- Speaker #0
Petits Pas Verts, des outils en santé environnementale pour les assistantes maternelles. Sortir, explorer, s'épanouir, la pédagogie du grand air. Bonjour et bienvenue à tous sur le podcast Petits Pas Verts qui vous est proposé par la Mutualité Française Nouvelle-Aquitaine, une fédération de vrais mutuels et un expert en prévention qui vous aide à prendre soin de votre santé. Il est financé par l'ARS Nouvelle-Aquitaine dans le cadre de la stratégie des 1000 premiers jours de l'enfant et de son action en santé environnementale. Aujourd'hui, nous parlons de l'éducation en plein air. En tant qu'assistante maternelle, vous le savez mieux que personne, pour un tout petit, sortir n'est pas une simple récréation. C'est une nécessité vitale. C'est dehors que l'enfant déploie sa motricité, affine ses sens, apprend à gérer le risque et trouve finalement un apaisement unique. Le grand air, c'est le premier des terrains d'aventure. Mais comment emmener les enfants explorer le monde en toute sérénité ? Comment transformer chaque sortie, même en ville, en une bulle de bienfaits ? tout en restant vigilante et informée sur notre environnement. Pour nous guider dans cette philosophie du dehors, j'ai le plaisir d'accueillir Ingrid Bergeau. Éducatrice de jeunes enfants et cofondatrice d'éponyme Prime Enfance, elle incarne cette approche résolument positive. Dans ces crèches, on ne subit pas la météo ou la ville, on les apprivoise. On y fait pousser les enfants, entre guillemets, au contact du réel, avec une attention particulière portée à la qualité de leur environnement. Bonjour Ingrid.
- Speaker #1
Bonjour Laure.
- Speaker #0
Pour commencer, peux-tu te présenter, nous expliquer ton parcours et comment tu en es arrivée là ?
- Speaker #1
Je suis éducatrice de jeunes enfants depuis 25 ans maintenant et j'ai toujours eu à cœur de penser et de favoriser des environnements qui soient favorables au développement des jeunes enfants et également de créer un dialogue entre les parents et les professionnels de la petite enfance. En 2014, j'ai créé et j'ai cofondé Eponyme Créme Enfance en Gironde. C'est un réseau de crèches girondins, acteurs de l'économie solidaire. Et j'ai eu la chance finalement en 2014, on se fait plus de 10 ans maintenant, de rencontrer Anne Lafourcade qui est ingénieure chimiste. Et on a pu très tôt échanger sur les enjeux de santé et environnement dans les crèches et notamment la qualité de l'air intérieur. Et puis au fil des années, on a cheminé et j'ai compris aussi que l'air intérieur était 10 fois plus pollué que l'air extérieur. Alors on s'est dit qu'on avait beaucoup travaillé sur la chasse aux polluants finalement avec les produits d'entretien, la vaisselle, tout ce que tu as pu faire. déjà pu apporter dans différents podcasts. Et on s'est dit que le but, c'était de pouvoir favoriser le temps passé en extérieur des jeunes enfants, en crèche spécifiquement. On a également une crèche familiale, donc on travaille d'être en maternelle aussi à leur domicile. Et ce travail-là a démarré en 2018.
- Speaker #0
Merci. Le slogan d'éponyme, c'est « Faire pousser les enfants » , comme je le disais en introduction. Et du coup, pour commencer, est-ce que tu peux nous rappeler ce que l'on entend par l'éducation en plein air ? Et puis nous expliquer un petit peu comment cette vision se traduit concrètement dans tes établissements, pourquoi le lien avec la nature est si central ?
