- Speaker #0
Le CNED vous présente Perspective, un podcast qui explore comment on apprend, se forme et se transforme dans un monde en mouvement. Parce que les carrières ne sont plus linéaires, parce qu'on vit plusieurs vies en une seule, parce que les repères changent vite, Perspective donne la parole à celles et ceux qui choisissent d'apprendre autrement. Choisir son orientation, c'est toujours un vrai casse-tête, surtout aujourd'hui dans un monde qui bouge à toute vitesse. Entre l'intelligence artificielle, la transition écologique, les crises économiques, on entend que certains métiers vont disparaître, que d'autres vont apparaître. Mais alors, comment se préparer à un futur que, par définition, on ne connaît pas encore ? Le monde du travail évolue à une vitesse folle. Pour certains étudiants, c'est comme choisir un métier les yeux bandés. Et pour les actifs, il peut être perturbant de voir leurs emplois évoluer sans toujours en comprendre les raisons.
- Speaker #1
L'intelligence artificielle est désormais partout et pour longtemps. L'IA est devenue un outil presque quotidien. L'intelligence artificielle, agent IA, data center, quels sont ces nouveaux outils dont on parle ?
- Speaker #0
Bien sûr, l'IA est au cœur des débats. Selon le Fonds monétaire international, d'ici à 2050, elle pourrait transformer plus de 60% des emplois. Mais ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Parce que le travail change aussi pour bien d'autres raisons. Il y a la transition écologique qui pousse les entreprises à se transformer. Il y a la fragmentation géoéconomique avec le protectionnisme, les conflits et toutes ces tensions qui bouleversent les marchés. Il y a l'incertitude économique. Et puis il y a enfin les changements démographiques, le vieillissement de la population et la baisse continue de la natalité dans le monde. Pour résumer, oui, l'intelligence artificielle va bousculer beaucoup de choses. Mais elle s'inscrit dans un contexte bien plus large de mutations qui vont forcer nos métiers à évoluer. Alors concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ? Eh bien, d'après le Forum économique mondial, dans son rapport Future of Jobs 2025, d'ici à 2030, 170 millions d'emplois devraient voir le jour, tandis que 92 millions disparaîtront. Autrement dit, si mes calculs sont bons, on reste sur du positif, avec près de 78 millions de créations d'emplois. En somme, le marché du travail bouge, mais pour l'instant, c'est plutôt dans le bon sens. Plus d'emplois, c'est bien. Mais des intitulés de poste comme concepteur de ville résiliente ou architecte de données éthiques, honnêtement, ça sonne un peu comme de la science-fiction. Vraiment à ça que notre futur va ressembler ? J'ai posé la question à Isabelle Rouan. Elle est autrice, fondatrice d'un think-tank et animatrice de podcast spécialisée dans le futur du travail et les métiers de demain.
- Speaker #2
Aujourd'hui, la moitié des heures travaillées dans le monde sont potentiellement automatisables. C'est une étude de McKinsey qui dit ça. Ça ne veut pas dire que la moitié des métiers vont disparaître, bien au contraire. 6,5% des métiers sont directement menacés et vont disparaître.
- Speaker #0
Et justement, parmi ces métiers qui vont potentiellement disparaître, est-ce que vous pourriez nous en citer quelques-uns ?
- Speaker #2
On peut parler par exemple du métier de traducteur, qui aujourd'hui peut être quasiment totalement pris en charge par des algorithmes. Tout ce qui est métier lié à la pré-vente, les plateformes téléphoniques, en fait, ça peut être traité par des robots conversationnels.
- Speaker #0
Et à l'inverse, quel nouveau métier pourra apparaître d'ici 10 à 20 ans, voire même plus tôt ?
- Speaker #2
Alors, on va avoir beaucoup de métiers liés d'une part à tout ce qui est éthique de l'intelligence artificielle, éthique des algorithmes. On va avoir, par exemple, des vérificateurs de promptes, de façon à s'assurer que les intelligences artificielles n'hallucinent pas. On va avoir aussi... Je pense beaucoup de métiers liés à tout ce qui est transition énergétique, parce que les algorithmes, les centres de données sont clairement des choses qui consomment beaucoup d'électricité, beaucoup d'eau. Il faut quand même avoir en tête que l'IA, aujourd'hui, c'est 4% des émissions de gaz à effet de serre, et en 2030, ce sera 8%. Donc, on est plutôt sur une trajectoire en croissance.
