- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue dans mon podcast. Je m'appelle Eugénie, je suis une poleuse amatrice, et j'ai décidé de vous ouvrir mon univers. Ce podcast est un espace d'échange où se croisent des sujets de société qui me touchent, mêlés à la sphère de la pole dance. Mon objectif ? Casser les préjugés, ouvrir le dialogue, discuter avec des personnes extraordinaires, et démontrer... comment cette discipline, source de fantasmes, va bien au-delà d'une danse sensuelle autour d'une barre ou de figures spectaculaires. Je n'en dirai pas plus dans cette introduction, alors que vous soyez passionné de Paul ou juste curieux, ce podcast est fait pour vous. Dans ce dernier épisode de la saga sur la réappropriation, nous allons nous questionner sur le sens large de cette notion, à savoir la place du corps dans l'espace public et notamment sur les réseaux sociaux. En fait, nous allons explorer les différentes manières de reprendre possession d'un territoire intime que la société, ses normes et ses jugements auraient tenté de confisquer. Je pense qu'on a tous eu envie de ressembler aux mannequins sur la couverture d'un magazine ou sur un réseau social. On s'est tous comparé aux personnes plus musclées, plus minces, plus grandes, plus belles, vous ajouterez l'adjectif que vous voulez. Donc pas question du jour, c'est que signifie... Se réapproprier son corps dans une société qui nous observe et qui nous juge, toujours avec le prisme de la pole dance. Pour m'aider dans mon cheminement, mon invité du jour c'est Romane. Bonjour Romane.
- Speaker #1
Bonjour Eugénie.
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Je vais bien, et toi ?
- Speaker #0
Ça va merci. En fait Romane, c'est ma toute première binôme de pole dance, mais c'est surtout mon amie. Oui je sais, j'invite que des amis sur ce podcast, mais en fait ce n'est pas de ma faute si... Ils sont tous géniaux. Donc Romane, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
- Speaker #1
Donc je m'appelle Romane, j'ai 29 ans. Je fais de la danse depuis toute petite.
- Speaker #0
Tu as fait de la pole dance ?
- Speaker #1
J'ai fait de la pole dance pendant un an et demi, deux ans. Un peu en dilettante. J'ai une barre de pole chez moi, je m'en suis servie beaucoup avec toi. Et maintenant plus pour m'amuser, pour moi ou avec ma nièce. qui adore faire des acrobaties.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux m'en dire un peu plus sur ta rencontre avec la pole dance ? Comment tu as eu envie de commencer ce sport ?
- Speaker #1
J'ai eu envie parce que j'avais à la base envie de reprendre la danse. Je ne trouvais pas forcément ce qui me convenait là autour de moi. Et puis avec toi aussi, on en a pas mal discuté. Je me rappelle, j'en avais même rêvé. J'avais rêvé qu'on faisait un spectacle de pole dance avec Beyoncé et tout ça. Et là, je me suis dit, bien sûr, c'est ça qu'il faut qu'on fasse. C'est incroyable, il y a plein de choses. Tu avais eu la même envie au même moment. Alors, on s'est dit, vas-y, on se lance. Je crois qu'on avait démarré en janvier. C'était la bonne résolution de l'année. Et voilà, du coup, comment je suis arrivée à la pole dance.
- Speaker #0
Et est-ce qu'avant de commencer ou au commencement, tu as eu des pensées limitantes, que ce soit toi et toi ? par rapport au regard de la société sur le sport, la pole dance ?
