Speaker #0Bonjour et bienvenue dans un nouvel épisode de Prends une pause. Je suis Louna, thérapeute psychocorporelle spécialisée en libération émotionnelle. A travers ce podcast, mon intention est de t'apporter des clés concrètes, des pistes de réflexion et un nouveau regard sur le lien entre émotion, corps et souffrance. Mon souhait est de t'aider à comprendre et libérer ce que tu ressens pour transformer tes blocages et tes douleurs en un nouvel élan de liberté et d'énergie. Alors tu dis peut-être souvent « je suis fatiguée, je suis stressée, je ne vais pas bien » . Mais quand quelqu'un te demande ce que tu ressens vraiment, tu n'arrives pas à répondre. Tu ne sais plus. Tu vas hésiter, tu vas chercher même. Tu vas répondre « je ne sais pas » . Ou alors tu vas donner une réponse un peu plus mentale. Tu vas expliquer la situation, tu vas raconter ce qui s'est passé, tu vas d'une certaine façon analyser la situation. Donc tu vas comprendre pourquoi tu réagis comme ça, mais à l'intérieur, ça reste flou. Tu sais en fait que quelque chose ne va pas, mais tu n'arrives plus vraiment à sentir quoi. Et souvent, les personnes que je peux accompagner me culpabilisent beaucoup de ça. Elles me disent « je suis complètement coupée de moi, je ne ressens plus rien, je ne sais même pas ce dont j'ai besoin » . Et ce que je veux te dire aujourd'hui, c'est qu'il n'y a rien qui ne va pas chez toi. Tu n'as pas perdu tes émotions, loin de là. Tu as juste, souvent, simplement appris pendant longtemps à ne plus les écouter. Donc dans cet épisode, on va comprendre pourquoi tu peux avoir cette impression d'être coupé de toi, ce qui t'a amené là aussi, et surtout comment retrouver un peu plus de contact avec ce que tu ressens. Avant de continuer le reste de l'épisode, si ce podcast t'aide à mieux comprendre ce qui se passe dans ton corps et dans tes émotions, je te laisse t'abonner. Vraiment, ça m'apporte un grand soutien. Alors la première chose que j'ai envie de t'expliquer, c'est que très peu de personnes ont grandi dans un environnement où les émotions avaient vraiment de la place. Souvent, on a appris très tôt à être... raisonnable, forte, sage, adaptée, à ne pas trop pleurer, à ne pas trop déranger, à ne pas être trop sensible aussi, et malgré tout à continuer bien sûr. Alors parfois c'est très explicite, on t'a dit clairement ce n'est pas grave, arrête de pleurer, sois fort, tu exagères. Et parfois c'est pas aussi explicite que ça, ce n'était pas forcément avec des mots, c'était l'ambiance. Tu sentais que les émotions des autres prenaient déjà toute la place, que tes parents étaient peut-être débordés, stressés, absents, ou même eux-mêmes coupés de ce qu'ils ressentaient. Sans t'en rendre compte, dans cet environnement-là, tu as appris quelque chose qui est finalement très intelligent, je trouve, c'est mettre certaines émotions de côté pour continuer à avancer. Donc tu t'es adapté. Et tu as donc développé des qualités qui t'ont sans doute beaucoup aidé. Être forte, anticiper, prendre soin des autres, réfléchir beaucoup. contrôler et minimiser ce que tu ressens. Alors le problème, c'est qu'à force de faire ça, tu peux finir par ne plus savoir ce qui se passe vraiment à l'intérieur. Et ça, on ne le dit pas suffisamment, c'est que c'est une forme de protection. Quand une émotion a été trop intense, que tu as été seul avec, ou que ça a été trop difficile à vivre à un moment de ta vie, ton corps peut apprendre à la couper pour continuer à fonctionner. Et pas parce que tu ne ressens rien, mais parce qu'à un moment, ne pas. trop sentir et t'es plus sûr. La deuxième chose que j'ai envie de partager, c'est qu'à force de tout comprendre, tu as perdu le contact avec toi. Et ça, c'est vraiment très important aussi que je le mentionne, parce que beaucoup de personnes que je côtoie et que j'accompagne, comprennent. elles comprennent énormément de choses. Elles connaissent leur histoire parce que souvent elles sont allées voir des psychologues, elles ont fait des thérapies, donc elles savent d'où