- Speaker #0
Et je voulais vous demander, est-ce qu'on a déjà connu une rupture aussi forte dans l'histoire auparavant ?
- Speaker #2
Bien sûr, on en a connu trois autres. La rupture de l'IA, c'est la quatrième. Pour les balayer très rapidement, la première, c'est la machine à vapeur, qui s'est répandue au XIXe siècle et qui a créé tout ce qui est exode rural et début de l'industrialisation. La deuxième, c'est au XXe siècle, l'électricité, qui a engendré le travail à la chaîne. Et la troisième, c'est dans les années 70 à 2000, la micro-informatique, qui a créé tout ce qui est économie tertiaire et le début de la globalisation. Et la quatrième, intelligence artificielle, qui date, on va dire, du début des années 2010. Ce n'est pas si récent que ça, ça fait au moins une quinzaine d'années, avec les réseaux sociaux, avec les smartphones qui ont permis beaucoup de collecte de données et qui créent ce que moi, j'ai appelé les emplois 4.0.
- Speaker #0
Donc, on peut se dire que si on a déjà survécu à toutes ces ruptures, l'IA ne va peut-être pas tous nous remplacer, comme le disent certains.
- Speaker #2
Alors, c'est même certain qu'il y en va pas nous remplacer parce qu'en fait, à chaque fois, ces révolutions industrielles, elles ont créé plus d'emplois qu'elles n'en ont détruit. Et si on regarde ça à un niveau mondial, en 1970, la population active, c'était 1,4 milliard de personnes. Aujourd'hui, c'est 4,8. Donc en fait, à chaque fois, on a plus de création que de destruction. C'est beaucoup plus un enjeu de formation, de flexibilité, de transition.
- Speaker #0
Comme le souligne Isabelle Rouen, l'un des bouleversements majeurs du monde du travail a été l'essor des ordinateurs personnels et des technologies numériques. Ces innovations ont transformé l'économie tertiaire et ont surtout préparé le terrain pour une révolution que nous connaissons bien aujourd'hui. L'arrivée d'Internet, qui va radicalement transformer notre façon de travailler. Dans les années 80 et 90, alors que le numérique commençait à se diffuser dans les entreprises, Beaucoup craignaient déjà que des milliers d'emplois disparaissent. Le numérique faisait peur. On imaginait que les machines allaient remplacer les humains. Pourtant, si on regarde l'histoire, la réalité est un peu différente. Internet ne s'est pas imposé du jour au lendemain. Son développement a commencé dans les années 60 avec ARPANET. Mais c'est vraiment à partir des années 90 qu'il a bouleversé le monde du travail. Alors oui, certains métiers routiniers ont disparu. Mais surtout, de nouvelles industries ont émergé. Le numérique a créé des millions d'emplois en Europe et a transformé la façon dont on travaille. En bref, Internet n'a pas supprimé le travail, il l'a métamorphosé. Et sans vouloir faire de plan sur la comète, on peut déjà voir des parallèles avec ce qui se profile aujourd'hui avec l'intelligence artificielle. Une transformation certes massive, mais loin d'être une disparition totale. Mais assez parlé du numérique, le futur ce n'est pas que la tech, c'est aussi, et surtout, notre rapport à la planète. Et ça se ressent déjà dans le monde du travail. Selon le rapport Future of Jobs de 2023, 40% des entreprises prévoient de recruter dans des secteurs liés à la durabilité et à l'environnement dans les prochaines années. Parmi eux, le secteur des énergies renouvelables est clairement le plus dynamique. Ces sujets sont partout dans l'agenda politique. Et bien sûr, ça se ressent sur le marché du travail, qui reflète la façon dont tourne la planète. Ça, Lucie l'a bien compris. Elle est prof de sciences de la vie et de la terre auprès de collégiens et lycéens. Et autant vous dire que depuis le temps que vous et moi étudions la SVT, le programme a bien changé. Lucie sait à quel point il est important d'éduquer au sujet du dérèglement climatique. Elle a donc passé la certification B.A.B. du climat et de la biodiversité du CNED et c'est maintenant une ressource qu'elle utilise auprès de ses élèves. Pour commencer, est-ce que vous avez le sentiment que la question du changement climatique est aujourd'hui mieux prise en compte dans les programmes scolaires ?