- Speaker #1
L'éducation en plein air, c'est une approche pédagogique basée sur l'expérience qui se déroule en dehors des murs de la crèche, de l'école aussi on peut parler, et de la maison, et qui met l'accent sur l'apprentissage dans des environnements naturels ou culturels. Pour ma traduction un peu plus personnelle ou professionnelle via le projet d'éponyme, c'est finalement la différence entre jouer dehors, Un peu comme une récréation où les enfants vont aller à l'extérieur pour courir, sauter, avoir de la motricité globale en mode récréation. Et basculer vers le vivre dehors où l'enfant passe un maximum de temps en extérieur pour y jouer, y courir. Mais également où il puisse faire des activités, plus de motricité fine. Il puisse y manger, dormir, lire, avoir des activités artistiques. Donc c'est d'utiliser les espaces extérieurs pour y faire finalement répondre à l'ensemble des besoins des enfants. bien au-delà de la motricité globale. Également, l'éducation en plein air, c'est pour nous des espaces extérieurs qui soient moins non aseptisés ou moins aseptisés, où finalement on chasse le béton, les sols souples, et on va permettre aux enfants d'envoler dans un environnement où il y a de l'herbe, des végétaux, des arbres, des insectes, éventuellement un poulailler, où les enfants peuvent être contact réel du vivant.
- Speaker #0
D'accord, et du coup ? Quel changement concret tu as pu remarquer chez les enfants qui passent plus de temps dehors suite à la mise en place de toutes ces initiatives ?
- Speaker #1
Je vais vous partager les retours des professionnels qui accompagnent les enfants au quotidien. Le retour que j'ai, c'est qu'il y a plus de calme, plus d'apaisement. Les enfants sont plus posés lorsqu'ils sont dehors, mais aussi lorsqu'ils vont pouvoir de nouveau être à l'intérieur. Ils dorment mieux, plus longtemps. Et également, on observe moins de conflits entre enfants à la fois en extérieur et lorsqu'ils ont passé suffisamment de temps dehors dans la journée. Et aussi, on parle des enfants, mais on peut aussi parler des professionnels, des adultes, comme les assistants maternels ou les pros de la petite enfance, qui vont aussi trouver un intérêt, en fait, puisque... Il y a aussi de l'apaisement pour elle-même. Je dis elle et il, il y a des hommes, mais il y en a peut-être moins que les femmes. Pourquoi ? Parce qu'effectivement, c'est plus calme aussi en extérieur. Les enfants ont plus d'espace pour évoluer. Il y a moins de conflits, donc il y a moins de stress pour elles. Et du coup, aussi la possibilité, je partage le retour de Karen, une professionnelle qui m'a dit, j'ai plaisir à les observer, à les regarder, à être présente pour eux, mais sans intervenir et à les voir s'émerveiller finalement de chaque petite chose.
- Speaker #0
C'est donc bénéfique pour tout le monde, c'est une bonne nouvelle.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et donc j'aimerais qu'on revienne un petit peu sur des aspects pratiques pour les assistantes maternelles qui nous écoutent, qui appréhendent parfois de sortir en raison du risque, notamment on peut parler de circulation dans les zones plus urbaines. Comment est-ce que toi tu formes tes équipes pour accompagner les enfants sans les surprotéger ? Sachant que les assistantes maternelles, elles accueillent les enfants et dans le même temps, elles sont les salariés des parents employeurs. Donc, elles ont... Un rôle un peu entre deux. Certains parents peuvent être inquiets des sorties également, en raison du froid, de la pollution, peur que les enfants se salissent. Comment est-ce que toi tu les rassures, ou l'équipe avec laquelle tu travailles les rassure ? Et comment est-ce que vous les impliquez dans cette démarche ?
