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Perchés

Des joailleries Louis Vuitton aux pistes des Angles : le parcours hors du commun de Saskia

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17min |13/08/2025
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17min |13/08/2025
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Description

Dans cet épisode exceptionnel de Perchés, plongez au cœur d’un parcours de vie hors du commun avec Saskia, jeune femme de 28 ans, qui a opéré une reconversion professionnelle radicale en quittant la vie citadine parisienne et londonienne pour s’installer en montagne, aux Angles.


Ancienne vendeuse en joaillerie chez Louis Vuitton, Saskia a écouté l’appel de la montagne et a choisi de vivre une vie plus authentique. Elle a tout laissé derrière elle pour embrasser une nouvelle carrière et pleine de défis aux Angles, en devenant bike patrol sur le bike park des Angles, une station de montagne dynamique et engagée dans les sports outdoor.


Cette reconversion inspirante, loin des clichés habituels, montre qu’il est possible de s’installer en montagne, de trouver sa place dans un milieu encore très masculin, et de s’épanouir pleinement grâce à la passion, la volonté et la persévérance. Entre changement de vie, passion pour le VTT, découverte du bike patrol, et intégration dans une communauté soudée, Saskia nous livre son témoignage sincère sur les difficultés physiques et mentales, mais aussi sur les joies et la fierté d’un métier en lien direct avec la nature et l’aventure.

Plus qu’une reconversion professionnelle, c’est une véritable quête de sens et d’épanouissement personnel.


Cet épisode est une invitation inspirante à toutes celles et ceux qui rêvent de changer de vie, loin des clichés de la montagne réservée aux sportifs aguerris : vivre ici, s’y épanouir, c’est possible, même quand on vient d’un autre univers.


Que vous soyez en quête d’une réinvention de vie, intéressé·e par la vie en montagne, ou simplement curieux·se de découvrir ce métier atypique, cet épisode vous invite à croire en vos rêves, à oser le changement, et à envisager la montagne comme un lieu d’opportunités pour tous.

_________________________________________________________________________


Perchés, c'est LE podcast qui vous emmène en montagne ! 🏔️

Situé dans les Pyrénées Orientales (66), les Angles le village-station est une destination 4 saisons, où la montagne se vie toute l’année.  Un panorama exceptionnel, une exposition propice à un bon enneigement sur la station de ski, des sentiers balisés avec des points de vue à couper le souffle, des pistes qui arrivent au pied du clocher, une vie nocturne animée, un espace aqua-ludique, une luge monorail, des infrastructures de qualité... Les Angles séduit par ses nombreux atouts ! 😍


Dans ce podcast, nous partons à la rencontre de ceux qui vivent « Perchés ». Nés en montagne, ou tombés amoureux des sommets, ils nous embarquent dans des récits inspirants, remplis d’anecdotes, d’histoires et de souvenirs. Vous découvrirez des aventures hors du commun, des métiers exercés avec passion, et des lieux uniques situés au cœur des Pyrénées Catalanes. 


Un territoire « Perchés » mêlant authenticité & modernité, et ce, depuis 60 ans ! 

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Suivez-nous sur Facebook (@LesAnglesSki ) Instagram (@lesangles_stationdeski ), Twitter (@LesAnglesSki ), TikTok (@lesangles.officiel ), et Linkedin (@Les Angles le Village Station ) et Youtube (@stationskilesangles)


Vous aimerez ce podcast, si vous aimez :
Montagne • Aventure • Podcast en montagne • Anecdotes et histoires de vie • Montagne 4 saisons • Les Angles le village station • Les Pyrénées •  Perchés •  Vivre en altitude et vivre en montagne • Nature • Podcast en montagne • Les Angles • Sport de montagne • Découvrir la montagne autrement • Métiers de la montagne • Habiter en montagne • Reconversion professionnelle • Femme dans le sport • Changement de vie • Inspirant


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Elle a grandi à Paris, vécu à Londres. Elle travaille dans une joaillerie chez Louis Vuitton. Et autant dire que rien, sur le papier, ne l'a prédestinée à devenir bike patrol, aux angles. Et pourtant, aujourd'hui, elle entretient les pistes du bike park. Elle ride, elle intervient en cas de chute et elle est engagée dans le club de VTT local. Dans un milieu encore très masculin, elle a trouvé sa place et elle l'a prise. Son prénom, c'est Saskia. Et son parcours, c'est l'histoire d'un virage, un vrai. Celui qu'on prend quand la passion dépasse le CV. quand on change de décor, de vie, quand on choisit d'écouter l'appel de la montagne. Dans cet épisode, on parle de son parcours, de confiance en soi, de regard des autres, de passion et de reconversion, et de ce que ça représente d'être une femme dans un milieu d'hommes, et surtout de ce qu'elle aimerait dire à celles qui n'osent pas passer le cap. Alors bienvenue dans les coulisses d'une station qui ne dort jamais, bienvenue sur Percher, le podcast qui vous emmène en montagne. Saskia, bonjour !

  • Speaker #1

    Bonjour Marianne !

  • Speaker #0

    C'est un vrai plaisir de t'avoir au micro de ce podcast aujourd'hui, en plus pour un épisode un peu particulier. Parce que si aujourd'hui tu travailles en montagne sur le bike park, rien ne laissait penser, il y a trois ans, qu'on se retrouverait ici, toutes les deux, à 2500 mètres d'altitude, dans le chalet des bike patrouilleurs.

  • Speaker #1

    Absolument pas, oui.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ton ancienne vie ?

  • Speaker #1

    Du coup, à mes 18 ans, j'ai décidé de partir. Je faisais des saisons en bas, j'étais revenue de Paris. J'ai décidé de partir à Londres parce que je ne savais vraiment pas quoi faire de ma vie. Et quand je suis arrivée là-bas, j'étais fille au père et la maman travaillait chez Louis Vuitton. De là, moi j'ai commencé des études de marketing, communication dans une école à distance. Et après, je me suis lancée dans ma première carrière que je pensais être pour toute la vie, où je vendais du coup du textile, du prêt-à-porter, un peu de tout. Et je me suis spécialisée du coup en joaillerie chez Louis Vuitton. Sachant que là-bas, chacun a sa catégorie et chacun a ses spécialités, suivant l'étage où tu es placé. Je m'y plaisais plutôt bien. Une vie de citadine où j'avais mes horaires calés, du 9h à 20h, je ne sais pas, tout roulait. J'étais bien dedans jusqu'au jour où j'ai eu un petit déclic et que j'avais l'impression que ma vie, il ne se passait pas grand-chose à part le travail. Je n'accomplissais pas grand-chose et je ne m'épanouissais pas en tant que personne.

  • Speaker #0

    je me dépensais pas est-ce que t'as toujours eu cette fibre à vouloir aller plutôt du côté de la nature, de la montagne de l'extérieur ou t'étais pas du tout dedans vraiment la citadine, métro, boulot,

  • Speaker #1

    dodo pas trop parce que quand j'étais à Paris du coup j'ai fait 14 ans d'équitation et j'étais tout le temps fourrée dans les écuries avec mes copines à être dans la paille dégueu toute la journée et tout et c'est juste que voilà j'habitais pas loin j'étais vraiment sur les alentours de Paris Et c'est vrai qu'un jour, ça me plaisait quand j'allais dans Paris. Et puis, j'étais bien habillée, parfumée, coiffée. Et j'ai voulu un peu expériencer tout ça. Voir comment ça se passait d'avoir des beaux sacs à main, des beaux vêtements. Alors qu'en fait, ça a duré quelques années. Mais c'est vrai que le naturel m'a rattrapée un peu. Et au bout d'un moment, je n'en pouvais plus. Ce n'était pas du tout ce qui me plaisait. Tu ne te dépenses pas physiquement. C'est vrai qu'intellectuellement, tu restes quand même sur tes acquis. Il n'y a pas, je ne sais pas, tu ne cherches pas autre chose chaque jour. C'est vraiment une routine et un train-train. Mais du coup, ce n'était pas palpitant comme tout le reste, comme ça, ce qu'on vit au quotidien.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'on peut dire que tu ne te sentais pas à ta place dans cette vie-là ?

  • Speaker #1

    Au début, oui, vraiment à ma place, parce que je performais assez bien dans la vente de Joaillerie. Ça se passait super bien au sein de la boutique et tout. Mais c'est vrai qu'au bout d'un moment, quand je voyais la clientèle et la demande, Vraiment, le but de tout ça, je me disais que ça ne servait à rien. Je ne produisais rien au quotidien et je sentais que c'était très superficiel.

  • Speaker #0

    Et tu parles de déclic. Est-ce que c'est venu petit à petit ? Ou vraiment, il y a un moment donné où tu te souviens, tu t'es dit « Ok, là, ça ne va pas, je veux changer » .

  • Speaker #1

    C'était par des petites vacances. Je n'avais pas beaucoup de vacances déjà et je ne revenais pas souvent ici. Je revenais une fois par an en général. Donc, j'étais loin de ma famille et je ne voyais pas tout ça. Mais ouais, c'était des petites vacances que je faisais ici, où avec mon père, on sortait, on allait faire du vélo, on allait faire de la rando en montagne ou du 4x4. Et c'est vrai qu'à chaque fois que je revenais à Londres, j'étais là, mais c'est la dépression, quoi. On ne sortait pas là-bas, il pleut tout le temps, il fait froid. Voilà, il n'y avait pas de vélo, il n'y avait plus de parc, c'était à pied, ce n'était pas palpitant. Et c'est vrai qu'au fur et à mesure des années, je me suis dit, là, je passe à côté d'un truc.

  • Speaker #0

    C'était pas juste la déprime du retour de vacances.

  • Speaker #1

    C'était tout en général. C'était une vie fade, une vie sans goût. Et c'était toujours un peu le même truc de prendre son café avec les copines, manger au resto. Mais le fait de faire du vélo maintenant, tu le dépenses, tu crées des beaux moments avec les copains. Tu rentres le soir, t'es fatiguée, t'as fait plein de trucs, tu t'es poussée un peu à bout, t'as passé un saut que tu regardes depuis trois mois, qui te fait peur, et tu l'as passé, t'es trop contente, c'est trop bien. Non, je trouve que c'est vraiment satisfaisant et c'est vraiment des souvenirs que tu crées au quotidien.

  • Speaker #0

    À quel moment, combien de temps ça a pris un petit peu cette transition ? Est-ce que ça a été en douceur ? Est-ce que le choix a été radical du jour au lendemain ? Je quitte tout, plus de sac à main ?

  • Speaker #1

    Ça a été radical. Je suis revenue de vacances et je crois qu'une semaine après, on devait me promouvoir pour passer spécialiste dans le truc. Et c'est soit je signais pour ça et je me réengageais pour, je crois que c'était deux ans. En fait, tu signes une clause. Et là, j'ai dit, si je fais deux ans de plus, je pense que je pars en burn-out et ce n'était pas possible. Donc, j'ai donné ma lettre de démission directe. Et du jour au lendemain, j'ai appelé mon père, j'ai appelé ma mère et j'ai dit, écoutez, on fait les cartons, vous m'aidez à déménager, dans un mois, c'est fini.

  • Speaker #0

    Et donc, le but, c'était de retourner à Paris ou de...

  • Speaker #1

    Non, je ne savais pas du tout. Et j'ai fait un an en Australie, en fait.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce que tu as fait là-bas ? C'est trop bien.

  • Speaker #1

    Je travaillais en ferme, c'était super sympa. Du coup, avec le fermier, on s'occupait des moutons, on s'occupait des vaches. On était sur un quad toute la journée. Il faisait 50 degrés, mais c'était trop bien. On était dégueux et on s'occupait un peu de tout, quoi. De les bouger, de couper les cornes, de s'en occuper. Des fois, de faire naître les petits aussi. Voilà, donc je ne connaissais pas du tout ce milieu. Et du coup, très très sympa. Et quand je suis revenue ici, je me suis installée à la montagne.

  • Speaker #0

    Un an après ?

