- Speaker #0
Hello, bonjour à toutes, je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui et comme vous pouvez le constater, j'ai l'immense plaisir d'être accompagnée. J'ai un invité spécial aujourd'hui qui s'appelle le docteur Henri Bourgénaud. Salut Henri. Salut. Tu vas bien ?
- Speaker #1
Oui, et toi ?
- Speaker #0
Je suis ravie de t'accueillir ici et je sais que ton métier est vraiment beaucoup attendu, en tout cas sollicité, parce que j'ai beaucoup de questions sur la fertilité masculine et j'avais envie qu'on puisse explorer ça ensemble. Alors, on travaille ensemble chez Onae, chez Onae Kerr, qui est donc la première maison de fertilité en Belgique. Et donc, on va avoir l'occasion d'échanger ensemble parce que je sais que c'est un sujet qui est attendu. La fertilité, ce n'est pas qu'une histoire de femmes, ça concerne aussi les hommes, bien évidemment. Et donc, j'avais envie de poser plein de questions à Henri et de vous faire bénéficier de son savoir. Alors, Henri, est-ce que tu peux peut-être te présenter, nous dire un petit peu, donc tu travailles ici chez Onae Kerr, mais pas que.
- Speaker #1
Donc, je m'appelle Henri-Alexandre Bourgenot, je suis urologue, je travaille à ONAE pour des consultations vraiment spécialisées dans la fertilité masculine. Et aussi, je suis urologue au CHU Charleroi pour de l'urologie générale, CHU Marie Curie.
- Speaker #0
Ok, génial. Alors, est-ce que tu peux me dire, parce qu'on a eu l'occasion d'échanger en off plusieurs fois, et tu me disais que... finalement dans la formation classique de médecine il y avait très peu d'infos qui étaient communiquées par rapport à la fertilité et c'est ce qui t'a amené toi à te spécialiser bien sûr donc en tout cas je parle par rapport à ma formation que de laquelle j'ai bénéficié c'est un domaine qui est vraiment en
- Speaker #1
neurologie très peu développé très peu exploré c'est vraiment Si jamais on tombe pendant notre assistana sur des consultations, on se renseigne de notre côté, mais on n'a pas des cours ultra spécifiques. Dans des congrès, il y a toujours de temps en temps des présentations, etc. Mais ça reste quand même quelque chose d'assez rare, assez peu développé, assez peu connu malheureusement en urologie, en tout cas chez les urologues en Belgique. Voilà, maintenant, ce sont des choses qui vont changer, j'en suis persuadé, vu l'évolution que la fertilité prend et vu toutes ces choses-là. Et donc, c'est important. je trouve, de se former à ça, parce qu'on est de plus en plus confrontés à des problèmes de fertilité, ça, malheureusement.
- Speaker #0
Oui, et je crois que, effectivement, alors, c'est super intéressant, parce que on entend, j'ai envie de rebondir dessus, on entend que la fertilité masculine chute ces dernières années.
- Speaker #1
Absolument,
- Speaker #0
oui. C'est ton constat aussi.
- Speaker #1
En gros, c'est pas que mon constat, ça se base déjà tout simplement sur les normes qui sont utilisées pour, dans les différents domaines, dans les... Ce qui nous permet d'avoir une information sur la qualité de reproduction d'un homme, à savoir surtout par l'utilisation d'un spermogramme. Donc on sait que, on voit de ces dernières années que les normes du spermogramme, donc il y a plusieurs éléments qui sont testés, peut-être qu'on rentrera dans le détail, mais en tout cas, celle pour ce propos-là, c'est vraiment les formes normales de spermatozoïdes, parce que ça fait partie des éléments qui sont explorés. Il faut savoir qu'il y a encore quelques années, pour avoir un nombre normal de spermatozoïdes, avec des formes normales, on considérait qu'il en fallait 14%. Maintenant, la norme est passée du jour au lendemain à 4%. Et, encore une fois, c'est quelque chose qui peut faire peur quand on voit un spermogramme, des patients qui viennent, j'ai 1, 2%, ça ne va pas du tout. Rassurez-vous, moi, la première chose que je dis à ces patients-là, 1, 2%, oui, c'est sous la norme, ça laisse un petit peu moins de chance que ça fonctionne. Mais encore une fois, ce n'est pas assez loin d'être la cata.
- Speaker #0
Donc c'est génial de le savoir parce qu'effectivement, les hommes, vous avez un avantage sur nous, c'est que vous en avez beaucoup plus. C'est des millions. Donc c'est vrai qu'il suffit d'un seul.
- Speaker #1
La première chose que je dis aux patients, c'est que même si on voit qu'il y a 1% de forme normale, même 0% de forme normale, il faut savoir qu'un spermogramme, c'est on prend un échantillon de sperme qui fait entre 2 et 6 millilitres en général. On n'en prend qu'une seule partie. On ne va pas, les techniciens, on ne va pas s'amuser à... compter l'ensemble des spermatozoïdes. Ils font une projection, il y a un comptage qui est fait sur un certain dosage, et par rapport à ça, ils font une projection sur le reste. Et donc, c'est pas parce qu'il y a dans une partie du spermogramme très peu de spermatozoïdes que ça veut dire que sur l'ensemble, ce soit tout à fait représentatif. Et encore une fois, il suffit d'un spermatozoïde.
- Speaker #0
Ça, c'est une info qui est quand même super importante à donner, donc merci de le repartager, mais c'est ça, en fait, c'est une projection. Donc, on prend une petite partie et puis on fait une projection sur tout le reste, et puis bon, parfois, il arrive qu'il y en ait qu'il soit plus vigoureux dans une autre partie, et donc tout est possible, et c'est ce qui fait qu'on dit toujours qu'il suffit d'un seul en réalité. C'est super important. Tu parlais justement de la diminution, on peut aussi parler des normes OMS, puisqu'on a vu qu'on avait diminué finalement aussi les normes standards, donc tu parlais...
