- Speaker #0
On peut très bien conduire une voiture sans connaître le code de la route, mais à quel prix ? J'avais pensé à l'époque à la pioche. Pourquoi ? Parce qu'il est capable de résoudre des problèmes complexes et puis de s'adapter à des environnements différents. Je suis quelque part le sherpa contractuel des chefs de projet. Pour en guider, prévenir et soutenir, ça fait GPS.
- Speaker #1
Je suis Sébastien Muller, manager de transition, et je suis très heureux de vous accueillir dans le podcast du Contract Management. Laurent, bonjour.
- Speaker #0
Bonjour à toi Sébastien, merci pour l'invitation tout d'abord.
- Speaker #1
Alors Laurent, pour débuter, qui es-tu ?
- Speaker #0
Ah, qui je suis ? Je suis Laurent Masson, je suis dirigeant de la société qui s'appelle Laurent Masson DNT, que j'ai créée il y a 2022. et en fait ma société intervient principalement dans dans le management contractuel, commercial et contractuel, de projets de construction et de projets d'infrastructure, plus spécifiquement. Alors des fois, ça peut être d'autres missions, mais je suis plutôt dans ces missions-là, principalement que ça soit en France à l'international, et je dirais que c'est plus à l'international qu'en France, d'ailleurs. La tendance est plutôt dans ce sens-là.
- Speaker #1
Et que signifient les lettres DNT à Laurent Masson ? DNT, ça fait un peu TNT, tu sais, mais j'imagine que ça n'a rien à voir. Alors,
- Speaker #0
ce n'est pas Donald Trump, déjà, parce qu'on est sortis cette boucane. Non, c'était un lien avec développement et transition. Et puis, je voulais que le nom... Parce que je m'attendais à l'avance quand même de travailler. à l'international plus ou moins, puis je me suis dit tiens ça peut être on va dire une façon d'appeler la société qui sonne un peu à la façon anglo-saxonne je dirais, donc j'avais fait dans cet esprit là. Avec le recul, j'aurais encore fait autrement parce que honnêtement la touche spéciale pour faire le « et » et un peu compliqué à expliquer par téléphone ou quand il veut créer un compte fournisseur quelque part.
- Speaker #1
Je comprends. Alors si tu...
- Speaker #0
Oui, vas-y. Pour terminer la présentation de la société, moi j'interviens dans trois volets principaux. C'est l'identification et l'évaluation des risques et puis de... proposer des solutions d'amélioration pour la personne qui m'a consulté. Donc ça, c'est un premier volet. Après, le deuxième volet, c'est un volet qui est plus en phase d'exécution parce que le premier est souvent demandé en phase d'offre. Donc le deuxième volet, c'est tout ce qui est gestion de contrat et des réclamations en phase d'exécution. Donc moi, j'ai la chance de pouvoir travailler soit pour les ingénieurs conseils, soit pour les entrepreneurs. les maîtres d'ouvrage et parfois aussi les sous-traitants lorsqu'ils doivent signer un contrat qui est assez conséquent et ils sont perdus dans ce type d'exercice. Et je suis là pour les aider ou en tout cas les aider à exécuter leur contrat de la meilleure des manières. Puis j'ai un troisième volet qui est la formation, la formation des équipes opérationnelles. Donc c'est de la sensibilisation au contrat, soit des contrats que justement les équipes ont reçus et ont du mal à apprécier, si je puis dire, ou soit des contrats de type standard. Donc moi j'ai une spécialité qui sont les contrats physiques. Donc c'est des contrats justement qui sont utilisés pour des projets de construction de plus ou moins grande envergure. Il y a plusieurs déclinaisons on va dire dans cette série de contrats physiques. Et je suis également certifié par le FIDIC comme contract manager par cette organisation. Donc en gros, voilà, c'est les trois volets que j'ai. C'est l'évaluation des risques, gestion en phase d'exécution et puis de la formation.
- Speaker #1
Très complet, dis donc. Peut-être pour faire un peu de culture générale pour ceux qui écouteront ce podcast, tu pourrais en quelques phrases expliquer les spécificités des contrats fidiques et de quoi on cause quand on parle de contrats fidiques ?
- Speaker #0
C'est des contrats qui ont été définis à la base par une fédération d'ingénieurs-conseils francophones. Ça a été créé de mémoire, je crois, à partir de 1913. Et au fur et à mesure des époques, ils ont développé toute une série de livres. Ils ont commencé par un livre qu'on appelle le livre rouge. Il y a un contrat qui se rapproche beaucoup de la mentalité anglo-saxonne, dans le sens où tu as un ingénieur qui travaille avec le maître d'ouvrage. Cet ingénieur-là a certainement aussi fait tout ce qui était le dessin de détail, tout ce qui est le design préliminaire, le design aussi détaillé. Et après, en phase d'exécution, en fait, que fait l'entrepreneur ? l'entrepreneur reprend Le travail qui a été fait, et lui il l'exécute, simplement. C'est-à-dire qu'il ne va pas forcément faire du design, il ne va pas faire du dessin, de la conception, mais il va simplement exécuter ce que l'ingénieur, et donc par la voix du maître d'ouvrage, le travaille à faire. Donc ça c'est très très très mentalité anglo-saxonne. Et après, ils ont développé deux autres livres principaux qui sont le livre jaune et le livre argent. Et le livre jaune, lui, du coup, c'est, on va dire, l'inverse. Ce n'est plus forcément le client qui apporte la conception détaillée. Ça va être l'entrepreneur qui va gérer la conception détaillée et qui va faire aussi la phase de réalisation. Et là, on se rapproche à la culture française. où c'est l'entrepreneur qui a cette connaissance, cette expérience, et qui a vraiment cette culture qui transpire dans le droit civil français d'ailleurs. Donc on est vraiment dans cet esprit-là. Puis après il y a un livre argent qui lui est ce qu'on appelle un projet de construction clé en main. C'est comme le livre jaune, il y a la conception et la phase de réalisation qui est faite par l'entrepreneur, mais par contre, il y a plus de risques qui sont sur les épaules de l'entrepreneur. Donc ça, là, je t'ai cité les trois principaux livres. Ces livres-là vont vraiment pour des tas de projets différents. C'est le livre standard le plus utilisé au monde. C'est beaucoup utilisé en Afrique, c'est beaucoup utilisé en Asie, parfois en Europe. aussi, parfois en France aussi, mais vraiment c'est vraiment présent en Amérique du Sud, c'est vraiment présent dans différents endroits de la planète. Là, j'ai cité les trois livres principaux, mais il y a toute une déclinaison aussi d'autres livres, parce qu'il y a des livres qui sont spécialisés pour les travaux souterrains, il y en a d'autres pour des projets plus modestes, comme le livre vert, etc. Voilà. Est-ce que j'ai répondu à ta question ?
