- Speaker #0
Bienvenue dans Trouver sa place, le podcast où chaque aventure humaine est une invitation à cheminer vers soi-même. Je m'appelle Claire Gréveudon, je suis coach professionnel spécialisé en reconnexion à soi, et deux fois par mois, je vais à la rencontre d'êtres humains qui m'inspirent pour partager des conversations qui font grandir. Qu'il s'agisse de leur mode de vie, de leur carrière ou encore de leur identité, tous ont fait des choix conscients et courageux pour vivre une vie alignée avec eux-mêmes. Cette vie, elle est aussi à ta portée. Alors je t'invite à prendre ta place et te souhaite une bonne écoute. Bonjour Joana. Allo. Tu me reçois dans ta deuxième maison.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ce magnifique café, qui est bien plus qu'un café en fait, on va y revenir. Le café des habitudes, ici à Montréal, pour ceux qui nous écouteraient d'ailleurs. Merci beaucoup pour ton accueil, toujours aussi chaleureux.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Je suis absolument ravie et j'étais très excitée à l'idée de cet échange. Donc vraiment, merci de me donner ta confiance pour raconter ton parcours.
- Speaker #1
Ça fait très plaisir.
- Speaker #0
Et alors, pour les personnes qui ne te connaisseraient pas, comment tu voudrais te présenter à elles et eux ?
- Speaker #1
Je m'appelle Johanna, j'ai 33 ans. Je suis une femme, une maman, une conjointe. Je suis une entrepreneur, une propriétaire de café, une leader d'impact, j'oserais dire, et je suis une montréalaise canadienne.
- Speaker #0
Félicitations, puisque je crois savoir que tu es montréalaise d'adoption.
- Speaker #1
D'adoption, mais j'en suis très fière.
- Speaker #0
Avant de rentrer dans le vif du sujet, la question que j'aime bien poser en début de conversation, c'est quand la dernière fois que tu t'es sentie à ta place ?
- Speaker #1
« Oh, juste comme ça la dernière fois, c'est dimanche dernier. » pour un open mic, où tu es souvent là, la place était remplie. Il y avait genre plus de 50 personnes dans le public. Il y avait tellement une super belle énergie. C'est un projet qu'on a vraiment à cœur avec mon conjoint. Je ne sais pas, c'est comme notre petit projet un peu chouchou dans le café, qui est vraiment surtout pour notre plaisir que pour de la business, on va dire. Et je vois à quel point ça fait du bien à la communauté d'être là, parler à tout ce monde. J'étais genre, ah, ouais, vraiment ce sentiment d'accomplissement et de satisfaction de me dire, ok, tout le chemin, c'est pour ça. Donc ouais, c'est le genre de petits moments, je me sens à ma place.
- Speaker #0
Qui te confirment que ce chemin, tu l'as pas fait pour rien.
- Speaker #1
Ouais, puis qu'on a vraiment créé un espace dédié à la communauté, un vrai lieu de vie.
- Speaker #0
Ouais, ouais. Puis effectivement, pour avoir mes habitudes le dimanche soir. Les open mic, c'est vraiment toute une ambiance. Mais en fait, qu'est-ce que c'est le café des habitudes ? Grande question.
- Speaker #1
Grande question. Comme tu l'as dit, c'est bien plus qu'un café, c'est un espace de vie dédié à la communauté qui a pour mission d'avoir le plus bel impact sur les humains et le moins d'impact possible sur la planète. On a vraiment à cœur de vouloir être un lieu créateur de belles habitudes de vie et vraiment J'appuie le mot belle et non bonne. On n'est pas un espace moralisateur, on n'est pas un espace dédié à la perfection, d'être zéro déchet, d'être tout ce qu'il faut, etc. Non, on part vraiment du principe qu'on est un lieu pour montrer que c'est possible. C'est possible de faire mieux, c'est possible de faire moins. Comme une belle habitude à la fois, on essaye de planter des petites graines dans l'esprit des gens. Et puis c'est vraiment un lieu de connexion à soi, dans le fait d'oser ralentir, d'oser prendre soin de soi. On a un espace où tu peux avoir de la naturopathie, de la massothérapie, on fait des cercles de cacao, des cérémonies dédiées aux femmes, etc. Mais on a aussi tout ce volet plus dédié à la communauté, la connexion aux autres, avec des open mics, avec des soirées d'humour, avec des concerts. des ateliers, plein de choses qui peuvent se passer ici. Donc, c'est vraiment toujours cette balancée entre connexion à soi, connexion aux autres et être vraiment un lieu, comme une deuxième maison. Puis ça, c'était vraiment pas à la base. J'ai toujours décrit ça comme un espace de vie. Et cette notion de deuxième maison est vraiment venue de la communauté, que c'était comme un mot qui était répété maintes et maintes fois. Puis à un moment donné, j'ai dit, bon, ok, on est clairement... A priori, on est une deuxième maison. Mais c'est sûr qu'on l'a créé aussi avec cette énergie de maison, d'enlever les chaussures quand tu rentres, d'avoir que des meubles seconde main, beaucoup de meubles qui viennent de ma maison à moi. où les enfants sont les bienvenus où c'est ça on est relax, on se prend pas la tête il y a un accueil, vraiment une hospitalité pour moi qui est hyper importante donc un peu comme à la maison avec des plantes partout c'est pas parfait, c'est pas fait par un grand designer où tous les meubles sont tout beaux, tout neufs etc. puis j'ai rien contre ça mais on était pas capable de créer ça puis c'était pas l'essence du lieu puis on voulait vraiment avoir un lieu confortable un lieu où tu te sens chez toi, mais tu te fais servir. C'est quand même le fun. Comme à la maison, mais sans la charge mentale d'être à la maison. C'est vraiment ça.
- Speaker #0
Je crois savoir qu'il y a beaucoup de parents qui viennent aussi. Vraiment. C'est vrai que c'est un cadeau de leur offrir cette sensation qu'ils sont les bienvenus, même s'ils étaient à la maison avec leurs enfants, mais qu'ils peuvent se déposer. Moi,
- Speaker #1
c'est vraiment important. En tant que parent, les lieux ne sont pas toujours pensés. pour la parentalité, ne serait-ce que pour pouvoir, je ne sais pas, allaiter, changer ton enfant, faire chauffer ton lait, peu importe, il y a plein de choses parfois, juste de ne pas avoir de souliers ici, ça fait que tu peux laisser ton bébé crapauter partout, puis il n'y a aucun problème. Mais je tiens quand même à dire qu'on n'est pas un lieu parent-bébé, ce n'est pas le cœur du lieu, pour moi on est un lieu qui accepte absolument tout le monde, et j'aime toujours voir toute cette communauté, en fait, qui se mixe. À la fois d'avoir des gens qui étudient, des gens qui travaillent, des gens qui chillent, des gens qui font la sieste, un bébé, un parent, un papa, des grands-parents. C'est tout ce mix qui est la vraie vie. Puis c'est vraiment ça qu'on a voulu créer, être un lieu pour tout le monde. Tu viens comme tu veux, comme tu es, puis il n'y a aucun problème. Puis on vient avec, on accueille les hauts et les bas de nos habitués aussi. On fait beaucoup de gestion de santé mentale aussi. on est vraiment un café de quartier mais vraiment dédié à à tous nos habitués qu'on aime vraiment beaucoup.
- Speaker #0
Oui, c'est effectivement pour avoir la chance de me déposer régulièrement ces temps-ci dans cet espace. Pour moi, c'est comme un microcosme hyper chaleureux, hyper bienveillant et hyper riche de personnalités, de rythmes différents. Effectivement, c'est vivant. C'est un espace très... Très vivant. Tu parlais d'accueillir et de faire beaucoup de gestion de santé mentale, mais comme le goût tout de suite de demander à la femme multi-casquette que tu es, comment toi tu gères la tienne en étant à ce lieu-là ?
- Speaker #1
Difficilement. Non, c'est de mieux en mieux, on va dire. C'est vraiment de mieux en mieux. Au début, ça a été assez chaotique. Je ne vais pas le mentir, je ne vais pas le cacher ou quoi que ce soit, ça a pu être chaotique. C'est une de mes grandes failles en tant qu'entrepreneur, ma santé mentale et en tant que personne. Donc, c'est beaucoup de travail d'oser demander de l'aide, etc. Mais j'ai l'impression qu'à chaque descente... vers certains bas-fonds, je me sens de plus en plus outillée. Donc c'est comme, j'ai l'impression que ça me fait moins en moins peur et j'ai comme accepté que ça faisait partie de ma personnalité, que ça faisait partie de mes enjeux de vie, de faire des très hauts et aussi des très très bas. Mais mon sac à dos est de plus en plus rempli pour m'aider. Puis à peine ça arrive, je suis plus en plus réactive. Donc j'ai l'impression que les bas sont toujours pas mal souvent aussi bas mais ça dure moins longtemps. J'ai quand même été obligée de m'outiller parce que je n'ai pas le choix ici. Le café ne ferme pas. J'ai une équipe à gérer, j'ai des clients à accueillir. Tout ça a continué de faire rouler. Je ne peux pas me permettre. Ça m'a forcée à m'outiller et trouver des façons de sortir de mes baffons.