- Speaker #1
Toutes les normes qui sont liées à la fertilité ont diminué, et surtout le problème c'est que toutes ces normes étaient basées sur un seul type de population, en général c'est... caucasienne qui était adapté il faut savoir que chaque population différente asiatique africaine etc les normes peuvent changer donc ça reste des valeurs un peu standard mais plus pour se renseigner le plus important ça reste de regarder élément par élément et surtout tout ce qu'il ya autour parce que On se rend compte que la fertilité baisse à cause de deux éléments principaux. Le premier, c'est le réchauffement climatique. Surtout avec les vagues de chaleur qu'on se prend maintenant, on en est encore plus concerné. Parce qu'on sait que, en tout cas dans la genèse de la formation des spermatozoïdes, ça se forme au niveau des testicules. Et on se demande pourquoi les testicules sont à l'extérieur du corps. Le corps humain est une machine qui est extrêmement bien faite. puisqu'on sait que Pour une formation optimale des spermatozoïdes, il faut que les testicules soient aux alentours de 32 degrés. Or, l'intérieur du corps est à 37 degrés, et c'est pour ça que pendant l'embryogénèse, pendant la formation du corps humain, les testicules sont sortis à l'extérieur, comme ça ils sont un peu plus au frais. Et donc un des facteurs hyper importants et les premiers dans les questionnaires qu'on fait pour des troubles de la fertilité chez l'homme, c'est l'exposition à la chaleur, tout ce qui est sauna, hamam, bain chaud, parce que ça c'est une chose simple. à éradiquer pour pouvoir favoriser la qualité d'un spermogramme. Donc ça c'est la première chose qui a un gros impact sur la détérioration de la qualité de la fertilité, en tout cas des spermogrammes. Et l'autre élément c'est aussi tout ce qui est l'alimentation, les perturbateurs endocriniens, toute l'alimentation qui est transformée, et donc c'est pour ça que le côté micronutrition est vraiment hyper important, et ça c'est vraiment un truc que j'ai découvert que récemment et avec l'arrivée d'Onaï, et ça je suis persuadé que... En tout cas... De mon point de vue du urologue, intervenir pour améliorer la fertilité, il y a des cas qui sont présents, décrits, il y a des choses qui sont à faire, mais très clairement, il va dire que la plupart du temps, la grande majorité des choses à faire dans un premier temps, c'est simplement adapter ses habitudes de vie, son exposition à la chaleur, son alimentation, et rien qu'avec ça, on peut avoir un spermogramme qui passe de rien du tout à tout à fait normal au bout de trois mois.
- Speaker #0
Alors je confirme et je partage un cas vécu personnellement il y a, je pense, un peu moins de deux mois. Je l'avais partagé d'ailleurs sur les réseaux, où effectivement j'ai accompagné un couple de patients et son spermogramme n'était ni bon en termes de quantité, mais il n'était pas bon non plus en termes de motilité, il n'était pas bon en termes de forme typique, qui sont quand même les critères qu'on observe. Et en fait, il n'y avait rien de bon finalement au spermogramme, donc les formes typiques étaient vraiment mauvaises, etc. Aujourd'hui, il est repassé complètement à un spermogramme totalement normal, vraiment dans les normes, et même au-dessus des normes qu'on a vues qui ont baissé maintenant, mais OMS, il est repassé au-dessus des normes, donc il avait vraiment un spermogramme optimal. D'ailleurs, sa femme aujourd'hui est enceinte. Ça montre qu'effectivement, en quelques mois, ça nous avait mis un peu plus de six mois pour le remettre vraiment complètement dans les clous, mais ça montre que c'est tout à fait possible.
- Speaker #1
Il faut savoir que, globalement... L'homme a la chance, encore une fois, une chance de plus par rapport à la femme, c'est qu'on n'a pas un stock prédéfini de spermatozoïdes, on produit plusieurs millions de spermatozoïdes chaque minute, et en gros, il suffit de changer deux, trois petites choses pour que la production des nouveaux spermatozoïdes soit de meilleure qualité. Et donc c'est pour ça qu'on se laisse toujours un délai de trois mois, puisque c'est le délai qu'il faut entre la création d'un spermatozoïde et l'arrivée à un spermatozoïde mature, et donc qui est au niveau de l'éjaculat. C'est pour ça que c'est hyper important de mettre ces choses-là en place, mais plutôt d'avoir une vision sur du long terme. Malheureusement, la fertilité, ça prend du temps, c'est beaucoup de frustration, on n'a pas envie que ça mette du temps, mais chez l'homme, tous les éléments qui sont mis en place doivent prendre un petit peu de temps. Il faut à peu près trois mois pour commencer à avoir quelque chose, mais effectivement, le temps de mettre en place l'alimentation, que les choses se renouvellent au niveau nutrition, au niveau... du corps humain, de l'organisme, des ions présents, etc. Il faut plusieurs mois, effectivement. Mais, encore une fois, c'est une des premières choses que je dis aux patients, c'est que chez les hommes, on a la chance d'avoir, je veux dire, un renouvellement permanent, et donc on n'a pas un élément, une valeur, une quantité prédéfinie, on va dire initialement, comme chez les femmes, qui est liée à la dose, enfin à la valeur de la MH. Et donc, c'est des choses pour lesquelles il y a des choses simples à faire. Et c'est ça que je trouve dommage à l'heure actuelle, c'est que... Quand on parle de fertilité, c'est tout de suite la femme qui prend tout sur son dos, l'homme n'est malheureusement très peu concerné, enfin je dis malheureusement, mais on voit, les mentalités changent, on voit de plus en plus d'hommes qui viennent aux consultations, et c'est pour ça que c'est hyper important, parce que, dans les chiffres, tout simplement, ça peut paraître bête, mais un tiers des troubles de la fertilité, je ne dis pas infertilité, je n'aime pas trop ce terme-là, parce que des infertilités vraies, il n'y en a que, heureusement, très rarement. Et des troubles de la fertilité, il y en a un tiers qui est lié au système reproducteur féminin, un tiers pour des raisons qui sont inexpliquées, et un tiers qui viennent de chez l'homme seul. Donc c'est pour ça que c'est hyper important. C'est sûr que faire un spermogramme, c'est des conditions particulières, ça peut ne pas être très agréable, etc. Mais bon, au même titre qu'un bilan féminin, c'est pas quelque chose d'agréable. Et donc quand c'est quelque chose qui est voulu par un couple, c'est hyper important. ça prend peu de temps et ça peut montrer des résultats qui sont faciles et qui nécessitent pas de prise en charge majeure.
