- Speaker #0
Existe-t-il un parfum plus mystérieux et hantétant que celui d'une matière mythique, disparue de la surface du globe et oubliée sous l'océan pendant plusieurs siècles ? Élise Blouet-Ménard n'aborde pas le cuir comme un simple matériau industriel, mais comme une peau organique, une archive et une mémoire vivante. Venue d'une formation scientifique avant de se tourner vers les métiers d'art, Elle s'est forgée un regard unique à la croisée de la recherche et de la conservation. Pendant plus de 20 ans, son atelier a restauré des objets patrimoniaux d'une rareté absolue pour les plus grands musées. C'est cette double expertise qui lui a permis de mener une véritable enquête historique pour recréer le cuir de Russie. À partir d'échantillons rescapés d'une épave du XVIIIe siècle et de textes anciens, elle a ressuscité ce gras légendaire. au grain singulier et à l'odeur magique. C'est ce matériau de temps long, réputé pour sa résistance exceptionnelle et son caractère imputressible, qu'Antoine a demandé à Élise de travailler pour Astronovie. Pour répondre au concept de structure apparente, elle a conçu et assemblé les lanières et les pièces de cuir sur mesure qui maintiennent le capot de la voiture transparente, liant la mémoire des profondeurs au mouvement de la route. Le cuir de Russie devient même le compagnon des angeliveurs en onyx blanc, leur union créant une lampe sous coupe lumineuse et poétique. Bonjour, je suis Cécile Tauvel, cofondatrice de Maison Lacmé, et vous écoutez Pop'In. Bienvenue dans notre série spéciale Astromobile,
- Speaker #1
là où les matières s'éveillent et le voyage commence. Bonjour Élise et bienvenue sur le podcast Pop'In. Bonjour Cécile, merci de m'accueillir. Avec grand plaisir ! Alors pour commencer, Élise, est-ce que tu pourrais m'indiquer une œuvre d'art qui illumine ta journée en ce moment ?
- Speaker #2
Je suis passée il n'y a pas longtemps, où j'ai plutôt revisité le musée Jacques Marandé, et j'ai eu un coup de cœur pour une princesse napolitaine, une sculpture en marbre du XVe de Francesco Llorona, et qui m'a absolument sidérée. C'est un buste d'une modernité mais vraiment incroyable, la ligne est pure. Le visage subjugue, c'est une œuvre complètement intemporelle qui pourrait être actuelle et en ce moment, c'est un peu mon fond d'écran. Tu dis souvent que le cuir est avant tout une peau. Concrètement,
- Speaker #1
qu'est-ce que ça change dans ta manière de le travailler au quotidien ?
- Speaker #2
Chaque peau est vraiment unique. C'est un peu comme quand on rencontre une nouvelle personne. Il faut vraiment découvrir, observer, s'adapter, comprendre. Comme toute matière vivante, il faut rester humble. Devant la matière, il faut se faire accepter par elle, pas chercher à la dominer. Même si on est sur le même animal, même si on est sur la même méthode d'étainage, chaque peau est vraiment unique. Il faut vraiment s'adapter à ce qu'on a en face de soi. Après toutes ces années de pratique,
- Speaker #1
est-ce qu'il t'arrive encore que le cuir te surprenne ou alors te résiste ?
- Speaker #2
Alors oui, heureusement, sinon je m'ennuierais. Les dernières surprises que j'ai pu avoir, je les ai eues avec Serge Amoroso, qui est un maroquinien incroyable. qui est vraiment spécialiste du sur-mesure en haute maroquinerie. Et il me montre toujours des pots qu'il a. Donc là, on est vraiment dans la nouveauté, dans la découverte. Et le dernier coup de cœur, par exemple, c'est des poissons qui viennent de l'autre bout du monde, un tanné, et qui révèlent l'écaille du poisson avec des reflets vraiment très intéressants. On est dans quelque chose de très moderne. Il y a encore des découvertes, encore des bonnes surprises, et parfois des défis, bien entendu.
- Speaker #1
C'est passionnant, on n'imagine pas la peau de poisson, c'est incroyable. Tu viens d'une formation scientifique avant de te tourner vers la restauration. Comment ces deux approches cohabitent-elles aujourd'hui dans ton travail ?