  • Speaker #1

    Oui, j'avais envie de revenir un peu vers ma famille, sachant qu'à Londres, j'avais passé je ne sais pas combien de temps loin de tout le monde. C'est vrai que tu n'y penses pas, mais quand tu es loin, il y a des décès, des mariages, des naissances, tu ne les vis pas. Donc c'est assez compliqué. Et là, en rentrant d'Australie, je me suis dit, vivre à Perpignan, non. Près de ma famille, ce ne sera pas possible. Perpil, la ville et tout, non ? Et je me suis dit, bon, les angles font romeux, pourquoi pas ? Donc, ça a commencé comme ça. J'ai commencé à faire un peu de montagne, un peu de ski, un peu de tout.

  • Speaker #0

    Alors que tu n'étais pas du tout dans ce milieu. C'était les vacances. Comme tout le monde, quoi.

  • Speaker #1

    J'en ai jamais. J'avais des sacs à main et du vernis sur les ongles. Et voilà. Et au fur et à mesure, j'ai adoré. Au début, je n'étais pas du tout dans le vélo. Et le vélo, ça a été introduit grâce à des copines qui m'ont dit, viens faire du vélo. Je n'avais jamais fait de descente avant. J'avais un vieux VTT, un 26 pouces, complètement… C'était horrible, ça ne fonctionnait pas. Et voilà, c'était du coup il y a trois ans. Et j'ai commencé mon premier été il y a trois ans, vélo, au bike park des Angles.

  • Speaker #0

    Donc en quoi, 2022 ?

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Et donc,

  • Speaker #0

    le déclic a été radical, la démission, un an pour réfléchir, et puis après, les questionnements sur quoi faire après.

  • Speaker #1

    Un an de flou total, oui.

  • Speaker #0

    Oui, ça a été nécessaire, du coup, pour toi, quand même, de flou, mais de recentrage sur soi aussi, parce qu'on passe de Londres à une ferme de notre palier, c'est aussi un moyen de…

  • Speaker #1

    En plus, c'était au fin fond du bûche, pas de réseau, il n'y a pas de supermarché, du coup, tu commandes une semaine en avant tes courses, aucun magasin, rien, nada, pas de restaurant, le seul restaurant, c'est vraiment très rudimentaire. Et ouais, ça a été une période où je me suis beaucoup recentrée sur moi-même pour savoir ce que je voulais faire. Même quand je suis revenue, je ne savais même pas que je voulais faire bike patrol. Je ne savais même pas que ce métier existait. Mais c'est en se renseignant un peu, en regardant autour, en se disant « bon, tu veux être dehors, tu veux faire ce genre de métier, sur quoi tu peux te baser un peu ? »

  • Speaker #0

    Comment réagit ton entourage quand tu as quitté Londres, que tu es partie une année et qu'aujourd'hui tu leur dis « voilà, je travaille à la montagne, je suis bike patrol » . Comment tes proches ont suivi ce déclic et ce changement de vie ?

  • Speaker #1

    Au revoir. Mon père, il n'a rien compris. J'étais la pure citadine qui avait limite peur de pas de tout. C'est vrai que quand j'étais à Londres, j'étais vraiment devenue citadine. J'étais bonne à rien, je pense en montagne. Il était aux anges quand j'ai commencé à faire du vélo, du bike park, de tout. Lui, il fait du vélo depuis des années.

  • Speaker #0

    D'accord, tes parents sont un peu dans la nature.

  • Speaker #1

    Papa était moniteur VTT à l'époque. Lui, du coup, il était triste, je pense, de me voir en ville de... pas m'épanouir et pas venir de sport et tout ça. Et quand il a su que je venais ici, il était aux anges. Et maman, je pense qu'elle préfère me savoir ici, mais elle est quand même inquiète par rapport au métier qui est à risque.

  • Speaker #0

    Les fractures, tout ça.

  • Speaker #1

    Donc, elle est un peu toujours inquiète, mais ça va, elle est contente qu'on soit à côté et qu'il y ait un peu de proximité.

  • Speaker #0

    Et qu'est-ce qui a été le plus dur dans ce changement de vie ? Comment on passe de la joaillerie au bike patrol, en fait ? Vous dire physiquement, mentalement ?

  • Speaker #1

    Tout est super dur. Physiquement, au début, la première fois que tu shapes et que tu n'as jamais touché un râteau, une pelle ou une pioche, tu as les bras qui fument en 20 minutes, tu n'as aucun physique. Tu te dis, mais comment je vais faire ça pendant une saison entière ? Comment je vais rouler avec un sac à dos super lourd qui me fait mal au dos toute la journée ? Ou comment je vais rouler alors que je suis fatiguée ? Mais en fait, tout se fait vachement naturellement. La première saison, elle a un peu galère parce qu'il faut vraiment trouver tes repères, savoir t'écouter aussi, savoir t'écouter en termes de fatigue, en termes de « je dois bien m'alimenter, il faut vraiment que je fasse attention à moi, je ne sors pas trop, j'essaye vraiment de faire du vélo, mais tranquille, je patrouille, je ne fais pas du vélo pour moi sur le bike park » . Après, le gros changement aussi, c'était s'intégrer dans une équipe qui est… 90% masculines, je pense. Enfin, en tout cas, sur la station, pas dans les bureaux, mais c'est vrai que sur la station, on n'est pas beaucoup de femmes. Mais après, en fait, c'est super bien. Je sais qu'on m'a appelée sous son aile. Ils sont très bienveillants. Ils sont super bienveillants. C'est top.

  • Speaker #0

    Tu as été hyper bien accueillie. Je suis envie de t'apprendre leur passion aussi. Parce que c'est ça, par passion.

  • Speaker #1

    Et moi, je ne demandais que ça, d'apprendre ce que c'était vraiment. C'est vrai que moi, en trois ans de vélo, je ne sais pas... tout et j'ai encore énormément à apprendre.

  • Speaker #0

    Après,

  • Speaker #1

    tu as fait une formation quand même à l'IFV pendant trois semaines. En fait, ce qui était assez rude, c'est que pareil, lors de cette formation, il n'y avait que des hommes. J'étais un peu déçue, je m'attendais à avoir des femmes aussi. C'est vrai qu'en fait, c'est assez effrayant. Je pense qu'on se fait une fausse idée de ce que ça peut être et du coup, on a peur de s'y lancer. Alors qu'en fait, c'est génial. C'est génial le travail avec des hommes. C'est génial... de rigoler. En fait, c'est un milieu qui est très différent du milieu féminin. Et une fois que tu as fait ta place et que tu as fait tes preuves, parce que je pense qu'au début, il faut quand même faire ses preuves, de dire j'en suis capable et j'ai le physique pour.

  • Speaker #0

    Et est-ce qu'en tant que femme, il faut que tu fasses plus de preuves ? Tu as senti que tu devais faire plus de preuves qu'un homme ?

  • Speaker #1

    Je n'ai pas forcément senti, mais je me le suis imposé, totalement. Au début, je me suis dit, tu vas ratisser huit heures d'affilée juste pour montrer que tu es capable, tu vois. Quitte à avoir les bras en feu, les mains qui saignent, je disais c'est pas grave, on va prouver, on va vous montrer. j'étais là ça va le faire et non au final il n'y avait pas besoin parce que c'était juste en montrant que j'étais présente que je savais faire un secours que si on me demande un truc je le fais immédiatement que je ne traîne pas la patte je ne râle pas je suis là c'est les qualités humaines qui ont primé ouais c'est juste ça après je pense que si tu n'es pas faite pour tu t'en rends compte très vite et dès la première année tu ne tiens pas ça termine rencontrer du monde aussi j'imagine parce que toi qui n'étais pas du milieu de la montagne arriver ici en tant que femme dans un milieu d'hommes pour le boulot, c'est une chose.

  • Speaker #0

    Mais arriver toute seule à 25 ans en montagne sans connaître personne, c'est difficile. Comment ça s'est passé ? Comment tu as fait ?

  • Speaker #1

    Comment tu as vécu ça ? Je connaissais un peu de monde à l'époque, donc je me suis fait des amis. Mais ce n'était pas du tout dans ce milieu-là. C'était dans le milieu de l'escalade et de la montagne que je ne connaissais pas du tout. Au début, c'était très dur parce que je suis arrivée, j'étais assez isolée. Je ne connaissais personne. On n'avait pas du tout les mêmes sujets de conversation. j'avais au... aucune connaissance sur ce milieu-là, donc j'ai tout appris. Mais au final, tu te rends compte que tu te fais... Enfin, tu crées des liens avec des personnes et ils sont très, très forts parce que c'est pas comme partager un repas ou quoi. Là, c'est partager des sensations fortes, des bons moments et tu crées des amitiés super belles, super fortes. Tu peux compter les uns sur les autres. On fait des sorties à la journée entière. Mais ouais, quand tu connais un peu tout le monde, tu te rends compte que c'est vraiment quand même une grande famille. C'est très chaleureux. Ils t'accueillent à bras ouverts. On est très enclins à apprendre à tout le monde. Moi, la première, j'aimerais bien, l'année prochaine, créer un groupe de femmes au sein du club qui existait déjà, c'était les Ausha. Donc, reprendre ça, créer des excursions femmes, des week-ends femmes VTT et pousser les filles, les femmes à venir dans ces milieux. Ça paraît effrayant de l'extérieur, mais c'est rien. Si tu as la volonté, tu le fais et tu t'insères toute seule. Ta place, tu la crées. Tu n'as pas à demander ou quoi que ce soit.

  • Speaker #0

    Et le fait de créer ta place, est-ce que tu sens que les mentalités évoluent un petit peu au sein de ton service de la Bike Patrol et même au sein des équipes avec qui tu travailles ? Parce que Bike Patrol, vous travaillez aussi en collaboration avec tous les différents services de la station.

  • Speaker #1

    C'est différent parce que c'est vraiment en tant que jeune femme, j'ai 28 ans, ils ont la quarantaine ou la cinquantaine. Donc forcément, ça crée un peu un clivage. Là, en tant que jeune femme, au début, oui, c'était un peu plus compliqué parce qu'en termes de comment j'agis, comment je fais, comment je leur parle, comment je me positionne, c'est mes supérieurs. Mais en fait, l'équipe, elle s'est très bien faite.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'au cours de cette reconversion, à un moment donné, tu as regretté ton choix ?

  • Speaker #1

    Jamais. Non, pas du tout. Il y a plein de fois où je me suis dit que c'était super dur et que j'allais me poser... Je me posais plein de questions en me disant « Mais est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que c'est ça qui me plaît ? Tu es dehors toute la journée, des fois c'est dur quand tu es en train de ratisser en plein soleil, tu transpires, tu fais de la pioche, de la pelle, tu es appelé pour un secours, tu arrives, tu es suant, tu n'es pas trop dans le truc parce que tu étais dans ton shape et tout. Et au début, je me suis dit, s'il faut, ce n'est pas fait pour moi. Mais en fait, oui, si, je ne regrette pas une seule seconde. Quand je repense à cette vie-là où c'était très monotone. Pas palpitant du tout. Je ne regrette pas jamais.

  • Speaker #0

    Si tu avais carte blanche, donc que ce soit par des paroles ou par des actes, pour encourager des femmes à bosser en montagne, qu'est-ce que tu ferais ?

  • Speaker #1

    Je pense que ce qui serait super intéressant, ce serait de créer des journées un peu où on inviterait toutes ces femmes qui sont intéressées par ces métiers, en fait, des journées en immersion sur le terrain. Donc en fait, même là au Bike Park, il y a des nanas qui seraient intéressées pour faire un bike patrol. voilà, vous venez aujourd'hui, on vous montre le métier, on te montre la réalité du terrain, on te montre ce que c'est, on en parle, avec toute transparence, sans embellir, sans chichis, voilà, sans chien, puis vraiment, oui, ça va être compliqué, aujourd'hui, ça va être compliqué pour toi, tu vas faire de la pioche, mais voilà, de voir vraiment ce que c'est, de les encourager, et de dédramatiser vraiment le truc, travailler en montagne, c'est facile, si tu veux le faire, tu peux le faire, et tout est une question de volonté, il n'y a rien qui est compliqué, et Merci. Et franchement, personne ne te mettra des bâtons dans les roues. Si tu montres que tu as l'agnac, la force mentale et physique, il n'y a rien qui peut t'arrêter, je pense.

  • Speaker #0

    Et si tu pouvais t'adresser à la petite Saskia de 18 ans, qu'est-ce que tu lui dirais ?

