- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Please Don't Disturb, le podcast qui vous ouvre les portes des palaces, maisons et hôtels emblématiques à travers les récits professionnels de l'hôtellerie. Je suis Nina Mermier et dans chaque épisode, je vous invite à partager les histoires inspirantes, les parcours exceptionnels et les réflexions profondes de ceux qui font briller ces endroits prestigieux. Que vous soyez un passionné de voyage. un professionnel du secteur ou simplement curieux de découvrir les secrets bien gardés de ceux qui font rayonner ces établissements. Ce podcast est fait pour vous.
- Speaker #1
Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Antoine Garcia, sous-chef du restaurant Le Clos des Sens et candidat de Top Chef 2026. Il partage avec nous son parcours et son expérience dans l'émission,
- Speaker #0
depuis les premières étapes du casting jusqu'à son ressenti tout au long du tournage. Au fil de la discussion, il évoque également un épisode plus difficile de son parcours. J'espère que cet épisode va vous plaire et je vous souhaite une bonne écoute. Bonjour Antoine Garcia.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Merci d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous parler de ton parcours professionnel s'il te plaît ?
- Speaker #1
Oui bien sûr.
- Speaker #0
Peut-être te présenter rapidement.
- Speaker #1
Oui je peux me présenter ce sera bien. Je suis Antoine Garcia, je suis cuisinier depuis maintenant 10 ans. Ça fait 10 ans que j'ai commencé la cuisine. Parcours professionnel j'ai envie de dire assez classique. J'ai fait un CAP en alternance, ensuite j'ai enchaîné avec un BP en alternance. Brevet professionnel en gros, vraiment classique, 2 fois 2 ans d'apprentissage. Ensuite, je suis parti à Lyon, à l'Arsonique, dans le groupe Tête-Doi, pour travailler dans une pépinière de chefs. J'ai travaillé avec Alexandre Deltheil comme chef, chef très jeune, où j'ai beaucoup appris aussi. Ensuite, je suis parti à Montpellier, au Jardin d'Essence, chez les Frères Pourcel, qui ont une étoile au Guin Michelin, chef vraiment très reconnu dans la région de Montpellier. Très, très bon chef aussi, très gentil. J'en garde un très, très bon souvenir. Ensuite, je suis parti au Clos d'Essence, où c'est une maison que je visais depuis très longtemps. J'avais envie de faire du 3 étoiles et là c'était le 3 étoiles que je visais vraiment. Ce qui m'a tiré dans cette maison c'est qu'elle était vraiment unique que chef Laurent Baudier a réussi à avoir ces 3 étoiles. Bien sûr avec son équipe il n'est pas tout seul mais d'avoir cette vision, de l'assumer jusqu'au bout et d'avoir vraiment sa vision de la cuisine à lui et d'avoir 3 étoiles avec ses pensées, son jardin et ses légumes.
- Speaker #0
C'est l'aspect végétal qui t'a attiré ?
- Speaker #1
C'est ça, c'est l'aspect très végétal, de jamais tomber dans le produit facile, surtout de ne pas tomber tout de suite dans les produits nobles. pour justifier un prix de menu. Je trouve ça ridicule. Et justement, ces chefs-là, comme Laurent Petit, ont réussi à créer de la haute gastronomie avec des produits ultra bruts, sans mettre de caviar, sans mettre de homard, sans mettre de langoustine. Et c'est là où on voit tout le temps dans la cuisinée. Donc forcément, c'est des maisons qui m'attirent. J'ai envie d'apprendre de ces chefs-là. Je m'éclate, tout se passe bien. Le chef me fait confiance. Parce que oui, Laurent Petit est parti, bien sûr, depuis maintenant 2-3 ans, un truc comme ça. J'ai connu la maison sous Laurent Petit il y a très longtemps déjà, quand j'ai commencé la peau de sèche. Forcément, tu te renseignes un peu sur les chefs et tout qu'il y a autour de toi. Donc j'ai connu Laurent Petit, sa vision, tout ça, j'ai adhéré. Mais je savais que quand je venais au Clos des Sens, quand je suis venu, que ça a changé de propriétaire et que maintenant, Franck Derouet et Thomas Lorival ont repris la maison. Mais l'identité restait donc la même au départ. Là, on est en train vraiment de changer, d'essayer de changer l'identité. Mais c'est avec plaisir que j'ai rejoint la maison, même si Laurent Petit n'était pas assis.
