- Speaker #0
Hello et bienvenue à toutes sur ce podcast, eh bien un podcast que j'ai l'immense plaisir aujourd'hui d'enregistrer avec Amandine Pinel qui est doula et avec qui j'ai déjà eu l'occasion de collaborer plusieurs fois. Salut Amandine, comment tu vas ?
- Speaker #1
Salut Amelia, ça va très bien, merci.
- Speaker #0
Alors pour moi c'est un immense plaisir de t'avoir ici parce que comme je le disais, on a déjà collaboré ensemble plusieurs fois, on partage beaucoup de valeurs communes autour notamment de la PMA mais aussi surtout des émotions. On a quand même beaucoup de points communs sur le sujet et j'avais vraiment vraiment envie de partager avec toi ce moment, cet épisode de podcast parce que je crois qu'on a beaucoup de choses à dire sur le sujet. Mais avant tout, est-ce que tu peux en dire un petit peu plus sur qui tu es exactement ? Dis-nous tout. Merci Mya,
- Speaker #1
merci de m'accueillir ici. Alors du coup, je suis Amandine, je suis en région lyonnaise en France et je suis doula et thérapeute périnatale. J'accompagne émotionnellement des femmes depuis leur parcours de PMA, puis ensuite pendant leur grossesse, souvent précieuses, et puis lorsqu'elles sont jeunes mamans. Mon travail est vraiment axé autour, comme tu l'as dit, des émotions. Et je les aide à être plutôt exploratrices d'elles-mêmes, à se comprendre.
- Speaker #0
C'est super intéressant parce que c'est vrai que ce parcours est vachement dur. C'est pas évident, on est souvent submergé par les émotions et je te parlais d'un point commun, alors tu le sais, c'est une vision que j'aime énormément chez toi, c'est que pour toi les émotions c'est comme pour moi, ça ne se gère pas, ça s'accueille, on est bien d'accord là-dessus ?
- Speaker #1
On est bien d'accord qu'on fait partie de celles qui crissent à chaque fois qu'on entend « venez je vais vous aider à gérer vos émotions » , tu devrais gérer tes émotions, effectivement, pour moi c'est pas du tout gérable. c'est quelque chose qui fait partie de nous et qui a justement besoin d'être écouté, d'être entendu et de pouvoir ensuite ajuster nos attitudes, nos comportements, nos réactions selon ce qu'on est en train de ressentir.
- Speaker #0
Mais voilà, pour toi comme pour moi, finalement, l'émotion, c'est un message. C'est juste ça, quelque part. Voilà pourquoi ça ne se gère pas. On n'a pas besoin de gérer un message. On a juste besoin de l'écouter, de le lire, d'en prendre connaissance et voilà, c'est tout.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que c'est un travail qui est long parce qu'on n'a pas du tout été éduqués dans ce sens-là. On a été éduqués à mettre les choses sous le tapis, à se cacher, à ne pas trop déranger le reste de la société. Et aujourd'hui, je crois que quand on est femme, quand on vit des parcours qui nous chamboulent, je pense qu'on a un moment besoin de revenir à soi et de comprendre enfin ce qui est en train de se passer à l'intérieur de nous.
- Speaker #0
Complètement et c'est vrai que même aujourd'hui ça reste encore assez mal vu en société. Tu parlais de la société en général mais je pense au milieu professionnel, enfin voilà. Et aujourd'hui on ne peut absolument pas se dire quand on vit un parcours, alors on parle de PMA mais c'est pas que, c'est l'infertilité de manière générale mais où on est confronté à tout un tas d'émotions. Mais évidemment que ça a des répercussions dans toutes les sphères de nos vies. Et forcément, avec nos amis, la famille, mais aussi au travail, un peu partout. Donc, ces émotions, elles sont présentes tout le temps, finalement.
- Speaker #1
Et puis surtout, le fait, à un moment donné, d'aller les écouter, on va ressentir un profond respect pour soi. Et c'est extraordinaire de passer ce cap-là. Et moi, je reçois régulièrement des messages après de mes clients qui, En dehors de... tout leur protocole, de tout ce qu'elles vivent réellement et du pourquoi elles sont venues à la base me voir. Elles vont me dire, ça y est, j'ai réussi à parler à telle copine, je lui ai dit que ça me blessait, qu'est-ce que ça fait du bien, et en fait elle ne m'en veut même pas, et voilà. Et on arrive à débloquer des fois des situations parce qu'on s'est d'abord écouté, et ensuite on a mis en place des petites actions. On n'est pas obligé de casser des assiettes à chaque fois quand on ressent une colère. Justement, c'est ça la régulation et ajuster son comportement en fonction de la situation. Oui, parce qu'à force, ça coûte cher en nombre d'assiettes.
