exprimer. Et donc, en fait, à part cette thérapie médicale que j'avais, je n'avais rien d'autre, hormis le tricot. et je voulais pas passer par la voie de cachet, ça c'était mon souhait et à la place j'ai plutôt essayé de chercher des activités qui me faisaient du bien et donc c'est passé principalement par le tricot et aussi par des rencontres sur Instagram avec des tricoteuses j'ai fait des très belles rencontres grâce au tricot sur Insta avec des mamans qui ont traversé aussi des périodes compliquées et ça, ça m'a beaucoup aidée Donc... le tricot, l'acte, mais aussi le fait d'échanger avec des mamans tricoteuses. Ça paraît peut-être bizarre, mais en fait, c'est vraiment... Je trouve qu'il y a une belle communauté aussi de mamans tricoteuses qu'on ignore parfois et qui sont aussi passées par des moments difficiles. Et moi, ça m'a beaucoup aidée.
- Speaker #0
En fait, on a l'impression que le tricot, c'est un peu quelque chose qu'on fait de son côté et qu'on ne partage pas. finalement, on peut partager aussi à travers, même si on est dans des différents coins de la France, on peut partager des bons moments, entre guillemets, mais aussi des moments plus compliqués comme celui que tu as traversé là. Exactement. Grâce au Tricot. Et ça, c'est vraiment la magie des réseaux sociaux, mais aussi de la communauté du Tricot.
- Speaker #1
Exactement. Et c'est vrai que le fait de trouver cette communauté deux tricoteuses qui plus est maman et aussi des mamans un petit peu récentes comme moi j'étais avec Oscar au moins on se renouvelle maman à chaque enfant moi c'est ma vision des choses mais pour moi même en ayant trois enfants je me considérais comme une jeune maman à la naissance du corps ça va t'es pas trop jeune encore ça va mais tu vois je trouve que chaque enfant est différent et chaque fois tu réinventes un petit peu, tu rebats les cartes et tout ça. Et là, avec cette communauté, on avait la possibilité, c'est toujours le cas d'ailleurs, de s'envoyer des photos de ce qu'on tricotait, de parler de la nuit pourrie qu'on avait eue, ou du tout, je crois qu'elle était malade, etc. Et du coup, ça, j'ai trouvé que c'était aussi un vrai soutien de pouvoir se motiver aussi à faire des cales, des choses comme ça, pour tricoter ensemble. C'était vraiment chouette, ou partager sur des modèles qui taillent bien. Donc tout ça, moi, ça m'a vraiment, vraiment sauvée cette année. Et ça continue encore, d'ailleurs. C'est vraiment... Oui.
- Speaker #0
Et est-ce qu'il y a un projet Trico qui est devenu un peu le symbole de ce moment de ta vie ?
- Speaker #1
Alors, c'est le pull que j'ai commencé à la maternité.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, au moment de la naissance d'Oscar, en fait, moi, j'ai été déclenchée deux jours après mon terme parce qu'Oscar n'était pas décidé à sortir. Et du coup, j'ai dû rester à la maternité jusqu'à ce que je mette en travail. Et ça a duré presque 24 heures avant que je mette en travail. Donc, pendant ces 24 heures où j'étais toute seule dans ma chambre d'hôpital, j'ai attaqué un projet pour Augustine. Et c'était un pull de petits. Un modèle de petite Nite que j'avais fait avec de la laine que j'avais dans mon stage qui traînait depuis longtemps, vieux rose. Et c'est devenu ce pull fétiche que d'ailleurs elle porte aujourd'hui. Et ce matin quand elle l'a mis, j'y ai repensé en me disant « Ah mais je me rappelle, je l'ai tricoté en salle de naissance et après dans la chambre » . Alors j'ai mis du temps à le faire, mais je dirais que c'est vraiment le pull qui matérialise le plus cette période-là. Et pourtant, c'est pas... pas forcément au moment de la naissance où j'ai été au plus mal, mais il caractérise quand même cette période-là.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et est-ce que ça a changé ta façon de prendre soin de toi ?
