- Speaker #0
John, John, John, John, John, stop talking, you don't understand anything, you are from, I don't know, Cabo, you're coming, I don't know where, and you're talking to us.
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans un nouvel épisode du podcast Football Club. Merci d'écouter le podcast en audio, de le voir en vidéo, de le partager sur vos réseaux et de mettre une note. à chaque fois à l'épisode ou aux parutions que vous pouvez voir sur les réseaux merci à tous de nous suivre aujourd'hui du coup comme on l'a dit nouvel épisode avec un invité particulier, Mathieu salut Mathieu salut John,
- Speaker #2
j'espère que tu vas bien je vais super bien j'espère que toi aussi écoute ça va ça va,
- Speaker #1
comme on disait juste avant on a récupéré le beau temps tout va pour le mieux Donc invité exceptionnel Mathieu Soubiel qui va nous parler de son histoire et de son rapport avec le foot. Mais on est aussi là pour découvrir un parcours de vie particulier et exceptionnel. Donc on va commencer par les présentations. Mathieu, est-ce que tu peux te présenter un peu pour expliquer un peu aux gens brièvement qui tu es avant qu'on s'étale un peu plus ?
- Speaker #2
Bien sûr. Moi, je m'appelle Mathieu, comme tu l'as bien dit. J'ai 35 ans, je suis un amour de Marsan, je suis un sportif, on va dire, dans l'âme, depuis la naissance et même dans les gènes de la famille. Je pratique le foot, j'ai pratiqué le football depuis l'âge de 4 ans à peu près, jusqu'à mes 26-27 ans, au Stade Montois, le club de ma ville. Après on rentrera peut-être un peu plus dans les détails sur ce voulet-là. Je suis conseiller commercial, papa d'un petit garçon de deux ans et je suis marié depuis quelques années, maintenant depuis 2017.
- Speaker #1
Donc parcours, sans rentrer dans les détails, parcours assez classique d'un sportif dans la ville de Mont-de-Marsan. très vite amené au sport comme beaucoup de Montois une ville sportive une ville très tournée vers le sport majoritairement de par l'histoire vers le rugby et au vu des résultats ça continue un petit peu mais du coup nous on est là aujourd'hui pour parler de foot et comme tu as dit, famille aussi de sportifs qu'est-ce qui t'a amené dès ton plus jeune âge Et... à t'orienter vers le football ?
- Speaker #2
Je suis né dedans, en fait. Je suis mon papa éducateur. Pour reprendre un petit peu le fil, mon papa fait partie des personnes qui ont contribué à la création de l'école de foot de son village, donc l'AS Bretagne, Bretagne de Marsan. Donc je te parle de ça, il y a des dizaines et des dizaines d'années maintenant, parce que j'étais pas né. Voilà, donc mon papa passionné, qui lui a vécu dans l'époque des Verts, donc un football, encore une fois, pour reprendre le mot, de passion et de conviction aussi. Il se retrouve au Stade Montreuil quelques années plus tard, grâce notamment à ses compétences et au travail qu'il a pu faire. justement à l'Asie-Bretagne. Et puis après mon grand frère né, j'ai un grand frère qui a deux ans de plus que moi. Donc mon grand frère né plus moi derrière et en fait mon papa est toujours éducateur, toujours entraîneur, même en devenant lui-même père. Donc en fait on est très vite sur les terrains, on habite le quartier le plus proche de l'enceinte du Stade Montoy qui s'appelle l'Argenté et nous on habite Hélène Boucher. Donc on a une route à traverser concrètement, on a 10 mètres à faire, on est sur les installations du Stade Montoy. Donc on grandit dans cet univers-là où on côtoie les terrains tous les jours et on vit, on parle, on mange même football aussi à la maison. Donc en fait ça s'est fait naturellement, ça ne nous a jamais été imposé. ni par mon père, ni par qui que ce soit. Mais voilà, ça a été un cheminement, au final, je pense, très naturel.
- Speaker #1
La passion.
- Speaker #2
La passion qui a amené la passion,
- Speaker #1
la transmission de génération en génération. Donc un schéma qu'on retrouve chez beaucoup, beaucoup de sportifs, que ce soit au foot ou non. Mais là, d'autant plus avec un papa éducateur et pas juste un papa passionné qui consomme du football. Un papa acteur, pas acteur dans le foot. Donc là, vous vous retrouvez... vous retrouvez en jaune et noir. Et à une époque quand même où le stade Montois était quand même un des clubs forts de la région ou en tout cas de l'ancienne Aquitaine, maintenant avec la nouvelle Aquitaine. À l'époque, si je ne te dis pas de bêtises, c'était CFA 2, peut-être encore, avant que le nom des championnats change.
- Speaker #2
Moi, tout petit, je les connais en national.
- Speaker #1
La belle époque des...
- Speaker #2
Et ouais. Donc, je sais que je l'ai vécu. Je n'ai pas trop de souvenirs dans la tête parce que je suis minot, tu vois, je suis petit. Mais voilà, c'est les matchs de Coupe de France contre les Girondins de Zizou à Boniface. Ils s'appelaient Barbedor avant, avant de s'appeler Boniface. Le stade de rugby, plein à craquer, qui n'était pas configuré comme aujourd'hui, avec cette belle enceinte qu'on a aujourd'hui, avec trois tribunes et une avec une. Et après, c'était des pourtours, il y avait de quoi remplir, mais ce n'était pas l'infrastructure d'aujourd'hui.
- Speaker #1
Les pesages.