- Speaker #0
Sur le temps d'un parcours, ça peut coûter cher.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Alors moi, ce que je trouve génial, c'est que toi, tu utilises... Alors tu sais que je suis fan des thérapies brèves de manière générale. Toi qui m'écoutes, tu sais aussi que moi, ma spécification, c'est vraiment les thérapies brèves. J'adore la programmation neurolinguistique. Pour ça, ça permet de faire des recadrages, ça permet de faire... plein plein de choses mais ici maintenant on n'a pas besoin d'une psychanalyse de 6 ans et toi Amandine c'est aussi un petit peu ce que tu proposes finalement c'est une thérapie brève c'est quelque chose qui va assez vite et qui s'appelle l'EFT est-ce que tu peux expliquer ce que c'est que l'EFT pour les novices qui peut-être ne savent pas du tout ou en ont entendu un petit peu parler mais finalement on sait pas trop en quoi ça consiste
- Speaker #1
Oui, alors ces trois lettres EFT, en anglais ça veut dire Emotional Freedom Technique, donc une technique de libération émotionnelle. On est sur une technique qui est née aux Etats-Unis en début des années 90, on est obligé de dire même 1990 parce que c'est le siècle d'avant. C'est une technique qui est née dans l'objectif d'être disponible et accessible à tout le monde. J'aime bien dire que c'est un peu comme les jeux. Quand on le voit sur les boîtes de jeux de 0 à 99 ans, eh bien, c'est exactement comme ça, l'EFT. Ça a été créé pour ça. Ce que j'apprécie dans cette méthode-là, c'est aussi que ça offre de l'autonomie. On n'est pas obligé d'être avec son thérapeute, sa psy, pour pouvoir faire de l'EFT. Et moi, j'ai ce côté-là de j'enseigne. Cette pratique-là, on le fait ensemble, je le fais en séance évidemment. Les objectifs, les aboutissements sont peut-être différents, mais la personne en face de moi va se saisir de la technique et après pourra vraiment le refaire, s'en saisir pour X ou Y raisons. Alors, j'ai dit que c'était une technique née aux États-Unis. Elle est née de plusieurs recherches, de chercheurs, d'ingénieurs américains s'intéressaient au système nerveux, à la régulation, au stress, et qui ont souhaité aller voir un petit peu du côté de la médecine chinoise aussi, savoir comment, de l'autre côté du globe, la médecine s'occupait justement de ce système nerveux, donc au travers de l'acupuncture, de l'acupression. Au-delà, grâce à leurs recherches, à leurs différentes visites dans ces pays-là, Ils ont du coup compris que des tapotements sur certains points du corps, sur certains méridiens énergétiques, permettaient justement une régulation du système nerveux, une façon de revenir au calme. À côté de ça, les Américains connaissaient déjà les thérapies très classiques où on va verbaliser la problématique, où on va vraiment exprimer par des mots, M-O-T-S, ce qui est en train de se passer. Et donc, ils ont commencé à se dire, on va essayer de créer une action commune avec des tapotements et également de la verbalisation. Ils ont donc identifié sur le corps différents points. Ils ont créé une ronde, justement, avec ces points de FT au niveau du crâne, donc du sommet de la tête, vers les yeux, sous l'œil, sous le nez. vers le menton, les clavicules, sous la poitrine, le bras et même le bout des doigts. Et en tapotant régulièrement ces points, le corps comprend le message de « tu vas revenir au calme » . Et à côté de ça, l'EFT demande de verbaliser notre problématique. Par exemple, j'ai extrêmement peur d'aller faire cet examen médical. J'ai peur des aiguilles, ou j'ai peur de ce qu'on va trouver, etc. Eh bien donc, le fait de verbaliser une problématique, ça active normalement le système nerveux. Les personnes qui en parlent, on les sent, elles vont avoir tout de suite le cœur qui se met à battre. On va le sentir dans la voix que le fait juste d'évoquer la problématique, elles vont se sentir mal. Et donc, c'est là où l'activation des méridiens, va faire une action antagoniste, c'est-à-dire qu'on active le système nerveux par la verbalisation et on calme le système nerveux par les tapotements sur le corps.
- Speaker #0
Alors ça, c'est super intéressant parce qu'il y a un élément que j'aimerais ajouter parce que peut-être que celles qui nous écoutent là maintenant se disent que ça a l'air compliqué de retenir tout ça, d'associer, peut-être que ça prend du temps et la réalité c'est que Pas du tout, en fait. C'est une ronde, ça va finalement assez vite. On peut prendre le temps de le faire, mais on peut le faire aussi de façon plus rapide si on n'a pas vraiment le temps aussi. Oui,
- Speaker #1
en fait, on peut utiliser l'EFT de différentes manières. On peut l'utiliser en séance. Quand moi, j'ai une femme qui vient, qui me dépose quelque chose, là, effectivement, c'est de l'EFT où on prend le temps. Une vingtaine de minutes, le temps de poser la problématique, de comprendre réellement quels sont les mots derrière, les peurs, les colères. quelconque émotion. Donc là, on va dire que c'est de l'EFT programmé. On vient pour déposer quelque chose, pour se libérer de quelque chose. C'est très thérapeutique. On peut aussi utiliser l'EFT en mode un peu coup de poing. C'est-à-dire qu'un événement surgit, on est vraiment dans l'émotion qui arrive maintenant, et là, on peut tapoter à ce moment-là. C'est un peu de l'EFT en mode SOS. Et là, c'est de l'urgence, exactement. Et là, moi, je précise à mes clients, par exemple, je leur dis, fais uniquement sous la clavicule. C'est déjà très, très bien. Tapoter en même temps sous la clavicule, en même temps de ressentir ce qui est en train de se passer, peut-être en même temps que d'aller chercher un verre d'eau, que de gérer une situation. Tapote. C'est ça. Voilà. On peut tapoter sans forcément chercher à se faire une séance académique et dire, ouh là là, il y a un truc qui est en train de se passer en moi. Waouh, c'est dur.
- Speaker #0
Alors je le dis parce que je sais que les femmes que j'accompagne et celles qui m'écoutent vont se reconnaître. Et je sais à quel point ce sont de bonnes élèves et qu'elles veulent tout faire bien, tu sais. Et c'est génial et c'est un super avantage. Mais ça ne doit pas constituer un frein de se dire « j'ai pas une demi-heure devant moi donc je peux pas m'en servir » . En fait c'est pas vrai, on peut quand même s'en servir, même dans un moment d'urgence finalement, un peu en mode pompier si c'est nécessaire. mais quand même prendre ne fût-ce que 5 minutes pour le faire et déjà ressentir un réel mieux-être. C'est ça qui est important.
- Speaker #1
On peut le faire dans une salle d'attente.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Ce que je précise, par exemple, dans la salle d'attente, on n'a pas forcément envie de se tapoter sur le sommet du crâne ou dessous les bras parce que ça donne une allure peut-être assez rigolote. Oui, ce n'est pas très discret. On ne va pas se mentir. Ce n'est pas très discret. Mais il y a les bouts des doigts, des extrémités. au niveau des ongles. Alors, pas la pulpe et l'ongle, mais bien sur le coin des ongles. Et là, vous pouvez simplement pincer le bout de vos doigts le temps de votre attente dans la salle d'attente. On respire. La respiration, j'invente rien. On est d'accord que c'est une des façons de réguler aussi ce qui est en train de se passer en nous. Et on peut faire ça, que ce soit une salle d'attente d'un gynécologue ou d'un dentiste. Peu importe derrière ce qui se joue.
