- Speaker #0
Bonjour, je cherche Marjolaine.
- Speaker #1
Elle est au chenil.
- Speaker #0
C'est où le chenil ?
- Speaker #1
Le chenil 1,
- Speaker #2
c'est vous prenez la passerelle là et c'est celui qui est là.
- Speaker #0
D'accord, il faut sortir derrière la porte. On va dehors là-bas. Ah oui, je l'aperçois. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Les grandes balades, les promenades engagées et instructives de la SPA.
- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans les grandes balades de la SPA balade qui nous emmène aujourd'hui dans le chenil, ah oui, mais celui du nouveau refuge de Jeanne Villiers. Vous voilà dans un bâtiment qui sentirait presque la peinture fraîche, sortie de terre en novembre 2024 après trois ans de travaux et presque 20 ans de réflexion. Ici, c'est la banlieue parisienne au nord-ouest de la capitale. Dans une petite couronne qui forme, mine de rien, le bassin de population le plus important du continent. 6 millions de personnes et tout autant de potentiels adoptants ou propriétaires d'animaux pour qui l'ancien refuge, vieux de 50 ans, dont le site s'élevait à quelques centaines de mètres de là, était devenu trop petit et trop vétuste. Pour le remplacer, a été imaginé un vrai lieu du bien-être animal, grand de 17 000 mètres carrés, dont 2 000 de bâtis écologiques. végétalisées et pensées du sol au plafond pour le confort des animaux et des humains qui y passent.
- Speaker #3
Alors on vous propose de le découvrir au cours d'une visite auditive en compagnie de Marjolaine qui nous attend là-bas au chenil A. Marjolaine, bonjour.
- Speaker #4
Bonjour.
- Speaker #0
Est-ce que je peux rentrer ou pas ? Oui. Ah oui, j'ai juste à pousser. Bonjour, enchanté.
- Speaker #4
Enchanté.
- Speaker #0
Merci de m'accueillir.
- Speaker #4
Avec plaisir.
- Speaker #0
Où est-ce qu'on est là ? J'ai traversé un grand pont qui a un peu traversé le refuge et je t'ai retrouvée ici au chenil A.
- Speaker #4
C'est ça.
- Speaker #0
Donc c'est ce couloir.
- Speaker #4
C'est ce bâtiment.
- Speaker #0
C'est ce bâtiment. Pourquoi est-ce que c'était important pour toi de montrer cet endroit-là en premier ?
- Speaker #4
Par rapport à l'ancien refuge, je pense que le chenil, c'est là où on voit le plus grand changement et la plus grosse amélioration en termes de construction, que ce soit pour les animaux ou pour les agents. Donc là, on est devant un box double. Donc les chiens, ils ne sont pas là, ils sont en train de jouer gaiement dans le parc.
- Speaker #0
Alors les chiens sont juste en bas là, dans un parc de détente ? Exactement. Ils sont deux ?
- Speaker #4
Oui.
- Speaker #0
C'est Réglisse et ?
- Speaker #4
Réglisse et Ayana.
- Speaker #0
Réglisse et Ayana qui ont l'air de gambader joyeusement.
- Speaker #4
Qui en profitent pour zigourdir les pattes et jouer tous les deux. Ils se connaissent bien du coup comme ils sont ensemble. Donc voilà, maintenant on a des box doubles. Alors ils ne sont pas tous par deux. Il y a aussi des box simples parce que tous les chiens ne peuvent pas partager l'endroit où ils mangent et où ils dorment. Ça reste quand même très intime. Mais eux ont la chance d'être à deux, donc ça participe vraiment au bien-être animal, dans le sens où c'est quand même plus sympa d'être avec un copain quand ça fonctionne bien, que d'être tout seul, parce que même si on donne tous le maximum, ils passent quand même beaucoup de temps dans leur box. Donc voilà, c'est plus sympa d'être avec un copain. L'ancien refuge était très très bas, puisque c'était à hauteur de chien et pas du tout à hauteur d'homme. Donc en fait c'était très bas, ça résonnait beaucoup, il n'y avait pas de matériaux absorbants, c'était que des grillages, de la tôle. Donc dès que ça aboyait, tout le monde aboyait. C'était vraiment une caisse de résonance.
- Speaker #0
Là, c'est très grand. Le box qu'on a devant nous n'est pas du tout similaire à ceux que j'ai déjà pu voir. Celui-là, il fait quoi ? Il fait 3 mètres de haut ?
- Speaker #4
Plus, je pense. Je n'ai pas... Pas dans l'œil. Moi non plus. Voilà, comme ça.
- Speaker #0
On est deux.
- Speaker #4
Mais je dirais plus. Parce qu'on peut être plus que deux fois moi. Et oui, c'est très haut. C'est des matériaux absorbants. Tout ça, c'est pour... que le son disparaisse et soit absorbé le plus facilement possible, que ça ne résonne pas, que ce soit le plus calme. Donc, on voit qu'ils sont tous là, les chiens, ils sont à l'intérieur. Mais c'est très calme.
- Speaker #0
Oui, là, on entend, mais on n'entend rien.
- Speaker #4
C'est ça. On entend un peu aboyer là-bas, parce qu'il y a des chiens qui sont dehors et qui se voient. Mais sinon, c'est très calme. L'intérieur est aussi très calme, puisque c'est des vrais bâtiments dans ce qu'on appelle la partie nuit. Donc, on ne voit pas, parce que c'est derrière la porte et la trappe. C'est des vrais bâtiments en dur avec des portes vraiment isolantes. Donc, quand tout est fermé à l'intérieur, c'est très calme, même si ça aboie à l'extérieur. Les chiens peuvent dormir à l'intérieur, il n'y a pas de souci. C'est vraiment très, très différent de l'ancien refuge pour ça. Il y a aussi qu'ils ne sont plus en vis-à-vis. Donc là, les chiens, ils sont tous... Ils ont vu sur le parc de détente ou ce qui se passe, les gens qui passent, mais ils n'ont pas un chien juste en face d'eux. Et grand luxe aussi, en plus de tous ces matériaux isolants, ils ont le chauffage au sol.
- Speaker #0
Oui. Là, juste devant nous ou derrière ? Non, à l'intérieur.
