Speaker #0Bonjour et bienvenue dans un nouvel épisode de Prends une pause. Je suis Louna, thérapeute psychocorporelle spécialisée en libération émotionnelle. A travers ce podcast, mon intention est de t'apporter des clés concrètes, des pistes de réflexion et un nouveau regard sur le lien entre émotion, corps et souffrance. Mon souhait est de t'aider à comprendre et libérer ce que tu ressens pour transformer tes blocages et tes douleurs en un nouvel élan de liberté et d'énergie. Alors aujourd'hui un nouvel épisode dans lequel je vais aborder les techniques de relaxation qui ne fonctionnent pas toujours. Donc tu as essayé peut-être de respirer plus profondément, de faire de la méditation, peut-être des exercices de cohérence cardiaque, des séances de relaxation guidées, peut-être même encore du yoga, t'as écouté des podcasts, des vidéos pour te calmer. Alors parfois sur le moment ça va t'aider, tu te sens un peu mieux, ça redescend, tu respires davantage. Mais dès qu'une discussion difficile arrive, on te fait une remarque. que tu te sens peut-être rejeté, dépassé, sous pression, tout revient. Et tout revient, c'est-à-dire la tension dans le ventre, le cœur qui va s'emballer, ton mental qui repart dans tous les sens. Et tu te dis peut-être, j'y arrive pas, je devrais réussir pourtant à me calmer, pourquoi ça marche sur les autres et pas sur moi ? Et une des choses que j'entends vraiment très souvent dans mon cabinet, c'est des personnes qui vont me dire, j'ai tout essayé, mais il n'y a rien qui ne tient dans le temps. Et ce que je veux te dire aujourd'hui est vraiment important. Si les techniques de relaxation ne fonctionnent pas toujours, ce n'est pas parce que tu fais mal les exercices, et ce n'est pas parce qu'il y a quelque chose qui ne va pas chez toi. C'est souvent parce qu'on confond relaxation et régulation. Et ce n'est pas du tout la même chose. Avant de poursuivre cet épisode, je voulais juste prendre quelques instants pour remercier toutes les personnes qui notent, qui s'abonnent à Prends une Pause. Ça soutient énormément ce podcast, ça soutient aussi mon travail, et ça permet aussi de le faire diffuser, de diffuser encore plus. Donc si tu n'es pas encore abonné, je te laisse le faire. Merci pour ça. Alors j'en reviens à l'épisode. Donc la première raison pour laquelle les techniques de relaxation ne fonctionnent pas toujours, c'est que la relaxation agit souvent sur le symptôme, pas sur ce qui crée le problème. Donc la relaxation agit en fait sur les manifestations visibles de ton stress. Elle va ralentir la respiration, elle va aider tes muscles à se relâcher, elle va faire redescendre un peu le rythme cardiaque. Et ça c'est très utile. Je ne suis pas en train de dire que ça ne sert à rien. Le problème, c'est quand ton système nerveux vit dans l'hypervigilance depuis longtemps et ces techniques soulagent parfois le symptôme sans modifier ce qui crée cette tension à l'intérieur. C'est un peu comme si tu essayais de faire taire une alarme sans comprendre pourquoi elle se déclenche. Tu peux réussir à l'arrêter pendant quelques minutes, mais si le système croit qu'il y a toujours un danger, ça va revenir. S'il y a le feu, même si la fumée on l'a étouffé un petit peu, le feu continue à prendre. Beaucoup de personnes vivent avec un système nerveux qui reste en alerte même quand objectivement tout va bien parce qu'il a appris à fonctionner comme ça. Donc à force d'avoir du tenir, anticiper, gérer, être forte, ne pas montrer, ne pas déranger, j'en cite plein mais il y en a encore d'autres, le corps finit par rester prêt en permanence, prêt à réagir, prêt à se protéger. Et tant que ce terrain ne change pas, tu peux faire toutes les respirations du monde, vraiment. Dès qu'une situation réactive ce vieux réflexe, ton corps repart. en mode survie. Et c'est pour ça que tu peux avoir l'impression de tourner en rond ou même de revenir en arrière alors que tu fais déjà beaucoup d'efforts. Et en fait, tu ne reviens pas en arrière, tu touches simplement à quelque chose de plus profond qu'un simple manque de relaxation. La deuxième raison, c'est que ton système nerveux ne se détend pas sur commande. Parce que ton système nerveux a une priorité de te maintenir en sécurité. Il ne se demande pas si tu as envie d'être calme, il se demande en fait si tu es en sécurité. Vraiment, c'est la seule