- Speaker #0
Exactement ! Et tu as parlé justement de rendre les choses... En tout cas que cette technique de FT était conçue à la base pour être accessible aux plus de personnes possible, au plus grand nombre de gens. Et toi tu as aussi voulu continuer à œuvrer dans cette direction. Et c'est la raison pour laquelle tu as écrit un livre, un excellent livre d'ailleurs, c'est une pépite. Et je ne dis pas ça parce que j'ai eu l'occasion de le préfacer. Donc j'ai eu l'occasion en tout cas de le lire en avant-première pour rédiger la préface. Et j'ai trouvé, alors je vais le montrer d'ailleurs ici à l'écran pour celles qui regardent, voilà j'ai ici, hop, le montré. Ce livre, je l'ai trouvé pépite, pourquoi ? Parce que j'ai trouvé que tu balayais extrêmement bien tout ce qu'on pouvait ressentir dans ce parcours PMA. Alors encore une fois, on dit PMA mais pas que, puisqu'on aborde l'état émotionnel. Alors certes, il y a la partie, comment dire, de tous les examens et donc c'est en ça qu'on utilise le mot PMA. Mais ce n'est pas nécessaire d'être uniquement en FIV ou en insémination pour s'en servir. Je veux dire par là que tu vas passer en vue plein d'émotions qu'on peut ressentir quand on est dans un moment qui est difficile, qui est douloureux, que ce soit un simple examen gynécologique ou que ce soit des pensées qui nous traversent. Donc c'est sûr qu'on parle de PMA par facilité, parce que l'immense majorité des personnes qui nous suivent sont dans ce parcours. Mais même si... les personnes sont en pause en termes de PMA ou n'y sont pas encore complètement, ont juste commencé, tu sais, les balbutiements, les premiers examens, etc. Ça s'applique malgré tout, évidemment. On est d'accord là-dessus ?
- Speaker #1
On est complètement d'accord là-dessus.
- Speaker #0
Complètement d'accord là-dessus, ok. Mais oui, c'est important de le rappeler parce que, tu vois, moi je le prends ici, on va parler des émotions, alors on peut parler d'émotions de colère, de culpabilité. On peut parler de toutes ces émotions-là et ce n'est pas nécessaire d'être déjà en PMA pour les ressentir en réalité.
- Speaker #1
Oui, comme la culpabilité de cette infertilité par rapport à son partenaire, par exemple. Bien sûr, on n'est pas forcément en PMA.
- Speaker #0
Le sentiment de contrôle, tu vois, toutes ces choses-là, même si on n'est pas encore en PMA ou qu'on est en pause parce qu'on en a eu ras-le-bol, on a été confronté à des résultats qui n'étaient pas très cools, en tout cas qui n'ont pas donné les résultats qu'on espérait, etc. on peut quand même justement se servir de l'EFT aussi dans ces moments-là pour venir réguler ses émotions. Alors, qu'est-ce qui t'a amenée finalement à l'écriture de ce livre ?
- Speaker #1
Mes clientes, les femmes que j'ai accompagnées, c'est vraiment la source, je vais dire d'inspiration, mais de travail autour de ce livre. Quand j'ai des femmes qui sont devant moi en visio ou quand je vais à leur domicile, Elles ont un besoin, elles m'apportent une problématique et si je vois que cette problématique-là, on peut la traiter en EFT, je vais leur écrire après leur protocole, je leur réécris leur séance. Selon la séance, quand je vois qu'elles peuvent par exemple la refaire. Tout à l'heure, je te parlais de la peur des aiguilles. Quand j'ai une femme qui me dit « j'ai peur de faire la ponction » ou « j'ai peur de ce protocole avec la stimulation » , Il peut être nécessaire de revoir et d'y revenir, d'accord ? Et donc en fait, je lui envoyais cette séance avec où est-ce qu'elle devait tapoter et quelles phrases suggérer, tout en lui offrant l'autonomie de modifier les phrases que je lui suggérais. Évidemment, et ça je le dis aussi dans le livre, vous pouvez changer les phrases pour que ça vous corresponde vraiment. Et donc, sur mon ordinateur, j'avais des tas, des tas de séances. Et puis, au fur et à mesure, je me rendais compte que la séance d'un tel, bah tiens, mais je l'avais faite avec une autre. Non pas que c'était exactement des mêmes situations. On sait qu'en PMA, il y a autant de parcours que de femmes, que de couples. Mais il y a quand même des choses, des émotions qui reviennent. Tu parlais de la culpabilité. On parle de la peur, de la colère, cette peur de l'avenir incertain. Alors, non pas qu'après, pendant mes séances, je réutilisais. une autre directement parce que moi, le but, quand elles sont avec moi, c'est de faire quelque chose de très personnalisé, individualisé. Mais j'ai commencé à sentir qu'en fait, ça pouvait rayonner plus largement. Donc, c'est de là qu'est né ce livre, de mes premières sources d'accompagnement. Et puis ensuite, évidemment, je l'ai enrichi, j'ai requestionné, que ce soit ma communauté, mes clientes aussi, en disant bon... Il y a des choses qu'on a vues ensemble, mais est-ce qu'il y a d'autres choses comme ça que tu verrais sur ce livre ? Et de là, j'ai créé aussi des séances vraiment pour ce livre, de sorte à l'enrichir et de pouvoir avoir un large spectre depuis aussi bien ces émotions que j'ai appelées du quotidien de la PMA, jusqu'à ce qui nous traverse pendant un protocole, pendant qu'on attend, et lorsque le test est positif ou négatif. Donc j'ai essayé de balayer un maximum de situations. Il a bien fallu que je m'arrête à un moment donné pour ne pas faire une encyclopédie de 18 volumes, mais c'était mon objectif.