- Speaker #3
Oui, d'une certaine manière, ça a intégré les programmes, ou en tout cas, ça a pris une place plus grande. Mais je pense aussi qu'en science, ça a toujours été quelque chose de présent. Ce qui a changé, c'est plutôt la façon dont c'est perçu par les élèves. Il y a une bien plus grande curiosité sur la question climatique.
- Speaker #0
Et justement, quelles sont les premières réactions des élèves quand on aborde ces thématiques ? Est-ce qu'ils sont inquiets, curieux ou plutôt motivés à agir ?
- Speaker #3
Un peu tout ça à la fois. Pour certains, c'est une source de stress avant tout. Et l'idée, c'est aussi de dédramatiser en montrant que, certes, on a une responsabilité individuelle, mais il y a aussi une responsabilité collective. Et là, en tant qu'enseignants, je pense qu'on est là pour leur donner les clés. Hiérarchiser, par exemple, les catégories les plus productrices de CO2 à l'échelle de la planète, etc. Je pense que c'est là-dessus qu'on les guide le mieux.
- Speaker #0
Et pourquoi avoir passé justement cette certification du B.A.B. du climat et de la biodiversité avec le CNED ?
- Speaker #3
Parce que connaissant le CNED, j'étais quand même certaine de la qualité de la formation. Parce que j'étais curieuse aussi de voir le contenu scientifique à l'intérieur et dans quelle mesure je pouvais le réutiliser avec mes élèves. Donc, je l'ai passé à titre personnel pour voir un petit peu son contenu. Et j'y ai trouvé un contenu très bien fait et finalement très accessible. Alors, c'est une certification en ligne avec différents modules, avec des documents scientifiques tout à fait accessibles, même aux personnes sans background scientifique, pour avoir une idée des enjeux et surtout... de la place de l'homme dans ce changement climatique, par rapport à les causes, évidemment, mais également les stratégies d'atténuation, etc. Donc ça permet d'avoir une vision globale de notre place. et de notre responsabilité dans ce changement climatique. Et je pense qu'en tant que citoyen, c'est important.
- Speaker #0
Et donc, vous disiez que vous l'utilisiez avec vos élèves. Comment est-ce que ça s'intègre justement dans vos programmes, dans votre méthodologie ?
- Speaker #3
Alors, je l'utilise surtout en terminale enseignement scientifique, où là, directement en classe, j'ai fait référence avec mes élèves et je les encourage à passer l'intégralité de la certification. Pour mes élèves qui sont intéressés par les sciences, je les encourage à, en dehors des cours, le faire en leur disant, particulièrement ces certifiants. Et que ce badge, il est aussi intéressant à faire valoir sur leur CV quand ils demandent des stages. Et je pense que ça n'a été qu'un plus, en fait, pour assouvir leur curiosité et s'engager là-dedans. Je pense que ça fait partie de la culture que tout le monde devrait avoir et ça leur apporte toujours quelque chose.
- Speaker #0
S'informer, comprendre et agir sur notre environnement, c'est une responsabilité à la fois individuelle et collective. Et comme l'explique Lucie... Ce n'est pas seulement une question de cours ou de certification. Cela se reflète aussi sur le marché du travail, dans des métiers qui touchent directement à notre quotidien. Quand on parle des métiers de demain, on pense souvent aux codeurs, aux ingénieurs, aux data scientists. Et c'est vrai qu'ils joueront un rôle clé. Mais la société évolue aussi dans nos assiettes, dans nos habitudes, dans notre manière de vieillir. Beaucoup d'emplois qu'on connaît déjà très bien vont tout simplement évoluer pour s'adapter à nos besoins. Quand il est question de nutrition et de santé, les chiffres parlent d'eux-mêmes. 70% des Français disent vouloir une alimentation plus responsable, selon un sondage OpinionWay en 2022. Et ce choix n'est pas anodin, il a aussi un impact direct sur l'environnement. Pour se faire une idée, 30% des émissions mondiales de gaz à effet de serre viennent du secteur alimentaire. Et ce n'est pas tout, même l'économie intervient. La pression économique, l'inflation, le pouvoir d'achat influencent nos choix alimentaires. Et donc, en cascade, les métiers liés à la nutrition, à la santé publique et à l'agroalimentaire. Au final, on voit bien que tout est lié. Nos habitudes, l'environnement et l'économie forment un cercle vertueux, ou parfois vicieux, qui touche tous les pans de notre société. Si je vous parle du métier de nutritionniste, c'est entre autres parce que j'ai pu m'entretenir avec Karine, qui a décidé de se reconvertir dans le secteur.