- Speaker #1
De façon magistrale, si j'ose dire, Laurent, puisque tu m'as même aidé à remettre certaines pièces du puzzle que j'avais à propos de Philippe dans des cases. Merci pour ça. Alors, si tu dois expliquer ton métier de contract manager à quelqu'un qui en a peu ou pas entendu parler, comment tu présentes les choses ?
- Speaker #0
C'est une bonne question qui est intéressante parce que souvent, quand vraiment des gens qui ne connaissent pas, on leur dit je suis contract manager, pour eux c'est de la paperasse, c'est de l'administratif. C'est, j'ai envie de dire, une vision peu reluisante du métier. Maintenant, pour quelqu'un... Qui ne connaît pas du tout ce métier-là, je lui dirais que je suis quelque part le sherpa contractuel des chefs de projet, des directeurs de projet ou des chargés d'affaires. L'idée en fait, c'est d'aider les directeurs de projet, par exemple, à les guider dans l'interprétation du contrat. C'est aussi prévenir les risques à surmonter. Et puis enfin, c'est soutenir les actions contractuelles opérationnelles, c'est-à-dire faire de la rédaction de courrier, de la stratégie, supporter le directeur de projet dans la négociation, etc. Et en fait, si tu prends, et je l'ai fait exprès bien évidemment, mais si tu prends guider, prévenir et soutenir, ça fait GPS. Donc on est là aussi. C'est vraiment là le principe même du Sherpa contractuel au service des directeurs de projet. C'est de les aider à les guider au mieux, dans la bonne direction, dans les meilleures conditions. Et puis c'est surtout une aventure humaine, à mon sens.
- Speaker #1
Je partage ton avis. C'est la première fois que j'entends la comparaison de Sherpa contractuel que je trouve vraiment très, à la fois pertinente et ça fait voyager tout de suite. Ça met dans un autre univers, donc je trouve ça très intéressant.
- Speaker #0
Oui, ça met des images dans la tête, clairement.
- Speaker #1
Alors, à l'origine, tu étais parti pour... Pour faire quel métier ? Tu as fait quelles études ? Tu te rêvais comment quand tu étais petit garçon ?
- Speaker #0
Quand j'étais petit garçon... Ou plus grand garçon. Oui, parce que quand j'étais petit garçon... Alors c'est rigolo parce qu'il n'y a pas très longtemps j'ai eu cette réflexion-là. Je me souviens quand j'étais vraiment enfant, je voulais faire inspecteur de police. Donc il y a ce côté quand même, investigation, enquête, qui à mon avis fait partie aussi des outils du contract manager, qui se doit d'être curieux, qui se doit de... d'aller investiguer, de tirer sur la pelote et de remonter au fur et à mesure pour mener sa propre enquête. Mais on va dire que quand j'avais une vingtaine d'années, à la base je viens d'études techniques et je me vouais à travailler soit dans les unités de production dans les usines, soit dans les bureaux d'études, bureaux des méthodes, dans tout ce qui est industrie des micro-techniques, parce que je viens de là. Mais en fait, l'univers industriel me plaisait énormément, mais la technique pure, ou en tout cas le fait de rester, par exemple, dans un bureau d'études du matin au soir, franchement, je pense que je n'étais pas très bon, premièrement, et même si j'ai eu mes examens, etc., mais je ne m'y projetais pas du tout. Donc je me suis vraiment posé cette question-là, de ce que je voulais faire plus tard, Et... En fait, en faisant une sorte d'introspection, je me suis dit en fait, l'industrie, la technique, tu connais, donc tu ne vas pas lâcher parce que ce serait quand même dommage d'avoir passé X années et de ne pas pouvoir l'exploiter après. En même temps, tu aimes bien le commerce parce que j'ai eu des expériences perso où j'étais vendeur l'été, etc. C'est parti vraiment comme ça. Et puis, j'adorerais voyager, j'adore l'international. En tout cas, ça me fait briller. Je me suis dit, en fait, c'est technique, commerce, international. Je suis parti comme ça en fait. Après, j'ai fait deux écoles de commerce. La deuxième, c'est pour avoir un DESS, donc un Master 2 en affaires industrielles et internationales. J'ai toujours mélangé, à partir de là, expérience professionnelle et remise à niveau par le biais de formations, plus ou moins longues. Ce qui fait que j'ai eu différentes expériences. J'ai démarré à gérer un centre de profit en PME-PMI. Juste avant, quand même, je me souviens aussi, j'ai été assistant chef de projet chez Alstom Transport, dans les moteurs de traction pour le ferroviaire, où j'avais en charge, avec le chef de projet qui travaillait en front line, le portfolio américain. Donc, Métro de New York, Tramway de New Jersey, des projets comme ça. Je me suis dit, super, j'y suis. L'international, les projets, je reste toujours dans la technique. Et puis après, j'ai eu l'opportunité de travailler en PME, PMI, dans la responsabilité d'un centre de profit. Les centres de profit, c'est très proche, à mon sens, de ce que font les chefs de projet et les contract managers, sous un certain angle, parce que... C'est un rôle où tu as aussi une vision à 360 degrés d'un deal. Alors, il s'avère que les centres de profit, ce n'est pas forcément un deal en particulier, mais en tout cas, tu as un écosystème que tu gères. Et il n'y a pas beaucoup de personnes qui peuvent avoir cette vision-là sur différents sujets, sur une même entité ou sur un même projet. Donc, en fait, j'ai démarré comme ça. Donc, c'est une étude technique. Après, je suis parti en école de commerce et tout ça, ça a été parsemé par ces deux expériences dans un grand groupe et puis en PME-PMI. Et après, j'ai vraiment basculé dans le contract management une fois que j'ai eu mon master 2 en affaires industrielles et