- Speaker #0
En même temps, le fait de vivre, de traverser, ça fait de toi une propriétaire de café plus... ouverte, plus humaine, plus ouverte au haut et au bas de ses clients et je pense que c'est ce qui se dégage aussi du lieu, c'est que on vient comme on est, tel que on est, avec tout notre bagage et on sera accepté ainsi parce que nous-mêmes le café est géré par des humains qui savent ce que c'est.
- Speaker #1
Le nombre de fois que j'ai vu des clients pleurer mes mamans qui sont au bout de leur vie puis qui... Mais je trouve ça toujours beau quand je vois des clients qui osent être vulnérables avec nous. Puis je sais que toute mon équipe est ultra bienveillante, toujours à l'écoute, etc. Puis je veux qu'on soit un lieu aussi d'accueil et d'écoute pour ces personnes-là. C'est vrai que c'est souvent de la parentalité parce que c'est quand même un gros pout assez tough. Mais je suis passée par là. Et donc, ouais, on est toujours à l'écoute. Mais en effet, que moi, je passe par des hauts et des bas faits que je suis peut-être mieux outillée. Mais fait que parfois, c'est devoir mettre un poker face pour continuer d'être là. Ouais.
- Speaker #0
Et tu parlais que tu accueilles beaucoup d'événements. Donc, au-delà du café, des cérémonies de cacao, de méditation, etc. Est-ce que tu te l'offres à toi-même dans ces moments-là ? Oui,
- Speaker #1
je suis quasiment tout le temps là. Mais même si j'en profite, j'en profite jamais à 100% parce que j'accueille chaque personne. Parce que je fais en sorte qu'il y ait de l'eau, qu'il y ait des mouchoirs, qu'il y ait une tisane. Je vais m'inquiéter, est-ce qu'on entend ça ? Est-ce que la musique est assez forte ? Est-ce que c'est bon ? Est-ce qu'ils ont chaud ? Est-ce qu'ils ont froid ? Je ne suis jamais dans un 100% lâcher prise parce que j'ai tellement envie que les gens passent un bon moment, que la personne qui facilite se sente bien aussi dans l'espace. Donc, c'est toujours un temps pour moi, mais on s'entend que je préfère m'offrir ce type de moment à l'extérieur de mon lieu pour que vraiment... pour vraiment décrocher. Pour avoir totalement lâché prise et que je ne me pose aucune question de logistique. Donc oui, je me l'offre, mais c'est toujours un peu du travail.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Tu as toi-même une petite fille, une petite Lila.
- Speaker #1
Oui, de 5 ans et demi.
- Speaker #0
5 ans et demi. Comment c'est d'être parent en ayant cette deuxième maison pour bien des gens avec toutes les attentes potentielles que ça peut engendrer ?
- Speaker #1
Je dirais autant un cadeau qu'un enjeu. C'est vraiment un énorme cadeau pour elle d'avoir ce milieu de vie, d'être avec beaucoup des femmes dans mon équipe, mais toutes ces femmes qui l'aiment d'amour, puis ça lui offre vraiment tout un écosystème, vraiment un village. Puis étant expatriée, mon conjoint également, on n'a pas de famille ici, donc je trouve que ça amène ce village pour notre fille, donc ça je trouve ça absolument incroyable. c'est sûr que que c'est ça, c'est comme beaucoup de conciliation travail-famille, c'est beaucoup surveiller le client avec ma fille dans les bras parfois, gérer des crises, gérer des enjeux de même. Donc ça ramène dans l'instant présent, vraiment, ça, ce pouvoir-là, un enfant, mais c'est vrai que parfois, ça peut être difficile de ne pas avoir ce break-là quand il faut vraiment que tu travailles, ou j'ai des projets à faire, etc. Puis elle, ça lui est totalement égal de ma to-do list, genre elle veut juste faire ce qu'elle a envie de faire. Donc c'est comme ça, un cadeau parce que ça me ramène dans l'instant présent, ça m'empêche de travailler par exemple chez nous, comme je te disais la dernière fois. Mais c'est sûr que c'est ça, au quotidien c'est beaucoup de gestion. Mais ce lieu ne serait pas le même si je n'avais pas eu d'enfant. Donc c'est comme, il n'y a aucun regret de quoi que ce soit. Elle fait partie intégrante du lieu puis tout le monde la connaît.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais dire. Moi, Lina, c'est ce qui m'a frappée la première fois que je suis venue ici. J'ai vu cette petite fille qui était d'ailleurs avec une amie. Ces deux petites filles débarquées dans le café. Et tout à coup, toute l'énergie a changé. Et là, ça s'est transformé réellement en maison, en lieu de vie. Et c'était incroyable ce moment de constater ça. Et je me rappelle, je me suis retournée. Je vous ai vu, toi, avec ton amoureux, ta fille, et je me suis dit « waouh, mais on est chez eux ! » Oui,
- Speaker #1
c'est vraiment ça.
- Speaker #0
J'avais vraiment l'impression d'être chez vous.
- Speaker #1
Mais c'est vraiment l'énergie. Souvent même, je le dis quand il y a une nouvelle personne, c'est « bienvenue chez nous, merci d'être chez nous » . C'est vraiment ça. On vit tellement ici que oui, c'est notre maison.
- Speaker #0
Pour moi, c'est complètement inédit. Je ne sais pas si c'est le cas dans le monde. dans le monde, mais est-ce que tu as l'impression d'avoir créé quelque chose qui n'existe pas ailleurs ?
- Speaker #1
Ce serait peut-être un peu intense de le dire, mais merci du compliment. Je pense surtout avoir osé faire quelque chose 100% aligné avec mes valeurs, 100% aligné avec ce que je souhaitais faire, un peu en me libérant de tous ces carcans de « il faut, il faut, il faut que j'ai eu toute ma vie » , puis là j'étais comme... Je veux juste le faire comme j'ai envie de le faire. Je veux. Oui, c'est vraiment ça. Puis, oui, j'ai envie de faire ça comme ça. Puis, on verra bien. Puis, de tout le faire connecter à mon intuition énormément. Et ça a créé cette énergie-là. Puis, mais tu sais... C'est tellement d'humains qu'on travaille fort pour que ce lieu soit un site. C'est comme... C'est ça. Il y a quelque chose aussi, on y croit, on n'y croit pas, mais quelque chose de mystique et de magique dans ce lieu. Ouais, il y a toujours des choses qui se passent ici.
- Speaker #0
Tu as des exemples de choses magiques, mystiques, de synchronicité peut-être ?
- Speaker #1
Il y a toujours des gens qui se rencontrent ici.
- Speaker #0
Pas toi-même. Il y a... 50 minutes, je me suis tombée sur deux amis. Ça a été totalement improbable.
- Speaker #1
Des gens qui ne sont pas vus depuis 5-6 ans, qui se retrouvent à côté, qui n'habitent pas le même quartier. Beaucoup de rencontres comme ça, tout le temps. Beaucoup de choses, même déjà, parfois, la nature aussi nous soutient énormément. Ici, j'ai toujours cette impression-là quand on fait des cérémonies avec des sound healing, avec des bols de cristaux. Genre, les oiseaux sont capables de chanter pendant 45 minutes, pendant tout le soin. Tu sais, c'est comme si j'ai l'impression que vraiment...
- Speaker #0
Tout l'univers conspire. Ouais,
- Speaker #1
puis il y a tellement de visualisation ici, là. C'est comme à chaque fois qu'on fait des cercles, tout ce qu'on demande ici peut se passer. Il y a parfois quelque chose qui fait un peu peur, là. Je vais l'avouer, là. C'est comme...
- Speaker #0
Qui te dépasse.
- Speaker #1
Ouais, qui me dépasse. Puis je suis pas la seule à le dire. c'est comme beaucoup de personnes dit genre Je pense à un truc ici, puis ça arrive tout de suite après. Je ne sais pas, il y a plein de choses comme ça, de beaucoup de synchronicité. Mais ouais, je ne pourrais pas l'expliquer. Je ne pourrais pas l'expliquer et j'ai tout fait pour que ça se passe.
- Speaker #0
Tu sais, c'est comme...
- Speaker #1
Oui, je ne peux pas l'expliquer, mais d'un côté, le fait qu'on soit un lieu 100% créé avec de l'aménagement seconde main. Moi je suis persuadée que toute l'énergie de tous ces meubles qui ont déjà eu d'autres vies avant amènent une charge énergétique dans un lieu, que tout a été créé avec mon chum, avec des amis, avec de la famille. On y a mis tellement d'amour pour créer ce lieu-là, c'est comme chaque objet a été choisi. Je ne suis pas allée juste chez un grand Ikea de ce monde et je n'ai pas dépensé un 20 000, 5 000 dollars, puis la livraison est arrivée, j'ai déballé des cartons, puis j'ai installé. Non. Ça a mis 4-5 mois, puis je continue de l'aménager, même 2 ans et demi après. Dès que je trouve des petites choses qui sont fun, des clients qui laissent des objets quand ils quittent, par exemple, Montréal. Il y a toujours plein de choses. J'ai fait une cérémonie de cacao pour ouvrir l'énergie du lieu. On a vraiment fait des offrandes au lieu.
