Speaker #0Bonjour et bienvenue dans un nouvel épisode de Prends une pause. Je suis Louna, thérapeute psychocorporelle spécialisée en libération émotionnelle. À travers ce podcast, mon intention est de t'apporter des clés concrètes, des pistes de réflexion et un nouveau regard sur le lien entre émotion, corps et souffrance. Mon souhait est de t'aider à comprendre et libérer ce que tu ressens pour transformer tes blocages et tes douleurs en un nouvel élan de liberté et d'énergie. Alors il y a une phrase que j'entends très souvent quand vous venez me voir et vous me dites « Je sais que j'ai besoin de me reposer, mais je n'y arrive pas. » Alors, tu es fatigué, ton corps d'une certaine façon te dit d'arrêter, te dit stop et pourtant tu continues. Tu remplis tes journées, tu vas t'activer, tu bouges, tu gardes le rythme. Et souvent, ce n'est pas par plaisir, souvent c'est parce que tu n'y arrives pas. à t'arrêter parce que t'arrêter te met encore plus mal. Dans cet épisode d'aujourd'hui, j'ai envie de t'expliquer pourquoi certaines personnes n'arrivent pas à s'arrêter et pourquoi d'autres y arrivent plus facilement d'ailleurs. Pourquoi le repos déclenche aussi parfois plus d'angoisse que le mouvement et comment rééduquer ton corps finalement parce que c'est de ça dont il s'agit, progressivement pour retrouver cette capacité essentielle de t'arrêter sans t'effondrer. Alors ce qu'il faut déjà commencer par comprendre, c'est que pour beaucoup de gens, pour beaucoup de personnes, bouger, travailler, ranger, organiser, être en action, s'activer, c'est une manière inconsciente de se réguler. Parce que l'action donne l'impression finalement de contrôler, d'avancer, d'avoir le sentiment de ne pas perdre pied en fait. C'est ça contrôler. Mais surtout, elle empêche aussi... de sentir, de ressentir. Parce que s'arrêter, c'est se retrouver face à ce qui est là, à ce qui est présent pour nous. Et souvent, ce qu'on évite, souvent c'est la fatigue d'ailleurs, parce que la fatigue, voilà, il y a beaucoup de choses derrière la fatigue en général. L'anxiété, la solitude, la solitude aussi émotionnelle, être seule face à ce qu'on ressent, la peur aussi par moments. Donc l'action, le fait d'être, de s'agiter, de faire, d'être vraiment dans l'action. Ça devient une stratégie d'évitement, une façon de mettre l'émotion sous le tapis, comme j'aime dire. Et donc, quand on sait ça, finalement, ce n'est pas un défaut, il n'y a pas à se juger ou à culpabiliser de ça, c'est que ça devient en fait un mécanisme de survie. Et en fait, ça devient même un mode de fonctionnement qu'on peut adopter et qu'on continue à avoir. parce que quand on a connu euh des stress prolongés, du stress chronique, de la charge mentale régulière, permanente, de l'insécurité émotionnelle aussi, qu'on est resté très très longtemps, souvent seul face à ses émotions et face à ce qu'on ressentait, surtout quand on était petit et qu'on n'a pas été soutenu dans ça, des blessures, des traumas qui n'ont jamais été traversés, ton système nerveux reste bloqué d'une certaine façon dans cette partie, dans cette branche-là sympathique qui est en fait toujours en alerte, qui est toujours en vigilance, toujours dans l'action, puisque cette partie du système nerveux implique une action. Et pour lui, le mouvement, c'est égal à la sécurité, puisqu'il faut que je m'active, il faut que je fasse quelque chose. Donc parallèlement, le ralentissement va signifier le danger. Et c'est pour ça que je parlais du fait que... S'arrêter, c'est compliqué, parce que quand tu vas t'arrêter, tu peux aussi avoir ces effets-là, c'est-à-dire que ton cœur va s'accélérer, ton mental va repartir, tu vas vraiment être dans ta tête, tu vas devenir irritable, tu vas ressentir un malaise, et du coup, tu vas avoir ce sentiment que tu vas créer ton identité en pensant que tu n'aimes pas rien faire, alors que c'est tout simplement ton système nerveux qui n'est pas habitué au calme, tout