préoccupation de ton système nerveux. Et si une partie de toi vit encore certaines situations comme menaçantes, ça peut être un conflit, une forme de rejet, une sensation de rejet, un imprévu, la solitude, le regard des autres, le fait de décevoir, tout ça, ça peut être menaçant, en tout cas reconnu comme menaçant pour ton système nerveux. Alors en fait, il va y avoir une réaction, ton corps va s'activer. Et même si dans ta tête tu sais qu'il n'y a pas de danger, parce que c'est souvent le cas, Et d'ailleurs, c'est souvent là qu'il y a beaucoup d'incompréhension et de culpabilité, parce que tu te dis, je sais que ce n'est pas grave, je sais que je réagis trop haut, je sais que je devrais réussir à prendre du recul. Mais ton corps, en fait, il ne fonctionne pas avec des « je sais » . Il fonctionne avec ce qu'il a appris. Et parfois, ce qu'il a appris, c'est que ralentir n'est pas sûr. D'ailleurs, c'est pour ça qu'il y a pas mal de personnes aussi qui se sentent encore plus mal quand elles essayent de méditer ou de se relaxer. Dès qu'elles vont fermer les yeux, elles vont sentir... que leur cœur va battre plus fort, elles vont encore plus penser, elles se sentent même envahies. Je sais qu'il y a même certaines personnes qui ont l'impression d'étouffer quand elles essayent de respirer profondément. Et ce n'est pas parce qu'elles sont trop anxieuses ou incapables de se détendre, c'est souvent parce que leur système nerveux ne se sent pas encore suffisamment. en sécurité dans l'immobilité. Parce que quand tu passes ton temps à fonctionner dans l'action, dans le faire, le contrôle ou aussi la vigilance, le calme peut vraiment devenir inhabituel. Et tout ce qui est inhabituel peut être vécu comme menaçant. J'en ai fait tout un épisode sur le fait que le calme peut vraiment nous activer, nous créer beaucoup plus d'anxiété qu'autre chose. Je te mets le lien en description si tu as envie de creuser aussi ce sujet. La troisième... raison aussi pour laquelle les techniques de relaxation ne fonctionnent pas toujours, c'est que se détendre n'est pas toujours ce dont ton corps a besoin. On croit souvent en fait quand une émotion monte ou même un stress intense monte, il faut immédiatement essayer de se calmer. Mais parfois, ça faut vraiment l'intégrer, c'est que le calme ce n'est pas ce dont ton corps a besoin dans l'instant. Pour rappel, une émotion est un mouvement. Par exemple, dans les émotions qui sont les plus intenses, la peur Elle va préparer à fuir ou à se protéger. La colère, elle, te prépare à poser une limite, à dire non, à reprendre aussi une place, de la place. La tristesse, elle, t'invite à ralentir, à revenir vers toi-même. Ça permet aussi, la tristesse te permet de sentir une perte ou un besoin. Et quand tu essayes de te détendre trop vite, tu peux parfois bloquer ce mouvement au lieu de l'accompagner. Par exemple, dans ce que j'ai donné, Si tu es en colère et que tu t'obliges à respirer calmement, en te répétant « c'est pas grave, c'est pas grave, c'est pas grave » , ton corps, lui, il peut rester encore tendu. Parce qu'au fond, il y a quelque chose qui a besoin d'être reconnu. Et si tu as peur et que tu t'obliges à rester immobile, alors qu'une partie de toi a juste besoin de bouger, ton activation peut rester bloquée à l'intérieur. Et c'est pour ça que certaines personnes se sentent mieux quand elles vont marcher, quand elles secouent leur corps, quand elles pleurent, quand elles vont respirer fort, plus fort, quand elles vont écrire, parler. Et d'un point de vue thérapeutique, la régulation consiste souvent à accompagner le mouvement naturel de l'émotion jusqu'à ce qu'il puisse se compléter. Parfois, ça passe d'abord par plus de mouvements avant de pouvoir revenir au calme. Comme je l'ai cité tout à l'heure, par exemple, ça va pouvoir marcher rapidement quelques minutes, respirer plus librement, bouger les bras, les jambes. Ça peut être trembler aussi, laisser sortir des larmes. Et ça peut être aussi par la parole, dire ce qu'on n'a jamais osé dire. Et après ça, une fois que le corps sent qu'il a pu aller au bout de quelque chose, il devient beaucoup plus facile de redescendre. Et là, du coup, je vais vraiment vous parler de la régulation pour vraiment dissocier la relaxation et la régulation, comme je vous l'ai dit en intro. Donc la régulation émotionnelle, ce n'est pas une technique