- Speaker #1
Alors, sur le sport en lui-même, c'est vrai que, maintenant que tu le dis, je n'ai pas forcément, tu vois, osé le dire, ou à mes parents ou à des amis, que je faisais de la pole dance. Enfin, il y avait toujours... Je ne sais pas, je trouve comme quand tu dis, je fais du tennis, et les gens sont là, c'est cool. Là, la pole dance, tu vois tout de suite dans le regard des gens, quelque chose qui s'imagine et que... Au départ, j'avais besoin de justifier. Et puis bon, maintenant, je sais passer, on va dire. Il y a ça et aussi, ça, c'est plus sur le regard des autres. Et sur moi-même, je me suis embarquée là-dedans, bonne débutante, en arrivant au cours avec le leggings, avec un t-shirt et tout ça. Quand on m'a dit, mais non, mais ma belle, il faut plus d'accroche, quoi, là-bas. Et donc, ce sera plus brassière et petit short. Et sur le moment, c'était plus le regard de moi face au miroir qui était un peu difficile à ce moment-là. Et la peur aussi d'être moquée. Ça, c'est depuis longtemps et pour plein de choses.
- Speaker #0
C'est le rapport à la nudité qui t'a dérangée ? Ou vraiment un mélange du rapport à la nudité et le fait que tu aies du mal à te regarder dans un miroir et te trouver belle,
- Speaker #1
par exemple ? Ouais, ouais, c'est ça, c'est de traverser... comment dire ? Parce que, comme tu disais dans d'autres épisodes, la pole dance, c'est de la danse, c'est de la performance, c'est acrobatique, etc. Mais d'être face à ce regard-là sur soi et d'oser faire les choses, d'oser se regarder moins habillée, on va dire, d'être dans une pièce avec plein d'autres femmes comme ça aussi. Ou hommes, d'ailleurs, oui, tout à fait. Ça, ça ne m'a pas trop dérangée, tu vois. Enfin, je ne sais pas, mais c'est juste... Au contraire, ça m'a fait du bien qu'il y ait plein de femmes et plein d'hommes différents. Que justement, ça soit vraiment un sport où il y ait des corps différents, et que des âges différents, des envies différentes, des motivations différentes, mais que du coup, ton corps soit vraiment l'outil, comme dans plein de sports. Mais là, c'est vraiment toi, ton corps, avec ta force, et ça relève autre chose. Parce qu'au départ, ce rapport à la nudité, J'ai traversé l'adolescence avec le corps qui change, etc. Et puis après, j'ai vécu d'autres choses qui ont fait que j'ai eu du mal à accepter cette part féminine, ou de me sentir bien dans mon corps. J'avais beaucoup de mal avec ça. De me sentir bien et de le montrer, sans que ça soit tout de suite sexualisé, par exemple. Et ce qui a fait du bien dans la pole dance, je trouve, c'est que quand tu le vis vraiment, tu te rends compte que ton corps, il peut être autre chose que ça. Il peut être fort, quoi.
- Speaker #0
La première fois que tu arrives à te sauver, à t'inverser, le fait d'être soutenue aussi au studio, en général tout le monde se soutient, c'est vrai que c'est agréable. Et en fait, là ce que je ressens c'est que c'était vraiment un complexe entre toi et toi, et le regard des autres, si j'ai bien compris, le fait qu'il y ait des personnes dans la salle différentes, ça t'a pas fait peur ?
- Speaker #1
Non, pas tellement. J'avais plus peur qu'on me regarde parce que je n'arrivais pas à faire tel ou tel truc plutôt que sur mon corps en lui-même. Je me suis sentie vraiment dans un environnement assez sain sur cette partie-là et que vite, je trouve que tu... Sauf peut-être dans d'autres façons de faire de la pole dance, on va dire, mais dans les cours qu'on faisait, on se détachait vite de l'image qu'on a du corps. De à quoi ressemble ton corps, mais plutôt qu'est-ce qu'il sait faire. Et du coup, là, c'était plus le regard des autres sur moi, sur qu'est-ce que je sais faire ou que je n'arrive pas à faire, qui me mettait des fois plus en gêne, je ne sais pas ce que ça dit, mais qui me gênait plus qu'est-ce qu'on va regarder mon corps, est-ce que j'ai des poils, est-ce que j'ai un bourrelet ou quelque chose d'autre, peu importe.
- Speaker #0
Et comment tu t'es sentie justement à tes premières progressions ?