  • Speaker #1

    Fais cette erreur, comme ça, après, tu apprécieras encore plus ton métier dans le futur. Je suis contente d'avoir... Enfin, ce n'est pas une erreur d'être partie à Londres, mais je suis contente d'être allée dans cette direction parce que maintenant, j'apprécie beaucoup plus au quotidien tout, en fait.

  • Speaker #0

    Bon, du coup, merci Saskia, en tout cas, pour ce partage de ta vie, de ton parcours, de ta reconversion sans filtre. On voit à quel point changer de vie, en fait, ce n'est pas simple, qu'il y a des doutes, des remises en question, mais aussi beaucoup de force quand on ose aller là où on se sent bien. Ton histoire, ça montre que même sans être du milieu, ni de la montagne, ni d'un sport de nature, en arrivant de loin, on peut trouver sa place ici, en montagne. Et ça peut peut-être donner envie à d'autres femmes de se lancer.

  • Speaker #1

    J'espère.

  • Speaker #0

    C'est gagné.

  • Speaker #1

    Elles sont bienvenues, en tout cas.

  • Speaker #0

    Cet épisode vous a plu ? Dites-le nous ! Un petit commentaire, 5 étoiles ou un partage, ça fait toujours plaisir ! Pensez à vous abonner au podcast Percher pour ne rater aucun épisode et suivez-nous sur les réseaux sociaux des angles Le Village Station. Merci pour votre écoute et à la prochaine pour une nouvelle ascension auditive !

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Dans cet épisode exceptionnel de Perchés, plongez au cœur d’un parcours de vie hors du commun avec Saskia, jeune femme de 28 ans, qui a opéré une reconversion professionnelle radicale en quittant la vie citadine parisienne et londonienne pour s’installer en montagne, aux Angles.


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Transcription

  • Speaker #0

    Elle a grandi à Paris, vécu à Londres. Elle travaille dans une joaillerie chez Louis Vuitton. Et autant dire que rien, sur le papier, ne l'a prédestinée à devenir bike patrol, aux angles. Et pourtant, aujourd'hui, elle entretient les pistes du bike park. Elle ride, elle intervient en cas de chute et elle est engagée dans le club de VTT local. Dans un milieu encore très masculin, elle a trouvé sa place et elle l'a prise. Son prénom, c'est Saskia. Et son parcours, c'est l'histoire d'un virage, un vrai. Celui qu'on prend quand la passion dépasse le CV. quand on change de décor, de vie, quand on choisit d'écouter l'appel de la montagne. Dans cet épisode, on parle de son parcours, de confiance en soi, de regard des autres, de passion et de reconversion, et de ce que ça représente d'être une femme dans un milieu d'hommes, et surtout de ce qu'elle aimerait dire à celles qui n'osent pas passer le cap. Alors bienvenue dans les coulisses d'une station qui ne dort jamais, bienvenue sur Percher, le podcast qui vous emmène en montagne. Saskia, bonjour !

  • Speaker #1

    Bonjour Marianne !

  • Speaker #0

    C'est un vrai plaisir de t'avoir au micro de ce podcast aujourd'hui, en plus pour un épisode un peu particulier. Parce que si aujourd'hui tu travailles en montagne sur le bike park, rien ne laissait penser, il y a trois ans, qu'on se retrouverait ici, toutes les deux, à 2500 mètres d'altitude, dans le chalet des bike patrouilleurs.

  • Speaker #1

    Absolument pas, oui.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ton ancienne vie ?

  • Speaker #1

    Du coup, à mes 18 ans, j'ai décidé de partir. Je faisais des saisons en bas, j'étais revenue de Paris. J'ai décidé de partir à Londres parce que je ne savais vraiment pas quoi faire de ma vie. Et quand je suis arrivée là-bas, j'étais fille au père et la maman travaillait chez Louis Vuitton. De là, moi j'ai commencé des études de marketing, communication dans une école à distance. Et après, je me suis lancée dans ma première carrière que je pensais être pour toute la vie, où je vendais du coup du textile, du prêt-à-porter, un peu de tout. Et je me suis spécialisée du coup en joaillerie chez Louis Vuitton. Sachant que là-bas, chacun a sa catégorie et chacun a ses spécialités, suivant l'étage où tu es placé. Je m'y plaisais plutôt bien. Une vie de citadine où j'avais mes horaires calés, du 9h à 20h, je ne sais pas, tout roulait. J'étais bien dedans jusqu'au jour où j'ai eu un petit déclic et que j'avais l'impression que ma vie, il ne se passait pas grand-chose à part le travail. Je n'accomplissais pas grand-chose et je ne m'épanouissais pas en tant que personne.

  • Speaker #0

    je me dépensais pas est-ce que t'as toujours eu cette fibre à vouloir aller plutôt du côté de la nature, de la montagne de l'extérieur ou t'étais pas du tout dedans vraiment la citadine, métro, boulot,

  • Speaker #1

    dodo pas trop parce que quand j'étais à Paris du coup j'ai fait 14 ans d'équitation et j'étais tout le temps fourrée dans les écuries avec mes copines à être dans la paille dégueu toute la journée et tout et c'est juste que voilà j'habitais pas loin j'étais vraiment sur les alentours de Paris Et c'est vrai qu'un jour, ça me plaisait quand j'allais dans Paris. Et puis, j'étais bien habillée, parfumée, coiffée. Et j'ai voulu un peu expériencer tout ça. Voir comment ça se passait d'avoir des beaux sacs à main, des beaux vêtements. Alors qu'en fait, ça a duré quelques années. Mais c'est vrai que le naturel m'a rattrapée un peu. Et au bout d'un moment, je n'en pouvais plus. Ce n'était pas du tout ce qui me plaisait. Tu ne te dépenses pas physiquement. C'est vrai qu'intellectuellement, tu restes quand même sur tes acquis. Il n'y a pas, je ne sais pas, tu ne cherches pas autre chose chaque jour. C'est vraiment une routine et un train-train. Mais du coup, ce n'était pas palpitant comme tout le reste, comme ça, ce qu'on vit au quotidien.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'on peut dire que tu ne te sentais pas à ta place dans cette vie-là ?

  • Speaker #1

    Au début, oui, vraiment à ma place, parce que je performais assez bien dans la vente de Joaillerie. Ça se passait super bien au sein de la boutique et tout. Mais c'est vrai qu'au bout d'un moment, quand je voyais la clientèle et la demande, Vraiment, le but de tout ça, je me disais que ça ne servait à rien. Je ne produisais rien au quotidien et je sentais que c'était très superficiel.

  • Speaker #0

    Et tu parles de déclic. Est-ce que c'est venu petit à petit ? Ou vraiment, il y a un moment donné où tu te souviens, tu t'es dit « Ok, là, ça ne va pas, je veux changer » .

  • Speaker #1

    C'était par des petites vacances. Je n'avais pas beaucoup de vacances déjà et je ne revenais pas souvent ici. Je revenais une fois par an en général. Donc, j'étais loin de ma famille et je ne voyais pas tout ça. Mais ouais, c'était des petites vacances que je faisais ici, où avec mon père, on sortait, on allait faire du vélo, on allait faire de la rando en montagne ou du 4x4. Et c'est vrai qu'à chaque fois que je revenais à Londres, j'étais là, mais c'est la dépression, quoi. On ne sortait pas là-bas, il pleut tout le temps, il fait froid. Voilà, il n'y avait pas de vélo, il n'y avait plus de parc, c'était à pied, ce n'était pas palpitant. Et c'est vrai qu'au fur et à mesure des années, je me suis dit, là, je passe à côté d'un truc.

  • Speaker #0

    C'était pas juste la déprime du retour de vacances.

  • Speaker #1

    C'était tout en général. C'était une vie fade, une vie sans goût. Et c'était toujours un peu le même truc de prendre son café avec les copines, manger au resto. Mais le fait de faire du vélo maintenant, tu le dépenses, tu crées des beaux moments avec les copains. Tu rentres le soir, t'es fatiguée, t'as fait plein de trucs, tu t'es poussée un peu à bout, t'as passé un saut que tu regardes depuis trois mois, qui te fait peur, et tu l'as passé, t'es trop contente, c'est trop bien. Non, je trouve que c'est vraiment satisfaisant et c'est vraiment des souvenirs que tu crées au quotidien.

  • Speaker #0

    À quel moment, combien de temps ça a pris un petit peu cette transition ? Est-ce que ça a été en douceur ? Est-ce que le choix a été radical du jour au lendemain ? Je quitte tout, plus de sac à main ?

  • Speaker #1

    Ça a été radical. Je suis revenue de vacances et je crois qu'une semaine après, on devait me promouvoir pour passer spécialiste dans le truc. Et c'est soit je signais pour ça et je me réengageais pour, je crois que c'était deux ans. En fait, tu signes une clause. Et là, j'ai dit, si je fais deux ans de plus, je pense que je pars en burn-out et ce n'était pas possible. Donc, j'ai donné ma lettre de démission directe. Et du jour au lendemain, j'ai appelé mon père, j'ai appelé ma mère et j'ai dit, écoutez, on fait les cartons, vous m'aidez à déménager, dans un mois, c'est fini.

  • Speaker #0

    Et donc, le but, c'était de retourner à Paris ou de...

  • Speaker #1

    Non, je ne savais pas du tout. Et j'ai fait un an en Australie, en fait.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce que tu as fait là-bas ? C'est trop bien.

  • Speaker #1

    Je travaillais en ferme, c'était super sympa. Du coup, avec le fermier, on s'occupait des moutons, on s'occupait des vaches. On était sur un quad toute la journée. Il faisait 50 degrés, mais c'était trop bien. On était dégueux et on s'occupait un peu de tout, quoi. De les bouger, de couper les cornes, de s'en occuper. Des fois, de faire naître les petits aussi. Voilà, donc je ne connaissais pas du tout ce milieu. Et du coup, très très sympa. Et quand je suis revenue ici, je me suis installée à la montagne.

  • Speaker #0

    Un an après ?

  • Speaker #1

    Oui, j'avais envie de revenir un peu vers ma famille, sachant qu'à Londres, j'avais passé je ne sais pas combien de temps loin de tout le monde. C'est vrai que tu n'y penses pas, mais quand tu es loin, il y a des décès, des mariages, des naissances, tu ne les vis pas. Donc c'est assez compliqué. Et là, en rentrant d'Australie, je me suis dit, vivre à Perpignan, non. Près de ma famille, ce ne sera pas possible. Perpil, la ville et tout, non ? Et je me suis dit, bon, les angles font romeux, pourquoi pas ? Donc, ça a commencé comme ça. J'ai commencé à faire un peu de montagne, un peu de ski, un peu de tout.

  • Speaker #0

    Alors que tu n'étais pas du tout dans ce milieu. C'était les vacances. Comme tout le monde, quoi.

  • Speaker #1

    J'en ai jamais. J'avais des sacs à main et du vernis sur les ongles. Et voilà. Et au fur et à mesure, j'ai adoré. Au début, je n'étais pas du tout dans le vélo. Et le vélo, ça a été introduit grâce à des copines qui m'ont dit, viens faire du vélo. Je n'avais jamais fait de descente avant. J'avais un vieux VTT, un 26 pouces, complètement… C'était horrible, ça ne fonctionnait pas. Et voilà, c'était du coup il y a trois ans. Et j'ai commencé mon premier été il y a trois ans, vélo, au bike park des Angles.

  • Speaker #0

    Donc en quoi, 2022 ?

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Et donc,

  • Speaker #0

    le déclic a été radical, la démission, un an pour réfléchir, et puis après, les questionnements sur quoi faire après.

  • Speaker #1

    Un an de flou total, oui.

  • Speaker #0

    Oui, ça a été nécessaire, du coup, pour toi, quand même, de flou, mais de recentrage sur soi aussi, parce qu'on passe de Londres à une ferme de notre palier, c'est aussi un moyen de…

  • Speaker #1

    En plus, c'était au fin fond du bûche, pas de réseau, il n'y a pas de supermarché, du coup, tu commandes une semaine en avant tes courses, aucun magasin, rien, nada, pas de restaurant, le seul restaurant, c'est vraiment très rudimentaire. Et ouais, ça a été une période où je me suis beaucoup recentrée sur moi-même pour savoir ce que je voulais faire. Même quand je suis revenue, je ne savais même pas que je voulais faire bike patrol. Je ne savais même pas que ce métier existait. Mais c'est en se renseignant un peu, en regardant autour, en se disant « bon, tu veux être dehors, tu veux faire ce genre de métier, sur quoi tu peux te baser un peu ? »

  • Speaker #0

    Comment réagit ton entourage quand tu as quitté Londres, que tu es partie une année et qu'aujourd'hui tu leur dis « voilà, je travaille à la montagne, je suis bike patrol » . Comment tes proches ont suivi ce déclic et ce changement de vie ?