- Speaker #1
Alors oui. Oui, oui. Quand tu poses cette question, tu entends par rapport à toute la période qui s'est passée ?
- Speaker #0
Oui, la période qui s'est passée, donc l'après-pause-couche dont tu nous as parlé, et puis la dépression du postpartum, et le fait de justement Merci. pouvoir prendre du temps pour toi, même si tu es maman de trois enfants et que c'est évidemment plus compliqué aujourd'hui de prendre du temps pour toi. Est-ce que le fait d'avoir traversé toutes ces épreuves-là, ça a fait changer quelque chose en toi ? Est-ce qu'aujourd'hui, tu dirais que tu es réparée de cette période-là ou que tu es encore fragile et que le tricot t'a apporté une autre vision sur toi-même ?
- Speaker #1
Alors oui, en fait, par rapport au fait de prendre plus soin de soi, déjà j'ai conscientisé, alors ça a pris du temps, mais j'ai conscientisé en fait que j'étais pas une sur-femme ou une sur-maman. Tu vois, comme des fois on peut avoir beaucoup de pression, nous en tant que femmes, et on doit un peu assurer partout. Moi en tout cas, c'est un peu l'image que j'avais à tort. mais peut-être du fait d'avoir vu ma mère aussi toujours tout assumer, tout gérer etc et du coup moi j'avais du mal à me dire que j'avais le droit de craquer et en fait je voyais que ça lâchait et j'arrivais pas à me dire à me l'autoriser et pour autant je pouvais rien faire contre parce que c'était physique en fait tout était en train de lâcher j'étais dans un épuisement profond J'avais du rejet vis-à-vis de mes enfants, alors que ce n'est pas quelque chose que normalement je m'autorisais à ressentir. Mais là, j'avais vraiment beaucoup de difficultés à sortir la tête de l'eau. Donc maintenant, je me suis autorisée déjà à avoir des périodes de bas en me disant que ça arrive. Et aussi à regarder la situation, à l'analyser, à me dire est-ce que finalement il n'y a pas trop de choses. Et à me dire que c'est normal en fait, que ça craque. Et ça, c'est vraiment passé par notamment les rendez-vous avec les psys, etc. Mais aussi par le fait de se refaire confiance, de se redonner des moments pour soi, etc. Donc là, j'ai pu reprendre une activité à 50%. Donc là, depuis le mois de février, je retravaille à 50%. et en fait C'était un choix de ma part de travailler à 50%. Alors, c'est un sacrifice financier, qu'on se soit bien d'accord, et qui ne pourra pas durer éternellement. Mais en tout cas, par rapport à la période que j'ai traversée, au fait que c'était vraiment très difficile, et qu'il y a encore des moments qui sont compliqués, j'ai préféré reprendre à 50% pour avoir un jour dans la semaine, donc le jeudi, pour être avec moi-même, en fait. Et c'est ma journée un petit peu échappatoire où je peux tricoter, réfléchir à ce que je vais faire comme projet après, etc. Enfin, tu vois, j'essaye de vraiment prendre ce temps-là pour moi et de faire des choses qui me plaisent. Bon, au final, pour l'instant, je n'ai pas encore réussi à trop faire ce que je voulais jusqu'à présent parce qu'il y a plein de choses à faire à la maison. Mais c'est quand même un temps où normalement je dis, je n'ai pas d'enfant à la maison et je peux... faire ma journée comme je veux. Et ça, je pense que c'est vital aujourd'hui pour moi d'avoir ce temps-là pour... Pour être avec moi-même, en fait.
- Speaker #0
Et c'est le premier enfant pour lequel tu prends ce temps-là ?