- Speaker #4
Dans la partie intérieure. Donc comme on a déménagé en octobre l'année dernière, on a vu des chiens qui dormaient par terre. En fait, ils étaient trop heureux d'être comme ça sur le sol chaud. Donc c'était vraiment chouette de les voir aussi détendus et de profiter du bâtiment.
- Speaker #0
Ce qui frappe en premier ici, en tout cas, en effet, c'est la première fois que je viens, je n'étais pas non plus venu à l'ancien refuge, c'est la vasteté du lieu.
- Speaker #4
Oui.
- Speaker #0
C'est l'amplitude, le silence et l'amplitude.
- Speaker #4
Il est deux fois et demi plus grand que l'ancien en termes d'espace. Et on a beaucoup plus de place, on a beaucoup plus de parcs de détente. Donc, ça veut dire que les chiens peuvent sortir et c'est des parcs de détente en herbe. Avant, les parcs de détente étaient goudronnés. Donc, forcément, ce n'est pas le même. Ce n'est pas le même ressenti pour eux. Et surtout, c'est-à-dire qu'il fallait qu'on désinfecte à chaque fois. Que là, comme c'est de l'herbe, on enlève les déjections. Mais en fait, il reste quand même toutes les odeurs des copains qui passent. Donc, ça participe aussi à remplir le besoin de renifler, de communiquer.
- Speaker #0
Stabilisation.
- Speaker #4
Voilà.
- Speaker #0
Peut-être qu'on peut décrire celui qu'on a devant nous, justement.
- Speaker #4
Alors, ça, c'est un des plus grands. C'est lui, on peut mettre plusieurs chiens. parce qu'on en a où on ne peut mettre qu'un seul chien à la fois. C'est un des plus grands. On a mis des niches dedans pour qu'ils puissent s'habiliter. Il y en a qui aiment bien grimper dessus aussi.
- Speaker #0
Elles sont flashées.
- Speaker #4
C'est un don. On nous les a données très généreusement. Donc, on en profite. C'est vrai que ça rapporte un peu de vie parce que sinon, il n'y a quand même pas beaucoup de couleurs dans les parcs de détente. Donc voilà, ça permet aux chiens de renifler de l'herbe, de renifler les copains qui sont passés avant. Il y en a qui vont gratter aussi. C'est une grande passion pour certains chiens, creuser des trous. Et ils ont toujours des trucs à grignoter.
- Speaker #0
Il y a une particularité aussi dans ce refuge, on peut en parler maintenant, c'est que là, on surplombe les parcs de détente. C'est un refuge sur deux niveaux. Alors là, qu'est-ce qu'on a devant nous ? On a donc la route qui longe le refuge sur le devant, avec l'accueil dans lequel on va aller tout à l'heure, les parcs de détente. Là, on est en hauteur au niveau des chenilles, plutôt sur la droite du refuge. Qu'est-ce qui se passe là-bas de l'autre côté ? Je vois des espèces de sièges blancs qui ressemblent à un amphithéâtre, ce qui est quelque chose d'inhabituel dans un refuge pour animaux.
- Speaker #4
Oui, c'est une nouveauté. On a un amphithéâtre qui doit nous permettre de faire des présentations, de la sensibilisation. Mais moi, je m'en sers quand j'ai des visites pour faire tout ce qui va être sensibilisation, explications.
- Speaker #0
Ce que je te propose, c'est qu'on découvre un peu plus toi déjà, que tu te présentes et qu'on aille peut-être à l'accueil. que tu nous guides jusqu'à l'accueil et puis qu'on évoque un peu tous ces travaux qui ont été faits par ici.
- Speaker #4
Bonjour Daniel, c'est un de nos bénévoles qui est arrivé il n'y a pas très longtemps avec nous, qui est arrivé cette année, mais qui est très assidu.
- Speaker #0
Oui, je vois ça, il est là tôt en tout cas.
- Speaker #4
Il est là tôt, il est là régulièrement, donc c'est chouette pour nous d'avoir des bénévoles très investis, parce que forcément on a... On est à peu près 260 animaux aujourd'hui et on est 27 salariés. Sans bénévoles, la vie ne serait pas la même pour les animaux. C'est important que les bénévoles soient réguliers pour que tous les chiens les voient souvent, même s'ils ne les sortent pas tout de suite. Mais à force de passer devant eux, ils les connaissent. Il y a un couloir au milieu qui permet d'accéder à tout le monde. Et les gens, quand ils viennent faire le tour, ils viennent voir les animaux pour adoption. Donc ils ne passent que par l'extérieur, par les concives extérieures. Donc, ils vont d'un côté, puis de l'autre.
- Speaker #0
Déjà, c'est très surprenant. Pour avoir fait quelques visites de refuge, souvent, aller au milieu du chenil, c'est un brouhaha d'aboiements. Oui. Alors que là, en effet, les gens entendent, les auditeurs entendront certains aboiements. Ils ne se rendent pas compte que là, on passe à chaque fois devant des box qui sont habités.
- Speaker #4
Oui. Et en plus, là...
- Speaker #0
Évidemment, Pipo fait du bruit.
- Speaker #4
C'est-à-dire qu'on ne passe pas devant les chiens les plus calmes.
- Speaker #0
Voilà, là, Rio, par exemple, les auditeurs ne l'entendront jamais parce qu'il est très, très calme.
- Speaker #4
Oui, tu es très beau. Oh là là. Oui, tu es très beau. Et voilà, après, je ne sais pas si vous avez pu voir un peu, mais tous les autres chiens, quand on passait devant eux, ils étaient très tendus. Même s'ils avaient la queue qui remuait, c'était vraiment très tendu, le corps très tendu. Donc, ils sont juste tous très attentifs. C'est ça que la queue qui remue veut dire. C'est juste qu'ils sont très attentifs. Ils ont un niveau d'éveil élevé. mais ils ne sont pas forcément détendus ou tendus. Ils sont attentifs à ce qui se passe autour d'eux. Les autres avaient le corps très tendu, la tête assez haute, vraiment très droit dans leurs pattes à vous fixer. C'était plus « je suis attentif, mais tu n'approches pas trop parce que je ne te connais pas et ça ne me plaît pas trop » . Que là, lui, doudou, comme tapas.
- Speaker #0
Ce chien-là, c'est quoi comme race ?
- Speaker #4
Ça, c'est un croisé dog, peut-être un peu de boxère. Donc là, on a le corps qui est très souple.