  • Speaker #1

    Au revoir. Mon père, il n'a rien compris. J'étais la pure citadine qui avait limite peur de pas de tout. C'est vrai que quand j'étais à Londres, j'étais vraiment devenue citadine. J'étais bonne à rien, je pense en montagne. Il était aux anges quand j'ai commencé à faire du vélo, du bike park, de tout. Lui, il fait du vélo depuis des années.

  • Speaker #0

    D'accord, tes parents sont un peu dans la nature.

  • Speaker #1

    Papa était moniteur VTT à l'époque. Lui, du coup, il était triste, je pense, de me voir en ville de... pas m'épanouir et pas venir de sport et tout ça. Et quand il a su que je venais ici, il était aux anges. Et maman, je pense qu'elle préfère me savoir ici, mais elle est quand même inquiète par rapport au métier qui est à risque.

  • Speaker #0

    Les fractures, tout ça.

  • Speaker #1

    Donc, elle est un peu toujours inquiète, mais ça va, elle est contente qu'on soit à côté et qu'il y ait un peu de proximité.

  • Speaker #0

    Et qu'est-ce qui a été le plus dur dans ce changement de vie ? Comment on passe de la joaillerie au bike patrol, en fait ? Vous dire physiquement, mentalement ?

  • Speaker #1

    Tout est super dur. Physiquement, au début, la première fois que tu shapes et que tu n'as jamais touché un râteau, une pelle ou une pioche, tu as les bras qui fument en 20 minutes, tu n'as aucun physique. Tu te dis, mais comment je vais faire ça pendant une saison entière ? Comment je vais rouler avec un sac à dos super lourd qui me fait mal au dos toute la journée ? Ou comment je vais rouler alors que je suis fatiguée ? Mais en fait, tout se fait vachement naturellement. La première saison, elle a un peu galère parce qu'il faut vraiment trouver tes repères, savoir t'écouter aussi, savoir t'écouter en termes de fatigue, en termes de « je dois bien m'alimenter, il faut vraiment que je fasse attention à moi, je ne sors pas trop, j'essaye vraiment de faire du vélo, mais tranquille, je patrouille, je ne fais pas du vélo pour moi sur le bike park » . Après, le gros changement aussi, c'était s'intégrer dans une équipe qui est… 90% masculines, je pense. Enfin, en tout cas, sur la station, pas dans les bureaux, mais c'est vrai que sur la station, on n'est pas beaucoup de femmes. Mais après, en fait, c'est super bien. Je sais qu'on m'a appelée sous son aile. Ils sont très bienveillants. Ils sont super bienveillants. C'est top.

  • Speaker #0

    Tu as été hyper bien accueillie. Je suis envie de t'apprendre leur passion aussi. Parce que c'est ça, par passion.

  • Speaker #1

    Et moi, je ne demandais que ça, d'apprendre ce que c'était vraiment. C'est vrai que moi, en trois ans de vélo, je ne sais pas... tout et j'ai encore énormément à apprendre.

  • Speaker #0

    Après,

  • Speaker #1

    tu as fait une formation quand même à l'IFV pendant trois semaines. En fait, ce qui était assez rude, c'est que pareil, lors de cette formation, il n'y avait que des hommes. J'étais un peu déçue, je m'attendais à avoir des femmes aussi. C'est vrai qu'en fait, c'est assez effrayant. Je pense qu'on se fait une fausse idée de ce que ça peut être et du coup, on a peur de s'y lancer. Alors qu'en fait, c'est génial. C'est génial le travail avec des hommes. C'est génial... de rigoler. En fait, c'est un milieu qui est très différent du milieu féminin. Et une fois que tu as fait ta place et que tu as fait tes preuves, parce que je pense qu'au début, il faut quand même faire ses preuves, de dire j'en suis capable et j'ai le physique pour.

  • Speaker #0

    Et est-ce qu'en tant que femme, il faut que tu fasses plus de preuves ? Tu as senti que tu devais faire plus de preuves qu'un homme ?

  • Speaker #1

    Je n'ai pas forcément senti, mais je me le suis imposé, totalement. Au début, je me suis dit, tu vas ratisser huit heures d'affilée juste pour montrer que tu es capable, tu vois. Quitte à avoir les bras en feu, les mains qui saignent, je disais c'est pas grave, on va prouver, on va vous montrer. j'étais là ça va le faire et non au final il n'y avait pas besoin parce que c'était juste en montrant que j'étais présente que je savais faire un secours que si on me demande un truc je le fais immédiatement que je ne traîne pas la patte je ne râle pas je suis là c'est les qualités humaines qui ont primé ouais c'est juste ça après je pense que si tu n'es pas faite pour tu t'en rends compte très vite et dès la première année tu ne tiens pas ça termine rencontrer du monde aussi j'imagine parce que toi qui n'étais pas du milieu de la montagne arriver ici en tant que femme dans un milieu d'hommes pour le boulot, c'est une chose.

  • Speaker #0

    Mais arriver toute seule à 25 ans en montagne sans connaître personne, c'est difficile. Comment ça s'est passé ? Comment tu as fait ?

  • Speaker #1

    Comment tu as vécu ça ? Je connaissais un peu de monde à l'époque, donc je me suis fait des amis. Mais ce n'était pas du tout dans ce milieu-là. C'était dans le milieu de l'escalade et de la montagne que je ne connaissais pas du tout. Au début, c'était très dur parce que je suis arrivée, j'étais assez isolée. Je ne connaissais personne. On n'avait pas du tout les mêmes sujets de conversation. j'avais au... aucune connaissance sur ce milieu-là, donc j'ai tout appris. Mais au final, tu te rends compte que tu te fais... Enfin, tu crées des liens avec des personnes et ils sont très, très forts parce que c'est pas comme partager un repas ou quoi. Là, c'est partager des sensations fortes, des bons moments et tu crées des amitiés super belles, super fortes. Tu peux compter les uns sur les autres. On fait des sorties à la journée entière. Mais ouais, quand tu connais un peu tout le monde, tu te rends compte que c'est vraiment quand même une grande famille. C'est très chaleureux. Ils t'accueillent à bras ouverts. On est très enclins à apprendre à tout le monde. Moi, la première, j'aimerais bien, l'année prochaine, créer un groupe de femmes au sein du club qui existait déjà, c'était les Ausha. Donc, reprendre ça, créer des excursions femmes, des week-ends femmes VTT et pousser les filles, les femmes à venir dans ces milieux. Ça paraît effrayant de l'extérieur, mais c'est rien. Si tu as la volonté, tu le fais et tu t'insères toute seule. Ta place, tu la crées. Tu n'as pas à demander ou quoi que ce soit.

  • Speaker #0

    Et le fait de créer ta place, est-ce que tu sens que les mentalités évoluent un petit peu au sein de ton service de la Bike Patrol et même au sein des équipes avec qui tu travailles ? Parce que Bike Patrol, vous travaillez aussi en collaboration avec tous les différents services de la station.

  • Speaker #1

    C'est différent parce que c'est vraiment en tant que jeune femme, j'ai 28 ans, ils ont la quarantaine ou la cinquantaine. Donc forcément, ça crée un peu un clivage. Là, en tant que jeune femme, au début, oui, c'était un peu plus compliqué parce qu'en termes de comment j'agis, comment je fais, comment je leur parle, comment je me positionne, c'est mes supérieurs. Mais en fait, l'équipe, elle s'est très bien faite.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'au cours de cette reconversion, à un moment donné, tu as regretté ton choix ?

  • Speaker #1

    Jamais. Non, pas du tout. Il y a plein de fois où je me suis dit que c'était super dur et que j'allais me poser... Je me posais plein de questions en me disant « Mais est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que c'est ça qui me plaît ? Tu es dehors toute la journée, des fois c'est dur quand tu es en train de ratisser en plein soleil, tu transpires, tu fais de la pioche, de la pelle, tu es appelé pour un secours, tu arrives, tu es suant, tu n'es pas trop dans le truc parce que tu étais dans ton shape et tout. Et au début, je me suis dit, s'il faut, ce n'est pas fait pour moi. Mais en fait, oui, si, je ne regrette pas une seule seconde. Quand je repense à cette vie-là où c'était très monotone. Pas palpitant du tout. Je ne regrette pas jamais.

  • Speaker #0

    Si tu avais carte blanche, donc que ce soit par des paroles ou par des actes, pour encourager des femmes à bosser en montagne, qu'est-ce que tu ferais ?

  • Speaker #1

    Je pense que ce qui serait super intéressant, ce serait de créer des journées un peu où on inviterait toutes ces femmes qui sont intéressées par ces métiers, en fait, des journées en immersion sur le terrain. Donc en fait, même là au Bike Park, il y a des nanas qui seraient intéressées pour faire un bike patrol. voilà, vous venez aujourd'hui, on vous montre le métier, on te montre la réalité du terrain, on te montre ce que c'est, on en parle, avec toute transparence, sans embellir, sans chichis, voilà, sans chien, puis vraiment, oui, ça va être compliqué, aujourd'hui, ça va être compliqué pour toi, tu vas faire de la pioche, mais voilà, de voir vraiment ce que c'est, de les encourager, et de dédramatiser vraiment le truc, travailler en montagne, c'est facile, si tu veux le faire, tu peux le faire, et tout est une question de volonté, il n'y a rien qui est compliqué, et Merci. Et franchement, personne ne te mettra des bâtons dans les roues. Si tu montres que tu as l'agnac, la force mentale et physique, il n'y a rien qui peut t'arrêter, je pense.

  • Speaker #0

    Et si tu pouvais t'adresser à la petite Saskia de 18 ans, qu'est-ce que tu lui dirais ?

  • Speaker #1

    Fais cette erreur, comme ça, après, tu apprécieras encore plus ton métier dans le futur. Je suis contente d'avoir... Enfin, ce n'est pas une erreur d'être partie à Londres, mais je suis contente d'être allée dans cette direction parce que maintenant, j'apprécie beaucoup plus au quotidien tout, en fait.

  • Speaker #0

    Bon, du coup, merci Saskia, en tout cas, pour ce partage de ta vie, de ton parcours, de ta reconversion sans filtre. On voit à quel point changer de vie, en fait, ce n'est pas simple, qu'il y a des doutes, des remises en question, mais aussi beaucoup de force quand on ose aller là où on se sent bien. Ton histoire, ça montre que même sans être du milieu, ni de la montagne, ni d'un sport de nature, en arrivant de loin, on peut trouver sa place ici, en montagne. Et ça peut peut-être donner envie à d'autres femmes de se lancer.

  • Speaker #1

    J'espère.

  • Speaker #0

    C'est gagné.

  • Speaker #1

    Elles sont bienvenues, en tout cas.

  • Speaker #0

    Cet épisode vous a plu ? Dites-le nous ! Un petit commentaire, 5 étoiles ou un partage, ça fait toujours plaisir ! Pensez à vous abonner au podcast Percher pour ne rater aucun épisode et suivez-nous sur les réseaux sociaux des angles Le Village Station. Merci pour votre écoute et à la prochaine pour une nouvelle ascension auditive !

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Description

Dans cet épisode exceptionnel de Perchés, plongez au cœur d’un parcours de vie hors du commun avec Saskia, jeune femme de 28 ans, qui a opéré une reconversion professionnelle radicale en quittant la vie citadine parisienne et londonienne pour s’installer en montagne, aux Angles.


Ancienne vendeuse en joaillerie chez Louis Vuitton, Saskia a écouté l’appel de la montagne et a choisi de vivre une vie plus authentique. Elle a tout laissé derrière elle pour embrasser une nouvelle carrière et pleine de défis aux Angles, en devenant bike patrol sur le bike park des Angles, une station de montagne dynamique et engagée dans les sports outdoor.