- Speaker #2
Voilà, c'est les pesages, les tribunes avec des blocs de pierre un peu mis en décalage, et en décalé pour pouvoir mettre des gens debout, en fait. et voilà, moi j'ai grandi surtout avec ces équipes là et j'ai ce souvenir c'était mes pros de l'époque moi je leur faisais signer les autographes j'étais pas le seul mais on leur faisait signer les autographes on prenait pas de photos parce qu'on avait pas les selfies, on avait pas les téléphones on avait pas tout ça mais remis dans le contexte d'aujourd'hui on aurait fait les photos on aurait tout fait On leur demandait les maillots, les chaussettes, on essayait de les plumer, tout ce qu'on pouvait, parce que c'était nos stars. On avait les yeux qui brillaient en allant les voir jouer. Ça aussi, je ne pourrais plus te dire exactement quel âge j'avais, mais ça contribue à ta passion. Parce que là, ce n'est pas un club que tu vas voir deux ou trois fois dans l'année. C'est le club de ta ville. C'est l'équipe phare de ton club. Et donc, c'est des joueurs que tu as la chance après de voir durant la semaine quand toi, tu vas t'entraîner en étant gamin à 5-6 ans. En fait, tu les croises et tu les vois arriver. Tu as l'impression que c'est tes Mbappé ou tes Lionel Messi de l'époque. C'est magique.
- Speaker #1
C'est ça, le foot. Dans des villes de petites configurations comme Mont-Marçon ou comme l'Aglomontoise, pour une troisième division française, c'est quand même dur d'accès. Ce n'est pas donné à toutes ces villes de ce type de configuration ou ce nombre de populations. C'était très vite dans la passion, dans l'engouement. C'est le rendez-vous de la semaine. C'est comme maintenant ou à l'époque le rugby. Tu es fou de tout le rugby, mais le rendez-vous de la semaine, c'est d'aller au stade avec tes amis, tes proches, la famille. C'est un peu le poulet frites du dimanche.
- Speaker #2
C'est le poulet du dimanche, c'est ça. Et puis oui, en plus, la dimension de la ville fait que, j'ai envie de dire, peu importe le niveau, on reste sur des valeurs de club. familial, de club, de village, entre guillemets. Donc forcément, tu as encore plus facilement ce côté, cette facilité à t'identifier. Tu ne cherches pas à t'identifier à des joueurs qui sont millionnaires ou milliardaires et que tu ne vois jamais à part derrière une télé. Là, tu les touches, entre guillemets. C'est palpable, ils sont devant toi. Et c'est uniquement le côté passion à l'âge que j'ai moi à l'époque, c'est uniquement le foot à proprement dit en fait. le ballon, la compète, la passion, gagner, et rien d'autre en fait. Et à cet âge-là, tu ne te poses même pas de savoir la question, tu ne te poses même pas la question de te dire en fait, il y a autre chose encore derrière. Pour toi, le foot, il est comme ça.
- Speaker #1
C'est ça. Et surtout,
- Speaker #2
les joies, les peines en fonction des résultats. Voilà, une proximité et ciao ! Et après, les buvettes.
- Speaker #1
C'est ça. Mais surtout, s'il y a des jeunes qui écoutent, pour nous qui sommes... Toi, tu es 90, du coup.
- Speaker #2
90.
- Speaker #1
Moi, je suis 88, donc j'ai l'âge de ton frère, je pense.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #1
Et s'il y a des beaucoup plus jeunes qui écoutent, en plus, pour nous, le foot, on avait un peu plus accès que nos aînés, mais globalement, on avait très... très peu de matchs en clair. Il y avait un match de Ligue des Champions en clair quand c'était les équipes françaises. Donc souvent, on avait accès aux épopées de certains clubs. Moi, je me rappelle les premières. Or, il y a eu les épopées des années 90. Paris, la JO Serre, contre Dortmund, ces matchs-là, on y avait accès, mais on en avait un par semaine. Après, tu avais les matchs de l'équipe de France et le reste, soit c'était scripté, soit il n'y avait que six chaînes dans tous les cas. Donc, il fallait avoir accès, il fallait avoir quelqu'un qui avait la parabole et qui avait les chaînes ou qui avait le décodeur. Ce n'est plus comme maintenant où on est tous les soirs. Il y a un match de foot qui est disponible avec une multitude d'abonnements. Il y avait beaucoup moins d'accès. Donc forcément, ça renforçait le sentiment, je pense pour toi aussi, d'appartenance au club de la ville.
- Speaker #2
Oui c'est sûr qu'on mangeait pas, en fait on consommait le foot différemment, c'est ça surtout. C'est qu'aujourd'hui on y a accès bien assis au chaud dans notre canapé sans avoir besoin de sortir et d'aller rechercher ce côté authentique et la proximité avec ce sport, mais c'est valable pour les autres aussi. Et même avec ceux qui le pratiquent, donc nous on consommait le foot dehors en fait. On consommait le foot dehors, on avait des entraînements, mais on consommait le foot dehors, en bas de ton quartier, avec tes copains. Tu consommais le foot à l'école, tu consommais le foot en allant voir le match du samedi ou du dimanche. Et en fait, tout était prétexte à aller taper le ballon. Et je me rappelle même que lorsqu'on n'avait pas de ballon, on savait jouer au foot avec des canettes, avec des cailloux, tu vois.
- Speaker #1
Les chaussures, les pulls.
