Didi SunshineEt si la prochaine fois que tu bloques devant ta page blanche, tu ne te donnais pas une après-midi, ni même une heure, mais seulement 10 minutes top chrono ? Bienvenue dans Pimp ton style, le podcast pour créer plus, douter moins et arrêter d'attendre. Moi c'est Diane et aujourd'hui, on s'y met ensemble. Aujourd'hui, on parle d'un outil minuscule, mais qui a un pouvoir énorme sur ta créativité, et je veux parler du timer, du chrono. On va voir pourquoi se donner une contrainte de temps peut vraiment débloquer ta pratique. Pour qui c'est utile ? Je te le dis tout de suite : pour tout le monde, mais surtout pour les perfectionnistes et les personnes qui aiment procrastiner. Oui, oui, je te vois. Et tu repartiras à la fin avec une technique simple à tester dès aujourd'hui. On pense souvent que pour créer, il faut du temps, du calme, de l'inspiration. Sauf que, en fait, souvent c'est paradoxalement ce qui nous bloque. Le timer, c'est l'outil le plus simple et le plus sous-estimé pour débloquer tout ça. Donc aujourd'hui, je te propose de voir les trois grands avantages du timer. Pourquoi je te parle de ça ? Parce qu'en mai, j'ai participé à un exercice dont le but était de faire des portraits chronométrés à l'aquarelle. Donc on avait un vidéoprojecteur et on avait des photos, des poses qui étaient projetées sur le mur et on avait des temps, on avait un timer qui diminuait. Donc au début, on avait 15 minutes, 12 minutes, 10 minutes, 8 minutes, ... pour reproduire la photo qui était projetée sur le mur. D'ailleurs, j'ai fait une vidéo sur Insta et sur Youtube qui vous a beaucoup plu, donc merci beaucoup, et si tu ne l'as pas vue au moment où je te parle, je t'invite à aller la voir. Et donc, on avait de moins en moins de temps pour pouvoir reproduire ce qu'on voyait, ce qui veut dire qu'on a dû lâcher prise. Et j'ai adoré cet exercice, j'ai testé différentes approches selon le temps que j'avais disponible. Parfois j'ai fait le liner d'abord et ensuite j'ai peint par-dessus. Parfois j'ai peint et j'ai mis le liner après. Sauf qu'en fait, moins t'as de temps et moins c'est sec et donc autant te dire que j'ai complètement ruiné mon liner. Mais peu importe dans quel sens on prend les choses, la contrainte de temps m'a vraiment forcée à capturer l'essence, à aller à l'essentiel, à peindre le mouvement, les couleurs, l'énergie de la photo qu'il fallait reproduire avant d'aller penser aux détails et de se perdre dedans. Et je trouve que c'est vraiment un exercice hyper sympa à faire et hyper révélateur sur ce qui compte vraiment dans le dessin finalement. Donc le timer, il a 3 avantages. L'avantage numéro 1, c'est que le timer désactive le perfectionnisme. Le perfectionnisme adore l'infini. Si tu as tout le temps devant toi, ton cerveau aussi a tout le temps pour douter, pour recommencer, pour comparer. Alors que quand tu as un temps limité, tu vas désactiver le mode "il faut que ce soit bien" et tu vas activer le mode "il faut juste que ça sorte". Parce que t'as une deadline, t'as une échéance, il faut y aller, c'est maintenant. Dans cet exercice dont je te parlais, moi je suis pas hyper douée à l'aquarelle. C'est pas mon médium de prédilection, mais j'aime bien tester. Eh ben, avec ce timer, j'avais moins de temps. Je pouvais pas me demander, est-ce que c'est bien, est-ce que c'est raté, comment je vais le faire ? Non, tu poses ta couleur et puis tu vois ce que ça donne. Avantage numéro 2, le timer t'aide à capturer l'essentiel avant les détails. Quand tu sais que le temps est compté, ton cerveau va forcément prioriser, c'est instinctif. Qu'est-ce qui est important ici ? Dans mon exercice, c'était le mouvement, la pose, la couleur, l'énergie. Et pas du tout la précision du trait, les détails sur ce que portaient les personnes. Et d'ailleurs, capturer l'essentiel avant les détails, c'est transposable à n'importe quelle pratique créative, pas seulement à l'aquarelle. Ça marche aussi pour n'importe quel médium, mais aussi pour l'écriture par exemple. Le timer va t'aider à aller à l'essentiel avant de peaufiner. Avantage numéro 3, le timer transforme la création en jeu. C'est plus une corvée. Quand tu te donnes 10 minutes, tu te dis ok, qu'est-ce que je peux faire avant que ça sonne ? Ça devient limite plutôt un défi, plutôt qu'une pression de devoir réussir quelque chose de bien que si tu t'accordes une demi-heure, une heure, deux heures... Et 10 minutes, l'avantage des 10 minutes, c'est que c'est aussi trop court pour faire peur à ton cerveau. Donc il va dire oui plus facilement, et ça c'est vraiment anti-procrastination. Et à la fin, même si ce n'est pas fini, tu as quand même créé quelque chose. Et ça, c'est déjà énorme. Alors, évidemment, je voudrais apporter une nuance à ce que je suis en train de te dire. Ce n'est pas une méthode de travail permanente, évidemment. Je ne te dis pas de toujours tout faire en 10 minutes. Non, l'idée, c'est que ce chrono, ce timer, c'est un outil de déblocage. C'est une façon de retrouver le mouvement quand on est coincé•e. Et dans un épisode précédent, je te parlais de faire un premier trait moche dans ton carnet pour pouvoir débloquer tout ça. Eh bien... les 10 minutes c'est l'équivalent temporel de ce concept. L'idée c'est vraiment d'enlever la pression du résultat et se reconnecter au geste, à l'action. Alors ce que je te propose aujourd'hui, c'est de prendre 10 minutes, là, juste après cet épisode. Tu prends un carnet, tu prends une feuille, tu prends ton iPad si tu veux, et tu te mets un chrono, un timer de 10 minutes sur ton téléphone, ta montre, peu importe. Et tu choisis une contrainte simple. Tu prends un objet qui est posé devant toi, un mot qui te vient à l'esprit là maintenant, une couleur que tu as envie d'utiliser. Quand le timer démarre, tu dessines, tu écris, tu crées sans réfléchir à si c'est bien, est-ce que c'est fini, est-ce que ça ressemble à quelque chose, est-ce que je pourrais le vendre, non. Le seul objectif pendant ces 10 minutes, c'est que ta main bouge jusqu'à ce que le chrono sonne. Et quand ça sonne, tu t'arrêtes. Même si t'es en plein milieu d'un trait, c'est comme dans Top Chef, on lève les mains, c'est fini. Et c'est déjà très bien. Et si tu veux d'autres contraintes pour créer, je partage régulièrement des idées d'exercice sur Instagram, que tu peux piocher selon tes envies. Pour ça, je te donne rendez-vous sur mon compte @didisunshine_, tout collé, avec le trait underscore à la fin. Surtout, tu le mets bien (le _) parce que sinon, tu tombes chez quelqu'un d'autre. Et mon canal s'appelle "Pimp ton carnet" et tu trouveras là-bas de quoi alimenter ton prochain sprint créatif. Et pendant tout le mois de juillet, j'anime avec d'autres artistes internationales un challenge qui s'appelle Months of Masters. Le but, c'est de redessiner, de réinterpréter les toiles des grands maîtres de l'histoire de l'art. Ça pourra aussi te donner d'autres perspectives pour te débloquer. Voilà, je te dis à très vite et souviens-toi, un trait raté, c'est quand même un trait. Alors, lance-toi !