internationales, parce qu'il y avait une offre qui était à l'époque dans Courrier-Cadre, où General Electric, une société américaine, recherchait ce qu'ils appelaient un commercial leader. Donc en fait, c'est là que je suis tombé dans la marmite. des contrats. Comment ? Parce que ce contrat-là, cette expérience-là, tu es responsable de la réponse aux appels d'offres sur des projets de plus ou moins grande envergure, mais en fait ça consiste vraiment à aller dépouiller les appels d'offres. et puis répondre de l'élaboration jusqu'à la négociation de contrat de vente pour des centrales électriques qui allaient jusqu'aux milliards d'euros. La plus grosse que j'ai négociée au sein de ce groupe-là, c'est un milliard d'euros. Et puis le terrain de jeu, en ce qui me concernait, c'était de l'Europe de l'Ouest jusqu'en Asie centrale. Et ça, c'est une super expérience parce que ça m'a mis le pied à l'étrier dans l'expertise des concepts. juridiques, commerciaux, financiers sur ce type de projet là. Je sais qu'à l'époque on n'avait pas forcément beaucoup de juristes à disposition dans le groupe donc l'idée du groupe c'était de nous ultra former pour qu'on puisse être indépendant à 80-90%. pouvoir aller négocier le plus possible, et puis faire venir le juriste à la fin, ou en cours de route, sur des sujets bien spécifiques, comme les indemnités, les assurances, la propriété intellectuelle, etc. Donc moi, ça m'a vraiment aidé, pour mettre le pied à l'étrier dans le contract management, à avoir cette vision à 360 degrés, le fait de faire du reporting devant le board américain, en visioconférence, à l'époque, en 2005, donc il y a 20 ans. de travailler avec des équipes multidisciplinaires, avec un juriste qui travaille à Londres, les assurances, quelqu'un qui est basé à Atlanta aux Etats-Unis, la partie finance qui est en France, on était tous disséminés dans différents endroits du globe. Et c'était vraiment une super expérience. Et je dirais que ce qui était top, encore une fois, c'est la vision à 360 degrés. Parce que j'étais une des seules personnes qui avait cette vision-là autour d'un tel projet en phase d'offre.
- Speaker #1
Ça a l'air passionnant et on sent la passion dans la façon dont tu entends.
- Speaker #0
C'est une des plus belles expériences de ma vie. C'était dur. Parce que la marche était haute, parce que moi je suis en tête PME-PMI quand même, et quand je dis ça, c'est vraiment avec tout le respect que j'ai pour les PME-PMI, parce que c'est vraiment des systèmes différents et c'est top aussi, mais c'est pas pareil, il y a avantages et inconvénients dans les deux systèmes. Mais la marche était haute pour moi en tout cas, parce que là le niveau d'anglais, il fallait qu'il soit opérationnel assez vite, aussi pour le niveau opérationnel juridique. C'est pareil. Voilà. C'était vraiment des choses nouvelles pour moi.
- Speaker #1
C'est dans ces situations-là qu'on apprend aussi vite et plein de choses.
- Speaker #0
Ah oui, oui. C'est-à-dire qu'on ne te fait pas passer par le pâteau joueur, on te prend la perche et on te balance dans le grand bain. Donc, tu apprends à agir rapidement. Exactement.
- Speaker #1
Bien. Alors aujourd'hui, à quoi ressemble pour toi une journée de contract manager ? Est-ce qu'il y aurait une journée type ?
- Speaker #0
Non. Je ne sais pas ce que vont forcément répondre les autres, mais en tout cas, moi, c'est extrêmement difficile de répondre à une question comme ça, parce que dans ma société, je gère un portefeuille de clients différent. Vraiment, l'idée à la base, c'est d'offrir du service le plus possible en termes de flexibilité. Donc, j'ai envie de dire que je sais comment une journée démarre, mais je sais rarement comment elle peut... se terminer. Donc, c'est très compliqué. Maintenant, une journée, ça peut être de regarder un contrat, ça peut être de faire des conférences téléphoniques pour préparer la stratégie, pour faire de la négociation, ça peut être des déplacements physiques. Donc, le mois dernier, j'étais en Afrique pendant une dizaine de jours, ça peut être proposer des formations. à mes clients et ça peut être aussi de l'apprentissage pour moi parce que c'est très important pour moi que je me forme au fur et à mesure j'avais
- Speaker #1
une distraction en interne tu m'entends ? j'avais une distraction en interne donc tu continues à te former ? continuellement
- Speaker #0
Oui, je continue. Pour l'instant, je suis sur une formation. Donc, je n'aime pas trop dire tant que ce n'est pas fait. Donc, je préfère attendre que ce soit validé, on va dire. Mais oui, je regarde. Alors, il y a des formations. Ça peut être des formations d'une journée, on est d'accord, une formation plus rapide. Mais c'est un mélange, en fait. Des fois, je fais des formations qui demandent plus d'investissement perso. et puis d'autres qui sont un peu plus faciles d'accès, on va dire. Et tout ça, moi, en fait, l'optique, et des fois, je le dis à mes clients, c'est que je me paye des formations que mes clients n'ont pas le temps de prendre.
- Speaker #1
Très clair.
- Speaker #0
Pour apporter toujours plus.
- Speaker #1
Pour apporter toujours plus de valeur.
- Speaker #0
Essayer d'apporter toujours plus. Et eux, ils n'ont pas le temps. Par contre, eux... Ils sont intéressés pour avoir la quintessence d'un concept ou une restitution sur une problématique ou un sujet. Et moi, c'est une façon de les aider aussi. Et j'adore apprendre.
- Speaker #1
C'est très intéressant comme approche. Et par ton expérience, où penses-tu que le contract management apporte le plus ? Est-ce que c'est en phase pré-signature, en après, en exécution, en phase de contentieux ?