- Speaker #2
Elles ont toujours cohabité, tout simplement parce que les sciences sont vraiment indissociables de mon travail. À toutes les étapes, en conservation, restauration de biens culturels, il faut qu'on comprenne la matière. qu'on connaisse finalement les réactions chimiques ou mécaniques des altérations, qu'on comprenne quels produits on utilise et quel impact il va y avoir sur l'objet. Là aussi, pour analyser, pour dater. Donc, lors de ma formation à la Sorbonne, au Master de conservation et restauration bien culturel, on avait une grande partie de nos cours qui se composaient de matières scientifiques. Et régulièrement, encore qu'aujourd'hui, je me replonge dans certains thèmes précis. Par exemple, en ce moment, je suis dans tout ce qui est lié à la nourriture des cuirs, que ce soit aussi bien lors du processus de fabrication que pour le traitement d'objets anciens. Donc vraiment, les deux sont absolument indissociables. On ne peut pas faire l'un sans l'autre. Oui, c'est incroyable. Et quand on restaure un objet ancien, comment trouve-t-on la place entre le respect de la matière et l'intervention ? Alors, c'est une très bonne question parce que quand j'ai commencé mes études et beaucoup de personnes se disent « alors c'est quoi ta réponse pour tel problème ? » Et en fait, à chaque nouvel objet qui entre dans l'atelier, il faut toujours se remettre en question. Il n'y a jamais qu'une seule solution. Il va y avoir vraiment un échange avec le propriétaire. que ce soit un collectionneur privé ou un particulier ou un grand musée, pour comprendre vraiment l'histoire de l'objet, d'où il vient et surtout où est-ce qu'il va repartir. Il faut vraiment s'adapter. Je vais donner un exemple précis. On parle toujours de la nourriture, puisque je suis dans ce thème-là, c'est des cuirs. Beaucoup de personnes vont avoir envie de bien faire et se dire « Ah oui, mon cuir, il est un peu sec, il faut que je le nourrisse » . Alors, dans certains cas, très bien, si on est sur des bottes d'équitation qui vont dans le vent, la pluie. Bien sûr qu'il faut le nourrir. Mais par exemple, trop nourrir des cuirs anciens et fins, par exemple comme des reliures, ça peut vraiment être catastrophique. J'ai l'exemple d'une série de livres où le conservateur ou le restaurateur avaient voulu bien faire et les avaient nourris. La graisse était restée collante et donc tous les cuirs se collaient les uns au bout. Et donc quand on voulait prendre un objet, prendre un livre, il y avait tout le rayon qui partait avec parce que tout était collé. En fait, il n'y a pas de recette miracle. Il faut vraiment s'adapter, se remettre en question à chaque objet.
- Speaker #1
Et le cuir de Russie, il a longtemps été considéré comme un graal.
- Speaker #2
Qu'est-ce qui t'a donné envie de partir à sa recherche ? Le cuir de Russie est venu dans ma vie il y a déjà pas mal de temps. Lorsque j'étais en formation en Angleterre au Leather Conservation Center, l'ancien teneur avec qui je travaillais, Roy Thompson, m'a un jour... parler avec des étoiles dans les yeux d'un cuir mythique. Et il m'a montré un petit échantillon d'un cuir qui sentait bon. C'était vraiment une odeur assez atypique. Et il m'a expliqué qu'en fait, ce morceau particulièrement sortait d'une épave et qu'il avait plus de 250 ans. Et là, bien sûr, j'ai été fascinée. Donc, j'ai toujours gardé cette histoire en tête, sans très bien savoir ce que j'en ferais. Et puis, quelques années plus tard, une grande maison française m'a contactée. parce que je suis un petit peu connue comme le loup blanc pour les cuirs atypiques, je me demandais où est-ce qu'on pourrait en acheter du cuir de moussi. Et là, je me suis dit, non, mais il y a quelque chose à faire. Bien sûr qu'aujourd'hui, on ne peut plus en acheter. Mais pourquoi est-ce qu'il est mythique ? Pourquoi est-ce que les gens en veulent ? Et là, bien entendu, ça a enclenché le... Mais comment il était fabriqué ? Pourquoi il a disparu ? Et qu'est-ce qu'il y a d'autre besoin ? On en faisait. Et là, je me suis dit qu'il fallait absolument au moins essayer de retrouver la recette et pourquoi pas le faire renaître.