- Speaker #0
Alors je voudrais juste revenir sur un élément dont tu viens de parler, c'est quelque chose qui m'avait beaucoup touchée dans ce livre. Alors il y a deux choses. Déjà il y a le côté pratique, parce que ce que j'ai trouvé génial, alors je ne vais pas tout spoiler, on est bien d'accord, mais Je peux quand même dire que le livre est vraiment pratico-pratique parce que tu as inclus des bonus à l'intérieur pour avoir vraiment une idée concrète de ce que c'est et de à quoi ça ressemble. Alors déjà, il y a beaucoup d'illustrations, donc ça c'est déjà quelque chose qu'on peut dire, où tu démontres exactement, tu montres exactement quoi faire, comment faire, etc. Donc on pourrait même se contenter de ça, mais toi tu as voulu aller un cran plus loin en ajoutant des vidéos bonus pour leur montrer exactement comment faire. Tu vois, et donc ça, j'ai déjà trouvé génial. Et en plus, à côté de ça, je voudrais rebondir sur un élément, et c'est vraiment quelque chose qui m'a beaucoup plu, parce que tu dis que, en gros, tu leur donnes des conseils sur aussi comment faire quand le résultat est positif. Alors, ça peut sembler complètement fou de dire, si c'est positif, c'est génial, mais en réalité, ce n'est pas aussi magique que ça peut en avoir l'air. Est-ce que tu peux en dire plus à ce sujet ?
- Speaker #1
Et oui, parce qu'on a l'impression que lorsque le test est positif, c'est la fin, enfin, de ce parcours douloureux, long, etc. Mais c'est le début d'un autre chapitre et qu'il y a comme empreinte, justement, tout ce parcours précédent. Et alors, peut-être qu'il y a des personnes pour qui ça se passe très bien et tant mieux pour ces personnes-là. Moi, il se trouve que les personnes qui viennent me voir sont des personnes qui sentent que c'est difficile avec beaucoup de peur, des peurs que ça s'arrête, des peurs de mal faire les choses, les peurs d'être responsable de quelque chose. Voilà donc...
- Speaker #0
Il faut préciser quelque chose parce que, bon, j'imagine que l'immense majorité des femmes qui nous écoutent n'ont peut-être pas encore eu leur positif et sont dans l'attente de ce positif. Mais en fait ce qui se passe... Quand on a un résultat positif, c'est qu'effectivement, on peut être hyper heureuse et sauter au plafond et être folle de joie et c'est merveilleux. Et chez certaines, c'est pas aussi simple que ça parce qu'on a effectivement la peur que ça s'arrête. On a du mal à réaliser que ça y est, c'est enfin positif. Et puis aussi, il faut dire une chose, c'est que quand on est suivi en PMA ou qu'on l'a été, c'est qu'on s'est habitué à des contrôles qui sont quotidiens ou en tout cas qui sont quasiment tous les deux jours. Et puis là, du jour au lendemain, on se retrouve avec... plus rien d'un mois à l'autre en fait, puisqu'on se retrouve avec un suivi mensuel d'un rendez-vous qui va durer 10 minutes et on est complètement perdu et donc ce positif n'est pas aussi pour certaines en tout cas aussi extraordinaire qu'on aurait pu l'imaginer et du coup on peut aussi parfois un peu tomber de sa chaise en se disant mais en fait je ne m'attendais pas à ça, je pensais être folle de joie et en fait je suis mort d'inquiétude je ne sais pas quoi faire, j'ai des millions de questions et j'ai aussi pas grand monde pour y répondre C'est aussi pour ça qu'on assure les suivis entre deux. Mais voilà, j'ai trouvé ça génial que tu mettes en avant ce point-là dans le livre, parce que souvent on n'en parle pas de ce positif. On s'imagine que c'est tout beau, tout rose, mais sauf que la réalité pour celles qui le vivent, c'est pas aussi rose que ça finalement.
- Speaker #1
Et tu l'as dit aussi brièvement, le fait de pas bien réaliser. Ces personnes qui du coup vont culpabiliser de ne pas être tant heureuses, ou de... pas se sentir aussi heureuse que ce qu'elle avait fantasmé en amont. Et elle se sent vraiment désemparée parce que c'est très tabou.
- Speaker #0
Complètement. Spoiler alert, ça peut arriver après l'accouchement aussi. Les filles, je pose ça là. Qu'il y ait une graine comme ça, quelque part. Ça peut arriver après l'accouchement aussi. C'est pas grave. Ça peut arriver à n'importe qui. Mais c'est vrai qu'on idéalise et du coup, quand c'est pas le cas, on se dit mais... Je ne suis pas normale ou je suis déjà une mauvaise mère. Enfin, il y a plein de pensées qui nous traversent finalement.
- Speaker #1
Oui. Donc, c'est vrai que là, dans cette partie-là qui est dédiée justement à ce début de grossesse, de mémoire, je crois qu'il y a trois rondes. Donc, ce qu'on appelle une ronde, c'est vraiment des séances. Il y a trois séances dédiées. Et j'ai mis un petit encart disant, je ne peux pas maintenant faire toutes les séances qui... parle des émotions de la femme enceinte parce que ce serait presque aussi un livre complet. Mais j'espère que ces personnes qui liront, et quand elles en seront à ce point-là, heureusement, elles auront cet outil en main et elles pourront aussi l'utiliser, garder les bénéfices de l'EFT pendant la grossesse. Parce qu'effectivement, on a également besoin, dans toutes les situations.