- Speaker #2
Voilà, c'est ça. En fait, on avait ce côté... Vraiment, on était dans la... Je pense, dans la... Nos générations, derrière, ça c'est... Je pense qu'on le voit moins aujourd'hui, différemment, sûrement. Mais voilà, nous, on était vraiment dans la recherche de... Il fallait qu'on joue. En fait, peu importe ce qu'on trouvait à se mettre sur le pied. Mais c'était bon pour jouer au foot. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais ceux qui l'ont vécu, je pense qu'on se comprend. Nous, on jouait, après les matchs de la première, après à l'Argenté, c'était encore l'époque des canettes, dans les buvettes et tout. Tu jouais avec des canettes qui étaient par terre. Tu jouais avec des canettes. Vu qu'il y avait un petit chantier, tu trouvais un petit caillou comme ça, tu tapais dedans. Il y a les cours de tennis qui étaient à côté. On allait fouiller les buissons pour essayer de trouver une balle pour pouvoir jouer au foot avec.
- Speaker #1
Et puis, tu vas à l'école et il y a un truc qui traîne. Tu marches à plusieurs. Tu te rends avec ta petite bande de potes à l'école ensemble. Il y a une canette qui porte au chemin et qui n'est pas ramassée. Et tu t'amuses à te faire des passes avec en te baladant. C'est ça. Tout était prétexte à taper dans une noix, dans un truc qui traîne par terre et reparler du foot. Tu trouvais une table de ping-pong en béton, tu jouais avec la tête, à faire des têtes avec un ballon de foot. Tu jouais n'importe où, il n'y avait pas besoin de terrain, il n'y avait pas besoin forcément d'un ballon, il y avait besoin juste de copains et des pieds.
- Speaker #2
Oui, c'est clairement ça.
- Speaker #1
Et peut-être, comme tu l'as dit, ça se consomme différemment. Peut-être que nous, on peut le voir aussi par nos parcours, mais nous, on avait ce côté, je pense, sans dire que c'est mieux, mais juste dire que c'est différent. Nous, on avait ce loisir tout le temps, tous les jours. Et après, quand on allait en club, c'était la compétition. Fallait être dans la meilleure équipe, tout le monde avait cet esprit un peu plus compétiteur qu'on retrouve peut-être, ou en tout cas, comme tu l'as dit, différemment maintenant, dans les clubs où il y a beaucoup de joueurs qui sont licenciés pour sortir de la maison. Nous, c'était... En tout cas, ce qui est sûr, c'est que ça, aujourd'hui, nous, on était... Il y avait un gap entre notre génération et ces générations-là aujourd'hui.
- Speaker #2
Oui, c'est clair. C'est des problématiques, je pense, qu'on... On peut tous constater maintenant dans les clubs, qu'on est passé de l'autre côté du décor. Je pense que même si, comme on dit, il ne faut jamais comparer, la comparaison se fait quand même de manière naturelle, qu'on le veuille ou non. Et ce n'est pas spécialement l'objectif de comparer. Il n'est pas spécialement, comme tu dis, de se dire « on va comparer pour dire que nous c'était mieux » . Non, non, ce n'est pas ça. c'est que je pense qu'on a eu la chance de garantir un environnement peut-être plus sain en termes de... sur les points de ce qui est numérique en fait. Le numérique qui nous a envahi, c'est une bonne chose, il y a une grosse révolution sur le volet du numérique. Mais je pense qu'en fait, si on aurait dû se comparer, nous... à l'âge qu'ont les ados d'aujourd'hui, donc on va dire les 13-18, en fait on aurait été pareil, on n'aurait pas été épargné, on aurait été pareil qu'eux. On aurait consommé le foot sur TikTok, on aurait consommé le foot sur le canapé, on aurait pensé que l'effort, ce n'est pas l'élément à mettre sur le devant de la scène. La chance d'eux, l'opportunité, c'est le rêve qu'il fait, c'est croire en ses rêves. Parce qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de gamins, de jeunes qui disent « je crois à mon rêve, j'ai mon objectif, donc je vais aller faire » . Mais en fait, ils ont peut-être cette ambition, je ne sais pas si c'est de l'ambition à proprement dit, mais cette ambition qui est créée par rapport à ce qu'ils peuvent voir, ce qui peut les faire rêver sur les réseaux, qui est souvent... monter sur des vidéos de 20, 30, 40 secondes, t'explique comment tu peux croire que c'est hyper facile de devenir Lionel Messi, tu vois. Et quand je te parlais d'envers du décor, c'est qu'en fait aujourd'hui, la manière dont les jeunes, je pense, consomment toutes ces infos-là relatives à la réussite, peu importe que ce soit par le sport ou dans la vie de tous les jours, c'est... Il y a des raccourcis qui sont trop polluants pour moi et qui enlèvent certaines valeurs qui te permettent d'accéder à la réussite. C'est comme, regarde ce podcast, au bout d'une heure, pour 100 euros d'investi, tu vas finir millionnaire. Oui, d'accord.