- Speaker #4
Karine, j'ai 50 ans. Actuellement, je suis chef de service administratif et financé dans une collectivité territoriale. Et en 2021, j'ai engagé une reconversion professionnelle vers le métier de diététicienne.
- Speaker #0
Et comment du coup vous est venue l'idée de vous reconvertir, de suivre de nouvelles études, d'entamer un nouveau parcours ?
- Speaker #4
Alors, je travaille dans le champ d'insertion sociale et professionnelle depuis plus de 20 ans et j'avais envie de retrouver un métier où je pouvais accompagner les personnes. J'avais aussi sur mes centres d'intérêt une appétence pour la nutrition et la diététique. Donc voilà, ça a matché. Et alors, pourquoi avoir choisi la nutrition particulièrement ? Alors, je me suis aperçue que beaucoup de personnes avaient des idées reçues sur la façon de s'alimenter. Donc voilà, j'avais envie de contribuer sur ce champ-là, sachant que la santé était un axe important pour moi, puisque voilà. On a de moins en moins de professionnels de santé disponibles, surtout dans les zones rurales. Et du coup, un certain nombre de pathologies peuvent être évitées en se nourrissant correctement et en suivant les recommandations nationales en termes de nutrition. Et vous travaillez avec quel type de public aujourd'hui ? Alors aujourd'hui, dans ma direction, on agit plutôt en faveur des bénéficiaires du RSA. Mais moi, je vise... une intervention auprès de tout public, notamment en situation de précarité. Les personnes en situation de précarité, ce sont déjà les personnes les plus touchées par l'obésité du fait d'un manque de connaissances ou d'une disponibilité de l'offre alimentaire. Donc effectivement, ce sont les personnes qui vont avoir le plus besoin d'être accompagnées sur le champ de la nutrition.
- Speaker #0
Et pour vous, en quoi le métier de nutritionniste, de diététicienne est un métier d'avenir aujourd'hui ?
- Speaker #4
Alors aujourd'hui, la diététique ou la nutrition, on a un peu l'impression que c'est considéré comme un luxe. Comme on va faire un bilan tous les ans chez le dentiste pour voir si tout va bien, on devrait effectivement aussi aller voir une diététicienne une fois par an pour s'assurer que la façon dont on s'alimente est toujours adaptée pour éviter justement des situations beaucoup plus graves. Ce n'est pas qu'elles n'étaient pas présentes, mais aujourd'hui, on a effectivement une explosion des situations de surpoids d'obésité, de diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires et des cancers. Donc, nous avons cette obligation de nous tenir informés de l'actualité et de nous former en continu pour rester à jour, en tout cas.
- Speaker #0
En fait, l'adaptabilité, c'est vraiment dans votre champ de compétences. Et pour terminer, est-ce que vous auriez un conseil à donner à quelqu'un qui veut se lancer dans ce domaine-là aujourd'hui ?
- Speaker #4
Il faut avoir cette appétence pour la personne, savoir sortir effectivement de sa zone de confort et ne pas être en application stricte de ce qu'on peut apprendre à l'école. Mais voilà, c'est aussi faire preuve de beaucoup de psychologie, d'écoute, d'empathie.
- Speaker #0
Karine, elle aussi, s'est réorientée grâce au CNED. En parallèle de son métier à temps plein, elle a poursuivi ses cours pour valider un parcours de diététicienne nutritionniste. Le CNED ne cesse de revoir son offre pour coller aux besoins du marché. Il propose de nombreuses formations dans différents domaines comme la cybersécurité, la nutrition, la cuisine ou encore la transition écologique. En bref, beaucoup de métiers ont un avenir. Certains vont évoluer, d'autres sont encore à inventer. Si on ne peut pas forcément s'orienter directement vers ces filières émergentes, on peut au moins se préparer en développant des compétences qui auront de l'importance.
