Speaker #0Tous tes examens sont bons, alors qu'est-ce qu'on rate ? J'imagine que ça, c'est une question que tu te poses, très très très probablement. En tout cas, c'est une question qu'on m'a énormément posée. Je ne sais pas si tu as assisté à ça récemment, mais en tout cas, j'ai organisé une immersion avec plus d'une centaine de femmes et j'ai reçu cette question-là un nombre incalculable de fois. Alors, à moins que tu sois au volant, je t'invite vraiment à écouter cet épisode de podcast avec de quoi noter. parce qu'il va y avoir probablement une ou deux pépites minimum qui vont ressortir et qui pourraient bien changer complètement ta façon d'envisager ce parcours. Alors probablement que tu as fait des prises de sang, des échographies, peut-être que tu as eu l'immense joie de passer par l'hystérosalpingographie, que ton chéri a fait un spermogramme, que toi tu as enchaîné les examens hormonaux, ponctions, transferts, hystéroscopies et que sais-je encore. Chaque parcours est différent, les examens le sont aussi. Mais ce qui est sûr, c'est qu'à chaque fois, on va regarder une pièce du puzzle. On va regarder ta réserve ovarienne, on va regarder ton endomètre, tes trompes, ton ovulation, les spermato, les embryons. Peut-être, dans certains cas, un petit bout, en tout cas au moins, de la thyroïde. Et malgré tout ça, quelques mois ou quelques années plus tard, hélas, tu peux te retrouver avec une quantité impressionnante d'infos sur ta fertilité, mais sans vraiment comprendre pourquoi tu n'as toujours pas obtenu cette grossesse. Et c'est exactement de ça dont j'ai envie de te parler aujourd'hui. Parce que, il y a quelques mois, j'ai déjà enregistré un épisode sur cette fameuse phrase « Tout est normal, madame » . Ça, c'est probablement quelque chose que tu as déjà entendu. Alors, je crois de mémoire qu'il s'agit de l'épisode 139. Ce serait à revérifier, mais je crois que c'est l'épisode 139. Et en fait, dans cet épisode-là, je t'expliquais pourquoi un résultat situé dans les normes d'un labo ne voulait en réalité pas forcément dire que tout était... optimale dans un contexte de fertilité. Ce sont des choses complètement différentes. Mais aujourd'hui, j'avais envie de t'emmener ailleurs parce qu'il y a un autre problème que je rencontre constamment et c'est pas forcément qu'on n'a rien cherché. Parfois, on a cherché énormément de choses, mais tout ça séparément. Et ça, ça change complètement la façon dont on peut regarder un parcours. Parce que imagine une seconde que tu vas poser sur la table toutes les pièces d'un puzzle. Chaque pièce est parfaitement visible. Tu peux même les décrire une par une, il n'y a pas de souci. Tu peux en avoir une bleue, une blanche, une rose, une orange, tu vois qu'il y a un morceau de visage, là il y a un arbre, enfin voilà. Bref, tu as toutes les infos. En tout cas, tu perçois énormément d'infos. Mais tant que personne ne commence à assembler les pièces, tu ne sais toujours pas quelle image tu as devant toi. Pour autant que tu n'aies pas la photo de la boîte qui illustre cette image, tu n'as absolument aucune info. Et dans les parcours de fertilité, c'est exactement ce qui se passe. C'est-à-dire qu'on va faire tout un tas d'examens, on va aller récolter tout un tas de pièces du puzzle, mais on n'a absolument aucune idée d'à quoi doit ressembler l'image finale. Et donc c'est terriblement compliqué. Pourquoi ? Parce que tu vas avoir un spécialiste qui va regarder un organe, tu vas en avoir un autre qui va regarder une hormone, tu vas avoir la clinique qui va regarder ta réponse à la stimulation. Tu vas avoir le côté labo qui va observer les embryons. Tu vas avoir un autre médecin qui va regarder une prise de sang. Et en fait, même si chacun fait parfaitement son job, le problème n'est pas forcément là. Le problème, c'est qui regarde l'ensemble ? Qui va relier tout ça entre eux ? Qui va relier tous ces éléments pour avoir une vision globale ? Qui a repris ton histoire depuis le début ? Qui va remettre en