- Speaker #0
Oui, on voit ça.
- Speaker #4
On se dandine, on trépigne. On est très content de voir des gens. Oui, on est très content de voir des gens. On est très mignons.
- Speaker #0
Là, on est mieux.
- Speaker #4
Il fait meilleur.
- Speaker #0
Oui, il fait meilleur. Je te vois te frotter les mains.
- Speaker #4
Et je suis un peu frileuse. Donc oui, là, on est dans l'accueil. Tout a été construit. On a emménagé vraiment des bâtiments neufs. Donc ça a été construit spécialement pour nous. Ce qu'on voit en premier, c'est que c'est pareil, c'est assez haut. Deux plafonds, on est sur des matériaux qui ont été quand même pensés pour être le plus isolant possible.
- Speaker #0
C'est vrai que tu nous parles de ce nouveau bâtiment, là, depuis le début. On n'a pas expliqué encore. Pourquoi ce bâtiment avait été construit ? Il a ouvert en novembre 2024, après trois ans de travaux. Pourquoi il a été construit, cet endroit ?
- Speaker #4
L'ancien refuge a été construit dans les années 70. Les constructions années 70, déjà pour les humains, ce n'était pas dingue. Pour les animaux, c'était vraiment très loin de toutes les nouvelles normes et toutes les études qui ont été faites sur le bien-être animal depuis. Donc, ça ne répondait plus aux besoins primaires des animaux. Donc, il était grand temps de déménager. Et puis même pour les humains, c'est vrai que ce n'était pas confortable pour travailler tous les jours. Les agents étaient pliés en deux pour nettoyer les chenilles. La châterie, c'était des tout petits espaces. Là, on est sur quelque chose qui est beaucoup plus aux normes, et pour le bien-être animal, et pour le bien-être humain aussi, qui est important pour qu'on s'occupe bien des animaux.
- Speaker #0
Comment tu es arrivé, toi, ici ? Quelle est ton histoire avec la SPA ?
- Speaker #4
Alors moi, j'ai travaillé dix ans en audiovisuel.
- Speaker #0
Rien à voir.
- Speaker #4
Rien à voir. En fait, moi, j'ai deux passions dans la vie, ça va être la fiction et les animaux. Donc j'ai commencé par l'audiovisuel. Je voulais être dans cette partie raconter des histoires. J'ai fait plein de métiers différents dans l'audiovisuel. À un moment de ma vie, j'ai voulu voir autre chose. Donc je suis partie en voyage et j'ai voyagé pendant quatre ans. Et donc, au Canada, surtout, j'ai travaillé dans des ranches. J'ai été cowgirl, j'ai travaillé dans des chenilles de chiens de traîneau, dans des centres de réhabilitation de la faune sauvage. Plein de choses différentes. Dans d'autres pays aussi, je travaillais pas mal avec les animaux en bénévolat. C'était plein d'expériences vraiment top pour moi à me dire. J'adore ça, en fait, c'est trop bien. Je suis revenue à Paris, j'ai repris un peu dans l'audiovisuel. Et puis, je me suis dit, c'est marrant, ça me...
- Speaker #0
Ça me plaît moins.
- Speaker #4
Oui, c'est moins fun. Il y a eu le Covid aussi. C'est une période moins fun globalement. Et donc, c'était le moment, je pense, pour beaucoup de personnes pendant le Covid. On repense un peu à sa vie, à se dire, est-ce qu'on est sur le bon chemin ? Et moi, je voulais trouver quelque chose qui me nourrisse un peu plus, qui a un peu plus de sens. Et donc, j'ai postulé à la SPA, un peu en mode, j'y connais rien, mais ça m'intéresse. Et il y a eu cette ouverture de poste chargée d'événements et partenariats. Et pour le coup, ma double casquette d'avoir fait 10 ans d'audiovisuel, gestion de talent, gestion de projet, tout ça, et avoir déjà fait du bénévolat avec des animaux, ça collait assez bien.
- Speaker #0
Tout de suite à Jeunevilliers ?
- Speaker #4
Tout de suite à Jeunevilliers.
- Speaker #0
Et alors, ce désir de se sentir rempli d'une mission, est-ce que tu le ressens aujourd'hui ?
- Speaker #4
Oui, on travaille clairement pour des enjeux de vie et de mort parfois. C'est très intense, il y a des très hauts, il y a des très bas émotionnellement, mais globalement on se sent vraiment utile. On aide des animaux mais on aide aussi des gens, parce que forcément il y a des histoires pas faciles, donc il faut être là aussi pour les gens. Côté adoption, c'est top quand on voit les animaux repartir avec des gens qui sont hyper heureux, grandes bananes. Et surtout, ce qui est encore plus top, c'est quand on les voit revenir pour nous donner des nouvelles ou quand ils reviennent pour même les rappels de vaccins. Ils nous disent « Ah, c'est super, tout se passe bien » . Tout ce côté que les visiteurs ne voient pas. Souvent, les visiteurs sont là « Je ne pourrais pas faire ce que vous faites, c'est très dur » . Mais en fait, ils ne voient pas tout ce côté-là très positif aussi.
- Speaker #0
L'endroit dans lequel on se trouve est important à plusieurs égards. Parce qu'il est grand et moderne, déjà. Mais aussi parce que c'est dans la commune de Gennevilliers qu'a ouvert en 1903 le tout premier refuge en région parisienne et le premier refuge pour chiens de France, le Dog's Home. Alors pourquoi Dog's Home ? Eh bien parce qu'il était financé par un mécène américain francophile, James Gordon Bennett. La SPA va reprendre la gestion de ce refuge un peu plus tard, en 1917, et diversifier son activité. Bientôt arrivent les Ausha et les naques.
- Speaker #4
Bonjour Salomé, je vous présente Salomé qui tout à l'heure nous parlera des Ausha.
- Speaker #0
Bonjour Salomé. Justement on parlait de ça en fait. Salomé on est en train de te suivre là dans le couloir pour aller à la châterie. Je dis pas de bêtises ?
- Speaker #3
Oui, on y va.
- Speaker #0
Pourquoi est-ce qu'on te suit toi ? Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Speaker #3
Moi je m'occupe du coup, je suis la joie animale. Je suis spécialisée dans la châterie. Là, je vais aller faire mes petits soins. Voilà, je vais réfléchir que tout le monde a bien mangé, se porte bien ce matin. Tout le monde sera content de me voir.