- Speaker #1
Par rapport aux professionnels, déjà, l'enjeu c'est de différencier le danger du risque. Et donc notre rôle c'est effectivement d'éviter le danger à l'enfant. comme la circulation, la somme natale qui va partir en promenade avec les enfants et donc prendre ici sur des zones urbaines, possiblement traverser des zones de circulation avec des véhicules. Là, on va éviter le danger. On doit, en tant que professionnels, éviter le danger, mais par contre permettre le risque à l'enfant. Donc, on arrive dans un parc ou dans un espace extérieur, un jardin, et de permettre à l'enfant de prendre des risques mesurés, donc de s'autoriser à grimper sur une surface un peu plus haute. tout en étant disponible à une juste distance, mais sans interdire à l'enfant finalement de mener cette exploration. Il en a profondément besoin pour sa confiance en soi, son développement global, pardon. Mais par contre, on va éviter le danger. Donc on travaille beaucoup avec nos professionnels quand on met en place ce travail sur le temps passé dehors qui augmente finalement dans la journée. On va illimiter la récréation, mais aller vers le vivre dehors. Ce travail sur la question du danger, du risque. Et également, finalement, des propres peurs des professionnels, des propres craintes des professionnels, puisqu'on n'a pas la même éducation, on n'a pas grandi de la même façon. Si on a eu des parents qui ont été très effrayés, en fait, par le fait simplement de s'autoriser à grimper sur une surface en bois ou grimper à un arbre, ou quand on parle d'enfants plus grands, mais même plus petits peuvent commencer à grimper sur des surfaces plus hautes. Donc, on travaille beaucoup sur les émotions, sur les peurs des adultes. également Par rapport aux parents, je pense que c'est vraiment important de pouvoir avoir cet échange avec les parents, de les associer à ce projet, que ce soit dans une crèche ou à la maison ou dans une mame pour un instant maternel, puisqu'ils vont aussi en tant qu'adultes avoir eu cette éducation différenciée en fonction de comment ils ont grandi et de pouvoir échanger avec eux sur leur peur à la fois, sur la question du danger et des risques, mais aussi sur la question, comme tu l'as dit, sur la question de « ils vont être sales » ou bien « ils vont être malades, ils sont dehors » , puisqu'en France, on pense encore qu'un enfant... enrhumé ne peut pas jouer dehors parce qu'il va être encore plus malade. On sait aujourd'hui que c'est l'inverse qui se passe en réalité. Et donc ça s'accompagne, c'est le dialogue entre l'instant maternel et le parent et les explications, je dirais, en amont pour partager le projet, expliquer, qui fera que ce sera une réussite aussi et que l'enfant qui arrive le soir à gratigner au genou, le parent pourra comprendre qu'il a beaucoup joué, expérimenté, que c'est OK et que ce n'est pas grave en fait.
- Speaker #0
Il y a une question qui est revenue à plusieurs reprises également de la part des assistantes maternelles et qui concerne la pollution de l'air extérieur, que ce soit en ville avec la pollution ou en zone rurale avec l'utilisation éventuelle de pesticides. Cela peut avoir un impact sur la santé des tout-petits, on le sait. Comment est-ce que tu intègres ce paramètre dans les décisions de sortie ?
- Speaker #1
Alors effectivement, c'est un sujet important et dont on tient compte. En fait, nous gérons une crèche dans un milieu rural. proche de zones viticoles. Il y a des protocoles en place lors des épandages. Les viticulteurs aux abords de la crèche doivent prévenir la veille au soir la structure en précisant les horaires auxquels ils vont faire l'épandage. Et pendant l'épandage, les enfants ne sortent pas de la crèche. Les portes sont fermées, tous les jeux extérieurs sont rentrés dans la crèche et ils vont sortir deux heures après la fin de l'épandage. Donc ça, c'est rendu possible parce que les viticulteurs vont prévenir la crèche et aussi, par principe, ils doivent faire leur traitement chimique en dehors des horaires d'ouverture de la crèche, donc avant 7h30, après 6h30 et le week-end. Ce n'est pas toujours possible pour des raisons de météo et leurs besoins de travail, tout simplement. Mais là, dans ce cas-là, ils doivent prévenir la crèche et elles ne sortent pas, effectivement, ni dans le jardin, ni aux abords de la crèche. Elles vont sortir deux heures après. Et également, s'il y a des jouets qui sont restés dehors pour... Pour x raisons, il y a un nettoyage qui effectue des jouets avant que les enfants les réutilisent. En sachant qu'il n'y a pas de potager, c'est-à-dire que les enfants ne vont pas produire pour pouvoir goûter ce qu'ils ont fait dans le jardin, puisque là, pour le coup, il y a une toxicité, puisque la terre n'est pas complètement neutre. Pour le coup, dans cette crèche, il y a quand même un projet de vivre dehors. Les enfants vont passer beaucoup, beaucoup de temps en extérieur. Ça ne rend pas impossible le projet. C'est juste qu'il y a un ajustement plus spécifique par rapport à ces zones viticoles. Et enfin, par rapport au milieu urbain, on va tenir compte des pics de pollution pour éviter les sorties lors des pics de pollution, qui sont souvent quand même liés aussi aux pics de chaleur. La pique de chaleur font qu'on ne sort pas les enfants dehors. Ils vont sortir tôt le matin. On en tient compte, mais ça n'empêche pas la possibilité de... d'organiser des sorties, que ce soit dans le jardin tout simplement ou dans un parc.