- Speaker #0
On a quand même cultivé énormément.
- Speaker #1
Et le fait qu'on fasse énormément de cérémonies, énormément de cercles, énormément de choses ici, où à chaque fois, il y a beaucoup de charges énergétiques.
- Speaker #0
Ça élève l'énergie. Ça élève,
- Speaker #1
toujours. Moi, je suis persuadée. Donc, je crois énormément à ça. Donc, c'est ça. J'ai l'impression qu'au fur et à mesure, puis je le vois, tu sais, même des gens qui vivent en nature, en dehors de la ville de Montréal, viennent ici parce que c'est un arbre de paix. Donc, puis qu'ils me disent toujours qu'il y a quelque chose ici. Donc, je me dis, tu sais, c'est comme, il y a obligatoirement quelque chose. Pour qu'autant de gens le disent et le ressentent sans que je dise un mot.
- Speaker #0
ça se ressent, ça c'est évident puis tu disais j'ai tout fait pour au delà de D'élever la charge énergétique de ce lieu, tu as tout créé. Je crois savoir que tu l'as longtemps visualisé et manifesté, ce lieu.
- Speaker #1
Oui, c'est un lieu, oui.
- Speaker #0
Comment ce lieu, comment ce projet ?
- Speaker #1
J'ai pensé ce lieu pendant plusieurs années, vraiment, genre au moins plus de cinq ans. Toujours écumer les coffee shops, c'est toujours un lieu dans des villes que j'adore. C'est le lieu de communauté où c'est vraiment... Tout ce mix de personnes, j'ai toujours été curieuse de comment c'était créé, pourquoi, avec qui, etc. J'aime vraiment spécifiquement ces lieux-là. Et après, de créer un lieu de vie, j'avais envie... Ouais, c'est vraiment ce côté lieu de vie qui m'attirait. De comme, moi je veux t'accueillir chez nous. Sauf que créer une entreprise de même, c'est pas petit. C'est comme avoir un pignon sur rue, c'est comme beaucoup d'enjeux d'un point de vue financier, d'un point de vue, à un moment donné, alignement de la vie parce qu'un local, il n'y en a pas à tous les coins de rue. Et puis dans un coin de rue.
- Speaker #0
Je suis dans un coin de rue,
- Speaker #1
mais c'est ça, c'est quand même, c'est beaucoup de choses qui doivent s'aligner pour que ça se passe. Ça ne peut pas juste être une bonne idée sur un coin de table. Ça demande des enjeux financiers, ça demande, ouais. Beaucoup de choses. Donc j'y ai beaucoup pensé. Au début, je pensais que c'était juste un rêve. Puis à un moment donné, je me suis juste posé la question, parce qu'à force d'en parler littéralement tout le temps, mais que je me répète que je n'étais pas capable. Je me suis juste dit, est-ce que sur mon lit de mort, j'allais le regretter de ne pas avoir essayé ? Et c'était juste un oui. Il n'y avait même pas de désitation. C'était un oui à 1000%. Puis à partir de ce moment-là, je me suis dit, ça va arriver, peu importe. Comment, quand, pourquoi ça va arriver ? Donc déjà, là, ça m'a comme... Juste de me poser cette question-là, ça m'a comme vraiment apaisée dans le processus. Ça me dit genre juste fais confiance, fais confiance à ce qu'à un moment donné, ça va se placer. On faut dealer après avec l'impatience que ça se passe. Donc c'est ça, j'écrivais beaucoup sur tout ce que je voulais faire, tous les petits détails. J'étais vraiment beaucoup dans du détail d'aménagement, etc.
- Speaker #0
Avant même que le projet existe. J'avais plein de plans,
- Speaker #1
de détails, de stratégies de communication. Bref, beaucoup trop de choses. Et puis, à un moment donné, j'ai failli ouvrir ce lieu dans un autre espace qui est ici à Montréal, à Love Gang, vraiment un espace holistique féministe qui est dans le Milex. Et j'ai passé énormément de temps là-bas au tout début de la pandémie. J'ai failli l'ouvrir là-bas. J'avais déjà vraiment avancé dans mon business model parce que j'avais fait tout un accompagnement, coaching avec une jeune femme qui s'appelle Olivia Commune, qui m'a accompagnée pendant plus de trois mois à juste mettre sur place papier ce que je voulais faire, me botter les fesses aussi pour que j'avance sur certaines choses et tout. Ça m'a beaucoup aidée, mais encore une fois, il y avait cet enjeu de local. C'est comme, peu importe les idées, pour ce genre de projet, si t'as pas de local, il n'y a rien qui se passe. Ce qui est quand même très frustrant. Et donc, à Lovegang, ça a failli se faire. J'avais acheté ma machine à café, j'avais l'impression que tout était prêt et que j'allais ouvrir en trois semaines. Grosse blague, on nous fait un café en trois semaines, juste pour vous prévenir. Et au final, la vie a absolument bien fait les choses, qu'il y a eu un malentendu avec les propriétaires. Bref, ça ne s'est pas fait. Mais le jour où Emmanuel m'a appelé pour me dire, Emmanuel, la propriétaire de l'Ouf Gang, me dire, écoute, je suis désolée, ça ne fonctionnera pas. Cette histoire-là, c'est vraiment véridique. Donc là, il y a mon monde qui s'effondre en me disant, OK, mon rêve ne va pas se réaliser. c'était pas mon rêve à 100%. Moi, je le visualisais vraiment comme un genre de pop-up, un genre, une première marche pour lancer mon café. Il n'y avait pas tout ce que je souhaitais. Je faisais beaucoup de concessions.
- Speaker #0
Tu faisais des compromis, en fait. Ouais, je faisais des compromis dans mon projet,
- Speaker #1
mais j'étais tellement frustrée de ne pas avoir mon projet que je me disais genre, oui, mais au moins, ce serait quelque chose, tu vois. J'allais avancer vers quelque chose. Et au moment où je suis au téléphone avec elle, puis je me revois encore dans mon salon, puis en même temps qu'elle me parle, j'ouvre mon MacBook. Je vais sur Centris, qui est un espace pour regarder les locations commerciales. Et là, en première page, je vois le lieu là où on est. Et ce lieu-là, c'est le lieu que je visualise depuis toujours. Exactement lui. Genre que j'ai toujours dit, je veux ce lieu-là, je veux le Coco Gallo. C'était l'ancien Coco Gallo ici, qui est un espace à brunch. Ça fait des années que je disais, je veux ce local-là. Puis alors qu'elle me parle pour me fermer une porte, puis là j'ai une énorme porte qui s'ouvre à côté, puis je suis comme, ok, pas de problème. J'ai pleuré une bonne heure et trois jours plus tard, tous les restaurants, les espaces de yoga ont fermé. Donc là j'ai fait genre, oh mon dieu, heureusement, puis heureusement que j'ai pas ouvert. Tout aurait été fermé. Donc là on est en septembre 2020. Donc là je vois ce local, le local de mes rêves, qui était une institution depuis dix ans, donc pour moi c'était impossible à avoir, qui d'un coup se retrouve sur le marché, sauf qu'on est en septembre 2020, et que tout referme. Et là je me dis c'est impossible, genre je peux pas, puis l'espace est gigantesque. Là, je commence à avoir des chiffres, à avoir un prix de loyer qui est exorbitant. Puis je suis comme, oh mon Dieu, c'est impossible, ça ne marchera pas, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible. Donc je reste là-dedans, mais je passe mes nuits, toutes mes insomnies dans ce lieu, à visualiser, à visualiser. Puis à me dire, c'est lui que je veux, c'est comme, mais c'est impossible. Donc là,
- Speaker #0
il y a une énorme dissonance cognitif entre toutes tes pensées qui sont dans ce lieu et... Et les autres pensaient qu'ils disent que c'est pas possible.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Et te sentir tiraillée.
- Speaker #1
Ouais, ça a été un des moments les plus tôt de ma vie. Puis après, c'est ça, on était en pleine pandémie mondiale. On se le rappelle, la santé mentale n'était pas au beau fixe pour personne, je pense. Mais ouais, je me suis retrouvée un jour où ça a été vraiment mon bas-fond de mon bas-fond du plus bas que j'ai été de ma vie. Puis le moment où t'as qu'un choix, c'est de rebondir.
- Speaker #0
Quand tu touches le fond. Ah bah là, c'était comme...
- Speaker #1
C'était ça ou rien. Et le lendemain, j'ai juste envoyé un mail au courtier en disant, « Peux-tu visiter ? » En me disant, ça se trouve, je me fais un film et un fantasme depuis le début, puis ça se trouve, ce lieu, je ne vais pas me sentir bien, puis ça ne va pas marcher. Je me suis dit, je vais juste le visiter. Juste le visiter pour voir comment je le file. Puis je suis venue, puis ça ne ressemble pas du tout à ce que c'est maintenant. C'était comme... Puis ça avait vraiment été un local comme abandonné, ils sont juste partis. Il y avait encore toutes les chaises, toutes les tables, toutes les poules, toutes les coques, la poussière, la friture, tout là c'était comme dans un état assez... pas très propre.