- Speaker #1
Génial. Si on revient au concret sur à quoi ressemble ce travail d'enquête entre les textes anciens, les analyses d'échantillons, les échanges avec les scientifiques et les tâneurs,
- Speaker #2
est-ce que tu pourrais nous dire à quoi ça ressemble ce travail ? Quand on me demande un peu qui je suis, j'aime bien répondre que je suis un peu la Sherlock Holmes du cuir. Ah oui, c'est bien ça. Je ne vais plus qu'à mettre ma petite casquette et ce sera parfait. En gros, Tous les indices sont importants. C'est-à-dire que je vais aller voir dans les textes anciens. Par exemple, pour le cuir de récits, je suis allée voir dans les récits de voyages du XVIIIe siècle où l'homme allait décrire qu'à côté de la tannerie, à côté de Saint-Pétersbourg, il y avait des petits buissons d'arbres avec des écorces comme ci et qu'ils utilisaient, etc. Et puis, je vais aussi beaucoup aller aux archives nationales, artementales. Pour retrouver, par exemple, des documents officiels, ça peut être des frais de douane, par exemple, sur les importations, qui vont nommer l'importation de tant de pots. Et là aussi, ça va nous donner des pistes, par exemple, sur les voies d'exportation, ou d'importation plutôt, de ce cuir en Europe de l'Ouest. Il va y avoir aussi, même s'il n'y en a pas beaucoup, les manuels des tanneurs, mais à l'ancienne, bien entendu. Donc on a par exemple le manuel de Lalande, qui est très important, mais qui date du 18e siècle, donc on n'a rien avant. Mais là aussi, ça va donner quelques pistes. Et puis, on revient bien sûr à la science, on va travailler avec des chimistes, des scientifiques. On va faire des analyses, par exemple au microscope électronique à balayage. On va faire des analyses chimiques pour comprendre qu'est-ce qui était utilisé, quels matériaux, etc. Et puis, peut-être ma plus belle rencontre sur ce projet, ça avait été avec le parfumeur. La maison Givaudan, leader internationale de la parfumerie, que j'avais contactée, m'avait très, très gentiment mis à disposition un parfumeur pour aller identifier, si on pouvait, les écorces qui étaient utilisées historiquement dans le cuir de Wessie. Donc ça a été en deux étapes. Premièrement, j'ai fourni les écorces pour que le nez puisse les intégrer dans sa base de données. Et puis après, on est allé au Château de Chantilly, parce qu'il a une bibliothèque incroyable. Et j'avais repéré des relevures du XVIIIe, là aussi, qui étaient clairement cures de récits d'origine. Et donc je me souviens toujours d'arriver dans cette bibliothèque, de sortir le volume et puis d'avoir le parfumeur qui renifle. Et tu me dis, ah oui, il y a 70% de sol, 30% de boulot et puis une petite pointe de quelque chose d'autre. On peut aussi avoir des rencontres surprenantes qui vont permettre d'avancer dans la recherche.
- Speaker #1
C'est vraiment un chemin et puis une enquête de détective, c'est incroyable. Et justement, ça a pris combien de temps tout ça ?
- Speaker #2
Et à quel moment est-ce que tu as senti que ça y est ? Tu es arrivée au bout de ta recherche ? Alors, il y a eu là aussi deux grandes phases. La première, ça a vraiment été la recherche sur le parfum, sur les tannins, sur les livres, dans les musées, etc. Et une fois que j'ai réussi à identifier une recette, mais un peu comme une recette de grand-mère à l'ancienne, qui va dire, mettez un peu de farine et cuisez le temps qu'il faut. C'était une recette à la louche. La deuxième étape de mise en production a pu commencer. Et là, après avoir cherché une tannerie en France, et malheureusement personne n'était disponible, j'ai trouvé une tannerie fabuleuse en Angleterre, qui est J&FJ Baker, dans le Devon, et un tanneur qui travaille à l'ancienne. Et là, la rencontre a été très chouette, et on a commencé à mettre en production. Mais la mise en production, il faut au moins presque un an. Entre le moment où on met la peau dans le premier bain de tannage et le moment où on voit quelque chose, voir si on avait réussi. Parce que je lui ai donné une recette, mais je n'étais même pas sûre que cette recette fonctionnait. Et donc, pour moi, le moment vraiment fort, le moment assez émouvant, c'est quand j'ai pu voir la première peau sortir de cou. Et de me dire, oui, ça marche. Alors, elle était moche, elle était cartonneuse, enfin bref, c'était invendable, mais on savait que ça fonctionnait. Donc après, il y a eu plusieurs années derrière. pour