- Speaker #0
Donc c'est le boulot que tu fais tous les matins ?
- Speaker #3
Tous les matins. Je rentre dans la châterie, je vais voir mes petits Ausha.
- Speaker #0
Là, on rentre dans un bâtiment, ça y est, on est dans la châterie. qui a un couloir, tout ce qu'il y a de plus classique, avec des boxes à gauche et à droite.
- Speaker #5
Voilà, méchant.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous expliquer ce que tu es en train de faire ? Parce que là, on te dérange pendant ton travail, mais c'est ta mission, tu viens d'arriver, c'est ta première mission du jour.
- Speaker #3
C'est d'aller apporter les soins nécessaires. J'ai plusieurs Ausha qui ont des traitements quotidiens. Je fais en sorte de leur mettre ça dans une lapataire plus ou moins appétante pour un peu les bernons.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #3
Donc voilà, moi ma partie ça va être tout le côté avant. J'ai 5 salles avec des Ausha à l'adoption, plus 3 salles de Ausha en semi-liberté. Donc nous on a des Ausha qui sont en cage parce qu'ils ne sont pas encore entièrement vaccinés pour pouvoir être mis en collectivité. Et donc j'ai 3 pièces de collectivité où la plupart du temps on y met tous Ausha craintifs. Donc je rentre dans la pièce, je fais mes petits câlins tous les matins, mes petits craintifs et tout. Je vous emmènerai après voir ça. Et donc côté soins, il y a souvent un ASV qui est responsable et qui lui va avoir plus de soins que moi de mon côté. Là, ça va être plutôt la partie infirmerie. Donc c'est des Ausha qui ne sont pas, eux, actuellement adoptables et qui nécessitent pour certains ce qu'on appelle de la clagothérapie, donc ils doivent rester en cage. pour une consolidation de fracture, ou des Ausha qui ont attrapé le corisa. Le corisa, c'est le rhume du chat. Et de voir le véto plus souvent que moi de mon côté, où eux sont prêts à être adoptés et partir directement en famille.
- Speaker #0
Alors les auditeurs ne le voient pas, mais je peux te décrire un peu. Tu as les yeux bleus très pétillants. On sent que tu es contente d'être là.
- Speaker #3
Je suis heureuse d'être là, tous les jours. En fait, moi, j'étais bénévole il y a encore six mois. J'ai arrêté tout mon travail et j'ai été bénévole pendant deux ans. Je me suis pris deux ans de ma vie et puis on m'a ouvert les portes ici. En fait, tous les matins, j'arrive, je suis heureuse d'être là.
- Speaker #0
C'est très calme ici.
- Speaker #3
Oui, là, on est dans la pièce, on a des Ausha plus ou moins compliqués, des Ausha très craintifs, donc ça ne sera pas... L'accueil avec les gros miaulements et tout ça, les ronrons. On est plus sur des Ausha qui sont très stressés d'être ici. À part Gigi.
- Speaker #0
Justement, à peine rentré, Gigi, donc là, il est dans tes bras. Qui est un chat qui est quand même assez imposant, poil noir et blanc.
- Speaker #3
Gigi, c'est un peu ma mascotte. Elle voit tous les jours, elle va faire son petit tour dans le couloir. Je l'emmène un peu partout. Bah oui, mon bébé. Bah oui, c'est l'heure de la pâté. Je ne te l'ai pas pris.
- Speaker #1
C'est plutôt mes dacs.
- Speaker #3
Il y a plein d'essor de Ausha qui sont très compliqués.
- Speaker #0
Oui, je le vois sur le côté. Il y a un petit panneau rouge avec marqué chat caractériel.
- Speaker #3
Oui. Je lui cherche un centre équestre, une ferme, là où il pourra vivre sa vie, lui, tranquille, et sans être en permanence au contact de l'humain, parce qu'il le demande, mais il ne sait pas gérer.
- Speaker #0
Eh bien, avis aux auditeurs.
- Speaker #3
Voilà.
- Speaker #0
Tu as connu l'ancien refuge de Gennevilliers. Quelles sont les différences ?
- Speaker #3
On a la clim. C'était très dur l'été dans l'ancien refuge. On a le chauffage, c'était pareil. Je pense que c'est vraiment le point hyper important. Les Ausha n'ont pas cette différence de température en permanence. On a des locaux quand même moins vêtus. C'est beaucoup plus agréable de venir travailler là le matin. C'est propre, c'est grand.
- Speaker #0
Les box, en tout cas, sont très très propres.
- Speaker #3
Là, c'est grâce à Claudine qui est en train de faire le ménage.
- Speaker #0
Là, on est à l'intérieur. Si je fais un pas sur la gauche, j'arrive sur un espace extérieur. Peut-être l'entend-on au son, avec ce qu'on pourrait qualifier d'un truc voliaire, en tout cas de gris extérieur. Ça, c'est nouveau aussi.
- Speaker #3
C'est nos petites terrasses. Alors, dans l'ancien refuge, on en avait trois, beaucoup plus petites. Les Ausha adorent. Là, c'est vraiment l'espace de Gigi.
- Speaker #0
Ah bah, il est en train d'arriver. Voilà.
- Speaker #3
Si tu nous fais visiter, tu es mon bébé.
- Speaker #0
Ça, c'est son arbre à chat. On entend légèrement la pluie qui tombe sur le parapluie parce qu'en effet, c'est relié à l'extérieur.
- Speaker #6
Oui.
- Speaker #0
Merci, on continue ensuite. Vous êtes bénévole ?
- Speaker #6
Oui.
- Speaker #0
Vous vous appelez comment ? Je peux vous demander votre prénom ?
- Speaker #6
Jamila.
- Speaker #0
Jamila. Vous êtes bénévole depuis combien de temps ici ?
- Speaker #6
Je suis arrivée au mois d'avril.
- Speaker #0
OK. Qu'est-ce qui a décidé votre venue ?
- Speaker #6
Déjà par l'amour des animaux, d'une. Et je trouve que c'est un échange, c'est réciproque. Je leur apporte du câlin, à manger surtout, et on m'apporte beaucoup. Voilà, c'est un échange mutuel.
- Speaker #0
Vous êtes à la retraite ?
- Speaker #6
Pas loin, presque.