parallèle tout ce qui s'est passé avant même la PMA ? Qui va remettre en parallèle des symptômes que tu ressens et qui ne rentrent pas forcément dans les cases de la PMA ? Qui regarde tes cycles, tes symptômes, tes analyses, tes diagnostics, les protocoles auxquels tu as répondu ou pas ? Ta qualité embryonnaire, l'évolution de ton endomètre, ce qui se passe après un transfert, éventuellement les arrêts de grossesse, le côté masculin, etc. Qui fait tout ça et qui se demande, est-ce que quelque chose se répète ? Parce qu'en fait, qu'on le veuille ou non, Je sais que toi tu vois les tentatives comme des échecs, mais moi ce que je vois c'est qu'un parcours ça raconte quelque chose, tu vois ? Je te donne un exemple tout simple. Une femme peut avoir une endométriose qui est connue, d'accord ? Elle a un diagnostic d'endométriose. Et quelque part, cette endométriose, ça peut devenir l'explication à tout. Tu as mal ? C'est l'endométriose. Tu n'arrives pas à être enceinte ? C'est à cause de l'endométriose. La five n'a pas fonctionné ? Evidemment, tu as l'endométriose. Tu vois ce que je veux dire ? Et donc, avoir trouvé une explication possible, une explication possible, j'insiste là-dessus, ça ne signifie pas nécessairement qu'on a compris tout ton parcours. Et ça vaut avec n'importe quelle pathologie, soyons clairs. J'aime le rappeler parce que j'ai pris l'exemple de l'endométriose. Parce qu'on sait pertinemment aujourd'hui que même des femmes avec un stade d'endométriose qui est sévère, elles réussissent, certaines en tout cas, à avoir des enfants relativement facilement, certaines même dans les deux, trois mois qui suivent. Et ça peut nous paraître complètement incompréhensible. Et c'est la même chose avec le SMOP, la nouvelle appellation du SOPK, mais ça vaut aussi avec l'insuffisance ovarienne ou même avec ton âge. Quand l'âge devient la seule et unique réponse à tout, c'est peut-être pas la bonne réponse, tu vois. Pareil pour une anomalie du spermogramme, tu vois. Et même quand il n'y a pas de diagnostic qui a été posé, tu vois, le diagnostic, ça répond à une question. Mais ça ne répond pas automatiquement à toutes les autres. Et c'est là que je trouve, en tout cas personnellement, qu'il faut changer la façon de réfléchir. Au lieu de te demander uniquement si la valeur... est normal quand tu as une analyse et te dire ok, est-ce que je suis dans les clous ? Est-ce que cet examen-là est bon ? Moi j'aimerais que tu commences à te poser une autre question, c'est est-ce que l'ensemble de mon parcours est cohérent ? Qu'est-ce que ça raconte ? Je vais te donner quelques exemples de questions mais que je trouve en tout cas plus intéressantes. Je te donne un exemple, c'est est-ce que mes résultats concordent avec mes symptômes ? Parce que si tu as un bilan qui paraît super rassurant, mais que toi, ton corps t'envoie des signaux depuis des mois avec des douleurs, avec des tensions, avec des choses qui ne vont pas, perso, je ne crois absolument pas qu'on doive simplement choisir entre croire le bilan ou croire ton corps. Moi, je le dis et je le répète en permanence, on ne soigne pas des chiffres, on est là pour soigner des personnes. Et donc, quand tu as des infos qui apparaissent chiffrées, c'est super, ce sont d'excellents indicateurs. hyper intéressant. Mais si les symptômes racontent autre chose, il y a probablement une info qu'on a loupée. Donc c'est intéressant d'aller comprendre pourquoi les deux ne racontent pas la même chose. Tu vois ce que je veux dire ? Allez, je te donne encore un autre exemple. Une autre question, ce serait, est-ce que mes résultats concordent réellement avec ce qui se passe pendant mes tentatives ? Tu vois, par exemple, tu peux avoir sur le papier de jolis résultats, de très belles analyses. Mais qu'est-ce qui se passe pendant une stimulation ? Est-ce que tu réponds ? Est-ce que ça ne répond pas trop bien ? Combien est-ce qu'il y a de follicules ? Combien arrive à maturité ? Combien est-ce qu'on arrive finalement à