- Speaker #1
Je me suis sentie fière de moi. Au départ c'était vraiment enivrant tu vois de gagner de la force et de progresser mais là pour le coup tu as envie que les gens te regardent un petit peu. T'as envie là de dire les filles attendez arrêtez tout regardez ce que je sais faire et il y a une trop bonne ambiance quand c'est ça. On se regarde on s'applaudit on est fiers les unes des autres.
- Speaker #0
Je suis assez d'accord il y a le fait que tu as envie que les personnes du studio regardent et moi je sais que... J'avais envie de publier sur les réseaux, je me suis servi du réseau social Instagram en publiant en story, d'abord en amis proches, comme ça je sélectionnais les personnes pour qui j'avais envie, que ces personnes voient que je fais de la pole et que je m'en sors bien. Et même je me rends compte là que j'ai mis au moins peut-être trois ans à publier pour tout le monde. On m'en fout complètement de ce qu'on peut dire de moi. Après, c'est sûr que c'est une façon pour moi de m'approprier ou me réapproprier mon corps à travers quand même le regard des autres, même si je ne sais pas forcément ce qu'ils pensent de moi à l'instant T où je me publie.
- Speaker #1
Oui, mais c'est une façon, comme on disait, il y a peu d'endroits où tu fais les choses sans attendre le regard de l'autre sur ce que tu fais. notamment quand c'est un sport et que tu performes dans ce sport t'as quand même envie d'avoir un retour des gens,
- Speaker #0
avoir le retour et montrer que t'es fière de toi aussi de ce que tu fais oui parce que c'est pas un sport après moi la compétition existe depuis peu mais c'est pas un sport sur lequel je peux beaucoup montrer que je performe face à un public qui connait c'est pas comme dans un match de rugby où les gens connaissent les règles et Ils vont savoir si tu te plantes ou si tu joues bien avec l'équipe, etc. Là, ce n'est pas du tout pareil. Donc, finalement, le seul moyen, c'est par les réseaux. Après, toi, je sais que tu ne publies pas, mais...
- Speaker #1
Moi j'ai déjà même filmé en cours maintenant que j'y pense. J'ai mis pas mal de temps à faire ça en fait, à filmer ce que je pouvais faire pendant le cours. Mais je me suis rendu compte après que déjà c'était bien d'avoir un retour sur soi-même. Regarder après la séance, regarder ce que tu as pu faire, regarder des petits points que tu pourrais améliorer etc. Et après envoyer ça par exemple à des amis, à des gens proches sans forcément le publier sur les réseaux sociaux. Après, je publie pas grand-chose de base sur les réseaux. Pour moi, quand on publie sur les réseaux sociaux, même si c'est... Parce que je suis plus vieille et que j'utilise pas TikTok, mais si on publie sur Instagram, c'est pour communiquer quelque chose. Mais moi, qui ai un compte en privé et avec pas beaucoup de gens qui me suivent, je me mentirais si je disais c'est juste un album photo, de souvenirs, etc. C'est pas le cas, parce que sinon, j'imprimerais mes photos et c'est aussi ce que je fais. J'imprime plein de photos, je les garde pour moi et je fais des albums. Mais que quand on publie quelque chose, on le donne au monde, on le donne à voir, on offre quelque chose de son image. Mais on le fait en même temps en contrôle. Pour la plupart d'entre nous, quand on n'est pas des stars, justement, c'est pas des paparazzi, etc. Les images qu'on donne de nous, c'est des images qu'on fait en contrôle.
- Speaker #0
Même les paparazzi, enfin non, même les stars, elles partagent ce qu'elles ont envie de partager. On ne verra pas... Elles partagent ce qu'elles ont envie de partager et parfois elles se font capturer par des paparazzis. Moi je ne vais jamais publier sur les réseaux un moment où je tombe de ma pole par exemple ou un moment où je vois que mon pied n'est pas pointé.
- Speaker #1
Mais justement pourquoi tu ne le fais pas ?
