- Speaker #0
Une levée de fonds, c'est un sacré parcours déjà. L'objectif pour nous, c'était la première fois qu'on ouvrait notre capital. Je dirais qu'en fait, il ne faut juste pas trop avoir de croyances limitantes parce que finalement, je pense que personne n'est entrepreneur. On s'est dit en fait, on n'est pas du tout structuré pour ça. Et donc, est-ce qu'on va réussir à aller au bout ? Est-ce qu'on va réussir à... à atteindre quelque chose et si ces opportunités se concrétisent, comment on va les transformer ? Parce que là, on ne peut pas.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans Pour toutes ces bonnes raisons. Je suis Adrien Bernard, directeur merchandising et néo-entrepreneur. À travers ce podcast, je partage mes connaissances et celles de mes invités pour vous offrir un contenu riche et inspirant. Dans un commerce en constante évolution, je voulais, à travers ce podcast, aller au cœur du merchandising, du retail et de l'entrepreneuriat, le tout avec une touche de décontraction. Et je vous fais un petit rappel, chaque épisode sort un jeudi sur deux, alors n'oubliez pas de vous abonner pour ne rien manquer des prochains épisodes. Et puis, laissez un maximum d'avis si cet épisode vous a plu, et surtout, partagez le podcast à vos amis, à votre famille, à votre N plus 1, N plus 2, votre stagiaire, votre alternant, bref, faites tourner ce podcast. Et aujourd'hui... Nous avons l'honneur d'accueillir Manon Lustot, fondatrice de la startup bordelaise Libu. Alors Libu, si vous ne connaissez pas, c'est une société qui révolutionne le bien-être au travail à travers des solutions d'éclairage circadien. Donc là, vous vous demandez, c'est quoi le lien avec le retail ? C'est quoi les solutions d'éclairage circadien ? Ne vous inquiétez pas, on va voir ça dans cet épisode. Quand tu étais petite, qu'est-ce que tu voulais faire ? C'était quoi le métier de tes rêves ?
- Speaker #0
Alors, je pense que le métier de mes rêves, ce n'était pas chef d'entreprise déjà. Je pense que c'est le premier point. Je dirais quelque chose du style danseuse étoile.
- Speaker #1
Ah ouais, écoute, ce n'était pas mon cas.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Ok, et donc comment on fait pour passer de danseuse étoile à patronne de Libu ? C'est quoi un peu ton parcours maintenant ?
- Speaker #0
Alors, mon parcours, j'ai commencé par faire des études assez classiques. J'ai fait des filières plutôt scientifiques. du baccalauréat, ensuite une classe préparatoire aux grandes écoles, donc les fameuses Mathsup, MathsP, et j'ai fini en école d'ingénieur. Et ça, c'était mon parcours académique. Et puis dans ce parcours académique, s'est glissé le fait qu'en école d'ingénieur, il y avait une filière entrepreneuriale qui permettait de monter une mini-entreprise pendant un an. Et c'est une expérience qui m'a beaucoup plu. Je me suis vraiment prise au jeu de l'entrepreneuriat durant cette année. Et à la suite de ça, il y avait deux ans pendant lesquels on pouvait poursuivre pour aller vers potentiellement une vraie création d'entreprise. Et du coup, j'ai décidé de m'engager là-dedans pour la fin de mes études. Donc, c'est deux ans que j'ai passé à porter ce projet en parallèle de mes études au sein d'une filière pour essayer d'apprendre des choses un petit peu différentes de ce qu'on fait dans la vie d'un ingénieur, donc un peu moins scientifique, un peu plus transversal. Et puis voilà, la fin de mes études. À mon sens, il y avait une vraie opportunité. J'avais rencontré des potentiels partenaires, j'avais passé beaucoup de temps à interviewer des gens en rapport avec l'éclairage et j'avais vu qu'il y avait une vraie problématique qui émergeait de ça. Et je me suis dit, ce serait quand même dommage de ne pas voir ce que ça donne. Et donc, c'est comme ça que j'en suis arrivée à devenir entrepreneur et à la tête de Libu. Ok, et donc là aujourd'hui, tu es toute seule à la tête de Libu ou tu travailles avec des cofondateurs ? On est deux associés à la tête de Libu. Donc mon associé Tino, il a suivi le même parcours que moi. On a monté cette entreprise sur les bancs de l'école en quelque sorte.
- Speaker #1
D'accord. Et si tu veux bien nous raconter ce qu'est Libu aujourd'hui, et tout le parcours et tout le projet autour de Libu.