ponctionner d'ovocytes ? Est-ce qu'ils sont matures ? Et après, qu'est-ce qui se passe ? Comment ça se passe au niveau de la fécondation ? C'est quoi au niveau de l'évolution embryonnaire ? Souvent, j'ai des femmes qui me disent « j'ai pas eu de J5 » ou « j'ai eu, j'invente, 4J5 » . Mais je n'ai aucune idée de l'évolution qu'il y a eu entre la fécondation et J5. Il y en avait combien de fécondés ? Combien à J3 ? Combien à J5 ? Je sais que toutes, vous n'avez pas ces infos-là. Et pourtant, pour moi, c'est hyper précieux parce que ce sont des informations. Comme je te le disais, je sais qu'on a tendance à voir tout ça comme un échec et que finalement, on aurait envie de tout oublier pour recommencer. Mais en réalité, ce n'est pas ça. En réalité, ce sont des données. hyper précieux sur ton parcours en fait, tu vois. Donc, voilà, ça c'est encore un exemple. Et puis, j'aimerais aussi t'amener sur une question, c'est qu'est-ce qui se répète ? Est-ce qu'il y a un schéma dans ton parcours qui se répète ? Est-ce que t'as toujours le même problème au même moment ? Tu vois, je prends un exemple, hélas, trop souvent, trop fréquent, c'est des arrêts de grossesse qui arrivent systématiquement entre 8 et 10 semaines, par exemple. Oui, on arrive à fonctionner, à féconder, mais entre J3 et J5, il y a toujours une chute drastique du nombre d'embryons, par exemple. Peu importe, il peut y avoir plein de schémas différents, mais c'est intéressant d'aller voir s'il y a des schémas qui vont se répéter. C'est vraiment intéressant de voir si tu as des transferts qui vont se succéder sans implantation. Un endomètre qui tarde à se développer à un moment, qui se développe bien, et puis il y a un moment où ça ne va pas plus loin, ou l'inverse, ça se développe très très lentement, ou ça démarre très très lentement, et puis hop, à un moment ça pousse plus vite. Peu importe, mais c'est vraiment intéressant d'aller voir ce qui se passe au niveau de la ponction, au niveau de la fécondation, au niveau des transferts, d'éventuelles grossesses, etc. parce que Quand quelque chose se répète, moi j'aime me demander pourquoi, tu vois ? Alors, c'est pas dans l'idée de promettre absolument qu'il y a forcément une cause cachée derrière tout ça. Mais il y a une énorme différence entre ne pas trouver de réponse après avoir posé la question et ne jamais s'être posé la question. Il y a un monde d'écart entre les deux. Et très sincèrement, quand on commence à se questionner et à se poser les bonnes questions, on finit par trouver. Et puis aussi, dernière question que j'adore poser, en tout cas j'essaye vraiment de te faire rentrer un peu dans mon cerveau, mais c'est est-ce que les différents éléments de mon parcours ont déjà été mis en relation. Et s'il y en a une que je veux que tu retiennes aujourd'hui, c'est ça. Parce que tu peux avoir fait énormément de choses, pris plein de compléments, modifié ton alimentation, consulté plein de professionnels, fait plein, plein, plein d'analyses, et tu peux encore, malgré tout ça, avoir cette sensation de te dire « Ok, et maintenant je fais quoi ? » Parce que c'est exactement tout ça que j'ai retrouvé dans les réponses que j'ai reçues dans le cadre de l'immersion. L'idée, c'était... Ce qui m'a été demandé, en tout cas, ce n'était pas de recevoir encore 25 informations supplémentaires sur la fertilité, mais surtout, par où commencer ? Qu'est-ce qui est prioritaire pour moi ? À côté de quoi est-ce que j'ai pu passer ? Où est-ce que je dois mettre mon énergie ? En fait, c'était plutôt ça les questions que j'ai reçues. Et je crois vraiment que c'est une distinction fondamentale, parce qu'à force de chercher des réponses, tu peux finir avec une quantité gigantesque d'informations. Et pour autant... n'avoir aucune vraie direction à prendre, tu vois. Tu entends parler d'un complément, tu commences à le prendre. Tu entends parler, j'invente, d'inflammation, hop, tu travailles sur ton alimentation. Tu vois passer un poste sur la qualité ovocitaire et