- Speaker #1
Alors, j'avais pris un jour aussi après la naissance d'Augustine. Donc, je travaillais à 80 %. Oui. Et je l'ai fait très peu de temps. J'ai dû le faire trois mois.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et après, j'avais repris à 100 %. Mais là, je vais le faire un petit peu plus longtemps parce que je rebasculerai certainement à 80 % à partir de septembre. Donc, je me suis vraiment laissée ce temps-là pour me remettre... le pied à l'étrier tranquillement et puis aussi maintenant je je peux me prendre des temps par exemple le week-end où je vais demander à sophiane de lui dire bah écoute là pendant une heure j'ai besoin de faire tel tel truc donc souvent j'ai envie de rabattre le corps de mon gilet ou un truc comme ça c'est souvent des choses comme ça et je lui demande de s'occuper les enfants pour moi j'ai un petit temps parce que sinon je suis trop sollicité j'ai du mal à avancer sur des choses que j'ai envie de faire et après je me sens Je me sens frustrée quand je ne termine pas ce que je veux. Mais par contre, le tricot, aujourd'hui, il a retrouvé une place. En fait, il est moins dans une...
- Speaker #0
Dans un esprit thérapeutique.
- Speaker #1
Oui, il est moins dans un esprit thérapeutique et plutôt dans une continuité de bien-être, etc. Donc, il a quand même une place importante. Mais par exemple, aujourd'hui, tu vois, si j'ai des temps où je ne tricote pas, ça ne me frustre pas. En tout cas, beaucoup moins. J'ai besoin de tricoter tous les jours. Mais par exemple, avant, chaque minute que j'avais de libre, il fallait que je tricote. Et si je ne tricotais pas, j'avais l'impression de perdre du temps, etc. Enfin, tu vois, c'était vraiment...
- Speaker #0
Comme un fumeur qui a besoin de fumer,
- Speaker #1
finalement. Exactement, voilà. J'avais besoin de fumer ma clope en tricotant. Voilà. Je ne fume pas, mais voilà. J'avais besoin de tricoter tout le temps. là maintenant c'est plus raisonné c'est à dire que tu vois même quand j'ai repris le travail au départ je prenais mon tricot et vraiment dès que c'était midi j'allais tricoter dans une salle de réunion etc c'était vraiment un peu obsessionnel maintenant là tu vois cette semaine je suis allée deux jours au travail j'ai pas tricoté le midi et ça m'a pas posé de problème parce que j'ai eu un temps d'échange avec mes collègues etc et c'était très sympa aussi et du coup je vois que le tricot retrouve une place Merci. plus raisonnée, on va dire, en tout cas la place qu'il doit avoir aujourd'hui dans ma vie.
- Speaker #0
Et est-ce qu'il y a un moment donné où tu t'es dit que les choses commençaient à aller un peu mieux ?
- Speaker #1
Dans toute cette période ?
- Speaker #0
Oui, à la fin, quand tu dis qu'aujourd'hui ça va mieux, que le tricot a retrouvé une place un peu plus raisonnée entre guillemets, est-ce qu'il y a un moment, ou pas, où tu t'es dit, ben là, effectivement, c'est moins addictif entre guillemets ? Si je peux dire ça comme ça. Est-ce qu'il y a eu un moment de bascule qui a fait que tu as senti que tu sortais de la dépression du postpartum et que le tricot... Voilà, retrouvé une place un peu plus... Je ne veux pas dire saine, parce que ce n'est pas ça que je veux dire, mais enfin, tu...
- Speaker #1
Je vois l'idée.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Ça s'est fait... Je ne pense pas qu'il y ait eu un moment particulier, mais je pense que ça s'est fait un peu au fil de l'eau, où tu vois... Dès que ça a commencé à aller mieux, c'était plus au fil de l'eau vraiment.
- Speaker #0
On est toujours suivi pour la dépression du postpartum, donc on n'est quand même plus du tout sur le même état dans lequel j'étais l'été dernier, même jusqu'à novembre-décembre, où c'était quand même particulièrement difficile. Mais en tout cas, au fil de l'eau, j'ai trouvé que moi, je ressortais la tête de l'eau, où je recommençais à me refaire un petit peu confiance. Je recommençais à faire aussi des choses, par exemple d'aller me balader avec ma famille, ce que je ne faisais pas du tout parce que, comme je te dis, chaque fois que j'avais un petit temps, c'était pour tricoter et certainement pas pour aller au parc ou me balader parce que je n'en avais pas envie. Maintenant, au fil de l'eau, j'ai retrouvé des activités qui m'ont permis de remettre le tricot là où il devait être. Maintenant, il est principalement le soir quand tout le monde est couché.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Très peu dans la journée. Sauf si par exemple le week-end, Oscar fait une sieste l'après-midi, là je m'autorise de tricoter pendant ce temps-là. Mais sinon avant c'était vraiment tout le temps,
- Speaker #1
Et du coup c'était compris ou pas par ton entourage cette frénésie du tricot ?