simplement. Pour résumer un peu ce qui peut se passer aussi, avec tout ce que je viens de t'expliquer, c'est que le repos, cette notion de s'arrêter, ce sentiment de ralentir, ça peut déclencher de l'anxiété et c'est normal. Alors pourquoi ça peut déclencher de l'anxiété ? Parce qu'il y a deux choses qui peuvent se passer quand tu t'arrêtes. La première chose, c'est que le corps va permettre, va laisser place à ce qu'il n'a jamais eu le temps de traiter. Donc ça peut être des émotions, ça peut être de la tension. Des pensées aussi qui sont enfouies, donc tout peut remonter parce que le système nerveux n'est plus occupé à bouger. Donc le fait de s'arrêter, le corps laisse place à des émotions, à tout ce qui a été mis de côté pendant longtemps. Donc ça, ça peut générer déjà de l'anxiété, ce qui est normal. Et la deuxième chose, c'est que le système nerveux aussi perd son repère, puisque si ton corps a appris qu'être actif c'était survivre, le calme devient inconfortable. et donc certaines personnes associent inconsciemment le repos à de la vulnérabilité, à un danger, comme j'ai pu le dire, à de la passivité et surtout à de la perte de contrôle. Et c'est pour ça que tu peux te sentir mal. quand tu vas te poser. Et c'est pas parce que tu ne sais pas te détendre, mais c'est parce que ton corps n'a jamais appris, ou en tout cas a oublié comment se détendre. Donc c'est là que s'installe ce paradoxe, en fait, de « je suis épuisée, mais c'est impossible de m'arrêter » . Et en fait, ça s'explique par ce mécanisme, un simple que j'ai plus ou moins expliqué, c'est que ton corps fonctionne sur un schéma ancien qui n'a jamais été mis à jour. Donc tu continues de bouger pour deux raisons. éviter. une émotion qui est restée bloquée et éviter l'inconfort du calme. Et ça n'a rien à voir avec ta personnalité. Vraiment, j'insiste sur ça parce que souvent, je l'entends, je suis comme ça. Alors peut-être, oui, on peut avoir un tempérament actif, mais il y a une nuance quand même. Ne jamais se poser, ne jamais apprécier le calme, il y a quand même quelque chose derrière. Et c'est ça que je veux te faire comprendre. C'est que ce n'est pas une question de personnalité, c'est tout à avoir avec la manière dont ton système nerveux s'est construit et est dérégulé aujourd'hui. Alors comment réapprendre à t'arrêter sans angoisser ? J'ai noté plusieurs leviers, j'en ai noté quatre, qui peuvent être intéressants, qui sont concrets en plus, pour d'une certaine façon rééduquer ton système nerveux, le réguler, pour vraiment apprécier le ralentissement, apprécier cette détente. Je te parle de cet épisode, je pense que tu en as conscience, on est au mois de décembre. Il est temps, à un moment donné aussi, de ralentir parce qu'on en a besoin, on en a tous besoin, on est tous à fond. Et là, les fêtes de fin d'année demandent ce repos et on a du mal à le faire. Donc c'est pour ça que je t'apporte ces leviers, j'espère que tu vas pouvoir t'en saisir pour installer un peu de répit, de repos pour cette fin d'année. Donc le premier levier que je trouve intéressant, c'est se dire que je vais ralentir avant de s'arrêter. parce que pour... nombreux d'entre nous, en tout cas pour les personnes qui ont du mal à s'arrêter, se dire que je passe de 100 à 0, c'est vraiment très compliqué. Ça peut être même vraiment brutal, le corps va paniquer. Donc vraiment, ce que je conseille toujours, c'est de commencer par ralentir. Le ralentissement va passer dans toutes les actions que tu peux faire, c'est-à-dire marcher, par exemple, tu vas essayer de marcher un peu plus lentement, parce que souvent... Quand on est beaucoup dans l'action et tout, on a une démarche qui est relativement rapide. Donc déjà, juste ça, essayer peut-être de ralentir sa marche, la façon dont on marche. Ça peut être aussi les gestes du quotidien, juste essayer de les ralentir. Quand on a l'habitude de vite ranger la table, vite faire son lit, vite faire le petit déjeuner, peut-être