- Speaker #0
Vous faites quoi ?
- Speaker #6
Il y a eu un plan social, donc je fais partie du plan social. Et donc là, j'ai du temps à consacrer à la SPA et aux animaux. Donc je le fais avec beaucoup de plaisir.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez un animal préféré dans le coin ?
- Speaker #6
Merci. Ils sont tous partis déjà. Tant mieux. Tous ceux qui étaient dans mon cœur, où j'avais l'habitude de m'occuper, sont partis, tant mieux, comme vous dites. Mais non, je ne veux pas avoir d'attachement particulier. J'estime que je suis là pour une famille. Je ne fais pas de différence entre cette salle-là, la salle d'à côté. Ça m'est complètement égal.
- Speaker #0
C'est quoi la mission du jour ?
- Speaker #6
Alors, nettoyage des pièces et des litières et mettre à manger Ausha. Parfait. Et puis, accessoirement, s'ils se laissent approcher, s'ils viennent vers moi, les cadenets. Mais s'ils ne viennent pas, je les laisse tranquilles.
- Speaker #0
Accessoirement, ce n'est pas si mal. Là, il y en a un qui est en train de se faire avoir. Merci beaucoup.
- Speaker #3
Pas de souci.
- Speaker #0
Excusez-moi. Bonjour, je peux vous déranger deux secondes ? Je voulais savoir ce qu'il se passait là derrière.
- Speaker #7
Là on est en train de faire un test congénère, c'est à dire qu'on teste deux chiens ensemble, tout simplement.
- Speaker #0
Ok, ils s'appellent comment les deux ?
- Speaker #7
Là il y a Muse et Lucky.
- Speaker #0
Et pourquoi on fait ça ? Pourquoi vous les testez ensemble ?
- Speaker #7
Pour qu'ils puissent se dépenser autrement qu'en faisant une balade ou en restant dans leur box.
- Speaker #0
Pour qu'ils puissent se dépenser à deux. En gros on teste la compatibilité du couple pour ensuite les mettre dans des parcs de détente plus souvent ensemble.
- Speaker #7
pour qu'ils s'occupent dans la journée, c'est sympa. Au lieu de rester seuls, quand ils sont sociables avec les congénères, on les met à deux.
- Speaker #0
Vous faites ça souvent ?
- Speaker #7
Oui, tous les jours. On essaye de tourner justement pour qu'ils ne soient pas toujours les mêmes chiens avec les mêmes chiens. Ils se dépensent et ils boivent plein de chiens. C'est bien.
- Speaker #0
Et alors là, ça se passe comment les deux ?
- Speaker #7
Ça se passe bien, ça se passe bien. Ils étaient pas mal stressés au début parce que Muse, elle n'est pas beaucoup en contact avec les autres chiens, vu qu'elle se présente très mal. Mais là, ça va mieux.
- Speaker #5
Allez, doucement.
- Speaker #0
Bon bah on les laisse tranquilles Merci beaucoup Bonjour Je peux rentrer ?
- Speaker #2
Oui on a enfermé la petite affiche qui était là Bonjour enchanté Théo Enchanté, Kobe
- Speaker #0
Comment ça va Kobe ?
- Speaker #2
Ça va très bien, à part qu'on a beaucoup de monde
- Speaker #0
Mais alors c'est quoi ce monde justement ?
- Speaker #2
C'est des petits pensionnaires qui ont été ou abandonnés directement ou qui arrivent de fourrière Merci. C'est-à-dire, trouvés dans la rue.
- Speaker #0
On est dans la salle des NAC. Oui. On ne l'a pas précisé.
- Speaker #2
Salle des NAC.
- Speaker #6
Qui est remplie de lapins.
- Speaker #2
Oui, aujourd'hui, oui.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, on est séparés. Là, on se parle un peu à distance. On est à quoi ? Trois mètres de distance. Parce qu'entre nous, il y a les cages avec les lapins. Les enclos. Les enclos,
- Speaker #2
oui.
- Speaker #0
Il y a combien de lapins ici ?
- Speaker #2
Là, aujourd'hui, on en a 12. 12, donc il y en a 4 qui sont toujours en enclos, c'est-à-dire que cet enclos-là, celui-là et celui-là, ils sont permanents. C'est-à-dire que ces 4 petits lapins ont de la chance d'être en enclos. Tous les autres sont dans les cages. Donc il n'y a que quand il y a des bénévoles qui sont sortis.
- Speaker #0
Comme vous ?
- Speaker #2
Comme moi, notamment. Et nous sommes, on va dire, on est... pas très nombreuses en bénévolenac. Je m'occupe, deux jours, deux matinées par semaine, je m'occupe des lapins.
- Speaker #0
Mais est-ce que ça demande des compétences particulières ?
- Speaker #2
Il ne faut pas avoir peur des lapins. Être rigoureuse, savoir nettoyer les cages. Il ne faut surtout pas en avoir peur. Parce que contrairement à ce qu'on peut penser, ces chers petits lapins ne sont pas toujours très tendres. Notamment le petit, là, Milka. Il est assez particulier de caractère, donc il faut faire attention.
- Speaker #0
Le petit, c'est lequel ? Celui qui est devant moi ?
- Speaker #2
Noir et blanc.
- Speaker #0
Noir et blanc, qui a l'air tout sympa là.
- Speaker #2
Qui a l'air tout sympa.
- Speaker #0
La pièce dans laquelle on est là, ça sent un petit peu le fouin. C'est normal, il y en a un peu partout. Alors, il y a des cages partout au mur. Il y a deux fenêtres qui donnent sur l'extérieur, ce qui est assez sympa pour vous.
- Speaker #2
Maintenant, dans les nouveaux locaux, on a de la chance, c'est climatisé.
- Speaker #0
C'est juste au-dessus de vous, juste au-dessus de votre tête.
- Speaker #2
Une matisse et échauffage en fonction des saisons.
- Speaker #6
Il y a des petits... Alors là,
- Speaker #0
il y a un tableau à côté de moi avec marqué des consignes. Un gros sac de foin est ouvert afin qu'il sèche car il est humide. Ça, c'est votre vie de tous les jours.
- Speaker #2
On note quand il y a un lapin. Par exemple, on a un lapin qui est enrhumé, donc on le note pour que les salariés de la SPA prennent rendez-vous chez les vétos. On note quand il manque du matériel parce que quand il y a beaucoup de monde comme ça, le chanvre et le foin, ça part vite.