hop, de nouveaux compléments. Et puis, on te parle du microbiote. Alors là, tu te dis, ça, c'est une piste que je n'ai jamais explorée. Et puis, et puis, et puis. Et en fait, six mois plus tard, tu te retrouves à faire 15 choses en même temps sans savoir lesquelles sont vraiment pertinentes pour toi. plus d'infos, ça ne veut pas dire forcément que tu as plus de clarté pour autant. Souvent, c'est même juste l'inverse qui se produit. C'est vraiment aussi une réflexion que j'ai beaucoup menée ces dernières semaines sur ma propre façon de travailler d'ailleurs, parce que tu sais que j'aime transmettre l'information et que je pars du principe que plus on comprend, plus on peut agir, parce que la connaissance, c'est la puissance. Et c'est dans ce cadre-là que j'avais créé Fertility. C'était vraiment pour transmettre toutes les connaissances que j'avais pu avoir. acquise au cours de ces bientôt 13 années. Et même plus que ça, parce qu'en réalité, je devrais peut-être même parler de 17, presque 18 ans, puisque j'ai eu 4 ans et demi de parcours personnel, au cours desquels j'ai appris aussi énormément de choses. Tu sais par quoi on passe. Et donc, je me suis renseignée énormément déjà à ce moment-là. Et donc, quelque part, je n'ai pas juste mes 13 années d'expérience professionnelle. C'est vraiment cette casquette de thérapeute, pas du tout. J'ai en plus aussi 4 ans et demi de parcours perso. Donc, t'imagines tout ce que j'ai pu vouloir transmettre. Parce que moi, j'aurais voulu comprendre ce qu'on faisait, pourquoi on le faisait, quelles questions poser, etc. Mais je réalise vraiment que l'information à elle seule ne suffit pas toujours. On n'a pas toutes la même passion, je te l'accorde. Mais clairement, tu peux savoir énormément de choses et malgré tout rester bloqué devant une question très simple qui est, en fait, dans mon cas... Je commence par quoi ? Tu vois, et c'est exactement aussi pour ça que ma façon de vous accompagner est en train d'évoluer aussi. Et je t'en reparlerai très prochainement. Mais d'ici là, ce que j'aimerais que tu fasses, c'est un truc super simple, c'est que tu prends une feuille, sauf si tu conduis, je répète, si c'est le cas et que tu conduis, termine l'écoute de ce podcast, arrive à destination, et quand il y est, dès que tu as cinq minutes, prends ton téléphone, n'importe quoi, mais commence à écrire. D'accord ? L'idée, c'est juste d'écrire. Et au lieu d'écrire tout ce que tu pourrais encore faire pour améliorer ta fertilité, ce que je t'invite à faire, c'est d'écrire qu'est-ce que je ne comprends pas dans mon parcours. Et ça, ce n'est pas Google qui va te le dire, ce n'est pas ChatGPT, ce n'est pas un nouvel examen dont tu as entendu parler, c'est ce que toi, tu ne comprends toujours pas. Et puis, tu vas écrire trois questions auxquelles tu aimerais vraiment avoir une réponse. Parce qu'à mon sens, C'est très probablement là que se trouve ton prochain point de départ. Pas dans une info supplémentaire, mais dans une meilleure question. D'accord ? C'est ça que j'aimerais que tu fasses aujourd'hui. Et vraiment, je compte sur toi pour le faire. Alors, on se retrouve la semaine prochaine. Si cet épisode t'a fait penser à quelqu'un qui est peut-être dans la même situation que toi, qui enchaîne les examens, les conseils, les protocoles et qui ne comprend toujours pas ce que tout ça raconte. Je t'invite vraiment à lui envoyer cet épisode et peut-être que ça l'amènera à avoir un autre regard sur son parcours. C'est ce que j'espère en tout cas. Et je t'invite vraiment aussi à venir mettre une note sur Apple Podcast ou sur la plateforme d'écoute de ton choix. Viens mettre un commentaire, viens mettre une note, viens mettre quelque chose. Mais ça me permettra de savoir si en tout cas cet épisode de podcast t'a aidé. On se retrouve la semaine prochaine. D'ici là, prends soin de toi. Et surtout, je compte sur toi pour faire cet exercice. Ne prends pas ça à la légère. Je compte sur toi et je te dis à la semaine prochaine.