- Speaker #0
Génial. Justement, pour les auditeurs qui nous écoutent, on avait fait une interview avec Anne-Sophie Vincent, qui est directrice de Zalocle d'Essence.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Où on parle un peu plus de la maison, des valeurs, de la vision.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Comment Top Chef est arrivé à toi, alors ?
- Speaker #1
Alors, oui, Top Chef est arrivé à moi. C'est vraiment des casteuses qui m'ont contacté sur Instagram. Enfin, des noms. Une casteuse qui m'a contacté sur Instagram. Vraiment, j'avais un profil Instagram vraiment banal. Pas trop forcément cuisinier, tu vois, j'ai pas affiché mon CV ou des choses comme ça sur Instagram, comme on peut voir avec les autres cuisiniers. Ils m'ont contacté en message classique, vraiment, on me demande si j'étais chaud de faire Top Chef, machin. J'ai cru une blague. Genre vraiment au départ, premier message, tu vois ça, tu veux faire Top Chef, trop bizarre, t'es qui, on te connaît pas, c'est une personne qui est inconnue, tu vois ce que je veux dire ? On va être méchant, on vient de faire. Elle m'a demandé pour faire Top Chef, je suis allé voir un peu sur Internet, en tapant le prénom de la personne, si c'était vraiment sérieux ou pas. Effectivement, je l'ai trouvé sur Internet et c'était vraiment sérieux. Elle était vraiment casteuse pour Top Chef. Donc là, je me suis dit, c'est le moment, j'ai 24 ans, j'ai l'énergie, j'ai la forme. Je viens de passer sous chef dans un 3 étoiles très jeune. Je pense que j'ai le profil et les capacités pour y aller.
- Speaker #0
C'est génial. Comment tu t'es préparé pour le casting ? Comment ça s'est déroulé ?
- Speaker #1
En fait, ça s'est déroulé. Les castings, ils sont sur trois étapes. Tu as le casting en vocal. C'est vraiment l'appel téléphonique. Tu parles un peu de ta personnalité, de ta... famille, de ta vie. Ensuite, un autre visio, et cette fois enregistré. Où là, en fait, c'est pareil. Si tu racontes ton profil, ton expérience, ce que tu aimes dans la cuisine, ce que tu aimes faire, tout ce qui t'attire, si Top Chef t'attire, si t'as déjà regardé Top Chef. Plein de questions, plein de questions sur ta vie pour voir si t'as bon profil. Et si ton profil colle justement à ce qu'il recherche, tu pars pour un dernier casting, là qu'il y a Paris en... En présentiel, cette fois, en physique, où c'est vraiment un top chef blanc. On est là sur une journée où tu fais vraiment un top chef blanc. Il y a des... On a fait deux épreuves, des choses comme ça. Et puis après, du passage devant la caméra pour voir si on passait bien. Et c'est vraiment du top chef blanc. On avait nos épreuves de cuisine. Il y avait une caméra, une journaliste. Ils nous posaient des questions en même temps pour voir comment on réussissait. Si on était à l'aise, si tout se passait bien. Même niveau culinaire aussi, si c'était pas mal. Parce que forcément, quand tu vas dans un concourt comme ça, il faut avoir quand même un petit niveau, je pense. Et voilà, ça s'est fait comme ça. Du coup, les trois castings sont en chaîne, super bien. En plus, je passe dans les derniers en septembre, vraiment dans les derniers castings. Et ça s'est fait hyper vite. Deux semaines après, un truc comme ça, ils m'ont rappelé et ils m'ont dit que j'étais pris pour faire Top Chef. Incroyable. Et je suis parti, je ne sais pas, j'ai eu la réponse en septembre et en mi-octobre, j'étais parti. Le tournage a commencé mi-octobre. Ça s'est enchaîné ultra vite.
- Speaker #0
Mi-octobre, combien de temps ? Attends, non.
- Speaker #1
Tu peux pas le dire. En fait, si je te dis le temps, tu vas savoir jusqu'où je vais, tu sais ce que je veux dire.