- Speaker #0
Je rigole parce que j'en vois un qui se couche là.
- Speaker #2
Oui c'est tout mignon, celui qui a l'air tout tout mignon tout mignon.
- Speaker #0
Kobe on m'a dit que vous étiez là dans l'ancien refuge déjà. En quoi ce nouveau refuge là est différent et mieux ? Tant pour vous que pour les animaux ?
- Speaker #2
Alors pour les animaux on va dire que c'est plus propre et la structure est neuve. On peut quand même laisser trois enclos. chose qu'on ne pouvait pas dans l'ancien refuge. La pièce NAC est plus grande. Dans l'ancien refuge, pour sortir, par exemple, là on en a 8, ils sont à sortir, il ne nous fallait les sortir qu'une heure, ou même pas, parce qu'on n'avait pas la place. Là on est au maximum, 8, on ne peut pas plus, parce qu'il faut vachement les surveiller.
- Speaker #0
Et ils vont rester là combien de temps ?
- Speaker #2
Ah non, là, moi après, je suis arrivée à 8 heures ce matin. Là, il est 11h30. Dans une demi-heure, je vais commencer à les rentrer. Et après, je vais tout nettoyer.
- Speaker #0
Vous aimez ça ?
- Speaker #2
Oui, sinon je ne viendrai pas. Personnellement, j'avais aussi une lapine à la maison qui est décédée il n'y a pas très longtemps. Et donc maintenant, je m'en occupe et je n'en veux plus chez moi. Donc je viens m'occuper des petits malheureux.
- Speaker #0
Vous avez bien raison. Merci, Kobe. On vous laisse tranquille.
- Speaker #2
De rien.
- Speaker #0
Plus de 3000 animaux pourront être accueillis ici chaque année. dans des conditions assez exceptionnelles. Imaginez un peu, au-dessus de nos têtes, un système de récupération d'eau de pluie pour l'arrosage et le nettoyage, une toiture végétalisée qui régule la température et 572 m² de panneaux photovoltaïques pour l'électricité. Sous nos pattes, des sols chauffants, une dizaine de pelouses rectangulaires et grillagées. Le refuge accueille aussi toute une foule de gens de l'ombre et pourtant essentiels, comme Thomas, agent animalier, Cyrielle... éducatrices ou des bénévoles comme Daphné avec qui juste après on part en balai
- Speaker #8
Moi c'est Thomas, je suis agent animalier au refuge depuis 2 ans donc là on est avec Cyrielle l'éducatrice, du coup on va lui présenter une cat pacha, un chien qui est arrivé chez nous suite à un transfert en fait un terrespea et il a des petites problématiques du coup il faut qu'on lui explique tout ça et voir ce qu'il y a à mettre en place
- Speaker #0
Ça, ça fait vraiment partie de ton quotidien qu'on explique. Là, le refuge n'est pas encore ouvert au public. Donc, c'est vraiment de la cuisine interne à laquelle on va être. C'est ça.
- Speaker #8
On essaie de fermer au public, on essaie de donner le temps aux chiens, d'essayer de mettre en place des solutions pour mieux les présenter correctement, travailler l'associer avec les humains, les autres chiens, etc. Donc, on essaie de faire tout ça quand on n'a pas forcément le temps avec les gens.
- Speaker #0
C'est parti ?
- Speaker #8
C'est ça ?
- Speaker #0
Ok, super, enchanté, Cyriel. Thomas, on te retrouve quelques minutes après cette analyse comportementale. Qu'est-ce qui en est ressorti ?
- Speaker #8
Donc là, du coup, en fait, l'éducatrice, on lui a expliqué un peu tous les points au sujet de Pacha, comment il se comportait en balade, au refuge, etc. et en fonction aussi de ses antécédents avant le refuge. Elle nous a conseillé des petites méthodes à mettre en place, notamment sur le travail de la muselière, parce qu'en fait, il n'est pas du tout OK avec la muselière actuellement. Du coup, il y avait différentes méthodes d'apprentissage de la muselière à retravailler. Il y avait quoi d'autre ? Il y avait aussi l'envisage de la possibilité d'apprendre des demi-tours, parce qu'en promenade, c'est vrai qu'il a du mal avec la frustration, du coup faire demi-tour, ce n'est pas possible pour lui. Donc lui apprendre ça sous forme d'exercice positif au refuge, etc. Donc on a revu les bases pour qu'on reprenne de zéro, et puis après, on va travailler au fur et à mesure.
- Speaker #0
C'est une espèce de formation continue ?
- Speaker #8
Oui, et différente en fonction de chaque chien aussi. Il vaut mieux repartir de zéro et après faire un travail de qualité qu'aller trop vite.
- Speaker #0
Ça, c'est typiquement un travail de l'ombre que le grand public ne voit pas et qui est pourtant essentiel ?
- Speaker #8
Non, on fait ça sous formation publique. Comme ça, on a le temps pour les chiens. Mais c'est vrai qu'en ouverture publique, on n'a pas forcément le temps.
- Speaker #0
Toi, tu es plutôt spécialisé chien ?
- Speaker #8
Moi, je suis polyvalent, je suis au chien, Ausha et au nac. Mais sinon, dans la vie de tous les jours, on va dire tout le temps, je suis plus au chien. Mais sinon, dès qu'il y a un problème, je vais partout.
- Speaker #0
Donc, les premières leçons avec Pacha, c'est dès demain, dès cet après-midi ?
- Speaker #8
Là, il a beaucoup travaillé aujourd'hui, donc on va le laisser tranquille. On reprendra à partir de demain.
- Speaker #0
OK. Merci beaucoup.
- Speaker #8
Pas de rien.
- Speaker #0
Bonjour, Daphné.
- Speaker #5
Ça va, merci. Et toi ?
- Speaker #0
Ça va super. On est en balade.
- Speaker #5
Oui.
- Speaker #0
Et alors, on l'entend tout de suite. On est à l'extérieur du refuge de Jeunevilliers, qui est un refuge urbain.
- Speaker #5
Oui, tout à fait. C'est certainement le plus urbain d'entre tous.
- Speaker #0
Ce qui change des refuges qu'on a pu visiter jusque-là, si bien que là, on est en bord de route, on est en pleine ville. Et là, le début de la balade est toujours un peu sport. En tout cas, l'animal que tu promènes en ce moment tire un peu sur la laisse.