- Speaker #0
Je vais faire une réponse de Normand. Je pense que ça apporte partout. Après, le truc, c'est que moi, j'ai travaillé autant... Parce que chez Genrectric, j'ai passé six ans dans les opérations commerciales. J'ai passé aussi neuf ans où j'étais directeur des services directeurs. Là, j'ai passé neuf ans où je gérais un centre de profit qui... s'occupait de la bonne exécution contractuelle, opérationnelle et financière des contrats de maintenance. Pourquoi je te dis ça ? C'est parce que j'ai démarré ma carrière chez Gélectrique en phase amont, la phase d'offre, et les contrats de maintenance, on arrive plutôt vers la fin. Je sais que ça apporte partout. Le contract management, ça apporte en phase d'offre, en phase d'exécution, puis en phase d'opération et de maintenance. Peut-être la différence que j'ai envie de préciser ici, c'est que c'est sûr qu'en phase d'offre, si ça part de travers, ça peut créer beaucoup de dégâts. Et l'influence, elle est énorme en phase d'offre. Après, tu joues avec les règles du jeu, du monopoli qu'on t'a mis sur la table. Une fois que tu es en phase de construction, tu joues avec ce que tu as signé. À la fois, c'est différent. Pour faire les deux, les trois, c'est-à-dire phase d'offre, phase d'exécution, et puis tout ce qui est opération et maintenance, une fois qu'il y a eu l'acceptation de la centrale, si on parle d'une centrale électrique par exemple, on ne regarde pas toujours les mêmes choses. C'est ça qui est paradoxal. C'est-à-dire qu'en phase d'offre, on va regarder des choses qui sont très... En fait, on essaye de se couvrir sur les principaux risques contractuels, les limites de responsabilité. Et par contre, en phase d'exécution, c'est là qu'on commence à voir comment l'architecture du contrat fonctionne quand même entre les différentes clauses. Donc on le fait en phase d'offre aussi, on regarde les maillages dans toutes les phases. Mais franchement, on ne regarde pas les mêmes choses. Donc c'est vraiment intéressant parce que... Peut-être que je m'égare un peu dans tout ce que je dis, mais en tout cas...
- Speaker #1
Non, non, c'est très intéressant.
- Speaker #0
Les gros dégâts, c'est en face d'offres, à mon sens. si on pense qu'on va signer le contrat et qu'on va se rattraper derrière je sais que ça peut se faire dans certaines cultures ça peut être très risqué quand même parce que je trouve que ça va être des discussions qui vont être assez compliquées ou c'est celui qui est le plus fort ou c'est celui je te tiens tu me tiens ça peut être compliqué Et puis les phases d'exécution, moi je trouve que c'est tout aussi intéressant parce que pour le coup, il faut vraiment faire avec les règles du jeu qui sont imposées. Donc voir comment on peut se débrouiller au milieu de cet univers qui est quand même plus ou moins fixe.
- Speaker #1
C'est intéressant, si je me permets de reformuler ce que tu as exprimé, en tout cas ce que j'ai compris, c'est que finalement... Un arbre qui a poussé dans une mauvaise direction, c'est compliqué de le remettre droit. Donc, il vaut mieux essayer de le faire pousser droit dès le départ. Ça sera plus simple.
- Speaker #0
C'est une super image. Merci Sébastien. Oui, c'est ça. C'est exactement ça que je voulais dire.
- Speaker #1
Alors, est-ce qu'il y a un cas concret que tu as vécu où tu as vraiment vu que le contract management et le contract manager ont fait la différence sur un projet ?
- Speaker #0
Alors, je ne vais pas parler de cas concrets, parce que je suis avec des clients et je n'aime pas...
- Speaker #1
Tout à fait normal.
- Speaker #0
Tu comprendras. Mais après, j'ai des cas concrets où il y a peut-être prescription, parce qu'il y a une vingtaine d'années, c'était quand j'étais salarié. Mais bon, en fait, ce que je pourrais dire par rapport à ça, oui, clairement. Un contract manager apporte une plus-value. Je pense notamment parfois aux... Tu peux avoir sur des projets, par exemple, c'est un exemple, des ingénieurs conseils qui sont embarqués dans un projet de construction. En fait, ils sont là pour épauler le maître d'ouvrage, mais souvent, ils ont une grosse... on va dire une grosse expertise technique, une grosse expérience dans le project management, dans le management projet. Donc, à la base, ils se sont pris là-dessus. Sauf que quand ils ont signé certainement leur accord, il y avait toute l'enveloppe, c'est-à-dire aussi de gérer les réclamations, de gérer ce qui allait venir avec la gestion de projet. Et, clairement, là, on a eu Là, tu sens qu'il peut y avoir des besoins en contract management et que le contract management apporte beaucoup. Donc apporte beaucoup quoi ? Faire attention au délai de foreclusion, respecter les procédures qu'il y a à suivre, attention aux jalons clés qui arrivent, respecter les critères, c'est quoi les critères. Donc il y a vraiment un rôle d'anticipation sur les choses qui peuvent arriver où il ne faut pas se louper. Il y a aussi la façon de régler les réclamations, ou la façon de les écrire, ou d'y répondre. Tout dépend du côté où tu es, si c'est du côté de l'entrepreneur, ou du côté maître d'ouvrage, et ou ingénieur conseil. Oui, clairement. Donc, soit pour faire de l'anticipation. ou soit, j'ai envie de dire, pour épauler des profils qui sont mis à disposition dans le projet, mais qui ont plutôt des profils de gestion de projet ou de super responsables techniques, mais qui sont beaucoup moins hardis sur la partie contractuelle.
- Speaker #1
Sur les aspects contractuels.
- Speaker #0
Et tout ça, il y a aussi des histoires culturelles aussi, Sébastien, parce qu'en France, on va peut-être prendre des gens qui sont très forts en impulsion. d'un point de vue technique, d'un point de vue opérationnel pur. Dans les pays anglo-saxons, ils ont un peu plus cette culture-là de gestion de contrat. Ils ont même des rôles à part entière. Tu as des claim managers, tu as des gens qui sont vraiment des rôles comme les quantity surveyors. Voilà, ils sont habitués, ils se disent ça, c'est les aspects financiers, les aspects réclamation, c'est lui qui va gérer, ça c'est plutôt de la gestion de projet, c'est le chef de projet. Donc ils savent que tout est important. Mais c'est aussi culturel en France, parce qu'en France, jusqu'alors, en tout cas je pense que c'est en train de changer, mais on disait, on fait et puis on verra après.
- Speaker #1
On délivre déjà le projet et puis on... Ouais,
- Speaker #0
c'est ça. Les anglo-saxons, c'est on fait et on... On essaye de régler les choses au fur et à mesure.
- Speaker #1
Très clair, très clair. Alors, si tu devais convaincre un décideur sceptique sur la valeur que peut apporter le contract management, et on sait que ça existe, si tu avais 30 secondes avec lui dans un ascenseur, tu lui dirais quoi pour tenter de le convaincre ?