- Speaker #0
Oui et je rappelle quand même accessoirement que nous en tant que femmes on va se taper énormément d'injections c'est pas des bonbons ça a quand même des effets c'est pas rien c'est des prises d'hormones qui sont conséquentes etc donc c'est clair que si on peut maximiser les chances des deux côtés on est preneuses d'accord parce que ça se fait à deux j'aime bien le rappeler parce que c'est vrai que je sais à quel point le spermogramme c'est on est d'accord les gars vraiment Si vous nous regardez, on est d'accord, ce n'est pas un moment super agréable, je vous l'accorde. Évidemment que ce n'est pas génial. Et que ça peut mettre mal à l'aise, etc. Tout ça, c'est évident. Mais aussi, c'est parce que peut-être que vous n'êtes pas habitués, je veux dire, nous, depuis la puberté, plus ou moins, on est habitué à aller chez un gynécologue, on est habitué à faire des examens, etc. Ce qui est moins le cas, effectivement, du côté masculin. Mais c'est vrai que pour moi, la fertilité, elle se travaille des deux côtés. Je te rejoins moi aussi, j'ai vraiment de plus en plus de couples et ça bravo messieurs, vraiment bravo parce que je trouve ça génial d'être là dès le départ parce qu'on les sent de plus en plus impliqués et ça change tout. Et en même temps c'est vrai que je crois qu'il y a quand même encore énormément de choses et de sensibilisation à faire sur le sujet parce qu'on pense souvent que quelque part le rôle de la fertilité masculine s'arrête à la fécondation. Mais c'est pas vrai.
- Speaker #1
Non, parce que même après fécondation, on a des cas... Si on pousse un petit peu plus loin dans les problèmes de fertilité, il peut y avoir des problèmes de fausses couches à répétition. Le domaine de la fertilité masculine, c'est quelque chose qui est malgré tout marginal en termes d'exploration, de recherche, etc. Et de manière, je dis récente, mais ça date de quelques années, on s'est rendu compte que maintenant on commence à étudier aussi l'ADN qui est présent dans le spermatozoïde. En gros, le principe du spermatozoïde, c'est que c'est une gamète, au même titre que l'obocyte chez la femme. ce spermatozoïde, ça a une portée de la moitié du patrimoine génétique du bébé. L'autre moitié vient du gamètre féminin. Et on s'est rendu compte en se disant pourquoi est-ce qu'il y a une fécondation. Donc l'acte de fécondation, c'est la pénétration du spermatozoïde dans l'ovule. Mais pour revenir par rapport à la qualité du spermogramme, il faut savoir qu'il faut que le spermatozoïde sorte au moment de l'éjaculation, progresse. il est lâché à l'intérieur du vagin, au fond du vagin, il faut que ça passe la glaire cervicale au niveau du col, que ça monte dans l'utérus, que ça se balade, que ça avance, que ça rencontre l'ovaire et que ça passe à l'intérieur. C'est pour ça que la forme est importante, parce qu'on regarde surtout la forme du spermatozoïde quand on dit une forme normale, c'est-à-dire qu'il y a une tête, il y a un flagelle qui est normal, et il y a aussi au niveau du corne, il y a des citernes à la base de la tête, et donc ça c'est un ensemble d'éléments. Parce que si jamais la tête a une forme anormale, ça ne pourra pas pénétrer dans l'ovocyte. Donc une fois que le spermatozoïde a pénétré, il transmet son patrimoine génétique, et puis on se demandait pourquoi est-ce que certains couples ont des fausses couches à répétition, et donc on a commencé à étudier l'ADN qui est présent dans le spermatozoïde, et on se rend compte que... la présence de microdélétions, d'ADN qui est abîmé, et on se rend compte que ça, ça a un réel impact. Et pareil, tous ces éléments-là peuvent être modifiés avec des prises en charge qui sont assez simples, l'alimentation, d'autres traitements, des traitements de varicocèles, par exemple. Tout ça, c'est des éléments qui sont, d'un coup à tout, au final assez simples, mais qui peuvent avoir un réel impact.
- Speaker #0
Alors justement, je ne sais pas si tout le monde sait ce que c'est qu'une varicocèle, mais c'est peut-être important de le préciser, parce que tu as parlé de température tout à l'heure, ça peut impacter.