- Speaker #0
C'est vrai, mais parce que je trouve que ce n'est pas esthétique. Et en fait, moi j'ai envie de publier mes réussites plutôt que mes échecs. Alors que certaines personnes choisissent aussi de... Montrer le chemin vers la réussite qui peut être semé d'embûches, d'échecs, le fait de ne pas pouvoir se soulever, le fait de ne pas pointer des pieds, le fait de tomber, le fait que ce ne soit pas fluide.
- Speaker #1
Mais après je trouve que, par exemple, les gens qui montrent le parcours semé d'embûches, c'est souvent quand tu as déjà réussi, tu vois ce que je veux dire, quand tu es déjà à un niveau élevé par exemple. Et bien après tu vas montrer pour montrer un peu, c'est encore quelque chose que tu communiques, c'est pour dire « regardez, moi aussi je suis passée par tout ça » . Et c'est très beau aussi, c'est très noble, mais c'est rarement, par exemple quand tu es débutant, c'est rarement en premier lieu à montrer une image de toi qui va être pas esthétique ou pas valorisante, que c'est plus facile de le faire quand tu as déjà acquis tel ou tel mouvement, de montrer les échecs sur le parcours.
- Speaker #0
C'est pour ça, après, ça dépend aussi de la direction artistique que tu mets à ta page Instagram ou Facebook ou...
- Speaker #1
TikTok pour les plus jeunes.
- Speaker #0
TikTok ou les Skyblogs.
- Speaker #1
Sur MSN.
- Speaker #0
Donc, moi, souvent, ce que je vais publier, déjà, je mets rarement... Ce sera toujours en story, donc ce sera quelque chose qui va... Disparaître au bout de 24 heures et même quand je publie et que je vois que c'est esthétique, j'arrive même à voir la progression. Si mes publications d'il y a deux ans maintenant en pole ou il y a trois ans ou quatre ans, je les trouverais moins esthétiques que ce que je peux faire maintenant. Mais c'est sûr que ce que j'ai envie de montrer c'est « ah, t'as vu, j'ai réussi, je fais de la pole Et je fais style, j'en ai rien à foutre de ton regard, si t'as un regard sur moi, un mode à tiens, c'est une strip-teaseuse ou quoi. Non, je pense que mine de rien, je fais quand même attention. En soi, qu'on me considère comme une strip-teaseuse, qu'on ternisse mon image, c'est pas le problème, mais moi j'ai plus envie qu'on dise, ah ouais, ça a vu, elle fait une performance.
- Speaker #1
Oui, c'est ça que tu cherches quand tu mets des stories, etc. Tu vois, c'est que tu montres ta performance aussi, tu montres pas... Après tu pourrais aussi montrer des danses plus sensuelles ou autre chose si tu te sens à l'aise là-dedans, tu vois.
- Speaker #0
Mais je sais que c'est déjà arrivé que des personnes parlent de moi suite à mes stories et en des termes peu élogieux à des stories de pole dance.
- Speaker #1
Et ça, ça te... Est-ce que ça t'empêche de publier ou pas ? Ou est-ce que tu dis bon bah une réaction c'est une réaction et de toute façon elle m'appartient pas ? Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Alors sauf si on m'attaque directement, là je vais essayer de répondre ou simplement bloquer la personne parce que c'est aussi facile de ne pas être vu sur les réseaux par des personnes. Mais au contraire, je vais y voir une envie de résistance. Ce n'est pas que je veux casser ces préjugés, ça je m'en fous, les personnes elles ont leur construction. Mais en fait finalement je... Je montre que je sais que tu as dit ça sur moi, tu vas continuer à voir des stories de moi en train de faire de la pole. Et je vais être encore meilleure et heureuse de le faire et je m'en fiche, c'est limite... Ouais, c'est de la provocation, de la résistance.
- Speaker #1
Puis en fait, tu vois... Comment dire, moi je repense à des choses que je pensais, même sur la pole dance, il y a 10 ans, il y a je ne sais pas combien de temps, où je connaissais, j'avais une fille de ma promo qui faisait de la pole dance et qui montrait sur les réseaux sociaux, sur Facebook à l'époque. Et sur le moment, je ne vais pas mentir, j'étais un petit peu choquée, tu vois, de montrer son corps aussi comme ça.