- Speaker #0
Je lui dirais qu'on peut très bien conduire une voiture sans connaître le code de la route, mais à quel prix ? C'est peut-être possible de conduire la voiture sans permis pour faire 2 km dans un sentier. Maintenant, si vous ne connaissez pas les règles du jeu, vous ne connaissez pas votre... le code de la route, comment vous allez faire quand vous allez vous retrouver sur la DEVOIR, comment vous allez savoir si vous êtes en sens inverse ou si vous êtes dans le bon sens, à quoi vous vous exposez quand vous allez doubler, etc. Et le rôle du contract manager, il est exactement là pour ça, à côté du directeur de projet, dans la même voiture. Ils sont embarqués pour arriver à une certaine destination. Et le directeur de projet, lui... Il a la phase opérationnelle, donc on lui demande surtout de délivrer avec le contenu demandé, exigé, le scope demandé. On lui demande de respecter les délais à un certain prix, entre guillemets. Et tout ça, ça l'accapare énormément. Donc si je reprends ma métaphore de la voiture, c'est lui qui pilote la voiture, c'est lui qui conduit. Il est peut-être bien content aussi parce que lui, il ne connaît pas le code de la route. Et il est bien content qu'il y ait son ami contract manager qui soit à côté de lui pour lui dire, là, tu peux accélérer jusqu'à telle vitesse. Là, tu fais attention. Là, on est obligé de s'arrêter. Là, si on franchit comme ça, on s'expose à ceci, cela. Qu'est-ce qu'on fait ? Etc. Donc, je le présenterais comme ça. C'est-à-dire, on peut très bien conduire une voiture sans connaître le code de la route, mais à quel prix ?
- Speaker #1
Ok. Donc, tu présenterais un peu le contract manager comme le copilote 180 mètres Ausha qui crie.
- Speaker #0
Franchement, oui, il y a cet aspect-là. Et on en revient encore sur la partie GPS. Mais c'est vraiment ça. C'est-à-dire aussi retrousser les manches avec le directeur de projet. C'est-à-dire que quand il faut l'aider dans l'opérationnel pur. Il peut être là aussi en backup. Moi, j'ai vraiment cette vision-là. Encore une fois, pour moi, dans un projet, tu prends un projet, comme j'ai l'habitude parfois de voir, c'est des projets entre 200, 400, 600 millions d'euros. Tu as un directeur de projet qui est là-dessus. C'est un des seuls rôles qui a une vision holistique de tout ce qui se passe. Le deuxième qui peut l'avoir, c'est le contract manager. Donc s'affranchir d'une deuxième vision holistique comme ça, qui est complémentaire en plus, je trouve que c'est compliqué, c'est risqué.
- Speaker #1
Écoute, moi tu m'as convaincu, et j'espère que tu convaincras beaucoup de monde. Merci. Si on parle un peu, si on regarde vers l'avenir, vers le futur, peut-être avant de parler du futur, je reviens un peu en arrière, mais est-ce qu'il y a un rituel de suivi contractuel que tu mets en place et que tu recommanderais à tout le monde ?
- Speaker #0
Alors ce que je fais, je vais prendre celui-là, mais pour ceux qui me connaissent déjà, ils peuvent savoir un peu par avance ce que je vais dire, mais... C'est toujours intéressant. Je me souviens, justement, quand je travaillais dans les opérations commerciales chez Géant Électrique, mon chef direct me disait « Laurence, tu veux connaître ton projet, il faut que tu connaisses les dates, les jalons de ton projet. C'est le squelette de ton projet avant de faire toute autre chose. » Donc en fait, quand j'empoigne un nouveau projet, à chaque fois, en lisant le contrat, au fur et à mesure des pages, etc., ça dépend. pourquoi on me demande, mais je fais une frise chronologique où je mets un maximum d'informations au même endroit. Et en fait, toutes ces infos-là, elles sont disséminées dans différents endroits du contrat. Et moi, je fais vraiment une synthèse de tout ça sur une seule page avec la frise qui rappelle le timing, quand ça doit être délivré. Et je mets quand est-ce que le démarrage des travaux, la date d'acceptance. Quand est-ce qu'on est pénalisé ? Quand est-ce que le transfert des risques se passe ? Quand est-ce que le transfert de propriété se passe ? Les tableaux de paiement, des fois je les mettais avec les pourcentages, les garanties de bonne exécution, quand est-ce que ça descend peut-être de 10 à 5% par exemple, etc. Et comme ça... Tu as une image qui est globale et à chaque fois qu'on me pose une question, je sors cette feuille-là. En 30 secondes, j'ai tout de suite une vision qui est très claire. Et rien que de le faire, ça me permet de m'immiscer dans le projet. Et ce type de tableau-là, ce type de frise chronologique que moi je fais sur un outil très simple, sur Excel, qui n'a pas vocation à faire ça à la base, bien évidemment. Et c'est pour dire qu'on n'est pas obligé de prendre des outils extraordinaires. Ça me sert à moi, ça me sert aux équipes projets qui sont avec moi. Donc on en reparle. Là, je suis sur un projet de barrage hydroélectrique en Afrique. J'ai fait cet exercice-là. Une fois par mois, on se remet autour de la table et on regarde cette fresque. Et des fois, on dit, attends, c'était quoi les étapes de l'acceptation, etc. Donc au lieu d'aller retourner... de tourner dans le contrat, puis de retourner les pages, ok, si on veut du détail, avoir une question bien précise, bien sûr, il faut y aller. Mais au moins, déjà, ça donne la quintessence du projet. Ça permet aussi d'expliquer à des gens qui ne sont pas sur le projet tous les jours assez rapidement les tenants, les aboutissants du projet en termes de timing et en termes de responsabilité, de répartition des risques. Et puis, parfois, on le partage. Partage aussi avec l'autre partie, le concontractant, pour savoir s'ils sont bien au fait. Parce qu'en fait, tu t'aperçois des fois sur des projets, on n'a pas tous la même maturité en termes contractuels. Et je trouve que c'est super important de prendre l'autre partie. Alors, je ne sais pas si c'est la bonne expression, mais par la main, ou en tout cas de l'aider le mieux possible. Si toi, tu sens que tu as un peu plus de maturité, peut-être sur tel sujet ou sur... telle façon d'empoigner tel ou tel projet parce qu'en final on a tous à y gagner c'est pour dire j'ai l'info, il ne le sait pas il va se faire avoir ou je ne sais pas quoi ouais mais est-ce que c'est ça qui va nous permettre d'arriver en temps et en heure comme c'était prévu,
- Speaker #1
je ne sais pas très intéressant très intéressant ce que tu expliques parce que ce qu'on voit apparaître en filigrane c'est que Le partage d'une compréhension commune du contrat, ce qui l'empêche qu'il peut y avoir des interprétations de certaines parties du contrat. Mais en tout cas, un partage d'une compréhension commune, ça permet de sécuriser des projets.