- Speaker #0
Donc il fallait beaucoup de visualisation,
- Speaker #1
de voir le potentiel. du lieu, mais là je l'ai vu, puis j'étais genre ok, il y a quelque chose à faire. Je voyais le potentiel, c'est un local en coin de rue, ultra fenestré, des hauts plafonds, une terrasse privée, il y avait tout un potentiel gigantesque. Et là ça a commencé à être un peu la marche du combattant, parce que je suis sortie de là, j'ai appelé mon chum, je fais ok, maintenant la mission c'est comment est-ce qu'on rend possible l'impossible. Il y a sûrement une solution. Dans l'équation, On est capable de trouver de quoi. Donc pendant trois semaines, tous les soirs, on était avec notre fichier Excel puis à essayer de voir comment est-ce qu'on peut rendre possible le fait d'avoir une charge fixe aussi énorme qu'avoir un local de 2500 pieds carrés qui était un... C'est totalement fou pour un coffee shop. Là, ça ne fait pas de sens. Sur le papier, ça ne fait pas de sens. Sur le papier, ça ne fait pas de sens. Ça ne fait pas de sens. Surtout d'autant plus quand tu n'es absolument pas restauratrice. Mon chum, non plus. Donc il n'y a rien qui faisait du sens. Mais il fallait y aller. Donc c'est ça. Au bout d'un moment, on a trouvé une façon que ça se fasse. Ça a été des oui avec les propriétaires, des non avec les propriétaires, des oui, des non. Une montagne russe d'émotions. Mais c'est ça. J'ai visité le 4 mars 2021. Le 6 mai, on a eu les clés. Et le 6 septembre, on ouvrait.
- Speaker #0
Six mois pour... Mais six mois en plus, tout le reste, pour rendre ça possible, pour rendre l'impossible possible.
- Speaker #1
Oui, c'est vraiment ça.
- Speaker #0
Quel rôle... Tu parlais de ton chum, justement. Quel rôle... Il l'a eu et il l'a aujourd'hui dans ce projet-là ?
- Speaker #1
C'est mon associé. Donc déjà, officiellement, on est à deux sur ce projet-là. Il a un rôle tellement important de soutien moral, de soutien émotionnel. C'est lui qui a créé tout le café de A à Z. C'est lui qui a tout construit. Ce que tu vois ici, c'est lui qui l'a fait avec quelques membres de la famille, avec quelques amis, etc. Mais moi, c'est ça. J'ai les idées, puis lui, il les transforme dans la matière. On est vraiment un beau duo là-dessus. On est vraiment un beau duo. Puis c'est celui qui nous aide au quotidien à tout réparer, tout faire en sorte que ça fonctionne, etc. C'est vraiment, mine de rien, un gros soutien pour l'équipe. Quand tu as un lieu aussi gros, je suis contente de ne pas avoir besoin d'appeler un plombier, d'aider quelque chose pète, de devoir appeler quelqu'un. Lui, il est toujours là pour nous aider. Un gros soutien émotionnel parce que lui, je peux tout lui partager. Et un gros soutien financier, on ne va pas se le cacher. Nous, on a ouvert 100% en fonds propres. On n'a absolument aucune dette auprès d'une banque. Et il a investi des fonds propres à lui, dans la compagnie, parce qu'il croyait en moi comme jamais. Puis même au quotidien, il faut aussi le réaliser, s'il y a des gens qui ont ces envies-là, j'ai un conjoint à côté qui soutient mes dépenses familiales depuis le début. Je contribue enfin également, mais ce que je veux dire, c'est que... Ça fait partie de la réussite de ce projet-là, c'est que j'avais un conjoint qui a cru pour m'épauler au quotidien.
- Speaker #0
6 mars 2021, tu visites et tu ouvres en septembre. Qu'est-ce qui se passe dans cette période-là pour rendre le lieu réel ? Me transformer le coco-galop en un café des habitudes.
- Speaker #1
Déjà à peine on a eu les clés, la seule chose qu'on a externalisée, c'est que j'ai payé quelqu'un pour faire la peinture et sabler le plancher. Parce que les plafonds étaient rouges, les murs étaient jaunes, les planchers étaient noirs tellement ils étaient abîmés. Donc j'avais juste besoin d'un canevas blanc. Donc ça on l'a externalisé, ça en 4 jours c'était fait. Puis c'est là que mon chum m'a fait « Ah ok je vois, ok je comprends,
- Speaker #0
je vois ce que tu voyais depuis le début. »
- Speaker #1
Et puis après ça a été... Beaucoup de travail. Mon chum bossait à 60-70 heures à sa job à côté.
- Speaker #0
Dans quel domaine ?
- Speaker #1
Il travaillait dans le milieu d'entrepreneurs généraux, donc tout le milieu de génie civil, etc. Il travaillait énormément. C'était la période estivale, la plus grosse période pour lui. Avec l'élite Lila ? Avec Lila, il y avait genre trois ans. Pas la meilleure période pour faire ça. Mais on a eu l'aide de notre famille. Mes beaux-parents étaient là, qui nous ont beaucoup aidés. des amis, puis on a passé toutes nos soirées, tous nos week-ends.
- Speaker #0
des nuits ici. Puis c'est ça, ça est ultra long. C'est là que tu te rends compte que toute ta naïveté d'avant, et mon Dieu, il faut arrêter avec les postes 10 étapes pour ouvrir un coffee shop. C'est pas vrai. Je suis désolée, je suis désolée, mais ce n'est pas vrai. C'est un million d'étapes, ça n'en finit jamais.
- Speaker #1
Est-ce que tu crois que si tu avais su les étapes d'avant ?
- Speaker #0
Je ne sais pas. Je ne sais pas. parce que c'est C'est là que tu embarques, puis on en parlait encore hier, mais tu embarques dans le fait qu'il faut que tu trouves des solutions constamment. C'est là que tu embarques dans le mindset d'entrepreneur de dire que là, maintenant, il n'y a plus aucun problème, il faut trouver des solutions tout le temps. Et ça a été beaucoup d'apprentissage parce que ce n'est pas mon métier, que je n'ai jamais ouvert de café, de restaurant. J'avais à peine déjà travaillé avec un restaurant, donc je n'avais aucune expérience de tout ce côté-là, de tous les trucs administratifs à faire. tout ça, là ça a été... Oui, beaucoup, beaucoup d'apprentissage. Et puis, oui, tu apprends sur le tas, puis une étape à la fois. Mais oui, ça a été toute une aventure. Mais c'est une aventure vraiment qu'on a vraiment des beaux souvenirs.
- Speaker #1
C'est quoi les souvenirs, justement, les souvenirs les plus marquants que tu as de cette période ?
- Speaker #0
Quand on a peint la murale qui est derrière toi. Ça, ça fait vraiment partie, c'est la première pièce qui est arrivée, en fait. L'espace était... totalement vide, c'est la première chose qui a été faite. Patricia, le duc, c'est une femme absolument incroyable que j'avais rencontrée à Lofgang, d'ailleurs. Tout est dans tout. Et je lui avais donné ce mandat-là. Elle avait jamais fait de grande murale aussi, vraiment aussi imposante. Je lui ai fait confiance. Ça a été tellement un beau... Ouais, une belle période où elle est venue pendant vraiment une ou deux semaines, tous les jours, à peindre. Il y a tout le temps du Charlotte Cardin qui jouait. Je ne sais pas, c'était comme il faisait super beau, c'était plein été. J'avais vraiment l'impression de tatouer mon endroit. Genre j'ai tatoué les murs, genre on arrive. C'est comme vraiment cette énergie-là. Et ouais, ce moment-là était vraiment ultra fort. J'ai adoré ça. Et puis après, j'ai fait un choix que je recommanderais à beaucoup de gens aussi, qui ouvrent un lieu comme ça, c'est que j'ai embauché du monde pendant les travaux. En fait, j'ai deux personnes, Étienne et Véronica, des voisins d'ici qui ont postulé pour venir travailler ici. Et je les ai embauchées début juillet. Donc pendant deux mois, j'ai eu des salariés avant même d'ouvrir. Et en fait, ça a permis que je ne sois pas seule. Puis d'avoir des gens avec moi en journée, d'avoir des gens avec moi qui s'impliquent dans le projet. Donc mon cuisinier sablait des tables, peignait des murs. Ma future barista était en train de coudre des serviettes en tissu. C'est ça. On a tout fait, mais ça permet vraiment de ne pas sentir seule, d'avoir cette cohésion d'équipe, de dire qu'il y a quand même quelque chose qui est en train de se créer.
- Speaker #1
Oui, puis ils ont contribué au développement d'appartenance et comme encore plus fort derrière. Oui, c'est ça. J'imagine.
- Speaker #0
Donc, oui, ça, c'était vraiment des beaux moments. Ça, puis quand j'ai commencé à ramener tous les meubles, tous les objets que j'avais chez nous depuis des années dans un placard. et que mon chum maïssait parce que j'avais beaucoup trop de stock. Puis je disais, mais oui, mais un jour, un jour, je vais l'avoir ce café. Ce jour-là, là où j'ai tout ramené, j'étais genre, je ne suis pas folle.