- Speaker #5
Oui, effectivement. On a un bon morceau. On a un rottweiler en forme. Ce n'est pas celui qui tire le plus, mais effectivement, c'est parfois sportif.
- Speaker #0
Tu peux nous le présenter ?
- Speaker #5
Oui, il s'appelle Bob. Si je ne me trompe pas, il a 2-3 ans. Il est là depuis au moins janvier. Ça doit faire plus de 6 mois qu'il est là, à peu près moins d'un an en tout cas, ça c'est sûr. Et il est réservé par une autre bénévole qui l'adopte à la fin du mois.
- Speaker #0
D'accord, donc ça c'est réglé ?
- Speaker #5
Oui, ça c'est bon.
- Speaker #0
Super. C'est un Rottweiler noir, qui a la robe classique de ce qu'on peut imaginer des Rottweilers.
- Speaker #5
Tout à fait.
- Speaker #0
Avec un peu de marron sur le museau.
- Speaker #5
Noir et feu.
- Speaker #0
On a parlé du chien. J'aimerais qu'on parle de toi un peu. Toi, tu es bénévole ici ?
- Speaker #5
Oui, depuis 2019, donc depuis 6 ans maintenant.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a motivé ce choix ?
- Speaker #5
À la base, j'étais en reconversion et je voulais développer mes connaissances dans le chien. J'ai passé quelques formations et je me suis inscrite pour faire du bénévolat à la SPA la plus proche de chez moi. Donc, c'était Jeunevilliers. Et encore que ce n'est pas très proche en soi, parce que j'habite près de Vincennes et j'ai quand même un peu de trajet, mais c'est la plus proche en tout cas. En région parisienne ? Oui, voilà. En région parisienne, il n'y en a pas tant que ça. Après, j'ai toujours eu des chiens, j'ai deux chiens, j'en ai adopté au refuge. Donc, ça fait longtemps que j'avais envie d'être bénévole et j'ai passé le cap. Et puis, ça fait déjà six ans maintenant.
- Speaker #0
Tu faisais quoi comme métier ? Parce que tu parlais de la déconversion.
- Speaker #5
J'étais chef de projet dans le digital, rien à voir.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #5
et maintenant ? Je suis en recherche d'emploi et j'ai un peu de temps libre du coup je viens souvent en ce moment et j'ai bossé quelques mois à la SPA justement pour un remplacement et j'avais bossé aussi quelques mois au chien guide d'aveugle de Paris et là je cherche toujours dans le milieu canin mais je ne suis pas encore décidée.
- Speaker #0
Là on vient d'entrer dans une partie un tout petit peu plus boisée en tout cas un chemin qui s'éloigne un peu de la route Merci. Et on croise d'autres chiens du refuge, c'est ça ?
- Speaker #5
Oui, tout à fait. Et ce n'est pas le plus simple celui-ci. Donc on s'éloigne pour le laisser passer tranquillement pour que l'autre bénévole ne soit pas trop en difficulté. Hé, Bob, Bob, je suis là. Bob, allez, tu laisses. Voilà, bon. Alors quand on a un chien agité en face, souvent ça excite le chien qu'on a, nous, en promenade et potentiellement s'il est réactif également. Et du coup, on a l'habitude, les anciens bénévoles en tout cas, ont l'habitude de s'éloigner, de laisser l'autre passer. On a développé ce genre de réflexe pour ne pas se retrouver trop en difficulté.
- Speaker #0
Alors, Bob se roule dans l'herbe. C'est l'occasion de dire qu'il a une muselière.
- Speaker #5
Oui.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #5
Parce que c'est un chien catégorisé. Il est catégorie 2. Et tout ce qui est Stafflof et Rottweiler sont obligatoirement muselés à l'extérieur.
- Speaker #0
Qu'importe leur comportement, leur nature, leur personnalité.
- Speaker #5
Ça a été mis en place, il me semble que c'était dans les années 90. À la base, c'était pour dissuader de prendre ce type de chien qui rendait potentiellement agressif et violent, mais c'était la faute des personnes qui les avaient en main et non pas des chiens en soi, puisqu'on a d'autres types de chiens et de races qui ont le même potentiel de dangerosité, mais qui, au final, ne sont pas muselés. Donc, c'est vraiment... certains types de chiens molossoïdes, mais en vérité, ça aurait pu concerner d'autres profils de chiens.
- Speaker #0
Molossoïdes, j'aime bien. Je ne connaissais pas ce mot-là.
- Speaker #5
C'est comme ça qu'on appelle les molos, donc tout ce qui est staff, dog, rottweiler, tout ce qui était à l'époque, en tout cas historiquement, des pseudo-chiens d'attaque. Mais bon, aujourd'hui, ça reste des super chiens de compagnie, très mignons.
- Speaker #0
Ici, c'était votre endroit de balade habituel ?
- Speaker #5
Oui, alors il y en a plusieurs. Alors étonnamment, c'est vrai qu'on n'est pas très bien placé en termes de verdure et de bois, mais on a plusieurs parcs quand même autour. On a les quais de Seine, on a ce petit chemin qui rejoint le parc des Chantraines et on a aussi l'île Saint-Denis et encore un peu plus loin, si on a un peu de temps, on peut aller au chemin de Halage. On a quand même découvert quatre endroits de balade, ce qui n'est quand même pas rien dans cet environnement très urbain.
- Speaker #0
C'est super, oui.
- Speaker #5
Oui, c'est top. Après, c'est juste qu'il y a du monde, on croise beaucoup de chiens, il faut qu'on qu'on soit vigilants selon les chiens qu'on a en balade au bout de la laisse.
- Speaker #0
Vous les promenez toujours à deux ? Parce que là, il y a un compagnon qui est en face de nous avec une autre bénévole.
- Speaker #5
Oui, très souvent. En fait, quand il y a des duos qui marchent bien, on aime bien en plus maintenir la sociabilité entre eux parce que ça leur fait du bien de voir des copains. Parfois, ça les motive à avancer également. Et pour le coup, dès qu'on trouve des chiens qui s'entendent bien et que nous-mêmes, on s'entend bien aussi entre bénévoles, c'est sympa que tout le monde en profite. Qu'on puisse discuter et qu'eux, ils puissent jouer et s'amuser un peu ensemble. Ou parfois, ils ne se calculent pas trop, mais au moins, ça leur permet de garder un peu de liens sociaux avec les congénères.
