- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Percher, le podcast qui vous emmène en montagne. Chaussiez vos skis et attachez vos chaussures de randonnée, car nous partons pour un voyage à la station de ski des Angles et son village, situé à 1600 mètres d'altitude, à la rencontre de ceux qui vivent, perchés, sur les sommets. Ces montagnards nous embarquent dans des récits inspirants, remplis d'anecdotes, d'histoires et de souvenirs. De la création au projet futur, Préparez-vous à entrer dans 60 ans d'histoire.
- Speaker #1
Aujourd'hui, nous sommes avec Janine et Jérôme. Ils ont un point commun, c'est qu'ils ont tous les deux côtoyé au plus proche les coulisses de la direction d'une station de ski. Donc Janine, femme du premier directeur de la station de ski des Angles, François, et Jérôme, le directeur actuel. À eux deux, ils représentent 50 ans de la gestion de la station de ski des Angles. Janine, Jérôme,
- Speaker #2
bonjour.
- Speaker #1
Jeannine, vous avez connu la station à ses débuts. Est-ce que vous pouvez nous raconter comment c'était ?
- Speaker #2
Au début, ils ne l'ont pas vu comme ça. Les premières réunions du Conseil, ils se battaient à coups de chaises. Ah oui ? Parce qu'on leur prenait... Un bout de terreur ? Les Angles avaient trouvé la solution de vendre de la forêt pour pouvoir créer la station. Les réunions du Conseil municipal, il fallait voir qu'ils étaient tous agis. Ils voyaient qu'on leur prenait ce qu'ils avaient de plus cher.
- Speaker #3
De leur richesse à eux.
- Speaker #2
Un peu de chaises, ils ne voyaient ça pas.
- Speaker #3
Oui, parce que ce qu'il faut dire quand même, c'est que les gens qui travaillaient à la station à l'époque, c'était à la fois des paysans du village, c'était aussi des gens qui vivaient ça et qui finalement avaient peu d'argent. Et la station, elle leur a permis de gagner et d'avoir un vrai travail. Avant tout, les gens, ce sont des Anglois qui ont envie que les gens vivent bien ici. L'objectif, c'est que... Oui,
- Speaker #2
mais au début, ils ne l'ont pas vu, ça. Ils étaient bourrés parce que les angles étaient quand même fermés. C'était dans un vase de clous, les angles. On vit aux angles, ils vivaient de leurs jardins, de leurs cochons, leurs deux vaches, et c'était tout.
- Speaker #3
Les premiers à remonter, ça a dû être une révolution extraordinaire.
- Speaker #2
Vous savez, dans tous les villages, il y a toutes sortes de tempéraments. Et tous ces esprits, il faut essayer de les...
- Speaker #3
Les amener sur un objectif unique. Oui,
- Speaker #2
et ça, ce n'était pas facile, même pour le maire. Pour Samson, il s'en est vu avec toute son équipe.
- Speaker #3
Bien sûr.
- Speaker #2
Il leur a fait le bonheur à tous, mais ils s'en dévuaient. C'était un bâtard. Le Pépé Samson, c'était le roi des bâtards. Parce qu'il avait l'intelligence et il avait la rage.
- Speaker #3
Il n'avait pas peur. C'était un leader.
- Speaker #2
Il n'avait pas peur.
- Speaker #1
Mais alors, comment François, votre mari, s'est retrouvé à travailler en tant que directeur de la station, du coup, avec Paul Samson ?