- Speaker #1
Tu t'es accrochée à cette vision-là sans qu'elle existe.
- Speaker #0
Oui, mais je suis très têtienne.
- Speaker #1
Tu as du poussière pendant des années. Tu accumulais les meubles dans l'idée qu'un jour, tu allais l'ouvrir.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est quoi les autres... Qualité, tu dirais, tu dis je suis très têtue, donc c'est clairement en l'occurrence une qualité qui a été au service de ce projet. Quelles autres qualités ou compétences ont été les bienvenues dans ce processus-là ?
- Speaker #0
Toutes mes compétences, j'ai toute une expérience en stratégie, marketing, j'ai été directrice marketing, en communication, stratégie de médias sociaux, etc. Donc j'ai comme beaucoup utilisé ces compétences-là pour... pallier mes faiblesses de restauratrice qui ont été vraiment mon gros talon d'Achille au début.
- Speaker #1
Tu l'as senti ?
- Speaker #0
Ah oui, c'était une horreur.
- Speaker #1
Tu l'avais anticipé ça ?
- Speaker #0
Non, mais genre juste faire des achats. Au début, je faisais mes courses au IGA. Et je pleurais à chaque fois que je sortais du IGA parce que j'étais genre, mon Dieu, que je suis nulle. Mais ouais, au début c'était ça, c'était comme j'apprenais sur le tas, puis je demandais des conseils aux gens comme je pouvais, etc. Mais donc je me suis dit bon, ça clairement c'est pas ma force, elle est où ma force, puis je vais tout mettre dessus. Donc j'ai tout mis sur le... le fait de créer une communauté. J'ai pas pris ce pari, parfois il y a des lieux qui ouvrent, qui gardent tout secret jusqu'à l'ouverture. Nous, dès qu'on a eu les clés, en fait, j'ai mis des panneaux dans les fenêtres, mais je cachais pas tout. Donc on nous voyait travailler, mais j'ai mis des panneaux dans les fenêtres qui expliquaient toute la vision du projet. Donc pendant six mois, il y a eu des papiers dans les fenêtres en disant qu'on allait être éco-responsable, qu'on allait être végétarien, qu'on allait avoir des cookies, des lunchs, du café, qu'on allait être à un lieu de vie dédié à tout le monde et tout. Ce qui fait qu'on a créé une communauté avant même qu'on soit ouvert, de recevoir des messages de gens du quartier. On a trop hâte que vous ouvriez tout ça. Donc ça vraiment, j'ai beaucoup misé là-dessus à partager tout ce que je trouvais, des meubles, nos nouveaux fournisseurs. J'ai tout partagé, tout le process avant même qu'on soit ouvert. Ce qui a fait, je pense sincèrement, la réussite du projet. C'est que le jour 1, on avait déjà une communauté qui nous attendait. donc ouais j'ai vraiment Je me suis formée au fur et à mesure sur mes faiblesses, mais là, c'était tellement le mindset, il faut qu'on ouvre, parce qu'il y avait des enjeux financiers, de payer un loyer. Donc, j'ai fait genre, OK, all in sur mes forces, puis le reste, on apprendra.
- Speaker #1
Mais c'est tellement smart, c'était tellement intelligent de ta part, parce qu'on le sait aujourd'hui, pendant longtemps, on pensait qu'il fallait travailler sur ses faiblesses pour... C'est comme pour avancer dans le pays. On le sait aujourd'hui que c'est mettre son énergie au mauvais endroit. Ça veut pas dire qu'il y a des choses, il y a des angles morts dont il faut pas prendre conscience et explorer. Mais tu pars de ce que tu sais faire. Oui, oui. Puis,
- Speaker #0
j'avais fait aussi cette expérience de moi, genre même avant la pandémie, en fait, j'avais fait ce choix-là de travailler 3-4 mois dans un restaurant pour me dire si je lâche tout dans ma vie, est-ce que c'est vraiment mon rêve et est-ce que j'aime vraiment le quotidien ? Parce que parfois, il y a le fantasme. Tout le monde a le fantasme, beaucoup de gens, on va dire, ont le fantasme d'ouvrir un coffichoc.
- Speaker #1
D'ouvrir un café.
- Speaker #0
On s'entend. Mais j'avais envie de le voir dans la vraie vie. Est-ce que j'aime ça être debout toute la journée ? Est-ce que j'aime ça faire la... Parce que c'est beaucoup de vaisselle, beaucoup de vaisselle, beaucoup de ménage. Est-ce que j'aime ça être en contact avec les gens tout le temps ? Donc, j'avais travaillé pendant 3-4 mois dans un café-restaurant pour être sûre que je faisais un peu le bon choix et que j'avais une belle réalité. Et l'enjeu, en fait, que j'ai vu... C'est que tu peux être le meilleur restaurateur, le meilleur chef du monde, mais si tu n'as pas de compétence marketing, il n'y a personne qui va goûter à ce que tu crées. Et ça, je l'avais vraiment observé. Puis j'étais là genre, ok, j'ouvre, j'ouvre mon café, il faut que je sois all-in là-dessus. Parce qu'en fait, peu importe, même si ton lieu, il est incroyable, mais si tu fais venir personne, il faut que la personne passe le pas de la porte. Et que tu fasses la magie après pour qu'elle revienne, etc. À un moment donné, il faut que tu trouves toutes ces personnes-là pour qu'elles passent le pas de la porte. Donc, c'est vraiment en ayant cette expérience-là que je me suis rendu compte à quel point c'était primordial. Quand tu as un pignon sur rue, il faut que tu fasses du marketing et de la prospection, puis que tu crées une communauté et que c'était la clé, en fait.
- Speaker #1
C'est intéressant de voir que tu as vraiment utilisé toutes les forces du marketing et de ton ancienne vie au service. d'un projet qui faisait réellement du sens.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
On n'a pas parlé de tout le cheminement avant, avant même que tu aies ce projet-là, cette vision-là d'ouvrir un café. Quels ont été peut-être les moments marquants ou importants de ton chemin de vie qui, d'une certaine manière, t'ont amené à en être là aujourd'hui ?
- Speaker #0
Comme on a pu en parler au début, je pense que Montréal est une partie clé de tout ce chemin-là. Je suis venue la toute première fois ici en 2009 pour un stage de fin d'études. Stage totalement insipide.
- Speaker #1
Mais qui avait le mérite d'être à Montréal.
- Speaker #0
Qui avait le mérite d'être à Montréal. Et c'est là que je suis tombée en amour avec cette ville-là. Vraiment, j'ai ressenti quelque chose en me disant, ici, c'est chez moi. Je n'avais jamais ressenti ça quand j'étais en France, quoi que ce soit. Je ne me sens pas particulièrement française. Je n'ai pas ce sentiment d'appartenance, on va dire. Et là, c'est la première fois que je me suis dit, OK, là, c'est un lieu où je me vois vraiment vivre. Et après, j'ai tout fait pour venir ici avec la même ténacité. C'est un peu mon cheval de bataille. Mais c'est ça, je suis revenue en 2011 pour revoir un autre moment, sans travail, etc. à voir est-ce que c'était encore une fois un fantasme ou non encore une fois une expérience incroyable puis après j'ai tout fait pour venir ici je suis arrivée officiellement le 30 avril 2013 avec tous les bagages et puis vraiment un gros changement de vie donc ça, ça a été vraiment une grosse étape puis après encore une fois, beaucoup de ténacité pour rester ici et pour, ouais, énormément mon parcours immigration a été assez chaotique, mais il a le mérite d'être là je suis passée à travers aussi c'est vrai que c'était un bon test pour les...
- Speaker #1
Pour les expatriés, ça fait un tri.
- Speaker #0
Oui, ça fait un bon tri.
- Speaker #1
Tu veux vraiment rester ici ?
- Speaker #0
Exactement. Mais c'est drôle, en parlant, je me rends compte que mon chemin de vie, c'est pas mal ça. C'est moi, une idée en tête, très têtue et me dire peu importe ce qui se passe, je vais y arriver.
- Speaker #1
Et de gros obstacles, ton chemin, qui vont bien te tester a priori.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des choses d'ailleurs, des projets qui n'ont pas tenu ?
- Speaker #0
Ah oui, avant d'avoir le café des habitudes, j'ai fait l'école des entrepreneurs qui s'appelait Le Sage avant. Puis je voulais ouvrir des boxes, lancer des boxes mensuelles qui s'appelleraient J'adore Montréal. Tu recevrais tout un parcours touristique pour visiter la ville avec plein de projets d'artisans, etc. Puis j'avais commencé à écrire tout un petit livret pour visiter la ville, visiter la ville comme un touriste. Si tu étais un local, ou que les locaux visitent comme des touristes, revisitent la ville et découvrent des lieux. Et vraiment, toute l'idée que j'ai commencé à écrire, c'est vraiment de découvrir les lieux, découvrir les coffee shops et découvrir les entrepreneurs derrière. Donc avoir comme un petit parcours, par exemple, à travers le Myland, que tu vas dans tel restaurant, puis dans tout ton carnet, il y a marqué, ok, ce restaurant a été créé par telle personne, pour qui, pourquoi, comment, voici la mission, les valeurs, un peu ce qu'on est en train de faire, mais dans un petit carnet de visite des quartiers. Puis tu recevrais ça chaque mois, un quartier avec à chaque fois les bougies d'un créateur de ce quartier-là, etc. Bref, j'adore Montréal.