- Speaker #0
T'étais déjà passionné de Top Chef ? Tu le suivais un peu ?
- Speaker #1
J'étais pas passionné, j'adorais regarder, parce que forcément, c'est une belle émission de divertissement, c'est incroyable pour des jeunes cuisiniers. Enfin, moi, quand j'étais jeune, j'adorais regarder Top Chef, c'était que de la performance et tout. Tu voyais les mecs se débrouiller, galérer, rater, puis se rattraper, puis... C'était hyper excitant de le voir forcément, puis de mettre des cuisinières en avant, ça fait toujours plaisir à voir. Je dirais pas forcément que j'avais envie de le faire, mais j'adorais quand même le regarder.
- Speaker #0
Trop bien. Et comment tu t'es préparé du moment où t'as su que t'allais être pris jusqu'à le début des épreuves ?
- Speaker #1
Tu te prépares juste mentalement en fait, parce que déjà tu sais que ça va être une charge énorme, que les journées vont être grosses, te préviennent. Mais les épreuves, tu sais pas sur quelles épreuves tu vas tomber, donc forcément tu peux pas te préparer en fait. C'est vraiment ça avec Top Chef, c'est que c'est de l'instinct. Tout de suite, tu arrives le matin et c'est là que tu vas savoir ce que tu peux faire. Tu ne peux pas t'entraîner comme un barjot toute la semaine avant d'arriver à Top Chef. Ça, ce n'est pas possible. Tu as forcément des épreuves mythiques qui vont tomber, tu le sais. La guerre des restos, la boîte noire, révolution de la dégustation. Tu as toujours les mêmes thèmes qui tombent un peu, parce que c'est des trucs qui tombent chaque année. Donc forcément, là, tu commences à réfléchir à des choses. Mais sinon, non, c'est vraiment du tac au tac. Donc non, il faut juste être... Très mentalement, surtout. Bien encaissé, à bien enchaîner les journées. Mais sinon, ça se passe bien.
- Speaker #0
Et toi, comment tu l'as senti ? Tu te sentais bien ?
- Speaker #1
Stressé. Tu te retrouves à faire des épreuves. Là, en plus, cette année, c'est tout en itinérance. Donc, tu es tout le temps à l'extérieur. Tu n'es pas dans ta cuisine. Tu es complètement déboussolé. Tu as l'impression de réapprendre la cuisine. Tout reprend du temps à faire. Moins de manipulation. Le truc que tu pourrais faire en cuisine qui te prendrait 5 secondes, là-bas, vu que tu n'es pas dans ta cuisine, tu n'as pas ton bateau, ça va prendre 5 minutes. Tu vois ce que je veux dire ? des trucs de 5 secondes que tu vas faire chez toi dans ta cuisine et là dehors ça compte beaucoup plus de temps donc c'est vraiment que de l'adaptation j'étais ultra stressé on dit que forcément t'es stressé, t'es tendu tu ressors un peu plus énervé à la caméra tu sais ce que je veux dire, t'es pas toi même ça c'est sûr et certain, t'es pas toi même même la fatigue j'imagine et la fatigue elle joue beaucoup forcément t'as beaucoup de stress, tu vas servir des chefs Et toi, il y a je sais combien d'étoiles sur la table devant toi. Donc, c'est horrible. C'est hyper stressant. Ça te met dans un état pas possible. Vraiment, tu ne peux pas juger quelqu'un un top chef. Je comprends les mecs de top chef qui craquent ou qui s'énervent ou des choses comme ça. Parce que vraiment, tu sors de ta zone de confort. Tu es dans un stress total.
- Speaker #0
Et comment tu faisais le soir après les épreuves ?