- Speaker #0
Ah oui, oui. Et moi, je recommande de faire ça même en période de ce qu'on appelle les kick-off, les démarrages de projets, pour savoir si on a bien la même compréhension. Mais on peut le faire aussi en phase d'exécution. C'est pas parce qu'on ne l'a pas fait auparavant qu'on ne peut pas s'y mettre à un moment donné.
- Speaker #1
Alors je te propose maintenant, Laurent, de regarder un peu vers l'avenir. Alors aujourd'hui, est-ce que tu utilises déjà des outils d'intelligence artificielle dans ton quotidien de contract manager ? Et si oui, pour faire quoi ?
- Speaker #0
Alors j'utilise des... Oui, globalement oui, déjà, pour répondre à la question. J'utilise aussi en tant qu'entrepreneur, parce que des fois je fais des... J'arrive de faire des publications sur LinkedIn, par exemple, pour créer une image, pour peaufiner du texte que j'ai écrit. Ça peut arriver que j'utilise de l'intelligence artificielle. Dans le rôle du contract manager, je l'utilise aussi. Je dirais que mon outil privilégié, c'est ChatGPT. En fait, je l'utilise pour deux principales raisons. C'est soit potentiellement pour faire de l'amélioration de texte. Donc l'idée, ce n'est pas de lui demander de me sortir quelque chose, mais c'est plutôt que moi, j'apporte la matière première et je lui demande de savoir si mon texte est à plus ou moins... En fait, je l'ai calibré de telle sorte qu'il me dise si la qualité de mon écriture est supérieure à 90. ou pas et du coup ça me permet de d'apprendre en même temps et puis je l'utilise des fois pour des confirmations d'interprétation c'est à dire que je lis un texte un texte assez sophistiqué et je voudrais être sûr d'avoir compris ce qui a été dit là donc je peux prendre un extrait de texte comme ça et lui dire voilà ma compréhension est ce que c'est la bonne et et je demande une confirmation. Après, il faut quand même faire attention à ce que des fois la machine peut sortir parce que sur ce que je viens de dire, ça se passe très bien. Mais quand tu ne connais pas le sujet et que tu commences à laisser la machine faire à ta place de A jusqu'à Z, je trouve que ça peut être dangereux. Néanmoins, les gens de ma génération, je pense de notre génération, je pense Sébastien, parce qu'on doit être assez proches, on a le meilleur des deux mondes. C'est-à-dire qu'on a travaillé sur des contrats... sur du contract management sans que l'intelligence artificielle existe et aujourd'hui elle est là donc on a quand même cette capacité du jugement pour dire que attention ça ce qu'il est en train de dire sur ce concept là soit j'ai mal posé ma question ou il a mal interprété mais là il est en train de sentir une hérésie et et Bon, étant par exemple un spécialiste du contrat physique, il n'est pas rare que quand tu poses une question à un chat GPT, il arrive encore que des fois, il sorte des choses qui ne sont pas conformes à ce qu'il y a dans le contrat. Et moi, je lui dis non, tu te trompes. Il me dit ah oui, tu as raison, etc. Tu as raison,
- Speaker #1
félicitations, tu m'as corrigé.
- Speaker #0
Ce n'est pas... Donc attention à cet outil-là. Les gens de notre génération ont encore cette... et puis même des générations qui viennent après. Mais ce que je veux dire par là, c'est qu'à un moment donné, nous, on arrive à faire la part des choses par rapport à ce qu'on sait, ce qu'on ne sait pas, si ça a du sens et tout, parce qu'on a ouvert des vrais livres, parce qu'on a révisé, parce que ci, parce que ça. Donc, il y a eu un investissement cognitif important mené par chaque individu ces dernières années. Le risque. C'est clairement que dans quelques années, il n'y a plus cet investissement cognitif, parce que la machine fera tout à sa place, et des fois elle pourra peut-être encore sortir quelque chose qui n'est pas forcément opportun, et ça va passer comme une lettre à la poste.
- Speaker #1
Bien, très intéressant comme réflexion. Et pour se projeter encore plus dans l'avenir, comment tu vois le métier changer, évoluer à 5 ans ou 10 ans ?
- Speaker #0
Moi, je pense qu'à très long terme, au-delà de 10 ans, on va se retrouver... On peut se retrouver avec un rôle de contract manager qui n'existe plus en tant que tel, vraiment, parce que la machine évolue et le jour où, en fait, on va avoir un assistant virtuel, donc c'est quand même ce qui pointe à l'horizon et pas... pas que pour ce métier, il y a des tas d'autres métiers. Pour l'instant, on fait faire notre comptabilité chez un agent comptable. Il y a des tas de métiers. Mais avec ces outils-là, je trouve que ça évolue quand même. Tous les six mois, on a l'impression qu'il y a quand même une amélioration. Donc dans dix ans, effectivement, ça peut être... On peut vraiment avoir un assistant virtuel. On peut déjà se faire un assistant IA sur les thématiques du contract management. Et après, ça peut vraiment remplacer une personne à part entière. Donc, dans les cinq ans, non, je pense que ça va... Même dans les dix ans, ça va aller. Mais au-delà, je suis curieux. Qu'est-ce qui va rester pour... pour les individus, c'est la stratégie potentiellement, c'est la gouvernance, c'est-à-dire le pilotage, dans quel ordre on fait les choses, comment on amène les choses, comment on va structurer ça, etc. Ça peut être, je pense que même... Tu sais, dans les contrats de construction, par exemple, des fois, tu as des comités de règlement différents, ou en tout cas, tu peux avoir de l'arbitrage, par exemple, aussi. Si on va un cran plus loin dans la résolution des litiges, tu pourrais avoir sur trois membres de l'arbitrage, tu pourrais en avoir deux humains et un qui soit virtuel. Je serais curieux de voir ce type d'évolution. Qu'est-ce que ça peut donner de positif ? À très long terme, tu peux avoir deux IA qui négocient entre elles.