- Speaker #1
Les réseaux, on n'a accès qu'aux rêves. On n'a accès qu'à ses faciles, sa portée de main. Tout le monde te vend, tu ne vois pas. Même nous aujourd'hui, comme tu l'as dit, on aurait été exactement pareil. Et mine de rien, même si on a vécu une autre génération, on est affecté aussi par les réseaux différemment, parce qu'on a plus de recul. Mais c'est sûr que sur les réseaux, tu vois peu d'échecs. Tout ce que tu as accès, c'est tous ceux qui réussissent ou qui te font croire qu'ils ont réussi. Il n'y a pas que de la vérité. et donc ça ouais comme tu l'as dit c'est polluant pour l'univers en tout cas pour le développement des enfants eux ils assimilent ça à la vérité et forcément ça crée des schémas qui sont un peu plus difficiles forcément
- Speaker #2
quand toi après tu leur demandes voilà de passer par des des phases des phases logiques s'ils veulent accéder à certains objectifs on va dire dans le sport donc là tout ce qui est rigueur tout ce qui est le goût à l'effort, tout ce qui est l'esprit corporel. C'est bien d'avoir de l'ambition individuelle, mais dans un sport collectif, ton ambition, forcément, elle compte, elle apporte, mais il faut qu'elle soit positive pour le groupe, il ne faut pas qu'elle soit juste focalisée sur toi. Et je pense aussi, une des problématiques qu'on rencontre tous dans des sports co aujourd'hui, c'est que beaucoup ont des plans pour eux-mêmes. mais dans des sports où on est dépendant des autres aussi tu vois et t'as ce mélange là qui a du mal à se faire au final c'est beaucoup centré sur je prends l'image bateau tu vois un attaquant c'est pas un exemple que j'ai vécu, mais c'est un exemple qui existe. C'est un super buteur en 15 ans ou en 16 ans. Entre les parents, l'environnement, le club et peut-être le coach qui va le mettre sur un piédestal. Il suffit que le gamin ait un petit peu d'ambition et tu rajoutes à ça l'aspect réseau sociaux et réussite rapide et facile. Mais en fait, sorti du cadre... Si quand même il y avait un cadre au début, tu disais qu'on ne parle pas d'échec, tu peux au final vite perdre ton équipe et ton joueur. Et quand je dis le perdre, ce n'est pas qu'il part dans un autre club parce qu'il a de l'ambition et qu'il joue à un niveau supérieur. C'est qu'au final, son ambition peut être de venir vite à un cauchemar et le cauchemar d'un collectif aussi. Comme tu as dit, je pense que de toute façon, pour conclure sur le sujet, parce que ce n'est pas l'enjeu. Et voilà, donc nous, on a eu cette chance-là d'être dans un environnement où en fait, il n'y avait pas spécialement 10 consoles, 10 écrans dans la maison. On était attirés par l'extérieur. On avait la chance peut-être d'avoir des terrains de jeu aussi en dessous, en bas de nos habitations. Et donc tout ça. à contribuer au fait qu'on ait plus des esprits d'aventuriers d'extérieur plutôt que des esprits d'acteurs du canapé.
- Speaker #1
C'est ça, ou d'acteurs des réseaux, même si là, on s'en sert forcément des réseaux et du digital, mais pour faire découvrir aujourd'hui une histoire et pas vendre du rêve aux gens. On est là justement pour leur rappeler le réel. et voilà, il faut grandir la vie on passe par des réussites par des échecs on risque souvent de plus se tromper que de réussir mais c'est le chemin c'est ce qui doit nous apprendre comme je dis souvent tu fais plein de recettes et celles qui sont pas bonnes tu t'en rappelles mais tu les refais pas et comme ça t'es sûr de pas les refaire et t'essaies d'améliorer le tout Et de viser vers une évolution. Si on peut faire une évolution qui est positive, c'est très bien. Donc, on va resituer le sujet. Donc, on a vu un peu le cocon familial, enfin, ton conco familial, Mathieu. C'est pourquoi tu en es venu au foot. Un peu la génération qui est la nôtre. Comment on consommait le foot ? Et maintenant, raconte-nous. Alors, du coup, tu pars au foot. à 4-5 ans, comment ça se passe ? Comment tu évolues ? Tu es direct chez les Jaunes et Noirs ou tu ne passes pas en Bretagne ?
- Speaker #2
Non, je suis direct au stade, au stade Montois. À l'époque, débutant, ça s'appelle. Poussin, Benjamin, ça fait de nous des anciens de parler comme ça. Mais voilà, donc débutant, je fais toute mon école de foot au stade Mont-Droit. Je commence, je bricole, je ne sais pas pourquoi, mais je remarque que ça, c'est quelque chose qu'on a hérité, qui existe encore aujourd'hui. Il y a le poste de gardien de but. Moi, je ne voulais pas être gardien, mais en fait, je voulais faire des entraînements de gardien. Je les voyais, la classe, les gants, ils étaient stylés les gardiens de notre époque. Et du coup, j'étais débutant, j'allais faire les entraînements de gardien. J'avais rien du gardien. Mais voilà, j'avais ce petit truc. En réintégrant après de l'autre côté du décor, j'ai retrouvé des profils où les gamins t'ont dit « je vais faire gardien, je vais faire gardien » . Même mon neveu, à un moment donné, il a eu sa passe. « Je vais être gardien, je vais être gardien » . Et en fait, on est tous des pompes. Oui, on est tous des pompes. Au revoir. Et voilà, tu commences, tu bricoles, tu es débutant, 4, 5, 6 ans, tu te fais tes premiers copains, ou tu commences ton premier sport avec tes premiers copains aussi, parce que du coup la proximité fait que moi dans l'endroit où j'habitais, tu as le terrain de foot, tu as l'habitation et tu as les écoles, tout qui t'est rassemblé. Donc tu faisais tout à pied, et donc généralement, bien souvent ceux qui faisaient du foot, qui habitait ton quartier et qui était à la même école que toi, ils étaient dans le même club que toi. Donc en fait, on faisait tout ensemble, du lundi quasiment au dimanche, parce que si tu n'as pas foot, tu étais en bas, au quartier, tu étais sinon à l'école. Donc après tu grandis, tu passes au foot, je vais accélérer, je passe au foot à 11, moins de 13, moins de 13, toujours au stade Montoy, moins de 13, moins de 15, moins de 18, jusqu'à Seigneur.
- Speaker #1
J'ai juste une importé Mathieu, ça a aussi changé ça. On a joué au foot à 11 en U13, on a joué, je ne sais pas si toi tu as joué, mais moi quand j'étais en région parisienne c'était… Foot à 5, foot à 7, foot à 9 et foot à 11 en U13. Ça avait été marqué en foot à 8.