- Speaker #0
Alors je pense que par Sofiane c'était pas très compris parce que lui il trouvait que c'était obsessionnel et qu'il n'y avait plus de place pour rien d'autre que ça.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et je l'entends, je comprends son point de vue, parce que de l'extérieur, en fait, il avait l'impression que dès qu'il y avait une minute, je sortais mes aiguilles et j'avais toujours un tricot, en fait, quelque part caché. Il me disait, mais... En fait, il ouvrait la poussette, il y avait un tricot, une pelote cachée dans la petite pochette antérieure. Dans le sac de course, il y avait une pelote, en fait. Donc, il avait toujours l'impression que c'était un peu obsessionnel. Et puis, c'est surtout aussi que ça, on n'en a pas parlé. Mais pendant toute cette période, j'ai acheté énormément de laine.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, j'en ai des caisses. Et tu vois, même par rapport à ça, maintenant, je sens que j'ai besoin de vider tout ce que j'ai acheté. Oui. C'est un peu le... C'est là que je vois que ça va quand même beaucoup mieux parce que je ne suis plus dans des... Alors du coup, avant, j'avais le fait de tricoter qui était complètement... maladie, un peu exacerbée où c'était vraiment non-stop de l'arme ou faire mal aux épaules ou aux mains maintenant j'ai plus déjà je suis plus trop multi-encours alors que bon comme tu sais avant j'étais multi-encours à avoir mais pas deux projets en cours mais 14 oui c'est ça alors que maintenant c'est plus raisonné, j'en ai plutôt 1, 2, 3 maximum et j'essaye vraiment de me faire à ça mon esprit est plus structuré je suis moins et à partir dans tous les sens et surtout, je les termine. Ce qu'avant, je ne faisais pas parce que je tricotais tout le temps. Mais il y avait plein de choses que je ne terminais pas. Et là, en fin d'année, j'ai dit je termine mes encours. Et j'avais même fait une petite vidéo sur Insta à un moment donné en sortant tout ce que j'avais dans mes paniers, mes paniers de la honte. Et en fait, il y en avait, je ne sais pas combien. Donc, j'ai dit, donc en fait, j'ai regardé. Je me suis dit, il y a des trucs que je veux finir. Il y a des choses que je ne veux pas finir et je me suis... pas forcée et j'ai détricoté. T'as tout détricoté ? Alors, il y a des choses que j'ai détricotées que j'étais sûre que j'avais plus envie de faire ou alors des choses qui étaient trop petites parce que finalement, j'avais commencé par exemple une combi pour Oscar où il me restait une jambe à faire. Alors, j'avais fait toute la combi avec la capuche, etc. Et en fait, c'était trop petit. Je savais qu'il ne la mettrait pas. Donc ça, j'ai détricoté. Voilà. J'ai détricoté pas mal de choses. et j'ai fini aussi pas mal de choses que j'avais vraiment envie de finir j'étais contente parce que j'avais des pulls où il manquait juste une manche et ça traînait depuis des mois donc là j'ai bien épuré et ça m'a je pense que c'était un signe aussi que ça allait mieux et là j'achète beaucoup moins de laine aussi déjà parce qu'en passant à 50% mon porte-monnaie n'est plus le même mais aussi parce que je suis plutôt dans une démarche d'acheter raisonné par rapport à avant où j'achetais vraiment parce que il y avait le plaisir de tricoter qui me sauvait mais il y avait aussi le plaisir de recevoir des colis de laine où par exemple à chaque fois que j'achetais une box j'étais hyper contente de l'ouvrir c'était mon cadeau de Noël à moi-même c'est ce qui m'a procuré aussi c'est ce qui pour moi fait partie de la trichothérapie de la dépression du postpartum, c'était de me faire plaisir, et ça c'est nouveau. Toi, quand on parlait de trouver du temps pour soi, il y a aussi