- Speaker #1
Les varicocèles, c'est la présence d'une dilatation des veines qui sortent au niveau du testicule. En gros, la vascularisation, c'est ce qui nous permet d'amener du sang et surtout de le faire repartir sur tous les organes. Et au niveau testiculaire, il y a une artère qui passe dans le cordon spermatique et plusieurs veines qui ressortent au niveau du testicule. Donc, ça se balade, enfin, c'est au niveau des bourses, juste au-dessus des testicules quand on palpe. et Parfois, ces veines sont un petit peu dilatées. En général, elles ont tendance à être plus dilatées du côté gauche que du côté droit. Ça, c'est quelque chose qui est purement physiologique, purement anatomique. Je ne rentrerai pas dans les détails, mais d'avoir une petite dilatation à gauche, c'est en soi normal. Mais cette dilatation va faire que le sang va avoir tendance à stagner un petit peu plus longtemps au niveau du testicule. Et donc, il dit sang qui stagne un petit peu longtemps, du sang qui est à 37 degrés, va faire remonter un petit peu la température testiculaire. Donc... Cette température qui augmente de manière ponctuelle et surtout assez précise va faire que la qualité des spermatozoïdes peut diminuer. Donc, une des solutions qui est lorsqu'il y a une présence de varicocèles d'un grade un peu plus important, un grade en général à partir de 3 à 4, c'est une échelle qui va jusqu'à 4, dans ces cas-là, on peut faire ce qu'on appelle une embolisation. Donc ça, c'est une intervention qui se fait sous anesthésie locale où les radiologues interventionnels font une petite ponction Merci. au niveau du pli de laine, et avec leurs tuyaux, leurs instruments, vont jusque dans la veine qui est bien dilatée, ils envoient une espèce de colle, qui permet de boucher, et donc de faire en sorte que le sang ne remonte plus par ses veines. Vous allez me dire, mais si on fait ça, il n'y aura plus de sang qui partira, ça va gonfler. Non. Le corps humain, encore une fois, est une machine extrêmement bien faite. Il y a des collatérales qui se font, mais en tout cas, ça permet d'éviter ces dilatations. Et donc, c'est quelque chose qui a un réel impact. C'est vraiment... Si on prend le bilan de base, chez l'homme, je ne sais pas si tu étais prévue d'en reparler, mais...
- Speaker #0
J'aimerais bien, oui, effectivement.
- Speaker #1
Pour un bilan basique, un patient qui arrive en consultation d'urologie ou en tout cas une consultation de fertilité, les éléments qui sont importants à faire, ça va être un spermogramme, ça c'est indispensable, c'est vraiment l'élément majeur. Des questions sur les habitudes de vie, comme on a dit, si on fait du sport, si on fume, si on consomme des stupéfiantes, ce qu'on mange à peu près, une exposition à la chaleur, etc.
- Speaker #0
À l'alcool.
- Speaker #1
L'alcool aussi. Et un des éléments... On va chercher des examens en plus, ce que j'ai tendance à donner c'est une échographie testiculaire pour chercher ces dilatations de veines, ces varicocèles, et aussi une prise de sang avec des dosages au niveau hormonaux un peu plus spécifiques, des choses qui seraient vraiment liées à si jamais au niveau du spermogramme il y a une altération particulière. Mais voilà, ça fait partie du bilan standard.
- Speaker #0
Le bilan standard. Et c'est important aussi de le préciser, parce que tu parles de la prise de sang. Moi, j'ai encore trop peu d'hommes en consultation qui ont déjà fait des prises de sang. Donc, en général, on les fait faire. Parce qu'effectivement, moi, je me rends compte qu'aujourd'hui, alors ça fait bientôt 13 ans que je fais ce métier, et je vois aujourd'hui que les taux de testostérone sont moins élevés ces dernières années qu'il y a plus de 10 ans. Donc, on voit quand même qu'il y a une tendance à la baisse aussi de la testostérone. et ça peut être peut aussi jouer effectivement sur la qualité ?
- Speaker #1
Ça peut jouer sur la qualité du sperme, mais on va dire que c'est pas forcément l'élément le plus... Tout dépend de la valeur, bien sûr, mais voilà, c'est un des éléments à tenir en compte. Maintenant, c'est pas la chose sur laquelle on va se focaliser en premier lieu. Vraiment, les habitudes de vie, les varicocèles, déjà, rien qu'avec ça, on peut simplement... Et puis complémenter en vitamines particulières, voilà, faire un bilan un peu global. justement, la fertilité masculine, ça peut paraître simple, ça ne l'est pas, bien sûr, mais parfois, simplement, en adaptant ses habitudes de vie, sans être invasif, sans rien du tout, juste en faisant attention, simplement, on peut favoriser, en tout cas améliorer nettement la qualité d'un spermogramme, et parfois, il ne suffit pas grand-chose.
- Speaker #0
Alors, tu as parlé tout à l'heure, effectivement, de l'ADN, tu disais, tiens, on s'intéresse quand même de plus en plus. Il y a aujourd'hui des tests, je pense notamment aux tests de fragmentation d'ADN. Tu le recommandes à quel moment dans le parcours ?
- Speaker #1
On aura tendance à regarder dans des cas de fausses couches à répétition. Là, il faut vraiment aller voir ce qui se passe. Ou sinon, dans le cas d'un couple avec un spermogramme qui revient normal. En plus, dans les cas d'infertilité un peu inexpliquée. Ceux où il faut aller un petit peu plus loin. peut-être que Dans quelques années, ce test fera partie des tests de routine. Ça ne l'est pas à l'heure actuelle, tous les labos ne le font pas. Mais à l'heure actuelle, le faire d'office chez tout le monde, dans la littérature, il n'y a encore pas d'intérêt.
- Speaker #0
De recommandations globales.