essayer juste de prendre plus le temps de débarrasser la table, prendre plus le temps de faire son petit déjeuner. Peut-être essayer de ralentir sur ces gestes-là. Respirer plus profondément. Vous avez vu, quand je vais vite aussi, ma respiration se coupe. C'est ça, c'est peut-être respirer plus profondément dans les gestes du quotidien. Donc, quand tu vas cuisiner, quand tu vas conduire, marcher, essayez vraiment de ralentir aussi sa respiration. Parce que souvent, quand on est un peu dans l'hyperactivité, notre respiration va de pair et elle est relativement rapide aussi. et Déjà montrer à son corps que je ralentis juste un petit peu, déjà ça commence à montrer à mon système nerveux qu'il peut s'ajuster progressivement, qu'il peut ralentir, qu'il est moins en danger. On apporte une information nouvelle à notre système nerveux. Donc ça c'est le premier levier. Le deuxième levier que je trouve intéressant aussi c'est... ajouter alors ce que j'appelle du calme actif je m'expliquais comme je le dis arriver tout de suite sur du repos complet ça peut être brutal mais ça va être une zone alors déjà commencé à ralentir mais aussi apporter peut-être créer une zone intermédiaire entre voilà m'arrêter complètement ne rien faire sur le canapé dans le lit et voilà et trouver du calme du repos et ça peut être donc ce que j'appelle du calme actif ça peut être des étirements On continue à être dans le mouvement, mais dans du mouvement différent, du mouvement calme et qui me fait du bien et qui me demande de prendre du temps. Au lieu d'essayer toujours d'aller courir, je parle de course à pied parce que c'est un peu mon dadar, mais au lieu d'essayer à chaque fois, j'ai besoin d'extérioriser, je ne me sens pas bien ou quoi, aller courir, peut-être faire autre chose, plus doux, plus lent, comme des étirements par exemple. Je reviens encore à la respiration, c'est-à-dire faire des exercices de respiration lente en vraiment allongeant son expiration, son souffle à l'expiration, ça permet vraiment de ralentir. Peut-être prendre plus de temps pour écrire au lieu que d'être sur des vocaux, parce que je sais que pour aller vite on fait des vocaux sur WhatsApp, alors peut-être essayer juste d'écrire, prendre le temps peut-être plus d'écrire sur le téléphone. Des petites astuces comme ça pour continuer à être. actifs. mais quelque chose de plus calme, dans des situations du quotidien qu'on peut ralentir avec des mouvements plus calmes. Un troisième levier que j'aime beaucoup et que je vous donne souvent en astuce, c'est le repère sensoriel. Et les repères sensoriels simples, ça veut dire que quand je me sens vraiment hyper actif, je vais dans tous les sens, je n'arrive pas à m'arrêter, c'est compliqué pour moi de m'arrêter, revenir à mes appuis. Je suis assise, mes fesses sur l'assise de la chaise, mon dos en appui sur le dossier, mes mains sur mes cuisses, mes mains sur la table. Sentir vraiment mes appuis, le poids de mon corps. Je peux aussi poser ma main sur ma poitrine et sentir le poids de mes mains, sentir le contact de mes mains, sentir le contact sur mes bras. Ça peut être aussi sentir l'air sur ma peau, la température de l'air. Même si je suis à l'intérieur, je peux essayer de sentir, il fait chaud chez moi, est-ce que je sens l'air ou à l'extérieur, sentir le vent. souffler sur mes mains. C'est vraiment revenir à l'instant présent, à ce qui se passe là maintenant tout de suite, le réel. Parce que l'hyperactivation baisse immédiatement dès lors que le corps se reconnecte à l'instant présent. Ça c'est quelque chose d'immédiat. Revenir à des repères sensoriels concrets et simples. Le quatrième levier que je trouve aussi intéressant pour sortir un peu de l'hyperactivation, c'est pratiquer la régulation. de son système nerveux en dehors des moments de crise. Ça, c'est hyper important de comprendre ça, parce que souvent, j'ai des personnes qui viennent et qui sont dans des états... Souvent, vous