- Speaker #2
En fait, on était à 9 jusqu'à Benjamin et on passait à 11 en moins de 13. Donc, à 12 ans. C'est ça. Et oui, c'est plus comme ça maintenant. La transition est un peu plus longue. Le processus est un peu plus long pour le passage de foot à 11. Moi, après, j'ai toujours été un peu d'un dossier. Je me suis « révélé » sur le tard. En 13 ans, j'ai joué en ligue un petit peu. J'avais cette passion, mais je n'étais pas non plus mordu, mordu. Je n'étais pas, je pense, encore aussi développé. J'ai fait une croissance tardive. Donc voilà, dans le dossier, j'ai autant fait de l'équipe 3 que de l'équipe 1, pour te dire, en fait, de débutant à moins de 13. Ça se resitue après, à partir de moins de 15, tu vois, sur une adolescence, on va dire, quasiment au cœur de l'adolescence, je commence à me recentrer beaucoup mieux. à me comprendre, à comprendre correctement aussi mon corps, la manière dont il faudrait que les postures, il faudrait que j'adopte pour être un peu plus régulier, pour être plus performant, pour progresser, parce qu'à 15 ans, tu progresses encore, tu as de la marge. Et voilà, donc après 15-18, ça a été, on va dire, un tournant, et une flamme, on va dire, peut-être rallumée. Parce que c'est vrai, quand tu commences un sport, tu nais dedans et que tu commences à taper un peu les ballons à 4 ans, 5 ans. Mais quand tu as 15 ans, tu es déjà à 10 ans de pratique. Donc, il faut maintenir la flamme aussi à un moment donné.
- Speaker #1
Et tu passes, comme tu l'as dit, par des périodes d'envie, d'un peu moins. On se développe, il y a plein de nouveaux au fur et à mesure des années. Le climat, il change, les envies, elles changent. Tu grandis, il y a de l'essence.
- Speaker #2
En fait, physiologiquement, tu passes déjà par des grosses phases changeantes, parce que l'adolescence, c'est vraiment un gros sujet. Donc voilà, il y a tout ce développement physique, tous ces changements que tu peux avoir en traversant l'adolescence, au niveau psychologique. Donc voilà, je chemine tranquille, je reste toujours accroché au foot, mais il y a quelque chose qui se passe. Et arrivé en 18, je ne lâche plus les équipes 1, j'y suis titulaire, j'y prends plaisir, je m'épanouis, je rajoute même un sport, je me rajoute la boxe anglaise en parallèle. Il y a une dimension, il y a un petit tournant au niveau sportif. Du sport au niveau de l'ambition, de la confiance, je pense aussi en moi à cet âge-là. Parce que partir faire de la boxe du jour au lendemain, tu passes d'un sport collectif à un sport individuel, à du 1 contre 1, à du si tu gagnes, c'est grâce à tes efforts et tes performances, et si tu perds, c'est à cause d'eux, et c'est toi. Du coup, la suite, pour compléter la phrase. Donc tu ne te caches pas. Donc tu développes aussi, et je pense que ça m'a aidé. Ce sport-là m'a aidé, le temps que je l'ai pratiqué là, sur 2-3 ans, ça m'a aidé pour me construire, pour finir ma construction de jeune adulte.
- Speaker #0
Que ce soit autant dans la vie, dans le perso, que dans le sport. Donc voilà, comme je t'ai dit, tu es centré sur toi-même. Le résultat passera par tes efforts. Tu ne pourras pas dire, c'est la passée en retrait de mon copain qui nous a coûté un but. Si tu n'as pas été sérieux, si tu ne t'es pas préparé, tu ne pourras pas prétendre à atteindre tes objectifs. Donc voilà, il y a eu un tournant à ce moment-là. Et du coup, ce n'est pas anodin non plus, mais c'est là où je pense que je fais mes premières saisons les plus abouties, les plus complètes, les plus performantes. C'est là où je deviens pour la première fois champion des Landes aussi, en moins de 18. Avec des bons mecs que tu connais, avec Taïeb, on avait Tony, Fatin, je ne sais pas si tu connais aussi, Victor, Léton, qui était notre gardien de but, c'était une armoire à glace, c'était notre Dida de l'époque, à moins de 18, on avait Dida dans les cages. Il te prenait un tiers des cages, il faisait peur, il était excellent. Il y avait du monde, on avait une sacrée équipe. On devient champion des Landes et là, il y a un truc qui se crée. Pour les trois quarts, on a commencé le foot à peu près dans les mêmes âges, au même club. On a tous grandi ensemble. Là, il y a un petit tournant pour tout le monde qui est assez sympathique, avant la casse-seigneur.
- Speaker #1
C'est ça. Comme tu dis, c'est un peu une consécration aussi de vie et de partage. Des fois, au-delà juste de l'aspect sportif, tu passes énormément de temps. C'est un peu comme une famille. Quand on a grandi comme on a grandi, dehors avec les copains ou au foot avec les copains pendant des années et des années, tu as une consécration un peu. C'est comme si tu gagnais avec tes proches. Donc, tu as une élévation. des personnes autour de toi et des émotions aussi qui est hyper impactante. On s'en rappelle ou on s'en rappellera. Moi, je l'ai été aussi. Tu n'oublies pas, quoi.