viennent leurs réactions, elles ont travaillé sur elles et pourtant elles continuent à me dire « je comprends tout mais ça ne change rien » . Et pas parce qu'elles ne comprennent pas, mais parce que comprendre n'est pas la même chose que ressentir. Vraiment, j'insiste lourdement sur ça, clairement, parce que tu peux savoir. par exemple que tu as peur de l'abandon, ça c'est quelque chose que j'entends très régulièrement, tu peux savoir aussi que tu te suradaptes à ton environnement, tu peux savoir aussi que tu as grandi dans un environnement qui est insécurisant, ça en général vous le savez, mais si ton corps continue à réagir comme si tu étais encore en danger, alors tu resteras déconnecté de ce que tu ressens vraiment. Et souvent quand on ne se sent pas en sécurité avec ses émotions, on se réfugie dans la tête. On va essayer de décortiquer, on va chercher pourquoi, on veut trouver la bonne explication. Et ça donne parfois cette impression, un peu étrange même j'ai envie de dire, de tout comprendre mais sans jamais vraiment se sentir mieux. Parce que le mental, encore une fois, il permet de garder à distance. Ressentir, au contraire, demande de revenir dans le corps. Et c'est jamais très agréable parce que... Ce qu'on va ressentir, c'est de l'ordre de une gorge qui est un peu serrée, un ventre qui fait un peu mal, la poitrine qui se compresse. On va sentir quelque chose qui chauffe en nous, quelque chose qui nous pèse. Et quand on a passé des années à éviter ça, il est normal que ça soit difficile au début. Alors parfois on pense être connecté à soi juste par le simple fait qu'on s'occupe de soi-même ou qu'on pense à soi-même aussi. Mais être connecté à soi, ce n'est pas seulement réfléchir à ce qu'on ressent. C'est pouvoir sentir ce qui se passe à l'intérieur pendant qu'on le vit. C'est ça la nuance. Et là, je vais te donner quelques signes qui peuvent montrer que tu es peut-être un peu coupé de toi. J'espère que ça peut t'aider. Par exemple, si tu dis souvent « ça va » , même quand ça ne va pas. Tu minimises ce que tu ressens. Tu dis « c'est pas si grave » , alors qu'au fond, tu es vraiment blessé, tu es triste, tu es en colère. Tu as du mal à savoir ce dont tu as besoin. Tu demandes souvent aussi aux autres ce qu'ils pensent avant de savoir ce que toi tu veux. Tu peux aussi remarquer que tu te tiens longtemps, puis qu'un jour ça explose, tu exploses littéralement. Tu peux aussi pleurer pour rien, t'énerver très fort pour pas grand chose, t'effondrer, comme si toutes les émotions que tu avais retenues revenaient d'un coup. Certaines personnes aussi me parlent de ce sentiment d'être vide, alors pas forcément triste. juste déconnectée en fait, comme si elle faisait tout comme il faut mais sans vraiment se sentir là. Et ce vide est souvent un signe qu'une partie de toi s'est coupée de ses sensations pour se protéger parce que quand on ne peut pas sentir certaines émotions on finit parfois par ne plus sentir grand chose du tout. Donc la question maintenant c'est comment retrouver le contact avec toi même. La première chose vraiment que j'ai envie de dire c'est que ça ne commence pas par les émotions parce que quand on se sent coupé de soi même, de soi, on croit souvent qu'il faut immédiatement réussir à identifier ce qu'on ressent. Est-ce que je suis triste ? Est-ce que je suis en colère ? Est-ce que je suis anxieuse ? Mais souvent, en fait, c'est trop difficile. Au début, c'est trop difficile parce que les émotions sont encore trop loin, trop floues. Même des fois, elles sont trop impressionnantes. Et le plus simple, en fait, c'est souvent de commencer par le corps, par ton corps. Et la question ne va pas être « qu'est-ce que je ressens ? » mais plutôt « qu'est-ce que je sens ? » Est-ce qu'il y a une tension quelque part ? Vraiment, c'est aussi simple que ça. Quand je me dis qu'est-ce que je sens, c'est-à-dire que je vais aller faire un petit scan, un petit shake-up de mon corps, et voir qu'est-ce que je sens vraiment dans mon ventre. Est-ce que mon ventre est