- Speaker #2
Donc, il quitte l'armée, 15 ans d'armée. Il dit qu'il veut rentrer dans le civil et il l'a fait, il a quitté l'armée. Ils vont éteindre un feu avec M. Trille. Et le pépé Sanson l'avait pris comme secrétaire de mairie. Ils se sont trouvés à éteindre un feu à Aulette. Et il se trouve à côté d'Henri. Alors il lui dit, qu'est-ce que tu fais ? Il lui dit, moi maintenant je prends la retraite, mais il faut que je trouve un boulot. Je voudrais prendre une station. Et alors il lui dit, mais moi je travaille aux Angles. Alors Henri, il propose à... au PP Sanson, moi si vous voulez je vous ai trouvé un directeur de station qui est diplômé. Il a dit, ah ça ça m'intéresse. Mais avant ça, il avait un copain dans la mairie qui lui avait dit, si tu n'as pas de boulot, il y a une station dans les Hautes-Pyrénées où je suis à la mairie et je te ferai rentrer. Ça il dit pourquoi pas, il dit oui à ce monsieur. Alors nous voilà partis. Alors on ne se parlait plus. Quand plus on prenait des virages, Plus de sang, plus d'image. Alors je lui dis, excusez-moi, je ne resterai jamais ici, je n'y viendrai pas. Ah oui ?
- Speaker #3
Vous êtes partie demi-tour ?
- Speaker #2
Demi-tour sur la route.
- Speaker #3
Là, il n'y avait pas de téléphone portable à l'époque ?
- Speaker #2
Non, il n'y en avait pas. Parce que là, on aurait quand même la politesse de rien. Bon, oui.
- Speaker #3
Il vous attend encore ?
- Speaker #2
Il nous attend toujours là-bas. Je me suis vue sur cette route et j'ai dit là, ça va être chaud. Je veux dire, ça a été vite coupé.
- Speaker #3
Oui, il est raison.
- Speaker #2
Et c'est là qu'il a trouvé un riterie à éteindre ce feu et qui lui dit mais aux angles ne te va pas vous le bouddhiste, aux angles on essaiera de faire.
- Speaker #1
Et donc vous avez déménagé de la cabanas et vous êtes venue habiter aux angles.
- Speaker #2
On habitait au compoint d'épices.
- Speaker #3
Ah d'accord.
- Speaker #2
Alors moi faisant la vaisselle je voyais pierre sur la savonnette.
- Speaker #3
Sachant qu'à l'époque il n'y avait pas les, entre le vieux village et le repos d'épices, il n'y avait rien.
- Speaker #2
Ah non il n'y avait rien.
- Speaker #3
Les angles c'est aussi ça. C'est un partage entre des gens qui vont rétablir l'église, un partage avec de la jeunesse, avec des gens qui font du snowboard, qui font du ski, avec des jeunes qui sont devenus commerçants.
- Speaker #2
Ils ont réussi, mais ça n'a pas été facile. Ce joint-là que vous dites, c'était difficile à composer le tout.
- Speaker #3
Vous étiez un peu des gens de l'extérieur. Finalement, il y a des gens de l'extérieur qui, pour une première fois, sont arrivés et se sont intégrés dans le village de l'Om.
- Speaker #2
C'étions les étrangers.
- Speaker #3
Vous pouvez nous parler un peu de tout ça ?
- Speaker #2
Dans les Angles, on était mal vus. Alors, on était de suite mis la catégorie étranger. On a été classés de suite.
- Speaker #3
Aujourd'hui, ce n'est plus le cas maintenant. Non. Mais vous avez vécu des choses extraordinaires, parce que vous avez vécu 60 ans de création de stations. Il faut comprendre que les gens du village étaient aussi solidaires entre eux, et que c'était difficile de voir quelqu'un qui arrive et qui amène une certaine forme de savoir.
- Speaker #2
Ils croyaient qu'eux, ils ne voyaient qu'un truc, c'était leur jardin, leur vache. Et on venait tous leur chambouler. C'était une révolution.
- Speaker #3
La station de ski a apporté la nouveauté, a apporté l'économie et la vie aussi. C'est ça qui est super quand même à la tour.
- Speaker #1
Et du coup, c'était quoi la journée type d'un directeur de station à cette époque ?
- Speaker #2
Les journées de mon mari étaient le matin à 7h. Il devait déjà déneiger devant la maison, parce qu'il avait 500 mètres à déneiger. Il partait à 7h le matin, il ouvrait les portes, il accueillait tout le personnel. Il n'était pas, pas de mot d'excuse là.
- Speaker #3
Parce qu'en plus, comme il faisait la ferme, il y en a qui donnaient à manger.