Cette reconversion inspirante, loin des clichés habituels, montre qu’il est possible de s’installer en montagne, de trouver sa place dans un milieu encore très masculin, et de s’épanouir pleinement grâce à la passion, la volonté et la persévérance. Entre changement de vie, passion pour le VTT, découverte du bike patrol, et intégration dans une communauté soudée, Saskia nous livre son témoignage sincère sur les difficultés physiques et mentales, mais aussi sur les joies et la fierté d’un métier en lien direct avec la nature et l’aventure.

Plus qu’une reconversion professionnelle, c’est une véritable quête de sens et d’épanouissement personnel.


Cet épisode est une invitation inspirante à toutes celles et ceux qui rêvent de changer de vie, loin des clichés de la montagne réservée aux sportifs aguerris : vivre ici, s’y épanouir, c’est possible, même quand on vient d’un autre univers.


Que vous soyez en quête d’une réinvention de vie, intéressé·e par la vie en montagne, ou simplement curieux·se de découvrir ce métier atypique, cet épisode vous invite à croire en vos rêves, à oser le changement, et à envisager la montagne comme un lieu d’opportunités pour tous.

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Perchés, c'est LE podcast qui vous emmène en montagne ! 🏔️

Situé dans les Pyrénées Orientales (66), les Angles le village-station est une destination 4 saisons, où la montagne se vie toute l’année.  Un panorama exceptionnel, une exposition propice à un bon enneigement sur la station de ski, des sentiers balisés avec des points de vue à couper le souffle, des pistes qui arrivent au pied du clocher, une vie nocturne animée, un espace aqua-ludique, une luge monorail, des infrastructures de qualité... Les Angles séduit par ses nombreux atouts ! 😍


Dans ce podcast, nous partons à la rencontre de ceux qui vivent « Perchés ». Nés en montagne, ou tombés amoureux des sommets, ils nous embarquent dans des récits inspirants, remplis d’anecdotes, d’histoires et de souvenirs. Vous découvrirez des aventures hors du commun, des métiers exercés avec passion, et des lieux uniques situés au cœur des Pyrénées Catalanes. 


Un territoire « Perchés » mêlant authenticité & modernité, et ce, depuis 60 ans ! 

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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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  • Speaker #0

    Elle a grandi à Paris, vécu à Londres. Elle travaille dans une joaillerie chez Louis Vuitton. Et autant dire que rien, sur le papier, ne l'a prédestinée à devenir bike patrol, aux angles. Et pourtant, aujourd'hui, elle entretient les pistes du bike park. Elle ride, elle intervient en cas de chute et elle est engagée dans le club de VTT local. Dans un milieu encore très masculin, elle a trouvé sa place et elle l'a prise. Son prénom, c'est Saskia. Et son parcours, c'est l'histoire d'un virage, un vrai. Celui qu'on prend quand la passion dépasse le CV. quand on change de décor, de vie, quand on choisit d'écouter l'appel de la montagne. Dans cet épisode, on parle de son parcours, de confiance en soi, de regard des autres, de passion et de reconversion, et de ce que ça représente d'être une femme dans un milieu d'hommes, et surtout de ce qu'elle aimerait dire à celles qui n'osent pas passer le cap. Alors bienvenue dans les coulisses d'une station qui ne dort jamais, bienvenue sur Percher, le podcast qui vous emmène en montagne. Saskia, bonjour !

  • Speaker #1

    Bonjour Marianne !

  • Speaker #0

    C'est un vrai plaisir de t'avoir au micro de ce podcast aujourd'hui, en plus pour un épisode un peu particulier. Parce que si aujourd'hui tu travailles en montagne sur le bike park, rien ne laissait penser, il y a trois ans, qu'on se retrouverait ici, toutes les deux, à 2500 mètres d'altitude, dans le chalet des bike patrouilleurs.

  • Speaker #1

    Absolument pas, oui.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ton ancienne vie ?

  • Speaker #1

    Du coup, à mes 18 ans, j'ai décidé de partir. Je faisais des saisons en bas, j'étais revenue de Paris. J'ai décidé de partir à Londres parce que je ne savais vraiment pas quoi faire de ma vie. Et quand je suis arrivée là-bas, j'étais fille au père et la maman travaillait chez Louis Vuitton. De là, moi j'ai commencé des études de marketing, communication dans une école à distance. Et après, je me suis lancée dans ma première carrière que je pensais être pour toute la vie, où je vendais du coup du textile, du prêt-à-porter, un peu de tout. Et je me suis spécialisée du coup en joaillerie chez Louis Vuitton. Sachant que là-bas, chacun a sa catégorie et chacun a ses spécialités, suivant l'étage où tu es placé. Je m'y plaisais plutôt bien. Une vie de citadine où j'avais mes horaires calés, du 9h à 20h, je ne sais pas, tout roulait. J'étais bien dedans jusqu'au jour où j'ai eu un petit déclic et que j'avais l'impression que ma vie, il ne se passait pas grand-chose à part le travail. Je n'accomplissais pas grand-chose et je ne m'épanouissais pas en tant que personne.

  • Speaker #0

    je me dépensais pas est-ce que t'as toujours eu cette fibre à vouloir aller plutôt du côté de la nature, de la montagne de l'extérieur ou t'étais pas du tout dedans vraiment la citadine, métro, boulot,

  • Speaker #1

    dodo pas trop parce que quand j'étais à Paris du coup j'ai fait 14 ans d'équitation et j'étais tout le temps fourrée dans les écuries avec mes copines à être dans la paille dégueu toute la journée et tout et c'est juste que voilà j'habitais pas loin j'étais vraiment sur les alentours de Paris Et c'est vrai qu'un jour, ça me plaisait quand j'allais dans Paris. Et puis, j'étais bien habillée, parfumée, coiffée. Et j'ai voulu un peu expériencer tout ça. Voir comment ça se passait d'avoir des beaux sacs à main, des beaux vêtements. Alors qu'en fait, ça a duré quelques années. Mais c'est vrai que le naturel m'a rattrapée un peu. Et au bout d'un moment, je n'en pouvais plus. Ce n'était pas du tout ce qui me plaisait. Tu ne te dépenses pas physiquement. C'est vrai qu'intellectuellement, tu restes quand même sur tes acquis. Il n'y a pas, je ne sais pas, tu ne cherches pas autre chose chaque jour. C'est vraiment une routine et un train-train. Mais du coup, ce n'était pas palpitant comme tout le reste, comme ça, ce qu'on vit au quotidien.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'on peut dire que tu ne te sentais pas à ta place dans cette vie-là ?

  • Speaker #1

    Au début, oui, vraiment à ma place, parce que je performais assez bien dans la vente de Joaillerie. Ça se passait super bien au sein de la boutique et tout. Mais c'est vrai qu'au bout d'un moment, quand je voyais la clientèle et la demande, Vraiment, le but de tout ça, je me disais que ça ne servait à rien. Je ne produisais rien au quotidien et je sentais que c'était très superficiel.

  • Speaker #0

    Et tu parles de déclic. Est-ce que c'est venu petit à petit ? Ou vraiment, il y a un moment donné où tu te souviens, tu t'es dit « Ok, là, ça ne va pas, je veux changer » .

  • Speaker #1

    C'était par des petites vacances. Je n'avais pas beaucoup de vacances déjà et je ne revenais pas souvent ici. Je revenais une fois par an en général. Donc, j'étais loin de ma famille et je ne voyais pas tout ça. Mais ouais, c'était des petites vacances que je faisais ici, où avec mon père, on sortait, on allait faire du vélo, on allait faire de la rando en montagne ou du 4x4. Et c'est vrai qu'à chaque fois que je revenais à Londres, j'étais là, mais c'est la dépression, quoi. On ne sortait pas là-bas, il pleut tout le temps, il fait froid. Voilà, il n'y avait pas de vélo, il n'y avait plus de parc, c'était à pied, ce n'était pas palpitant. Et c'est vrai qu'au fur et à mesure des années, je me suis dit, là, je passe à côté d'un truc.

  • Speaker #0

    C'était pas juste la déprime du retour de vacances.

  • Speaker #1

    C'était tout en général. C'était une vie fade, une vie sans goût. Et c'était toujours un peu le même truc de prendre son café avec les copines, manger au resto. Mais le fait de faire du vélo maintenant, tu le dépenses, tu crées des beaux moments avec les copains. Tu rentres le soir, t'es fatiguée, t'as fait plein de trucs, tu t'es poussée un peu à bout, t'as passé un saut que tu regardes depuis trois mois, qui te fait peur, et tu l'as passé, t'es trop contente, c'est trop bien. Non, je trouve que c'est vraiment satisfaisant et c'est vraiment des souvenirs que tu crées au quotidien.

  • Speaker #0

    À quel moment, combien de temps ça a pris un petit peu cette transition ? Est-ce que ça a été en douceur ? Est-ce que le choix a été radical du jour au lendemain ? Je quitte tout, plus de sac à main ?

  • Speaker #1

    Ça a été radical. Je suis revenue de vacances et je crois qu'une semaine après, on devait me promouvoir pour passer spécialiste dans le truc. Et c'est soit je signais pour ça et je me réengageais pour, je crois que c'était deux ans. En fait, tu signes une clause. Et là, j'ai dit, si je fais deux ans de plus, je pense que je pars en burn-out et ce n'était pas possible. Donc, j'ai donné ma lettre de démission directe. Et du jour au lendemain, j'ai appelé mon père, j'ai appelé ma mère et j'ai dit, écoutez, on fait les cartons, vous m'aidez à déménager, dans un mois, c'est fini.

  • Speaker #0

    Et donc, le but, c'était de retourner à Paris ou de...

  • Speaker #1

    Non, je ne savais pas du tout. Et j'ai fait un an en Australie, en fait.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce que tu as fait là-bas ? C'est trop bien.

  • Speaker #1

    Je travaillais en ferme, c'était super sympa. Du coup, avec le fermier, on s'occupait des moutons, on s'occupait des vaches. On était sur un quad toute la journée. Il faisait 50 degrés, mais c'était trop bien. On était dégueux et on s'occupait un peu de tout, quoi. De les bouger, de couper les cornes, de s'en occuper. Des fois, de faire naître les petits aussi. Voilà, donc je ne connaissais pas du tout ce milieu. Et du coup, très très sympa. Et quand je suis revenue ici, je me suis installée à la montagne.

  • Speaker #0

    Un an après ?

  • Speaker #1

    Oui, j'avais envie de revenir un peu vers ma famille, sachant qu'à Londres, j'avais passé je ne sais pas combien de temps loin de tout le monde. C'est vrai que tu n'y penses pas, mais quand tu es loin, il y a des décès, des mariages, des naissances, tu ne les vis pas. Donc c'est assez compliqué. Et là, en rentrant d'Australie, je me suis dit, vivre à Perpignan, non. Près de ma famille, ce ne sera pas possible. Perpil, la ville et tout, non ? Et je me suis dit, bon, les angles font romeux, pourquoi pas ? Donc, ça a commencé comme ça. J'ai commencé à faire un peu de montagne, un peu de ski, un peu de tout.

  • Speaker #0

    Alors que tu n'étais pas du tout dans ce milieu. C'était les vacances. Comme tout le monde, quoi.

  • Speaker #1

    J'en ai jamais. J'avais des sacs à main et du vernis sur les ongles. Et voilà. Et au fur et à mesure, j'ai adoré. Au début, je n'étais pas du tout dans le vélo. Et le vélo, ça a été introduit grâce à des copines qui m'ont dit, viens faire du vélo. Je n'avais jamais fait de descente avant. J'avais un vieux VTT, un 26 pouces, complètement… C'était horrible, ça ne fonctionnait pas. Et voilà, c'était du coup il y a trois ans. Et j'ai commencé mon premier été il y a trois ans, vélo, au bike park des Angles.

  • Speaker #0

    Donc en quoi, 2022 ?

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Et donc,

  • Speaker #0

    le déclic a été radical, la démission, un an pour réfléchir, et puis après, les questionnements sur quoi faire après.

  • Speaker #1

    Un an de flou total, oui.