- Speaker #1
Je me mettais dans mon bain chaud et là, ça me faisait du bien. Vraiment du bien. Mais tu étais stressé quand même parce que tu savais que dans... le lendemain ou deux jours après tu repartais donc forcément le stress il s'arrêtait jamais et ça s'enchaîne vous savez quand les épreuves le matin même le matin même donc ouais c'est après un pro annonce quand on demande les chefs en fait quoi et après tu es un pro c'est freestyle c'est parti quoi après c'est tes idées contre celles des autres quoi ouais donc voilà il faut avoir des idées très
- Speaker #0
rapidement est ce que tu as des personnes dans le concours qui t'ont fait peur bien sûr
- Speaker #1
Tout le monde me fait peur, j'ai envie de dire. Dans Top Chef, tu peux voir des profils complètement différents. Tu as des mecs de gastro, tu as des mecs qui adorent le bistrot, tu as des mecs qui ont leur restaurant, tu as des gars qui sont chefs depuis déjà longtemps. Forcément, des gens plus âgés. Moi, j'arrivais, j'étais un des plus jeunes. Il y avait quand même deux plus jeunes, Maël et Tom, qui avaient un an de moins que moi. Je veux dire, je restais l'un des plus jeunes. Ils avaient forcément la trentaine, mais déjà certains chefs ou chefs de leur propre restaurant. Donc forcément, ça m'était un stress supplémentaire de me confronter à ces gens-là. qui ont 5 à 10 ans d'expérience de plus que moi, là, tu te dis qu'il va falloir y aller.
- Speaker #0
Il y a du niveau.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et tu t'es bien entendu avec les autres candidats ?
- Speaker #1
En vrai, oui. On s'est tous très bien entendus. Cette année, j'ai trouvé qu'on a eu une très belle cohésion. On s'est très bien entendus du début à la fin. Il n'y a pas trop eu d'engueulades ou de choses comme ça, de prises de tête. Donc, en vrai, non, c'est super bien passé. Il y avait une très bonne ambiance.
- Speaker #0
Trop bien. Et vous dormiez à l'hôtel le soir ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr, on avait un hôtel. Après, ça dépendait. Par exemple, quand on bougeait à Tignes, on dormait sur place à Tignes et on repartait le lendemain à Paris pour les interviews. Donc, on avait un hôtel fixe à Paris. Après, quand on bougeait forcément pour aller faire les épreuves en étirance un peu dans toute la France, on avait un hôtel dans chaque lieu forcément.
- Speaker #0
Et comment tu t'es senti toi au moment des interviews ?
- Speaker #1
Les interviews, c'est bizarre parce que forcément, tu as une caméra en face de toi. Tu dois parler, raconter ton épreuve, donner tes ressentis. Et ce n'est pas facile de se remettre dedans et de vraiment donner... de dire ce que tu penses à ce moment-là. C'est vraiment perturbant d'avoir une cave en face de toi et vas-y, pars, quoi.
- Speaker #0
Et elles sont longues, les interviews ?
- Speaker #1
Les interviews, non, ça dépendait si t'es efficace ou pas, en fait. Si tu bégais, il va forcément, on va leur faire six fois la piste, c'est ce que je veux dire. Ça se passait bien. En plus, j'avais une journaliste qui était trop, trop bien, Alice Bigup. Et ça se passait hyper bien, on enchaînait. Et généralement, si tu débrouilles bien, tu peux faire ça très, très vite.
- Speaker #0
C'est le lendemain des épreuves.
- Speaker #1
C'est ça, les interviews, c'est vraiment le lendemain des épreuves.
- Speaker #0
Donc, tu as quand même la nuit pour réfléchir un peu, prendre un peu de recul.
- Speaker #1
Forcément, parce qu'il faut que ça reste naturel. Donc, tu réagis, tu te remets dans l'instant. Dans l'instant de... Enfin, dans l'instant, quoi. Oui, dans l'épreuve. Tu te remets dans l'instant, dans l'épreuve. Forcément, ça sort naturellement. Donc, en soi, tu n'as même pas besoin de réfléchir. Parce que tu sais ce qui s'est passé. Tu le revis encore, quoi.
- Speaker #0
Oui. OK, trop cool. Et du coup, l'après Top Chef.
- Speaker #1
L'après Top Chef.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Il y a plein de nouveaux projets. Je vais rester au Clos d'Essence quand même cet été. Je vais aller au Cortil. Le restaurant éphémère qui ouvre à Annecy, dans le jardin du Clos des Sens. C'est un lieu qui est trop trop bien, t'es vraiment au milieu du jardin, cuisine de barbecue et tout ça. Donc je serai le chef dans ce restaurant éphémère.
