Didi SunshineTu as un beau carnet, tu l'ouvres et là, tu le refermes. Pas parce que tu n'as rien à dire, non, mais parce que la première page est encore vierge et tu ne veux pas la rater. Je connais bien ça, moi aussi. Et j'ai un remède un peu bête, qui marche vraiment. Bienvenue dans Pimp ton style, le podcast pour créer plus, douter moins et arrêter d'attendre. Moi c'est Diane, et aujourd'hui, on s'y met ensemble. Dans cet épisode, on parle du syndrome de la page blanche. Pas celui des écrivains, celui des gens qui ont un carnet qui ont envie de créer, mais qui bloquent dès qu'il s'agit de commencer. Si tu as un carnet qui attend dans un tiroir, une première page encore intouchée, ou si tu passes plus de temps à te préparer pour dessiner qu'à dessiner, tu es exactement là où il faut. A la fin de cet épisode, tu auras une technique concrète, simple, un peu bête même, et c'est exactement pour ça qu'elle marche et que je t'en parle aujourd'hui. Le carnet vide, c'est intimidant, mais pas pour les raisons qu'on croit. Ce n'est pas l'absence d'idées, non. La plupart du temps, les idées, elles sont bien là. Ça peut être un mot qu'on a entendu, une couleur qu'on a vue, une humeur qu'on n'arrive pas à nommer. Ce qui bloque, c'est la pression qu'on se met sur cette fucking première page. Et j'irais même jusqu'à dire la pression de la première marque. Parce que la première marque sur une page vierge, elle est irréversible. On ne peut pas l'effacer complètement. Alors oui, on pourra toujours se débrouiller pour coller autre chose par-dessus si vraiment c'est catastrophique. Mais je pense que quelque part dans notre tête, cette marque va définir tout ce qui suit. Alors on attend le bon moment, le bon crayon, la bonne couleur, la bonne idée, la bonne lumière, la bonne énergie. Ok, mais pendant ce temps-là, la page, elle, elle reste blanche. Et c'est ça le vrai gâchis. Et je parle en connaissance de cause. Moi aussi, j'ai des carnets vierges chez moi. J'en ai même qui sont encore sous blister. Tu sais, le plastique qu'il y a autour. Et pour la plupart, je ne les ouvre pas parce qu'ils sont beaux, que j'ai peur de les abîmer ou parce que je ne leur ai pas encore trouvé une vocation. J'en ai beaucoup comme ça chez moi. Et cette année, j'ai réalisé que j'avais une collection de carnets vierges, avec rien dedans, zéro souvenir, zéro dessin, zéro trace de qui je suis, de ce que je fais, de ce que j'aime. Et cette perfection du carnet vierge ne m'apporte rien, sauf du vide. Donc, j'ai décidé de dessiner plus dans mes carnets, d'oser. Et parmi tout ce que j'ai essayé pour m'y mettre, pour affronter cette page blanche, aujourd'hui, je veux te parler d'une technique qui est d'une bêtise déconcertante. Le principe est simple. Tu ouvres un carnet neuf et tu fais un trait moche. Exprès. Tu fais un gribouillis, une ligne qui part dans tous les sens. Quelque chose d'imparfait. Je dirais même quelque chose de délibérément raté. Et tu sais ce qui se passe après ça ? Ton carnet, il n'est plus parfait. Et du coup, il n'est plus intouchable. Il devient un outil, un espace pour créer et pas un objet à protéger. Le premier trait moche va désacraliser la page et il te dit, "ici, on a le droit de rater", c'est ok. Et pourquoi ça marche ? C'est pas juste un truc psychologique. Ça devient carrément une posture. Quand tu traces ce premier trait moche, tu prends une décision. Tu choisis la création plutôt que la perfection. Et cette décision-là, elle a un effet sur tout ce qui suit. Parce que tout d'un coup, le risque de gâcher une page disparaît. Tu l'as déjà gâché, entre guillemets évidemment. Donc autant continuer. C'est exactement le principe de "mieux vaut fait que parfait". Ce n'est pas une excuse pour bâcler les choses, évidemment. C'est plus une sorte de choix conscient de prioriser le mouvement sur la paralysie. Et ce trait moche, eh bien souvent, c'est lui qui devient le point de départ de quelque chose que tu n'aurais jamais planifié. Donc voilà ton exercice pour aujourd'hui. Sors ton carnet, n'importe lequel. Si tu m'écoutes dans le métro, tu l'ouvres ce soir en rentrant. Pas demain, ce soir. Tu l'ouvres à la première page disponible. Et tu traces quelque chose de moche. Un gribouillis, une spirale, tu écris un mot n'importe comment, peu importe. Ne cherche pas à faire joli ni soigné. Ensuite regarde la page, si vraiment tu as envie tu peux continuer. Mais c'est pas l'objectif. Moi ce que je veux aujourd'hui que tu fasses, c'est le premier trait. Et si tu veux un cadre pour ouvrir ton carnet plus régulièrement, j'ai écrit un livre qui s'appelle "Le Carnet des Instants". C'est un guide pour capturer ton quotidien, les petits moments, les grandes émotions, les jours ordinaires aussi qui méritent d'exister sur une page. Le lien est dans les notes de l'épisode si ça t'intéresse. Et maintenant je te dis à très vite, et souviens-toi, un trait raté, c'est quand même un trait, alors lance-toi !