  • Speaker #0

    Oui, ça a été nécessaire, du coup, pour toi, quand même, de flou, mais de recentrage sur soi aussi, parce qu'on passe de Londres à une ferme de notre palier, c'est aussi un moyen de…

  • Speaker #1

    En plus, c'était au fin fond du bûche, pas de réseau, il n'y a pas de supermarché, du coup, tu commandes une semaine en avant tes courses, aucun magasin, rien, nada, pas de restaurant, le seul restaurant, c'est vraiment très rudimentaire. Et ouais, ça a été une période où je me suis beaucoup recentrée sur moi-même pour savoir ce que je voulais faire. Même quand je suis revenue, je ne savais même pas que je voulais faire bike patrol. Je ne savais même pas que ce métier existait. Mais c'est en se renseignant un peu, en regardant autour, en se disant « bon, tu veux être dehors, tu veux faire ce genre de métier, sur quoi tu peux te baser un peu ? »

  • Speaker #0

    Comment réagit ton entourage quand tu as quitté Londres, que tu es partie une année et qu'aujourd'hui tu leur dis « voilà, je travaille à la montagne, je suis bike patrol » . Comment tes proches ont suivi ce déclic et ce changement de vie ?

  • Speaker #1

    Au revoir. Mon père, il n'a rien compris. J'étais la pure citadine qui avait limite peur de pas de tout. C'est vrai que quand j'étais à Londres, j'étais vraiment devenue citadine. J'étais bonne à rien, je pense en montagne. Il était aux anges quand j'ai commencé à faire du vélo, du bike park, de tout. Lui, il fait du vélo depuis des années.

  • Speaker #0

    D'accord, tes parents sont un peu dans la nature.

  • Speaker #1

    Papa était moniteur VTT à l'époque. Lui, du coup, il était triste, je pense, de me voir en ville de... pas m'épanouir et pas venir de sport et tout ça. Et quand il a su que je venais ici, il était aux anges. Et maman, je pense qu'elle préfère me savoir ici, mais elle est quand même inquiète par rapport au métier qui est à risque.

  • Speaker #0

    Les fractures, tout ça.

  • Speaker #1

    Donc, elle est un peu toujours inquiète, mais ça va, elle est contente qu'on soit à côté et qu'il y ait un peu de proximité.

  • Speaker #0

    Et qu'est-ce qui a été le plus dur dans ce changement de vie ? Comment on passe de la joaillerie au bike patrol, en fait ? Vous dire physiquement, mentalement ?

  • Speaker #1

    Tout est super dur. Physiquement, au début, la première fois que tu shapes et que tu n'as jamais touché un râteau, une pelle ou une pioche, tu as les bras qui fument en 20 minutes, tu n'as aucun physique. Tu te dis, mais comment je vais faire ça pendant une saison entière ? Comment je vais rouler avec un sac à dos super lourd qui me fait mal au dos toute la journée ? Ou comment je vais rouler alors que je suis fatiguée ? Mais en fait, tout se fait vachement naturellement. La première saison, elle a un peu galère parce qu'il faut vraiment trouver tes repères, savoir t'écouter aussi, savoir t'écouter en termes de fatigue, en termes de « je dois bien m'alimenter, il faut vraiment que je fasse attention à moi, je ne sors pas trop, j'essaye vraiment de faire du vélo, mais tranquille, je patrouille, je ne fais pas du vélo pour moi sur le bike park » . Après, le gros changement aussi, c'était s'intégrer dans une équipe qui est… 90% masculines, je pense. Enfin, en tout cas, sur la station, pas dans les bureaux, mais c'est vrai que sur la station, on n'est pas beaucoup de femmes. Mais après, en fait, c'est super bien. Je sais qu'on m'a appelée sous son aile. Ils sont très bienveillants. Ils sont super bienveillants. C'est top.

  • Speaker #0

    Tu as été hyper bien accueillie. Je suis envie de t'apprendre leur passion aussi. Parce que c'est ça, par passion.

  • Speaker #1

    Et moi, je ne demandais que ça, d'apprendre ce que c'était vraiment. C'est vrai que moi, en trois ans de vélo, je ne sais pas... tout et j'ai encore énormément à apprendre.

  • Speaker #0

    Après,

  • Speaker #1

    tu as fait une formation quand même à l'IFV pendant trois semaines. En fait, ce qui était assez rude, c'est que pareil, lors de cette formation, il n'y avait que des hommes. J'étais un peu déçue, je m'attendais à avoir des femmes aussi. C'est vrai qu'en fait, c'est assez effrayant. Je pense qu'on se fait une fausse idée de ce que ça peut être et du coup, on a peur de s'y lancer. Alors qu'en fait, c'est génial. C'est génial le travail avec des hommes. C'est génial... de rigoler. En fait, c'est un milieu qui est très différent du milieu féminin. Et une fois que tu as fait ta place et que tu as fait tes preuves, parce que je pense qu'au début, il faut quand même faire ses preuves, de dire j'en suis capable et j'ai le physique pour.

  • Speaker #0

    Et est-ce qu'en tant que femme, il faut que tu fasses plus de preuves ? Tu as senti que tu devais faire plus de preuves qu'un homme ?

  • Speaker #1

    Je n'ai pas forcément senti, mais je me le suis imposé, totalement. Au début, je me suis dit, tu vas ratisser huit heures d'affilée juste pour montrer que tu es capable, tu vois. Quitte à avoir les bras en feu, les mains qui saignent, je disais c'est pas grave, on va prouver, on va vous montrer. j'étais là ça va le faire et non au final il n'y avait pas besoin parce que c'était juste en montrant que j'étais présente que je savais faire un secours que si on me demande un truc je le fais immédiatement que je ne traîne pas la patte je ne râle pas je suis là c'est les qualités humaines qui ont primé ouais c'est juste ça après je pense que si tu n'es pas faite pour tu t'en rends compte très vite et dès la première année tu ne tiens pas ça termine rencontrer du monde aussi j'imagine parce que toi qui n'étais pas du milieu de la montagne arriver ici en tant que femme dans un milieu d'hommes pour le boulot, c'est une chose.

  • Speaker #0

    Mais arriver toute seule à 25 ans en montagne sans connaître personne, c'est difficile. Comment ça s'est passé ? Comment tu as fait ?

  • Speaker #1

    Comment tu as vécu ça ? Je connaissais un peu de monde à l'époque, donc je me suis fait des amis. Mais ce n'était pas du tout dans ce milieu-là. C'était dans le milieu de l'escalade et de la montagne que je ne connaissais pas du tout. Au début, c'était très dur parce que je suis arrivée, j'étais assez isolée. Je ne connaissais personne. On n'avait pas du tout les mêmes sujets de conversation. j'avais au... aucune connaissance sur ce milieu-là, donc j'ai tout appris. Mais au final, tu te rends compte que tu te fais... Enfin, tu crées des liens avec des personnes et ils sont très, très forts parce que c'est pas comme partager un repas ou quoi. Là, c'est partager des sensations fortes, des bons moments et tu crées des amitiés super belles, super fortes. Tu peux compter les uns sur les autres. On fait des sorties à la journée entière. Mais ouais, quand tu connais un peu tout le monde, tu te rends compte que c'est vraiment quand même une grande famille. C'est très chaleureux. Ils t'accueillent à bras ouverts. On est très enclins à apprendre à tout le monde. Moi, la première, j'aimerais bien, l'année prochaine, créer un groupe de femmes au sein du club qui existait déjà, c'était les Ausha. Donc, reprendre ça, créer des excursions femmes, des week-ends femmes VTT et pousser les filles, les femmes à venir dans ces milieux. Ça paraît effrayant de l'extérieur, mais c'est rien. Si tu as la volonté, tu le fais et tu t'insères toute seule. Ta place, tu la crées. Tu n'as pas à demander ou quoi que ce soit.

  • Speaker #0

    Et le fait de créer ta place, est-ce que tu sens que les mentalités évoluent un petit peu au sein de ton service de la Bike Patrol et même au sein des équipes avec qui tu travailles ? Parce que Bike Patrol, vous travaillez aussi en collaboration avec tous les différents services de la station.

  • Speaker #1

    C'est différent parce que c'est vraiment en tant que jeune femme, j'ai 28 ans, ils ont la quarantaine ou la cinquantaine. Donc forcément, ça crée un peu un clivage. Là, en tant que jeune femme, au début, oui, c'était un peu plus compliqué parce qu'en termes de comment j'agis, comment je fais, comment je leur parle, comment je me positionne, c'est mes supérieurs. Mais en fait, l'équipe, elle s'est très bien faite.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'au cours de cette reconversion, à un moment donné, tu as regretté ton choix ?

  • Speaker #1

    Jamais. Non, pas du tout. Il y a plein de fois où je me suis dit que c'était super dur et que j'allais me poser... Je me posais plein de questions en me disant « Mais est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que c'est ça qui me plaît ? Tu es dehors toute la journée, des fois c'est dur quand tu es en train de ratisser en plein soleil, tu transpires, tu fais de la pioche, de la pelle, tu es appelé pour un secours, tu arrives, tu es suant, tu n'es pas trop dans le truc parce que tu étais dans ton shape et tout. Et au début, je me suis dit, s'il faut, ce n'est pas fait pour moi. Mais en fait, oui, si, je ne regrette pas une seule seconde. Quand je repense à cette vie-là où c'était très monotone. Pas palpitant du tout. Je ne regrette pas jamais.

  • Speaker #0

    Si tu avais carte blanche, donc que ce soit par des paroles ou par des actes, pour encourager des femmes à bosser en montagne, qu'est-ce que tu ferais ?

  • Speaker #1

    Je pense que ce qui serait super intéressant, ce serait de créer des journées un peu où on inviterait toutes ces femmes qui sont intéressées par ces métiers, en fait, des journées en immersion sur le terrain. Donc en fait, même là au Bike Park, il y a des nanas qui seraient intéressées pour faire un bike patrol. voilà, vous venez aujourd'hui, on vous montre le métier, on te montre la réalité du terrain, on te montre ce que c'est, on en parle, avec toute transparence, sans embellir, sans chichis, voilà, sans chien, puis vraiment, oui, ça va être compliqué, aujourd'hui, ça va être compliqué pour toi, tu vas faire de la pioche, mais voilà, de voir vraiment ce que c'est, de les encourager, et de dédramatiser vraiment le truc, travailler en montagne, c'est facile, si tu veux le faire, tu peux le faire, et tout est une question de volonté, il n'y a rien qui est compliqué, et Merci. Et franchement, personne ne te mettra des bâtons dans les roues. Si tu montres que tu as l'agnac, la force mentale et physique, il n'y a rien qui peut t'arrêter, je pense.

  • Speaker #0

    Et si tu pouvais t'adresser à la petite Saskia de 18 ans, qu'est-ce que tu lui dirais ?

  • Speaker #1

    Fais cette erreur, comme ça, après, tu apprécieras encore plus ton métier dans le futur. Je suis contente d'avoir... Enfin, ce n'est pas une erreur d'être partie à Londres, mais je suis contente d'être allée dans cette direction parce que maintenant, j'apprécie beaucoup plus au quotidien tout, en fait.

  • Speaker #0

    Bon, du coup, merci Saskia, en tout cas, pour ce partage de ta vie, de ton parcours, de ta reconversion sans filtre. On voit à quel point changer de vie, en fait, ce n'est pas simple, qu'il y a des doutes, des remises en question, mais aussi beaucoup de force quand on ose aller là où on se sent bien. Ton histoire, ça montre que même sans être du milieu, ni de la montagne, ni d'un sport de nature, en arrivant de loin, on peut trouver sa place ici, en montagne. Et ça peut peut-être donner envie à d'autres femmes de se lancer.

  • Speaker #1

    J'espère.

  • Speaker #0

    C'est gagné.

  • Speaker #1

    Elles sont bienvenues, en tout cas.

  • Speaker #0

    Cet épisode vous a plu ? Dites-le nous ! Un petit commentaire, 5 étoiles ou un partage, ça fait toujours plaisir ! Pensez à vous abonner au podcast Percher pour ne rater aucun épisode et suivez-nous sur les réseaux sociaux des angles Le Village Station. Merci pour votre écoute et à la prochaine pour une nouvelle ascension auditive !

Description

Dans cet épisode exceptionnel de Perchés, plongez au cœur d’un parcours de vie hors du commun avec Saskia, jeune femme de 28 ans, qui a opéré une reconversion professionnelle radicale en quittant la vie citadine parisienne et londonienne pour s’installer en montagne, aux Angles.