- Speaker #2
Ah oui, avant de venir, il donnait à manger aux vaches. C'était les conditions, il serait payé. Et en même temps, ils garderaient leur place.
- Speaker #3
Si l'esquille est arrivée, c'était vraiment la révolution pour les Jaures, je pense.
- Speaker #2
Ah oui, oui. Ce village métamorphosé. Mais alors, il y a eu du temps quand même, ça ne s'est pas fait d'un coup. Moi, ça m'avait marqué ce passage. Ils étaient fermés dans leur enclos, puisque l'hiver, la route n'était pas déneigée.
- Speaker #3
Je crois qu'une fois qu'on a découvert, on y revient. Moi, je discute beaucoup avec des gens qui partent, quand tu es dans un village montagnard comme les Angles. Ça te marque à vie parce que tu as cette notion de... Oui, on est encore dans un système où la vie a beaucoup évolué, mais l'humanité, elle est extrêmement importante. Moi, je me souviens de discussions avec François et avec vous, où pour faire ce métier, vous m'avez toujours dit qu'il fallait... Enfin, c'est notre nature et c'est pour ça qu'on s'entend beaucoup. Il faut aimer les gens pour faire ça.
- Speaker #2
Parce que pour en revenir à ce que faisait François, puisque on revient au jeu... Oui, c'est différent. Mais le... Quand il y avait un gosse qui n'était pas rentré le soir, ou un adulte, il partait avec le rattraque, jusqu'à ce qu'on retrouve celui qui n'était pas rentré. Une fois, le rugbyman de la Croix, Pierre de la Croix, mon fils était au rugby, et sa petite qui devait avoir une dizaine d'années, ça ne va pas, elle ne se trompe pas, elle s'en va à côté, vers là-bas, et voilà pas que Pierre, il arrive le soir, il n'a pas fié par rentrer. Elle est partie toute seule, elle a voulu descendre. sur le rattrape. Et là, en plus, c'était la petite d'un copain. Ils sont allés par. Je dis à François, tant que tu ne l'as pas retrouvée, tu la cherches. Et voilà que François, en marchant, il a vu des traces de ski. Alors il a dit, là, il est encore en ski. Il faut qu'on avance. Et puis d'un seul coup, ils ont trouvé les skis. On dit, là, elle est épuisée. Elle pose les skis. Il faut suivre les pas. Ils l'ont trouvée, la gamine. Elle l'avait trouvée. Elle avait trouvé un arbre, elle avait trouvé le moyen de se faire un petit tapis, comme un petit igloo avec la neige, et cette grosse s'était mise à l'abri. Et les hommes, quand ils ne voulaient pas les transmettre, ils faisaient ce qu'appelaient « You » et son père les appelait « You » . Et elle avait tellement peur. Alors après, ils sont allés avec des lampes, des poches. Il n'y a pas peur, c'est papa. Ils ont ramené la petite, c'était toujours minuit ou une heure du matin.
- Speaker #1
On peut vraiment voir. qu'il y a une évolution de la station à travers les générations et donc au travers de ces différentes générations qui se sont succédées en 60 ans comment ça se reflète sur la station de ski ?
- Speaker #3
Ce qui est extraordinaire c'est qu'en 60 ans grâce à des gens comme François surtout Pépé Sanson mais toute l'équipe qui était derrière on a amené la vie, on a amené la technologie le modernisme tout suivait parce que moi j'ai toujours pour mémoire de dire c'est que... Pepe Sanson et tous, leur objectif c'était de maintenir la vie. Parce qu'il ne faut pas oublier qu'au début du siècle, il y avait 600 habitants, mais quand vous évoquiez ça, ils n'étaient plus que 200. Et aujourd'hui, on est 600, mais on est 600 avec une école, avec un espace acolique, une pharmacie, un cabinet médical, une rue, un parc animalier. De ce que vous expliquez, tout ça est né, et ça, ça va perdurer. Donc quand on voit, comme vous, vous avez vécu quasiment 60 ans, Ça doit être fabuleux de voir ça.