- Speaker #0
Ah non, tu n'oublies pas. La dernière fois, en plus, je suis reparti coacher et je me suis retrouvé. En fait, je n'avais pas fait le lien. Et quand je suis arrivé, j'ai reconnu l'enceinte, je me suis retrouvé. Je suis parti. La finale était à l'époque, elle était sur le terrain de Soustan. Donc là, on est parti jouer contre le SCS. Et en fait, je n'ai pas fait le lien. Moi, je pars et tout, j'arrive là-bas. Et putain, je vois ce stade de l'extérieur. Et attends, je descends de la voiture et tout. Je rentre, je me dis, putain, c'était là. C'est là qu'on est devenu champion de l'Inde. En fait, le terrain, il est toujours là. Toujours pareil, même config, toujours galette. Et du coup, ça te ravive le truc. Presque pas 20 ans après, mais... Mais voilà, 17 ans après, tu as toujours ce souvenir hyper positif. Et ça, il n'y a que le sport qui te procure un truc comme ça. Et c'est pas le coup du monde. On parle d'une coupe départementale, tu vois. Mais c'est, voilà, comme tu disais, c'est une consécration, mais au sens positif du terme. Sans qu'il y ait l'orgueil ou quoi que ce soit. C'est juste la fierté de se dire... On a été une génération qui a contribué à rapporter un titre à notre club. Et puis une génération, au final, on peut dire, même si c'est au niveau départemental, les configurations sont considérées comme les meilleures de notre génération au niveau départemental. Donc c'est toujours valorisant aussi. On fait du sport aussi pour ça.
- Speaker #1
C'est l'aboutissement d'un travail d'une année ou d'une bonne dizaine d'années entre copains, dans une famille. Donc tu restes, tu es marqué à vie après.
- Speaker #0
Oui, carrément.
- Speaker #1
C'est en toi. Et qu'est-ce qui se passe après ces titres ? Il se passe quoi ? On enchaîne quoi ?
- Speaker #0
Alors là, je crois qu'on est en 18. Je crois qu'on est en 18 parce que c'était hier. On avait trois années de 18.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est un projet aussi.
- Speaker #0
Je crois que là, on est en 18-2. Moi, je suis en 18-2 ou 3, je ne sais plus. Toujours est-il qu'avant de finir la phase 18, on a la chance d'intégrer les groupes seniors pour aller faire des bouts de match. des fois s'entraîner. Il y en a pour les plus avancés qui sont propulsés avec la division d'honneur de l'époque, l'ADH. Actuellement R1, on va dire. Et notre équipe 3 seniors était en PH, promotion d'honneur. Donc ce qu'on pourrait aujourd'hui qualifier de R3, je pense. Donc voilà, moi je fais partie de ceux qui ont la chance d'aller avec la PH. Je suis déjà full avec la PH.
- Speaker #1
Avec les grands.
- Speaker #0
Avec les grands. Et pour certains, je les ai connus ou ils m'ont connu dix ans en arrière. C'était mon père qui les coachait. Eux étaient jeunes, étaient plus jeunes, étaient en école de foot encore. Ils n'étaient pas encore seniors. On perd les coachés et je me retrouve à jouer avec des mecs qui ont un peu de bouteille, qui ont de l'expérience, qui ont joué, qui ont connu les 15 ans nationaux, les 17 ans nationaux, qui ont connu des parcours intéressants et qui n'étaient pas donnés à tout le monde à l'époque non plus. Parce que le foot n'était pas plus facile à l'époque, pour ceux qui peuvent le penser aussi, tout ce que c'est mon point de vue. Mais voilà, donc super d'intégrer... Tu es propulsé dans un monde qui n'est pas le tien. Et toi, tu as encore un petit gamin, même si tu es dans les moins de 18. Mais à 17 ans, tu es fier qu'on te choisisse, même si c'est de temps en temps, régulier, peu importe, qu'on te choisisse et qu'on te fasse confiance pour aller petit à petit te préparer à la suite. Donc après, voilà. On arrive en seigneur, déjà on a la chance d'arriver en seigneur, déjà préparé au final. Club familial, donc tout le monde connaît tout le monde aussi, donc t'as pas de problème au niveau de l'intégration. Je pense que comme aussi on est des générations passionnées et conquérantes, je pense que ça facilite pour être intégré avec des mecs qui ont une mentalité différente, parce qu'ils sont générationnellement parlants. dans un écart avec nous. Parce que nous, on parle des plus jeunes aujourd'hui, mais eux l'ont peut-être pensé à un moment donné de nous. Mais voilà, donc après, enseigneur, enseigneur, PH, après PL, parce que la PH descend en PL, en promotion de ligue, qui est restée un niveau intéressant quand t'as 18 ans, tu jouais des moments de ligue.
- Speaker #1
Et le foot de jeunes et le foot d'adultes, peu importe le niveau, c'est plus le même.
- Speaker #0
Non, c'est plus le même.
- Speaker #1
Tu joues deux ans d'âge ou trois ans d'âge et d'un coup, tu te retrouves propulsé à jouer contre des joueurs qui ont le double de ton âge.
- Speaker #0
Mais en fait, surtout, tu vois, quand t'arrives, nous, on est là à l'époque, la PH ou la PL, c'est l'équipe 3. C'est pas péjoratif. Les niveaux, je pense qu'à l'époque, il y avait... pas grand monde qui avait trois équipes seniors à ce niveau-là on avait deux équipes en ligue et une au championnat national donc c'était quand même c'était trop faux et tu joues des équipes une et tu joues des c'est vrai que dire c'est que majoritairement tu joues des équipes une donc en fait eux les équipes une ils n'ont pas de gamins de 17 ans dedans à l'époque ça n'existe pas les gamins de 17 ans dans les PH il n'y a pas donc toi tu joues contre Des fois, des mecs qui ont l'âge à ton père. J'exagère. Et puis, les mecs, ils n'ont pas tous la même perception du football aussi. Ils te voient arriver, tu es une équipe jeune. Ils se disent, tu vas voir les petits jeunes. On va voir les petits jeunes.