- Speaker #1
Déjà, si jamais le spermogramme, tous les éléments, donc les éléments qui sont hyper importants, c'est la quantité, c'est la mobilité, c'est la motilité, la viscosité, enfin tous ces petits paramètres-là. Quand il y en a quelques-uns qui dérogent un petit peu, déjà, il faut se concentrer là-dessus pour les améliorer. Et une fois que toutes ces choses-là sont faites de manière optimale, après, il y a d'autres choses. Ça, ça fait partie un peu d'une deuxième ligne de bilan.
- Speaker #0
C'est ça. OK. Super intéressant. J'avais envie de te poser, de faire un petit jeu avec toi et de te poser quelques questions un peu en mode vrai ou faux. Parce qu'il y a quand même des croyances qui ont la vie dure. J'avais envie un petit peu de titiller sur le sujet. Alors, tu réponds juste par vrai ou faux, et puis on détaille après si tu veux. Première question, est-ce que l'âge de l'homme a peu d'impact sur la fertilité ? Alors, c'est vrai ou c'est faux ?
- Speaker #1
J'aurais tendance à dire faux. Faux.
- Speaker #0
Ok. Un spermogramme anormal signifie qu'il est impossible d'avoir un enfant.
- Speaker #1
C'est totalement faux.
- Speaker #0
Alors, l'absence de pratiques sportives n'a aucun impact sur le spermogramme.
- Speaker #1
C'est faux aussi.
- Speaker #0
Faux aussi. L'alimentation et l'alcool ont un impact sur le spermogramme.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et est-ce qu'un homme peut améliorer la qualité de son sperme en quelques semaines ?
- Speaker #1
Oui et non. On va dire que le fait de s'y mettre au moins quelques semaines va améliorer les choses, mais la réelle visibilité se fait à trois mois. Je ne sais pas si on le considère comme en semaine.
- Speaker #0
On reste encore sur quelques semaines, mais c'est intéressant. Alors, c'est intéressant que tu en parles et que tu fasses la nuance, parce que c'est vrai que, les gars, vous n'êtes pas des micro-ondes, d'accord ? Nous non plus. Vous n'êtes pas des ordis sur lesquels on n'a qu'à appuyer sur un bouton et pour que ça relance la machine. C'est sûr que ça aide, mais on a besoin d'un peu de temps. temps et donc c'est vrai que le corps humain de manière générale a besoin d'approximativement on va dire plus ou moins trois mois c'est quand même le timing voilà minimum pour pouvoir effectivement constater les effets mais il ya quand même une distorsion temporelle qui fait que en temps normal quand on parle de n'importe quoi bas trois mois finalement ça passe assez vite mais par contre quand on est dans ce parcours trois mois c'est une éternité donc c'est important de le préciser aussi Alors, j'aimerais qu'on revienne sur la première partie où tu disais, je t'ai posé la question de savoir si l'âge avait un impact. Tu m'as dit que, oui, quelque part, l'âge a un impact sur le sujet.
- Speaker #1
Il peut avoir un impact, mais il faut savoir, contrairement encore une fois à la femme, l'homme, en théorie, peut être fertile toute sa vie, tant qu'il y a des spermatozoïdes. Mais voilà, il y a énormément de choses, de papiers, d'études qui sortent par rapport à l'endropose. Ça, j'ai beaucoup de patients qui arrivent, qui se sont renseignés. Les patients plus âgés qui se sentent fatigués, etc., ils disent « oui, il faut faire mon taux de testostérone, je suis sûr que je suis en andropause » . Ce n'est pas si simple que ça, et ce n'est pas en prenant de la testostérone que ça va aller mieux, mais on sait là, à l'heure actuelle, avec les mêmes causes, le réchauffement climatique, mais surtout l'alimentation, que la qualité du sperme va s'altérer, donc au plus on vieillit, au moins ça peut être efficace. Donc encore une fois, il suffit de prendre simplement les critères d'adhésion. dans un centre de PMA, à ma connaissance, il n'y a pas de limite d'âge chez l'homme. Peut-être qu'il en a quand même arrivé un certain nombre, mais en tout cas, chez la femme, c'est beaucoup plus strict. Une femme au-delà de 42 ans, je pense, ne peut plus faire d'actes de PMA, en tout cas en Belgique. Donc voilà, l'homme a moins d'impact et moins embêté.
- Speaker #0
Alors, il faudrait que je revérifie quand même. Je ne voudrais pas dire de bêtises, mais j'ai quand même l'impression qu'il y a une limite qui est fixée, mais qui est dans les 60 ans, quelque chose comme ça. J'ai l'impression que c'est dans les 62.
- Speaker #1
C'est plus d'un côté éthique.
- Speaker #0
Voilà, probablement.
- Speaker #1
Mais sur le papier, en théorie, on voit qu'il y a des histoires de personnes qui ont des enfants de manière très tardive. Super tard, bien sûr. En théorie, la fertilité ne change pas avec l'âge.
