Didi SunshineTu es là devant ta table et tu te dis « Ah, dès que j'aurai le bon carnet, celui avec le bon grain, le bon format, je m'y mets sérieusement. » Ou alors peut-être la prochaine tablette, dernier cri, ou le feutre repéré sur Instagram, le stylo plume qu'il te faut absolument avant de vraiment commencer. Et pendant ce temps-là, tu ne crées pas. Alors aujourd'hui, je vais te le dire franchement, le matériel n'est pas ton problème, c'est ton excuse. Bienvenue dans Pimp ton style, le podcast pour créer plus, douter moins et arrêter d'attendre. Moi c'est Diane, illustratrice et autrice de guide créatif sur le pseudo Didi Sunshine, et aujourd'hui, on s'y met ensemble. Aujourd'hui, je voudrais qu'on démonte ensemble le mythe du bon matériel. Pourquoi ton cerveau s'en sert pour repousser le moment de créer, et ce que ça cache vraiment derrière ? Et surtout, comment tu peux, dès la fin de cet épisode, dès aujourd'hui, créer quelque chose avec ce que tu as littéralement sous la main ? Si tu débutes, si tu crées depuis 10 ans, ou si tu as déjà repoussé un projet en attendant d'être mieux équipé•e, cet épisode est pour toi. Tu repartiras avec une conviction claire et un exercice à faire aujourd'hui sans rien acheter. Je voudrais commencer cet épisode par une confession. Chez moi, aujourd'hui, au moment où j'enregistre ce podcast, j'ai 20 carnets entamés et 13 neufs. 13 carnets neufs. La plupart encore sous leur emballage plastique d'origine. Et j'en ai même un en double parce que j'avais oublié que je l'avais déjà acheté. Certains n'ont jamais vu la lumière du jour. Je les ai achetés parce qu'ils étaient beaux, parce que je voulais acheter un carnet artisanal à une artiste, parce que j'en ai ramené un du Japon. Peu importe, je les garde, tous ces carnets, je les garde pour plus tard, pour quand je "serai prête", pour quand j'aurai l'idée qu'ils les méritent. J'ai 13 carnets vierges et zéro excuse valable pour ne pas dessiner dedans. Si je te raconte ça aujourd'hui, c'est pas pour te dire "regarde comment je suis désorganisé ou comment je dépense mon argent", non. C'est que ce réflexe-là, il n'a rien à voir avec le matériel, il est purement psychologique. Attendre le bon matériel, c'est une façon de t'auto-saboter, mais très bien déguisée. Ça a l'air sérieux, appliqué, presque professionnel. Tu te dis, je veux faire les choses bien, alors qu'en fait, en réalité, c'est juste une stratégie d'évitement de ton cerveau. Concrètement, tant que tu n'as pas commencé, ton projet reste parfait dans ta tête. Il n'existe encore que sous une forme fantasmée. celle où tout est réussi, parce que c'est dans ta tête. Et dès que tu poses un trait sur une vraie page, avec un vrai stylo, un vrai feutre, une vraie peinture, tu vas prendre le risque que ce soit raté, maladroit, décevant. Alors le « bon matériel » devient une justification impeccable. Ce n'est pas toi qui as peur de rater, non non, c'est juste que tu n'as pas encore les bons outils. Sauf que ce jour-là, il n'arrive jamais. Et il y aura toujours un carnet plus beau, un feutre plus précis, un logiciel plus complet que tu n'as pas encore. Sauf que l'histoire de l'art, elle, est remplie d'artistes qui ont fait exactement l'inverse. Si on prend Basquiat, par exemple. Avant d'avoir accès à des toiles, il peignait sur des portes récupérées dans la rue, sur des vieux frigos, sur des bouts de bois qu'il trouvait à New York. Il n'a pas attendu d'avoir la bonne toile, le bon châssis pour développer un style reconnaissable. Keith Haring, lui, il dessinait sur les panneaux publicitaires noirs, vides, du métro new-yorkais. Un matériau qu'il n'avait pas choisi. Il l'a juste utilisé comme ça, avec une craie, parce que c'était là. Et c'est cette contrainte finalement qui est devenue sa signature. Alors évidemment, je ne suis pas en train de te dire que le matériel n'a jamais d'importance. Une fois que tu as une pratique installée, un bon outil, ça peut vraiment amplifier ce que tu fais. Ça, c'est ok, c'est légitime et même c'est agréable, on ne va pas se mentir. Mais la nuance est là et elle est importante. Le bon outil vient prolonger une pratique qui existe déjà. C'est pas le bon outil qui va la créer cette pratique. Et c'est l'habitude qui débloque le matériel et pas l'inverse. Un musicien qui joue de la guitare par exemple ne va pas attendre d'avoir une super Gibson pour apprendre ses premiers accords. Non, il va se faire mal aux doigts sur une vieille guitare moche et mal accordée. Et il achètera le bon instrument après. Donc la question à te poser aujourd'hui, c'est pas "qu'est-ce qu'il me manque pour créer", c'est "qu'est-ce que je fais là maintenant avec ce que j'ai déjà". Parce que le bon matériel ne va pas te rendre meilleur•e, il retarde juste, et très confortablement disons-le, le moment où tu vas rater, et donc le moment où tu vas progresser. Alors aujourd'hui, ton défi, c'est de créer en 10 minutes. L'idée, c'est toujours que ce soit rapide. Tu regardes autour de toi et tu prends ce qui traîne réellement à portée de main. Ça peut être un post-it, le dos d'un ticket de caisse, une page déjà entamée dans un carnet, et puis tu prends le stylo bic qui te passe sous la main, même s'il écrit qu'à moitié, peu importe, tu prends ce qu'il y a. La seule règle, c'est de ne rien acheter, de ne rien télécharger de nouveau, pas une nouvelle brush non plus pour Procreate, tu ne prépares rien non plus, tu mets un chrono, et tu prends 10 minutes pour dessiner ou écrire quelque chose, n'importe quoi, du moment que c'est fait avec ce que tu as sous la main, là, maintenant, tout de suite. L'objectif, ce n'est pas de chercher la qualité, l'objectif c'est de chercher l'action. Si tu veux, tu peux prendre une photo du résultat et le partager en story, en taguant, je serai très contente de le voir, tu n'es pas obligé•e de le faire, tu peux le garder pour toi. L'idée c'est vraiment juste de prendre le temps d'agir, d'y aller. Et si cet épisode te donne envie d'aller plus loin, il y a mon livre Pimp ton style #1 qui fait pour ça, pour vraiment ancrer une habitude de création régulière avec 50 exercices. Il y a tout un chapitre entier pour explorer les différents médiums, sans forcément en acheter de nouveau, mais utiliser tous ceux qui sont déjà là dans tes placards et que tu n'utilises pas forcément, et sortir de tes habitudes. L'idée, c'est de ne pas rester coincé•e avec trois fois rien pour toujours, non. C'est de d'abord créer un réflexe de créer et ensuite d'élargir ta pratique. Tu trouveras le lien dans la description de cet épisode. Et si cet épisode t'a plu, laisse un avis ou partage-le à quelqu'un qui en a besoin. Ça aide à faire grandir ce podcast bien plus que tu ne l'imagines. Je te dis à très vite et d'ici là, souviens-toi que personne ne peut briller à ta place. Alors, à toi de jouer !