- Speaker #0
Est-ce que c'est des moments à titre personnel que toi, tu apprécies ?
- Speaker #5
Oui, complètement. C'est pour ça que je viens aussi. Moi, ça me permet de passer du temps avec les chiens, de travailler ceux qui ont des difficultés et de leur apporter un moment un peu sympa dans leur journée. Parce que c'est vrai que c'est long pour eux. Ils ont une balade dans la journée. S'ils ont de la chance et qu'on est assez nombreux. Souvent, j'essaie de faire entre 45 et une heure de balade, un minimum, parce qu'ils en ont quand même bien besoin et c'est leur seule sortie de la journée.
- Speaker #0
Oui, quand même.
- Speaker #5
Parfois, ils font de l'enclos. Maintenant, on a plein d'enclos. Ça, c'est quand même chouette. Ils font tous de l'enclos, quoi qu'il arrive. Mais après, parfois, on n'est pas assez nombreux pour les sortir. Ce n'est pas toujours évident. On essaye quand même de leur faire des belles balades, même si on enchaîne un peu les chiens.
- Speaker #0
Donc, tu fais 45 minutes, 45 minutes, 45 minutes.
- Speaker #5
Un peu une heure même. Plus une heure, une heure, une heure. Après, quand vraiment, il y a beaucoup de chiens à sortir et qu'on est très peu nombreux, j'essaye d'activer, de me speeder un peu, mais je ne vais pas en dessous de 45 minutes.
- Speaker #0
Est-ce que tu apprécies le nouveau refuge et toutes les possibilités qu'il offre ?
- Speaker #5
Oui, en termes de confort, il est quand même beaucoup mieux pensé et optimisé pour les chiens. Alors nous, on marche beaucoup maintenant. Par contre, c'est bien plus grand qu'avant. Mais il y a quand même beaucoup plus de côtés positifs que négatifs. Et puis, on part sur l'ancien refuge. Il était très vieux. Il n'était pas insalubre. Mais il y a quand même beaucoup de choses qui partaient un peu en ruine. Il y avait de l'humidité. Ça a commencé à devenir un peu compliqué en termes de confort pour les chiens. Après, on ne s'en plaignait pas. Puis bon, il y a un parking. On y gagne aussi. C'est bien plus grand et bien plus spacieux pour les loulous surtout.
- Speaker #0
J'allais le dire, puisque tu parles de parking, c'est aussi beaucoup mieux en termes d'accueil visiteur, puisqu'on invite évidemment les gens à venir visiter ce nouveau refuge. Le refuge est fait pour les accueillir.
- Speaker #5
Oui, c'est vrai que là, quand on avait une grande influence à l'époque, enfin une grande affluence, pardon, et qu'il y avait énormément de gens, c'était très compliqué de gérer tout le monde et de les faire tenir, alors que maintenant, il y a quand même beaucoup plus d'espèces pour accueillir les gens.
- Speaker #0
Est-ce que tu as une belle histoire à nous raconter ? En corrélation avec un chien que tu as pu connaître ici, dans ton beau refuge.
- Speaker #5
Ah, dans le nouveau ?
- Speaker #0
Dans le nouveau, dans l'ancien, ce qui devient.
- Speaker #5
J'ai une belle histoire sur l'ancien, mais il y en a plein des belles aussi dans le nouveau, c'est pas ce que je dis. Moi, j'avais un chouchou à l'époque qui s'appelait Alaska, qui était un malamute. Et il a été adopté une première fois. Et en fait, ça ne l'a pas fait. Ça n'a pas matché avec les gens qui n'avaient pas forcément le temps. Et l'envie de s'investir plus que ça. Donc, il est revenu. J'ai été très attristée par son retour. C'est normal, quand on appelle son animal, qu'il s'en occupe beaucoup et qu'il est enfin parti. On espère qu'il ne revienne pas. Et il est revenu. Et finalement, il a été réadopté. Mais bien après, au moins six à huit mois plus tard, je ne pourrais pas dire exactement la... la durée qu'il est resté après sa première adoption. Mais du coup, il a été réadopté par un super adoptant. J'ai des nouvelles régulièrement. J'ai été refaire une balade même cet été avec lui. Et on est tellement contents, en fait, quand on sait que le chien est heureux, qu'on a accompli un peu notre mission ici pour qu'il soit le mieux possible en attendant de trouver une famille.
- Speaker #0
C'est le signe que la mission est réussie.
- Speaker #5
Voilà.
- Speaker #0
Comme pour Bob.
- Speaker #5
Exactement. D'ailleurs, il y a souvent des bénévoles qui finissent par s'attacher tellement à l'animal qu'ils finissent par adopter un chien. Ce qui a été mon cas ici, j'ai adopté un chien ici. J'avais déjà un autre chien, donc je voulais que ça se passe bien. Je ne suis pas partie sur le profil le plus compliqué, parce qu'en fonction de ma vie et de mon profil, de mon quotidien, etc. Mais c'est vrai que si je m'écoutais, on m'adopterait tous les jours.
- Speaker #0
Donc il s'appelle comment ce chien qui est à la maison ?
- Speaker #5
Il s'appelle Sparrow. C'est un bien merveilleux. C'est que du bonheur. Depuis qu'on l'a adopté, ça fait en 2021 et tout va pour le mieux. Il est très content.
- Speaker #0
J'en doute pas. On te souhaite que ça continue. Hasard du décor, on est en train de passer devant un parc à Vélib.
- Speaker #5
Oui, tout à fait.
- Speaker #3
Ce qui montre le côté bigarré de ce refuge à Gennevilliers. Merci beaucoup, Daphné.
- Speaker #5
De rien. J'étais ravie de pouvoir échanger avec vous.
- Speaker #0
Nous laissons Daphné et Bob à leur balade et nous, on repart pour une fois en Vélib. Merci au refuge de Gennevilliers pour son accueil et à vous de nous avoir écoutés. Et venez, venez jeter un oeil si vous le pouvez, rencontrez ces pensionnaires. Le refuge est même ouvert le week-end de 10h à 17h. Alors portez-vous bien et à bientôt pour une nouvelle grande balade.