Ancienne vendeuse en joaillerie chez Louis Vuitton, Saskia a écouté l’appel de la montagne et a choisi de vivre une vie plus authentique. Elle a tout laissé derrière elle pour embrasser une nouvelle carrière et pleine de défis aux Angles, en devenant bike patrol sur le bike park des Angles, une station de montagne dynamique et engagée dans les sports outdoor.


Cette reconversion inspirante, loin des clichés habituels, montre qu’il est possible de s’installer en montagne, de trouver sa place dans un milieu encore très masculin, et de s’épanouir pleinement grâce à la passion, la volonté et la persévérance. Entre changement de vie, passion pour le VTT, découverte du bike patrol, et intégration dans une communauté soudée, Saskia nous livre son témoignage sincère sur les difficultés physiques et mentales, mais aussi sur les joies et la fierté d’un métier en lien direct avec la nature et l’aventure.

Plus qu’une reconversion professionnelle, c’est une véritable quête de sens et d’épanouissement personnel.


Cet épisode est une invitation inspirante à toutes celles et ceux qui rêvent de changer de vie, loin des clichés de la montagne réservée aux sportifs aguerris : vivre ici, s’y épanouir, c’est possible, même quand on vient d’un autre univers.


Que vous soyez en quête d’une réinvention de vie, intéressé·e par la vie en montagne, ou simplement curieux·se de découvrir ce métier atypique, cet épisode vous invite à croire en vos rêves, à oser le changement, et à envisager la montagne comme un lieu d’opportunités pour tous.

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Perchés, c'est LE podcast qui vous emmène en montagne ! 🏔️

Situé dans les Pyrénées Orientales (66), les Angles le village-station est une destination 4 saisons, où la montagne se vie toute l’année.  Un panorama exceptionnel, une exposition propice à un bon enneigement sur la station de ski, des sentiers balisés avec des points de vue à couper le souffle, des pistes qui arrivent au pied du clocher, une vie nocturne animée, un espace aqua-ludique, une luge monorail, des infrastructures de qualité... Les Angles séduit par ses nombreux atouts ! 😍


Dans ce podcast, nous partons à la rencontre de ceux qui vivent « Perchés ». Nés en montagne, ou tombés amoureux des sommets, ils nous embarquent dans des récits inspirants, remplis d’anecdotes, d’histoires et de souvenirs. Vous découvrirez des aventures hors du commun, des métiers exercés avec passion, et des lieux uniques situés au cœur des Pyrénées Catalanes. 


Un territoire « Perchés » mêlant authenticité & modernité, et ce, depuis 60 ans ! 

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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Elle a grandi à Paris, vécu à Londres. Elle travaille dans une joaillerie chez Louis Vuitton. Et autant dire que rien, sur le papier, ne l'a prédestinée à devenir bike patrol, aux angles. Et pourtant, aujourd'hui, elle entretient les pistes du bike park. Elle ride, elle intervient en cas de chute et elle est engagée dans le club de VTT local. Dans un milieu encore très masculin, elle a trouvé sa place et elle l'a prise. Son prénom, c'est Saskia. Et son parcours, c'est l'histoire d'un virage, un vrai. Celui qu'on prend quand la passion dépasse le CV. quand on change de décor, de vie, quand on choisit d'écouter l'appel de la montagne. Dans cet épisode, on parle de son parcours, de confiance en soi, de regard des autres, de passion et de reconversion, et de ce que ça représente d'être une femme dans un milieu d'hommes, et surtout de ce qu'elle aimerait dire à celles qui n'osent pas passer le cap. Alors bienvenue dans les coulisses d'une station qui ne dort jamais, bienvenue sur Percher, le podcast qui vous emmène en montagne. Saskia, bonjour !

  • Speaker #1

    Bonjour Marianne !

  • Speaker #0

    C'est un vrai plaisir de t'avoir au micro de ce podcast aujourd'hui, en plus pour un épisode un peu particulier. Parce que si aujourd'hui tu travailles en montagne sur le bike park, rien ne laissait penser, il y a trois ans, qu'on se retrouverait ici, toutes les deux, à 2500 mètres d'altitude, dans le chalet des bike patrouilleurs.

  • Speaker #1

    Absolument pas, oui.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ton ancienne vie ?

  • Speaker #1

    Du coup, à mes 18 ans, j'ai décidé de partir. Je faisais des saisons en bas, j'étais revenue de Paris. J'ai décidé de partir à Londres parce que je ne savais vraiment pas quoi faire de ma vie. Et quand je suis arrivée là-bas, j'étais fille au père et la maman travaillait chez Louis Vuitton. De là, moi j'ai commencé des études de marketing, communication dans une école à distance. Et après, je me suis lancée dans ma première carrière que je pensais être pour toute la vie, où je vendais du coup du textile, du prêt-à-porter, un peu de tout. Et je me suis spécialisée du coup en joaillerie chez Louis Vuitton. Sachant que là-bas, chacun a sa catégorie et chacun a ses spécialités, suivant l'étage où tu es placé. Je m'y plaisais plutôt bien. Une vie de citadine où j'avais mes horaires calés, du 9h à 20h, je ne sais pas, tout roulait. J'étais bien dedans jusqu'au jour où j'ai eu un petit déclic et que j'avais l'impression que ma vie, il ne se passait pas grand-chose à part le travail. Je n'accomplissais pas grand-chose et je ne m'épanouissais pas en tant que personne.

  • Speaker #0

    je me dépensais pas est-ce que t'as toujours eu cette fibre à vouloir aller plutôt du côté de la nature, de la montagne de l'extérieur ou t'étais pas du tout dedans vraiment la citadine, métro, boulot,

  • Speaker #1

    dodo pas trop parce que quand j'étais à Paris du coup j'ai fait 14 ans d'équitation et j'étais tout le temps fourrée dans les écuries avec mes copines à être dans la paille dégueu toute la journée et tout et c'est juste que voilà j'habitais pas loin j'étais vraiment sur les alentours de Paris Et c'est vrai qu'un jour, ça me plaisait quand j'allais dans Paris. Et puis, j'étais bien habillée, parfumée, coiffée. Et j'ai voulu un peu expériencer tout ça. Voir comment ça se passait d'avoir des beaux sacs à main, des beaux vêtements. Alors qu'en fait, ça a duré quelques années. Mais c'est vrai que le naturel m'a rattrapée un peu. Et au bout d'un moment, je n'en pouvais plus. Ce n'était pas du tout ce qui me plaisait. Tu ne te dépenses pas physiquement. C'est vrai qu'intellectuellement, tu restes quand même sur tes acquis. Il n'y a pas, je ne sais pas, tu ne cherches pas autre chose chaque jour. C'est vraiment une routine et un train-train. Mais du coup, ce n'était pas palpitant comme tout le reste, comme ça, ce qu'on vit au quotidien.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'on peut dire que tu ne te sentais pas à ta place dans cette vie-là ?

  • Speaker #1

    Au début, oui, vraiment à ma place, parce que je performais assez bien dans la vente de Joaillerie. Ça se passait super bien au sein de la boutique et tout. Mais c'est vrai qu'au bout d'un moment, quand je voyais la clientèle et la demande, Vraiment, le but de tout ça, je me disais que ça ne servait à rien. Je ne produisais rien au quotidien et je sentais que c'était très superficiel.

  • Speaker #0

    Et tu parles de déclic. Est-ce que c'est venu petit à petit ? Ou vraiment, il y a un moment donné où tu te souviens, tu t'es dit « Ok, là, ça ne va pas, je veux changer » .

  • Speaker #1

    C'était par des petites vacances. Je n'avais pas beaucoup de vacances déjà et je ne revenais pas souvent ici. Je revenais une fois par an en général. Donc, j'étais loin de ma famille et je ne voyais pas tout ça. Mais ouais, c'était des petites vacances que je faisais ici, où avec mon père, on sortait, on allait faire du vélo, on allait faire de la rando en montagne ou du 4x4. Et c'est vrai qu'à chaque fois que je revenais à Londres, j'étais là, mais c'est la dépression, quoi. On ne sortait pas là-bas, il pleut tout le temps, il fait froid. Voilà, il n'y avait pas de vélo, il n'y avait plus de parc, c'était à pied, ce n'était pas palpitant. Et c'est vrai qu'au fur et à mesure des années, je me suis dit, là, je passe à côté d'un truc.

  • Speaker #0

    C'était pas juste la déprime du retour de vacances.

  • Speaker #1

    C'était tout en général. C'était une vie fade, une vie sans goût. Et c'était toujours un peu le même truc de prendre son café avec les copines, manger au resto. Mais le fait de faire du vélo maintenant, tu le dépenses, tu crées des beaux moments avec les copains. Tu rentres le soir, t'es fatiguée, t'as fait plein de trucs, tu t'es poussée un peu à bout, t'as passé un saut que tu regardes depuis trois mois, qui te fait peur, et tu l'as passé, t'es trop contente, c'est trop bien. Non, je trouve que c'est vraiment satisfaisant et c'est vraiment des souvenirs que tu crées au quotidien.

  • Speaker #0

    À quel moment, combien de temps ça a pris un petit peu cette transition ? Est-ce que ça a été en douceur ? Est-ce que le choix a été radical du jour au lendemain ? Je quitte tout, plus de sac à main ?

  • Speaker #1

    Ça a été radical. Je suis revenue de vacances et je crois qu'une semaine après, on devait me promouvoir pour passer spécialiste dans le truc. Et c'est soit je signais pour ça et je me réengageais pour, je crois que c'était deux ans. En fait, tu signes une clause. Et là, j'ai dit, si je fais deux ans de plus, je pense que je pars en burn-out et ce n'était pas possible. Donc, j'ai donné ma lettre de démission directe. Et du jour au lendemain, j'ai appelé mon père, j'ai appelé ma mère et j'ai dit, écoutez, on fait les cartons, vous m'aidez à déménager, dans un mois, c'est fini.

  • Speaker #0

    Et donc, le but, c'était de retourner à Paris ou de...

  • Speaker #1

    Non, je ne savais pas du tout. Et j'ai fait un an en Australie, en fait.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce que tu as fait là-bas ? C'est trop bien.

  • Speaker #1

    Je travaillais en ferme, c'était super sympa. Du coup, avec le fermier, on s'occupait des moutons, on s'occupait des vaches. On était sur un quad toute la journée. Il faisait 50 degrés, mais c'était trop bien. On était dégueux et on s'occupait un peu de tout, quoi. De les bouger, de couper les cornes, de s'en occuper. Des fois, de faire naître les petits aussi. Voilà, donc je ne connaissais pas du tout ce milieu. Et du coup, très très sympa. Et quand je suis revenue ici, je me suis installée à la montagne.

  • Speaker #0

    Un an après ?

  • Speaker #1

    Oui, j'avais envie de revenir un peu vers ma famille, sachant qu'à Londres, j'avais passé je ne sais pas combien de temps loin de tout le monde. C'est vrai que tu n'y penses pas, mais quand tu es loin, il y a des décès, des mariages, des naissances, tu ne les vis pas. Donc c'est assez compliqué. Et là, en rentrant d'Australie, je me suis dit, vivre à Perpignan, non. Près de ma famille, ce ne sera pas possible. Perpil, la ville et tout, non ? Et je me suis dit, bon, les angles font romeux, pourquoi pas ? Donc, ça a commencé comme ça. J'ai commencé à faire un peu de montagne, un peu de ski, un peu de tout.

  • Speaker #0

    Alors que tu n'étais pas du tout dans ce milieu. C'était les vacances. Comme tout le monde, quoi.

  • Speaker #1

    J'en ai jamais. J'avais des sacs à main et du vernis sur les ongles. Et voilà. Et au fur et à mesure, j'ai adoré. Au début, je n'étais pas du tout dans le vélo. Et le vélo, ça a été introduit grâce à des copines qui m'ont dit, viens faire du vélo. Je n'avais jamais fait de descente avant. J'avais un vieux VTT, un 26 pouces, complètement… C'était horrible, ça ne fonctionnait pas. Et voilà, c'était du coup il y a trois ans. Et j'ai commencé mon premier été il y a trois ans, vélo, au bike park des Angles.