- Speaker #0
Alors Libu, c'est une entreprise qui conçoit et commercialise des solutions d'éclairage qui ont pour vocation d'améliorer le bien-être et la santé. Comment ça se passe ? En fait, tout simplement, notre corps a une horloge biologique qui est censée être régulée par la lumière naturelle du soleil. et donc On passe beaucoup de temps dans des bâtiments éclairés plutôt par des lumières artificielles et ça, ça n'en tient pas compte de ce rythme biologique et ça a un impact néfaste sur la santé. Ça va engendrer du stress, de la fatigue, des erreurs, des arrêts maladie. Et puis dans des cas extrêmes, chez des enfants qui pratiquent par exemple des horaires décalés, du travail de nuit, c'est de la somnolence, des accidents, des risques d'obésité, troubles cardiovasculaires, cancers. Donc en fait, c'est un enjeu de santé publique qui est totalement méconnu. Et en allant à la rencontre du marché pendant justement ces azénitudes, On s'est rendu compte que l'éclairage, c'était un outil qui servait à s'éclairer. C'était souvent une gêne, un inconfort, ça donnait mal à la tête, des migraines. Mais qu'en fait, cet aspect santé n'existait pas du tout sur le marché. Et nous, de par nos études, on connaissait ce lien entre la lumière et l'impact qu'elle avait sur le corps humain. Et on s'est dit, il y a quand même un creux, en fait, il y a un gap à combler. Et c'est comme ça qu'on est venu à monter cette entreprise. Donc, on a développé une techno, ce qu'on a breveté, qui permet d'avoir cet impact sur le corps humain que n'ont pas des solutions d'éclairage classique. Et au fur et à mesure des années, on est arrivé ensuite dans une étape plutôt d'industrialisation. Donc, on a développé une techno, fait des prototypes, validé ces prototypes au travers d'études sur le marché, donc d'études en conditions de vie réelle sur des collaborateurs qui travaillent en entreprise, où on a mesuré justement l'impact de nos solutions d'éclairage. Puis voilà, une vraie étape d'industrialisation, trouver des partenaires industriels. Et aujourd'hui, Libus est une entreprise qui a des clients un peu partout en France, qui commercialise depuis deux ans et demi. Et on a finalisé notre première levée de fonds.
- Speaker #1
Ok, super. Alors attends, je reviens juste quand même sur... Le début de Libu, la première grosse entreprise qui a joué le jeu et sur laquelle tu as pu les accompagner, ça s'est passé comment ?
- Speaker #0
Alors au tout début, on a travaillé avec trois entreprises qui nous ont accompagnées dans notre phase d'études, phase de tests, où on a juste validé l'impact de nos solutions d'éclairage sur des collaborateurs. Donc c'était une étude scientifique avec des questionnaires, avec la médecine du travail, avec un encadrement de chercheurs. Donc c'était vraiment quelque chose qui a une base scientifique. Et pour ça, il nous fallait des entreprises qui jouent le jeu et qui financent cette étude. Et on a trouvé trois entreprises qui ont joué le jeu. Et c'est assez marrant parce que c'est assez représentatif aussi du marché. On a trouvé une PME d'une centaine de personnes en région bordelaise, Work As System. On a trouvé une administration publique, l'Institut d'Optique, qui était aussi notre école d'ingénieurs, qui ont joué le jeu dans les bureaux administratifs de l'école. Et puis, on a travaillé aussi avec un grand groupe, le groupe Le Grand, pour tester justement nos solutions d'éclairage sur... certains de leurs services. Et tout ça, ça nous a permis d'avoir un certain nombre de participants qui permettaient d'avoir des résultats fiables dans l'étude. Et donc en fait, ces entreprises, c'était finalement nos premiers early adopters, même si ce n'était pas vraiment des produits, même si ce n'était pas vraiment des ventes. C'était vraiment les premiers à nous faire confiance, et ça même avant quasiment la création de la société.
- Speaker #1
D'accord. Et alors maintenant, si tu regardes un peu dans le rétro, qu'est-ce qui a été simple un peu dans ce lancement d'entreprise ? plus complexe, qu'est-ce que tu aurais fait différemment ?