- Speaker #0
Oui, ça reste bénéfique quoi qu'il arrive. Pour les assistantes maternelles, du coup, en termes... Tu parlais que la mairie et les viticulteurs autour préviennent, si jamais ils doivent faire un traitement pendant les horaires d'ouverture de la crèche. Peut-être pour les assistantes maternelles qui écoutent le podcast, contacter la mairie éventuellement aussi pour connaître... les viticulteurs, et puis si elles sont à proximité d'un champ qui peut être traité régulièrement, pour voir s'il y a une possibilité justement d'établir ce genre de process par exemple. J'aimerais qu'on aborde maintenant le sujet de l'aménagement de l'espace extérieur, donc pour celles qui ont un jardin, évidemment. Quels sont les aménagements qui ont le plus d'impact pour favoriser le jeu libre, la découverte en extérieur ? Quels conseils et astuces pourrais-tu donner aux assistantes maternelles qui nous écoutent et qui souhaiteraient aménager un peu leur extérieur sans engager trop de frais ?
- Speaker #1
Alors pour démarrer, je dirais que les enfants déjà adorent transvaser, gratter la terre, jouer dans le sable et du coup de mettre en place des bacs à cet effet. Des bacs même en plastique ou en bois, peu importe, qui ne sont pas très coûteux et y mettre de la terre végétale ou bien du sable. de créer un potager également, mais les tout-petits adorent gratouiller. Donc peut-être avoir d'un côté un potager et de l'autre un espace où on pourra gratouiller, arracher. D'un côté, ce n'est pas autorisé, on va essayer de laisser pousser la plante et de la regarder grandir et d'en prendre soin. Et de l'autre, autoriser l'enfant à manipuler autant qu'il le souhaite puisqu'il en a besoin. Et puis également, j'ai envie de dire que les enfants adorent se cacher, faire des cabanes et du coup d'avoir dans le jardin un espace où les enfants ont un tipi. Une petite cabane où l'enfant peut se cacher du regard de l'adulte ou se cacher pour pouvoir se reposer, lire. Et même tout petit, ils aiment pouvoir être parfois un peu cachés de l'adulte, ou pas de l'adulte d'ailleurs, mais tout simplement être dans un endroit un peu plus cocon. Ce n'est pas forcément non plus très coûteux comme aménagement. Et puis surtout d'avoir de l'ombrage, avoir un ombrage suffisant pour pouvoir s'autoriser à aller dehors. Et puis, une table et des chaises aussi. J'ai envie de dire ça parce que pour éviter la manipulation, l'ergonomie en fait, on pense beaucoup aux enfants. Mais si on veut que les enfants passent autant dehors, il faut qu'il y ait une ergonomie à la fois du travail pour l'assistant maternel. Et donc, elle n'est pas à manipuler constamment les tables, les chaises pour aller dedans, dehors. Donc, avoir une table, des chaises à hauteur d'enfant. Également, un fauteuil pour aller à hauteur d'adulte pour son confort. Parce que si on passe vraiment 4, 5 heures, 6 heures à l'extérieur, on pense l'extérieur comme un lieu de vie. il faut que l'adulte puisse s'installer confortablement, à la fois d'assurer la sécurité des enfants, donc d'avoir une place qui permet de pouvoir les observer et d'être disponible aux besoins, de jouer avec eux, mais aussi d'être dans une économie de travail suffisante pour elle-même. On a tendance parfois à l'oublier, de penser beaucoup pour les enfants, mais il faut aussi penser pour l'adulte. Et la question, c'est aussi pour les tenues. L'objectif, c'est que les enfants puissent avoir des tenues adaptées, donc demander aux parents des tenues adaptées. Un petit manteau, des tenues de pluie, tout ce qui va pour que l'enfant ne passe du temps dehors. C'est pareil pour l'assistant maternel, puisque si sa tenue n'est pas adaptée, elle ne va pas avoir envie d'y rester trop longtemps parce qu'elle a froid, parce qu'il fait trop chaud. Et puis ensuite, les activités aussi qui sont simples, c'est tout ce qui est autour des bulles de savon, lacrets, et même encore plus simple, des pinceaux avec de l'eau pour écrire sur le sol. Les enfants vont pouvoir... peindre, on va dire, simplement avec ou même sur le mur de la maison ou un grand tableau en craie avec de l'eau et un pinceau, en fait. Et là, c'est éphémère, parce que ça va sécher, ça va s'effacer, et l'enfant va pouvoir recommencer. Et là, pour le coup, c'est une activité qui n'est pas du tout salissante et qui n'est pas du coup compliquée à mettre en place à la maison. dans le jardin ou à la maison.