- Speaker #1
C'est vraiment une bonne idée. Déjà, ta passion pour Montréal était déjà…
- Speaker #0
Et découvrir des lieux, etc. Oui, oui, mais ce projet-là est là.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui a fait que ça sort ? Ça n'a pas poursuivi ?
- Speaker #0
Je ne sais pas. Ce n'est pas exactement ça que je voulais faire. C'est comme une excuse pour… J'ai fait ça, j'ai… plein d'idées un peu comme ça de vouloir essayer des trucs mais y'a rien qui se qui concrétise parce que le vrai projet est tellement plus gros mais cette frustration est déjà là ouais des jouets quand même là tu es commencé à être là mais c'est que parfois c'est tellement pas confiance en toi de dire mais non ça c'est totalement c'est trop gros c'est trop gros j'en pense petit mais
- Speaker #1
tu t'es parti sur d'autres gens un million de trucs ça c'est vrai c'est vrai que quand on manque de confiance en un projet où on va avoir tendance à faire quoi ? Soit à procrastiner, soit à s'éparpiller sur d'autres choses.
- Speaker #0
Faire plein d'autres choses. J'ai lancé plein de trucs.
- Speaker #1
C'est intéressant, c'est inspirant parce que ça montre à quel point le parcours de l'entrepreneuriat n'est pas linéaire et que c'est pas... Il y avait un appel de ton côté. Oui, il y avait clairement un appel, mais ça n'empêche pas que le... que pour y arriver, tu es passée par plein de détours.
- Speaker #0
Oui, je suis passée par plein de détours, plein d'envies, plein d'idées, plein de projets. Je pense que c'est comme j'avais envie d'entreprendre, j'avais envie de créer de quoi, j'avais plus envie d'être salariée. Ça, c'était comme la chose certaine. Puis après, comment ? Je ne savais pas trop comment, mais j'essayais un peu tous les chemins. C'est comme toutes les portes, puis tu vois ce qui se passe derrière. C'était un peu ça l'énergie.
- Speaker #1
Ce que je remarque dans ton parcours, c'est vraiment ce qui ressort beaucoup, c'est l'essai. Même pour Montréal, tu es revenue essayer avant de venir t'installer. Tu as essayé pendant plusieurs mois de travailler dans un café pour t'assurer que ce n'était pas juste un fantasme et que tu aimerais le style de vie, le mode de vie que ça allait te créer.
- Speaker #0
C'est vrai que même dans tout ce que je crée ici, il y a toujours ce côté test and learn. Même dans des relations avec des personnes ici, à chaque fois, je suis genre... Bon test, on verra si ça fit pour toi, si ça fit pour moi. J'aime bien ce fait-là de me dire plutôt qu'avoir peur de noir ou du blanc, essayons un peu le gris, puis après on verra vers quoi on se positionne.
- Speaker #1
Exactement. Ça résonne très fort pour moi, ancienne grande perfectionniste. Et c'est vrai que ça change tout, de se dire au pire, j'arrête. Au pire, je fais autre chose. Au pire, je fais différent. Et c'est vrai que que j'encourage aussi beaucoup les personnes que je peux accompagner à se donner des possibilités tout en gardant la vision sans s'éparpiller. pour se perdre là, mais... Non, non, non, mais essayer des choses,
- Speaker #0
et puis je pense que c'est d'être en mouvement en fait.
- Speaker #1
Être en mouvement. Parce que le mouvement amène la confiance.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, puis il y a... Ouvre des portes, en fait. Genre, si tu te mets pas en mouvement, il y a aucune opportunité qui peut se créer. C'est comme... Donc c'est vraiment cette énergie-là, juste de... Parfois, il faut juste faire de quoi, là, puis faire confiance qu'il y a quelque chose qui va se passer.
- Speaker #1
Faire confiance, ça aussi, c'est... Oui, oui. C'est quelque chose qui revient très fort.
- Speaker #0
Oui, vraiment. Oui, j'ai une confiance en plus grand, un soutien que tout va finir par se placer. Puis j'ai toujours, comme dans les moments plus difficiles, je me dis toujours, la future Johanna va comprendre pourquoi ça s'est passé ainsi. Ça m'amène beaucoup d'apaisement de me dire, dans le futur, je vais comprendre. que c'était le chemin que je devais prendre. Ça m'aura permis d'avoir ces apprentissages-là, de rencontrer telle personne, de faire tel choix, etc. Mais ce qui fait que je n'ai pas de regrets dans la vie. Cette notion de regrets ou d'échecs, ce n'est pas quelque chose qui fait partie de mon quotidien.
- Speaker #1
Parce que c'était juste à ce moment-là.
- Speaker #0
Oui, pour moi, c'est tout. C'est un chemin. Il n'y a pas d'erreur de parcours.
- Speaker #1
On est tellement d'accord. Puis c'est aussi ça l'idée que je veux transmettre derrière le fait de parler d'être à sa place. Être à sa place, pour moi, il y a vraiment une notion de mouvement. On se sent à notre place à un instant T. On est toujours à notre place. On est toujours à notre place. D'une seconde à l'autre qu'on se déplace parce que c'est là où on est. Elle est juste à ce moment-là. Et en même temps, on peut aussi se créer les opportunités d'être. de se sentir réellement à notre place. Et c'est ce que tu fais quand tu te mets en mouvement, c'est ce que tu as fait avec ce projet.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Tu parlais de la future Johanna, la Johanna d'aujourd'hui. En quoi ce projet-là l'a changé peut-être ?
- Speaker #0
Oui, j'ose croire que c'est le jour et la nuit. Je reste la même personne, c'est sûr, mais je suis une femme épanouie alors que je pouvais être une femme éteinte. ma voix,
- Speaker #1
la gorge parle toujours,
- Speaker #0
puis là je parle de vraiment ce que je ressens à l'intérieur de moi pas ce que je projette à l'extérieur c'est toujours facile d'être la femme positive vraiment intérieur de moi oui j'étais totalement éteinte et très malheureuse, puis là je sens un sentiment d'accomplissement, d'être à ma place, d'avoir créé vraiment ce que je souhaite et surtout d'avoir un impact, d'avoir un impact sur la communauté pour moi c'est C'est la chose la plus forte qui existe, qui nourrit ce sentiment d'accomplissement. Donc ouais, je me lève chaque matin en ayant envie de venir ici. C'est vraiment le plus grand bonheur que je peux avoir. Donc ouais, j'ai beaucoup plus confiance en moi. J'ai comme pris de l'aplomb dans qui je suis, de ce que je peux créer. J'ose dire que je suis créative, alors que c'est un mot que je n'aurais jamais utilisé avant par exemple. Il y a plein de choses comme ça, de me dire comme, non je suis capable. Ça a comme prouvé que j'étais capable de tout. Donc ça a comme, ouais, vraiment appuyé une confiance en ce que j'étais capable. Après la notion d'estime, toujours un work in progress, là, et de valeur et de tout ça. Mais, ouais, je me sens plus ancrée là où je suis, ouais.
- Speaker #1
Épanouie, à ta place.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
En quoi ça a impacté les gens autour de toi, ça ?
- Speaker #0
Gros impact, c'est sûr que ça a fait du tri dans mes proches, parce que j'ai beaucoup moins de temps, parce que j'ai passé énormément de temps ici au café. Donc ça fait un genre de tri naturel dans mes proches. Mais j'ai rencontré tellement de personnes incroyables ici. Je suis devenue très proche de beaucoup de mes clients. C'est souvent le process des clients qui deviennent des habitués, qui deviennent des amis. J'ai une équipe absolument incroyable. Donc ça a vraiment créé un réseau de soutien où avant je pouvais être beaucoup plus seule. Puis là maintenant, oui, je suis devenue un être social, c'est sûr, beaucoup plus que ce que je n'étais avant. Puis je me suis comme découverte à être peut-être bien plus extravertie que je le pensais. J'ai besoin du monde, j'ai besoin de cette connexion humaine. Donc oui, ça a créé tout un village. ultra riche, avec des personnes vraiment différentes. Je trouve ça hyper vraiment riche d'avoir ce type de lieu où on se retrouve en connexion avec plein de personnalités, des gens qui viennent de tout milieu, tout travail différent, alors que souvent quand tu restes dans ton même microcosme, c'est souvent des gens avec des jobs similaires, avec... qu'on fait les mêmes études, ou qui... qui se ressemblent mine de rien beaucoup. Alors que là, ça a vraiment ouvert les portes, ouvert le champ des possibles. Et je trouve ça vraiment ultra nourrissant pour notre famille. Je vois mon chum s'épanouir comme jamais ici. D'un point de vue plus artistique, par exemple, je vois ma fille qui s'épanouit ici aussi. Donc j'ai l'impression que ça a ouvert le champ des possibles d'un point de vue humain. C'est vraiment ça qui ressort. C'est comme la connexion humaine ici est incroyable.