serré, desserré ? Est-ce que c'est agréable, pas agréable ? Ma gorge, comment je sens ma gorge ? Est-ce que je sens que ça passe bien ? Est-ce que c'est serré, pas serré ? Est-ce que c'est chaud ? Est-ce que c'est froid ? C'est ça en fait. Qu'est-ce que je sens ? C'est vraiment revenir sur quelque chose de très simple. Et tu n'as pas besoin de comprendre tout de suite ce que ça veut dire. Tu peux simplement apprendre à remarquer. Parce que plus tu développes cette capacité à sentir ce qui se passe dans ton corps, plus tu retrouves peu à peu le chemin vers tes émotions. Et c'est ce qu'on appelle l'interoception, je vous le dis régulièrement, c'est cette capacité à sentir ce qui se passe à l'intérieur de toi, et ça c'est une compétence qui se travaille. Par exemple, tu peux commencer par prendre une minute dans ta journée et te demander, là maintenant, qu'est-ce qui se passe dans mon corps ? Et il n'y a pas de bonne réponse à chercher, il n'y a pas une envie de faire bien juste ou... Ou que sais-je en fait, c'est juste pour recréer du lien. Petit à petit en fait, tu vas découvrir ce qui se passe vraiment dans ton corps et tu vas pouvoir nommer aussi les émotions. Parce que peut-être que derrière cette fatigue, il y a de la tristesse. Que derrière l'irritation aussi qui est présente, cette agitation, il y a un besoin qui n'est pas assouvi. Que derrière aussi peut-être ce sentiment de vide que tu peux ressentir, il y avait une émotion qui n'avait jamais vraiment eu la place de ressentir. Et enfin, la dernière chose que j'avais envie d'apporter comme élément aussi qui est importante, parce que je l'entends très souvent, Parce que beaucoup de personnes pensent qu'elles doivent absolument se reconnecter à leurs émotions. Mais si ton corps en fait se sent pas en sécurité, et bien il continuera à couper. Et c'est normal. En fait tu peux pas forcer une porte qui est fermée, qui s'est fermée pour te protéger en fait. Tu peux seulement créer petit à petit les conditions pour qu'elles puissent s'ouvrir. Avec de la douceur, du temps, des expériences différentes, des espaces en fait où tu n'as pas besoin de tenir, où tu peux ralentir, respirer. être avec toi et découvrir qu'il est possible de ressentir sans être submergé. Donc vraiment cette phrase, tu n'as pas besoin de ressentir plus. Je me suis noté ça, je trouvais très intéressant de te la dire. Tu n'as pas besoin de ressentir plus en fait. Tu as besoin de te sentir plus en sécurité pour ressentir. Donc pour conclure, ce que j'ai envie de te dire, c'est que si tu ne sais plus ce que tu ressens, ce n'est pas parce que tu es froide, vide ou déconnecté par nature, parce que ça je l'entends très souvent. C'est souvent parce que tu as appris pendant longtemps à survivre. en coupant une partie de toi. Mais cette partie, elle est toujours là, et tu peux vraiment retrouver le chemin vers elle. Pas en te forçant à ressentir plus, mais en apprenant à écouter ton corps autrement. Et d'ailleurs, c'est exactement ce que je propose pendant Ressentir. Ressentir, en fait, c'est un week-end immersif que j'organise les 17 et 18 juillet dans les Landes. Donc c'est un week-end, donc samedi-dimanche. Donc c'est deux jours en pleine nature, pour justement sortir du mental, du contrôle, et du je-ne-sais-plus. Deux jours surtout pour revenir doucement à tes sensations, à tes émotions, à ce qui est vraiment vivant en toi, dans un cadre sécurisant avec du mouvement, de la respiration, du silence et des temps d'introspection. Parce que parfois, tu ne manques pas de réponses et même bien souvent tu ne manques pas de réponses, tu manques simplement d'un espace où tu peux enfin te retrouver. Donc si tu as envie de nous rejoindre pour cette immersion, tu as toutes les informations en description de cet épisode. Voilà, j'en ai terminé avec cet épisode, j'espère sincèrement... qu'il t'apporte des clés pour mieux te reconnecter à tes ressentis, tes sensations et aussi à tes émotions. En attendant, je te dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.