- Speaker #0
Le démarrage s'est très bien déroulé, tout ce qui était études, etc. Nous, on était à la base de profil ingénieur, donc ça coulait. Après, on a, comme beaucoup de boîtes, il y a eu le Covid, qui pour nous est très mal tombé parce que c'était l'étape pendant laquelle on était en train d'industrialiser nos solutions, donc on cherchait des usines pour produire. Là, le milieu industriel s'est plus ou moins effondré, crise des composants électroniques, donc beaucoup de travail. Nous, on avait quand même fait de bons choix, dans le sens où on avait bien compris qu'il y avait des choses qui étaient très essentielles dans notre entreprise, notamment la maîtrise de la compétence électronique, de la R&D, qui sont des choses sur lesquelles beaucoup de boîtes avaient l'habitude de se reposer vers des prestataires extérieurs. Et nous, on avait fait le choix un peu étonnant à l'époque d'internaliser ce genre de compétences et de dire qu'en fait, nous, on a la capacité de comprendre ce qu'on fait et de pouvoir le faire nous-mêmes. Et ça a été assez crucial dans ce moment-là parce qu'il y avait... beaucoup de révisions de cartes électroniques à faire pour réussir quand même à mettre en preuve quelque chose, de pouvoir changer les composants, de pouvoir maîtriser ce qui va se passer en termes de normes, etc. Et en fait, c'est une situation qui a été très compliquée pour beaucoup de boîtes et nous, on l'a relativement bien passé avec toutes les problématiques que tu rencontres quand même dans ce genre de crise, mais on a évité le plus gros, on va dire. Donc ça, c'était des choix qui ont été faits... de façon pensée, mais sans avoir forcément connaissance de l'application que ça pourrait avoir plus tard. Et puis après, il y a tout le volet financement qui a été aussi assez gelé à cette époque-là. Donc, c'était une période pas simple pour la société. Et puis finalement, on a su rebondir, on a su déclencher des financements, convaincre, notamment en allant chercher le premier client, en allant faire signer des précommandes à des gens pour justement débloquer la situation en termes de financement. Et sur les premières années de la société, c'est à peu près 250 000 euros. de subventions prêts, prêts à taux zéro, qu'on allait chercher via ces leviers-là. Et le fait d'être aussi proche du marché, ça a été quand même une des clés pour réussir à débloquer ces situations.
- Speaker #1
D'accord. Et donc là, il y a très peu de temps ou très récemment, vous avez fait votre première levée de fonds.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Si j'ai bien écouté.
- Speaker #0
Exactement. Elle a été annoncée en début d'année 2024, donc il y a quelques mois.
- Speaker #1
D'accord. Et ça s'est passé ? Si tu peux nous en dire un peu plus.
- Speaker #0
Alors, une levée de fonds, c'est un sacré parcours, déjà. L'objectif pour nous, c'était la première fois qu'on ouvrait notre capital, qu'on allait chercher des investisseurs qui allaient faire partie réellement de l'aventure. On ne parle pas de capitaux en dette à rembourser ou de subventions. Là, c'est plutôt de l'argent cadeau, entre guillemets. Donc, c'était un choix déjà assez décisif de se dire qu'on ne va pas être tout seul à gouverner le bateau. ça c'est quelque chose qui n'est pas évident et nous en fait ce qui nous a fait passer ce cap c'est qu'on s'est dit on a commencé à voir, ça faisait un an et demi qu'on commercialisait à peu près on a commencé à voir vraiment une vraie traction avec potentiellement des gros projets potentiellement des gros leviers qui s'activaient et on s'est dit en fait on n'est pas du tout structuré pour ça et donc est-ce qu'on va réussir à aller au bout est-ce qu'on va réussir à à atteindre quelque chose. Et si ces opportunités se concrétisent, comment on va les transformer ? Parce que là, on ne peut pas. Et c'est ça qui a déclenché le fait de vouloir faire cette levée de fonds. Et à ce moment-là, nous, on s'est fait accompagner par un organisme régional qui s'appelle ADI, qui est un service levée de fonds et qui nous a vraiment accompagnés dans la recherche des premiers investisseurs. Donc, les mises en relation, etc. Et pour des gens comme nous qui ne sont pas issus du milieu de l'entrepreneuriat en premier lieu, qui n'ont pas une famille qui évolue dans ces sphères-là, C'était important d'avoir des soutiens. Donc voilà, globalement, comment ça s'est passé. Et puis après, voilà, tous les documents. Tu as beaucoup de documentation à faire quand tu lèves des fonds. Ton pitch deck, ton business plan, etc. Ça, c'est des choses sur lesquelles on a été accompagnés par notre incubateur Unitech, notamment. Et après, on a fait les premiers échanges aux investisseurs. Des choses qui marchent, des choses qui ne marchent pas. Des gens avec qui on s'entend, des gens avec qui on s'entend moins bien aussi. Ça fait partie du jeu. Et puis le tout, c'est de trouver les personnes avec qui... tu es en capacité d'avancer et qui vont savoir t'apporter aussi parfois autre chose que de l'argent. En tout cas, c'était la façon dont on voyait. Et du coup, on s'est tourné vers des réseaux de business angels principalement. Et donc voilà, la levée de fonds, elle a été concrétisée du coup au premier trimestre 2024 et on a levé au total un million d'euros.