- Speaker #0
Contrairement à nous, où effectivement, on constate une diminution. Ça ne veut pas dire qu'à 40 ans, ce n'est plus possible, bien évidemment que non, mais quand même, effectivement, il y a une diminution qui n'est pas du tout égale entre les hommes et les femmes. Voilà, c'est comme ça, c'est une réalité biologique, il faut en tenir compte, qu'on le voie ou non, évidemment. Alors, je revérifie, on a parlé du sport, et c'est vrai que les pratiques sportives, il y a les deux options, c'est-à-dire que le fait de ne pas faire de sport peut jouer aussi, mais le fait d'en faire trop…
- Speaker #1
Oui, c'est à nuancer. Ne pas faire de sport, le problème c'est le renouvellement sanguin, le flux sanguin qui passe aussi au niveau testiculaire. Le fait de faire du sport, quand on dit faire du sport, les normes en tout cas, ce qui est recommandé c'est de faire au moins une demi-heure de sport par jour. Quand on dit sport, c'est qu'il faut que la fréquence cardiaque monte au-delà de je pense 110 battements par minute. C'est d'avoir une activité physique pour laquelle on sent qu'on doit travailler un petit peu. Par rapport à la qualité du sperme, par rapport à la qualité de la fertilité, le sport va aider par rapport à ça. Et puis ne serait-ce que pour, même au niveau respiratoire, au niveau cardiologique, tous ces éléments-là qui rentrent en compte, au niveau de la digestion aussi. Mais par contre, faire du sport de manière beaucoup trop intensive, là par contre, ça peut avoir un impact puisque, par exemple, faire du vélo, il peut y avoir des impacts, des micro-chocs répétés, la natation. Les sports d'endurance sur les très longs termes, ce n'est pas forcément très bon. C'est une chose qu'on voit aussi chez la femme. Des sportifs de haut niveau ont un arrêt complet, pas toutes bien sûr, mais il y en a souvent qui ont un arrêt complet de tout ce qui est menstruation, etc. Et donc, perturbation complète du cycle. Et pareil, tout ce qui est sport, tout ce qui est la musculation, etc., les injections de testostérone. C'est des patients qui n'ont pas de stérilité parce que la stérilité est gérée effectivement par le taux de testostérone qui est sécrété, qui est produit au niveau de l'organisme, puisqu'il y a tout un axe qui relie l'hypophyse au niveau du cerveau et qui va jusqu'au niveau testiculaire. Et donc, c'est un mécanisme qui est un peu compliqué avec ce qu'on appelle des rétro-contrôles négatifs. en fonction de la dose circulante de testostérone, ça va. arrêter la sécrétion, ça va réguler la sécrétion, et donc on sait que les patients, les gens qui se font des injections de testostérone, l'organisme se dit « Ah bah c'est bon, j'en ai suffisamment qui circulent, du coup je n'en prenais plus » . C'est pour ça que les bodybuilders ont des micro-testicules. C'est quelque chose qui peut être éversible, c'est plus compliqué, mais voilà, ça fait partie aussi des altérations de la fertilité.
- Speaker #0
Alors, puisque tu parles de ça, tu parles de bodybuilder, et donc ça me fait penser quand même à ce côté où... La fertilité masculine, elle est quand même très souvent associée à tort, mais à un côté virilité. Est-ce que des dysfonctions érectiles peuvent amener une problématique au niveau du spermogramme ? Est-ce que ça peut altérer un spermogramme ?
- Speaker #1
Altérer un spermogramme, pas vraiment, mais il faut qu'il y ait effectivement une éjaculation pour qu'il y ait une fécondation. Et voilà, c'est tout. Ça fait partie aussi dans le questionnaire de voir s'il y a des problèmes d'érection, des problèmes d'éjaculation, parce qu'il faut savoir dissocier érection et éjaculation. C'est pas parce qu'on n'a pas d'érection qu'on ne peut pas avoir d'éjaculation, et inversement, mais bien sûr, sans qu'il y ait émission, entre guillemets, de sperme, il ne peut pas y avoir de fécondation. Bien évidemment. Et pareil, après, on rentre plus dans le détail, dans l'approche du couple, il faut que ce soit aussi au bon moment, il faut que... ça peut paraître bizarre mais il faut que ce soit aussi une éjaculation au niveau du vagin.
- Speaker #0
Au bon endroit, on est d'accord.
- Speaker #1
C'est des choses qui peuvent paraître bêtes mais qui... c'est pas évident pour tout le monde.
- Speaker #0
Non, tout à fait.
- Speaker #1
C'est le rôle d'un centre de fertilité aussi, de reprendre ces choses qui peuvent paraître basiques et clairement on n'est pas là pour juger les gens ou quoi que ce soit, le but c'est d'aider les gens et donc de reprendre vraiment point par point parce que se lancer dans un parcours de PMA avec des injections etc. alors qu'il y a un élément qui... qui est simple à corriger finalement. Et c'est pareil, je commence à avoir quelques patients qui sont envoyés dans des bilans autres, pas forcément dans les centres spécialisés dans la PMA, mais des coupes qui sont mises par les gynécos, où il y a un spermogramme, où il y a quelques éléments qui sont un peu perturbés, etc. Mais un spermogramme qui reste à des valeurs tout à fait correctes, où la gynéco dit que de toute façon, ce sera d'office une fécondation in vitro. Non, non, si un spermogramme, si jamais il y a une fertilité qui ne vient pas, commençons par des choses simples, parce qu'une fécondation du vitreau, ce n'est pas rien, c'est un cycle, c'est une stimulation, c'est une ponction chez la femme. Ensuite, il faut prendre les gamètes, il faut que ce soit une manipulation en labo, il faut que ce soit réimplanté, alors que des inséminations, c'est beaucoup plus simple. Des inséminations sur un cycle naturel, donc c'est si jamais il y a des défauts de fertilité, si au niveau du spermogramme, ce n'est pas parfait. Si au niveau féminin, pareil, ce n'est pas parfait, dans ces cas-là, ce qui peut être fait, si les cycles sont réguliers, c'est faire, pendant un cycle, des prises de sang régulières. Au pic d'ovulation, ça peut être stimulé ou pas forcément, sur cycle naturel. Et juste le jour de l'ovulation, le couple doit aller dans un centre de PMA. Il y a un recueil. Le homme fait un dépôt de sperme. Au labo, cette fois-ci, ça j'insiste. De toute façon, je crois qu'il n'y a pas de choix. Il faut que ce soit fait au labo, parce que la qualité doit être vraiment, ça doit être pris en charge directement. le sperme est pris et centrifugé et préparé pour que ce soit retirer les spermatozoïdes qui sont moins bons et avec une petite pipette, le gynéco injecte simplement le sperme à l'intérieur de l'utérus, ce qui permet de gagner une étape, le passage de la glaire cervicale à l'entrée de l'utérus et c'est quelque chose qui peut être tout à fait efficace sans avoir à passer par les cases de fécondation vitro.