venez, vous avez le système nerveux qui est très dérégulé, vous êtes dans un chaos émotionnel, il y a beaucoup de choses qui débordent. Mais le conseil, le meilleur conseil que je peux vous donner aujourd'hui, c'est que tu n'apprends pas à te reposer au moment où tu es débordé. En fait, tu apprends avant. Ça paraît logique, mais c'est vrai. C'est essayer d'installer des choses avant que tout déborde. C'est ce qu'on appelle la prévention, en fait. C'est ce qui fonctionne le mieux. Alors, bien sûr, dans l'instant, surtout si tu es accompagné, ça va t'aider. Mais si tu es tout seul, faire redescendre la pression. Vraiment, quand on est émotionnellement pris, on a des émotions fortes en nous qu'on a du mal à gérer. Dans l'instant, c'est complexe. Donc là, vraiment, ça demande à être accompagné, mais sinon, tout seul, c'est compliqué. Et je dis toujours, il faut prévenir. Et c'est là que c'est intéressant vraiment d'installer des pratiques régulières pour justement ne pas en arriver à être totalement épuisé, d'attendre l'épuisement, le débordement pour s'arrêter. Et donc là, tu peux faire plein de choses du moment que ça te fait du bien. Moi, mon outil principal que j'adore, c'est bien sûr la respiration, parce que c'est tellement pratique, c'est présent. Et notre respiration, en fait, est à l'image de comment on se sent. Donc, si tu es hyperactif, tu es hyper tendu, ta respiration est rapide. Si tu es calme, ta respiration est lente. Donc, voilà, c'est utiliser sa respiration pour donner un message à son corps. C'est hyper puissant. Donc, une respiration, tu peux installer des petites pratiques par jour, en fait. C'est pendant quelques minutes, installer une respiration lente. prendre 2-3 minutes pour respirer, inspiration 4 temps, expiration 6 temps par exemple, 6 ou 8 temps, ça permet vraiment tout de suite de ralentir, de se créer un moment de pause. C'est ce temps de pause aussi que je viens de te partager juste avant, où je prends conscience des points de contact de mon corps avec le support, de prendre conscience du poids de mon corps, de ma corporalité, de je suis là, je suis présent dans mon corps. il y a un moment aussi où hum Tu peux bouger, t'étirer. Tous ces moments-là, c'est ça qui va rééduquer ton système nerveux, réguler ton système nerveux, mais sur la durée, à force de le faire. C'est quelque chose qu'il faut installer petit à petit et ne pas attendre que ça déborde. J'en ai fini avec cet épisode qui n'était pas très long. J'avais vraiment envie de parler parce que c'est une période où on est tous amenés à lever le pied, et même Par moments, c'est compliqué. Juste pour déculpabiliser sur ça, c'est qu'on ne sait plus faire. Ce n'est pas que tu ne veux pas, ce n'est pas que tu n'y arrives pas. C'est qu'il faut remettre les choses au clair avec son système nerveux. Il faut réapprendre, il faut rééduquer. Et voilà, dès lors que ça se fait, on apprend, on apprécie de plus en plus le repos, on apprécie de plus en plus le calme sans culpabilité, surtout, ça c'est important. Et c'est progressif, il faut l'apprendre progressivement, avec cohérence, avec douceur. Et si en tout cas tu as envie d'être accompagnée, c'est le fruit de mon travail. Et c'est ce que je t'enseigne aussi, en plus, dans Libération Intérieure. Donc c'est mon accompagnement de six mois, un accompagnement individuel, pour sortir vraiment du chaos émotionnel, retrouver une paix qui tient dans le temps. Et je t'apprends petit à petit à revenir dans ce calme, à sortir de cette hyperactivation, progressivement et pour que vraiment tu aies toutes les ressources pour y arriver aussi par toi-même. En tout cas, merci de m'avoir écoutée jusqu'au bout. J'espère sincèrement que cet épisode va te servir et qu'il va te permettre aussi de lever le pied et de te reposer en ce mois de décembre et en ces fêtes-là qui arrivent. En tout cas, merci encore pour ta fidélité et ton écoute et je te dis à bientôt pour un nouvel épisode.