- Speaker #1
Déjà, félicitations. Et puis, du coup, tu as ouvert ton capital à combien de pourcents à ces business angels ?
- Speaker #0
Globalement, on reste sur des taux qui sont raisonnables généralement sur les premières levées de fonds. Nous, on est sur la première levée de fonds en CID. Ce sont des taux qui vont entre 20 et 30 %, et nous, on est dans ces fourchettes-là. Donc, on reste quand même largement majoritaire.
- Speaker #1
Alors du coup, cette levée de fonds, là, sur les prochains mois, voire même le début d'année prochaine, elle va vous servir concrètement à quoi ? C'est quoi vos objectifs ?
- Speaker #0
Alors, l'objectif de cette levée de fonds, c'est en fait de se structurer pour pouvoir grandir. Nous, on est quand même une entreprise, une startup hardware industrielle. On vend des solutions, on produit des solutions. Et ça apporte beaucoup de complexité, en fait. On ne fait pas du logiciel, on ne fait pas du SaaS, on ne fait pas toutes ces choses-là. Et le fait de pouvoir délivrer un produit, ça veut dire qu'il faut croître sur la partie commerciale, parce qu'il faut faire plus de chiffres offerts, mais il faut aussi livrer. Il faut aussi maintenir un niveau de qualité, il faut aussi maintenir de l'innovation. Et le fait d'aligner cette partie commerciale avec cette partie industrielle, c'est un vrai challenge pour une boîte comme nous. Et c'est l'objectif de cette levée de fonds, c'est de réussir à faire grandir à peu près les deux en même temps. Ce qui a toujours été quelque chose de très difficile pour une startup, parce qu'aligner un point de vue industriel avec un point de vue commercial, quand il y a des choses qui explosent ou au contraire quand il y a un marché qui ralentit, et c'est des changements qui peuvent aller assez vite dans ce genre d'histoire, ce n'est pas simple. Donc c'est ça le premier objectif de cette étape, c'est de dire on arrive à structurer notre croissance et du coup à construire l'équipe. à recruter les bonnes personnes, à aller s'entourer de partenaires pour justement pouvoir améliorer ces deux aspects.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant en tout cas. J'aimerais qu'on puisse désormais aborder la deuxième partie de ce podcast et aller plutôt sur, entre guillemets, le cœur et la philosophie de Libu, le bien-être au travail. Je suis particulièrement content de pouvoir te poser toutes ces questions puisque j'ai pu tester moi-même la solution. au quotidien. Est-ce que tu peux déjà nous expliquer qu'est-ce que l'éclairage circadien ?
- Speaker #0
Alors l'éclairage circadien, circadien c'est un mot qui vient du latin, ça veut dire autour du jour. Donc c'est des solutions d'éclairage qui évoluent au cours de la journée. Alors derrière ça, on peut mettre un peu tout et n'importe quoi. On peut dire que ça évolue, ça change de couleur, que ça change d'intensité, il y a plein de choses que ça pourrait faire. Nous on le fait pour améliorer le bien-être et la santé des collaborateurs dans les espaces de travail. Et donc l'objectif c'est vraiment sur du travail. en horaire à peu près standard, comme ce que tu fais, de reproduire le cycle du soleil. Donc de dire le matin, le soir, quand c'est les levées, j'ai couché de soleil, la lumière est plus agréable, plus tamisée, plus orangée. Et graduellement, au cours de la journée, elle va devenir plus blanche. Ce sont des choses qui sont très lentes, qui ne s'interessent pas vraiment à l'œil nu. Mais cependant, si tu arrives au bureau l'hiver à 9h du matin et qu'il fait nuit dehors et que tu allumes la lumière, souvent quand la lumière est un peu blanche, ça va être gênant, ça va être dérangeant et on ne va pas avoir cet effet. Donc il y a un aspect confort et puis il y a aussi un aspect santé parce que ça va redonner via la lumière les bons repères au corps. Et ça, on le décline aussi pour des personnels qui pratiquent des horaires décalés, du travail de nuit notamment, pour les accompagner dans leur poste de travail.