magique. que tu vas réussir ou rater en fait. C'est une compétence, c'est vrai que si tu m'écoutes souvent je le dis très souvent et comme toutes les compétences elles se construisent, petit à petit ton corps apprend à reconnaître les premiers signaux d'activation, à remarquer ce qui se passe avant d'être submergé, à sentir plutôt la tension, la boule au ventre, tous ces signaux en fait de ton corps et à répondre du coup autrement. Et en thérapie en fait on appelle ça développer son interoception. Donc si tu m'écoutes un petit peu tu as déjà dû entendre ce mot dans mes épisodes, en fait, c'est la capacité à sentir ce qui se passe à l'intérieur de soi. Parce que plus tu repères tôt quelque chose qui monte, plus tu peux agir, en fait, avant d'être complètement envahi. Donc la régulation, ce n'est pas attendre, par exemple, sur une échelle de 100, attendre d'être à 100% pour essayer de te calmer, en fait. C'est apprendre à écouter ton corps quand il est encore à 20 ou 30. Et surtout, c'est apprendre à ton corps à vivre de nouvelles expériences. Des expériences où tu sens une émotion monter, puis redescendre, où tu traverses quelque chose de difficile aussi, sans te sentir seul, où ton corps découvre qu'il peut ressentir sans exploser, qu'il peut ralentir sans s'effondrer, et qu'il peut être aussi en sécurité autrement. C'est comme ça en fait que le système nerveux va changer. Pas avec une seule technique, mais avec la répétition d'expériences nouvelles. C'est exactement ça en fait, travailler à la racine. parce que quand tu... Commence à travailler avec ton système nerveux. Au niveau du système nerveux, tu ne cherches plus... simplement ou seulement à être calme en fait. Tu apprends à comprendre ce qui t'active vraiment. Tu remarques plus vite les situations, les relations, les pensées ou les émotions en fait qui te mettent en alerte. Et tu comprends au fur et à mesure du temps que ton anxiété, ton besoin aussi de contrôle, ton hyper vigilance ou peut-être même cette difficulté à ralentir, ce n'est pas des défauts. C'est souvent des stratégies que ton corps a mis en place pour te protéger. Et quand tu regardes ces réactions autrement, quelque chose commencent à changer Parce que tu vas moins lutter contre toi-même, tu as moins peur aussi de ce que tu ressens, tu vas moins te sentir trop ou pas assez, assez ceci, trop sensible, trop intense. Et progressivement, ton seuil de tolérance va s'élargir. Ce qui te submergeait avant va devenir beaucoup plus gérable. Tu vas pouvoir traverser une discussion difficile sans ruminer pendant des heures, tu vas pouvoir aussi ressentir une émotion sans avoir l'impression qu'elle va te submerger. Et c'est à ce moment-là... que les techniques de relaxation deviennent beaucoup plus efficaces. Non pas parce que tu fais mieux les exercices, encore une fois, mais parce que ton corps n'est plus obligé de vivre comme si tout était une menace. Je vais conclure cet épisode avec cette phrase que je vais te redire. Si les techniques de relaxation ne fonctionnent pas toujours aujourd'hui pour toi, ce n'est pas un échec personnel. C'est bien plus que ça, je trouve que c'est un très bel indicateur, un signe que ton système nerveux a besoin de plus qu'un apaisement ponctuel. Parce qu'il a peut-être besoin d'apprendre petit à petit qu'il est peut-être en sécurité, et ça passe par un travail qui est bien plus profond, plus progressif, plus corporel que juste faire des exercices. Alors si cet épisode t'a parlé, et si tu sens que tu as essayé beaucoup de choses sans résultat durable, j'ai peut-être quelque chose pour toi. Alors le week-end du 18 juillet, donc les 18 et 19 juillet, j'organise un week-end immersif dans les Landes que j'ai appelé « Ressentir » , donc c'est au cœur de la nature, deux jours pour sortir du mental, du contrôle et du « je dois me calmer » justement. Donc... Ça va être vraiment un week-end pour apprendre à écouter ton corps autrement, à comprendre aussi ce qui t'active vraiment, à retrouver une forme de sécurité intérieure qui ne dépend plus seulement des techniques. Je te mets toutes les informations dans la description de l'épisode et bien évidemment, si tu as des questions, n'hésite pas à m'écrire. Et j'en ai terminé avec cet épisode. Merci encore une fois pour ton écoute, ta fidélité. Je te retrouve mercredi prochain pour un nouvel épisode.