- Speaker #0
Merci pour ce partage. Donc là, on a parlé de l'aménagement d'un jardin. On sait aussi que beaucoup d'assistantes maternelles sont en appartement et n'ont pas forcément d'espace extérieur. Qu'est-ce que tu peux conseiller dans ce cas de figure ?
- Speaker #1
Effectivement, c'est très juste. Beaucoup sont en intérieur. Eh bien, c'est de les inviter aussi à sortir. Je sais que beaucoup le font déjà. De pouvoir aller avec les enfants dans des parcs. où il y a vraiment de la nature, pas des parcs, comme je leur dis, aseptisés avec les sols souples, les toboggans en plastique ou en métal, mais d'aller parfois un peu plus loin dans des parcs où il y a des arbres, de l'herbe, où les enfants peuvent descendre de la poussette, courir, ramasser les châtaignes. Donc c'est possible. Et pour cela, par exemple, d'Estamatel qui accueille 2, 3 ou 4 enfants. peut tout à fait proposer aux parents, un parent qui arriverait qu'à 9h, 9h30 son contrat, plutôt que de venir chez elle déposer son enfant, de dire nous à 9h30, nous serons à tel parc, je vous propose de venir accompagner votre enfant jusqu'ici et je l'accueillerai au parc. Et elle peut tout à fait aussi emmener le pique-nique, bien sûr ça dépend de l'âge des enfants, si elle a beaucoup de bébés, ça dépend de l'organisation et bien sûr qu'il y a des freins à lever, mais en fin d'année, entre mars et juillet, les enfants ont grandi. Si ce projet est expliqué aux parents et donne du sens, les parents pourront peut-être prendre le temps de dire « je vais faire 10 minutes de plus ce matin à pied, mais je vais déposer mon enfant au parc » . Ou bien j'irai le chercher l'après-midi tout simplement à 17h dans l'autre sens, le matin ou l'après-midi. Ça peut être des temps de jeu en extérieur où le parent contribue aussi à ce projet et les enfants passent du temps en extérieur. Et là, on va autoriser ce risque aussi pour l'enfant et l'enfant pourra un peu s'éloigner de l'adulte. Tout en restant vigilant, je connais bien la réglementation PMI. Je vais donner l'exemple, ça me fait penser à la Norvège. J'ai eu la chance d'aller faire un voyage d'études en Norvège et on a pu visiter un outdoor kindergarten, donc une crèche de plein air finalement. Là-bas, c'était sur des enfants qui ont entre 2 et 5 ans, donc un peu plus âgés. C'était un espace où il n'y avait pas de clôture. Les enfants évoluaient librement dans une petite forêt. Il y avait un bâtiment. bâti quand même en cas de forte température ou de forte pluie ou de très basse température, mais là, on parle de moins 10 ou moins 15, c'est pas la même culture. Là-bas, il y a la nature et la culture. Nous, on n'est pas sur une... En France, on n'est pas sur... La nature n'est pas notre culture. Là-bas, c'est leur culture. Donc, c'est plus facile puisque les parents, les pros, sont tous convaincus, ils sont nés dedans, ils sont nés avec. Eh bien, dans cette structure-là, les profs viennent nous expliquer que... Comme il y a beaucoup d'espace, les enfants sont assez libres, ils vont compter en permanence les enfants. Ils vont être extrêmement vigilants sur où sont les enfants, combien ils sont, et d'être toujours en vigilance. Et en même temps, ils sont très présents pour les enfants, à une juste distance physique. J'ai pu observer un petit garçon de deux ans qui était en train de clouer un clou avec un marteau, et l'adulte était à 1m50 de lui, à l'observer, et avait demandé aux autres enfants d'être prêts. aussi à 1m50 de lui pour éviter le risque de se faire mal, en fait, éviter le danger, mais permettre à l'enfant d'explorer et de risquer. On est très très loin de cette culture-là de notre côté, on a toujours cette peur que l'enfant se blesse, mais en tout cas c'est possible et on peut en fait travailler sur ce sujet-là. Dans les crèches que l'on gère aujourd'hui, nous on a des espaces extérieurs en fait avec des tipis en bois, des rondins de bois qui sont fixés au sol, des chevalets aussi. qui sont fixés au sol, en extérieur, où l'enfant peut peindre et dessiner debout, mais dehors.