- Speaker #0
Génial.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et donc là, à l'heure où on tourne, les épisodes sont en train d'être diffusés.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Comment tu te sens, là par exemple il y a un épisode ce soir.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Comment tu te sens à l'approche de sortie d'épisode ?
- Speaker #1
Ça me fait peur forcément parce que tu... Tu sais pas si les gens vont prendre vraiment au premier degré comment tu es dans l'émission. Comme je l'ai dit, tu ressens. Tu montres pas ta vraie facette quand t'es dans un concours comme ça avec le stress, la fatigue. Donc forcément des fois t'as des mots qui t'échappent, t'as des mots que tu ne voulais pas dire. En fait, faut que les gens aussi apprennent, parce que les gens voient vraiment nos réactions et notre profil à la télé, alors sans nous connaître vraiment. Faudra que les gens prennent un peu plus de recul. C'est un conseil que je donne, et aussi pour les candidats, pour qu'ils vivent aussi mieux leur aventure, c'est surtout d'essayer de rester soi-même au maximum, mais il faut se dire que Top Chef ne reflète pas vraiment notre profil, ne reflète pas vraiment la réalité. Ça s'en rapproche évidemment, parce que c'est nous, on raconte notre histoire, et dans les moments de stress, les moments de cuisine, ou les choses comme ça, c'est là où on ressort peut-être les mauvais côtés des gens, et il y a des images parfois qui peuvent ressortir d'une personne qu'on ne voulait pas montrer. Donc c'est assez compliqué de jauger, de rester calme, de rester gentil, ですか aimé par tout le monde, ça c'est pas possible donc on fait au mieux, c'est ça mais c'est vraiment difficile
- Speaker #0
Et t'as beaucoup de commentaires justement ?
- Speaker #1
Ça va, j'ai des retours, les gens sont assez sympas en vrai je reçois des beaux messages ça fait plaisir, des encouragements, des choses comme ça des gens de ta région à l'ancienne, c'est que t'as pas vu depuis des années ça fait vraiment plaisir, tu vois, des anciens copains et même un peu tout le monde, des gens que tu ne connais pas, qui t'envoient des messages qui t'encouragent, ça fait hyper plaisir des gens qui se... qui se reconnaissent en toi, en ton profil. Donc ça fait hyper plaisir d'en recevoir des messages comme ça. Et bien sûr, tu as du bon et tu as du mauvais. Mais le mauvais, tu ne fais pas attention et tu prends que le bon.
- Speaker #0
Tu as aussi d'autres projets d'inéquiatement, il me semble.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. On a plusieurs quatre mains qui sont en train de se profiler. Je n'ai pas les dates exactes encore. C'est encore en train de se faire. Mais par exemple, avec le Cortil, je vais en profiter pour pouvoir amener des candidats de cette saison, faire une soirée avec eux. avec chaque candidat de cette saison et kiffer, passer un bon moment à Annecy, au Cortil. Les gens pourront les rencontrer, nous rencontrer, passer un bon moment. Je pense que ce sera des bêtes de soirée avec une belle ambiance.
- Speaker #0
Génial, trop chouette. Hâte de voir ça. Et toi, quels sont tes projets dans le plus long terme ?
- Speaker #1
Dans le plus long terme, j'aimerais une ouverture de mon propre restaurant. J'adorerais avoir mon restaurant. C'est un projet, c'est un projet sous-marin. Je suis en train de le faire. Ça prend du temps, à ce moment-là, de créer une entreprise ou de reprendre une entreprise. Mais ouais, c'est le but, bien sûr, de créer une entreprise, d'avoir mon restaurant, d'avoir mon chez-moi. Peut-être, enfin même pas peut-être, ça va être le plus tôt possible, évidemment, pour pouvoir grandir, pouvoir construire aussi et penser à ses vieux jours. Plus tu vas créer ton entreprise tôt, plus tu auras une sérénité plus tard. Je préfère galérer maintenant mes dix premières années, là vraiment, où je me sens en forme, où je me sens bien dans la cuisine, galérer maintenant mes dix premières années et être plus tranquille pour ma vie plus tard.
- Speaker #0
Et ton restaurant, tu le vois où ? Tu vois quel type de cuisine ?