le fait de se faire des cadeaux, et ça c'est très récent que je m'autorise à me faire ça, et donc c'est passé par exemple la boxe de fête des mères, ou des choses comme ça, de m'autoriser à me faire des cadeaux, et en fait ça m'a procuré énormément de plaisir l'année dernière, ça m'a Ça m'a redonné du baume au cœur quand j'en avais besoin. Quand j'étais vraiment triste, je savais que j'avais mon colis qui arrivait. J'étais contente. Donc voilà, c'était vraiment cet ensemble de choses qui m'a beaucoup aidée cette année. Et puis là, je vois que ça va mieux puisque je te dis… Le tricot a retrouvé une place, j'achète moins, j'ai envie de vider mon stage. Donc, ça veut dire que c'est mon signe. J'ai envie de repartir un peu de zéro avec d'autres laines. Mais tu vois qu'il me faut moins penser à cette période.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, quand tu reprends tes aiguilles, ça ne te rappelle plus cette période forcément. Ça n'a pas forcément un goût, entre guillemets, de cette période-là.
- Speaker #0
Non, pas du tout. Par contre, il y a des jours où je... plus, tu vois j'ai quand même des petites rechutes encore où il y a des jours qui sont plus compliqués que d'autres, où des fois il y a des semaines un peu où je suis un peu plus triste et en fait je vois que dès que j'ai cette phase là j'ai tendance un peu à accélérer le rythme de tricot et à me réfugier dedans mais sinon en dehors de ces périodes là quand je tricote aujourd'hui je suis vraiment dans un esprit différent et je regarde mon projet et je suis hyper contente de ce que je fais Merci. Je me dis, voilà, ça va être trop chouette. Je vais le faire avec... Je vais faire un gilet assorti. Et du coup, je tricote vraiment toujours principalement pour mes enfants parce que j'adore les voir avec mes tricots. Et j'ai aussi beaucoup le tricot cadeau. Moi, j'aime beaucoup tricoter pour les autres. Surtout pour les enfants de mon entourage. J'adore parce que souvent, je sais que ça fait archi plaisir. C'est souvent très bien reçu, un tricot fait pour les enfants. Et du coup, j'imagine l'enfant ouvrir son paquet avec l'haleine qu'il aurait choisie. Parce que j'aime bien faire choisir aussi la couleur. Je préfère comme ça. Je sais que ça plaît. Et ça, ça me procure vraiment du plaisir, mais différent, tu vois. C'est pas thérapeutique aujourd'hui.
- Speaker #1
Et du coup, tu dirais que tu préfères le fait de tricoter ou bien le fait d'avoir un projet fini ? C'est-à-dire pour l'avoir dans ta garde-robe, entre guillemets, ou bien le fait de le faire ?
- Speaker #0
C'est dur cette question. Je crois que je préfère tricoter parce qu'en fait, finalement, dans ma garde-robe à moi, je n'ai pas tant de choses que ça.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Je pense que je n'ai pas tant de tricots.
- Speaker #1
Tu as encore quelques encours pour toi.
- Speaker #0
J'ai quelques encours pour moi. Mais tu vois, par rapport à... Je trouve que par rapport à la volumétrie de ce que je fais, j'ai très peu de choses pour moi. Je pense que je dois avoir peut-être trois gilets et deux, trois pulls que je porte vraiment, et un ou deux tops. C'est tout ce que je trouve finalement pas beaucoup. Bien sûr,
- Speaker #1
par rapport à ce que tu tricotes.
- Speaker #0
Par rapport à la volumétrie, je trouve que même dans les châles, j'en ai que deux. Finalement, c'est très peu. Alors que j'ai toujours des choses sur mes aiguilles, mais tout le temps, continuellement. Et même, je n'ai... J'ai fait une paire de chaussettes, tu vois.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Les autres, je les ai offertes. Donc, finalement, dans ma garde-robe, il me reste très, très peu de choses.
