Speaker #0Bienvenue dans les petites chroniques d'un grand projet, le podcast où tu vas suivre les péripéties et l'évolution d'une femme qui va se donner les moyens d'incarner sa vision et de faire vivre ses convictions. Épisode 1, de l'idée au projet. Qu'est-ce qui fait qu'on se lève un matin avec un projet plus grand que soi ? Comment on arrive à cette conviction qu'une proposition qui n'existe pas est la meilleure solution ? Comment on transforme une idée en une évidence ? Je monte à cheval depuis que j'ai 5-6 ans, mais j'ai toujours refusé d'en faire mon métier, jusqu'au moment où la vocation m'a rattrapée. La première fois que j'ai parlé de ce projet, c'était en 2018, quand je me suis inscrite à un DU entrepreneuriat. En parallèle, je suivais des études en STAPS. STAPS, c'est Science et Technique des Activités Physiques et Sportives. On a vraiment une vision complète du mouvement et un volet biomécanique, mais aussi scientifique. Et moi, j'étais en spécialité équitation. Donc je pensais m'orienter vers de l'équithérapie en prenant l'option Sport adapté et santé en troisième année. La forme du projet, c'était donc celle-ci. Créer un centre équestre porté sur l'activité physique adaptée, qui soit le support de recherches scientifiques sur le lien entre l'homme et l'animal. Et j'ai retrouvé mes notes de l'époque, et donc le pourquoi ce projet avait démarré. Et ça partait de trois constats. Le premier, il est issu de ma pratique personnelle, puisque je monte à cheval en club depuis plus de 15 ans à l'époque, donc désormais plus de 20 ans. Et parmi les cavaliers, j'observais déjà beaucoup de passionnés, ce qu'on appelle de vrais amoureux des chevaux. Mais très peu orientés sur l'aspect technique de la pratique. Je me demandais alors pourquoi ces personnes montaient à cheval si ce n'était pas pour l'arrêt qu'est-ce que c'est pas plutôt pour tout ce que le cheval apporte sur le plan personnel, physique, mental et social. Le second constat, il est issu de mes études en STAPS et notamment en APA où j'ai pu remarquer qu'il existait des besoins variés et importants pour des publics très spécifiques, notamment sur trois plans, physique, mental et social. Or le cheval, il a cette originalité de répondre à tous ces besoins simultanément par sa simple présence. Et à mon sens, la médiation animale, qui est une autre forme de l'équithérapie, mais où cette fois on ne monte pas forcément à cheval, elle s'impose comme une activité physique adaptée d'avenir. Et le troisième constat, il est issu de ma propre curiosité. En effet, il existe assez peu de recherches sur le lien entre l'homme et le cheval, alors que ce dernier est à nos côtés depuis des milliers d'années. Les dernières études qui ont été faites portent surtout sur la performance du couple, notamment avec l'IFCE, l'Institut Français du Cheval et de l'Équitation. qui étudie le cheval et le cavalier plutôt séparément pour ensuite tenter de saisir l'impact de l'un sur l'autre. On a aussi Léa Lansat, par exemple, avec l'INRAE, l'Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l'Alimentation et l'Environnement, qui, elle, va plutôt s'intéresser à comment le cheval fonctionne, mais pas forcément sur l'interaction directement entre les deux. Or, on entend de plus en plus parler de médiation animale, et notamment du cheval comme puissant médiateur. Donc il serait intéressant de se pencher sur la question du potentiel bienfait de cette relation et de comment la relation en elle-même fonctionne. Depuis, il y a effectivement quelques études qui sont sorties, mais même lorsqu'on met de côté la performance ou le côté cognitif de l'éthologie, on étudie plutôt les bienfaits pour le bénéficiaire, et il y aurait un tas de questions à se poser pour comprendre comment la relation dans sa globalité fonctionne et l'impact sur l'humain, mais aussi sur le cheval, notamment en se penchant sur comment l'environnement impacte l'individu. pour créer des conditions d'apprentissage et de relations qui sont favorables par exemple. Mais je m'égare. Donc en résumé, en 2018, le projet c'est trois constats. Les cavaliers sont des passionnés, mais pour la majorité des sportifs peu techniques. Le cheval est une approche d'avenir pour des publics aux besoins spécifiques. Et malgré un intérêt public croissant, on dispose de peu d'études scientifiques. La première version du projet, elle est donc très théorique, avec une vision entrepreneuriale orienté sur une méthodologie à développer devant un marché en croissance. Mais devant ce projet encore trop théorique et en arrêtant mes études, je le laisse de côté dans un coin de ma tête et je continue mon chemin. À ce moment-là, je vais alors accueillir mon premier cheval, Isiel. Encore tout poulain à ce moment-là, puisque je l'ai rencontré à 3 mois, que je l'ai acheté à 5 et qu'il est arrivé à mes côtés à 10 mois, je me forme en éthologie équine appliquée, ce qui m'amènera à devenir comportementaliste équin. La seconde fois que j'ai parlé du projet, c'était en 2022, lors d'une formation proposée par la BGE, qui est une association qui soutient les entrepreneurs, et cette formation, c'est le CCPE, Construire et Conduire un Projet