- Speaker #1
J'adorerais revenir chez moi, dans le Maconais. Ce serait par là, vraiment dans les villages autour de Macon, où j'ai grandi, j'ai grandi à Perronne, c'était les petits villages où je t'avais asé, viré, claissé. des petits villages comme ça, Bourguignon, dans le Maconais, où j'avais adoré, le cadre est super, le climat est hyper bien, t'as des super belles vignes, t'as des très beaux domaines, c'est hyper sympathique, pas mal de monde qui passe leurs vacances aussi ici, donc je me dis qu'il y a quelque chose à faire, que personne, enfin personne, je dis pas personne, mais il y a peu de gastronomique dans la région, et je me dis que pourquoi pas revenir chez moi et me faire un nom, ce serait super.
- Speaker #0
Je t'accepte. Est-ce que tu pourrais nous décrire ta cuisine, ou quel type de cuisine tu verrais ?
- Speaker #1
Forcément, J'ai 24 ans, je n'ai pas d'identité culinaire. On ne peut pas se dire à 24 ans, j'ai tout vu, j'ai tout fait, c'est faux. Je n'ai pas encore choisi mon identité culinaire. Je ne l'ai pas encore, évidemment. Je fais des choses que j'ai vues, que j'ai apprises, que bien sûr, je remets un peu à ma sauce comme je l'aimerais. Mais évidemment, si je joue mon restaurant dans le Maconais en Bourgogne, ça va être plutôt une cuisine qui va être, pour commencer, ultra locavore. Bien sûr, plutôt tirer sur le végétal, parce que le clodessens, ça m'a mis une baffe avec ce truc. Je vais rester quand même à travailler pas mal le végétal. Mais vraiment essayer déjà de travailler mes produits de la région, de bien faire, de respecter le tarouard, donc de rester à peu près dans la région, faire quelque chose de très locavore et très beau déjà, ce serait bien.
- Speaker #0
Tu parles beaucoup du clod essence, on sent que c'est vraiment ton inspiration. Est-ce que tu as d'autres inspirations ? Peut-être des mentors ?
- Speaker #1
D'autres inspirations ? Des mentors, je ne sais pas. En fait, moi ce que j'aime chez Cuisinier, j'aime quand, par exemple, comme maison aussi, je pourrais donner, c'est... c'est relinger, tu vois, c'est à peu près dans le même esprit mais dans leur région à eux. Enfin voilà, avoir deux fois trois étoiles, le père et le fils, c'est incroyable. C'est des chefs qui vraiment sont pareil en fait, ils sont dans leur région, ils travaillent avec leurs produits de région, ils travaillent avec des produits simples, ils arrivent à leur donner une force énorme et à réussir à toucher le Graal, ces trois étoiles, avec simplement leurs produits de région et en respectant leur terroir, je trouve ça ouf. Genre vraiment, c'est tous ces chefs-là que j'adore, que je trouve... pas forcément de mentors, mais vraiment, c'est des chefs qui respectent leur univers, qui l'assument jusqu'au bout et qui arrivent à ce graal. C'est incroyable. Il y a plein de noms. Il y a Glenn Viel, Mauro Colagreco... C'est des mecs, c'est respect. Tu as envie d'être comme des chefs comme eux. Tu as envie d'être chef les mêmes qu'eux. C'est incroyable, vraiment. C'est mes idoles. Donc, c'est vraiment des chefs identitaires qui ont leur caractère, leur cuisine, qui l'assument et qui réussissent à faire affaire avec ça. Et je pense beaucoup aussi à ma mère, qui m'a toujours, toujours, toujours soutenue, qui m'a demandé de jamais rien lâcher. J'ai failli arrêter à la fin de mon CAP, et c'est elle qui m'a toujours tenu la main, en fait, pour que je termine ce que j'ai commencé, et après, de voir quelque chose de nouveau. Le fait de faire ça, c'est d'aller jusqu'au bout des choses, et au final, se rendre compte qu'il y a du positif là-dedans. Donc, elle m'a toujours soutenu, toujours jamais lâché la main, toujours dit, vas-y, j'aurais pu faire n'importe quel métier. Elle aurait été fière de moi et contente. toutes les semaines, toutes nos petites conversations. Il y a une personne qui m'a vraiment soutenu, et j'en ai encore besoin, je pense que j'en aurai encore besoin toute ma vie. Toujours besoin d'un conseil de maman, quelqu'un de très posé, qui a plus d'expérience, qui nous donne des conseils, qui nous calme, qui nous canalise. Surtout ça, c'est très important. Toujours bien canaliser ma mère. Des fois, elle n'y arrivait pas, mais des fois, elle y arrivait.