- Speaker #1
Hyper intéressant parce que tu as commencé en disant que ça avait fait un tri.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et tu termines en disant que ça a ouvert toute une communauté, tout un village. Exactement.
- Speaker #0
Puis ça, je ne m'y attendais pas du tout. Je ne l'avais pas du tout conscientisé que ça allait être ça. Moi, je m'étais tellement focussée sur l'ouverture. Puis le jour 1, je n'avais absolument pas pensé à la suite et à l'impact de tout ça en fait. Zéro. Moi, je voulais juste... ouvrir un lieu. Mais tout ce côté humain, ça nous est tombé dessus, puis on est vraiment reconnaissante de ça. Puis du retour de la communauté, c'est incroyable. Les gens sont adorables, incroyables. Ils sont vraiment généreux de leur support, de tout. C'est comme... On a une communauté ultra tissée serrée. Ça, je trouve que c'est comme... La chose la plus belle qui ressort de ce projet-là.
- Speaker #1
Et en même temps, sans vouloir faire de conclusions trop faciles, nous sommes des êtres électromagnétiques. Et donc, on attire à nous ce à quoi on vibre. Donc, ça ne serait pas possible si ce n'était pas ce que vous dégagez vous-même, évidemment. Ça, c'est la Johanna d'aujourd'hui. Toi qui vois plus loin. Qu'est-ce que tu vois quand tu imagines la Johanna d'être demain ?
- Speaker #0
Je suis pas mal là-dedans, en ce moment, dans ces questionnements-là. la joie n'a de demain J'aimerais, puis je vais le dire, puis je ne l'assume pas encore à 100%, mais tu me poses la question, donc je vais le dire. J'aimerais aussi dire que je suis une femme d'affaires, puis je le dis, puis je me trouve absolument imposteur, puis totalement ridicule, mais c'est ça qui monte en ce moment.
- Speaker #1
C'est le process, tout va bien.
- Speaker #0
Oui, d'asseoir vraiment cette positionnement-là, que je ne suis pas juste propriétaire d'un café. Comme on l'a dit depuis le début, c'est bien plus qu'un café. On est un lieu qui, j'espère, propulse aussi les entrepreneurs. Je fais beaucoup de sous-locations, c'est ainsi que mon business model fonctionne. Je sous-loue un commerce, je sous-loue à des thérapeutes, je sous-loue dans ma cuisine commerciale, etc. Puis j'ai envie d'accompagner ces personnes-là, j'ai envie d'être un lieu pour donner la chance de réaliser ces rêves aussi. Donc j'ai envie d'avoir plus une vision, bien plus d'impact, plus grand que cette relation juste qu'a fait avec mes clients. J'ai envie d'avoir des multiples relations d'affaires, avec des fournisseurs avec qui je développe aussi des super belles relations, avec des organismes, avec des commerçants. J'ai envie d'avoir cette position un peu plus globale d'impact. Ça, pour moi, c'est ultra important. Pendant deux ans, par exemple, j'ai été très impliquée avec La Vague, qui est l'organisme de la...
- Speaker #1
La présidente de La Vague.
- Speaker #0
Je viens de juste terminer mon mandat, genre, il y a deux semaines. J'ai été pendant deux ans au conseil d'administration d'un organisme qui accompagne les commerces alimentaires dans leur transition écologique. Ce rôle-là m'a énormément nourrie de pouvoir avoir un impact sur plus grand, de voir ce lieu comme un lieu de test et de montrer que c'est possible d'avoir ce type de projet, d'être ce type d'entreprise un peu plus humaniste et que tout de même, on est capable d'être rentable. Donc d'avoir un peu toute cette vision, un peu plus stratégie, impact, développement d'affaires, tout ce côté-là me passionne vraiment beaucoup. Et j'aimerais développer tout ça. Puis continuer de faire ce type d'échange, continuer de partager la vision que je peux avoir entrepreneurial, de partager avec d'autres entrepreneurs qui ont peut-être peur d'oser le changement. Ils ont peur de faire certains mous parce qu'ils ont peur de perdre des clients, ils ont peur de perdre de l'argent, ils ont peur de plein de choses. Et puis leur prouver qu'on est capable d'être un commerce qui génère, par exemple, nous, très très peu de déchets, d'avoir des valeurs ultra fortes et que ça fonctionne. Donc j'aimerais ça, oui, continuer d'accompagner d'autres commerces là-dedans aussi. Donc c'est ça, partager c'est... Oui, je...
- Speaker #1
L'héritage d'impact.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu disais ça tout à l'heure.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Tu l'incarnes déjà.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
C'est l'en devenir.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Mais c'est déjà là.
- Speaker #0
C'est là. C'est en train de se nourrir, mais après, c'est ça. C'est comme, il n'y a pas beaucoup, je trouve, d'images de femmes qui réussissent. Et qu'on valorise. Et qu'on ne juge pas, et qu'on ne critique pas, etc. Donc j'ai très peur, même juste de le dire là, ça me fait très peur de me dire que les gens vont me juger, de me dire que j'ai un égo, que quoi que ce soit. Puis comme, parce qu'une femme qui réussit, je trouve qu'elle fait soit souvent peur, soit elle est soumise à la critique, soit je ne sais quoi. Donc c'est comme, c'est ça. J'ai envie d'être cette femme ambitieuse, mais je ne sais pas encore comment me positionner pour rester alignée avec mon cœur. Puis comme... que ça résonne encore, puis que je reste accomplie là-dedans.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu entrevois déjà dans le processus pour t'autoriser à incarner de plus en plus cette femme-là ?
- Speaker #0
J'ai commencé déjà un accompagnement avec du coaching, avec l'école des entrepreneurs, avec le programme FAIR. Donc déjà, ça me permet d'avoir du temps dédié à toute cette vision-là, d'avoir déjà une belle vision financière de où en est la compagnie. Maintenant, j'entame ma quatrième année d'exercice, donc je ne sais pas. Je commence à avoir un peu de recul sur tout ce qu'on a créé ici. D'avoir une belle vision financière, d'avoir une belle vision stratégique de ce que j'ai envie de créer. Je suis un peu là-dedans. C'est comme si après presque trois ans, c'est réécrire c'est quoi la vision suivante. Puis là, je suis comme dans...
- Speaker #1
Le cycle de trois ans. Oui,
- Speaker #0
c'est ça qui commence à se créer en dedans de moi, de me dire c'est quoi que je veux pour la suite, pour ce projet-là. Je viens de nommer une gérante. pour déjà gérer tout le day-to-day ici au café. Donc au fur et à mesure, je place des pions pour que dans ma stratégie de vie, les choses se placent. C'est comme d'avoir quelqu'un qui me soutient vraiment dans l'équipe, qui est une personne incroyable, qui me permet vraiment de me soulager, puis qui a une super belle vision, puis qui m'apporte aussi un soutien aussi financier parce qu'elle a un master en finance qui m'amène beaucoup de sérénité par rapport à ça. Donc j'essaie vraiment de stabiliser le café Pouvoir parler de tout le reste avec un coach. Je suis en train de tout poser sur le papier pour voir c'est quoi la suite. Une étape à la fois, mais je suis là-dedans, en train de me poser toutes mes questions. Mais je n'ai pas encore la vision 100% claire, mais je suis là-dedans.
- Speaker #1
Ça a l'air excitant quand on parle de l'excitation.
- Speaker #0
Je suis quelqu'un qui se lasse énormément. Et c'est pour ça que ce lieu est aussi grand, et c'est pour ça que ce lieu évolue constamment. C'est parce que j'ai besoin toujours que ça bouge, que j'ose croire que ce lieu est un véritable écosystème, et que ce lieu est comme un être vivant, et donc qu'il est en constante évolution au fur et à mesure de toutes les personnes qui rentrent dans le lieu, toutes les choses qui évoluent. Donc moi aussi je suis pareil, puis il faut que ça évolue dans ma vie, sinon je m'ennuie rapidement.
- Speaker #1
Quels apprentissages peut-être tu as eu dans ton parcours qui vont pouvoir t'accompagner pour les prochaines étapes, pour la suite ?
- Speaker #0
Ne pas prendre des décisions pour le business, mais juste par rapport à mon intuition. Vraiment, toutes les décisions que j'ai prises parce qu'il fallait. Il faut faire ça, tout le monde fait ça, il faut le faire. Ça ne marche jamais. En tout cas pour moi, ça ne fonctionne jamais parce qu'en fait, je ne mets pas d'énergie pour que ça se passe. Donc c'est vraiment de me dire comme continue vraiment de suivre uniquement ton intuition. Puis même si ça ne fait pas de sens, fais-le pas. C'est comme c'est ok, tu vas comprendre après, mais ne pas me forcer à faire des choses parce qu'il faut. Donc parfois avoir un peu ce petit temps de pause. J'ai appris à dire non, beaucoup, durant le chemin.
- Speaker #1
Comment t'as appris à dire non ?
