Speaker #0Êtes-vous prête à vous faire détester ? Parce que c'est le prix à payer d'une personnalité solide et affirmée. Oui, une personne qui est solide, comme on en a parlé dans les épisodes précédents, eh bien elle est plus manipulable et on ne peut plus en faire ce que l'on veut. Ou disons, une personne qui partira avec cette intention. Et puis ça, eh bien justement ça va rendre fous ceux ou celles qui pensaient pouvoir vous contrôler. ça va aussi éloigner ceux qui voudront essayer, parce qu'ils sentiront qu'ils ne peuvent tout simplement pas. Vous devenez comme un insecticide qui repousse naturellement les nuisibles. Mettre ses limites, ça ne veut pas dire être imperméable aux autres, ni se couper de toutes les relations, absolument pas. Ça veut dire accueillir les bonnes personnes dans votre périmètre, les choisir volontairement. Si vous êtes dans ce processus, Vous allez voir les dynamiques qui vont changer et ça c'est inévitable. Si vous êtes déjà quelqu'un d'affirmé, et bien le tri est déjà fait. Bienvenue dans Plaisir Handicap. Ici on parle de ce qu'on n'ose pas toujours dire, les relations, le désir, l'affirmation de soi et ce que tout ça signifie quand on vit avec une vulnérabilité particulière, qu'elle soit visible ou non. Aujourd'hui on s'attaque à quelque chose que beaucoup évitent, le fait d'être mal aimé, le fait d'être critiqué, rejeté. et surtout ce que ça révèle sur vous et sur les autres quand ça arrive. Parce que la haine ou la colère que vous pourriez inspirer à certains ou certaines n'est pas un problème à résoudre. C'est parfois la preuve que vous faites exactement ce qu'il faut. Je sais ce que c'est de grandir en voulant plaire à tout prix. Et j'imagine que vous aussi, vous voyez de quoi je veux parler. D'effacer ses angles pour ne pas froisser les autres, de parler moins fort, de prendre moins de place. En même temps, prendre sa place, ça ne nous effleure même pas l'esprit quand on est à ce niveau-là. Parce qu'on doute de soi à un niveau tel que la moindre critique, on la prend personnellement. Je suis sûre que vous vous reconnaissez là-dedans. Quand on est vulnérable, que ce soit visible ou invisible, on apprend très tôt que la paix sociale a un prix. et ce prix C'est souvent vous-même. C'est souvent votre opinion, votre inconfort et surtout votre vérité. Celle, vous savez, qui vous brûle au fond de la gorge mais que vous retenez pour cette paix. Ou du moins, cette illusion. Et pendant longtemps, on paye ça. Parce qu'on croit que c'est nécessaire. Que si on s'efface assez, les autres vont nous laisser tranquilles. Ils vont même peut-être nous accepter. Et encore mieux, ils vont nous aimer. Mais... c'est pas comme ça que ça marche. Et aujourd'hui, je vais vous le montrer avec deux histoires. Voici ce que j'ai compris avec le temps. Être détesté sans raison valable est une information comme une autre. C'est tout. La question c'est pas de se dire qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça, quand vous apprenez peut-être que quelqu'un ne peut pas vraiment vous blairer. La question c'est, est-ce que cette réaction dit quelque chose de vrai sur moi ? Ou est-ce qu'elle dit quelque chose sur la peur que j'inspire ? Et est-ce que vous inspirez vraiment une peur ? Une personne qui a affirmé qu'elle sait ce qu'elle veut, qu'elle sait ce qu'elle vaut, qu'elle dit non, qu'elle prend tout simplement position, eh bien cette personne, elle dérange. Pas forcément parce qu'elle a tort, mais parce qu'elle oblige, et écoutez bien ça, parce qu'elle oblige les autres à se confronter à ce qu'ils n'ont pas le courage d'être. La crainte que vous pourriez inspirer n'est pas toujours un signal d'alarme. C'est parfois une médaille que vous n'avez pas encore appris à porter. Je vais vous raconter une scène qui s'était passée au collège il y a quelques années maintenant. Une amie vient me voir pour m'annoncer qu'une camarade de classe ne m'aime pas. Alors, je pense que son intention était bienveillante. Son but c'était probablement de me faire réagir pour que je prenne conscience de ça, pour voir si j'allais m'inquiéter, pour voir si j'allais chercher à comprendre ou peut-être même à m'agiter. et bien ça va faire Rien de tout ça. J'ai juste pris une seconde pour me poser honnêtement la question qu'est-ce que j'aurais pu faire ou dire pour ne pas être appréciée de cette fameuse camarade de classe. Puis là, j'ai réalisé qu'on ne se connaissait pas. On n'avait jamais pris le temps de parler, on n'avait jamais eu de vraie conversation. Et à l'époque, je peux