- Speaker #1
D'accord. Et vous avez réussi à poser des premiers KPI ou des premières mesures, forcément avec des tests et puis des premiers clients. Sur quoi vous vous animez pour mesurer la performance ?
- Speaker #0
Alors effectivement, les études notamment qu'on a menées nous ont permis de montrer des améliorations sur le quotidien. On a des retours quantitatifs, on a mesuré des améliorations sur le sommeil, on dort mieux, moins de somnolence pendant la journée, notamment plus trop de petits coups de barre après manger. Et puis on a aussi mesuré moins 25% de stress ressenti en moyenne chez les collaborateurs qui utilisent nos solutions. Donc ça a un impact fort sur des paramètres connexes à la régulation de l'horloge biologique. Et il y a bien sûr les retours qualitatifs. des gens qui nous disent ne plus avoir de migraines ophtalmiques donc de maux de tête liés à l'éclairage des gens qui avaient tendance à travailler beaucoup dans le noir parce qu'ils n'avaient pas envie d'allumer l'éclairage et maintenant ils n'ont plus cette gêne donc ça c'est des choses aussi qui contribuent au global à l'amélioration de la santé et du bien-être des collaborateurs alors
- Speaker #1
moi du coup je suis vraiment dans cette deuxième partie des personnes de mon équipe qui avaient vraiment l'habitude de couper les lumières voire même qui avaient à un moment donné enlevé les néons pour faire un éclairage sur deux et donc là un peu plus de facilité et à... à travailler comme ça. Et d'un point de vue perso, moi, en effet, j'ai senti moins de migraines. Je ne sais pas si j'étais beaucoup plus productif, mais en tout cas, j'ai eu moins de migraines. C'est quoi les valeurs que vous avez posées en créant l'entreprise ? Vous vous êtes dit quoi ?
- Speaker #0
Alors, on a posé des valeurs, effectivement, pas au moment de la création, un peu plus tard, parce qu'on était assez alignés, en fait, avec Thino, mon associé. Mais en fait, la question s'est posée quand on a recruté les premiers salariés, de dire qu'est-ce qu'on veut transmettre, qu'est-ce qu'on veut diffuser en interne et en externe aussi. Et on est arrivé à trois points. Le premier, c'est l'innovation, parce qu'on innove dans nos solutions, mais pas que, dans nos modes de fonctionnement aussi en interne. On pratique le flex office, par exemple. Personne n'a de bureau attitré. Ça permet à tout le monde de changer de place, de se croiser, de rencontrer un peu les gens qui ne sont pas dans son équipe. pour croiser un petit peu tout ça. Le deuxième point, c'est la passion et la détermination. Donc, nous, on traduit beaucoup le fait d'être passionné dans notre travail et par ce qu'on fait, parce que c'est notre boîte. Mais on cherche aussi des gens qui, eux, ont cette vocation d'être passionné par leur métier, par exemple, ou par ce que fait la société, mais qui soit un peu animé au quotidien. Et puis, le dernier point, c'est le fait de pouvoir partager, donc le partage. Pourquoi ? Parce que déjà en interne dans l'équipe, c'est quelque chose qu'on essaie de favoriser, le fait que tout le monde se parle, le fait que tout le monde puisse être au courant des projets de la boîte, même si c'est très loin de son secteur à soi. Et puis, on le fait aussi en externe. Moi, par exemple, j'interviens dans une association qui va dans les classes, donc je vais dans des classes d'école. qui vont du collège, lycée, études supérieures, pour parler d'entrepreneuriat, d'entrepreneuriat féminin. De partager un petit peu mon expérience avec des gens qui n'ont peut-être pas cette chance d'avoir dans leur quotidien et dans leur entourage des entrepreneurs. Ce n'était pas mon cas, par exemple. Et qui, du coup, n'imaginent pas forcément ça comme une voie potentielle, alors que ça peut l'être.
- Speaker #1
Pour revenir un peu sur le marché, c'est exponentiel, le marché. Vous pouvez à la fois toucher des entreprises. J'imagine pas mal de points de vente aussi, parce qu'il y a beaucoup d'éclairages non naturels. Vous avez réussi un peu à mesurer, vous voulez vous attaquer par quoi en premier ? C'est quoi un peu votre ordre de bataille là-dessus ?