- Speaker #0
C'est exactement ça, mais tu vois, je trouvais génial parce que ça montre à quel point tu connais ce parcours, tu connais le sujet, tu connais ce que tes patientes, ce que tes clientes traversent et vivent. Et j'ai trouvé génial que tu consacres une partie de ce livre à ça aussi parce que, de manière générale, il y a très peu de choses qui existent, qui sont faites. alors moi j'ai vraiment aussi J'ai eu à cœur de créer un programme spécifique pour les deux semaines d'attente parce que je trouvais qu'il y avait un vide énorme. Et j'ai trouvé génial que toi, tu vois, il y a aussi la partie sur l'attente, il y a aussi des protocoles qu'on peut faire vraiment en EFT pour travailler sur ces émotions-là. Et l'attente d'ailleurs, elle peut venir à plein de moments parce que l'attente dans le parcours, elle est quand même présente, je ne vais pas dire tout le long, mais presque. Parce qu'on est tout le temps dans l'attente dans ce parcours. Mais donc il y a quand même des protocoles qui sont très spécifiques à ça. mais voilà, j'ai trouvé génial parce que tu venais à mon sens en tout cas, combler un vide qui existe aujourd'hui, c'est-à-dire qu'il n'y avait pas grand-chose qui existait pour le positif, puisque aux yeux des autres, tout va bien, ça y est, tu l'as enfin ton positif, donc c'est bon, alors que pas forcément. Mais à côté de ça, c'est vrai qu'il y a évidemment cette partie-là, mais pas que, il y a vraiment pour toutes les étapes du parcours en fait, parce qu'il y a les émotions du quotidien, il y a les émotions qui sont vraiment liées au parcours médical, il y a vraiment par rapport à cette prise en charge. qui parfois peut amener aussi des émotions un petit peu difficiles, parce qu'on peut être stressé avant un rendez-vous, on peut avoir peur des résultats, on peut avoir peur de plein de choses. Il y a effectivement toutes les phases de stimulation qui existent et qui peuvent entraîner des angoisses. Il y a toute la partie piqûres, anesthésie, etc., qui sont vraiment liées typiquement à tout ce qui est protocole. Il y a l'attente et puis il y a effectivement les résultats. Donc, On est vraiment sur, en tout cas, un livre qui balaye toutes les étapes, que ce soit les émotions dans le quotidien qu'on peut ressentir, vraiment liées au parcours, vraiment liées au pur médical, mais aussi le après, en fait. Donc, on a vraiment balayé toutes ces différentes répercussions de ce qu'on peut ressentir parce qu'on a un petit cerveau dans... Enfin, on a un cerveau qui fonctionne et qui mouline quand même vachement bien.
- Speaker #1
Est-ce que tu as vu que j'y ai mis... J'ai fait un petit titre provocateur sur les personnes qui auraient besoin de lâcher prise. Et ça m'a fait plaisir de faire ce titre-là, parce que toi et moi, on sait ce que ça signifie que lâcher prise, ou ce que ça ne signifie pas, justement. Et je me suis fait vraiment plaisir dans ce chapitre-là, où j'explique effectivement que lâcher prise telle qu'on l'entend, ce n'est pas possible. et qu'il faut y mettre de la sécurité, il faut y trouver un cadre. Voilà, donc j'apporte quand même une ronde EFT, mais elle est différente des autres parce que justement, les attentes doivent être différentes par rapport à ça. C'était mon petit chapitre, je trouvais... enfin pépite en tout cas pour moi, qui avait une tournure un peu différente des autres et qui me semblait très très très important. Peut-être que certaines vont être un peu entre déçues ou choquées ou de se dire, oulala, mais dans quoi elle part ? Parce que ce chapitre-là, il vaut le détour, c'est presque une séance à part entière.
- Speaker #0
Il vaut son pesant d'or. Mais effectivement, parce que c'est en même temps, c'était difficile de passer à côté dans le sens où il faut que tu lâches prise, c'est quand même quelque chose qu'on a tout entendu. Et c'est, je sais pas, c'est un mot d'ordre collectif visiblement, mais en même temps, je trouve ça tellement, tellement difficile à entendre, et tellement difficile à accomplir aussi, parce qu'on ne sait pas trop ce que ça veut dire finalement, lâcher prise, on a l'impression que ça veut dire qu'il faut abandonner, alors que bon, la réalité, toi et moi, on sait que ce n'est pas ça, et donc c'est intéressant aussi de venir traduire, expliquer ce que c'est, ce que ça n'est pas, et ça c'est important aussi.
- Speaker #1
Et je crois que celui-ci, je l'ai d'ailleurs mis en vidéo. Voilà. Pour que, donc, avec un QR code, chaque personne va pouvoir accéder à une chaîne particulière et accéder, donc, à cinq séances vraiment filmées, ce qui permet de se décentrer du livre pour pouvoir le faire. Et donc, dans ces séances-là, il y a celle sur le lâcher-prise.
- Speaker #0
Oui, j'ai trouvé ça vraiment génial parce que c'est vrai qu'il y a des remarques. des remarques, alors moi j'appelle ça des remarques maladroites, parce qu'on les entend tout le temps, et que c'est des remarques qu'on ne donne pas à un homme aussi. Alors moi je les trouve forcément de ce fait là très misogynes, on ne dit pas à un homme qui a un mauvais spermogramme « Oh faut que tu lâches prise ! » ça on ne lui dit pas à lui évidemment. Nous on a l'ancien SOPK, donc le SMOP aujourd'hui, on peut avoir de l'endométriose, une insuffisance ovarienne, on peut avoir plein de pathologies et malgré tout nous on va s'entendre dire « Oh faut que tu lâches prise ! » Un homme qui a un mauvais spermogramme, jamais on lui dit un truc pareil. Donc il y a un côté comme ça qui reste, qui est très ancré et qui moi m'agace très profondément. Je devrais peut-être faire une ronde EFT là-dessus. Mais parce que je trouve que c'est tellement injuste de dire ça, de dire ça à une femme parce qu'on ne le dirait pas à un homme. Et je trouve génial que tu en parles et que ça fasse aussi partie du livre. Parce que c'est lié aux remarques maladroites, et des remarques maladroites dans ce parcours, ce n'est pas ce qui manque, évidemment.