améliorer le tannage et sortir une peau vraiment de qualité. Et aujourd'hui, on est vraiment ravis puisque ce cuir est acheté à travers le monde entier, y compris chez un grand cellier français pour une petite collection. Donc, on est vraiment sur un cuir d'exception. Et d'ailleurs, selon toi, qu'est-ce qui fait vraiment l'identité du cuir de Russie ? Est-ce que ça va être son odeur, justement ? Est-ce que ça va être plus son grain, sa résistance ? Ou évidemment, l'ensemble de ses éléments ? Qu'est-ce que tu me dirais ? Alors, dans l'ordre, moi, je mettrais en premier l'odeur, le parfum. Alors, c'est un parfum qui te fait penser à du whisky tourbé, à du lapsang souchong, il y a un côté boisé, animal. On aime ou on n'aime pas. Mais quand on aime, il y a un côté vraiment addictif. C'est vrai que j'ai pas mis plein de copains qui m'ont demandé un petit échantillon pour mettre dans leur poche et pour pouvoir sniffer parce qu'ils sont accros à l'odeur. Donc, pour moi, vraiment, ce parfum... a créé une partie du mythe du cuir de Russie. Et d'ailleurs, de nombreux parfums au début du XXe siècle se sont appelés cuir de Russie parce que ça représentait une excellence, un synonyme vraiment de qualité. La Russie était bien sûr à la mode à cette époque-là, mais on a, je crois, à une époque, plus de 80 parfums qui ont été appelés cuir de Russie. Donc, tant que ça, le parfum est indissociable de la matière. Après, tu mentionnais le grain. Alors oui, le grain, c'est finalement l'aspect que va avoir la surface, le côté fleur. Et là, clairement, on va avoir une identité visuelle forte. Un peu comme pour ceux qui connaissent le marocain, on l'identifie tout de suite. Donc là, on est sur un grain qui est fait à la main, qui est imprimé sur le cuir. Et donc, pour moi, c'est aussi important. Et enfin, ce qui est peut-être moins visible au premier coup, mais la résistance. Mais c'est vraiment cette résistance à l'eau, à la moisissure, aux insectes, qui a fait son mythe aussi. Quand on a un cuir qui a survécu plus de 200 ans dans l'eau de mer, ça fascine. Et finalement, sa réputation n'est pas usurpée.
- Speaker #1
Très amusant, puisque moi, je n'aurais pas me placé dans le même ordre. Donc, c'est très intéressant de voir toi, comment tu le places. Merci. Et recréer un cuir ancien, est-ce que c'est plutôt un travail de restitution ?
- Speaker #2
fidèle ou est-ce que c'est déjà une manière d'inventer quelque chose de nouveau pour toi ? Alors, sur ce projet, je suis partie de l'information qu'il y avait déjà eu des tentatives de recréer du cœur de Russie à pas mal d'époques. Effectivement, c'est un cœur mythique, il avait disparu et je ne suis pas la première à avoir eu l'idée. Seulement... Toutes les reproductions qu'il y a pu y avoir étaient vraiment des ersatz de cuir de Russie. Donc, on n'utilisait pas la bonne technique, on rajoutait juste un petit coup de pit-pit pour lui faire sentir bon, et on appelait ça du cuir de Russie. Donc, sur ce projet, je souhaiterais vraiment rester au plus près de la recette d'origine. Donc vraiment, là, on est sur une restitution fidèle. Après, je peux avoir d'autres projets où on part sur plutôt de la création. Mais sur celui-là, le but du jeu, c'était d'être au plus près.
- Speaker #1
Oui, d'accord.
- Speaker #2
Et pour Astromobile, le cuir de Russie est-il utilisé sur une voiture ?
- Speaker #1
Donc sur un objet un peu atypique par rapport à ses usages habituels, on va dire. Qu'est-ce que ça a changé dans ta façon de penser cette matière ?
- Speaker #2
Alors, je suis un peu désolée de te contredire, mais ce n'est pas si atypique, dit-il. Le cuir de Russie sur une voiture hippomobile. Je vais te donner comme exemple deux traîneaux qui comportent du cuir de Russie. Donc, un au musée des Carrosses de Versailles et puis un autre à l'ermitage à Saint-Pétersbourg, sur le trébord premier. Donc, pour moi, on est un peu dans la continuité de l'utilisation du cuir. Très bien. Si certains sont un peu curieux de voir ces objets, je peux conseiller le livre de Sophie Mouquin, qui a été fait avec moi sur le cuir de Russie, qui s'appelle « Cuir de Russie, mémoire du temps » aux éditions Monelio. Et là, il y a plein d'images, ça permet d'illustrer un peu tous nos propos.
- Speaker #1
Génial, merci. Et comment tu as réfléchi à sa résistance, à son vieillissement et à la manière dont il va vivre avec le temps et les éléments ?