- Speaker #0
Alors effectivement, le marché est très grand. Nous, notre ambition, c'est de devenir le leader français de l'éclairage cercadien pour les professionnels. Quand on parle de professionnels, le champ des possibles est vaste. Aujourd'hui, on est très focalisé sur le secteur tertiaire, donc le bureau, qui est déjà assez énorme. Le marché de l'éclairage tertiaire en France, c'est 670 millions d'euros annuels. C'est déjà un gros marché. Et puis, à côté de ça, on a aussi une petite partie de notre activité qui est dédiée aux personnels en horaire décalé. Et là, on est très implanté dans le milieu de la sécurité et de la surveillance. des gens qui surveillent des caméras 24h sur 24, des réseaux, ou qui prennent par exemple des appels d'urgence. Donc ça, c'est vraiment les deux marchés qu'on a à l'heure actuelle. Un marché qui est très grand et un marché qui est plutôt de niche. Et puis, en fait, il y a plein de cibles potentielles pour ce qu'on fait. Et nous, ça colle aussi avec notre plan de développement finalement et notre plan de développement en termes de développement d'entreprise, en termes de développement de produits. La prochaine cible qu'on aimerait bien adresser, c'est le marché de l'industrie. parce que c'est un secteur spécifique, on pratique souvent des horaires décalés aussi, dans des phases de production, avec une pénibilité souvent du travail. Et donc, c'est des milieux dans lesquels il y a déjà une vraie traction, on s'en demande beaucoup, et puis un vrai intérêt en fait, parce que ça a beaucoup d'impact. Donc, au sens large, il y a plein de marchés accessibles potentiels, et nous, on va vraiment aller chercher, en premier lieu, les marchés sur lesquels on a un impact fort.
- Speaker #1
A chaque fois, c'est la même solution que vous proposez ou vous avez des variations selon l'industrie, peut-être des contraintes particulières ?
- Speaker #0
Oui, effectivement, au fur et à mesure, on est dans notre gamme de produits, tout simplement. On a commencé avec des produits qu'on trouve de façon standard dans les bureaux, les pavés LED, les carrés rectangles lumineux qu'on met dans les faux plafonds. Maintenant, on a aussi des lampadaires qui permettent sur des espaces où on n'a pas de faux plafonds, où on a envie d'avoir des espaces un peu modulaires. de pouvoir mettre de l'éclairage au poste de travail. Et puis, par exemple, quand on parle d'industrie, il y a effectivement une problématique, c'est que dans le milieu industriel, on n'éclaire pas à 3 mètres sous plafond, on éclaire à 15 mètres. Donc, ce n'est pas le même typologie luminaire. Mais l'idée, c'est vraiment de dire que cette technologie qu'on a développée, en fait, on l'intègre dans des formats différents, parfois avec de l'ARD, parfois avec des spécificités particulières. Mais voilà, c'est de pouvoir adresser ces usages avec une gamme qui, petit à petit, va s'élargir.
- Speaker #1
Et tu arrives à avoir des, pas des cycles de vie, mais plutôt des tendances ? Tu vois, il y a quelques années, quand on parlait du bien-être au travail, j'ai l'impression que c'était on met un baby-foot ou une table de ping-pong. Aujourd'hui, on est vraiment sur des choses qui vont toucher la personne. Tu arrives à avoir des éléments d'évolution ?
- Speaker #0
Oui, on en a. Le premier, c'est que déjà, il y a quelques temps, je te parle de quelques années et encore, un an et demi, on avait zéro demande en 30. Aujourd'hui, on en a. Donc déjà, c'est que c'est des sujets qui évoluent. On voit aussi que les espaces de travail évoluent et les problématiques de nos clients ne sont pas les mêmes. Ils vont aller chercher des choses plus qualitatives, ils vont aller chercher... Ils ne vont pas avoir les mêmes surfaces, mais ils vont aller chercher de la qualité. Donc tout ça, ça va carrément dans le sens de ce que nous, on porte comme projet. Donc ça, c'est chouette. Et puis, ce qu'on voit aussi comme évolution sur le marché, c'est que l'éclairage, c'est un sujet qui est encore un peu méconnu. L'impact de l'éclairage sur la santé. sur la qualité du travail, etc. Mais il y a d'autres choses qu'on perçait. Par exemple, l'acoustique. Il y a quelques années, personne ne mettait d'acoustique dans les bureaux. Maintenant, on en voit partout. Donc, on pense que la suite logique, c'est que le tirage suive un peu le même parcours et qu'on finisse par arriver sur la position qu'a l'acoustique aujourd'hui, par exemple.
