Didi SunshineEst-ce que toi aussi, t'as un carnet qui traîne chez toi à moitié vide parce qu'un jour t'as raté une page et que depuis, tu n'oses plus y toucher ? Comme si cette seule page ratée avait fermé la porte à tout le reste. Ton carnet n'est pas un musée, c'est pas un endroit où on n'expose que des chefs-d'oeuvre. Alors pourquoi tu le traites comme si c'était le cas ? Bienvenue dans Pimp ton style, le podcast pour créer plus, douter moins et arrêter d'attendre. Moi c'est Diane et aujourd'hui, on s'y met ensemble. Aujourd'hui, on parle de ce truc qu'on a presque toutes et tous planqué quelque part : le carnet qu'on n'ose pas salir. Cet épisode est pour toi si t'as déjà abandonné un carnet en cours de route parce qu'une page ne te plaisait plus. Ou si t'as des carnets tellement beaux que t'attends le bon moment pour les commencer. A la fin de cet épisode, tu vas voir ton carnet autrement et repartir avec un exercice tout simple pour t'y remettre dès aujourd'hui et sans pression. Je vais te faire une confidence. Moi, aujourd'hui encore, j'ai plein de carnets non entamés à la maison. Et pas pour une seule raison, pour trois en fait. Il y a les carnets trop beaux, ceux dont la couverture est trop belle, le papier trop noble, et où je me dis, celui-là, faut pas que je le rate. Résultat, il reste fermé parce que je ne me sens jamais assez prête pour lui. Il y a aussi les carnets sans vocation, parce que moi j'aime bien qu'un carnet ait une sorte d'intention. Celui-ci, ce sera pour des croquis rapides, celui-là pour tester des couleurs. Cet autre pour du lettering. Et tant que je n'ai pas trouvé cette vocation, il attend. Parfois des mois ou des années. Et puis il y a aussi les carnets pas finis. J'en commence un nouveau avant d'avoir terminé le précédent. Et la pile s'accumule et avec elle, un peu de culpabilité. Mais le vrai sujet du jour, c'est encore autre chose. C'est ce qui se passe quand je suis en train de remplir un carnet, un carnet en cours, un carnet plein de vie, et que je rate une page. Une page qui, à mes yeux, n'est pas assez belle. Et tu sais ce que je fais ? je le boude littéralement. Je referme mon carnet, j'en ouvre un autre et je vais créer ailleurs. Et parfois je reviens des semaines après dans celui que j'avais délaissé. Parfois je n'y reviens même jamais. Et en creusant pourquoi je fonctionne comme ça, j'ai fini par mettre le doigt sur un mot qui explique tout. Musée. On traite nos carnets comme des musées. Dans un musée on n'accroche que les chefs-d'oeuvre. Tout ce qui est raté, tout ce qui est une étape, un brouillon, un test, ça finit dans une réserve ou à la poubelle. Bon, ok, parfois dans certaines expositions, on commence à nous montrer les croquis aussi. Mais sans s'en rendre compte, c'est exactement la logique qu'on applique à nos propres carnets. Seules les pages qu'on est sûr•e de réussir méritent d'y entrer. Et du coup, soit on n'ouvre jamais le carnet, parce qu'on n'est jamais sûr•e à l'avance, soit on l'abandonne à la première page qui casse l'illusion que tout dedans doit être réussi. Sauf qu'un carnet, à la base, ce n'est pas un musée, c'est un atelier. En anglais, on dit workbook. Work, c'est travailler. Et dans un atelier, il y a des ratés, des essais, des tâches, des trucs raturés. Et ça, personne ne le trouve honteux. C'est même la preuve que le travail est en train de se faire dans cet atelier. Le carnet de bord d'un pilote ne note pas que les vols parfaits. Donc un carnet, c'est fait pour les recherches et pas juste une vitrine. Et je veux être claire sur un point, parce que je ne veux pas qu'on m'entende de travers. Le problème, ce n'est pas d'aimer les jolis carnets. Moi, la première, j'adore ça. Non, le problème, c'est de faire de la beauté une condition pour avoir le droit d'utiliser la page. Et c'est ça qui bloque. C'est pas l'envie de faire bien le problème, mais l'idée que si c'est pas bien, ça ne compte pas, ça ne mérite pas d'exister. Et il faut aussi qu'on soit honnête sur une chose, cette pression-là, elle s'est aggravée avec les réseaux sociaux. J'adore Instagram, c'est pas un souci, mais depuis qu'un carnet, ça se scrolle, ça se poste, ça se commente, le carnet est devenu un objet à montrer avant d'être un outil pour travailler. On feuillette des comptes entiers de carnets parfaits, page après page, sans jamais voir les brouillons, les pages arrachées, les ratées, planquées derrière. Et forcément, on finit par comparer notre atelier, plein de traces, à leur musée déjà préparé. C'est injuste et c'est faux, mais ça s'installe doucement dans nos têtes. Alors la question n'est pas comment je fais pour ne plus jamais rater une page, puisque on va continuer d'en rater, c'est certain, mais c'est plutôt qu'est-ce qui change si je décide maintenant que mon carnet n'a jamais été un musée. Alors voilà ce que je te propose et que tu peux faire aujourd'hui, là, avec ce que tu as sous la main. Première option, si tu as un carnet tout beau jamais ouvert, tu l'ouvres à la première page et tu y fais un truc moche, volontairement. Un trait, une tâche, un gribouillis, trois minutes chrono, sans chercher à ce que ce soit réussi. L'objectif, c'est juste de casser l'idée que la première page doit être parfaite. Une fois que c'est fait, c'est fait, le carnet n'est plus un musée, il est ouvert. Si tu veux, j'ai un épisode dédié sur cet exercice. Deuxième option, Si tu as un carnet que tu boudes à cause d'une page ratée, comme moi, tu le rouvres, tu tournes la page, et sur la suivante, tu écris juste la date d'aujourd'hui. Rien d'autre. Pas besoin de redessiner un chef-d'oeuvre et tout pour reprendre. Juste une date qui dit « je reviens ici et la page d'avant ne m'empêche pas d'avancer » . Dans les deux cas, tu viens de faire la même chose : tu as transformé ton cahier en atelier pour de vrai et pas juste en théorie. Et d'ailleurs, si tu as besoin d'un cadre, pour oser sortir ton carnet et le remplir sans pression, à partir de septembre 2026, je te donne rendez-vous une fois par mois à la buvette créative à Asnières-sur-Seine pour prendre le temps ensemble de créer dans nos carnets, sans jugement, sans viser la page parfaite. Juste toi, ton carnet et d'autres personnes qui, comme toi, apprennent à arrêter d'en faire un musée. Je te dis à très vite et souviens-toi, personne ne peut briller à ta place. Alors, à toi de jouer !