- Speaker #0
Merci, ça devait être une belle expérience. Et d'ailleurs, je crois qu'il y a un proverbe norvégien qui dit qu'il n'y a pas de mauvais temps que des mauvais vêtements.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Pour terminer, si tu devais prodiguer un seul conseil aux assistantes maternelles qui veulent se lancer dans l'accueil en plein air demain matin, quel serait-il ?
- Speaker #1
Alors, demain matin, je leur dirais peut-être de commencer à réfléchir à l'organisation qu'elles veulent mettre en place, de penser en disant que j'ai envie d'accueillir les enfants plus souvent, plus longtemps en tout cas, dans mon jardin, dehors, et bien de voir un petit peu comment penser l'espace, où j'accueille les parents, est-ce que les parents sont accueillis dans le jardin également, où est-ce que les enfants sont changés, comment ils vont aller aux toilettes, puisqu'elle est seule avec deux, trois ou quatre enfants, donc comment en termes, je garantis la sécurité des enfants tout en permettant aux enfants d'être dehors. donc vraiment Je dirais que demain matin, c'est déjà réfléchir à ce projet et concrètement comment je fais dans mon jardin et dans ma maison pour permettre cela. Et puis d'en parler aux parents ensuite, très tôt, pour parler de ce projet, d'expliquer le pourquoi, comment elles vont faire et qu'ils deviennent vraiment partenaires de ce projet-là et partie prenante pour éviter derrière ces craintes, ces remarques, ces tensions potentielles concernant un enfant qui pourrait s'être blessé ou... ou les mains, les doigts, les ongles pleins de terre en rentrant le soir. Et ce que j'ai envie de dire aussi, c'est que dès demain matin, c'est de se dire finalement que ce temps passé dehors, il est autant profitable pour l'enfant que pour elle-même, pour les assistants maternels et les assistants maternelles, et que c'est un cadeau finalement qu'elles se font aussi à elles-mêmes que de penser ce temps dehors d'éducation en plein air pour les jeunes enfants et pour elles-mêmes.
- Speaker #0
Merci. Un grand merci pour cette conversation inspirante Ingrid. Tu nous as rappelé l'essentiel. Le grand air, ce n'est pas une option, c'est un carburant pour le développement de l'enfant. Grâce à toi, on comprend mieux que la qualité de l'air n'est pas une raison de s'enfermer, mais une invitation à être plus attentive, à choisir les bons moments et les bons lieux pour offrir le meilleur à nos tout-petits. Retenons cette belle image. Dehors, l'enfant ne s'agite pas, il grandit. Merci également à vous, assistante maternelle, pour votre écoute. J'espère que ces échanges vous donneront plus d'envie et de confiance pour pousser la porte. N'hésitez pas à partager vos sujets et vos questions dans le formulaire disponible en bas de la newsletter. Je vous dis à bientôt pour un nouvel épisode des Petits Pas Verts.