- Speaker #0
J'ai une phrase. Je suis désolée, mais pour prendre soin de ma santé mentale, je me concentre sur mes partenariats actuels en ce moment, ou mes collaborations, peu importe. Parce qu'avant, je disais oui à tout, puis c'était devenu catastrophique. J'avais l'impression que les autres géraient mon agenda. Donc, de dire non...
- Speaker #1
Le premier non, il avait calcabé.
- Speaker #0
En fait, tu te rends compte qu'il ne se passe rien, puis que les gens sont là, « Oh, il n'y a pas de problème ! » Puis en fait, tu te rends compte qu'il n'y a absolument personne qui meurt, tout va bien. Puis au fur et à mesure, maintenant, je prends l'habitude d'oser dire non, d'oser dire « Laisse-moi y penser ! » parce que je suis du genre à, même si mon intention me crie « Oui ! » , à dire « Oui ! » tout de suite. Et puis parfois, tu regrettes, parce que tu te rends compte que oui, c'est une belle opportunité, mais... parfois je dois y céder pas mal de liberté.
- Speaker #1
À côté. Ouais,
- Speaker #0
c'est ça. Donc maintenant, là je suis là-dedans. Après, oser dire non, quand je dis oui, ne pas dire oui tout de suite. Dire juste, laisse-moi y penser, je vais regarder ça, je reviens vers toi. Il n'y a jamais rien qui nécessite un oui dans la seconde. Donc ouais, c'est des apprentissages, ça, pour être un peu plus en contrôle de qu'est-ce que je fais rentrer. dans ma vie parce que je me rends compte qu'après deux ans et demi, c'est ça, le lieu attire de plus en plus de monde. De plus en plus de monde ont envie de collaborer avec le lieu. Puis c'est génial. C'est très flatteur, etc. Mais je ne peux pas dire oui à tout le monde. Sinon, ça n'a plus de sens parce qu'à un moment donné, je ne peux pas promouvoir 58 concerts par semaine. Non, mais je dis ça comme un exemple parmi tant d'autres. Et à un moment donné, c'est ça. C'est comme... beaucoup de sollicitations extérieures qui fait qu'il faut que je garde mon focus de vers où tu dois t'en aller, qu'est-ce que tu veux faire, qu'est-ce qui résonne, etc. Donc ouais, c'est apprendre à dire non, c'est laisser le temps avant de dire oui. C'est vraiment les gros apprentissages dans le parcours.
- Speaker #1
Tu as des choses d'ailleurs, des habitudes, des rituels, des moyens pour te recentrer justement, afin de... de donner des réponses qui sont vraiment alignées, que tu es prête à donner.
- Speaker #0
Déjà, est-ce que je suis excitée par le projet ? Est-ce que j'ai envie d'en parler ? Parce que c'est ça, c'est beaucoup moi qui en parle sur Instagram, etc. Donc, est-ce que j'ai envie de promouvoir quelque chose, par exemple, ou oui ou non ? Est-ce que j'ai une connexion humaine vraiment avec la personne ? Est-ce que ça me tente de passer du temps avec cette personne-là ou pas ? Puis, est-ce que ça résonne avec l'énergie du lieu, avec l'énergie de la communauté, ou est-ce que ça ne fait pas de sens ? et parfois en fait quand ça fait un peu moins de sens ou que j'ai pas l'énergie pour le faire par exemple je vais proposer juste de la location privée on me paye à l'heure puis c'est tout puis moi je gère rien donc maintenant j'ai quand même trouvé des façons de quand même saisir certaines opportunités d'affaires mais vraiment plus endosser le côté femme d'affaires de me dire genre ça c'est très le fun mais j'ai pas l'énergie de le promouvoir puis de l'endosser sous le café des habitudes par exemple Merci. Mais si tu veux venir le faire, je t'en prie, voici le tarif à l'heure et viens-t'en. Et tu gères tout. Puis moi, je n'ai pas l'énergie de m'en occuper en fait. Donc c'est vraiment, j'ai comme trouvé des façons de parfois dire oui, mais dire oui d'une autre façon, de m'adapter. Puis encore une fois, de me dire comme à la personne, je vais voir, est-ce qu'elle fit vraiment avec le lieu ? Est-ce qu'on peut continuer de collaborer avec ? Oui, non. C'est comme, encore une fois, d'être un peu dans l'essai. « Arrêtez de voir. » Comment tu es aussi dans l'énergie du lieu ? J'ai toujours beaucoup ce truc-là de me dire, beaucoup de gens veulent collaborer avec le café, mais est-ce que tu te sens bien quand tu es ici ? Est-ce que tu es déjà venue ici ? Est-ce que tu ressens les énergies de ce lieu-là ? Est-ce que ça fonctionne quand tu es là ? Encore une fois, en fait, être beaucoup dans l'essai. Oui, vraiment. Je me rends compte que c'est quelque chose que je pratique beaucoup. On essaye sans s'engager trop, puis on voit après.
- Speaker #1
C'est ça aussi la liberté.
- Speaker #0
Non, vraiment.
- Speaker #1
C'est ça, surtout peut-être. Oui,
- Speaker #0
et beaucoup de transparence. J'essaie vraiment de nourrir énormément la transparence dans mes relations d'affaires. Beaucoup de vraiment dire les choses. Je me force à mettre les deux pieds dans le plat énormément pour éviter les malentendus, pour éviter les enjeux humains, parce que c'est beaucoup d'humains qui travaillent ensemble. Donc, pour éviter les conflits, j'essaie d'être transparent, de parler d'argent. Je me force à faire ça. pour que ce soit le plus clair pour tout le monde. Ça, ça m'aide énormément aussi.
- Speaker #1
La question que j'ai peut-être envie de poser pour finir, parce que je pense à toutes ces personnes qui peut-être t'écoutent et puis que ça inspire, mais en même temps qui, comme on parlait tout à l'heure, ont beaucoup de peur de se lancer dans un projet qui tiendrait vraiment à cœur. Ce serait quoi le conseil que... Tu aurais aimé recevoir quand tu étais à leur place, quand tu étais avec le désir de ce projet, mais la peur d'y aller.
- Speaker #0
Souvent, le conseil que je donne à quelqu'un, par exemple, qui veut ouvrir un café, qui veut ouvrir un lieu, qui a un rêve, etc., parfois, je lui dis juste « ouvre Centris » , juste, et un onglet ouvert sur Chrome avec Centris. Parfois, c'est juste ça. Mais à un moment donné, ce lieu n'existerait pas. Si ce jour-là, je n'avais pas ouvert Sandrice. C'est de se dire que parfois, c'est juste un premier choix qui fait un énorme boule de neige derrière. Il faut se mettre en action et avoir, je pense, une fois que tu te poses la question, est-ce que sur mon lit de mort, je vais le regretter ? Oui, non. Si c'est un oui, avoir cette profonde conviction que tu vas arriver, mais il n'y a rien qui se passe si tu es assis sur ton canapé et que tu ne fais rien. Donc, vraiment d'avoir cette mise en action et faire confiance à ce que l'univers, il va t'ouvrir toutes les portes là. Mais il faut quand même que tu te... C'est bien beau de visualiser, de manifester, mais il faut se bouger à un moment donné. Et donc ouais, tout ce lieu existe parce que j'ai ouvert un jour juste un onglet.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a quelque chose qui manque pour clôturer cette conversation ?
- Speaker #0
Ce qui manque comme ça, c'est jamais il y a des gens qui sont intéressés de venir, juste pour vous parler qu'on est quand même un lieu qui est vraiment dédié aussi au prendre soin. Et au prendre soin de la planète. On est un lieu qui est quasiment 100% vegan, biologique, local. On travaille uniquement en circuit court ici, avec des fournisseurs ici uniquement montréalais. On n'a aucun gobelet jetable, on n'a pas de lait de vache. On a vraiment fait des choix ultra forts. Puis je pense que c'est également un positionnement vraiment très différent ici sur le marché, de suivre toutes les recommandations dans la transition écologique et alimentaire. qu'on doit faire théoriquement et les solutions existent actuellement. Donc, c'est aussi ça. C'est que je pense à tes auditeurs et tes auditrices s'ils ont ces valeurs-là. Vous pouvez venir ici. Nous, on est vraiment all-in là-dedans. Je pense que d'avoir conscience qu'en tant que citoyen, à chaque fois que vous allez dans un commerce de quartier, vous faites un choix. On vote à chaque dollar qu'on dépense et de faire le choix vers qui vous avez envie d'investir et de vraiment contribuer.
- Speaker #1
Et là vient d'apparaître la leader d'impact.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Merci énormément.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Pour cette conversation et pour l'accueil.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Merci infiniment d'avoir passé ce moment avec nous. Pour ne manquer aucun épisode, abonne-toi sur la plateforme de ton choix. Et si cet épisode t'a inspiré, n'hésite pas à m'en faire part, à le partager autour de toi et à laisser un avis sur ta plateforme de podcast préférée. Grâce à ce simple geste, tu permettras au podcast de rayonner et d'inspirer plus de monde. Si tu veux en savoir plus sur moi et mon parcours, toutes les informations sont dans la description du podcast. On se retrouve dans deux semaines, et d'ici là, je te souhaite de rester à l'écoute de toi-même.