Entrepreneuriel, qui m'a été financé par la région Île-de-France, que je remercie grandement pour son soutien. Et là, on a une nouvelle dimension du projet qui est arrivée, et une autre qui s'est développée. Celle qui est arrivée concerne directement les chevaux, puisque en tant que propriétaire, j'ai pu constater à quel point il était difficile de trouver un environnement adapté, Malgré un marché saturé de propositions, et celle qui s'est développée touche les propriétaires elles-mêmes, parce qu'en discutant avec mes clientes, j'ai pu me confronter à l'impact de ces difficultés sur leur propre santé. Comme là encore j'ai retrouvé mes notes, oui, je garde tout, voici comment je le présentais. un lieu d'accueil et d'hébergement inclusif pour le bien-être des équidés et de leurs propriétaires. Donc on avait toujours cette valeur d'inclusion qui était très présente, mais cette fois une vision plus concrète, orientée sur des solutions pratiques face à des problèmes réels. Ce qui est étonnant, c'est que ce qui m'a amenée à réorienter ma pensée, c'est de constater que les professionnels de la filière équestre sont eux orientés vers la performance, parfois même au détriment de la relation, qui est elle recherchée par les pratiquants. Ça paraît contradictoire avec le premier constat que j'avais pu réaliser en 2018, qui est toujours vrai, puisqu'en France, on compte 675 000 licenciés à la FFE, la Fédération Française d'équitation, et pourtant 3 millions de pratiquants d'après l'IFCE. Ce décalage, il est loin d'être anodin. Il traduit la difficulté de toute une filière à quitter ses schémas traditionnels pour répondre à des besoins qui émergent face à des problématiques contemporaines. L'objectif n'est donc plus de créer un centre équestre spécialisé, mais plutôt de fonder une écurie optimisée. optimisé à la fois pour remplir pleinement les besoins fondamentaux des équidés, ce qui est encore trop rarement le cas, et optimisé aussi pour répondre aux attentes et aux exigences des propriétaires qui s'investissent énormément, autant sur le plan personnel, financier, émotionnel, temporel. Optimisé, de fait, comme une entreprise fonctionnelle, au-delà même de l'aspect passionnel. Et à partir de là, on a toutes les dimensions du projet qui vont rester et me suivre. Le cheval, l'équitation et l'inclusion. La valeur d'inclusion... elle va légèrement se décaler. Au lieu d'apporter de l'aide pour pallier au handicap par le cheval, je vais utiliser le cheval comme tremplin pour valoriser les compétences des personnes en situation de handicap. En bref, au lieu de proposer un service, je veux créer de l'emploi. Ces trois dimensions, une pratique de l'équitation basée sur la relation, des modes d'hébergement innovants pour mieux répondre aux besoins des équidés et l'inclusion pour valoriser les compétences des personnes handicapées. C'est celle que je vais présenter au premier concours de pitch auquel je vais participer en 2024. Le prix Pépite de Paris-Saclay, concours que je vais remporter dans ma catégorie. Et très sincèrement, je n'y croyais pas autant que les personnes qui ont voté pour le projet. Moi je venais surtout pour l'expérience, pour prendre confiance en moi, pour oser enfin en parler. Et on peut dire que la mission, elle a vraiment eu du succès. A partir de là, je vais plus simplement mettre le projet de côté, car j'estime que ça y est. Il est arrivé à maturité avec les trois pôles qui se nourrissent tels que je les ai présentés dans l'épisode pilote, le projet. Je vais donc me former en médiation animale pour créer une première étape qui est une association, Animagis. Animagis, c'est une association que j'ai cofondée autour de la sensibilisation au handicap, à la santé mentale et au bien-être général. Ses missions, elles portent donc sur la sensibilisation et l'inclusion, et ses moyens d'action s'articulent autour de l'organisation et l'animation d'ateliers et de rencontres, mais aussi de séances de médiation animale pour aller un petit peu plus loin. Animagis est donc une première étape pour construire ce grand projet, mais aussi un liant entre les différents pôles pour amener un peu de souplesse sur une structure déjà très forte. En effet, sur un projet d'une telle envergure, on a plusieurs entités qui vont cohabiter. Et voir ce lieu comme un écosystème, ce n'est pas une vue de l'esprit, mais ça décrit aussi une réalité administrative et juridique complexe. Alors, comment on passe de la passion à l'administration ? Comment on fait pour que nos rêves ne se fassent pas dévorés par la réalité ? Qu'est-ce qui fait qu'un pourquoi est assez grand pour devenir un comment ? Ça, je t'en parle dans le prochain épisode. Je me donne un an pour voir jusqu'où je peux amener ce projet. Et ce podcast, c'est l'espace, le lieu et le moment pour tout te raconter. Comment on construit un tel projet ? Comment on tient face à l'adversité ? Et comment on convainc une solution qui n'existe pas peut devenir une évidence ? Si tu as envie d'en savoir plus, que tu partages ces valeurs et que tu veux soutenir le projet, Alors abonne-toi à ce podcast et rejoins la communauté de Aikidomus sur les réseaux sociaux. Je te dis à très bientôt.