- Speaker #2
Alors je pense que les compétences transversales qu'il faut cultiver pour être prêt face à l'inconnu, il y en a trois. La première, c'est l'agilité. Et l'agilité, c'est d'abord l'agilité de son réseau. C'est tout simple, mais pour être employable tout au long de sa vie, il faut être capable de changer de métier et de changer d'entreprise. Et ce qui permet ça, c'est d'avoir un bon réseau. La deuxième compétence clé, c'est le sens critique. C'est formidable les intelligences artificielles génératives, mais ça hallucine dans un tiers des cas. Une hallucination, ça veut dire que l'intelligence artificielle vous répond à une grosse bêtise. C'est le fameux exemple de combien d'œufs en moyenne pour une vache. Et l'intelligence artificielle qui veut vous faire plaisir, elle va réfléchir très sérieusement à combien d'œufs pond une vache, plutôt que d'avoir le réflexe de vous dire qu'une vache, a priori, ça ne pond pas d'œufs. Et donc ça, ça demande quand même pas mal de sens critique, parce qu'on peut avoir jusqu'à un tiers d'hallucinations. Donc il y a un réel besoin, aujourd'hui, de se poser ces questions-là et d'avoir du discernement, d'aller chercher la source de chaque chiffre qui est donné par une intelligence artificielle, pour s'assurer qu'on n'est pas en train d'avoir en face de soi quelque chose qui est archi-faux. Et la troisième capacité... c'est la capacité d'apprendre à apprendre. On va changer une métier entre 6 et 9 fois dans notre vie. Mais ce qu'il faut savoir, c'est qu'un métier, ça n'est jamais qu'un portefeuille de compétences. Une compétence technique aujourd'hui a une durée de vie entre 12 et 18 mois, là où elle avait dans les années 70 une durée de vie de 20 ans. C'est le CDE qui dit ça. Donc il y a vraiment un enjeu d'apprendre à apprendre et d'être capable tout au long de sa vie de se dire « bon, ça je ne sais pas faire, demain je vais savoir le faire parce que je vais m'en occuper » .
- Speaker #0
Est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui, les soft skills vont compter autant, voire plus que les hard skills à un certain moment ?
- Speaker #2
Moi, je pense qu'elles vont compter plus. Parce que justement, les soft skills, les fameuses compétences de savoir-être, elles, elles se bonifient avec le temps. Elles ne sont absolument pas soumises à cette obsolescence accélérée, contrairement aux compétences techniques dont je vous ai parlé précédemment. Donc, que ce soit le leadership, la capacité à apprendre, à travailler en équipe. la capacité à prendre la parole en public, c'est quelque chose qu'on peut cultiver tout au long de la vie. Et c'est chouette parce que ça donne aussi, et ça conforte dans le fait que plus on avance dans sa carrière, plus on va avoir cette capacité à être employable et que donc il y a une prime à l'expérience. Et c'est tant mieux.
- Speaker #0
Est-ce que l'idée même de carrière n'est pas en fin de compte en train de disparaître au profit de trajectoires beaucoup plus fragmentées ?
- Speaker #2
Alors oui, je pense qu'en tout cas, les trajectoires non linéaires sont aujourd'hui une réalité. Déjà, carrière et trajectoire, c'est deux choses très différentes. Carrière, c'est se dire, et c'est noble, il y en a qui souhaitent ça, c'est j'ai envie de progresser, j'ai envie d'aller plus haut, j'ai envie de manager plus de gens, j'ai envie d'être chef du chef. Très bien. Les trajectoires, effectivement, c'est un jour j'ai envie de faire ce métier-là, demain j'ai envie d'aller saisir une opportunité un petit peu différente, basée sur le contexte et basée sur mes compétences. C'est quelque chose qui est très anglo-saxon, qui se fait moins en France où on a tendance à recruter des gens qui ont toujours fait la même chose dans des entreprises différentes. Moi, à titre personnel, j'en suis à mon septième métier. J'ai été salariée, maintenant je suis chef d'entreprise. Je reviendrai peut-être salariée demain, avant celle-là, en fait.
- Speaker #0
Le futur, on ne peut pas le prévoir à 100%, mais il se prépare. Les grandes mutations viennent autant de la technologie que de l'écologie, de la société et de l'économie. Alors, pour rester dans la course, il faut miser sur l'adaptabilité et l'apprentissage continu. Au final, le monde de demain, il se construit avec nous. Merci d'avoir écouté ce nouvel épisode de Perspective. Si le sujet vous intéresse et que vous vous interrogez sur comment changer de vie, vous réorienter ou anticiper les métiers de demain, vous pouvez aussi aller écouter notre table ronde sur le thème « Se réorienter à n'importe quel âge » . J'ai discuté avec Patricia, qui défie tous les clichés et a changé de voix à 60 ans, et avec Philippe Laffont, qui accompagne la reconversion des joueurs et des joueuses de foot après leur carrière. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à laisser une note ou un commentaire sur votre plateforme d'écoute préférée. A bientôt !