vous assurer que j'étais la plus timide et la plus discrète du collège. Si j'avais à peine existé aux yeux de cette fille... Mais le problème ne venait clairement pas de moi. Et j'ai appris quelque chose que je n'aurais pas su formuler à l'époque, mais que je peux dire aujourd'hui, c'est que certaines personnes décident de ne pas vous aimer avant même de vous connaître, et ça, c'est leur histoire. C'est pas la vôtre. Vous n'êtes pas obligés de mériter chaque rejet, c'est pas ce que je suis en train de dire, mais vous n'avez pas à vous expliquer à des gens qui ont... Déjà, décidez. Et vous savez pourquoi certaines personnes n'aiment pas les miroirs grossissants ? C'est pas parce que le miroir ment, mais c'est parce qu'il dit la vérité d'un peu trop près. Une personne qui est affirmée, une personne qui est solide dans ses appuis, ça en peut, ça, pour ceux qui ne le sont pas. Votre clarté, votre refus de vous effacer, votre façon d'occuper l'espace que vous méritez, tout ça agit. Comment miroir ? Et si quelqu'un ne supporte pas votre présence sans raison apparente, posez-vous la question, est-ce que vous lui renvoyez quelque chose qu'il n'a peut-être pas envie de voir ? Et ce n'est pas votre problème, ce n'est pas un problème que vous devez résoudre, c'est le sien à traverser ou pas. Voici 5 signes que la haine, j'aime pas trop ce mot simple, peut-être un peu fort, mais peut-être la colère ou le sentiment d'animosité qu'on pourrait vous porter, pas de l'autre et pas de vous. Le premier signe, c'est que la personne ne vous connaît pas vraiment. Elle réagit juste à une image ou à une réputation ou à une projection qu'elle a de vous. La deuxième, c'est que la critique vise ce que vous êtes, pas ce que vous avez fait. Ouais, t'es trop ci, t'es trop ça, t'es pas assez comme ça, enfin bref, ce genre de choses. Troisième élément, c'est que les personnes qui vous apprécient et qui vous connaissent bien ne reconnaissent pas du tout la version que l'autre pourrait décrire. Quatrième élément, c'est que la réaction de la personne qui peut éprouver une certaine animosité arrive précisément quand vous prenez position ou quand vous refusez quelque chose, mais jamais quand vous vous effacez. Dernier élément, c'est que vous pouvez vous regarder en face et répondre honnêtement « Non, je n'ai rien fait qui justifie ça » . Ce sont vraiment les cinq points qui vous prouvent que ce qu'on vous porte parle vraiment de l'autre et pas de vous. Et puis, voici cinq étapes pour traverser une vague éventuelle de rejet sans vous effondrer. Le premier élément, c'est de faire un audit honnête et de vous poser vraiment la question « ai-je fait ou ai-je dit quelque chose qui justifie cette réaction ? » Si oui, eh bien assumez et sinon, tout simplement passez à l'étape suivante. La deuxième chose, c'est, alors c'est une théorie, mais je vous assure que dans la pratique c'est vraiment nécessaire, c'est de refuser le procès intérieur. Vous n'avez pas à vous juger sur la base des émotions des autres. Une réaction hostile n'est pas une preuve de culpabilité. Troisième élément, identifiez ce que votre position a éventuellement dérangé. Quelles limites avez-vous posées ? Quelle vérité avez-vous dite ? Quelle place avez-vous peut-être prise ? C'est souvent là que tout se joue. Quatrième élément, Eh bien, ne gérez pas la réputation, mais gérez votre intégrité. Vous ne pouvez pas contrôler ce que les gens pensent, ça c'est absolument impossible. Et si vous vous amusez à ça, je vais vous dire que vous n'êtes vraiment pas sortis de l'auberge, ça va vous épuiser, ça ne va servir absolument à rien, on ne peut pas maîtriser ce que les gens pensent de nous. Mais vous pouvez contrôler si ce que vous faites vous ressemble, vous pouvez contrôler si ce que vous faites c'est en accord avec vos valeurs. Dernier élément, c'est de rester en mouvement. C'est super important. Le silence, ça ne protège absolument pas. C'est même dangereux. Ça nourrit votre doute. Ça nourrit cette voix qui critique, cette voix intérieure comme on a tous. Continuez à avancer. La meilleure réponse à ceux ou à celles qui veulent vous faire taire, c'est de continuer à parler. C'est de continuer votre chemin. L'autre histoire que je voulais vous raconter par rapport à ça, elle est un peu plus récente, elle s'est pas passée au collège, elle s'est passée en début d'année, en début 2026. J'ai lancé une série de podcast spéciale qui s'appelait Jean-Mère 2026 et ce sont des épisodes où je prenais position, vraiment, sur des sujets sensibles comme le mouvement