- Speaker #0
Pourquoi tu as voulu arrêter le CAP ?
- Speaker #1
J'ai failli arrêter mon CAP, ça se passait mal avec mon premier chef, il y a eu pas mal de problèmes. Non, c'est vraiment les trucs classiques en cuisine qu'on voit qui sont inacceptables. Ça ne s'était pas bien, ça ne l'a pas fait à la fin, j'ai dû quitter l'entreprise parce que je ne m'en pouvais plus. J'avais 15 ans, j'étais très jeune, donc forcément j'ai aussi des choses à me reprocher, ça je le dis toujours. J'étais beaucoup trop demandé pour un... pour un petit jeune homme de 15 ans, c'était beaucoup trop à porter. Et donc du coup, j'ai décidé de m'en aller de cette entreprise et d'arrêter la cuisine. Je voulais arrêter la cuisine parce que j'en pouvais plus. J'étais trop fatigué, j'arrivais plus à suivre. J'avais les servants qui marchaient au ralenti, c'était vraiment que j'étais fatigué. Je me disais, mais c'est quoi ce boulot de fou ? En plus, je ne prenais pas de plaisir avec cette brigade, avec cette ambiance. Donc j'ai vraiment voulu tout arrêter. Je voulais même faire paysagiste, je vous rappelle. J'allais dire, c'est bien, je suis dehors, je bouge, c'est manuel, ça se rapproche, c'est pas mal. Et au final, c'est elle qui m'a forcé à terminer mon CAP, donc je suis parti terminer mon CAP de fort. Parce que moi, je ne voulais pas terminer mon CAP, mais forcément, on écoute sa maman, au bout d'un moment, t'as pas le choix. Donc je termine mon CAP chez Gilles Bérard, à ma table en ville, à Mâcon. Et en fait, ce chef-là m'a complètement redonné goût à la cuisine, genre vraiment hyper attentionné. et des je dirais pas dur, mais il était... Enfin, si, il était un peu dur, mais il était très juste. Parce que vu que j'étais très jeune, il me recadrait très vite, dès que je sortais un peu des rails, où je commençais à trop faire un boulecompte. Il me remettait droit. Et bim, ça repartait tout de suite. Et en fait, il m'a redonné l'amour pour la cuisine, de se refaire plaisir, de forcément travailler moins et travailler plus intelligemment. Et surtout, il m'a vraiment redonné goût à la cuisine. Et c'est grâce à lui que j'ai continué ce métier-là. Du coup, j'ai enchaîné mon brevet professionnel chez lui, au final. Donc, comme quoi, il faut bien écouter les mamans parce que j'ai terminé mon CAP et voilà où ça emmène. C'est aussi grâce à elle.
- Speaker #0
C'est génial. Et tu es toujours en contact avec ce chef ?