- Speaker #2
Alors aujourd'hui, beaucoup de cuirs modernes vieillissent. Et quand on utilisait le terme vieillir, particulièrement aujourd'hui, ce n'est pas forcément très positif pour pas mal de personnes. Pour le cuir d'Orisi, de par sa méthode de fabrication, en fait, il va se patiner. Ça veut dire qu'il va s'embellir. Sa couleur va devenir plus profonde et donc il va s'améliorer avec le temps comme un bon vin. Donc oui, il va légèrement changer d'aspect, mais naturellement, il va devenir de plus en plus beau, un peu comme des vieux cuirs de sel ancienne. Et puis, par rapport à l'utilisation sur la voiture, sur la méhari, naturellement, il va résister à l'eau. Un peu de clé, je pense, ne va pas lui faire très peur.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un qui hésite à expérimenter ? à expérimenter et à sortir de ce qu'il sait déjà faire. Alors, quand je pense à ce quelqu'un, je pense en effet aux artisans d'art en général ou peut-être à d'autres personnes, si ton conseil peut peut-être s'adapter.
- Speaker #2
Beaucoup d'artisans d'art, je dirais de la génération en dessous de la bienne, ont déjà cette envie d'expérimenter. Donc, cette curiosité, je la vois dans ceux qui arrivent et je les encourage vraiment vivement, c'est super. Ce que j'aurais peut-être envie de leur dire, c'est surtout d'aller à la rencontre d'autres artisans d'art, de croiser les savoir-faire, de mélanger les techniques, finalement pour permettre d'aller au-delà de ce qui a déjà été fait. Ça serait peut-être mon petit conseil. Je trouve que les rencontres permettent d'aller encore au-delà et plus loin.
- Speaker #1
Évidemment, c'est en quoi nous croyons avec Antoine, puisque la méharie est aussi née de ça, c'était de pouvoir faire dialoguer différents... corps de métier, différentes techniques. Alors, pas forcément ensemble sur la même pièce, on va dire, mais j'ai la chance de découvrir de plus en plus d'artisans d'art et de voir ces travaux collectifs et qui font aboutir à des choses qu'on n'a jamais vues et incroyables.
- Speaker #2
Et puis, on aime toujours bosser ensemble, en général. Donc, c'est toujours des bons moments très agréables.
- Speaker #1
Exactement. Pour conclure, est-ce que tu aurais une œuvre d'un artisan d'art qui t'émerveille aujourd'hui et que tu voudrais nous partager ?
- Speaker #2
Pas d'un artisan, mais une œuvre à six mains, justement, avec trois artisans d'art que j'admire profondément. C'est un paravent à cinq feuilles, réalisé par Morgane Barogel-Cruc, qui est artisane textile et tisseuse, qui travaille à la fois la soie et les fils métalliques. et joint à l'œuvre de Fanny Boucher, Helio Gravure, et avec le concours de Pino Amato, qui était béniste. Et ce paravent est une petite merveille, parce qu'on a le reflet des fils d'argent, on a les feuilles de laiton argentées aussi de Fanny. Bref, on revisite. le paravent avec une œuvre très contemporaine et très graphique.
- Speaker #1
Et là, c'est mon coup de cœur absolu en ce moment. Génial. Et puis, on a la chance de travailler avec Fanny sur la voiture également. Merci énormément, Élise, pour toutes ces réponses. C'était hyper intéressant d'explorer encore un peu plus avec toi l'histoire du cuir de Russie. Et bonne continuation et à très vite.
- Speaker #2
Merci beaucoup. À bientôt.
- Speaker #0
Chaque rencontre autour d'Astromobile nous le rappelle. La création et le patrimoine ne sont jamais figés. Dès qu'on accepte de déplacer les regards et de bousculer les habitudes, chaque univers se met à raconter des histoires inattendues. Cet échange montre à quel point une aventure collective peut ouvrir des espaces de rêverie là où on ne les attend pas. Le voyage d'Astromobile est loin d'être terminé. Dans le prochain épisode, nous continuerons à explorer cette magnifique constellation en allant à la rencontre d'un nouveau visage de la Céline. Nous donnerons la parole à une autre voix, une autre vision, pour comprendre comment ce projet transforme notre regard. Pour ne rien manquer de cette aventure humaine et poétique, abonnez-vous à PopIn sur votre plateforme d'écoute préférée. Et si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à lui laisser 5 étoiles. Un grand merci pour votre écoute, et n'oubliez pas... Ralentissez le regard et laissez place à l'imaginaire.