- Speaker #1
Ok. Quand tu parles d'acoustique, c'est les... Je vulgarise un petit peu, mais c'était les gros carrés un peu épais que tu avais sur les plafonds qui absorbaient le bruit, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, complètement. Et puis maintenant, en fait, ça a déclaré sous plein de formats. Il y a ce que tu mets au plafond, il y a ce que tu mets en cloison, par exemple entre les ordinateurs. Tu as ce que tu peux avoir aussi en totem, donc les choses qu'on pose à droite à gauche et qui absorbent les sons. Donc, on voit qu'en tout cas, c'est une thématique qui a vraiment évolué rapidement, qui a été intégrée de façon un peu systématique dans les projets. Et la qualité de l'éclairage, à notre sens, va suivre à peu près le même parcours.
- Speaker #1
Et comment tu vois les choses là ? Vous vous attaquez essentiellement au marché français, vous avez aussi des touches à l'étranger ou pour le moment, step by step, vous vous êtes organisé comment là-dessus ?
- Speaker #0
Alors aujourd'hui, nous, on n'est que sur le marché français. Par contre, on est sur le territoire national. On est une entreprise bordelaise, c'est pas pour ça qu'on travaille qu'avec des boîtes de Bordeaux. Au contraire, on a des clients un peu partout en France. Mais par contre, c'est vrai que l'international, ça a toujours été un sujet, plus dans le sens de se dire... En fait, c'est une perspective moyen-long terme, mais qu'il ne faut pas non plus laisser complètement de côté. Donc, on mène des actions pour étudier un peu les marchés aujourd'hui. L'année dernière, par exemple, on a été à l'IFA, qui est un peu l'équivalent du CES de Las Vegas, mais à Berlin. Donc, c'est le salon de la technologie, on va dire, européen, où il y a des gens du monde entier qui se rendent, beaucoup de distributeurs, etc. Et en fait, l'idée de ce salon, ce n'était pas d'aller chercher des contacts pour aller commercialiser notre techno à l'international, c'était d'aller voir qui vient nous voir. Qui sont les gens que ça intéresse ? Pour quelles raisons ? Et on a identifié pas mal de choses. Et donc effectivement, il y a des zones géographiques sur lesquelles ça a beaucoup de sens ce qu'on fait. Quand on parle par exemple des pays nordiques, ils ont encore moins de soleil que nous. Donc forcément, c'est une problématique beaucoup plus importante. Donc oui, il y a des pistes de développement, c'est quelque chose qu'on envisage plutôt dans un moyen terme, de commencer à attaquer l'international, mais dans un court terme, le focus est vraiment de développer le marché français parce qu'il est déjà tellement grand qu'il y a une vraie position à prendre et c'est la priorité.
- Speaker #1
Et d'un point de vue légal environnemental, il y a des choses qui sont en cours avec le gouvernement, est-ce qu'il y a des projets qui vont imposer certaines choses ?
- Speaker #0
Alors il y a pas mal de projets qui portent sur les économies d'énergie. sur tout le volet réhabilitation énergétique des bâtiments. Ça, c'est un levier pour nous parce qu'on est quand même une solution LED. Alors, on ne fait pas mieux, pas moins bien que les autres sur la partie énergie, mais quand même, dans beaucoup de bâtiments, on apporte des économies d'énergie qui ne sont pas présentes. Donc, c'est souvent le premier levier pour les entreprises, ce point-là. Maintenant, l'idée, c'est de dire justement, comme ces choses, c'est un peu imposé, il y a plein de dispositifs qui sont en place pour que ce soit un peu financé. Il y a beaucoup de choses sur le calcul du retour sur investissement, par rapport au prix de l'énergie qui augmente, etc. Et en fait, ce qu'on veut dire, nous, à nos clients, c'est, quitte à faire ce changement, pourquoi juste s'arrêter là ? Pourquoi pas aller chercher une économie supplémentaire sur l'humain, un niveau de qualité, quelque chose qui va être plus durable dans le temps, ce qui n'est pas forcément ce qui est étudié à première vue. Et donc, l'idée, c'est de se dire, c'est un levier, oui, mais finalement, c'est aussi l'occasion de réfléchir et de se questionner sur ce qu'on fait et sur le fait de faire un peu plus.