LGBT, les handicaps invisibles et ce genre de sujets. sur lesquelles j'allais à l'encontre de ce qu'on entend publiquement et à l'encontre des discours dominants et des postures, je dirais, assez confortables. J'ai promu ces épisodes sur le dernier réseau social sur lequel je suis, sur LinkedIn, et j'ai fait exploser les scores, mais pas des scores d'écoute, des scores d'insultes et de menaces. Alors, je savais... que j'allais avoir quelques réactions et puis c'était des épisodes contradictoires en fait c'était des épisodes qui volontairement cherchaient la réaction c'était pas, c'était vraiment le but, c'était un peu mon petit défi à moi, parce que comme tout le monde, j'ai quand même mes sensibilités, puis je voulais me challenger là-dessus, et j'ai décidé de le faire de cette manière-là comme je vous l'ai dit, c'était volontaire et je savais que j'allais provoquer, puis J'ai pesé d'abord le pour et le contre et puis j'ai décidé que cette vérité valait quand même plus que ma tranquillité. Disons que c'était une expérience. Il faut savoir que quand vous dites une vérité qui dérange, vous n'êtes pas responsable de l'inconfort des autres, mais vous êtes responsable de la qualité de votre message, pas de la réaction qu'il génère. En fait, ce qui s'est passé dans la promotion de l'épisode en question, je suis vraiment allée toucher l'identité des gens. Et c'est ça qui les a mis en colère. Alors, ces menaces ne m'ont pas fait changer la vie. Alors, c'est vrai qu'elles m'ont fait réfléchir. Et c'est comme ça que j'ai pu analyser le fait que je suis allée toucher les gens qui s'identifient vraiment comme des handicapés. J'ai réfléchi quand même. Et ça m'a vraiment confirmé que quand on touche à l'identité... Il y a quelque chose qui risque de s'effondrer. Pourtant, on est tellement plus que ça. En parlant d'identité, ça sera le sujet de l'épisode de mardi prochain. Et je pense que ça vaut vraiment la peine de l'écouter. Donc, si ce n'est pas le cas, je vous invite à vous abonner au podcast, comme ça vous ne louperez pas cet épisode. Le fait de s'identifier à quelque chose qui nous est douloureux, c'est une des plus grandes erreurs que l'on fait absolument tous et toutes, moi la première. Mais... Je pense que c'est pour ça que ça vaut vraiment la peine d'écouter l'épisode de la semaine prochaine. Voilà, c'était le petit teasing. Je vais terminer avec le fait d'être détesté, c'était le sujet d'aujourd'hui. J'aimerais terminer en vous disant que les travaux en psychologie sociale sur la dissonance cognitive montrent que quand une personne perçoit une menace à ses croyances, une vérité qui contredit ce qu'elle pense ou ce qu'elle ressent, elle ne cherche pas d'abord à comprendre, c'est assez rare. Elle cherche d'abord à éliminer la source du malaise. Autrement dit, si vous n'êtes pas attaqué parce que vous avez tort, vous êtes attaqué parce que vous dérangez quelque chose de confortable. Et dans le champ du handicap et des vulnérabilités, c'est encore plus vrai. Parce que quand une personne concernée prend la parole et dit non, ça c'est pas comme ça que ça se passe, elle casse un récit que beaucoup ont intérêt à maintenir pour le confort. Ce récit c'est celui de la personne vulnérable qui souffre en silence et qui est... reconnaissante, qu'on s'occupe d'elle. Et forcément, une voix qui est affirmée, ça dérange. Ce récit, c'est exactement pourquoi je pense qu'elle est nécessaire. Avant de terminer cet épisode, j'aimerais vous demander une chose, une toute petite. Cette pensée, la dernière fois, vous avez gardé une opinion qui était hyper importante pour vous, mais vous l'avez gardée par peur d'une réaction, par peur d'être mal comprise ou d'être critiquée ou rejetée. Et demandez-vous si... J'avais dit ce que je pensais vraiment, qu'est-ce qui se serait passé vraiment ? Si vous vous seriez exprimé à ce moment-là, quelles auraient été les conséquences ? Pas pour vous culpabiliser de vous être tu, mais juste réfléchissez sur le fait de mesurer le coût du silence, parce qu'il a un coût, je vous assure, et on ne le calcule jamais aussi bien qu'en calculant le coût de la prise de risque. Si cet épisode vous a parlé, tout simplement partagez-le pour la personne dans votre entourage qui a besoin d'entendre que sa voix vaut, que sa voix compte et qu'elle a quelque chose à dire, même quand elle dérange, surtout quand elle dérange. On se retrouve la semaine prochaine sur un épisode sur l'importance de notre identité. Moi je vous dis, prenez soin de vous et prenez soin de votre vérité.