- Speaker #1
Oui, et puis c'est très culpabilisant, donc elles cherchent à lâcher prise en plus. Il y a des personnes, ces femmes-là veulent lâcher prise.
- Speaker #0
C'est comme dire à quelqu'un, tu stresses trop, parce que du coup, il va stresser parce qu'il stresse, et plus il va chercher à ne plus stresser, plus il va stresser encore plus, et donc on rentre dans un cercle vicieux, qui est en fait contre-productif, et qui part de rien du tout. Je veux dire... On ne dirait pas ça à quelqu'un à qui on découvre une autre pathologie. On ne va pas lui dire « c'est parce que tu stresses trop » . Donc pourquoi appliquer ça à la fertilité ? Alors, toi et moi, bien sûr, on connaît les effets du stress sur la santé. Bien évidemment, je ne veux pas dire que le stress n'a absolument rien à voir, mais ce n'est pas la source première. Je veux dire par là que si nos pensées étaient un moyen de contraception, ça serait. Je pense que voilà. Donc c'est inutile de venir en rajouter une couche parce que c'est très douloureux à entendre. Et que là, à l'inverse, justement, avec ces protocoles, on a vraiment le moyen de travailler sur les émotions qu'on peut ressentir sans essayer de les mettre sous le tapis, comme tu disais au tout début.
- Speaker #1
Et puis l'intérêt aussi de l'EFT, c'est que du coup, c'est vraiment une méthode qui a des effets à long terme.
- Speaker #0
Je l'ai dit qu'on pouvait l'utiliser en mode coup de poing pour un effet immédiat, mais il y a des effets vraiment sur du long terme. Donc quand on va toucher des problématiques, par exemple d'anticipation sur un événement, donc une opération, un examen, mais ça peut être également un entretien d'embauche par exemple, on peut le travailler en amont et c'est quelque chose qui va être efficace sur du long terme. Sur des peurs, sur des traumas. Donc là, j'élargis évidemment les propos, parce que l'EFT n'est pas utilisé que dans les sujets de la fertilité.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
C'est vraiment très très lâche.
- Speaker #1
Et c'est ça que je trouve génial, c'est que, alors au départ, ce n'était même d'ailleurs pas du tout dans un but d'accompagner des personnes qui sont confrontées à l'infertilité. Je veux dire, cette méthode d'EFT, elle a été traitée pour les émotions, elle a été conçue pour les émotions, quelles qu'elles soient. Toi tu les as vraiment spécifiquement adaptés à tout ce qu'on pouvait ressentir dans ce parcours, mais on est d'accord qu'une fois qu'on a pris l'habitude, peut-être grâce à ce parcours, de découvrir l'EFT et de faire des rondes, on peut évidemment appliquer ça à plein de situations, de sa sphère privée, professionnelle, enfin voilà on peut avoir des difficultés au travail, on peut avoir plein plein de choses qui n'ont rien à voir avec la fertilité, et utiliser malgré tout ces rondes d'EFT. Tout à fait.
- Speaker #0
En gardant en mémoire qu'il peut y avoir de l'EFT académique, c'est-à-dire on prend le temps chez soi de faire d'abord la ronde qui va exposer la problématique, exposer la douleur, l'émotion, puis ensuite petit à petit basculer sur une ronde de reprogrammation émotionnelle. On est en train de... On discute avec l'amidale qui va gérer un petit peu ce qui se passe en nous. C'est là où c'est... très porteur et que ça prend vraiment sur le long terme. Mais si on n'en a pas la possibilité, faire une ronde, j'ai envie de dire simple, mais efficace de simplement dire « Voilà, je ressens, j'ai très peur, mais je ne suis pas cette peur » ou « Je suis en colère, mais je ne suis pas cette colère » tout en tapotant peut-être au niveau de ses clavicules, c'est déjà le signe qu'on est en train de se prendre en charge. Et tout de suite, ça nous met en… Ça crée une prise de recul par rapport à ce qu'on est en train de vivre. Et on n'est déjà plus dans la même situation que si on ne l'avait pas fait.
- Speaker #1
Parce qu'on n'est plus en train de subir.
- Speaker #0
Exactement. Et quand tu parlais tout à l'heure des bonnes élèves, c'est vrai qu'on me le dit, mais si je me trompe, si je ne fais pas les bons points, etc., c'est pas grave. En fait, il y a déjà l'intention de faire quelque chose. C'est tellement précieux, cette intention. Et cette intention de réguler ses émotions, d'en prendre soin, ça peut passer par l'EFT, ça passe par d'autres moyens aussi. Aller respirer, prendre l'air, boire de l'eau. Il y a énormément de méthodes déjà pour s'approprier ce qu'on est en train de vivre. L'EFT en est une en plus, j'ai envie de dire.