- Speaker #1
Ils ont bossé toute la semaine. C'est des gamins de 17 ans. Premier contact, tu découvres tout ça. Tu ne le sais plus en U18.
- Speaker #0
Tu ne le sais pas, tu n'entendais pas. Mais dans le vestiaire, c'est sûr qu'ils étaient… ils se motivaient comme ça. Vous n'allez pas vous faire bouger par les petits jeunes, vous allez les exploser au premier contact aussi. Et en fait, ça a été vachement formateur. Ça a été très formateur de goûter au niveau senior league et d'avoir la chance de jouer contre majoritairement des équipes premières. C'est qu'en fait, tu progresses, Tchou tchou ! Tu te développes aussi physiquement, tu apprends à t'adapter, à gérer ton émotion aussi, parce que tu passes dans un monde d'adulte. donc c'est différent tu peux plus comme en 18 ou ou en dessous quand ça montait t'allais te friter avec des mecs de ton âge tu vas pas te friter avec un mec qui a 15 ans de plus que toi et puis en fait si au final on se frite en fait parce qu'on se rend compte que ça passe par là le respect qu'on va pouvoir avoir sur le terrain c'est de montrer à l'adversaire que on est pareil ou même plus que eux. C'est-à-dire qu'on est là pour défendre nos couleurs, jouer notre passion, mais avant tout gagner, on fait de la compétition, donc dans le respect, mais voilà. Et donc, on y va. On s'est des fois presque un peu brûlé les ailes, mais je me rappelle, j'ai des images où nous, des fois, les jeunes, un peu trop... un peu trop généreux dans notre passion, tu vois, et dans notre envie d'intégrer ce monde adulte, ben en fait, ça, ça manque des fois encore, tu vois, ça me manque juste de le voir ou de le ressentir, c'est que même si, par exemple, on n'avait pas raison, à ce moment-là, ceux de notre équipe, qui avaient 30, 35 ans, quand toi t'en avais 18, ils arrivaient, mais comme un troupeau de buffles, derrière toi, pour passer à côté de toi, pas devant toi, en te mettant, tiens petit, laisse-moi faire, ensemble, tu vois. Et donc ça, en fait, perdre après ce bluff entre équipes que tu pouvais avoir, mais ça, quand t'es gamin, parce que t'es gamin à 18 ans, tu vois, t'es dans ce monde adulte, te sentir soutenu par tous ces adultes de ton équipe, que tu aies tort ou que tu aies raison, et tu fais bloc sur le terrain. tu es à 11, plus tous ceux qui sont autour. Et ça aussi, tu vois ?
- Speaker #1
Ça, ça t'élève. On parlait d'élévation tout à l'heure. Tu as les pieds qui ne te touchent plus terre, peu importe le niveau. C'est des moments où tu es tellement dans cette passion, il y a un lien tellement fort dans une équipe que tu te sens en famille, tu te sens épaulé. Tu peux aller clairement pour utiliser des termes comme ça. Tu vas à la guerre.
- Speaker #0
Ouais, tu vas à la guerre. Et c'est en fait, et comme on a cet esprit de famille et de vivre tous ensemble, parce que c'est ça, depuis la base, on vit tout ça tous ensemble. Mais en fait, aujourd'hui, tu te retrouves, comme tu dis, en famille, mais tu l'assimiles à des grands frères, en fait, ou à des tontons. Et donc, t'as ce côté super, c'est cool, on va tous se brûler les ailes ensemble. et tu as des assurances sur ton épaule gauche et sur ton épaule droite mais ce que j'aime moi aussi et ce qui est encore plus formateur aussi je trouve c'est que par contre à un moment donné quand ils ouvraient la bouche nous on la fermait et là aussi qu'ils aient raison ou qu'ils aient tort qu'on pense qu'ils aient raison ou qu'on pense qu'ils aient tort ou qu'ils aient raison ou qu'ils aient tort tu vois Ces deux nuances-là, franchement, c'était... Ok, tu ravalais, tu n'avais même pas l'idée dans ta tête de te dire « Ouais, il me fait chier, machin... » Parce qu'en fait, tu étais déjà éduqué et conditionné à ce respect-là, ce respect un peu de l'ancien, de la hiérarchie, c'est complémentaire avec ce qu'on vivait. dans nos vies, au quotidien, tu vois. Quand tu joues au ballon en bas de ton bâtiment, tu joues avec des plus grands, des plus petits. Toi, t'es quelque part dans le processus. Mais voilà, chacun a sa place. Et il y a des limites. Il y a un cadre, en fait. Sans l'opposer, à la base, il y a un cadre naturel. Et moi, ça, c'est ce que j'ai aimé aussi dans le sport. Et c'est ce qui, je pense, m'a aidé. Et m'a débloqué après dans ce monde adulte, dans le sport. Parce que suivi de ces années-là en seigneur, je prends plaisir énorme. Je me vois progresser, toutes proportions gardées, mais je me vois progresser, je me sens prendre plaisir. Et je me vois avoir du coup... l'ambition de me dire, ben ouais, je vais essayer, sans que ça soit... le projet Mbappé, parce que nous, on n'a pas grandi avec des projets Zizou ou des projets R9. On était fans, mais on était « matrixés » à ce point-là. Et donc voilà, après, petit à petit, on joue au ballon, sans se mettre de pression, on regarde du foot, on consomme du foot, on écoute des conseils, et puis petit à petit, je joue en DH. Et je ne comprends rien, en fait. Pas que je ne comprends rien au jeu de la DR, je ne comprends rien. Comme je te dis, il n'y avait pas de projet 2, juste l'ambition pour essayer d'aller me confronter à certaines limites et peut-être de les dépasser. Et en fait, à l'époque, c'est Yannick Gaucher, Yannick Gaucher, l'entraîneur de la division d'honneur. Et voilà. commencer un petit peu à me prendre aux entraînements et tout. Je me disais, c'est histoire d'eux, le nombre, tu te dis toujours. Et puis en fait, un beau jour, il m'a dit, tu vas jouer. Et en fait, il me prend et il ne me prend pas pour me faire faire un bout de match et se dire, je vais l'intégrer petit à petit et on verra bien. Il me prend et me met titulaire direct.