- Speaker #0
Oui, et au moins parfois on est simplement sûr d'être au bon moment parce que comme tu disais, parfois c'est un problème de timing, ce n'est pas toujours évident. Là, c'est monitoré, donc on sait exactement quand l'ovulation a lieu, etc. Voire parfois, elle est juste déclenchée. On ne fait que déclencher l'ovulation. Comme ça, on est sûr, on est dans le bon timing. Ça peut quand même être une alternative intéressante dans certaines circonstances, effectivement. Alors, en fonction de tes consultations, est-ce que tu pourrais dire s'il y a une erreur que tu vois de façon plus courante dans tes consultations ? Parmi tes patients, est-ce que tu dis là il y a un truc vraiment à corriger parce que ça c'est une erreur qui revient souvent ?
- Speaker #1
Le tabac. Le tabac et tout ce qui est vapoté aussi, on ne sait pas ce qu'il y a dedans. C'est des choses qui alternent de manière hyper importante. Ça et l'hydratation, mais ça l'hydratation en tant qu'urologue, ce n'est pas que le côté fertilité, ça génère énormément de choses. Déjà rien que ces deux éléments-là, c'est des choses qui sont hyper importantes.
- Speaker #0
et tu fais bien d'en parler parce qu'on n'est pas tous dans les mêmes métiers et donc je sais qu'il y a des personnes qui sont sur la route pour lesquelles c'est moins évident de penser entre guillemets à boire parce que voilà on est pris par le travail etc mais on a des gens qui ne boivent pas assez moi je le vois en consultation aussi même
- Speaker #1
du côté féminin moi le premier je passe ma journée à dire aux patients qu'il faut boire mais voilà ce qui est recommandé en tout cas en neurologie ce serait d'uriner un litre et demi à deux litres par jour donc
- Speaker #0
c'est pas tant la quantité bu c'est vraiment quand il fait très chaud qu'on transpire il faut boire encore plus d'un point de vue physiologique c'est vraiment important c'est super important et ça on le voit quand on vous fait faire des analyses urinaires on voit qu'il n'y a pas assez donc n'essayez pas de nous le faire à l'envers on le sait, c'est important de le rappeler parce que c'est vrai qu'on ne boit pas suffisamment or le corps est quand même majoritairement composé d'eau et forcément le sperme aussi la glaire cervicale aussi les filles évidemment donc ça fait partie de ça ok et si toi Imaginons que tu as une baguette magique là maintenant, si tu pouvais changer une chose dans la prise en charge de la fertilité, ce serait quoi du côté masculin ?
- Speaker #1
Pour moi, ce serait simplement que les hommes n'aient pas peur de venir faire un bilan classique. Et simplement, parfois le bilan peut revenir complètement normal. Les gens repartent de l'héros en disant « ok, parfait » .
- Speaker #0
Tout va bien.
- Speaker #1
Tout va bien, effectivement. Si un problème de fertilité, il faut explorer l'autre côté. Voilà, simplement cette appréhension de venir chez un neurologue, il n'y a pas à avoir. On n'est pas méchant, on essaye d'être...
- Speaker #0
Il ne mord pas, je vous promets, il ne mord pas.
- Speaker #1
Non mais voilà, il y a plein d'éléments pour lesquels... Voilà, s'il y a une des choses à changer, je pense que c'est d'éviter cette appréhension-là. C'est quelque chose de... Il n'y a pas de honte, on pose des questions, on n'en est pas du tout là pour un enjugement ou quoi que ce soit. C'est notre travail et notre but. La seule motivation qu'on a, c'est d'améliorer cette fertilité et de faire en sorte qu'il y ait un bébé qui soit là quelques mois plus tard.
- Speaker #0
Je trouve ça génial parce que tu fais bien de le dire. Encore une fois, je crois que ça se joue sur le fait aussi que nous, on est plus habitués à consulter un professionnel de santé comparativement à vous, messieurs, où c'est un petit peu moins le cas. Je crois que c'est bien de petit à petit changer les mentalités. C'est ça,
- Speaker #1
de dire... Un petit garçon à partir de 7, 8, 9 ans, s'il a mal aux testicules, il faut aller aux urgences, il faut le dire parce que les torsions testiculaires, si jamais... Voilà, et pareil avec l'âge, à partir de 50 ans, le dépistage du cancer de la prostate, c'est pas encore recommandé de manière aussi forte que le dépistage du cancer du sein ni du cancer colorectal, mais c'est dans les papiers au niveau de l'Union Européenne. Voilà, c'est une consultation, c'est pas forcément un moment agréable. rassurez-vous, le toucher rectal, son intérêt... commence à diminuer de plus en plus dans le diagnostic. On ne le fait pas de manière systématique, mais la consultation prend un quart d'heure. Et c'est pour être tranquille par rapport à ça, parce que quand on voit les dégâts que ça peut avoir par la suite, ça sort du domaine de la fertilité. C'est plus le côté urologue qui parle. Mais les douleurs testiculaires chez les jeunes enfants, il ne faut vraiment pas qu'ils hésitent à le dire, à prévenir, parce qu'une torsion testiculaire, à partir de 6-7 heures, malgré tout. de testicules, on va l'enlever.
- Speaker #0
Oui, et puis tu vois, tu me dis, on sort un petit peu du contexte de la fertilité, on voit quand même aujourd'hui qu'un spermogramme qui est pas forcément optimal, c'est quand même aussi un reflet d'un état de santé.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Et c'est corrélé quand même à des risques ultérieurs, je parle sur le long terme, de pathologies plus graves, d'hospitalisation.