- Speaker #0
C'est le fait qu'elle montre de la nudité ?
- Speaker #1
Oui, c'était plutôt la nudité, plutôt que l'aspect figure de la poldenne. Enfin là, je n'ai aucun souci à avoir de la danse en fait, mais je ne sais pas pourquoi à ce moment-là, je me suis dit, sans la juger, mais me dire, c'est osé, tu vois. Et je ne pense pas pouvoir le faire en fait. et aujourd'hui, pour avoir fait de la Apple Dance pour avoir expérimenté, même si c'est peu. Mais maintenant, quand je regarde tes stories ou d'autres, je trouve ça super, tu vois. Moi, je sais que personnellement, bon, parce que déjà j'ai arrêté, mais je pense que j'ai dû mettre une fois peut-être une story, une fois ou deux. Et c'est marrant parce que la fois où j'ai mis, je me rappelle, j'avais mis une chanson qui s'appelle, je ne sais pas, c'est You Don't Owe Me. Je ne t'appartiens pas, tu vois. J'avais fait un peu exprès. de mettre ça sur cet extrait vidéo tu vois c'est un peu un message tu vois donc c'est marrant que le seul truc que j'ai mis c'était un c'était ça en fait Et évidemment, je me suis un peu questionnée en le mettant sur ce que les gens vont penser, etc. Mais à ce moment-là, comme tu dis, c'était un peu un acte... Je me dirais, tu sais quoi, je le fais. Là, je choisis de mettre cette vidéo de moi avec la chanson qui laisse passer le petit message. Mais ce n'était pas provocation, mais juste... J'étais fière aussi de ce que je savais faire et j'étais fière de le montrer, tu vois. Je n'avais pas envie de l'envoyer qu'à ma maman ou à mes copines.
- Speaker #0
J'ai posé la question à une amie qui fait de la pole dance et qui d'ailleurs a déjà assisté à un enregistrement de podcast, même qui a été l'invité principal. Et je lui ai demandé, sachant que... C'est quelqu'un qui, contrairement à moi, elle, elle publie beaucoup. Elle ne publie pas qu'en story, elle publie aussi en publication qui reste. Et surtout, son profil n'est pas en privé. C'est encore un autre enquête.
- Speaker #1
C'est trois niveaux.
- Speaker #0
C'est trois niveaux, c'est ça. Et donc, je lui ai demandé. Est-ce que tu te sens la même en dansant pour toi et en dansant pour la caméra ? Et j'ai précisé, j'ai dit en gros, est-ce que publier change ta manière de t'entraîner ou de visiter progrès, etc. Donc elle était un peu décontenancée, mais je te lis quand même sa réponse. Elle me dit, je ne danse jamais seule chez moi. Donc danser pour moi, qu'est-ce que ça veut dire exactement ? C'est vrai. On peut philosopher sur toutes les questions. Parce que je fais les choses pour moi tout le temps. Je prends des cours pour moi, je me dépasse pour moi. Elle me demande à ce moment-là si c'est une bonne réponse. Et après, elle continue. Elle dit que les gens aiment ou pas ce que je publie, je m'en fiche. Mes réseaux, c'est pour moi. Je partage. Si ça plaît, tant mieux. Si ça ne plaît pas, tant pis. Je suis disciplinée de base, donc je dirais que maintenant que j'ai un téléphone de qualité, placement de produit, je veux garder et partager plus de souvenirs. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Speaker #1
Je trouve ça super. chouette sa réponse aussi d'être consciente de faire les choses pour soi et de la sentir motivé tu vois à ça à ses progrès et d'être détaché en fait du regard des autres pour moi c'est vraiment clairement sa
- Speaker #0
manière de s'approprier ou serait réapproprié son corps se montrer je suis là je fais ça et je la suis ma confiance que je fais et je vous le donne quoi enfin je vous
- Speaker #1
C'est là. Et après, notamment sur les réseaux sociaux, son compte, et elle en fait ce qu'elle veut, finalement. Elle publie ce qu'elle veut et elle met ce qu'elle veut d'elle.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, je ne pense pas et j'espère vraiment qu'elle aura des commentaires d'harcèlement.