- Speaker #1
Oui, c'est ça que je trouve super, c'est qu'on n'a pas besoin d'avoir... des outils, on n'a pas besoin, on peut le faire n'importe où en réalité, alors de manière un petit peu différente, parce que c'est sûr que commencer à se tapoter sur la tête au milieu d'une salle d'attente, ok, ça passe pas inaperçu, mais on peut le faire d'une autre façon, il y a des moments où on peut le faire de façon plus discrète, un petit peu différente, etc., où finalement on est les seuls à savoir qu'on est en train d'appliquer une technique de FT et qu'autour, personne ne le sait, et ça je trouve génial. Si tu avais un conseil à donner aux femmes et peut-être à leurs chéries qui nous écoutent, parce que finalement, eux aussi peuvent utiliser les techniques, pourquoi pas ? Les peurs, elles peuvent être là partout. La peur d'un résultat d'un spermogramme, finalement, tout le monde peut utiliser ces techniques. Qu'est-ce que tu donnerais comme conseil aux personnes qui nous écoutent ? Si tu avais un conseil à leur donner, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Très belle question. Un seul. Déjà se rappeler que ce que cette personne ressent, c'est légitime et qu'elle n'a pas à en avoir honte, qu'elle n'a pas à le cacher. Je pense que ça, c'est le premier conseil, c'est-à-dire, ok, ça fait partie de toi, c'est là, qu'est-ce que t'en fais là maintenant ? Et j'ai l'intime conviction... que les personnes qui cachent, qui se cachent déjà, qui se mentent peut-être à elles-mêmes pour éviter des inconforts, pour éviter peut-être de se mentrer, de penser qu'elles montrent une faiblesse quelconque. Je pense que c'est reculer pour mieux sauter qu'à un moment donné, ça revient. Et notre cave, à force d'empiler des cartons d'émotions qu'on n'écoute pas, à un moment donné, j'ai peur qu'elle déborde. Oui, moi je donne souvent l'image d'un sac à dos qu'on remplit avec des gros cailloux, des plus petits, et à un moment donné, ça lâche parce que c'est trop lourd. Exactement. Et je pense que quand on comprend... que ce qu'on ressent c'est légitime c'est à mon sens plus simple de les prendre les unes après les autres petit à petit, quand elles arrivent plutôt que de se retrouver avec sa cave qui déborde ou son sac qui craque
- Speaker #1
Je trouve ça génial de prendre les émotions une à une au fur et à mesure de leur arrivée, un peu au fil de l'eau comme ça. Et puis, c'est beaucoup plus simple à gérer, entre guillemets. On ne gère pas l'émotion, c'est la situation qu'on va gérer. Mais c'est beaucoup plus simple d'avancer comme ça plutôt qu'effectivement de devoir s'attaquer à une cave qui déborde. C'est ça.
- Speaker #0
Et puis, souvent, on oublie les signes physiques. qu'on va ressentir, qu'on ressent avec une émotion. On pense tout de suite, si on pense à une crise d'angoisse, on pense tout de suite à cette sensation d'étouffement, à ce cœur qui bat très fort, etc. Mais en fait, il y a d'autres signes avant. Et il y a plein de petites choses qu'on peut écouter en amont pour se dire, ah, il y a un truc qui est en train d'arriver. Et peut-être que je peux faire quelque chose avant, que ce soit trop violent.
- Speaker #1
Oui, c'est ça que je trouve génial dans l'utilisation et c'est ce que tu écris dans ce livre, c'est qu'on peut s'en servir en prévention aussi et pas que en mode coup de poing, pas que en mode pompier. Les deux utilisations sont possibles et c'est vrai que parfois on peut repérer, anticiper, se dire là je sens que ça va être compliqué et mettre en place déjà des protocoles, des rondes. Quand on parle de protocoles, c'est ça, c'est des rondes, des rondes de FT pour justement déjà commencer à libérer l'émotion. Et atténuer la vague et faire en sorte que ce soit une vague et pas un tsunami. C'est ça,
- Speaker #0
en mettant des mots déjà, et c'est ouvrir une possibilité que ça existe. Et vraiment, lorsqu'une femme va se dire, ah oui, en fait, je me cachais ça, mais j'ai peur en fait de faire cet examen, j'ai peur d'avoir mal, peu importe ce qu'il y a derrière, c'est très précieux. Plutôt que de se forcer, d'y aller en mode, allez, il faut être forte parce que... Parce qu'il y en a d'autres qui l'ont fait avant moi et ça va le faire ?
- Speaker #1
Oui. Oui, et souvent je vois sur les réseaux, on est des warriors, etc. Et j'ai beaucoup de mal avec ces expressions-là parce qu'on est dans un mode combat, alors qu'en réalité, on doit tout sauf combattre. On ne se combat pas soi, on est sûr de perdre. Ça n'a absolument aucun sens que de se combattre soi ou même de combattre, parce que souvent on parle de combattre la maladie, mais la maladie, elle fait partie de nous. donc Pour moi, ça n'a pas beaucoup de sens d'être dans le combat, mais plutôt d'être dans l'accueil, dans l'ouverture, dans cette, quelque part, gestion, où on se dit, ok, là, j'ai quelque chose, comment est-ce que je peux, justement, venir améliorer, optimiser, compenser ? Enfin, voilà, on va plutôt accueillir tout ça, et c'est ça qui change. Et c'est vrai que dans ce parcours, tu en as parlé aussi, mais on peut le faire en prévention, parce que... Dans ton livre, il y a une émotion, c'est finalement quelque chose qui concerne quelqu'un d'autre, c'est l'annonce de la grossesse de quelqu'un d'autre. Alors c'est pas, au départ on se dit oui mais ça ne nous concerne pas, mais quand on se prend l'annonce, c'est quelque chose qui peut être dur. Et ça, on peut aussi travailler ça en amont, parce qu'on peut travailler sur, il est probable que j'ai une annonce de grossesse de X ou Y, on ne sait pas encore de qui, mais on peut travailler justement en amont. cette émotion qui serait j'apprends la grossesse de quelqu'un d'autre comment je comment je peux libérer cette émotion en amont pour que ça fasse moins mal le jour où ça arrive oui ça fasse moins mal ou alors qu'on se dise aussi ok j'ai le droit d'être
- Speaker #0
à la fois triste voire en colère d'être heureuse et d'avoir ce mélange les deux dires ou assez quand même hyper dur de jongler entre tout ça
- Speaker #1
Mais je crois que ça résume bien le parcours finalement, parce que ce parcours c'est ça, alors chez moi en Belgique on va dire un mating pot, tu vois c'est un gros mélange d'émotions, et des émotions qui sont paradoxales, on peut être à la fois très heureuse, même au niveau du médical, parce qu'enfin ça avance, enfin il y a des examens, enfin il y a des choses, et en même temps être hyper apeurée de se dire, en fait ça y est c'est concret, j'ai peur de cet examen là, ou j'ai peur des aiguilles, ou je ne m'attendais pas à ça, et en fait on est en permanence dans ce parcours, confrontés à des émotions qui peuvent être totalement paradoxales et cohabiter. Et c'est vrai que ce n'est pas quelque chose de courant dans la vie de tous les jours. On est plus souvent dans une émotion ou dans une autre, mais là, c'est tout un mélange en même temps. Et donc, tu fais bien de le préciser, c'est ça qui est intéressant aussi.