- Speaker #1
Et donc là, sur les prochains mois, qu'est-ce qui te fait dire que tu as plein de bonnes raisons de faire une très belle année 2024, voire une très belle année 2025 ? C'est quoi un peu tes signaux faibles ou alors des drapeaux qui sont plutôt intéressants ?
- Speaker #0
Alors sur l'année 2024, on a déjà bien rempli le carnet de commandes. On livre là notre deuxième bâtiment complet de l'année, ce qui est quelque chose qui n'était jamais arrivé jusqu'ici. Donc, on voit qu'on commence à avoir une motte en volume quand même. On n'est plus sur, on fait un petit bureau par-ci, par-là. On fait des projets complets avec des vrais axes qualité du travail qui sont des décisions de nos clients. Voilà. Donc, c'est quelque chose qui évolue. Il y a beaucoup plus, je pense qu'il y a aussi un facteur confiance. On est une startup. Donc, au démarrage, on se dit, bon, une startup, on ne sait pas trop dans quoi on s'engage. Alors, on commence à avoir un peu d'ancienneté. Ça fait, on a cinq ans. Donc, voilà. On commence à être une entreprise qui a l'air un peu plus solide aussi. Donc, je pense que tout ça, c'est des facteurs qui, effectivement, font que les choses s'alignent et on part dans la bonne direction.
- Speaker #1
Ok. Il y a pas mal d'étudiants qui nous écoutent, qui commencent à suivre sérieusement le podcast. C'est quoi le conseil que tu as envie de leur partager pour être un entrepreneur chevronné et successful ?
- Speaker #0
Je dirais qu'en fait, il ne faut juste pas trop avoir de croyances limitantes. Parce que finalement, je pense que personne n'est entrepreneur. Ce n'est pas une qualité première, ce n'est pas quelque chose qu'on a ou qu'on n'a pas. C'est quelque chose qui se travaille et qui se développe sur le long terme. Et en fait, c'est juste savoir être résilient face à la difficulté, savoir être créatif, savoir être dans une logique où on va chercher des solutions face aux problèmes. Et dès lors qu'on a ces quelques qualités, c'est des parcours qui sont accessibles. Et voilà, je pense qu'après, c'est juste une question d'entraînement. Et il ne faut pas se mettre trop de barrières, en fait. Il faut savoir oser, parce que finalement, c'est souvent ça qui débloque des situations.
- Speaker #1
On arrive à la fin du podcast, c'est passé hyper vite. J'avais fait une très belle conclusion, mais finalement, je vais faire l'effet inverse. Est-ce que je peux te laisser le mot de la fin, Manon, et conclure ce podcast, s'il te plaît ?
- Speaker #0
Si tu veux. Écoute, déjà, merci beaucoup pour l'invitation. C'était chouette. Je pense qu'on a passé un bon moment et j'espère que les auditeurs aussi. Je suis ravie de l'avoir fait avec toi parce que tu fais partie des gens qui vivent, qui expérimentent nos solutions. Donc, tu fais partie des gens qui connaissent ce que c'est que l'ébu et l'éclairage circadien. Et je pense que c'est des choses qui méritent complètement à être connues. Je ne le dis pas pour mon business, même si, bien entendu, ça me ferait plaisir. Mais je le dis aussi parce qu'on a quand même une vocation à faire le bien autour de nous. et à améliorer des choses qui sont un petit peu ancrées dans la société et qui sont amenées à évoluer. Et je pense que le monde de travail se transforme et j'espère que l'éclairage en fera partie.
- Speaker #1
C'est encore une meilleure conclusion que celle que j'avais préparée, donc tu as fait nickel. Merci Manon.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté ce nouvel épisode de Pour toutes ces bonnes raisons. J'espère que vous avez trouvé autant d'inspiration et de plaisir que moi à travers les échanges de notre invité. Pour toute question ou pour discuter davantage, vous pouvez me contacter directement sur LinkedIn. Et je vous fais un petit rappel, chaque épisode sort un jeudi sur deux. Alors n'oubliez pas de vous abonner pour ne rien manquer des prochains épisodes. Je vous dis encore merci pour votre écoute et surtout à très bientôt pour un nouveau rendez-vous dans Pour toutes ces bonnes raisons. D'ici là, prenez soin de vous, prenez soin de vos linéaires et continuez à nourrir votre passion.