  • Speaker #0

    Donc en quoi, 2022 ?

  • Speaker #1

    Oui, c'est ça. Et donc,

  • Speaker #0

    le déclic a été radical, la démission, un an pour réfléchir, et puis après, les questionnements sur quoi faire après.

  • Speaker #1

    Un an de flou total, oui.

  • Speaker #0

    Oui, ça a été nécessaire, du coup, pour toi, quand même, de flou, mais de recentrage sur soi aussi, parce qu'on passe de Londres à une ferme de notre palier, c'est aussi un moyen de…

  • Speaker #1

    En plus, c'était au fin fond du bûche, pas de réseau, il n'y a pas de supermarché, du coup, tu commandes une semaine en avant tes courses, aucun magasin, rien, nada, pas de restaurant, le seul restaurant, c'est vraiment très rudimentaire. Et ouais, ça a été une période où je me suis beaucoup recentrée sur moi-même pour savoir ce que je voulais faire. Même quand je suis revenue, je ne savais même pas que je voulais faire bike patrol. Je ne savais même pas que ce métier existait. Mais c'est en se renseignant un peu, en regardant autour, en se disant « bon, tu veux être dehors, tu veux faire ce genre de métier, sur quoi tu peux te baser un peu ? »

  • Speaker #0

    Comment réagit ton entourage quand tu as quitté Londres, que tu es partie une année et qu'aujourd'hui tu leur dis « voilà, je travaille à la montagne, je suis bike patrol » . Comment tes proches ont suivi ce déclic et ce changement de vie ?

  • Speaker #1

    Au revoir. Mon père, il n'a rien compris. J'étais la pure citadine qui avait limite peur de pas de tout. C'est vrai que quand j'étais à Londres, j'étais vraiment devenue citadine. J'étais bonne à rien, je pense en montagne. Il était aux anges quand j'ai commencé à faire du vélo, du bike park, de tout. Lui, il fait du vélo depuis des années.

  • Speaker #0

    D'accord, tes parents sont un peu dans la nature.

  • Speaker #1

    Papa était moniteur VTT à l'époque. Lui, du coup, il était triste, je pense, de me voir en ville de... pas m'épanouir et pas venir de sport et tout ça. Et quand il a su que je venais ici, il était aux anges. Et maman, je pense qu'elle préfère me savoir ici, mais elle est quand même inquiète par rapport au métier qui est à risque.

  • Speaker #0

    Les fractures, tout ça.

  • Speaker #1

    Donc, elle est un peu toujours inquiète, mais ça va, elle est contente qu'on soit à côté et qu'il y ait un peu de proximité.

  • Speaker #0

    Et qu'est-ce qui a été le plus dur dans ce changement de vie ? Comment on passe de la joaillerie au bike patrol, en fait ? Vous dire physiquement, mentalement ?

  • Speaker #1

    Tout est super dur. Physiquement, au début, la première fois que tu shapes et que tu n'as jamais touché un râteau, une pelle ou une pioche, tu as les bras qui fument en 20 minutes, tu n'as aucun physique. Tu te dis, mais comment je vais faire ça pendant une saison entière ? Comment je vais rouler avec un sac à dos super lourd qui me fait mal au dos toute la journée ? Ou comment je vais rouler alors que je suis fatiguée ? Mais en fait, tout se fait vachement naturellement. La première saison, elle a un peu galère parce qu'il faut vraiment trouver tes repères, savoir t'écouter aussi, savoir t'écouter en termes de fatigue, en termes de « je dois bien m'alimenter, il faut vraiment que je fasse attention à moi, je ne sors pas trop, j'essaye vraiment de faire du vélo, mais tranquille, je patrouille, je ne fais pas du vélo pour moi sur le bike park » . Après, le gros changement aussi, c'était s'intégrer dans une équipe qui est… 90% masculines, je pense. Enfin, en tout cas, sur la station, pas dans les bureaux, mais c'est vrai que sur la station, on n'est pas beaucoup de femmes. Mais après, en fait, c'est super bien. Je sais qu'on m'a appelée sous son aile. Ils sont très bienveillants. Ils sont super bienveillants. C'est top.

  • Speaker #0

    Tu as été hyper bien accueillie. Je suis envie de t'apprendre leur passion aussi. Parce que c'est ça, par passion.

  • Speaker #1

    Et moi, je ne demandais que ça, d'apprendre ce que c'était vraiment. C'est vrai que moi, en trois ans de vélo, je ne sais pas... tout et j'ai encore énormément à apprendre.

  • Speaker #0

    Après,

  • Speaker #1

    tu as fait une formation quand même à l'IFV pendant trois semaines. En fait, ce qui était assez rude, c'est que pareil, lors de cette formation, il n'y avait que des hommes. J'étais un peu déçue, je m'attendais à avoir des femmes aussi. C'est vrai qu'en fait, c'est assez effrayant. Je pense qu'on se fait une fausse idée de ce que ça peut être et du coup, on a peur de s'y lancer. Alors qu'en fait, c'est génial. C'est génial le travail avec des hommes. C'est génial... de rigoler. En fait, c'est un milieu qui est très différent du milieu féminin. Et une fois que tu as fait ta place et que tu as fait tes preuves, parce que je pense qu'au début, il faut quand même faire ses preuves, de dire j'en suis capable et j'ai le physique pour.

  • Speaker #0

    Et est-ce qu'en tant que femme, il faut que tu fasses plus de preuves ? Tu as senti que tu devais faire plus de preuves qu'un homme ?

  • Speaker #1

    Je n'ai pas forcément senti, mais je me le suis imposé, totalement. Au début, je me suis dit, tu vas ratisser huit heures d'affilée juste pour montrer que tu es capable, tu vois. Quitte à avoir les bras en feu, les mains qui saignent, je disais c'est pas grave, on va prouver, on va vous montrer. j'étais là ça va le faire et non au final il n'y avait pas besoin parce que c'était juste en montrant que j'étais présente que je savais faire un secours que si on me demande un truc je le fais immédiatement que je ne traîne pas la patte je ne râle pas je suis là c'est les qualités humaines qui ont primé ouais c'est juste ça après je pense que si tu n'es pas faite pour tu t'en rends compte très vite et dès la première année tu ne tiens pas ça termine rencontrer du monde aussi j'imagine parce que toi qui n'étais pas du milieu de la montagne arriver ici en tant que femme dans un milieu d'hommes pour le boulot, c'est une chose.

  • Speaker #0

    Mais arriver toute seule à 25 ans en montagne sans connaître personne, c'est difficile. Comment ça s'est passé ? Comment tu as fait ?

  • Speaker #1

    Comment tu as vécu ça ? Je connaissais un peu de monde à l'époque, donc je me suis fait des amis. Mais ce n'était pas du tout dans ce milieu-là. C'était dans le milieu de l'escalade et de la montagne que je ne connaissais pas du tout. Au début, c'était très dur parce que je suis arrivée, j'étais assez isolée. Je ne connaissais personne. On n'avait pas du tout les mêmes sujets de conversation. j'avais au... aucune connaissance sur ce milieu-là, donc j'ai tout appris. Mais au final, tu te rends compte que tu te fais... Enfin, tu crées des liens avec des personnes et ils sont très, très forts parce que c'est pas comme partager un repas ou quoi. Là, c'est partager des sensations fortes, des bons moments et tu crées des amitiés super belles, super fortes. Tu peux compter les uns sur les autres. On fait des sorties à la journée entière. Mais ouais, quand tu connais un peu tout le monde, tu te rends compte que c'est vraiment quand même une grande famille. C'est très chaleureux. Ils t'accueillent à bras ouverts. On est très enclins à apprendre à tout le monde. Moi, la première, j'aimerais bien, l'année prochaine, créer un groupe de femmes au sein du club qui existait déjà, c'était les Ausha. Donc, reprendre ça, créer des excursions femmes, des week-ends femmes VTT et pousser les filles, les femmes à venir dans ces milieux. Ça paraît effrayant de l'extérieur, mais c'est rien. Si tu as la volonté, tu le fais et tu t'insères toute seule. Ta place, tu la crées. Tu n'as pas à demander ou quoi que ce soit.

  • Speaker #0

    Et le fait de créer ta place, est-ce que tu sens que les mentalités évoluent un petit peu au sein de ton service de la Bike Patrol et même au sein des équipes avec qui tu travailles ? Parce que Bike Patrol, vous travaillez aussi en collaboration avec tous les différents services de la station.

  • Speaker #1

    C'est différent parce que c'est vraiment en tant que jeune femme, j'ai 28 ans, ils ont la quarantaine ou la cinquantaine. Donc forcément, ça crée un peu un clivage. Là, en tant que jeune femme, au début, oui, c'était un peu plus compliqué parce qu'en termes de comment j'agis, comment je fais, comment je leur parle, comment je me positionne, c'est mes supérieurs. Mais en fait, l'équipe, elle s'est très bien faite.

  • Speaker #0

    Est-ce qu'au cours de cette reconversion, à un moment donné, tu as regretté ton choix ?

  • Speaker #1

    Jamais. Non, pas du tout. Il y a plein de fois où je me suis dit que c'était super dur et que j'allais me poser... Je me posais plein de questions en me disant « Mais est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que c'est ça qui me plaît ? Tu es dehors toute la journée, des fois c'est dur quand tu es en train de ratisser en plein soleil, tu transpires, tu fais de la pioche, de la pelle, tu es appelé pour un secours, tu arrives, tu es suant, tu n'es pas trop dans le truc parce que tu étais dans ton shape et tout. Et au début, je me suis dit, s'il faut, ce n'est pas fait pour moi. Mais en fait, oui, si, je ne regrette pas une seule seconde. Quand je repense à cette vie-là où c'était très monotone. Pas palpitant du tout. Je ne regrette pas jamais.

  • Speaker #0

    Si tu avais carte blanche, donc que ce soit par des paroles ou par des actes, pour encourager des femmes à bosser en montagne, qu'est-ce que tu ferais ?

  • Speaker #1

    Je pense que ce qui serait super intéressant, ce serait de créer des journées un peu où on inviterait toutes ces femmes qui sont intéressées par ces métiers, en fait, des journées en immersion sur le terrain. Donc en fait, même là au Bike Park, il y a des nanas qui seraient intéressées pour faire un bike patrol. voilà, vous venez aujourd'hui, on vous montre le métier, on te montre la réalité du terrain, on te montre ce que c'est, on en parle, avec toute transparence, sans embellir, sans chichis, voilà, sans chien, puis vraiment, oui, ça va être compliqué, aujourd'hui, ça va être compliqué pour toi, tu vas faire de la pioche, mais voilà, de voir vraiment ce que c'est, de les encourager, et de dédramatiser vraiment le truc, travailler en montagne, c'est facile, si tu veux le faire, tu peux le faire, et tout est une question de volonté, il n'y a rien qui est compliqué, et Merci. Et franchement, personne ne te mettra des bâtons dans les roues. Si tu montres que tu as l'agnac, la force mentale et physique, il n'y a rien qui peut t'arrêter, je pense.

  • Speaker #0

    Et si tu pouvais t'adresser à la petite Saskia de 18 ans, qu'est-ce que tu lui dirais ?

  • Speaker #1

    Fais cette erreur, comme ça, après, tu apprécieras encore plus ton métier dans le futur. Je suis contente d'avoir... Enfin, ce n'est pas une erreur d'être partie à Londres, mais je suis contente d'être allée dans cette direction parce que maintenant, j'apprécie beaucoup plus au quotidien tout, en fait.

  • Speaker #0

    Bon, du coup, merci Saskia, en tout cas, pour ce partage de ta vie, de ton parcours, de ta reconversion sans filtre. On voit à quel point changer de vie, en fait, ce n'est pas simple, qu'il y a des doutes, des remises en question, mais aussi beaucoup de force quand on ose aller là où on se sent bien. Ton histoire, ça montre que même sans être du milieu, ni de la montagne, ni d'un sport de nature, en arrivant de loin, on peut trouver sa place ici, en montagne. Et ça peut peut-être donner envie à d'autres femmes de se lancer.

  • Speaker #1

    J'espère.

  • Speaker #0

    C'est gagné.

  • Speaker #1

    Elles sont bienvenues, en tout cas.

  • Speaker #0

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