- Speaker #1
Écoute, c'est super intéressant ce que tu expliques. Et pour tout dire, tu es le premier qui me fait ce genre de retour, où j'avais plutôt des retours jusqu'à maintenant, qui ne se posaient pas ce genre de questions. Donc je trouve que cet éclairage est intéressant.
- Speaker #0
Et encore une fois, on a la chance d'avoir le meilleur des deux mondes pour l'instant, c'est-à-dire avoir aussi cette capacité de jugement et de pouvoir dire ça, ça a du sens, ça, ça n'a pas de sens, etc. Mais le jour où il n'y a plus cet investissement cognitif, comme je disais auparavant, là, ça va être compliqué, à mon sens, parce que du coup, ça veut dire que l'être humain aura lâché le morceau.
- Speaker #1
Bien, l'avenir nous dira comment... Comment les choses se passeront.
- Speaker #0
On verra. Exactement.
- Speaker #1
Ok. En tout cas, merci pour cette réflexion fort intéressante. Alors, pour passer à un autre sujet, mais qui, voilà, m'intéresse toujours, entre les ponts qu'on peut faire, entre le vivant et puis les contrats, le contract management. Alors, si le contract management était un écosystème vivant, le... lequel choisirais-tu, pourquoi ? Ça peut être aussi peut-être un écosystème qui correspond à ta façon de travailler. Ok.
- Speaker #0
Je pense qu'il peut y avoir plusieurs métaphores. Après, si tu me le permets, je vais prendre une plutôt... Je l'avais déjà fait en fait, dans un poste. Si le contract management était un animal, j'avais pensé à l'époque à la pieuvre. Pourquoi la pieuvre ? Parce que c'est un animal qui est quand même assez étonnant. Pourquoi ? Parce qu'il est capable de résoudre des problèmes complexes et puis de s'adapter à des environnements différents. Et puis c'est vraiment l'image de l'animal, parce que c'est un animal qui a 8 bras, donc moi ça me fait penser à un contract manager qui fait des tâches différentes, c'est-à-dire de l'analyse, de la rédaction, de la négociation, enfin vraiment différentes tâches. C'est un animal qui a 9 cerveaux, donc moi ça me fait penser au côté pluridisciplinaire. Un jour on peut travailler sur les assurances, après sur les garanties de bonne exécution, après sur un autre sujet juridique, technique, transport, logistique, commercial. Il y a cet aspect pluridisciplinaire grâce à ces neuf cerveaux. Et puis, c'est un animal qui a trois cœurs. Et ça, ça remet l'accent sur le fait qu'il y a beaucoup de connaissances, d'expertise à acquérir, mais il y a aussi un sacré développement pour un contract manager sur la partie sciences humaines et tout ce qu'on appelle soft skills en bon français. Donc vraiment, que ce soit la connaissance de soi, des autres, de son environnement, c'est vraiment important. Et puis la pieuvre, c'est un animal, c'est un être vivant qui est hyper curieux, qui a apparemment une faculté d'apprentissage qui est assez étonnante. Et puis le dernier clin d'œil, c'est que ça jette de l'encre. Je ne l'avais pas fait je compte dire celle-là. J'espère que je ne confonds pas avec un autre animal, mais normalement, si je ne me trompe pas, ça diffus de l'encre, donc ça me fait penser à la rédaction. Mais j'invite les personnes à regarder, je ne sais pas si ça y est encore sur Netflix, mais c'est La Sagesse de la Pieuvre. Il y a un documentaire qui est extraordinaire.
- Speaker #1
Alors, tu n'es pas le premier dans ce podcast à mentionner la pieuvre, mais tu le mentionnes sous un angle différent. Et puis, j'aime bien l'approche trois cœurs. Donc, le crack majeur a beaucoup de cœurs à l'ouvrage. Et puis, il faut des soft skills. Je trouve la comparaison très intéressante.
- Speaker #0
Les... comment dire... En fait, il y a le savoir-être et le savoir tout court, on va dire, et le savoir-faire. Le savoir, le savoir-faire, on peut toujours l'acquérir, c'est-à-dire qu'une personne qui a envie d'apprendre, elle y arrivera, etc. Le savoir-être, si tu ne travailles pas dessus exprès, et je pense notamment dans le métier du contract management à la résilience. Tu as l'écoute active, tu as l'affirmation de toi-même, mais tout en restant, que la relation reste intacte ou la plus préservée possible. Tu as l'esprit de synthèse aussi, qui fait pour moi partie des soft skills et d'une meilleure connaissance aussi d'apprendre à restituer les choses. L'esprit d'équipe, parce qu'un contract manager, il m'arrive souvent d'être au milieu de... d'équipes qui sont fort différentes, avec différents vécus. Donc tout ça, c'est vraiment un programme de vie, en fait. C'est-à-dire que ça ne s'arrête jamais, et ça te sert autant personnellement que professionnellement, mais c'est vraiment un indispensable du contract manager. Encore un de plus, j'ai envie de dire, mais... Je sais qu'on parle des animaux, on cherche tous le mouton à cinq pattes, mais on ne peut pas dissocier ça du contract manager. Tu peux avoir quelqu'un qui a raison en permanence, qui a vraiment la bonne solution contractuelle à proposer, mais si ce n'est pas le vendre, ça ne marchera pas. Et tu as quelqu'un qui va sortir une énormité, mais il la sort tellement bien. que ça va passer. Avec tellement d'aplomb. Oui, oui.
- Speaker #1
Et puis avoir raison tout seul, ça ne sert pas à grand-chose. Bien. Est-ce qu'il y a un endroit ou un rituel que tu aimes bien pour lire un contrat ou relire un contrat ?