- Speaker #2
Nous, on a eu beaucoup de chance. Le village station, le lac pour nous. Il l'avait vu ça le plus âgeux. Moi cet homme, j'étais en excès. C'est vrai qu'on se dit comment ça, il a pu y avoir tant de différences en si peu d'années. Moi je n'en reviens pas de ça.
- Speaker #3
Mais personne je crois, personne ne se rend compte de la révolution qui s'est déroulée. Puis c'est devenu l'une des plus belles stations des Pyrénées, l'une des plus modernes, l'une des plus rentables. Mais on a gardé le modernisme, on a le modernisme, mais on a gardé l'âme.
- Speaker #2
Je suis d'accord.
- Speaker #1
Et c'est important de transmettre cette histoire pour garder cette âme, justement ?
- Speaker #3
Les générations qui suivent, elles aimeront entendre ça. Et même pour les générations de la régie, c'est pour nous super important de passer cette âme. Ça existe, ça continue. Ça fait partie de l'histoire et c'est bien de transmettre. C'est bien de transmettre et de partager notre vie. C'est pour dire que ça continue. Et surtout, ce qui continue, c'est... une tâme de partage. Pourquoi je suis resté 25 ans ici ? Pas 25, 23, je me vieillais un peu. J'avais 27 ans et les anciens de la station, qui n'étaient pas forcément des gens de la station, mais même les... Tu sentais cet amour du village, mais pas que. Ce qu'on voit, et moi ce que je transpire, c'est que quand il faut bosser, quand il faut être présent, quand il faut aller au combat, quand il faut aller chercher quelqu'un qui est au fin fond de la montagne, mais parce qu'il s'est perdu... les gens sont là quand les gens sont il ya des familles qui sont en difficulté comme vous l'expliquait tout à l'heure les gens sont là et il ya cette union et il ya aussi des moments de vie ça ça continue il ya notre rôle à nous moi je vois c'est essentiel de coche
- Speaker #2
22 ans après d'autres dossiers faire part de ces maisons des le coeur et l'âme c'est primordial parce que le jour où il n'y
- Speaker #3
Et donner ?
- Speaker #2
Moi, on m'a toujours aimée. Il faut donner beaucoup pour recevoir un peu.
- Speaker #3
On est aussi dans un milieu qui est magnifique et qui…
- Speaker #2
Bien sûr.
- Speaker #3
Et on vit… Ce qu'on fait aussi beaucoup, c'est qu'on est des paysans. Donc on vit avec la nature, on aime la nature, on la partage, comme c'était dans le passé. Et là, je vois, on est tous en train de regarder la météo, est-ce qu'il va neiger ? Et quand tu es dépendant de la nature, forcément tu es. Tu vois les choses différemment aussi. Et ça, vous le viviez.
- Speaker #2
Ça te met à l'épreuve.
- Speaker #3
Ça te met à l'épreuve. Donc, tu la respectes.
- Speaker #2
On n'arrive pas toujours à ce qu'on voudrait. Il faut savoir, le bon de bonheur, c'est de se contenter de ce qu'on a.
- Speaker #1
Exactement. Et d'entendre ces histoires de ces gens qui ont grandi ici, qui ont vécu ici, qui ont les angles dans la peau, si je puis dire, c'est vraiment inspirant. Et d'arriver à s'attacher à un lieu et de construire sa vie autour. C'est inspirant, vraiment.
- Speaker #2
Les angles, on ne peut pas s'y attacher. Ce n'est pas possible.
- Speaker #1
Merci en tout cas pour cet échange. On voit vraiment qu'il y a un lien très fort qui vous unit tous les deux. On sent que c'est vraiment sincère, c'est vraiment touchant. Je pense qu'il faut retenir ça des gens. Peu importe les histoires, peu importe les générations, ça lie les gens.
- Speaker #2
C'est vraiment beau. Ça y a été pour beaucoup de rencontrer des gens comme ça, des gens comme Dijon. C'est des liens qu'on garde toute la vie.
- Speaker #0
C'est la fin de cet épisode. Merci d'avoir rejoint Perchet pour ce périple en altitude. On espère que ces histoires de vie en montagne vous auront plu. A la prochaine pour une nouvelle ascension auditive.