- Speaker #1
Et quand Oscar sera plus grand, est-ce qu'il y a quelque chose que tu aimerais qu'il sache de cette période de ta vie ? Ou est-ce que tu veux plutôt l'occulter, entre guillemets ?
- Speaker #0
Alors, non, non, il saura, mais il sait déjà, en fait. Oui. Parce que, comme je te disais, on est accompagnés par... par vraiment de la pédopsychiatrie, donc dans un hôpital parisien. Et aujourd'hui, le personnel, en fait, s'adresse à lui aussi pour lui expliquer ce qui s'est passé, pourquoi maman n'était pas forcément bien, etc. Donc, en fait, lui, il sait déjà toute cette période pour l'avoir traversée avec moi parce que, pour le coup, même si c'était très difficile pour moi parfois de m'occuper de lui, on a été très fusionnels, on était tout le temps, tout le temps, tout le temps collés.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
En fait, il a commencé à être gardé fin janvier en crèche. Donc, jusqu'à fin janvier, il était avec moi H24, depuis le 4 mars, depuis sa naissance. Il n'avait jamais été gardé. Donc, il a tout traversé. Et pour le coup, je lui explique déjà qu'il y a eu des moments difficiles, que j'ai eu très peur de le perdre, tout ça. Et puis, je lui ai aussi expliqué qu'il a fallu que je... Ma climat, parce que c'était un petit garçon. J'ai eu des filles avant. Puis dans ma famille, on n'a que des filles. Donc, c'était aussi un changement pour moi de découvrir ce que c'était d'avoir un petit garçon. Et tout ça, je lui ai expliqué. Je ne lui ai vraiment pas caché. Et je pense que c'était important même pour lui dans son développement de le savoir. Donc, voilà. Je lui ai expliqué déjà.
- Speaker #1
Alors avant de terminer, j'ai deux dernières questions à te poser. La première, si une personne traverse une période difficile et nous écoute, qu'est-ce que tu aimerais lui dire ou lui transmettre ?
- Speaker #0
Déjà... qu'elle n'hésite pas à se faire aider, en tout cas à tirer la sonnette d'alarme, en tout cas de s'autoriser à le faire. Parce que ce n'est pas parce qu'on tire la sonnette d'alarme qu'on est faible ou quoi que ce soit, c'est plutôt qu'on a envie de s'en sortir. Et puis, parfois, on a du mal à s'en sortir tout seul. Donc, c'est important aussi des fois d'avoir des tiers qui sont extérieurs à notre vie et qui vont être neutres surtout, et qui vont être prêts à recueillir ce qu'on a à dire parce que des fois, notre entourage... On ne peut pas tout dire, on ne sait pas comment dire, on a peur du jugement et tout ça. Et le jugement, ça fait partie de... c'est humain de juger. Je pense que voilà, on a tous un avis sur les choses et ce n'est pas toujours facile d'être neutre quand on est proche de quelqu'un. Donc en tout cas, ne pas hésiter à en parler et à se faire aider. Moi, c'est le conseil que je peux donner parce que c'est ce qui m'a aidée.