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr. Oui, bien sûr, je lui verrai. C'est quelqu'un qui compte beaucoup dans ma vie, dans ma carrière. Et je suis toujours en contact avec lui, bien sûr. Il m'aide beaucoup pour les restaurants, justement. Là, j'aimerais ouvrir. Donc forcément, il m'aide beaucoup vu qu'il est aussi dans la région. Il m'aide à trouver des locales, à avoir plus d'informations et tout ça. Et c'est génial de se sentir soutenu, d'avoir quelqu'un. En vrai, j'ai envie de te dire, son mentor qui est avec toi tout le temps, c'est génial. Se voler la face, ça existe encore. Les violences en cuisine sont encore là. Beaucoup moins qu'à l'époque, ça c'est sûr et certain. Ça ne s'envoie plus des poils dans la gueule comme il y a 50 ans. Mais ça existe encore. Le harcèlement moral, il est là. Le harcèlement sexuel. J'ai encore beaucoup de filles en cuisine qui nous racontent des histoires très bloques encore en cuisine. Et pourtant, je ne suis pas vieux. J'ai 24 ans. J'ai commencé il y a 10 ans. Ça ne fait pas longtemps. Donc, il faut arrêter de se voiler la face. Ça existe encore, tout ça. Et il faudrait que ça s'arrête. Il faut vraiment que ça s'arrête. C'est en train de tuer nos métiers, ces chefs-là. On les entend se plaindre à chaque fois de se dire j'ai plus de salariés, j'ai plus de salariés, j'ai plus de salariés. Mais il faut se poser aussi les bonnes questions. C'est pas juste oui, j'essaie de leur mettre trois jours de congé, tout ça. Enfin non, pour moi, c'est pas ça. C'est qu'il y a des chefs encore, je dis pas que tous, ils sont comme ça. Il y a des chefs qui sont extraordinaires, mais il reste encore une minorité. Il y en a vraiment très peu, mais c'est ça. Ils se prennent pour Dieu entre quatre murs dans une cuisine et qui dégoûtent des jeunes. Je l'ai vécu, j'ai encore... de beaucoup de gars qui arrivent dans le restaurant qui ont eu une expérience malheureuse et ils sont plus amoureux, ils n'ont plus l'étincelle quand ils viennent en cuisine. Et je trouve ça juste horrible, en fait. Moi, qui ai envie d'entreprendre très jeune, ça me fait chier parce que du coup, moi aussi, je vais galérer à trop du monde parce qu'il y a des chefs qui ont dégoûté des gars et donc du coup, les gars veulent arrêter la cuisine. C'est quoi ce bordel ? Tu fais 70 heures par semaine, tu te fais insulter, tu te fais crier dessus, on balance des trucs. Donc, ben non, tu vois. On est des humains, on ne sent pas des vies, on est en cuisine, ça ils le savent très bien. C'est quelque chose qui m'agace énormément. Je comprends qu'il y ait une pression qui est énorme, en plus quand tu as des étoiles, tu peux être meilleur ouvrié de France, tu as des étoiles, donc tu as une pression qui est énorme, c'est sûr et certain. Ça j'en doute pas, on a le droit tous de péter les plombs. Je ne vois pas le problème avec ça, si tu arrives à t'excuser derrière avec tes gars, tu leur expliques, il n'y a pas de soucis. Mais il y a encore des chefs où c'est trop récurrent, et ça ce n'est plus possible.
- Speaker #0
Est-ce que tu aurais des conseils pour des jeunes aspirants hôteliers qui pourraient nous écouter ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Déjà, ne lâchez rien. Ne laissez pas les autres dire quoi faire. Ayez votre personnalité. Travaillez toujours en ayant votre personnalité. Soyez à l'écoute, mais faites ce que vous avez envie quand même. Et ne lâchez jamais rien. Tout paye un jour. Le travail paye un jour. Donc, plus certain de ça, plus tu travailles et plus tu as de belles choses qui t'attendent à la fin. Et rien à voir avec l'âge, tu peux commencer très jeune, ça marchera encore plus vite même, je vais te dire.
- Speaker #0
Génial. Que tu aurais un dernier ? Ça, je vais faire passer à nos auditeurs.
- Speaker #1
Ouais, bien sûr, continuez ce métier qu'est la cuisine, faites-le grandir encore, il y a encore des grandes années à venir. C'est loin d'être fini, pensez à garder votre âme d'enfant, à beaucoup rigoler, parce que ça, on adore de voir des sourires dans la cuisine et dans le terrain. Génial. Et bien, un grand merci, Antoine Garcia. Avec plaisir, c'est un grand plaisir.
- Speaker #0
J'espère que cet épisode vous a plu. Un grand merci à Antoine Garcia et un grand merci à vous d'être resté jusqu'au bout de cet épisode. Et voilà, nous arrivons à la fin de cet épisode. Si vous avez apprécié cette discussion, n'hésitez pas à laisser un avis sur Apple Podcasts ou Spotify. Si vous avez des suggestions, des recommandations ou des retours à me partager, n'hésitez pas à me contacter sur Instagram à @podcast_donotdisturb ou par mail à podcast.pleasednd@gmail.com à très vite