- Speaker #1
Non, je n'espère pas. Les gens comprenons que, soit sa démarche ou en tout cas ce qu'elle fait pour elle. C'est sûr que quand tu es sur les réseaux sociaux, tu sais... Comme si j'étais influenceuse, mais les gens des fois pensent que parce que tu t'exposes à... Tu montres une partie de toi, ou bref, ou ce que tu fais, que ça donne le droit à tous les commentaires. Des commentaires que les gens ne feraient pas dans la vraie vie, mais en tout cas en face à face. Et que sous prétexte que... C'est la vraie vie quand même. Oui, c'est la vraie vie, tu vois, les réseaux sociaux, c'est la vraie vie. C'est une facette de la vie, la facette qu'on veut montrer. Les gens, pour moi, qui commentent sur les réseaux sociaux en étant hyper virulents ou moqueurs, des commentaires pas constructifs, tu vois. Si tu lui dis bon là ton pied n'est pas pointé sur telle ou telle chose, tu vois ça s'entend mais c'est juste pour dire...
- Speaker #0
Si on dit à quelqu'un t'es gros, là t'as un bourrelet, là t'as des poils...
- Speaker #1
C'est ça, des commentaires vulgaires que tu n'oserais pas dire en fait, voilà. En face à face, sous prétexte que c'est les réseaux sociaux, moi déjà c'est très dérangeant, et que sous prétexte que la personne s'expose, c'est un continuum encore de... Oui mais parce que... Tu fais de la pole dance alors forcément tu vois ça donne ça me donne le droit de t'insulter de prostituée tu vois c'est un continuum de ça de bas puisque tu t'exposes je peux je peux te dire tout ce que je pense mais non tu vois et ça faut vraiment lutter et j'espère qu'il y aura pas ce genre de commentaires des obligeants et donc quelque part oui un acte de résistance c'est ça Et je l'invite à danser toute seule chez elle aussi parce que c'est très cool.
- Speaker #0
Je lui dirai ou elle écoutera. Bon, je crois que maintenant on a des éléments pour répondre à la question principale. Donc je la répète et si en quelques phrases, en quelques mots, tu as des éléments de conclusion, on va essayer. Alors, que signifie se réapproprier son corps dans une société qui nous observe et qui nous juge ?
- Speaker #1
Alors... Pour moi, se réapproprier son corps, c'est tout ce qu'on a évoqué là, de faire les choses pour soi-même, dépasser le regard qu'on peut avoir déjà nous-mêmes sur notre corps, et dépasser le regard des autres sur notre corps. Ou en tout cas, se dire que c'est le regard des autres et ce n'est pas le nôtre. Changer ce regard-là sur soi-même, se réapproprier son corps, c'est aussi accepter de vouloir partager des choses sans cette... peur du regard des autres. Les autres auront un avis et c'est se dire je le fais quand même. Je vais quand même me filmer si j'ai envie de me filmer. Je vais le partager si j'ai envie de le partager ou ne pas le faire si j'ai pas envie, mais le faire pour soi. Je vais réfléchir à cette question encore un petit peu.
- Speaker #0
C'était très bien comme conclusion Romane. Je rajoute aussi que se réapproprier son corps, on ne parle pas que... que dans un contexte de traumatisme parce que justement aujourd'hui on est dans une société qui juge je dis aujourd'hui mais c'est probablement hier aussi d'une autre façon donc c'est en ça que je parle de réappropriation en tout cas je te remercie Romane pour cet entretien merci à toi Très agréable. Merci beaucoup. Et merci aux auditeurs et aux auditrices de m'écouter et d'être fidèles à mon podcast. Je vous dis à très bientôt dans Philosophie sur mon podcast.