- Speaker #1
Voilà pour faire le nombre.
- Speaker #0
Il me met titulaire direct, latéral droit. Il me briefe bien. Il me prend un petit peu à part. Il m'explique deux ou trois comportements qu'il attend de moi. Il me met à l'aise, genre pas de pression, etc. Et je me rappellerai mon premier match, c'était à Miscaros. On se tirait la bourre à l'époque pour être... Top 1 et 2, top 3, Biscarros, c'était les Biscarros de l'époque qui tournaient quand même bien en division d'honneur, avec des bons joueurs qu'ils arrivaient à récupérer de la descente du secteur girondin et du bassin. Il y avait des joueurs intéressants, c'était une équipe vraiment compétitive, et moi j'y vais. Comme un gamin au final, je me dis que c'était mon prime en fait. Tu joues en DH, jamais moi j'aurais... Enfin jamais, je m'étais projeté comme ça. Bref, je fais une partie, je prends un plaisir, mais monstre. Tu vois, le terrain là-bas, Galette, le terrain en herbe là-bas de Biscarosse, c'est magique. Tu découvres un niveau où en fait le foot est encore plus facile, parce que plus tu montes un niveau, plus il est facile. C'est ce que je répète encore aujourd'hui, mais... mais voilà ça veut pas dire qu'il n'y a pas d'effort à faire pour monter au niveau mais une fois que tu fais les efforts et que tu arrives à toucher un certain des niveaux mais plus tu montes plus c'est moins c'est compliqué on va dire on va pas dire plus c'est facile mais moins c'est compliqué de jouer au foot en fait t'as des espaces t'as pas un tracing pardon ? c'est plus compliqué dans les efforts mais le jeu le jeu le devient plus facile c'est pour ça que je te dis le foot c'est le foot le football proprement dit, taper dans le ballon au sens grossier du terme, tu as du temps, tu as de l'espace, et puis tu as des joueurs cérébralement parlants qui sont connectés, donc en fait, tu as des solutions partout. Si je découvre en foot, t'as l'impression que c'est fluide comme sur la play. Tu sais toujours où faire la passe, t'as toujours des solutions à gauche, à droite, devant, derrière. T'as le temps d'eux. Tu te régales. Je suis une prestation hyper satisfaisante. Je suis très content. Et à la fin du match, il me dit quoi ? Il me dit « Très content de toi, super. » Des louanges. T'es content, mais bon, tu restes calme. Et il me dit à la fin, je ne peux pas te le dire parce que je ne voulais pas que tu te mettes une pression, mais en fait, c'est ton premier match, donc je savais que tu n'allais pas le savoir. Et puis, on n'avait pas encore cette force de réseau, on ne savait pas. Il m'a dit, là, tu as joué contre le meilleur attaquant de division d'honneur des deux dernières années. Ça fait deux, trois ans, le meilleur buteur. Il a je ne sais pas combien de buts cette saison. Et moi, je ne savais pas, j'arrive. La saison, on était un petit peu en cours. En fait, il fracassait toutes les défenses tous les week-ends. et donc du coup tu te dis ok t'as contribué parce qu'il me dit il est pas passé une seule fois de ton côté et moi je savais pas, je défends sur un mec tu m'en envoies un autre, je défends pareil je fais du mieux que je peux t'as pas l'attention qu'on avait en face par rapport aux générations de maintenant ouais ouais moi j'ai jamais trop regardé les mecs contre qui j'allais jouer on était pas en train de regarder l'échauffement Est-ce qu'ils sont grands ? Est-ce qu'ils sont petits ? Est-ce qu'ils arrivent à faire des contrôles passes ? En fait, on se préparait nous. Et puis après, il y avait un coup de sifflet. Et on allait, comme tu as dit tout à l'heure, à la guerre. Mais voilà. Du coup, il me dit ça. Je me dis, je peux être content du coup. Mais je ne m'attends pas à ce qu'après, ils continuent à me faire jouer. Parce que je ne sais plus si c'était pour pallier une blessure ou une suspension. Il y a toujours des opportunités qui se créent. et au final après je m'installe et il me garde il me garde avec lui et donc en fait je fais la saison et le parcours en Coupe des Landes senior et on va au bout donc là en fait tu te dis tu joues une saison division d'honneur le plus haut niveau régional tu finis champion des Landes senior voilà c'est tu te dis, en fait, le sport que j'aime, j'ai bien fait de m'y accrocher, et il te rend un petit peu, tu vois, il te rend un plaisir.
- Speaker #1
Mais écoute, je pense que c'est le bon moment pour terminer ce premier épisode, on va dire, pour l'histoire, d'avoir découvert ce premier épisode. Si vous voulez voir et écouter la suite... N'hésitez pas à nous le dire dans les commentaires. C'est terminé pour ce premier épisode. Merci beaucoup à tous d'avoir écouté, d'avoir visionné, d'avoir partagé. On se retrouve très très vite.