- Speaker #0
Alors moi, ce que je fais, ce n'est pas un endroit, mais c'est plutôt une façon. C'est que j'utilise beaucoup de musique à 432 Hz. C'est précis ça ! Oui, parce que le cerveau a différentes longueurs d'onde. Et selon la longueur d'onde qui est en fonctionnement, ça n'a pas la même fonction dans le cerveau. Je parle de ça vraiment avec mes mots et je ne suis pas spécialiste. En tout cas, ce que j'ai compris, c'est que les ondes alpha ou en tout cas les musiques à 432 Hz sont des musiques qui sont extraordinaires pour être en mode de concentration. Et effectivement, c'est quelque chose que je pratique depuis un certain temps et ça me permet vraiment de me focaliser sur la tâche que je suis en train d'accomplir. Et moi, je le fais quand je lis des contrats ou quand je rédige des choses parce que je vois bien que mon mode de concentration est à un niveau différent que quand je ne le fais pas. donc en général c'est de la musique où il n'y a pas de paroles il n'y a pas de... voilà mais Mais ça te plonge dans un état qui n'est pas hypnotique, mais qui est un état de concentration pur. C'est utilisé de toute façon. Toutes les techniques qui sont utilisées par l'armée, l'aérospatiale, les sportifs de haut niveau, s'ils le font, c'est que ça apporte quelque chose. C'est comme la cohérence cardiaque, c'est un outil qui peut être hyper intéressant pour... pour réduire le stress notamment il me semble que c'est obligatoire pour les pilotes de chasse avant de monter dans un avion rafale c'est obligatoire de le faire donc il y a un moment donné tu te dis tiens si ces gens là le font quand même c'est que ça
- Speaker #1
apporte d'accord donc c'est de la musique 422 hertz
- Speaker #0
32 après tu vas sur moi je suis sur 10 heures mais surtout Toutes les plateformes, il y a toujours la même chose, tu tapes musique pour étudier, musique pour lire, musique concentration, tu tapes 432 Hz aussi, tu as des playlists, 432 Hz.
- Speaker #1
Je ne connaissais pas du tout, donc tu m'as vraiment appris quelque chose, j'en suis vraiment ravi, je vais m'intéresser à ça. Je vais m'intéresser à ça. Si tu pouvais aujourd'hui laisser un message... à Laurent qui débute comme contract manager, tu lui dirais quoi ? Un message de 30 secondes, on va dire.
- Speaker #0
Un message de 30 secondes, je lui dirais que tu vas rentrer dans un métier passionnant parce qu'il y a tout ce que tu recherches, cette vision à 360 degrés, de comprendre les choses dans leur globalité. Tu vas pouvoir travailler avec différentes fonctions, différentes personnes, différents hiérarchies. Tu vas vivre une aventure humaine avec des gens qui sont... Tu vas rencontrer des gens brillants et inspirants pour la plupart. Tu vas des fois te transformer en sous-marin pour aller dans le détail. Des fois tu seras un hélicoptère pour avoir la vue d'ensemble que je te disais avant. Tu vas développer des facultés de synthèse grâce à tout ça. Et t'adores la clarté, donc tu vas voir, ça va être génial. Et tu vas te sentir utile en trouvant des solutions ou éviter des pièges. Les autres ne peuvent pas voir.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y aurait un livre, une ressource, quelque chose que tu recommanderais à quelqu'un qui veut en savoir plus sur le contract management ou qui veut se former ?
- Speaker #0
Sur la partie expertise pure, je trouve que c'est trop... Moi, je suis très orienté physique, ce type de contrat de construction d'infrastructures à l'international, de projets industriels à l'international, donc je ne veux pas forcément rentrer là-dedans. Tout à l'heure, on parlait des soft skills. Il y a un livre que j'ai lu, alors ce n'est pas récemment, mais... Je vais quand même en parler parce que c'est le livre d'Olivier Siboni, « Vous allez commettre une terrible erreur » . Et ce livre, en fait, il est sur les biais cognitifs et la prise de décision. Et je trouve que c'est super intéressant, en tant que contract manager, de voir comment on peut, contract manager, project manager, voilà, toutes les personnes qui gravitent dans le monde. dans un projet, de voir comment on peut, les biais cognitifs qu'on peut être mené à faire, à voir. Et je m'aperçois qu'en fait, moi j'ai travaillé chez Général Actrique pendant 15 ans, rien qu'en lisant le livre, j'ai vu que certaines choses qui étaient recommandées par Olivier Ciboni, je comprends mieux pourquoi Général Actrique faisait comme ça, déjà à l'époque. Et c'est vraiment extraordinaire. Donc j'invite vraiment, si vous êtes curieux par rapport à ça, savoir comment on décide, savoir comment on dérive dans la décision. C'est un livre qui peut être très intéressant. C'est peut-être un peu hors sujet, je ne sais pas. Non,
- Speaker #1
c'est très intéressant. On a bien vu dans cette discussion que le contract management, c'est un sujet très éclectique. Donc ça rejoint tout à fait cette idée-là. Ça rejoint cette idée-là. Bien, et enfin une dernière question, Laurent. Qui aimerais-tu entendre dans ce podcast après toi ?
- Speaker #0
Alors moi, j'aimerais bien entendre un contract manager ou des contract managers qui travaillent dans les projets de construction internationale, juste pour voir ce qu'ils ont à te dire par rapport à leur véhicule, les questions...
- Speaker #1
Et du coup, est-ce que tu as un nom précis à me recommander ?
- Speaker #0
Comme ça, non, mais je... Non ? Ok,
- Speaker #1
donc tu me donnes le challenge de trouver le... Le contact, ok.
- Speaker #0
Moi, j'essaierai peut-être d'en suggérer un ou deux.
- Speaker #1
En tout cas, merci beaucoup, Laurent, pour cet échange. Merci à toi. Fort agréable, passionné, plein d'expertise, mais en même temps, plein d'ouverture, donc plein de hauteur et de profondeur, et de largeur aussi, pour être complet. Merci beaucoup, Laurent, pour cet échange. J'ai été très heureux de te recevoir dans ce podcast.
- Speaker #0
Merci à toi Sébastien, merci encore pour cette opportunité.
- Speaker #1
Et très chers auditeurs, je vous donne rendez-vous à bientôt pour le prochain épisode de Portrait de Contract Manager, itinéraire et histoire vraie. Si ce podcast vous a plu, n'hésitez pas à mettre des pouces, des étoiles et tout ce que vous voulez sur vos plateformes d'écoute favorites et à le diffuser autour de vous. Et à bientôt pour le prochain épisode.