- Speaker #0
Oui, je pense que tu as tout résumé ce que j'ai voulu écrire dans ce livre. C'est effectivement balayer ce qui pouvait traverser l'esprit et surtout ce qui ne se dit pas trop.
- Speaker #1
Surtout ?
- Speaker #0
Surtout ce qui ne se dit pas trop parce qu'en PMA, ces femmes-là ont une injonction derrière qui est, en plus, tu le veux bien. C'est toi qui cherches, sinon tu ne serais pas inscrite dans un centre. Et donc, sous couvert que c'est elle qui le cherche, entre guillemets, il ne faut pas trop se plaindre, il ne faut pas trop non plus expenser ce qu'on est en train de vivre. Et puis, il y a une deuxième chose aussi, c'est que dans le parcours de PMA, ou dans la fertilité, ou tout ce désir d'enfant, il y a beaucoup de secrets. On ne le dit pas forcément à sa famille, on ne le dit pas forcément à sa meilleure amie. Et là, c'est un livre, moi je l'appelle, c'est vraiment un compagnon. Il montre aussi que si la ronde EFTL existe, c'est que tu n'es pas seule en fait à avoir pensé ça. Ça,
- Speaker #1
c'est je crois quelque chose qui revient le plus dans tous mes accompagnements, dans tous les échanges. En fait, je me sens seule. Et c'est fou quand on voit le nombre de personnes qui sont concernées. Quand les femmes me rejoignent, c'est une des premières choses que j'entends, c'est « je me sens seule » . Et toi aussi, je pense que c'est une des premières choses que les femmes te disent. Et c'est fou quand on voit vraiment statistiquement le nombre de personnes concernées. On est quand même entre un couple sur quatre, un couple sur cinq qui est en âge d'avoir des enfants, qui est concerné par l'infertilité. Donc, c'est énorme. en réalité. Mais comme on n'en parle pas, on a effectivement l'impression d'être seule. Et donc c'est aussi ça un peu que ce livre vient casser, c'est de montrer non, t'es pas seule, il y a des choses qui existent pour t'aider. C'est ça en fait le message du livre.
- Speaker #0
Oui, exactement. Et puis c'est ma posture aussi, d'accompagnante de doula et de thérapeute, c'est à la fois que mes clientes, elles savent. qu'elles peuvent m'écrire, elles vont pouvoir se confier à tout moment, entre les séances, et ce n'est pas un problème, parce que ça, c'est vraiment lié à ma posture de doula, qui est celle qui est là pour la femme, et c'est OK pour moi, en fait, justement, d'être la personne à qui on se confie, à qui on dit les choses, sans se cacher, sans dire, oui, ça va, en haussant les épaules. Non, ça, je n'accepte pas le « ça va » en haussant les épaules. Donc, ce livre, c'est une prolongation. de ma manière de fonctionner. C'est aussi pour ça que j'ai mis des vidéos, pour que, déjà, mettre en image réellement cette méthode et puis, voilà, rajouter un petit peu de ma voix dans le sens où, dans mes intentions, ce que je voulais apporter. Voilà, avec ce livre.
- Speaker #1
Alors vous allez bien sûr retrouver la description de cet épisode, vous allez retrouver justement le lien pour pouvoir vous procurer ce livre. Ne passez pas à côté, c'est une pépite vraiment. Si les émotions c'est vraiment un sujet pour vous, vraiment je vous invite à le découvrir parce que c'est une pépite et que c'est effectivement un compagnon qui sera là tout le temps à toutes les étapes de ce parcours et qui va pouvoir vous montrer comment faire pour vous sentir mieux avec vos émotions. et les traverser de façon beaucoup plus sereine. Donc vraiment, n'attendez pas, allez voir ce bouquin. Vous allez trouver le lien dans la description de cet épisode. Bien sûr, Amandine, je mettrai aussi les liens vers ton compte Instagram, etc. pour que celles qui souhaitent te contacter puissent savoir où te trouver.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Je mettrai tout ça dans la description de cet épisode. C'était un vrai plaisir de t'avoir ici, sur ce podcast. Merci. infiniment pour ta présence. Merci beaucoup d'avoir rédigé cette pépite. Je pense que tu vas en aider plus d'une grâce à ce livre. Et je suis ravie et fière de l'avoir entre les mains aussi. Donc je sais à quel point c'est un travail colossal. Je sais ce que ça représente et je trouve ça extraordinaire. Donc encore félicitations aussi pour l'écriture de ce bouquin. Moi je l'ai trouvé pépite, vraiment. Donc merci pour tout ça.
- Speaker #0
Merci Mia pour l'accueil que tu as fait à ce livre qui s'appelle Dans la tempête émotionnelle de la PMA. Merci pour ta préface qui m'a beaucoup touchée lorsque je te l'ai envoyée. J'ai vraiment eu ce sentiment d'enfin délivrer quelque chose. tu as été la première professionnelle en plus à pouvoir donner ton avis que j'ai accueilli avec grand plaisir. Donc, merci aussi. toute la place que tu fais à ce livre, dans ton podcast, si je sais que tu le transmets aux personnes que tu croises. Donc, merci beaucoup pour tout, Mia.
- Speaker #1
Avec grand plaisir. Moi, je pars du principe que quand des outils existent, qui sont efficaces, que ça fonctionne et que ça peut aider, il faut absolument en parler. Donc voilà, parlons-en, continuons. Merci beaucoup en tout cas, les filles. On se retrouve la semaine prochaine pour un tout nouvel épisode. Et d'ici là, comme toujours, prenez soin de vous. Merci Amandine, à bientôt.
- Speaker #0
Au revoir.