- Speaker #1
C'est une force de demander de l'aide. Donc toi, tu as eu... courage là, mais c'est pas toujours évident, effectivement. Non,
- Speaker #0
c'est pas facile et c'est pas parce qu'il faut admettre que ça ne va pas et admettre que ça ne va pas, c'est un chemin où j'ai eu du temps à le faire et si je l'ai fait, c'est parce que... Si j'ai vraiment pu le faire, c'est parce que je l'ai fait au moment où je devais reprendre le travail et que j'en étais incapable physiquement et j'ai demandé un arrêt. et là le gynéco de la maternité m'a dit mais en fait c'est pas vous avez pas un simple problème passager il y a quelque chose vraiment et il m'a forcé entre guillemets à me mettre en relation avec une sage femme coordinatrice qui a pris contact qui m'a appelé, qui a pris la température et qui a vu qu'il y avait autre chose donc en fait ça s'est pas fait d'un coup ça s'est fait un peu parce que Je n'étais pas en capacité de retravailler. Et du coup, par le biais de l'arrêt que j'avais demandé, ils ont creusé.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et ils m'ont un petit peu forcée à me prendre en main, mais pas forcée sous la contrainte. Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Ils ont vraiment vu qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Et donc, on a été très, très bien pris en charge pour le coup. Et ça nous a permis de pouvoir évacuer pas mal de choses. Sans ça, je n'aurais pas de moi-même. solliciter quelqu'un parce que des fois dans ces moments-là c'est très difficile en fait de demander de l'aide parce qu'on sait même pas vraiment nous-mêmes ce qui nous arrive on se dit que le lendemain ça ira mieux et en fait ça ne va pas mieux le lendemain oui parce que c'était la première fois que tu traversais ça pour Marie et Augustine Non, pas du tout. Pour les filles, j'étais très bien. Et très vite sur pied, etc. Là, ce n'était pas du tout le cas. Donc, c'est vrai que c'était différent. C'était nouveau. Et puis, je ne pensais pas le vivre comme ça en me disant que c'est mon dernier enfant. Ou en tout cas, si ce n'est pas mon dernier enfant, c'est un de mes derniers enfants parce que je n'en aurai pas 14. Donc, tu vois, arrivé à 3, tu te dis, c'est soit mon dernier, soit mon avant-dernier, a priori. donc j'avais vraiment imaginé quelque chose un peu plus d'euphorique tu vois en me disant ouais c'est vraiment le dernier etc ça va être super ça va être beau machin et en fait je ne l'ai pas du tout vécu comme ça donc je n'y étais pas préparée en fait je ne m'étais pas préparée à ça la dernière question que je vais te poser c'est qu'est-ce qu'il y a sur tes aiguilles en ce moment et bien là pendant notre épisode je suis en train de tricoter et je tricote un t-shirt d'été Merci. Pour Augustine, c'est un modèle aussi de petite nid. Tu vois, c'est marrant parce que c'est pas que petite nid. Je rigole plein d'autres choses. Mais là, c'est marrant, on vient de parler deux fois de cette designeuse et je lui fais un t-shirt d'été en Cassiopédéca, le rouge français. On arrive au bout. Voilà.
- Speaker #1
Merci beaucoup. d'avoir accepté de raconter ton histoire je sais que c'est pas toujours évident de se dévoiler mais peut-être qu'il y a des personnes qui nous écouteront, qui se retrouveront dans ton histoire donc merci d'avoir accepté.
- Speaker #0
Merci à toi
- Speaker #1
Pauline pour ta confiance surtout et de m'avoir laissé parler avec plaisir et puis du coup j'espère que l'épisode vous aura plu et je vous dis à la semaine prochaine au revoir Léa,
- Speaker #0
au revoir Pauline
- Speaker #1
Avant de se quitter, j'aimerais rappeler quelque chose qui me tient à cœur. Les histoires que vous entendez ici sont des témoignages personnels, des morceaux de vie racontés avec beaucoup de sincérité. Vous pouvez vous reconnaître dans ces récits ou vivre les choses différemment, et c'est totalement ok. Ce qui compte ici, c'est le respect et l'écoute de la parole de chacun. Et si vous aussi, le tricot vous a accompagné dans une période de votre vie, douce ou difficile, et que vous ressentez l'envie de le raconter, La porte est grande ouverte. Ce podcast est là aussi pour ça, pour que nos histoires circulent et que personne ne se sente seul derrière ses aiguilles. Merci infiniment d'avoir écouté cet épisode. Si cette histoire vous a touché, peut-être qu'elle résonnera aussi chez quelqu'un autour de vous, alors n'hésitez pas à la partager à un ou une amie. Cela permet également de faire connaître le podcast et c'est extrêmement précieux pour moi. Et si vous traversez une période difficile, j'espère que ces quelques mailles partagées ici vous auront tenu un peu compagnie. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle histoire, et en attendant, prenez bien soin de vous.