- Speaker #1
Pas que le côté urologique, tous les côtés. Vraiment, l'alimentation, c'est vraiment malheureusement, à l'heure actuelle, bien manger, ça coûte cher. bien manger c'est prendre le temps bien manger c'est éviter d'aller acheter des éléments transformés etc mais c'est tellement important donc je pense qu'il y a des priorités à faire au niveau supérieur, je dis pas au niveau des gens etc parce que chacun est différent chacun n'a pas forcément soit la nécessité ou la capacité d'avoir ces priorités là mais c'est quelque chose qui est vraiment important, plus, c'est ce que je dis souvent à mes patients, quand ils viennent me voir pour un problème dans mon idée c'est Merci. De traiter par exemple un patient qui a des troubles de la fertilité, c'est de régler le problème de manière immédiate, mais c'est aussi d'avoir une vision sur le long terme. Je veux dire, voir des patients en consultation, c'est très bien, mais si je ne les vois plus, c'est que tout va bien. Le but, c'est d'essayer aussi de faire de la prévention pour du long terme.
- Speaker #0
Ça, c'est important de s'en rappeler parce qu'on est vraiment sur un côté santé finalement et on voit qu'il y a des corrélations importantes. Donc, messieurs, ne laissez pas ça comme ça. C'est vraiment, vraiment essentiel. Pour toi, à quoi ça ressemblerait une prise en charge idéale en matière de fertilité masculine ? Ce serait quoi ?
- Speaker #1
Simplement, au niveau du bilan, de pouvoir faire un spermogramme, une prise de sang, une échographie testiculaire. un interrogatoire classique, un examen physique aussi. Et déjà avec ça, on peut avoir tous les éléments. Simplement avec ça, on a tout ce qu'on veut, on peut rebondir sur des choses, envoyer pour traitement s'il y a varicocèle par exemple. Après s'il y a des cas plus complexes avec vraiment des pathologies, il peut y avoir des pathologies génétiques, il peut y avoir des pathologies bien plus importantes. Voilà, ça, c'est dans un second temps, mais un bilan de base est ce qui représente l'immense majorité de la population. Rien qu'avec ce bilan-là, après, on adapte deux, trois trucs, et puis on ne vous en met plus.
- Speaker #0
Génial. Qu'est-ce que tu aimerais dire aux couples qui nous écoutent là maintenant et qui, peut-être, sont en début de parcours, peut-être ont déjà un parcours derrière eux, est-ce qu'il y a un message que tu aurais envie de leur communiquer ?
- Speaker #1
Si le côté masculin n'a pas été... explorer jusqu'au bout. Si on vous dit que chez l'homme, il y a un spermogramme, que tu es globalement normal, ou qu'il n'a pas été fait parce qu'on a vu quelque chose chez la femme, il faut quand même explorer. Puisqu'encore une fois, la fertilité, la fécondité, c'est une gamètes femmes et aussi une gamètes hommes. On passe à côté de choses qui peuvent être parfois tout simplement... simple à mettre en place, moi ce que j'ai l'habitude de donner, je ne rentre pas dans la micronutrition, dans les détails etc. parce que voilà c'est pas mon domaine mais de manière assez facile, je recommande des vitamines, celles que je préconise le plus, je n'ai aucun conflit d'intérêt ou quoi que ce soit, je n'ai pas du tout de rapport avec la firme mais c'est le Gametix, c'est la seule à l'heure actuelle, la seule vitamine pour laquelle il y a eu des études qui ont prouvé l'amélioration, voilà c'est des choses simples mais... Il faut aussi explorer un bilan de fertilité. Encore une fois, c'est un couple qui a bilanté, selon moi. Et même s'il y a quelque chose qui a altéré chez la femme, il faut aller voir aussi chez l'homme pour être certain qu'on ne puisse pas optimiser. Puisque le but, c'est d'essayer d'optimaliser la rencontre d'un ovocyle et d'un spermatozoïde. Et donc, même si on corrige s'il y a un souci avéré chez la femme, on peut aussi améliorer toute la qualité chez l'homme.
- Speaker #0
Génial. Merci beaucoup en tout cas. C'était vraiment... Un plaisir de t'accueillir ici.
- Speaker #1
De te partager aussi, c'était très sympa.
- Speaker #0
Si on veut te retrouver, si on veut faire une consultation avec toi, on prend rendez-vous où ? Chez Onae Caire ?
- Speaker #1
Chez Onae, ou pour ceux qui veulent aller au CHU de Charleroi, je pense que c'est sur la plateforme Rosa, ou en tout cas, c'est l'hôpital, le CHU Mani. Donc voilà, je t'accueillerai avec plaisir.
- Speaker #0
Eh bien, c'est parfait. Moi, je mettrai bien sûr tous les liens dans la description de cet épisode, mais n'hésitez pas à les consulter. Je crois que ça vaut le coup. d'exclure et de vérifier qu'effectivement tout va bien, qu'il n'y a pas de barricocèle que tout ça, parce que parfois ce sont des choses qu'on n'explore pas alors qu'en réalité ça peut faire toute la différence dans la qualité du spermogramme et donc dans la fécondité au final. Merci beaucoup en tout cas. Je t'en prie,
- Speaker #1
merci à toi d'avoir reçu.
- Speaker #0
C'était vraiment génial, j'espère que vous avez appris énormément, que ça vous permettra de tirer des conclusions et peut-être d'approfondir un petit peu plus pour votre situation. On se retrouve très vite pour un prochain épisode et d'ici là, comme toujours, prends soin de toi, à bientôt.